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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 03:38

« Aussi, je m’adresse à vous ce soir pour vous dire qu’il nous faut poursuivre nos efforts. Quels sont nos objectifs ? Sauver des vies au maximum, maîtriser l’épidémie, tout en prenant en compte à chaque fois, au mieux, les autres malades, l’isolement de certains, notre économie, et ce qui fait la vie : l’éducation, la culture, le sport, notre art de vivre. Adapter la réponse aux territoires. » (Emmanuel Macron, le 24 novembre 2020 à l’Élysée).



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Annoncée depuis une semaine, l’allocution télévisée que le Président Emmanuel Macron a prononcée ce mardi 24 novembre 2020 à 20 heures a eu le mérite de répondre à de nombreuses questions à propos de la fin du reconfinement. Lui-même était un peu gêné d’avoir précisé autant de détails mais c’était demandé par tout le monde.

La réaction à cette intervention, la tonalité générale, ce fut une sorte de remerciement, du genre : au moins, là, on est fixé, on peut voir l’avenir. Et de rajouter : pas comme avant. Le problème, c’est qu’Emmanuel Macron, tout Président de la République qu’il est, n’a jamais été madame Soleil et par conséquent, était incapable de savoir, du reste comme tous ses contemporains, diplômés ou pas en médecine, quelle pouvait être l’évolution de l’épidémie en France, notamment lors du début de la seconde vague.

La "chance" du Président Macron, et il faut bien insister là-dessus, c’est une chance, c’est que les mesures restrictives, à savoir le reconfinement, mais une semaine auparavant, le couvre-feu, ont eu des conséquences très heureuses sur la circulation du virus, plus heureuse que la plus optimiste des prévisions (comme quoi, le pire n’est jamais certain). Notamment sur le nombre d’occupation des lits de réanimation qu’on imaginait aller jusqu’à 9 000 au milieu du mois de novembre 2020 et qui n’ont "même pas" atteint le seuil des 5 000 à la même date.

Cela montre une très grande efficacité des mesures sanitaires prises ainsi qu’une meilleure prise en charge : « Nous redoutions des chiffres bien pires encore. Et nous les avons évités. D’une part, car nos efforts, vos efforts, ont payé. L’esprit civique dont vous avez fait preuve a été efficace. Et d’autre part, parce que nous avons appris à mieux prendre en charge et traiter les patients atteints pour éviter certaines formes graves qui auraient frappé nos concitoyens et pesé encore plus sur nos services de réanimation. (…) C’est tous ensemble que nous avons obtenu ces résultats. C’est tous ensemble que nous avons sauvé des vies. ».

Quand on regarde les courbes, il faut toujours avoir à l’esprit les retards : d’abord le nombre de cas de nouvelles contaminations augmente, puis, le nombre d’hospitalisations au bout de deux semaines environ, puis le nombre de décès (environ un tiers des personnes soignées en réanimation, ce qui reste énorme) arrive encore une ou deux semaines plus tard.

On se retrouve ainsi dans une situation plutôt favorable mais pas idéale : le nombre de nouvelles contaminations semble diminuer depuis le 6 novembre 2020 (mais pas encore suffisamment), le nombre d’hospitalisations, qui a atteint un sommet plus haut qu’au printemps (33 500), est aussi en train de baisser depuis le 16 novembre 2020, ainsi que le nombre de lits de réanimation occupés par un malade du covid-19.

En revanche, le nombre de décès quotidiens continue hélas à rester très fort, de l’ordre de 400 à 600 par jour en moyenne (voire plus), si bien qu’au moment même de l’allocution présidentielle, le seuil des 50 000 décès du covid-19 a été franchi (exactement 50 237 au 24 novembre 2020), l’Italie l’avait atteint la veille. En lits de réanimation, on est encore loin du nombre au moment du début du déconfinement le 11 mai 2020 (environ 2 300, alors que le 24 novembre 2020, c’est encore 4 289 personnes qui sont en réanimation).

La "chance", comme je répète, c’est que l’épidémie a mieux "réagi" que prévu aux mesures sanitaires, et cela malgré quelques incartades (des jeunes qui font la fête, mais le scandale, ce n’est pas l’impatience de ces jeunes, ce sont ceux qui veulent exploiter ce genre d’événements en monnayant très cher l’organisation de ces fêtes clandestines).

Le risque est donc double. D’une part, que la pente de descente soit très faible, en raison de l’hiver qui arrive. Plus la pente est faible, plus le nombre de décès est fort. D’autre part, qu’une troisième vague survienne à la fin du deuxième confinement, qui rendrait alors obligatoire un troisième confinement (et une augmentation des dépressions). Cette troisième vague est possible notamment avec les fêtes de fin d’année. L’Ontario, une région du Canada qui n’était pas très touchée par la pandémie, a dû confiner sa population après le 12 octobre en raison d’une fête familiale (Thanksgiving) qui a fait exploser le nombre de nouvelles contaminations à cause de nombreux rassemblements privés. Et puis, l’hiver en lui-même, comme en fin septembre, peut refaire exploser la pandémie, en janvier ou en février.

L’hypothèse de la descente faible n’impacterait pas sur le système de santé mais sur la mortalité. Elle resterait évidemment regrettable mais elle ne serait pas ingérable. L’hypothèse d’une troisième vague serait en revanche un nouveau cauchemar, tant pour le gouvernement que pour la population. Le Stop and Go aurait de quoi rendre fous, en particulier ceux qui sont le plus touchés économiquement par la crise sanitaire.

C’est pourquoi le gouvernement ne souhaite pas "déconfiner", du moins, "déconfiner" trop vite, et même, sémantiquement déconfiner : le mot est trop porteur de soulagement, d’insouciance, comme l’été dernier, pour pouvoir être repris. Pourtant, je pense que le déconfinement a été fait dans des conditions satisfaisantes : des mesures plus restrictives en juin ne s’imposaient pas au vu de l’évolution positive de l’épidémie à cette époque. Il était par exemple indispensable de faire rentrer les écoliers dans les écoles avant les grandes vacances.

C’est pour cela que les mesures que vient de prescrire le docteur Macron ne sont pas très agréables. Certes, il est question de "desserrer" le confinement, mais il ne s’agit pas encore de déconfiner. Et cela en trois temps (trois temps dont deux sous conditions d’évolution positive de l’épidémie).

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La première date est une sorte de cadeau de Noël avant l’heure : à partir du samedi 28 novembre 2020 au matin, les petits commerces pourront rouvrir dans des conditions sanitaires très strictes. Rebonjour donc aux libraires, coiffeurs, etc. Les messes pourront aussi reprendre (j’y reviendrai probablement) mais limitées à 30 dans une église (sans condition de taille de l’église, pourtant, entre une petite chapelle et une cathédrale, il y a de la marge). Les jeunes pourront retourner faire du sport en plein air. Et probablement la mesure que savourera tout le monde : la promenade quotidienne passe de 1 heure à 1 kilomètre de chez soi à 3 heures à 20 kilomètres de chez soi. On pourra donc prendre sa voiture autrement que pour aller au travail, faire ses courses ou honorer un rendez-vous médical.

La deuxième date est peut-être la plus importante pour tout le monde : le mardi 15 décembre 2020, l’attestation dérogatoire de déplacement ne sera plus obligatoire pour circuler dans la journée. Le confinement obligatoire sera donc terminé (toujours sous réserve de l’évolution de l’épidémie) mais il restera vivement recommandé. Seule contrainte, un couvre-feu entre 21 heures et 7 heures du matin, qui avait montré des premiers effets positifs à Paris (c’est la raison d’une meilleure évolution de l’épidémie à Paris par rapport à Lyon, par exemple). Cette date est juste avant le début des vacances de Noël. Le couvre-feu sera levé exceptionnellement les deux nuits de réveillon, du 24 au 25 décembre 2020 et du 31 décembre 2020 au 1er janvier 2021. Je recommanderais ainsi aux "touristes" des églises de laisser les croyants pratiquants seuls dans les églises la nuit de Noël puisque le nombre de participants restera limité. Les spectacles, les cinémas, théâtres, musées, etc. pourront rouvrir. Les  jeunes pourront refaire du sport en salle.

Enfin, un troisième rendez-vous est fixé au mercredi 20 janvier 2021. Pourquoi le 20 janvier ? Parce que trois semaines seront passées depuis les fêtes de fin d’année, ce qui permettra de voir le comportement du virus après le "relâchement" incontournable de la fin d’année. Si l’épidémie ne repart pas à la hausse, alors les restaurants pourront ouvrir.

Donner une perspective de deux mois n’était pas évident pour Emmanuel Macron. Comme je le répète, il a eu la chance d’une baisse significative des hospitalisations, ce qui lui permettait d’organiser calmement le second déconfinement (il a appelé cela le "confinement adapté"). Même si cette perspective n’est pas heureuse par exemple pour les restaurateurs qui ne pourront pas profiter de la période de Noël, elle leur donne un horizon à quoi s’attendre. C’est mieux que le brouillard qu’ils avaient depuis la fin de l’été.

Des mesures de soutien économique sont prises en parallèle pour préserver tout le tissu économique des secteurs très touchés encore par ces mesures (notamment les stations de ski qui ne pourraient pas ouvrir avant janvier 2021). Le gouvernement a aménagé l’aide, notamment en proposant 20% du chiffre d’affaires de l’année 2019, au lieu des 10 000 euros du fonds de solidarité qui pourrait être trop faible pour les grands restaurants, par exemple (en plus des mesures de chômage partiel et d’autres mesures fiscales, financières et sociales). D’autres mesures de soutien seront annoncées, mais dans tous les cas, les entreprises souhaitent vivre de leur travail et pas de l’assistance gouvernementale.

Il faut aussi saluer l’idée du Ministre de l’Économie Bruno Le Maire de la semaine dernière qui a réussi à convaincre les gros, non seulement les grands distributeurs français (hypermarchés) mais aussi les gros du e-commerce, en particulier Amazon, de reporter le "Black Friday" (une journée de promotion exceptionnelle venue des États-Unis, le lendemain de Thanksgiving) du 27 novembre au 4 décembre 2020. Et cela en échange du week-end prochain d’ouverture des commerces (au lieu du 1er décembre).

Dans son allocution, Emmanuel Macron a donc proposé son calendrier de l’Avent. Le Président du Sénat Gérard Larcher avait rappelé la veille, sur LCP, l’importance pour les chrétiens de la période de l’Avent, environ un mois avant Noël. En fait, il y a eu bien pire puisque la période liturgique la plus importante des chrétiens, c’est le Carême, avant Pâques, et les messes ont été interdites pendant presque tout le Carême et surtout, pendant la Semaine Sainte et Pâques. Mais Dieu n’a jamais considéré que la messe était plus importante que la protection des vies humaines (mais j’y reviendrai).

Dire quoi ne suffisait pas. Il fallait aussi dire comment pouvoir se tenir à ce calendrier finalement ambitieux : comment conserver cette tendance à la baisse de l’épidémie. Emmanuel Macron n’a pas tergiversé et a énuméré les trois "outils" que le pays a à sa disposition.

Le premier outil, c’est le sens des responsabilités. C’est le comportement de chacun qui fera l’évolution de l’épidémie. C’est plus ou moins vrai : l’explosion de la fin septembre n’a pas été la conséquence d’une explosion de mauvais comportements. Néanmoins, respecter les gestes barrières, porter le masque, protéger les plus faibles, en particulier les plus âgés, ses parents, grands-parents, reste un devoir à la fois de responsabilité et de solidarité. Mais il est très insuffisant, même si les bons résultats d’aujourd’hui sont aussi le fait du respect très majoritaire des règles du confinement.

Le deuxième outil, c’est la règle pour contrôler l’épidémie (quand on ne contrôle plus l’épidémie, on confine : cela dépend du nombre de nouveaux cas par jour). La règle ici a un peu évolué par rapport aux précédentes interventions présidentielles : tester, alerter, protéger, soigner. Auparavant, c’était : tester, tracer, isoler, soigner. Je reste sur les deux changements de vocabulaire. Alerter, avec l’application gouvernementale TousAntiCovid permettant d’alerter les cas contacts : 10 millions de personnes ont déjà téléchargé l’application.

Protéger, c’est protéger la population des personnes contaminées. Il s’agit là d’un isolement avec plus de contrainte. J’y reviendrai car la question est particulièrement sensible et complexe. Seule chose positive annoncée à ce sujet : cela devra faire l’objet d’un débat parlementaire. Aux parlementaires, donc, de prendre leurs responsabilités le moment venu (c’est-à-dire, après le confinement).

Enfin, le troisième outil est le plus prometteur, celui qui pourrait nous débarrasser du virus de manière efficace sinon définitive : la vaccination. Emmanuel Macron n’a pas évoqué les différents types de vaccin mais a tenu à parler de quatre points très sensibles.

Premier point, le gouvernement a sécurisé l’achat d’un nombre de doses suffisant à permettre la vaccination de toute la population. C’est un point important et très favorable à un retour à l’esprit européen. Pas question de renouveler la pénurie de masques et autres équipements de sécurité ou de traitement (respirateurs, etc.).

Deuxième point, le gouvernement garantira la sécurité sanitaire des vaccins : pas question d’utiliser des vaccins qui n’ont pas été testés selon la réglementation très stricte en vigueur (phase 3 des essais cliniques), cette sécurité sanitaire ne sera pas court-circuitée par l’urgence et par la précipitation. Pour éviter toute suspicion, Emmanuel Macron propose d’adjoindre au comité scientifique chargé du sujet un comité de citoyens qui pourra vérifier toutes les informations et tests, cela de manière transparente. Qui pourrait mieux faire ?

Les termes précis d’Emmanuel Macron sont les suivants : « Un comité scientifique sera chargé du suivi de la vaccination. Un collectif de citoyens sera aussi mis en place pour associer plus largement la population. Je tiens à ce que celle-ci se fasse dans un cadre totalement transparent. La vaccination doit se faire de manière claire, transparente, en partageant à chaque étape toutes les informations : ce que nous savons, comme ce que nous ne savons pas. ». Sur le papier, c’est séduisant, mais je doute que la réalité concrète soit avec la même tonalité.

Troisième point, sans doute le plus attendu de toute l’allocution, il ne sera jamais question de rendre obligatoire le vaccin contre le covid-19. Donc, complotistes de tous poils, inutile de s’époumoner, les anti-vaccin pourront ne pas se protéger ni protéger les autres (car un vaccin n’est pas seulement une protection individuelle). Du reste, l’obligation serait très contreproductive.

Enfin, quatrième point, Emmanuel Macron a annoncé que les premières vaccinations pourraient avoir lieu dès la fin du mois de décembre 2020 ou début du mois de janvier 2021 (sous réserve de validation des autorités de santé). En cela, la France n’aura pas à rougir, elle fera partie, comme l’Europe, parmi les premiers pays à pouvoir se faire vacciner. C’était de l’anticipation.

Attention toutefois aux fausses joies : au-delà de la protection individuelle (à l’efficacité indiquée dans les essais cliniques et pour une durée encore inconnue), la protection collective du vaccin n’aura aucun effet sur l’épidémie avant au moins six mois. En effet, pour atteindre l’immunité collective, il faudrait vacciner environ 70% à 80% de la population. Ne serait-ce que d’un point de vue matériel et humain, il faudra plusieurs mois pour réaliser une vaccination à si grande échelle. Elle reste pourtant l’idéal pour vaincre la pandémie. Rappelons-nous que depuis le début de la pandémie, la France n’a fait que 20 millions de tests PCR (20 084 917 exactement au 24 novembre 2020). Combien de temps faudra-t-il pour vacciner environ 50 millions de personnes avec deux doses ?

C’est pourquoi le risque d’une troisième vague avant avril 2021 est tout à fait réel et elle pourraut entraîner un troisième confinement dont personne ne voudrait (pas plus que les deux précédents). Il reste donc indispensable de s’en tenir à la responsabilité des comportements individuels. L’image d’une épidémie comme d’un feu de brousse est pertinente : on peut croire l’avoir vaincue, l’avoir éteint, et en un rien de temps, pour un détail, le feu peut reprendre et embrasser tout le territoire.

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Une fois encore, Emmanuel Macron a montré qu’il a pris ses responsabilités et il faut se demander ce que les autres, ses concurrents, auraient fait à sa place, à part des yaka et des fokon : « Toutes ces décisions sont le fruit de larges consultations (…). Elles sont éclairées par la science. Il y a certes beaucoup de choses que nous ne maîtrisons pas mais j’assume pleinement les décisions que je vous expose aujourd’hui et j’assume de les prendre pour vous protéger au maximum dans ce contexte exceptionnel. ».

Une fois encore, Emmanuel Macron veut voir du positif dans la crise : « Cette épreuve qui dure depuis bientôt un an est difficile pour chacun de nous. Et nous ne sommes pas au bout. Et je ne veux pas que nous nous laissions aller ni à la résignation, ni à la colère. Je suis optimiste car toute crise comporte une part de progrès, une part d’espérance. (…) Il nous faudra consolider [les] forces que parfois nous ne soupçonnions pas et corriger [les] vulnérabilités que parfois nous ne voulions pas voir. Pour ce faire, nous devrons nous en remettre au savoir et à la science. Ne jamais céder au complotisme, à l’obscurantisme, au relativisme. ».

Il a conclu sur les valeurs qui unissent : « Tenons-nous ensemble autour de nos valeurs, autour de notre Historie, dans cet attachement à notre démocratie, à notre humanisme qui demeurent, aujourd’hui comme hier, nos plus sûrs atouts. ».

Je ne doute pas que les antimacronistes chroniques critiqueront une fois encore la prestation présidentielle. Avant son intervention, Emmanuel Macron avait déjà gagné 11 points dans un sondage de popularité. Dans sa très grande majorité, le peuple français a compris l’enjeu sanitaire des mesures restrictives. Il sait que ce n’est pas une dictature. Il sait aussi que santé et économie ne doivent pas être mises en opposition, et qu’il ne s’agit pas de se tromper d’adversaire : la lutte, ce n’est pas une lutte politicienne, c’est une lutte urgente contre un virus qui a déjà beaucoup trop tué (1,4 million de personnes) et qui, hélas, va encore tué beaucoup de monde dans les mois prochains. Que les paranos et les aveugles se taisent et aillent faire une visite dans un service de réanimation, ce sera toujours très instructif pour ceux qui doutent encore de la gravité de la catastrophe sanitaire.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 novembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 24 novembre 2020 (texte intégral et vidéo).
Le calendrier de l’Avent du Président Macron.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

_yartiMacron2020112404




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201124-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/le-calendrier-de-l-avent-du-228976

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/11/22/38666757.html









 

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 03:03

« Le déclin de la confiance envers les scientifiques s’est produit depuis le début de l’épidémie dans un contexte de mise en scène médiatique des oppositions scientifiques. S’il est normal de pouvoir avoir un débat sur les stratégies gouvernementales de lutte contre l’épidémie, il est cependant nécessaire de ne pas céder à la facilité et rappeler quelque chose de fondamental : les arguments scientifiques doivent reposer sur des faits et non sur des élucubrations. » (Rapport de la Fondation Jean Jaurès du 17 novembre 2020).



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Dans ce rapport sans concession de la Fondation Jean Jaurès intitulé "Vaccins : la piqûre de défiance" publié le 17 novembre 2020, son auteur Antoine Bristielle poursuit : « Nos sociétés ne s’en porteraient que mieux qui certains médias se souvenaient de cela plutôt que de sombrer dans une recherche permanente du buzz, du clash et de l’audimat, en donnant à échéance régulière la parole à des individus pourtant connus pour leurs assertions ininterrompues de contrevérités. ».

Oui, effectivement, les médias ont une part déterminante dans la construction de l’insaisissable "opinion publique". Mon propos ici est d’évoquer les vaccins contre le covid-19 et ce qu’en disent les médias.

La pandémie de covid-19 poursuit son œuvre funeste : dans une semaine, la France dépassera probablement, hélas, le seuil énorme des 50 000 décès, soit près de 15 000 de plus depuis le début du reconfinement, et cela continuera encore car l’hiver va probablement accélérer la circulation du virus malgré le freinage du reconfinement qu’on ne pourra pas poursuivre indéfiniment. Dans sa conférence de presse, le directeur général de la santé, le professeur Jérôme Salomon a évoqué une hausse énorme des personnes en état dépressif, de l’ordre de 11% à la fin du mois de septembre à environ 21% au début du mois de novembre.

Et cette situation n’est pas étonnante. C’est plutôt de se dire que quatre cinquièmes de la population n’est pas (encore) en état dépressif qui serait étonnant. En effet, tant la pandémie elle-même, ses effets sanitaires (sur les malades, risques d’hospitalisation, de séquelles graves et de décès, de soi ou des proches) et ses effets sociaux (distanciation physique, absence de rencontre des proches, de contact, etc.) que de ses conséquences économiques (risques de chômage) et sociaux (incapacité à organiser l’avenir, de prévoir des projets personnels, ne serait-ce que la fête de Noël dans un mois, encore moins les vacances de l’été 2021), tous ces effets sont nécessairement générateurs d’anxiété et d’incertitudes, ce sentiment de ne plus du tout contrôler sa vie.

C’est pour cela que les bonnes nouvelles ont un goût particulier en cette période, celui de dire que, non, c’est vrai, on ne reviendra jamais au monde d’avant covid (le virus circulera encore dans deux ou trois ans), mais on peut quand même imaginer le bout du tunnel. Depuis le 9 novembre 2020, il y a maintenant des perspectives très concrètes de vaccins qui semblent à la fois efficaces et sans effets néfastes.

En effet, Pfizer/Biontech a ouvert le ballet en affirmant le 9 novembre 2020 (par la voix d’Albert Bourla, le patron de Pfizer) que son vaccin (à base d’ARN messager ; ARN = acide ribonucléique) avait une efficacité de 90%. Le 11 novembre 2020, la Russie (qui avait proposé le 7 novembre 2020 un partenariat industriel avec la France pour le produire) a communiqué pour dire que son vaccin Spoutnik V avait une efficacité de 92%. Le 16 novembre 2020, Moderna a affirmé de son côté que son vaccin avait 94,5% d’efficacité. Et ce mercredi 18 novembre 2020, Pfizer a rectifié l’efficacité de son vaccin à 95%.

À ces vaccins, ils faut aussi ajouter le vaccin chinois à base de virus inactivé développé par Sinovac Biotech (diffusé à très grande échelle, plusieurs centaines de milliers de personnes), ceux développés par Sanofi, AstraZeneca (en collaboration avec Oxford), Johnson & Johnson… Près d’une cinquantaine de candidats est déjà en tests cliniques et plus d’une centaine en phase préclinique.

Personne n’est évidemment dupe que ces communications, qui n’ont rien de publications scientifiques, que ces surenchères ont aussi une motivation commerciale et financière (l’un des patrons a même fait une plus-value de plusieurs millions de dollars, apparemment de manière tout à fait légale et la vente de ses actions était même prévue depuis l’été 2019, donc bien avant la pandémie de covid-19 et la course au vaccin), mais leur crédibilité est en jeu et si ces affirmations s’avéraient erronées, le retour de bâton serait bien plus douloureux que les quelques gains réalisés immédiatement.

