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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 09:00

Sondage du 4 janvier 2011 sur l'image des musulmans en France et deux autres sondages (à télécharger)

 

Voici l'exemple type d'un sondage aux questions très mal posées qui permet des interprétations vaseuses. Il a fait beaucoup de bruit et de fureur, tant sur son annonce avec des affirmations erronées que sur les critiques de sa méthodologie.

 

Pour télécharger ce sondage IFOP du 4 janvier 2011, cliquer à ce lien (fichier .pdf) :

http://www.ifop.com/media/poll/1365-1-study_file.pdf

 

 

Pour preuve, deux ans et demi auparavant, un autre sondage disait que les musulmans se sentaient bien intégrés... et seulement 22% des musulmans français se considèrent musulmans avant d'être français.

 

Pour télécharger ce sondage CSA du 29 octobre 2008, cliquer à ce lien (fichier .pdf) :

http://www.csa-fr.com/dataset/data2008/opi20080730-islam-et-citoyennete.pdf 

 

 

En annexe, voici la vision qu'ont les musulmans sur le mariage et le mode de rencontres.

 

Pour télécharger ce sondage IFOP du 11 janvier 2011, cliquer à ce lien (fichier .pdf) :

http://www.ifop.com/media/poll/1372-1-study_file.pdf

 

 

 

SR

 

 

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 08:13

En tenant mieux compte de l’imperfection du monde, le pape laisse entendre que l’utilisation du préservatif est nécessaire dans certains cas. Une avancée, certes timide, qui rompt définitivement avec …sa mise à l’index.

yartipape01Le 19 avril 2005, Joseph Alois devenait à 78 ans Benedictus XVI, autrement dit Benoît XVI, deux cent soixante-cinquième pape de l’Église catholique romaine, à la fois chef de l’État et chef de l’Église.

Le cardinal Ratzinger, puisque c’était son patronyme d’avant, a toujours montré qu’il était plus un intellectuel qu’un communiquant.

Au contraire de son prédécesseur Jean-Paul II qui était un très fin politique (j’encourage à lire son homélie du 22 septembre 1996 lors de sa visite à Reims), Benoît XVI n’a jamais été très porté sur les considérations très politiques ou sociales en s’élevant toujours dans un langage théologique qui pourrait passer largement au-dessus de beaucoup de ses contemporains même si parfois, son message pourrait être révolutionnaire (ses trois premières encycliques "Deus Caritas Est", publiée le 25 janvier 2006, "Spe Salvi", publiée le 30 novembre 2007, et "Caritas in Veritate", publiée le 7 juillet 2009, sont des textes très progressistes).

Lorsqu’il s’était rendu au Cameroun, le 17 mars 2009, Benoît XVI avait soulevé une profonde incompréhension lorsqu’il avait réaffirmé son opposition à la contraception et prôné l’abstinence pour éviter la transmission du sida (lire ses propos exacts ici).

Si l’idée n’est pas forcément inopportune (l’abstinence est un moyen efficace, il faut le reconnaître), elle n’est cependant pas réaliste et ne correspond qu’à un monde idéal où l’amour ne se consommerait que dans les liens indissolubles du mariage, ce qui, il faut bien le reconnaître aussi, n’est pas un gage de lucidité des habitudes sociales d’aujourd’hui.

Pire qu’un manque de lucidité, c’était aussi un manque flagrant d’habileté en communication, puisque c’était la première fois qu’un pape parlait explicitement de préservatif. Car jusqu’à maintenant, jamais ce sujet n’avait été abordé directement par un souverain pontife. Manque d’habileté ou naïveté face à un piège de journalistes ?

Mardi 23 novembre 2010, va paraître en allemand et en italien un livre reprenant vingt heures d’entretiens avec le pape réalisés entre le 26 et le 31 juillet 2010 à Castel Gandolfo. C’est un journaliste allemand, Peter Seewald, qui était en face de lui.

Benoît XVI a voulu corriger l’opinion de l’Église sur le préservatif.
Principe de précaution et principe de réalité.

Certes, selon lui, « se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c’est exactement le danger que beaucoup de gens considèrent le sexe non plus comme une expression de leur amour, mais comme une sorte de drogue, qu’ils administrent eux-mêmes ».

Mais il reconnaît que l’utilisation du préservatif peut devenir nécessaire de façon très exceptionnelle : « dans certains cas, quand l’intention est de réduire le risque de contamination, cela peut quand même être un premier pas pour ouvrir la voie à une sexualité plus humaine, vécue autrement ».

Pour donner un exemple, il envisage ainsi un homme prostitué et considère que l’utilisation du préservatif « peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilité permettant de prendre à nouveau conscience que tout n’est pas permis et qu’on ne peut pas faire tout ce qu’on veut ».

Même si les services de communication du Saint-Siège affirment ce dimanche 21 novembre 2010 que « le raisonnement du pape ne peut pas être considéré comme un tournant révolutionnaire », ces nouvelles déclarations confortent tous ceux qui, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Église, veulent rapprocher les préceptes religieux de la réalité du terrain. Une pensée trop idéalisante étant, par définition, sans efficacité sur un monde qui est loin d’être parfait.

Le livre s’appelle "Lumière du monde".
Il aurait pu s’appeler "Premier pas".


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 novembre 2010)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :

Benoît XVI le 14 septembre 2009 à Paris.
Deus Caritas Est.
Spe Salvi.
Caritas in Veritate.

NB :

Le sujet a peut-être fait la une des journaux télévisés (je ne les ai pas regardés), mais il me semble que c'est un sujet important, ne serait-ce que parce que c'est ce genre de thème qu'on évoque lorsqu'on parle du pape, ce qui réduit beaucoup le discours d'un pape.

L'évolution n'est pas dans les actes, en effet : à ma connaissance, aucun prêtre n'a jamais empêché de se protéger pour éviter toute contamination du sida. En revanche, il y a un réel changement dans le discours pour présenter la pensée de l'Eglise et l'adapter au monde actuel ; c'est pourquoi c'est une information qui me paraît importante.

En ce qui me concerne, j'ai évoqué beaucoup d'autres sujets qui, au contraire, sont loin d'avoir fait la une des journaux et qui, visiblement même ici, intéressent également très peu (ce qui ne me gêne pas), comme le centenaire d'une personnalité qui m'a paru extraordinaire, Jean-Marcel Jeanneney.

 

 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/benoit-xvi-et-le-preservatif-84805

 

Une d'Agoravox du 22 novembre 2010

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-222

 

 

 

 


yartipape02
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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 12:12

(dépêches)

 

Mort du père Joseph Vandrisse, journaliste du Figaro, à 82 ans le 31 mars 2010 à Bry-sur-Marne

 

 


http://www.famillechretienne.fr/croire/l-eglise-et-son-histoire/joseph-vandrisse-est-decede-hommage-au-journaliste-de-jean-paulii_t9_s86_d56148.html

Joseph Vandrisse est décédé – Hommage au journaliste de Jean-Paul II
famillechretienne.fr 01/04/2010 Par Samuel Pruvot 3 commentaires
 

© DR
 
Sommaire
Ce jour-là, Jean-Paul II... : 50 dates qui ont marqué son pontificat Le Pape au jour le jour Mots clés
concile Vatican II Histoire de l'Église média journaux Les nécrologies, cela faisait partie de son métier de journaliste. Mais le Père Joseph Vandrisse préférait, de loin, rendre hommage. Voici donc le mien, en quelques mots, quelques fleurs sauvages grappillées au fil de la mémoire.

Au lendemain de sa disparition, le 31 mars, je ne suis pas le seul à me sentir un peu orphelin. Pourquoi ? Parce que Joseph Vandrisse était non seulement un Père – blanc, de la Société des missionnaires d’Afrique – mais aussi une plume. Une grande signature du Figaro (et aussi de Famille Chrétienne). Plus d’un quart de siècle dans les couloirs du Vatican et surtout dans les pas de Jean-Paul II, ça marque forcément un homme. Écrire fut pour lui une vocation, tout comme la prêtrise. À une époque où l’information religieuse sortait à grand-peine des turbulences de l’après concile. Elle était écartelée – voire crucifiée – entre les discours des « progressistes » et ceux des « réactionnaires ». Joseph Vandrisse, lui, se voulait simplement « catholique », se méfiant des camps et des humeurs partisanes. Il a aimé l’Église de toutes ses forces et surtout de toute son intelligence. Pédagogue et passeur en temps de crise. Merci, Joseph.

Le Père Vandrisse a pratiqué son métier avec passion. Pour éclairer, convaincre et aussi transmettre. Il savait donner un coup de pouce aux jeunes générations. Aux apprentis journalistes. Un jour, il m’a ouvert sa porte à Rome, lorsque je faisais mes premiers pas dans la profession. Un jour pur et sans nuage, saturé d’azur. Dans cette grande maison généralice des Pères blancs qui culmine sur une des collines de Rome. Son bureau était vaste, sa bibliothèque aussi, sans oublier son carnet d’adresse… Pour le novice, il n’y avait rien d’autre à faire qu’à boire ses paroles. Car Joseph Vandrisse parlait comme un livre, avec une musique profonde et rassurante. En souriant.

