Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 03:17

« Des drames, il y en a tout autour de vous, chaque mort est le drame de quelqu’un. » (Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", 28 février 2018).



_yartiCovidCQ02

Trois semaines après la décision (du 29 janvier 2021), la France vit sous le régime de non-confinement, même si un couvre-feu très strict, dès 18 heures, est appliqué. Refusant d’écouter la plupart des médecins hospitaliers qui vivaient la réalité de la pandémie au quotidien, le Président Emmanuel Macron a abandonné (à ce jour) l’idée d’un troisième reconfinement, faisant le "pari" qu’on pourrait maîtriser l’épidémie sans cette mesure extrême. Le mot "pari" est peu respectueux du contexte de crise sanitaire : on ne parie pas sur la santé des personnes. La question est donc plutôt : a-t-il eu raison ? 

Le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a laissé entendre, dans sa conférence de presse du 18 février 2021, qu’il n’était de toute façon pas question de reconfiner avant la fin des vacances scolaires (week-end des 6 et 7 mars 2021), mais il n’était pas non plus question d’assouplir les mesures sanitaires actuelles. Pourtant, la pression est forte de rouvrir de nombreux commerces, restaurants, bars, salles de sport, de culture, cinémas, théâtres, remontées mécaniques, etc. C’est cela la France, on presse pour tout fermer ou pour tout ouvrir, il y a souvent de la démesure au lieu de la mesure.

Le constat actuel est qu’il n’y a pas de pic épidémique comme on en avait connu en mars 2020 et en octobre 2020. Pourtant, ce pic avait été annoncé il y a plusieurs semaines. Il faut évidemment s’en réjouir : les bonnes nouvelles sont trop rares pour ne pas se féliciter des erreurs de ceux qui sont trop prudents. Le contraire serait plus grave. Pourtant, je ne suis pas du tout d’accord avec l’idée que, ouf, on a évité la catastrophe et que tout va bien même si les médecins hospitaliers font un peu moins les prévisionnistes de la catastrophe future. On n’a pas évité la catastrophe, on est dans la catastrophe. On est en plein dedans !

Rappelons que la France a confiné (une deuxième fois) bien plus tôt que ses voisins, à la fin du mois d’octobre 2020 jusqu’au milieu du mois de décembre 2020. Ce choix, clairement assumé par Emmanuel Macron, avait l’objectif de protéger la vie des personnes vulnérables. Le pic épidémique a été stoppé et la vague a reflué assez tôt, plus tôt même que prévu (on prévoyait au pire moment 9 000 lits occupés en réanimation, ce ne fut "que" 5 000, en avril 2020, c’était plus de 7 000).

Malheureusement, la vague a reflué, malgré tout, trop lentement. Juste avant Noël, au lieu des 5 000 nouveaux cas détectés, seuil pour arrêter de confiner, on en était encore à 15 000. Pour des raisons pas seulement politiques mais aussi psychologiques, le gouvernement n’a pas voulu prolonger le confinement pour les fêtes de Noël et du Nouvel An, tout en maintenant des mesures sanitaires très strictes qui ont été suivies, si bien qu le pic des fêtes qui aurait dû avoir lieu n’a pas été observé : le comportement des Français a été prudent et c’est pour cela qu’il n’y a pas eu un redémarrage de l’épidémie. L’autre raison d’avoir accepté la fin du confinement le 15 décembre 2020, c’est qu le nombre des lits en réanimation occupés par un malade du covid-19 était redescendu en dessous du seuil voulu, 3 000.

Depuis le début de l’année 2021 (soit sept semaines), nous vivons sur un plateau, un peu comme cette incommode guerre de position juste avant la Blitzkrieg. Ce plateau est-il satisfaisant ? Oui, si l’on considère qu’il n’a pas galopé à la hausse, mais il n’est pas non plus descendu. Je parle bien sûr, pas du plateau (Olivier Véran avait inventé le concept de plateau montant), mais du nombre des nouveaux cas détectés. Ce nombre a un peu évolué, en légère hausse jusqu’au début du mois de février 2021, puis en légère baisse jusqu’à ces derniers jours où il semble remonter légèrement. Ces fluctuations sont difficilement interprétables et pourraient être comprises comme un bruit de fond peu significatif.

Ce plateau est toujours entre 20 000 et 25 000 nouveaux cas quotidiens. C’est énorme, puisque je rappelle que l’objectif du déconfinement en décembre avait été fixé à 5 000, ce qui est déjà beaucoup si on veut vraiment tracer les chaînes de contamination et isoler réellement les patients contaminés. À 20 000 par jour, c’est en pratique impossible.

Alors, aujourd’hui, où va-t-on ?

La situation de la France n’est pas glorieuse. Alors qu’en janvier 2021, on pouvait dire que la France avait anticipé cette nouvelle vague européenne (qui est venue surtout de l’Est européen), et avait réussi à maintenir une certaine étanchéité, faisant figure de bonne élève, aujourd’hui, elle paraît être le cancre de la classe européenne, et même mondiale.

En effet, cela fait plusieurs jours que la France est dans la situation la plus délicate en Europe. Grâce à leurs mesures de confinement sévère (l’Allemagne l’a prolongé jusqu’au 4 mars 2021), le nombre de nouveaux cas quotidiens, comme prévu, est descendu drastiquement. Entre parenthèses, voici une excellente démonstration de l’effet bénéfique d’un confinement sur l’épidémie pour ceux qui n’auraient pas encore été convaincus. En France, on ne descend pas. Dans tous les pays qui ont confiné après Noël, on descend beaucoup.

Par exemple, ce vendredi 19 février 2021 (attention, c’est une photographie et c’est toutefois plus représentatif de prendre une moyenne glissante sur les sept derniers jours), la France a eu 24 116 nouveaux cas, tandis que le pays le pire de cette vague, le Royaume-Uni, n’a eu plus que 12 027 (cela avait atteint les 80 000 quotidien au pire du pic), l’Allemagne, qui était aussi en mauvaise posture depuis décembre, n’a plus que 9 041 nouveaux cas, l’Italie 15 479 nouveaux cas, l’Espagne 11 435 nouveaux cas, etc.

