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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 09:12

Née le 29 octobre 1924 à Verdun, Danielle Gouze a épousé François Mitterrand le 28 octobre 1944 et ils ont eu trois enfants ensemble. Elle a occupé les délicates "fonctions" de Première dame, non officielles mais essentielles dans la vie républicaine, du 21 mai 1981 au 16 mai 1995. Toujours engagée à gauche, elle avait créé la Fondation France Libertés en 1986 et avait soutenu la candidature de Ségolène Royal en 2007. Elle a écrit huit livres (des essais et témoignages). Elle s'est éteinte le mardi 22 novembre 2011 à 2h00 du matin à l'hôpital Pompidou à Paris 15e, à la suite d'un malaise puis d'une mise sous coma artificiel.

SR

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 12:01

Le réenchantement du rêve français risque de virer au cauchemar si l’équipe de François Hollande continue à se noyer dans un discours si irresponsable et intellectuellement si malhonnête, alors que ses possibles alliés vont l’éloigner de plus en plus de toute crédibilité économique.


yartiCheHol01Consacré par son succès à la primaire socialiste, François Hollande avait gagné un peu d'envergure médiatique pour se présidentialiser et se responsabiliser. Hélas, son comportement, depuis quelques semaines, face à la crise et à l’action entreprise par le gouvernement, s’est montré au mieux hésitant et insipide, au pire de mauvaise foi et irresponsable.


Hésitation et mauvaise foi

Hésitant, car il est bien difficile à François Hollande de savoir sur quel pied danser, lui chéri tant par les électeurs centristes qui apprécient sa (réelle) modération que par les électeurs de la "vraie gauche" qui voient dans sa popularité élevée le meilleur moyen du retour tant attendu de la gauche au pouvoir.

Le matraquage systématique contre les initiatives tant du Président de la République que du gouvernement pour gérer au mieux la plus grave crise depuis 1929, parfois surenchéri par des personnalités pourtant compétentes et modérées comme l’ancien Ministre de l’Économie Michel Sapin, les incohérences budgétaires sur la fameuse proposition de recruter 60 000 fonctionnaires, et puis, surtout, le refus entêté de reconnaître la réalité mondiale de la crise financière (tous les discours sont rapportés à la période 2007-2011 sans jamais prendre en compte les singularités de 2008 et de 2011), tout cela montre à l’évidence qu’il y a encore du chemin à parcourir pour se présenter avec une stature présidentielle crédible autrement qu’en surfant sur un antisarkozysme primaire de moins en moins pratiqué (tous les sondages actuels donnent d’ailleurs une tendance à la hausse pour Nicolas Sarkozy, ce qui était prévisible).

Parmi les arguments de mauvaise foi, je peux citer l’affirmation selon laquelle le plan de rigueur présenté par François Fillon le 7 novembre 2011 ne ferait porter l’effort que sur les classes les plus défavorisées. En citant par exemple l’augmentation de la TVA de 5,5 à 7% mais en omettant de préciser que les produits de première nécessité ne seront pas touchés par cette mesure, ou encore en "révélant" que le gel des barèmes entraîne automatiquement une augmentation de l’impôt sur les revenus (ce qui est vrai), mais sans rappeler que la moitié des ménages (les moins favorisés) n’en paient pas et sont donc exclus de cet effort.

Autre signe qui illustre l’extraordinaire décalage entre le rêve que l’on veut réenchanter et la "real life" qu’il s’agit d’apprécier à sa juste situation avec ses contraintes internationales, François Hollande a émis des propositions que Nicolas Sarkozy avait déjà formulées au sommet européen mais qu’il est difficile d’obtenir à cause de la fermeté allemande (au nom de quelle baguette magique François Hollande réussirait-il mieux que Nicolas Sarkozy à convaincre Angela Merkel ?).

Comme je l’expliquais précédemment, François Hollande va devoir choisir pour sa campagne entre le premier tour, où il doit rassembler toute la gauche (et donc, se rapprocher des thèses incompatibles de Jean-Luc Mélenchon et d’Arnaud Montebourg dont on se demande pourquoi il est encore au PS), et le second tour, où il devra attirer l’électorat de centre droit qui lui sera indispensable s’il veut gagner (la gauche est globalement minoritaire dans le pays). Et probablement, il cherchera à ne pas choisir, au risque d’apparaître confus, flou, inexistant, ectoplasmique.

Pourtant, en ce mois de novembre 2011, François Hollande va devoir régler un autre positionnement. En gros, il devra faire rapidement le choix entre Jean-Pierre Chevènement et Eva Joly.


La statue du commandeur Chevènement

Jean-Pierre Chevènement va avoir 73 ans lors de la prochaine élection présidentielle. Le 5 novembre 2011, il a annoncé à la télévision sa candidature à l’élection présidentielle de 2012. Dernière candidature possible en raison de son âge, Jean-Pierre Chevènement sent que la crise financière lui donne maintenant raison et veut en profiter intellectuellement. Comme c’est une personne intelligente, il sait qu’il ne sera pas en capacité d’être élu mais il compte bien influer sur les débats comme Arnaud Montebourg a pu influer les débats de la primaire socialiste.

Son problème, c’est sa crédibilité à aller jusqu’au bout alors que pour l’élection présidentielle de 2007, il s’était déjà déclaré le plus officiellement du monde le 6 novembre 2006 pour y renoncer… le 10 décembre 2006, après quelques négociations pour les législatives qui suivaient (cela ne lui a pas porté chance puisque, comme en juin 2002, il fut battu dans sa propre circonscription en juin 2007).

Sans doute que cette fois-ci, les négociations de marchands de tapis seront sans objet. Il a été élu sénateur du Territoire de Belfort en septembre 2008 (son mandat finira en septembre 2014, il aura alors 75 ans) et il a ressenti beaucoup d’amertume avec l’absence de reconnaissance que ses (anciens) amis socialistes lui ont signifiée lors de la conquête du Sénat à gauche. Renonçant au plateau par réalisme, Jean-Pierre Chevènement désirait cependant conquérir la présidence de la prestigieuse Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées dont il ne sera élu, finalement, le 6 octobre 2011, que simple vice-président. Pour lui, cela aurait été une consécration personnelle avant sa retraite définitive.

Jean-Pierre Chevènement a une stature d’homme d’État incontestable, ayant occupé avec brio plusieurs grands ministères, tant régaliens (Défense, Intérieur) qu’économiques (Industrie et Recherche) ou social (Éducation nationale). Il est également reconnu comme un accoucheur d’idées politiques, comme le prouvent ses différentes initiatives, de la création du CERES en 1965 à celle de la Fondation Res Publica, "think tank" (club de réflexion) créé en 2004 autour du modèle républicain, en passant par son Mouvement républicain et citoyen (MRC) en 1992 puis 2003. Son courage et son indépendance politiques lui ont valu trois démissions tonitruantes, ce qui est assez rare (en général, les ministres en désaccord préfèrent avaler les couleuvres : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l’ouvrir, ça démissionne. »).

Il peut être considéré comme la figure de proue du dirigisme industriel et à ce titre, il a récemment réaffirmé son soutien sans faille au programme nucléaire français avec notamment la poursuite de la construction du réacteur EPR (réacteur pressurisé européen).

François Hollande a laissé un même message lors de son passage dans le journal de France 2 le 7 novembre 2011. En principe pour commenter le plan de rigueur sur lequel il n’est pas sorti de la langue de bois ordinaire, François Hollande a exprimé un message clair en direction des écologiste par son opposition à l’arrêt du projet.


L’arrogance des écologistes

Car l’important, actuellement, dans les travées de la rue de Solferino, ce sont les relations avec les écologistes qui sont pourtant électoralement peu dangereux. En effet, dans tous les cas, les électeurs écologistes rejoindront naturellement le candidat socialiste au second tour de la présidentielle. Par conséquent, il est très curieux que le PS cherche à conclure un accord bien avant le premier tour.

