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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 19:17

Second rapport accablant contre le fonctionnement du PS à Marseille (à télécharger).

 

Après le rapport d'Arnaud Montebourg du 8 décembre 2010 adressé à Martine Aubry contre des supposées irrégularités de la fédération du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, un autre rapport de 20 pages vient d'être publié qui fait état d'autres irrégularités. Synthétisé par Yannick Bodin, sénateur PS de Seine-et-Marne, le rapport reprend les constats des membres de l'équipe de Bernard Delanoë lors des votes du congrèe de Reims en novembre 2008, votes qui avaient favorisé nationalement Martine Aubry malgré une large majorité localement pour Ségolène Royal.

 

Ciquer sur le lien pour télécharger dans son intégralité ce rapport (fichier .pdf) :

http://www.leparisien.fr/complements/2011/03/04/1343347_rapport-bodin.pdf

 

 

SR

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 07:58

Sondage IFOP du 3 mars 2011 sur la primaire du PS 2012 : François Hollande monte et Martine Aubry chute (à télécharger)

 

 

Le sondage IFOP pour France Soir publié le 3 mars 2011 donne une indication sur la préférence des sympathisants de gauche pour le candidat du PS. Si Dominique Strauss-Kahn reste largement en tête, il est à noter la grande montée de François Holland, dont le rythme est régulier depuis plusieurs mois et la baisse parallèle de Martine Aubry. Les candidatures d'Arnaud Montebourg et de Manuel Valls sont quasiment ignorées.

 

Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage dans son intégralité (fichier .pdf) :

http://www.ifop.com/media/poll/1420-1-study_file.pdf

 

 

SR

 

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 07:52

Rapport confidentiel d'Arnaud Montebourg sur le fonctionnement du PS à Marseille du 8 décembre 2010 (à télécharger dans son intégralité)

Arnaud Montebourg dénonce des dérives supposées anormales dans le fonctionnement de la fédération du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône. Il explique ses arguments dans un document de quatre pages remis à Martine Aubry, première secrétaire du PS.

 

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport Montebourg sur le PS 13 (fichier .pdf) :

(lien provisoirement retiré ; voir les explications)

 

 

SR

 



 

 

 

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 11:07

Nicolas Hulot épinglé par un rapport parlementaire (N° 3142) : le rapport à télécharger dans son intégralité (.pdf).

 


ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 2 février 2011

RAPPORT D’INFORMATION N° 3142

DÉPOSÉ

en application de l’article 145 du Règlement

PAR LA COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
ET DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

sur les modes de financement et de gouvernance des associations de protection de la nature et de l’environnement

PAR

 

Mme GENEVIÈVE GAILLARD, Députée PS et
M. JEAN-MARIE SERMIER, Député UMP

Cliquer pour télécharger en fichier .pdf :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i3142.pdf

 

SR

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 10:52

Dans un sondage (à télécharger), François Hollande grimpe dans l'espoir des sympathisants socialistes pour 2012. La situation au Parti socialiste est donc loin d'être claire dans l'opinion publique.

Dominique Strauss-Kahn perd 5% (à 31%), Martine Aubry gagne 1% (à 20%), Ségolène Royal perd 3% (à 15%) mais François Hollande gagne 6% (à 13%).

François Hollande gagne même 13% chez les adhérents socialistes et arrive à 18% deuxième derrière DSK.

Mais ni Manuel Valls ni Arnaud Montebourg, pourtant candidats déclarés, n'ont été testés, dans ce sondage.

Sondage IFOP pour "France Soir" publié le 10 janvier 2011 à télécharger (fichier .pdf) :
http://www.ifop.com/media/poll/1368-1-study_file.pdf

 


Sylvain Rakotoarison (10 janvier 2011)

 

 

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 01:52

(dépêche-blog)

 

Quand Ségolène Royal et François Hollande étaient "transcourants", au PS...

 

Plus de vingt ans après...

Rédigé par François Silva le Samedi 19 Mai 2007
Depuis les années 80, les socialistes affichent leur volonté de rénover le PS. Pour quels résultats?

En février 1985, François Hollande, Jean-Michel Gaillard, Jean-Yves Le Drian et Jean-Pierre Mignard lançaient un appel dans le Monde pour secouer le Parti socialiste, celui «de la glaciation morale et du repli frileux». Il fallait choisir de «faire prévaloir les compromis honnêtes, les principes humains, le respect de l'autre, le souci de la justice». Ils se disaient «attentifs autant au progrès social qu'à l'efficacité économique» et souhaitaient engager un débat sur «le mode de participation des électeurs à l'élaboration de la pensée politique».

C'est ainsi que les trois mousquetaires lancèrent les transcourants, en créant avec quelques autres, dont Jean-Pierre Jouyet et Ségolène Royal, le club Démocratie 2000, qui devint ensuite le club Témoins dans les années 90. Ils allaient agiter le landernau socialiste en proposant de dépasser les questions de personnes (se concrétisant par des courants) pour s'attaquer aux mutations idéologiques d'un Parti socialiste et d'une gauche devant trouver de nouveaux repères. Us allaient créer à Lorient un rendez-vous annuel. Pendant près de dix ans, cette université d'été allait constituer un moment fort, chaque année, permettant d'être un lieu de rencontre entre tous ceux du PS, de gauche, mais aussi d'ailleurs. Le seul impératif était de vouloir échanger autour des enjeux nouveaux et préparer le futur. Les transcourants lancèrent une revue, des colloques à Paris, un réseau de clubs en province. Le congrès de Rennes de 1990 allait leur donner raison, annonçant la défaite de 1993 (et les suivantes).

Ainsi, les transcourants, un peu en dehors et peu en dedans du PS, commençaient à proposer de nouveaux champs de réflexion en dehors des idées reçues. Le déclin de la gauche avait commencé dès la fin des années 70. Car elle était l'union de trois sensibilités qui ont structuré le pôle progressiste en France au cours du XXe siècle: socialiste, communiste et radical. La chute du mur de Berlin a accéléré le déclin du PC, qui appartient maintenant à l'histoire. Le Parti radical était l'expression de l'émergence des classes moyennes rurales issues de la Révolution (paysans républicains, artisans, commerçants, instituteurs). Il est mort lentement avec la fin du monde rural (qui était majoritaire en France jusqu'à la fin des années 50). Cette union a exprimé une certaine social-démocratie à la française pour laquelle l'Etat avait un rôle prédominant de régulation de l'économie et du social, qui s'est réalisée par une pratique de gestion gouvernementale sans aggiornamento idéologique.