Non seulement la France est devenue, par son statu quo, la mauvaise élève de l’Europe, mais quasiment du monde. Depuis plusieurs jours, la France, en absolu (c’est ainsi qu’il faut compter, pas rapporté à la population car cela ne signifierait rien selon la grandeur du territoire), est classée en troisième position parmi les pays où la situation épidémique est la pire, derrière les États-Unis avec 78 640 et le Brésil qui a eu 51 050 nouveaux cas, mais devant l’Inde avec 14 199, la Russie avec 13 433, et même le Mexique, lui aussi durement touché, qui n’a eu que 9 099 nouveaux cas.

Même si le seuil de 2,5 millions de décès (dans le monde) dus au covid-19 va être franchi dans quelques jours, l’OMS a communiqué plutôt positivement sur le sujet en affirmant que l’épidémie régressait globalement dans le monde, ce qui est effectivement une bonne nouvelle, dont ne profite malheureusement pas la France.

La situation des décès en Europe est un peu différente en raison du retard entre contamination et décès (de quatre à six semaines environ). La France est à un niveau inférieur à ces autres pays européens mais seulement en raison de ce retard. Déjà, le nombre de lits en réanimation est éloquent : l’Allemagne en a désormais moins tandis que la France stagne autour de 3 300, le niveau de la première quinzaine de décembre.

_yartiCovidCM02

La docteure Hélène Rossinot, médecin spécialiste de santé publique, expliquait ce 19 février 2021 que cette situation était loin d’être satisfaisante et qu’un reconfinement court pourrait avoir son utilité pour faire descendre ce plateau haut. En effet, actuellement, malgré le couvre-feu très strict, le nombre de nouveaux cas ne descend pas de manière significative. On ne peut pas accepter un nombre de décès entre 400 et 500 chaque jour depuis plus de deux mois (409 le 19 février 2021). Si on attend encore deux mois avec la même situation, la France aura dépassé largement les 100 000 décès depuis le début de la pandémie. En ce sens, comme le répétait le professeur Axel Kahn, la situation est intolérable (Axel Kahn propose un reconfinement de plusieurs semaines pour arrêter le massacre actuel).

Hélène Rossinot a également rappelé que le covid-19 ne s’en prenait pas seulement aux personnes âgées, mais aussi à des personnes jeunes sans comorbidité, qui peuvent avoir des séquelles, d’autres vivre un covid-19 long, de plusieurs mois, parfois six mois. La maladie n’est pas anodine et est éprouvante.

C’était aussi l’occasion, pour Hélène Rossinot, de commenter à nouveau ce nouveau communiqué du conseil scientifique qui proposait un autoconfinement des personnes à risques. Encore une fois, a-t-elle répété avec raison, les personnes à risques le savent très bien et se sont déjà autoconfinées depuis un an ! La situation ne changera donc pas et la recommandation ne sert à rien : ceux qui ne la suivent pas aujourd’hui ne la suivront pas plus demain.

Et les personnes vulnérables, elles ne sont pas seulement les personnes âgées, elles sont aussi les personnes en surpoids, les personnes avec diabète, les personnes avec hypertension, etc. en bref, cela en fait beaucoup, autour de 20 à 25 millions de personnes en France. De plus, les personnes vulnérables doivent pouvoir vivre et ont donc besoin de contact avec des personnes qui viendraient leur apporter des courses, les soigner, les laver, etc. Ce n’est ni réaliste ni éthique de ne vouloir confiner que les personnes âgées. J’avais déjà évoqué cet isolement des personnes vulnérables qui semble être un dada du professeur Jean-François Delfraissy qu’il remet sans cesse en avant.

Une idée récurrente qui oublie que justement, là où les personnes vulnérables furent les mieux confinées, ce fut une véritable hécatombe, à savoir dans les EHPAD, tout simplement parce que la vie impose des interactions avec des personnes aidantes non confinées, de l’extérieur, qui ont apporté le virus.

Je profite aussi de cette remarque pour aller contre le sens conventionnel des médias, contre ce qu’on entend à longueur de journée dans les médias. On dit en effet souvent que les jeunes sont la génération sacrifiée, et qu’elle est sacrifiée à cause des personnes âgées. C’est vrai que c’est difficile d’être jeune en 2021, qu’être étudiant, ou lycéen, ne plus pouvoir voir ses amis ou même se faire des amis, c’est difficile. Mais il ne faut pas dire non plus n’importe quoi !

Aujourd’hui, c’est exactement le contraire qui se passe : ce sont les personnes vulnérables, les personnes âgées qui sont sacrifiées, qui meurent du covid-19 à raison d’un demi millier par jour, un décès toutes les trois minutes !, parce qu’on n’a pas voulu reconfiner quelques semaines et qu’on a voulu sauvegarder la vie des moins vulnérables. Elle est là, la réalité du moment.

Le scénario catastrophe est toujours dans le champ des possibles, à coup de variants qui éclateraient exponentiellement, mais on se demande pourquoi cette explosion n’a pas déjà eu lieu. Si, chaque jour qui passe, ce scénario s’éloigne un peu plus, le scénario le plus rose paraît fort improbable. à savoir une baisse spontanée et rapide du nombre de nouveaux cas sans rien faire. Cette hypothèse, sans mesure adéquate, est peu probable avant le retour des jours chauds, c’est-à-dire la fin du printemps. Combien faut-il encore de dizaine de milliers de morts pour sortir de ce statu quo qui oublie toute l’horreur quotidienne de la pandémie ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 février 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les jeunes, génération sacrifiée ?
Publication scientifique à télécharger : Carrat, F., Figoni, J., Henny, J. et al. Evidence of early circulation of SARS-CoV-2 in France: findings from the population-based “CONSTANCES” cohort. Eur J Epidemiol (2021).
Origine du coronavirus SARS-CoV-2 : détecté et en circulation en France depuis le 5 novembre 2019 ?
Covid-19 : inquiétudes médicales sur le pari d’Emmanuel Macron.
Axel Kahn.
Procrastination ?
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 janvier 2021 à l’Élysée (texte intégral).
Faut-il confiner seulement les personnes âgées ?
Katalin Kariko.
Li Wenliang.
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Agnès Buzyn.
Pandémie de covid-19 : plus de 2 millions de décès et une poignée de néo-négationnistes.
Covid-19 : faut-il rapidement un troisième confinement ?
7 questions sur les vaccins contre le covid-19.
Remdesivir : la polémique qu’on n’a pas eue en France…
Les messes à l’épreuve du covid-19.
Nouvelles attestations de déplacements à partir du 28 novembre 2020 (à télécharger).
Il regarde le soleil dans tes yeux !
Pâques 2020, le coronavirus et Dieu…
Covid-19 : faut-il rendre contraignant l’isolement des personnes contaminées ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 24 novembre 2020 (texte intégral et vidéo).
Le calendrier de l’Avent du Président Macron.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