À Paris, quelques années plus tard, j’ai pu encore étancher ma soif. Désormais à la retraite, il n’avait pas vraiment le cœur à ranger sa plume. Ni à se lancer dans une psychanalyse collective avec ses confrères. Il voulait porter du fruit (un fruit romain) jusqu’au bout. Tailler et cercler encore sa vieille vigne. En 2003, Perrin/Mame publiait Ce jour-là Jean-Paul II. Un florilège de cinquante épisodes journalistiques évoquant le pontificat d’un géant : Karol Wojtyla. Marcher en compagnie de ce pape XXL avait donné du souffle à Joseph Vandrisse. N’avait-il pas accompagné Jean-Paul II dans près de cent voyages ? Revenir aux grandes heures de Jean-Paul II fut avec lui un plaisir rare. Loin du pensum, proche du festival.

Le style, c’est l’homme. Joseph Vandrisse était au courant. Il écrivait ses textes à la main et les mots semblaient lui venir naturellement, de nulle part, comme des flocons de neige en hiver. Ils tombaient doucement, sans bruit, sur la page encore vierge. Joseph Vandrisse savait raconter des histoires, mettre de la clarté dans les choses ténébreuses et compliquées. Repérer les enjeux, les lignes de faille : de la théologie de la libération au dialogue interreligieux en passant par les contradictions de la laïcité à la française. À force de travailler avec lui, j’ai commencé à marcher à son rythme. Croyez-moi, le vieux monsieur continuait à tracer devant. Avec une agilité de maître. Un art empirique, sonore. Joseph Vandrisse lisait à voix haute ses textes en y mettant des inflexions théâtrales. On pouvait trouver ça un peu désuet. Ringard. Mais seuls les bons papiers pouvaient résister à cet exercice. Sans produire de fausses notes.

La voix de Joseph Vandrisse s’est éteinte. Pas son espérance. Pudique sur sa vie intérieure, il avait plus d’aisance pour scruter les états d’âmes des autres. La vie après la mort ? Le paradis ? Joseph Vandrisse aimait se retrancher derrière Jean-Paul II : « Si tu veux trouver la source, tu dois aller vers le haut à contre-courant. » Une belle image de la mort qui est un commencement. N’est-ce pas Joseph ?
Samuel Pruvot


Commentaires (3)Ajouter un commentaire 
superbe hommage pour un personnage qui savait donner l'espoir à ceux qu'il rencontrait
je suis certaine que son âme s'est envolée haut, très haut, dans un ciel d'azur

par Roumiana le 12/04/2010 à 15:29
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Nous rejoignons bcp l'analyse de Samuel Pruvot. C'était toujours une joie de le lire, mais encore plus d'échanger avec lui : tout jeune couple présent au rassemblement préparatoire du "Synode des Laïcs" en 1985 à Rome, nous avions eu la joie d'avoir un long entretien avec le Père Vandrisse dans son bureau près du Vatican et avions longuement partagé l'action de grâce de vivre ce temps de bénédiction de l'Église avec ce pape de l'Est, la Nouvelle Évangélisation naissante, l'enseignement de JP2 sur le corps et le mariage, les freins idéologiques au renouveau de la mission, ... Un homme bon, savoureux, passionnant, visionnaire sur l'évolution de l'Eglise et du monde face à la foi. Qu'Il repose en paix! Deo gratias pour ce fidèle serviteur de la Parole.

par Alex et Maud le 01/04/2010 à 17:10
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Merci Samuel pour cet hommage très juste à notre parrain dans le journalisme.

par Antoine-Marie le 01/04/2010 à 13:23
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http://www.la-croix.com/Mort-du-chroniqueur-religieux-Joseph-Vandrisse/photo2/2420854/4085
Mort du chroniqueur religieux Joseph Vandrisse

Correspondant à Rome du Figaro de 1974 à 2002, le P. Joseph Vandrisse est mort mercredi 31 mars à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), à l'âge de 82 ans, a annoncé la Société des missionnaires d'AFrique (Pères blancs), congrégation dont il était membre.

Né en 1927 à Tourcoing (Nord), il fait sa philosophie au séminaire de Merville (Nord) avant d'entamer sa théologie en Alsace puis d'entrer au noviciat des Pères blancs à Carthage (Tunisie) en 1946. Ordonné prêtre en 1950, il effectue alors un premier séjour au Liban où il fonde la revue Courrier Sainte-Anne en 1951, tout en étant directeur de séminaire.

Revenu en France en 1963, il exerce son ministère à la paroisse melkite Saint-Julien-le-Pauvre, à Paris, tout en étant rédacteur à la revue missionnaire Spiritus. En 1965, il est nommé secrétaire de la commission missionnaire du Centre national des vocations.
 
Observateur des pontificats de Paul VI et Jean-Paul II
 
 
En 1968, il revient au Liban pour le Centre national des vocations et la Délégation catholique à la coopération et commence à travailler pour Le Figaro en 1973. L'année suivante, il est nommé à Rome où il sera le corresponsant de nombreux titres de presse (Le Figaro, La Liberté de Fribourg, Ouest-France, Famille chrétienne) et de plusieurs stations de radio (Radio Notre-Dame, Radio-Espérance, RTL...) Il sera aussi aux débuts de l'agence de presse I.Média.

Proche du cardinal français Gabriel-Marie Garrone (préfet de la Congrégation pour l'Éducation catholique sous Paul VI, puis président du Conseil pontifical pour la culture sous Jean-Paul II), dont il était le confident, il sera aux premières loges lors de la condamnation de Mgr Lefebvre par Paul VI, bataillant avec sa rédaction en chef pour faire passer ses papiers.

Au cours du pontificat de Jean-Paul II, il sera un des grands observateurs du pontificat, suivant le pape polonais au cours de 53 de ses voyages internationaux. De retour en France en 2002, il racontera les grandes dates de ce pontificat dans Ce jour-là Jean-Paul II (Perrin/Mame).

À la maison des Pères blancs de la rue Friant, à Paris, il continuait ses collaborations journalistiques avec KTO, Radio Espérance et Radio Notre-Dame, tout en travaillant à classer les carnets de son ami le cardinal Garrone.

Nicolas SENÈZE

Photo : Le P. Joseph Vandrisse (Société des missionnaires d'Afrique) 

http://zenit.org/article-23991?l=french
ZF10040112 - 01-04-2010
Permalink: http://zenit.org/article-23991?l=french

Décès du P. Vandrisse, célèbre correspondant du Figaro à Rome


A son départ, Jean-Paul II lui avait adressé une lettre personnelle




ROME, Jeudi 1 avril 2010 (ZENIT.org) - Le père Joseph Vandrisse, membre de la Société des missionnaires d'Afrique (Pères blancs), est décédé le 31 mars. Il fut l'un des correspondants les plus célèbres du Figaro à Rome.

L'Osservatore Romano du 2 avril en italien lui rend hommage, en soulignant qu'il fut l'un des journalistes les plus « prestigieux » et les plus « connus » du Figaro. Il rappelle que le P. Vandrisse est né en 1927 à Tourcoing et qu'il fut correspondant permanent à Rome pour le quotidien français de 1974 à 2002.

Le P. Vandrisse a été un « analyste raffiné du pontificat de Jean-Paul II qu'il avait suivi aussi pour 'Ouest-France', 'Famille chrétienne', RTL, RFI et Radio France », souligne le quotidien du Vatican.

« Le pape avait voulu l'honorer par une lettre personnelle et en l'appelant à concélébrer avec lui dans la chapelle de l'appartement papal », ajoute l'OR.

Le P. Vandrisse est décédé à Bry-sur-Marne. Ses obsèques seront célébrées mardi prochain à 15h00 dans l'église de la ville.

http://www.oecumene.radiovaticana.org/fr1/Articolo.asp?c=369057

01/04/2010 15.37.28



Mort du père Vandrisse, missionnaire en Afrique et correspondant du Figaro



 




Le père Joseph Vandrisse, de la Société des missionnaires d’Afrique (Pères blancs) et ancien correspondant permanent du Figaro au Vatican, est décédé le 31 mars 2010 en région parisienne, à l’âge de 82 ans.
À Rome pour le Figaro de 1974 à 2002, ce proche de l’agence I.MEDIA a aussi collaboré avec l’hebdomadaire français Famille chrétienne ainsi que de nombreuses radios. Ce Père blanc originaire du diocèse de Lille, ordonné prêtre en 1950, a collaboré à de nombreux ouvrages sur le Vatican. Son dernier livre paru en 2003, « Ce jour-là Jean-Paul II », s’articulait autour de 50 dates ayant marqué le pontificat du pape polonais. (Sources : APIC)

Écoutez Jean-Marie Guénois, rédacteur en chef adjoint chargé des religions au Figaro, interrogé par Bernard Decottignies. 