Pire, ce sont les écologistes qui imposent le tempo aux socialistes en fixant au 19 novembre 2011 l’échéance d’un accord. Les écologistes se montrent très gourmands en ce moment, et pourtant, malgré leur bon score des européennes du 7 juin 2009 (16,3%) et des régionales du 14 mars 2010 (12,2%), ils doivent tous leurs sièges de parlementaires nationaux tant à l’Assemblée Nationale (en juin 2007) qu’au Sénat (le 25 septembre 2011) à la seule bienveillance du PS (l’exemple le plus net étant l’investiture de Jean-Vincent Placé comme tête de liste du PS dans l’Essonne).

Comme l’arrogance d’Arnaud Montebourg entre les deux tours de la primaire socialiste, il est toujours étonnant de constater que ce sont les minoritaires qui veulent imposer leurs vues aux majoritaires, et souvent au nom de la démocratie !

François Hollande avait vaguement réussi, durant la campagne de la primaire (voir le premier débat et sa discussion avec Martine Aubry), à régler sa position sur le programme nucléaire français. Une sorte de demi-mesure qui ne pourrait satisfaire personne : réduction croissante de la part du nucléaire dans la production de l’électricité sans pour autant déclarer l’arrêt définitif de la technologie.

Mais Eva Joly, complètement dépassée dans un paysage médiatique qui la néglige un peu, vient de revenir dans le jeu en mettant François Hollande le dos au mur. La position du candidat socialiste est pourtant bien aisée à comprendre. Il reste partisan du nucléaire, d’autant plus facilement que les inquiétudes suscitées par la catastrophe de Fukushima commencent à s’étioler. Il y a comme une incompatibilité majeure avec la position des écologistes.


À propos du réacteur EPR

Il faut rappeler que l’EPR de Flamanville est le prototype des réacteurs nucléaires de la troisième génération (cela a donné l’occasion à un débat surréaliste le 2 mai 2007) qui vont assurer une sécurité encore plus grande qu’avant, dimensionnés pour résister à la chute d’un avion de ligne, à une vague de huit mètres de hauteur (le réacteur étant lui-même placé à une hauteur de plus de douze mètres) et à la fusion accidentelle du cœur (par un récupérateur de corium dans une enceinte refroidie).

Il faut également rappeler que l’EPR de Flamanville est un projet déjà en cours, qui a été définitivement décidé le 11 avril 2007, qui va coûter 6 milliards d’euros (au lieu des 3,4 milliards prévus initialement) selon les estimations de juillet 2011 (soit un peu inférieur au coût du réacteur EPR de même puissance construit à Olkiluoto, en Finlande) et qui devrait être mis en service en 2016 (au lieu de 2012 prévu initialement). Il est le réacteur indispensable avant le remplacement des réacteurs du parc nucléaire actuel à partir des années 2020.


Entre chèvre et chou

Ne pas poursuivre le chantier de Flamanville relèverait d’une irresponsabilité majeure, car cela coûterait très cher tant sur le budget déjà dépensé que sur le futur énergétique de la France qui nécessite ce premier réacteur EPR, tant pour assurer le maintien de la production électrique actuelle que pour réduire les productions de CO2. Les décisions doivent être prises avec une vingtaine d’années d’avance.

Mais le passé récent a déjà prouvé que des considérations bassement électoralistes pouvaient remettre en cause l’excellence de la filière, notamment avec l’arrêt de Superphénix le 30 décembre 1998 par Lionel Jospin, faisant perdre à la France son avance dans la technologie des surgénérateurs, et réduisant à néant près de 10 milliards d’euros d’investissement.

Malgré ses grands dons de conciliateur et d’homme de consensus, François Hollande va avoir du mal à ménager la chèvre (Jean-Pierre Chevènement) et le chou (Eva Joly) sur la question cruciale de l’énergie. Une épreuve du feu pour somme toute affirmer une pensée un peu moins molle…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 novembre 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Hollande.
Jean-Pierre Chevènement.
Eva Joly.
Le débat surréaliste sur l’EPR du 2 mai 2007.


yartiCheHol02
 

 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/hollande-coince-entre-chevenement-103992

 

 

 

 

 

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 06:50

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Gratis pro patria

Quatre jours après l’annonce de ma candidature, la majorité du Conseil de Paris dont on sait à quelle mouvance politique elle se rattache, vient d’inventer un nouvel « extincteur du débat public ». Après la menace aussitôt agitée d’un nouveau 21 avril, voici que M. Aidenbaum, maire PS du 3ème arrondissement de Paris et président de la RIVP dont je suis locataire depuis 1983, ne recule pas devant la relance d’une campagne de boules puantes, d’ailleurs passablement éventées. Il distille des insinuations mensongères dans la presse (L’Express, le Figaro) pour chercher à entacher ma réputation d’intégrité.

Selon lui, j’occuperais un « logement social ». Il joue sur les mots. J’occupe un logement à loyer libre dont le bailleur, c'est-à-dire lui-même, fixe le loyer. Je ne connais pas la famille modeste qui accepterait d’acquitter un loyer mensuel de 1541 € sans les charges, et qui sera porté à 1946€ dans 3 ans. Pour autant, ce logement n’a rien de luxueux comme l’avance l’Agence Reuters : il s’agit d’un ILN (Immeuble à Loyer Normal, au 3ème étage sans ascenseur).

M. Aidenbaum feint de s’offusquer de l’écart entre le loyer d’un appartement que j’occupe depuis 28 ans et celui que devrait supporter un primo accédant, indexé sur une spéculation qui, à Paris, est galopante. Si tous les locataires parisiens devaient acquitter le prix de la spéculation, baptisé par M. Aidenbaum « prix du marché », la révolte serait générale.

Ma situation est parfaitement légale, comme elle l’a d’ailleurs toujours été. Qu’est-ce qui autorise M. Aidenbaum et ses commanditaires à s’ériger en autorités pseudo morales ? Le fait que je sois parlementaire ? Je leur suggère de laisser l’antiparlementarisme à l’extrême droite. Ils détournent leurs fonctions pour mener une campagne de pure et simple délation d’un de leurs 13 000 locataires à loyer libre, bien entendu choisi au hasard, à un moment qui ne doit rien à l’actualité politique.

Sentant la faiblesse de sa position, M. Aidenbaum prétend que je touche une retraite de ministre, ignorant que les ministres ne bénéficient d’aucune retraite. Il est vrai que j’aurais pu me contenter de percevoir une retraite de député qui atteindrait, compte tenu de mes annuités de cotisations (j’ai été élu député de 1973 à 2002), le montant de l’indemnité parlementaire que je perçois aujourd’hui comme sénateur. Je précise pour le lecteur, qu’elles ne sont pas cumulables.

Eh oui ! je travaille « gratis pro Deo », oh plutôt, « gratis pro Patria ». Que le ridicule de cette campagne retombe donc sur la tête de M. Aidenbaum et de ses commanditaires ! Faut-il qu’ils n’aient rien d’autre à se mettre sous la dent pour entonner à leur tour le triste refrain du « tous pourris » ?

10/11/2011
Jean Pierre Chevenement

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 18:34

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Discours de François Hollande - Convention d'investiture du candidat - Samedi 22 octobre 2011

seul le prononcé fait foi


Je viens vous parler de la France, de ce qu'elle subit, de ce qu'elle attend, de ce qu'elle espère. Je viens vous parler de la France durement touchée par une crise provoquée par l'irresponsabilité de la France aggravée par la faiblesse de nos gouvernants. Mais je viens vous parler de la France qui a tant de force en elle-même, tant d'atouts disponibles qu'elle sait mériter un autre destin si nous lui proposons un autre chemin.

 

Je veux d'abord vous saluer, vous les militants, vous les élus, vous les dirigeants de cette grande formation qu'est le Parti socialiste. Mon parti. Un parti qui a une grande histoire. Plus d'un siècle. Un parti qui a contribué à l'affirmation de la République, qui a fait avancer le progrès social, pris des décisions courageuses pour les libertés, qui a servi la France et construit l'Europe.

 

Un parti qui a toujours su se dépasser, se changer pour être davantage lui-même. Un parti capable d'inventer, d'innover, d'imaginer la démocratie de demain.

 

Nous l'avons montré avec les primaires citoyennes. Ce défi qu'il s'était lancé à lui même, qu'il a su relever. Et avec quel succès, 3 millions de votants, deux dimanches de suite et une organisation aussi transparente qu'incontestable.