_yartiCovidCQ01




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210219-covid-cq-jeunes.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/les-jeunes-generation-sacrifiee-231088

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/02/19/38824388.html



 

Partager cet article
Repost0
12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 03:05

« Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière. » (Jean Giono, 1968).


_yartiCovidN01

C’est une très étrange découverte que l’INSERM, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, a annoncée ce mercredi 10 février 2021 en milieu de journée. Elle pourrait nous faire mieux comprendre l'origine du coronavirus SARS-CoV-2, ou plutôt, mieux ne pas comprendre son origine. Ce grand centre de recherche médicale a réalisé des travaux qui laisseraient entendre que le  coronavirus SARS-CoV-2 aurait circulé en France dès le mois de novembre 2019. Ces travaux ont été publiés le 6 février 2021 dans la revue scientifique "European Journal of Epidemiology" avec ce titre : "Evidence of early circulation of SARS-CoV-2 in France: findings from the population-based 'CONSTANCES' cohort" (qu'on peut télécharger et lire ici) où l'on peut lire toutes les explications sur les conditions d'analyses et d'où provienent les deux graphiques et le tableau ci-dessous.

Cette information très importante a de quoi étonner puisqu’on avait semblé comprendre que ce virus qui a provoqué la pandémie de covid-19 qui bouleverse le monde et nos vies depuis plus d’un an était originaire du marché aux animaux de Wuhan, en Chine, au mois de décembre 2019.

Mais avant de réfléchir sur l’origine, revenons à la méthode de l’INSERM.

L’INSERM est l’un des plus grands instituts de recherche français, qui coordonne la recherche en santé en vue d’améliorer la santé humaine. Il est constitué de près de 300 unités de recherche et d’une trentaine de centres d’investigation clinique. Force de frappe de près de 15 000 personnes créée en 1964, l’INSERM possède 1 900 familles de brevets actives en 2019, premier déposant européen dans le secteur pharmaceutique, troisième déposant européen en biotechnologies et septième déposant français toutes organisations et tous secteurs confondus. Si je présente de façon très élogieuse l’INSERM, c’est pour dire que l’institut a une très belle réputation mondiale (on se bouscule pour pouvoir y travailler) et que plus cette réputation est grande, plus l’information qu’elle diffuse a un enjeu élevé et est donc rigoureuse.

_yartiCovidCP02

Parmi les programmes de recherche sanitaire sous la responsabilité de l’INSERM, il y a ce projet de surveillance sérologique depuis près d’une dizaine d’années : depuis 2012, un groupe de 215 000 personnes adultes âgées de 18 à 69 ans en 2012, représentatif de la population française, est en effet suivi avec des prélèvements sanguins réguliers. Ces échantillons de sérum sont collectés et stockés dans une biobanque centralisée. C’est un programme général qui vise, au-delà de suivre la santé de ces personnes volontaires appartenant à la "cohorte Constances" (c’est le nom du groupe représentatif), à surveiller l’apparition ou l’évolution d’éléments qui pourraient impacter sur la santé publique. En gros, l’INSERM dispose d’images rétrospectives du sang de ces personnes depuis dix ans.

On a donc eu l’idée d’analyser le sang stocké d’un certain nombre de personnes de cette cohorte pour y détecter la présence éventuelle d’anticorps développés par la présence du nouveau coronavirus SARS-CoV-2. Ce programme de l’INSERM est un grand travail en équipe, en collaboration avec l’IRD (Institut de recherche pour le développement), Sorbonne Université et l’Université de Versaillles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

Rejetons tout complotisme : en novembre 2019, on ne connaissait évidemment pas l’existence du coronavirus SARS-CoV-2 et l’on ne l’a donc pas cherché à l’époque. C’est parce qu’on a stocké les échantillons sanguins qu’on peut y revenir et faire des analyses a posteriori, et cela de manière systématique grâce à des premiers tests rapides qui, s’ils sont positifs, sont ensuite validés (ou invalidés) par des tests plus poussés aux résultats plus sûrs. Un peu comme dans l’observation des étoiles vieilles de plusieurs milliards d’années, ces échantillons de serum vieux de quelques mois ou années peuvent encore parler dans des investigations ultérieures.

Les 9 144 échantillons du sérum des personnes de la cohorte vivant dans les douze régions métropolitaines, qui ont été collectés du 4 novembre 2019 au 16 mars 2020, ont ainsi été analysés. Chez 353 participants (3,9%), le programme a identifié un test positif aux anticorps anti-SARS-CoV-2 (ces tests Elisa sont rapides et sont destinés à faire une présélection).

_yartiCovidCP04

La proportion de participants positifs est passée de 1,9% en novembre 2019 et 1,3% en décembre 2019 à 5,0% en janvier 2020, 5,2% en février 2020 et 6,7% dans la première moitié du mois de mars 2020. Bien que communiqué, ces pourcentages par rapport au temps ne sont peut-être pas très représentatifs, ni s’ils valident réellement la présence du coronavirus dans le cas où le second test invalide le premier résultat. En revanche, le second test est nettement plus significatif quand les deux sont positifs.

_yartiCovidCP05

On a détecté des anticorps neutralisants dans 44 échantillons, par des tests de micro-neutralisation interne. Parmi eux, 13 ont été prélevés entre le 5 novembre 2019 et le 30 janvier 2020. Une enquête a donc été réalisée auprès de 11 des 13 participants concernés. Selon le communiqué de l’INSERM : « L’enquêteur formé a recueilli des informations standardisées sur les détails cliniques (chez le participant et ses proches), les antécédents d’exposition possible (notamment les antécédents de voyage en Asie), et tout événement remarquable chez les contacts étroits (par exemple, une pneumonie inexpliquée). ».

