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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 09:05

(dépêches)


Double attentat suicide dans le métro à Moscou ce matin du 29 mars 2010 : au moins 37 morts




http://fr.news.yahoo.com/4/20100329/tts-russie-explosion-ca02f96.html
Deux explosions font 34 morts dans le métro de Moscou
il y a 1 heure 5 min

             Buzzer ! Imprimer Deux explosions ont frappé lundi matin à l'heure de pointe deux stations de métro dans le centre de Moscou, faisant au moins 34 morts et 18 blessés, rapportent les autorités russes. Lire la suite l'article
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La justice russe a dit soupçonner des "terroristes" et annoncé l'ouverture d'une enquête sur ces deux explosions qui n'ont pas été revendiquées.

La première s'est produite à 07h56 (03h56 GMT) dans station de métro de Loubianka, dans le centre de Moscou, près du siège des services du renseignement intérieur (FSB), tuant 22 personnes, précise le ministère des Situations d'urgence.

"L'explosion a frappé le deuxième wagon d'une rame de métro qui était arrêtée à Loubianka", a dit par téléphone la porte-parole du ministère, Irina Andrianova.

Elle a fait état de victimes à la fois à l'intérieur du train et sur le quai, bondée à l'heure de pointe.

La seconde explosion est survenue une quarantaine de minutes plus tard, à 08h37 (04h37 GMT) à la station Park Koultouri, où un train était également à l'arrêt, faisant 12 morts, a-t-elle ajouté.

Les bâtiments abritant le quartier général du FSB, les services de renseignement russes, se trouvent juste au-dessus de la station Loubianka.

Ludmila Danilova, Pierre Sérisier et Grégory Blachier pour le service français

http://fr.news.yahoo.com/69/20100329/twl-double-attentat-suicide-dans-le-mtro-b11dcaf.html
Double attentat suicide dans le métro de Moscou lundi matin (mis à jour)
il y a 13 min

             Buzzer ! Imprimer Moscou vit ce lundi matin des heures cauchemardesques, avec un double attentat suicide dans le métro de la capitale russe. Le bilan est lourd : près d'une quarantaine de morts. Lire la suite l'article
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Les deux explosions se sont déroulées dans deux stations de métro à quelques minutes d'intervalle, à l'heure de pointe des transports en commun en ce début de semaine. Selon les autorités, la première s'est produite à 07h56 (heure locale) dans station de métro de Loubianka, dans le centre de Moscou, près du siège des services du renseignement intérieur (FSB), tuant 22 personnes, dans un wagon et sur le quai.

La seconde explosion est survenue une quarantaine de minutes plus tard, à 08h37 (heure locale) à la station Park Koultouri, où un train était également à l'arrêt, faisant 12 morts, selon les autorités.

Pour la police, il ne fait pas de doute qu'il s'agit de « terrorisme », et elle penche pour des attentats suicide. La BBC souligne que ce sont les groupes qui s'opposent à l'armée russe dans la région du Nord Caucase (Tchtchénie, Ingouchie, Daguestan), qui font figure de suspects numéro un.

Les premières photos d'amateurs, non authentifiées, ont commencé à circuler sur Twitter, comme celle-ci (ci-dessus, tirée d'une caméra de video-surveillance du métro), qui montre l'organisation des secours, et cette autre phoot (ci-dessous) qui montre les conséquences pour les autres passagers du métro. Il n'y a aucune image, ni sur internet, ni à la télévision russe, des lieux des attentats eux-mêmes.

Le métro de Moscou avait déjà été frappé par des attentats assez similaires en février 2004. 34 personnes avaient alors trouvé la mort dans un attentat suicide dans un train bondé à l'approche de la station Paletevskaia.

Six mois plus tard, un « kamikaze » s'était fait exploser à l'extérieur d'une station de métro moscovite, faisant dix morts.

Ces deux attentats avaient été attribués alors à des groupes tchétchènes.

http://fr.news.yahoo.com/76/20100329/twl-deux-explosions-meurtrires-dans-le-m-1a8f422.html
Moscou
il y a 33 min

             Buzzer ! Imprimer Les deux explosions qui ont fait au moins 34 morts dans le métro de Moscou lundi matin sont des attentats suicide, a indiqué le procureur de Moscou Iouri Siomine à des journalistes. Lire la suite l'article
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Explosions meurtrières dans le métro de Moscou
Deux explosions dans le métro de Moscou: au moins 34 morts et 25 blessés
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La première explosion a eu lieu dans une rame qui se trouvait dans la station de Loubianka, dans le centre de la capitale russe, a annoncé une porte-parole du ministère des situations d'urgence Irina Andrianova, citée par l'agence Itar-Tass. 25 personnes ont été tuées, selon le premier bilan.

Quelques minutes plus tard, une seconde explosion à la station Park Kultury vers 08H40 (04H40 GMT). «Suite à l'explosion, selon des données préliminaires, 15 personnes sont mortes, plus de 20 sont blessées», selon une source des forces de l'ordre.

Les autorités russes ont aussitôt ouvert une enquête pour «terrorisme» après ces deux explosions dans le métro de Moscou lundi matin. Selon l'Agence Interfax, l'explosion pourrait avoit été déclenchée par un kamikaze. L'explosion

La capitale russe a été touchée ces dix dernières années par une série d'explosions mortelles revendiquées par des miltants de la cause tchéchène, mais elles sont devenues moins fréquentes ces derniers temps.

(Source AFP)

http://fr.news.yahoo.com/63/20100329/tfr-double-explosion-dans-le-mtro-moscou-019dcf9.html
Double explosion dans le métro à Moscou: au moins 40 morts
il y a 1 heure 18 min

 LePost             Buzzer ! Imprimer La première explosion a frappé la station de métro Loubianka peu avant 8h en Russie, faisant 20 morts et blessant 11 autres personnes selon le ministère des Situations d'urgence, rapporte L'Express. Lire la suite l'article
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Deux explosions meurtrières dans le métro à Moscou
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30 minutes plus tard: seconde a touché la station Park Koultouri, également dans le centre la capitale russe.

Deux explosions qui ont lieu à l'heure de pointe.

A 7h30, France Info parle de 40 morts.

"Des agences russes évoque des attentats suicides" écrit France Info.

Une enquête pour terrorisme vient de s'ouvrir, selon Europe1.

Russia Today diffuse cette photo d'amateur:

(source: compte twitter de Salam93N)

Plus d'infos dans quelques minutes.

http://fr.news.yahoo.com/64/20100329/twl-explosions-meurtrires-dans-le-mtro-d-acb1c83.html
http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/03/29/une-explosion-dans-le-metro-de-moscou-fait-au-moins-25-morts_1325517_3214.html#xtor=AL-32280184
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3214,50-1325517,0.html
http://www.lemonde.fr/web/illustration/0,32-0,40-1325534,0.html
http://www.lemonde.fr/web/illustration/0,32-0,40-1325541,0.html

Explosions meurtrières dans le métro de Moscou
LE MONDE.FR | 29.03.10 | 06h52  •  Mis à jour le 29.03.10 | 08h57





 
Deux explosions ont frappé, lundi matin 29 mars, à l'heure de pointe, deux stations de métro dans le centre de Moscou, tuant au moins 34 personnes et en blessant 27 autres. Le procureur de Moscou a imputé ces explosions à des attentats-suicides. Le maire de Moscou a précisé qu'il s'agissait de kamikazes de sexe féminin.

La première explosion a eu lieu dans une rame qui se trouvait dans la station de métro Loubianka dans le centre de Moscou, à 7 h 56 heure local [5 h 56 en France]. "On peut partir du principe que l'explosif était attaché au corps, dix-neuf personnes sont mortes", a déclaré le procureur Iouri Siomine à des journalistes au sujet de la première explosion, à côté de la station Loubianka, dans le centre de Moscou.
D'autres responsables avaient auparavant évoqué 25 morts. Il y aurait une douzaine de blessés. Les bâtiments abritant le quartier général du FSB, les services du renseignement russes, se trouvent juste au-dessus de la station Loubianka.

ENQUÊTE OUVERTE POUR TERRORISME

La seconde explosion s'est produite environ une demi-heure plus tard dans un train à la station Park Koultouri. "C'était un scénario similaire", a précisé M. Siomine. "Concernant Park Koultoury, je n'ai pas les chiffres précis mais il y a sans doute 14 morts", a-t-il dit. Il y aurait en outre une quinzaine de personnes blessées. "Ce ne sont pas des chiffres définitifs : pour l'instant c'est l'heure de sauver les vies", a-t-il dit.

