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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 08:38

(dépêche)


Comment l'Etat veut préserver la grotte de Lascaux ?


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/01/21/01011-20100121FILWWW00752-pas-de-mystere-lascaux-mitterrand.php
"Pas de mystère Lascaux" (Mitterrand)
AFP
21/01/2010 | Mise à jour : 19:34 | Ajouter à ma sélection
"Il n'y a pas de mystère Lascaux", a déclaré aujourd'hui le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand au sortir de la célèbre grotte préhistorique de Dordogne, qui serait menacée de se détériorer sous l'effet d'une invasion de tâches noires.

Vêtu d'une combinaison blanche de protection, le ministre était venu à Montignac "prendre la mesure" et se rendre compte par lui-même de l'état de la grotte, souvent qualifiée de "chapelle Sixtine de la préhistoire" et lancer un conseil scientifique pour "conseiller et orienter les travaux de conservation" du site.

"Il n'y a pas de mystère Lascaux, ce n'est pas parce qu'on prend toutes les précautions pour aller voir ce lieu sans l'abîmer", "ce n'est pas parce qu'on sort avec des habits de cosmonautes [...] que nous avons constaté une sorte d'Hiroshima à l'intérieur", a-t-il déclaré à la presse.

Nomination d'un nouveau conseil scientifique

"Nous allons étudier les choses de très près, mais il y a une part de fantasme qui entoure ce lieu, on n'a pas du tout le sentiment de destruction programmé", a encore déclaré Frédéric Mitterrand.

Les tâches "sont très peu nombreuses", a-t-il dit alors qu'il a été sommé de "relever le
défi" par certains membres de la communauté scientifique inquiets de la prolifération de ces micro-organismes qui mettraient en danger les peintures et les gravures de 18.000 ans.

Il s'est toutefois défendu d'être "un expert" et a annoncé la nomination d'un nouveau conseil scientifique, dont le mandat est arrivé à échéance en juin 2009. La structure sera présidée par le paléoanthropologue Yves Coppens, professeur honoraire au Collège de France et codécouvreur du fossile Lucy en 1974.




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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 08:25

Une nouvelle découverte a eu lieu le 6 octobre 2009. Charles Darwin serait-il vaincu par un animal à quatre pattes ? Certainement pas encore maintenant.


Dans un article précédent, j’évoquais l’excellent documentaire "Espèces d’espèces" qui expliquait de manière claire et simple la nouvelle organisation du vivant.
 
Les observations du vivant et des fossiles constituent un élément-clef pour valider la théorie qui tend à expliquer l’existence des espèces vivantes actuelles sur Terre. Parfois, certains y voient des grains de sable qui enrayeraient la belle mécanique de l’évolution. Une interprétation très… tendancieuse et pour le moins erronée.
 
 
Des découvertes exceptionnelles
 
En 1832, l’ichtyologue suisse Louis Agassiz découvrit le premier individu fossilisé. On trouvera par la suite de tels fossiles partout dans le monde et en grand nombre, comme celui-ci retrouvé à Madagascar et datant de deux cents millions d’années. Ou comme cette découverte, au printemps 2004, à Cruzy (dans l’Hérault, en France), d'un fragment de mâchoire d’un individu fossilisé, datant de soixante-dix millions d’années. 
 
Le 23 décembre 1938 dans l’estuaire de la Chalumna River (en Afrique du Sud), un premier individu vivant, d’un mètre cinquante de longueur et de cinquante-sept kilogrammes, a été remonté dans les filets du pêcheur Hendrik Goosen. L’ornithologue sud-africaine Marjorie Courtenay-Latimer étudia le spécimen et c’est l’ichtyologue sud-africain James Brierley-Smith qui l’identifia.
 
Le 20 décembre 1952, au large de l’archipel des Comores (près de l’île d’Anjouan), un deuxième individu vivant a été pêché par Ahmed Hussein.
 
En fin 1953, un troisième individu fut pêché au large de Mutsamudu, capitale de l’île d’Anjouan, et fut transporté à Tananarive (à Madagascar) par le chercheur français Millot.
 
Le vingtième individu a été pêché en 1960 et le vingt-huitième en 1962.
 
Le 17 juillet 1987, les pêcheurs d’Ikoni ( aux Comores) ont repéré un individu d’un mètre dix pesant cinquante kilogrammes et ont alerté le plongeur française Jean-Louis Géraud pour le filmer dans son milieu naturel.
 
En juin 1998, en Indonésie (du côté des Sulawesi), un autre individu a été découvert dans un marché par un jeune biologiste californien, Mark Erdmann.
 
Le 30 juillet 1998, près de l’île Menadotua, dans l’archipel des Célèbes (en Indonésie), un deuxième individu indonésien a été capturé par un pêcheur et a prouvé l’existence de deux populations distinctes (aux Comores et en Indonésie, espacées de près de dix mille kilomètres).
 
En janvier 2000, deux individus furent repérés à cent cinquante-cinq mètres de profondeur dans une grotte sur les flancs volcaniques de Manado (en Indonésie).
 
En 2006, près des Sulawesi (en Indonésie), des Japonais ont filmé la nage d’un de ces individus.
 
Le 19 mai 2007, au large de la plage de Manado, au nord de l’archipel des Célèbes (en Indonésie), à plus de cent mètres de profondeur, un autre individu pesant cinquante et un kilogrammes et long d’un mètre trente et un a été ramené par le pêcheur Justinus Lahama accompagné de son fils Delvy. L’individu n’a survécu que dix-sept heures.
 
Enfin, le 6 octobre 2009 dans la baie de Manado, au large de l’île des Sulawesi (en Indonésie), à cent soixante et un mètres de profondeur, un jeune individu vivant a été pêché par des chercheurs japonais. Il mesurait trente et un centimètres et demi.
 
De quels individus s’agissait-il ?
 
 
De gros poissons bleus à pattes
 
Pour ceux venant du sud de l’Afrique et du canal de Mozambique, il s’agit du Latimeria chalumnae (du nom de la jeune ornithologue sud-africaine).
 
Pour ceux venant d’Indonésie, il s’agit du Latimeria menadoensis.
 
En d’autres termes, il s’agit de cœlacanthes. Les deux espèces se seraient séparées, selon les premières analyses ADN, il y a un million et demi d’années (leur génome est différent à 3,5%).
 
Le cœlacanthe est une sorte de gros poisson à quatre pattes qui existait déjà il y a trois cent soixante millions d’années et qu’on croyait disparu depuis la disparition des dinosaures, il y a soixante millions d’années. On a pu identifier cent vingt-cinq espèces de cœlacanthes fossilisés ayant vécu il y a trois ou quatre cents millions d’années.
 
L’animal est bleu foncé tacheté de blanc, se présente d’une longueur d’environ un mètre à un mètre cinquante et pèse d’une cinquantaine à cent kilogrammes. Les mâles sont légèrement plus petits que les femelles. Ils vivent dans les profondeurs marines (à plus de deux cent mètres) et vont chercher leurs proies vers six cents mètres de profondeur la nuit. Ils sont capables ouvrir leur mâchoire des deux côtés grâce à un joint intracranien (comme chez les grenouilles).
 
 
C’est vraiment un drôle d’animal
 
Il a des nageoires séparées du tronc par des sortes d’os : « leur succession rappelle vraiment l’humérus, le cubitus, le radius dans la nageoire pectorale, et le fémur, le tibia et le péroné dans la nageoire pelvienne » explique Gaël Clément, chercheur au Muséum d’histoire naturelle de Paris.
 
Il a des difficultés à nager notamment parce qu’il nage comme s’il marchait (deux à deux).
 
Par ailleurs, il a un début de poumon (en même temps que des branchies) et il est ovovivipare, c’est-à-dire que la femelle pond des œufs (de la taille d’une pomme) et qu’ils éclosent dans son ventre.
 
C’est le descendant des premiers crossoptérygiens qui sont apparus au Dévonien inférieur et ont disparu à la fin de l’ère secondaire. Il fait partie des sarcoptérygiens dont sont également issus les primates (entre autres).
 
On a cru au départ qu’il pouvait être à l’origine des tétrapodes (espèces terrestres) mais ne serait qu’un cousin d’une branche parallèle, les cœlacanthiformes. Les rhipidistiens (poissons à narines internes), l’autre branche, ont évolué vers les vertébrés terrestres (donnant naissance aux amphibiens, reptiles/oiseaux/dinosaures, mammifères et humains). Les deux branches se sont séparées il y a trois cent soixante millions d’années (voir l’article sur "Espèces d’espèces").
 
 
Du fantasme au dogmatisme créationniste
 
L’existence du cœlacanthe à notre époque fait beaucoup fantasmer. Certains l’ont appelé "fossile vivant" et d’autres "poisson dinosaure". Le fantasme, c’est d’imaginer comment les poissons ont quitté l’eau pour aller sur la terre. Le cœlacanthe pourrait apporter quelques indications supplémentaires. Le fantasme, c’est ce poisson sortant de l’eau avec deux jambes que les enfants ont pris l’habitude de dessiner en étudiant ces choses-là à l’école (j’ai dû en faire aussi moi-même). Une sorte d’inversion des sirènes. Cela peut donner lieu à beaucoup de loufoqueries, tant sur les objets, sur les idées que sur les poulets.
 
Mais certains fantasmes ne sont pas gratuits et nourrissent certaines idéologies, en particulier celle des créationnistes.
 
En effet, beaucoup de personnes se servent de cette espèce de cœlacanthe (donc encore vivante) pour mettre en défaut la théorie de l’évolution de Darwin. Dans un but assez tendancieux
 
Parmi les articles les plus lus sur le sujet, il y a celui du "Figaro Magazine" du 26 octobre 1991 intitulé "L’évolution condamne Darwin" dans un dossier préparé par Jean Staune qui dit beaucoup d’âneries qui sont hélas souvent reprises (il suffit de regarder sur Internet).
 