 

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 12:18

(dépêche)


Un jeune Juif new-yorkais contre l'interdiction du port de la burqa en France


 http://www.afrik.com/article18659.html
Société - France - Israël - Religion
Une voix juive contre l’interdiction de la burqa en France
Joshua M. Z. Stanton
 
Bien que juif à New York, je sais ce que c’est que d’être musulman en France.

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  samedi 30 janvier 2010, pour l'autre afrik / 4 réactions
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En 2007, alors que j’étais étudiant dans la ville de Strasbourg, en France, j’ai décidé de me laisser pousser une épaisse barbe. J’ignorais qu’en France, seuls les juifs et les musulmans traditionnels portaient tout sauf la moustache ou le bouc bien taillé. Comme je ne portais pas de kippa ou autre couvre-chef, les gens qui me croisaient dans la rue supposaient que j’étais musulman. Je sentais que les agents de police et les passants me regardaient avec suspicion et, même aux heures de pointe dans le bus bondé, peu de personnes choisissaient de s’asseoir à côté de moi si elles pouvaient l’éviter. Un jour, quelqu’un m’a suivi jusque chez moi et a tenté de me provoquer en duel pour finalement découvrir que je n’étais qu’un Américain, abasourdi par ce qui m’arrivait, et non un Français musulman.

Jamais auparavant je n’avais connu un tel mépris ; cela ne s’est jamais reproduit depuis. Au quotidien, on me mettait dans l’embarras à cause de mon apparence (et de ce qui était supposé être mon affiliation religieuse correspondante). C’est pourquoi, lorsque j’ai pris connaissance de la tentative imminente du député Jean-François Copé et de ses sympathisants de criminaliser la burqa (et autres vêtements qui couvrent complètement le corps, la tête et le visage de la femme) en France, j’ai compris qu’il s’agissait bien plus que d’une mesure visant à protéger les droits des femmes ou à préserver le concept d’une société laïque sur lequel repose l’Etat moderne.

Il n’est pas difficile, à mon sens, de comprendre comment il risque d’être fait mauvais usage de l’« interdiction de la burqa » pour stigmatiser davantage une population religieuse, une population qui se considère déjà comme étant en marge de la société.

Évidemment, je suis farouchement opposé aux vêtements ou pratiques religieuses (y compris celles qui appartiennent à la tradition juive qui est la mienne) qui suggèrent que les femmes ont un rôle différent ou un rôle de soumission. Mais l’ « interdiction de la burqa » en France n’atteindra pas le but recherché qui est l’égalité des sexes. Elle renforcera, tout au plus, la position des conservateurs religieux au sein de la population musulmane française en convainquant les musulmans modérés que le reste de la société française ne les acceptera jamais.

Même s’il n’y a que soi-disant deux mille femmes qui portent la burqa dans toute la France aujourd’hui, la population musulmane dans son ensemble (estimée à six millions par le gouvernement) prendra ombrage d’une nouvelle mesure venant isoler sa communauté.

En admettant que le président français Nicolas Sarkozy soit vraiment convaincu par l’idée que la burqa est un « signe de soumission, un signe de corruption », selon l’édition du magazine The Economist du 16 janvier dernier, la meilleure réponse qu’il pourrait apporter à cela serait d’édicter des mesures visant à intégrer davantage les citoyens musulmans dans la société française. De telles mesures amoindriraient les efforts de la petite minorité de musulmans religieusement conservateurs destinés à regrouper des partisans parmi leurs coreligionnaires mécontents qui se sentent incapables de surmonter les préjugés anti-musulmans.

La nécessité pour le gouvernement français de traiter les minorités religieuses avec respect est portée par sa propre histoire. En 1781, le penseur allemand des Lumières, Christian Wilhelm Von Dohm, a fait une proposition qui, pour l’époque, était révolutionnaire : « Naturellement, la religion du juif ne l’empêchera pas d’être un bon citoyen, à condition que le gouvernement lui reconnaisse les mêmes droits que les autres citoyens ».

Or ce sont les Français qui les premiers ont appliqué la vision prophétique de Dohm.

En 1806, l’empereur Napoléon Bonaparte émancipa les juifs français en adoptant des lois visant à améliorer leur statut économique et social et en les invitant à s’établir partout où ils le désiraient plutôt que dans les quartiers pauvres et surpeuplés où ils avaient été confinés dans les villes ou de voyager de lieux en lieux dans les campagnes. En outre, il reconnut officiellement leur religion et affirma sa place définitive dans la sphère privée de la vie française. A travers ces actes de profonde tolérance, pendant plus de 200 ans, la France a montré l’exemple à toute l’Europe et a prouvé que son ouverture d’esprit était plus que de la rhétorique.

Aujourd’hui, la France ferait bien de suivre son propre et admirable exemple et d’apparaître comme le premier pays européen à vraiment traiter les citoyens musulmans comme des participants au même titre que les autres citoyens dans la société. Renoncer à l’ « interdiction de la burqa » constituerait une première mesure sensée.

*Joshua M. Z. Stanton est étudiant rabbinique au Hebrew Union College et rédacteur en chef adjoint du Journal of Inter-Religious Dialogue (www.irdialogue.org).

Source : Service de presse Common Ground (CGNews), 29 janvier 2010, www.commongroundnews.org Reproduction autorisée.
 



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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 12:32

(dépêches)


Mort du père jésuite Jean-Yves Calvez à 82 ans le 11 janvier 2010

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/01/12/01011-20100112FILWWW00490-mort-du-jesuite-jean-yves-calvez.php
Mort du jésuite Jean-Yves Calvez
AFP
12/01/2010 | Mise à jour : 13:43 | Ajouter à ma sélection
Le père jésuite Jean-Yves Calvez, théologien et philosophe, spécialiste du marxisme, est mort hier à Paris à l'âge de 82 ans, annonce la Conférence des évêques de France.
Jean-Yves Calvez fut un grand intellectuel, provincial (supérieur) de la Compagnie de Jésus en France, "dont la pensée avait une grande répercussion intellectuelle dans l'Eglise", selon le père Pierre de Charentenay, rédacteur en chef de la revue "Etudes", cité par la CEF. Auteur en 1956 d'un ouvrage sur la pensée de Karl Marx, il laisse de nombreux travaux sur l'enseignement social de l'Eglise, les philosophes allemands, l'économie, la politique, etc. Polyglotte, il donna des conférences dans le monde entier et fut aussi conférencier à Notre Dame de Paris de 1985 à 1987 à la demande du cardinal Lustiger.

Selon le père de Charentenay, Jean-Yves Calvez est "un de ceux qui ont formé l'esprit de la Compagnie de Jésus dans les années soixante-dix, qui ont donné ce sens de la foi très forte dans l'Evangile et du service à rendre pour la justice dans le monde".  Parmi ses ouvrages, on peut citer "Les silences de la doctrine sociale catholique" (ed L'Atelier, 1999), "Eglise et économie: la doctrine sociale de l'Eglise" (L'Harmattan, 1999), "Compagnon de Jésus: un itinéraire" (DDB, 2000), "Changer le capitalisme" (Bayard, 2001), "La pensée politique des historiens allemands au XIXe siècle" (PUF, 2001), "Chrétiens penseurs du social" (cerf, 2002).


http://www.ssf-fr.org/56_p_15595/jean-yves-calvez.html
Hommage à Jean-Yves Calvez
                            
Habité par le souci de l’homme

Le père Jean-Yves Calvez nous a quittés. Les Semaines sociales de France saluent en lui un ami et un guide, un témoin passionné de son temps et un Jésuite : un authentique compagnon du Christ. Membre de notre Conseil depuis le renouveau engagé par Jean Gélamur, il en fut sans conteste un artisan toujours stimulant, chaleureux, aimé.

Il suffisait de prononcer son nom, "père Calvez", pour que se crée un sentiment de clarté, de recherche encourageante de la vérité. Jean-Yves Calvez paraissait avoir consacré sa vie à la question sociale, comme si son apostolat personnel consistait en effet à évangéliser les réalités globales de l'économie et de la société : évangéliser ou plutôt faire découvrir la force de l'Evangile au travers de l'imperfection du monde, des aspirations profondes, même si parfois dévoyées, à son perfectionnement.

Très tôt en effet le Père Calvez s'était confronté avec la théorie marxiste et les économies centralisées qui s'en réclamaient. Jamais dans cette confrontation  il ne se montrait hostile ou dogmatique. Il  partageait en effet le souci profond de l'humain qui animait aussi, pour le meilleur d'eux-mêmes, ses contradicteurs. Mais il les sommait d'aller jusqu'au bout et d'admettre au fond une contradiction, source d'une illusion qui s'avérait tragique : comment vouloir le bien de la communauté des hommes en méconnaissant la liberté et l'élan du cœur qui fondent le lien social ?

Aussi se trouva-t-il naturellement très vite aux avants-postes de la confrontation avec un libéralisme économique exclusif, sûr de lui-même et réducteur de ce même lien social, décourageant à l'avance l'ambition politique d'organiser la justice et la solidarité entre les hommes. Et de la même façon maïeutique, Jean-Yves Calvez, appelant au souci de l'humain en plénitude, démontait les contradictions et la volonté de puissance qui se cachent derrière la confiance aveugle dans le pilotage par le marché : comment proclamer la prééminence de la liberté et se désintéresser des conditions effectives d'accès du grand nombre à son exercice ?

