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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 05:32

Le 16 octobre 1978, l'archevêque de Cracovie avait été désigné pape au détriment du Primat de Pologne, le cardinal Stefan Wyszynski, qui était âgé et malade. Né le 3 août 1901, le cardinal Wyszynski représentait la résistance catholique face au pouvoir communiste. Il s'est éteint le 28 mai 1981 à presque 80 ans, il y a juste 30 ans.

SR

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Religions
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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 07:37

Il y a trente ans, Jean-Paul II tombait sous les balles d’un terroriste turc. La piste du complot bulgare n’a jamais été élucidée, mais le pape s’en est toujours moqué. L’important était ailleurs… Un rappel historique qui aurait été utile dans le "traitement" du terroriste Oussama Ben Laden.


yartiJeanPaulII08Né le 18 mai 1920, ordonné prêtre le 1er novembre 1946, nommé jeune évêque de Cracovie le 28 septembre 1958 (38 ans), cardinal le 28 juin 1967 (47 ans), Karol Wojtyla a connu le double totalitarisme nazi et communiste. Il fut élu pape le 16 octobre 1978 à 58 ans sous le nom de Jean-Paul II, pour reprendre à son compte (comme son bref prédécesseur Jean-Paul Ier) l’héritage de Jean XXIII et de Paul VI ; un pape dynamique, jeune et sportif n’hésitant pas à courir le monde (104 voyages dans 129 pays et 614 villes). Exerçant l’un des pontificats les plus longs de l’histoire du christianisme (plus de vingt-six ans), Jean-Paul II a lutté contre la maladie et les souffrances jusqu’à sa mort le 2 avril 2005. Béatifié le 1er mai 2011 par son successeur Benoît XVI, Jean-Paul II restera le symbole d’un pape résistant à la dictature communiste et apôtre d’une idée très progressiste : l’amour du prochain.

La béatification (toujours pour un miracle) est une cérémonie qui peut être discutée. Il est étrange que certains qui se prétendent non catholiques se sentent impliqués dans un fait purement interne à une religion au point de le contester avec véhémence, alors que ceux qui ont la foi peuvent imaginer qu’il n’est pas besoin de désigner des bienheureux ni des saints pour saisir l’exemple de certains hommes (ou femmes). Le modèle de Jean-Paul II est parlant de lui-même, puisqu’il a incarné dans ses tripes l’un des mots les plus puissants du christianisme : le pardon.


L’attentat sur la place Saint-Pierre

Au cours de l’audience papale du mercredi 13 mai 1981 à treize heures treize, place Saint-Pierre de Rome, un homme dans la foule tire sur Jean-Paul II. Ce dernier s’écroule et va être transporté à la Polyclinique Gemelli (le gyrophare est en panne). Après une opération de cinq heures et vingt minutes, le pape est sauvé. Une balle a frôlé l’aorte papale. Il quitte l’hôpital le 3 juin 1981 puis est de nouveau hospitalisé d’une très grave infection consécutive à son opération en fin juin et en août.

En s’effondrant dans les bras de son secrétaire particulier, le père Stanislas Dziwisz, Jean-Paul II s’interroge : « Pourquoi ont-ils fait cela ? ». "Ils", c’est d’abord un homme, Mehmet Ali Agça, un militant turc, islamiste fanatique, de 23 ans qui avait assassiné un journaliste de centre gauche (Abdi Ipekçi) le 1er février 1979 pour avoir compris ses intentions papicides et qui s’était évadé de sa prison turque. Agça est condamné à la prison à perpétuité le 22 juillet 1981. Une piste bulgare est suivie par les enquêteurs mais aucun fait n’a pu être prouvé sur l’implication du KGB.


Pardonner

Jean-Paul II déclara à l’hôpital dès le 17 mai 1981 : « Je prie pour le frère qui a tiré sur moi ; je lui ai sincèrement pardonné. ». Symbole immense du pardon, il a rendu visite le 27 décembre 1983 à Agça à la prison Rebibbia de Rome : « Ce dont nous avons parlé restera un yartiJeanPaulII02secret entre lui et moi. Je lui ai parlé comme à un frère à qui j’ai pardonné et qui jouit de toute ma confiance. ». Les mots sont forts et représentent typiquement Jean-Paul II. Savoir pardonner, même à son éventuel assassin. Même avec une certaine amertume, selon le témoignage de Mieczyslaw Mokrzycki à qui Jean-Paul II aurait glissé : « Ni repentir, ni regret, il n’a pas prononcé le mot pardon. ».

Un peu déséquilibré, Agça avait expliqué son geste (après plusieurs autres versions) : « Pour moi, le pape était l’incarnation du capitalisme dans son ensemble. », alors qu’au contraire, tout au long de son pontificat, Jean-Paul II avait mis en garde contre les méfaits du capitalisme sauvage et le règne de l’argent-roi. Agça a quitté la prison le 18 janvier 2010 (après son transfert le 14 juin 2000 dans une prison turque) après vingt-huit ans de réclusion et s’est converti au catholicisme.

Cet attentat a eu lieu dans un contexte international très tendu dans l’affrontement entre l’Est (de Leonid Brejnev) et l’Ouest (de Ronald Reagan lui-même victime d’un attentat le 30 mars 1981) et trois jours après la victoire de l’alliance socialo-communiste de François Mitterrand en France.


Chirac aussi !

