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6 septembre 2025 6 06 /09 /septembre /2025 04:17

« Rien ne faisait prévoir son décès subit, lorsque, dans la journée de dimanche, à 10 heures, M. Viviani fut pris de syncope. Cet accident se renouvela vers 15 heures et parut alors si sérieux que le directeur de l'établissement prévint aussitôt par télégramme M. Baffrey, préfet de la Vendée et neveu de M. Viviani, en même temps qu'il avisait par téléphone le beau-fils de l'ancien Président du Conseil, M. de Bouhélier. Le malade s'affaiblissait d'heure en heure et, à 23 h. 30, une nouvelle syncope l'emportait. » ("Le Figaro" du 8 septembre 1925).





 


C'était il y a cent ans : René Viviani est mort le dimanche 6 septembre 1925 près de Clamart, (au Plessis-Robinson) dans une maison de convalescence et de repos aménagée dans un ancien château (où il séjournait depuis six mois). Il avait 61 ans (né le 8 novembre 1863 en Algérie). Traumatisé par la mort d'un beau-fils pendant la guerre et celle de sa femme le 17 février 1923, il a eu une crise d'apoplexie pendant une intervention devant plein d'avocats le 8 juin 1923 qui l'a rendu paralysé jusqu'à sa mort deux ans plus tard. René Viviani, avocat, journaliste, écrivain (il a publié plusieurs ouvrages politiques), était un homme politique important de la Troisième République.

Bien que peu connu de nos jours, René Viviani a eu quelques "exploits" à faire valoir devant l'histoire, dont le principal fut sans doute que ce fut l'un des premiers socialistes français à avoir accepté de siéger dans un gouvernement dit bourgeois, avec Alexandre Millerand et Aristide Briand.

Fils d'un avocat (qui fut conseiller général d'Oran) et avocat lui-même (d'abord en Algérie puis à Paris), René Viviani a défendu les ouvriers socialistes, militants syndicalistes dans les grèves, notamment dans les chemins de fer et les mineurs de Carmaux. Rédacteur en chef de "La Petite République", principal journal socialiste où il côtoyait Jules Guesde et Jean Jaurès, René Viviani a ensuite cofondé avec ce dernier, en avril 1904, le journal "L'Humanité", l'actuel "organe" du parti communiste français (dont il a été aussi le rédacteur en chef au début).

L'engagement politique allait avec son engagement au socialisme. René Viviani a été élu député de la Paris en septembre 1893 (il n'avait pas encore 30 ans), réélu en mai 1898 mais battu en avril 1902 par un candidat nationaliste. En 1900, il a fait voter avec Raymond Poincaré une loi autorisant les femmes à devenir avocates. Il travaillait avec Alexandre Millerand, Jean Jaurès et Aristide Briand. Il a aussi beaucoup travaillé pour sanctionner les personnes impliquées dans le scandale de Panama (il a déposé le rapport de la commission d'enquête qui a été voté par 311 voix contre 174).

En mai 1906, René Viviani a retrouvé son siège de député de Paris, et s'est présenté ensuite, en mai 1910 dans la Creuse dont il est resté député jusqu'en octobre 1922 (réélu en avril 1914 et en novembre 1919). Il était alors membre du parti républicain socialiste, une mouvance qui était plus indépendante que la SFIO. En 1910, son successeur au siège de député de Paris fut Paul Painlevé, de la même génération que lui et socialiste indépendant comme lui (né le 5 décembre 1863). C'était d'ailleurs Paul Painlevé qui était Président du Conseil lorsque René Viviani est mort. En 1910, c'étaient les socialistes creusois de Paris qui lui ont demandé de se présenter dans la Creuse (à Bourganeuf), ce qu'il a accepté et ce qui a expliqué son parachutage.

À l'instar d'Alexandre Millerand et Aristide Briand, René Viviani a accepté la proposition de Clemenceau d'entrer dans son (premier) gouvernement le 25 octobre 1906 aux côtés de Georges Picquart (à la Guerre, le fameux lieutenant-colonel Picquart de l'affaire Dreyfus), Joseph Caillaux (aux Finances), Aristide Briand (à l'Instruction publique puis à la Justice), Gaston Doumergue, Louis Barthou, Albert Sarraut, etc. Ainsi démarra une belle carrière ministérielle puisqu'il a été nommé neuf fois au gouvernement dont deux fois au plus haut poste, chef du gouvernement.