Nous avons puisé et nous puiserons encore dans l'œuvre historique du Père Calvez, dans ses commentaires de la pensée sociale de l'Eglise, une inspiration rafraîchissante. Sa voix qui nous interrogeait et qui savait aussi interroger l’Eglise, retentira toujours au milieu de nous. Nous n'ignorons pas que sa pensée était nourrie de dialogue et d’écoute, en rien celle d'un esprit solitaire et nous exprimons notre confiance au CERAS dont il fut un animateur respecté pour continuer le chemin d'un discernement accompli à plusieurs intelligences et au travers de multiples engagements.


Amour et vigilance auraient pu être sa devise. Le père Calvez fut avec nous jusqu'au bout un veilleur aimant et affectueux. Il l'exprima jusqu'aux derniers jours de sa vie en ce dimanche de l'avent 2009 où il prêchait en l'église Saint-Ignace. Il n'y était pas question de doctrine sociale ni d’économie, mais de cette venue de l’Emmanuel, le Seigneur qui se manifeste dans l'extrême faiblesse et qui de cette façon nous met, au-delà de tous nos faux-semblants, en mouvement vers la paix authentique. Telle était la source de son unité personnelle. Il nous la transmet.

Jérôme Vignon
Président des Semaines sociales de France

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 17:09

Pour approfondir à propos de Jean-Marie Vianney, on peut lire cette note de Philippe Caratgé publié en mars 2006 :

La dimension sociale de la vie et du ministère de saint Jean-Marie Vianney.

à télécharger ici.

Et aussi se reporter au site suivant :

La vie du curé d'Ars.

SR







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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 17:04

(dépêche-blog)



Saint Jean-Marie Vianney
Curé d'Ars (+ 1859)

Jean-Marie Vianney a grandi en pleine période de troubles révolutionnaires, c'est à dire aussi de persécution religieuse. Ainsi, Jean-Marie recevra sa première communion dans la clandestinité. Le jeune campagnard, qui n'a jamais fréquenté l'école, voudrait devenir prêtre mais son père est réticent. A vingt ans, il commence ses premières études, mais il est si peu doué pour les études que le séminaire de Lyon, où il a fini par entrer, décide de le renvoyer. Il parvient quand même à se présenter à l'ordination sacerdotale à Grenoble. Après un premier ministère à Ecully, il est nommé curé dans une petite paroisse de 230 habitants: Ars, à 40 km de Lyon. Il y restera jusqu'à sa mort. Sa bonté, la joie dont il rayonne, ses longues heures de prière devant le Saint-Sacrement, impressionnent peu à peu ses paroissiens. Pour écouter, réconforter et apaiser chacun, il reste jusqu'à seize ou dix huit heures par jour au confessionnal. Pendant les dernières années de sa vie, jusqu'à 100.000 pélerins viendront chaque année pour entendre une parole de réconfort et de paix de la part de ce curé ignorant de tout, mais non pas du coeur des hommes ni de celui de Dieu. Complètement donné à sa tâche pastorale, épuisé, il aura ce mot vers la fin de sa vie: «Qu'il fait bon de mourir quand on a vécu sur la croix». Il est exaucé le 4 août 1859 quand il meurt à l'âge de 74 ans.

En 2009, année sacerdotale et célébration des 150 ans de sa mort.

- Jubilé 2009 à Ars: «Je te montrerai le chemin du Ciel»

- Pour le 150e anniversaire du décès du curé d'Ars, le sanctuaire d'Ars organise les 3 et 4 août 2009 deux jours de festivités tournées autour du saint curé.

- Le cardinal Barbarin a publié un décret élevant la mémoire liturgique du saint curé d'Ars, célébrée le 4 août, au rang de fête à l'intérieur du diocèse de Lyon. C'est une manière d'honorer de façon particulière saint Jean-Marie Vianney, que le pape Benoît XVI donne comme saint patron à tous les prêtres du monde, à l'occasion du 150e anniversaire de sa mort.

- 2009-2010: une année sacerdotale.

Il y en a qui ont l’habitude de toujours mal parler des prêtres, qui ont pour eux du mépris. Faites attention, mes enfants. Comme ils sont les représentants de Dieu, tout ce que vous dites retombe sur Dieu lui-même.
Le Curé d’Ars

Dates de Fête

4 août, Mémoire obligatoire

Patron des

Curés et responsables de paroisses
Prêtres

On fête à cette occasion les

Vianney
Jean-Marie

Saints ou Saintes ayant porté le même prénom

Jean-Marie Boccardo
Fondateur des "Sœurs de Saint-Gaétan" (+ 1913)
Jean-Marie Muzei
(+ 1887)



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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 01:40

(dépêche)



Jean-Marie Vianney (saint), curé d'Ars

Dardilly, 8 mai 1786 – Ars, 4 août 1859



 
« Photo-robot » du saint Curé d’Ars (Ars, Session sacerdotale, 22-24 septembre 1959)

De son vivant, le Curé d’Ars a toujours refusé de poser pour un portrait ou d’être photographié. En l’absence d’un tel témoignage de la réalité physique du saint, on pouvait légitimement s’interroger sur la fidélité des nombreuses images le représentant. Cette incertitude amena, en 1959, la Session sacerdotale, à l’occasion du centenaire de sa mort, à demander au commissaire divisionnaire Chabot de réaliser une « photo robot » du Curé d’Ars à partir de différents documents présentant une certitude scientifique, essentiellement les photographies mortuaires. La photo reproduite ici est le résultat de cette commande.
Bourg-en-Bresse, A.D. Ain, bibliothèque
© Arch. dép. Ain/atelier photo

Au presbytère d’Ars, un vieux prêtre meurt à 73 ans. Il était né en 1786, près de Lyon, dans une famille de cultivateurs qui, une nuit, avait abrité le saint mendiant Benoît Labre. C’est un enfant de la Révolution : sa famille cache des prêtres durant la Terreur. Sa vocation tardive, encouragée par un prêtre réfractaire, Charles Balley, est contrariée : jugé debilissimus (très faible) en latin, exclu du grand séminaire, il est incorporé en 1809 dans l’armée d’Espagne ; il déserte, se réfugie dans les monts du Forez. Ordonné prêtre à Grenoble en août 1815 (l’année de Waterloo), il est nommé vicaire d’Écully auprès de M. Balley puis en 1818, à 32 ans, curé d’Ars en Dombes qu’il desservira 41 ans.

M. Vianney est un prêtre de la Restauration. « Lorsque M. Vianney fit son entrée dans la paroisse », rapporte le fermier Guillaume Villier, « il nous parut d’abord plein de bonté, de gaîté et d’affabilité ; mais jamais nous ne l’aurions cru si profondément vertueux. Nous remarquâmes qu’il allait souvent à l’église et qu’il y restait longtemps. Le bruit ne tarda pas à se répandre qu’il menait une vie très austère. Il n’avait point de servante, n’allait point dîner au château comme son prédécesseur, n’allait pas visiter ses confrères et ne les recevait pas chez lui. Ce qui nous frappait aussi beaucoup, c’est qu’on s’aperçut tout d’abord qu’il ne gardait rien ; nous nous disions : notre curé n’est pas comme les autres ».La conversion du village d’Ars passe par la ferveur religieuse et la lutte contre les « abus », cabaret, bal, travail du dimanche. En 1823, il entraîne les habitants, par la rivière de Saône, au sanctuaire lyonnais de Notre-Dame de Fourvière : « Mes frères, Ars n’est plus Ars ».

Cette pastorale collective se mue en destin individuel. Le « saint curé » est appelé à prêcher et confesser aux alentours. Il devient après 1830 le « missionnaire immobile » qui accueille dans son église des milliers de pèlerins, 30 000 sans doute dès 1834, 60 000 dans les années 1850, venus à pied, à cheval, en chariot, en diligence, bientôt en train. Ars est alors, avant Lourdes, le premier sanctuaire français. Sa réputation grandit, fondée sur sa piété, son austérité, des bruits de « diableries » et de miracles. Onze heures par jour en hiver, jusqu’à dix-sept heures en été, il confesse et réconcilie avec Dieu et avec l’Église. « C’est le péché », dit-il, « qui rend malheureux ». Il passe pour un voyant et (par l’entremise de sa « petite sainte » Philomène) pour un guérisseur : pour un saint vivant qu’on vient consulter. Épuisé, il tentera par deux fois (1843, 1853) de fuir pour « pleurer sa pauvre vie ». Il mourra curé.

Pie X le proclame bienheureux en 1905 ; Pie XI en fait un saint en 1925. En 1959, Jean XXIII, qui avait assisté à sa béatification, lui consacre une encyclique très personnelle. Le 6 octobre 1986, Jean-Paul II se rend à Ars pour l’honorer comme « modèle extraordinaire de vie et de service sacerdotal ». Le curé d’Ars est devenu curé universel.