Dès le début, Jacques Delors fut le président d'honneur de Démocratie 2000. Il était celui qui pouvait faire bouger les lignes figées et les idées. La construction européenne était un élément clé des transcourants, position qui était loin de faire l'unanimité à gauche (on l'a clairement vu pour le référendum en 2005). Ce sont naturellement les membres du club qui se mobilisèrent pour préparer au début de l'automne 1994 la précampagne présidentielle de Jacques Delors dans des locaux de la rue Saint-Andrédes-Arts. Il était tellement évident pour ces transcourants que Jacques Delors incarnait cet espoir de faire et de dire une politique de gauche différente. Son refus de se porter candidat commença le déclin des transcourants animés jusqu'alors par François Hollande et Jean-Pierre Jouyet. Chacun reprit progressivement sa liberté. Mais la victoire de Lionel Jospin en 1997 correspondit à la fin des transcourants, certains s'impliquant complètement dans la vie politique en se rapprochant d'un Jospin ou d'un Strauss-Kahn, ou tout simplement en devenant députés. Beaucoup tournèrent la page en s'investissant, vers d'autres horizons, dans des projets universitaires, associatifs, d'écriture, de carrière dans le privé ou dans un ministère... Le retour surprise de la gauche a fait oublier à tous que les questions posées ne s'étaient pas envolées avec la victoire de la gauche plurielle qui tenait plus aux lourdes erreurs de la droite qu'à une vraie poussée de gauche. L'arrogance de la campagne présidentielle de Lionel Jospin était symptomatique de cet oubli que le monde avait changé et qu'il fallait proposer de nouvelles solutions.

Pour proposer de nouvelles solutions, il faut penser les évolutions accélérées que connaît la France postindustrielle, en proie à un individualisme exacerbé. Ségolène Royal a repris beaucoup des idées laissées en jachère par les transcourants dans les années 80-90. Sa campagne a amorcé un vaste mouvement allant dans ce sens, tant dans la méthode que dans la philosophie qui l'anime. Mais les limites de l'exercice sont vite apparues: cafouillages, campagne solitaire, idées trop générales et pas assez approfondies... Dans tous les cas, pour que ces questions se construisent et émergent, il faut savoir laisser le temps au temps. Mais force est de constater que l'on a perdu du temps.

Par François Silva

PROFESSEUR, ANCIEN TRESORIER DU CLUB DEMOCRATIE 2000

 

 

 

 

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 09:19

L'appartement de Ségolène Royal a été cambriolé le 1er décembre 2010.

 

 

 

 

yartirakotoarison201012021

Selon "Le Figaro" :  « cette intrusion par effraction au domicile personnel de la ténor socialiste intervient deux jours après l'annonce surprise de sa candidature à la primaire qui sera organisée en 2011 pour désigner le candidat PS à la prochaine présidentielle. Le même appartement avait été mis à sac une première fois le 17 août 2006, alors qu'elle s'apprêtait à déclarer sa candidature pour l'Élysée, puis le 27 juin 2008, à la veille d'un discours de présentation de sa contribution avant le congrès du PS de Reims. »
 
 
Sylvain Rakotoarison (2 décembre 2010)
 
Pour aller plus loin :

 

 

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/dessin-du-jour/article/troisieme-cambriolage-chez-85329

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-227

 

 

 

 

 

 

 

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 07:24

Chapeau l’artiste ! En déclarant sa candidature à la primaire socialiste, Ségolène Royal prend tout le monde de court… et se paie une belle couverture médiatique sur du vide.


 

yartiroyal52Décidément, Ségolène Royal a au moins un talent qu’il faut lui reconnaître, c’est celui de sentir au bon moment quelques bons "coups" politiques à faire. Certes, ce n’est pas ce qu’attendent les citoyens de leurs responsables politiques, mais le chemin pour arriver jusqu’à l’Élysée est si difficile qu’une élection présidentielle ne se gagne qu’avec ce genre de comportement.

Le 29 novembre 2010, Ségolène Royal a pris tous ses camarades de vitesse en déclarant une nouvelle fois sa flamme à l’élection présidentielle. L’objectif à très court terme était assez clair : stopper net avec toutes les critiques suscitées par un pacte entre les trois éléphants (Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Ségolène Royal) pour fausser la primaire socialiste.


Occuper le terrain

L’effet immédiat de cette candidature, c’est une très belle couverture médiatique dès le lendemain : France Inter pour sa matinale et le "20 heures" sur France 2. En fait, son rendez-vous sur France Inter était programmé depuis très longtemps, donc, on peut imaginer qu’elle a choisi la date de sa déclaration pour avoir une caisse de résonance très rapidement.

En rompant ce pacte, elle prouve ainsi qu’il n’a jamais existé, même si elle laisse entendre que sa déclaration de candidature a été faite en concertation avec ses deux compères : qui peut vraiment la croire ? On imagine au contraire la colère qui étrangle autant Martine Aubry que Dominique Strauss-Kahn, d’autant plus que Ségolène Royal n’a pas manqué d’humour en imaginant Dominique Strauss-Kahn comme son probable… futur Premier Ministre. L’expérience Borloo n’a-t-elle donc pas suffi pour continuer à promettre Matignon ?

Malgré tous les reproches et critiques souvent justifiées qu’on peut formuler à l’égard de Ségolène Royal, il y a un sens réel de l’innovation (on se souvient de l’idée de la démocratie participative) et de l’anticonformisme qui peut faire bouger quelques lignes. Certes, en disant dès maintenant qu’elle nommerait DSK à Matignon, elle s’interdit la possibilité de refaire l’entre deux tours de 2007, dans l’hypothèse d’une candidature de François Bayrou qui aurait finalement bien tenue : elle ne pourrait évidemment pas promettre Matignon à deux locataires différents… publiquement, du moins.

