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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 03:35

« Nous souffrons trop souvent de l’affrontement systématique, chacun campant sur des postures contraires à l’intérêt de notre pays. Mesdames et messieurs les censeurs, de gauche comme de droite, si le gouvernement venait à être censuré, la France se retrouverait sans budget. Or dans la situation actuelle, ce budget est nécessaire à notre pays. (…) L’absence de budget priverait notre pays de marges d’action, au moment même où, en tant qu’Européens, nous sommes mis à l’épreuve et directement menacés par le retour des appétits impérialistes. » (Jean-Paul Mattei, le 27 janvier 2026 dans l'hémicycle).


 


Les motions de censure se suivent et se ressemblent. Remarquez, je n'en suis pas désolé ; au contraire, il vaut mieux un rejet de censure qu'un pays abandonné et sans budget. Donc, après le rejet du doublon de motions de censure du 23 janvier 2026 portant sur la première partie, celle des recettes, du projet de loi de finances (belote), voici le rejet, ce mardi 27 janvier 2026, du doublon de motions de censure portant sur la seconde partie, celle des dépenses et de l'ensemble du projet de loi de finances pour 2026 (rebelote).

Notez aussi que ce n'est pas la faute des oppositions : c'est la réaction attendue lors de l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, devenu nécessaire dès lors que le groupe socialiste ne veut pas priver le pays d'un budget auquel il a participé avec le gouvernement mais qu'il ne veut pas non plus assumer auprès de ses électeurs (il était prêt à s'abstenir mais pas à voter pour).

À chaque coup, il y a le dépôt de deux motions de censure, examinées en même temps mais mises au vote individuellement, l'une déposée par l'opposition populiste de gauche et l'autre par l'opposition populiste d'extrême droite. Cette dernière n'a jamais aucune chance d'être adoptée au contraire de la première qui bénéficie du soutien, au-delà de la gauche populiste, également de l'extrême droite.

Si ces deux nouvelles motions de censure ont été rejetées, c'est parce qu'elles n'ont pas obtenu au moins 289 votes favorables de députés, soit la majorité absolue. J'écris bien 289 et pas 288 comme c'était le cas le 23 janvier 2026, parce qu'entre-temps, le dimanche 25 janvier 2026, il y a eu le second tour de l'élection législative partielle de la première circonscription du Loiret dont le siège était vacant depuis le 13 novembre 2025 en raison de la démission immédiate du suppléant de la ministre Stéphanie Rist qui voulait rester maire (loi sur le cumul des mandats). Si bien que ce dimanche, Stéphanie Rist a été réélue députée (très largement, avec 62,1% face à une candidate RN), et a confirmé sa préférence pour rester au gouvernement ; c'est donc sa nouvelle suppléante qui siège depuis le 26 janvier 2026, amenant l'effectif de l'Assemblée à 576, donc la majorité absolue à 289 au lieu de 288 (il reste encore un siège vacant à la troisième circonscription de Haute-Savoie qui sera pourvu le 2 février 2026 au cours du second tour de l'élection législative partielle correspondante).

La première motion de censure a été déposée le 23 janvier 2026 à 12 heures 33 par Cyrielle Chatelain, Mathilde Panot, Stéphane Peu et 110 autres députés de FI, EELV et PCF (ils ont été rapides car l'engagement de responsabilité du gouvernement a été annoncé à 12 heures 30). Lors du scrutin public n°5193, cette motion de censure n'a reçu le 27 janvier 2026 à 19 heures 10 que 267 votes pour, ce qui était insuffisant pour être adoptée (121 RN, 71 FI, 35 EELV, 16 ciottistes, 14 PCF, plus 5 PS, 1 LR, 2 LIOT et 2 non-inscrits, pour ces quatre derniers groupes, les mêmes que le 23 janvier 2026).
 


La seconde motion de censure a été déposée le 23 janvier 2026 à 13 heures 49 par Marine Le Pen, Éric Ciotti et 102 autres députés d'extrême droite. Elle aussi a été rejetée à 19 heures 30, mais beaucoup plus largement que la précédente puisqu'elle n'a recueilli que 140 votes pour lors du scrutin public n°5194 (120 RN, 16 ciottistes, 2 LR et 2 non-inscrits).
 


