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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 10:21

Après une période d’abstinence médiatique, Ségolène Royal revient dans les médias : sur LCP hier soir, sur France Inter ce matin. Avec une combativité toujours aussi surprenante.


yartiRoyal20110702Les sondages pour la primaire socialiste ne sont pas vraiment encourageants pour Ségolène Royal, et pourtant, elle ne désarme pas et continue sa campagne comme si tout allait bien. Je pense qu’elle n’a pas forcément tort.

Car les sondages sont des denrées difficiles à analyser. Certes, ils apportent une photographie plus ou moins exacte d’un état de l’opinion publique, mais justement, le dispositif très nouveau de cette primaire ouverte rend les choses très difficiles à anticiper et appréhender.


Les sondages…

Ainsi, s’agissant des seuls sympathisants socialistes (ceux qui sont susceptibles de se déplacer pour choisir le candidat du PS), les sondages sont bien incapables d’en avoir un échantillon représentatif et suffisamment large pour qu’il ait une signification statistique. La probable désignation d’Eva Joly (résultat le 12 juillet) dans la primaire écologiste (semi-ouverte) serait même la preuve que les instituts de sondages sont bien en peine de définir correctement leurs échantillonnages (parfois, j’ai lu des études qui, finalement, réduisaient à quelques centaines les sondés qui allaient participer à la primaire).

En revanche, on peut imaginer que ces études d’opinions ont un sens en considérant le potentiel électoral dans l’élection présidentielle elle-même de chaque candidat à la primaire. Et il ne fait nul doute que ce genre d’études, comme à chaque période préprésidentielle, influencent les futurs électeurs d’une manière ou d’une autre (pour diminuer l’avance d’un candidat ou au contraire compenser le retard d’un autre).


La grande nouveauté de 2011

Ségolène Royal a compris que la primaire socialiste version 2011 n’avait plus rien à voir avec les primaires d’avant, celle de 2007 ou même celle de 1995 au sein du PS. Car au contraire des précédentes, ce ne sont plus des militants encartés, donc, des gens convaincus, qui vont choisir le candidat, mais n’importe quel citoyen, vous, moi…

Et cette différence est essentielle, car les militants qui sont déjà des personnes convaincues (comme je l’ai dit) veulent absolument la victoire de leur parti (c’est bien normal) et c’est donc naturel que chez eux, le réalisme l’emporte sur l’idéalisme : ils ont toujours choisi le candidat qui était le plus apte (selon les sondages évoqués plus haut) à mener leur parti au plus haut. C’est peut-être une erreur car les sondages n’apportent pas des prédictions mais seulement une vision instantanée qui peut évoluer. Par exemple, DSK (avant l’affaire) aurait été probablement choisi non par strauss-kahnmania mais par volonté de gagner l’élection si la primaire avait été fermée, c’est-à-dire réservée à ceux qui sont sensibilisés par le destin de leur parti. Tout comme Ségolène Royal avait été choisie en novembre 2006.

Or, ici, ce ne sont pas seulement les militants, mais tous les électeurs qui peuvent contribuer au choix du candidat, et bien évidemment, ces électeurs sont beaucoup moins sensibles à la défaite de ce Parti socialiste que ses adhérents. Ils pourraient même préférer un candidat hors du PS si leur candidat PS préféré n’était pas désigné. Ces électeurs n’ont pas de patriotisme de parti et sont donc plus enclins à voter selon leurs préférences sincères plutôt que par calculs pour gagner coûte que coûte.


Le peuple versus le parti

Ce n’est pas un hasard, donc, si de tous les candidats déclarés à la primaire socialiste, Ségolène Royal est la seule à rappeler que tous les électeurs (vous, moi… je me répète) peuvent voter (sous réserve de payer un euro et de signer une chartre des valeurs de gauche qui devra être détruite juste après la primaire pour ne pas être en mesure de constituer un fichier ; autrement dit, cette signature ne vaut pas grand chose en tant qu’engagement social, seulement par rapport à soi, et au regard qu’on peut avoir dans le miroir, ce qui est déjà beaucoup).

C’est encore ce qu’elle a redit ce mercredi 6 juillet 2011 à "Questions d’Info" sur LCP-France Info-AFP où elle refusait obstinément de donner son opinion concernant la fédération des Bouches-du-Rhône du PS en considérant que ce n’étaient pas les adhérents qui allaient faire cette primaire et que les électeurs se moquaient bien de la cuisine interne du PS (en précisant au passage qu’elle n’a jamais fait partie de ses instances dirigeantes).


Mauvaise foi et arguments qui marquent

Les journalistes de "Questions d’Info" n’ont pas été très perspicaces et heureusement que Patrick Cohen sur France Inter ce matin du jeudi 7 yartiRoyal20110703juillet 2011 a insisté et rappelé qu’en novembre 2008, Ségolène Royal s’était beaucoup intéressée à cette fédération des Bouches-du-Rhône puisque c’est dans celle-ci que les résultats ont porté Martine Aubry à la tête du PS.

Un Patrick Cohen capable aussi de redresser quelques inexactitudes de Ségolène Royal qui s’évertue en ce moment à dire par exemple que Nicolas Sarkozy avait promis en 2007 une augmentation de 25% des retraites ! Si sur LCP, aucun journaliste n’a percuté (je rêverais de journalistes connaissant un peu mieux les dossiers), sur France Inter, Patrick Cohen a corrigé fermement en disant que Nicolas Sarkozy avait promis une augmentation de 25% …du minimum vieillesse, pas des retraites, et que cette promesse avait été réalisée. Un argument de Ségolène Royal également démonté par Daniel Scheidermann qu'on ne peut pas taxer de sarkozyste virulent.


Sur LCP, Ségolène Royal a néanmoins était très convaincante quand elle a martelé qu’elle savait ce qu’était une campagne présidentielle, que c’était éprouvant, qu’elle avait le cuir pour cela et qu’elle avait réussi au moins à être présente au second tour (au contraire de 2002, a-t-elle perfidement rappelé !) en rassemblant quand même près de dix-sept millions d’électeurs.


Ailleurs qu’en Ségolénie

Pendant ce temps-là, François Hollande engrange de nouveaux soutiens et est résolument le candidat des élus socialistes : après André Vallini (député et président du Conseil général de l’Isère), Pierre Moscovici (député du Doubs), Jean-Pierre Bel (président du groupe PS au Sénat et probablement candidat à la Présidence du Sénat dans quelques semaines), Gérard Collomb (sénateur-maire de Lyon), François Rebsamen (sénateur-maire de Dijon), Julien Dray (député), Vincent Peillon (député européen), il vient de recevoir l’appui de l’influent Jean-Marc Ayrault (député-maire de Nantes et président du groupe PS à l’Assemblée Nationale) et du président de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, Jérôme Cahuzac, successeur de Didier Migaud (et dans le civil, parfois donneur de gifle).

Au même moment, le président du PRG (radicaux de gauche), Jean-Michel Baylet, sénateur et président du Conseil général du Tarn-et-Garonne, ancien ministre de 64 ans, a annoncé sa candidature à la primaire socialiste. Elle a l’avantage pour le PS d’externaliser le champ de bataille et pour lui de négocier sans doute un groupe pour le PRG dans la future Assemblée Nationale qui sera élue en juin 2012.

Quant à Martine Aubry, le retournement de l’affaire DKS trois jours seulement après son ennuyeuse déclaration de candidature a cassé la possibilité d’une dynamique autour d’elle, tant l’attentisme des strauss-kahniens risque de lui être fatal. Jean-Marie Le Guen n’a toujours pas exclu le retour dans la compétition de son mentor. L’incertitude nuit à sa campagne interne.