Le comité d'enquête du parquet a indiqué qu'une enquête pour terrorisme avait été ouverte. "Une enquête a été ouverte après les deux explosions aux stations de métro Loubianka et Park Koultoury pour (...) acte terroriste", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Sur la place de la Loubianka, plusieurs dizaines de camions orange et rouges des services d'urgence stationnaient, de même qu'un hélicoptère. Les autres lignes de métro étaient en revanche toujours ouvertes. La capitale russe a été touchée ces dix dernières années par une série d'explosions mortelles revendiquées par des militants de la cause tchétchène, mais elles étaient devenues moins fréquentes ces derniers temps.

 



avec AFP, Reuters et AP
Article paru dans l'édition du 30.03.10





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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 01:31

(dépêches)



Russie: des skinheads condamnés de six à vingt ans pour crimes racistes

15 déc 2008 - il y a 29 min

Sept skinheads russes ont été condamnés lundi à des peines allant de six à vingt ans de prison pour 19 meurtres (bien 19 meurtres) racistes et 12 tentatives de meurtre, dont ils avaient enregistré et diffusé des images sur internet.

Les deux organisateurs de la bande, Artour Ryno et Pavel Skatchevski, se sont vu infliger une peine de dix ans parce qu'ils étaient mineurs au moment des faits, commis entre août 2006 et octobre 2007.

Roman Kouzine, né en 1988, a reçu la peine la plus élevée, soit 20 ans de prison en colonie pénitentiaire à régime sévère.

Quatre autres membres du groupe ont été condamnés à des peines allant de six à 12 ans de prison.

Deux jeunes, dont une fille qui filmait les crimes et les diffusait sur internet, ont été auparavant innocentés par les jurés.

Les sept jeunes gens étaient accusés d'avoir violemment battu des personnes ayant l'apparence "non slave", dans la région de Moscou, d'avoir filmé des séquences des faits et d'avoir posté les vidéos sur l'internet.

Ils ont "tué des citoyens de Russie, du Tadjikistan, d'Azerbaïdjan et de Chine", a précisé le procureur Marina Semenenko devant la presse.

Les sept jeunes son également accusés d'avoir "volé les biens" de leurs victimes et "attisé la haine raciale".

Les accusés ont écouté leur verdict debout dans leur cage. Artour Ryno a regardé droit devant lui et souri tandis que Pavel Skatchevski, une casquette vissée sur le front, baissait la tête. Certains des accusés portaient des masques anti-grippe.

Dmitri Agranovski, avocat de Pavel Skatchevski, a laissé entendre qu'il ferait appel du verdict.

Selon lui, les crimes commis par les accusés "reflètent un phénomène social qui a un caractère massif et témoignent du caractère malsain des relations interethniques".

Soulignant que son client était "un élève brillant", l'avocat a appelé à "éduquer les jeunes au lieu de les punir". "Ils représentent une certaine couche sociale comme l'a montré ce procès", a-t-il conclu.


Marches d'opposants réprimées à Moscou et Saint-Pétersbourg

14 déc 2008 - 17h44 - Denis Pintchouk et Aïdar Bouribaïev
 
La police russe a empêché dimanche la tenue de manifestations non autorisées à Moscou et à Saint-Pétersbourg et a interpellé plus de 150 militants d'opposition.

Les "marches du mécontentement" sont devenues l'une des marques de fabrique de l'hétéroclite coalition d'opposition "Autre Russie" - qui va des libéraux à certains groupes communistes - dirigée par l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov et par l'écrivain Edouard Limonov, chef du Parti national-bolchevique (interdit).

Des fourgons policiers ont bouclé deux places du centre de Moscou où la coalition Autre Russie avait appelé ses partisans à se retrouver. Les cordons policiers ont empêché les militants d'atteindre ces points de rassemblement.

La police a interpellé une vingtaine d'anciens officiers de l'Armée rouge place Pouchkine et plusieurs militants d'opposition, dont Limonov, place Trioumfalnaïa, à deux kilomètres de là.

A Saint-Pétersbourg, la police a empêché une marche d'une centaine de personnes qui comptaient défiler sur la perspective Nevski, en direction de la place Tchernichevski. Là aussi, des opposants ont été arrêtés.

Autour de 500 personnes ont toutefois réussi à se regrouper par la suite place Tchernichevski en scandant "Non à l'Etat policier!" ou encore "Autorités, réagissez à la crise!". Le rassemblement a duré une heure et a pris fin dans le calme.

"Ils mettent leur argent à l'abri", a accusé Sergueï Gouliaïev, membre d'Autre Russie, lors de ce rassemblement. "Ils ne sauveront pas l'économie russe. Avec ce gouvernement, ce président et ce Premier ministre, nous allons droit dans le mur".

VERS UNE ANNÉE 2009 DIFFICILE

Citant la police, des agences de presse russes ont rapporté que plus de 150 opposants avaient été interpellés à Moscou et Saint-Pétersbourg, les deux plus grandes villes du pays. Le plus souvent, les interpellations sont suivies de remises en liberté au bout de quelques heures, moyennant des amendes modiques.

Bien que les actions de l'opposition comme les marches et les sit-in attirent l'attention des médias, les organisations d'opposition radicales ne jouissent pas d'un grand soutien dans l'opinion.

Pour l'opposition, les cours élevés du pétrole et du gaz ont été une aubaine pour le pouvoir russe et lui ont permis d'avoir le soutien de la population au fil des dernières années. Mais avec le retournement de situation économique au plan mondial et la chute des cours du pétrole, l'opposition russe espère tirer bientôt parti du mécontentement de la population.

Le gouvernement reconnaît lui-même qu'il va devoir tailler dans certaines dépenses sociales et que le chômage risque de devenir massif, la chute des revenus pétroliers tarissant des sources de revenus capitales pour le budget de l'Etat.

"Le pays sera complètement différent à la fin 2009 et le régime ne sera pas aussi puissant", a déclaré samedi à Reuters Ilia Iachine, l'un des dirigeants d'une nouvelle coalition libérale d'opposition, Solidarité, qui a tenu ce week-end son congrès fondateur à Moscou. Garry Kasparov figure parmi ses dirigeants.

Face à la situation, le Kremlin se fixe pour priorité de maintenir la stabilité politique. Au moment où les policiers refoulaient une cinquantaine d'opposants place Trioumfalnaïa, des membres du mouvement de jeunesse pro-Kremlin Jeune Russie distribuaient sous l'oeil bienveillant des agents de sécurité des tracts accusant l'opposition de faire le jeu de forces hostiles à la Russie.

Version française Eric Faye


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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 01:27

(dépêche)


Kaliningrad, la "petite Russie" enclavée au sein de l'Union européenne, redoute son isolement

15 déc 2008 - il y a 46 min - LeMonde.fr
 
Pas d'erreur possible, on est bien en Russie. A Kaliningrad, les monuments et les bâtiments soviétiques résistent encore un peu contre l'avancée des boutiques de mode et des supermarchés ouverts 24 heures sur 24 ; les voitures en panne ou accidentées bloquent les routes en attendant l'arrivée hypothétique d'un réparateur ou de la police ; l'hiver, la nuit tombe dès 16 heures, transformant les passants en ombres frissonnantes, pressées de regagner leurs appartements surchauffés. Les enseignes des bijouteries, dont toutes les vitrines vantent l'ambre local (90 % de la production mondiale), luisent jusqu'à une heure tardive.

Mais Kaliningrad n'est pas un territoire russe comme un autre. Ancienne capitale de la Prusse-Orientale, l'ex-Königsberg est une enclave en pleine Union européenne : au nord-est, la Lituanie ; au sud, la Pologne ; au nord, la mer Baltique. Peuplée de 940 000 habitants, la région administrative (oblast) se trouve isolée depuis l'entrée de ses voisins au sein de l'UE, en 2004, et le renforcement du régime de visas. A moins de prendre l'avion, qui coûte cher, il faut s'acquitter d'un droit d'entrée pour rejoindre le reste de la Russie, par la route, en obtenant un visa Schengen.

Le 5 novembre, les habitants n'ont guère été réjouis d'entendre leur président, Dmitri Medvedev, annoncer que des missiles Iskander seraient installés dans la région pour répondre au déploiement du bouclier américain, en République tchèque et en Pologne. Le gouverneur de l'oblast, Guiorgui Boos, souligne la responsabilité américaine. "Le système de défense américain est une mauvaise publicité n'allant pas dans le sens d'une baisse du risque. J'espère, dit-il, que la future administration (américaine) le comprendra. Si le bouclier est installé en Pologne et en République tchèque, il n'y aura pas à discuter." "S'il ne l'est pas, ajoute-t-il, il n'y aura pas à discuter non plus", sous-entendant qu'alors il n'y aura pas de missiles à Kaliningrad.

