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27 janvier 2026 2 27 /01 /janvier /2026 03:25

« Je suis en politique, de manière visible, depuis 2007 (…). Je trouve que le combat politique est rude (…). Moi, je crois à la radicalité des combats et des combats politiques. (…) Les grandes avancées, qu'elles soient sociales, qu'elles soient en termes de droit, ça s'est toujours fait dans la radicalité. Et donc, après, c'est un tempérament. Mais je n'ai pas oublié d'où je venais. Et donc, moi, j'aime les gens. Je suis toujours en proximité. » (Rachida Dati, le 26 janvier 2026 sur BFMTV).





 


La Ministre de la Culture Rachida Dati était l'invitée de l'émission "Le Forum" diffusée en direct sur BFMTV le soir de ce lundi 26 janvier 2026. Le principe de cette émission animée par le journaliste maison Maxime Switek, c'est de laisser un panel de "gens du peuple" interroger l'invité politique. L'émission a duré presque trois heures, et la ministre semblait encore en très bonne forme à la fin de cette (épuisante) prestation.

Il faut dire que Rachida Dati fait partie des, maintenant rares, personnalités politiques qu'on pourrait appeler "animaux politiques". Son caractère volontariste et sa combativité la placent maintenant parmi ces rares personnalités pour qui la politique n'est pas un combat de salon mais une lutte acharnée pour convaincre, convaincre et convaincre.

D'ailleurs, elle n'a cessé de répéter, tout au long de l'émission, qu'elle a toujours travaillé, que c'était son choix, qu'elle travaille depuis l'âge de 14 ans où elle vendait des produits de beauté au porte-à-porte, puis, ensuite, elle a fait certains boulots comme comptable, aide-soignante (la nuit et avec deux employeurs), parce qu'elle a subi un mariage forcé, parce qu'elle avait très tôt une famille nombreuse à nourrir... Et elle est devenue magistrate grâce à Simone Veil dont elle a gardé la robe de juge. C'est ensuite qu'elle s'est engagée en politique, auprès de Nicolas Sarkozy.

Rachida Dati est l'exemple d'une femme qui ne doit ses situations qu'à elle-même, qui a refusé la fatalité d'un début de vie qui a été difficile. Elle est l'exemple du mérite républicain. Elle ne s'est jamais victimisée, au contraire, elle a agi pour sortir de sa situation en n'attendant rien des autres, rien de l'État. Cette combativité l'a rendue humaine, mais a clivé, il y a des personnes qui l'admirent, d'autres qui la détestent. Elle a le cuir pour cela. Elle a aussi refusé aussi de sombrer dans la tentation du communautarisme, elle a toujours refusé de se dire la représentante de service d'une certaine catégorie de la population.


Preuve que Rachida est un animal politique exceptionnel : elle est Ministre de la Culture depuis maintenant deux ans, en traversant ces dures épreuves de la dissolution et des changements, nombreux, de gouvernement. Lorsqu'elle a accepté la proposition du Président Emmanuel Macron en janvier 2024 de venir Place de Valois, elle a été considérée comme une traîtresse par ses anciens amis de LR. Et pourtant, dès juin 2022, elle prônait un accord entre le bloc central et LR, parti qui était devenu indispensable pour la stabilité parlementaire en raison de l'absence d'une majorité absolue. Depuis l'été 2024, cette coalition finalement gouverne la France, et Rachida Dati a retrouvé parmi ses collègues du gouvernement de nombreux ministres LR, à commencer par Michel Barnier, mais aussi Annie Genevard, etc.
 


Ce lundi soir, Rachida Dati avait deux casquettes, la Ministre de la Culture et la candidate aux élections municipales à Paris. Certains le lui ont reproché, mais avec un peu de mauvaise foi puisqu'elle a annoncé son départ prochain du ministère, tandis que dans un monde pas si ancien que cela, on cumulait allègrement les mandats et les candidatures (inutile de donner des exemples, c'était la norme dans la classe politique "d'avant").

Rachida la ministre a beaucoup parlé du Louvre et du cambriolage. Elle a justifié avoir refusé la démission de la dirigeante du musée pour ne pas déstabiliser l'établissement à un moment crucial du tourisme (la fin d'année), mais a assuré que des mesures vont être bientôt prises.

Plus intéressant, elle a rappelé la doctrine de protection des musées : tout est fait pour protéger les visiteurs et pas les œuvres. Ainsi, a été décidé de ne pas installer de grilles aux fenêtres pour permettre aux visiteurs une évacuation de l'éventualité d'un incendie. C'est très important de le rappeler : les mesures à prendre pour protéger les œuvres peuvent s'opposer aux mesures à prendre pour protéger les personnes, et il est heureux que ce soient les visiteurs qui ont été choisis.

Elle a aussi évoqué l'audiovisuel public, questionnée par des personnes visiblement acquises à la cause Bolloré (méfiez-vous de ceux qui vous disent : "Je tiens beaucoup à l'audiovisuel public, mais..." !). Elle n'a pas été convaincante parce qu'elle a évoqué des choses fausses, sur la volonté des parlementaires (tous les rapports parlementaires disent que...) ou sur les recommandations de la Cour des Comptes (ce grand corps n'a jamais dit ce qu'elle lui a fait dire).

