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11 novembre 2025 2 11 /11 /novembre /2025 14:15

« À l'issue de la cérémonie, le chef de l’État a reçu des porte-drapeaux, des membres des associations patriotiques, des membres du comité de la Flamme, des pensionnaires de l’Institution nationale des Invalides et des représentants du monde combattant ainsi que les représentants de la Mission Libération pour un déjeuner au Palais de l'Élysée. » (Communiqué de l'Élysée du 11 novembre 2025).





 


Le 11 novembre 2025 est un jour férié, mais plus que cela, un jour de commémoration populaire. C'était, ce mardi, le 107e anniversaire de l'Armistice, signée en pleine nuit pour être applicable le 11 novembre à 11 heures 11. Certains jusqu'au-boutistes ont voulu continuer le combat et certains soldats sont morts dans la matinée à cause de cela. Sans utilité puisque la paix était déjà déclarée. Mort inutilement, mais même avant l'Armistice, les morts de la guerre étaient-ils utiles ?

Je prétends que oui,
bien sûr, ils étaient malheureusement utiles, et c'est sans doute pour cela que je peux m'exprimer ici, en toute liberté, sans contrainte, que je peux choisir et assumer mes choix publiquement, en toute transparence, sans crainte d'être réprimé par une quelconque milice, et que je suis né Français, sans crainte de perdre ma Nation qui, comme le roc, a duré des millénaires et durera encore des millénaires.

Quand j'avais 15 ans, j'avais retrouvé, par ma grand-mère, une photographie de mon arrière-grand-père, son père, en uniforme, un bel homme de 30 ans en 1914 justement. Le double d'âge de moi, au début de la guerre. Je ne l'ai malheureusement pas connu pour des problèmes de chronologie des états-civils (je suis né après sa mort), mais j'ai eu l'occasion de connaître sa femme, mon arrière-grand-mère, légèrement plus âgée que lui (ce qui était un peu exceptionnel pour l'époque), avec qui j'ai pu avoir de longues conversations et qui me parlait de la "guerre de 70" (qu'elle n'avait pas connue car elle était née quatorze ans plus tard), elle me parlait des Schleu et des Boches parce que nous étions en Lorraine, meurtrie par les deux guerres mondiales, et quand je vois quelques images de la guerre en Ukraine, on a beau parler de hautes technologies, du renseignement, des drones, des missiles..., c'est une guerre de position où il faut des milliers de morts pour garder le front, ou conquérir quelques centaines de mètres, j'imagine sans peine l'horreur que furent ces quatre années sur cette terre devenue aride. Certains agriculteurs retrouvent encore aujourd'hui quelques bouts d'os de l'époque en labourant leurs champs.

C'est cela qu'on commémore le 11 novembre, la vaillance, la combativité, la mort de tous ces combattants qui, même si on est partisan de la paix, doivent être considérées comme utiles, indispensables à notre vie moderne pépère, confortable, sans danger sinon ceux de la menace des riches (trop manger, trop mal manger), et surtout, indispensables à notre liberté.

 


La disparition du service militaire, depuis quasiment une trentaine d'années, plus d'une génération, a rendu encore plus important ce type de cérémonie (le 11 novembre et le 8 mai) de recueillement et de prise de conscience que notre liberté n'était pas un acquis, une évidence, que des braves soldats, qui ne faisaient qu'obéir, en ont bavé quand ils n'en sont pas morts, dans les tranchées pleines de boue, sans nourriture, sans hygiène et, pour la plupart des rescapés, devenus complètement fous et sourds, tant le bruit des explosions était insupportable.

La cérémonie du 11 novembre est en quelque sorte l'équivalent républicain et national de la Toussaint pour les chrétiens, une commémoration des disparus, l'expression de notre gratitude, et, comme j'ai fait le tour du cimetière avec le curé il y a dix jours, j'ai fait aussi le tour du même cimetière avec le maire, les anciens maires et les autres officiels, gendarmes, autres militaires, policiers, pompiers, porte-drapeaux, etc. avec le recueillement devant le monument aux morts, les tombes des maires décédés et autres disparus qui ont compté pour les habitants (dont cet instituteur de 43 ans, arrêté pour faits de résistance le 4 août 1944, peu avant la Libération, qui est mort le 24 janvier 1945 déporté en Allemagne).