En ces temps de crise, où les plans de licenciement et les baisses de salaires menacent partout en Russie, la population de l'enclave aimerait surtout que la circulation des hommes et des biens se banalise avec les pays voisins. "Les (missiles russes) Iskander, c'est la route vers nulle part, la stagnation de la région. Nous devons ouvrir Kaliningrad aux pays où l'immigration est contrôlée, comme l'UE et les Etats-Unis." L'homme qui s'exprime ainsi aime prendre des risques. Ancien journaliste militaire dans la flotte russe de la Baltique, Igor Roudnikov dirige le journal Novyie Koliossa. Composé de petites annonces pour des voitures et d'enquêtes incisives, il a déjà été visé par plusieurs plaintes en justice. "C'est un journal anticorruption, pas d'opposition, précise son directeur. Si j'écrivais ce que je pense sur la politique, ça serait direction la cellule tout de suite."

En matière de corruption, le champ d'investigation est sans fin. "Elle a changé d'échelle, note le journaliste, également conseiller municipal. On ne vole plus pour 20 000, mais pour 120 000 dollars. C'est la base du pouvoir vertical. Même dans l'armée, les soldats ne peuvent pas toucher leur paie sans en reverser une partie à leur commandant."

Les temps ont changé depuis les années 1990, où Igor Roudnikov dénonçait librement les ventes illégales de matériels militaires de la flotte ; pourtant, il estime qu'à Kaliningrad, "les conditions sont plus libérales que dans les autres régions russes, où les gens vivent toujours à l'époque du Parti communiste soviétique". Le mérite en reviendrait au gouverneur, Guiorgui Boos. Ancien vice-président de la Douma (chambre basse du Parlement), élu trois fois député, il est arrivé dans l'enclave en 2005. "Depuis, il a fait baisser les vols dans l'administration et attiré beaucoup de fonds fédéraux", reconnaît Igor Roudnikov.

Reste que les règles du jeu économique ne sont pas plus transparentes qu'ailleurs, sur le territoire russe. Propriétaire d'un restaurant dans le centre-ville, Vitaoutas Lopata, 52 ans, a fait son parcours politique au sein de formations d'opposition, plutôt que de rejoindre Russie unie, le parti du pouvoir. Longtemps, il a essayé d'ouvrir d'autres restaurants en ville. Il avait même acquis un terrain, mais la mairie a refusé de lui délivrer un permis de construire.

Pour lui, l'avenir de l'enclave réside dans son ouverture vers l'UE. Son statut de zone économique libre, censé assurer son développement, ne profite qu'à quelques grands groupes. "Nous devons obtenir une autonomie économique, affirme Vitaoutas Lopata. Les organes de l'intérieur, le parquet et l'armée resteraient sous autorité fédérale. Mais il nous faut parler en direct, sans l'intervention de Moscou, avec les Polonais ou les Lituaniens. Comme ça, on pourra prétendre un jour à un accord d'association avec l'UE." Le gouverneur, Guiorgui Boos, souhaite aussi un accord, mais pas question de s'émanciper de Moscou. "Kaliningrad peut servir de plate-forme parfaite pour travailler sur les relations entre l'UE et la Russie, dit-il. Une des applications évidentes serait le régime des visas." En attendant, devant le consulat polonais, une centaine de personnes fait la queue chaque jour, à l'approche des fêtes. Touristes, hommes d'affaires, acheteurs du week-end, importateurs de voitures d'occasion. Tous veulent que le passage de la frontière soit banalisé.



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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 10:23

Je ne sais pas si vous avez eu connaissance de cette information, alors je la redonne : le Parlement russe a approuvé la révision constitutionnelle visant à rallonger le mandat présidentiel de quatre à six ans et le mandat des députés de quatre à cinq ans.

 

Le détail du vote des sénateurs russes est ici.

 

J'avais évoqué cette annonce faite par le Président Dimitri Medvedev le 5 novembre 2008 ici.

 

On voit qu'en Russie, les révisions constitutionnelles ne traînent pas en longueur alors qu'en France, la dernière révision constitutionnelle a mis une année (juillet 2007 à juillet 2008), ce qui n'est pas forcément mauvais en soi pour réfléchir aux améliorations à apporter à la Constitution (encore que cette dernière ne fût pas à la hauteur).

 

En France, le passage au quinquennat a mis... vingt-sept ans à se faire, si on prend le projet du Président Georges Pompidou de 1973. Au niveau procédure, le projet qui a été adopté par référendum en septembre 2000 avait été déposé en juin, donc un peu plus lent qu'en Russie qui devrait finaliser sa réforme en fin décembre 2008 (car nécessité d'avoir l'accord des deux tiers des quatre-vingt-trois assemblées régionales.

 

La modification de ces paramètres qui sont essentiels dans une démocratie peut avoir quelques interprétations.

 

Concrètement, aucun changement pour les mandats actuels, puisque la réforme s'appliquera à la fin de ceux-ci. Cependant, les nombreuses supputations font état d'intention du Premier Ministre Vladimir Poutine à anticiper en 2009 une élection présidentielle et à se faire élire dans la foulée, il aurait alors deux mandats possibles de six ans chacun devant lui (soit jusqu'en 2021).

 

Sylvain Rakotoarison

27 novembre 2008

 

 

 

 

 

http://www.lepost.fr/article/2008/11/28/1340753_six-ans-pour-le-successeur-de-dimitri-medvedev.html


http://www.centpapiers.com/six-ans-pour-le-successeur-de-dimitri-medvedev/3975/

 

 

 

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 22:26

(dépêches)

 

 

POUR COMPRENDRE LES ENJEUX

 


Russie: le Parlement vote le mandat de six ans au Kremlin
26.11.2008 - il y a 7 heures 29 min
Valérie LEROUX


Le Conseil de la Fédération, chambre haute du Parlement russe, a adopté mercredi l'allongement de la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans en Russie, une réforme qui a relancé les spéculations sur l'avenir du Premier ministre Vladimir Poutine.

 

Au total, 144 sénateurs ont voté pour, soit 18 voix de plus que la majorité des deux tiers requise (126), seul un parlementaire s'étant prononcé contre, ont annoncé les agences russes.

La Douma, chambre basse du Parlement, avait déjà voté ce projet vendredi en troisième lecture.

Cette révision constitutionnelle, proposée le 5 novembre par le président Dmitri Medvedev et examinée en toute urgence dans la foulée par les deux chambres, est donc désormais adoptée par le Parlement.

Pour entrer en vigueur, elle va devoir encore être approuvée par les deux tiers des assemblées régionales de la Fédération de Russie, soit 83 républiques et régions russes.

Le Conseil de la Fédération se penchera alors une dernière fois sur les amendements adoptés, d'ici la fin décembre, avant de les transmettre au président pour signature.

"Je pense que nous pourrons examiner les avis des régions le 22 ou le 30 décembre", a déclaré le président de la chambre haute, Sergueï Mironov, cité par l'agence Ria Novosti.

Le Parlement a aussi approuvé un allongement de la législature à la Douma (chambre basse du Parlement) de quatre à cinq ans et un renforcement du contrôle de cette dernière sur le gouvernement.

Ces nouveaux mandats s'appliqueront aux prochaines élections législatives et présidentielle, prévues respectivement en 2011 et 2012, sauf scrutin anticipé.

Alors que le pouvoir s'inquiète des risques d'instabilité face à la montée de la crise en Russie, la précipitation mise à adopter cette réforme suscite toutes les interrogations, cette révision constitutionnelle pouvant suffire à elle seule à justifier des élections anticipées.

Depuis lors, tous les regards sont de nouveau braqués sur Vladimir Poutine, qui n'a pas pu se représenter au Kremlin en mars - la Constitution interdisant plus de deux mandats consécutifs - mais pourrait très bien être de nouveau candidat à la prochaine présidentielle.

Pour Olga Krychtanovskaïa, experte des élites à l'Institut de sociologie, "la crise pourrait pousser Poutine à quitter le poste de Premier ministre où il risque d'apparaître comme le responsable, aux yeux des Russes", de la politique économique et sociale du pays.

L'intéressé a approuvé la proposition d'allonger la durée du mandat, sans rien exclure pour lui-même. "Il est trop tôt pour dire qui peut se présenter pour un prochain mandat et quand", a-t-il lancé, énigmatique, le 12 novembre.

Lors du congrès de son parti Russie unie, le 20 novembre, il a reconnu toutefois l'ampleur de la crise et, montant en première ligne, a promis de tout faire pour éviter une nouvelle déroute financière à la Russie, après celle des années 90.

Sergueï Mironov a écarté pour sa part tout scénario d'élections anticipées. Ces amendements n'ont été adoptés "ni pour quelqu'un, ni pour quelque chose", a-t-il martelé, cité par Itar-Tass.

"Il n'y aura pas d'élections anticipées", a-t-il assuré, ajoutant que le pouvoir avait préféré introduire cette réforme "tranquillement", loin de toute échéance électorale.