 
Mauvaise foi, naïveté ou ignorance
 
Dans le dossier en question, il est dit par exemple, cité par Guillaume Lecointre (du Muséum d’histoire naturelle de Paris) dans un article d’octobre 2000 : « Le cœlacanthe : en 1938, la première mauvaise nouvelle pour les darwiniens. C’était l’ancêtre de tous les vertébrés. On le croyait disparu depuis des millions d’années. On l’a retrouvé voici cinquante ans, bien vivant, au large des Comores. Il n’avait donc pas évolué depuis ses très lointains ancêtres : contrairement à ce qu’aurait voulu la théorie. ».
 
L’argumentation débitée ici est stupide pour ceux qui connaissent un peu la théorie de l’évolution.
 
Le cœlacanthe serait l’ancêtre aquatique des vertébrés terrestres, ce qui est doublement faux puisque d’une part, il ne peut pas être l’ancêtre alors qu’il vit encore de nos jours (de plus, les évolutionnistes ne parlent plus du mot "ancêtre" quand il s’agit d’une espèce identifiée), c’est comme si l’on dit qu’un cousin est un aïeul, et d’autre part, les vertébrés sont apparus bien avant cet animal qui n’est pas non plus à l’origine des tétrapodes (voir ci-dessus et l’article sur "Espèces d’espèces").
 
Par ailleurs, s’il est vrai que la morphologie du cœlacanthe n’a pas varié depuis la fin du Crétacé (les nombreux fossiles retrouvés semblent l’attester), cette supposée "non-évolution" ne contredit en rien la théorie de Darwin.
 
En effet, d’une part, la morphologie ne correspond qu’à environ 5% des gènes et le reste des gènes a très bien pu évoluer (ce qui serait difficile à vérifier sans l’ADN des individus d’il y a plusieurs dizaines de millions d’années), et d’autre part, le néodarwinisme a introduit aussi des stases, des périodes de stabilité relative qui peuvent avoir des durées plus ou moins longues.
 
Comme l’explique très bien le biologiste Patrick Forterre dans "Espèces d’espèces", même la bactérie moderne, c’est-à-dire actuelle, a évolué aussi longtemps que l’être humain, résultats, tous les deux, de trois milliards et demi d’années de lente évolution. Les trois cents millions d’années de "stagnation morphologique" du cœlacanthe ne contredit donc en rien à son évolution pendant cette période, notamment en ce qui concerne sa spécialisation dans des milieux particulièrement contraignants.
 
 
Une évolution par effraction de la Nature
 
Les périodes de stabilité des caractères peuvent aussi s’expliquer par le fait que ces derniers ont été déjà optimisés dans l’environnement dans lequel évolue l’espèce.
 
Les mutations génétiques ne sont que le fruit du hasard et pas celui de l’environnement : il y a toujours des erreurs dans le séquençage génétique et lorsque cette erreur, par inadvertance, améliore la durée de vie, la robustesse de l’individu dans son milieu environnemental, alors cet individu prend le dessus sur les autres moins bien protégés. C’est ainsi que l’évolution s’opère, par petites erreurs successives qui renforcent les individus. Celles qui au contraire les affaiblissent ne durent pas puisque leurs branches s’éteignent vite dans l’arbre de la vie.
 
Bref, ceux qui cherchent à utiliser les cœlacanthes vivants à notre époque comme des preuves irréfutables contre la théorie de Darwin en sont pour leurs frais : bien au contraire, le cœlacanthe, aux quatre nageoires charnues, c’est-à-dire avec des articulations entre le tronc et les doigts (qui deviendront dans d’autres espèces des bras et des jambes), est un précieux animal pour affiner la théorie de l’évolution.
 
 
En voie d’extinction ?
 
Comme les momies à la fin du XIXe siècle, les cœlacanthes ont fait l’objet de certains trafics, considérés comme des "objets" rares parallèlement à son intérêt scientifique. Saddam Hussein en aurait acquis un pour sa collection personnelle et l’Aga Khan aussi en 1996 pour en faire don à l’Institut de paléontologie de Pavie.
 
Il n’a pas été encore possible de maintenir en vie (plus de dix-sept heures) un cœlacanthe à la surface de la Terre, son milieu nécessitant la forte pression du fond marin (21 bars). Les deux espèces demeurent donc encore assez méconnues, notamment sur la durée de gestation, la fréquence, le taux de croissance… des paramètres qui pourraient aider à les protéger.
 
Les deux espèces sont considérées en effet comme en voie de disparition. Environ deux cents cœlacanthes ont déjà été pêchés depuis 1952. Entre 1987 et 1991, on avait évalué à six cent cinquante le nombre total d’individus encore en vie, en 1994, cela aurait chuté de 30% à cause de la pêche intensive près des côtés comoriennes, et selon les dernières estimations, ce nombre serait réduit aujourd’hui à cent cinquante individus, ce qui est dérisoire.
 
Pour l’instant, peu de fonds sont débloqués pour protéger le cœlacanthe, destinés surtout à écarter les poissons cibles des pêches intensives de l’environnement du cœlacanthe.
 
À peine un million d’années d’un côté, plus de trois cents millions d’années de l’autre. Il n’y a pourtant pas photo…
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (25 novembre 2009)
 



Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
 
 
 
 

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/le-rival-de-darwin-65595 

http://www.lepost.fr/article/2009/11/25/1808841_le-rival-de-darwin.html

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-96

http://www.centpapiers.com/le-rival-de-darwin/10736/







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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 12:11
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 09:05

Le 24 novembre 1859, il y a cent cinquante ans, Charles Darwin publiait sa fameuse théorie dans "L’origine des espèces", bible du courant évolutionniste. Le bicentenaire de sa naissance avait déjà été fêté le 12 février dernier. L’année 2009 est donc une année Darwin à double titre, et l’occasion aussi de vulgariser sur l’état actuel de nos connaissances dans ce domaine.


Le lundi 9 février 2009 à 20:35, je regardais un peu par hasard sur France 5 un documentaire extraordinaire.
 
 
De la vulgarisation scientifique pour vraiment tout le monde
 
Son titre dit quasiment tout : "Espèces d’espèces". Il a été réalisé par Denis Van Waerebeke, Vincent Gaullier et Raphaëlle Chaix et a même été récompensé en remportant le Grand Prix Pariscience du Festival international du Film scientifique de 2008. L’affiche de présentation (en anglais) est visible et téléchargeable (en .pdf) ici.
 
En moins d’une heure, et de façon plutôt amusante (les simagrées de Benoît Giros qui anime la voix off sont tout à fait à la portée des enfants), le documentaire se propose de revoir complètement notre vision des espèces, humaine, animales mais même végétales voire… plus !
 
 
Concept d’une espèce vivante
 
Pour cette révision complète, le documentaire aborde une problématique très ancienne : comment ranger, classer, répertorier toutes les espèces. On appelle cette science la "systématique".
 
Mais d’abord, qu’est-ce qu’une espèce ? Elle est définie par l’interfécondité : chaque être de la même espèce est capable de se reproduire, et leur progéniture doit être fertile. Cette idée annule évidemment toute notion de "races" humaines, l’être humain ne constitue qu’une seule espèce, mélangée en permanence depuis son apparition (voir un peu plus loin).
 
Aujourd’hui, on compte un 1 749 577 espèces vivantes connues. Mais ce n’est que la partie non immergée de l’iceberg de la vie sur Terre. On en découvre dix mille nouvelles par an. Il y a des millions d’autres espèces qui vivent aujourd’hui et qui disparaîtront avant même qu’on puisse en connaître l’existence, et puis une dizaine de milliards d’autres qui ont disparu depuis l’apparition de la vie sur Terre. On évalue à entre cinq et cent millions d’espèces vivantes peuplant actuellement la Terre.
 
Ces statistiques relativisent le discours sur les espèces en voie de disparition : c’est un processus normal et naturel de l’évolution du vivant. Ce n’est toutefois pas une raison pour trop polluer et accélérer ce phénomène.
 
 
L’organisation du vivant
 
Il y a quelques siècles (et surtout au XIXe siècle), on a imaginé l’organisation de la vie avec un arbre de la vie : un tronc commun et des branches pour différentes espèces. Le tronc se dirige bien verticalement vers le haut et hop, on plaçait l’espèce humaine tout en haut, comme la flèche sur un sapin de Noël.
 
Oui, mais bon, tout cela était bien arbitraire. Cela nécessitait de donner un jugement de valeur sur des espèces supérieures à d’autres. Avec comme philosophie sous-jacente que l’humain est forcément au-dessus de toutes les autres espèces.
 
Ce documentaire casse donc cette idée (qui est encore très répandue de nos jours) avec une notion simple : même l’unicellulaire, même la bactérie d’aujourd’hui est aussi évoluée que l’espèce humaine. La preuve, c’est qu’elle a subi autant de transformations ou d’évolutions que nous. Sur le temps. Même temps de gestation.
 
La seule vraie différence entre l’humain et le reste du vivant, c’est que l’humain a la conscience des choses et peut s’amuser justement à réfléchir sur ce sujet. Au contraire des bactéries par exemple, mais finalement, qu’en sait-on vraiment ?
 
Même révolution des concepts : la frontière entre le règne animal et le règne végétal est très flou et bizarrement, ce n’est pas très grave, l’important est ailleurs.
 
Le film propose donc une autre solution pour classer la vie : l’arbre de vie, oui, ou plutôt, le buisson de vie. Un buisson sphérique.
 
En gros, l’arbre n’est plus vertical en une seule dimension, avec des ramifications à chaque branche, mais en trois dimensions (comme sur le schéma ici), sans bas ni haut, une sorte de sphère dont le centre serait l’unique espèce originelle, commune à tous les vivants (l’ancêtre commun, voir en fin d’article), et ensuite, le rayon grandit au fur et à mesure que le temps passe, si bien que si l’humain arrive tout en haut, en 2009, à la surface de la sphère, toutes les autres espèces vivantes, elles aussi, sont à la surface, au même niveau que l’humain, puisque ces espèces parallèles ont mis autant de temps que nous, les humains, à atteindre ce niveau d’évolution (du coup, cela donne un peu d’humilité à l’espèce humaine).
 
L’idée est donc assez facile à comprendre. Et avec les animations créées sur ordinateur, c’est assez captivant pour mieux voir en perspective.
 
Cette idée met cependant à mal la classification traditionnelle.
 