Le but plus stratégique de Ségolène Royal, c’est de ne pas laisser le terrain à la majorité présidentielle dont les responsables sont assurés du rôle qui leur a été attribué pour la campagne présidentielle de 2012 ni aux "petits" candidats officiellement déclarés à la primaire socialiste aujourd’hui, à savoir Manuel Valls et Arnaud Montebourg.


Prendre le temps de convaincre

En se déclarant, elle a utilisé un argument implacable : elle, elle sait ce qu’est une campagne présidentielle, et elle a raison quand elle dit qu’une campagne a besoin de temps, surtout en ce qui concerne le Parti socialiste qui a un réel déficit de propositions alternatives, du moins dans l’opinion publique (et de cohérence politique globale).

Quand elle parle d’avoir du temps, c’est qu’elle a pu se rendre compte qu’elle avait perdu beaucoup de temps en 2007 pour finaliser son projet présidentiel et pour répondre aux attaques personnelles. Elle explique ainsi qu’en ayant plus d’une année, elle pourra répondre aux critiques et aux attaques et désamorcer tous les pièges qui pourront être tendus.

L’exemple de la campagne d’Édouard Balladur est assez éloquent. Donné largement favori en début janvier 1995 (12% d’écart avec Jacques Chirac), à tel point que son porte-parole Nicolas Sarkozy envisageait son élection dès le premier tour, Édouard Balladur s’est déclaré tardivement, le 18 janvier 1995 (alors que Jacques Chirac avait commencé dès le 4 novembre 1994), puis s’est effondré dans les intentions de vote en février 1995 au profit de Jacques Chirac (9% d’écart en mi-mars en faveur de Jacques Chirac, soit un changement d’une vingtaine de pourcents dans l’opinion publique). S’alarmant de la situation, Édouard Balladur a alors changé sa manière de faire campagne à tel point qu’en début avril, les intentions de votes se sont redressées en sa faveur. Au final, seulement 2,2% (soit à peine 700 000 électeurs) ont fait la différence au premier tour du 23 avril 1995. Il lui aurait manqué deux ou trois semaines pour repasser devant Jacques Chirac.

Ségolène Royal s’est lancée d’autant plus facilement dans la compétition que les sondages sont actuellement très favorables aux socialistes lors d’un second tour, quel que soit le nom du candidat, y compris François Hollande qui ne va sans doute pas tarder à sortir lui aussi du bois, ce qui sera une situation politique inédite où un ancien couple se retrouve en confrontation directe (cela fait penser un peu au film "La Zizanie" entre Louis de Funès et Annie Girardot). Croire que le candidat du PS gagnera forcément en 2012 est évidemment une erreur car le principal challenge reste encore de franchir l’étape du premier tour avec une montée du Front national non négligeable.

Une candidature à l’élection présidentielle fonctionne souvent avec la méthode Coué : à force de dire et d’être candidat, l’opinion publique valide la crédibilité de la démarche. Ce fut le cas pour Jacques Chirac dès 1976, puis de Nicolas Sarkozy à partir de 2002, et aujourd’hui, Jean-François Copé tente la même méthode, au grand dam de François Fillon.


L’inconnue "DSK"

L’autre erreur des socialistes est de croire que Dominique Strauss-Kahn aurait intérêt à se déclarer, le cas échéant, le plus tard possible. C’est à mon avis une erreur. En étant si éloigné de son pays, il aurait du mal à "prouver" l’amour qu’il a pour la France. Beaucoup de personnalités politiques pourtant très estimables ont été détrônées par leurs électeurs car ils s’occupaient un peu trop des affaires internationales et pas yartiroyal67assez de leurs propres problèmes quotidiens (ce fut le cas de Bernard Stasi entre autres).

Au contraire, Dominique Strauss-Kahn aurait à faire face à une campagne de dénigrement personnel qui serait particulièrement ardue (il suffit de lire les commentaires sur les forums), et l’opposition qu’il suscite pourrait être bien pire que l’adhésion qu’il attire par ailleurs en inspirant confiance aux milieux financiers.

Mais DSK veut-il vraiment postuler à l’Élysée ?

J’ai eu l’impression que si cela avait été dans ses réelles perspectives, il aurait dû mettre tous ses moyens dès le 21 avril 2002. Sur les plateaux de télévision, secoués par l’échec de Lionel Jospin dès le premier tour, Dominique Strauss-Kahn avait été le premier à annoncer qu’il voterait pour Jacques Chirac au second tour, une attitude sportive qu’a refusé d’avoir Lionel Jospin par amertume et amour-propre. Dominique Strauss-Kahn aurait dû alors faire ce que Michel Rocard avait fait lors de l’échec des socialistes aux élections législatives de mars 1978 : un appel au rassemblement autour de lui pour construire une nouvelle gauche. Au lieu de cela, comme ses camarades éléphants, il a attendu quatre ans, en 2006, pour faire part de ses ambitions. Nicolas Sarkozy ne l’avait pas attendu. Il se serait déterminé dès 2002, Ségolène Royal n’aurait pu avoir aucune existence politique.

De plus, il aurait confirmé qu’il entendait rester au FMI jusqu’en automne 2012, ce qui poserait un réel problème de calendrier avec l’agenda présidentiel français.


Et Martine Aubry ?

De son côté, on commence également à douter des ambitions présidentielles de Martine Aubry. Sans doute bien la fille de son père, qui avait renoncé à concourir le 4 décembre 1994 alors que tous les sondages le donnaient largement gagnant (mais ce ne sont que des sondages !), Martine Aubry s’est installée également dans une attitude attentiste et, au contraire de Ségolène Royal, paraît avoir un ego bien moins développé, et une volonté de jouer collectif plus traditionnelle au sein des socialistes.