J’ai lu que sur Facebook, certains internautes pensaient que lorsqu’on disait qu’un vaccin était efficace à 90%, cela signifiait que 10% des personnes vaccinées seraient mortes ! On voit à quel point l’information scientifique (encore plus médicale) doit être donnée au grand public avec la plus grande rigueur et précision.

Je précise donc que l’efficacité à 90% d’un vaccin, dans la phase 3 d’un test clinique (test à grande échelle, sur plusieurs dizaines de milliers de patients "cobayes"), cela signifie que lorsqu’il y a, au fil du temps, 100 personnes du groupe placebo qui ont été contaminées par le corovirus SARS-CoV-2, seulement 10 l’ont été issus du groupe des personnes vaccinées par le candidat vaccin. Plus la phase 3 du test clinique dure, plus on peut affiner les résultats puisqu’il y a, naturellement (et hélas), de plus en plus de contaminations au fil du temps (ces tests sont donc plus significatifs en période de pandémie qu’hors période pandémique ; sauf à inoculer le virus volontairement, ce qui est très contestable d’un point de vue éthique, et formellement interdit dans certains pays dont la France).

Pour se donner une idée de l’efficacité des autres vaccins, celui de la rougeole fait 97% (c’est un vaccin obligatoire) et celui de la grippe, selon les populations concernées et les années (souches différentes), l’efficacité varie entre 20% et 70%. Ce qui est rassurant dans les revendications des concepteurs de nouveaux vaccins, c’est qu’en dépassant 90%, le vaccin contre le covid-19 serait très bien classé dans l’efficacité. La vraie question, qui restera sans réponse au moins pendant une année, c’est : combien de temps ces nouveaux vaccins vont-ils nous protéger ? Avec le seuil : un an ou plus, ce ne serait pas difficile de faire une vaccination (éventuellement à deux doses) chaque année ; si c’était seulement 2 ou 3 mois, ce serait beaucoup moins intéressant. Là aussi, pour se donner une idée de comparaison, le vaccin contre la grippe dure 6 mois (d’où l’importance de ne pas se faire vacciner trop tôt dans la saison).

Je ne reprocherais pas à l’internaute de Facebook d’avoir eu une mauvaise compréhension du taux d’efficacité, car les journalistes souvent ne savent pas trop ce qu’ils disent et ne font souvent que répéter les communiqués de presse. Moi, quand on me sort un chiffre avec un %, je me demande toujours % de quoi ? quel est le nombre du numérateur et le nombre du dénominateur. Un exemple simple pour les chimistes : quand on dit qu’un matériau est composé de x% d’un élément, ce n’est pas suffisant pour comprendre. Parle-t-on d’une composition massique (% entre les masses), volumiques (entre les volumes) voire molaire (% entre nombre de moles).

Or, hélas, lorsque la science fait irruption dans les informations générales (ce qui est nécessaire pour parler de la pandémie), ce ne sont pas des journalistes scientifiques qui en parlent (et parfois, de toute façon, ils n’en parlent pas mieux que les autres), mais des journalistes "polyvalents" (c’est-à-dire qui ne savent rien sur tout).

J’ai ainsi entendu deux réflexions de journalistes qui m’ont particulièrement agacé car l’information était disponible, mais la paresse intellectuelle des journalistes me navre beaucoup (ils diront qu’ils n’ont pas le temps : alors, qu’ils le prennent, au lieu de bavasser inutilement !). Là encore, je ne reproche pas aux non journalistes leur ignorance ou même leur opinion biaisée car tout le monde a le droit de se tromper ou de ne pas savoir, mais je le reproche aux journalistes dont c’est la principale mission (c’est la signification du mot média) : faire l’intermédiaire entre la connaissance (pure et incompréhensible au profane) et le grand public (les profanes, que nous sommes tous au moins dans certains domaines de la connaissance). Le rôle des journalistes, c’est de vérifier, confirmer, expliquer. Pas d’être ignorants ou diffuser (involontairement) de fausses informations ou trop parcellaires pour être interprétées correctement.

C’est pourquoi l’expression d’un internaute de Facebook, utile pour comprendre le niveau d’incompréhension de certaines personnes, n’est pas grave en elle-même car cet internaute n’a jamais prétendu apporter des informations. En revanche, lorsque cette ignorance, susceptible de provoquer des incompréhensions de type populiste voire complotiste, et assurément défaitiste, est véhiculée par des journalistes, c’est grave car ceux-là ne font pas leur boulot.

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J’en prends ici deux exemples.

À la fin de l’interminable conférence de presse de Jean Castex et de quelques-uns de ses ministres le 12 novembre 2020, un journaliste de BFM-TV (dont j’ignore le nom) a posé à Olivier Véran la question des vaccins, surtout en disant : et Sanofi, qu’en est-il ? aucune annonce ? est-ce normal que la France soit toujours à la traîne ? Très bizarrement, Olivier Véran a refusé d’y répondre (donnant implicitement approbation de l’opinion du journaliste) pour donner rendez-vous à une conférence de presse ultérieure consacrée spécifiquement aux vaccins. Le ministre de la santé aurait dû quand même protesté contre la présentation erronée et défaitiste du journaliste.

Le journaliste en question, au lieu de faire du défaitisme antifrançais très courant (c’est une mode nationale) aurait mieux fait de s’intéresser aux différentes technologies pour concevoir un vaccin. Il aurait alors compris que les vaccins conçus par Pfizer/Biontech et par Moderna, tous les deux à base d’ADN messager, se développeraient nécessairement plus vite que le vaccin conçu par Sanofi dans sa méthode "traditionnelle" beaucoup plus longue (pas parce que "français" mais à cause de la technologie).

En général, la principale cause du temps long dans le développement d’un candidat vaccin, c’est ses essais cliniques : plus ils sont longs, plus on peut être assuré de son efficacité et de son innocuité (l’innocuité est encore plus importante que l’efficacité : il ne faut pas qu’on arrive à un résultat pire que sans vaccin). Le professeur Daniel Camus, infectiologue à l’Institut Pasteur de Lille, a confirmé à "Ouest France" le 18 novembre 2020 : « Il faut bien savoir que quand on produit un vaccin, 70% des temps de temps de production sont consacrés uniquement aux contrôles. C’est énorme. Et plus la technique employée est récente, plus il faut de contrôles. ». Néanmoins, il y a aussi des contraintes de temps correspondant aux technologies choisies.

C’est là qu’il faut parler un peu technologie.

Qu’est-ce qu’un vaccin ? C’est un produit qui simule la présence du virus qu’on veut contrer pour permettre l’apparition d’anticorps dans l’organisme. La différence avec une infection, c’est qu’on maîtrise l’agressivité de l’agent infectieux. Dans une contamination naturelle, le virus attaque le corps et le corps répond par des anticorps. En fonction de l’état du corps (santé), de la charge virale (état du virus), les uns ou les autres gagnent. Si les anticorps gagnent (parfois après une longue lutte), le patient est guéri (voire n’a jamais été malade s’il est asymptomatique), dans le cas contraire, le virus parvient à se dupliquer tellement trop que les anticorps n’arrivent plus à lutter, ce qui crée ensuite des pathologies nouvelles (forme grave). Le vaccin permet de provoquer ce mécanisme d’anticorps, mais en maîtrisant l’attaquant dès le départ, donc en permettant au corps de gagner à tous les coups a bataille (au pire, on peut constater une rougeur à l’endroit où le vaccin a été injecté, et un peu de fièvre, ce sont les effets secondaires les plus fréquents lorsqu’ils existent).

Comment provoquer la défense immunitaire du corps ? Il y a plusieurs méthodes.

La méthode "traditionnelle" qui date de 1885, l’époque de Pasteur, c’est de prendre le virus, de le rendre inactif (enlever ses capacités de duplication) et l’injecter dans le corps. Les défenses immunitaires sont convoquées, sans suspens puisque le virus n’est pas en état de se reproduire. Cette méthode fonctionne d’autant mieux qu’on a maintenant plus d’un siècle de recul, elle a sauvé des dizaines de millions de vies humaines depuis cette époque. En revanche, son développement prend du temps puisqu’il faut inactiver les virus à grande échelle. C’est l’inconvénient majeur expliqué par Daniel Camus : « Il faut produire l’antigène du covid-19 en quantité industrielle, et ça prend du temps. » ("Ouest France").

Proche de cette méthode, il y a le vaccin à base de protéine recombinante. C’est notamment la technologie qu’ont choisie Sanofi et GSK pour l’un de leurs candidats vaccins et qui nécessite aussi un temps long pour fabriquer la protéine (Sanofi apporte l’antigène protéique et GSK l’adjuvant visant à renforcer la réponse immunitaire).

Le choix de cette méthode "traditionnelle", au-delà de l’expérience séculaire, c’est aussi la facilité de manipulation : un simple réfrigérateur suffirait à stocker et transporter les doses de vaccin. Et l’on peut comprendre que dans la problématique du vaccin contre le covid-19, les aspects de logistique sont aussi importants que les aspects scientifiques (industrialisation, capacité à vacciner finalement jusqu’à 7,8 milliards d’humains dans l’hypothèse maximale, ce qui nécessite des réseaux médicaux, des chaînes du froid, etc.). Sanofi a annoncé le 15 novembre 2020 (par son patron Olivier Bogillot sur CNews) que ses vaccins avec cette méthode seraient sur le marché en juin 2021. Mais Sonafi, en collaboration avec GSK et l’Institut Pasteur, développe aussi un autre type de vaccin, avec ARN messager.

En effet, une autre méthode, beaucoup plus novatrice dans l’histoire des sciences, c’est l’utilisation de l’ARN messager. Un vaccin contre le virus Ebola après les épidémies de 2014 et 2015 (qui ont fait 11 000 décès) a été développé en 2016 avec cette méthode et semble avoir eu une certaine efficacité. C’est la technologie de Moderna et aussi de Pfizer/Biontech. L’intérêt, c’est qu’on n’injecte aucun virus (même inactivé) à proprement parler mais seulement un ARN messager qui provoquera la formation dans les cellules de l’antigène du virus (au lieu de le fabriquer en éprouvette). Ces antigènes vont alors provoquer la création d’anticorps pour les supprimer. Ces anticorps, comme dans l’autre vaccin, resteront présents dans l’organisme (ils deviennent des vigiles anti-covid-19) et pourront lutter immédiatement en cas de contamination et éviter le développement de la maladie. Par ailleurs, l’ARN messager ne peut pas reprogrammer une cellule du corps, il n’y a donc pas de risque "OGM".

Le vrai problème avec cette méthode est logistique : le vaccin Pfizer/Biontech se conserve à –71°C, ce qui nécessite des "supercongélateurs" (la France en a déjà acquis 80 selon Olivier Véran le 12 novembre 2020). Le vaccin Moderna se conserve à –20°C. Il faut noter pour Pfizer/Biontech que ses chercheurs n’ont pas fait d’essais de conservation à plus haute température. Probablement qu’ils amélioreront cet aspect très négatif de leur vaccin s’ils font de tels essais ultérieurement. Ces vaccins peuvent cependant être conservés à plus haute température mais de façon beaucoup plus brève (quelques jours dans un réfrigérateur). La professeure Judith Mueller, de l’Institut Pasteur, a expliqué le 16 novembre 2020 dans "20 Minutes" : « L’ARN doit être congelé à des températures très basses pour une conservation dans la durée. Un vaccin qui contient un virus ou des protéines de virus, lui, peut se conserver à des températures moins froides. ».

L’Institut Pasteur travaille aussi sur une troisième méthode, sur un vaccin qui associe la rougeole et le covid-19, ce qui est une technologie plus complexe à mettre en œuvre mais également encourageante. D’autres méthodes sont investiguées aussi, comme celle d’AstraZeneca en collaboration avec Oxford, l’idée est d’utiliser un autre virus, inoffensif, qui apportera l’antigène du covid-19. L’intérêt de cette technologie, c’est que ce vecteur viral peut se dupliquer et apporter l’antigène dans tout le corps.

Comme on le voit, le "retard" (très relatif) de Sanofi est d’environ 6 mois, mais en juin 2021, probablement que les besoins en vaccins resteront toujours colossaux.

L’autre réflexion de journaliste qui m’a agacé par son ignorance, son amateurisme et surtout, son incapacité à aller fouiller le pourquoi du comment (mission principale du journalisme), c’est celle d’un éditorialiste plateau (dont je vais taire le nom car je n’ai rien contre lui) sur LCI le 17 novembre 2020. Il réagissait spontanément aux déclarations du patron de Moderna, Stéphane Bancel (un Français !) qui faisait pression sur l’Europe en insistant : « Nous sommes en discussion avec l’Europe mais le contrat n’est pas signé. ». Et sur le plateau, le journaliste a lâché en substance : Toujours cette bureaucratie qui fait durer les choses ! Bureaucratie de l’Europe ou de la France, qu’importe, toujours de quoi se sous-estimer, sous-estimer son pays.

Et pourtant, ce retard à la signature, c’est plutôt une chance et même une fierté pour la France. Et je le savais depuis une semaine (pourquoi donc suis-je mieux informé ?). En effet, à la suite de l’annonce de Pfizer/Biontech, le journaliste économique Dominique Seux, bien connu des auditeurs de France Inter (radio qui a dépassé aujourd’hui tous les records d’audience !), a expliqué dès le 10 novembre 2020 sur France 5 que l’Union Européenne était très dure en négociation, et cela à la demande des Français. La France ni l’Union Européenne n’ont intérêt à communiquer sur cette négociation tant qu’elle n’est pas conclue, tandis que Moderna a intérêt à faire une pression médiatique pour imposer leurs conditions commerciales, et des journalistes non informés (le comble !) en sont les complices !

En effet, Moderna aurait proposé son vaccin 52$ la dose (il en faut deux par personne) et l’Union Européenne aurait refusé ce prix et la France aurait réussi à le faire descendre en dessous de 30$. Alors, lourdeurs administratives ? Eh bien non, pour une fois, on pourrait être content que la France sache négocier fermement et réduise ainsi, au profit de ses contribuables, le coût de la vaccination. Le journaliste en question aurait mieux fait de préparer sa présence plateau plutôt que de lâcher des paroles en l’air, les mains dans les poches, à nourrir l’anti-France, l’anti-Europe et le défaitisme.

Du reste, reprenons justement les informations du bien informé Dominique Seux (qui lui, fait bien son boulot). Le vaccin Pfizer/Biontech aurait été vendu entre 23$ et 30$ la dose (là aussi, il faut deux doses). Le vaccin Sanofi serait vendu à 10$ (une dose), ce qui est compréhensible car la technologie est moins innovante (moins de frais de recherches). Quant au vaccin d’AstraZeneca (à base de vecteur viral), il serait à 3$. La France a fait une précommande de 35 millions de doses du vaccin Pfizer/Biontech dans le cadre d’une précommande européenne. Pour une fois, on voit que l’Europe de la Santé se construit concrètement puisque toutes les commandes de vaccins passent par Bruxelles, ce qui permet de mieux négocier à plus grandes échelles.

Au total, selon l’article du quotidien "Ouest France" sur le sujet publié le 18 novembre 2020, la France a déjà commandé 90 millions de doses auprès de sept fournisseurs et y consacrera 1,5 milliard d’euros en 2021. Si tous les vaccins commandés sont validés par les autorités de régulation, cela signifie que la France aura la force de frappe de vacciner l’année prochaine les trois quarts de sa population (ce qui est suffisant pour atteindre l’immunité collective).

Selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, la vaccination en France pourrait commencer dès le mois de janvier 2021 s’il n’y a pas d’invalidation : « On prépare une campagne de vaccination pour être prêt au moment où un vaccin sera validé par les autorités de santé européennes et nationales. ». Les États-Unis, eux, comptent démarrer leur campagne de vaccination dès la seconde quinzaine du mois de décembre 2020. Pour Donald Trump, avant de quitter la Maison-Blanche, ce sera une petite victoire dans sa défaite.

Le professeur Axel Kahn, invité de BFM-TV le 12 novembre 2020 chez Jean-Jacques Bourdin, a annoncé que cela ne le gênerait pas de se faire vacciner. Notamment avec le vaccin chinois qui utilise la méthode "traditionnelle" (virus inactivé) et qui, par la suite, le 17 novembre 2020, a publié dans "The Lancet" des résultats très prometteurs.

La stratégie de vaccination sera donc essentielle pour ne pas faire de raté. L’Allemagne est déjà prête à ce stade tandis que la France y travaille encore. Actuellement, il y aurait en France environ 23 millions de personnes vulnérables au covid-19 (âge et état de santé), il faudrait rajouter les près de 7 millions de personnes exposées professionnellement (dont les 2 millions de soignants), et il faudrait aussi ajouter comme personnes prioritaires les personnes de grande précarité (250 000) et les personnes ayant un contact régulier avec la population (enseignants, commerçants, aides à domicile, travailleurs dans un abattoir, employés logeant dans des hébergements confinés comme les étrangers ouvriers du bâtiment, etc.), ce qui ferait beaucoup de personnes prioritaires !

Le problème, contrairement à ce que les médias disent à longueur de journée depuis une semaine, ce n’est pas la réticence au vaccin (réelle), ce courant antivaccin, effectivement très fort en France. L’enjeu, ce serait plutôt d’avoir assez de doses de vaccin pour tous ceux qui voudraient se faire vacciner. L’expérience de la vaccination contre la grippe depuis le 13 octobre 2020 montre que le risque n’est pas le trop peu de postulants, c’est le trop plein. Au fur et à mesure que les vaccinations seront faites, ceux qui, au départ, auront été réticents se mettront naturellement à vouloir aussi se faire vacciner contre le covid-19 qui, je le répète, n’est pas une grippe car aucune grippe n’a jamais paralysé ou du moins déstabilisé l’économie de la planète depuis maintenant dix mois…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 novembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Rapport de la Fondation Jean Jaurès intitulé "Vaccins : la piqûre de défiance", rédigé par Antoine Bristielle et publié le 17 novembre 2020 (à télécharger).
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201118-coronavirus-covid-vaccin.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-vaccins-et-informations-228800

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/11/18/38657763.html



 

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 03:27

« Dans ce contexte, ma responsabilité est de protéger tous les Français. Et en dépit des polémiques, en dépit de la difficulté des décisions à prendre, je l’assume pleinement devant vous ce soir. » (Emmanuel Macron, allocution télévisée du 28 octobre 2020).


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Je crois qu’il faut être fou pour vouloir être Président de la République en France en temps de pandémie de covid-19. Avec, par-dessus le marché, une vague d’attentats terroristes. À la décharge du Président Emmanuel Macron, il n’était pas au courant, en se présentant, qu’il aurait à faire face, au cours de son quinquennat, à la plus grande catastrophe sanitaire mondiale depuis un siècle, ce qui a eu pour conséquence une crise économique sans précédent (même 1929 n’est pas comparable).

Ce lundi 16 novembre 2020, la pandémie ne fait que continuer ses ravages humains : plus de 55 millions de personnes ont été contaminées depuis le début de cette catastrophe, plus de 1,3 million y ont laissé leur vie dans des conditions très difficiles (avec parfois l’incapacité des proches à faire leur deuil). En France, on franchira le seuil des 2 millions de personnes testées positif probablement ce mardi 17 novembre 2020, et on a hélas déjà franchi les 45 000 décès, avec un rythme quotidien d’environ 500 décès. Depuis le début du reconfinement, il y a eu déjà près de 10 000 décès supplémentaires dus au covid-19. Et ce n’est hélas pas terminé.

Si le nombre de lits de réanimation sont moins occupés que lors de la première vague, la seconde vague a plus d’hospitalisations, ce qui peut s’expliquer par la réduction de la nécessité d’entrer en réanimation (la mise sous oxygène peut se faire maintenant hors réanimation) et on a réduit aussi la mortalité en réanimation (de 50% à 30% environ).

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L’histoire montrera que les Français, dans le sens général et majoritaire du terme, se sont montrés bien plus responsables et solidaires que l’opposition politicienne. Je la mets au singulier alors qu’elle est plutôt plurielle pour la simple raison qu’elle est toujours univoque à vouloir s’opposer à toutes les mesures du gouvernement, sans qu’il n’y ait de fil rouge autre que celui de s’opposer pour s’opposer. Pour preuve, on s’oppose parce qu’il en fait trop, on s’oppose parce qu’il n’en fait pas assez, on pointe du doigt le nombre de morts et en même temps, on dit que l’épidémie n’est pas grave, etc.

La vérité, c’est qu’aucun responsable de l’opposition ne ferait mieux qu’Emmanuel Macron et que ses Premiers Ministres Édouard Philippe (première vague) et Jean Castex (seconde vague). Précisons d’ailleurs qu’il a été dit que le déconfinement a été mal organisé. Là encore, peut-être, mais peut-être pas, car le niveau épidémique en juin était très faible et justifiait de desserrer l’étau sanitaire. Rappelons d’ailleurs que le "monsieur déconfinement" nommé en avril 2020 n’était autre que… l’actuel Premier Ministre nommé trois mois plus tard !

Emmanuel Macron n’est pas un infectiologue et c’est pour cette raison qu’il a voulu s’entourer d’un conseil scientifique regroupant des sommités (sommités dont faisait d’ailleurs partie Didier Raoult, l’un des médecins qui représente le mieux le "système" de la recherche médicale en France). C’est non seulement son droit mais cela paraît rassurant qu’un responsable politique, qui n’a pas la compétence, cherche à consulter des personnes compétentes avant de prendre des décisions qui, elles, sont politiques et pas scientifiques. On voit d’ailleurs la différence entre les deux confinements, parce qu’on a appris, en particulier sur l’ouverture des écoles. Pourquoi lui reproche-t-on ce conseil, d’autant plus qu’il a voulu la transparence jusqu’à publier les avis de ce conseil qui pourraient être en opposition avec les décisions prises ?

On a voulu aussi contester l’idée de prendre les décisions en conseil de défense : ce qu’il a fait dès mars et ce qu’il a fait également pour les attentats terroristes. Là encore, pourquoi le lui reprocher ? Emmanuel Macron et son gouvernement ont le droit de choisir la manière de gouverner : à la fin, ce sera toujours le gouvernement, responsable devant le Parlement, qui prendra ses responsabilités politiques devant le pays : où est le problème, sinon vouloir s’opposer pour s’opposer ? L’intérêt du conseil de défense, entre autres, c’est que les fuites sont plus difficiles que dans d’autres enceintes de débat.

Cela dit, ces deux dernières questions mériteraient des développements (pas ici) sur l’art et la manière de gouverner dans une démocratie avancée, à savoir : comment sont préparés en amont les projets de loi ? La création de la Convention citoyenne pour le climat a, elle aussi, eu le mérite d’impliquer des "citoyens" (malheureusement ne représentant rien qu’un échantillon d’institut de sondage) mais pouvait légitimement inquiéter les parlementaires (eux, représentants réels et démocratiques du peuple) dont, a priori, c’est le travail et la principale mission.

