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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 03:14

« Mes chers collègues, souvenons-nous que derrière les armures, il y a des êtres de chair et de sang, avec leurs forces et leurs failles. Nous nous combattons si durement, si âprement, que nous oublions parfois que nous formons une même famille, la famille parlementaire. Ne l’oublions plus ! » (Yaël Braun-Pivet, le 25 novembre 2025 dans l'hémicycle).




 


Il y a quelques mois, le 7 juillet 2025, on découvrait le député Olivier Marleix chez lui, sans vie. Ce qui semble assurément être un suicide a plongé ses collègues, amis, famille, électeurs, etc. dans une profonde incompréhension : « Il est des moments où notre hémicycle se pétrifie dans la stupeur et la sidération. Le 7 juillet fut de ces jours, lorsque la nouvelle de la disparition d’Olivier Marleix nous surprit, nous saisit, nous meurtrit. ».

Député LR depuis juin 2012, président du groupe LR de juin 2022 à juillet 2024, Olivier Marleix a laissé sa marque chez les parlementaires de tout bord. L'été ne se prêtait pas aux hommages solennels, si bien que les députés ont voulu marquer la mémoire de leur collègue une nouvelle fois ce mardi 25 novembre 2025 à 15 heures, juste avant la séance des questions au gouvernement, et cette fois-ci, en présence de sa famille, et notamment d'Alain Marleix, ancien ministre, ancien parlementaire et expert de la carte électorale au RPR et à l'UMP pendant une quarantaine d'années.

L'activité politique paternelle expliquait la passion d'Olivier Marleix pour la politique ; il était tombé dans la marmite politique quand il était petit (répondant à l'âge de 5 ans au téléphone à des appels de Maurice Couve de Murville, Pierre Messmer et Philippe De Gaulle, entre autres).

Tous les députés se sont donc levés pour écouter la Présidente de l'Assemblée Nationale Yaël Braun-Pivet : « Il était un pilier, une colonne du Palais-Bourbon. Il était une voix familière de notre hémicycle, respectée bien au-delà des rangs qu’il présidait. Pour beaucoup, il était aussi un ami. Aujourd’hui, c’est à l’homme, au parlementaire chevronné, au serviteur indéfectible de la France que nous rendons hommage, dans la solennité de cet hémicycle où il siégea treize années durant. ».

 


La Présidente de l'Asemblée a retracé le parcours politique d'Olivier Marleix, d'abord dans l'antichambre de la politique jusqu'en 2012, comme collaborateur des personnalités politiques, Charles Pasqua, Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux, Claude Guéant, Nicolas Sarkozy... Puis ce fut le grand saut avec l'engagement électoral national, sa victoire aux élections législatives, pas dans le Cantal mais en Eure-et-Loir car il ne voulait pas être l'héritier de papa (il était déjà maire et conseiller général). Sa formule n'était pas vaine : « Pour un député, vos patrons, ce sont vos électeurs, ce qui place une certaine forme d’exigence sur vos épaules. ».

Et Yaël Braun-Pivet, de citer plusieurs combats politiques d'Olivier Marleix.


Le premier, la souveraineté industrielle : « Une évidence pour ce patriote, admirateur du gaullo-pompidolisme. Chacun se souvient de la passion, de l’intransigeance, de l’exigence avec laquelle il présida la commission d’enquête sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle. ».

Le deuxième, l'intégrité : « Il batailla pour durcir notre législation en faveur de la transparence de la vie publique et contre la corruption, lui qui, selon son frère Romain, avait une conception sacerdotale de l’engagement civique. Il n’eut de cesse de pourfendre le pantouflage, qu’il qualifiait de plaie pour la République. ».

Et le troisième combat, la sécurité : « Le destin parfois dessine de poignantes symétries. Sa dernière intervention dans cet hémicycle porta sur ce sujet, alors qu’il défendait une proposition de loi dont il était le rapporteur. De même, sa toute première intervention, le 6 novembre 2012, portait elle aussi sur la sécurité des Français, et plus précisément sur la police de proximité. Ce jour-là, on devinait déjà tout de l’homme : sa fermeté, mais aussi son humour pince-sans-rire. Il lança ainsi cette saillie à Manuel Valls : "Vous semblez, monsieur le ministre, vous distinguer par un certain pragmatisme, ce qui est sans doute ce qu’il y a de mieux à espérer d’un socialiste en matière de sécurité". ».