En attendant, l'exécutif russe reste plus que jamais bicéphale, avec Dmitri Medvedev au Kremlin et un Premier ministre aux attributions sans précédent, omniprésent en politique intérieure et extérieure.

Les deux prennent soin d'afficher une parfaire unité. Pour Mme Krychtanovskaïa, il ne saurait être question d'ailleurs de rivalité. "Medvedev restera un membre de l'équipe de Poutine. Un membre clé certes, mais un membre de l'équipe", soulignait-elle mercredi dans le quotidien Nezavissimaïa.


Russie: le Conseil de la Fédération adopte le mandat présidentiel de six ans
26.11.2008 - 09h11

Le Conseil de la Fédération, chambre haute du Parlement russe, a adopté mercredi après la Douma un amendement qui allonge la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans en Russie, ont annoncé les agences russes.

 

Au total, 144 sénateurs se sont prononcés pour, soit 18 voix de plus que le minimum requis (126), un seul ayant voté contre. La Douma, chambre basse du Parlement, avait déjà voté en ce sens vendredi en troisième lecture.

Le Conseil de la Fédération a aussi approuvé un allongement de la législature à la Douma (chambre basse du Parlement) de quatre à cinq ans, ces nouvelles mesures devant s'appliquer aux prochaines élections législatives et présidentielle, prévues respectivement en 2011 et 2012 sauf scrutin anticipé.

Cette révision constitutionnelle, proposée le 5 novembre par le président Dmitri Medvedev et examinée en toute urgence dans la foulée par les deux chambres, est donc désormais adoptée par le Parlement.

Les amendements seront ensuite examinés par les assemblées régionales de la Fédération de Russie, soit 83 républiques et régions russes. Pour entrer en vigueur, ils doivent être approuvés par deux tiers des entités de la Fédération.


L'allongement du mandat présidentiel adopté par le sénat russe
26.11.2008 - 09h43

La chambre haute du parlement russe, le Conseil de la Fédération, a adopté un amendement constitutionnel allongeant la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans.

 

Cet amendement, présenté par le président Dmitri Medvedev, a été adopté à une écrasante majorité par 144 voix contre une.

La Douma, chambre basse du parlement, l'avait voté vendredi. L'amendement doit maintenant recueillir une majorité des deux tiers dans les chambres régionales avant d'avoir force de loi, ce qui devrait être une formalité.

Les opposants au Kremlin estiment que cette modification de la Constitution fait partie d'un plan de l'ancien président Poutine, aujourd'hui Premier ministre, pour reprendre les rênes du pouvoir.

Cette modification ne s'appliquera pas au mandat dont Medvedev est actuellement investi et un porte-parole de Poutine a indiqué que le Premier ministre n'avait aucun projet d'élection présidentielle anticipée.

Aïdar Bouribaev, version française Clément Dossin

 

 

 

POUR COMPRENDRE LES ENJEUX

 

 

 

 

 

 

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 16:30

(dépêche)



Obama président
Medvedev et Obama vont se rencontrer "à la première occasion", selon Moscou

Le président russe, Dmitri Medvedev, et le président élu américain, Barack Obama, sont convenus de se rencontrer "à la première occasion", a affirmé dimanche le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, selon les agences russes.

MM. Medvedev et Obama évoqueront toutes les questions bilatérales une fois que le nouveau président américain aura pris ses fonctions, en janvier, a déclaré M. Lavrov à des journalistes.

"Je pense que les deux présidents pourront examiner toutes les questions bilatérales, tout ce qui est lié aux conflits et aux problèmes dans le monde lorsque le président américain aura pris ses fonctions", a déclaré M. Lavrov, cité par les agences russes.

"Les deux présidents se sont entendus pour se rencontrer à la première occasion", a-t-il ajouté.

Au cours d'un entretien téléphonique samedi, MM. Medvedev et Obama ont convenu d'"examiner les relations des deux pays, qui ont un caractère prioritaire, et de leur accorder toute l'attention nécessaire", a ajouté M. Lavrov.

Samedi, le Kremlin avait indiqué que les deux dirigeants avaient évoqué la "nécessité d'organiser prochainement une rencontre", sans préciser à quelle date.

Mercredi, M. Lavrov avait déclaré qu'une rencontre entre les deux dirigeants pourrait avoir lieu le 15 novembre, en marge d'un sommet du G20 à Washington sur la crise financière.

Le même jour, M. Medvedev avait appelé à "un dialogue constructif" russo-américain, dans un télégramme de félicitations à M. Obama.

Mais en prononçant le même jour son premier discours à la Nation, le chef de l'Etat russe s'était lancé dans une violente diatribe contre les Etats-Unis, qu'il a jugé responsable de la crise financière et de la guerre en Géorgie en août, tout en disant "espérer" que "la nouvelle administration des Etats-Unis ferait le choix de bonnes relations" avec la Russie.

Les relations entre Moscou et Washington, qui s'étaient rapprochés après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, se sont détériorées avec l'extension de l'Otan vers les frontières de la Russie, le projet de bouclier antimissile américain en Europe et la guerre en Géorgie en août.



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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 15:20

Tout laisse croire que Poutine restera encore le maître de la Russie pour longtemps. La personnalité effacée et la loyauté du Président élu Medvedev sont ses atouts.



Drôle de pouvoir qui règne à Moscou depuis le 7 mai 2008.

Dimitri Medvedev est officiellement Président de la Fédération de Russie, élu le 2 mars 2008, confortablement élu à 70%, dans un État à régime présidentiel, et tout porte à croire que c’est le Premier Ministre qui détiendrait les réelles clefs du pouvoir.


Où se trouve le pouvoir à Moscou ?

Il faut dire que le Premier Ministre s’appelle Vladimir Poutine et qu’il a dû s’effacer derrière un homme loyal choisi par lui, car la Constitution russe l’empêchait de solliciter un troisième mandat présidentiel consécutif.

Avant 2008, d’ailleurs, beaucoup se demandaient pourquoi il ne réviserait pas la Constitution : il suffisait d’enlever cette limitation à deux mandats consécutifs, que la France vient juste d’adopter par la volonté de Nicolas Sarkozy et que le Président du Venezuela Hugo Chavez n’a pas su abroger en 2007.

D’autres affirmaient qu’il suffirait que Dimitri Medvedev démissionne quelques mois après son investiture pour permettre à Poutine de refaire deux autres mandats consécutifs.

Après six mois d’exercice de la fonction présidentielle, Medvedev répond par lui-même aux nombreuses interrogations le concernant.

Apparemment, non, ce n’est pas lui qui a le pouvoir, même s’il l’a constitutionnellement. Le choix de Vladimir Poutine a donc été pertinent : Medvedev est bien l’homme falot qu’on connaissait avant l’élection de mars.


Premier discours sur l’état de la nation

Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter à son tout premier discours sur l’état de la nation. Une sorte de discours du Trône qu’a aussi institué Nicolas Sarkozy dans sa révision constitutionnelle estivale.

Ironie du sort, le jour où il devait le prononcer, le rouble s’est effondré. Alors Medvedev a décidé de le reporter au… 5 novembre 2008. Ce n’est évidemment pas un hasard. Le lendemain du 4 novembre 2008. Cette date était connue depuis au moins quatre ans, c’est l’élection présidentielle américaine.

Un bon moyen pour la Russie de tester le prochain Président Barack Obama.

Cela s’est déroulé devant l’Assemblée fédérale (le Parlement russe réunissant Douma et Conseil de la Fédération) dans la salle Saint-Georges du Grand Palais du Kremlin.

Dans cette intervention très attendue, Medvedev a menacé d’installer des missiles de courte portée à Kaliningrad, cette enclave (anciennement Königsberg) constituait la Prusse Orientale et qui est bordée de la Pologne et de la Lituanie. Bref, la Russie veut mettre ses armes au milieu même du territoire de l’Union Européenne.

Sans doute était-ce le message le plus marquant de son discours.Mais un autre passage était aussi très important.



Rallongement de la durée des mandats

Dimitri Medvedev a annoncé qu’il comptait réviser la Constitution russe pour rallonger la durée des mandats présidentiel et législatif. Allonger le mandat présidentiel de quatre à six ans et celui des députés de quatre à cinq ans.

Medvedev assure qu’il ne s’agit que d’une correction mineure : « Je vous dis franchement : Il ne s’agit pas d’une réforme constitutionnelle, mais d’une correction de la Constitution. Ce sont des amendements réellement importants qui ne feront toutefois que préciser le texte et ne concerneront pas l’essence politique et juridique des institutions déjà existantes. ».

Cependant, Tamara Morchtchakova, ancienne juge de la Cour Constitutionnelle, affirme au coontraire que c’est une réforme profonde qui bouleverse les équilibres entre l’exécutif et le législatif, notamment parce que les mandats des députés et du Président ne coïncideront plus.