 
Remise en cause de quelques notions
 
Par exemple, il n’existe plus de reptiles qui regroupaient les crocodiles, les serpents et les lézards car les crocodiles sont beaucoup plus proches des oiseaux que des serpents et lézards, donc, on ne peut pas dissocier les oiseaux des reptiles, ni d’ailleurs des dinosaures (même ancêtre commun).
 
Idem pour les cétacés qui ont le même ancêtre commun que les hippopotames. Le groupe des poissons n’a donc pas de pertinence, les poissons osseux étant plus proches des mammifères que des requins etc.
 
 
À la recherche de nos lointains ancêtres…
 
Ensuite, le documentaire fait le processus inverse. Il part de l’espèce humaine et cherche à remonter, remonter, remonter etc. jusqu’au centre de cette sphère du vivant. Un peu comme dans une recherche généalogique.
 
C’est très intéressant. À chaque nœud de l’arbre correspond un paramètre particulier. Et un ancêtre commun, et des cousins vivants supplémentaires.
 
Le systématicien Guillaume Lecointre (du Muséum d'histoire naturelle de Paris) explique : « On peut voir un être vivant comme une série d’innovations acquises au cours de l’histoire de la vie ». L’arbre de vie raconte en fin de compte le corps humain. Chaque partie correspond à un nœud.
 
 
Une et une seule espèce humaine
 
Beaucoup de branches sont mortes. Par exemple, l’homme de Néandertal n’est pas un ancêtre de l’Homo sapiens (nous, humains) mais un cousin sans descendant (dont l’extinction nous reste encore mystérieuse).
 
C’est aussi une façon de rappeler que l’espèce humaine est unique. Le concept même de plusieurs "races" humaines ne peut donc avoir aucune justification scientifique dans la mesure où tous les êtres humains vivant actuellement sur Terre sont le résultat d’un métissage permanent (il n’existe pas de peuple ethniquement pur) d’une unique espèce. Claude Lévi-Strauss avait déjà jeté les bases de cette idée juste après la guerre (voir ce document à télécharger).
 
 
Les primates, une affaire de 7 millions de générations
 
Premier nœud encore en vie, à six millions d’années, celui de notre ancêtre commun avec les chimpanzé et les bonobos (tous des homininés). À sept millions d’années, avec le gorille des montagnes (les hominidés). Puis avec les orangs-outans (les homonoïdés).
 
Puis on arrive au nœud des hominoïdes : pas de queue, seulement un coccyx. Comme dix espèces de gibbons.
 
À vingt-cinq millions d’années, on arrive au nœud des catarrhiniens, qui nous rassemblent avec quatre-vingt-deux espèces de singes avec queue (babouin, macaque…). Le facteur innovant, ce sont les narines séparées et orientées vers le bas.
 
Si on remonte à soixante-trois millions d’années, on atteint le nœud des primates (en gros, hominidés, singes et lémuriens), avec un facteur commun, le pouce opposable, l’usage du pouce, qui fait que le primate est capable de se servir d’outil mais aussi de grimper aux arbres en s’accrochant aux branches. Mon chat meurt d’envie d’avoir un pouce. En sept millions de générations, le premier primate a donc donné naissance à l’être humain, l’homo sapiens.
 
 
Et la machine remonte le temps…
 
Petit à petit, à force de remonter, le spectateur peut voir quels sont nos points communs d’abord avec les rongeurs, puis avec les lions, baleines, gerboises, rhinocéros et taupes.
 
Ensuite, on remonte au nœud des thériens : l’existence d’une glande mammaire avec téton, et d’omoplates mobiles, comme chez le kangourou.
 
On remonte et on arrive au nœud des mammifères : corps couvert de poils et allaitement des petits, ce qui donne quelques étrangetés comme l’ornithorynque qui a un bec, des palmes et qui pond des œufs, mais reste quand même un mammifère.
 
Après, la branche est longue à remonter sans nœud ayant abouti à des espèces encore vivantes aujourd’hui jusqu’à cent trente millions d’années, au nœud des amniotes. Commun aux flamands roses. Notre point commun, c’est la membrane qui enveloppe l’embryon pour le protéger.
 
On remonte encore jusqu’au nœud des tétrapodes : un nombre pair de membres locomoteurs, et de un à huit doigts par membre. Là, nous sommes dans un groupe de 26 308 espèces.
 
Toujours remonter ; à quatre cent vingt millions d’années surgit le nœud des sarcoptérygiens (si si !) qui ont pour point commun la nageoire charnue (c’est l’étymologie grecque), c’est-à-dire de ne pas avoir les doigts collés au tronc mais séparés par un bras ou une nageoire, permettant donc de marcher, voler etc. Un cousin qui pourrait être très utile fait partie de cette catégorie.
 
Puis, nœud des ostéichtyens qui regroupent tous ceux qui ont des os et pas du cartilage. Cela place l’humain dans une famille de cinquante mille cousins maintenant.
 
On s’enfonce encore plus dans le centre de l’arbre. Nœud des gnathostomes qui ont de l’hémoglobine et une mâchoire, comme chez le gros requin blanc.
 
Arrive enfin le nœud des vertébrés. Puis des crâniotes qui possèdent une boîte pour protéger leur cerveau. Puis des myomérozoaires. Puis celui des chordés.
 
Le nœud des deutérostomiens surgit alors pour regrouper cinquante-huit mille espèces vivantes (ce qui reste un nombre dérisoire). En gros, le point commun des individus est qu’ils ont un orifice en haut (bouche), un orifice en bas (anus) et un conduit passant de l’un à l’autre (œsophage et intestins par exemple).
 
En remontant, on passe aux millions d’espèces au nœud des bilatériens dont la caractéristique est d’être construits avec un plan de symétrie, comme les mollusques mais pas comme les éponges.
 
Et on arrive à une amibe à sept cent millions d’années. Au nœud des métazoaires. Là, le point commun, c’est d’être pluricellulaire et mobile.
 
Puis, à un milliard d’années, on arrive à l’un des trois nœuds élémentaires de la vie : les eucaryotes. On inclut dedans non seulement les animaux, mais aussi les végétaux et quelques unicellulaires comme les micro-algues (considérées à tort comme des végétaux) et les paramécies (considérées à tort comme des animaux). Le point commun, c’est la structure de la cellule qui compose les individus : avec un noyau composé de la molécule d’ADN.
 
 
On change de règnes
 
Dans cet ordonnancement, il n’y a plus de règne animal ni de règne végétal (les deux sont classés chez les eucaryotes) mais trois branches.
 
Deux autres grandes branches existent effectivement à côté des eucaryotes : les bactéries (très diversifiées et évoluées ; on en connaît dix mille espèces mais il en existe plusieurs millions) et les archées.
 
Les bactéries ont été essentielles dans l’évolution puisqu’elles ont apporté l’azote aux végétaux et ont permis la digestion des animaux. Les archées, comme les bactéries, sont des unicellulaires sans noyau. Les archées se trouvent souvent dans des environnement très particulier et sont capables de résister à des conditions extrêmes comme un milieu très acide (pH proche de zéro), des hautes températures (supérieures à cent degrés Celsius), une pression élevée (deux cents bars) etc.
 
Enfin, l’humain a encore des points communs avec le pyrococcus, un exemple d’archée, par son code génétique et ses protéines identiques, bref, par le fait qu’ils constituent chacun… un être vivant.
 
Donc, trois branches : eucaryotes (cellules avec noyau), bactéries et archées, et donc, un ancêtre commun, si si… daté d’environ trois milliards et demi d’années, et que les scientifiques nomment LUCA pour "last universal common ancestor", le vétéran de la vie sur terre… mais qui n’exclut pas qu’à l’époque, il vivait avec d’autres formes de vie qui, elles, n’ont abouti à aucune espèces encore vivantes aujourd’hui.
 
Cette vision qui reste encore évidemment floue de l’origine du vivant peut être intégrée dans l’exobiologie, dans la recherche de forme de vie extraterrestre (sur Mars par exemple à défaut de l’imaginer à l’extérieur du système solaire).
 
 
La chance incroyable de vivre
 
À la fin du documentaire, le microbiologiste Patrick Forterre (de l’Institut Pasteur) donne une conclusion passionnante de cette perspective : « Clairement, tous les êtres vivants actuels descendent d’un ancêtre commun, nous avons tous un même ancêtre » (qui est donc LUCA).
 
Puis, il poursuit : « Moi, j’aime bien comparer les bactéries à des microordinateurs très récents et les eucaryotes, les hommes, à des gros ordinateurs des années 1950-1960 qui étaient plus gros et plus complexes, mais qui en fait étaient moins performants. Bon, c’est un peu caricatural, mais je pense que ça vaut la peine de réfléchir un peu en ces termes. Il ne faut pas raisonner en termes d’organismes plus ou moins évolués mais en terme d’organismes effectivement plus ou moins complexes mais surtout avec des stratégies de vie différentes ».
 
Et Patrick Forterre finit assez intensément : « C’est une chance incroyable, quand on y réfléchit, d’être en vie. Si le spermatozoïde d’à-côté avait gagné, bon, vous ne seriez pas en vie et puis on peut remonter ça à chaque génération ».
 
 
De nombreuses rediffusions
 
Le film a été rediffusé sur France 5 également le 18 février 2009 à 1:05 et le 23 février 2009 à 5:50 mais il est régulièrement diffusé en France, comme par exemple dans des écoles du Poitou-Charentes la semaine avant les vacances de la Toussaint où un thésard en paléontologie de Poitiers (Antoine Souron) venait débattre avec des lycéens du sujet du 20 au 23 octobre 2009, ou encore à l’occasion de la fête de la science le 20 novembre 2009 au lycée Camille-Claudel de Palaiseau suivi d’une conférence du chercheur Pierre Capy, professeur de Paris-Orsay et directeur du Laboratoire évolution, génomes et spéciation du CNRS à Gif-sur-Yvette.
 
Le documentaire a fait l’objet d’un DVD qui est sorti le 17 août 2009 et ce serait une bonne idée de cadeau pour Noël pour les enfants (et les adultes), mais il semblerait qu’il soit déjà épuisé (selon le site Amazon, par exemple).
 