Jean-Paul II n’est pas le seul à avoir pardonné à une personne qui cherchait à le tuer. Le Président Jacques Chirac a également eu ce geste très digne du pardon. Le 14 juillet 2002, un jeune militant d’extrême droite de 25 ans, Maxime Brunerie, a tiré en direction de Jacques Chirac. Personne n’a été touché et l’auteur de l’attentat a été vite arrêté. Condamné le 10 décembre 2004 à dix ans de prison, Maxime Brunerie est sorti de prison le 3 août 2009 et s’est inséré dans la vie professionnelle après cet accident de parcours qu’il regrette au point d’en publier un récit ("Une vie ordinaire : je voulais tuer Jacques Chirac", éd. Denoël, paru le 6 mai 2011) juste avant la sortie le 26 mai 2011 du second tome des "Mémoires" de Jacques Chirac sur la même période. Contre l’avis de son épouse, angoissée par les perspectives d’attentat et inquiète qu’une telle démarche apparût comme une faiblesse voire un encouragement aux assassins potentiels, Jacques Chirac avait reçu en toute discrétion la mère de Brunerie le 21 mai 2005.

Pardonner à celui qui regrette est sans doute plus facile qu’à celui qui est fier de ses actes. De Gaulle n’a jamais pardonné à Jean Bastien-Thiry pour cette raison et l’a laissé se faire fusiller le 11 mars 1963 pour avoir commandité l’attentat du Petit Clamart du 22 août 1962.


Et Ben Laden ?

Peut-on toujours pardonner ? C’est en cela qu’il y a eu indécence lors de l’exécution d’Oussama Ben Laden. Inutile de dire que quasiment personne ne le regrettera, pas même les musulmans qui ont vu en lui un véritable pervertisseur de religion, mais peut-on accepter une foule en liesse à l’annonce de la mort d’un homme, quel qu’il soit ?

Mgr Anthony Rufin, archevêque d’Islamabad, au Pakistan, avait remis le 2 mai 2011 quelques idées au clair : « Dans l’esprit d’un chrétien, la mort d’un homme ne produit jamais la joie, même s’il s’agit d’un ennemi. À l’occasion de la mort de Ben Laden, je voudrais rappeler le commandement suprême du message chrétien : aimez vos ennemis ! ».

Sur la forme, l’absence de jugement pourrait déconcerter, mais sur le fond, les États-Unis de Barack Obama pouvait difficilement se permettre un procès qui aurait été une tribune supplémentaire en faveur des terroristes islamistes et qui aurait mis en péril la vie de tout citoyen américain présent à l’étranger par des prises d’otages qui auraient réclamé la libération de Ben Laden. Une opération qui est stupidement remise en cause par quelques nostalgiques des complots alors qu’elle est confirmée à la fois par Al-Quaida et par les proches de Ben Laden.


Contre la peine de mort

J’étais opposé à l’exécution du sinistre Ali le Chimique le 25 janvier 2010, tout comme de son patron Saddam Hussein le 30 décembre 2006, parce que je suis contre le principe de la peine de mort.

La disparition de Ben Laden ne se pose cependant pas dans le cadre judiciaire mais dans un cadre guerrier : un état de guerre contre une organisation terroriste mondiale (en voilà une favorable à la mondialisation).

Ben Laden n’a jamais représenté l’islam qui, pour des centaines de millions de musulmans, est une religion qui se veut pacifique. La preuve, c’est le soulagement plus que la colère dans les pays arabes qui préfèrent faire une révolution démocratique et populaire à instaurer une dictature islamiste.


La paix ne s’obtient qu’après le pardon

Le christianisme est, lui aussi, pacifique et toute personne qui a tué en son nom avait forcément méconnu le principe premier : "Aime ton prochain comme toi-même" même si la phrase à l’impératif doit être comprise avant tout comme un encouragement et pas un ordre (on n’aime jamais sur commande). Et son message le plus fort est sans doute de savoir pardonner.

Pardonner, c’est refuser l’escalade de la violence, la surenchère des provocations, la victoire des extrémistes de tout bord. C’est sûr que pardonner est un drôle de programme politique, mais il éviterait bien des morts prochains dans les conflits actuels et à venir. Un tel objectif de réconciliation a été atteint en Afrique du Sud. Pourquoi pas ailleurs ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 mai 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Benoît XVI.
On ne se réjouit jamais de la mort d’un homme.


yartiJeanPaulII03

 

 

 

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 20:01

(dépêche)

 

 

ASIE/PAKISTAN - Après la mort de Ben Laden, les Evêques rappellent « l’amour des ennemis » et « l’exemple de Jean Paul II »

Islamabad (Agence Fides) – « Dans l’esprit d’un chrétien, la mort d’un homme ne produit jamais la joie, même s’il s’agit d’un ennemi. A l’occasion de la mort de Ben Laden, je voudrais rappeler le commandement suprême du message chrétien : aimez vos ennemis » : c’est en ces termes que l’Archevêque d’Islamabad, S.Exc. Mgr Anthony Rufin, commente pour l’Agence Fides la mort du leader d’Al Qaeda, remarquant qu’actuellement on n’a pas enregistré pas d’épisodes de violence contre les chrétiens. « Je voudrais également exprimer mon respect absolu pour l’islam et pour tous les musulmans du Pakistan » avec lesquels « nous croyons qu’il est possible de partager des parcours de dialogue et de collaboration en vue de la construction d’une nation pacifique ». A propos de la situation des chrétiens pakistanais, l’Archevêque indique : « Nous sommes appelés par la volonté de Dieu à vivre dans ce pays et à faire du bien ici. Nous vivons notre vocation et notre mission avec foi et espérance, même dans les situations difficiles » conclut-il.

S.Exc. Mgr Andrew Francis, Evêque de Multan et Président de la Commission pour le Dialogue interreligieux de la Conférence épiscopale, raconte à l’Agence Fides : « J’ai eu deux rencontres avec les autorités civiles et militaires afin de parler des mesures de sécurité relatives aux lieux chrétiens dans le Sud du Punjab après la mort de Ben Laden. Je leur ai cité à cet égard l’exemple du Bienheureux Jean Paul II, homme de dialogue, de paix, modèle pour les relations islamo chrétiennes au Pakistan ».