Comme toujours, dans cet examen sans surprise, ce sont les interventions qui peuvent apporter un semblant d'intérêt au débat public, même si, il faut bien l'avouer, c'est un exercice imposé et prévisible, uniquement de posture répétitive, martelée à force de déployer mille et une motions de censure à longueur de 49 alinéa 3.

Défendant la motion de censure de la gauche non socialiste, la députée écologiste Christine Arrighi a fustigé la pression exercée sur les députés d'une menace de dissolution : « Nous sommes tous soumis depuis des mois à un climat de pression politique. Par la voie de fuites savamment orchestrées dans la presse, la menace d’une dissolution est régulièrement agitée comme un outil de dissuasion et d’alignement derrière l’exécutif. Je voudrais dire aux artisans de ce procédé que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par sa seule décision. Je voudrais également leur rappeler que nous sommes des démocrates et que nous n’avons pas peur des élections. Cette pression n’a pas concerné que les députés. Elle a également pesé sur les élus locaux, avec la menace que les prochaines élections municipales pourraient se voir balayées ou invisibilisées par des législatives anticipées. Le Premier Ministre se dit pourtant attaché à la décentralisation. Cette manière de mettre sous tutelle politique le calendrier démocratique local est pour le moins contradictoire et profondément choquante et inquiétante. À cela s’ajoute une dégradation grave de la qualité du travail parlementaire. Des arbitrages majeurs sur des recettes et des crédits ainsi que sur des choix fiscaux sensibles ont été découverts par la presse avant d’être portés à la connaissance des élus. Comment débattre, comment décider et comment adhérer en toute connaissance de cause lorsque l’information circule hors de l’hémicycle, au compte-goutte, dans un brouillard organisé ? Ce n’est plus un débat budgétaire normal, c’est une mise en scène où le Parlement et les citoyens qu’il représente sont tenus à distance. ».

Et de conclure sa déclamation par une citation de Montesquieu, qui fait toujours bien dans les dîners en ville ou dans les joutes dans l'hémicycle : « "Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir" rappelait Montesquieu. Nous voterons cette motion non par goût du fracas institutionnel mais parce que le Parlement ne peut se résigner à devenir la chambre d’enregistrement d’un texte qui sacrifie l’avenir. Nous la voterons parce que nous avons le devoir d’arrêter un pouvoir qui, pour se maintenir quoi qu’il en coûte, est prêt à sacrifier le présent des Françaises et des Français ainsi que l’avenir de notre pays. ».

Ensuite, le député RN Jean-Philippe Tanguy a pris la parole pour défendre la motion de censure de l'extrême droite, en rappelant opportunément le résultat du premier tour de l'élection législative partielle de la troisième circonscription de Haute-Savoie le 25 janvier 2026 (où le candidat soutenu par le RN a obtenu la première place avec 45,0%, soit un supplément de plus de 5 points par rapport au 30 juin 2024) : « Pour une fois, monsieur le Premier Ministre, les faits et les Français vous ont donné raison. C’est suffisamment rare pour être souligné. C’est même un événement unique dans la situation actuelle. En effet, les élections législatives partielles ont démontré que vous aviez raison de redouter une dissolution de l’Assemblée Nationale suivie d’élections pour résoudre la crise budgétaire, mais vous aviez raison de votre seul point de vue cynique et parfaitement irresponsable. Le vote des Français est en effet clair, renforcé par l’éclairage de l’ensemble des études d’opinion : les macronistes et leurs boulets LR et PS sont en chute libre et le seul véritable opposant, le RN, avec son allié [ciottiste], est chaque jour plus soutenu. Vos manœuvres et vos compromissions n’ont évidemment qu’un seul but, totalement étranger à l’intérêt national : éviter de retourner devant les Français pour vous sauver vous et, surtout, Emmanuel Macron. Du point de vue démocratique, c’est évidemment une trahison ; du point de vue républicain, c’est évidemment une forfaiture ; du point de vue moral, comme vous l’a dit Marine Le Pen, c’est évidemment une déchéance. Tous les mensonges éhontés et les éléments de langage éculés que vous ressassez avec la complicité des intérêts financiers qui vous maintiennent au pouvoir ne peuvent cacher la vérité, bien comprise par nos compatriotes. ».