Mais ce qui se passe en France est valable dans à peu près tous les pays du monde : les citoyens qui protestent (heureusement minoritaires) s’en prennent aux dirigeants de leur pays sans se rendre compte que le phénomène est mondial, ou du moins, régional (dans le sens "région du monde"). Or, c’est un fait que depuis début octobre 2020, toute l’Europe sauf les pays de la Scandinavie sont sous le choc d’une seconde vague très agressive du coronavirus. Pourquoi pas la Scandinavie ? Pourquoi à cette date ? Il semblerait que les conditions météorologiques en seraient la cause la plus probable mais il faudra des années pour essayer de comprendre tout. Je note au passage qu’une pandémie de cette importance avec autant d’interactions, autant de décisions différentes, autant de conséquences, de causes, qu’il est toujours illusoire (et trompeur, avec ou sans la volonté de tromper) de confondre corrélation (deux effets parfois indépendants qui se produisent l’un après l’autre) et causalité (un effet qui se produit à cause d’un premier effet).

Ce qui est sûr, c’est que toute l’Europe évoquée est en pleine pandémie en ce moment. Des "bons élèves" sont devenus des "cancres", notamment toute l’Europe centrale et orientale qui avait été peu touchée, probablement plus par chance et hasard que par préparation, comme la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, mais aussi l’Autriche (on ferme les écoles jusqu’au 6 décembre) et la Suisse. Même l’Allemagne est en situation très alarmante, l’épidémie n’y est plus sous contrôle et le nombre de décès s’accroît. Ce 16 novembre 2020, l’Allemagne a enregistré deux fois plus de nouveaux cas de contamination que la France.

Il faut beaucoup d’humilité. Les décisions des gouvernements ont montré peu de différences face à la vague qui emporte tout. Mais les oppositions qui contestent les décisions des gouvernements ne sont pas plus humbles de ne pas comprendre que la part des décisions gouvernementales est faible face aux phénomènes pandémiques. La seule chose que les gouvernements peuvent faire, c’est : sauve qui peut ! Critiquer le manque d’anticipation est proprement cynique et stupide : cette pandémie est inédite, tout est donc nouveau et il faut, chaque jour, inventer de nouveaux mécanismes pour que la santé des citoyens reste la priorité tout en maintenant un niveau d’activité économique suffisant et un niveau de démocratie également correct (ce dont la Chine n’a pas à se préoccuper). Un chemin très escarpé, une ligne de crête.

Oui, certainement qu’en France (notamment), il y a eu, pendant l’été, du relâchement dans le comportement social de certains, les gestes barrières étaient moins respectés. Et pourtant, il n’y a pas eu de regain épidémique. Or, même avec une politique de déconfinement plus prudente ou plus efficace (avec les tests) dans certains pays européens, cela ne les pas empêchait d’être touchés de plein fouet par la seconde vague en octobre. C’est cela, l’humilité, c’est qu’il y a encore beaucoup d’interrogations sur le comportement et la circulation du coronavirus SARS-CoV-2 qui font qu’il est impossible de prédire l’avenir, sauf à imaginer tous les cas et à retenir seulement a posteriori l’hypothèse qui aura été la bonne.

Par exemple, rien ne dit qu’après les fêtes de la fin d’année, il n’y aurait pas une troisième vague issue d’un déconfinement et de l’hiver (c’est l’enjeu de la fin de ce confinement, éviter un troisième confinement en février ou mars). Heureusement, le pire n’est pas certain, mais il faut rester prudent, elle est là, la ligne de crête avec cette idée, rappelée par Emmanuel Macron lui-même dans son allocution du 28 octobre 2020, qu’il ne faut pas opposer le sanitaire à l’économique puisque l’un ne va jamais sans l’autre, les deux sont imbriqués.

Pourtant, s’il y a bien une caractéristique de ce second confinement, dans le débat public, c’est qu’on oublie le personnel soignant (qui doit être surépuisé depuis ce début d’année), finis les applaudissements à 20 heures, et on ne cesse de parler des petits commerçants, des libraires, des coiffeurs, des restaurateurs. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est pour eux effectivement une catastrophe économique et les mesures de restriction sont hélas prises loin de gaieté de cœur. Et c’est vrai que les aides du gouvernement, nombreuses (encore récemment, le paiement des loyers), ne suffiront pas à compenser la chute vertigineuse du chiffre d’affaires.

Mais prenons un exemple : actuellement, la région Auvergne-Rhône-Alpes est la plus touchée de cette seconde vague. L’Île-de-France aussi a été très touchée (elle vient hélas d’atteindre son 10 000e décès dû au covid-19 depuis le début de la première vague) mais l’épidémie est en passe d’être contrôlée à Paris (premiers signes de décrue en réanimation), ce qui n’est pas le cas à Lyon. Pour donner une comparaison, la région Auvergne-Rhône-Alpes va bientôt enregistrer plus de décès depuis le début de l’épidémie que le Grand-Est pourtant très touché lors de la première vague (c’est d’ailleurs significatif que des transferts de patients ont lieu désormais en sens inverse).

Or, en septembre, lorsque des mesures de fermeture le soir des restaurants et des bistrots ont été prises, des élus de Saint-Étienne et des environs (Saint-Chamond, etc.), parmi d’autres, avaient beaucoup protesté contre ces mesures sanitaires, mais les mêmes, en fin octobre, ont appelé à l’aide parce que les hôpitaux ne faisaient plus face aux arrivées massives de malades. Cet exemple montre que si le gouvernement n’avait pas réagi dès septembre et pris ses responsabilités, la situation aujourd’hui dans cette région serait bien pire.

Tout le monde est touché par les mesures de confinement, mais il est vrai que certains sont plus touchés que d’autres. Et il y a des différences avec le premier confinement. Par exemple, un restaurateur expliquait que pendant le confinement, il livrait quand même 300 repas par déjeuner parce que les gens restaient chez eux et avaient besoin de manger. Or, il fait beaucoup moins de repas à livrer pendant ce second confinement car les gens sont quand même au travail, les enfants sont à l’école, etc.

Mais il est toujours facile de faire dans le "populisme". Les commerçants sont touchés mais il faut aussi avoir à l’esprit qu’il y a 500 décès par jour en ce moment, et que ce serait bien pire s’il n’y avait pas ce confinement. Ce n’est pas une question de justice ou d’injustice, ni de liberté ou de pas liberté. La liberté a toujours été limitée par la liberté d’autrui, or, la liberté des autres, c’est aussi de ne pas tomber malade, de ne pas occuper un lit en réanimation, et pour certains, de ne pas occuper une concession au cimetière, pour d’autres, d’avoir de graves séquelles durables. Il est là l’enjeu

Alors, oui, on peut être choqué que le livre ne soit pas considéré comme un produit "essentiel" (le mot a été mal choisi et très dévalorisant pour ceux qui produisent ou vendent des biens "non essentiels", "de première nécessité" aurait été plus judicieux et plus diplomate), on peut être choqué aussi que la messe ne soit pas considérée comme un rassemblement "essentiel". Je suis particulièrement choqué, en tant que chrétien, que beaucoup de chrétiens se soient mobilisés, ces derniers dimanches, pour demander la réouverture des églises et la tenue des messes. C’est franchement irresponsable alors que la vie humaine est sacrée et sa protection devrait être le fondement de l’Église. Heureusement, il ne s’agit pas de tous les chrétiens mais seulement de certains, capables de se mobiliser rapidement, comme lors de la Manif pour tous. Notons d’ailleurs que le problème n’est pas de remplir les églises (il y a très peu de chrétiens pratiquants en France) mais cela signifierait aussi autoriser des rassemblements dans les mosquées qui, elles, risqueraient d’être pleines.

Chaque mesure de restriction est "pensée", même si elle a l’air injuste et irréfléchi ou illogique. C’est clair que définir des produits "essentiels" et "non essentiels" sera toujours arbitraire et subjectif. Aucun gouvernement ne réussira sans critique ce genre d’exercice. L’idée générale, ce n’est pas seulement d’éviter les contaminations dans les lieux restreints (petits commerces, églises, salle de spectacle, etc.), surtout qu’en général, la plupart de ces lieux s’étaient adaptés pour être covid-compatibles. C’est aussi d’éviter des déplacements, des raisons de sortir et de croiser des personnes différentes dans la journée.

Malgré les longues (trop longues) conférences de presse de Jean Castex et de ses ministres les jeudis, les messages passent mal, ne sont pas écoutés ou ne sont pas audibles. Intéressant à suivre l’émission de Laurent Ruquier du samedi 14 novembre 2020 sur France 2 ("C’est presque en direct") car Roselyne Bachelot était l’invitée principale. Elle sait bien le sérieux des mesures sanitaires en cas d’épidémie puisque c’est à peu près la seule responsable politique en France qui a su anticiper une pandémie comme celle de maintenant, mais "en même temps", elle est la ministre d’un secteur sinistré par l’épidémie, la culture.

Et elle a expliqué certains éléments comme le fait que dans une librairie, les clients ont l’habitude (c’est mon cas en tout cas) de toucher beaucoup de livres, les feuilleter, les reposer, en reprendre d’autres etc. ce qui n’est pas très sécurisé quand un virus peut rester actif plusieurs heures sur la surface d’un livre (et cela malgré le gel hydroalcoolique). À mon grand étonnement, certains autres invités, pourtant tous du milieu culturel, prenaient conscience de ces considérations, découvraient ce qui, de mon point de vue, semblait des évidences.

Même chose pour les salles de spectacle : pour Roselyne Bachelot, il y a peu de risque de contamination si on assiste à un concert ou à une pièce de théâtre car les salles de spectacle se sont adaptées au covid-19. Mais elle a ajouté que le problème, c’est la sortie de 40 000 personnes à Paris à peu près au même moment et qu’il serait difficile de contrôler (ont-elles le droit ou pas de sortir, avec la possibilité d’éditer de faux billets) alors que les forces de l’ordre sont également très mobilisées contre le terrorisme islamiste. Toutes ces considérations, il y en a pour chaque domaine qui, évidemment, impactent très directement sur la vie des Français, mais c’est grâce à l’effort de tous, à la solidarité de tous, que ces mesures ont pu montrer leur utilité.

Sur toutes les mesures de restriction sanitaire depuis le début de la pandémie, les sondages montrent régulièrement que les Français seraient très majoritaires à les approuver voire à les renforcer, très conscients des risques sanitaires. Mais c’est un peu comme la sécurité routière, ils se permettraient un petit écart avec les règles de temps en temps. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas d’efficacité de ces mesures sans contrôle. Personne n’apprécie les amendes mais c’est parfois la seule motivation pour que les règles soient respectées (au même titre que le radar pour les limitations de vitesse). Code de la route comme mesures sanitaires, ce sont des mesures qui encadrent la liberté individuelle par responsabilité collective.

Pour terminer par une note positive, disons qu’il y a deux raisons de se réjouir de l’avenir dans ce malheur pandémique.

La première, c’est que les mesures sanitaires ont montré leur efficacité. Ce que la professeure Anne-Claude Crémieux, infectiologue et membre de l’Académie de médecine, explique en ce moment, c’est qu’au premier confinement, il avait fallu arrêter tout à cause de la montée exponentielle et soudaine de l’épidémie. Le second confinement est plus léger et pour elle, c’est une bonne chose car les mesures tant du couvre-feu et du second confinement ont montré aussi leur efficacité. L’épidémie semble être sur un "plateau" en Île-de-France depuis une dizaine de jours, grâce à des mesures d’avant le confinement (couvre-feu), c’est visible par rapport à des régions qui n’ont pas eu de couvre-feu au même moment.

La question aujourd’hui qui occupe le gouvernement, c’est la date d’un "desserrage de vis" du confinement, le 27 novembre 2020 (le "black day", le lendemain du Thanksgiving, grande fête familiale aux États-Unis), ou le 1er décembre 2020 (comme prévu au début du confinement). Emmanuel Macron avait donné pour double objectif une désaturation des lits de réanimation (c’est en cours ; au lieu de 9 000 qu’on pouvait craindre, seulement 5 000 à 6 000 lits vont être occupés au plus fort de cette seconde vague, de quoi se réjouir pour les malades d’autres pathologies elles aussi mortelles) et une réduction des nouveaux cas de contamination à 5 000 par jour (seuil haut à partir duquel on peut tracer les cas contact). Or, ce lundi 16 novembre 2020, pour la première fois, le nombre de cas testés positif est tombé en dessous des 10 000 (certes, il faut prendre en compte que le dimanche, il y a moins de tests). Si la tendance se confirme, comme cela semble être le cas depuis une dizaine de jours en région parisienne, les 5 000 quotidiens pourraient être atteints d’ici à la fin du mois de novembre.

Ce qu’Anne-Claude Crémieux dit, c’est qu’on sait qu’un confinement très strict est toujours très efficace, mais on ne sait pas trouver le bon réglage pour ne pas trop confiner économiquement tout en confinant suffisamment pour que ce soit efficace sanitairement. La bonne "réaction" de ce second confinement (baisse du taux de positivité des tests, baisse du nombre de cas positifs, plateau pour les hospitalisations et les entrées en réanimation) montre que même un confinement "light" peut être efficace. Et pour elle, ce qui est important, c’est de trouver le réglage minimal (optimal) pour éviter une reprise épidémique tout en pouvant revivre économiquement après Noël.

La seconde raison de se réjouir, c’est l’arrivée des vaccins. Après l’annonce de Pfizer, Moderna a annoncé le 16 novembre 2020 que son vaccin (de même technologie, à ARN messager) était efficace à 94,5% avec une conservation à –20°C au lieu de –71°C, ce qui est plus confortable pour le transport et le stockage. Cette surenchère qui est sans doute plus de la communication économique et commerciale que scientifique (d’où la nécessité de rester prudent dans ce domaine) confirme néanmoins que nous sommes en bon chemin. Sanofi (dont le vaccin a une technologie qui nécessite plus de temps de développement) compte proposer son vaccin sur le marché en juin 2021, avec une conservation à la température d’un réfrigérateur, ce qui serait encore plus facile pour sa manipulation. Sans oublier le vaccin chinois (actuellement appliqué à des centaines de milliers de personnes) et le vaccin russe (dont l’efficacité serait de 92%).

Cela signifie qu’au-delà des mesures sanitaires et de l’évolution de la circulation du virus qui a désorganisé toute la planète depuis janvier 2020, il y a cet espoir du bout du tunnel, cet espoir du vaccin qui sera notre seule solution durable pour reprendre une vie "normale" à moyen terme (après l’été 2021 ou début 2022), en sachant cependant que le virus continuera probablement encore à circuler pendant plusieurs années.

Il est donc urgent de définir rapidement une stratégie de vaccination pour aller au plus vite lorsque les vaccins seront disponibles. La première mesure a été de précommander, au niveau européen, ces vaccins. La seconde mesure sera de définir des priorités sur la vaccination : tous ceux qui sont susceptibles de se retrouver aux urgences pour cause de covid-19, personnes vulnéables, puis, personnels soignants, et probablement ensuite, personnes d’État (militaires, policiers, enseignants, etc.).

Une obligation serait contreproductive (car elle nourrirait le complotisme déjà bien développé en France) et surtout, inutile, car il faudra bien ensuite appliquer une telle obligation, ce qui signifie fliquer tout le monde, ce qui serait peu admissible (surtout avec le secret médical) et surtout, il faudra pouvoir l’assumer en termes de logistique, et là, tout reste à démontrer. Car le risque, c’est plutôt qu’il y ait trop de personnes qui demandent à être vaccinées. On l’a vu il y a quelques jours avec une trop grande demande de vaccin contre la grippe.

Ah, au fait, pourquoi le titre ? La chaîne Arte diffuse cette semaine le film "La lune de Jupiter". C’est un film hongrois qui raconte l’histoire d’un réfugié clandestin. Une histoire fantastique. Et la chaîne franco-allemande diffuse aussi cette semaine un autre film qui pourrait faire sens à certains téléspectateurs : "Les idiots de la famille" !…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 novembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?
Confinement Canada Dry ?
Interview du Premier Ministre Jean Castex au journal télévisé de 20 heures le 1er novembre 2020 sur TF1 (vidéo).
Reconfinement covid-19 : les nouvelles attestations de déplacements à télécharger (à partir du 29 octobre 2020).
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 octobre 2020 à Paris, sur la mise en place du reconfinement contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Deux discours du Premier Ministre Jean Castex le 29 octobre 2020 au Parlement à Paris, sur la mise en place du reconfinement contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Reconfinement : la vie humaine, principe intangible d’Emmanuel Macron (et de la France).
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 28 octobre 2020 (texte intégral et vidéo).
Covid-19 : Non, le comportement des gens n’y est pas pour grand-chose de la situation actuelle !
Covid-19 : faut-il reconfiner dès maintenant ?
Documentaire de LCP sur la grippe de Hong Kong en 1968-1969 ("Le Mag" du 26 juin 2020).
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 22 octobre 2020 sur les nouvelles mesures sanitaires contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Covid-19 : couvre-feu, liberté et réanimation.
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 15 octobre 2020 sur l’application du couvre-feu (texte intégral et vidéo).
Interview du Président Emmanuel Macron le 14 octobre 2020 sur TF1 et France 2 (vidéo).
Emmanuel Macron et l’électrochoc du confinement nocturne.
10 ans après la loi anti-burqa, la loi masque-obligatoire.
Les supposés "bons" résultats de l’IHU Méditerranée du professeur Didier Raoult…
Covid-19 : Donald Trump, marathonman.
Le casse-tête sanitaire de Jean Castex.
Olivier Véran.
Le cap de 1 million de décès franchi.
Conférence de presse du Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran le 23 septembre 2020 à Paris (vidéo).
Finie, l’épidémie de covid-19 : vraiment ??
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…
Le coronavirus de Wuhan va-t-il contaminer tous les continents ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201116-coronavirus-covid.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/la-lune-de-jupiter-228727

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/11/16/38653937.html








 

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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 03:50

« Stock market up big, vaccine coming soon. Report 90% effective. Such great news! » (Donald J. Trump, November 9, 2020) [La bourse est en forte hausse, un vaccin arrive bientôt. Efficacité de 90%. Quelle excellente nouvelle !].


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Cri ou plutôt, tweet de joie de Donald Trump et malgré la situation américaine, c’est un cri justifié que tout le monde pourrait partager : l’espoir réel et concret d’un vaccin efficace contre le covid-19 ! D’ailleurs (j’ouvre une parenthèse), ce serait intéressant à demander ce qu’en pensent du vaccin les zélateurs français du trumpisme d’outre-atlantique qui croient encore aux fables de la fraude électorale généralisée : issus du complotisme, ils seraient en principe anti-vaccin, évidemment ! Contradiction (je ferme ma parenthèse).

Le Président élu Joe Biden a lui aussi salué l’annonce, mais avec plus de prudence et de lucidité : « Je félicite les femmes et les hommes talentueux qui ont contribué à réaliser cette percée et à nous apporter tant de raisons d’espérer (…). Il est dans le même temps important de réaliser qu’il faudra encore des mois avant que ne se termine la bataille contre le covid-19. ». Il a mis en place le même jour une cellule de crise pour lutter contre la pandémie de covid-19 aux États-Unis.

Actuellement, il y a eu presque 52 millions de personnes contaminées dans le monde depuis le début de la pandémie (dont plus de 1,830 million en France), et pas loin de 1,3 million de décès (dont plus de 42 200 en France). Pus de 9 000 décès et plus de 530 000 nouveaux cas de contamination rien que pour la journée du 10 novembre 2020. C’est une catastrophe planétaire durable d’ampleur majeure, toute chose confondue : depuis dix mois, la pandémie sévit dans tous les pays du monde, parfois déjà dans sa troisième vague, et a paralysé l’économie mondiale. Depuis dix mois, les 7,8 milliards d’humains sont sous le choc du coronavirus SARS-CoV-2 qui a tué mais aussi qui traumatise au point d’empêcher tout projet d’avenir, toute vision à long terme.

La France est durement touchée. RIen que pour la journée du 10 novembre 2020, ont été enregistrés 1 220 décès (466 à l’hôpital, les autres des EHPAD sur plusieurs jours). Toute l’Europe est touchée durement, y compris l’Allemagne.

Alors, évidemment, l’espoir d’un vaccin est la seule véritable cause d’optimisme pour les prochains mois, dès lors qu’aucun traitement testé à ce jour n’est efficace pour soigner les formes graves du covid-19. Actuellement dans le monde, dix candidats vaccins sont en phase 3 (la dernière phase des essais cliniques, la phase décisive, celle qui permet de montrer son efficacité statistique). Pour info, 21 candidats sont encore en phase 1 et 13 candidats sont en phase 2. Sanofi-Pasteur est dans la course avec une technologie plus "classique" que le candidat Pfizer.

L’annonce faite ce lundi 9 novembre 2020 par Albert Bourla, le patron de Pfizer (un grand groupe industriel américain) de l’efficacité de 90% d’un vaccin contre le convid-19 en phase 3, développé en collaboration avec le laboratoire pharmaceutique Biontech (une start up allemande) a provoqué logiquement beaucoup d’espoir : « Plus de huit mois après le début de la pire pandémie en plus d’un siècle, nous pensons que cette étape représente un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre le covid-19 (…). Le premier ensemble de résultats de notre essai de vaccin covid-19 de phase 3 fournit la preuve initiale de la capacité de notre vaccin à prévenir le covid-19. ». Au point de faire bondir les bourses du monde, signe de confiance retrouvée !

La date de l’annonce aurait pu être avant l’élection présidentielle américaine tout aussi bien après. Nul doute que ce calendrier est volontaire de la part de Pfizer qui pouvait préférer un candidat, Joe Biden, conscient de la nécessité de mettre toutes les forces possibles dans la bataille contre le covid-19.

De quoi s’agit-il ? D’un produit très novateur puisque c’est la première fois qu’un vaccin sur l’homme est fait à partir d’ARN messager. Environ 39 000 volontaires ont reçu deux injections du candidat vaccin : l’une au jour J, l’autre au jour J+21. À J+28, le candidat vaccin serait efficace à 90%. C’est d’autant plus positif que parmi les volontaires, il y a un groupe de personnes âgées de plus de 65 ans. En effet, il ne sert à rien d’avoir une efficacité auprès de personnes jeunes et en bonne santé si on ne prouve pas son efficacité chez les personnes qui auraient le plus besoin du vaccin, à savoir des personnes âgées ou "vulnérables" (en sachant que beaucoup de personnes ne se croient pas vulnérables mais le sont selon les conséquences du coronavirus, par exemple des personnes en surpoids).

En outre, le taux d’efficacité de 90% est très au-dessus du taux d’efficacité habituel dans les vaccins déjà commercialisés (par exemple, le vaccin contre la grippe a une efficacité située entre 50% et 70% selon les années).