 


René Viviani fut donc Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale du 25 octobre 1906 au 3 novembre 1910 (également sous le gouvernement d'Aristide Briand). À ce titre, il était le premier titulaire du Ministère du Travail et a fait voter plusieurs réformes sociales, en particulier le salaire de la femme mariée, les assurances du travail, le bien de famille insaisissable, etc. (le repos hebdomadaire obligatoire a été voté avant ce gouvernement, le 13 juillet 1906).

Anticlérical comme Clemenceau, René Viviani a prononcé un célèbre discours le 8 novembre 1906 à la Chambre des députés qui allait lui donner le surnom d'homme qui éteignait les étoiles : « Nous avons arraché les consciences à la croyance. Lorsqu'un misérable, fatigué du poids du jour, ployait les genoux, nous lui avons dit que derrière les nuages, il n'y avait que des chimères. Ensemble, d'un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des étoiles qu'on ne rallumera plus. » (extrait cité par Wikipédia).

Et, dans ce discours retranscrit par le site de l'Assemblée Nationale, René Viviani y a déclaré aussi : « Quelle est donc la revendication qui monte vers nous ? Messieurs, de moins en moins le bruit des conflits politiques passera le seuil de cette Chambre, mais, de plus en plus, le bruit sinistre des conflits sociaux parviendra à nos oreilles. Quel est donc le conflit qui est d'ailleurs à la racine du monde et que personne ici ne doit ignorer ? C'est le conflit entre la misère et la propriété. ». Cela a ouvert plus d'un siècle de revendications sociales et, ensuite, de défense des "acquis sociaux" dans une véritable tradition française.


Après novembre 1910, René Viviani a refusé de continuer ses aventures ministérielles (Ernest Monis, Raymond Poincaré et Louis Barthou lui avaient proposé de faire partie de leur gouvernement entre mars 1911 et décembre 1913) et en a profité pour cofonder le parti républicain socialiste (socialiste indépendant) avec Aristide Briand.

Toutefois, René Viviani a retrouvé un ministère dans le gouvernement de Gaston Doumergue, radical, comme Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts du 2 décembre 1913 au 9 juin 1914 (ministère qu'il retrouva pendant la guerre sous un gouvernement d'Aristide Briand du 12 décembre 1916 au 17 mars 1917).
 


Les élections législatives du 26 avril et 10 mai 1914 ont apporté une Chambre très à gauche. Trois blocs politiques se sont partagé les rangées du Palais-Bourbon : la Fédération des gauches (radicaux et socialistes indépendants) menée par Aristide Briand, avec 320 sièges sur 592 (et 48,4% des voix), la droite républicaine (catholique sociaux) menée par Jacques Piou, avec 169 sièges (et 34,2% des voix), et la SFIO (socialistes) menée par Jean Jaurès, avec 103 sièges (et 16,8% des voix).

À l'issue de ces élections (rappelons que l'attentat de Sarajevo allait se dérouler le 28 juin 1914), René Viviani était pressenti pour diriger le nouveau gouvernement, mais la tentative a échoué. Alexandre Ribot fut finalement Président du Conseil (pour son quatrième gouvernement) mais chuta trois jours plus tard (du 10 au 13 juin 1914). Raymond Poincaré (Président de la République) est donc revenu vers lui pour former le nouveau gouvernement.

René Viviani a même formé deux gouvernements à la suite. Ils se caractérisent par le fait qu'ils étaient les premiers gouvernements sous la Première Guerre mondiale. René Viviani, qui s'est pris aussi le portefeuille des Affaires étrangères au début, a eu la lourde tâche de décréter le 1er août 1914 la mobilisation générale et de recevoir le 3 août 1914 la déclaration de guerre de l'Allemagne des mains de l'ambassadeur d'Allemagne. Il faut bien comprendre que René Viviani était un pacifiste et croyait fermement à une organisation pacifique du monde. Le retour soudain de la force brutale l'a étonné alors qu'il était à la tête de la France, il ne s'y attendait pas.

Dans le premier gouvernement de René Viviani du 13 juin 1914 au 26 août 1914, il s'est basé notamment sur Gaston Doumergue (Affaires étrangères à partir du 3 août 1914), Victor Augagneur (Instruction publique puis Marine), Albert Sarraut (Instruction publique), et Louis Malvy (Intérieur). Durant ce gouvernement, la loi préparée par Joseph Caillaux a été adoptée le 2 juillet 1914 qui a institué l'impôt sur le revenu.


