(dépêches)
Le retour de l'affaire Boulin
justice
27/10/2009 | 09:28 11 commentaires
Robert Boulin, retrouvé mort dans un étang en 1979, aurait été assassiné selon l'ancien ministre Jean Charbonel
"Je n'ai plus de doute, je pense qu'il a été assassiné", a expliqué M. Charbonnel, ancien ministre du Développement industriel de Georges Pompidou, sur France Inter.
Résultat, la fille de Robert Boulin , Fabienne Boulin-Burgeat, va demander la réouverture de l'enquête sur la mort de son père, selon son avocat. Le corps du ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing avait été retrouvé le 30 octobre 1979 dans 50 cm d'eau dans l'étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines.
Officiellement il se serait suicidé après avoir absorbé des barbituriques, peu de temps après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière. "La version du suicide ne colle pas et les coupables possibles (...) ont agi à ce moment pour des raisons purement politiques et qui allaient plus loin que les simples affaires immobilières", affirme M. Charbonnel, évoquant "un règlement de compte politique".
Pour la justice, le dossier Boulin est clos depuis 1991: l'enquête ouverte à la suite d'une plainte de la famille, s'était alors conclue par un non-lieu. En 2007, la famille s'était vu refuser la réouverture de l'enquête malgré la révélation d'éléments nouveaux aux yeux de la famille.
M. Charbonnel affirme avoir recueilli, peu de temps après la mort de M. Boulin, l'opinion d'Alexandre Sanguinetti, gaulliste et membre influent du Service d'action civique (Sac).
France Inter diffuse aussi d'autres témoignages mettant en cause la thèse du suicide.
http://www.liberation.fr/societe/0101599591-affaire-boulin-un-ancien-ministre-evoque-un-assassinat-politique
Politiques 27/10/2009 à 08h00
Affaire Boulin: un ancien ministre évoque un assassinat politique
27 réactions
L’ancien ministre Robert Boulin, retrouvé mort dans un étang en 1979, ne se serait pas suicidé mais aurait été assassiné, victime d’un «règlement de comptes politique», affirme l’ancien ministre gaulliste Jean Charbonnel, dans un entretien diffusé mardi sur France Inter.
«Je n’ai plus de doute, je pense qu’il a été assassiné», a expliqué M. Charbonnel, ancien ministre du Développement industriel de Georges Pompidou, dans un entretien exclusif accordé au journaliste Benoît Collombat, spécialiste de cette affaire.
Le corps du ministre du Travail avait été retrouvé le 30 octobre 1979 dans 50 cm d’eau dans l’étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines (Yvelines). Officiellement il se serait suicidé après avoir absorbé des barbituriques, peu de temps après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière.
«La version du suicide ne colle pas et les coupables possibles (…) ont agi à ce moment pour des raisons purement politiques et qui allaient plus loin que les simples affaires immobilières», affirme M. Charbonnel, évoquant «un règlement de compte politique».
Pour la justice, le dossier Boulin est clos depuis 1991: l’enquête ouverte à la suite d’une plainte de la famille, s’était alors conclue par un non-lieu. En 2007, la famille s’était vu refuser la réouverture de l’enquête malgré la révélation d’éléments nouveaux aux yeux de la famille.
Ce nouveau témoignage, et d’autres recueillis par France Inter, pourraient conduire la famille à demander à nouveau la réouverture du dossier, selon des sources proches du dossier.
M. Charbonnel affirme avoir recueilli, peu de temps après la mort de M. Boulin, l’opinion d’Alexandre Sanguinetti, gaulliste et membre influent du Service d’action civique (Sac).
Evoquant d’autres assassinats commis sous la Vème République, M. Sanguinetti «m’avait dit: +je crois que c’est un assassinat aussi+. Il m’avait cité deux noms de personnalités politiques et une organisation qui pouvaient être impliquées dans cette affaire parce que Robert Boulin était une gêne pour eux, une menace pour eux», rapporte M. Charbonnel, âgé de 82 ans.
Ces propos sont corroborés par la fille d’Alexandre Sanguinetti, Laetitia.
«Dans les quinze jours qui ont suivi (la mort de M. Boulin, ndlr), il a très clairement dit: +c’est forcément un assassinat, ça ne peut être que ça+, et en parlant d’assassinat, il a même parlé de bavure», a-t-elle expliqué sur France Inter.
Selon elle, M. Boulin disposait d’informations sur un «réseau de fausses factures». «A partir de là, je crois que Robert est devenu une cible», raconte Mme Sanguinetti.