L’Evêque a rappelé « la proximité de l’Eglise envers les fidèles musulmans avec lesquels nous avons vécu une célébration interreligieuse commune en l’honneur du Bienheureux Jean Paul II ». « Aujourd’hui, il est important pour nous de contempler son exemple lumineux d’ouverture envers le prochain, de dialogue avec l’islam, reconnu et apprécié par les fidèles musulmans pakistanais, afin de bloquer toute dérive fondamentaliste et toute tentative visant à instiguer la haine entre les communautés religieuses ».

S.Exc. Mgr Lawrence Saldanha, Archevêque émérite de Lahore, a indiqué par ailleurs dans un communiqué que « la mort de Ben Laden, considéré par beaucoup comme un héros de la révolution islamique et comme une figure centrale de l’extrémisme islamique dans le monde, peut aider à démythifier l’extrémisme », réduisant ainsi la tension et l’intolérance au Pakistan. (PA) (Agence Fides 02/05/2011)

 

 

 

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 12:58

 

Un million de personnes ont assisté le dimanche 1er mai 2011 place Saint-Pierre de Rome à la béatification de Jean-Paul II (Karol Wojtyla), né le 18 mai 1920 près de Cracovie, élu pape le 16 octobre 1978 et mort le 2 avril 2005 au Vatican. 

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 07:27

Étrange destinée historique pour un homme qui a, selon de nombreux témoignages, réellement existé mais dont il est très difficile de connaître les dates de naissance et de décès.


yartiPassionC01La datation de la mort de Jésus est un sujet qui paraît avoir suscité quelques polémiques. L’Église catholique elle-même ne semble pas avoir d'opinion officielle sur le sujet et n'a pas fixé sa propre date, considérant sans doute que ces précisions historiques ne sont pas le plus important (la liturgie ne reprenant l’histoire que sous forme pédagogique et imagée).

Dans la Passion selon saint Matthieu, il est dit : « À partir de midi, l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à trois heures ». Ce qui signifierait qu’il y aurait eu une éclipse du soleil.

Le problème, c’est que la Passion a eu lieu au moment de la Pâque juive et donc, à la pleine lune, or une éclipse solaire ne peut avoir lieu qu’à la nouvelle lune (la lune doit être entre la terre et le soleil et pas le contraire). Peut-être y a-t-il eu confusion entre éclipse du soleil (qui donne de l’obscurité) et éclipse de lune (qui a bien lieu pendant la pleine lune). Certains textes parlent de lune rouge (couleur sang), ce qui correspondrait à une éclipse lunaire.

Cette obscurité décrite pourrait alors être la survenue de nuages.

Cela laisserait plutôt entendre que la journée correspondrait au vendredi 3 avril 33, la pleine lune étant à quinze heures deux minutes et une éclipse partielle de lune un peu plus tard. D’autres exégètes parlent du vendredi 7 avril 30.

Il est aussi dit : « Et voici que le rideau du temple se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent ». Cela signifierait qu’il y aurait eu un tremblement de terre à cette époque.

La datation du jour de la mort de Jésus reste effectivement assez difficile à confirmer. L’évangile selon saint Jean un peu différent et les trois autres évangiles (synoptiques) ont pu également avoir leur part d’erreurs. L’une d’elles sur les dates peut provenir de la coexistence de deux systèmes de calendrier, un officiel basé sur la lune et un autre basé sur le soleil.

Phlégon de Tralles (chroniqueur sous Hadrien, cité par Eusèbe) rappelait ceci : « Dans la quatrième année de la deux cent deuxième olympiade (32-33), il y eut une éclipse du soleil, plus totale que ce qui avait été observé jusque là ; à la sixième heure, le jour devint nuit et on aperçut les étoiles dans le ciel ; un tremblement de terre se produisit en Bithynie [nord-ouest de la Turquie] qui anéantit de nombreux édifices de la ville de Nicée ». Cette éclipse aurait eu lieu plutôt le 19 mars 33 et pas en avril.

En 1954, les travaux d’Annie Jaubert (1912-1980), maître de recherches au CNRS, sur les manuscrits de la Mer Morte découverts à Qumran en 1947 (datant du Ier siècle après JC et ayant appartenu aux Esséniens) donneraient une cohérence à la description parfois contradictoire des quatre évangiles (celui de saint Jean étant très différent des trois autres sur ces détails) : la Cène aurait eu lieu plutôt le mardi soir, ce qui aurait donné ainsi plusieurs jours pour le procès (matériellement, c’était difficile que de l’arrestation à l’exécution, cela ne durât que quelques heures) et aurait évité de prononcer la condamnation à mort la veille du Sabbat (interdit par le Talmud).

Le 22 décembre 1983, deux astrophysiciens d’Oxford, C.J. Humphreys et W.G. Waddington, ont repris, dans la revue "Nature", les Actes des apôtres où le prophète Joël est cité par saint Pierre : « Le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant que ne vienne le jour du Seigneur, grand et glorieux. ».

Pilate aurait parlé aussi de ce phénomène de lune rouge dans une lettre à l’empereur Tibère (lettre attribuée à Pilate), cela supposerait que la date fût le 3 avril 33 (seule éclipse lunaire visible à Jérusalem en période pascale entre les années 26 et 36, période où Pilate était préfet de Judée).

Finalement, c’est le Concile de Nicée (en 325) qui a décidé de fixer définitivement chaque année la fête de Pâques au dimanche suivant la pleine lune qui a lieu juste après l’équinoxe de printemps (cette année, la pleine lune a eu lieu ce lundi 18 avril 2011, donc, Pâques est dimanche 24 avril 2011). Mais cela reste assez arbitraire.

Pour conclure aussi mon précédent article, revenons à la foi et à ce que dit très lucidement saint Paul de cette Passion du Christ : « Si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi. (…) Et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est illusoire, vous êtres encore dans vos péchés. (…) Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. » (première lettre aux Corinthiens).