Contre l’attentisme

Ségolène Royal a pu ainsi imaginer que si l’attentisme devait aboutir, après le printemps 2011, à ce qu’elle devienne candidate, autant l’être dès maintenant. Cela permettra également de "cliver" le Parti socialiste : son ancien lieutenant Vincent Peillon, qui l’a abandonnée en rase campagne en automne 2009, vient d’ailleurs d’annoncer qu’il soutenait la candidature de Dominique Strauss-Kahn, un soutien typique des carriéristes à la remorque des sondages : il vaut mieux pour eux s’accrocher à la locomotive qui irait le plus vite… mais en espérant qu’elle démarre !

Elle peut aussi s’affirmer face à Arnaud Montebourg qui ne va pas hésiter à développer une campagne assez démagogique contre l’Europe et contre la Ve République, même s’il a perdu une grande partie de sa crédibilité en cumulant contre ses propres convictions (?) les fonctions de député et de président du Conseil général de Saône-et-Loire.


Jeu de dupes ?

Sur France 2, la détermination à aller jusqu’au bout de cette candidature à la candidature n’était pas aussi assurée que prévue : Ségolène Royal a reconnu que si Dominique Strauss-Kahn changeait d’avis et décidait de s’impliquer en juin 2011, elle verrait avec lui le meilleur dispositif pour faire gagner la gauche, y compris son propre désistement.

C’est le genre de petit jeu qu’affectionnait grandement François Mitterrand pour ses deux dernières élections présidentielles où il avait laissé planer l’incertitude de sa propre candidature en 1981 et en 1988. En attendant sa décision, un candidat de rechange avait déjà (inutilement) commencé à faire campagne, c’était Michel Rocard…


Entre dingos et chouchous…

Daniel Schneidermann écrivait cependant à juste titre dans sa chronique du 30 novembre 2010 : « Mais ne rions pas trop vite. L'élection du président au suffrage universel [direct] a toujours été le meilleur mode de sélection des (…) dingos et mégalos (Mitterrand, Chirac, Sarkozy) contre les surdoués chouchous de la presse et des sondages (Rocard, Barre, Balladur, Delors, Jospin, le cimetière en est plein). Il est donc (comme toujours) conseillé de rire, en sachant que la pièce peut très bien se révéler sérieuse. ».

Mener une campagne demande un grand savoir-faire personnel, et sur ce plan-là, à défaut d’idées ou de propositions, Ségolène Royal semble avoir une grande longueur d’avance sur ses concurrents-amis.

Et en face, on observe avec attention et… petit sourire.

Nicolas Sarkozy aurait déjà affirmé qu'il serait candidat lui aussi en 2012 selon des parlementaires qu'il a reçus le 30 novembre 2010 : « Je suis là pour deux mandats, pas plus, après, ce sera la dolca vita ! ». De toute façon, la réforme des institutions du 23 juillet 2008 (loi constitutionnelle n°2008-724) qu'il avait lui-même inspirée l'empêcherait de postuler à un troisième mandat en 2017.

Petit à petit, le même scénario qu'en 2007 semble se construire.
Un peu comme 1981 fut un remake de 1974.
Pour les candidats, évidemment, pas pour les résultats...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (1er décembre 2010)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :

La mauvaise fée ?
La guerre des roses.
Dominique Strauss-Kahn.
Martine Aubry.
François Hollande.
Sur le PS.

yartiroyal59

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/segolene-royal-sort-du-bois-pour-85260

 
http://fr.news.yahoo.com/13/20101201/tot-sgolne-royal-sort-du-bois-pour-un-re-89f340e_1.html

 

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 08:06

Il n’y a que lui qui croit en ses chances pour l’élection présidentielle. Il n’a jamais été membre du gouvernement et pourtant, il a dirigé le Parti socialiste avec un certain talent. Les Français commenceraient-ils à mieux le connaître ? « J'essaie de faire le clair ».



yartiHollandeF01Dans les nouvelles livraisons des sondages, deux ont été publiés cette semaine (TNS-Sofres pour "Le Nouvel Observateur" et IFOP pour "Paris Match", tous les deux téléchargeables ici) qui apportent les intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2012.


Attention, sondages !

Inutile de répéter que ces sondages, qui vont maintenant se multiplier à bientôt un an de l’élection présidentielle, n’apportent pas une "prédiction" mais seulement une tendance sur une photographie de l’opinion. Nous pouvons ainsi rappeler que la percée de François Bayrou n’était pas visible avant février 2007 au même titre que l’effondrement d’Édouard Balladur ne s’est réalisé qu’en février 1995. Ségolène Royal avait été choisie par les militants socialistes en novembre 2006 surtout parce qu’elle aurait été la plus apte à battre Nicolas Sarkozy dans un second tour.

Renforçant ces généralités, l’incertitude sur l’identité du candidat socialiste rend les prévisions encore plus difficiles, même si aujourd’hui encore, Dominique Strauss-Kahn apparaît comme "le sauveur" d’une gauche sans programme et sans cohérence politique entre son aile libéralisante et son aile gauchisante et au milieu d’une pléthore de seconds couteaux pressés d’en découdre. Martine Aubry, qui semble avoir autant d’état d’âme que son père pour se lancer dans la bataille présidentielle, a même retardé la procédure de la primaire des socialistes pour permettre à DSK de sortir du bois (et du FMI) le plus tardivement possible.


Bientôt, un nouvel homme dans le "jeu" ?

Si, dans ces sondages, il commence à exister un élément assez constant sur le Front national (autour de 12-14% pour Marine Le Pen), il y a un nouvel élément qu’il s’agirait de prendre en compte.

En effet, les deux instituts de sondages cités ont testé quatre hypothèses de candidat socialiste pour un second tour face à Nicolas Sarkozy : Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Ségolène Royal… et aussi François Hollande.

Et la grande surprise, c’est que François Hollande battrait Nicolas Sarkozy avec un score non négligeable, 55% contre 45%. Comparativement, il ferait évidemment moins bien que Dominique Strauss-Kahn qui dépasserait le seuil des 60%, mais il ferait jeu égal avec Martine Aubry et surtout, il dépasserait son ancienne compagne Ségolène Royal, elle qui fut, il y a cinq ans, la reine des sondages.

Dans un premier tour, François Hollande ferait jeu égal avec Ségolène Royal, avec près de dix pourcents de moins que Dominique Strauss-Kahn (et donc, avec risque d’un remake du 21 avril 2002), mais sa performance pour le second tour doit, à mon avis, être prise au sérieux.