Philippe Boutry
professeur à l’université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne
directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales



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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 00:34

(dépêche-blog)




La vie du curé d'Ars…

Extraits 
    
Avant-Propos…

C'est l'histoire… vraie du Curé d'Ars, un tout petit village de France.
Tu découvriras pourquoi cet homme s'est fait prêtre, combien il aimait les hommes, tous les hommes parce qu'il aimait Dieu de tout son cœur, de toute âme, de toutes ses forces.
Par-delà la vie du Curé d'Ars, tu essaieras de comprendre comment certains hommes ou femmes vivent une vie d'amour qui les poussent à aider les autres, à leur faire connaître la vie d'êtres exceptionnels pour qu'ils te servent d'exemple, de modèle, afin de mieux te faire comprendre Dieu et son amour infini…
Pour que tu sois heureux en aimant Dieu,
Pour tu connaisses la route à suivre,
Pour t’aider à réussir ta vie sur la Terre… en te rappelant toujours, comme le disaient les Anciens : « On n'est pas d'ici !… »

Dans la vie du Curé d'Ars, tu pourras y deviner le Christ… avec quelques limites cependant : par exemple, la mortification volontaire ou le luxe de certains habits sacerdotaux et objets liturgiques… que Jésus n'a jamais encouragé, au contraire…


  La rencontre…
 
    • Une lourde carriole s'avance lentement à travers une brume épaisse qui noie l'horizon et rend l'orientation très difficile…
 
    • – « Mon petit, pourrais-tu m'indiquer la route d'Ars ?… »
 
    • L'enfant continue à regarder le prêtre avec curiosité et franchise…
 
     
  La petite enfance…
 
    • Ce prêtre s'appelle Jean-Marie Vianney…
 
    • Très tôt, sa maman lui apprend à aimer Dieu : elle lui montre les croix, les statues de Notre-Dame…
 
    • Il trottine auprès de sa maman qui lui apprend à balbutier le « Notre Père » et le « Je vous salue, Marie… »
 
    • On ne se contente pas de leur donner un morceau de pain au seuil de la maison…
 
    • Aux veillées, près de la cheminée, il a certainement entendu son père parler de l'hôte étrange accueilli 20 ans plus tôt…
 
    • En grandissant, Jean-Marie prend une part plus active à la vie de la ferme…
 
    • Parfois, le ton monte, et l'orage gronde entre le frère et la sœur…
 
    • Un soir, Jean-Marie ne rentre pas. Sa mère, très inquiète, finit par le trouver dans l'étable, à genoux entre deux vaches…
 
    • – « Dis, maman, emmène-moi. »
Et l'on voit souvent, à l'église, l'un près de l'autre, notre bonhomme de quatre ans et sa mère…
 
     
  La révolution éclate…
 
    • Mais la Révolution éclate et les prêtres qui veulent rester fidèles à l'Eglise sont obligés de se cacher, sinon, ils sont arrêtés et guillotinés…
 
    • …bien souvent la marche est longue. Arrivés au lieu de la réunion, le prêtre, vêtu comme les gens du pays, les accueille avec une grande joie.
 
    • Cependant, la Terreur continue. Les croix des chemins sont abattues et brisées ; les gens doivent cacher leurs crucifix, leurs statues ;
 
    • En arrivant, sa sœur et lui s'agenouillent, offrent à Dieu leur travail de pastoureaux. Puis ils prennent leurs aiguilles et leur laine à tricoter…
 
    • Il place sa statue dans le trou d'un vieux saule à moitié pourri, la décore de mousse et de fleurs, puis, à genoux, il récite son chapelet…
 
    • Quel spectacle que ces enfants récitant le chapelet et chantant des cantiques, derrière une pauvre croix faite de deux bois, alors que les églises sont fermées, les processions interdites !
 
    • Jean-Marie se retrouve avec la même équipe d'enfants pour jouer, surtout aux palets où il est très adroit.
 
    • Il s'applique de tout son cœur, et ses progrès sont si rapides qu'au bout de quelques semaines il peut lire à haute voix les vies de saints aux veillées familiales.
 
  
 
  Première communion dans la clandestinité…
 
    • Et là, au pied de l'horloge, il fait une première confession qui émerveille le prêtre.
 
    • Jean-Marie suit avec une grande ferveur la retraite qui précède le grand jour.
 
    • Malheureusement, la persécution a repris. Le Pape Pie VI est prisonnier en France, des centaines de prêtres meurent sur les pontons de Rochefort…
 
    • Les volets sont bien clos pour que la lumière des cierges ne soient pas aperçus du dehors.
 
    • Désormais, il devra se consacrer tout entier aux travaux des champs et à l'entretien de la ferme.
 
     
  Les travaux des champs…
 
    • …travaux pénibles pour un gars de 13 ans ; mais Jean-Marie est plein de courage…
 
    • « Que c'est beau d'offrir ses souffrances à Dieu, » dira-t-il souvent plus tard à ses paroissiens…
 
    • Il continue à travailler ainsi, en silence, louant Dieu à travers toutes ses créatures…
 
    • L'Eglise retrouve enfin la paix après dix années de troubles. L'abbé Rey, ancien curé de Dardilly, revient d'exil et reprend sa place au village. Un soir…
 
    • Le soir, après ses harassantes journées de travail, il prend l'un d'eux et se met à lire et à prier, faiblement éclairé par une chandelle de résine…
 
     
  Jean-Marie veut devenir prêtre…
 
    • Il sent grandir en lui le désir d'être prêtre…
 
    • Mais le père reste inflexible. Ni les raisons données par le jeune homme, ni les supplications de la maman n'ont d'effet sur sa décision…
 
    • L'épreuve dure près de deux ans. Jean-Marie se tait douloureusement, continue son travail avec autant d'amour, mais il ne démord pas de son idée…
 
    • Elles insistent, le supplient de consentir au moins à voir le jeune homme. Le curé accepte et Jean-Marie vient avec sa mère…
 
    • Il y a bien longtemps déjà qu'il a quitté l'école, et sa mémoire s'est rouillée…
 
    • Il lui donne une gifle en présence des autres élèves. Jean-Marie se met humblement à genoux devant lui et lui demande pardon…
 
     
  Sur la route de La Louvesc…
 
    • Mais le latin n'entre toujours pas…
 
    • Jean-Marie part, mendiant son pain, mal accueilli dans beaucoup de fermes. Mangeant des herbes, buvant l'eau des sources, dormant à la belle étoile, il parvint à La Louvesc…
 
    • Jean-Marie veut être, comme Jean-Baptiste, l'humble serviteur qui prépare les âmes à rencontrer et à accueillir Dieu dans leur vie…
 
     
  Un séjour dans les montagnes…
 
    • Les futurs prêtres étaient dispensés du service militaire dans le diocèse de Lyon, et Jean-Marie était convoqué à tort. Mais rien n'y fait, il doit partir et laisser en plan toutes ses études !…
 
    • Il retombe malade. A peine convalescent, il apprend qu'il doit partir le lendemain…
 
    • Il restera environ un an dans ce village chez Claudine Fayot, femme généreuse, travailleuse, prête à accueillir tous les malheureux…
 
    • Il arrive à Dardilly juste pour revoir sa mère. Usée par tant d'épreuves, elle meurt quelques semaines après, âgée de 58 ans…
 
     
  En route vers le sacerdoce…
 
    • Désormais il loge à la cure, faisant fonction de jardinier pendant les récréations, de sacristain et d'enfant de chœur à l'église…
 
   • – « A Verrières, » dira-t-il plus tard, « j'ai eu un peu à souffrir. »
 
    • Au bout de six mois, on lui dit qu'on ne peut le garder. Quelle souffrance pour Jean-Marie ! Que devenir ?…
 
    • Mais, devant les examinateurs, Jean-Marie perd la tête et répond tout de travers, les laissant perplexes sur la décision à prendre…
 
    • Mais à ceux qui s'excusent de l'avoir dérangé pour un seul ordinand, l'évêque répond :
– « Ce n'est pas trop de peine pour ordonné un bon prêtre. »
 
    • Jean-Marie est prêtre grâce à sa mère, grâce au curé d'Ecully, et surtout grâce à Dieu qui l'a soutenu, aidé, guidé à travers tout…
 
     
  Vicaire à Ecully…
 
    • Le jeune vicaire n'a rien à lui. Tout est distribué aux pauvres, jusqu'aux vêtements neufs qu'on lui offre et qu'il offre à son tour aux miséreux…
 
    • Le regard grave de la jeune fille, son sourire bienveillant lui font comprendre qu'il se trouve en face d'une âme forte…
 
    • L'abbé Vianney perdait ainsi ce prêtre qui l'avait soutenu et lui avait montré par son exemple la route à suivre pour devenir un prêtre exemplaire…
 
    • « – Oui, vous êtes nommé curé d'Ars, dans les Dombes. Elle n'est pas riche, la paroisse, Monsieur l'abbé… »
 