Et à Paris aussi, bien entendu, les commémorations du 11 novembre sont importantes, en particulier parce qu'il y a sous l'Arc-de-Triomphe la tombe du Soldat inconnu dont la flamme est ravivée chaque jour depuis la fin de la guerre, en guise de reconnaissance de la Nation toute entière. Le maître de cérémonie, pour la neuvième fois consécutive, était le Président de la République Emmanuel Macron.

En termes de cohésion nationale, la Constitution est assez claire sur les prérogatives du chef de l'État. Deux articles le précisent. L'article 5 : « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. ». Et l'article 15 : « Le Président de la République est le chef des armées. Il préside les conseils et les comités supérieurs de la défense nationale. ».

 


Pendant toute la campagne présidentielle de 2017, on l'oublie un peu vite, on a souvent considéré que le candidat Emmanuel Macron était peu crédible sur le régalien. On lui concédait une compétence sur l'économie, l'innovation (et on a eu raison, le chômage a durablement baissé, et est au plus bas depuis quarante-cinq ans, la France reste le pays européen le plus attractif des investisseurs étrangers), mais on considérait qu'il n'était pas crédible sur le régalien, ce qui pouvait être fatal pour devenir chef de l'État.

C'est pourquoi dès sa prise de fonction, le 14 mai 2017, Emmanuel Macron a tenu à "rassurer" sur ce plan-là, et il me semble qu'il y est parvenu très rapidement puisque le principal reproche est depuis le début d'être un Président Jupiter qui s'occuperait de tout. En ce sens, on ne mobilise pas près d'une cinquantaine de millions d'électeurs pour élire un Président qui n'inaugurerait que les chrysanthèmes. L'hyper-présidentialisation n'est pas un phénomène récent et a commencé dès le premier jour de la Cinquième République avec De Gaulle qui a souhaité se faire élire Président de la République (et pas rester chef du gouvernement).
 


Or, depuis l'été 2024, Emmanuel Macron n'a plus que des postures régaliennes, faute d'avoir une majorité à l'Assemblée Nationale. Et il s'y complaît excellemment, et, je le répète, depuis le début de son premier mandat. Il a d'ailleurs multiplié les hommages et les cérémonies pour diverses raisons, dont la principale est l'expression de gratitude de la République française, capable de reconnaître les mérites de ses citoyens. Ce Président régalien pourra même être regretté dans l'avenir, puisqu'il n'a plus que dix-huit mois avant de terminer son second quinquennat.

Malgré l'impopularité, les dénigreurs professionnels, les râleurs patentés, les aboyeurs antipatriotiques et les fossoyeurs de l'indépendance nationale, le Président de la République s'acquitte avec brio de sa délicate mission de maintenir la cohésion nationale, au-delà des luttes politiciennes stériles. Je salue la dignité qu'il a toujours maintenue de la fonction présidentielle et son courage, tête haute et mains propres, comme dirait l'autre. Haut les cœurs.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 novembre 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le 11 Novembre et le régalien.
De Gaulle et le gaullisme en 2025.
La Toussaint et ses mille visages !
Le 8 mai ou le 9 mai ?
Claude Bloch, passeur de mémoire.









https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20251111-onze-novembre.html

https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/le-11-novembre-et-le-regalien-264403

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/11/11/article-sr-20251111-onze-novembre.html


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commentaires

A
"La cérémonie du 11 novembre est en quelque sorte l'équivalent républicain et national de la Toussaint pour les chrétiens, une commémoration des disparus". C'est marrant parce que je me suis dit cela car à défaut d'aller sur la tombe de mon père je vais sur la tombe des parents d'un ami, avec cet ami. Il se trouve que j'ai vu cet ami le 11 novembre, restaurants remplis, et je me suis rendu compte que j'avais oublié le culte de la mort.
Répondre
A
Faire le deuil c'est se séparer du ressassement, d'abord en s'effondrant, donc en ressassant d'un bloc. Du Thomas Bernhard.


 




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