En clair, ce texte de la Passion, en quatre versions à la fois convergentes et différentes, est un texte fondateur. En dehors de son aspect spirituel (qui n’appartient qu’à la conscience individuelle de chacun), son influence sociale et culturelle a effectivement très fortement marqué l’humanité…

Joyeuses Pâques !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 avril 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Texte selon saint Matthieu.


(Illustrations : 1
e Salvador Dali ; 2e Edvard Munch)

 

yartiPassionC02

 

 

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-passion-du-christ-2-quel-est-le-92689

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-287

 

 

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 15:00

(verbatim)

 

 

Passion de Jésus Christ selon saint Matthieu

(26,14 – 27, 66)

L’un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres 15  et leur dit :
« Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? »

Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.
Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.

Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus :
« Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? »

Il leur dit :
«  Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.'»

Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.

Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.

Pendant le repas, il leur déclara :
« Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. »

Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre :
« Serait-ce moi, Seigneur ? »

Il leur répondit :
« Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer.

Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! »

Judas, celui qui le livrait, prit la parole :
« Rabbi, serait-ce moi ? »

Jésus lui répond :
« C'est toi qui l'as dit ! »

Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant :
« Prenez, mangez : ceci est mon corps. »

Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant :
« Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés.

Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où je boirai un vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. »

Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

Alors Jésus leur dit :
« Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »

Pierre lui dit :
« Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. »

Jésus reprit :
« Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. »

Pierre lui dit :
« Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. »

Et tous les disciples en dirent autant.

Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit :
«  Restez ici, pendant que je m'en vais là-bas pour prier. »

Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse.

Il leur dit alors :
« Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi. »

Il s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière :
« Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »

Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre :
« Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ?

Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »

Il retourna prier une deuxième fois :
« Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »

Revenu près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil.

Il les laissa et retourna prier pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.

Alors il revient vers les disciples et leur dit :
« Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer ! La voici toute proche, l'heure où le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs ! Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. »

Jésus parlait encore, lorsque Judas, l'un des Douze, arriva, avec une grande foule armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et les anciens du peuple.

Le traître leur avait donné un signe : « Celui que j'embrasserai, c'est lui : arrêtez-le. »

Aussitôt, s'approchant de Jésus, il lui dit :
« Salut, Rabbi ! », et il l'embrassa.

Jésus lui dit :
«  Mon ami, fais ta besogne. »

Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.

Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille.

Jésus lui dit :
« Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée.

Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d'anges ?

Mais alors, comment s'accompliraient les Écritures ? D'après elles, c'est ainsi que tout doit se passer. »

A ce moment-là, Jésus dit aux foules :
« Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus m'arrêter avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j'étais assis dans le Temple où j'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté.

Mais tout cela est arrivé pour que s'accomplissent les écrits des prophètes. »

Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.

Ceux qui avaient arrêté Jésus l'amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s'étaient réunis les scribes et les anciens.

Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu'au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s'assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait.

Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort.

Ils n'en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s'étaient présentés. Finalement il s'en présenta deux, qui déclarèrent :
« Cet homme a dit : 'Je peux détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.'

Alors le grand prêtre se leva et lui dit :
« Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi ? »

Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit :
« Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu. »

Jésus lui répond :
« C'est toi qui l'as dit ; mais en tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. »

Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant :
« Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d'entendre le blasphème ! Quel est votre avis ? »

Ils répondirent :
« Il mérite la mort. »

Alors ils lui crachèrent au visage et le rouèrent de coups ; d'autres le giflèrent en disant :
« Fais-nous le prophète, Messie ! qui est-ce qui t'a frappé ? »

Quant à Pierre, il était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui :
« Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen ! »

Mais il nia devant tout le monde :
« Je ne sais pas ce que tu veux dire. »

Comme il se retirait vers le portail, une autre le vit et dit aux gens qui étaient là :
« Celui-ci était avec Jésus de Nazareth. »

De nouveau, Pierre le nia :
« Je jure que je ne connais pas cet homme. »

Peu après, ceux qui se tenaient là s'approchèrent de Pierre :
« Sûrement, toi aussi, tu fais partie de ces gens-là ; d'ailleurs ton accent te trahit. »

Alors, il se mit à protester violemment et à jurer :
« Je ne connais pas cet homme. »

Aussitôt un coq chanta.

Et Pierre se rappela ce que Jésus lui avait dit : « Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. » Il sortit et pleura amèrement.

Le matin venu, tous les chefs des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort.

Après l'avoir ligoté, ils l'emmenèrent pour le livrer à Pilate, le gouverneur.

Alors Judas, le traître, fut pris de remords en le voyant condamné ; il rapporta les trente pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciens.

Il leur dit :
« J'ai péché en livrant à la mort un innocent. »

Ils répliquèrent :
« Qu'est-ce que cela nous fait ? Cela te regarde ! »

Jetant alors les pièces d'argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre.

Les chefs des prêtres ramassèrent l'argent et se dirent :
« Il n'est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c'est le prix du sang. »

Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le Champ-du-Potier pour y enterrer les étrangers.

Voilà pourquoi ce champ a été appelé jusqu'à ce jour le Champ-du-Sang.

Alors s'est accomplie la parole transmise par le prophète Jérémie : Ils prirent les trente pièces d'argent, le prix de celui qui fut mis à prix par les enfants d'Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.

On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l'interrogea :
« Es-tu le roi des Juifs ? »

Jésus déclara :
« C'est toi qui le dis. »

Mais, tandis que les chefs des prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien.

Alors Pilate lui dit :
« Tu n'entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »

Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur était très étonné.

Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait.

Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.

La foule s'étant donc rassemblée, Pilate leur dit :
« Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus qu'on appelle le Messie ? »

Il savait en effet que c'était par jalousie qu'on l'avait livré.

Tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire :
« Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »

Les chefs des prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus.