Émanation…

Soutenue entre autres par Harlem Désir, Benoît Hamon, Claude Bartolone et Jean-Christophe Cambadélis, Martine Aubry est la candidate des apparatchiks alors que François Hollande est le candidat des élus et que Ségolène Royal cherche à amadouer …tout simplement les électeurs, qui formeront le gros des bataillons de la primaire.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (7 juillet 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Martine Aubry.
François Hollande.

Ségolène Royal.

Primaire ouverte.

Les trois visages du PS.

Où vont les strauss-kahniens ?


yartiRoyal20110704


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/segolene-royal-et-les-surprises-de-97214

 

 





 

 

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 07:10

Quasi-beau temps judiciaire chez les socialistes français ce 1er juillet 2011 : si l’affaire Guérini n’en finit pas de remuer le microcosme marseillais, Dominique Strauss-Kahn a obtenu sa liberté à New York et Jean-Paul Huchon a regagné son éligibilité auprès du Conseil d’État.


yartiPS20110701Il ne fait pas bon d’être strauss-kahnien dans la République de Solferino depuis l’échec désastreux de Lionel Jospin en 2002.

Le dilettantisme de leur mentor leur a fait perdre la bataille de 2007 au profit de Ségolène Royal (en interne). Après la nouvelle défaite présidentielle, le mentor s’est expatrié aux États-Unis pour le temps du quinquennat, laissant ses troupes dans l’expectative.

Le congrès de Reims en automne 2008 a vu le premier éclatement du strauss-kahnisme. Absent tout en laissant croire qu’il était là, Dominique Strauss-Kahn ne pouvait plus se salir les mains dans le particularisme des délices politiciens du PS. Ses deux principaux lieutenants, Jean-Christophe Cambadélis et Pierre Moscovici, ont pris alors des directions différentes.

Cambadélis a vu en Martine Aubry celle qui pourrait garder le PS en jachère avant un retour triomphal de DSK tandis que Moscovici, qui est d’une toute autre stature, se voyait déjà à la place de premier secrétaire. Ne franchissant pas le Rubicon (aucune motion déposée par lui), Pierre Moscovici se replia derrière Bertrand Delanoë au dernier moment, faute de mieux.

Pierre Moscovici pouvait s’imaginer le Premier Ministre de Dominique Strauss-Kahn au fur et à mesure que ce dernier "grossissait" dans les sondages. Une bulle de popularité finalement assez semblable à celle d’Édouard Balladur en 1994.

Ensuite, tout ce qui s’est passé depuis un mois et demi a suivi un scénario délirant qui aurait été refusé même par les plus mauvais réalisateurs ou romanciers, tellement il est invraisemblable.

Premier retournement total avec l’arrestation très médiatique de Dominique Strauss-Kahn, menottes aux mains et mal rasé. Épisode inédit de la vie politique française pour l’un des grands favoris de l’élection présidentielle (notamment parce que cela fait appel à une affaire judiciaire, à un scandale sexuel et aux décisions d’une administration d’un pays étranger).

La plupart des responsables socialistes, proches de DSK ou pas, ont été tellement secoués qu’ils ont également fait des déclarations assez maladroites et parfois contestables.

Une nouvelle fois, le mentor jouait à l’Arlésienne, mais cette fois en dehors de sa volonté si l’on en croit certains journalistes mis dans la confidence de sa déclaration de candidature imminente. Les strauss-kahniens se sont retrouvés une nouvelle fois orphelins.

yartiPS20110702C’est donc par nécessité politique que Martine Aubry est entrée dans la danse de la primaire, le 28 juin 2011. Ont suivi dans son sillage, ceux des strauss-kahniens qui l’avaient déjà soutenu à Reims, à savoir entre autres Jean-Christophe Cambadélis qui se serait bien vu premier secrétaire du PS à la place d’Harlem Désir. Le député-maire de Grenoble Michel Destot, tout comme Bertrand Delanoë, l’ont rejointe par principe de précaution.

Des strauss-kahniens un peu plus indépendants (qui ont refusé la participation des fabiusiens au strauss-kahnisme historique) ont préféré au contraire soutenir la candidature de François Hollande : Pierre Moscovici, Gérard Collomb etc. ; et le plus indépendant d’entre eux s’est même lancé dans la bataille : Manuel Valls.

Ce qui vient de se passer trois jours après la candidature de Martine Aubry est un nouveau coup de théâtre à New York. En gros, le "New York Times" explique que la plaignante dans l’affaire n’est pas digne de foi, qu’elle a menti plusieurs fois et que son témoignage, unique élément à charge contre DSK, serait "erroné", selon des informations fournies par le procureur (responsable de l’accusation).

Bien entendu, toute la machinerie médiatique a ressorti les mêmes tambours et trompettes que le 15 mai, en relayant sans relâche l’information et en laissant entendre que DSK serait lavé de tout soupçon.

Si effectivement la voie semble mieux aller pour lui, il faut quand même être très prudent puisque pour l’instant, tous les chefs d’inculpation sont maintenus, du moins jusqu’au 18 juillet 2011, date de la prochaine comparution devant le juge.

Or le 18 juillet 2011, c’est après le 13 juillet 2011, date de clôture des candidatures à la primaire socialiste. Si Benoît Hamon ne veut pas en entendre parler, ni Martine Aubry, voici que François Hollande s’est déclaré favorable à un assouplissement de la règle en proposant de rallonger jusqu’à fin juillet, voire fin août, le dépôt des candidatures. Étrange prise de position quand on sait que François Hollande avait justement bénéficié du retrait obligé de DSK.

Certains strauss-kahniens les plus fous croient effectivement en la possibilité d’un retour de Dominique Strauss-Kahn dans le jeu présidentiel. Cela ne manquerait pas de gêner la plupart des strauss-kahniens qui ont déjà pris position (par exemple, Michel Destot a affirmé qu’il restait fidèle à Martine Aubry, quoi qu’il arrive).

Mais personne ne peut exclure non plus que le procès puisse aller jusqu’à son terme et donc empêcher DSK ne serait-ce que d’être présent physiquement en France au moment crucial.

Plus pragmatique, Jack Lang voudrait juste que DSK vienne participer à la campagne quand il le pourra…

Même si Dominique Strauss-Kahn sortait complètement blanchi et innocenté de cette affaire sans précédent, il serait peu probable qu’il veuille être actif dans la campagne présidentielle à court terme. Dans tous les cas, son état psychologique a été soumis à rude épreuve et il aurait tout intérêt à prendre du champ.

Ces retournements incessants rendent très difficiles la campagne de la primaire des socialistes. Beaucoup d’élus socialistes (qui voudraient choisir le "bon candidat") ne savent plus sur quel pied danser alors que d’autres personnalités sont sûres d’elles-mêmes et poursuivent leur campagne (comme François Hollande, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg). Le dernier rebondissement a en tout cas complètement cassé la dynamique que comptait amorcer Martine Aubry.

Plus généralement, c’est tout le crédit politique du futur candidat socialiste qui risquerait d’être atteint au fil des aléas judiciaires new-yorkais. La réaction de nouveau exagérée des responsables du PS ce 1er juillet 2011 n’a pas encouragé leur électorat à voter pour eux.

S’engouffrer dans les informations brut sans avoir du recul ne peut que donner le vertige …à ses électeurs potentiels. En ce sens, l’attitude de réserve qu’a souhaité adopter Nicolas Sarkozy est salutairement sage et digne… pour son propre intérêt !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (2 juillet 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’article du New York Times du 1er juillet 2011.
L’image de DSK.

L’immense gâchis.

La porte de sortie.

Sera-t-il Président ?

Où sont passés les strauss-kahniens ?

Martine candidate.

Christine, Martine et Eva.