Usant d'une exagération qui n'est pas censée apporter la crédibilité, le député frontiste a ajouté : « Les Français savent, parce qu’ils le vivent dans leur quotidien, que votre gabegie budgétaire ne permet même pas de résoudre un seul problème du pays. Jamais dans l’histoire de France un gouvernement n’avait dépensé autant d’argent public, ponctionné autant d’impôts sur les Français, créé autant de déficit et accumulé autant de dettes pour des résultats aussi pitoyables. Le cri du cœur des gilets jaunes, "Où va l’argent ?", rejoint aujourd’hui plus que jamais l’interrogation de l’ensemble des Français. Par un paradoxe dont seuls les macronistes ont le secret, plus vous dépensez l’argent des Français, plus vous aggravez leurs problèmes. Exiger toujours plus d’impôts, dépenser toujours plus de moyens tout en pourrissant le quotidien des Français, voilà le vrai bilan du macronisme ! ».

Tentant de se prêter à l'ironie facile, Jean-Philippe Tanguy a évoqué quelques anciens ministres macronistes : « Peut-être est-ce vous qui vivez dans un monde parallèle, à force de dorures, de palais de la République, d’éléments de langage pondus par des cabinets de communication et de stratégies foireuses élaborées par McKinsey ? Un monde parallèle parfaitement décrit par l’ancien ministre de l’économie, Bruno Le Maire, persuadé d’avoir géré les comptes publics "à l’euro près", en réalité, à 60 milliards d’euros près, par Élisabeth Borne, capable d’affirmer, sans rire, qu’elle n’avait aucune leçon de finances publiques à recevoir, ou encore par Gabriel Attal, pris en flagrant délit de parjure en soutenant qu’il avait parfaitement géré les finances de la France, dans un exercice de déficit record. Le budget que vous imposez aux Français est contraire à tous vos engagements de redressement des comptes publics. Il est la preuve manifeste que vous êtes dans un déni total du réel, régime Potemkine reposant sur le mensonge d’État. Votre déni de la faillite budgétaire n’a d’égal que votre aveuglement coupable sur la submersion migratoire que connaît notre pays, submersion migratoire aggravée par Bruno Retailleau, jamais avare d’une énième trahison de ses électeurs. (…) Votre mensonge sur l’état financier et économique du pays, tout comme votre échec face à la submersion migratoire qu’il subit, se traduisent d’ailleurs par un phénomène préoccupant, un énième tabou que seul le Rassemblement national ose évoquer : la fuite des Françaises et des Français de leur propre pays. Les clandestins étrangers restent, les talents français fuient : voilà le vrai bilan du socialo-macronisme à la sauce Retailleau ! ».

Il a ensuite décrit le champ de ruines que serait devenu le macronisme : « Gabriel Attal, lui, a parfaitement analysé le macronisme agonisant, en vous qualifiant collectivement hier de "champ de ruines". Une fois n’est pas coutume, comment donner tort à notre ancien Premier Ministre ? Après tout, que restera-t-il des macronistes après le départ d’Emmanuel Macron en 2027 ? (…) Un champ de ruines, oui, sur lesquels rodent les centristes de toutes catégories, ahurissants ego sur pattes, se chamaillant pour savoir qui a le moins de convictions mais le plus de vanité pour continuer à gouverner la France. Car si la France est en ruine, les ambitions des centristes se portent au mieux : pas un jour sans que vos chamailleries ridicules n’alimentent les gazettes, pendant que les Français souffrent. Quelle belle métaphore involontaire de M. Attal pour définir ce qu’est l’extrême centre, de toute éternité : charmant peuple de nains de jardin opportunistes, toujours prompts à s’imaginer comme des géants de l’histoire. L’extrême centre n’a laissé et ne laissera dans l’histoire de notre pays, à travers tous les régimes que vous avez eu le malheur de hanter, qu’une seule trace : le goût amer de l’incompétence et de la trahison. Trahison nationale évidemment (…) ; trahison des idées, quand vous en avez ; trahison des électeurs, quand il vous en reste ; et même trahison des amis. Un instinct de survie élémentaire pousse en effet le centriste au parricide, au matricide et au fratricide. C’est plus fort que lui, c’est plus fort que vous, c’est "à l’insu de votre plein gré! Collègues macronistes, LR et socialistes, vous êtes des renards déguisés en agneaux. L’extrême centriste n’a d’ailleurs pas son pareil pour accuser ses adversaires de ses propres turpitudes. ». Des propos qui se sont disqualifiés par leur propre excès et bêtise insultante.