Le gouverneur reprit :
« Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »

Ils répondirent :
« Barabbas ! »

Il reprit :
« Que ferai-je donc de Jésus, celui qu'on appelle le Messie ? »

Ils répondirent tous :
« Qu'on le crucifie ! »

Il poursuivit :
« Quel mal a-t-il donc fait ? »

Ils criaient encore plus fort :
« Qu'on le crucifie ! »

Pilate vit que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le désordre ; alors il prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant :
« Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde ! »

Tout le peuple répondit :
« Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants ! »

Il leur relâcha donc Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié.

Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde.

Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge.

Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant :
« Salut, roi des Juifs ! »

Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.

Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.

En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix.

Arrivés à l'endroit appelé Golgotha, c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire, ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire.

Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ; et ils restaient là, assis, à le garder.

Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »

En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l'un à droite et l'autre à gauche.

Les passants l'injuriaient en hochant la tête :
« Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! »

De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant :

« Il en a sauvé d'autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! C'est le roi d'Israël : qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui !

Il a mis sa confiance en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant s'il l'aime ! Car il a dit : 'Je suis Fils de Dieu.' »

Les bandits crucifiés avec lui l'insultaient de la même manière.

A partir de midi, l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à trois heures.

Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte :
«  Éli, Éli, lama sabactani ? »,

ce qui veut dire :
«  Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »

Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l'entendant :
« Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »

Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d'un roseau, et il lui donnait à boire.

Les autres dirent :
« Attends ! nous verrons bien si Élie va venir le sauver. »

Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit.

Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent.

Les tombeaux s'ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.

A la vue du tremblement de terre et de tous ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d'une grande crainte et dirent :
« Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ! »

Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance : elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.

Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus.

Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre.

Prenant le corps, Joseph l'enveloppa dans un linceul neuf, 60  et le déposa dans le tombeau qu'il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla.

Cependant Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.

Quand la journée des préparatifs de la fête fut achevée, les chefs des prêtres et les pharisiens s'assemblèrent chez Pilate, 63  en disant :
« Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : 'Trois jours après, je ressusciterai.'

Donne donc l'ordre que le tombeau soit étroitement surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : 'Il est ressuscité d'entre les morts.' Cette dernière imposture serait pire que la première. »

Pilate leur déclara :
« Je vous donne une garde ; allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez. »

Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du tombeau en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 07:53

Exercice périlleux dans une société qui a raison d’être laïque : je m’essaie à évoquer quelques éléments de l’actualité contemporaine sur la base d’un des textes les plus importants du christianisme. Sans aucune prétention.

 

yartiPassionC03Ce vendredi 22 avril 2011, c’est vendredi saint. C’est-à-dire, pour les chrétiens, le jour qui commémore la mort du Christ. Mort avant sa résurrection à Pâques, fête qui termine la semaine sainte qui a commencé par le dimanche des Rameaux, journée où le Christ est accueilli à Jérusalem avec les acclamations de la population et qui s’est poursuivie notamment par le jeudi saint (la Cène) et par la nuit angoissée sur le mont des Oliviers.

Après son arrivée à Jérusalem, Jésus chasse les marchands du temple (hélas, maintenant, ils sont revenus, à Lourdes entre autres), ce qui a rendu furieux les grands prêtres et a abouti à son arrestation et à son martyre.


Entre foi et histoire

La Passion du Christ est l’histoire racontée par les évangélistes se passant entre le jeudi et le dimanche. Elle a plusieurs ressorts et notamment deux : historique et spirituel.

Le spirituel est du domaine de la foi, et la foi n’étant jamais démontrable, elle ne se discute pas, elle se vit plutôt. Ou pas. Ainsi, le Christ a-t-il été le Messie ? A-t-il ressuscité réellement ? Y a-t-il réellement transsubstantiation ?… sont des questions du registre de la foi. Je ne parle pas de la naissance de Jésus (conçu sans fécondation), puisque je me restreins à la Passion.

Mais à côté de ces questions qui ne peuvent pas vraiment trouver de réponse (sinon tout le monde serait croyant ou, au contraire, personne ne le serait, selon la réponse), il y a des éléments historiques assez intéressants.

La description par quatre évangélistes permet ainsi de trouver quelques réalités historiques sur ce qu’il s’est passé, qui sont d’ailleurs confirmées par ailleurs (par des écrivains grecs généralement). Ce n’est plus de la religion, ici, mais de l’histoire, donc de la science, et c’est assez "passionnant" (sans jeu de mot).

En me basant sur le texte selon saint Matthieu (apôtre et auteur supposé du premier évangile canonique en araméen ; ou du deuxième selon des théories plus récentes mais encore controversées), texte parmi les plus courts, je me suis fait un certain nombre de réflexions sur l’actualité encore très présente de cette Passion du Christ.


L’antisémitisme

Le texte pourrait parler d’abord d’antisémitisme. L’antisémitisme n’est pas né à cette époque (les Juifs avaient déjà été déportés au VIe siècle avant JC ce qui leur a permis d’écrire les textes bibliques), mais il a été (involontairement) renforcé par cet épisode. Ce n’est que sous Paul VI que le concept de peuple déicide fut définitivement réprouvé (par la déclaration "Nostra Aetate" du 28 octobre 1965 au cours du Concile Vatican II).

Le film de Mel Gibson (2004) a d’ailleurs été accusé d’antisémitisme (peut-être avec raison, je ne l’ai pas vu et n’ai aucune intention de le voir en raison de ses images trop violentes) pour la manière dont les Juifs sont dépeints (lâches, cruels, noirs).

Mais le texte ne parle pas seulement d’antisémitisme.


Justice et populisme

Il parle aussi de peine de mort : le principe même de la peine de mort. Il parle aussi de torture, de moqueries infligées à celui qui se prétend être le roi. Il parle de lynchage vaguement institutionnalisé (Ponce Pilate s’en lave les mains), de la lâcheté du pouvoir politique vis-à-vis du pouvoir religieux (thème au combien actuel).