Les trois visages du PS.



yartiPS20110703



http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/dans-la-republique-de-solferino-l-96946

Une Agoravox des 2 et 3 juillet 2011

http://fr.news.yahoo.com/r%C3%A9publique-solferino-l%C3%A9t%C3%A9-chauds-froids-strauss-kahniens-065352909.html 
 

 

 

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 00:16

Voici les informations brut du coup de théâtre sur l'affaire DSK : la lettre du procureur de New York aux avocats de Dominique Strauss-Kahn datant du 30 juin 2011 et qu'a utilisée le New York Times du 1er juillet 2011.

 

A propos des conséquences politiques françaises de ce rebondissement, lire ici.

 

Cliquer sur le lien pour télécharger la lettre (fichier .pdf) :

http://fichier.europe1.fr/infos/international/proc.pdf

 

L'article du New York Times est à ce lien :

http://www.nytimes.com/2011/07/01/nyregion/strauss-kahn-case-seen-as-in-jeopardy.html?pagewanted=all

 

 

SR

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 10:32

J-1 pour le départ de la primaire ouverte du PS : petit tour des forces en présence avant la déclaration de Martine Aubry prévue mardi 28 juin 2011 à 11h30.


yartiPS201107Trois faces d’un même parti vont probablement s’affronter pendant plus de trois mois pour désigner le candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012.

Comme toujours, Ségolène Royal en a fait trop. Elle avait déjà déclaré sa candidature à la "primaire ouverte" du PS le 29 novembre 2010 et la voici obligée de relancer sa candidature ce 26 juin 2011 pour ne pas se faire oublier et surtout, pour marquer le terrain politique au cours d’une semaine cruciale dans le destin de Martine Aubry (ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy a tenu sa 4e conférence de presse ce 27 juin).

La situation de l’après-DSK est cependant un peu plus claire : les candidatures de Laurent Fabius et de Bertrand Delanoë s’étant autodésamorcées d’office en fin mai 2011, face à Ségolène Royal et à François Hollande est attendue pour le mardi 28 juin 2011 à 11h30 la déclaration de candidature de Martine Aubry, poussée par ses partisans à tel point que, bien que réticente, elle ne semble pas pouvoir se dérober.

Mais revenons à ces trois visages du Parti socialiste.


La Deuxième gauche…

Pendant près de deux décennies, dans les années 1970 et 1980, le PS avait connu deux gauches : la gauche sans épithète, que certains accusaient d’archaïque, et la "deuxième gauche" ou "nouvelle gauche" qu’incarnait Michel Rocard qui fut entre 1978 et 1981 la personnalité politique la plus populaire de France et qui crut en son destin pour le 10 mai 1981 (il n’en a rien été) malgré son échec interne à Metz en avril 1979.

Cette gauche moderne, novatrice, avait une caractéristique : elle s’était (déjà) convertie à l’économie de marché, n’était plus anticapitaliste primaire (face à des discours très anticapitalistes et marxisants du PS de l’époque) et avait également une origine chrétienne. L’idée était de pouvoir redistribuer de façon socialement juste les richesses qui auraient été produites dans une société libérale avancée.


c’est la gauche chrétienne !

Le 12 mars 2009, Michel Rocard le disait d’ailleurs très franchement (dans l’hebdomadaire "Réforme" n°3311) en expliquant qu’en tant que scout (chef de troupe des Éclaireurs), il était même très actif religieusement : « La parole du Seigneur était encore présentée et administrée par les chefs de troupe. Cette responsabilité éminente m’a fait lire la Bible plus que la plupart de mes contemporains parce qu’il fallait bien la commenter et m’a conduit à donner plus d’importance à l’instruction religieuse. Cette formation m’a beaucoup marqué. ».

Et il retenait l’essentiel : « Mon parcours politique et mon chemin spirituel se mélangent, puisque j’ai donné beaucoup de mon temps à des réunions publiques, sans être théoricien du protestantisme. (…) Certes, Calvin avait la main lourde, il était autoritaire, il aimait être suivi, mais il prêchait une sécularité des pouvoirs. C’est cet élément-là que je retiens de lui désormais. ».

Finalement, les idées de cette "seconde gauche" ont gagné dès le sommet du G7 à Versailles en juin 1982, puis lors de le semaine postélectorale en mars 1983 où le choix de rester dans le système monétaire européen a donné aux gouvernants socialistes une réalité social-démocrate (malgré la vitrine verbale qui l’a niée). Aux commandes à l’époque, à l’Économie et aux Finances, le catholique Jacques Delors, ancien collaborateur de Jacques Chaban-Delmas et, selon le journaliste Jean Boissonnat dans "La Lettre des Semaines sociales de France" n°34 d’avril 2004, « figure de proue du christianisme social ».

Malgré une philosophie politique très proche, il n’y a jamais eu "alliance" au sein du PS entre Michel Rocard et Jacques Delors, sans doute par incompatibilité de caractère ; pourtant, leur union aurait été d’une efficacité redoutable face à François Mitterrand et à tous ses disciples. Ils auraient pu bâtir un mouvement politique (à partir du PS) qui se serait basé sur du réel, une sorte de social-démocratie dont serait devenu l’héritier un Dominique Strauss-Kahn et pas très éloigné de la "doctrine" politique de l’ancien Centre des démocrates sociaux (la justice sociale dans l’efficacité économique) et plus particulièrement du regretté Bernard Stasi. Michel Rocard est par d’ailleurs le président du conseil d’orientation scientifique de la fondation Terra Nova.


Entre postures et réalité

Dans les faits, cette doctrine modérée aura gagné autant à droite qu’à gauche, et même un dirigeant pourtant très ancré à gauche comme Lionel Jospin est devenu l’un des Premiers Ministres qui ont par exemple le plus privatisé de l’histoire de France.

Et c’est là aussi l’importance des postures, de ces vitrines verbales, par rapport à une réalité qui est souvent incontournable au sein du gouvernement. Qui peut d’ailleurs penser qu’en cas d’élection d’une majorité socialiste en 2012, le programme appliqué serait différent en fonction de l’identité personnelle du socialiste qui serait élu à l’Élysée ? Certes, il y aurait des différences de style, de priorités, mais globalement, la même politique serait conduite au même titre que l’élection d’Édouard Balladur en 1995 n’aurait pas apporté une politique très différente dans son fond de celle menée par Jacques Chirac et Alain Juppé entre 1995 et 1997.

À partir du 28 juin 2011, c’est ce combat sur les postures qui va se déclencher au Parti socialiste.

Des postures assez étranges puisque les deux candidats qui ont le plus de chances de gagner la primaire sont tous les deux des "enfants" de Jacques Delors, comme l’a souligné Jean-Pierre Chevènement qui a confirmé dans "L’Express" le 25 juin 2011 sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 annoncée sur Europe 1 le 4 mai 2011, quelques jours avant la chute de DSK (« Ils sont tous les deux des bébés Jospin, ou plutôt, des bébés Delors, les héritiers des choix faits au milieu des années 1980. »).


Les trois gauches

À la terminologie "gauche" et "nouvelle gauche" du PS, je serais tenté aujourd’hui d’appliquer la même terminologie que René Rémond avec ses trois droites pour distinguer en quelque sorte le "bonapartisme" de Jacques Chirac (et de De Gaulle, homme providentiel) des "orléanismes" de Valéry Giscard d’Estaing et de Raymond Barre, le "légitimisme" n’ayant plus beaucoup de représentants récents à droite (si on exclut le Front national qui est un regroupement politique trop hétéroclite pour en associer un unique héritage) à moins que ce ne soient désormais des souverainistes comme Nicolas Dupont-Aignan et Philippe de Villiers.