Car François Hollande, à l’humour déraisonnable à tel point que "Flamby" a du mal à se mouvoir dans la cour des grands, n’est pas beaucoup connu des gens, mais reste aujourd’hui le seul "éléphant" du Parti socialiste à proposer un programme présidentiel, avec une cohérence et une indépendance qui sont d’autant plus apparentes que ses camarades socialistes ne tiennent pas un discours politique très lisible à part la promotion d’un anti-sarkozysme primaire. François Hollande, d’ailleurs, est le premier à s’attaquer à cet anti-sarkozysme qui, selon lui, entraînerait le PS à un nouvel échec présidentiel, qui serait le quatrième consécutif depuis 1995.


Détesté par peu de monde…

Le haut score de Dominique Strauss-Kahn dans les sondages est un phénomène assez classique pour les candidats "centristes", "centristes" dans le sens "se plaçant au centre de l’échiquier politique". Dominique Strauss-Kahn jouit d’une grande estime de la part d’un électorat qui lui est politiquement opposé. Dans le passé, d’autres personnalités ont bénéficié de cette estime du "camp opposé" : Simone Veil (appréciée à gauche notamment pour sa loi sur l'IVG), Raymond Barre (apprécié aussi à gauche pour sa modération), François Bayrou (apprécié lui aussi à gauche pour son discours sur l'impartialité de l'État) ou encore Jacques Delors (apprécié à droite pour son réalisme économique). Or, souvent, au moment de voter, les électeurs ont l’habitude de revenir à leur "camp" d’origine, un réflexe qui anéantit régulièrement les chances d’une troisième voie.

Et c’est assez visible dans les analyses de transferts de vote entre le premier et le second tour puisque François Hollande réussirait à convaincre à la fois les électeurs de candidats plus à gauche que lui et des candidats du centre droit.

Tout cela va évidemment évoluer d’autant plus qu’une précampagne présidentielle est toujours dynamique.


Hollande a quelques atouts malgré sa "solitude"

François Hollande sait qu’il aura encore beaucoup de chemin pour acquérir une crédibilité présidentielle, mais il peut néanmoins jouer sur l’antithèse de la pratique institutionnelle de Nicolas Sarkozy : lui serait le "Président modeste", jouant collectif et attentif à la concertation.

Son handicap de n’être jamais allé "au charbon" dans un gouvernement, c’est finalement un élément aussi de nouveauté. Cela fera dix ans que les socialistes ont été écartés du pouvoir et une nouvelle génération prend la relève. Les François Rebsamen, Jean-Marc Ayrault, Gérard Collomb, Bertrand Delanoë, Manuel Valls, Julien Dray, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Harlem Désir etc. non plus n'ont jamais été membres du gouvernement. Cela n’empêche pas qu’ils peuvent porter un message politique fort qui puisse être entendu des Français.

De plus, la virginité ministérielle de François Hollande est largement compensée par ses onze années de chef de parti gouvernemental, cherchant à apporter un consensus tant dans son camp qu’en externe. Et c’est aussi là un élément qui le distingue de ses rivaux : François Hollande a une grande capacité de synthèse et de consensus et la période actuelle de crise à la fois économique et morale nécessite un pouvoir capable d'écouter et de réunir le peuple. Ce trait de personnalité de François Hollande se prête bien à l’époque actuelle.

Reprenant également le thème présidentiel de François Bayrou de 2007, François Hollande est très insistant sur la politique fiscale et sur l’endettement déraisonnable de l’État (près de trente mille euros par Français). En cela, il se focalise sur le seul sujet qui devrait être débattu en 2012 : comment désendetter la France sans paupériser le pays ?

Sa bonne connaissance du Parti socialiste lui apportera sans doute le réseau de soutiens dont il aura besoin localement : des personnalités comme François Rebsamen à Dijon ou André Vallini à Grenoble semblent croire au sérieux de sa démarche.

Très bon observateur de la vie politique, François Hollande est sans doute le socialiste qui a le mieux compris comment éviter les erreurs du PS en 2007 : d’une part, en refusant l’anti-sarkozysme qui risque d’appauvrir le discours politique et surtout qui risque de montrer la vacuité des propositions socialistes (le projet compte plus que le bilan, Lionel Jospin l’a compris à ses dépens), d’autre part, en contestant vigoureusement (c’est le seul à vraiment contester) le calendrier que s’est fixé le PS pour choisir son candidat.


Un calendrier socialiste suicidaire

En maintenant la fin de la primaire à fin 2011, Martine Aubry réitère la même erreur qu’en 2006 : alors que justement, aucun leadership n’est indiscutable au sein du PS (au contraire de l’UMP), il aurait fallu pour le candidat choisi toute l’année 2011 pour montrer son autorité et faire oublier les inévitables querelles internes. Au lieu de cela, ce candidat n’aura que quelques semaines pour définir sa campagne, rendre cohérent son discours et mettre ses militants en ordre de bataille… un amateurisme qui avait fait perdre à Ségolène Royal plusieurs précieuses semaines de campagne en début 2007.

Alors qu'un accord semblerait s'être dégagé entre Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Laurent Fabius et Ségolène Royal pour présenter un candidat commun à la primaire (selon Martine Aubry sur France 2 le 24 novembre 2010), plusieurs socialistes "locaux" (Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Gérard Collomb qui l'a confirmé sur LCP le 24 novembre 2010 en cas de renoncement de DSK) voudraient, eux aussi, s'engager dans la bataille.
 
De son côté, François Hollande a réaffirmé sur France 3 le 24 novembre 2010 le besoin, pour le PS, de ne pas s'improviser candidat :  « Je dis (...) à tous ceux qui peuvent être tentés [de] prendre cette lourde responsabilité de la conduite du pays, il faut penser qu'une élection présidentielle n'est pas une improvisation. (...) Les socialistes sont rassemblés dans la préparation de 2012 parce que c'est la condition pour gagner. Après, nous avons des discussions. ».
 