Cette réussite, nous la devons à ceux qui en ont eu l'idée, aux adhérents qui ont su abandonner un pouvoir, celui de la désignation du candidat pour le confier à tous les citoyens. Nous la devons aux sympathisants qui ont tenus méticuleusement les bureaux de vote. A la direction du Parti socialiste.  Martine Aubry qui l'a engagé. Harlem Désir qui l'a mené à bien.

 

Ma gratitude va aux candidats.

Jean-Michel Baylet qui a permis au Parti radical de gauche d'être associé au processus, Manuel Valls qui représente une nouvelle génération qui a soif d'action, Arnaud Montebourg qui a installé des thèmes forts dans cette campagne, Ségolène[1] Royal qui a inspiré tant d'approche nouvelles et Martine Aubry dont j'apprécie la force de conviction et la loyauté. Ils ont ouvert une époque nouvelle dans la vie politique. Les primaires citoyennes ne resteront pas sans lendemain, ni ici, ni ailleurs.

 

Nous ouvrons aujourd'hui une phase nouvelle qui n'aura rien à voir avec celle qui s'achève. Nous changeons d'enjeu. Nous étions dans la pluralité. Nous sommes désormais dans l'unité. Nous étions entre nous, nous sommes tournés vers les Français. Nous étions dans le débat. Nous sommes dans le combat. Le combat, contre la droite et l'extrême droite. Le combat pour le changement, le combat pour la victoire.

 

Je mesure l'honneur qui m'est fait. Je prends la dimension de la tâche qui m'attend. Je devine l'espoir qui vous anime. Cet espoir me porte, et m'oblige.Vous m'avez investi d'une mission, la plus belle qui soit pour un socialiste, celle de faire gagner la gauche, celle de faire réussir la France.

 

Depuis mon premier engagement, j'ai voulu représenter mes concitoyens. Pendant plus de dix-ans j'ai dirigé notre parti. Depuis des mois je poursuis inlassablement une démarche de candidature qui me conduit jusqu'à ce moment, celui de l'investiture Je me suis minutieusement préparé. J'ai parcouru la France. J'ai perçu la voix d'un peuple blessé par tant de promesses fallacieuses, tant d'inégalités injustifiées, tant d'humiliations insupportables.

 

J'ai entendu la plainte des ouvriers, brisés par l'injustice de décisions qui les frappent motivées par le seul profit. Des employés, qui expriment, parfois dans la honte, leur souffrance au travail, celle des agriculteurs qui travaillent sans compter leurs heures pour des revenus de misère, celle des entrepreneurs qui se découragent faute de pouvoir accéder au crédit, celle des jeunes qui ne sont pas reconnus dans leurs droits, celle des retraités qui craignent, après les avoir conquis, de les perdre. Celle des créateurs qui se sentent négligés. Bref, la plainte de tous ceux pour lesquels nous luttons, nous les socialistes.

 

J'ai saisi le désarroi de tous ceux qui aiment leur pays et qui s'affligent de le voir dégradé, affaibli – et parfois moqué - par une politique improvisée, incohérente et parfois burlesque.

 

Mais, j'ai perçu aussi la vigueur de nos potentiels, notre vitalité démographique, nos savoirs-faire, nos services publics, notre recherche, nos territoires, notre jeunesse,  notre diversité, notre culture, notre langue. Bref de toutes les ressources qui font que nous sommes la France.

 

C'est l'appel de tout un pays qui s'adresse à nous, il attend un acte fort, une vision pénétrante, un projet collectif pour ré-enchanter le rêve français. Là est ma mission.

 

Souvent la France s'est retrouvée au premier rang des Nations, souvent elle a donné l'exemple.

 

Ce temps peut revenir. Nous avons su surmonter des épreuves bien plus redoutables, nous sommes un grand peuple plein de lucidité et de courage. Les valeurs de la République ne sont pas un fardeau mais un levier dans la mondialisation.  Notre pays recèle d'initiatives, d'engagements, d'investissements encore trop retenus. Le sursaut est possible. Chassons les divisions, les stigmatisations, les dénigrements, proposons un rassemblement autour de la réussite de la génération qui vient, de sa place, de sa promotion, des conditions de son plein accomplissement.

 

Je dis le rêve français. Et à l'énoncé du mot, j'entends les sarcasmes de la droite : « on ne fait pas la politique avec du rêve ». Surtout avec le bilan qu'elle nous laisse. Et pourtant me revient une belle phrase d'un ancien président de la République : « les gens veulent que leur histoire leur ressemble ou au moins qu'elle ressemble à leurs rêves ». Voilà De Gaulle qui leur répond.

 

Mon histoire personnelle se confond avec la gauche.

 

J'ai découvert la politique, à l'heure de la première élection présidentielle au suffrage universel, celle qui opposait le jeune François Mitterrand, au pouvoir personnel et finissant du général de Gaulle. Mitterrand, c'était la gauche qui se réveillait. De Gaulle, c'était le rêve de la grandeur, contrariée par une bourgeoisie étriquée, sur laquelle il s'appuyait à contre-coeur. La France était alors une société corsetée, autoritaire, archaïque. Les piétons de mai 68 qui marchaient la tête dans les étoiles l'avaient compris. Leur utopie, c'était celle d'une société fraternelle qui puisse respecter l'homme et la nature, et refuse de faire de la prospérité matérielle la mesure de toute chose.

 

Nicolas Sarkozy voulait en finir avec mai 68. Quelle faute que de vouloir occulter les aspirations de la jeunesse !

Déjà en ce temps-là, elle croyait qu'un autre monde était possible. A toute époque, il convient d'entendre les indignés. Celui qui les néglige, celui qui les rejette, devient un conservateur.

 

Je garde mai 68 en héritage, sans rien ignorer de ses excès, de ses illusions, de ses chimères. J'ai toujours vénéré la démocratie, c'est pourquoi je me suis tourné vers le socialisme français, celui de l'égalité dans la liberté, celui qui veut tenir les promesses de la République..

 

J'ai adhéré à l'union de la gauche, j'ai vécu, jeune militant, cette longue marche qui a conduit à la victoire du 10 mai, quand le temps de la responsabilité s'est soudain ouvert devant nous.

 

La Gauche au pouvoir a transformé notre pays. Elle n'a pas tout réussi, elle n'a pas tout entrepris. Elle voulait changer la vie, la vie l'a changée. Mais elle a su moderniser le pays, engager le progrès,  élargir les libertés, elle avait du courage : souvenons-nous de l'abolition de l'a peine de mort. Elle a fait honneur à la République, elle a fait honneur à la France.

 

Tout comme l'a fait 15 ans plus tard Lionel Jospin, devenu Premier Ministre, à la suite d'une dissolution hasardeuse. Lionel Jospin, que je salue ici. Lionel Jospin, auprès de qui j'ai appris la solidité du raisonnement, comme la clarté des choix et le sens de l'Etat. Je salue tous les anciens Premiers Ministres présents ici : Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard, Edith Cresson. J'ai une pensée pour Pierre Berégovoy. La France ne serait pas ce qu'elle est sans eux.

 

J'ai dirigé 11 ans le Parti socialiste. J' ai passé six ans dans l'opposition. J'ai appris l'intérêt du travail collectif. Le dévouement pour une cause commune, la vertu du débat, la recherche d'une synthèse forte les idées et l'exigence du rassemblement. J'ai tiré toutes les leçons, je sais le bonheur de l'unité, et je connais les désastres de la désunion que ce soit les socialistes ou dans la gauche. Je sais ce que je dois à la Corrèze, elle m'a accueilli il y a trente ans. Elle m'a donné ma légitimité et ma force. J'y ai tout conquis, tous les mandats possibles. Elle m'a fait confiance, m'a conduit jusqu'ici. J'ai reçu d'elle le message de l'humilité à l'égard des autres, mais aussi l'ambition d'un territoire qui croit à la promesse républicaine.