Faire élire les "sénateurs" russes

Medvedev veut par ailleurs réformer le Conseil de la Fédération, l’équivalent russe du Sénat français. Il veut qu’il ne soit composé que d’élus. Actuellement, il est formé de deux sénateurs par région administrative, un nommé par l’exécutif régional et un autre nommé par le législatif régional.

L’objectif de Medvedev : « Le Conseil de la Fédération sera donc constitué de citoyens qui ont passé la procédure d’élection, qui ont une expérience de travail avec les électeurs et qui représentent non seulement les autorités, mais aussi la population des régions respectives. ».


Pas de référendum

Le Président du Conseil de la Fédération, Sergueï Mironov, a d’ailleurs estimé que son assemblée pourrait examiner dans les semaines qui viennent ces amendements à la Constitution et qu’ils ne prendraient effet qu’à partir de début 2009 dans la mesure où ils doivent aussi être approuvés par les assemblées législatives des deux tiers des régions administratives de la Russie (imaginez que la révision de la Constitution française, pour être applicable, doivent être ratifiée par les deux tiers des Conseils régionaux).

La chef du département juridique de la Présidence russe, Larissa Brytcheva, a par ailleurs exclu tout référendum pour adopter ces amendements constitutionnels car ce n’était pas nécessaire.


Autres réformes qui peuvent avoir des conséquences politiques importantes

Parmi les autres réformes proposées par Medvedev, un amendement à la loi régissant les partis politiques pour obliger leurs dirigeants à effectuer des rotations : « Une personne ne peut pas occuper un poste important au sein d’un parti au-delà d’un délai déterminé ». Le chef de l’actuel parti majoritaire "Russie Unie" est Poutine depuis fin 2007.

Il veut aussi modifier la désignation des gouverneurs régionaux (aujourd’hui nommé par l’exécutif fédéral) en ne permettant que les candidatures issues des partis vainqueurs aux élections régionales.


Démocratie, libertés politiques et propriété privée

Dimitri Medvedev, qui visiblement n’a pas le profil du dictateur (loin de là !), a même voulu rassurer sur l’état démocratique de la Russie.

Il l’a réaffirmé fermement : « Nos buts sont immuables. Les brusques fluctuations dans la situation politique et économique, les turbulences dans l’économie et la tension militaire et politique qui augmente ne seront pas un prétexte au démantèlement des institutions démocratiques et à la nationalisation de l’industrie et des finances. Les libertés politiques des citoyens et leur propriété privée sont intangibles. ».

Il a même vilipendé la bureaucratie en ces termes : « La bureaucratie fait périodiquement pression sur le business pour qu’il agisse selon son goût, contrôle les médias pour qu’ils ne disent pas plus qu’il ne faut, s’ingère dans le processus électoral pour que la bonne personne soit élue et fait pression sur les tribunaux pour qu’ils prononcent le bon verdict. ».

Medvedev a rappelé aussi que « la Constitution joue un rôle décisif dans le devenir de la démocratie russe. La liberté de l’individu, les institutions et les procédures démocratiques mûres qu’elles garantit, tout cela est une source de notre essor à venir. (…) La Constitution a déterminé le vecteur de renouvellement de la Russie en tant que nation libre, en tant que société qui met en priorité les droites et la dignité de chaque individu. (…) L’adoption en 1993 d’une Loi fondamentale élevant l’individu, sa vie, ses droits et sa propriété au rang des valeurs suprêmes a été un événement sans précédent dans l’histoire de la nation russe. ».

Dimitri Medvedev s’est même donné le luxe de citer Piotr Stolypine, Premier Ministre du dernier tsar Nicolas II (que la Russie vient de réhabiliter) : « Il faut en premier lieu former un citoyen, et lorsque cet objectif aura été atteint, la société civile s’installera elle-même en Russie. ».

Il a aussi encouragé le développement des réseaux multimédias : « La liberté de parole doit être assurée grâce aux innovations technologiques. Il faut élargir l’espace libre d’Internet et de la télévision numérique. Aucun fonctionnaire n’est en mesure d’entraver les discussions sur Internet ou de censurer mille canaux à la fois. » et a affirmé : « Les partis parlementaires doivent avoir des garanties nettes de leur couverture par les médias. ».

L’opposition ne s’est d’ailleurs pas gênée pour annoncer le lendemain de ce discours la création d’un mouvement unifié "Solidarité" pour le 13 décembre 2008, soit le lendemain de la Journée de la Constitution, et qui rassemblera dans le même parti notamment Boris Nemtsov, l’ancien Vice-Premier Ministre de Boris Eltsine (et ex-dauphin potentiel) et Garry Kasparov.


Justification du rallongement du mandat présidentiel

Le projet de rallongement du mandat présidentiel n’est pas nouveau et revenait en surface régulièrement en Russie depuis 1990. Medvedev a rappelé que « les États démocratiques ont assez souvent changé la durée des mandats des organes du pouvoir d’État » (même en France).

Il est aujourd’hui justifié par la crise financière. Le Ministre des Finances et Vice-Premier Ministre Alexeï Koudrine a estimé que cela permettrait la stabilité de l’économie : « Six ans, c’est un délai suffisant pour que le Président, qui que ce soit, puisse s’illustrer. ».


Supputations et rumeurs

Mais en fait, ce projet aurait été préparé dès 2007 sous Vladimir Poutine. Son auteur réel serait Vladislav Sourkov, premier chef adjoint de l’administration présidentielle (l’équivalent de directeur adjoint de cabinet de Medvedev).

L’objectif aurait été de faire élire Medvedev pour mettre en œuvre des réformes sociales très impopulaires et cette réforme constitutionnelle.

Ensuite, dès 2009, Medvedev pourrait démissionner, ce qui rendrait possible une nouvelle candidature de Poutine (actuellement toujours très populaire).

C’est en tout cas ce qu’affirme le journal "Vedmosti" ce 6 novembre 2008 dont les sources proviendraient de l’administration présidentielle elle-même.


Poutine encore présent en 2021 !

Vladimir Poutine pourrait alors effectuer deux mandats présidentiels supplémentaires, de six ans cette fois-ci, jusqu’en… 2021. Année où les élections législatives et présidentielle coïncideront de nouveau (les prolongations des mandats ne s’appliquant qu’à la prochaine Douma et au prochain Président).

Étrangement, Poutine avait justement présenté pendant la campagne électorale un programme pour une période s’étalant jusqu’en 2020 (Stratégie-2020).

Et des fonctionnaires de l’administration présidentielle ont confirmé que Poutine se préparerait dès maintenant à une nouvelle campagne électorale, par la création d’un site Internet, par le discours programme qu’il prononcera le 20 novembre 2008 au congrès de son parti "Russie Unie" dont il est le président, et par une émission de télévision où il répondra aux citoyens en direct (un exercice que n’a jamais osé faire Medvedev).

De plus, l’obligation de limiter dans le temps les fonctions des dirigeants de partis politiques cassera toute capacité de l’opposition (qui se structure donc) à promouvoir un candidat capable de faire jeu égal avec Poutine.


Démenti et arrière-pensée

Dimitri Peskov, le porte-parole de Poutine, a comme prévu démenti formellement l’hypothèse d’une démission de Medvedev en 2009 : « Il s’agit seulement de supputations de la part de ce journal, dont les informations sont absolument sans aucun fondement. ».

Malgré ce démenti, la forte popularité de Poutine, sa présence toujours aussi soutenue dans les médias (il reste encore plus cité que Medvedev dans les médias) et les perspectives à long terme qu’il ne cesse de présenter ne sont pas anodines.

Une analyse qui était déjà décrite ici dès le 29 février 2008 :

« Poutine assumerait pendant quelques temps mois ou années le rôle de Premier Ministre, et, à l’occasion d’un événement quelconque, il demanderait à Medvedev de démissionner. Poutine pourrait alors concourir à nouveau à l’élection présidentielle pour deux mandats encore (il a 55 ans) et garder la maîtrise de la vie politique pendant presque vingt ans (d’ailleurs, le projet Poutine fixe les priorités jusqu’en 2020 !). Medvedev serait évidemment récompensé pour sa grande loyauté. »


La question sans réponse…

Alors, la Russie est-elle une démocratie ?

Tant que l’habile Vladimir Poutine est très populaire dans les sondages, le pouvoir présidentiel ne cessera de proclamer son attachement aux libertés politiques.

Mais jusqu’à quand ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (7 novembre 2008)


NB : Selon la Constitution, en cas de démission du Président de la Fédération de Russie, c'est le Premier Ministre qui lui succède pour assurr l'intérim jusqu'à l'élection présidentielle. Vladimir Poutine avait ainsi succédé à Boris Eltsine le 1er janvier 2000.


Pour aller plus loin :

La pratique institutionnelle en Russie.

Qui est Medvedev ?

L’élection de Medvedev.