 
Évolution
 
Pour approfondir le sujet, je vous conseille de lire l’ouvrage "Comprendre et enseigner la classification du vivant" sous la direction de Guillaume Lecointre, éd. Belin 2004 (ISBN 2-7011-3896-5) et d’écouter l’entretien de ce scientifique avec Antoine Spire. Ou bien de lire des ouvrages de deux scientifiques références sur l’évolution, Stephen Jay Gould et Richard Dawkins.
 
Dans un autre article, je parlerai d’un éventuel concurrent de Darwin (ou pas).
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (24 novembre 2009)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 10:37

(dépêche-blog)


La méthode scientifique pervertie, par Xavier Driancourt, docteur

Changement climatique: La méthode scientifique pervertie

Dimanche, 15 Novembre 2009 17:45 | Écrit par Xavier Driancourt, PhD |   

Les controverses autour des méthodes scientifiques mises en oeuvre par les instances dirigeantes du GIEC, organisme placé sous le contrôle de l'ONU, pour l'étude du changement climatique, ont inspiré à M. Xavier Driancourt, lui même docteur en statistiques et spécialiste de modélisation, des réflexions sur les perversions qui entachent le processus de création du savoir scientifique placé sous la contrainte politique et financière. Il est urgent de remettre en question les méthodes scientifiques de la fabrication du savoir dans les champs de la science qui engendrent des décisions politiques aux conséquences économiques et politiques très lourdes.

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Témoignage sur l'évolution contemporaine du monde scientifique
Xavier Driancourt, PhD

J’ai été chercheur durant quelques années dans le domaine du machine learning, (disons pour simplifier : statistiques appliquées), à l’occasion d’un doctorat puis une fonction d’ingénieur de recherche, dans une équipe universitaire puis une start-up toutes deux en pointe au niveau mondial.

Mon équipe de recherche universitaire, ma start-up, mes travaux ou ceux de mes proches collègues, ont été à l’origine d’évolutions importantes autour des années 1990. Un tiers des chèques traités aux USA le sont avec des machines qui incorporent les logiciels de lecture automatique mises au point avec nos logiciels de modélisation. Durant quelques semaines le record du monde de fiabilité de décodage acoustico-phonétique sur une base de donnée de référence les plus en vue au niveau mondial l’a été avec un logiciel mis au point par un doctorant sous ma conduite. Les meilleurs systèmes de prévision français de circulation autoroutière, d’affluence aux centres d’appels carte bleue, et autres prévisions commerciales l’ont été avec un logiciel de notre entreprise. Etc.

Plusieurs faits m’ont frappé dans l’organisation du monde scientifique contemporain, m’amenant  à une réflexion générale sur l’évolution de la science. Cette réflexion m’a été salutaire lorsque je fus amené, en tant que citoyen, à observer le comportement du monde scientifique dans l’affaire du réchauffement climatique. J’ai porté en introduction de mon mémoire de doctorat plusieurs éléments de réflexion.

1- Au fondement de la méthode scientifique se trouve un principe fondateur : la vérifiabilité (ou son dual, la réfutabilité). Toute assertion scientifique doit être vérifiable (resp. réfutable), c’est à dire reproductible (resp. sans contre vérité) dans des conditions comparables. Un théorème doit pouvoir être démontrable et redémontré, une expérience de physique observable et réobservée, etc. La méthode de la relecture par les pairs qui est de règle dans les revues scientifique était à l’origine destinée à garantir la vérification. Or aujourd’hui la complexité des méthodologies scientifiques mises en place, le coût des matériels, et la multiplication frénétique des publications scientifiques (dont les 90% pourraient tout aussi bien être mises à la poubelle) souvent produites dans une course frénétique à la visibilité tous azimuts, font que les article se contentent de documenter la ligne générale de leur méthodologie et non leur méthodologie exacte, et les relectures se contentent de garantir la plausibilité des assertions, et non leur exactitude. Vérifier l’exactitude en ayant recours à la méthodologie exacte nécessiterait pour nombre de publications en physique, en statistiques appliquées, en sciences de la nature, en sciences humaines, des mois de travail et de couteux matériels. Or la relecture avant publication d’un article scientifique octroie en général quelques heures, tout au plus quelques demi-journées et aucun crédit de matériel. Ce qui était suffisant au 19ème siècle pour garantir l’exactitude ne garantit plus aujourd’hui que la plausibilité. En retour la méthode de la revue de plausibilité permet à des communautés entières de partager une culture souvent fertile avec une réactivité maximale.

2- La science se fragmente en d’innombrables spécialités aveugles les unes aux autres, chacune dotée d’une communauté internationale. Cela se justifie par l’immensité du champ scientifique et l’extension croissante de la sphère des connaissances humaines. Cela rend de plus en plus incontrôlable les coteries qui se cooptent de façon internationale pour se doter de la respectabilité apte à capter des capitaux publics ou privés, qu’elles soient nécessaires, pertinentes, ou tout simplement fumistes. De vieux chercheurs refusent de se recycler dans des thèmes réellement nouveaux et préfèrent radoter dans de vieux thèmes entièrement reformulés de façon à apparaitre superficiellement comme nouveaux. Des brevets doublons sont déposés sans que les experts nommés par les organismes publics d’octroi ne parviennent à déceler la fraude. Des fumistes ou des narcissiques vantent les mérites de méthodes rocambolesques qui depuis de nombreuses années échouent pitoyablement en dehors de leur contexte jouet.  Des prétentieux ou des arrivistes affichent des résultats apparemment excellents, en réalité complètement pipés pour faire croire à une efficacité illusoire. En retour j’ai vu des résultats inattenduement positifs venir d’approches novatrices mêlant de façon originale des disciplines initialement hétérogènes.

3- Chaque communauté va développer ses propres acceptations. La plausibilité remplace l’exactitude. Au total des cercles de respectabilité se développent parfois sur du sable. En retour j’ai aussi vu des communautés d’une extrême compétence juger avec vigilance les apports véritables des nouveaux travaux.

4- Chaque communauté scientifique se défend de façon darwinienne face aux communautés trop proches pour être neutres, trop éloignées pour être amies. Les territoires de budgets et de respectabilité se gagnent par de véritable guerres tribales. La vérification de l’exactitude étant hors d’atteinte du décideur administratif ou financier, les budgets se gagnent sur des dialectiques de respectabilité elles-mêmes souvent fondées sur du sable. J’ai eu l’immense chance de travailler dans un domaine ou nos travaux se traduisaient, après plusieurs mois par des résultats expérimentaux substantiels, et après plusieurs années d’ingénierie applicative, par des résultats industriels concrets qui venaient prouver leur qualité. Malgré cela j’ai vu des fumistes, j’ai vu des arrivistes, qui parvenaient à maintenir durant des années les décideurs administratifs ou financiers dans l’illusion que leurs travaux étaient d’aussi bonne qualité, par exemple en travaillant sur des problèmes jouets et en affichant des taux de succès illusoirement similaires à ceux d’équipes concurrentes qui travaillaient sur des problèmes immensément complexes issus du monde réel. En retour, combien de travaux d’une qualité remarquable n’ont pas eu la chance que nous avons eu de connaitre cette extraordinaire conjonction qui seule a permis leur concrétisation industrielle à l’issue de long travaux d’ingénierie applicative ?

5- Une part importante de la vie des équipes de recherche consiste à trouver des financements ou de la respectabilité. La plupart des chercheurs se comportent comme n’importe quel animal défendant son territoire, quitte à piétiner, mordre, voire dévorer son voisin. J’ai vu des chercheurs se piétiner de façon infecte pour quelques milliers d’euros de budget. J’ai vu des travaux qui auraient tout aussi bien pu terminer dans la poubelle pour le plus grand bien de l’humanité être encensés et décorés grâce à des accointances politiques. En retour, j’ai aussi vu des chercheurs à l’intégrité irréprochable véritablement épris d’idéal scientifique.

6- Des modèles informatico-mathématiques dotés d’une immense richesse fonctionnelle peuvent digérer une énorme quantité d’information sans jamais en tirer quoi que ce soit de pertinent. Seule la stabilité des modèles face aux fluctuations des données permet de prouver leur robustesse. Ces théories mathématiques ne sont apparues que récemment dans le champ de l’enseignement académique. Trop souvent les statisticiens « classiques » se dispensent d’effectuer des validations croisées qui consistent à partitionner des échantillons d’apprentissage et des échantillons de tests distincts afin de mesurer cette robustesse. En retour, des modèles informatico-mathématiques  robustes permettent de résoudre plus vite et même plus justement des problèmes jusque là insolubles pour des raisons de manque de mesures directes ou de complexité calculatoire.

7- Si vous masquez les véritables causes d’un phénomène, les corrélations avec d’autres phénomènes sans rapports finiront par apparaitre et donneront l’illusion d’avoir trouvé une explication. La couleur de la robe de la première passagère d’un paquebot sera forcément corrélée à l’une des innombrables variables que sont l’âge du capitaine, du lieutenant ou du timonier, ou le numéro de série d’un des innombrables composants de tout paquebot. Si vous connaissez certaines corrélations non causales pouvant avoir une incidence politique, alors il vous suffit de faire en sorte que les véritables causes du phénomène soient interdites de prise en compte pour que les corrélations non causales donnent l’illusion d’être les véritables causes. Alors vous accèderez au pouvoir politique. En retour, si vous êtes honnêtes, vous êtes amené à écarter les non-causes des machineries statistiques, de peur qu’une corrélation malencontreuse apparaisse et ne leur donne une importance illusoire.

L’utilisation de la science pour des décisions politiques majeures n’a donc aucun sens sans processus d’audit complet. Or toute la démarche politique autour de l’affaire du réchauffement climatique n'est pas une démarche fondée sur le sérieux, la transparence et la sincérité, mais une démarche hélas fondée sur la passion, sur le secret des données et des méthodes, et sur la propagande, avec exercice de pressions psychologiques sur le public et les scientifiques rebelles. La suite, on la connait : des données sources non fiables, voire trafiquées par des correctifs erronés et même inversés, des modèles non robustes, des corrélations biaisées par l’interdiction de prendre en compte les phénomènes solaires, mais glorifiant la mystérieuses ampleur de la prise en compte du taux de CO2, des milliards d’euros déversés chaque année dans les poches des alarmistes, des fonctionnaires onusiens et des politiciens avides de prouver que la chose politique serait plus utile et moins corrompue qu’elle ne l'est, d’honnêtes scientifiques raillés, voire professionnellement persécutés pour avoir émis des doutes, et d'autres terrorisés à l’idée d’en émettre.