Plus précisément, l’essai clinique en phase 3 a démarré le 27 juillet 2020 sur 43 538 personnes volontaires pour tester le BNT162b2 (le nom du produit). Deux groupes ont été faits : un de 38 955 personnes avec deux injections du candidat vaccin, un autre recevant du placébo. Le taux d’efficacité après 7 jours de la seconde dose (et 28 jours de la première dose) a été calculé en comparant le nombre de volontaires ayant été contaminés par le coronavirus dans le groupe ayant eu le vaccin avec le nombre de volontaires ayant été contaminés dans le groupe placébo (précisons que ces contaminations n’ont pas été forcées, ce qui, d’un point de vue éthique, serait condamnable même si certains laboratoires pharmaceutiques ont envisagé l’idée et l’ont même appliqué, sur la base du volontariat, au Royaume-Uni).

Dans ces résultats intermédiaires, sur ce grand nombre de personnes, 94 ont contracté le coronavirus et on a déterminé ensuite la part de ceux qui avaient reçu le candidat vaccin et la part de ceux qui provenaient du groupe placébo. 94, ce n’est pas beaucoup statistiquement, et on comprend bien que cela part d’un groupe de plus de 40 000 personnes (ce qui est un nombre cohérent : cela correspond à un taux d’incidence d’environ 235 en août 2020, en effet, sur une semaine, nombre de personnes contaminées sur nombre total de personnes dans un groupe donné). L’étude sera consolidée quand d’autres dizaines de personnes auront contracté le coronavirus pour augmenter la base statistique et faire des études en fonction d’un certain nombre de critères (âge, comorbidités, etc.). De nouvelles données seront ainsi communiquées autour de la troisième semaine de novembre 2020.

Un réflexe impose évidemment la vigilance et la prudence. Combien de nouveaux vaccins et de nouveaux traitements annoncés mais jamais concrétisés ? On peut se rappeler par exemple, il y a treize ans (le 26 octobre 2007), l’annonce de la promesse d’un vaccin contre le sida qui n’a pas (encore) abouti à ce jour.

Il est clair que cette annonce est positive mais qu’il faut aussi raison garder : au-delà de la réalité de cette annonce (rien n’exclut une manipulation capitalistique), il faut encore du recul pour ce genre d’annonce.

Une virologue, par exemple, la docteure Marie-Paule Kieny (directrice de recherches à l’Inserm), expliquait le 10 novembre 2020 sur France 5 que si l’efficacité s’effondrait en fonction du temps, cela ne serait pas très utile. Par exemple, si l’efficacité du candidat vaccin chutait à 50% au bout de trois semaines (J+42), puis à 10% au bout d’un mois (J+51), cela ne serait pas vraiment intéressant. Il faut donc du temps pour connaître l’évolution de cette efficacité.

Le professeur Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris, a voulu lui aussi rester prudent en tweetant le 9 novembre 2020 quelques questions encore sans réponse : « Confirmer les premiers résultats. Combien de temps dure l’immunité ? Quels sont les effets secondaires ? Les formes sévères sont-elles aussi évitées ? Les plus fragiles sont-ils immunisés ? On reste prudent même si l’espoir est là. ».

Interrogé par "20 Minutes" le 9 novembre 2020, le professeur Daniel Floret, vice-président de la Commission technique des vaccinations, rattachée à la Haute Autorité de la santé, posait à peu près les mêmes questions : « Les firmes sont toujours enthousiastes sur leur produit, mais on ne peut pas se fonder simplement sur un communiqué. (…) Le vaccin est-il efficace pour prévenir la maladie, la transmission de l’infection ? Les essais montrent que les vaccins anti-covid induisent une réponse du système immunitaire, mais réponse immunitaire et protection, ce n’est pas la même chose. (…) Pour l’heure, tant qu’aucune donnée n’a été publiée et analysée par des experts indépendants, il n’y a rien. Il faut être prudent. Les résultats des essais cliniques doivent être envoyés aux différentes agences du médicament, qui analyseront. ».

Ce qui est heureux, en revanche, c’est que ces premiers résultats montrent qu’un vaccin est possible. Ce ne sera peut-être pas le candidat de Pfizer et de Biontech, mais on ne paraît pas loin d’en trouver un suffisamment efficace pour enrayer la pandémie. Il faut le noter et insister : c’est exceptionnel, une telle rapidité est inédite. De quoi réjouir le directeur général de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) Tedros Ghebreysus : « Le monde connaît une innovation et une collaboration scientifiques sans précédent pour mettre fin à la pandémie ! ».

Sur le plan industriel, il y a évidemment une constante de temps à prendre en compte. Le 9 septembre 2020, l’Union Européenne a d’ors et déjà réservé 300 millions de doses (dont 35 millions pour la France) et les États-Unis 500 millions de doses dès le 22 juillet 2020, dans le cas où le candidat vaccin aurait l’autorisation de commercialisation.

Notons qu’il y a très grossièrement 500 millions d’habitants en Europe, cela signifierait, pour deux doses, que ne pourraient être vaccinés que 150 millions de personnes en Europe, soit seulement un petit tiers, très en deçà du seuil de l’immunité collective. En tout cas, Pfizer et Biontech ont prévu de fabriquer, en cas de succès confirmé, 50 millions de doses d’ici à la fin de 2020 (il ne reste que deux mois) et 1,3 milliard de doses pour l’année 2021 (rappelons que nous sommes actuellement 7,8 milliards de personnes sur Terre).

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Du reste, l’Union Européenne et les États-Unis ont précommandé d’autres vaccins anti-covid-19, ce qui donne un total de 1,8 milliard de doses pour l’Union Européenne et 1,6 milliard de doses pour les États-Unis. En principe, aucun de ces deux continents manqueraient de vaccins si ceux-ci s’avéraient efficaces.

Un autre candidat vaccin (chez Moderna) utilise aussi l’ARN messager et devrait présenter quelques conclusions aussi encourageantes. Un autre candidat vaccin a été retardé car l’essai a dû être momentanément interrompu pour cause d’une mauvaise réaction. Un tel incident ne semble pas avoir eu lieu chez Pfizer : « Le data monitoring committee [comité de surveillance composé d’experts indépendants] n’a signalé aucun problème d’innocuité sérieux et recommande que l’étude continue de collecter des données supplémentaires sur l’innocuité et l’efficacité comme prévu. Les données seront discutées avec les autorités réglementaires du monde entier. ». L’intérêt de cette technologie (ARN messager) est qu’il est très facile d’en fabriquer rapidement en grande quantité.

Quels que soient les vaccins "gagnants", il n’y aura pas de trop d’en avoir plusieurs différents (peut-être pour des groupes particuliers) pour permettre au monde entier de se vacciner. Selon le journaliste économique Dominique Seux le 10 novembre 2020 sur France 5, les prix des candidats vaccins varient beaucoup. Celui de Pfizer et Biontech aurait été négocié entre 23 et 30 dollars la dose, celui de Sanofi 10 dollars la dose, de AstraZeneca 3 dollars la dose, et celui de Moderna, proposé à 52 dollars la dose aurait été négocié par la France (dans le cadre de la précommande européenne) en dessous de 30 dollars la dose.

Admettons que ce ou ces vaccins reçoivent leur autorisation de mise sur le marché, quelle sera alors la stratégie à adopter ? Restons en France. On voit que la France a précommandé 35 millions de doses sur la précommande européenne du candidat de Pfizer, ce qui signifie la capacité, à brève échéance (probablement d’ici au printemps prochain) de vacciner environ 17 millions de personnes (besoin de deux doses). Or, Olivier Véran, dans l’émission "Question politique" sur franceinfo le 8 novembre 2020 a indiqué qu’il y avait en France 17 millions de "personnes vulnérables" mais il faudrait rajouter aussi dans les priorités le personnel soignant (environ 2 millions de personnes). Dans tous les cas, l’immunité collective n’est acquise que lorsque environ les deux tiers d’une population a cette immunité, cela signifie en gros 45 millions de personnes (pour le candidat de Pfizer, 90 millions de doses).

La question essentielle est donc : faudra-t-il rendre obligatoire la vaccination contre le covid-19 ? Si une proportion trop importante de personnes ne se vaccine pas, l’intérêt collectif de la vaccination sera quasi-nul. Or, en France, la défiance à l’égard de la vaccination est paradoxalement très importante (au pays de Pasteur !). Une stratégie très élaborée de vaccination doit donc être définie (ce que la Haute Autorité de la santé a déjà commencé à étudier), d’autant plus qu’il y aura des problèmes de logistique évidents (comme c’était le cas pour la fourniture des masques et la réalisation des tests PCR) : en effet, les doses du candidat de Pfizer doivent être conservées à une température très basse (–70°C), ce qui rendra leur transport et leur stockage très difficile et coûteux.

L’idée de vacciner toute une population, c’est résoudre le problème pandémique : cela a donc un sens énorme non seulement en termes de santé publique mais aussi en termes d’économie et d’emploi puisque, à cause de la pandémie, on en est au deuxième confinement et probablement que d’autres vagues successives surviendront sans utilisation rapide d’un vaccin. Le vaccin est donc bel et bien la seule solution concrète et réaliste pour que ce cauchemar pandémique cesse.

En revanche, il ne me paraîtrait pas pertinent ni utile de rendre obligatoire cette vaccination anti-covid-19, du moins, dans un premier temps, au contraire des souhaits exprimés déjà parmi certains responsables politiques (c’est le cas notamment de l’écologiste Yannick Jadot). D’une part, j’insiste sur les problèmes de logistique : fourniture, transport, stockage. Cela mettra beaucoup de temps car il faudra fournir à tous les pays du monde. Par conséquent, si l’État est capable de vacciner déjà toutes les personnes prioritaires ("vulnérables" et soignants), même seulement les volontaires de ces deux groupes, ce sera déjà bien mais long.

Commencer immédiatement par une obligation (que l’État n’aurait de toute façon pas les moyens de faire appliquer rapidement), ce serait renforcer les tendances anti-vaccin très actives dans les réseaux sociaux et confirmer de nombreuses thèses complotistes stupides (comme celle qui voudrait que le coronavirus a été volontairement propagé pour vendre les futurs vaccins, sauf que les vaccins n’existaient pas et que 1,3 million de personnes sont déjà mortes, ce qui coûte très cher à toute la collectivité et un manque à gagner pour les "méchants de BigPharma").

Le mieux serait, après les personnes prioritaires, de convaincre le reste de la population d’aller se faire vacciner. Sans mesure coercitive si ce n’est pas nécessaire, avec éventuellement quelques mesures complémentaires incitant fortement à se faire vacciner (enfants vaccinés pour avoir le droit d’aller à l’école, par exemple, adultes vaccinés pour pouvoir prendre l’avion, etc., ce qui est déjà le cas pour éradiquer d’autres pathologies).

La raison et la sagesse devraient déjà l’emporter, ce qui fait qu’une large majorité de Français a accepté le reconfinement. C’est un fait que le covid-19 a désorganisé non seulement toute l’économie mais toute la société, tous les rapports sociaux et même affectifs, la relation à l’autre, quelle que soit la relation, la "simple" relation à la relation amoureuse, elle a été bouleversée par le coronavirus. La vaccination généralisé mondialement est la seule option possible pour retrouver ce monde social d’avant. Cela devrait suffire comme argument avant toute contrainte étatique. Et vacciner le monde entier mettra plusieurs années si la protection du vaccin dure assez longtemps.

Car la seule vraie question sera la suivante : combien de temps le vaccin protégera les personnes du covid-19 ? Si ce n’est le temps que d’une saison, on ne sera pas encore sorti de l’auberge…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 novembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?
Confinement Canada Dry ?
Interview du Premier Ministre Jean Castex au journal télévisé de 20 heures le 1er novembre 2020 sur TF1 (vidéo).
Reconfinement covid-19 : les nouvelles attestations de déplacements à télécharger (à partir du 29 octobre 2020).
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 octobre 2020 à Paris, sur la mise en place du reconfinement contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Deux discours du Premier Ministre Jean Castex le 29 octobre 2020 au Parlement à Paris, sur la mise en place du reconfinement contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Reconfinement : la vie humaine, principe intangible d’Emmanuel Macron (et de la France).
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 28 octobre 2020 (texte intégral et vidéo).
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Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…
Le coronavirus de Wuhan va-t-il contaminer tous les continents ?

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https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/11/10/38642951.html








 

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 03:38

« Le principe du confinement, c’est que le maximum de personnes reste chez elles. » (Jean Castex, le 1er novembre 2020 sur TF1).



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Le gouvernement a instauré un nouveau confinement pour résister contre la progression désormais (hélas) exponentielle du coronavirus SARS-CoV-2 applicable à partir du vendredi 30 octobre 2020 à 00 heure, donc avant la fin des vacances scolaires de la Toussaint. Cependant, ceux qui ont eu l’occasion de se sortir de chez eux ce week-end pouvaient raisonnablement se demander s’ils étaient effectivement en période de confinement ou en période normale.

C’est tout le problème de la ligne de crête du gouvernement : savoir régler au mieux les curseurs économiques et sanitaires, les uns dépendant des autres. Laisser les écoles ouvertes (ce qui, pour enfants et adolescents, paraît une mesure vitale), laisser un certain nombre de commerces et de services ouverts (dont les services publics)… si bien que le confinement est devenu une sorte de confinement "soft" (ou "light"), de confinement Canada Dry qui ose dire son nom (ce qui n’était pas le cas pour le premier confinement) mais qui risque de ne pas avoir l’effet d’un confinement, puisque confiner, cela veut dire rester chez soi sauf dans des circonstances très exceptionnels.

Pour ne pas faire plonger une nouvelle fois l’économie au fond du gouffre, le gouvernement a donc encouragé la continuité du travail, beaucoup plus fortement qu’au printemps. Sur le principe, c’est raisonnable (la France se relèverait très difficilement d’un second choc de même nature et de même ampleur qu’au printemps). Mais sur le plan psychologique, il n’y a plus la sidération et plus le contexte de faire attention, même si les sondages montrent qu’au moins deux tiers des sondés soutiendraient ce nouveau confinement (au printemps, ils étaient nettement plus nombreux).

L’un des moyens d’assurer la continuité de l’économie tout en préservant la protection des personnes, c’est le télétravail. La Ministre du Travail Élisabeth Borne a précisé le 1er novembre 2020 que le télétravail, lorsqu’il était possible, n’était pas une option ni une recommandation, mais une obligation. C’est un mot important qui peut donc mettre en jeu la responsabilité pénale de l’employeur en cas de mise en danger de ses employés si ce dernier souhaite garder son personnel en présentiel.

Cela a aussi conduit pendant tout le week-end le débat public vers une impasse qui serait presque néo-poujadiste : protégeons nos petits commerçants. Reconnaissons clairement que leur situation économique, depuis le mois de mars 2020, est très compliquée et que certains hélas peuvent disparaître malgré les aides massives du gouvernement. Il y a eu comparaison entre grandes surfaces qui, vendant des denrées alimentaires, peuvent rester ouvertes et petits commerçants obligés de fermer car vendant des "produits non essentiels". Mais quelle est la définition d’un "produit non essentiel". Un intervenant sur un plateau de télévision s’est d’ailleurs emandé : pourquoi un macaron de Ladurée serait-il plus essentiel que des fleurs pour fleurir les tombes de nos proches ?

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Chacun aura sa définition de "non essentiel" et c’est vrai que faire partie des commerçants qui proposent des produits définis comme non essentiels n’est pas très valorisant : s’ils existent, c’est qu’il y a nécessairement un besoin, sinon, la dure loi de l’offre et de la demande régule le marché et ils n’existent plus, indépendamment de la crise sanitaire. Mais il faut bien aussi reconnaître qu’il est plus important d’aller chercher des médicaments dans une pharmacie que de prendre un pot dans le bistrot en face. Il ne s’agit pas ici de changer de mode de vie, comme a pu oser le dire par exemple Pascale Tournier, rédactrice en chef adjointe d’un hebdomadaire pourtant mieux inspiré "La Vie" (sur LCI le 1er novembre 2020), mais de prendre les moyens, en période exceptionnelle, en pleine crise sanitaire, de sauver la santé des Français. Car il faut bien avouer aussi que l’épidémie de covid-19 n’est pas non plus notre mode de vie.

Beaucoup de maires ont relayé la situation des petits commerçants, certains avec des arrière-pensées non avouables : profiter de cet enjeu pour faire de l’opposition stérile au gouvernement alors que s’il y a bien une période qui a besoin d’unité nationale, c’est bien celle-ci, la France assaillie par la pandémie de covid-19 et par les terroristes islamistes. On ne va pas négocier le prix de l’eau quand il y a un incendie. Certains maires sont même allés dans la désobéissance en signant des arrêtés de réouverture des magasins qui outrepassent leurs pouvoirs municipaux, arrêtés qui seront forcément annulés par les tribunaux administratifs, mais que de temps perdu en pleine urgence sanitaire.

Invité le 1er novembre 2020 sur BFM-TV, le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire a clairement indiqué ce qu’il pensait de ces actes irresponsables qui manquaient à l’intérêt général : « Ces maires pensent qu’ils soutiennent les petits commerçants, en réalité ils mettent en danger la vie des Français. ».

D’ailleurs, invité du journal de 20 heures sur TF1, ce même dimanche 1er novembre 2020, le Premier Ministre Jean Castex est venu clore la récréation des élus locaux. Il a bien compris le problème de la concurrence déloyale, qui, de toute façon, ne pourra pas vraiment être résolu à cause des sites d’e-commerce sur Internet (de type Amazon), mais sa réponse a été dans un sens plus restrictif : les rayons des "produits non essentiels" des grandes surfaces devront être fermés. En outre, le gouvernement a débloqué 100 millions d’euros pour aider les petits commerçants à proposer leur commerce en ligne, ce qui ne résoudra évidemment pas tous les problèmes, puisque certains services ne peuvent se faire sur Internet (ceux des coiffeurs, par exemple).

Rappelons quand même qu’on ne rigole pas avec l’urgence sanitaire : il y a des vies humaines en jeu, derrière le confinement. Peut-être celle d’un proche. Aujourd’hui, le rythme reste exceptionnellement élevé, presque incompréhensible après les premières mesures de couvre-feu, ce qui signifie, hélas, que le couvre-feu n’a eu aucun effet, ou alors, un tout petit (voir ci-dessous l’espoir).

Dans une interview au "Journal du dimanche", le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a donné cette indication, qui, d’ailleurs, mériterait certainement d’être hélas revue à la hausse dans le futur proche : en France, il y a une contamination toutes les deux secondes, une hospitalisation toutes les trente secondes et un décès toutes les quatre minutes. Ce qui l’a conduit à dire que la fête de Noël ne serait pas "normale" cette année. Car nul doute que la seconde vague ne sera pas terminée. D’ailleurs, dans un sondage qui paraît dans "Le Parisien" ce lundi 2 novembre 2020, 71% des sondés s’apprêteraient à passer Noël sans sortir du confinement.

Le gouvernement a heureusement accepté une certaine indulgence jusqu’à la fin du week-end : les personnes en vacances devaient bien pouvoir rentrer chez eux. Mais la question demeure : si le confinement du 2 novembre 2020, jour de la rentrée des classes, reste aussi "light" que les trois derniers jours, inutile d’imaginer que celui-ci aura l’effet espéré de faire baisser de manière drastique le nombre de contaminations chaque jour, et donc, le nombre d’hospitalisations et de décès.

Ce dimanche 1er novembre 2020, il y a encore eu 46 290 nouveaux cas de contamination, ce qui fait qu’en un seul jour, pour quatrième ou cinquième journée depuis dix jours, cela fait l’équivalent de la moitié du nombre total de contaminations en Chine depuis le début de la pandémie ! En tout en France, plus de 1,4 million de personnes contaminées avec un taux de positivité qui explose chaque jour (le 29 octobre 2020, il était de 20,35% !). Ces données placent la France en tête des pays où le circule le plus, derrière les États-Unis et l’Inde.

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Plus concrètement, cela signifie 1 883 nouvelles hospitalisations (en tout 24 031 personnes sont hospitalisées pour cause de covid-19), et 289 entrées en réanimation (3 578 personnes sont actuellement en réanimation pour cause de covid-19, soit un taux d’occupation de 70,6%). Cela signifie aussi 231 décès, faisant franchir un nouveau seuil, 37 019 personnes sont déjà décédées du covid-19 depuis le début de la pandémie en France.

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Chacun doit être responsable de son comportement plus ou moins respectueux des règles sanitaires élémentaires (gestes barrières, distanciation physique, port du masque, lavage des mains fréquent, aération régulière des salles, etc.). Mais il ne faut culpabiliser personne pour la récente explosion de cette "seconde vague" : elle a eu lieu indépendamment des efforts ou négligences des personnes et des gouvernements, et cela dans toute l’Europe, si bien que beaucoup de pays sont désormais plongés dans le confinement comme la France, à savoir l’Irlande, le Pays de Galles, la Slovaquie, la République tchèque, la Grèce, l’Angleterre, et certains territoires de l’Espagne et de l’Italie, également la Suisse, etc.

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Une très légère possibilité d’espoir, c’est la dernière courbe du taux d’incidence, c’est-à-dire du nombre de personnes testées positives en une semaine, sur 100 000 habitants : pour la première fois depuis cette explosion de l’épidémie, la courbe est redescendue le 29 octobre 2020 à 438 après être monté jusqu’à 462 le 28 octobre 2020. C’est bien sûr beaucoup trop tôt pour y voir une tendance, mais elle pourrait être finalement un effet (trop faible) du couvre-feu. Toutefois, les dernières données publiées le 1er novembre 2020 restent très mauvaises (cela reste équivalent à un taux d’incidence d‘environ 480), d’autant plus mauvaises que le dimanche, d’habitude, le nombre de contaminations est souvent plus bas que le reste de la semaine en raison du congé dominical.