Le député MoDem Jean-Paul Mattei a ramené un peu de sérénité et de modération dans le débat : « Notre groupe s’est investi sans relâche pour aboutir à une copie qui (…) ne plaît à personne, mais qui a au moins le mérite d’exister. Nous avons travaillé pour proposer des solutions permettant d’atteindre l’équilibre entre sérieux budgétaire et justice sociale, entre soutien à l’économie et protection des plus fragiles. (…) Si ce budget n’est pas à la hauteur de nos attentes, il permet néanmoins de constater que nous réduisons nos dépenses : moins 0,2 point de PIB, et sans alourdir plus que de raison la fiscalité. Les prélèvements obligatoires restent en effet inférieurs (…) à ce qu’ils étaient en 2019. Cette assemblée n’a pas de majorité claire, c’est un fait. Mais cela ne doit pas nous paralyser car nous devons faire avec cette réalité jusqu’au printemps 2027, moment où les Français trancheront. À ceux qui veulent bousculer en permanence le calendrier électoral, je dis ceci : patientez encore un peu. La France a besoin de stabilité, pas de crises à répétition. Les motions de censure ne sont pas la solution (…). La France, vous le savez, chers collègues, mérite mieux que des postures. ».

Pour Horizons, la députée Félicie Gérard a exprimé ses réticences : « Nous ne prendrons pas la responsabilité de plonger notre pays dans encore davantage d’instabilité. (…) Mais notre refus de la censure ne signifie absolument pas notre adhésion à ce texte. Certes, par rapport aux années précédentes, un effort de maîtrise de la dépense publique est accompli (…). Par rapport à la trajectoire habituelle des finances publiques, c’est un effort d’environ 10 milliards d’euros pour l’État. Cela va évidemment dans le bon sens et répond à une nécessité absolue pour notre pays quand la dépense publique représente plus de 56% du PIB. Nous reconnaissons donc la volonté affichée par le gouvernement de réduire le train de vie de l’État, ce que nous saluons. Toutefois, des questions se posent sur l’ampleur et sur la soutenabilité de cet effort. (…) Nous faisons face à un déséquilibre structurel. Or ce budget ajoute encore des dépenses durables, financées par des recettes ponctuelles et non reconductibles. (…) Nos préoccupations [concernent] le déséquilibre entre les dépenses pérennes et les recettes temporaires, l’utilisation de la réserve de précaution et la ponction sur la trésorerie des opérateurs. (…) Le budget pour 2026 porte les stigmates d’un processus parlementaire plus que chaotique, et nous dénonçons le chantage qui a conduit à ce résultat. ».

L'orateur communiste, Édouard Bénard, lui, a adopté l'expression "extrême centre" utilisée par le RN, et en a inventé une autre, le "lecornisme" : « Cent dix-neuf ! La motion de censure dont nous discutons fait suite au 119e recours à l’article 49.3 de l’histoire de la Ve République et au second en une semaine mais, surtout, à des centaines d’heures de débats budgétaires qui ont confirmé l’intransigeance du bloc central, un extrême centre arc-bouté sur ses dogmes budgétaires et refusant toute remise en cause de sa politique économique. Il faut vous reconnaître là une certaine constance ! (…) Monsieur le Premier Ministre, votre légitimité démocratique ne procédera que de l’absence de censure. Soit nous validons la perspective que vous proposez, soit nous censurons. Ne comptez pas sur les élus [communistes] pour se faire les VRP de votre austère relevé de conclusions d’une réunion élyséenne. (…) J’ignore si le lecornisme est la maladie infantile du macronisme mais une chose est sûre : il se traduit par les mêmes symptômes de déconnexion et de mépris des attentes populaires que nous avons défendues au travers des nombreuses propositions que, face à la digue tenue par l’union des droites, nous avons formulées lors du débat du projet de loi de finances. ».