«Il était clair pour mon père qu’ayant pris peur, ils ont peut-être essayé de le menacer, de le faire chanter, en tout cas il s’est passé quelque chose (…), c’est ça qu’il appelle une bavure», explique-t-elle.
Outre M. Charbonnel et Mme Sanguinetti, qui se disent prêts à être entendus par la justice, France Inter révèle également plusieurs témoignages, dont celui d’un assistant légiste ayant participé à la seconde autopsie de M. Boulin en 1983 et qui évoque un «hématome derrière le crâne» et des marques de liens sur les poignets. «Pour moi, cette personne a été assommée», résume-t-il.
Un ancien policier présent sur les lieux réfute sur France Inter la thèse selon laquelle ces blessures auraient été infligées en sortant le corps de l’eau. «Il n’y avait pas d’obstacle, surtout pas de rocher», se souvient-il.
(Source AFP)
http://www.liberation.fr/societe/010199891-la-fille-de-robert-boulin-confortee-dans-ses-doutes
Société 19/04/2007 à 07h18
La fille de Robert Boulin confortée dans ses doutes
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TOURANCHEAU Patricia
La fille de l'ancien ministre du Travail Robert Boulin, retrouvé mort le 30 octobre 1979 en forêt de Rambouillet, a affirmé hier que de nouveaux éléments accréditent la thèse du meurtre de son père et a mis en cause le SAC (Service d'action civique), organisation de la mouvance gaulliste. Lors d'une conférence de presse avec son avocat William Bourdon, Fabienne Boulin-Burgeat demande au procureur général de Paris la réouverture d'une instruction. D'après des témoignages inédits publiés par le journaliste Benoît Collombat dans son livre Un homme à abattre (Editions Fayard), le corps de Robert Boulin a été retrouvé vers 2 heures du matin, soit «plus de six heures avant la découverte officielle du cadavre par les gendarmes» à 8 h 40, le visage dans un étang. Ainsi le Premier ministre de l'époque, Raymond Barre, explique qu'il a été réveillé à 3 heures et qu'on lui a appris «le suicide de Robert Boulin avec des barbituriques» : «On sait déjà, dans la nuit, qu'il est mort et comment», proteste Fabienne Boulin, qui suspecte le maquillage d'un crime en suicide.
La version du geste de désespoir à 59 ans de Robert Boulin, déprimé par sa mise en cause dans un scandale immobilier à Ramatuelle (Var), l'achat d'un terrain à bas prix à un personnage sulfureux, ne tient plus aux yeux de sa fille depuis que la famille a vu en 1981 les photos de son «visage tuméfié» : «Il était évident pour nous que cet homme avait été tabassé» et que la noyade volontaire de son père dans 50 cm d'eau après ingestion de Valium n'était plus crédible.
Flacon volé. En juin 1983, la famille dépose plainte contre X pour homicide volontaire. Mais impossible alors d'analyser les particules décelées dans les poumons du défunt afin de les comparer à l'eau de l'étang : les bocaux de prélèvements d'organes de Robert Boulin ont été détruits. Aucune trace de Valium n'ayant été détectée dans son estomac, la recherche éventuelle d'une injection de ce somnifère s'avère tout aussi impossible : le flacon du sang de Robert Boulin a été volé à l'institut médico-légal. La seconde autopsie, pratiquée fin 1983, révèle cependant «plusieurs fractures au visage passées sous silence lors de la première», atteste Fabienne Boulin. La découverte en 1988 de l'existence de lividités cadavériques sur le dos (et non sur le ventre) de Robert Boulin apporte «la preuve que le corps a été déplacé». La justice referme néanmoins l'affaire en 1992 par un non-lieu.
Après les révélations, en 2002, de l'émission de Canal + 90 Minutes dans laquelle un colonel de gendarmerie, une toxicologue et un substitut du procureur infirmaient le suicide, le procureur général de Paris relance une enquête préliminaire. Au bout de 28 auditions achevées en janvier 2006, Me Bourdon réclame l'ouverture d'une instruction chez un juge, qui, seule, permettrait «des confrontations, un accès aux scellés, des expertises et des auditions de témoins sous X».Il lui paraît indispensable d'analyser les originaux des huit lettres dites posthumes qui auraient été postées le 29 octobre 1979 par Robert Boulin, afin de vérifier si les mots manuscrits ont bien été rédigés de sa main, «car même l'expert graphologue de l'époque ne cache pas son scepticisme par rapport à sa propre expertise».