La gigantesque et triste farce mondiale qu'est l’affaire du réchauffement climatique pose la question de l'évolution de la méthode scientifique au 21ème siècle, tout particulièrement lorsque des décisions politiques lourdes de conséquences peuvent en découler.

Xavier Driancourt
PhD , Computers Sciences & Statistics
Mastère MMFAI ENS Ulm
MBA IAE Paris





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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 17:29
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 19:51

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Guillaume Lecointre à propos de l'Université Interdisciplinaire de Paris (octobre 2000)


Le créationnisme à visage découvert

Le créationnisme est un concept créé aux USA par des fondamentalistes religieux qui voudraient voir la Bible prendre place au cœur de l’enseignement. Plusieurs étapes ont jalonné son histoire, avec des procès retentissants. Actuellement, le créationnisme revêt un caractère discret et dangereux. Sous couvert d’ouverture d’esprit, d’œcuménisme, des institutions comme l’UIP diffusent jusque dans les sciences une spiritualité pernicieuse. Des scientifiques comme Dambricourt prêchent un moteur interne au vivant en lieu et place d’évolution. Un concept de dessein intelligent a émergé récemment, acceptant le fait évolutif « encadré » par un programme, manière détournée d’imposer une entité architecte de notre avenir. Les méthodes du créationnisme s’affinent, jouent sur les ambiguïtés et sur le langage, et avancent sans heurt majeur, avec l’aval du président Bush aux USA. Vous trouverez dans ce dossier quelques textes sur ce concept qui n’avance pas toujours à visage découvert et qui réclame notre vigilance.
 
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L’Université Interdisciplinaire de Paris

par Guillaume Lecointre - SPS n° 244, octobre 2000

La communauté scientifique nationale montre bien peu de vigilance face aux offensives spiritualistes d’allure respectable. Pour un réarmement intellectuel, les chercheurs scientifiques devraient retourner aux racines épistémologiques de leur métier.

Beaucoup de sectes rejettent la démarche rationnelle de la découverte du monde pour revendiquer des solutions spirituelles à tous nos problèmes scientifiques, sociaux, économiques et politiques. Un mariage science-religion serait garant de l’accroissement d’humanisme et de morale dont aurait besoin une gestion froidement rationnelle de nos sociétés. Comme si la religion avait le monopole de l’humanisme et de la morale ! Comme si notre économie libérale était rationnelle ! Cette erreur très courante résulte simplement de la confusion bien entretenue entre, d’une part, la science comprise comme démarche rationnelle et matérialiste de l’explication du monde, et, d’autre part, la science vue à travers ses applications directes (la technoscience), donc une science distordue par de multiples pressions politiques et économiques. Un véritable engagement politique digne des Lumières consisterait à s’emparer de la raison pour se battre sur le terrain politique et économique afin de trouver des solutions à nos problèmes, y compris pour injecter davantage d’humanisme et de morale dans nos rapports sociaux, économiques, et dans la vie publique. L’autre engagement, qui semble en vogue depuis qu’on parle de dépolitisation des masses, est d’attribuer la responsabilité de toutes les misères du monde à la démarche rationnelle de la découverte de ce monde. Pour sauver le monde, il faudrait que les scientifiques (et les décideurs qui les consultent) laissent un peu leur froide rationalité de côté pour s’ouvrir aux sagesses de la spiritualité, à l’inconnu, voire pour laisser parler leur foi. Un doigt de spiritualité dans la démarche scientifique résoudrait nos problèmes scientifiques et socio-économiques. C’est le degré zéro de l’épistémologie.

« Réconcilier » science et religion

Sans que notre communauté scientifique ne s’en émeuve, une organisation grassement financée par des fonds privés, l’Université Interdisciplinaire de Paris (UIP), se fait championne de ce discours avec l’appui de scientifiques renommés et prix Nobel (la renommée ne garantit pas la vigilance épistémologique). Sous l’impulsion de Jean-François Lambert et de Jean Staune, l’UIP a organisé depuis 1995 une dizaine de colloques, dont le dernier s’est tenu en Mars 2000 sur le thème « les limites de la sélection naturelle ». Cette organisation milite en fait pour un « nouveau paradigme », celui d’une réintroduction de la spiritualité dans le champ de la découverte scientifique. L’UIP est donc fondamentalement anti-matérialiste (normal, pour une organisation ayant reçu une bourse de 10 000 dollars de la fondation Templeton « pour le progrès de la Religion »), et donc anti-darwinienne. Mais pas créationniste : elle se veut évolutionniste, mais d’un évolutionnisme compatible avec la foi religieuse, où l’homme reviendrait au centre d’un Univers ayant évolué vers lui, et dont il est le dessein, ce qui permettrait « d’approcher rationnellement la croyance ». Pour que la « quête de sens » aboutisse, il faudrait réintroduire la spiritualité comme objet d’étude et comme outil permettant l’explication évolutionniste du monde. Dans ces conditions, l’ennemi à abattre, c’est Darwin et son matérialisme scientifique.

La fin de la mauvaise science

Mae Wan Ho, conférencière vedette cette année à l’UIP :
« Le paradigme mécaniste a dominé les sciences durant des siècles. Il a projeté une vision darwinienne à travers laquelle des entités égoïstes et isolées se bousculent et se concurrencent les unes les autres pour un combat pour la survie du plus fort. En donnant de mauvaises indications à des responsables politiques, il a créé et renforcé un régime social dysfonctionnel qui détruit notre planète et échoue à servir les besoins physiques et spirituels de la plus grande partie de l’humanité. Le débat autour du génie génétique a mis en lumière les dangers d’un courant scientifique dégénéré et discrédité qui est devenu l’instrument d’un système corporatiste. Une révolution organique est sur le point de mettre un terme à la mauvaise science et aux intérêts économiques qu’elle génère, et de restaurer les modes de vie holistiques qui peuvent régénérer notre planète et revitaliser l’esprit humain ».

L’UIP entretient donc un amalgame classique qui consiste à attribuer à Darwin les élucubrations sociologiques de l’évolutionnisme philosophique d’Herbert Spencer (voir le livre de Patrick Tort, 1996*), et donc de dénoncer le « darwinisme social » (qui n’est pas un darwinisme ! Voir Patrick Tort, 1999) pour recruter des adhérents sur une base humaniste. Qui irait contre plus d’humanisme ? Le plus drôle, c’est que les dysfonctionnements sociaux engendrés par le libéralisme économique sont attribués par l’UIP au darwinisme qui, selon elle, imprégnerait nos sociétés (voir l’encadré « La fin de la mauvaise science »), alors que, bien au contraire, Darwin avait pensé l’émergence, par voie de sélection naturelle, des mécanismes anti-sélectifs d’entraide au sein même des sociétés humaines, et par là posé les origines matérialistes de la morale (Darwin, La filiation de l’Homme et la sélection liée au sexe, 1871, traduction française 1999, ainsi que les livres de Patrick Tort). La « survie du plus apte » bêtement transposée au sein de nos économies et dans la société, ce n’est pas l’œuvre de Darwin, comme essaie de le faire croire l’UIP, mais l’œuvre de Spencer. Et c’est le libéralisme économique dans lequel évolue Staune dans ses activités de consulting et de conseil auprès des « managers » qui cause les dégâts sociaux dénoncés par l’UIP.

Un autre amalgame entretenu est de faire passer le matérialisme méthodologique qui est depuis la Renaissance la condition méthodologique de la science pour le matérialisme dialectique qui accompagne le marxisme. La ficelle est un peu grosse et surtout archi usée, mais elle permet au juriste américain Philipp Johnson de faire passer le darwinisme contemporain comme le pur produit d’une idéologie.

Parler biologie aux physiciens et physique quantique aux biologistes

On peut se demander si ces amalgames sont calculés ou s’ils résultent d’une ignorance pure et simple des questions historiques, scientifiques et épistémologiques traitées.

Il suffit à n’importe quel évolutionniste professionnel de lire le dossier de Jean Staune et Yves Christen sur l’évolution (Figaro Magazine du 26 Octobre 1991, voir l’encadré « Le Coelacanthe contre Darwin »), ou le livre de Michael Denton (L’Évolution, une théorie en crise, Flammarion), celui de Rosine Chandebois (qui veut « en finir » avec le darwinisme !), ou encore les publications d’Anne Dambricourt-Malassé (voir plus loin) ou de Philipp Johnson, pour s’apercevoir que la majorité des auteurs sont dans le second cas. Par contre, la biologie de Christen et Staune atteint de tels sommets qu’on se demande si le contenu ne serait pas calculé, comme semblent l’être les amalgames de Johnson entre matérialisme scientifique et idéologie.

Le Coelacanthe contre Darwin ?

Prenons l’exemple risible du Coelacanthe qui réfuterait Darwin parce qu’il aurait cessé d’évoluer. Dans le dossier de Jean Staune du Figaro-Magazine intitulé « L’évolution condamne Darwin » du 26 Octobre 1991, au dessus d’une photo de coelacanthe, on lit : « Le coelacanthe : en 1938, la première mauvaise nouvelle pour les darwiniens. C’était l’ancêtre de tous les vertébrés. On le croyait disparu depuis des millions d’années. On l’a retrouvé voici cinquante ans, bien vivant, au large des Comores. Il n’avait donc pas évolué depuis ses très lointains ancêtres : contrairement à ce qu’aurait voulu la théorie ».

Plusieurs stupidités se superposent ici :

1. Le coelacanthe n’est pas l’ancêtre de quelque chose puisque c’est une espèce actuelle. Il ne peut être que groupe-frère de quelque chose. Les évolutionnistes ont cessé depuis longtemps d’utiliser le mot « ancêtre » à propos d’un animal identifié, ils utilisent le mot « groupe-frère de… » pour situer un animal dans l’arbre des êtres vivants. Le terme d’« ancêtre » est réservé à un animal abstrait.