 

Je parle de notre Histoire, c'est à dessein car nous venons de très loin. Tous nous sommes les continuateurs d'une oeuvre. Nous sommes les héritiers d'un combat, celui de la gauche - avec ses grandes figures Jaurès, Blum, Mendès France, Mitterrand, les héritiers d'une épopée, celle de la République – Gambetta, Ferry, Clémenceau. Celle qui a failli sombrer , celle qui a été sauvée par Jean Moulin et de Gaulle, les porteurs d'un destin commun, celui de la France, celui des illustres comme des anonymes, celui des Français de toujours comme celui des Français venus de toutes parts.

 

Chers amis, jamais la Gauche ne s’est présentée devant les Français avec des chances sérieuses de l’emporter dans un contexte aussi exceptionnellement grave.

Une crise financière qui, loin d’avoir été maîtrisée depuis le dérèglement des subprimes de l’été 2007, s’est intensifiée au point de menacer désormais les capacités d’emprunt de la plupart des pays européens et de mettre en demeure les banques d’une recapitalisation à laquelle bon nombre peinaient à faire face.

 

Un ralentissement économique voire une perspective de récession en 2012 dès lors que les plans d’austérité s’ajoutent aux plans de rigueur pour combler des déficits de plus en plus élevés faute de recettes fiscales suffisantes.

 

Une perte de compétitivité de l’Europe liée à la désindustrialisation subie depuis 20 ans, du déclin de l’investissement et du relâchement de l’effort de recherche.

 

Enfin, une situation sociale de plus en plus tendue avec un chômage proche de 10% de la population, une précarité accrue et un creusement vertigineux des inégalités.

 

Les droites sont forcément concernées par ce terrible constat, parce que que ce sont elles qui sont aux pouvoirs dans 21 pays sur 27 en Europe. La rigidité de la position allemande ajoute encore à la difficulté.

Mais Nicolas Sarkozy a fait preuve d’un optimisme bien déplacé lorsqu’il a prétendu à chaque sommet, que ce soit au G20 ou au Conseil Européen, que la crise était réglée, que la Zone Euro était stabilisée, que la Grèce était sauvée, quand à chaque étape, le répit n'aura duré que quelque jours et que la violence infernale de la spéculation a repris de plus belle.

 

Il se sera trompé de diagnostic sur la finance privée dont il a pensé que le sauvetage des banques sans contrepartie suffirait à les domestiquer. Il se sera trompé de thérapie sur les dettes souveraines dont il a voulu surtout protéger de toute contribution le secteur privé au point aujourd’hui d’être dans une impasse, faute du consentement de Mme Merkel à faire éponger les dettes des Etats par le fond de stabilité financière.

 

Je souhaite, parce que j’ai le sens des responsabilités que demain un accord soit trouvé. Il nous est dit qu’il faudra sans doute attendra mercredi. Va pour mercredi. Mais que de temps perdu, que d’annonces précipitées,  que d’improvisations coûteuses, que d'incompréhensions fâcheuses,  que de diplomatie approximative ; que de manquements face à la gravité des temps.

 

Et le Président sortant nous parle d’expérience !

Quelle prétention !

 

Impuissant à régler la crise, voilà que Nicolas Sarkozy s’en fait un argument pour justifier une nouvelle candidature.

Voilà leur grande affaire. Voilà leur grande excuse. Voilà leur paradoxe.

 

Il a échoué pendant 5 ans. Mais il serait le seul à pouvoir réussir !

Le seul capable d'être Président au simple prétexte qu’il l’est déjà. Il fallait y songer. Pour être Président, il faudrait désormais l’avoir été. Pour entrer à l’Elysée, il faudrait en sortir. Voilà qui limite le nombre de candidatures.

 

Mais d’où vient cette arrogance ? Cette suffisance ? Cette insolence ?

 

Celle des conservateurs, qui seraient nés pour. commander, pour servir le marché, pour présider. Eux seuls seraient légitimes.

Et pourquoi donc ce privilège ? Au nom de quelle compétence ? Parce que la droite saurait gérer. Mais parlons en de sa gestion. À la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, la dette publique se sera alourdie de 700 milliards.  La sécurité sociale aura accumulé 135 milliards de déficits. Le commerce extérieur affiche 75 milliards de découvert. La croissance sera d’à peine 1%. Les prélèvements obligatoires se seront alourdis de 40 milliards. Et c’est ce que la droite appelle une « valeur sûre ».

À les écouter, leur général a été vaincu sur tous les fronts, mais il doit encore commander. Le capitaine a mis le vaisseau sur les récifs, mais il doit rester à la barre, même si la mer s'est retirée. Le passeport pour la réussite, ce serait l’échec ; la preuve de la compétence, ce serait le fiasco, curieux critère. A quand comme dans certaines multinationales indignes, les stocks options pour le Président qui met son entreprise en faillite et des retraites chapeau pour ses ministres ! Bref la droite compte sur la crise pour se sauver. Moi je propose que les Français comptent sur la gauche pour les sauver de la crise.

 

Alors pour effrayer les électeurs sont agitées les menaces de notre prochaine arrivée au pouvoir. Et voilà que dans l'hypothèse où les agences de notation venaient à dégrader la note de la France, ce serait de notre côté qu’il conviendrait de chercher les coupables. Faute de pouvoir mettre en cause les prédécesseurs, ils sont là depuis 10 ans, nos gouvernants iraient jusqu'à dénoncer leurs successeurs. Pitoyable entreprise venant de piètres gestionnaires transformés en syndics de leurs propres faillite.

 

Ce n’est pas notre projet qui coûte cher. Nous ferons justice de ces caricatures lorsque je présenterai ma plate-forme présidentielle. C’est leur politique qui a épuisé le pays, qui a tari les recettes fiscales en donnant aux plus riches, qui a imprudemment multiplié les niches fiscales pour servir autant de clientèles. Qui a renoncé à équilibrer les comptes sociaux faute d’assumer un prélèvement supplémentaire ? Qui a accordé aux grandes entreprises des avantages indus ?

 

Mais le mal est plus grave. Car dans l’héritage qui nous sera légué, il y a le discrédit qui touche à la parole politique, la suspicion sur l’exemplarité de l’Etat, le doute sur l’indépendance de la justice, les manquements aux règles, la protection des amis, la confusion des intérêts, la connivence avec l’argent, l’indécence des rémunérations. Bref, tout ce qui nourrit la résignation civique ou la colère haineuse.

 

Que de promesses bafouées ! Il devait être le Président de ceux qui travaillent plus pour gagner plus. Il a été le Président de ceux qui gagne plus sans travailler. Il devait être le Président de la rupture. La seule qu’il aura réussie est celle avec les Français. Il devait être le président d’une république irréprochable. Il est celui d’une république irresponsable qui se méfie de tout, des juges, des journalistes et d'eux-mêmes.

 

Il est temps de choisir une autre voie. Il est temps de choisir une autre politique, une autre équipe, une autre majorité. Il est temps de choisir un autre président.

 

Je viens vous parler de la France d'aujourd'hui.

 

J'ai choisi de me présenter armé de quatre principes :

 

- La vérité

Je n'entends rien cacher de la réalité qui est là et des difficultés qui s'annoncent. Je ne multiplierai pas les propositions à mesure de mes rencontres avec les catégories         qui chacune se considère comme prioritaires.

 

Je n'ignore rien des urgences : emploi, logement, santé, école, environnement, mais je n'empilerai pas les réponses convenues à coup de milliards dont nous cherchons encore le premier euros. Je ne serai pas un candidat prestidigitateur. Je ne serai pas le président qui viendra devant les Français six mois après son élection pour leur annoncer qu'il doit changer de cap, qui reniera ses promesses en découvrant avec effroi que les caisses sont vides. Les Français sont lucides, ils préfèrent des engagements forts sur l'essentiel qu'un catalogue de revendications sur tous les sujets. Je veux gouverner dans la durée sur la base de la vérité. Là est notre crédibilité. Là est notre expérience.

 

- La volonté

Certains redoutent, disait Pierre Mendès France, « qu'un langage loyal et ferme sur la situation n'entraîne le découragement ; c'est qu'ils n'ont pas la foi dans la volonté de la Nation à se redresser ».