Limitation à deux mandats successifs.

Medvedev devient le 3e Président de la Russie "démocratique".

Dépêches sur les intentions constitutionnelles de Medvedev.

Les menaces de Medvedev à Obama.

Medvevdev, protecteur de la démocratie ?

Vidéo du discours de Medvedev du 5 novembre 2008.





http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=46910

http://fr.news.yahoo.com/13/20081107/tot-russie-les-poutineries-dureront-elle-89f340e.html



http://www.lepost.fr/article/2008/11/07/1319210_russie-les-poutineries-dureront-elles-jusqu-en-2021.html



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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 01:54

(dépêches)



Russie
Internet et la télévision numérique, une garantie pour la liberté de parole (Medvedev) 
13:26 | 05/ 11/ 2008 
   
MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Le président russe Dmitri Medvedev a appelé mercredi dans son message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement russe) à développer plus activement Internet et la télévision numérique, les qualifiant de garants de la liberté de parole.

"La liberté de parole doit être assurée grâce aux innovations technologiques. Il faut élargir l'espace libre d'Internet et de la télévision numérique. Aucun fonctionnaire n'est en mesure d'entraver les discussions sur Internet ou de censurer mille canaux à la fois", a déclaré M. Medvedev.

Selon lui, ces mesures contribueront à renforcer la confiance de la population dans les organes du pouvoir et à tenir compte plus entièrement de leurs intérêts.

"Les partis parlementaires doivent avoir des garanties nettes de leur couverture par les médias", a-t-il noté. 



Russie
Medvedev: les libertés politiques et la propriété privée sont intangibles
12:42 | 05/ 11/ 2008 
   
MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Les changements dans la situation politique et économique ne doivent pas déboucher sur une violation des libertés politiques des citoyens et de la propriété privée, a déclaré le président russe Dmitri Medvedev dans son message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement russe).

"Nos buts sont immuables. Les brusques fluctuations dans la situation politique et économique, les turbulences dans l'économie et la tension militaire et politique qui augmente ne seront pas un prétexte au démantèlement des institutions démocratiques et à la nationalisation de l'industrie et des finances. Les libertés politiques des citoyens et leur propriété privée sont intangibles", a fait savoir le président russe. 



Russie
Naissance d'un mouvement d'opposition démocratique en Russie 
15:16 | 06/ 11/ 2008 
   
MOSCOU, 6 novembre - RIA Novosti.

Un nouveau mouvement démocratique d'opposition, Solidarité, dont l'objectif est de garder la Constitution russe immuable, doit organiser le 13 décembre prochain son congrès fondateur, a annoncé l'un de ses dirigeants Boris Nemtsov.

"Solidarité sera l'une des rares forces politiques à défendre la Constitution russe", a-t-il affirmé à la presse.

Selon l'opposant, il n'y a aucune raison de prolonger le mandat du président. "Nous estimons qu'il s'agit là d'une initiative très dangereuse, nocive et antirusse", a-t-il souligné.

M. Nemtsov a jugé "symbolique" le fait que le congrès fondateur tienne ses assises le 13 décembre, le lendemain de la Journée de la Constitution célébrée le 12 décembre.

Dans le nouveau mouvement, l'ancien bras droit de Boris Eltsine aura à ses côtés l'ex-leader de l'Union des forces de droite (SPS) Nikita Belykh, le dirigeant du Front citoyen uni Garry Kasparov, les militants du parti Iabloko Maxim Reznik et Ilia Iachine.

Mercredi, dans son premier message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement), le président russe Dmitri Medvedev avait proposé d'amender la Constitution et de prolonger à six ans le mandat du président et à cinq ans celui de la Douma (chambre basse du parlement) contre quatre ans actuellement. 



Russie
Démocratie: Medvedev souligne le rôle salutaire de la Constitution
15:22 | 05/ 11/ 2008 
  
MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Le président russe Dmitri Medvedev a fait valoir mercredi le rôle crucial de la Constitution dans la promotion de la démocratie en Russie, affirmant qu'elle recelait une source de l'essor national.

"La Constitution joue un rôle décisif dans le devenir de la démocratie russe. La liberté de l'individu, les institutions et les procédures démocratiques mûres qu'elles garantit, tout cela est une source de notre essor à venir", a-t-il affirmé dans son message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement russe).

Selon M. Medvedev, la Constitution russe présente tous les atouts pour former "un système juridique qualitativement nouveau et une justice indépendante".

Evoquant la lutte contre la corruption et ce qu'il appelle "nihilisme juridique", thème phare de sa campagne électorale, le chef du Kremlin a rappelé que ce dernier ne datait "pas d'hier" et que les quinze ans qui s'étaient écoulés depuis la disparition de l'URSS ne suffisaient pas pour éradiquer les traditions aussi enracinées.

Le président russe a enfin prôné l'extension de la liberté d'entreprise, gage selon lui de la formation d'une classe moyenne et d'une économie de l'innovation.

"La Constitution a déterminé le vecteur de renouvellement de la Russie en tant que nation libre, en tant que société qui met en priorité les droits et la dignité de chaque individu", a-t-il affirmé.

"Le culte de l'Etat et de la sagesse fictive de l'appareil administratif régna pendant des siècles en Russie, alors que l'individu avec ses droits, ses libertés, ses intérêts personnels et ses problèmes fut perçu comme un moyen, pour ne pas dire comme un obstacle au renforcement de la puissance de l'Etat", a constaté le chef du Kremlin.

M. Medvedev est allé jusqu'à citer Piotr Stolypine, le premier ministre du dernier tsar Nicolas II: "Il faut en premier lieu former un citoyen, et lorsque cet objectif aura été atteint, la société civile s'installera elle-même en Russie".

"L'adoption en 1993 d'une Loi fondamentale élevant l'individu, sa vie, ses droits et sa propriété au rang des valeurs suprêmes a été un événement sans précédent dans l'histoire de la nation russe", a-t-il résumé. 




Société
Les gouverneurs doivent être désignés par les partis vainqueurs aux élections régionales (Medvedev) 
13:08 | 05/ 11/ 2008

MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Seuls les partis ayant totalisé le plus de voix aux élections régionales doivent pouvoir proposer des candidatures pour les dirigeants régionaux, a déclaré le président russe Dmitri Medvedev dans son message à l'Assemblée fédérale (parlement russe).

"Il est possible de faire en sorte que les candidatures des responsables de l'exécutif régional ne soient soumises au président que par les partis qui ont recueilli le plus grande nombre de voix aux élections régionales", a-t-il affirmé.

Ainsi donc, le droit de désigner les gouverneurs appartiendra uniquement aux structures politiques représentant la majorité de la population. 



Russie
Medvedev critique l'omniprésence de la bureaucratie en Russie 
13:06 | 05/ 11/ 2008

MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Dans son message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement russe) le président Dmitri Medvedev a reconnu que la bureaucratie s'ingérait dans le processus électoral et influençait les médias et la justice.

"La bureaucratie fait périodiquement pression sur le business pour qu'il agisse selon son goût, contrôle les médias pour qu'ils ne disent pas plus qu'il ne faut, s'ingère dans le processus électoral pour que la bonne personne soit élue et fait pression sur les tribunaux pour qu'ils prononcent le bon verdict", a déclaré mercredi M.Medvedev. 



Russie
Medvedev favorable à un large engagement de la société civile dans le processus législatif
13:02 | 05/ 11/ 2008 

MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Le président russe Dmitri Medvedev a appelé mercredi à engager largement la société civile dans le processus législatif, notamment quant aux lois relatives à la liberté, à la santé et à la propriété.

"Je propose des mesures supplémentaires en vue d'engager au processus législatif des représentants des organisations non gouvernementales et de la Chambre civile (organisme auprès du président chargé de promouvoir les intérêts de la société civile - NDLR)", a-t-il souligné dans son message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement russe).




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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 22:03

(dépêches)


Dmitri Medvedev pourrait s'effacer au profit de Vladimir Poutine

6 novembre 2008 - 13:02

Le président russe Dmitri Medvedev pourrait démissionner en 2009 afin de céder la place à son prédécesseur et actuel Premier ministre, Vladimir Poutine, rapporte jeudi le quotidien Vedomosti, citant une source au Kremlin.
Le porte-parole de Vladimir Poutine a démenti l'information. "Il s'agit seulement de supputations de la part de ce journal, dont les informations sont absolument sans aucun fondement", a déclaré Dmitri Peskov.

Dmitri Medvedev a proposé mercredi de modifier la durée du mandat présidentiel pour le porter de quatre à six ans. Selon Vedomosti, cette mesure fait partie d'un plan élaboré par le directeur adjoint de cabinet de Medvedev, Vladislav Sourkov.