_yartiCovidCP06

Les résultats de cette enquête sont les suivants : 6 n’ont signalé aucun symptôme de la maladie (mais auraient pu être au contact de personnes ayant eu des symptômes), tandis que 5 autres ont évoqué des signes de maladies respiratoires. L'un des auteurs des travaux, Fabrice Carrat, directeur de l’Institut Pierre-Louis d’épidémologie, a expliqué : « Dans plus de la moitié des cas, on a affaire à des gens qui ont voyagé ou qui ont été en contact avec des personnes ayant été malades. ».

_yartiCovidCP03

Le communiqué de l’INSERM conclut ainsi : « Ce rapport suggère que la circulation du virus et l’infection par le SARS-CoV-2 pourraient avoir eu lieu dès novembre 2019 en France. Il confirme également l’intérêt du suivi de grandes cohortes en population générale pour répondre à des questions de recherche telles que celles survenant lors d’une crise sanitaire d’une telle ampleur. ».

Cette conclusion a de quoi étonner puisque le premier cas de covid-19 en France a concerné un patient hospitalisé en décembre 2019 en Seine-Sainte-Denis. Il est vrai que certains faits troublants faisaient déjà état de ce virus avant décembre 2019, comme ces pneumonies bizarres du côté de Colmar. Des résultats italiens avaient aussi suggéré que les premiers cas en Italie remonteraient à octobre 2019.

Des analyses plus poussées vont être effectuées sur la base de ces travaux, en reprenant des échantillons de la même cohorte collectés entre août et novembre 2019 et remonter jusqu’à ce qu’on ne détecte plus ces anticorps neutralisants.

Pour avoir une vision plus globale, il serait intéressant que d’autres pays fassent ce même genre d’investigations rétrospectives lorsque c’est possible. On aurait ainsi une vision plus précise de l’historique sinon de l’origine de ce très mystérieux coronavirus qui, décidément, continue encore à surprendre les meilleurs épidémiologistes et les meilleurs virologues.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 février 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Publication scientifique à télécharger : Carrat, F., Figoni, J., Henny, J. et al. Evidence of early circulation of SARS-CoV-2 in France: findings from the population-based “CONSTANCES” cohort. Eur J Epidemiol (2021).
Origine du coronavirus SARS-CoV-2 : détecté et en circulation en France depuis le 5 novembre 2019 ?
Covid-19 : inquiétudes médicales sur le pari d’Emmanuel Macron.
Axel Kahn.
Procrastination ?
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 janvier 2021 à l’Élysée (texte intégral).
Faut-il confiner seulement les personnes âgées ?
Katalin Kariko.
Li Wenliang.
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Agnès Buzyn.
Pandémie de covid-19 : plus de 2 millions de décès et une poignée de néo-négationnistes.
Covid-19 : faut-il rapidement un troisième confinement ?
7 questions sur les vaccins contre le covid-19.
Remdesivir : la polémique qu’on n’a pas eue en France…
Les messes à l’épreuve du covid-19.
Nouvelles attestations de déplacements à partir du 28 novembre 2020 (à télécharger).
Il regarde le soleil dans tes yeux !
Pâques 2020, le coronavirus et Dieu…
Covid-19 : faut-il rendre contraignant l’isolement des personnes contaminées ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 24 novembre 2020 (texte intégral et vidéo).
Le calendrier de l’Avent du Président Macron.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

_yartiCoronaPoisson03


https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210210-covid-cp-inserm.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/origine-du-coronavirus-sars-cov-2-230882

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/02/11/38809013.html





 

Partager cet article
Repost0
8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 03:43

« À l’heure actuelle, ce pic relativement stable est très élevé avec des dégâts considérables (…). La situation n’est pas bonne ; encore deux mois comme cela et la France sera à 100 000 morts. » (Axel Kahn, le 6 février 2021).



_yartiCovidCO01

Nouveau cri d’alarme du professeur Axel Kahn ce samedi 6 février 2021 : « La situation est stable, certes, mais stable dans l’intolérable. ». Presque tout est dit avec ces quelques mots. Depuis la décision du gouvernement le 29 janvier 2021 de ne pas faire un troisième confinement, les médecins hospitaliers, en particulier en région parisienne, sont en pleine inquiétude.

Rappelons qu’être le gouvernement en cette époque difficile n’est pas un bonheur : prendre des décisions, ou ne pas en prendre, ce qui revient au même, c’est avoir une action directe sur la santé des Français, et donc, sur leur propre vie parfois. La voie de la responsabilité et de la solidarité n’est pas facile à définir, c’est une ligne de crête, dynamique, et les considérations sanitaires s’entrechoquent avec les considérations économiques, sociales, psychologiques… C’est l’histoire d’une fonction à mille variables qu’il est impossible de dériver, d’optimiser.

Quoi que décide le gouvernement, de toute façon, il sera critiqué. La crise sanitaire majeure que nous vivons depuis janvier 2020 le montre assez bien. Sur ce troisième confinement, c’est assez simple : la moitié des Français serait contre, l’autre moitié pour. Le gouvernement, quel que soit son choix, sera donc critiquable et contesté. C’est avec cette idée (inhérente à tout gouvernement) qu’il peut donc choisir la voie de la responsabilité indépendamment d’autres préoccupations, puisque la voie démagogique restera toujours une voie sans issue dans cette optique. Mais cela ne dit rien sur quelle voie prendre.

On comprend bien que chaque jour de confinement coûte très cher à la France, à son économie, à sa population. Après avoir évoqué les professions dévastées en décembre (restaurants, bars, salles de culture et de sport, remontées mécaniques, etc.), on a beaucoup évoqué le problème des jeunes et des étudiants en janvier, en parlant de leur précarité sociale, mais aussi de leur grand malaise psychologique. Ceux des étudiants qui ont passé leur baccalauréat en juin 2020 (ou plutôt, qui n’ont pas vraiment passé leur bac), peut-être aussi la génération qui vient avec le bac 2021, sont particulièrement touchés par la crise sanitaire.