2. Le coelacanthe n’est pas l’ancêtre des vertébrés, mais le groupe-frère d’un groupe comprenant les animaux à quatre pattes (les tétrapodes) et les poissons pulmonés appelés dipneustes. Les vertébrés sont apparus bien avant la lignée du coelacanthe.

3. La morphologie du coelacanthe actuel est presque identique à celle de fossiles du Crétacé. Si les cinq pour cent des gènes du génome qui contrôlent la morphologie restent stables sur de grandes périodes de temps, le reste peut très bien continuer à évoluer car le génome comprend une multitude de gènes aux fonctions très diverses dont les vitesses d’évolution sont très inégales. Le coelacanthe n’a donc pas cessé d’évoluer. Et même si l’on ne s’intéresse qu’à la stabilité morphologique, le néodarwinisme a incorporé les stases, périodes de relative stabilité évolutive.

4. La « théorie » n’a jamais « voulu » qu’un animal évolue à tout prix, ou même cesse d’évoluer. La théorie n’impose rien là dessus. Une partie des gènes peut rester stable un certain temps, tandis qu’une autre partie peut accélérer sa vitesse d’évolution. Ceci est connu sous le nom d’hétérobathmie des caractères.

Une foule de naïvetés et de données mal digérées, de critiques vaines ont été également véhiculées dans le livre de Michael Denton (L’évolution, une théorie en crise, Flammarion) que nous n’avons pas la place de reprendre ici. Pour une mise au point de ce que comprend Denton en évolution biologique, on se reportera à la section III du livre intitulé Pour Darwin (Sous la direction de Patrick Tort, PUF, 1997).


Mais il en va de même sur le terrain de la physique quantique, l’autre terrain de chasse des anti-matérialistes. Staune parle de physique quantique aux biologistes et de biologie aux physiciens. Mais les physiciens conscients ne s’y trompent pas. Voici ce que nous écrit Jean Staune dans Convergences, feuille de chou de l’UIP :

« Il y a un niveau de réalité qui échappe au temps, à l’espace, à l’énergie et à la matière, mais qui pourtant peut avoir dans certaines expériences une influence causale sur notre niveau de réalité. Cela ne constitue pas une preuve de la validité d’une vision « spiritualiste » du monde mais cela lui donne une crédibilité nouvelle tout en rendant le matérialisme plus difficile à penser. Le matérialisme est encore possible, mais il doit se transformer en matérialisme de Science-fiction, capable d’intégrer la déchosification de la matière ».

La physique quantique est donc lourdement mise à contribution pour servir le nouveau paradigme. C’est la stratégie des églises et des sectes : utiliser les frontières actuelles de la science, les difficultés temporaires et locales du front d’émergence des connaissances où tests et réfutations s’opèrent, pour proclamer la mort du matérialisme, du déterminisme et la naissance d’une nouvelle « science » spirituelle où une autre dimension jusque là imperceptible aux scientifiques (Dieu ?) aurait sa place. Le prêtre catholique Thierry Magnin nous explique d’ailleurs dans Convergences n° 5 (p. 4) qu’il y a des trous dans nos connaissances et qu’au bord, il y a le Christ. Pour finir, Michael Denton dans une interview qu’il donne à Nouvelles Clés, journal d’ésotérisme, à l’occasion de la traduction de son livre chez Fayard, L’évolution a-t-elle un sens ? regrette le moyen âge, époque harmonieuse où l’homme était au centre de toute la cosmologie et la science soumise au pouvoir théologique. Et dans son dernier livre, il défend franchement la pensée téléologiste selon laquelle le but ultime de toute l’évolution cosmique et biologique, l’homme, était inscrit dès le départ. Cette évolution réaliserait un dessein.

L’Université Interdisciplinaire de Paris

L’UIP laisse de plus en plus entrevoir son paradigme. Des séries de conférences constituent des « modules » dont les titres pour l’année 2000 sont édifiants : « Science et religion, une discipline émergente ? », où, entre autres, un moine thibétain cause du « Big Bang à l’éveil : science et bouddhisme ». Une table ronde s’intitule « Physique quantique et valeurs humaines ». Le module « science et société », au titre passe-partout, fait intervenir scientifiques, philosophes et théologiens pour servir le nouveau paradigme. En 1999, les intitulés étaient d’un ton plus pastel. Un programme de conférences s’intitulait « Science, conscience et sens » (on ratisse large), où intervenaient sept membres de l’Académie des sciences dans les locaux de l’Eglise Réformée de France et ceux de la Sorbonne. Sous le haut patronage de Jacques Chirac et sous la présidence de Federico Mayor, Directeur général de l’UNESCO, le congrès de 1999 s’intitulait « Un siècle de Prix Nobel : science et humanisme ». Un titre passe-partout bien banal, pour qui n’a pas connaissance du passé et des écrits des membres de l’UIP.

En fait, l’UIP est une reprise en mains de l’Université Européenne de Paris, elle-même anciennement Université Populaire de Paris qui organisait il y a plus de vingt ans en des lieux luxueux des conférences publiques sur le paranormal, la parapsychologie, l’astrologie, l’ésotérisme, etc. (Lecointre, 1997). L’UIP est actuellement financée - entre autres - par Assystem, Auchan, Nature et Découverte, France Télécom, Salustro Reydel (Audit et Conseil) et a bénéficié de certains appuis dans les media. Libération, sous l’action de la journaliste Dominique Leglu, a longtemps fait de la publicité pour les colloques de l’UIP jusqu’au printemps 1999 où le journal mit un terme à son partenariat. La Recherche, sous l’impulsion d’Olivier Postel-Vinay, directeur de la rédaction, a publié depuis 1995 un nombre impressionnant d’articles portant sur les chercheurs membres permanents de l’UIP ou sur leurs recherches (Bernard d’Espagnat, Christian de Duve, Marcel-Paul Schutzenberger, Ilya Prigogine, Anne Dambricourt-Malassé, Trinh Xuan Thuan, Jean-Marie Pelt…). Plusieurs de ces personnes signent des articles dans le journal d’ésotérisme Nouvelles clés de Patrice Van Eersel et Marc de Smedt, des spécialistes d’ésotérisme anciens compagnons de route du Planète de Louis Pauwels (voir encadré). La Recherche, en offrant ses pages au relativisme cognitif et aux membres de l’UIP, est maintenant très loin du rôle qu’il tenait jadis auprès des professeurs de la République. Pour finir, Staune répand la bonne parole dans les entreprises en donnant des conférences ou des articles intitulés « Les fondements scientifiques du changement dans l’entreprise. A la recherche d’un lien inattendu entre l’astrophysique et l’entreprise », « Manager dans la complexité », « Sens et management : comprendre la quête de sens des consommateurs et des salariés pour mieux y répondre ». A l’aide de l’astrophysique, Staune arrivera-t-il à donner au capitalisme un visage humain ?

L’UIP enrôle en douceur. Staune va chercher aux USA des professeurs d’universités et des Nobels ayant des choses à révéler sur Dieu (l’UIP est le principal partenaire du Center for theology and natural sciences à Berkeley, Californie). On imagine mal à quel point ils sont nombreux, dans un pays où le fondamentalisme protestant est un des plus puissants au monde et où son militantisme est actif jusqu’au coeur des universités. Staune prend pour un signe des temps les errements de l’association américaine pour l’avancement des sciences (celle qui édite le journal Science) qui organise des colloques sur les « questions cosmiques » et fait ses unes sur le « réchauffement science-religion ». S’est-il seulement demandé s’il fallait importer en France les conséquences sociales d’une Amérique non laïcisée ? Fort de l’argument d’autorité du grand-frère américain, et accompagné d’une brochette de Nobels, Staune ira inviter les scientifiques vedettes de notre hexagone, pour causer humanisme. On vous flatte, et vous vous trouvez pris au piège sur la « photo de famille ». Votre nom servira au crédit que d’autres porteront au prochain colloque. En 1992, André Adoutte et Pierre-Henri Gouyon, tous deux alors Professeurs à l’Université de Paris XI, se sont fait piéger en allant contre-argumenter les propositions de l’UIP au Sénat. Ils ne sont pas particulièrement enchantés de voir figurer leur nom sur la cassette vidéo. La formule semble bien fonctionner. Le colloque du mois d’avril 1999 était honoré de la présence de nouvelles personnalités comme le Directeur du Muséum National d’Histoire Naturelle de l’époque, Henry de Lumley, et la série de conférences « Science, conscience et sens » de Jean-Didier Vincent, Antoine Danchin et Jean-Marc Lévy-Leblond.

Parmi ceux-ci, les deux derniers ont témoigné de leur surprise lorsqu’un article (Lecointre, 1999a) relata leur participation, et dirent s’être fait piéger. L’UIP piège donc, mais certainement pas tout le monde. Les nouveaux-venus ou les occasionnels côtoient ainsi les scientifiques permanents de l’organisation, Bernard d’Espagnat, Christian de Duve, Jean-Pierre Luminet, Ilya Prigogine, Anne Dambricourt-Malassé, Trinh Xuan Thuan, Jean-Marie Pelt… Les nouveaux scientifiques (ou assimilés comme tels) français du cru 2000 sont Jacques Vauthier, Bruno Guiderdoni, Dominique Laplane, Philippe Pignarre, Basarab Nicolescu, Antoine Andremont, Tobie Nathan, Philippe Queau. Dans le milieu de la philosophie et des sciences humaines, l’UIP va ratisser dans le camp opposé à celui de Alan Sokal et Jean Bricmont. En philosophie, elle importe ce qu’il y a de plus médiatique, Luc Ferry et André Comte-Sponville (pour plus de détails, voir le livre récent de Jean-François Raguet : De la pourriture, Ed. L’insomniaque). Bruno Latour viendra porter la lumière relativiste sur tout ça. Dans une société où s’épanouissent les sectarismes religieux, un relativisme absurde en philosophie et en sciences sociales et les rayons d’ésotérisme à la FNAC (laquelle vend aussi l’abondante avalanche de livres des membres de l’UIP), fallait-il que la science soit contaminée ? Les repères épistémologiques s’étiolent y compris chez les scientifiques. L’Académie des sciences a perdu toute vigilance (Lécuyer, 2000). Elle publie les travaux de A. Dambricourt, dont « l’attracteur harmonique » n’est formalisé dans aucune de ses publications (voir encadré page 10), et de J. Chaline dont le programme de recherche complètement téléologiste (Lecointre, 1999b) est soutenu par les académiciens Dorst et Dercourt (Dorst qui participait en 1991 au dossier de Staune). Le secrétaire perpétuel de l’Académie, François Gros, présida même à l’automne 1997 une rencontre à Houlgate réunissant tout le gratin de l’UIP !