Au sein des trois grands candidats à la primaire socialiste, cette vision de René Rémond pourrait être déclinée de la même manière.

1. Il y aurait alors une gauche bonapartiste que défendraient Ségolène Royal et Jean-Pierre Chevènement, qui ont voulu faire de la sécurité et du nationalisme de nouvelles valeurs de gauche. Cela explique pourquoi Jean-Pierre Chevènement a tant soutenu Ségolène Royal en 2007.

2. Il y aurait également une gauche orléaniste, étiquetée social-démocrate ou sociale-libérale, représentée par François Hollande mais également par Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë et même Lionel Jospin, qui verrait en l’économie de marché le moyen de redistribuer la richesse et de faire progresser les classes sociales les moins favorisées. Cette gauche serait décentralisatrice et proche des élus locaux.

3. Enfin, il y aurait une gauche légitimiste, menée par Martine Aubry (mais également par Laurent Fabius), pour qui l’État resterait le grand ordonnateur, prêt à tous les interventionnismes au sein de l’économie et même de la société (exemple des piscines ouvertes uniquement aux femmes à Lille) pour réguler et protéger les personnes "différentes" et les plus défavorisés (ce à quoi Jean-Pierre Chevènement s’oppose en préférant miser sur ce qui unit et pas ce qui diffère).


Le triangle infernal du PS…

La bataille des postures pourra se révéler très trompeuse au cours du temps. Il suffit de regarder comment les deux héritiers politiques de François Mitterrand ont misé sur des images très différentes et les comparer avec leurs actes ou prises de positions. Lionel Jospin avait une image très axée à gauche tandis que Laurent Fabius avait été de récupérer cette gauche moderne par une politique économique très libérale. Finalement, Lionel Jospin aura été un socialiste libéral et Laurent Fabius aura voté non au référendum européen du 29 mai 2005 alors qu’il avait brillamment accompagné le passage à l’euro en 2002 à Bercy.

En cette veille de campagne pour la primaire, les trois grands candidats sont sur le devant médiatique. Si la remontée de Ségolène Royal paraît bien incertaine, la candidature de François Hollande est aujourd’hui bien illisible depuis l’éviction de DSK (le thème de la normalité ne donne aucune crédibilité présidentielle), alors que le manque patent d’envie présidentielle de Martine Aubry lui plombe la densité politique retrouvée depuis décembre 2008.

Quant aux mini-candidats à cette primaire, en particulier Manuel Valls et Arnaud Montebourg, ils ne semblent dans la compétition que pour monnayer leur futur portefeuille.

Que le meilleur gagne !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 juin 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La polémique sur la primaire du PS.
Que vont faire Fabius et Delanoë ?

DSK, un immense gâchis.

PS, le partage des dépouilles.

Le PS sans leader.


yartiPS201109


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/les-trois-visages-du-ps-96662

 

 



 

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 07:49

Bataille de chiffonniers pour la primaire des écologistes, mal préparée tant politiquement que juridiquement. Résultat du premier tour le 29 juin 2011. Déplorable évolution d’un mouvement qui avait pourtant bien commencé il y a deux ans. Seconde partie.
 

yartiVerts201105Après avoir évoqué l’extraordinaire percée des écologistes puis leur mauvaise stratégie, je vais m’étendre un peu plus précisément sur la primaire des écologistes.


La primaire EELV pour 2012

Comme pour le PS, la primaire écologiste est dite ouverte, à savoir qu’il n’est pas nécessaire d’être adhérent à un parti politique (ici EELV) pour pouvoir y participer.

En fait, la situation est plus nuancée dans ce cas concret puisque la condition pour pouvoir voter, c’est de payer dix euros et de s’inscrire sur une liste électorale, ce qui, en gros, revient à la même chose qu’une adhésion à une organisation politique. Ainsi, 32 896 personnes ont payé et se sont inscrites sur les listes de la primaire, ce qui est déjà un bon résultat par rapport aux quelques 10 000 adhérents revendiqués à EELV.

Si la CNIL (Commission national informatique et libertés) a fait les gros yeux car pas informée, a priori, cette primaire ne gêne aucun citoyen puisqu’elle n’utilise pas les listes électorales officielles (des mairies).

Concrètement, ces personnes inscrites peuvent voter entre le 16 et 24 juin 2011 soit sur Internet, soit par correspondance. Les résultats seront publiés le 29 juin 2011 et si un second tour est nécessaire (ce qui est peu probable), un nouveau vote aura lieu jusqu’au 12 juillet 2011. Notons la concomitance avec la primaire du Parti socialiste dont le dépôt de candidatures a lieu du 28 juin au 13 juillet 2011.


Les candidats à la candidature

Pour les écologistes, le dépôt de candidatures devait avoir lieu avant le 15 mai 2011. Quatre candidatures ont été retenues (il fallait des parrainages) sur les sept déposées : Eva Joly (67 ans), Nicolas Hulot (56 ans), Stéphane Lhomme (45 ans) et Henri Stoll (55 ans).

L’ancien Ministre de l’Environnement (et mathématicien) Yves Cochet (65 ans) avait émis aussi son intention de se présenter, conditionnée par la candidature de Nicolas Hulot qu’il souhaitait soutenir. Il avait déjà été candidat à la candidature en 2007, évincé avec 28% par Dominique Voynet (35%) et devançant Cécile Duflot (23%).

Stéphane Lhomme est ce qu’on peut appeler un "activiste", militant antinucléaire et militant anti-Juppé, et, ancien membre de la LCR (ex-parti d’Olivier Besancenot), il ne participe à cette primaire que pour barrer la route à Nicolas Hulot, ce qui ne manque pas d’incohérence car sa candidature plombe (un peu plus) celle d’Eva Joly, la principale concurrente de Nicolas Hulot.

Henri Stoll est un élu local connu et parfois apprécié en Alsace, maire depuis une quinzaine d’années de Kaysersberg et plus récemment, conseiller général du Haut-Rhin.

Si je dis qu’il n’y aurait probablement pas de second tour, c’est parce qu’il n’y a que deux principaux candidats. Les deux autres, à la notoriété extrêmement faible, n’ont pas les moyens politiques de faire connaître leur projet (aussi respectable soit-il) en si peu de temps.


Madame Joly et Monsieur Hulot

Alors qu’Eva Joly semblait jusqu’à il y a quelques mois la candidate probable, pourtant pas si évidente que cela, finalement, Nicolas Hulot paraît être en mesure d’emporter la primaire. Dans les sondages pour cette primaire (toujours très fluctuants et difficilement précis), Nicolas Hulot l’emporterait nettement chez les sympathisants écologistes à plus de 60% face à une Eva Joly qui peinerait à dépasser la barre des 30%.

Pourtant, rien n’est joué, car les sondages ne sont absolument pas en mesure de reproduire la représentativité du réel électorat, ceux qui se sont inscrits et ont payé les dix euros pour participer.

Les deux principaux candidats ont pour eux une réelle sincérité dans leur tardive conversion à l’écologie (conversion plus ancienne pour Nicolas Hulot que pour Eva Joly : le premier avait rédigé son pacte écologique en 2007 tandis qu’Eva Joly ne s’est engagée qu’en 2009).

Mais cette sincérité pourrait aussi avoir son revers de médaille pour une bataille politique ardue, difficile, éprouvante : naïveté, inexpérience au combat électoral, inexpérience gouvernementale et incapacité à présenter un projet personnel national, c’est-à-dire qui ne soit pas uniquement constitué des quelques compétences reconnues (médias pour l’un, justice pour l’autre).

En d’autres termes, les deux principaux candidats ont pour réel handicap commun un problème majeur de crédibilité politique et de leadership militant.