Rien ne va dans le texte budgétaire aux yeux d'Éric Ciotti : « C’est un texte sans vision, sans courage et sans foi dans l’économie. Votre budget est en effet l’aveu d’une trajectoire désormais assumée, qui consiste à compenser chaque échec par une hausse d’impôt, chaque renoncement par une augmentation de la dépense et chaque absence de réforme par de la dette. Vous avez fait de la fuite en avant une méthode et une politique où l’on achète du temps à crédit, où l’on préserve de petits équilibres politiciens au prix d’un déséquilibre financier durable, où l’on choisit aujourd’hui de sauver des majorités provisoires, bancales et contradictoires et de faire payer demain nos enfants et nos petits-enfants. (…) Ce budget est profondément mauvais : mauvais dans son esprit, mauvais dans ses choix et mauvais dans ses conséquences et ce sont une fois de plus les ménages et les entreprises qui en feront les frais. (…) Au nom d’une stabilité politique illusoire, vous avez renié la politique de l’offre pour lui préférer la facilité consistant à céder aux diktats du parti socialiste, de M. Hollande et de M. Faure, devenus les maîtres chanteurs budgétaires malgré leur résultat à 1,6% des voix à l’élection présidentielle. C’est une anomalie démocratique mais, surtout, une faute économique. ».

La députée EPR Julie Delpech, quant à elle, s'est moquée des bégaiements de l'opposition : « Nous y revoilà, à débattre des mêmes motions de censure, déposées par les mêmes groupes politiques, cosignées par les mêmes députés. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie. Or ce bégaiement porte les noms de deux groupes que les discours semblent opposer mais que l’obsession du chaos finit toujours par réunir : La France insoumise, aidée de ses alliés écologistes et communistes, et le Rassemblement national, épaulé par les députés [ciottistes], dont on peine encore à comprendre ce qui [les] différencie de Mme Le Pen. Depuis 2022, La France insoumise et le Rassemblement national ont déposé, à eux deux, près de cinquante motions de censure. Cinquante ! Cinquante fois, ils ont demandé la chute du gouvernement. Cinquante fois, ils ont tenté d’immobiliser le Parlement. Cinquante fois, ils ont préféré le chaos au travail. Leur stratégie est claire : lorsque le Parlement légifère, ils bloquent, lorsque le Premier Ministre propose une solution au blocage, ils censurent. Chers collègues, vos méthodes frôlent le comique de répétition, à la différence près que celles-ci n’ont rien de comique. ».

Et d'exposer l'objectif de ces motions de censure : « Soyons clairs. Chacune de leurs motions de censure décale plusieurs heures de débat en séance, bouscule l’ordre du jour et repousse les avancées concrètes pour les Français. Au total, ces motions de censure ont englouti près de 150 heures de débats parlementaires alors que la quasi-totalité d’entre elles étaient vouées à l’échec : 150 heures de débat gâchées pendant lesquelles nous n’avons pas pu débattre du pouvoir d’achat, travailler sur la santé et l’hôpital, avancer sur le logement ou réformer notre système d’éducation pour, en somme, améliorer le quotidien des Français. Ou de tout cela simultanément comme dans le projet de loi de finances ! En fin de compte, elles auront généré 150 heures de vacarme et de théâtre destinées à masquer le vide ou l’incohérence de leurs propositions. Ne nous racontons pas d’histoires. Ces motions ne sont ni accidentelles, ni exceptionnelles, ni dictées par l’urgence nationale. Elles relèvent d’une stratégie politique commune, assumée par les deux extrêmes, et consistant à faire croire que la France est ingouvernable pour mieux s’en proclamer demain les seuls sauveurs. C’est la raison pour laquelle depuis des années La France insoumise et le Rassemblement national organisent de manière systémique l’échec de nos débats et l’instabilité de notre vie politique! Pourquoi ce sabotage méthodique ? Parce que le chaos est leur carburant politique. Plus l’incertitude grimpe, plus ils espèrent récolter les fruits de la colère. ».