Se voulant posé, il a déclaré : « Je me prépare pour être, le moment venu, candidat, mais je ne précipite pas les choses. J'essaie de faire le clair parce que c'est quand même une grande question de savoir si nous disposons, si je dispose de la capacité, de la crédibilité, de l'engagement nécessaire. (...) Je fais en sorte de construire ce moment-là. ».

Même si, tactiquement, il ne mêle pas aujourd'hui sa voix à ceux qui préconisent l'accélération du calendrier, François Hollande voudrait cependant que tout soit déterminé avant l'été 2011 : un programme avec des priorités fortes, un candidat qui puisse être vu comme tel, et une stratégie pour engager une alliance parlementaire avec les écologistes...


Hollande, l’anti-homme providentiel

Ne dédaignant pas les bon sondages, il sait, par expérience, qu'ils ne sont pas un pronostic : « C'est encourageant ces sondages pour ceux annoncés comme pouvant gagner largement. Mais je suis lucide. Ce ne sont pas les sondages qui vont faire l'élection.  (...) Une élection présidentielle, ça se prépare, ça s'organise, ça se construit, un suffrage, ça se mérite. » dit-il surtout à destination de Dominique Strauss-Kahn, très absent de la scène nationale depuis 2007 avec la prise de ses fonctions de directeur général du FMI.

Imperturbable, François Hollande croit en sa bonne étoile. L’allure sympathique et rondouillard du personnage a déjà démontré qu’il était à l’aise dans les campagnes électorales (au contraire de Dominique Strauss-Kahn) et qu’il savait se faire apprécier.


À force d’être enfermés dans une sorte triangle infernal Strauss-Kahn/Aubry/Royal, les sympathisants de gauche pourraient bien être tentés d’aller chercher celui qui serait un gage d’un réel renouvellement des générations.

Et ce ne serait que bénéfice pour toute la classe politique.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 novembre 2010)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :

Lui aussi se rase.
Petit pas pour l'élection présidentielle ("Les Échos" du 24 novembre 2010).

Sondages prometteurs pour François Hollande (à télécharger).

Le projet présidentiel de François Hollande.
Martine Aubry.
Ségolène Royal.
Dominique Strauss-Kahn.
Le PS.

yartiHollandeF02

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-hollande-la-surprise-de-84957



http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-223

 

 

 

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 22:57

Rentré d'un voyage en Chine et disparu soudainement d’un arrêt cardiaque le dimanche 24 octobre 2010 à 18h45 dans son bureau de l’Hôtel de Région à Montpellier, celui qui fut parmi les plus contestés de la classe politique reçoit désormais un concert de louanges. À titre posthume.

 

 

yartiFreche04Foudroyé en plein travail. Pour lui, la retraite n’était encore pas à 72 ans. Maire de Montpellier du 25 mars 1977 au 22 avril 2004, président du district puis de la communauté d’agglomération depuis avril 1977, président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon depuis le 28 mars 2004, député élu cinq fois (1973, 1981, 1986, 1988 et 1997), ancien élève de HEC et professeur agrégé de droit à l’Université de Montpellier 1, Georges Frêche semble faire désormais la quasi-unanimité à gauche après avoir été tant décrié.

La nouvelle a en effet mis le monde politique en effervescence. Pourtant, si Georges Frêche a été l’une des grandes figures politiques de Montpellier, il n’a jamais été une figure nationale. Pressenti pour entrer au gouvernement de Pierre Mauroy, Georges Frêche inquiétait déjà François Mitterrand (puis Lionel Jospin en 1997).

Ne pas avoir été ministre : c’est certainement la plus grande injustice de sa vie pour celui dont la mère institutrice imposait d’être toujours le premier de la classe.

Il y a sans doute une grande ironie à observer les réactions actuelles de leaders socialistes venant à son chevet après l’avoir tant enfoncé il y a à peine quelques mois. On peut se rappeler que sans conviction, le PS décidait de retirer son soutien à Georges Frêche pour les dernières élections régionales pour lancer Hélène Mandroux, maire en titre de Montpellier, tout en n’hésitant pas à récupérer la victoire du colosse au moment du bilan électoral.

Georges Frêche faisait partie de ces personnages qui, loin d’être des "bourrins", sont ce que j’appellerais des "intellectuels désabusés". Nul doute que Georges Frêche fut un personnage d’une grande intelligence et de haute culture. Mais il a compris que ce n’était pas l’intelligence qui comptait lorsqu’on était candidat à des élections.

Ce qui comptait, c’était la communication. Et il n’avait pas hésité à s’en servir dans les collectivités qu’il gérait, sans hésiter, le besoin se faisant sentir, d’augmenter de 80% les impôts locaux (en 2004). En 2009, sa région dépensait 95 millions d’euros en communication (+400% par rapport à 2004), notamment en d’habiles subventions ou achats d’espaces publicitaires dans la presse écrite locale (qui lui était donc inféodée).

Son assise très populaire dans sa région lui permettait tout, même les débordements verbaux. Et notamment, par caprice personnel, lui permettait d’être un provocateur largement au-delà de sa propre sincérité. Il s’amusait à mettre des coups de pied dans la fourmilière du politiquement correct et mimait sa propre caricature.


Un socialiste régional qui a toujours compté

Sa position au sein du Parti socialiste a toujours été très trouble. Contrôlant la fédération de l’Hérault qui est l’une des plus importantes de France (on imagine par quels moyens), Georges Frêche avait soutenu très tôt la candidature de Ségolène Royal, un peu à l’instar d’autres maires de grande ville comme François Rebsamen (Dijon) et Gérard Collomb (Lyon).

Un soutien encore récent, bien après l’élection présidentielle, qui avait aidé Ségolène Royal à se hisser à égalité avec Martine Aubry lors du congrès de Reims en novembre 2008.

Le scandale amplifié de fin janvier 2010 sur la tête de Laurent Fabius a été orchestré par une double volonté de Martine Aubry, la première secrétaire du PS : d’une part, reprendre le contrôle de cette fédération stratégique dans l’optique de la prochaine primaire, d’autre part, se vêtir d’une parure de présidentiable refusant tout propos douteux.