Au broyeur. A la lecture du dossier, l'avocat a été «frappé par la prouesse technique de ceux qui ont installé le dogme du suicide, de ceux qui ont conspiré et comploté», et sent à travers les dernières auditions «l'odeur nauséabonde du SAC». Fabienne Boulin-Burgeat considère que «le service d'ordre du RPR, le SAC [dissous en 1982, ndlr], a joué un rôle essentiel dans l'affaire Boulin», mais laisse le soin à la justice de «rechercher les commanditaires de l'assassinat» de son père. Plusieurs témoins parlent en effet d'interventions du SAC, tel cet ancien militaire qui a participé au «nettoyage» de la maison de Boulin à Libourne et passé ses archives au broyeur sur «ordre de la haute hiérarchie du SAC à Paris». Quant au mobile éventuel, Fabienne Boulin explique que, Giscard d'Estaing ayant décidé de changer de Premier ministre deux ans avant l'élection présidentielle , son père se portait candidat à Matignon : «Alors l'affaire de Ramatuelle est arrivée dans les journaux. Quand on veut se débarrasser d'un homme politique, on monte une affaire elle était bidon. Mon père a décidé de se battre, de rendre coup pour coup. Il a pu montrer qu'en quinze ans de ministères il avait des dossiers explosifs» sur le financement viades réseaux africains du RPR, tout juste créé par Jacques Chirac.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/27/affaire-boulin-de-nouveaux-temoignages-relancent-la-these-criminelle_1259165_3224.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-1259165,0.html
Affaire Boulin : de nouveaux témoignages relancent la thèse criminelle
LEMONDE.FR avec AFP | 27.10.09 | 10h44
quelques jours du trentième anniversaire de la mort de l'ancien ministre du travail Robert Boulin, de nouveaux témoignages évoquent la piste d'un assassinat politique et remettent en cause la thèse du suicide retenue par l'enquête judiciaire, dont la famille demande la réouverture.
Ministre de Valéry Giscard d'Estaing pressenti pour Matignon, Robert Boulin avait été retrouvé mort dans 50 cm d'eau dans l'étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines (Yvelines). Officiellement il s'est suicidé après avoir absorbé des barbituriques, peu de temps après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière à Ramatuelle (Var).
Révélés mardi 27 octobre par France Inter, plusieurs témoignages mettent à mal cette thèse. Ainsi, pour l'ancien ministre gaulliste Jean Charbonnel, Robert Boulin aurait été victime d'un "règlement de comptes politique". "Je n'ai plus de doute, je pense qu'il a été assassiné", a expliqué M. Charbonnel. "La version du suicide ne colle pas et les coupables possibles […] ont agi à ce moment pour des raisons purement politiques et qui allaient plus loin que les simples affaires immobilières", affirme M. Charbonnel.
Peu de temps après la mort de Robert Boulin, Jean Charbonnel dit avoir évoqué avec Alexandre Sanguinetti, figure du parti gaulliste et membre influent du Service d'action civique (SAC), des assassinats commis sous la Ve République. M. Sanguinetti "m'avait dit : 'Je crois que c'est un assassinat aussi.' Il m'avait cité deux noms de personnalités politiques et une organisation qui pouvaient être impliquées dans cette affaire parce que Robert Boulin était une gêne pour eux, une menace pour eux", rapporte M. Charbonnel.
"C'EST FORCÉMENT UN ASSASSINAT"
Ces propos sont corroborés par la fille d'Alexandre Sanguinetti, Laetitia. "Dans les quinze jours qui ont suivi [la mort de Robert Boulin], il a très clairement dit : 'C'est forcément un assassinat, ça ne peut être que ça'", explique-t-elle sur France Inter. Selon elle, Robert Boulin disposait d'informations sur un "réseau de fausses factures". "A partir de là, je crois que Robert est devenu une cible", raconte Mme Sanguinetti, "prête" comme Jean Charbonnel à témoigner devant la justice.
D'autres témoins mettent également en doute la thèse du suicide : un assistant légiste ayant participé à la seconde autopsie en 1983 évoque un "hématome derrière le crâne" et des marques de liens sur les poignets. "Pour moi, cette personne a été assommée", résume-t-il. Un ancien policier présent sur les lieux réfute quant à lui la thèse selon laquelle ces blessures auraient été infligées en sortant le corps de l'eau.