Lorsque la pertinence des propos se mesurent à la cote médiatique, où le vrai et le faux est affaire d’opinion personnelle et où réfuter une thèse est une atteinte à la liberté de penser, il est normal que l’intrusion spiritualiste rencontre peu d’obstacles. La conscience et le courage des scientifiques sont souvent limités par les nécessités de carrière (publications et visibilité). La conscience et le courage éditoriaux des journaux se déterminent bien plus en fonction de ce qu’écrivent les collatéraux et en fonction de la rentabilité et de l’image qu’ils se font de leurs lecteurs qu’en fonction de réelles convictions. Il est donc peu surprenant que Staune ait pignon sur rue, tant il est passé maître dans l’art de communiquer et sait, par la contamination qu’il produit, se donner des allures respectabilité.

Mis en ligne le 3 juillet 2004





 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 11:09

(dépêches)


Les océans terrestres auraient une origine extraterrestre


http://www.nature.com/nature/journal/v461/n7268/full/nature08477.html
Progress
Nature 461, 1227-1233 (29 October 2009) | doi:10.1038/nature08477


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Post a job for freeVolatile accretion history of the terrestrial planets and dynamic implications
Francis Albarède1

Top of pageAbstractAccretion left the terrestrial planets depleted in volatile components. Here I examine evidence for the hypothesis that the Moon and the Earth were essentially dry immediately after the formation of the Moon—by a giant impact on the proto-Earth—and only much later gained volatiles through accretion of wet material delivered from beyond the asteroid belt. This view is supported by U–Pb and I–Xe chronologies, which show that water delivery peaked 100 million years after the isolation of the Solar System. Introduction of water into the terrestrial mantle triggered plate tectonics, which may have been crucial for the emergence of life. This mechanism may also have worked for the young Venus, but seems to have failed for Mars.

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1702.htm
Paris, 29 octobre 2009

Nos océans, matière extraterrestre
Contrairement aux idées reçues, l'atmosphère et les océans n'ont pu se former à partir des vapeurs émises lors d'un volcanisme intense à l'aube de notre planète. Pour Francis Albarède du Laboratoire des sciences de la Terre (CNRS / ENS Lyon / Université Claude Bernard), l'eau ne fait pas partie de l'inventaire initial de la Terre mais provient de l'agitation entretenue dans le Système Solaire externe par les planètes géantes. Des astéroïdes couverts de glace sont ainsi parvenus sur Terre une centaine de millions d'années après la naissance des planètes. L'eau serait donc extraterrestre, tardive, et sa présence aurait facilité la tectonique des plaques avant même l'apparition de la vie. Les conclusions de l'étude menée par Francis Albarède font l'objet d'un article publié le 29 octobre dans la revue Nature.

Les agences spatiales l'ont bien compris, qui parle de vie parle d'eau. Il y a 4,5 milliards d'années, la Terre a reçu en héritage suffisamment d'eau pour que des océans se forment et que la vie trouve les niches favorables dans les mers et sur les continents nés de la tectonique des plaques. En regard, la Lune et Mercure sont des déserts secs et mortellement froids, Mars s'est asséchée très vite et la surface de Venus est un enfer brûlant.

D'après nos livres, l'océan et l'atmosphère se sont formés à partir des gaz volcaniques et l'intérieur de la Terre est la source des éléments volatils. Or, les roches du manteau sont pauvres en eau (les géochimistes évaluent sa concentration à deux centièmes de pourcent). Il en est de même sur les planètes sœurs de la Terre (Vénus et Mars). Principale raison avancée par Francis Albarède, lors de la formation du Système Solaire, la température ne serait jamais descendue suffisamment bas entre le Soleil et l'orbite de Jupiter pour que les éléments volatils puissent se condenser avec le matériau planétaire. L'arrivée de l'eau sur Terre correspondrait donc à un épisode tardif de l'accrétion planétaire.

Il est admis que les planètes terrestres se forment en quelques millions d'années par agglomération d'astéroïdes (de taille kilométrique) puis de proto-planètes (de la taille de Mars). L'arrivée du dernier de ces gros objets correspond à l'impact lunaire 30 millions d'années après la formation du Système Solaire. Dans un premier temps, ce remue-ménage se fait entre objets planétaires localisés en deçà de la ligne de neige, c'est-à-dire entre le Soleil et la ceinture des astéroïdes. Cet espace balayé par les vents électromagnétiques du jeune Soleil est alors trop chaud pour que l'eau et les éléments volatils s'y condensent.

La livraison majeure des éléments volatils sur notre planète correspondrait à un phénomène qui s'est déroulé quelques dizaines de millions d'années après l'impact lunaire : il s'agit du grand nettoyage du Système Solaire externe initiées par les planètes géantes. Du fait de leur très forte gravité, celles-ci envoient dans toutes les directions, y compris la nôtre, les derniers gravats planétaires couverts de glace. Pénétrant dans le manteau par la surface, l'eau aurait alors ramolli la Terre et réduit la tension à laquelle les matériaux se brisent. La tectonique des plaques débute alors, et avec elle, l'émergence des continents, conditions probablement nécessaires à l'apparition de la vie. Mars s'est asséchée avant que l'eau n'arrive à pénétrer en profondeur et, en ce qui concerne Vénus, personne ne sait quelles étaient les conditions avant le violent remodelage de sa surface, il y a 800 millions d'années, par un volcanisme intense.

À l'heure où l'on commence à explorer sérieusement l'habitabilité des planètes extra-terrestres, comprendre ce qui a fait de la Terre le seul havre qui abrite la vie est une question primordiale.



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© Francis Albarède.

Tentative de reconstruction chronologique de l'accrétion de la Terre (1)

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Notes :
(1) Les éléments indiqués en brun (U symbolise l'uranium, Pb le plomb, Hf l'hafnium, W le tungstène, I l'iode et Xe le xenon) sont utilisés pour dater précisément les événements. Une première phase (T Tauri phase) correspond à un épisode de fortes radiations électromagnétiques qui a interrompu l'accrétion des matériaux planétaires. Puis, l'arrivée de matière planétaire a permis l'accrétion de protoplanètes. Collisions après collisions, les planètes se sont ainsi formées avec leurs masses actuelles ; la dernière collision a donné naissance à la Terre et à la Lune (30 millions d'années après la formation du Système Solaire). Le chronomètre Hf-W date la séparation métal-silicate, c'est-à-dire la séparation noyau-manteau. Un apport tardif et lointain (au-delà de 2,5 unités astronomiques) d'astéroïdes chondritique, entre 80 et 130 millions d'années après la formation du Système solaire, aurait notamment véhiculé des matériaux contenant de l'eau et des éléments volatils à partir desquels se seraient formés les océans.

Références :
Volatile accretion history of the terrestrial planets and dynamic implications. Francis Albarède. Nature. 29 octobre 2009.

Contacts :
Chercheur l Francis Albarède l T 04 72 72 84 14 l albarede@ens-lyon.fr

Presse l Priscilla Dacher l T 01 44 96 46 06 l priscilla.dacher@cnrs-dir.fr
Communication INSU-CNRS l Christiane Grappin l T 01 44 96 43 37 l christiane.grappin@cnrs-dir.fr



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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 11:21

(dépêches)


Il y a de l'eau sur la Lune !



http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/11/la-nasa-a-vu-de-leau-sur-la-lune.html
La Nasa a vu de l'eau sur la Lune
14 nov
2009
    Des traces d'eau ont finalement été vues dans l'analyse du bombardement du cratère Cabeus, au pole sud de la Lune. Cette information donnée hier soir par la Nasa relance toutes les spéculations sur la possibilité d'utiliser cette eau pour des astronautes. Elle tombe plutôt bien - trop bien ? - alors que le programme lunaire de la Nasa est sur la sellette.

Le bombardement lunaire, effectué le 9 octobre dernier, avait laissé les spectateurs sur leur faim. Malgré la réussite technique - l'étage de fusée et la sonde LCROSS avaient parfaitement fait leur boulot - les scientifiques n'avaient pu faire de science "en direct". Pire, malgré l'armada de télescopes spatiaux et terrestres mobilisés pour observer le bombardement, presque rien n'avait été vu, à part un vague signal thermique. Alors que la Nasa avait annoncé un "panache" spectaculaire de matériaux éjectés.
Plus de quatre semaines d'analyse des données enregistrées par la sonde lors de ses dernières minutes de vie, avant qu'elle s'écrase elle aussi sur le cratère ont donc été nécessaires pour apporter une réponse positive à la question : "Y a t-il de la glace, probablement des débris de comètes, au fond des cratères lunaires qui sont en permanence dans l'obscurité ?"

Il faut tout de même souligne que les informations données hier par la Nasa sont encore fragmentaires , aucun article scientifique n'ayant été publié. L'image du choc et du panache (ci dessus) provoqué par la chute de l'étage de fusée Centaur n'a pas été si facile que cela à fournir. Autrement dit, la tache du panache que l'on voit ici distinctement (image ci dessus) n'était sûrement pas visible avec un tel constraste sur l'image brute. Les analyses spectrométriques, ont elles aussi donné manifestement du fil à retordre aux scientifiques.

Quant à l'eau, il est utile de reproduire le texte précis du communiqué de la Nasa. "We are ecstatic," said Anthony Colaprete, LCROSS project scientist and principal investigator at NASA's Ames Research Center in Moffett Field, Calif. "Multiple lines of evidence show water was present in both the high angle vapor plume and the ejecta curtain created by the LCROSS Centaur impact. The concentration and distribution of water and other substances requires further analysis, but it is safe to say Cabeus holds water."