Car c’est bien là l’important : que Georges Frêche soit raciste ou pas, soit antisémite ou pas, n’est pas le problème. Le problème, c’est les conséquences de propos délibérément provocateurs dont le seul but, pour Georges Frêche, était de faire parler de lui. Ses conférences de presse étaient surtout des one man shows égocentrés pour narcisse épanoui qui faisaient le régal de la presse régionale. De nombreux électeurs de gauche ont été, à tort ou à raison, choqués par ces provocations et il fallait bien réagir un jour ou l’autre.

En condamnant sans appel ces propos douteux, Martine Aubry se drapait du voile de la générosité et de la naïveté, et plus efficacement, de la morale. Incidemment, elle signifiait également qu’elle était prête au combat présidentiel (mais qui en doutait depuis qu’elle a pris la tête du PS ?).

Paradoxalement, à la surprise de Ségolène Royal, Georges Frêche avait annoncé son soutien à la candidature en 2012 de Dominique Strauss-Kahn, allié rival de Martine Aubry.


Un maire historique de Montpellier

Ce qui restera essentiellement de Georges Frêche sera sans aucun doute son action pour le développement de Montpellier.

Même s’il prend le train en marche car l’envol avait été impulsé par son prédécesseur François Delmas et surtout l’État qui avait établi à Montpellier le siège de la région (et pas à Nîmes), Georges Frêche l’a renforcé avec une vision stratégique indéniable : tourner la ville vers la Méditerranée et insister sur la matière grise, la culture et le sport. Il a ainsi favorisé l’essor des laboratoires de recherche scientifique, les universités, la musique, la danse, et aussi le football, le handball, le rugby. Parallèlement à cela, il a fait appel aux meilleurs architectes pour bâtir de nouveaux bâtiments (et quartiers).

Favorable à la croissance urbaine, Georges Frêche aura totalement oublié la contrainte écologiste (essentielle dans un milieu urbain), ce qui lui voua une haine réciproque avec ceux qu’il appelait les "khmers verts". Il aura raté également le coche de l’intercommunalité, incapable de s’entendre avec les maires des autres villes de l’agglomération pour construire ensemble une communauté urbaine (comme ce fut le cas à Nancy par exemple).

Il régnait encore sur la mairie, faisant et défaisant les carrières municipales des uns et des autres.


Émotion à tous les étages

Les éléphants du PS sont sans doute sincères lorsqu’ils expriment leur émotion en apprenant la disparition de Georges Frêche, mais l’hypocrisie devait-elle donc être de mise pour les anathèmes antérieurs ?

Martine Aubry : « Un grand élu visionnaire et bâtisseur, dont le nom restera à jamais lié à Montpellier et à sa région. (…) Au-delà des désaccords que nous avons pu avoir, je souhaite me souvenir d'un homme courageux et engagé. (…) Je fais part de mes pensées les plus chaleureuses à sa famille, ses proches et à ses amis politiques. »

François Hollande (qui l’a exclu du PS le 27 janvier 2007) : « Les phrases s'oublieront même si elles ont pu blesser, mais la trace qu'il laisse, c'est celle du maire de Montpellier qu'il a été et du président de région qu'il a été. (…) De Georges Frêche, je veux retenir davantage ce qu'il a fait que ce qu'il a pu dire, et ce qu'il a fait, c'est une transformation de sa ville et une vision de sa région. (…) C'était un bâtisseur et un constructeur, un homme qui savait voir loin. (…) Georges Frêche était une forte personnalité. Il avait une conviction telle qu'il pouvait déplacer des montagnes, ce qu'il a fait pour sa ville de Montpellier et sa région. (…) [Il] était souvent désolé lui-même de donner une image qui n'était pas fidèle à ce qu'il était au fond : un homme d'une grande sensibilité. Il n"était plus dans le Parti socialiste, mais il était toujours dans la grande communauté de la gauche. Nous avions des relations sans concessions, mais toujours avec respect. Le respect pour ce qu'il a fait, depuis sa première élection, en 1973, comme député de l'Hérault. »

Laurent Fabius : « C'était un personnage controversé. C'est vrai qu'il avait tenu des propos contestés dans différentes circonstances, mais je crois qu'au moment où il s'en va, il faut prendre un peu de recul, de hauteur, et se rappeler surtout ce qu'il a fait de positif pour sa région et pour sa ville. Il faut garder le bon côté, le meilleur. »

Benoît Hamon : « C'est une très triste nouvelle. (…) Nous avons eu des désaccords, nous nous sommes fâchés. Mais Georges Frêche laisse une empreinte considérable. »

Hélène Mandroux (qui se trouvait à Nagoya, au Japon) : « Il restera à tout jamais lié à l'histoire de Montpellier. C'était un bâtisseur, un très grand historien, un très grand orateur. Il voyait toujours les choses avec vingt ans d'avance. Il avait physiquement une prestance et, quand il parlait, les gens étaient fascinés. Dans les grands meetings, il fascinait son auditoire. »

Même le journal par qui le scandale arriva en janvier 2010, "L’Express", lui accorde le brevet de « grand maire de France » en rappelant que l’agglomération de Montpellier est passée de 220 000 habitants en 1977 à 320 000 aujourd’hui tandis que "Le Point" le considère comme « l’Arlequin de la scène politique ».

Fréquentant parfois les éléphants du PS, François Bayrou résume assez bien la personnalité contrastée : « Georges Frêche était un paradoxe vivant, c’était à la fois quelqu’un de très cultivé (…), et en même temps, c’était quelqu’un de provocateur qui n’hésitait pas à transgresser, à choquer. (…) [Il] aura profondément marqué sa région, d’abord la ville de Montpellier dont il a fait une réussite exceptionnelle du point du vue du rayonnement. »

Son dernier adversaire politique (aux régionales de 2010), le sénateur-maire de Béziers, Raymond Couderc (UMP), est bien entendu plus réservé sur les louanges : « Je me souviens aussi de ce qu’il avait déclaré en 2006 lorsqu’il était revenu à la Région après sa dernière opération : "J’ai vaincu la mort". J’ai alors pensé à ce moment-là qu’il était présomptueux. Une page est aujourd’hui tournée. Peut-être allons-nous nous inscrire, dans notre région, dans un fonctionnement plus démocratique, et sans doute dans une atmosphère plus respectueuse des élus de la République. »


Les dérapages verbaux

En employant un vocabulaire volontairement vulgaire, Georges Frêche égratignait beaucoup son monde souvent par démagogie, populisme anti-élite, provocation et orgueil.