Du 20 au 23 juillet 1914, René Viviani s'est déplacé avec le Président Raymond Poincaré en Russie lors de l'ultimatum de l'Autriche-Hongrie à la Serbie à la suite de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, prince héritier de l'empire d'Autriche-Hongrie, à Sarajevo. Il n'est pas parvenu à tempérer la réaction du tsar Nicolas II. Pendant tout le mois de juillet 1914, il a en effet tenté d'éviter la guerre, jusqu'à décider de reculer de 10 kilomètres les troupes aux frontières en guise de signe d'apaisement. Toute ressemblance avec des faits d'aujourd'hui n'est que pure coïncidence... ou pas !

Le 4 août 1914, après avoir lu un message du Président de la République (Raymond Poincaré), René Viviani a prononcé un discours important aux parlementaires en demandant l'Union sacrée de toute la nation face à l'ennemi : « La France, injustement provoquée, n'a pas voulu la guerre. Elle a tout fait pour la conjurer. Puisqu'on la lui impose, elle se défendra contre l'Allemagne et contre toute puissance qui, n'ayant pas encore fait connaître son sentiment, prendrait part au côté de cette dernière au conflit entre les deux. ». Le vote des crédits pour la guerre a été obtenu à l'unanimité des deux Chambres. Le 11 août 1914, la France a déclaré la guerre à l'Autriche-Hongrie.


Le chef du gouvernement a fait aussi un appel aux femmes de France pour qu'elles s'occupassent des productions agricoles, en raison de la mobilisation des hommes sur le front : « La moisson est inachevée ; le temps des vendanges est proche. Au nom du gouvernement de la République, au nom de la Nation tout entière groupée derrière lui, je fais appel à votre vaillance, à celle des enfants que leur âge seul, et non leur courage, dérobe au combat. Je vous demande de maintenir l'activité des campagnes, de terminer les récoltes de l'année, de préparer celles de l'année prochaine ; vous ne pouvez pas rendre à la Patrie un plus grand service : ce n'est pas pour vous, c'est pour elle que je m'adresse à votre cœur. Il faut sauvegarder votre subsistance, l'approvisionnement des populations urbaines, et surtout, l'approvisionnement de ceux qui défendent à la frontière, avec l'indépendance du pays, la civilisation et le droit. ».
 


René Viviani a alors formé un second cabinet, un gouvernement d'unité nationale (l'Union sacrée) pour combattre l'ennemi, du 26 août 1914 au 29 octobre 1915, avec notamment Aristide Briand (Justice) comme Vice-Président du Conseil, Théophile Delcassé (Affaires étrangères), Alexandre Millerand (Guerre), Albert Sarraut (Instruction publique), Louis Malvy (Intérieur), Victor Augagneur (Marine), Alexandre Ribot (Finances), Marcel Sembat (Travaux publics), Gaston Doumergue (Colonies), Jules Guesde (ministre sans portefeuille), etc.

Le second gouvernement Viviani fut renversé après l'échec des négociations avec la Bulgarie et la démission de Delcassé. Aristide Briand lui a succédé. René Viviani est resté encore ministre quelques deux ans : Ministre de la Justice du 29 octobre 1915 au 7 septembre 1917 dans les deux gouvernements d'Aristide Briand et le cinquième gouvernement d'Alexandre Ribot. Chargé de mission diplomatique, René Viviani s'est déplacé en Russie en 1916, puis aux États-Unis avec le maréchal Joffre en avril et mai 1917 pour demander leur participation à la guerre (ce n'était déjà pas facile !). De retour au pouvoir, Clemenceau l'a éloigné du gouvernement.

Réélu député en novembre 1919, René Viviani a été nommé par Alexandre Millerand à la Société des Nations (SDN), comme représentant de la France puis président d'une commission de 1920 à 1925. Son importance n'était pas négligeable puisque cela lui a valu d'être à la une sur la couverture de l'hebdomadaire américain "Time" le 19 mai 1923. Il fut en même temps élu sénateur de la Creuse en octobre 1922, siège qu'il occupa jusqu'à sa mort trois ans plus tard.
 


René Viviani, orateur éloquent, a cofondé "L'Humanité", a été le premier des Ministres du Travail, a dirigé le gouvernement de la France lorsqu'elle est entrée en guerre en 1914, et surtout, il a contribué à faire des socialistes un parti de gouvernement. Finalement, cela fait beaucoup pour un seul homme disparu de manière précoce.

Dans le Dictionnaire des parlementaires, Jean Jolly résuma ainsi le talent de René Viviani : « Viviani a brillé au barreau comme au parlement. Il a connu de ces succès qui, en se renouvelant, attestent un talent véritable et créent une sorte de prestige. Ardent et sensible, prompt à être ému et habile à provoquer l'émotion, aussi capable de brusques emportements que de causeries aisées, il donnait l'impression d'une nature accessible à toutes les images et à tous les sentiments, les rassemblant en soi et les exprimant ensuite immédiatement. Peu d'orateurs ont eu une facilité plus vraie, un don plus authentique. ».