Mettant en lumière la collusion entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, Julie Delpech a accusé cette entreprise de destruction de la France : « C’est une alliance de circonstance dont le seul dénominateur commun est la passion du blocage. D’un côté, ceux qui voient dans chaque ligne budgétaire une trahison de la révolution mondiale ; de l’autre, ceux qui attendent que le pays s’effondre pour venir, pensent-ils, ramasser les débris. À force de crier à la crise, on finit par fabriquer l’instabilité qu’on prétend dénoncer et de laquelle on prétend vouloir sauver la France. Le vrai clivage n’est pas entre la majorité et l’opposition, ni entre la droite et la gauche, il est entre ceux qui veulent faire fonctionner la République et ceux qui veulent la bloquer. Entre ceux qui acceptent la complexité de gouverner et ceux qui préfèrent la facilité du slogan. Il n’y a qu’à regarder le contenu des motions déposées pour comprendre qu’elles sont interchangeables, tant la prose est la même. Ce n’est pas un budget qu’il est proposé de censurer, c’est la possibilité même d’un compromis, c’est l’idée qu’au-delà de nos désaccords, la France doit continuer d’avancer. La réalité, c’est que le Rassemblement national et la France insoumise sont contre tout, tout le temps. (…) Les Français en ont marre et ils le disent. Ils en ont marre qu’au lieu du compromis, certains cherchent constamment à jeter la pomme de discorde au milieu de cet hémicycle, à pointer du doigt les groupes politiques qui travaillent ensemble et font le choix de l’apaisement et de la responsabilité. (…) Chaque motion de censure inutile nous conduit un peu plus loin dans l’instabilité. Ce qui devrait être un moment de vérité n’est rien d’autre qu’une impasse. Quelle est l’alternative ? À l’extrême gauche, on veut tout dépenser sans rien produire. À l’extrême droite, on veut tout fermer sans rien construire. Ces motions de censure ne sont pas des actes politiques, elles sont une démission collective. Par refus de choisir, leurs auteurs essaient d’empêcher ceux qui ont le courage de le faire. Depuis quand cette assemblée s’est-elle donnée comme boussole la chute du gouvernement alors qu’elle devrait chercher à faire tenir notre pays ? En déposant ces motions de censure, ce n’est pas le Premier Ministre et le gouvernement qui sont visés, mais la stabilité de la France. Ce n’est pas le gouvernement qui est pénalisé, mais les Français qu’ils prétendent défendre. ».

Le député mélenchoniste Hadrien Clouet estimait à tort que l'adoption de sa motion de censure était possible : « Cette censure est à portée de main. À la mi-janvier, le gouvernement tenait à trente-deux voix, ce qui n’était déjà pas grand-chose. Vendredi dernier, il tenait à dix-neuf voix, encore moins. Il perd une voix et demie par jour. Collègues hésitants, ces derniers jours vous ont montré la réalité du pouvoir : des gens qui partent se goberger avec le Medef pendant que les plans de licenciements se succèdent partout dans le pays. Dans la banque, l’assurance, le transport, l’agroalimentaire, en quatre jours, des suppressions de postes ont été annoncées chez Teisseire, Capgemini, Colruyt, Fedex, Ubisoft, Forsee Power, Amazon et j’en passe. Qu’ont fait les ministres ? Rien, pas un son, pas une image. Avez-vous confiance dans ces gens ? Pas nous, et vous non plus ne pouvez pas leur faire confiance. Ils ne savent pas gérer leurs dossiers, ils n’en disent rien, ils sont complices au jour le jour de tout ce qui arrive à ce pays. Cela mérite la censure. Maintenir le clan Macron au pouvoir, c’est dégager la piste d’atterrissage pour d’autres textes tout aussi inacceptables. ».

Sa rancœur, il l'a exprimée surtout contre les socialistes qui ne veulent pas jouer le jeu du chaos : « Le parti socialiste a tout sacrifié, ses principes, ses électeurs, ses idées, son programme, pour maintenir le déficit à moins de 5%. Voilà un projet de vie qui fait rêver : bazarder tout un programme et des engagements électoraux pour un déficit à 5%. J’entends certains parler de victoire, mais à quoi ressemble le mur des victoires au siège du parti socialiste ? Un mur où sont affichés Azincourt, Bérézina, Trafalgar, budget Lecornu ? À quoi ressemble leur imaginaire de la victoire politique ? Dans le monde réel, on ne trouve pas une seule proposition socialiste dans le texte du projet de loi de finances, mais il bénéficie des voix des socialistes. Si le capitaine du Titanic était adhérent au parti socialiste, il aurait serré la main de l’iceberg ! D’autant que le deal avec le PS est signé, du côté macroniste, par une équipe de super menteurs. On entend dans les couloirs des parlementaires tentés de laisser passer le budget en comptant sur les miettes, croyant peut-être que les miettes font un repas, bien que cela n’ait jamais été le cas dans l’histoire du monde, mais surtout en essayant de faire confiance au gouvernement. ».