Mais enfin, parle-t-on aussi des morts ? Parce que chaque jour, il y a autour de 500 décès dus au covid-19 qui s’ajoutent à ceux des jours précédents. Chaque jour de maintien de la situation actuelle coûte très cher aux Français. Ceux-là, on ne les reverra plus, sinon sous terre. C’est ce cri d’alarme qu’a poussé le professeur Axel Kahn.

Tout le monde connaît bien ce généticien très médiatique, très grand connaisseur de l’éthique médicale et scientifique, qui n’hésite pas à venir souvent exposer les enjeux médicaux au grand public, depuis le 28 juin 2019, il est d’ailleurs le président de la Ligue nationale contre le cancer, et il voit bien que les malades du cancer vont, eux aussi, mourir plus, à cause de la crise sanitaire. Il a évalué à environ 10 000 décès supplémentaires dans les prochaines années de personnes atteintes d’un cancer dont le diagnostic ou les traitements ont été retardés de quelques mois à cause du covid-19. Les effets collatéraux de la pandémie sont sans limites et l’on mettra beaucoup de temps à tous les identifier et les analyser.

_yartiCovidCO03

Personne ne peut contester la compétence du professeur Axel Kahn et la pertinence de ses analyses. Comme les mémoires sont courtes et que beaucoup de choses et leurs contraires ont été dits, il y a un relativisme ambiant qui discréditent aujourd’hui les médecins, à tort car tous ne se sont pas trompés. Je rappelle donc ce que disait Axel Kahn sur France Culture le 10 avril 2020, en plein premier confinement : « Les pistes les plus prometteuses, c’est d’abord la prévention par la vaccination. Je n’ai aucun doute que l’on va parvenir à développer un vaccin (…). Il y a déjà plusieurs dizaines de candidats en train d’être testés. Je fais le pari que d’ici l’hiver prochain, au début de l’année 2021, il y aura un vaccin. Cela évitera qu’il y ait une récurrence annuelle de ces épidémies, comme la grippe espagnole. ». Il a vu juste puisque les premiers vaccins ont été injectés dès le mois de décembre 2020. Sa parole vaut donc peut-être un peu plus que d’autres collègues médecins qui se sont sans arrêt trompés…

Le Président Emmanuel Macron a décidé de ne pas confiner une troisième fois la France, parce qu’il considère que politiquement, ce ne serait pas tenable. C’est son opinion. Plus de 90% des sondés disent pourtant que, d’accord ou pas d’accord, ils seraient prêts à respecter un tel troisième confinement si jamais il était décidé. La décision d’Emmanuel Macron tient donc sur un pari, très risqué, celui d’un maintien hors d’un nouveau pic épidémique en conservant un couvre-feu très strict (à partir de 18 heures, heure valable même en cas de bouchons), et en réduisant la fréquentation de grands centres commerciaux (environ 400 centres commerciaux sont concernés).

Le "pari" est un mot qui paraît bien adapté à ces circonstances puisque ni le Président de la République, ni les médecins, ni vous, ni moi, ni personne ne sommes Madame Soleil et par conséquent, ne connaissons l’avenir. Mais parier sur quoi ? Sur la santé et la vie des Français ? Cela peut faire froid dans le dos.

Je ne critique pas forcément : j’étais très inquiet lors du premier déconfinement qu’il fût fixé si tôt, le 11 mai 2020, alors que j’estimais qu’il aurait mieux valu attendre la fin du mois, trois semaines plus tard. Et pourtant, ce "pari" (un autre pari) a été gagné, et Emmanuel Macron a eu raison de déconfiner si tôt et surtout, de porter attention sur le retour des écoliers avant les vacances estivales (cela me fait sourire qu’aujourd’hui, on critique ce déconfinement : au contraire, il a été optimisé pour réduire au maximum la durée du premier confinement à une époque où on en connaissait beaucoup moins qu’aujourd’hui sur le virus).

Et si le pari actuel, c’est que l’épidémie ne s’enflamme pas, il est actuellement étrangement tenu. Je dis étrangement car tous nos voisins sont en grande difficulté et sans doute que la France bénéficie de son deuxième confinement qui a été bien plus tôt que ceux de nos voisins. L’étrangeté, c’est-à-dire ce qui est surprenant, et réjouissons-nous en puisque c’est une surprise positive, c’est qu’il n’y a pas eu de pic épidémique à la suite des fêtes de fin d’année (Noël et Nouvel an), ce qui est le résultat de la sagesse et de la responsabilité d’une très grande partie des Français, ce que nous pourrions conclure par : bravo nous ! Et toujours bravo nous pour cette guerre de position (qui n’est jamais aisée) depuis le début du mois de janvier 2021 : il n’y a pas de reprise épidémique flagrante.

Maintenant, je voudrais apporter un certain nombre d’éléments dans la réflexion.

Par exemple, la responsabilité des Français, du peuple en général : des actes irresponsables peuvent créer de nouveaux foyers et faire redémarrer une épidémie. Toutefois, à l’inverse, des pics épidémiques peuvent ne pas être du fait du seul comportement des Français mais de la cinétique propre au virus. Clairement, le pic épidémique appelé deuxième vague en France, qui a commencé à la fin du mois de septembre et début du mois d’octobre 2020 ne pouvait pas provenir d’un comportement irresponsable des Français : cette irresponsabilité, qu’on appellera plus gentiment négligence, on a pu la tester, l’apprécier pendant tout l’été et au retour des vacances avec une légère remontée des nouveaux cas détectés, mais le pic du mois d’octobre n’a pas correspondu à un changement du comportement des gens qui travaillaient et ne faisaient pas la fête.

Un nouveau pic peut donc toujours se déclencher sans que le comportement des gens ne soit en cause : il y a deux raisons, la cinétique propre du virus respiratoire, surtout en hiver, propice à ce type de pic, mais aussi, les variants, et en particulier le variant anglais, qui semble être plus contagieux et en France, en trois semaines, on est passé d’environ 1% à 10% des nouveaux cas, et cela ne fait qu’augmenter (en région parisienne, il est déjà à 30%).