Toutefois, l'idée que vouloir ouvrir à tous les âges les prestations de l'audiovisuel public est juste, elles doivent s'adapter aux nouveaux comportements, notamment avec le numérique, mais elle a oublié de dire que Radio France a pris un train d'avance sur tous ses concurrents privés en étant déjà le premier fournisseur français, et de loin, de podcasts.


La ministre était désolée de ne pas avoir eu le temps de terminer sa réforme de l'audiovisuel public (loi qui crée une holding rassemblant toutes les sociétés publiques) en raison de la procédure budgétaire en cours qui a occupé tout le temps parlementaire. On sait avec le regroupement des régions par François Hollande que les concentrations publiques ne font pas forcément des économies d'échelle voire coûtent très cher. Ce qu'elle ne dit pas, c'est qu'il fallait peut-être un semblant de réforme pour éviter que l'audiovisuel public soit purement et simplement détruit par le RN si jamais il arrivait au pouvoir (car pour ce dernier, c'est un marqueur idéologique).
 


Rachida la candidate à la mairie de Paris était plus combative, évidemment. Comme chef de l'opposition, elle avait le beau rôle face à la municipalité socialiste sortante. Le logement, la sécurité, la propreté, etc. Beaucoup de thèmes pour fustiger la gestion socialo-écolo-communiste actuelle. Pourtant, l'élection est loin d'être gagnée même si la ministre est sans doute parmi les candidats les plus connus. En effet, dans les sondages, elle est au coude-à-coude avec le député socialiste (et ancien premier adjoint) Emmanuel Grégoire dans les projections du second tour, et au premier tour, elle est dépassée par ce dernier.

La raison ? La division. Au centre droit et à gauche, il y a des divisions. Ainsi, la mélenchoniste Sophia Chikirou (compagne du grand guide) se présente en candidate dissidente et entend bien atteindre le second tour (il faut 10% au premier tour). Au centre et à droite, c'est la candidature de Pierre-Yves Bournazel, ancien député, qui se présente aussi en candidat dissident et pourrait atteindre 14% des intentions de vote, ce qui lui permettrait d'être présent au second tour et de plomber la candidature de Rachida Dati.

Pierre-Yves Bournazel est soutenu par Renaissance (Gabriel Attal) et par Horizons (Édouard Philippe), tandis que Rachida Dati est soutenue par LR (malgré son incident avec Michel Barnier lors de l'élection législative partielle), et par les centristes tant du MoDem que de l'UDI. Cette situation n'est donc pas un clivage entre LR et alliés et les macronistes. Rachida Dati, qui a l'habitude de dire tout haut ce qu'elle pense, a lâché clairement qu'Édouard Philippe voudrait sa défaite à la mairie de Paris et la présence de Pierre-Yves Bournazel y contribuerait par la division.

Si la candidature du RN Thierry Mariani (ancien ministre UMP) ne recueille pas beaucoup d'intentions de vote dans les sondages (autour de 5%), celle de Sarah Knafo, en revanche, est très attractive puisqu'elle commence sa campagne dynamique et positive avec déjà 9% d'intentions de vote, soit proche du seuil de 10% avec la possibilité de se maintenir au second tour. Comme les électeurs de Reconquête, de droite musclée voire d'extrême droite, ne voteraient en aucun cas pas pour un candidat de gauche, la présence éventuelle au second tour de la députée européenne zemmouriste handicaperait à coup sûr la candidature de Rachida Dati. Ainsi, on lui a posé la question : pourquoi ne feriez-vous pas alliance au second tour avec Sarah Knafo ? La réponse négative était d'autant plus claire que Sarah Knafo est dans le parti de l'ancien candidat Éric Zemmour et que ce dernier lui avait reproché d'avoir donné à sa fille le prénom de sa mère.

À l'évidence, ces élections municipales à Paris sont polluées par la préparation de l'élection présidentielle de 2027. Mais au fait, pourquoi Rachida Dati est-elle si en avant dans les médias ? La mairie de Paris serait-elle donc son seul objectif dans sa vie politique ? N'aurait-elle pas quelques tentations présidentielles face au trop-grand-vide qui se précise ?



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 janvier 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Rachida Dati, candidate... à quoi, au fait ?
L'heure de Rachida Dati.
Laissez tranquille la vie privée de la ministre !
La Bataille de Paris.
L'audiovisuel public.
Michel Barnier.
Dominique de Villepin.
Nicolas Sarkozy.
Valéry Giscard d'Estaing manque beaucoup à la vie politique française.
Édouard Philippe sera-t-il le 9e Président de la Ve République ?
Sébastien Lecornu.
Olivier Marleix.
Séance publique de l'Assemblée Nationale du mardi 25 novembre 2025 (verbatim).
Hommages et complotisme.
Un choc violent.
Jean-François Humbert.
Daniel Hoeffel.

De Gaulle.
Le retour de Michel Barnier.
La censure de Michel Barnier.
Michel Barnier plaide pour la sobriété normative et procédurale !

L'échec du mélenchonisme municipal.
L'échec des insoumis à Grenoble.
Alain Peyrefitte.
Le diplomate académicien du gaullisme triomphant.
De Gaulle et les communistes.
Laurent Duplomb.
Charles Pasqua.
De Gaulle et la Chine.
La sagesse inattendue du faucon.
Yvon Bourges.
Christian Poncelet.
René Capitant.
Patrick Devedjian.






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260126-dati.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/rachida-dati-candidate-a-quoi-au-266326

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/01/26/article-sr-20260126-dati.html


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