Eva Joly, 68 ans en 2012

Le principal atout d’Eva Joly est sa notoriété. Juge d’instruction dans un certain nombre d’affaires politico-financières (affaire Elf, affaire Roland Dumas, affaire des frégates de Taïwan etc.), elle a acquis une solide réputation de personne inflexible et droite moralement. Pourtant, au fil des déclarations publiques, Eva Joly s’est montrée très dogmatique et peu ouverte au nécessaire pragmatisme d’un leader. Ramener tout à la transparence et au jugement n’est connaître la réalité sociale que par le petit bout de la lorgnette. Quand intégrité risque de se décliner en intégrisme…

Pire. Son amie également juge, Laurence Vichnievsky, 56 ans, élue sur son sillage conseillère régionale EELV en mars 2010 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, a bien mal démarré sa carrière de juge d'instruction à Paris en prononçant un enterrement de première classe de l’affaire Robert Boulin le 20 septembre 1991, soit une semaine après avoir pris ses fonctions. Vu la somme colossale des documents à étudier (des milliers de pages), la rapidité de la décision peut surprendre et cacher une explication qu’a émise Hervé Torchet dans son blog et qui donne un arrière-goût un peu particulier de ce qu’est l’éthique de ces "juges écolos". Hervé n’y va pas de main morte et écrit en conclusion : « Tout ce que cette femme a pu faire ensuite, même au pôle financier avec madame Joly, est forcément discrédité et entaché d’un soupçon indélébile, celui de complicité avec un pacte mafieux. ».

Postulante au concours Miss Norvège lorsqu’elle avait 18 ans, Eva Joly jouit de la double nationalité franco-norvégienne. Son accent norvégien peut être un inconvénient pour diriger la France mais elle a su l’assumer et s’en moquer en le comparant à l’accent du Sud-Ouest ou à l’accent marseillais et en disant que c’est cela, la République française, cette diversité des origines. Elle est d’ailleurs un pur produit de la méritocratie française, faisant des petits boulots pendant ses études.

Son autodérision transpire également dans son humour qui lui vaut d’être lauréate 2010 du Prix de l’humour politique avec cette phrase d’autant plus directe qu’elle aurait pu se retrouver dans la situation d’appeler ses électeurs à se reporter sur Dominique Strauss-Kahn : « Je connais bien Dominique Strauss-Kahn ; je l’ai mis en examen. ».

Si elle ne manque pas de ténacité dans ses fonctions professionnelles et également dans son engagement politique, Eva Joly a cependant contre elle son âge qui la place dans une génération de retard face à l’ensemble de ses concurrents, internes ou externes. Un tel âge n’est pas un handicap pour une personnalité politique qui a déjà fait ses preuves (comme De Gaulle mais également comme François Mitterrand, Jacques Chirac ou même Édouard Balladur), mais singulièrement pour une novice en politique.

Et c’est aussi sur ce sujet (novice) que le défaut est le plus criant : l’absence d’un "passé écologiste" (militantisme, etc.) la rend suspect auprès des "vrais" militants écolos au point qu’elle a senti le besoin de forcer un peu la dose. Ainsi, sa très indécente sortie antinucléaire en plein tsunami pour récupérer la catastrophe de Fukushima aura été très contreproductive.

Envisageant initialement de s'engager derrière François Bayrou, Eva Joly se verrait bien aujourd'hui ministre dans un gouvernement socialiste. Du vert ressort toujours le rose.

Candidate à contretemps, elle l’est encore quand elle sort en pleine bataille de la primaire son dernier livre, un roman. Lorsqu’on veut être acteur, il est déconcertant de se montrer en même temps observateur passif. Veut-elle des électeurs… ou des lecteurs ?

Eva Joly est entre autres soutenue par Noël Mamère, Dominique Voynet, Yves Contassot, Alain Lipietz, Marie-Christine Blandin, Yannick Jadot, Michèle Rivasi et Andrée Buchmann.


Nicolas Hulot, 57 ans en 2012

Comme Eva Joly, le principal atout de Nicolas Hulot est sa notoriété médiatique, bien plus grande que sa rivale pour la simple raison qu’animateur d’émission de télévision, il a eu la possibilité de se faire connaître (et souvent apprécier) par de nombreux téléspectateurs.

Son sens de la communication en fait une personnalité sympathique et populaire, comme le montrent des études d’opinion depuis longtemps.

Cependant, il devra surmonter trois handicaps de taille.

Le premier est son passé professionnel comme présentateur de TF1 et utilisateur régulier d’hélicoptère. Les produits qui utilisent sa marque sont également très peu "écologiques". Un rapport rédigé par les députés Geneviève Gaillard (PS) et Jean-Marie Sermier (UMP) déposé à l’Assemblée Nationale le 2 février 2011 (n°3142) pointe du doigt quelques éléments étranges concernant la Fondation Nicolas Hulot (le rapport est téléchargeable ici).

Le deuxième handicap est sa naïveté politique. Nicolas Hulot s’est senti trompé par les candidats à l’élection présidentielle de 2007. Cependant, il a quand même pu initier la mise en place du Grenelle de l’Environnement qui a eu au moins l’avantage d’exister (c’était mieux que rien). Nicolas Hulot a récemment montré son immaturité politique en évoquant publiquement une possible alliance avec Jean-Louis Borloo, une possibilité évidemment connue mais qu’il convenait de taire chez des écologistes dont l’indépendance ne serait que "de gauche".

Enfin, le troisième handicap est, malgré son talent de communicateur, son absence de charisme politique. Il suffisait de le voir faire sa déclaration de candidature le 13 avril 2011 à Sevran pour s’en convaincre. Les yeux rivés sur ses feuillets, incapable de sourire ou de jeter le regard vers ses interlocuteurs (la salle) ni même vers les caméras (dont il est pourtant coutumier), la voix monocorde, sans doute émue (on ne se déclare pas candidat à la présidentielle tous les jours), Nicolas Hulot a très déçu ceux qui croyaient à son aisance à s’exprimer.

Nicolas Hulot est entre autres soutenu par Antoine Waechter, José Bové, Yves Cochet, Denis Baupin, Stéphane Hessel, Marie-Anne Isler-Béguin, Étienne Tête, Allain Bougrain-Dubourg, Augustin Legrand, Stéphane Gatignon et Jean-Paul Besset.


Casseroles sur le financement électoral ?

Loin d’être irréprochables, les écologistes ont été récemment épinglés pour certains comportements dans le dernier rapport de la Commission nationale des comptes de campagne et financements politiques (CNCCFP) publié le 24 mai 2011 (téléchargeable ici).

Les écologistes ont agi en fait comme les apparatchiks du Front national en facturant aux candidats écologistes des prestations internes avec une plus-value par l’intermédiaire d’une d’association liée au parti écologiste. La CNCCFP a remarqué ainsi : « Cette plus-value doit être justifiée, quantifiable et démontrée. Il serait paradoxal d’admettre qu’étant susceptible de bénéficier de l’aide publique, les partis politiques puissent par ailleurs se procurer des fonds payés par le contribuable sur les dépenses remboursées aux candidats. ».

De mauvaise foi, des députés Verts ont même déposé une résolution qui sera discutée le 7 juillet 2011 pour palier les « failles juridiques qui remettraient en cause l’esprit et la lettre de la législation sur le financement des partis ».


L’avenir incertain de la candidature EELV

La possibilité d’un retrait du candidat écologiste en début de l’année 2012 n’a été exclue par aucun des deux principaux candidats à la primaire. Il serait pourtant curieux qu’un candidat désigné par plusieurs milliers de votants (voire plusieurs dizaines de milliers) trahisse la confiance qu’on lui aurait témoignée pour négocier un nombre de portefeuilles dans un futur gouvernement socialiste.

Mais les Verts ne sont pas à une manipulation près. Souvenez-vous de la campagne
présidentielle de 2002 : Alain Lipietz avait été désigné par les militants Verts pour être leur candidat et finalement, en octobre 2001, comme les sondages ne frémissaient toujours pas et pour ne pas ruiner le parti (le remboursement des frais de campagne nécessitent d’obtenir au moins 5% des suffrages), c’est son rival Noël Mamère qui partit finalement à la bataille (à l’insu de son plein gré, « décision irrévocable » !). Noël Mamère a atteint la mission : il a fait 5,2%.

Aux écologistes de démontrer que leur candidat aura la capacité de proposer des nouvelles perspectives pour la France de demain. L’opération semble très ambitieuse et pour le moins délicate.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 juin 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Cécile Duflot.
Daniel Cohn-Bendit.

La primaire du PS.
Rapport sur les activités de Nicolas Hulot.

Rapport sur les comptes de campagne des écologistes.

Sur Laurence Vichnievsky.



Illustrations : 1° N. Hulot et E. Joly ; 2° E. Joly et L. Vichnievsky.

yartiVerts201104

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/ou-vont-les-ecolo-pasteques-2-eva-96445




 

 

 

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 07:40

Bataille de chiffonniers pour la primaire des écologistes, mal préparée tant politiquement que juridiquement. Résultat du premier tour le 29 juin 2011. Déplorable évolution d’un mouvement qui avait pourtant bien commencé il y a deux ans. Première partie.

yartiVerts201108Rappelez-vous : le 7 juin 2009, les listes Europe Écologie ont réalisé un score historique aux élections européennes avec 16,3%, soit seulement trente-quatre mille voix de moins (au niveau national !) que les listes du Parti socialiste (16,5%). Avec quatorze députés européens élus (parfois avec surprise), les écologistes ont fait jeu égal avec les socialistes en nombre de sièges.


Une recomposition inattendue

Cette victoire n’est pas arrivée par hasard. Elle fut le fruit d’un difficile rassemblement des forces écologistes, avec les Verts menés par Cécile Duflot, et des groupuscules hétéroclites comme celui de José Bové (58 ans ; 1,3% à l’élection présidentielle de 2007). Le véritable ordonnateur de cette union fut Daniel Cohn-Bendit, habitué à ravir la tête de gondole des Verts tous les cinq ans, au moment des européennes, et qui a obtenu en Île-de-France 20,9%, soit largement devant la liste socialiste conduite par le numéro deux du PS, Harlem Désir (13,6%).

À l’époque, l’échec des socialistes étaient d’autant plus terrible que les listes UMP avaient réussi le tour de magie de gagner la bataille avec 27,9% et 29 sièges raflés, soit plus du double du PS.

La recomposition à gauche était alors en marche : exit le MoDem incapable de rassembler électeurs ni élus, et parité électorale exemplaire entre socialistes et écologistes. Bref, la stratégie à la François Mitterrand de François Bayrou, celle de remplacer ou phagocyter le PS dans son rôle de premier opposant, a échoué et celle du rassemblement des Verts a apporté une nouvelle tournure dans le paysage politique français.


Reflux

Deux ans après, les écologistes ont eux aussi échoué à dynamiser la gauche.

Entre temps, Europe Écologie a réalisé un score assez médiocre néanmoins intéressant aux élections régionales du 14 mars 2010 avec 12,2% (le PS a obtenu 29,1%), avec quand même 16,6% pour les listes conduite par Cécile Duflot en Île-de-France. Aux élections cantonales du 20 mars 2011, seulement 8,2% des suffrages ont fait confiance à EELV.

Le rapport des forces entre EELV (Europe Écologie-Les Verts) et le PS est passé de 1/1 en juin 2009, à 1/2 en mars 2010, puis, à 1/3 en mars 2011, et dans les sondages d’aujourd’hui, ce rapport s’effondre à 1/5 environ. L’élection présidentielle serait-elle une chose trop sérieuse pour la laisser aux écologistes ?


Des erreurs stratégiques

Comme dans la réussite de 2009, la chute de EELV n’est pas due au hasard mais à une série d’erreurs stratégiques de première importance.

1. La première erreur stratégique, c’était de ne pas avoir surfé sur la vague écofavorable de juin 2009. Leader incontestée du mouvement écologiste, Cécile Duflot n’aurait jamais dû renoncer à la candidature à l’élection présidentielle. Sous la Ve République, cette élection est déterminante et module tout le reste de l’action politique. Certes, les écologistes sont, comme les socialistes, par nature partisans du régime parlementaire, mais la règle du jeu doit être adoptée pour savoir gagner. Certes (bis), Cécile Duflot est jeune (36 ans), et surtout, est une mère de famille qui ne souhaite pas non plus sacrifier sa vie familiale (elle a raison), et elle sait qu’une ambition présidentielle dévore tout (elle a encore raison), mais elle aurait été la seule candidate cohérente de ce mouvement. Cécile Duflot ne s’était pas non plus présentée aux élections européennes de 2009.

2. Une autre erreur est l’absence de leadership interne de Daniel Cohn-Bendit. À 66 ans, il a toujours expliqué qu’il ne voulait pas être candidat à l’élection présidentielle. S’il ne manque pas de charisme et d’attraits médiatiques, avec son air plutôt bon enfant, Daniel Cohn-Bendit reste trop favorable au régime parlementaire pour s’adonner aux joies d’une république présidentielle. Par ailleurs, de nationalité allemande et ne demandant pas la nationalité française, il s’est juridiquement interdit toute velléité présidentielle. Il a aussi été mis en minorité par les adhérents à EELV le mois dernier, n’obtenant que 26,5% face aux 50,2% de la motion de Cécile Duflot. Le clivage est important et sera sans doute la cause du probable échec présidentiel : face à l’ouverture prônée par Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot a travaillé pour renforcer la mainmise de l’appareil des Verts sur EELV. Des personnalités comme Corinne Lepage, députée européenne élue sur une liste du MoDem, peuvent donc hésiter à les rejoindre après cette victoire du monolithique sur l’ouverture (la "coopérative").

3. La troisième erreur stratégique, c’est d’avoir délibérément délégué le représentant d’EELV à l’élection présidentielle à une personnalité qui, dans tous les cas, n’est ni écologiste (historiquement) ni expérimentée politiquement. Pourtant, les candidats ne manquaient pas, et notamment Yves Cochet, ancien Vice-Président de l’Assemblée Nationale et ancien ministre, qui a renoncé à sa candidature pour soutenir Nicolas Hulot.

4. Enfin, la quatrième erreur stratégique, c’est de ne pas avoir su "résorber" l’incohérence programmatique existentielle que représente ce regroupement écologiste, ménageant la chèvre et le chou dans un projet illisible entre les partisans de la construction européenne comme Daniel Cohn-Bendit qui se dit libéral-libertaire ou d’autres personnalités proches du centre (Eva Joly voulait à l’origine adhérer au MoDem), et les altermondialistes farouchement antieuropéens et issus des milieux d’extrême gauche à l’instar de José Bové.


Hyperréalisme mou

L’absence de stratégie d’EELV va certainement lui être fatal. Les écologistes avaient eu pourtant le choix entre deux attitudes.

La première était de présenter unanimement à l’élection présidentielle leur secrétaire nationale Cécile Duflot, incarnant une nouvelle génération dans la classe politique, plus directe et plus spontanée, en se hissant comme l’héritière de l’autre gauche, avec la ferme volonté de conquérir majoritairement le pouvoir.