La députée socialiste Océane Godard avait sans doute le plus mauvais rôle puisqu'il lui fallait expliquer à ses anciens partenaires de la nouvelle farce populaire son refus de voter la censure : « Les partis politiques sont au service de la prise de décision et de la gouvernabilité. Ils ne sont pas au service du gouvernement de la France ; ils ne sont pas non plus au service de la paralysie, du blocage et du chaos, ce qui implique nécessairement de reconnaître le point de vue adverse, c’est le fondement du compromis. (…) J’entends que ce nouvel acte de maturité de la démocratie, pour lequel le groupe socialiste s’est engagé, soulève des étonnements, des incompréhensions, qui estompent le débat rationnel au profit d’une rhétorique émotionnelle privilégiant colère, invective et autres excès de langage et de posture. Mes chers collègues, je vous pose la question : la démocratie parlementaire telle que nous la vivons serait-elle condamnée à s’exprimer uniquement sous une forme polarisée, soit la censure soit le soutien du gouvernement ? Les socialistes répondent non. Avec courage, exigence et responsabilité, ils saisissent l’occasion offerte par cette situation démocratique inédite pour dire aux Français que le compromis et l’indignation ne sont pas incompatibles. ».

Et d'énoncer ce que le PS a obtenu : « Concrètement, les négociations avec le gouvernement ont conduit à ce que les efforts fiscaux ne pèsent pas sur les ménages. Ce sont les 400 plus grandes entreprises qui financeront majoritairement l’équilibre budgétaire. Les TPE-PME de nos territoires sont préservées. De plus, les négociations des socialistes ont garanti la fin de l’année blanche. Autrement dit, en 2026, les pensions de retraite, le RSA, les bourses étudiantes, les APL, les allocations familiales, les minima sociaux, la prime d’activité seront réévalués, contrairement à ce que le gouvernement avait prévu. Le barème de l’impôt sur le revenu sera lui aussi relevé. Trois millions de travailleurs aux revenus modestes verront leur pouvoir d’achat augmenter. Voilà le fruit des négociations. ».

Le député LR Corentin Le Fur a aussi énuméré ce que LR a obtenu : « Nous nous sommes battus pour que les impôts des classes moyennes n’augmentent pas. Nous avons obtenu la réindexation de l’impôt sur le revenu. Nous nous sommes battus pour protéger les retraités qui ont travaillé toute leur vie. Nous avons obtenu la réindexation des retraites. (…) Nous nous sommes battus pour les enfants en situation de handicap (…). Nous saluons l’augmentation du nombre d’AESH, même s’il faudra aller plus loin dans l’intérêt de nos enfants, en donnant enfin un statut et un salaire décent à toutes ces femmes qui sont l’incarnation magnifique de l’inclusion scolaire (…). En outre, il n’est plus question de taxe Zucman, ni d’augmentation de la fiscalité sur l’assurance vie, ni de racket des entreprises familiales, et c’est heureux. Face à la dérive taxatrice et à la folie fiscale d’une grande partie de la gauche et du RN, il a fallu lutter pied à pied pour empêcher que l’on n’achève de faire de notre pays un enfer fiscal, ce qu’il est, hélas, trop souvent. ».

Il a fait l'apologie de la négociation et du compromis : « Toutes ces victoires, il a fallu se battre pour aller les chercher ! C’est le fruit d’un travail de longue haleine. (…) Ces victoires, nous les avons obtenues, arrachées, non pas pour nous-mêmes, mais pour les Français, pour les entreprises, pour notre pays. Grâce à tout cela, le présent budget ne ressemble plus du tout au musée des horreurs que M. Bayrou avait tenté de nous vendre. