« Ce métier, je le fais depuis l’âge de 21 ans, eh bien, c’est assez ! » (Robert Redford, en 2019, année où il a pris sa retraite d'acteur).
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L'acteur américain Robert Redford est mort ce mardi 16 septembre 2025 à l'âge de 89 ans, âge qu'il avait atteint il y a un mois, le 18 août. La disparition d'un monstre du cinéma américain, un acteur majeur que beaucoup considéraient comme romantique, d'autres engagé, a lieu à un moment crucial de l'histoire des États-Unis, à un retour d'une sorte de néo-maccarthysme.
Engagé pour des causes comme l'écologie et ayant pris position très clairement en faveur de Joe Biden aux présidentielles de 2020, Robert Redford pouvait être considéré comme l'anti-Trump, d'autant plus qu'une mini-série télévisée américaine, diffusée sur la chaîne HBO du 20 octobre 2019 au 15 décembre 2019, l'imaginait élu 39e Président des États-Unis et réélu pour quatre mandats successifs, promoteur des redfordations, allocations en faveur des victimes de crimes racistes.
Monument maintes fois reconnu au niveau mondial comme acteur, réalisateur et producteur : il a reçu entre autres deux Oscars (dont un d'honneur et trois nominations), un César d'honneur, deux Golden Globes (et quatre nominations), un Lion d'Or, et de nombreuses autres récompenses, pour les neuf films dont il a été le réalisateur, la cinquantaine de films dans lesquels il a joué entre 1960 et 2019, sans oublier une trentaine de fictions télévisées. En 2014, le magazine américain "Time" plaçait l'acteur parmi les 100 personnes les plus influentes au monde.
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On pourra évidemment penser à lui avec des films cultes comme "Butch Cassidy et le Kid" de George Roy Hill (sorti le 24 septembre 1969) avec Paul Newman, "Jeremiah Johnson" de Sydney Pollack (sorti le 15 septembre 1972), "L'Arnaque" de George Roy Hill (sorti le 25 décembre 1973) avec Paul Newman, "Gatsby le Magnifique" de Jack Clayton (sorti le 26 mars 1974) avec Mia Farrow, "Les Trois Jours du Condor" de Sydney Pollack (sorti le 24 septembre 1975) avec Faye Dunaway, "Les Hommes du Président" d'Alan J. Pakula (sorti le 9 avril 1976) avec Dustin Hoffman, "Un pont trop loin" de Richard Attenborough (sorti le 15 juin 1977) avec Michael Caine, Sean Connery, Anthony Hopkins et Gene Hackman, "Out of Africa" de Sydney Pollack (sorti le 18 décembre 1985) avec Maryl Streep, etc.
Et dans ses propres films comme "Et au milieu coule une rivière" (sorti le 9 octobre 1992) avec Brad Pitt, "L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux" (sorti le 15 mai 1998) avec Kristin Scott Thomas et Scarlett Johansson, qui confirmait son amour de la nature, "Lions et Agneaux" (sorti le 7 novembre 2007) avec Meryl Streep et Tom Cruise, "Sous surveillance" (sorti le 5 avril 2013). Pour son premier film comme réalisateur (dans lequel il n'a pas joué), "Des gens comme les autres" (sorti le 26 septembre 1980) a été un succès, son film a reçu quatre Oscars dont lui pour l'Oscar du meilleur réalisateur.
Je souhaiterais ici, pour lui rendre hommage, évoquer le film "All is lost" que j'ai découvert grâce à une diffusion par la chaîne Arte il y a deux ans (en novembre 2023).
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Parmi les qualités de Robert Redford, il y en a une qui le distinguait des autres acteurs et réalisateurs, c'est celle d'avoir activement soutenu le cinéma indépendant. En reprenant en 1985 ce qui allait devenir le Festival du film de Sundance, à Salt Lake City, dans l'Utah où Robert Redford habitait (le nom même fait référence au film "Butch Cassidy et le Kid" ; dans sa version originale : "Butch Cassidy and the Sundance Kid"), il a permis de découvrir certains réalisateurs indépendants comme Joel et Ethan Coen, ou Quentin Tarantino.
C'est à l'occasion de l'une des éditions de ce festival, en 2011, au cours de laquelle le réalisateur J. C. Chandor a présenté (le 25 janvier 2011) son premier long-métrage, "Margin Call" (sorti ensuite le 21 octobre 2011), qu'il a fait la rencontre de Robert Redford séduit par le scénario de son deuxième film, "All is lost" (au Québec, "Seul en mer") qui est sorti le 18 octobre 2013, soutenu en France puisqu'il a été sélectionné hors compétition au Festival de Cannes 2013 et qu'il a eu le Prix du jury au Festival du cinéma américain de Deauville 2013.
"All is lost" est, il faut bien le dire, un film très étrange, et je suis très étonné d'une critique si favorable, l'agrégateur de critiques de films Rotten Tomatoes a donné une note moyenne de 8,0/10 sur 238 critiques avec ce commentaire : « Ancré par une autre performance formidable dans une carrière pleine d'entre eux, "All Is Lost" offre un témoignage émouvant et éminemment intéressant de la capacité de Robert Redford à tenir l'écran. ». Car la performance est là ! Dans ce film de 106 minutes, il n'y a qu'un seul acteur, Robert Redford, et il n'y a qu'un seul mot de dialogue (que la décence réprouve, mais disons-le, puisque notre époque est trash : l'acteur, à un moment donné, s'exclame d'un "Fuck" [Putain] !).
C'est un véritable et audacieux pari d'avoir joué dans ce film qui pourrait être très ennuyeux. Robert Redford se retrouve naufragé dans le Détroit de Sumatra, à cause d'un cargo. Il réussit néanmoins à survivre huit jours malgré une accumulation de malchances (dont l'une lui fait dire le gros mot). Je ne raconte pas la fin pour ne pas spoiler, mais c'est clair que tout est fini (d'où le titre).
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De très belles images (au milieu de la mer, grand soleil, c'est tout juste si on ne l'imagine pas juste en train de se prélasser en bronzant), la nature, parfois déchaînée (le ciel, la mer), et quelques messages subliminaux, par exemple, la pourriture des gros conteneurs qui ne s'arrêtent même pas pour secourir des naufragés (voire qui provoquent des naufrages) car leur vitesse est un gage de compétitivité, et qu'importe les lois de la mer, la solidarité notamment.
Un acteur qui passe du marin au rescapé, un aventurier (rôle très fréquent chez lui), mais aussi un expérimentateur, car on pense rapidement à l'exploit du navigateur Alain Bombard qui a tenté de survivre sans eau et sans nourriture en pleine mer. On notera ainsi la manière de récupérer l'eau de mer pour s'hydrater (rappelons que l'eau de mer est ultra-salée et bousille rapidement les reins si on en boit autant que nécessaire pour ne pas se déshydrater). Le soleil et la quiétude du ciel bleu contrastent avec la panique de la survie, les requins (au propre, dans la mer, et au figuré, dans les conteneurs).
En l'occurrence, ici, l'exploit n'est pas de survivre en pleine mer, mais de tenir plus d'une heure trente sans dire plus d'un mot de tout le film. Et de ne pas lasser le spectateur. Bonne expédition vers l'ailleurs, cow boy.
Aussi sur le blog.
Sylvain Rakotoarison (16 septembre 2025)
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Pour aller plus loin :
Robert Redford.
Alain Delon.
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Philippe Labro.
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Alfred Hitchcock.
Les jeunes stars ont-elles le droit de vieillir ?
Charlie Chaplin.
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250916-robert-redford.html
https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/robert-redford-tout-est-perdu-263280
http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/09/16/article-sr-20250916-robert-redford.html
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