     
  Jean-Marie à Ars…
 
    • Il se met à genoux et, inspiré par Dieu, murmure : « Cette paroisse ne pourra contenir tous ceux qui plus tard y viendront… »
 
    • La foi a baissé dans l'ensemble du pays, même si elle reste bien vivante dans certaines familles…
 
    • Et le curé rentre chez lui, heureux de s'être dépouillé de toutes ses richesses…
 
    • Il n'a pas grande mine, leur prêtre, avec son allure un peu gauche, sa taille médiocre, sa soutane usée et ses gros souliers ferrés…
 
    • il y avait, à Ars, bien des gens qui étaient loin de vivre comme Dieu le souhaitait ; enfin, on ne voulait pas en savoir trop long afin de n'avoir pas d'effort à faire pour mieux servir Dieu…
 
    • Le nouveau curé se met avec cœur à son unique tâche : convertir sa paroisse.
Mais comment ?…
 
    • Il donne son matelas aux pauvres ; bientôt le lit y passe aussi…
 
    • Le matin, il se contente d'un bout de pain… quand il n'oublie pas carrément de manger…
 
    • « je voulais m'en débarrasser parce qu'ils font du dommage aux voisins, mais il ne fallait pas les faire cuire ! » Il refuse d 'en manger…
 
    • – « J'obtenais du bon Dieu tout ce que je voulais pour moi, comme pour les autres », avouera-t-il à l'un de ses amis…
 
    • L'ancien maître-autel en bois est remplacé par un neuf, que le curé paie lui même…
 
    • Si tu vas à Ars, tu verras encore tous les ornements que Monsieur Vianney acheta pour son église…
 
    • Peu à peu, c'est toute la petite église qui se transforme, tant est grand l'amour du curé pour la maison du bon Dieu…
 
    • Un jour, il doit verser 500 francs (grosse somme à cette époque) au menuisier. Il n'a pas le premier sou.
Une femme l'aborde dans la rue…
 
    • Le généreux donateur fait aussi transformer l'entrée de l'église, en remplaçant l'escalier en colimaçon par un perron précédé de deux larges rampes. Mais Dieu le demandait-il ?…
 
    • – « Que c'est beau, s'écriait l'abbé Vianney, mais au Ciel, tout est plus beau encore… »
 
     
  Catéchiste et prédicateur…
 
    • – « Pour L'aimer, » dit-il, « il faut qu'ils Le connaissent… »
 
    • Comme les enfants vont à l'école l'hiver, il décide de faire le catéchisme le matin à six heures…
 
    • – « Il nous fait vivre Dieu », dira plus tard l'un de ses fidèles auditeurs.…
 
    • et, debout, se met à griffonner des pages et des pages… certains jours il y consacrera sept heures d'affilée…
 
    • Quand il n'en peut plus, il s'assied par terre, le dos appuyé à un meuble, et s'endort quelques instants avant de recommencer un travail de mémoire…
 
    • – « C'est que, lorsque je prêche, je parle à des sourds », dira-t-il, « mais quand je prie, je parle au bon Dieu qui n'est pas sourd, Lui. »
 
     
  Contre le péché…
 
    • « Le cabaret, » disait le curé, « c'est le lieu où les ménages se ruinent, où les santés s'altèrent, où les disputes commencent et où les meurtres se commettent. »
 
    • Au bout de quelques années, les cabarets sont fermés et remplacés par des hôtels pour les pèlerins…
 
    • L'abbé Vianney s'attaque également au travail du dimanche.
– « Ce jour là, » dit-il, « c'est le bien du bon Dieu, c'est son jour à Lui, le jour du Seigneur ! »
 
    • C'est ainsi qu'un dimanche, le curé voit venir dans sa direction une voiture de gerbes, mais pas de conducteur…
 
    • Une autre habitude contre laquelle le curé d'Ars lutte avec acharnement est le bal.…
 
    • Le Curé ne peut supporter le moindre péché :
– « Cela fait tellement de peine à Dieu… »
 
    • Peu à peu Ars se transforme…
 
    • Parmi ces hommes, il y en avait un, Louis Chaffangeon, dont le curé aimait à raconter l'histoire au catéchisme…
 
    • L'abbé Vianney se sent exténué, et demande son changement à l'évêque de Belley…
 
    • Inutile de dire la joie des habitants qui aiment de plus en plus leur curé…
 
    • 14- Cependant son apostolat sévère ne va pas sans difficultés. Certains se rebellent contre ses exigences, le calomnient, le couvre d'injures…
 
    • Ces mensonges sont d'ailleurs le fait d'un petit nombre. La plupart des paroissiens, au contraire, retrouvent le chemin qui conduit à Dieu…
 
     
  Bâtisseur d'écoles…
 
    • Quand l'abbé Vianney était arrivé à Ars, il n'y avait pas d'école au vrai sens du mot. Aussi se met-il aussitôt à l'ouvrage…
 
    • Mais il y a des orphelines. Lui-même s'attelle au travail : il apporte des pierres, transporte le mortier…
 
    • Les orphelines affluent rapidement ;
– « Mais, Monsieur le Curé, il n'y a plus de lit… »
– « Allons, il y a le vôtre. »
 
    • Un jour, il ne reste presque plus de farine.
– « Priez, répond-il, et faites votre pain. » A mesure qu'elle pétrit la pâte, celle-ci gonfle, jusqu'au moment où le pétrin est plein !…
 
    • La « Providence » est, un jour, témoin d'un autre miracle…
 
    • Par l'entrebâillement de la porte, voici que le blé commence à couler, un blé qui n'a pas la même teinte que l'ancien…
 
    • Le blé couvre tout le plancher, au point que l'on peut se demander comment les poutres vermoulues n'ont pas cédé sous le poids…
 
    • En même temps il redonne courage aux jeunes filles qui ont accepté la lourde charge de l'orphelinat…
 
    • Elles s'exercent à coudre, à repriser les vêtements, à tricoter, à laver, à repasser, quelques-unes s'initient même au rouet et à la quenouille…
 
 
 Les Ombres réagissent…
 
    • Monsieur le Curé éclairant toutes choses à la lumière de Dieu et de l'Evangile…
 
    • Avant l'arrivée de Monsieur Vianney, on aimait bien tricher sur le poids et la qualité des marchandises. Peu à peu, l'honnêteté grandit et, dans les marchés on ne toléra plus le moindre vol…
 
    • Les offices liturgiques sont l'objet de tous les soins de Monsieur Vianney…
 
    • – « Vous devez être bien fatigué, Monsieur le Curé ? »
• – « Comment voulez-vous, » répond-il. Celui que je portais me portait aussi. »
 
    • Une singulière protection semble planer sur le village…
 
    • Durant des nuits entières, le presbytère retentit de bruits bizarres. On dirait que la porte est frappée à coups de massue, que les rideaux du lit se déchirent, on entend des rugissements, des pas lourds dans le grenier…
 
    • Mais le curé a remarqué que le démon se déchaîne surtout quand de grands pécheurs viennent à Ars pour se confesser et changer de vie…
 
    • On comprend que Satan ait cherché à tout mettre en œuvre pour briser l'action de Monsieur Vianney…
 
     
  Dans sa paroisse…
 
    • Le bureau délivre des billets aller-retour pour Ars, et ceux-ci sont valables 8 jours car il faut bien 8 jours pour pouvoir s'approcher du curé…
 
    • Et tous se pressent pour approcher celui qui eut autrefois tant de mal à recevoir le sacerdoce parce qu'il n'arrivait pas à apprendre le latin…
 
    • On se loge comme on peut, beaucoup dorment à la belle étoile, ; on attend patiemment son tour.
Monsieur Vianney restait au confessionnal jusqu'à 14 et 15 heures par jour. Quel supplice d'être ainsi rivé des heures et des heures au même siège
 
    • Impossible au pécheur de cacher quoi que ce soit devant ce prêtre ; s'il le fait, Monsieur Vianney lui rappelle aussitôt les péchés qu'il a oublié…
 
    • Il devine, sans avoir vu la personne, si celle-ci est pressée, soit parce qu'elle est venue en cachette, soit parce qu'elle attend depuis longtemps…
 
    • Depuis trois jours, elle attend son tour, mais en vain : impossible d'approcher.
– « Vous n'êtes guère patiente, mon enfant, il n'y a que trois jours que vous êtes ici, et vous voulez repartir. »
 
    • – « Courrez vite, » dit celui-ci, « Elle passe actuellement derrière l'orphelinat… »
 
    • Qui dira jamais le nombre de personnes qui se sont converties, alors qu'elles étaient à genoux devant le saint prêtre ?…
 
    • Un groupe de Lyonnais vient en pèlerinage à Ars. Tous sont de bons chrétiens, sauf un vieillard venu « pour faire plaisir à la jeunesse… »
 
    • – « Réfléchissez bien. Il y a 33 ans vous étiez à tel endroit.
• – Vous avez raison, Monsieur le Curé. »
 
    • Vers 1840, arrive à Ars le père Rochette, venu conduire son petit garçon qui est bien malade…
 