J’y vois également la marque du populisme et de la démagogie. En soi, Ponce Pilate n’est pas méchant. Il ne comprend même pas pourquoi Jésus a été arrêté, ou si, il comprend que c’est par jalousie des grands prêtres, mais pour lui, il n’a rien fait de mal. Mais le peuple, la foule souhaite sa mort. Comme finalement il s’en moque, Pilate le lâche à la foule rugissante. Puisqu’elle le veut.

On pourrait d’ailleurs penser que Pilate le fait pour se faire aimer de la foule, mais je ne le pense pas. Il se moque bien d’être populaire puisqu’il est l’occupant et qu’il détient l’autorité et la force armée. Je pense qu’il a agi de la sorte uniquement pour le maintien de l’ordre. La foule semblait si folle que s’il ne lui avait pas livré Jésus, il aurait pu y avoir des débordements. Éviter tout trouble.

Au-delà de la démagogie (de Pilate), on peut aussi y déceler de l’habilité de langage de Jésus lui-même. Dans le dialogue entre le gouverneur et lui, il reste volontairement ambigu : « Es-tu le roi des Juifs ? » et il répond : « C’est toi qui le dis. ». Ce type de parole revient souvent, même avant dans ses dialogues avec les apôtres.


Trahison et reniement

Il y a aussi des thèmes plus personnels, comme la trahison (celle de Judas pour quelques pièces d’argent) ou comme le reniement (Pierre, trois fois avant le chant du coq), histoire de ne pas subir la même chose que Jésus. Qui peuvent se traduire par délation et lâcheté.

Dans la trahison, évidemment, on revient à l’époque de l’Occupation avec la délation. La délation vénale, d’ailleurs, j’oserais dire presque pragmatique, pas idéologique, juste pour gagner de l’argent.

Mais avec la morale sauve puisque pris de remords, Judas renonce à l’argent et se suicide finalement (par pendaison). Le sentiment de culpabilité rend la conscience plus difficile à vivre que la fidélité. C’est peut-être cela qui a motivé de nombreuses personnes à ne pas dénoncer leurs voisins ? Pouvoir encore se regarder dans une glace, très égoïstement ?


Mise en accusation

Étrangement, le texte me replonge dans la pleine actualité de la réforme de la garde à vue applicable dès le week-end dernier et plus généralement, les mises en accusation avant procès et éventuelle condamnation. Il est clair que dans cette affaire, on a cherché à tout faire pour rendre coupable Jésus : « Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ! » dit le grand prêtre, tout content de trouver un angle d’attaque.

Quand on sait le nombre d’accusés innocents, c’est essentiel que la présomption d’innocence soit matériellement institutionnalisée par l’assistance d’un avocat durant la garde à vue : ainsi, il ne sera plus possible de commettre des traitements dégradants pour avoir des aveux (aveux qui, à mon sens, ne servent à rien s’ils ne sont pas étayés par des preuves factuelles). Il y a deux mille ans, la procédure pénale était encore bien dérisoire.


Féminisme avant l’heure ?

Petites parenthèses à propos du procès : la seule femme de l’histoire (avant Marie-Madeleine et Marie à la fin), c’est la femme de Pilate qui réclame la clémence pour Jésus. Un acte de féminisme ?

En tout cas, une évidence que les femmes seraient moins tentées par le lynchage et seraient plus réfléchies, plus raisonnables et moins passionnelles (même si les généralisations ne sont jamais pertinentes, la mention de cette anecdote dans le texte est suffisamment discrète pour renoncer à y voir une désinformation).


Blasphème

Mise en accusation, erreur judiciaire (le mot me paraît étrange, je dirais plutôt faute judiciaire), et aussi, comme le dit le grand prêtre, blasphème.

Comment peut-on parler de blasphème dans la société laïque d’aujourd’hui ? Le blasphème semble avoir traversé les temps en passant du christianisme à l’islam. Mais justement, ne peuvent être blasphématoires que des personnes croyantes. Ceux qui ne croient pas ne peuvent ni provoquer ni insulter ni parodier un dieu inexistant. Quant à ceux qui croient, ils doivent cependant être également protégés dans une société laïque.


Souffrances corporelles

Il y a aussi dans ce texte très riche la question de la souffrance. La souffrance est-elle rédemptrice ? Faut-il tout faire pour supprimer la douleur ? On n’est déjà plus loin des questions que posent l’euthanasie, par exemple, ou les soins palliatifs.


Entre fatalité et libre arbitre

Celui qui se prétend fils de Dieu qui se laisse sauvagement torturer. C’est aussi une preuve d’humilité. Il aurait pu se dire : "J’ai le bras long, je vais vite me dégager de cette galère".

Mais non, il laisse se réaliser les Écritures. Là, c’est un côté intéressant (et peu catholique d’ailleurs, plus protestant), c’est l’aspect de la fatalité. À quoi bon refuser le destin qui est écrit ? La page est déjà écrite. Un élément qui paraît en contradiction avec la liberté également prônée comme cause du mal dans le triptyque : "Dieu est bon, Dieu est puissant, Dieu laisse l’humain libre". Comment Dieu puissant et bon peut-il laisser le mal se développer ? Parce qu’il laisse aussi la liberté, celle de faire le mal. Or, en donnant cette liberté, il efface toutes les pages du destin qu’il aurait pu écrire auparavant. Pas de fatalité donc. La fatalité serait même la caractéristique d’un monde parfait sans existence du mal.

Contradiction impossible à lever, un peu à l’instar des démocraties qui ne peuvent empêcher l’expression des groupes antidémocratiques au nom des principes mêmes de la démocratie. Il y a cette fameuse phrase du même évangile de saint Matthieu : « Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. ».