La seconde, plus réaliste, proposée par Daniel Cohn-Bendit, était de capitaliser les bons rapports de force des européennes et des régionales en renonçant à une candidature à l’élection présidentielle (pour éviter l’éviction du candidat socialiste comme le 21 avril 2002) en échange d’une cinquantaine de circonscriptions gagnables aux élections législatives de juin 2012, assurant dans tous les cas aux écologistes l’existence d’un groupe politique autonome à l’Assemblée Nationale, leur permettant éventuellement d’être soit une force d’avenir en cas d’opposition, soit d’être un allié incontournable en cas de majorité de gauche.

Si la première option était très ambitieuse (mais pas impensable), la seconde avait l’avantage d’être très sage et de sceller les fondations d’un mouvement durable dans la vie parlementaire, élément nécessaire pour exister (François Bayrou le sait cruellement bien).

Au lieu de quoi, les écologistes ont décidé de se disputer au sein d’une primaire sans véritable enjeu programmatique ni stratégique pour faire très rapidement ensuite allégeance aux socialistes au second tour ou même (certains le proposent déjà, par peur d’un nouveau 21 avril 2002), dès le premier tour. À l’instar des pastèques, vertes à l’extérieur et roses à l’intérieur.


Dans mon prochain article, je présenterai plus précisément la primaire des écologistes pour l’élection présidentielle de 2012 qui opposent Eva Joly et Nicolas Hulot.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 juin 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Cécile Duflot.
Daniel Cohn-Bendit.


Illustrations : 1° C. Duflot entourée de N. Hulot et E. Joly ; 2° N. Hulot et E. Joly.

yartiVerts201102

 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/ou-vont-les-ecolo-pasteques-1-96444

 

 

 



 

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 01:09


Matériel et argumentaire proposés par le Parti socialistes (à cliquer pour télécharger) pour l'organisation de sa primaire pour désigner son candidat à l'élection présidentielle de 2012.


Site principal :
http://www.lesprimairescitoyennes.fr/

Kit affichages/tracts pour la primaire du PS à télécharger (attention : 42 Mo) :
http://www.box.net/shared/static/9uevdl00un8hjr4ryjfi.zip

Le calendrier de la primaire du PS :
http://www.lesprimairescitoyennes.fr/le-calendrier-des-primaires-citoyennes

Respect des données personnelles :
http://www.lesprimairescitoyennes.fr/un-processus-respectueux-des-donnees-personnelles

Respect de la loi :
http://www.lesprimairescitoyennes.fr/article/un-processus-totalement-conforme-au-droit

Quelques informations juridiques :
http://www.moselle.pref.gouv.fr/data/doc-277/20110218/51008_1.pdf

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006353063&cidTexte=LEGITEXT000006070239&dateTexte=vig

http://www.cnil.fr/en-savoir-plus/deliberations/deliberation/delib/24/

http://www.lesprimairescitoyennes.fr/informatique-et-libertes

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=98F8F636DC2943E2D8682DB540840464.tpdjo16v_3?idArticle=LEGIARTI000006390138&cidTexte=LEGITEXT000006070633&dateTexte=20101201

http://www.lesprimairescitoyennes.fr/retrait-des-listes-electorales-primaires

Lettre de Jean-Louis Debré du 15 mars 2011 :
http://www.parti-socialiste.fr/static/10960/les-primaires-sont-totalement-legales-107083.pdf?issuusl=ignore

Lettre de la CNCCFP du 11 mars 2011 :
http://www.parti-socialiste.fr/static/10960/les-primaires-sont-totalement-legales-107125.pdf?issuusl=ignore

Charte éthique :
http://www.lesprimairescitoyennes.fr/article/la-charte-ethique-des-primaires

SR

 

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 21:41

Le député-maire d'Evry Manuel Valls, ex-strauss-kahnien, a annoncé sa candidature à la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2012. Manuel Valls était conseiller en communication de Lionel Jospin lorsqu'il était à Matignon. Le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb a annoncé son soutien à François Hollande tandis que le député Pierre Moscovici hésiste encore à se présenter lui-même. Bertrand Delanoë et Laurent Fabius ont renoncé, fin mai 2011, à se présenter.

 

SR

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 06:45

Après le forfait par défaut de Dominique Strauss-Kahn, le PS va devoir régler pendant l’été la question sur son candidat à la prochaine élection présidentielle. Avec en débat une primaire difficile à mettre en œuvre et des sondages qui vont sans doute influer sur le résultat de celle-ci.


yartiPS201101À trop avoir voulu miser sur l’homme providentiel qu’était Dominique Strauss-Kahn, la direction du Parti socialiste se retrouve aujourd’hui dans une situation délicate. Alors que les postes à responsabilité étaient en cours de distribution, vendant un peu trop rapidement la peau de l’ours, la victoire de 2012 n’est plus vraiment assurée malgré l’impopularité de Nicolas Sarkozy et la prise d’autonomie de Jean-Louis Borloo.


L’ascension irrésistible de François Hollande

Certes, un candidat à la primaire se retrouve propulsé dans les sondages pour remplacer au pied levé DSK, à savoir François Hollande. Il semble qu’il réussisse le tour de force de séduire une partie de l’électorat social-démocrate qui réfute les idées un peu trop de gauche. Pour l’instant, le transfert des intentions de vote semblerait massif dans les sondages (l’un d’eux daté du 18 mai 2011 évoquerait 29% soit 10% de plus que Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen à 17% : au contraire de ce qui est régulièrement entendu, la "chute" de DSK ne profiterait ni à Marine Le Pen ni à Jean-Luc Mélenchon).

Cela n’arrange pas vraiment le pôle de direction du PS issu du congrès de Reims et rassemblé autour de trois éléphants : Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry (la première secrétaire) et Laurent Fabius. D’ailleurs, à la direction du PS, si l’on cite volontiers la candidature de Ségolène Royal dont les chances sont désormais quasi-nulles (elle ne représente donc aucun danger ; elle ne "décolle" toujours pas), on oublie consciencieusement l’existence politique de François Hollande qui fut pourtant leur plus long premier secrétaire depuis Guy Mollet (plus long que François Mitterrand !), ainsi que celle d’Arnaud Montebourg toujours en conflit ouvert sur la question de la fédération des Bouches-du-Rhône.


Martine Aubry entre devoir et envie

Malgré les appels pressants de nombreux supporters, en particulier Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, Martine Aubry se refuse pour l’instant à s’engager dans la bataille présidentielle. Elle se retrouve en fait dans une position très inconfortable.

D’une part, son amitié pour DSK l’empêche de prendre trop hâtivement une initiative qui serait considérée comme "indécente" (on se rappelle que Jacques Chaban-Delmas avait maladroitement annoncé sa candidature avant la fin de l’hommage de l’Assemblée Nationale au Président Georges Pompidou le 4 avril 1974).

D’autre part, Martine Aubry avait semblé renoncer à cette course à l’échalote. Des indiscrétions distillées il y a quelques semaines avaient laissé entendre que DSK serait "son champion". Sa personnalité aurait plutôt tendance à ne pas trop se mettre en avant et à favoriser le travail collectif, en équipe, ce qui l’inclinerait plutôt aux fonctions de Premier Ministre.

Mais la situation est bien différente aujourd’hui et avec le "programme" du PS qu’elle a coordonnée, il est sûr qu’elle serait naturellement et logiquement la plus apte à le défendre. Benoît Hamon a rappelé sur Public-Sénat ("Preuve par 3" du 19 mai 2011) qu’on n’est jamais candidat à l’élection présidentielle par devoir, tandis que Laurent Fabius a coutume de dire que l’envie s’emploie pour le chocolat, pas pour une élection présidentielle.