C’est ce que dit Axel Kahn : « Un pic épidémique pourrait être provoqué par l’augmentation du pourcentage du variant. ». Selon le professeur Arnaud Fontanet, de l’Institut Pasteur, le variant anglais risque d’être bientôt majoritaire en France : « Avec cette trajectoire, on atteindra 30-35% à la mi-février et il sera majoritaire vers le 1er mars. ».

Autre élément de réflexion, un rapport de l’économiste Nicolas Bouzou précise que les causes de la dégradation économique ne sont pas le confinement à proprement parler, mais surtout la contamination des personnes qui travaillent, en particulier parce que leur absence pour maladie désorganise complètement les entreprises et administrations par le grand nombre. Le nombre d’absences pour covid-19 (contaminés ou cas contacts) est d’ailleurs un élément clef de connaissance concrète de la situation épidémique, connu des DRH.

Plus généralement, les conséquences économiques des deux premiers confinements ont surpris positivement. Dans un article de "L’Opinion" du 4 février 2021, la journaliste Jade Grandin de l’Eprevier a analysé les conséquences économiques d’un éventuel  troisième confinement : « Cela veut-il (…) dire qu’un troisième confinement ne serait pas si grave pour l’économie ? Techniquement, l’impact ne pourrait pas être pire qu’au deuxième. Le télétravail est rentré dans les mœurs. Depuis l’automne, la corrélation entre le temps passé chez soi et les pertes d’activités est moins étroite, alors qu’elle était presque parfaite auparavant. ». Et de citer Nicolas Bouzou : « Je pense que l’impact négatif du stop-and-go est psychologique plus qu’économique. Des restaurateurs, directeurs de théâtre ou de salles de sport me disent : "Avec les aides, économiquement, on peut tenir. Mais psychologiquement, on ne tient plus". On est en train de perdre des gens, comme le montrent les hausses de consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques. ».

Le pari d’Emmanuel Macron, c’est qu’il n’y ait pas un nouveau pic, mais le pari est doublement risqué : d’une part, parce que la situation actuelle est, comme le rappelle Axel Kahn, intolérable (trop de morts, trop de malades, trop de séquelles) ; d’autre part, parce qu’un pic ne partirait pas d’un "faible bruit", de zéro, comme en mars 2020, mais d’un niveau déjà très élevé, d’environ 20 000 à 25 000 nouveaux cas quotidiens. Une flambée maintenant signifierait probablement un pic qui irait beaucoup plus haut qu’en mars et avril derniers.

Certains considèrent qu’il faudrait "territorialiser" les mesures sanitaires (j’y reviendrai), car si la Bretagne est beaucoup moins touchée encore, la région parisienne est dans une situation de pire en pire au fil des jours, ce qui expliquent l’alarme des médecins hospitaliers parisiens. Le maire de Metz, François Grosdidier, a même réclamé le confinement pour sa ville ou son département.

Les plus timides parmi les médecins hospitaliers ne veulent pas parler de confinement qui est une mesure politique et pas sanitaire mais contestent la possibilité de partir en vacances dans toutes les régions de France. Ainsi, Axel Kahn a déclaré : « Les départs en vacances sont un moyen d’homogénéiser tout, y compris le variant anglais. ». Avec la confirmation, le 4 février 2021, du non confinement par Jean Castex, l’infectiologue Benjamin Davido a exprimé son inquiétude : « C’est une stratégie qui a le mérite d’être innovante et qui évite un énième confinement pour le moment (…). [Mais] la stratégie de ne pas limiter les déplacements [entre les régions pendant les vacances de février] me semble un pari très risqué parce qu’on sait que les deux vagues qu’on a connues font suite successivement à des périodes de vacances scolaires sur un large temps ; en février 2020, et cet été, avec la deuxième vague. ».

Le professeur Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à La Pitié-Salpêtrière, auteur de plus de 600 publications scientifiques (c’est un argument d’autorité utilisé aussi par d’autres !), l’a d’ailleurs dit clairement le 5 février 2021 : « La seule façon de casser l’épidémie, c’est de confiner totalement. ». En réaction à la conférence du presse de Jean Castex du 29 janvier 2021, il avait dit : « C’est reculer pour moins bien sauter. ». La situation actuelle avec couvre-feu et mise sous cloche de toutes les activités culturelles, de restauration, etc. n’est pas économiquement satisfaisante et coûte cher, mais quand s’arrêtera-t-elle sans perspective ? Selon lui, il serait économiquement plus bénéfique de faire un confinement strict pendant trois semaines et de faire baisser ce plateau beaucoup trop élevé en réduisant le taux d’incidence de 210 (actuellement) à 50 nouveaux cas par semaine pour 100 000 habitants que de laisser flotter l’épidémie comme maintenant. Ce serait économiquement plus judicieux selon lui.

_yartiCovidCI03

Un autre grand expert aussi s’est prononcé clairement pour un nouveau confinement. L’épidémiologiste Arnaud Fontanet a déclaré au "Journal du dimanche" du 7 février 2021 : « Sans confinement, les chances de contrôler l’épidémie sont minces. ».

Plus alarmant encore, le docteur Bruno Riou, directeur médical de crise de l’AP-HP, s’est aidé de Churchill en s'adressant aux 100 000 soignants parisiens : « En tant que directeur médical de crise de l’Assistance Publique, ma mission est avant tout de mobiliser au maximum toutes les forces de l’AP-HP mais je crois aussi n’avoir à proposer qu’un discours churchillien sur le sang et les larmes. ».

Avec la situation actuelle, c’est environ 10 000 à 15 000 décès supplémentaires par mois qu’il faudra hélas comptabiliser sans changement notable. C’est inacceptable ! À ce dimanche 7 février 2021, il y a déjà 78 965 décès, 27 694 personnes hospitalisées pour covid-19, 3 272 patients en réanimation et 19 715 nouveaux cas détectés. Cette situation est plus ou moins stable depuis deux mois. Elle coûte beaucoup en vies humaines.

La vaccination est heureusement un bout du tunnel, mais pas à court terme. Au 6 février 2021, 1 866 091 Français ont été déjà vaccinés, dont 243 550 avec une deuxième dose. C’est très loin des 60% de la population totale, mais le rythme n’a rien de calamiteux non plus.