Dans son éditorial publié dans "Le Figaro" du 8 septembre 1925, Lucien Romier racontait : « Ceux qui l'ont bien connu assurent qu'il eut alors conscience d'une énorme disproportion entre sa personnalité et le rôle que lui imposaient les circonstances. De là, paraît-il, le tremblement pathétique qui marquait tout son être, dans l'après-midi fameux du 4 août 1914. Le "ténor", en cet instant, approcha de la grandeur. Quarante-quatre années de patriotisme sentimental et résigné préparaient l'opinion française à trouver dans l'éloquence de Viviani l'instrument convenable d'une émotion collective. ».

Et de décrire l'homme : « C'était un homme de haute stature, vigoureux, avec des façons tour à tour grossières, fantasques et chaudes de garçon à qui on ne refuse rien et qui ne se refuse rien. Il avait de l'ardeur dans l'amitié ; il pratiquait le geste de camaraderie (…). Orateur extraordinaire, capable d'enthousiasmer n'importe quel auditoire et, pour ainsi dire, de lui ôter la raison, il maniait une phrase pompeuse, nourrie de cadences hugoliennes, que dépouillaient de tout ennui tantôt un débit pressant, tantôt une voix sourde et enflammée. Peu de talents ont montré autant que le sien l'abîme qui sépare le pur orateur du pur écrivain. (…) Connaissant assez le droit pratique pour exercer une véritable action de législateur, il eut des chances exceptionnelles. (…) En fait, son influence réelle s'exerça surtout dans les domaines de la législation sociale et de la législation criminelle. ».

La description du "Petit Journal" du 8 septembre 1925 confirmait ses confrères : « De stature puissante, large d'épaule et de figure énergique, M. René Viviani, pour soignée que fût sa tenue, et même élégante, avait cet aspect un peu fruste qu'on souvent les grands travailleurs, mais non pas les poètes. Or, l'éminent homme d'État fut toujours un poète, en même temps qu'un laborieux. Bien que dans la vie privée, il prît soin de dissimuler sous une brusquerie et parfois une rudesse de langage peut-être affectée la flamme d'enthousiasme qui brillait en lui, comment expliquer autrement que par cet enthousiasme quasi-prophétique l'étonnant lyrisme dont le moindre de ses discours était plein et qui lui donnait sur les assemblées, même lorsqu'elles discutaient les problèmes les plus matériels, un si prestigieux ascendants ? À côté de ceux de Jaurès et de Briand, le nom de Viviani demeurera comme celui d'un des orateurs les plus pathétiques de notre époque. ».

Et d'ajouter pour sa postérité : « Dans l'histoire de notre pays, M. René Viviani restera surtout l'homme qui était à la barre du gouvernement, aux jours tragiques de 1914. (…) L'histoire lui rendra cette justice qu'il a tout fait pour éviter la guerre. Elle se rappellera qu'il eut le courage de prescrire le maintien de nos troupes à 10 kilomètres de la frontière, geste qui innocente à jamais la France d'avoir voulu le massacre. (…) Rappellerons-nous enfin que le "Petit Journal" a eu l'honneur de compter M. Viviani parmi ses collaborateurs. (…) Depuis quelques années, sa parole éloquente n'éveillait plus les échos d'aucune tribune et sa lucide intelligence s'était obscurcie. Sa fin, dans une maison de santé de Clamart, témoigne des cruels accidents auxquels sont exposés ceux qui se dévouent sans réserve, corps et âme, au service du pays. ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 septembre 2025)
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Pour aller plus loin :
René Viviani.
L’affaire Dreyfus au cinéma.
Alfred Dreyfus bientôt général ?
Jules Verne.

Les 150 ans des lois constitutionnelles de la IIIe République.
Jean Jaurès.
Panthéon versus wokisme !
Centenaire du drame.
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Pierre Waldeck-Rousseau.
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La victoire des impressionnistes.
Les 120 ans de l'Entente cordiale.
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Le Débarquement en Normandie.
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Les Accords de Munich.
Édouard Daladier.
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Au Panthéon de la République, Emmanuel Macron défend le droit au blasphème.
L'attentat de Sarajevo.
150 ans de traditions républicaines françaises.
 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250906-viviani.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/rene-viviani-l-homme-qui-eteignait-261845

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/08/30/article-sr-20250906-viviani.html

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