Le mois de novembre 2020 risque d’être cruel : « La situation sera très dure dans les semaines à venir, nos services hospitaliers vont être mis à rude épreuve. ». Dans sa conférence de presse du 29 octobre 2020, le Premier Ministre Jean Castex avait conclu ainsi : « Mesdames et Messieurs, nous vivons une situation hors du commun. Je ne cesserai de le répéter : la solution est entre les mains de chacun d’entre nous. Adaptons nos comportements, limitons nos contacts, respectons les gestes barrières, portons le masque, même chez nous, protégeons-nous, protégeons les autres ! ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er novembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Confinement Canada Dry ?
Interview du Premier Ministre Jean Castex au journal télévisé de 20 heures le 1er novembre 2020 sur TF1 (vidéo).
Reconfinement covid-19 : les nouvelles attestations de déplacements à télécharger (à partir du 29 octobre 2020).
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 29 octobre 2020 à Paris, sur la mise en place du reconfinement contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Deux discours du Premier Ministre Jean Castex le 29 octobre 2020 au Parlement à Paris, sur la mise en place du reconfinement contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Reconfinement : la vie humaine, principe intangible d’Emmanuel Macron (et de la France).
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 28 octobre 2020 (texte intégral et vidéo).
Covid-19 : Non, le comportement des gens n’y est pas pour grand-chose de la situation actuelle !
Covid-19 : faut-il reconfiner dès maintenant ?
Documentaire de LCP sur la grippe de Hong Kong en 1968-1969 ("Le Mag" du 26 juin 2020).
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 22 octobre 2020 sur les nouvelles mesures sanitaires contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Covid-19 : couvre-feu, liberté et réanimation.
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 15 octobre 2020 sur l’application du couvre-feu (texte intégral et vidéo).
Interview du Président Emmanuel Macron le 14 octobre 2020 sur TF1 et France 2 (vidéo).
Emmanuel Macron et l’électrochoc du confinement nocturne.
10 ans après la loi anti-burqa, la loi masque-obligatoire.
Les supposés "bons" résultats de l’IHU Méditerranée du professeur Didier Raoult…
Covid-19 : Donald Trump, marathonman.
Le casse-tête sanitaire de Jean Castex.
Olivier Véran.
Le cap de 1 million de décès franchi.
Conférence de presse du Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran le 23 septembre 2020 à Paris (vidéo).
Finie, l’épidémie de covid-19 : vraiment ??
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…
Le coronavirus de Wuhan va-t-il contaminer tous les continents ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201101-coronavirus-covid.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/confinement-canada-dry-228279

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/10/31/38621183.html









 

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 20:37

Les mesures prises par Emmanuel Macron le 28 octobre 2020 instaurent un reconfinement général du pays à partir du jeudi 29 octobre 2020 à 24h. Pour se déplacer, il faut une attestation de déplacement sans laquelle on peut être verbalisé pour une amende de 135 euros. Voici les attestations en téléchargement.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'attestation correspondante (fichier .pdf).


Attestation de déplacement dérogatoire numérique :
https://media.interieur.gouv.fr/deplacement-covid-19/


Attestation de déplacement dérogatoire 

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124831/999556/file/30-10-2020-attestation-de-deplacement-derogatoire.pdf#xtor=AD-322

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124830/999551/file/30-10-2020-attestation-de-deplacement-derogatoire.docx#xtor=AD-322

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124829/999546/file/30-10-2020-attestation-de-deplacement-derogatoire.txt#xtor=AD-322

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124828/999541/file/30-10-2020-attestation-de-deplacement-derogatoire-anglais.docx#xtor=AD-323



Justificatif de déplacement professionnel à faire remplir par l'employeur :

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124827/999536/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-professionnel.pdf#xtor=AD-324

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124826/999531/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-professionnel.docx#xtor=AD-324

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124825/999526/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-professionnel.txt#xtor=AD-324



Justificatif de déplacement scolaire à faire remplir par l'établissement scolaire :

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124824/999521/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-scolaire.pdf#xtor=AD-324

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124823/999516/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-scolaire.docx#xtor=AD-324

https://www.interieur.gouv.fr/content/download/124822/999511/file/30-10-2020-justificatif-de-deplacement-scolaire.txt#xtor=AD-324



Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201028-macron.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201029-attestations-deplacement.html



 

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 03:11

« Mais surtout, il faut reconnaître que, comme tous nos voisins, nous sommes submergés par l’accélération soudaine de l’épidémie, par un virus qui semble gagner en force à mesure que l’hiver approche, que les températures baissent. Une fois encore, il faut avoir beaucoup d’humilité. Nous sommes tous, en Europe, surpris par l’évolution du virus. Certains pays, comme l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas, ont pris plus tôt des mesures plus dures que les nôtres. Pourtant, tous, nous en sommes au même point : débordés par une deuxième vague qui, nous le savons, sera, sans doute, plus dure et plus meurtrière que la première. » (Emmanuel Macron, le 28 octobre 2020 à Paris).



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Nouvelle situation de cauchemar. La situation de l’épidémie a rendu inéluctable la décision courageuse et responsable du Président Emmanuel Macron de décider un reconfinement généralisé du pays à partir de la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre 2020, et cela pour au moins un mois, jusqu’au 1er décembre 2020. C’est ce qu’il a annoncé dans son allocution télévisée ce mercredi 28 octobre 2020 à 20 heures, en ajoutant que les retours des vacances de la Toussaint seraient tolérés jusqu’au week-end prochain.

Le reconfinement n’est pas la source du cauchemar mais la conséquence. Le cauchemar, c’est une violente reprise de l’épidémie non seulement en France (et dans toutes les régions) mais aussi dans toute l’Europe. Cette saleté de coronavirus n’en finira pas de meurtrir le monde. Dans son intervention télévisée du 14 octobre 2020, Emmanul Macron avait évoqué l’horizon de l’été 2021, il l’a répété ce mercredi en considérant que c’est l’horizon d’un possible vaccin (mais un vaccin, c’est long à développer pour en garantir l’efficacité et l’innocuité).

Les oppositions politiques sont devenues de plus en plus stériles, l’élection présidentielle approche et tout est bon pour contester l’autorité d’Emmanuel Macron. Et pourtant, aucun pays n’a jusqu’à maintenant égalé la France dans le traitement économique de cette grave crise sanitaire. En temps de crise si aiguë (et mondiale, il faut insister), il vaut mieux habiter en France que dans d’autres pays, qu’au Brésil, qu’aux États-Unis, qu’en Russie…

Il n’y a jamais de confinement heureux, mais ce deuxième confinement devrait éviter les écueils du premier, en permettant les visites des personnes âgées dans les EHPAD, en laissant les cimetières ouverts (surtout en période de la Toussaint), et surtout, en rouvrant les crèches, les écoles, les collèges et les lycées pour la rentrée du 2 novembre 2020 (retardée à 10 heures pour un hommage à Samuel Paty). Encore des injonctions paradoxales !

Emmanuel Macron veut effectivement encourager la continuité du travail professionnel tout en endossant un confinement qui l’étoufferait : « L’économie ne doit ni s’arrêter ni s’effondrer ! Je vous invite donc, dans la mesure des possibilités de chacun, à participer de cet effort en travaillant, en soutenant les entreprises qui, proches de chez vous, ont innové à travers des commandes à distance, la vente à emporter ou la livraison à domicile. Le gouvernement accompagnera les TPE/PME comme les artisans qui entreprendront des démarches de numérisation. ».

Ce nouveau confinement, il était plus ou moins connu dès le début du week-end dernier. Il n’y avait plus grand-chose à espérer avec une croissance exponentielle du nombre de contaminations et d’entrée en réanimation. Le seuil des 3 000 lits occupés a été atteint ce mercredi 28 octobre 2020 (exactement 3 045) et la mécanique du virus est telle qu’on sait, hélas, qu’au 15 novembre 2020, ce nombre atteindra 9 000, soit la capacité totale de la réanimation en France.

Ce second confinement démarre bien plus tardivement, en taux d’occupation des lits de réanimation, que lors du premier confinement, mais le Président de la République aurait cependant pu donner une petite note optimiste : le taux de reproductibilité du virus est nettement inférieur à celui du printemps (1,5 au lieu de 3), ce qui signifie que la vitesse, certes encore très élevée, de la circulation du virus est plus faible qu’en mars 2020. En nombre de décès, avec 35 785 morts, la France vient de dépasser l’Espagne et va prochainement dépasser l’Italie, les deux "mauvais élèves" européens de la première vague, mais la course macabre n’est jamais fixée à l’avance car tous les pays ne sont pas au même stade d’avancement de l’épidémie.

Sur les vingt-deux minutes qu’a duré cette allocution présidentielle, ce qui est long, Emmanuel Macron a attendu la onzième minute pour annoncer gravement sa décision : « Si nous ne donnons pas aujourd’hui un coup de frein brutal aux contaminations, nos hôpitaux seront très vite saturés (…). Si nous ne donnons pas aujourd’hui un coup de frein brutal aux contaminations, les médecins devront alors choisir, ici entre un patient atteint du covid et une personne victime d’un accident de la route, là entre deux malades du covid. Ce qui, compte tenu des valeurs qui sont les nôtres, de ce qu’est la France, de ce que nous sommes, est inacceptable. Dans ce contexte, ma responsabilité est de protéger tous les Français. Et en dépit des polémiques, en dépit de la difficulté des décisions à prendre, je l’assume pleinement devant vous ce soir. ».

Et d’en arriver à la conclusion de ses réflexions : « Après avoir consulté les scientifiques, dialogué avec les forces politiques, économiques et sociales, après avoir échangé aussi avec nos partenaires européens, et pesé le pour et le contre, j’ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus. Tout le territoire national est concerné. ». Soulignons que le mot "confinement", au contraire de son allocution du 16 mars 2020, a été clairement employé.

Au-delà de cette annonce solennelle qui nécessitait évidemment une intervention solennelle du Président de la République, j’approuve pleinement cette allocution qui se voulait avant tout pédagogique, renvoyant aux orties tous les faux arguments qu’on voyait fleurir sur Internet et dans certains médias depuis quelques semaines. 

Les explications ne sont pas nouvelles mais elles gagnent en crédit et en force lorsqu’elles sont prononcées par le Président de la République qui, d’ailleurs, a rappelé le principe intangible, non négociable, qui rend les protestations des restaurateurs (pour donner un exemple très médiatisé) assez dérisoires. Certes, c’est leur vie professionnelle qui est en cause, c’est important, leur famille est en jeu, mais à l’autre bout de l’enjeu, ce sont des dizaines de milliers de vies qui balancent en réanimation et qui, elles, sont en danger immédiat.

Ce principe intangible, parce que cela va mieux en le disant, c’est celui-ci : « Pour nous, rien n’est plus important que la vie humaine. ». Messieurs les commentateurs contestataires, reprenez à votre compte ce principe intangible ou osez assumer pleinement que pouvoir encore trinquer le soir entre amis vaut plus que la vie de vos parents. La vie humaine !

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Voici quelques échantillons de l’explication pédagogique du Président.

Le coronavirus ne touche pas seulement les plus âgés : « Il touche (…) sous les formes graves toutes les générations. Et nous ne savons pas dire aujourd’hui quelles sont les séquelles à long terme. Perte d’odorat, perte de goût, difficultés respiratoires : contracter ce virus n’est jamais anodin, même lorsqu’on a 20 ans. ». Il fallait le dire, le redire, le marteler : le virus touche tout le monde, personne n’est à l’abri. Et ce n’est pas une grippette !

Il n’y a pas de rivalité entre confinement et économie : « Il nous faut protéger notre économie. Je ne crois pas à l’opposition entre santé et économie que certains voudraient instaurer. Il n’y a  pas d’économie prospère dans une situation sanitaire dégradée avec un virus qui circule activement. Et, je vous le dis très clairement, il n’y a pas non plus de système de santé qui tient s’il n’y a pas une économie forte pour la financer. C’est donc un juste équilibre qu’il nous faut sans cesse rechercher. ». C’est la fameuse ligne de crête du gouvernement, sans arrêt mouvante.

La stupidité de préconiser l’immunité collective : « Nous pourrions, certains le préconisent, ne rien faire, assumer de laisser le virus circuler. C’est ce qu’on appelle la recherche de "l’immunité collective", c’est-à-dire lorsque 50, 60% de la population a été contaminé. Le conseil scientifique a évalué les conséquences d’une telle option. Elles sont implacables : à très court terme, cela signifie le tri entre les patients à l’hôpital. Et d’ici quelques mois, c’est au moins 400 000 morts supplémentaires à déplorer. Jamais la France n’adoptera cette stratégie. Jamais nous ne laisserons mourir des centaines de milliers de nos citoyens, ce ne sont pas nos valeurs, ça n’est pas non plus notre intérêt. ». C’est avec un tel sujet qu’on peut le mieux apprécier les valeurs des personnes, ce qui compte ou pas pour elles. La crise sanitaire, depuis janvier 2020, est à cet égard très instructive pour mieux connaître les personnes. Celles qu’on côtoie comme celles qui ont un écho public et médiatique. Avec le risque d’être déçu…

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Confiner seulement les "personnes à risque" : « D’une part, nos aînés comme les personnes vulnérables ont souvent besoin d’une assistance extérieure (…). Et donc créer une forme de bulle autour d’une génération (…) n’est pas réaliste (…). D’autre part, le virus se développe et développe des formes graves chez les plus jeunes. Et donc, confiner les seules personnes âgées est inefficace : parce que le virus circulerait toujours trop vite et sous des formes graves dans le reste de la population. Et donc nous ne pourrions pas protéger nos soignants, nos urgences et même à terme nos aînés avec cette stratégie. ».

Augmenter les capacités de réanimation : « Je vais vous dire très clairement, nous sommes en train de le faire, mais là non plus, ce n’est pas une bonne réponse. (…) Quand bien même nous pourrions ouvrir beaucoup plus de lits et malgré l’effort de doublement que nous avons réussi, qui peut sérieusement vouloir que des milliers de nos compatriotes passent des semaines en réanimation avec les séquelles que cela implique sur le plan médical ? ». Emmanuel Macron a oublié d’ajouter que 18% des patients covid qui entrent en réanimation y meurent. Il vaut donc mieux éviter qu’il n’en rentre beaucoup.

Après avoir énuméré les quatre stratégies qui auraient pu éviter le confinement mais qui ne sont pas efficaces ni conformes à notre éthique, Emmanuel Macron en a conclu sa décision : « Aucune de ces solutions n’est suffisante en l’état actuel. Il faut donc aller plus loin. ». La structure de son allocution est très claire et très éclairante.

Donc, c’est hélas le retour au confinement de mars à mai 2020, faute de mieux. Retour à l’attestation de déplacement pour un certain nombre de dérogations, le retour au "quoi qu’il en coûte" (avec une monstrueuse faute d’orthographe dans la transcription du texte de l’allocution sur le site de l’Élysée, répétée deux fois !) : « cette réponse économique parmi les plus protectrices du monde se poursuivra. ».

L’objectif de ce second confinement n’est pas l’éradication totale du virus comme c’était l’idée du premier confinement, mais le freinage de sa circulation : « Notre objectif à terme est simple : réduire très fortement les contaminations, de 40 000 contaminations par jour à 5 000, ralentir significativement le rythme des entrées à l’hôpital et en réanimation. ».

Enfin, le Président a prôné l’indispensable unité nationale pour combattre le virus : « Mes chers compatriotes, nous avons tous été surpris par l’accélération soudaine de l’épidémie. Tous. Si je sais la lassitude, cette impression "d’un jour sans fin" qui tous nous gagne, nous devons, quoi qu’il arrive, rester unis et solidaires, et ne pas céder au poison de la division. Cette période est difficile en cela qu’elle éprouve notre résilience et notre unité. Mais elle est un révélateur de ce que nous sommes. Des femmes et des hommes liés les uns aux autres. Très peu de générations auront eu comme la nôtre autant de défis ensemble. Cette pandémie historique, les crises internationales, le terrorisme, les divisions de la société et une crise économique et sociale sans précédent liée à la première vague. Mais j’ai confiance en vous. Confiance en notre capacité à surmonter cette épreuve. (…) Je compte sur chacun d’entre vous. ».

Je doute que la classe politique adopte cette unité nationale car les postures électoralistes, de tous côtés, semblent l’emporter sur la responsabilité historique et le sens du peuple. Tous les opposants qui s’en prennent à Emmanuel Macron se trompent d’ennemi et à cet égard, sont anti-patriotes. C’est très révélateur de ceux qui pensent à l’intérêt général et les autres, ceux qui gèrent leur boutique et leur niche électorales.

Mais ce discours d’unité nationale était avant tout adressé aux Français eux-mêmes, pas à leurs représentants plus ou moins démagogues. Et je ne doute pas qu’il soit entendu. Emmanuel Macron s’est bien gardé de culpabiliser les Français en insistant sur la soudaineté de cette vague déferlante, principalement due aux conditions météorologiques. Le problème, c’est que le froid va rester jusqu’en avril 2021 et l‘on ne peut pas confiner un peuple indéfiniment.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 octobre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Reconfinement : la vie humaine, principe intangible d’Emmanuel Macron (et de la France).
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 28 octobre 2020 (texte intégral et vidéo).
Covid-19 : Non, le comportement des gens n’y est pas pour grand-chose de la situation actuelle !
Covid-19 : faut-il reconfiner dès maintenant ?
Documentaire de LCP sur la grippe de Hong Kong en 1968-1969 ("Le Mag" du 26 juin 2020).
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 22 octobre 2020 sur les nouvelles mesures sanitaires contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Nouvelle attestation de déplacement pour le couvre-feu à partir du 17 octobre 2020 (à télécharger).
Covid-19 : couvre-feu, liberté et réanimation.
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 15 octobre 2020 sur l’application du couvre-feu (texte intégral et vidéo).
Interview du Président Emmanuel Macron le 14 octobre 2020 sur TF1 et France 2 (vidéo).
Emmanuel Macron et l’électrochoc du confinement nocturne.
10 ans après la loi anti-burqa, la loi masque-obligatoire.
Les supposés "bons" résultats de l’IHU Méditerranée du professeur Didier Raoult…
Covid-19 : Donald Trump, marathonman.
Le casse-tête sanitaire de Jean Castex.
Olivier Véran.
Le cap de 1 million de décès franchi.
Conférence de presse du Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran le 23 septembre 2020 à Paris (vidéo).
Finie, l’épidémie de covid-19 : vraiment ??
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…
Le coronavirus de Wuhan va-t-il contaminer tous les continents ?

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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 03:39

« C’est un coup de massue car même dans les prévisions les plus préoccupantes, on n’en était pas là. On va faire face à des semaines très difficiles. On est en situation de guerre. » (Pr. Gilles Pialoux, le 27 octobre 2020).




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Le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon à Paris, a-t-il réussi, parmi d’autres éminents médecins, à convaincre le Président de la République que la situation de la pandémie de covid-19 passerait nécessairement par un reconfinement national en France ? C’est en tout cas ce qui se dessinerait actuellement : un confinement généralisé pendant au moins quatre semaines, voire six. Emmanuel Macron devrait prononcer une allocution télévisée ce mercredi 28 octobre 2020 à 20 heures pour l’annoncer. Rien que dans la forme, la gravité a conquis tous les esprits depuis ce week-end et ce nombre ahurissant de plus de 52 000 nouvelles contaminations en une seule journée.

Invité de BFM-TV le 27 octobre 2020, Gilles Pialoux a estimé qu’il fallait prioriser les urgences : « Il faut reconfiner le pays et laisser de côté l’économie car ça, c’est rattrapable. En revanche, la réanimation loupée, ça ne l’est pas. ». En d’autres termes, sauver des vies. Ce n’est pas un vain objectif, je sais ce que cela veut dire, j’ai perdu un ami très cher au début de la première vague. Reconfiner, un mot terrible que le gouvernement voulait totalement exclure de son vocabulaire depuis le début du déconfinement le 11 mai 2020. Et pourtant, comment faire autrement ?

Le choix n’est pas entre l’économie et la santé, entre la population active et les retraités (considérés comme "à risques"). Le choix est national. Si une grande proportion d’actifs devenait malade du covid-19, ils ne travailleraient plus et l’économie serait paralysée tout autant. Certes, en confinant, on réduit les capacités financières de la Sécurité sociale, et en plus, on réduit les chances des personnes ayant d’autres pathologies de se faire soigner (le bilan, pas encore dressé, du premier confinement, devra bien être établi un jour). Mais la logique exponentielle ne laisse plus aucun choix au gouvernement. En tout cas, à un gouvernement soucieux de la vie de ses compatriotes.

Peuple paradoxal qui s’apprête à juger, pour de vrai, il y a déjà eu des perquisitions !, des ministres et un ancien Premier Ministre, pour avoir prétendument sous-évalué la gravité de la première vague du coronavirus SARS-CoV-2 au début du printemps et qui, en même temps, dénonce au début de l’été des mesures considérées comme trop restrictives des libertés publiques en croyant que le gouvernement surestimait la gravité de la situation sanitaire. Franchement, qui veut être à la place du ministre de la santé depuis février ?!

Depuis mai, le gouvernement ne voulait plus entendre parler ni de mesures sanitaires, ni de coronavirus, ni d’épidémie, ni de confinement et misait à fond sur le plan de relance historique de 100 milliards d’euros, la dernière "séquence" du quinquennat actuel.

Depuis quelques jours, la réalité revient affreusement au galop et les statistiques sont effrayantes. Oui, les effets exponentiels sont toujours traîtres, la raideur de la pente est toujours précédée d’un faux plat. Ce 27 octobre 2020, 523 décès dus au covid-19 ont été déclarés pour cette seule journée en France, dont 288 à l’hôpital, les seuls à vraiment prendre en compte pour analyser l’effet statistique (en effet, les déclarations des décès en EHPAD sont parcellaires et rarement quotidiens, il faut les prendre en compte avec le recul du temps, mais pas dans l’analyse immédiate des statistiques). Le rythme des décès monte vertigineusement : de 200 par jour la semaine dernière, il passe à 300 par jour. Pour les entrées en réanimation, c’est hélas le même phénomène : 431 entrées en réanimation pour la seule journée du 27 octobre 2020 ; avant le week-end, le rythme était de seulement 300 par jour.


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Quand Jean Castex a prévenu, lucidement, le 22 octobre 2020 que le mois de novembre allait être "éprouvant", hélas, il ne savait pas encore qu’on allait passer de 10 000 à 30 000 voire 40 000 nouveaux cas de contamination par jour. 33 417 pour la journée du 27 octobre 2020. Rappelons-nous toujours la cinétique : X cas de contaminations au jour J, cela signifie 10 à 20% de X à l’hôpital au jour J+8 voire J+15, dont certains en réanimation (séjour d’au moins deux semaines, certains, environ 18%, n’en sortiront jamais, mais nous sommes déjà à J+30). Cela veut dire que les décès d’aujourd’hui, c’étaient les malades détectés d’il y a environ un mois, fin septembre, beaucoup moins nombreux qu’aujourd’hui… Le rythme est passé à 3 000 nouvelles hospitalisations chaque jour (2 988 exactement ce 27 octobre 2020).

Un autre indice effrayant, c’est le taux de positivité. Certains ont voulu se rassurer en se disant qu’il y avait plus de personnes détectées positives parce qu’on faisait beaucoup plus de tests, et ce n’était pas faux, évidemment. Mais la logique voulait que plus on fasse de tests, plus le taux de positivité (nombre de tests positifs sur nombre total de tests) diminue. Or, depuis deux mois, c’est l’inverse qui s’est produit : le 26 octobre 2020, ce taux de positivité a atteint 18,7% ! Il augmente presque d’un point chaque jour !

Pas la peine de faire un dessin, ce qu’on appelle la "seconde vague" va être terrible, effrayante. Protégeons-nous ! Inutile de parler des Didier Raoult et autres gogos du tout à l’ego pourtant médecins qui ont nié (au mépris de la science) la persistance de l’épidémie voire l’existence de la seconde vague : l’actualité, hélas, leur donne tristement tort (soyons assurés que tout le monde le regrette) mais tout le monde s’en moque d’eux, car tout le monde est focalisé sur la catastrophe.