La volonté, il en faudra pour rétablir les comptes publics, mettre de l'ordre dans nos finances sociales, redresser la croissance, soutenir l'emploi. La volonté, il en faudra pour donner confiance aux entrepreneurs, aux salariés, aux fonctionnaires, aux chercheurs. La volonté, il en faudra pour réduire les inégalités, répartir différemment les richesse. La volonté il en faudra pour réussir la transition énergétique. Mais la volonté il en faudra surtout pour réformer la finance, pour désigner les responsables, affronter les coupables et mettre un terme aux dérives de l'argent. Les réformes nous les connaissons et nous les proposons sans relâche : une taxe sur les transactions financières qui ralentisse le va et vient des marchés, une agence européenne de notation ; des règles prudentielles contraignantes qui limitent le risque couru par l'épargne, une séparation stricte entre les activités de banques qui distribuent du crédits et celles de placements aux investissements spéculatifs. Et un contrôle sur les établissements financiers eux-mêmes, surtout s'ils demandent une participation des pouvoirs publics à leur renflouement ; leur activités est devenue trop sérieuse pour être laissée aux seuls banquiers.

 

- La justice

La dette publique est une menace pour notre avenir et notre souveraineté. La charge des intérêts est devenue le premier budget du pays. Nous devons réduire les déficits que la droite nous aura laissés. Nous le ferons sans étouffer la croissance sinon nous n'y parviendrons jamais. Cet effort ne sera consenti que s'il est justement partagé. Si l'injustice préside aux réformes, si les puissants échappent par mille biais aux contributions communes, alors les Français, et ils auront raison, refuseront de participer au redressement. D'où la réforme fiscale que je propose depuis deux ans ; un impôt sur le revenu unifié et progressif qui porte le sacrifice sur ceux qui sont le plus capables de le supporter. Une assiette nouvelle pour les cotisations sociales qui favorise la production et l'emploi et qui dissuade la pollution et la consommation d'énergie. Un allègement d'IS pour les entreprises qui investissent, un relèvement de taux pour celles qui distribuent leurs profits ; une révision de la fiscalité des territoires et une évaluation stricte de ces niches innombrables et baroques qui sont autant de refuges pour des privilèges injustifiés.

 

- L'éspérance

Qu'est-ce que la gauche, sinon le refus de la résignation, de la fatalité, du découragement, qu'est-ce que la gauche finalement, sinon la promesse républicaine enfin tenue. Qu'est-ce que la gauche sinon la voix la plus rapide pour traduire en acte le rêve français. Celui qui permet à la génération qui vient de vivre mieux que la nôtre. Celui qui transmet le flambeau du progrès à la jeunesse impatiente, celui qui donne à la Nation française sa fierté d'avancer, de dépasser ses intérêts et ses catégories d'âge et de classes pour se donner un destin commun qui nous élève et nous rassemble.

Cette espérance n'est pas vaine. Elle est le fil qui renoue le récit républicain. Elle n'est pas inaccessible dès lors que nous mobilisons les forces pour le redressement, dès lors que nous engageons cette alliance entre les citoyens, les entreprises, les collectivités locales et l'Etat pour porter un projet durable. C'est la raison pour laquelle j'ai proposé que la France se retrouve autour de plusieurs pactes :

 

         . Le pacte productif

Il est loin le temps où les socialistes se souciaient de redistribuer plutôt que de produire. Et nous l'avions oublié,  la croissance anémiée, l'industrie diminuée, la base productive réduite que nous laisse le Président sortant nous aurait convaincu qu'une croissance forte est la condition de notre redressement.

 

Mettre la finance au pas c'est nécessaire pour mettre l'économie réelle en mouvement c'est indispensable pour l'emploi, le pouvoir d'achat, le développement durable. Le pacte productif est une stratégie offensive. Il repose sur l'investissement, sur la connaissance, la recherche et sur la formation. Bref tout ce qui permet de produire mieux. Le pacte productif est la condition de la croissance, mais une croissance juste, harmonieuse, respectueuse du travail et de la nature. Une croissance qui fait le pari de la technologie, de l'innovation,de l'élévation des qualifications et non de l'abaissement des droits et de la compression des salariés. L'Etat efficace et stratège que nous voulons, soutiendra les pôles de compétitivité, organisera la transition écologique, favorisera la conquête des marchés par les grands groupes, assurera le développement des PME qui sont l'armée valeureuse de la production, le siège de l'innovation et un gisement considérable d'exportation. Une fiscalité réorientée vers l'investissement et adaptée aux PME, une banque publique d'investissements telle que le propose le projet socialiste, un nouvel instrument d'épargne, le livret de croissance, seront les outils de ce pacte productif.

Faut-il encore être clair par rapport à la mondialisation. La France n'a pas d'avenir dans l'isolement et elle a tout à gagner des échanges, mais si son économie comme celle de l'Europe doit être ouverte, elle ne peut être offerte. Toute compétition doit avoir des règles. La liberté n'est pas la naïveté. L'échange ne vaut que s'il est équilibré que si la valeur des monnaies reflète l'état de leur   économie, que si les normes environnementales et sociales sont respectées, que si notre appareil productif n'est pas placé dans une situation structurel d'infériorité. Aux frontières de l'Europe nos productions doivent être traitées avec équité sans qu'une concurrence déloyale vienne provoquer les délocalisations dramatiques qui justifient la colère des travailleurs. Nous devons être les meilleurs dans la mondialisations et non les plus frileux. Nous devons lever les voiles et non sonner la retraite. Mais nous refuserons les déséquilibres vertigineux des soldes commerciaux, les manquements aux règles de la réciprocité, les compétitivités gagnées sur le saccage de l'environnement, le bradage du travail ; c'est ce que nous appelons le juste échange.

 

         - Le pacte éducatif

C'est à dire la priorité à la jeunesse. J'ai entendu les sarcasmes des esprits chagrins. La jeunesse ce n'est pas un programme, c'est une évidence. Mais si c'est une évidence, pourquoi est-elle si mal traitée ?

150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans aucun diplôme. Le taux de chômage des moins de 25 ans dépasse 20%, 40 % sur les quartiers populaires. Un jeune sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. La majorité des salariés embauchés en intérim ou en CDD a moins de 25 ans.

A sa jeunesse la France réserve aujourd'hui le chômage de masse, les stages interminables, un impossible accès au logement et l'humiliant refus de l'autonomie quand ce n'est pas la discrimination et la relégation. Il est temps que cela cesse. Il est temps que soit réparée cette injustice. Il est temps que la jeunesse revienne au coeur des priorités publiques, c'est l'enjeu majeur des années qui viennent. Mon quinquennat n'aura un sens que si au bout de cinq années d'un effort continue et opiniâtre, la jeunesse de notre pays retrouve confiance dans l'avenir et une place dans le présent. L'effort doit commencer dès la petite enfance quand tant de choses se jouent, quand tant d'inégalités naissent pour ne jamais disparaître. Nous accueillerons plus tôt les enfants en ouvrant sur le quinquennat 500 000 places d'accueil sous toutes ses formes, ainsi qu'une école du premier âge pour soulager les jeunes ménages, pour permettre aux enfants de réussir tous cette première entrée dans la vie. Nous embaucherons 60 000 professeurs, éducateurs et professionnels de l'enseignement dans le cadre d'un plan pluriannuel sur cinq ans. Que de tumultes autour de cette proposition. On aura tout entendu. Pourtant ces moyens nouveaux sont un préalable décisif ; il nous permette de conclure un contrat nouveau avec les enseignants, la définition d'un socle de connaissances, une réforme des rythmes scolaires, une refonte des conditions de travail, et un rétablissement de la formation des professeurs. L'Education est ma priorité : j'en tire les conséquences. L'argent dépensé ne le sera pas ailleurs. Les efforts budgétaires correspondants seront dégagés avec énergie et décision. L'avenir est à ce prix.