Ce plan impliquerait que Dmitri Medvedev fasse adopter la modification de la constitution et des réformes sociales impopulaires. Vladimir Poutine, homme politique le plus populaire de Russie d'après les sondages, pourrait ensuite revenir pour une longue période, affirme Vedomosti.

Ce scénario prévoit ensuite que Dmitri Medvedev démissionne rapidement en invoquant les amendements constitutionnels et qu'une présidentielle soit organisée dans le courant de l'année. Le quotidien en conclut que Vladimir Poutine pourrait effectuer deux nouveaux mandats de six ans et diriger la Russie jusqu'en 2021.

La prochaine présidentielle n'est normalement pas prévue avant 2012. Vladimir Poutine a quitté la présidence en mai à l'expiration de son second mandat, la constitution russe limitant pour l'heure à deux le nombre de mandats de quatre ans que le chef de l'Etat peut effectuer consécutivement.

Guy Faulconbridge, version française Grégory Blachier, Eric Faye



 Le mandat présidentiel à six ans: une réforme pour Poutine (Vedomosti) 
 17:38 | 06/ 11/ 2008 
 
Russie 

MOSCOU, 6 novembre - RIA Novosti.

Le président russe Dmitri Medvedev a annoncé dans son premier message à l'Assemblée fédérale (parlement russe), que la durée du mandat du président russe devait être allongée de quatre à six ans et celle du mandat de la Douma (chambre basse du parlement) de quatre à cinq ans, lit-on jeudi dans le quotidien russe Vedomosti.

Selon des sources au Kremlin, cette reforme a été conçue à l'époque de Poutine et c'est à lui qu'elle profitera.

"Il ne s'agit pas d'une reforme constitutionnelle, mais d'une correction de la Constitution", a indiqué Dmitri Medvedev. "Ce sont des amendements réellement importants qui ne feront toutefois que préciser le texte et ne concerneront pas l'essence politique et juridique des institutions déjà existantes".

C'est une reforme constitutionnelle, car elle modifie les relations entre le gouvernement et le parlement et change la durée des mandats des principales institutions du pouvoir, affirme Tamara Morchtchakova, ancien juge de la Cour constitutionnelle.

Il est probable que ces modifications de la Constitution ne seront adoptées que l'année prochaine, vu la durée de la procédure, a estimé une source au sein de l'administration du président. Le changement du mandat ne concerne ni le président en exercice, ni la législature actuelle de la Douma, a précisé l'assistante du président russe Larissa Brytcheva.

Selon un fonctionnaire de l'administration du président, il ne s'agit pas d'une improvisation de Medvedev: cette reforme a été conçue sous la présidence de Vladimir Poutine, son auteur principal étant le premier chef adjoint de l'administration présidentielle Vladislav Sourkov.

Le projet de prolongation de la durée des mandats a été formulé en 2007 et concernait Poutine, a indiqué une source proche de l'administration présidentielle. Il s'agit de l'élection du successeur, qui apporterait les modifications constitutionnelles nécessaires et engagerait des reformes sociales impopulaires, pour que Poutine revienne au Kremlin pour un mandat plus long: il serait peu éthique d'introduire des changements pour soi-même.

La même source a supposé que, selon ce scénario, Dmitri Medvedev pourrait même se démettre avant terme de ses fonctions en arguant de ce changement dans la Constitution, la prochaine présidentielle pouvant alors avoir lieu en 2009. Dans ce cas, les élections législatives et présidentielle seront séparées, ce dont avait parlé Vladimir Poutine, pour ne coïncider qu'en 2021, après l'aboutissement de la Stratégie-2020.

Une autre source proche de l'administration présidentielle a souligné que la campagne électorale de Poutine était déjà lancée. Il a créé son propre site. Il fera un discours-programme en qualité de président de Russie unie le 20 novembre prochain lors du congrès du parti, et s'entretiendra après avec les citoyens dans une émission en direct (une nouvelle édition de la "ligne directe avec le président").

Medvedev n'a jamais utilisé cette forme de communication avec la population et n'a aucune envie de le faire, a souligné l'administration présidentielle. Selon la compagnie Medialoguia, Poutine a même rattrapé Medvedev pour le nombre de mentions dans les médias.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti. 




Russie: pas de référendum sur les mandats présidentiel et parlementaire (Kremlin)
18:35 | 05/ 11/ 2008 
  
Société

MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Il n'est pas besoin de procéder à un référendum pour modifier la durée du mandat présidentiel, il suffit d'adopter une loi constitutionnelle ad hoc, a déclaré aux journalistes Larissa Brytcheva, assistante du président russe et chef de son département juridique.

Selon elle, la modification de la durée ne s'appliquera pas au mandat du président en exercice ni à la législature actuelle de la Douma (chambre basse du parlement russe).

Les amendements constitutionnels requis pour modifier les mandats du président et de la Douma sont apportés selon les modalités définies pour l'adoption d'une loi organique. Ces amendements prennent effet dès leur approbation par les autorités législatives d'au moins les deux tiers des régions administratives du pays, a fait savoir Mme Brytcheva.

Ainsi donc, aucun référendum n'est nécessaire pour opérer ces modifications de la Loi fondamentale en vigueur, a-t-elle conclu.



Russie
Russie: un mandat présidentiel plus long rendra l'économie plus stable (Koudrine)
15:57 | 05/ 11/ 2008

MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

La question de prolongement du mandat présidentiel s'impose, et cela permettra à l'économie de fonctionner de façon plus stable, a estimé mercredi devant les journalistes à Moscou le vice-premier ministre et ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine.

"Six ans, c'est un délai suffisant pour que le président, qui que ce soit, puisse s'illustrer", a indiqué M. Koudrine.

Mercredi dans son premier message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement), le chef de l'Etat russe Dmitri Medvedev a proposé de proroger la durée du mandat du président du pays de quatre à six ans. 



Russie
Russie: il faut allonger la durée du mandat présidentiel à six ans (Medvedev)
13:12 | 05/ 11/ 2008

MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

La durée du mandat du président russe doit être allongée de quatre à six ans et celle du mandat de la Douma (chambre basse du parlement russe) de quatre à cinq ans, a déclaré mercredi le chef de l'État russe Dmitri Medvedev dans son premier message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement).

"Je propose de proroger la durée des mandats du président et de la Douma d'État respectivement à six et à cinq ans", a noté le président donnant lecture de son message dans la salle Saint-Georges du Grand Palais du Kremlin.

"Je vous dis franchement: il ne s'agit pas d'une réforme constitutionnelle", a ajouté le chef de l'État russe.

La question de prolongement des mandats du président et de la Douma est à l'étude depuis les années 1990 en Russie. "Les États démocratiques ont assez souvent changé la durée des mandats des organes du pouvoir d'État", a rappelé M.Medvedev. 



Russie
Prolongation du mandat présidentiel: un référendum pourrait avoir lieu en Russie (CEC)
16:58 | 05/ 11/ 2008

MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Le président de la Commission électorale centrale de Russie (CEC) Vladimir Tchourov n'exclut pas la tenue d'un référendum consacré à l'allongement de la durée du mandat présidentiel et du mandat de la Douma.

"On verra", a déclaré M.Tchourov à la presse répondant à une question sur l'organisation éventuelle d'un référendum sur les changements à apporter à la législation russe.

Les amendements à la Constitution sont adoptés en conformité avec la législation de la Fédération de Russie. Les amendements appropriés seront apportés à la législation et à la Constitution", a-t-il souligné.

Mercredi, Dmitri Medvedev a proposé dans son premier message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement), de faire passer la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans, et de quatre à cinq ans pour la Douma (chambre basse du parlement russe).



Medvedev: la rotation au sein des partis est nécessaire 
13:16 | 05/ 11/ 2008 
   
MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Le président russe Dmitri Medvedev a appelé mercredi au cours de son message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement russe) à amender la loi "Sur les partis" obligeant leurs dirigeants à effectuer des rotations.

"Il est essentiel d'amender la loi "Sur les partis" et obliger les rotations des dirigeants des partis: une personne ne peut pas occuper un poste important au sein d'un parti au-delà d'un délai déterminé", a déclaré le chef de l'Etat russe.

"En outre, "les pouvoirs locaux doivent avoir la possibilité de contrôler de façon plus active les dirigeants des municipalités, voire de les destituer", a-t-il indiqué. 



Russie
Medvedev propose une réforme du Conseil de la Fédération 
15:54 | 05/ 11/ 2008

MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

Le président russe Dmitri Medvedev a appelé mercredi à réformer le Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), proposant de le constituer de députés régionaux.

"Le Conseil de la Fédération doit être formé exclusivement d'élus", a-t-il indiqué dans son message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement russe).

Conformément à la Constitution russe, le Conseil de la Fédération est composé de deux sénateurs par entité, dont un représente le pouvoir exécutif et l'autre le pouvoir législatif de sa région.