Elle ne concerne pas seulement les plus âgés : la moitié des patients qui entrent en réanimation a moins de 62 ans. Il faut que cela se sache ! Le coronavirus concerne tout le monde, frappe tout le monde, et s’il tue rarement les plus jeunes, il peut leur laisser des séquelles graves et durables, dont il est difficile de connaître l’issue puisqu’on ne connaît le virus que depuis janvier 2020, et dans tous les cas, il peut tuer leurs proches, leurs parents, grands-parents. Tout à l’heure, je lisais une petite annonce d’une association qui recueille les chats abandonnés et qui les propose à l’adoption : elle concernait une chatte de cinq ans… à adopter parce que ses deux propriétaires sont morts du covid-19. Les deux. Protégeons-nous !

Oui, le gouvernement était raisonnable en voulant une riposte graduée : dès le 20 juillet 2020, obligation du port du masque dans les endroits confinés. Mais pourquoi ne pas l’avoir imposé dès la sortie du confinement, en mai ? En fin août, ce fut l’obligation du port du masque même à l’extérieur dans certaines villes. Et les nouvelles mesures n’ont cessé de se durcir durant le mois de septembre, fermeture des bars, puis couvre-feu il y a deux semaines. Mais chaque fois, c’est le risque de la riposte graduée, on arrive avec un coup de retard.

Depuis quelques jours, les esprits évoluent très rapidement, et la prise de conscience devient heureusement généralisée. Il ne s’agit pas d’avoir peur, il s‘agit de se prémunir. En mettant ma ceinture de sécurité quand je conduis, je n’ai pas peur de mourir sur la route, je sais simplement que c’est stupide de ne pas le faire et de risquer inutilement ma vie en cas d’accident, qui peut arriver à tout le monde. Je sais que je mourrais, mais pourquoi mourir d’une cause que je pourrais éviter ? C’est exactement la même chose pour une pandémie, mais mon masque n’est pas ma ceinture de sécurité. En quelque sorte, porter un masque, c’est mettre la ceinture de sécurité à mon passager, pas à moi-même. Atteinte aux libertés que devoir porter un masque ? Dans quelques heures, on le regrettera, ce temps où l’on ne devait "que" porter le masque.

Dans cette prise de conscience, les médias ont leur part, bien sûr, et certains éditorialistes ont la fâcheuse tendance à collectiviser leurs propres errements depuis plusieurs mois. J’en prends pour preuve deux éditorialistes, Guillaume Roquette, souvent pertinent dans son domaine de confort (l’économie) mais particulièrement inconsistant sur la crise sanitaire (peut-être trop ébloui par le bagou du professeur Raoult ?).

Toujours est-il que son évolution très récente est heureuse et, au contraire des Raoult et consort, il a l’humilité de dire qu’il s’était trompé, il était resté aveugle aux signaux faibles. Guillaume Roquette, en effet, depuis les premières alertes du corps médical qui datent d’avant le 14 juillet 2020, trouvait que le gouvernement en faisait déjà trop (les masques, les tests, les mesures contre les bars, les restaurateurs, etc.). Et surtout, il avait trouvé en la personne du professeur Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique mis en place par le Président de la République, chargé d’éclairer le gouvernement, l’un de ceux qui alarmaient inutilement les pouvoirs publics au détriment de l’économie.

Or, en écoutant Jean-François Delfraissy sur RTL le 26 octobre 2020 dire qu’il avait mis en garde contre l’arrivée de la seconde vague, mais il n’avait jamais imaginé à quel point cela allait être aussi grave, du reste ce qu’a dit aussi le professeur Gilles Pialoux le lendemain sur BFM-TV, Guillaume Roquette s’est rendu compte que tout le monde était hors-sol, et pour minimiser ses propres errements, en a conclu que tout le monde s’était trompé. Sauf que ceux qui avaient lancé l’alerte depuis deux mois s’étaient quand même un peu moins trompés que les autres. Hélas, aujourd’hui, on le sait, mais pourtant, c’est la seconde fois que cela arrive : les expériences du passé ne servent-elles donc jamais à rien ?

Avec encore moins de finesse que Guillaume Roquette, l’éditorialiste socialiste Françoise Degois, ex-conseillère de Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle de 2007, elle, dénonce depuis une semaine le comportement de tout le monde, les relâchements de l’été pour reconnaître qu’elle s’était un peu "relâchée" elle-même cet été. Mais pourquoi ne parle-t-elle pas que pour elle au lieu d’y impliquer les autres ? Beaucoup de personnes "vulnérables", au contraire, ne se sont jamais relâchées depuis la fin du confinement, et c’était difficile pour elles, elles ont été très prudentes, au point de ne pas voir leurs enfants, ou très peu souvent et dans des conditions loin d’être idéales (masques, distance, etc.).

C’est un discours qu’on entend pas mal en ce moment. Oui, les "gens" se sont relâchés, cet été, ont cru que l’épidémie était finie, et à cause d’eux, car il y a un lien de causalité qui est un lien de responsabilité, dans l’idée, la seconde vague arrive, et grandement.

Eh bien, je trouve que c’est doublement injuste.

D’une part, j’ai trouvé, en France du moins, que les "gens" ont, au contraire, été très raisonnables. D’abord lors du confinement du printemps qui a été très largement respecté. Ensuite lors du déconfinement et à chaque nouvelle mesure sanitaire, les Français les ont généralement appliquées, même si parfois, ils ont râlé, ils sont restés dans les faits raisonnables (après tout, qu’importe de dire non et de faire oui, c’est le résultat qui compte). Je trouve d’ailleurs que les pouvoirs publics n’insistent pas assez sur la bienveillance et l’esprit collectif des Français, peut-être parce que cela étonne tellement qu’on ne le voit pas, trop habitué aux préjugés qui n’ont pus cours.

D’autre part, si effectivement il y a eu une minorité d’insouciants, de gens plutôt jeunes qui faisaient la fête l’été, cela n’explique pas d’une part, pourquoi il n’y a eu aucune recrudescence en été ni, d’autre part, pourquoi la seconde vague arrive aussi violemment à la figure en octobre.

Je reste avec mon analogie qui mêle de la même manière liberté individuelle et sécurité collective, le code de la route. Les automobilistes respectent dans leur grande majorité les limitations de vitesse, la preuve, c’est qu’une très grande proportion a gardé tous les points du permis de conduire (ce qui ne les empêche pas de râler contre certaines de ces limitations, évidemment), et il y a toujours un petit pourcentage de fous du volant, de chauffards qui, quoi qu’on fasse, ne respecteront pas le code de la route, mais malgré leur existence, cela n’a pas empêché de réduire de 17 000 à 3 000 le nombre de morts sur les routes chaque année. Ces "chauffards" de la route, ce sont les fêtards du coronavirus : leur existence reste  très minoritaire.

En fait, et c’est ce que vient de découvrir Guillaume Roquette qui semble n’avoir jamais eu jusqu’ici l’esprit scientifique, les personnes ont eu une très faible responsabilité dans la situation désastreuse actuelle de la pandémie. En effet, on le voit dans la courbe d’incidence au niveau national, on le voit encore mieux dans celle de la ville de Paris qui fut, avec Marseille, l’une des premières villes les plus préoccupantes et les plus précoces dans les restrictions sanitaires.

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On voit en effet au milieu du mois de septembre une première inflexion de la courbe, ce qui signifie que les mesures gouvernementales ont eu un effet positif. En revanche, à partir de fin septembre (29) et début octobre (5), la courbe monte en flèche, toutes les courbes, de toutes les régions, de tous les pays d’Europe (et la République tchèque, qui s’était maintenue très honorablement au printemps, est pire qu’en France).

Une telle explosion n’est pas le fait des "gens" : il n’y a pas eu plus de fêtards depuis quatre semaines, mais l’explication la plus vraisemblable serait le temps qu’il a fait, une baisse brutale de la température, et ce coup de froid aurait accéléré de manière drastique la circulation du virus (c’est du reste ce que l’on observe avec les virus de la grippe). C’est bête à dire, mais les conditions météorologiques ont eu certainement un impact majeur sur la situation d’aujourd’hui. C’est la Nature qui s’en mêle. Il faut être un peu plus humble avec l’humain : le peuple a eu peu de responsabilité dans l’explosion délirante des dernières semaines. Cela n’enlève pas, évidemment, la responsabilité individuelle : seuls les gestes barrières peuvent casser la transmission, puisque le virus a besoin des humains pour se propager. Pas d’humains, pas d’épidémie.

Cette explication fait aussi comprendre, dans l’autre sens, pourquoi, en été, alors qu’il y a eu beaucoup de relâchement, aucune explosion des contaminations n’avait été observée en fin juin et en juillet, alors qu’on pouvait se dire que les gens ne faisaient pas beaucoup attention car ils ne se préoccupaient plus du virus. Lorsque la température est plus élevée, apparemment, le virus se propagerait plus difficilement, réflexion pas tout à fait cohérente, néanmoins, avec ce qu’il s’est passé aux États-Unis (et en Russie, Inde, Iran, Turquie).

Si impact du peuple il doit y avoir, c’est celui du taux de reproduction du virus (nombre de personnes que contamine une personne contaminée : pour maîtriser une épidémie, il faut que ce taux soit inférieur à 1) : il est d’environ 1,35 aujourd’hui alors qu’il était supérieur à 3 voire 6 au printemps. À l’évidence, c’est le signe que les gestes barrières sont mieux respectés aujourd’hui qu’au printemps : masque, distanciation physique, etc.

On voit bien, avec ce rythme de plusieurs dizaines de milliers de nouveaux cas chaque jour, que cela dépasse très largement la responsabilité des individus mais aussi du gouvernement (quelles que soient les mesures prises dans les différents pays, l’explosion est la même en Europe).

C’est pour cela que seule, une réponse de type reconfinement généralisé peut mettre un arrêt brutal à l’explosion de l’épidémie d’aujourd’hui. Renoncer à faire ce choix très difficile, c’est devoir le faire dans deux semaines ou quatre semaines, avec un bilan humain bien plus désastreux et une durée de confinement bien plus longue. Rappelez-vous qu’il y a quelques mois, la Chine avait reconfiné toute la ville de Pékin (la capitale !) à cause de la contamination de quelques centaines de nouvelles personnes. Plus tôt on prendra les mesures "difficiles", plus court on les maintiendra, et moins l’économie en pâtira. C’est tout l’enjeu de ce mercredi soir.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 octobre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 28 octobre 2020 (texte intégral et vidéo à venir).
Covid-19 : Non, le comportement des gens n’y est pas pour grand-chose de la situation actuelle !
Covid-19 : faut-il reconfiner dès maintenant ?
Documentaire de LCP sur la grippe de Hong Kong en 1968-1969 ("Le Mag" du 26 juin 2020).
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 22 octobre 2020 sur les nouvelles mesures sanitaires contre le covid-19 (texte intégral et vidéo).
Nouvelle attestation de déplacement pour le couvre-feu à partir du 17 octobre 2020 (à télécharger).
Covid-19 : couvre-feu, liberté et réanimation.
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 15 octobre 2020 sur l’application du couvre-feu (texte intégral et vidéo).
Interview du Président Emmanuel Macron le 14 octobre 2020 sur TF1 et France 2 (vidéo).
Emmanuel Macron et l’électrochoc du confinement nocturne.
10 ans après la loi anti-burqa, la loi masque-obligatoire.
Les supposés "bons" résultats de l’IHU Méditerranée du professeur Didier Raoult…
Covid-19 : Donald Trump, marathonman.
Le casse-tête sanitaire de Jean Castex.
Olivier Véran.
Le cap de 1 million de décès franchi.
Conférence de presse du Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran le 23 septembre 2020 à Paris (vidéo).
Finie, l’épidémie de covid-19 : vraiment ??
Karine Lacombe.
Claude Huriet.
Didier Raoult.
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…
Le coronavirus de Wuhan va-t-il contaminer tous les continents ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201027-coronavirus-covid.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-non-le-comportement-des-228135

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/10/27/38614105.html







 

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 03:50

« C’est un sujet de responsabilité et de solidarité collectives. C’est aussi un enjeu de protection pour tous. Tant qu’on n’est pas touché, on se croit intouchable. Pourtant, ce virus frappe tout le monde. Il concerne tout le monde, jeunes et moins jeunes, en ville comme à la campagne, avec, certes, des formes plus ou moins graves mais sans que nul ne puisse se considérer à l’abri, y compris les jeunes. J’en appelle donc encore et encore à la solidarité nationale et à une mobilisation sans faille. » (Jean Castex, le 22 octobre 2020 à Paris).



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L’évolution de la pandémie de covid-19 tend ces derniers jours à prendre des allures de catastrophe sanitaire majeure, et pas seulement en France, dans toutes l’Europe, y compris dans des pays considérés jusqu’alors quasi-épargnés (comme la République tchèque et la Pologne, très durement touchées aujourd’hui).

La situation en France est plus que préoccupante, on dirait plutôt alarmante. Après une réelle indifférence du gouvernement en août et début septembre malgré les avertissements de nombreux médecins depuis le milieu du mois de juillet 2020, puis, un retour plus sérieux au sujet au fur et à mesure de la recrudescence de l’épidémie, le gouvernement commence à réellement s’inquiéter. Dans sa conférence de presse du 22 octobre 2020, le Premier Ministre Jean Castex n’a pas hésité à être franc : « Disons les choses clairement. La situation est grave. Elle est grave en Europe, elle est grave en France. (…) La situation du virus atteint aujourd’hui un niveau extrêmement élevé. ». À partir de la nuit du vendredi 23 au samedi 24 octobre 2020, 46 millions de Français (soit les deux tiers) sont placés sous couvre-feu entre 21 heures et 6 heures.

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Ce vendredi 23 octobre 2020 dans la soirée, le Président Emmanuel Macron a rendu visite aux soignants de l’hôpital de Pontoise et les paroles qu’il a pu prononcer n’avaient rien de rassurant : « Les mesures n’ont pas vocation à être réduites, mais peut-être renforcées si elles ne sont pas efficaces. (…) Nous avons préparé ce scénario qui peut aller jusqu’au reconfinement local. (…) Il est trop tôt pour dire si l’on va vers des reconfinements locaux ou plus larges. ».

On n’exclut donc plus le reconfinement généralisé comme en mars. Certains le préconisent maintenant, comme Martin Blachier, pourtant considéré comme ayant sous-estimé l’ampleur de ce qu’on nomme la "seconde vague" et qui est plutôt le rebond de la première. Ce dernier, en effet, a proposé ce vendredi un reconfinement généralisé court, de deux semaines, pour couper les chaînes de transmission du virus. Cette semaine, le Pays de Galles et l’Irlande sont déjà en confinement généralisé.

Le problème, c’est que la stratégie de la riposte proportionnée adoptée par le gouvernement fait qu’on court toujours derrière le virus au lieu d’anticiper, un peu comme on court après la gangrène d’un membre pour éviter de trop amputer. Comment peut-on imaginer qu’on ne reconfinera pas dans quelques semaines ? Pourquoi attendre qu’il y ait plus de dégâts ? Cela aurait pour effet de prolonger un éventuel reconfinement. On voudrait d’abord voir les effets du couvre-feu, pas avant la semaine prochaine.

Ce vendredi 23 octobre 2020, les nouveaux chiffres de l’épidémie montrent la poursuite de l’explosion du nombre de cas : 42 032 cas nouveaux en une seule journée en France ! Ce qui a battu le précédent record… la veille : 41 622 cas ! En deux jours, c’est à peu près l’équivalent de toutes les personnes contaminées en Chine depuis le début de la pandémie ! Et demain ? plus encore ? 50 000 ? 100 000 ? On double toutes les deux semaines. La France devient le troisième pays où le virus circule le plus, derrière deux pays continents, les États-Unis et l’Inde. Mais les autres pays européens suivent de près, même en Allemagne, ce sont 13 4766 nouveaux cas en une seule journée, les services de réanimations se remplissent (trois fois plus occupés qu’il y a un mois).

Dans la notice du documentaire très bien réalisé par la chaîne LCP sur la pandémie de grippe de Hong Kong en 1968-1969, diffusé le 26 juin 2020, on expliquait : « La grippe de Hong Kong partait de Chine pour se propager sur la planète ; une pandémie meurtrière, qui en quelques mois causait un million de morts. En France, le virus fait plus de victimes que la covid-19 : près de 35 000 morts. ». C’était en juin. Maintenant, on peut le dire hélas : la pandémie de covid-19 sera plus meurtrière que la grippe de Hong Kong, et cela malgré toutes les mesures de restriction sanitaire prises (car à l’époque, les États n’avaient rien fait).

En effet, dans le monde, le covid-19 a déjà tué plus de 1,150 million de personnes, et en France, le seuil de 34 500 a été franchi, 34 508 exactement, en prenant en compte les 298 décès déclarés ce 23 octobre 2020 (dont 184 dans les hôpitaux). "Mine de rien", près de 6 000 personnes sont mortes depuis le début du déconfinement en France, en un peu plus que cinq mois (soit bien plus que la totalité du nombre de décès déclarés en Chine).

Et la tendance est à la hausse, il va y avoir, dans les jours et les semaines qui vont venir, hélas, de plus en plus de décès dus au covid-19. Si l’on prend un taux de létalité de 0,5%, cela signifie que rien que pour les nouveaux cas de cette journée, plus de 200 personnes y laisseront leur vie dans quelques semaines, plus encore s’en sortiront avec de graves séquelles. C’est une certitude.

À cause des très fortes hausses de contaminations depuis deux semaines, on sait hélas, mécaniquement, que le mois de novembre va être meurtrier. Dans sa conférence de presse du 22 octobre 2020, Jean Castex ne l’a pas caché : « Je vous le dis donc très clairement, les semaines qui viennent seront dures. (…) Les nouveaux cas d’aujourd’hui sont les malades hospitalisés de demain et malheureusement parfois les morts d’après-demain. Le mois de novembre sera éprouvant. Nous le savons déjà. Chaque jour, le nombre de décès augmente. ».

Olivier Véran a confirmé à la même conférence de presse : « C’est hélas une évidence, une certitude, le nombre de formes graves, le nombre d’hospitalisations, le nombre d’admissions en réanimation et le nombre de décès vont forcément augmenter dans les semaines qui vont venir parce que ce n’est que le reflet des malades qui sont diagnostiqués actuellement. Un malade qui se contamine va développer des symptômes quatre à cinq jours après, quand il développe des symptômes en général ; et les formes graves apparaissent entre huit et dix, voire quinze jours après la contamination. ».

Un tel discours, hélas, fait penser à celui de son prédécesseur Édouard Philippe qui avait aussi affirmé à juste titre, juste au début du confinement, que la deuxième moitié de mars et le mois d’avril seraient très durs…

Ce qu’il faut vraiment comprendre, c’est que le virus circule beaucoup (et partout en France, ce qui n’était pas le cas au printemps). Le taux de positivité ne cesse de croître, il a atteint 15,1% ce 23 octobre 2020.

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Autre seuil symbolique franchi, celui du million en nombre de cas cumulés en France depuis le début de la pandémie, exactement 1 041 075. Certes, cela ne veut pas dire grand-chose car on n'avait pas pu comptabiliser tous les malades du covid-19 du printemps qui n'avaient pas été hospitalisés. Néanmoins, cela reste une donnée importante. Pour comparaison, en Espagne, qui a déclaré officiellement 1 110 372 cas cumulés depuis le début, le Président du gouvernement a indiqué qu'il y a eu en fait plus de 3 millions d'Espagnols contaminés.

On parle beaucoup du système de santé ou plutôt, des hôpitaux. C’est clair qu’il y a aujourd’hui moins d’entrées en réanimation pour covid-19 qu’au printemps, mais la différence, c’est qu’il y a les autres malades qui doivent aussi être soignés. Au printemps, ces malades ne s’étaient pas présentés, ce qui a probablement engendré une certaine mortalité qui n’a pas encore été évaluée (parce que cela a des effets sur plusieurs années).

Dans les sept derniers jours, 11 032 personnes ont été hospitalisées pour covid-19 (2 091 rien que pour la journée du 23 octobre 2020). J’ai lu sur LCI que dans la journée, il y a eu 122 entrées en réanimation. Non, ce n’est pas 122 mais 299 entrées, en gros chaque jour, on a maintenant 300 personnes en détresse respiratoire. 122, c’est le solde des entrées et des sorties (heureusement, certaines personnes quittent la réanimation, d’autres hélas meurent, environ 15 à 20%), ce qui fait qu’il y a maintenant 2 441 malades du covid-19 en réanimation à ce jour, ce qui est six fois qu’en août.

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Revenons sur la saturation des places en réanimation (en sachant qu’en hiver, les services sont saturés hors covid-19). Lors de la conférence de presse du Premier Ministre, le professeur Étienne Gayat, directeur médical de crise à l’hôpital Lariboisière, a rappelé une réalité : « Un message important que j’aimerais porter au nom de la communauté soignante et singulièrement celle de réanimation, c’est d’essayer de contredire un peu l’idée que la solution face à cette remontée épidémique et à cette deuxième vague, ce serait d’augmenter les lits de réanimation, ce qui sous-entendrait que venir en réanimation, ce n’est pas grand-chose. Quand on vient en réanimation, malheureusement, ce qu’on observe, c’est 15-20% de patients qui n’en sortiront pas parce qu’ils y mourront et que parmi ceux qui sortiront de réanimation, il y a encore des patients qui continuent de mourir dans l’année qui suit et beaucoup d’entre eux, et on l’observe avec la covid-19 comme on l’observe avec les autres pathologies de réanimation, sortent avec des séquelles lourdes dont ils mettront du temps à se remettre. Donc, vraiment, le message, ce n’est pas d’augmenter le nombre de lits de réanimation, c’est de tout faire pour éviter l’admission en réanimation et donc, éviter la circulation des virus et les contaminations. ».

L’autre message que le gouvernement a voulu faire passer le 22 octobre 2020, c’est que le covid-19 concerne tout le monde, pas seulement les "personnes vulnérables". Cela a été sans doute un tort de parler de "personnes vulnérables" quand on sait que la définition est très large puisque lorsqu’on a un sang du groupe AB, on est "vulnérable", lorsqu’on a un peu de surpoids, on est "vulnérable", etc. La réalité, c’est qu’en réanimation pour le covid-19, l’âge médian est de 62 ans, c’est-à-dire que la moitié des patients en réanimation a moins de 62 ans, et 20% ont moins de 40 ans !

Étienne Gayat a insisté sur ce caractère de roulette russe qui peut toucher toutes les personnes, pas seulement les "vulnérables" : « Très, très factuellement, il y a, dans l’hôpital dans lequel je travaille, qui est l’hôpital Lariboisière, sur les 32 lits de réanimation qui sont ouverts, 15 patients atteints de covid-19, 3 d’entre eux ont moins de 40 ans et ont fait des formes graves. Ce qu’on a observé pendant les premières semaines de l’été, c’étaient des patients qui présentaient notamment moins de besoin de ventilation artificielle ; ce qui était évidemment un signal très positif. Malheureusement, on observe maintenant, depuis quelques semaines, une remontée de ces besoins de soins très lourds de réanimation qui fait dire que la virulence du virus est la même et qu’elle touche toutes les couches de la population. ».