 

La formation, le diplôme, évidemment ne suffisent pas. Il faut aussi organiser l'entrée dans la vie de la nouvelle génération. Il y a pour le secteur public et associatif les emplois d'avenir qui indisposent tant la droite mais qui ont fait la preuve de leur efficacité. J'y ajoute le contrat de génération dans les entreprises : il ne s'agira pas du énième dispositif jeune, qui chasse les autres catégories du marché du travail et qui multiplie les effets d'aubaine. Il s'agit au contraire d'une belle idée, d'une grande idée : fonder l'alliance des âges au travail, réaliser l'union des générations. Le système est simple : un employeur qui accepte de garder un senior le temps qu'il accède à une retraite décente et qui en même temps embauche un jeune sera exonéré de toute cotisation sociale.  Finis les systèmes particuliers, les primes, les dérogations, les avantages. Un encouragement égal et clair à l'intégration de ceux qui sont aujourd'hui les plus touchés par le chômage, les moins de 25 ans, les plus de 50 ans, exclus aux deux bouts de la chaîne d'une vie normale et décente. Une aide décisive au maintien et à la création des emplois. Un espoir enfin pour les jeunes et pour leurs parents. Et le financement sera trouvé dans les exonérations actuelles de cotisations sociales (25 milliards) aujourd'hui accordées sans aucune contreparties.

 

La priorité à la jeunesse fonde une politique, elle décrit le chemin, elle ouvre l'avenir.

 

         - le pacte démocratique

 

Depuis cinq ans la République a été amoindrie, abaissée, abîmée. La présidence Sarkozy aura été celle de tous les excès : dévoiement de nos institutions, captation du pouvoir, relégation du parlement, irrespect des partenaires sociaux, ignorance des territoires et de leurs représentants. Le passage en force a été la seule méthode : retraite, réforme territoriale, Justice. L'administration a été regardé comme une obligée, la magistrature comme une menace et les fonctionnaire comme une charge. L'identité nationale a été utilisée pour désunir. Les Français ont été distingués selon l'ancienneté de leur appartenance à la communauté nationale, les étrangers ont été mis au régime de la suspicion. Et la laïcité qui nous rassemble tous a été la victime des approximations verbales et des accommodements dangereux de celui qui devait en être le garant. D'où la défiance qui s'est imposée  à l'ensemble de la société. Il nous faudra reconstruire une nouvelle République.

 

 

* Une République exemplaire

Tout commence par la responsabilité. Celle du Président de la République avec le statut pénal du chef de l'Etat, avec l'indépendance de la magistrature, avec la fin des nominations discrétionnaires pour composer des autorités indépendantes et pour diriger l'audiovisuel public. L'exemplarité c'est ce qui permet le respect de la règle, l'autorité, l'ordre républicain indispensable au vivre ensemble.

 

* Une République moderne

Avec la fin du cumul des mandats et l'introduction de modes de scrutins garantissant le pluralisme, la parité et permettant l'exercice du droit de vote pour les résidents étrangers aux élections locales.

 

* Une République contractuelle

Un homme seul ne peut pas décider de tout, sur tout, pour tout. Un pouvoir même légitime ne peut s'arroger le monopole de l'action publique. J'engagerai avec le nouveau parlement une nouvelle phase de la décentralisation d'ores et déjà la majorité du Sénat peut y travailler. Jean-Pierre Bel son nouveau Président et François Rebsamen nous y autorisent. L'Outremer trouvera sa place dans cette nouvelle organisation territoriale, c'est une chance pour la République. Il nous est permis de rayonner sur tous les continents. Le suffrage universel ne confère pas l'exercice exclusif de l'intérêt général ; la démocratie sociale y concoure chaque fois qu'elle permet par la négociations à des accords qui s'imposent à tous et qui fabriquent notre droit. Les partenaires sociaux investis dans l’entreprise, verront leur rôle reconnu, y compris dans la Constitution Enfin les citoyens doivent avoir leur mot à dire sur les grandes décisions qui les concernent, c'est la démocratie participative. Elle trouvera sa place dans le grand débat que nous ouvrirons au lendemain de l'élection présidentielle sur l'avenir énergétique de la France.

 

Le renouvellement des pratiques devra engendrer le renouvellement des équipes. La représentation de la France dans toute sa diversité, dans toutes ses couleurs, dans tout son parcours. Le renouvellement c'est aussi donner à l'égalité entre les femmes et les hommes, bien plus qu'un principe une force obligatoire et scrupuleusement garantie. Et j'entends faire du droit pour tous au mariage, une nouvelle illustration de l'égalité.

 

Il en va de même pour le rassemblement qui doit être fondé sur le respect. Nul ne sera écarté dès lors qu'il apporte son concours à l'oeuvre commune. Mais sur la cohérence du projet que je présente devant les Français.

 

L’enjeu d’une élection présidentielle va bien au-delà de nous-mêmes, c’est aussi la place de la France dans le monde. La république française, par son histoire, sa géographie, ses valeurs et sa place, est appelée à jouer un rôle particulier sur la scène mondiale.

 

Sa puissance est moindre, elle a définitivement répudié toute volonté de domination, elle se garde de toute nostalgie d’empire. Elle est suffisamment sûre d’elle-même pour admettre ses fautes historiques envers les peuples du sud. Elle n’aura pas, au contraire d’un président saisi par une étrange réminiscence coloniale, la prétention insupportable de juger les autres peuples et de leur reprocher, je ne sais quel refus d’entrer dans l’histoire.

 

A cette condition, le message de la république française reste universel. J’en serai le porteur, selon la tradition internationaliste et pacifique qui est celle de la gauche.

 

Il s’agit d’abord de l’Europe. François Mitterrand l’a dit : la France est notre patrie, l’Europe est notre avenir. Mais cet avenir, il faut bien le reconnaître, s’est singulièrement brouillé. L’Europe devait protéger les peuples, promouvoir l’économie, organiser la marche en avant des nations qui la composent. Elle s’est affaiblie dans l’impéritie politique, la stagnation économique et la lourdeur de ses procédures. L’élargissement était un devoir : il nous a permis d’acquitter notre dette historique. Mais il a changé le projet Europe puissance en Union de marché.

 

Je veux relancer la construction européenne, ou alors c’est la crise financière qui emportera tout sur son passage. Mais je veux le faire avec des méthodes nouvelles, selon une ligne cohérente et non par les à-coups d’un activisme brouillon. Deux cercles concentriques seront distingués par la France si elle me porte à sa tête.  Le pays fondateurs, en premier lieu, autour de la France et de l’Allemagne, qui devront définir les tâches de l’avenir et conduire la marche ; l’ensemble des pays adhérents, ensuite, qui participent selon leur choix à la politique commune.

 

La France le dira avec force : sans un groupe actif et soudé au cœur de la construction, l’Europe stagnera. Nous devons sauver l’Europe. Ce sera la mission de notre pays, la main dans la main avec l’Allemagne. Mais une main ferme car l’Allemagne est notre partenaire naturel depuis que nos deux peuples ont décidé de mettre fin à une guerre séculaire, pour marcher côte à côte. Mais nous devons redéfinir ensemble notre projet commun. 50 ans après le Traité de l’Elysée de 1963.

 

La France, c’est aussi la Méditerranée, la mer qui réunit les civilisations mais qui relie les conflits, et notamment celui du Proche-Orient, qui reste une plaie ouverte au flanc des nations démocratiques et la Méditerranée qui nous rapproche de ses révolutions arabes. Après la joie initiale, vient le temps des épreuves. Dans cette passe dangereuse, où le printemps arabe voit son ciel se couvrir, l’appui de la France ne fera pas défaut aux démocrates de Tunisie, de Libye et d’Egypte, menacés par les montées des extrémismes. Dans la difficulté, on reconnaît ses amis. La France ne fera pas défaut. Elle sera là où elle est attendue : la liberté et la démocratie.

 

Notre République portera également, c’est son honneur comme son intérêt, une nouvelle politique à l’égard de l’Afrique. Ce continent, est en passe de jouer un rôle décisif. La France répudiera sans regret les miasmes de ce qu’on appelle la Françafrique. Elle jouera la carte du codéveloppement, comme le commandent avec autant de force le cœur et la raison.

Il n’est d’autre solution, à long terme, pour résoudre d’un seul mouvement, nos problèmes d’immigration et le rééquilibrage de notre commerce extérieur.

 

La République française, enfin, s’emploiera à promouvoir au loin la paix et la stabilité. La guerre d’Afghanistan, juste à l’origine, destinée à punir un pouvoir obscurantiste et complice du terrorisme, témoignage, aussi, de notre solidarité avec le peuple américain frappé au cœur, s’est prolongée au delà de la mission initiale. Elle attise la rébellion autant qu’elle permet de la combattre. Il est temps de mettre fin en bon ordre à cette intervention  et j’en prends ici l’engagement. La France, qui salue le dévouement et le courage de ses soldats, retirera d’ici la fin de l’année 2012, ses troupes d’Afghanistan. 