Le fait que même Dieu (par Jésus) puisse lui aussi subir le sort atroce laisse entendre que ce dieu est un dieu de proximité, qui se salit les mains, qui connaît la condition de "ses" humains. Victime du mal et en même temps, triomphateur du mal. Mais attention, cette partie sur le libre arbitre n’est plus sur les faits mais sur la foi. La foi que Jésus serait divin, qu’il renaîtrait de sa mort, qu’il rachèterait le pêché originel par sa crucifixion etc.


Doute

Et qui dit foi dit doute. Il y a bien la "foi du charbonnier", comme on dit, mais aujourd’hui, il est plus facile de douter que de croire. C’est là où le texte de la Passion est intéressant. Là aussi, d’un point de vue historique, je pense que cela peut être contesté car il n’y avait pas de caméra de télévision à l’époque des fait. Mais il est toutefois intéressant de noter ce qui suit.

Suant de sang, Jésus a la trouille, finalement, la nuit avant son arrestation. Il a le trac, comme un étudiant avant son examen. Ou un condamné à mort avant son exécution. Il est réellement angoissé. Pire. Le comble pour un fils de dieu : il DOUTE ! « Mon père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! ». Puis sur la croix, il aura encore ce doute terrible : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».


Le doute fait partie de la foi.
Et cette assertion peut s’appliquer à beaucoup de domaines, même très éloignés des religions.


Dans mon prochain article, j’évoquerai la date de la mort du Christ et je conclurai l'exercice par une citation de saint Paul.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 avril 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Texte selon saint Matthieu.


(Illustrations : 1
e Salvador Dali ; 2e Edvard Munch)

yartiPassionC02



  

 

 http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-passion-du-christ-1-petites-92688

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-286

 

 

 

 

 

 

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 23:43

Né le 21 octobre 1931 à Nice, Louis Dufaux a été ordonné prêtre à Nice le 29 juin 1955 et a été nommé par Jean-Paul II évêque de Grenoble du 26 septembre 1989 au 10 juin 2006. Il a été un évêque particulièrement attentif à la misère sociale de son diocèse. Il est mort le 14 avril 2011 dans l'après-midi à Nice dans sa retraite.

 

Cliquer sur le lien pour télécharger sa biographie officielle (fichier .pdf) :

http://www.diocese-grenoble-vienne.fr/tzr/scripts/downloader2.php?filename=T004/fichier/1e/ad/gmivw1y91p1&mime=application/pdf&originalname=biographie_dufaux_avril2011.pdf

La messe de funérailles de Mgr Dufaux aura lieu mercredi 20 avril 2011 à 10h30 en la cathédrale Notre-Dame de Grenoble.

 

SR

 

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 19:08

(verbatim)



«N’ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons»


Tribune de la conférence des responsables de culte en France

« La Conférence des responsables de culte en France a été créée le 23 novembre dernier et elle regroupe six instances responsables du bouddhisme, des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe, protestante), de l’islam et du judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté d’approfondir notre connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société. La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble. Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis. Il nous paraît capital, pendant cette période préélectorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation.

Nous signons ensemble cette tribune sans aucun esprit polémique ou partisan. Une parole commune nous semble néanmoins nécessaire. Notre cohésion au sein de la Conférence que nous avons fondée est significative dans notre société française. Elle a été rendue possible grâce notamment au climat de coopération instauré entre les religions, que la “laïcité à la française” et ses évolutions depuis plus d’un siècle ont permis.

Mais cette cohésion ne signifie pas pour autant uniformité ! Elle ne nous engage nullement en faveur d’un quelconque amalgame syncrétiste ou d’un nivellement de nos positions individuelles et de celles des cultes que nous représentons. Nous travaillons ensemble dans la confiance, en intégrant nos histoires et identités respectives. Nous continuons à avoir des approches différenciées sur telle ou telle question, sans pour autant faire de nos différences des facteurs d’opposition. Nous sommes déterminés à réfléchir et à œuvrer ensemble sur la durée, en relation avec les autorités et les forces vives de notre pays, afin que le facteur religieux y soit un élément de paix et de progrès.

L’accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu’être préjudiciables. Nous en sommes conscients. Cela ne doit pas nous dissuader pour autant de rappeler l’essentiel quand il le faut. Nous restons très attentifs aux évolutions profondes de notre société, notamment celles qui concernent les religions, dans le respect du cadre de la République. Ces évolutions appellent parfois des adaptations, voire des améliorations du cadre juridique et réglementaire de l’expression et de la vie des cultes en France. Nous ne manquerons pas d’être une force positive de propositions dans ce sens.

Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité ? Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Il a un rôle majeur dans une société libre, démocratique et respectueuse de la personne humaine. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ? Ce ne sont ni les débats ni les travaux qui manquent dans ce domaine ! La loi 1905 est déjà plus que centenaire. Elle a permis d’apporter depuis lors des solutions à des questions nées de nouvelles situations et des évolutions de notre société dans un monde de plus en plus rapide. Tous les cultes adhèrent sans réserve à ses principes fondamentaux tels qu’ils s’expriment en particulier dans ses deux premiers articles. Mais les modalités d’application de ces principes restent toujours perfectibles. Faut-il recenser tous les colloques et autres séminaires qui ont abordé en long et en large la question de la laïcité et de ses applications dans notre pays depuis des années ? Faut-il rappeler, dans la période récente, les travaux étendus et exhaustifs de la Commission présidée par le professeur Jean-Pierre Machelon qui ont donné lieu à un rapport sur “Les relations des cultes avec les pouvoirs publics” remis au ministre de l’intérieur le 20 septembre 2006 ? Ce rapport avait abordé d’une manière approfondie les différents aspects liés à l’exercice du culte en France, dont celui du “support institutionnel” de son exercice dans notre pays. Faut-il rappeler de même les travaux du “Groupe juridique inter-cultes” qui travaille depuis 2007, dans le prolongement des recommandations du rapport Machelon au sein du ministère de l’intérieur, et où siègent des représentants des principaux cultes ? Ce groupe a bien fonctionné et a permis la publication de plusieurs circulaires dont la dernière, du 23 juin 2010, conjointe aux ministères de l’intérieur et des finances, aborde d’une manière détaillée à l’attention des préfets, des directeurs départementaux des finances publiques et des trésoriers payeurs généraux, les différents aspects liés au “support institutionnel de l’exercice du culte en France”. Faut-il rappeler aussi la production intellectuelle abondante d’articles et d’écrits divers, ainsi que les nombreux ouvrages qui paraissent sur l’histoire, les fondements, la pratique et les perspectives de la laïcité en France ? La liste en sera longue. Elle illustre parfaitement toute la richesse et la profondeur de notre expérience française de la laïcité. Nous y reviendrons lors de la rencontre publique que nous comptons organiser en octobre prochain.