    • Et le prêtre le guide, commence par lui rappeler certaines fautes oubliées depuis longtemps.
Le lendemain, le père Rochette communiait au côté de sa femme, et tous deux quittaient Ars avec leur fils guéri…
 
    • Il y avait alors à Lyon un nommé Maissiat, professeur à l'Ecole des Arts et Métiers, libre-penseur et athée bien connu…
 
    • La messe finie, le curé se dirige tout droit vers lui, lui pose la main sur l'épaule et lui fait signe de le suivre…
 
    • Le libre-penseur se lève et va se placer devant la statue de la sainte, dans une attitude de défi. Stupeur ! Il se met à verser des larmes sans savoir pourquoi…
 
    • – « Votre vocation vient du Ciel, vous serez religieuse. » Louise se relève, radieuse. Plus tard, elle put entrer en religion, ses parents n'y mettant plus obstacle…
 
    • Peu à peu, les prêtres viennent nombreux à Ars, demandant au modeste curé de cette petite paroisse de les aider à mieux remplir leur mission sacerdotale…
 
    • – « Maintenant que je ne suis plus professeur de séminaire, que me conseillez-vous ?… »
 
    • Mais combien d'hommes aura-t-il arraché aux griffes du démon, lui qui, dans son presbytère, priait… priait… pour obtenir de Dieu, lumière et repentir pour tous ceux qui venaient à lui !…
 
     
  Des journées bien remplies…
 
    • Essayons, si tu le veux, de passer une journée à Ars au temps de Monsieur Vianney…
 
    • Il y restera jusqu'à 6 ou 7 heures, sans discontinuer, apportant la paix du Seigneur à ceux qui ont fait parfois des centaines de kilomètres pour venir se réconcilier avec Dieu…
 
    • un autel magnifiquement paré, et une foule en prière dans une attitude de respect et de foi… […] Il faut voir avec quelle ferveur, avec quel amour il célèbre !…
 
    • –Pendant une heure, il parle, passe d'un sujet à l'autre […] L'église est toujours comble, tout le monde écoute avec une grande attention ces paroles qui vont droit à l'âme…
 
    • Car les paroles du curé d'Ars frappe les auditeurs comme si chacun se sentait visé directement…
 
    • Tous les jours, la foule se presse à cet endroit : malades ou infirmes, enfants ou vieillards qui ne peuvent entrer dans l'église et y rester longtemps…
 
    • Il prend une poignée de médailles qu'il lance à la volée. Pendant que les gens se bousculent pour les ramasser, il se précipite dans la cour du presbytère, verrouille sa porte…
 
    • Une foule de gens l'accompagne, avides de recevoir ses conseils pour transformer leur vie où trouver un peu d'espérance dans leurs épreuves…
 
    • Et tous les jours, pendant de longues années, ce fut le même régime de vie écrasant. Jamais un "humain" ne peut assumer des journées aussi chargées pendant si longtemps…
 
     
  A la recherche du silence…
 
    • L'abbé Vianney a eu la tentation de se retirer dans la solitude pour passer ses journées à prier Dieu…
 
    • …alors qu'il préside le mois de Marie, le curé s'écroule dans la chaire, épuisé par son labeur harassant…
 
    • Mais on a découvert sa retraite ; bientôt, Dardilly voit arriver les foules de pèlerins…
 
    • Les paroissiens sont rassemblés sur la place, beaucoup en tenue de travail.
Très ému, le Curé les bénit :
– « Je ne vous quitterai plus, mes enfants… Je ne vous quitterez plus !… »
 
    • Dix ans plus tard, cependant, la hantise du silence et de la prière dans un monastère le reprend.
Une nuit, il quitte le presbytère…
 
    • Tout le monde rebrousse chemin vers Ars. Durant le trajet, les supplications des paroissiens redoublent…
 
     
  Reproduit malgré lui…
 
    • Rien n'a jamais pu amoindrir l'humilité de l'abbé Vianney…
 
    • L'abbé Vianney ne voulut jamais se laisser photographier…
 
    • – « Qui a fait cela ? » demande-t-il tout confus. Cabuchet se présente.
• – « Vous m'avez désobéi, dit le curé, dois-je vous pardonner ? »
 
     
  Amour de la pauvreté…
 
    • Sa pauvreté est légendaire. Lui, par les mains de qui passent des sommes fabuleuses, n'a rien à lui…
 
    • Il se trouve en face d'un malheureux vêtu de loques et dont les chaussures ne méritent plus le nom de souliers. Il s'arrête, ôte les siennes et les lui donnent sur-le-champ…
 
     
  Le voilà Chanoine…
 
    • Monseigneur Devie ne cessa d'avoir pour lui une très grande estime, dès qu'il eût pris conscience que les attaques dont le curé était l'objet n'étaient que de pures calomnies…
 
    • – « Monsieur le curé, Monseigneur est là ! »
Un peu troublé, l'abbé sort, toujours revêtu de son surplis, et se précipite vers la porte d'entrée de l'église…
 
    • L'évêque annonce que Monsieur Vianney est nommé chanoine honoraire…
 
    • « On eût dit un supplicié que l'on mène à l'échafaud, la corde au cou », écrit la comtesse des Garets…
 
    • Il doit subir les louanges de l'évêque… Celui-ci écoute, tout décontenancé, si grande est son humilité…
 
    • Ce dernier se frottait les mains en disant :
– « Que Monseigneur m'en donne un autre, et j'en ferai de l'argent ! »
 
     
  Refus de la Légion d'Honneur…
 
    • – « Non, c'est une simple distinction honorifique ! »
• – « Dans ce cas, puisque les pauvres n'ont rien à y gagner, dites à l'Empereur Napoléon III que je n'en veux point »…
 
    • Monsieur Vianney reçoit une lettre de la chancellerie de la Légion d'Honneur : on lui demande douze francs pour l'expédition de la croix.
– « Mais j'ai refusé, » dit-il…
 
     
  Les miracles…
 
    • Dieu, en effet se plaît à souligner la sainteté de son fidèle serviteur en permettant de nombreux miracles du vivant même de Monsieur Vianney…
 
    • – « Eh bien ! marchez, ma bonne », lui dit-il…
 
    • Elle pousse dans une pauvre voiturette son garçon de huit ans, incapable de marcher…
 
    • – « Voyons, cet enfant est trop grand pour être porté ainsi. Allons, mettez-le à terre.
• – Mais il ne peut pas !
• – Il le pourra.…
 
    • Il s'agenouille lui même, reste à genoux près d'une heure, puis se lève.
– « J'ai faim », dit-il. Il court en chaussettes jusqu'à la porte…
 
    • Il n'y a pas que les guérisons : l'abbé Vianney, de son regard de feu, lit dans les âmes…
 
     
  La veuve d'un suicidé…
 
    • – « Si, il est sauvé ; il est en purgatoire et il faut prier pour lui. Entre le parapet du pont et l'eau, il a eu le temps de se repentir.
 
    • Votre mari était irréligieux, mais il s'est parfois uni à votre prière !… »
 
     
  Les dernières années…
 
    • – « Avec la Sainte Vierge, nous nous connaissons bien », dit-il un jour avec un sourire. Il lui est arrivé même de se plaindre quand il reste quelque temps sans avoir de célestes visites…
 
    • On ne vit pas pendant quarante ans avec deux ou trois heures de sommeil, et un seul repas par jour, sans sentir le corps s'user, la fatigue s'accumuler…
 
    • – « Ah ! je n'en puis plus !
• – Asseyez-vous un instant. » dit Catherine, « je vais vous faire chauffer du lait. »
• – « Oh ! non, » dit-il, « c'est mon lit qu'il me faut. »
 
    • Le soir, il avoue à Catherine :
– « Tout de même, je crois que sans votre lait, je n'aurais pas pu aller au bout de la journée. »
 
    • De temps en temps, il tombe en faiblesse. et il lui arrive de s'assoupir à son confessionnal…
 
    • Le curé va chercher de la paille et des branches pour faire du feu. Mais tout est humide, et le feu ne prend pas. « Cela ne fait rien, dit Pauline, je suis habituée au froid. Donnez-moi plutôt un peu d'espérance. »
 
    • Il semble pressentir la date de sa mort…
 
    • Le 29 juillet 1859 est sa dernière journée de ministère. Il y avait de l'orage, il se sentait malade dès le lever…
 
    • Le 2 août, on lui donne les derniers sacrements.
– « Que Dieu est bon, » dit-il, « quand on ne peut plus aller Le voir, c'est Lui qui vient. »
 
    • Et le jeudi 4 août, à 2h00 du matin, le saint curé rend son âme à Dieu, pendant qu'auprès de lui, un prêtre achève les prières des agonisants…
 
     
  Saint patron des prêtres…
 
    • En 1925, devant 70 000 pèlerins du monde entier, Jean-Marie Vianney est proclamé « saint »…
 
    • Depuis 1859, le petit village d'Ars n'a pas cessé d'être un lieu de pèlerinage…
 
     
  N'adorez pas la "Bête"…
 
    • – « Laissez une paroisse sans prêtre pendant 20 ans, et l'on y adorera la Bête… » 
 

N.d.l.r. - Hélas ! Il y a de nos jours beaucoup -et de plus en plus- de paroisses sans prêtre…


Le saint curé d'Ars… Jean-Baptiste-Marie Vianney
Aux éditions FLEURUS
est en vente chez votre libraire… il peut le commander !