 

 

Nous sommes dans un moment exceptionnellement difficile. La France recule et l'Europe décline. Et un nouvelle fois la gauche est devant l'Histoire. Elle ne peut être l'instrument facile du rejet qu'inspire l'échec du Président sortant. Elle ne peut être l'exutoire commode des exaspérations et des colères du peuple. Elle doit offrir l'occasion du sursaut pour nous mêmes et pour notre continent.

 

Je vous propose que la France redevienne un exemple pour les Nations.

Je vous propose que la République redevienne un espoir pour les citoyens.

Je vous propose que la gauche représente une force utile et efficace pour relever notre pays.

Je vous propose un projet qui réconcilie, rassemble autour de la plus belle des causes, la réussite de la génération nouvelle.

Je donne rendez-vous à ces quatre millions de Français qui se sont mis en marche pour les primaires et à ces millions d'autres qui vont nous rejoindre durant cette campagne qui commence.

Je vous donne rendez-vous le 6 mai pour la victoire.

Je vous donne rendez-vous avec la République.

Je vous donne rendez-vous avec la France.

 

 

 

 

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 08:11

Serait-ce une nouvelle étape dans l’art contemporain ? Le surréalisme envahit le discours politique. Retour sur la démonstration magistrale de l'inconsistance d'un candidat par… Martine Aubry.


yartiHollProf01Depuis qu’il est en campagne, François Hollande a présenté deux idées directrices qui se voudraient originales. Je voudrais me pencher sur l’une d’elles, le recrutement supplémentaire de 60 000 fonctionnaires de l’Éducation nationale (essentiellement des enseignants) sur cinq ans (à raison de 12 000 par an). Pour emballer l’affaire, François Hollande a insisté sur le sens de son ambition : tout miser sur la jeunesse, force de l’avenir.

Vu de loin, cela a l’air cohérent et plaisant. Il est à la fois logique avec les habitudes de gauche (recruter toujours plus de fonctionnaires) et avec son statut d’opposant : ces 60 000 postes sont le rattrapage dans l’Éducation nationale du non-remplacement d’un poste sur deux des fonctionnaires partant à la retraite.

Il y a pourtant beaucoup de flou autour de cette mesure et c’est finalement Martine Aubry qui a réussi à la mieux décoder. Elle a fait une première tentative dans le troisième débat à six du premier tour de la primaire le 5 octobre 2011 mais est revenue à la charge avec plus de solidité dans son face-à-face avec François Hollande du 12 octobre 2011.

Il m’a paru très étonnant que les journalistes aient considéré cet échange comme un échange entre spécialistes alors qu’il était très facile à comprendre. Trop facile à comprendre, sans doute ?


Pas de revalorisation chez les enseignants

En premier lieu, rappelons que les enseignants font partie de ces catégories professionnelles à qui l’on demande beaucoup et à qui l’on accorde peu. Une revalorisation devrait donc être l’une des propositions de la gauche pour cette campagne.

Or, on ne peut pas revaloriser la fonction d’enseignant et augmenter le nombre de postes. Il faut choisir. C’était même l’un des arguments du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite : la moitié des économies réalisées est censée aller dans la revalorisation de la fonction publique.

Sur ce point, François Hollande a été très clair dans sa campagne de la primaire : il n’y aura pas de revalorisation. Point barre.


2,5 milliards d’euros

En second lieu, il paraît quand même nécessaire de savoir combien coûterait une telle mesure et comment trouver l’argent pour la financer.

Selon François Hollande, cette mesure coûterait 2,5 milliards d’euros sur cinq ans. Il faut en fait rappeler que ce coût est évidemment inexact. La création de nouveaux postes engendrerait un engagement de l’État bien plus important que sur cinq ans : il s’agirait d’assurer toute la carrière de ces nouveaux fonctionnaires ainsi que leur retraite. En clair, il faudrait plutôt tabler sur une centaine de milliards d’euros.

Mais admettons que nous en restions sur la période de cinq ans. Partisane de la gauche raisonnable, c’est-à-dire, de la gauche chiffrable, Martine Aubry a montré durant les différents débats bien plus d’esprit de responsabilité que François Hollande qui n’a jamais sortir de son flou. Elle lui a donc demandé posément comment il allait financer ces 2,5 milliards d’euros.


À la place des redoublements !

La réponse de François Hollande est, là aussi, assez intéressante à analyser : il compterait réduire le nombre de redoublements, qui seraient trop nombreux en France et qui ne serviraient pas à grand chose.

Le débat risquerait de partir sur le principe du redoublement : est-il bon ? mauvais ? entre les deux ? Probablement qu’il n’y a pas de réponse définitive et que cela dépend de chaque enfant.

yartiHollProf02

Mais ici, il ne s’agit pas de faire un débat de science de l’éducation. Il s’agit simplement d’étudier le moyen de financer une mesure coûteuse mais qui pourrait être utile. Il est plus facile à faire admettre auprès de la population l’embauche d’enseignants que de militaires, par exemple, même si les deux sont nécessaires.

François Hollande a justement évalué à 2,5 milliards d’euros le coût de ces redoublements. Cette estimation pourrait toujours être discutable mais gardons-la.

Ainsi, il serait assez simple : je retire les redoublements (je gagne même la sympathie des parents des élèves en difficulté) et je recrute 60 000 profs et assimilés (et je gagne également la sympathie du corps enseignant, ce qui a tant manqué au candidat Jospin flanqué de son ami Claude Allègre).


Oui, mais…

C’est là où la rigueur de Martine Aubry est sans équivalent. Elle a poursuivi alors le raisonnement. Pourquoi le redoublement coûte cher ? Parce qu’il y a plus d’effectifs chez les élèves. En réduisant les effectifs, on réduit le coût si et seulement si on réduit d’autant le nombre d’encadrants, c’est-à-dire, d’enseignants !

Et c’est là le creux de la mesure, clairement révélé par Martine Aubry mais peu repris par les observateurs : François Hollande recruterait les enseignants qu’il aurait supprimés pour les redoublements !

Comme seule réponse, François Hollande, faussement candide, a lâché plusieurs fois : « Je ne comprends pas très bien le raisonnement… ». Pourtant, c’est très simple : sa mesure n’est que du vent. Il supprimerait des postes en raison des effectifs dus aux redoublements et en …recréerait. Solde : zéro !


Un dialogue instructif

Le mieux, c’est encore de retranscrire sur ce sujet le dialogue entre Martine Aubry et François Hollande lors du débat du 12 octobre 2011 intégralement retranscrit ici.


Martine Aubry : Oui, non, oui, mais je voudrais juste vérifier, parce que, bon, pour qu’on aille au bout des choses, parce que les Français attendent qu’on soit précis, effectivement, 60 000 fonctionnaires, c’est donc deux milliards cinq, donc tu mets deux milliards cinq sur le budget Éducation…

François Hollande :
À la fin, à la fin de l’année.


MA :
À la fin, oui, oui, la dernière année, la dernière année…


FH :
Donc c’est 500 millions. Je rappelle que le budget de l’enseignement scolaire, c’est cinquante milliards d’euros, donc c’est 1% du budget. 1%. Voilà ta réponse.


MA :
Et c’est donc deux milliards cinq, voilà.


FH :
À la fin du quinquennat.


MA :
Et quand tu disais : le redoublement, je supprimerai le redoublement, ça coûte deux milliards cinq…

FH :
Oui, le redoublement, c’est deux milliards cinq à la fin du quinquennat.