Un peu plus tard, Colaprete parlera d'une «dizaine de seaux d'eau de 7,5 litres»... Si l'on pense que le cratère creusé par le bombardement était censé faire entre 20 et 30 mètres de profondeur, pour cent ou deux cent mètres de diamètre, c'est à la fois beaucoup et pas tant que cela... et Colaprete donne un chiffre sans sa barre d'erreur... dont nous n'avons pas idée. Parle t-il du haut ou du milieu de la fourchette ?
Ces remarques peuvent sembler ironiques et déplacées. Après tout, l'idée de pouvoir compter sur une ressource en eau pour une base lunaire est précieuse si l'on veut utiliser notre astre nocture pour y installer, par exemple, des laboratoires scientifiques ou des instruments d'astronomie mettant à profit son environnement. Mais....
  Mais, j'ai un souvenir très vif de la fameuse météorite martienne qui, en aout 1996, était censée prouver que Mars avait abrité de la vie. A l'époque, j'ai dû batailler avec la direction de Libération pour que le titre de Une soit dubitatif (ce fut "soupçon de vie sur Mars"). Et j'ai écrit un article détaillant toutes les raisons de craindre que cette annonce soit un jour démentie. Ce fut le cas, pratiquement toutes les affirmations de l'équipe scientifique ont été par la suite mises à mal.

Mais, comme je l'ai expliqué ici, le débat fait rage en ce moment aux Etats-Unis sur la suite à donner au programme de vols habités. La Lune ? Mars ? La Station orbitale ? A quelle vitesse, avec quels engins ? Tout cela est en discussion après le rapport de la commission Augustine. Pouvoir dire "il y a de l'eau sur la Lune, on peut s'en servir pour une base" est presque trop beau...

Est-ce pour autant faux ? Je suis persuadé que les scientifiques de la mission LCROSS sont de bonne foi. Et donc il y a nécessairement des données en faveur de leur interprétation. En outre l'hypothèse de base - chute de comètes bourrées de glace il y a 3,5 milliards d'années, conservation de cette glace au fond de cratères obscurs, mélangée à de la poussière - n'a rien d'extravagant. Au contraire, elle est même "classique". D'ailleurs, un scientifique français, Françis Albarède (Cnrs, ENS lyon), vient de publier le 29 octobre dans Nature un article important où il apporte des éléments de preuve que de telles chutes de comètes sur la Terre ont joué un rôle décisif dans la formation des océans. Des éléments en faveur de cette idée avaient été apportés par plusieurs observations de sondes (Clementine, Lunar Prospector) mais d'autres observations avaient fait l'effet d'une... douche froide.

Donc, malgré mes réserves, je n'ai qu'une attente : qu'on aille y voir de plus près. Juste par curiosité, ce vilain défaut qui joue un si grand rôle dans l'histoire des hommes. Faut-il y envoyer des robots foreurs ? Des astronautes ? La réponse n'est manifestement pas technique, mais liée aux raisons politiques qui sont à l'origine des vols habités depuis Gagarine et Glenn.
 


http://www.liberation.fr/sciences/0101602813-il-y-a-de-l-eau-sur-la-lune?y=1
Sciences 13/11/2009 à 18h46 (mise à jour à 22h28)
Il y a de l'eau sur la Lune !
«Nous avons trouvé de l'eau et pas seulement un petit peu, mais des quantités importantes», a déclaré un responsable de la Nasa.

355 réactions

 
Le mois dernier, la Nasa avait envoyé la sonde LCROSS s'écraser dans un cratère près du pôle sud de la Lune, afin de pouvoir étudier les projections de matériaux ayant résulté de l'impact. (Reuters)

 
 
 
 
 
 
La Nasa a découvert d'importantes quantités d'eau gelée près du pôle sud de la Lune, a annoncé vendredi l'Agence spatiale américaine, confortant le projet d'implanter une base lunaire, près d'un demi siècle après la mission Apollo.

"Nous avons trouvé de l'eau et pas seulement un petit peu, mais des quantités importantes", a dit, en jubilant, Anthony Colaprete, responsable scientifique de la mission LCROSS (Lunar CRater Observation and Sensing Satellite) qui a permis cette avancée.

"Nous sommes aux anges", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse décrivant la découverte.

Michael Wargo, responsable scientifique lunaire de la Nasa, a mis en avant les perspectives qu'offraient cette découverte.

"Nous levons le voile des mystères de notre plus proche voisin et du même coup du système solaire", a-t-il dit, remarquant que la Lune détenait "de nombreux secrets".

Cette découverte "fait avancer notre compréhension" de la Lune et du système solaire, a-t-il renchéri.

Un projectile de 2.3 tonnes

Elle pourrait aussi conforter le maintien de l'objectif du programme Constellation de retour des Américains sur la Lune vers 2020. Le devenir de Constellation est toutefois incertain pour des raisons budgétaires, une commission d'experts créée par le président Barack Obama, vient de rendre un rapport offrant différentes options d'exploration habitée.

La Nasa avait précipité un projectile de 2,3 tonnes dans un cratère baptisé Cabeus, suivi de près par la sonde LCROSS dont les instruments ont analysé avec succès les matériaux se trouvant dans le panache de débris résultant de l'impact qui a creusé un cratère de 20 à 30 mètres.

"Nous y avons trouvé l'équivalent d'au moins une dizaine de seaux de 7,5 litres d'eau chacun", a précisé Anthony Colaprete, notant qu'il s'agissait seulement des premiers résultats.

"C'est un peu comme quand on découvre du pétrole en faisant des forages, quand on en trouve à un endroit il y a de plus grandes chances d'en trouver aussi pas très loin", a par ailleurs dit à l'AFP Peter Schultz, professeur de géologie à l'Université Brown, membre de l'équipe scientifique.

Un autre de ces chercheurs, Gregory Deloy, de l'Université de Californie (ouest), a jugé cette découverte "extraordinaire" et "majeure" lors de la conférence de presse.

La science avait conclu à une lune sèche

"C'est exaltant (car) cela montre une nouvelle image de la Lune", a-t-il ajouté. "Ce n'est plus la Lune du programme Apollo mais notre Lune", a lancé ce scientifique en référence au fait que les analyses faites des échantillons du sol et des roches lunaires ramenés par les douze astronautes d'Apollo lors de six missions (1969-1972) n'avaient pas révélé de présence d'eau. La science avait alors conclu que la Lune était sèche.

Cette vue a changé après qu'une sonde de la Nasa eut détecté au début des années 2000 d'importantes émanations d'hydrogène aux pôles lunaires, pouvant se traduire par la présence de glace.

Cette découverte avait conduit la Nasa à choisir le pôle sud pour la mission LCROSS, partant de l'hypothèse que les cratères extrêmement froids s'y trouvant pourraient contenir d'importantes quantités de glace. Une hypothèse désormais confirmée.

Trois observations plus récentes annoncées en septembre avaient révélé la présence de particules d'eau sur l'ensemble de la Lune à partir de données recueillies en 2008 par un instrument de la Nasa transporté à bord du satellite indien Chandrayyan-1.

Anthony Colaprete a également indiqué vendredi que "la concentration et la répartition de l'eau ainsi que d'autres substances nécessitent davantage d'analyse des données recueillies" dont certaines indiquent la présence de "substances intrigantes".

"Les cratères lunaires ont collecté et préservé des matériaux pendant plusieurs milliards d'années", a relevé ce chercheur.

(Source AFP)


http://economictimes.indiatimes.com/news/news-by-industry/et-cetera/There-is-plenty-of-water-on-the-moon-NASA-confirms/articleshow/5230016.cms
There is plenty of water on the moon, NASA confirms


14 Nov 2009, 1254 hrs IST, IANS
 
 
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WASHINGTON: There is indeed water on the moon - as first indicated by India's maiden lunar mission Chandrayaan - and plenty of it, US space 
scientists said on the basis of impacts made by a new satellite.

"Indeed yes, we found water," Anthony Colaprete, the principal investigator for US space agency NASA's Lunar Crater Observation and Sensing Satellite, said in a news conference on Friday.

The satellite, known as Lcross, slammed into a crater near the Moon's south pole a month ago. The impact carved out a hole 60 to 100-feet wide and kicked up at least 24 gallons of water.

"We got more than just whiff," said Peter H Schultz, a professor of geological sciences at Brown University and a co-investigator of the mission. "We practically tasted it with the impact."

The Indian Space Research Organisation (ISRO) had announced the path-breaking discovery of water on the moon by India's Chandrayaan-1 on September 24 after data from NASA's Moon Mineralogy Mapper (M3) instrument indicated the presence of water molecules on the lunar surface.

M3 was one of the 11 scientific instruments onboard Chandrayaan that ISRO launched October 22, 2008, but the moon mission had to be aborted on August 30 after Chandrayaan lost radio contact with the earth.

The new US Lcross mission consisted of two pieces - an empty rocket stage to carve into the lunar surface and a small spacecraft to measure what was kicked up, but it too slammed into the surface.

The twin impacts in the Cabeus crater October 9 created a plume of material from the bottom of a crater that has not seen sunlight in billions of years, NASA said.

The plume travelled at a high angle beyond the rim of Cabeus and into sunlight, while an additional curtain of debris was ejected more laterally.

"We're unlocking the mysteries of our nearest neighbour and, by extension, the solar system," said Michael Wargo, chief lunar scientist at NASA Headquarters in Washington. "The moon harbours many secrets, and LCROSS has added a new layer to our understanding."

"We are ecstatic," said Anthony Colaprete, LCROSS project scientist and principal investigator at NASA's Ames Research Center in Moffett Field, California.





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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 09:31

Quelques liens à propos du documentaire scientifique très intéressant "Espèces d'espèces".




Le site du réalisateur du documentaire Denis van Waerebeke :
http://www.dvanw.com

Sur France 5, le documentaire :
http://www.france5.fr/programmes/articles/sciences/1941-especes-despeces.php

Affiche Espèce d'espèces :
http://www.europeimages.com/media/programmes/pdf/4645.pdf

Arbre de l'évolution :
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e6/Simplified_tree.png/800px-Simplified_tree.png

Angoulème :
http://maison-des-sciences.org/4195/especes-d%e2%80%99especes/




SR







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