À Emmanuel Macron de prendre la décision la plus sage, c’est-à-dire, celle qui sera la plus économe en vies humaines.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 février 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : inquiétudes médicales sur le pari d’Emmanuel Macron.
Axel Kahn.
Procrastination ?
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 janvier 2021 à l’Élysée (texte intégral).
Faut-il confiner seulement les personnes âgées ?
Katalin Kariko.
Li Wenliang.
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Agnès Buzyn.
Pandémie de covid-19 : plus de 2 millions de décès et une poignée de néo-négationnistes.
Covid-19 : faut-il rapidement un troisième confinement ?
7 questions sur les vaccins contre le covid-19.
Remdesivir : la polémique qu’on n’a pas eue en France…
Les messes à l’épreuve du covid-19.
Nouvelles attestations de déplacements à partir du 28 novembre 2020 (à télécharger).
Il regarde le soleil dans tes yeux !
Pâques 2020, le coronavirus et Dieu…
Covid-19 : faut-il rendre contraignant l’isolement des personnes contaminées ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 24 novembre 2020 (texte intégral et vidéo).
Le calendrier de l’Avent du Président Macron.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

_yartiCovidCE02



https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210207-covid-co-pari.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-inquietudes-medicales-sur-230796

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/02/07/38802284.html










 

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 03:01

« La progression des variants dits anglais et sud-africains fait peser un fort risque d’accélération de l’épidémie. La question d’un confinement se pose légitimement compte tenu de ces données, mais nous en connaissons l’impact très lourd pour les Français sur tous les plans. Ce soir, nous considérons, au regard des chiffres des derniers jours, que nous pouvons encore nous donner une chance de l’éviter. » (Jean Castex, le 29 janvier 2021).


_yartiCastexE01

La communication du pouvoir exécutif s’est accélérée en fin de semaine : annonce surprise de la tenue d’un Conseil de défense à l’Élysée à 18 heures ce vendredi 29 janvier 2021 (après celui du 27 janvier 2021), puis, deux heures et demie plus tard, conférence de presse très brève du Premier Ministre Jean Castex au Palais de l’Élysée (texte ici) pour dire que finalement, la France ne va pas confiner pas. Pour le moment.

Passons rapidement sur la forme. C’est assez exceptionnel que le Premier Ministre s’exprimât au Palais de l’Élysée. D’habitude, il s’exprime chez lui, à Matignon. Néanmoins, ce n’est pas la première fois. Déjà le 23 octobre 2020, c’était le cas. Cela laisse cependant entendre que Jean Castex s’est rendu aux arguments de l’Élysée.

En effet, depuis plusieurs semaines, on parle de deux camps au sein de l’Exécutif. Il y aurait ceux qui sont partisans de resserrer les mesures sanitaires pour éviter une hausse très forte des contaminations, ce serait le cas notamment du Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran et du Premier Ministre Jean Castex. Et puis, il y aurait ceux qui ne voudraient à aucun prix d’un troisième confinement, en particulier le Président de la République Emmanuel Macron, le Ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire et le Ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer.

Juste avant Noël 2020, Emmanuel Macron avait laissé entendre à des journalistes qu’il n’était pas question d’hypothéquer l’année 2021 sur le covid-19 et qu’il voulait aussi continuer à faire des réformes, notamment sur le séparatisme et sur l’écologie. Avec un nouveau confinement, qu’il a qualifié de "médiéval" lors des vœux aux journalistes il y a quelques semaines, ce serait la nature même de son quinquennat qui serait remise en cause. Il aurait donc voulu avoir toutes les informations, notamment sur le variant anglais et sur les effets du couvre-feu à 18 heures avant de prendre sa décision.

Dans une conférence de presse le 28 janvier 2021, Olivier Véran avait déjà annoncé que l’effet du couvre-feu était positif mais pas suffisant et donc, que le statu quo ne pouvait perdurer. Il y a eu une sorte de pression médiatique sur le pouvoir, il était d’abord question d’une intervention télévisée d’Emmanuel Macron le mercredi de cette semaine, puis de la semaine prochaine, puis le lundi soir, puis le dimanche soir… Il était absolument nécessaire de communiquer avant le début du week-end pour éviter toute amplification de rumeurs, ruminations et autres râleries…

Malgré la décision de ne pas confiner immédiatement, il fallait bien prendre quelques mesures supplémentaires. Par exemple, fermer les frontières. Mais l’impact sur l’épidémie sera très faible : le virus est déjà dans nos frontières et c’est sa circulation qu’il faut stopper. La seule mesure qui pourrait avoir un (très léger) impact serait la fermeture des centres commerciaux non alimentaires de plus de 20 000 mètres carrés. Mais est-ce suffisant pour faire redescendre les courbes ? Déjà, l’organisation professionnelle des centres commerciaux a protesté : pourquoi eux ? Chaque mesure est arbitraire et ceux qui sont touchés trouvent injuste ce genre de mesure de fermeture (restaurants, remontées mécaniques, théâtres, cinémas, etc.).

La décision, provisoire, insistons sur cet aspect, est donc plus que décevante. Tous les médecins hospitaliers le disent depuis le début du mois de janvier 2021 : la situation est mauvaise, c’est un "faux plateau" (Olivier Véran la veille avait parlé d’un "plateau montant" ce qui est un oxymore : c’est soit stable soit en hausse, pas les deux à la fois). Au 29 janvier 2021, il y a 3 130 personnes malades en réanimation, soit 271 nouvelles entrées, 27 308 personnes hospitalisées, soit 1 820 nouvelles entrées, cela monte rapidement. Le nombre de décès aussi, il y a environ 500 décès par jour (820 le 29 janvier 2021, mais en prenant en compte les décès dans les EHPAD qui ne sont comptabilisés que deux fois par semaine). En tout, il y a eu 75 620 décès dus au covid-19 en France depuis le début de la pandémie.

Certes, il y a eu une bonne nouvelle : on s’attendait à un pic épidémique après les fêtes de fin d’année et cela n’a pas été le cas grâce à la grande prudence des Français. La montée est réelle mais lente et pas (encore) exponentielle. Le problème, c’est qu’en cas de pic épidémique, on partira de très haut et pas de zéro comme en mars 2020.