En fait, Martine Aubry montre bien qu’elle n’en aurait pas "envie" mais qu’elle se sentirait "obligée" de remplacer Dominique Strauss-Kahn. Elle est devenue première secrétaire du PS en novembre 2008 un peu par hasard pour un pacte anti-Ségolène Royal concocté par ses deux malheureux rivaux de la primaire de novembre 2006, à savoir Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. En quelque sorte, Martine Aubry n’a jamais été que leur "cheval de Troie" et c’est ainsi qu’elle a été "remise en selle" dans le paysage national, elle qui avait décidé de s’isoler et de se consacrer uniquement à Lille depuis les municipales de mars 2001.


Laurent Fabius

Le troisième allié de l’implicite pacte de Marrakech est l’une des personnalités socialistes qui avait le plus d’avenir. Le plus jeune Premier yartiFabius201203Ministre de tous les temps (à 37 ans), Laurent Fabius faisait figure de l’un des deux héritiers rivaux de François Mitterrand avec Lionel Jospin.

Son avantage, son âge, lui faisait dire qu’il avait le temps avant de se préparer à l’Élysée. Je me souviens notamment d’une réflexion qu’il avait faite avant 1988 sur le fait qu’il n’aurait que 53 ans en l’an 2000.

Ce qu’il ne savait pas, c’est que le scandale du sang contaminé l’avait disqualifié pour l’élection présidentielle de 1995 (il avait alors l’âge de Valéry Giscard d’Estaing en 1974), ce qui a permis à Lionel Jospin de regagner la légitimité de ses camarades socialistes consacrée par la victoire aux législatives de juin 1997. L’élection présidentielle de 2002, celle convoitée dès 1986 par Laurent Fabius, était donc bloquée pour Lionel Jospin.

Quant à celle de 2007, la candidature fut conquise par Ségolène Royal avec une très large avance, malgré les circonvolutions politiciennes de Laurent Fabius. En effet, entre temps, après avoir été le Ministre des Finances qui a mis en œuvre l’euro, Laurent Fabius a esquissé un virage contre-européen à gauche en s’opposant au Traité constitutionnel européen lors du référendum du 29 mai 2005 (sa position a eu probablement une part déterminante dans l’échec du référendum). Pourquoi ? Parce qu’en bon disciple de François Mitterrand, il a toujours cru que le PS se conquérait par sa gauche (comme au congrès de Metz en 1979).

Pour Laurent Fabius, qui aura 65 ans à la prochaine élection présidentielle, 2012 sera sa dernière chance pour une carrière finalement en dents de scie qui lui a permis déjà de goûter aux plus grandes responsabilités (Matignon, Bercy, Hôtel de Lassay etc.).

L’un de ses atouts, c’est son bras droit, à qui il a laissé le siège au bureau national, Guillaume Bachelay, régulièrement cité dans les petites phrases d’humour politique, qui a rédigé l’actuel "programme" du PS (ratifié par les militants le 19 mai 2011).

La stature, l’expérience, la crédibilité, l’habileté et même l’envie ne manquent pas à cet homme plongé dans la politique dès 1974. Pourtant, il a un handicap majeur : les sondages jouent toujours aux encéphalogrammes plats et finalement, il est d’une autre génération face aux Pierre Moscovici, aux Manuel Valls, aux Jean-François Copé, aux François Baroin, etc.

Bien que se préparant plutôt au Quai d’Orsay, Laurent Fabius avait cependant déclaré qu’il n’exclurait l’éventualité de sa candidature en cas de renoncement de Dominique Strauss-Kahn et de Martine Aubry.


Bertrand Delanoë

L’autre inconnue de la primaire du PS, c’est un peu comme l’Arlésienne. Rappelez-vous : au premier semestre de l’année 2008, alors que DSK avait été oublié par son expatriation à Washington, celui qui tenait le haut de l’affiche était… Bertrand Delanoë, maire de Paris et jospiniste historique qui avait reçu le soutien de Michel Rocard.

Il pensait recevoir le poste de premier secrétaire sur un plateau mais il n’avait représenté qu’un quart des militants, face à Ségolène Royal, yartiDelanoe201202Martine Aubry et Benoît Hamon. Son amour propre ayant été blessé, il avait abandonné la partie en plein milieu du gué pour se joindre à la coalition anti-Ségolène Royal avec les résultats que l’on sait.

En lot de compensation, celui qui était son bras droit, Harlem Désir, l’ancien président fondateur très médiatique de SOS-Racisme, était devenu le numéro deux du PS accourant toujours derrière Martine Aubry à chacun de ses déplacement.

Harlem Désir est le responsable socialiste qui a osé demander le 19 mai 2011, le plus sérieusement du monde, de l’aide à Nicolas Sarkozy pour faire sortir Dominique Strauss-Kahn de sa prison américaine (c’est inutile depuis la dernière décision du juge). Décidément, cette affaire DSK est un bon révélateur de l’éthique du personnel politique…

Malgré son échec au congrès de Reims, Bertrand Delanoë, qui va avoir 61 ans quelques jours, jouit encore d’une cote de popularité très élevée dans les sondages, peu explicable sinon qu’il paraît apprécié des Parisiens (même si sa politique de la circulation ne comprend pas les enjeux franciliens qui dépassent de loin les frontières du périphérique) mais est quasiment inconnu des provinciaux.

Parmi ses handicaps, Bertrand Delanoë est le "contraire" de Laurent Fabius, à savoir l’absence totale d’expérience ministérielle, un handicap qu’il partage d’ailleurs avec François Hollande. Et un autre point faible serait sans doute son équipe, qui, à l’instar d’Harlem Désir, a rapidement sauté dans l’influence de Martine Aubry.

Pour l’heure, Bertrand Delanoë a déclaré vouloir soutenir Martine Aubry… mais à condition qu’elle y aille !


Qui va représenter la "ligne officielle" du PS ?

Il reste encore un mois et demi pour que les candidatures se décantent. Beaucoup de barons locaux socialistes avaient menacé de se présenter en cas de désistement de Dominique Strauss-Kahn. Tout l’art de Martine Aubry, en tant que chef de parti, sera de maintenir sous pression ces candidats potentiels qui n’auraient pas beaucoup de chance de réussir à la primaire de 2011 : Manuel Valls (maire d’Évry), Gérard Collomb (maire de Lyon), ou encore, même s’il est plus discret sur ses intentions, Pierre Moscovici qui serait sans doute le meilleur remplaçant à Dominique Strauss-Kahn.

Pierre Moscovici avait eu pour ambition de devenir premier secrétaire du PS à l’issue du congrès de Reims en 2008. L’aventure personnelle s’est soldée finalement par un isolement politique qui a été rompu avec la montée en puissance dans les sondages de son mentor, Dominique Strauss-Kahn.

Manuel Valls a par ailleurs estimé le 19 mai 2011 sur France 2 qu’il vaudrait mieux pour le PS un rassemblement sans forcément passer par la case primaire.

Qui va être soutenu par l’actuelle direction du PS ? Le séisme politique à New York est tel que pour l’instant, seul François Hollande continue son petit bonhomme de chemin, et après tout, la Corrèze a déjà donné à la France un très récent Président de la République…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 mai 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Hollande à 29% (sondage à télécharger). 
Le PS et la logique institutionnelle.

La primaire au PS.

Martine Aubry.

Bertrand Delanoë.

François Hollande.

Ségolène Royal.

Arnaud Montebourg.

Affaire Dominique Strauss-Kahn.



yartiPS201102





 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/primaire-du-ps-2011-que-vont-faire-94394

 

 

 

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 21:54

Après avoir été officiellement inculpé, Dominique Strauss-Kahn vient d'être libéré sous caution. Il aura passé trois nuits dans la prison Rikers Island.

 

SR

 

 

 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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