Le nombre de personnes atteintes du covid-19 sur les sept derniers jours est de 252 pour 100 000 personnes (c’est le taux d’incidence), c’est une progression de 40% en une semaine. Le taux de reproduction du virus (R0) est autour de 1,35, ce qui signifie un doublement du nombre de cas en quinze jours.

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La courbe du taux d’incidence est assez démonstrative sur l’évolution de l’épidémie. Il y a eu quelques freinages correspondant aux mesures de restriction sanitaire, mais depuis quinze jours, une explosion probablement due au temps qu’il a fait. Pour l’instant, personne n’a d’explication certaine, mais ce type de courbe est à peu près la même dans tous les pays européens (ce qui montre aussi que la situation actuelle en France n’est pas la conséquence de la seule gestion du gouvernement français, puisque toute l’Europe se retrouve dans la même situation épidémiologique).

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Lors de la conférence de presse du Premier Ministre, Olivier Véran, qui est intervenu, ne connaissait pas encore les chiffres du 22 octobre 2020, voici ce qu’il disait : « En août, il y avait environ 1 500 contaminations par jour. Nous avons dépassé les 25 000 malades par jour en moyenne, c’est-à-dire plus de 1 000 malades diagnostiqués dans notre pays chaque heure du jour et de la nuit. Ces chiffres, ils doublent (…) tous les quinze jours, malgré tous les efforts et ainsi, sans mesures nouvelles, là où c’est nécessaire pour freiner l’épidémie, il y aurait dans quinze jours plus de 50 000 malades diagnostiqués chaque jour. Pire encore, c’est en particulier chez les personnes âgées au-delà de 65 ans que la dynamique épidémique semble désormais la plus forte depuis quelques jours. ». Et dès le lendemain, pas quinze jours plus tard, mais dès le lendemain, et depuis deux jours, on a plus de 40 000 nouveaux cas chaque jour.

Certains pourraient contester l’emploi du mot "malades" par Olivier Véran pour évoquer les cas de personnes contaminées. Pourtant, il ne faut pas croire que toutes les personnes "asymptomatiques" le sont réellement lorsqu’elles ont été dépistées positives. En effet, elles ont pu être testées juste pendant la période entre la contamination et les premiers symptômes (soit environ cinq jours), et beaucoup de personnes dites "asymptomatiques" ont ensuite développé des symptômes.

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Le coronavirus SARS-CoV-2 est une saleté sans nom, sinon celui du cauchemar mondialisé : pas de vaccin, pas de traitement, mode de contamination encore assez flou, mais forte virulence et grande agressivité chez certains patients. Certains médecins dans les hôpitaux envisagent déjà que cette "seconde" vague sera plus meurtrière que la première, parce qu’elle va rester dans la durée, celle de l’hiver. Lors de la conférence de presse du 22 octobre 2020, des journalistes, visiblement pas encore très conscients de la situation actuelle, ont demandé à Jean Castex si les Français pourraient quand même fêter en famille, normalement, la fête de Noël. Pourtant, Emmanuel Macron leur avait déjà répondu par avance dès le 14 octobre 2020 : il ne faut plus espérer se débarrasser de cette sal@perie avant l’été 2021…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 octobre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : faut-il reconfiner dès maintenant ?
Documentaire de LCP sur la grippe de Hong Kong en 1968-1969 ("Le Mag" du 26 juin 2020).
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Claude Huriet.
Didier Raoult.
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
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Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 17:26

(verbatim et vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201023-coronavirus-covid.html


Accompagné de trois ministres, le Premier ministre a présenté en conférence de presse, ce 22 octobre 2020, le détail des nouvelles mesures prises la veille par le président de la République contre le Covid-19.

 

 

 


Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 22 octobre 2020 à Paris, sur les nouvelles mesures sanitaires contre le covid-19



M. Jean CASTEX
Bien, mesdames et messieurs, nous nous retrouvons pour un nouveau point d'information sur la crise épidémique et la présentation des nouvelles mesures décidées hier en Conseil de défense et de sécurité nationale sous l'autorité du Président de la République. En France comme partout en Europe, la deuxième vague est là.

Nous observons aujourd'hui une progression rapide et très préoccupante de l'épidémie dans tous les pays d'Europe, en Italie, au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne.

Sans parler des pays d'Europe centrale, Pologne, République tchèque qui sont dans une situation très difficile. Nul n'est épargné.

Disons les choses clairement. La situation est grave. Elle est grave en Europe, elle est grave en France. La semaine dernière, nous avons décidé de placer l’ensemble du territoire national en état d’urgence sanitaire et d’instaurer un couvre-feu en Île-de-France et dans 8 autres métropoles. Au cours des derniers jours, la situation sanitaire de notre pays a continué de se dégrader. La circulation du virus atteint aujourd’hui un niveau extrêmement élevé.

Le nombre de personnes atteintes du Covid s’établit sur les 7 derniers jours à 251 pour 100 000 personnes ; c’est-à-dire une progression de 40 % en une semaine. Le taux de reproduction du virus se situe autour de 1,35, ce qui concrètement signifie un doublement du nombre de cas en 15 jours.

Deux éléments supplémentaires méritent d’être soulignés. D’abord, sans toucher les tranches d’âge, et notamment les plus de 65 ans, chez qui le nombre de cas a triplé en 6 semaines. Une diffusion du virus qui concerne désormais la quasi-totalité du territoire national. Cette progression de l'épidémie nous conduit à étendre les mesures de couvre-feu à 38 nouveaux départements et à un territoire d'Outre-mer, la Polynésie. Dans l'ensemble de ces départements et territoires, le couvre-feu s'appliquera de 21h00 à 6h00, sur l'ensemble du territoire des départements concernés et normalement pour une durée de 6 semaines. Ces règles entreront en vigueur à compter de vendredi minuit.

Elles seront les mêmes que pour les métropoles, déjà placées en couvre-feu depuis samedi dernier. Cela signifie qu'à 21h00, chacun devra être chez soi et que, sauf exception, tous les lieux, commerces ou services recevant du public seront fermés. Comme pendant la période du confinement, il faudra, pour sortir après 21h00, vous munir d'une attestation prouvant que vous répondez de l'une de ces exceptions. L'attestation et l'ensemble des informations concernant la situation sanitaire et les mesures relatives au couvre-feu sont disponibles sur le site du Gouvernement ou en appelant le numéro vert 0 800 130 000. S'agissant des départements dont seules les grandes villes avaient été placés en couvre-feu la semaine dernière, j'ai demandé aux préfets d'étendre ce couvre-feu à l'ensemble du département. Au total, à compter de vendredi minuit, ce sont 54 départements et un territoire d'Outre-mer qui seront soumis à la règle du couvre-feu, soit 46 millions de nos concitoyens. Avec ces mesures, nous poursuivons notre stratégie de riposte graduée et territorialisée. Je vous rappelle que dans les autres départements non soumis au couvre-feu, des mesures de restrictions générales s'appliquent partout, notamment l'interdiction des rassemblements de plus de 6 personnes sur la voie publique, ainsi qu'un protocole sanitaire renforcé dans les restaurants. De même, le recours au télétravail a été vivement encouragé dans les entreprises, partout où cela est possible. Dans les administrations, les instructions prises prévoient au moins la moitié de la semaine en télétravail, mais exigent le maintien des fonctions de guichet. L'extension de la mesure de couvre-feu à de nombreux autres départements, y compris certains dans lesquels le virus ne circule pas encore autant que dans les grandes métropoles, est une mesure préventive que j'assume. Le virus s’accélère, nous devons anticiper davantage encore la mise en place de nos mesures. Ces mesures sont lourdes, j'en ai conscience. Mais je constate aussi qu'elles sont bien respectées.

Depuis samedi dernier, les forces de l'ordre ont effectué 32 033 contrôles et prononcé 4 777 verbalisations pour non-respect du couvre-feu. Il est trop tôt à ce stade pour mesurer les effets du couvre-feu. C'est la semaine prochaine que nous verrons s’il commence à réduire suffisamment la circulation virale. En fonction des résultats obtenus et de l’évolution de l’épidémie, nous réévaluerons le dispositif pour éventuellement le durcir avec pour priorité absolue la volonté de sauver des vies et de protéger la santé de nos concitoyens à commencer par les plus vulnérables d’entre nous. Pour cela, nous devons impérativement préserver notre capacité d'accueil à l'hôpital et dans les établissements de santé. Or le taux d’occupation de nos lits de réanimation a dépassé la barre des 44 %. 4 régions sont plus particulièrement touchées : Auvergne – Rhône-Alpes, Île-de-France, PACA et Hauts-de-France, où la barre des 50 % de lits de réanimation occupés par des patients Covid a été franchie. Compte tenu du nombre élevé de nouveaux cas, cette tendance va se poursuivre dans les semaines à venir. Je vous le dis donc très clairement, les semaines qui viennent seront dures. Nos services hospitaliers vont être mis à rude épreuve et le nombre de morts va continuer d’augmenter. Les nouveaux cas d’aujourd’hui sont les malades hospitalisés de demain et malheureusement parfois les morts d'après-demain. Le mois de novembre sera éprouvant. Nous le savons déjà. Chaque jour, le nombre de décès augmente. Je cède la parole à Olivier VÉRAN, ministre des Solidarités et de la Santé, pour un point plus détaillé sur la situation épidémiologique et celle de nos hôpitaux. Monsieur le ministre.

M. Olivier VÉRAN
Monsieur le Premier ministre, 40 millions de personnes atteintes du Coronavirus dans le monde, plus d'un million de morts, plus d'un million cent mille morts de par le monde.

C'est le bilan à date de cette pandémie, le bilan qui s'alourdit jour après jour. Nous avons connu une accalmie en France et en Europe après la première vague qui avait été terrible. Une accalmie estivale. Mais désormais, on peut considérer que l'Europe est à nouveau le continent le plus sévèrement touché par cette pandémie. Une grande majorité de pays de l'Union européenne ont désormais largement franchi ce qu'on appelle « le seuil d'alerte » et un peu partout, hélas, les hôpitaux se remplissent à nouveau.

Un certain nombre de pays qui n'avaient pas connu de premières vagues, je pense à la République tchèque, par exemple, enregistrent un nombre de décès quotidien alarmant.

La circulation du virus, vous le savez, je l'ai déjà dit, nous l'avons déjà dit, elle est moins rapide qu'au printemps dernier. Pourquoi est-ce qu'elle est moins rapide ? Parce que nous appliquons les gestes barrières, la distanciation sociale, parce que nous sommes équipés avec des masques et parce que le Gouvernement a mis en place des mesures qui visent justement à freiner la circulation du virus sur tout le territoire national et de manière proportionnée et différenciée dans les territoires dans lesquels il circule le plus.

Donc, le virus circule moins vite qu'au printemps dernier mais sa diffusion est quand même croissante et dans des proportions alarmantes. Quelques chiffres pour s'en rendre compte. Il y avait au mois d'août 10 malades repérés, diagnostiqués pour 100 000 Français. Actuellement, ce sont en moyenne 250 malades pour 100 000 Français et dans certaines métropoles, je pense notamment à Saint-Etienne plus de 800 malades pour 100 000 Français, c'est-à-dire 80 fois plus de personnes diagnostiquées qu'au cours du mois d'août. En août, il y avait environ 1 500 contaminations par jour. Nous avons dépassé les 25 000 malades par jour en moyenne, c'est-à-dire plus de 1 000 malades diagnostiqués dans notre pays chaque heure du jour et de la nuit. Ces chiffres, ils doublent, vous l'avez dit, monsieur le Premier ministre, tous les 15 jours, malgré tous les efforts et ainsi sans mesures nouvelles là où c'est nécessaire pour freiner l'épidémie, il y aurait dans 15 jours plus de 50 000 malades diagnostiqués chaque jour. Pire encore, c’est en particulier chez les personnes âgées au-delà de 65 ans que la dynamique épidémique semble désormais la plus forte depuis quelques jours, cela même ces personnes au-delà de 65 ans qui même s’ils peuvent être en très bonne santé, par ailleurs, présentent le plus grand risque de faire des formes graves. L’impact sanitaire c’est-à-dire ces formes graves, celles qui nécessitent un recours à l'hôpital voire dans les cas les plus graves à la réanimation, cet impact sanitaire, il est réel, il est palpable et au-delà des chiffres qui peuvent s’égrener au quotidien, ce sont les appels des médecins et des soignants qui reprennent, ce que nous avons connus au printemps dernier. Les appels de ces médecins qui au quotidien se battent pour sauver des vies à l'hôpital et qui nous disent faire face à une vague de malades graves qui arrivent par les services des urgences, par le Samu et qui remplissent les hôpitaux et les services de réanimation. Il y avait hier près de 2 000 malades hospitalisés et plus de 250 patients admis en réanimation. En région Auvergne – Rhône-Alpes, au 15 septembre, il y avait 88 malades en réanimation. Au 2 octobre, il y en avait 149 en réanimation. Hier, il y avait 360 malades en réanimation.

Quand je dis que sans mesure nouvelle, la situation s'aggraverait de la même manière, est-ce à dire que les mesures qui ont été prises comme la limitation des grands rassemblements, la fermeture des bars, la limitation des rassemblements y compris dans la sphère privée à 6 personnes au maximum, ou encore le couvre-feu partout où il a été mis en place, est-ce à dire que ces mesures seraient inefficaces ? La réponse est non et vous l’avez dit Monsieur le Premier ministre. Il est trop tôt pour pouvoir tirer des conclusions et les enseignements de l’impact de ces mesures pour freiner l’épidémie. Un rappel, lorsque le confinement généralisé a été mis en place dans notre pays, les courbes ont commencé à s’infléchir à partir de 15 à 18 jours. C’est le temps qui est nécessaire pour véritablement mesurer l’impact des mesures que nous prenons.

Et effectivement, en début de semaine prochaine, nous espérons des premiers signes, un frémissement de l’incidence à l’échelle du pays. Sur la courbe qui apparaît, vous pouvez vous poser la question : pourquoi est-ce que cette courbe qui augmentait, avait commencé à s'infléchir avant de repartir très fort ? C'est un phénomène que nous avons constaté en France mais également dans les pays voisins. Je pense à la Belgique, en Grande-Bretagne, en Espagne, mais désormais aussi en Allemagne et l'Italie. Les chercheurs se penchent sur la question. Peut-être est-ce lié à la vague de froid qui a frappé l'Europe, le grand refroidissement qui est arrivé à cette période-là, qui fait que l'incidence est repartie de plus belle. En tout cas, ce qu'on peut aussi retenir de cette courbe c'est que, à un moment, les mesures de gestion, les mesures pour freiner la diffusion du virus avaient commencé à porter leurs fruits. C'est exactement ce que nous attendons des mesures qui ont été mises en place de façon proportionnée sur le territoire national pour les prochains jours et les prochaines semaines. Et vous l'avez dit, ce n'est pas de la prédiction.

C'est hélas une évidence, une certitude, le nombre de formes graves, le nombre d'hospitalisations, le nombre d'admissions en réanimation et le nombre de décès va forcément augmenter dans les semaines qui vont venir parce que ce n'est que le reflet des malades qui sont diagnostiqués actuellement. Un malade qui se contamine va développer des symptômes 4 à 5 jours après, quand il développe des symptômes en général ; et les formes graves apparaissent entre 8 et 10, voire 15 jours après la contamination. Ainsi quand vous avez une incidence comme celle que nous avons en France ou en Europe chez des personnes dites fragiles, vulnérables du fait de leur âge, on le sait, hélas, qu'un certain nombre d'entre elles iront nécessairement à l'hôpital et en réanimation.

C'est pour cela d'ailleurs que nos soignants et nos médecins sont en alerte permanente, en ville comme à l'hôpital. Ils sont en alerte permanente pour d'abord faire de la place à l'hôpital. Au-delà même des réanimations, il y a un besoin de lits hospitaliers et des mesures sont mises en place. Je vais vous en citer une qui est en cours de mise en place dans la région Ile-de-France. Le directeur général de l'Agence Régionale de Santé demande par exemple aux établissements privés qui ont des services de rééducation qui ne sont pas forcément occupés de pouvoir y transférer des malades qui vont à l'hôpital dans des services de médecine, qui ne sont pas atteints du Covid, de manière à libérer de la place dans les services de médecine dans les hôpitaux et dans les cliniques pour pouvoir y admettre des malades atteints du Covid. Faire de la place c’est aussi préparer les réanimations.

Vous le savez, nous l'avons dit et répété, nous avons les équipements de protection qui sont nécessaires, nous avons des médicaments de réanimation avec un stock national permettant de soigner davantage encore de malades si c'était nécessaire que pendant la première vague. Je n'ai jamais caché que l'enjeu majeur était celui des ressources humaines : identifier des soignants, des médecins, des infirmières, des aides-soignants capables à nouveau, comme ils l'ont fait avec leur courage extraordinaire, de venir aider, épauler et renforcer les équipes lorsque cela devient nécessaire. Monsieur le Premier ministre, vous aviez annoncé la semaine dernière des mesures pour majorer les heures supplémentaires pour les aides-soignants, les infirmières, des compensations au cas où des congés ne pourraient pas être pris. Nous avons également, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, financé tout ce qui relèverait de l'hébergement, de l'alimentation, des transports, à l'instar de ce que nous avons réalisé pendant la première vague.

Nos soignants sont certes des héros qui prennent soin de nous, mais c'est aussi à nous de prendre soin d'eux. C'est également la préparation de la réanimation, ce qu'on appelle la déprogrammation. Quand on veut augmenter les lits de réa, il faut fermer d'autres lits pour les transformer en lits de réanimation. Vous le savez, nous n'avons pas souhaité déprogrammer l'ensemble des soins sur tout le territoire national, contrairement à ce qui avait été fait au printemps dernier, notamment du fait que la progression est moins exponentielle. Le virus circule un peu moins vite et donc cela nous permet d'avoir un peu plus de délais pour pouvoir fonctionner de façon pratique. Chaque hôpital, chaque région, chaque département est doté d’un protocole sanitaire lui permettant de savoir comment agir dès lors que la pression sanitaire augmente. Un exemple dans la région Auvergne – Rhône-Alpes, l’ensemble des soins de chirurgiens programmés en dehors de la chirurgie qu’on appelle ambulatoire ou de la chirurgie cancérologique, l'ensemble de la chirurgie programmée dans le secteur public et dans le secteur privé ont été retardés, suspendus pour une durée d'au moins deux semaines pour laisser de la place.

Déjà, dans cette région Auvergne - Rhône-Alpes, des transferts de malades graves ont lieu au sein de la région entre deux hôpitaux quand un hôpital n'a plus suffisamment de place. Et alors s'enclenche la dynamique de création, de montée du nombre de lits de réanimation pour pouvoir accueillir de nouveaux malades. Quelques chiffres : nous avions dans notre pays, historiquement, 5 100 places de réanimation avec respirateur et équipe personnelle. Nous sommes montés à 5 800 lits dans la durée à la faveur de l'été, avec des efforts conséquents qui ont été réalisés par l'ensemble des hôpitaux – +15 % de places de réanimation. Nous sommes capables de monter à 7 700 lits dans un délai de moins de quinze jours, sans forcément déprogrammer beaucoup de soins et sans forcément rappeler beaucoup de personnel, mais au prix d'un effort d'organisation important.

Et s’il devenait nécessaire d'augmenter davantage encore nos capacités d'accueil en réanimation, sachez qu'au 15 avril dernier, il y avait eu 10 700 lits de réanimation mobilisés pour accueillir des malades. Ce qui ne veut pas dire 10 700 malades du Covid puisque quoi que nous fassions, nous aurons besoin de lits de réanimation pour des malades qui viennent pour d'autres motifs. En moyenne, au moins 3 000 lits sont occupés au quotidien par des gens qui sont en réa pour d'autres motifs. Quand on parle de la préparation du système sanitaire, on parle du système sanitaire dans son ensemble et c'est un système qui a su s'adapter et qui sait encore s'adapter même sous une forte pression épidémique.

Par exemple, nous sommes passés en deux semaines de 1,1 million de tests réalisés par semaine à 1,6 million de tests réalisés au cours des 7 derniers jours. Et le tout sans augmenter les délais puisque 90 % désormais des résultats des tests réalisés sont donnés dans les 48 heures. Un autre exemple de la mobilisation, chaque jour, les agences régionales de santé, le personnel et les équipes qui travaillent au sein des agences, mais aussi au sein de l'assurance maladie et les médecins en ville, sont capables d'appeler 90 000 Français, c'est-à-dire, le nombre de gens qui sont contaminés, diagnostiqués pour le coronavirus ainsi que les cas contacts.

C'est un effort sans précédent dans l'histoire sanitaire de notre pays. Enfin, et vous me l'avez déjà entendu dire plus d'une fois, mais je le répète, quand on parle de système sanitaire, on parle des femmes et des hommes qui sont mobilisés au quotidien, les infirmières, les aides-soignants, les laborantins, les biologistes, les médecins, les brancardiers, les ambulanciers, ce sont eux qui prennent soin de nous. Et quand je dis que nous devons prendre soin d'eux, j'ai dit que le Gouvernement faisait sa part, mais c'est aussi à chacun de nous qu'il revient, comme citoyen, de faire preuve de solidarité, de faire attention dans notre quotidien, de ne pas prendre de risques, de ne pas exposer les personnes autour de nous au risque de contamination. C'est ainsi que chacune et chacun d'entre nous, Français, citoyens, pouvons aussi accompagner nos soignants dans la lutte qui a débuté et qui sera longue contre cette épidémie.

M. Jean CASTEX
Merci beaucoup monsieur le ministre. Je veux à mon tour, remercier une fois encore tous les soignants, les équipes techniques et les laborantins, les personnels administratifs et finalement l'ensemble de cette chaîne de santé et de la médecine de ville aux établissements de soins qui sont en première ligne depuis mars dernier et qui sont à nouveau mis à rude épreuve. Je dis également ma gratitude aux collectivités territoriales impliquées dans la mise en œuvre des mesures de restriction, mais également dans les indispensables actions de communication et de prévention, notamment vis-à-vis des publics vulnérables ou fragiles.

Mais au-delà de notre capacité à prévenir, à dépister, à soigner, au-delà des mesures administratives que nous déployons, je veux insister solennellement sur le fait que nous avons besoin de l'implication de tous. On ne cesse de le dire et de le répéter, mais je le fais encore, car c'est une conviction profonde : la clé de cette lutte contre l'épidémie est plus que jamais entre les mains de chacune et de chacun de nous. Nous détenons tous à notre niveau, une partie de la solution. Elle est connue : porter le masque, se laver très régulièrement les mains ou utiliser du gel, tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir, utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter, saluer sans se serrer la main et éviter les embrassades, respecter une distance d’un mètre, aérer les lieux dans lesquels vous vivez et travaillez, et enfin, plus que jamais réduire ses interactions sociales. C’est un sujet de responsabilité et de solidarité collectives. C’est aussi un enjeu de protection pour tous. Tant qu’on n’est pas touché, on se croit intouchable. Pourtant, ce virus frappe tout le monde. Il concerne tout le monde, jeunes et moins jeunes, en ville comme à la campagne, avec, certes, des formes plus ou moins graves mais sans que nul ne puisse se considérer à l’abri, y compris les jeunes. J’en appelle donc encore et encore à la solidarité nationale et à une mobilisation sans faille.