Sur Laurent Fabius : « Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique. » [en présence d’Hélène Mandroux] (22 décembre 2009)

Sur les Noirs dans le football : « Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre. (…) S'il y en a autant, c'est parce que les Blancs sont nuls. (…) Bientôt, il y aura onze Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine. » (novembre 2006)

Sur les harkis : « Vous êtes allés avec les gaullistes de Palavas. Ils ont massacré les vôtres en Algérie et encore, vous allez leur lécher les bottes ! (...) Vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur ! » [en présence de Jack Lang] (février 2006)

Sur les policiers : « Je me demande si ce ne sont pas les flics qui, comme en mai 1968, mettent le feu aux bagnoles. » (novembre 2005)

Sur le nouveau pape : « J'espère qu'il sera meilleur que l'autre abr*ti. Celui-là, on le jugera sur le mariage des prêtres et la capote. » (avril 2005)

Sur le tchador : « Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n'a que les oreillons et on lui tient les oreilles au chaud. » [évoquant une dame portant le foulard pendant l’inauguration du tramway de Montpellier] (juin 2000)

Sur l’origine ethnique d’un quartier de Montpellier : « Ici, c'est le tunnel le plus long du monde : vous entrez en France et vous sortez à Ouarzazate. » [évoquant le quartier du terminus pendant l’inauguration du tramway de Montpellier] (juin 2000)

Sur ses électeurs : « Les cons ne disent jamais merci. Les cons sont majoritaires, et moi, j'ai toujours été élu par une majorité de cons. »

Sur l’apprentissage de l’anglais : « Vous apprenez l’anglais, si vous êtes une fille, vous ba*sez avec un mec, si vous êtes un garçon, vous ba*sez avec des Anglaises, et là vous apprenez vite, rien de tel que la communication orale. » (2008)

Sur ses électeurs (bis) : « N’est-ce pas le B-A-BA de la politique ? Deux ans d’impopularité, deux ans de calme, deux ans favorables avec des fleurs et des petits oiseaux, et vous êtes réélu : tout cela est d’une facilité déconcertante. » (2004)

Sur le candidat du PS à la mairie de Toulouse pour 2008 : « Je devrais me présenter. Dans cette ville, quand j’étais étudiant, j’ai ba*sé 40% des Toulousaines. » (2007)

Sur les Chinois : « Que Sarkozy vienne ou pas aux JO, je vais vous le dire, les Chinois, ils s'en carrent ! Ils savent même pas où est la France ! » (2008)

Sur ses électeurs (ter) : « Des gens intelligents, il y en a 5 à 6%, il y en a 3% avec moi et 3% contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse. » (prix d’humour politique 2010)

Sur Ségolène Royal : « Sarkozy dit beaucoup de c*nneries sur la Chine. Mais Ségo, elle en dit mille fois plus ! Voilà qu'elle veut libérer le Tibet avec son mousqueton ! Oui je soutiens Ségo, mais les yeux ouverts ! »

Sur Nicolas Sarkozy : « On avait jamais eu un président juif élu au suffrage universel. C'est un beau succès. Et en plus, on a Kouchner en ministre des Affaires étrangères. Alors qu'est-ce que vous voulez de plus ? Et je dis à mon ami Kouchne : quand est-ce que tu reconnais Jérusalem capitale d'Israël? » (mai 2007)

Sur Martine Aubry : « Elle a une vérité à Paris [à propos de l'alliance avec le MoDem] et une vérité à Lille. Ça s'appelle en langage populaire, un faux-c*l et j'espère que l'association des faux-c*ls ne portera pas plainte contre moi. » (mars 2010)

Sur le microcosme parisien : « De toute façon, quoi que je dise, ils me coinceront. Parce que, à gauche, ils me détestent, et à droite, ils en profitent (c'est de bonne guerre) ; parce qu'ils prennent souvent les gens pour des c*ns (...) ; parce que du haut de la Capitale, ils trouvent mes blagues douteuses, beauf, plouc, province, et enfin parce qu'ils sont persuadés d'incarner la morale. » [dans "Trêve de balivernes"] (février 2010)


Électron libre

En lisant tous ces excès de langage, on s’étonne de la grande longévité politique de Georges Frêche. Et justement : il a toujours réélu à la région ou à la mairie car ses électeurs savaient ce qu’il avait fait pour eux.

Mais nationalement, Georges Frêche était victime d’un ostracisme récurrent de la part de ses camarades socialistes (en particulier Mitterrand et Jospin dont il reprochait le technocratisme), ce qui lui permettait de parader comme un électron libre de la politique, hors de tout contrôle.

Un comportement finalement assez fréquent chez les universitaires talentueux à fort caractère qu’on pouvait aussi retrouver, à une moindre mesure, chez une personnalité comme le professeur nancéien Roger Mari (heureusement qu’il n’existait pas Internet ni de téléphone portable avec caméra à l’époque de ses cours).

Sans doute son narcissisme lui a mangé ses quelques plumes.


Le site du Conseil régional (qui a réussi à acquérir une adresse générique) est lui-même en deuil (accès bloqué). Une chapelle ardente est installée à l’Hôtel de Région avec un registre de condoléances et une cérémonie commencera le mercredi 27 octobre 2010 à 10h30 à la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier pour rendre hommage à… l’ancien maoïste.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 octobre 2010)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

Rafrêchissement au Parti socialiste ?

Martine Aubry.
Dominique Strauss-Kahn.
Ségolène Royal.
Congrès de Reims.


yartiFreche08

 

 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/georges-freche-reactions-au-depart-83476

 

http://fr.news.yahoo.com/13/20101026/tot-georges-frche-ractions-au-dpart-d-un-89f340e_1.html

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-211

 

 

 

 

 

 

 

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