M. Medvedev a par ailleurs proposé d'annuler la règle prescrivant aux sénateurs de vivre pendant dix ans dans leur région avant d'être désignés au Conseil de la Fédération.

"Le Conseil de la Fédération sera donc constitué de citoyens qui ont passé la procédure d'élection, qui ont une expérience de travail avec les électeurs et qui représentent non seulement les autorités, mais aussi la population des régions respectives", a-t-il indiqué. 



Société
Russie - réforme constitutionnelle: les amendements proposés par Medvedev pourraient être apportés en 2008
19:01 | 05/ 11/ 2008

MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.

L'Assemblée fédérale (parlement russe) examinera, adoptera et apportera d'ici la fin de 2008 les amendements constitutionnels requis pour mettre en oeuvre le message présidentiel, a déclaré Sergueï Mironov, président du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement).

"L'Assemblée fédérale examinera dès cette année les amendements à apporter à la Constitution", a-t-il affirmé mercredi lors d'un entretien avec des journalistes.

Selon M.Mironov, il s'agit de "modifier légèrement" trois articles réglementant la durée des mandats du président et de la Douma et les modalités de formation du Conseil de la Fédération.

Le parlementaire a toutefois rappelé que pour entrer en vigueur les amendements constitutionnels doivent être approuvés par les assemblées législatives des deux tiers des régions administratives de la Russie.

"Ce facteur m'incite à penser que ces amendements ne prendront réellement effet qu'au début de l'année prochaine", a conclu M.Mironov.



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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 09:27

Voici un extrait du discours d'Alexandre Soljenitsyne à Harvard le 8 juin 1978 à l'occasion de l'anniversaire de l'université.


Le Déclin du Courage


"Je suis très sincèrement heureux de me trouver ici parmi vous, à l'occasion du 327ème anniversaire de la fondation de cette université si ancienne et si illustre. La devise de Harvard est « VERITAS ». La vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère. Mon discours d'aujourd'hui contient une part de vérité ; je vous l'apporte en ami, non en adversaire.

Il y a trois ans, aux Etats-Unis, j'ai été amené à dire des choses que l'on a rejeté, qui ont paru inacceptables. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d'alors.(...)

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l'Ouest aujourd'hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d'où l'impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu'ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d'agir, qui fonde la politique d'un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu'on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu'à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d'un accès subit de vaillance et d'intransigeance, à l'égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l'Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin ?

Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l'homme, et que la vie de l'homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d'Indépendance.)Aujourd'hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s'est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu'il a cours depuis ces mêmes décennies.

Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d'avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l'Ouest les marques de l'inquiétude et même de la dépression, bien qu'il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n'ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.

L'indépendance de l'individu à l'égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n'auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d'élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l'épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l'argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ?

Même la biologie nous enseigne qu'un haut degré de confort n'est pas bon pour l'organisme. Aujourd'hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux.

La société occidentale s'est choisie l'organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j'appellerais légaliste. Les limites des droits de l'homme et de ce qui est bon sont fixées par un système de lois ; ces limites sont très lâches. Les hommes à l'Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que paradoxalement les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l'aide d'un expert. Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout. Si quelqu'un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé ; nul ne lui rappellera que cela pourrait n'en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n'entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu'aux extrêmes limites des cadres légaux.

J'ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu'une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n'allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s'en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l'homme.

Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d'une structure sociale légaliste.

Aujourd'hui la société occidentale nous révèle qu'il règne une inégalité entre la liberté d'accomplir de bonnes actions et la liberté d'en accomplir de mauvaises. Un homme d'Etat qui veut accomplir quelque chose d'éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n'a aucune chance de s'imposer : d'emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

Il est aisé en tout lieu de saper le pouvoir administratif, et il a en fait été considérablement amoindri dans tous les pays occidentaux. La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l'Ouest, de défendre non pas temps les droits de l'homme que ses devoirs.

D'un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s'est vue accorder un espace sans limite. Il s'avère que la société n'a plus que des défenses infimes à opposer à l'abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d'horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu'ont ces mêmes enfants de ne pas regarder er de refuser ces spectacles. L'organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (...)

L'évolution s'est faite progressivement, mais il semble qu'elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l'homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu'il importe d'amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n'a pas disparu à l'Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (...)

La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour quel usage ? (...) Quelle responsabilité s'exerce sur le journaliste, ou sur un journal, à l'encontre de son lectorat, ou de l'histoire ? S'ils ont trompé l'opinion publique en divulguant des informations erronées, ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes soient commises au plus haut degré de l'Etat, avons-nous le souvenir d'un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De telles erreurs peut bien découler le pire pour une nation, le journaliste s'en tirera toujours. Etant donné que l'on a besoin d'une information crédible et immédiate, il devient obligatoire d'avoir recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté ; ces mensonges s'installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement, jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ? La presse peut jouer le rôle d'opinion publique, ou la tromper. De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d'Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l'intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c'est un slogan faux, fruit d'une époque fausse ; d'une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n'a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d'information. (...) Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l'Est totalitaire, avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d'idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d'esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d'intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non d'une compétition mais d'une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant.

Sans qu'il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d'idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n'ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d'être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l'engouement à la mode. Sans qu'il y ait, comme à l'Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d'apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l'apparition d'un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux Etats-Unis, il m'est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes ... peut-être un professeur d'un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l'entendre, car les média n'allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui à notre époque est particulièrement dangereux. (...)

Il est universellement admis que l'Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d'hommes à l'Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l'accusent de plus être au niveau de maturité requis par l'humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J'espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l'idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d'une telle alternative. (...) Mais si l'on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l'Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s'affaiblissent à l'Ouest, tandis qu'à l'Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d'anarchie, comme c'est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c'est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d'oppression, l'âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd'hui par les habitudes d'une société massifiée, forgées par l'invasion révoltante de publicités commerciales, par l'abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l'histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l'occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d'Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C'est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n'est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu'elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

Comment l'Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L'Ouest a continué à avancer d'un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s'est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l'erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l'époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l'humanisme rationaliste, ou l'autonomie humaniste : l'autonomie proclamée et pratiquée de l'homme à l'encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d'anthropocentrisme : l'homme est vu au centre de tout.

Historiquement, il est probable que l'inflexion qui s'est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l'épuisement, en raison d'une répression intolérable de la nature charnelle de l'homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s'écartant de l'esprit, l'homme s'empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s'est proclamée notre guide, n'admettait pas l'existence d'un mal intrinsèque en l'homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d'atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l'adoration de l'homme et de ses besoins matériels.Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l'accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d'une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d'intérêt de l'Etat et du système social, comme si la vie n'avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s'y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd'hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l'intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l'homme individuels reposaient sur la croyance que l'homme est une créature de Dieu. C'est-à-dire que la liberté était accordée à l'individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l'héritage du siècle passé.

Toutes les limitations de cette sorte s'émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l'héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L'Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l'homme, mais l'homme a vu complètement s'étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l'espace, du Progrès tant célébré n'ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n'aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

L'humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d'être utilisés d'abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que « le communisme est un humanisme naturalisé. » Il s'est avéré que ce jugement était loin d'être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d'un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l'égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n'est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l'Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s'agit d'un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l'Ouest et de l'Est aujourd'hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (...)

Je ne pense pas au cas d'une catastrophe amenée par une guerre mondiale, et aux changements qui pourraient en résulter pour la société. Aussi longtemps que nous nous réveillerons chaque matin, sous un soleil paisible, notre vie sera inévitablement tissée de banalités quotidiennes. Mais il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d'une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse.

Elle a fait de l'homme la mesure de toutes choses sur terre, l'homme imparfait, qui n'est jamais dénué d'orgueil, d'égoïsme, d'envie, de vanité, et tant d'autres défauts. Nous payons aujourd'hui les erreurs qui n'étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s'est enrichie, mais nous avons perdu l'idée d'une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité.

Nous avions placé trop d'espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu'on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l'Est, c'est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l'Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n'est même pas le fait du monde éclaté, c'est que les principaux morceaux en soient atteints d'une maladie analogue. Si l'homme, comme le déclare l'humanisme, n'était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n'en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d'acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l'accomplissement d'un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l'expérience d'une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n'y étions entrés.

Il est impératif que nous revoyions à la hausse l'échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n'est pas possible que l'aune qui sert à mesurer de l'efficacité d'un président se limite à la question de combien d'argent l'on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d'un gazoduc. Ce n'est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l'humanité peut s'élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

Quand bien même nous serait épargné d'être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu'est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l'homme est au-dessus de tout ? N'y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l'intégrité de notre vie spirituelle ?

Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l'être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l'ère moderne.

Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n'avons pas d'autre choix que de monter ... toujours plus haut."

Alexandre Soljénitsyne, Le Déclin du courage, Harvard, 8 juin 1978






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