Me Olivier Morice, avocat de la fille de Robert Boulin, interrogé par l'AFP, juge "incontestablement", que "ce sont des éléments extrêmement importants qui doivent conduire à une réouverture de l'enquête" et il compte faire une demande en ce sens. Pour la justice, le dossier Boulin est clos depuis 1991 : l'enquête ouverte à la suite d'une plainte pour homicide volontaire de la famille en 1983 s'était alors soldée par un non-lieu.
Pour conclure au suicide, les juges avaient notamment retenu les huit lettres envoyées par le ministre à la police, à des médias et différentes personnalités, dont Jacques Chaban-Delmas, la veille de sa mort. De nombreux témoins avaient raconté qu'il était très déprimé en raison de sa mise en cause dans le scandale de Ramatuelle. En 2007, la famille s'était vu refuser la réouverture de l'enquête malgré la révélation d'éléments nouveaux à ses yeux.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-40734399@7-37,0.html
Robert Boulin: un ancien ministre gaulliste évoque un assassinat politique
27.10.09 | 06h38
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'ancien ministre Robert Boulin, retrouvé mort dans un étang en 1979, ne se serait pas suicidé mais aurait été assassiné, victime d'un "règlement de comptes politique", affirme l'ancien ministre gaulliste Jean Charbonnel, dans un entretien diffusé mardi sur France Inter.
"Je n'ai plus de doute, je pense qu'il a été assassiné", a expliqué M. Charbonnel, ancien ministre du Développement industriel de Georges Pompidou, dans un entretien exclusif accordé au journaliste Benoît Collombat, spécialiste de cette affaire.
Le corps du ministre du Travail avait été retrouvé le 30 octobre 1979 dans 50 cm d'eau dans l'étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines (Yvelines). Officiellement il se serait suicidé après avoir absorbé des barbituriques, peu de temps après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière.
"La version du suicide ne colle pas et les coupables possibles (...) ont agi à ce moment pour des raisons purement politiques et qui allaient plus loin que les simples affaires immobilières", affirme M. Charbonnel, évoquant "un règlement de compte politique".
Pour la justice, le dossier Boulin est clos depuis 1991: l'enquête ouverte à la suite d'une plainte de la famille, s'était alors conclue par un non-lieu. En 2007, la famille s'était vu refuser la réouverture de l'enquête malgré la révélation d'éléments nouveaux aux yeux de la famille.
Ce nouveau témoignage, et d'autres recueillis par France Inter, pourraient conduire la famille à demander à nouveau la réouverture du dossier, selon des sources proches du dossier.
M. Charbonnel affirme avoir recueilli, peu de temps après la mort de M. Boulin, l'opinion d'Alexandre Sanguinetti, gaulliste et membre influent du Service d'action civique (Sac).
Evoquant d'autres assassinats commis sous la Vème République, M. Sanguinetti "m'avait dit: +je crois que c'est un assassinat aussi+. Il m'avait cité deux noms de personnalités politiques et une organisation qui pouvaient être impliquées dans cette affaire parce que Robert Boulin était une gêne pour eux, une menace pour eux", rapporte M. Charbonnel, âgé de 82 ans.
Ces propos sont corroborés par la fille d'Alexandre Sanguinetti, Laetitia.
"Dans les quinze jours qui ont suivi (la mort de M. Boulin, ndlr), il a très clairement dit: +c'est forcément un assassinat, ça ne peut être que ça+, et en parlant d'assassinat, il a même parlé de bavure", a-t-elle expliqué sur France Inter.
Selon elle, M. Boulin disposait d'informations sur un "réseau de fausses factures". "A partir de là, je crois que Robert est devenu une cible", raconte Mme Sanguinetti.
"Il était clair pour mon père qu'ayant pris peur, ils ont peut-être essayé de le menacer, de le faire chanter, en tout cas il s'est passé quelque chose (...), c'est ça qu'il appelle une bavure", explique-t-elle.
Outre M. Charbonnel et Mme Sanguinetti, qui se disent prêts à être entendus par la justice, France Inter révèle également plusieurs témoignages, dont celui d'un assistant légiste ayant participé à la seconde autopsie de M. Boulin en 1983 et qui évoque un "hématome derrière le crâne" et des marques de liens sur les poignets. "Pour moi, cette personne a été assommée", résume-t-il.
Un ancien policier présent sur les lieux réfute sur France Inter la thèse selon laquelle ces blessures auraient été infligées en sortant le corps de l'eau. "Il n'y avait pas d'obstacle, surtout pas de rocher", se souvient-il.