Secouée par des crises à répétition, politique, économique, financière et morale, la période actuelle manque de lisibilité mais sans doute pas d’espérance ! Le devoir de ceux qui sont “en responsabilité” consiste à éclairer le chemin et à élaborer des solutions conformes au bien de tous. N’ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence. La laïcité n’est pas séparable des valeurs fondamentales que nous partageons, en particulier de la dignité et du respect de la personne humaine et de sa liberté inaliénable. Ces valeurs qui ne peuvent s’épanouir que dans la confiance mutuelle source de paix pour notre société. »

Cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, avec Mgr Laurent Ulrich, vice-président de la Conférence des évêques de France

Pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, avec le pasteur Laurent Schlumberger, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l’Église réformée de France

Métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, avec le Métropolite Joseph, secrétaire de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et Carol SABA, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France

Grand rabbin Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, avec le rabbin Moshé Lewin, porte-parole du Grand rabbin de France

Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, avec Anouar Kbibech, secrétaire général du Conseil français du culte musulman

Révérend Olivier Wang-Genh, président de l’Union bouddhiste de France 


Tribune publiée le 29 mars 2011 dans "La Croix".

 












 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 18:52

(dépêche)

 

 

VATICAN - Benoît XVI : « Nous sommes appelés à découvrir, y compris dans la culture numérique, des symboles et des métaphores qui peuvent aider à parler du Royaume de Dieu à l’homme contemporain »

Cité du Vatican (Agence Fides) – « La pensée et la relation ont toujours lieu selon la modalité du langage entendu naturellement au sens large et non seulement verbal. Le langage n’est pas un simple revêtement interchangeable et provisoire de concepts mais le contexte vivant et palpitant dans lequel les pensées, les inquiétudes et les projets des hommes naissent à la conscience et sont façonnés en gestes, symboles et mots. L’homme non seulement « utilise » mais dans un certain sens « habite » le langage. C’est ce qu’a souligné le Saint-Père Benoît XVI en recevant en audience ce matin les participants à la Plénière du Conseil pontifical pour les Communications sociales qui a lieu à Rome à compter d’aujourd’hui et jusqu’au 3 mars sur le thème « Langage et communication ».

Dans son discours, le Pape a rappelé que « les nouveaux langages qui se développent dans le cadre de la communication numérique déterminent, entre autre, une capacité plus intuitive et émotionnelle qu’analytique, orientant vers une organisation logique différente de la pensée et du rapport avec la réalité, privilégiant souvent l’image et les liens hypertextuels ». Soulignant par suite les risques encourus sur cette nouvelle voie (« la perte de l’intériorité, la superficialité des relations vécues, la fuite dans l’émotionnel, la prévalence de l’opinion la plus convaincante sur le désir de la vérité »), le Saint-Père a mis en relief l’urgence de réfléchir aux langages développés par les nouvelles technologies en partant de la Révélation : « qui nous témoigne comment Dieu a communiqué ses merveilles justement dans le langage et l’expérience réelle des hommes, « selon la culture propre à chaque époque » (Gaudium et spes, 58), jusqu’à la pleine manifestation de Soi dans le Fils In carné. La foi pénètre, enrichit, exalte et vivifie toujours la culture et celle-ci à son tour se fait véhicule de la foi, à laquelle elle offre le langage pour se penser et pour s’exprimer. Il est donc nécessaire de se faire auditeurs attentifs des hommes de notre temps pour être attentifs à l’œuvre de Dieu dans le monde ».

Benoît XVI a ensuite précisé qu’approfondir la « culture numérique » ne signifie pas seulement « exprimer le message évangélique dans le langage d’aujourd’hui mais il est nécessaire d’avoir le courage de penser de manière plus profonde, comme cela a été le cas à d’autres époques, le rapport entre la foi, la vie de l’Eglise et les changements que l’homme vit actuellement… Si les nouveaux langages ont un impact sur la manière de penser, de vivre, ceci concerne également, en quelque manière, le monde de la foi, sa compréhension et son expression… Jésus Lui-même dans l’annonce du Royaume a su utiliser des éléments de la culture et de l’environnement de son temps : le troupeau, les champs, le banquet, la semence etc. Aujourd’hui, nous sommes appelés à découvrir, y compris dans la culture numérique, des symboles et des métaphores qui peuvent aider à parler du Royaume de Dieu à l’homme contemporain ».

Au terme de son discours, le Saint-Père a fait mémoire du Père Matteo Ricci, missionnaire jésuite, « protagoniste de l’annonce de l’Evangile en Chine au cours de l’ère moderne » qui « dans son œuvre de diffusion du message du Christ a toujours considéré la personne, son contexte culturel et philosophique, ses valeurs, son langage, recueillant tout ce qu’il y avait de positif dans sa tradition et proposant de l’animer et de l’élever grâce à la sagesse et la vérité du Christ ». (SL) (Agence Fides 28/02/2011)

 

 

Texte intégral du discours du Saint-Père (en italien) à télécharger (en cliquant) :


http://www.fides.org/ita/documents/PlComSoc_28022011.doc

 

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