Yaël Braun-Pivet a décrit l'homme Olivier Marleix comme un combatif respectueux : « Un homme au regard complice et caustique, à l’humour acéré, tranchant, pertinent. Oui, la personnalité d’Olivier Marleix était un fascinant alliage de contrastes. Cet homme, à la stature imposante, à la parole et au caractère parfois rêches, recelait aussi une tendre et profonde sensibilité. Cantalien dans l’âme, sage depuis l’enfance, il était taiseux, discret, secret. Il n’était pas fait pour le monde du buzz, des clashs et des petites phrases. Il leur préférait la sincérité des engagements et la puissance des convictions. (…) Oui, Olivier Marleix était redoutable, mais il fut toujours respectueux de nos institutions. Élu sur des terres qui connurent l’extrême droite, il incarnait la fidélité à la droite et à la droiture républicaine, plaçant toujours l’intérêt général au-dessus de tout. Je peux en témoigner, pour avoir siégé cinq ans à ses côtés à la commission des lois puis travaillé étroitement avec lui en conférence des présidents. J’ai le souvenir de son engagement constructif sur les prisons et la déontologie, où il sut dépasser les postures et les clivages pour œuvrer au service du pays. Toujours, nous avons travaillé en bonne intelligence, dans l’estime et l’appréciation mutuelle. ».


Sans oublier la palme de l'antimacronisme, pourtant décernée par une macroniste de conviction : « Gladiateur parlementaire accompli, sincère et vrai, il fut ainsi un opposant à la dent dure, redouté et redoutable. Un grand journal du soir écrivit même que si l’antimacronisme était enseigné au Collège de France, Olivier Marleix en tiendrait la chaire. ».

Après une minute de silence, Yaël Braun-Pivet a donné la parole à Laurent Wauquiez, qui avait repris la présidence du groupe LR en juillet 2024 : « Je veux vous remercier très sincèrement pour les mots de soutien, venus de tous les bancs. Ces mots nous ont touchés, parce qu’ils disaient tous la même chose : qu’au-delà des différences politiques, son départ nous avait marqués, bien au-delà de ceux qui étaient ses proches et ses amis. Merci à chacun d’entre vous. ».

Complétant l'éloge de la Présidente de l'Assemblée, l'ancien ministre LR a évoqué un autre combat d'Olivier Marleix : « Nul sans doute n’était habité plus que lui par cette conscience inquiète de la nation. Ces parties de son engagement sont connues. Est moins connu son combat pour la protection de l’enfance, que le parlementaire rigoureux qu’il était a mené avec discrétion et pudeur. ».


Laurent Wauquiez a terminé par le souvenir de son collègue qu'il espérerait garder : « Rendre hommage à sa mémoire, c’est ne pas la laisser être affectée par sa fin, c’est rappeler ce qui a été le sens d’une vie politique à laquelle il a tout donné et tant sacrifié. Ce que je vous demande, c’est que nous continuions à nous souvenir d’Olivier comme d’un homme droit qui a dédié sa vie à l’honneur et à l’amour de son pays. ».
 


Enfin, troisième orateur, au nom du gouvernement mais aussi comme ancien compagnon militant au sein de l'UMP faisant campagne pour Jacques Chirac, le Premier Ministre Sébastien Lecornu a exprimé aussi quelques mots d'hommage : « Sans jamais être idéologue, c’était un homme d’idées et militant pour ses idées. Le président Wauquiez a rappelé son combat discret pour la protection de l’enfance. Il a mené un combat plus vocal pour la souveraineté de notre pays, y compris sa souveraineté industrielle. Nous lui devons aussi d’avoir permis de faire bouger des lignes, la politique politicienne pouvait parfois s’emparer de certains dossiers, mais il parvenait toujours, au bon moment, à leur donner l’envergure nationale qu’ils méritaient, y compris en matière de défense nationale. ».

Le chef du gouvernement a terminé sa courte intervention sur l'homme Olivier Marleix : « Un être d’une profonde humanité. La puissance personnelle qu’Olivier Marleix était capable de dégager venait de cette humanité extraordinaire qui ne laissait personne indifférent. ».


Dans ce climat assez étrange de discussions budgétaires à l'issue très incertaine, cet hommage parlementaire à Olivier Marleix a au moins permis de rassembler tous les députés dans une même communion. Comme quoi, rien n'est perdu dans cette République française !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 novembre 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Olivier Marleix.
Séance publique de l'Assemblée Nationale du mardi 25 novembre 2025 (verbatim).
Hommages et complotisme.
Un choc violent.
Jean-François Humbert.
Daniel Hoeffel.

Michel Barnier.
Nicolas Sarkozy.
Sébastien Lecornu.

De Gaulle.
Alain Peyrefitte.
Le diplomate académicien du gaullisme triomphant.
De Gaulle et les communistes.
Laurent Duplomb.
Charles Pasqua.
De Gaulle et la Chine.
La sagesse inattendue du faucon.
Yvon Bourges.
Christian Poncelet.
René Capitant.
Patrick Devedjian.



 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20251125-olivier-marleix.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-assemblee-petrifiee-face-a-la-264727

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/11/25/article-sr-20251125-olivier-marleix.html

 


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commentaires

A
C'est assez risible cet hommage quand on sait qu'Olivier Marleix a sans doute mis fin à ses jours suite aux malversations de la Macronie quand à l'affaire Alsthom (et la corruption et arragements entre amis qu'elle a permis).
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