Car si nous ne réussissons pas collectivement à juguler l'épidémie, nous ferons face à une situation dramatique et nous devrons envisager des mesures beaucoup plus dures. Il est encore temps de l'éviter, mais il ne nous reste plus beaucoup de temps. Je voudrais donner la parole au professeur Étienne GAYAT, directeur médical de crise à l'hôpital Lariboisière, qui va nous rappeler que tous les types de profils peuvent développer des formes, y compris graves, de la maladie. Monsieur le professeur.

M. Étienne GAYAT
Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, et merci de me donner l'opportunité, effectivement, de vous présenter quelques éléments de la réalité de ce qu'on vit dans les hôpitaux et en particulier aux hôpitaux d'Île-de-France dans lesquels je travaille. Ce que l'on observe depuis quelques semaines, c'est effectivement une augmentation continue du taux d'incidence du virus dans toutes les classes d'âge. Et ce qu'on a observé, c'est une augmentation, qui a commencé dans les classes d'âge les plus jeunes, des patients de moins de 30 ans, et puis, un peu plus tard, des patients de moins de 40 ans. Et on voit aujourd'hui une augmentation qui s'infléchit encore fortement chez les patients, cette fois plus fragiles parce que plus âgés. Donc, ça nous rappelle effectivement qu’un des moyens efficaces et dont on espère que, notamment le couvre-feu portera ses fruits, c'est de limiter la diffusion et la circulation. Et aujourd'hui, il n'y a qu'un remède à ça, c'est de limiter nos interactions pour éviter de transmettre le virus. On observe, parmi les patients qu'on a à prendre en charge quotidiennement, des formes de contamination à l'intérieur de la cellule familiale, à l'intérieur de couples. On a eu à prendre en charge, en particulier dans la première vague, et on espère ne pas l'avoir aujourd'hui, des couples, y compris des couples en réanimation atteints de la COVID-19. Donc ça, c'est une réalité.

La deuxième réalité, c'est qu'on a eu l'impression d'entendre que le virus, dans sa forme d'aujourd'hui, était moins grave et éventuellement moins virulent. Et ce qu'on observe, ce n'est pas tout à fait ça, malheureusement. On observe deux faits. C'est que les patients qui sont admis dans nos services de réanimation, quand on regarde à peu près la distribution de l'âge et qu'on la compare depuis cet été par rapport au premier pic épidémique, eh bien cette distribution de l'âge, elle est en fait strictement similaire, encore une fois, parmi les patients les plus graves, à savoir que 50 % des patients admis en réanimation ont moins de 60 ans. Et quand on s'intéresse encore à des patients plus jeunes, on a effectivement entre 15 et 20 % de patients de moins de 40 ans en réanimation. Très, très factuellement, il y a, dans l'hôpital dans lequel je travaille, qui est l'hôpital Lariboisière, sur les 32 lits de réanimation qui sont ouverts, 15 patients atteints de COVID-19, 3 d'entre eux ont moins de 40 ans et ont fait des formes graves. Ce qu'on a observé pendant les premières semaines de l'été, c'était des patients qui présentaient notamment moins de besoin de ventilation artificielle ; ce qui était évidemment un signal très positif.

Malheureusement, on observe maintenant depuis quelques semaines une remontée de ces besoins de soins très lourds de réanimation qui fait dire que la virulence du virus est la même et qu'elle touche toutes les couches de la population. Un message important que j'aimerais porter au nom de la communauté soignante et singulièrement celle de réanimation, c'est d'essayer de contredire un peu l'idée que la solution face à cette remontée épidémique et à cette deuxième vague, ce serait d'augmenter les lits de réanimation, ce qui sous-entendrait que venir en réanimation, ce n’est pas grand-chose.

Quand on vient en réanimation, malheureusement ce qu’on observe c’est 15-20 % de patients qui n’en sortiront pas parce qu’ils y mourront et que parmi ceux qui sortiront de réanimation, il y a encore des patients qui continuent de mourir dans l’année qui suit et beaucoup d’entre eux, et on l’observe avec la COVID-19 comme on l’observe avec les autres pathologies de réanimation, sortent avec des séquelles lourdes dont ils mettront du temps à se remettre. Donc, vraiment, le message ce n’est pas d’augmenter le nombre de lits de réanimation, c'est de tout faire pour éviter l'admission en réanimation et donc éviter la circulation des virus et les contaminations.

Un des moyens, c'est effectivement, encore une fois, la distanciation. On l'a beaucoup dit, on l’a observé comme étant efficace et puis, tout ce qui est le tracing des patients, c'est-à-dire être capable de repérer les patients qui sont contacts d'un cas positif afin d'éviter qu’eux-mêmes aillent contaminer d'autres patients. C'est aussi une réalité qu'on partage. Il y a des patients qui n'ont pas de symptômes et qui sont pourtant contagieux et c'est ceux-là probablement qu'il faut identifier le plus tôt possible pour éviter plus de dissémination. Je vous remercie, monsieur.

M. Jean CASTEX
Merci beaucoup. Merci beaucoup, monsieur le professeur. Face à l'accélération de l'épidémie qui vient d'être rappelée, nous devons mobiliser tous les outils. Les nouvelles technologies constituent un de ces outils utiles pour retracer les chaînes de contamination, et ce tout particulièrement lorsque la circulation du virus est élevée et nous y sommes. Le Gouvernement lance aujourd'hui la nouvelle application « Tous Anti-Covid ». Elle est disponible au téléchargement dès aujourd'hui et je vous invite à tous la télécharger, comme je l'ai fait moi-même. Je cède la parole à Cédric O, le secrétaire d'État en charge du dossier, pour qu'il vous présente les nouvelles fonctionnalités de l'application.

M. Cédric O
Merci monsieur le Premier ministre. Les mesures qui ont été annoncées aujourd'hui sont difficiles et Olivier VÉRAN, le ministre de la Santé, l'a dit, elles pourraient l'être encore plus à l'avenir. Mais cela n'est pas inéluctable. Nous ne sommes pas condamnés à une politique de stop and go dont nous savons à quel point elle est pénible pour nos concitoyens et dévastatrice pour notre économie. Pour cela, et monsieur le Premier ministre l'a rappelé, nous avons besoin d'être, chacun d'entre nous, acteurs de la lutte contre le virus. C'est bien sûr le port du masque. Ce sont bien sûr les réflexes de distanciation physique. C'est bien sûr la réduction de nos interactions sociales, mais c'est aussi l'utilisation de tous les outils qui peuvent nous aider à contrôler un virus qui va durer tout en continuant à vivre, et notamment les outils numériques.

Ces outils numériques doivent permettre à chacun d'être acteur des 3 piliers de la stratégie mise en place pour réduire durablement la circulation du virus et de participer à notre résilience et à notre résistance collective : tester, alerter et protéger. Ce que nous voulons faire avec ces outils numériques, c'est rendre chaque Français réellement acteur de l'ensemble de la chaîne de lutte contre le virus. C'est d'abord tester, et je veux rappeler ici l'existence et l'utilité du site depistagecovid.gouv.fr, je répète : depistagecovid.gouv.fr, qui permet à chacun de trouver facilement un laboratoire près de chez soi et d'être informé des temps d'attente.

Il ne faut pas renoncer à se faire tester parce que l'on pense qu'on ne sait pas où aller ou que c'est trop long. Cet outil développé avec les équipes du ministère de la Santé vous facilitera la vie si vous devez vous faire tester et surtout, vous permet, en remontant vos informations sur les temps d'attente, de partager une information précieuse pour tous. C'est aussi alerter, et monsieur le Premier ministre vient de le dire, pour gagner du temps sur le virus. Nous avons lancé aujourd'hui l'application « Tous Anti-Covid », mise à jour de l'application « Stop Covid ». Il faut, au sujet de l'application « Stop Covid », être extrêmement clair. Oui, l'application n'a pas été suffisamment téléchargée pour être un outil vraiment utile dans la lutte contre le coronavirus. Et s'il faut en prendre la responsabilité, nous la prenons entièrement, moi le premier. Mais cette adoption insuffisante est aussi, malheureusement, collectivement, une opportunité manquée. Personne ne se réjouit de devoir fermer les restaurants, les bars ou encore les salles de concert et de cinéma.

Personne ne se réjouit de devoir limiter ses interactions sociales, mais pour éviter cela et pour éviter cela à l'avenir, nous avons besoin de « Tous Anti-Covid ». Le Conseil scientifique dans son avis rendu aujourd’hui a été extrêmement clair sur ce point. La diffusion massive des applications du même type à l’étranger, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Canada, confirme ce que les études épidémiologiques des chercheurs et des soignants ont toujours dit et demandé : si nous sommes suffisamment à télécharger et à activer cette application, cet outil peut être extrêmement utile dans la lutte contre l’épidémie. Suffisamment cela veut dire que nous devons être plusieurs millions à le faire. Les Britanniques et les Allemands sont entre 15 et 20 millions à l’avoir fait, il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même en France.

Un rappel peut-être sur ce qu’est Tous Anti-Covid. C’est très simplement un geste barrière supplémentaire afin de lutter contre l’épidémie et sa propagation. Tous Anti-Covid fonctionne de manière simple : si vous avez croisé le chemin d’une personne contaminée dans un bar, dans un restaurant, dans un cinéma, dans un lieu recevant du public et que vous aviez tous les deux l’application, alors vous pourrez être prévenu dès que la personne en question recevra le résultat de son test. Ce qui vous permettra, premièrement, d’être averti et de vous isoler, ce qui vous évitera de contaminer de nouvelles personnes, surtout si vous êtes asymptomatique.

Tous Anti-Covid nous permet de gagner du temps ; d’utiliser le message reçu dans l’application pour avoir accès à la file prioritaire de test des cas contacts comme toutes les personnes identifiées comme cas contacts par l’Assurance maladie. Tous Anti-Covid c’est un geste simple que nous faisons souvent : télécharger une application mobile, l’activer et la garder ouverte. Mais à l’image d’un vaccin et je l’ai dit, ce geste n’est utile que si nous sommes très nombreux à le faire. C’est pourquoi je veux m’adresser directement à toutes les Françaises et tous les Français : nous avons besoin de vous, nous avons besoin de tous, nous avons besoin de chacun.

Toutes les garanties ont été prises. La CNIL, la Commission nationale informatique et libertés, a audité en profondeur et validé l'application. Son code source est ouvert et public et permet à chacun de vérifier ce que je viens de dire. Tous Anti-Covid n'est pas un outil pour le Gouvernement. Il est un outil collectif très largement soutenu par la communauté médicale qui doit nous permettre de garder les lieux de vie ouverts, qui doit vous permettre de vivre le plus normalement possible tout en vous protégeant.

Cette application, c'est la vôtre. Téléchargez-la et activez-la dès que vous vous rendez dans un lieu recevant du public. Depuis Stop Covid, l'application a évolué. Elle continuera à le faire. Bien sûr, elle conserve sa fonction d'historique des contacts avec les mêmes garanties pour la vie privée. Mais avec Olivier VÉRAN, nous l'avons fait évoluer pour en faire un vrai outil individuel d'information et de lutte contre l'épidémie. C'est pourquoi elle intègre, dans la version mise en ligne aujourd'hui, des éléments d'information quotidiens tels que le nombre de personnes testées positives chaque jour, le taux d'incidence, le fameux R, ou encore le taux d'occupation des lits de réanimation par les malades Covid.

Ces éléments, donnés dans un premier temps sur une base nationale, seront adaptés à la ville de chacun dans les jours qui viennent. L'application présente également ses chiffres d'adoption : nombre d'enregistrements, nombre de cas déclarés dans l'application et nombre de cas notifiés, ceci dans une logique de transparence et de mobilisation. Elle diffusera également plusieurs fois par semaine des éléments d'information ou d'actualité sur la connaissance et la lutte contre le virus. Elle intègre enfin un lien vers la carte de dépistagecovid.gouv.fr qui recense, je le rappelle, l'ensemble des laboratoires où se faire tester. Cette nouvelle application, nous l'incarnons par un nouveau nom, Tous Anti-Covid, et un nouveau logo que vous avez découvert derrière moi. Ces premières fonctionnalités seront enrichies toutes les deux semaines de nouvelles fonctionnalités.Parmi celles-ci, je pense notamment à l'intégration de l'attestation de sortie ou encore à une alternative aux cahiers de rappel dans les restaurants.

Tout cela car l'épidémie est appelée à durer. Je veux à cet égard insister sur cette notion de temps. Nous n’attendons pas avec ce redémarrage de Grand Soir de Tous Anti-Covid.

Nous avons besoin dans la durée que plusieurs millions de Français téléchargent l'application. C'est pourquoi nous voulons encore une fois dans la durée faire de Tous Anti-Covid un couteau suisse numérique pour faciliter la vie quotidienne avec l'épidémie. Protéger enfin, les Français sont mobilisés dans la lutte contre l'épidémie. Ils souhaitent adopter les bons gestes pour se protéger et protéger les autres mais ils ont souvent besoin de conseils personnalisés.

Le numérique est un formidable levier pour le faire dans un contexte, on le sait, où l'information foisonne et évolue sans cesse. C'est dans cet esprit et avec l'ensemble de la communauté médicale qu'a été développé mesconseilscovid.fr, je répète mes conseilscovid.fr. Ce site vous permet en renseignant quelques questions d'avoir des conseils personnalisés. Et si vous êtes touchés par le virus, il vous permet de suivre dans le temps vos symptômes et de prendre les bonnes décisions. Ensemble, ces trois outils forment un tout pour faire du numérique l'outil de chacun et de tous dans la lutte contre le virus. Je vous remercie.

M. Jean CASTEX
Merci beaucoup monsieur le secrétaire d’Etat de ces informations importantes. Mesdames et messieurs, l’instauration du couvre-feu et son extension à de nouveaux territoires a et aura des conséquences économiques lourdes pour de nombreux secteurs professionnels. Pour y répondre, les mesures de soutien annoncées la semaine dernière seront étendues à l’ensemble des départements basculant sur le régime du couvre-feu : le renforcement du fonds de solidarité, les exonérations de cotisations sociales, le prolongement des prêts garantis ainsi que des dispositifs d’activité partielle. Nous continuons à travailler en lien avec les fédérations et les représentants des différents secteurs concernés pour continuer à améliorer nos dispositifs.

Mieux prendre en compte les loyers payés par ces entreprises ou encore encourager davantage la médiation entre locataire et bailleur. Avancer sur la question des congés payés et proposer un nouveau régime d’assurance pour les entreprises en cas de catastrophe sanitaire. À tous ces secteurs économiques particulièrement impactés par les mesures de restriction que nous sommes tenus de prendre : hôtellerie, bar, restauration, l'événementiel, sport, culture et d’autrs encore. A tous, je veux dire que le Gouvernement comprend leur désarroi et parfois leur sentiment d'injustice alors qu'ils ne demandent qu'à travailler et à vivre de leur travail.

Ces mesures ne sont en aucun cas des sanctions contre eux. Elles sont des mesures de prévention destinées à limiter la propagation du virus. Et d'ailleurs, tous les autres pays prennent des mesures comparables. C'est la raison pour laquelle la solidarité nationale doit, comme nous le faisons depuis le début de cette crise, se déployer en leur direction.

Au nom de quoi n’indemniserions-nous pas des secteurs que pour des justes raisons d'intérêt général sanitaire nous empêchons de vivre normalement ? Cela a un coût, bien sûr, mais les laisser tomber aurait un coût moral, humain, mais aussi financier, bien plus lourd encore. S'agissant en particulier du secteur de la culture, nous avons reçu ce matin, avec la ministre de la Culture, les représentants du cinéma et du spectacle vivant. Ils nous ont fait part de leur grande difficulté à maintenir leur activité en raison du couvre-feu.

Nous avons travaillé ensemble à des dispositifs de soutien spécifiques pour faire en sorte que les salles de cinéma ne ferment pas partout en France, que les salles de spectacles puissent rester ouvertes le plus possible pour préserver l'accès à la culture essentiel en cette période de crise. Comme nous faisons tout pour maintenir l'accès à l'éducation pour nos enfants. La ministre va vous présenter les mesures que le Gouvernement a décidé d'engager en faveur du secteur culturel. Voici donc madame Roselyne BACHELOT.

Mme Roselyne BACHELOT
Oui, le Premier ministre, le ministre de la Santé, le professeur GAYAT l’ont rappelé, la situation sanitaire est grave et la mesure de couvre-feu qui a été annoncée par le président de la République doit nous aider à affronter collectivement cette deuxième vague, à stopper la propagation du virus et à mieux protéger chacune et chacun d'entre nous.

Vous l'avez dit, monsieur le Premier ministre, cette mesure de santé publique et de protection a un impact très fort sur le monde de la culture, à nouveau particulièrement atteint. En effet, l'essentiel du spectacle vivant et du cinéma se déroule en soirée, dès mercredi soir. J'ai échangé avec les professionnels du spectacle vivant et du cinéma, comme je le fais avec l'ensemble du secteur culturel depuis ma prise de fonction. Individuellement et collectivement, j'ai également eu à cœur d'évoquer la situation avec plusieurs élus locaux concernés et j'ai souhaité réunir mardi prochain les associations d'élus dans le cadre du Conseil national des territoires pour la culture.

Vraiment, je tiens à saluer les efforts qui ont été faits par les professionnels de la culture extrêmement engagés à maintenir le lien avec le public et qui sont en train de s’adapter, de trouver des solutions dans ce contexte nouveau. L’État sera à leur côté pour surmonter cette crise, et les accompagner dans leurs efforts d’adaptation et d’innovation. Ce soutien est extrêmement important, et sa nécessité est partagée par l’ensemble des Français. Chacun a besoin, nous avons besoin de culture et peut-être encore plus durant cette crise qui a affecté notre capacité à nous rassembler. Et les mesures que je vais évoquer sont essentielles, elles vont permettre de préserver l’accès de tous à notre culture.

Bien entendu, je souhaite d’abord confirmer que le renforcement des mesures transversales, que vous avez décrites, Monsieur le Premier ministre, et qui ont été annoncées par Bruno LE MAIRE jeudi dernier, toutes ces mesures vont s’appliquer à l’ensemble du secteur culturel et notamment au spectacle vivant et au cinéma. Cela veut concrètement dire que la culture est éligible aux fonds de solidarité, aux exonérations de charge sociale, à l’activité partielle lorsqu’elle est nécessaire, au prêt garanti par l’État ainsi qu’à toutes les mesures d’accompagnement. Pour ne pas que le secteur culturel s’effondre, le Gouvernement a décidé de prendre également des mesures spécifiques complémentaires.

S’agissant du spectacle vivant, ce sont 85 millions d’euros d’aides qui vont être débloqués. En effet, dans les territoires concernés, le couvre-feu a de lourdes conséquences sur le maintien de l’activité. Les structures adaptent les horaires, mais évidemment, elles ne rencontrent pas forcément leur public. La fréquentation et donc leurs ressources vont diminuer. Notre objectif, c’est à la fois de sauvegarder les programmations et les salles, en permettant de jouer même à jauge extrêmement réduite.

Pour le spectacle vivant musical, le fonds de sauvegarde et le fonds de compensation seront dotés de 55 millions d’euros complémentaires dont 3 millions destinés particulièrement aux auteurs. Les dispositifs mis en place seront confiés au Centre national de la musique et bénéficieront à l’ensemble des acteurs du secteur privé ou subventionné. Nous allons par ailleurs proposer au Parlement de prolonger l’exonération de la taxe sur les spectacles au premier semestre 2021 pour alléger les charges des entreprises du secteur.

Pour les autres champs du spectacle vivant, notamment le théâtre, y compris les auteurs, une enveloppe complémentaire de 20 millions d'euros sera mise en œuvre pour accompagner le secteur privé comme le secteur subventionné, y compris les auteurs.

Enfin, pour ne laisser personne de côté, début septembre, le ministère de la Culture a mis en place un fonds d'urgence spécifique et temporaire de solidarité aux artistes et techniciens du spectacle qui n'entrait dans aucun autre dispositif. Nous allons l’abonder, le doubler pour atteindre 10 millions d'euros. Deuxième secteur de la culture particulièrement touché, le cinéma. Avec le couvre-feu les deux séances du soir de 20h00 et de 22h00 ne peuvent plus se tenir. Or, ces deux séances représentent la moitié du chiffre d'affaires des salles. Notre objectif est de faire en sorte que les cinémas ne ferment pas, que le public puisse continuer à aller voir des films. Pour cela, il faut que les sorties de films soient maintenues sur l'ensemble du territoire, malgré les risques économiques importants pris par les distributeurs.

Au total, les mesures qui vont venir en soutien de l'activité du secteur cinématographique représentent 30 millions d'euros. Pour cela, nous mettons en place 4 mesures. La création d'un complément de prix sur chaque billet en zone de couvre-feu pris en charge par l'État et reversé aux distributeurs pour alléger les risques qu'ils vont prendre. Un bonus renforcé du soutien automatique généré par les distributeurs pendant les 6 semaines de couvre-feu. Nous doublerons également le barème normal du soutien automatique pour les producteurs sur cette même période, jusqu'à 1,5 million d'entrées. Et enfin, le fonds de compensation des pertes des exploitants sera parallèlement réabondé afin de tenir compte de la perte supplémentaire de chiffre d'affaires que représente le couvre-feu pour les salles de cinéma.

Ce sont donc au total 115 millions d'euros qui vont être injectés pour soutenir le spectacle vivant et la culture. C'est un nouvel effort exceptionnel qui vient s'ajouter à toutes les mesures que nous prenons depuis le début de la pandémie. Je veux vraiment remercier du fond du cœur les professionnels pour leur engagement de tout faire pour continuer à ouvrir dans les conditions sanitaires les plus sûres et je remercie évidemment nos concitoyens qui, on le voit depuis le début de la semaine, veulent continuer à aller voir des artistes sur scène et aller voir des films et je veux leur dire que le Président de la République, le Premier ministre et le Gouvernement sont à leurs côtés pour que notre culture ne s’arrête pas.

M. Jean CASTEX
Merci beaucoup madame la ministre. Mes chers concitoyens, la situation est difficile mais l’État est prêt et l’ensemble du Gouvernement est mobilisé et avec l’État, toutes les collectivités publiques et les services publics. Les contraintes que nous devons collectivement nous imposer sont importantes et j’en ai parfaitement conscience. Cette crise sanitaire est appelée à durer sans doute plusieurs mois encore mais si nous faisons ensemble les efforts nécessaires en respectant les règles communes ou individuelles pour réduire la circulation du virus, nous pourrons alors alléger les contraintes qui pèsent sur nos vies quotidiennes. Je vous remercie et je me tiens à votre disposition ainsi que les ministres présents pour répondre à vos questions.

Jean Castex, le 22 octobre 2020 à Matignon, Paris.


Source : gouvernement.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20201022-discours-castex.html

 

 

 

 

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