_yartiCastexE02

C’est sûr que la décision est douloureuse à prendre, mais un troisième confinement est inéluctable. Plus il commence tôt dans la montée, plus il sera court. Plus on attend, plus il sera long. C’est assez inexplicable qu’on n’ait donc pas pris la bonne décision dès maintenant. De quoi a-t-on peur ? De "l’opinion publique" ? Les sondages disent en gros que la moitié des Français serait d’accord avec un troisième confinement (l’autre moitié pas d’accord), donc, dans tous les cas, la décision sera critiquée, contestée. En revanche, les sondages disent qu’environ 95% des Français seraient prêts à accepter ce troisième confinement, c’est-à-dire le respecteraient, même s’ils ne l’approuvaient pas.

Plus on attend, moins on en aura "fini", du moins pour cette troisième vague. Sans compter que les variants sont "dangereux", pas seulement les variants anglais et sud-africains, mais d’autres, peut-être un "variant français" (on parle aussi du variant brésilien qui fait de gros dégâts dans certaines zones urbaines du Brésil, et plus récemment du variant californien) : plus le virus circule, plus il mute, il y a donc une véritable course de vitesse. Plus on attend le confinement, plus l’économie et le moral des Français en pâtiront car on restera dans une sorte de situation entre-deux, mi-confiné (le soir, pour les sorties culturelles, amicales) et mi-libre. Faire tout à moitié n’est pas une solution efficace.

Temporiser ? Reculer pour mieux sauter ? Attendre le début des vacances de février pour commencer le troisième confinement sans fermer les écoles mais en prolongeant les vacances ? La suite est hélas connue. Dans quelques jours, le gouvernement sera obligé de réviser sa stratégie et devra prendre des mesures plus fortes.

Insistons aussi sur le fait qu’on aura beau investir dans le système de santé, dans le personnel soignant, dans les services de réanimation, cela ne changerait rien au problème. Cela donnerait moins de tension aux soignants mais sur le plan éthique, cela ne changera rien car un tiers des patients en réanimation n’en sort pas vivant. À ce rythme-là, dans cent jours (mi-mai 2021), sans nouveau pic épidémique, il y aurait 50 000 décès de plus, soit un total de 125 000… Ce qu’il faut, ce n’est pas augmenter les capacités en réanimation. Ce qu’il faut de toute urgence, c’est réduire au maximum le nombre des entrées.

Certains pensent aussi que le gouvernement cherche à temporiser pour avoir le temps de vacciner le plus de personnes possible. C’est un contresens. Il n’y a absolument aucune relation entre la situation sanitaire d’aujourd’hui et la campagne actuelle de vaccination. L’objectif de cette campagne de vaccination, ce serait plutôt d’empêcher un reconfinement en septembre ou octobre 2021, certainement pas en février ou mars 2021. Pour qu’il y ait un impact sur la situation épidémique, il faut qu’il y ait au moins 80% des personnes vulnérables vaccinées (pour éviter la saturation dans les hôpitaux et réduire la mortalité) et pour freiner la circulation du virus, il faudrait vacciner 80% de la population totale, on en est loin !

Cependant, l’objectif du gouvernement présenté lors du débat parlementaire du 16 décembre 2020 a été largement dépassé : à la fin du mois de janvier 2021, avoir vacciné 1 million de personnes. Au 29 janvier 2021, 1 447 155 personnes ont reçu une première dose et au moins 24 201 une seconde dose. J’applaudis d’ailleurs la décision du gouvernement de continuer à suivre scrupuleusement le protocole avec deux doses, afin de préserver la sécurité de la protection vaccinale malgré les grandes tentations de vouloir faire du nombre (surtout avec les problèmes actuels d’approvisionnement), au risque de ne protéger personne.

Chaque jour, il y a entre 20 000 et 25 000 nouveaux cas de contamination détectés. La proportion du variant anglais est passée de 1,4% à 9% en deux semaines, c’est très rapide. Le taux de reproduction effectif était de 1,1 le 23 janvier 2021 (dernier calcul disponible). Tant qu’il n’est pas inférieur à 1, l’épidémie ne peut qu’empirer. Des quelques nouvelles mesures proposées, aucune ne semble permettre de réduire ce taux de reproduction effectif.

La déclaration de Jean Castex a peut-être permis de réduire la pression qui pesait sur Emmanuel Macron, mais seulement momentanément ; un nouveau rendez-vous est déjà pris avant à la fin de la semaine prochaine. Et il faudra alors prendre la décision qui s’impose. Le courage, c’est d’anticiper, jamais de fuir en avant. Je le rappelle, il est question ici de plusieurs dizaines de milliers de vies humaines. Là est la solidarité.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 janvier 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Procrastination ?
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 janvier 2021 à l’Élysée, sur les nouvelles mesures sanitaires contre le covid-19 (texte intégral).
Faut-il confiner seulement les personnes âgées ?
Katalin Kariko.
Li Wenliang.
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Agnès Buzyn.
Pandémie de covid-19 : plus de 2 millions de décès et une poignée de néo-négationnistes.
Covid-19 : faut-il rapidement un troisième confinement ?
7 questions sur les vaccins contre le covid-19.
Remdesivir : la polémique qu’on n’a pas eue en France…
Les messes à l’épreuve du covid-19.
Nouvelles attestations de déplacements à partir du 28 novembre 2020 (à télécharger).
Il regarde le soleil dans tes yeux !
Pâques 2020, le coronavirus et Dieu…
Covid-19 : faut-il rendre contraignant l’isolement des personnes contaminées ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 24 novembre 2020 (texte intégral et vidéo).
Le calendrier de l’Avent du Président Macron.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

_yartiCastexE03




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210129-castex.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/procrastination-230596

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/01/29/38787104.html







 

Partager cet article
Repost0

Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


Pour mettre la page en PDF :
Print


 




Petites statistiques
à titre informatif uniquement.

Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


3 476 articles publiés.

Pages vues : 836 623 (total).
Visiteurs uniques : 452 415 (total).

Journée record : 17 mai 2011
(15 372 pages vues).

Mois record : juin 2007
(89 964 pages vues).