MA :
Alors ça veut dire que tu souhaites créer 60 000 emplois, qui coûtent deux milliards cinq, mais tu en supprimes à nouveau 60 000 puisque le redoublement, c’est des profs en moins…

FH :
Mais non, le redoublement, c’est des effectifs…

MA :
Eh bien oui…

FH :
C’est des effectifs en plus, et donc, mieux vaut…

MA :
Donc ça veut dire que…

FH :
Je ne dis pas qu’il faut supprimer d’ailleurs tous les redoublements, il y a des fois où c’est nécessaire, mais on voit bien qu’il y a une marge, c’est en France qu’il y a le plus de redoublements, c’est en France…

MA :
Non, mais ça, on est d’accord…

FH :
C’est en France qu’on a le rythme scolaire le plus absurde…

MA :
Mais ça veut dire que : on crée 60 000 emplois, ça coûte deux milliards cinq…

FH :
Donc il y a des économies que l’on peut faire dans le système…

MA :
On en retire 60 000 parce que, on supprime les redoublements, ça veut dire que, finalement, on n’embauche pas d’enseignants complémentaires.

FH :
Mais si, pourquoi, je ne comprends pas le raisonnement ?


MA :
Mais si, puisque…

FH :
On peut avoir moins de redoublements et avoir plus d’enseignants, pour suivre les élèves, c’est l’objectif, je préfère qu’il y ait plus d’enseignants pour suivre des élèves qui seront amenés à ne pas redoubler…

MA :
Eh bien oui, mais si le redoublement coûte deux milliards cinq, c’est parce qu’il coûte des enseignants…

FH :
Plutôt que d’avoir des redoublements avec des effectifs constants. Pour moi, c’est plus clair.
David Pujadas : Si le redoublement coûte deux milliards et demi, vous dites ?

MA :
Eh bien, ça veut dire que ça coûte deux milliards et demi en professeurs, donc si on veut les retirer, là, je ne parle pas de… parce que, je ne parle pas de l’idée même du redoublement, on redouble beaucoup plus en France qu’ailleurs, ça, c’est vrai, et il faut… c’est la facilité. Mais je pense qu’il y a certains redoublements qui sont nécessaires, donc on ne peut pas tous les retirer, loin de là, c’est à peu près 10% de redoublements dans le secondaire. Mais ça veut dire que si on dit : je finance les deux milliards cinq par le non redoublement, ça veut dire qu’on retire des professeurs, que par ailleurs, on dit qu’on va ajouter.

FH :
Mais on les mettra dans le suivi des élèves, enfin, je ne comprends pas très bien le raisonnement, mais…

MA :
Mais si, mais alors, tu n’as pas une économie de deux milliards cinq…

FH :
Mieux vaut les mettre dans le service aux élèves plutôt que d’avoir ce système-là qui est absurde ; on a des effectifs beaucoup plus importants avec aussi les redoublements, bien sûr.

(J’ai souligné en rouge certains passages.)




Échappatoire surréaliste

À un moment donné, François Hollande a tenté une diversion en parlant du rythme scolaire, mais son interlocutrice, tenace, l’a ramené au sujet.

Cherchant un échappatoire à la fin, François Hollande a même pris une porte de sortie en disant que les effectifs qui servaient aux redoublements iraient « dans le suivi des élèves »… donc, réduire les redoublements n’apporterait pas l’économie de 2,5 milliards d’euros initialement présentée pour recruter les 60 000 postes !

Cela me fait un peu penser à cette publicité cyclique ("Les antibiotiques, c’est pas automatique") pour réduire la consommation d’antibiotiques : Tu as la grippe ? Oui. Donc tu prends un antibiotique ? Non. Donc tu n’as pas la grippe ? Si. etc.


Mesure vide de réalité

Comme je le relevais au début de l’article, je reste étonné par l’absence totale de reprise de ce qui est là une démonstration magistrale du vide d’une des mesures présentées comme l’essentiel du programme du candidat François Hollande.

Il n’y a pas besoin d’être expert en finances publiques ni expert en science de l’éducation pour comprendre que François Hollande veut financer le recrutement de 60 000 postes de l’Éducation nationale par… la suppression de 60 000 autres postes consécutive à la fin des redoublements et à la réduction des effectifs qui en découlerait dans les établissements.

Dans "Charlie Hebdo" du mercredi 19 octobre 2011, François Hollande a parlé de la politique éducative actuelle : « Pour moi, c’est de l’obscurantisme. ». Je ne sais pas de quel côté penche le plus obscur...

Il ne s’agit pas de remarquer cela dans un esprit partisan : c’est Martine Aubry, qui soutient maintenant François Hollande et patronne de son parti, qui a elle-même levé ce lièvre.

Si c’est cela réenchanter le rêve français, ça promet !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 octobre 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le débat Hollande-Aubry (12 octobre 2011).
François Hollande consacré.
Texte du débat Hollande-Aubry sur l’éducation.
Vidéos des débats Hollande-Aubry sur l’éducation (5 et 12 octobre 2011).

yartiHollProf03


http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/education-le-vide-des-60-000-102694

 

 

  

 

 

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 20:53

Martin Aubry a reconnu sa défaite et félicite François Hollande, désigné candidat du parti socilaiste pour 2012.

 

Résultats
estimés

Données transmises par audiotel, par les présidents de bureau de vote, non validées par les comités départementaux ou par la Haute Autorité des Primaires.?

Résultats
validés

Données validées par les comités départementaux et/ou la Haute Autorité des Primaires?
Bureaux de vote 6 408/9 425 783/9 425
Votants 1 822 194 160 758
François Hollande François Hollande 1 020 492 voix - 56.38% 94 663 voix - 59.35%
Martine Aubry Martine Aubry 789 653 voix - 43.62% 64 825 voix - 40.65%
Votes blancs et nuls Votes Blancs et nuls 12 049 voix 1 270 voix

 

SR

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 10:47

Primaire socialiste : Arnaud Montebourg votera François Hollande.

SR

 

 

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 17:14

Quelques jours avant la fin de la procédure de la primaire socialiste qui devait le plébiscitait comme champion imbattable du PS à l'élection présidentielle de 2012, DSK se voit définitivement hors de cause des accusations de viol et de tentative de viol à New York et à Paris. Toutefois, l'agression sexuelle contre Tristane Banon a été reconnue mais bénéfie de la prescription. Dans tous les cas, il a perdu tout son crédit politique.

 
Le parquet de Paris a en effet décidé de classer sans suite la plainte de Tristane Banon contre DSK, a fait savoir le tribunal ce jeudi 13 octobre 2011.

La romancière avait porté plainte contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol et agression sexuelle pour des faits remontant à 2003.

 

Cette annonce judiciaire a eu lieu le même jour que la publication du nouveau livre de Tristane Banon "Le Bal des hypocrites" (éd. Au Diable Vauvert).

 

SR

 

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 01:08

(Verbatim)

 


Verbe


empapaouter /A.pa.pa.u.te/ transitif 1er groupe (conjugaison)

1.(Argot) Pénétrer analement, enc*ler.

Va te faire empapaouter chez les Grecs, sal*pe ! — (Raymond Guérin, Les Poulpes, Gallimard, 1953, p. 53)
Donc je vous traite de voleurs! De voleurs, et d'empapaoutés! — (Jean Gabin, Archimède le Clochard, Scène de la Prison)

2.(Argot) (Par extension) Posséder charnellement, baiser.

Peut- être venait-il d'apprendre que son épouse se faisait empapaouter par le charcutier du quartier dès qu'il avait le dos tourné ? — (Laurent
Vegega, Le Vendeur de thé, Edilivre, p. 53)

3.(Argot) (Figuré) Duper, tromper, escroquer.

Je me suis encore fait empapaouter par ce bonimenteur.

4.pronominal (Argot) (Désuet) S'ennuyer, s'emmerder.


Dérivés

empapaouté
empaouter

Expressions

aller se faire empapaouter


http://fr.wiktionary.org/wiki/empapaouter

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 23:45

(vidéo)

 

François Hollande et Martine Aubry ne sont pas d'accord sur le recrutement des enseignants.


Débat du 5 octobre 2011 sur BFM-TV.

 
http://www.wat.tv/video/debat-ps-sur-education-aubry-48y73_2exyh_.html


 

Débat du 12 octobre 2011 sur France 2.

 
http://youtu.be/Tyc2CgWACgM

 





 

Débat du 12 octobre 2011 sur France 2.

 
http://dai.ly/qeyP7F





Débat du 12 octobre 2011 sur France 2.


http://dai.ly/pCurca

 

 

 

 

 

 

 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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