L'auteur est l'abbé Claude Falc'Hun - 1957
Les illustrations sont de Jean Dupin et Pierre Leconte



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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 09:12

(dépêche)



Comment être un intellectuel musulman modéré en Europe ?

Point de vue

LE MONDE | 11.07.09 | 14h40  •  Mis à jour le 11.07.09 | 14h40

On a beau dire que l'oecuménisme est désormais une utopie dépassée, constatons que, dès lors qu'il s'agit de stigmatiser un adversaire, l'oekoumène se reconstitue en un clin d'oeil, et catholiques et protestants se remettent à parler la même langue. La langue de la haute administration de la foi, de l'Inquisition moderne.

Il y a environ six mois, le ministre-président du Land de Hesse (en Allemagne) a annoncé que le prix de la culture serait placé sous le signe de l'esprit de tolérance et du "dialogue interreligieux". C'est pourquoi il devait être décerné à un catholique, à un protestant, à un juif et à un musulman - ce dernier étant Navid Kermani. Louable initiative, pour un Land dont le ministre-président nourrit si soigneusement sa réputation de xénophobie.

Et pourtant, en une nuit, cette céleste harmonie entre les religions a volé en éclats. Le cardinal Lehmann et Peter Steinecker sont en effet tombés sur un article dudit Navid Kermani, paru dans la Neue Zürcher Zeitung du 14 mars, qui proposait une méditation, vue d'une perspective musulmane, sur un tableau du peintre baroque Guido Reni (1575-1642) représentant une scène de crucifixion. Voici que ses deux colauréats ont considéré ce texte comme "une attaque intolérable menée contre le coeur même du christianisme" et ont menacé le ministre-président Koch de refuser le prix au cas où Kermani ne se le verrait pas retirer. Dans un esprit d'obéissance, le gouvernement du Land a cédé au chantage clérical. On a laissé choir Kermani, lequel a pris connaissance de son "excommunication" par voie de presse. Entre-temps, la remise du prix a été différée à l'automne. Cet événement constitue une défaite éclatante que les Eglises chrétiennes se sont infligée à elles-mêmes. Le cardinal Lehmann n'a visiblement pas lu une ligne des ouvrages de Navid Kermani. Grave erreur. Né en 1967 de parents iraniens demeurant à Siegen (Allemagne), celui-ci a suivi des études de théâtre et de philosophie. Il a été assistant à la mise en scène puis conseiller artistique et s'est vite forgé un nom en tant qu'écrivain et essayiste, spécialiste notamment de l'islam.

Quiconque a pris la peine de se plonger dans sa lecture du Coran connaît son programme. Celui-ci ne constitue pas seulement une profession de foi en faveur d'un islam pacifique ; c'est un appel à la paix entre les trois religions monothéistes. C'est par une expérience esthétique, selon lui, que se dévoile le noyau éthique de la religion. Car celui qui reconnaît, à la lumière de l'Ecriture sainte, le miracle du monde, rencontrera la grâce. Et en quoi consiste celle qui est rendue à la Création ? En la paix. "Dieu est beauté."

Exaltation de la Création, renonciation au sacrifice, démystification de la violence : telle est aussi l'esprit qui imprègne le corps du délit, autrement dit le texte sur Guido Reni que Lehmann et Steinacker qualifient d'"attaque intolérable" contre la foi chrétienne. Certes, Kermani ne laisse planer aucun doute sur le fait que, en tant que musulman, il rejette strictement la Croix et, plus encore, qu'il la ressent comme du paganisme, qu'il y voit une profanation et de l'idolâtrie. "J'ai une méfiance de principe à l'égard de la Croix, écrit-il. Non que je n'aie rien à lui reprocher. Je la refuse, un point c'est tout. Justement parce que je la prends au sérieux (...). Accessoirement, je trouve l'hypostasie de la souffrance barbare, elle traduit une haine du corps, un défaut de reconnaissance par rapport à la Création." Une mystique de la victime sacrificielle qui n'est pas sans le révolter aussi quand il la voit à l'oeuvre dans son propre univers de référence, celui du chiisme, où, dit-il, " le martyre se retrouve célébré jusqu'à la pornographie" - comme dans le christianisme

En bref, quand Kermani entre dans la basilique romaine de San Lorenzo, sa religion est faite... Un musulman ne croit pas à la Croix, et que les chrétiens s'en étonnent, voilà qui a déjà de quoi surprendre. Mais étrangement et contre toute attente, ce tableau de Reni exerce un attrait mystérieux sur lui, il ne le quitte plus. D'une mystique de la Passion sacrificielle et sanglante, pas trace ici ; la chair torturée se montre ici presque immaculée, inentamée : une image de recueillement en somme sur laquelle Jésus dans une transe contemplative paraît contempler le monde. Reni n'est pas comme un Greco, au service de la Contre-Réforme. Pas plus qu'il n'est un propagandiste de la souffrance ni de l'humiliation systématique de ce bas monde.

Kermani voit autre chose dans cette représentation du crucifié. Il y décèle un doute irrépressible dans la justice divine. Pour lui, le portrait de Reni est la représentation tout à fait monstrueuse d'une révolte métaphysique - la rébellion du Fils contre le Père. Jésus, abandonné de Dieu, souffre par le fait du Créateur. Kermani ne méconnaît pas le contenu de scandale que véhicule la Croix, au contraire il le met en évidence. Que Jésus meure en représentant de l'humanité entière, qu'une représentation de la Croix symbolise le doute sur la foi dans le cadre d'une réflexion esthétique - voilà qui bouleverse Kermani au point que vient sous sa plume une phrase sulfureuse, hérétique dans son sens : ce tableau serait de part en part une "bénédiction", et il en viendrait presque lui-même à adhérer à la Croix.

Le retournement est spectaculaire. Kermani, l'air de rien, propose ici une contre-interprétation substantielle de la mystique doloriste de l'Eglise catholique. Dans ses sermons, le pape ne cesse de parler de la "souffrance en Dieu", ce qui signifie que la foi chrétienne prodigue de la consolation dans la mesure où Dieu compatit d'emblée à la souffrance humaine et ne laisse personne seul face à son malheur. Pour Kermani, une telle conception est trop résignée. Lui ne parle pas de "souffrir en Dieu" mais de souffrir de Dieu. Dans le tableau de Reni, c'est en fait la question soulevée par Job qui est posée par Jésus lui-même : pourquoi le monde est-il crucifié par la douleur, alors même qu'il se plie à la volonté divine ?

Pour un agnostique, ces questions n'ont aucun sens, mais elles n'en ont pas moins des conséquences bien réelles : l'enjeu est celui de la rationalisation des religions et par contrecoup de la paix dans le monde. Aussi, suggère Kermani entre les lignes, ne serait-il pas magnifique que toutes les convictions abrahamiques s'unissent pour cesser de vouer un culte à la victime, pour proscrire la violence et pour célébrer la paix ? Les Eglises n'auraient pu imaginer un interlocuteur plus fin, mieux disposé ni plus compréhensif que cet intellectuel musulman. Kermani se tient à mille lieues du conformisme de gauche, qui confond allègrement la religion avec l'obscurantisme et s'imagine qu'il suffit pour s'en tirer d'ânonner l'abécédaire de la justice sociale.

Cela dit, il est légitime de trouver suspect le catholicisme sirupeux de quelques auteurs qui font du pape actuel le prince des antimodernes, planant dans les nuages du Sacré Coeur de Jésus sur nos paysages de décadence et prétendant sauver l'humanité grâce à la messe en latin.

Si même dans les si vertes vallées du Seigneur qui s'étendent entre Mayence et Wiesbaden on n'aboutit pas à un accord - alors la paix universelle est en danger, car il n'y a aucune chance de réconciliation générale dans un monde où les religions se font la guerre et sont infectées par le virus du pouvoir. Et si, dans notre idyllique paysage cléricalo-universitaire, l'usage des convenances herméneutiques s'est tant soit peu conservé, force sera de constater que, au regard des considérations d'un Kermani, les appels habituels et les sempiternelles invocations au sacro-saint dialogue et à la tolérance ne sont que du kitsch bon pour les sermons du dimanche.

Le conseil d'administration du prix joue la montre et tous devraient chercher à "reprendre langue". Voilà bien de l'onction, mais Kermani n'a aucune raison de demander pardon. Pas plus qu'il n'a à s'expliquer ni à procéder à la moindre rétractation. Il suffit que les hommes d'Eglise aillent vers lui et fassent la paix, et alors nous pourrons dignement célébrer la Pentecôte, la fête pendant laquelle le Saint-Esprit réconcilie tous les croyants par la langue.

Traduit de l'allemand par Nicolas Weill
Journaliste à Die Zeit

Thomas Assheuer
Article paru dans l'édition du 12.07.09

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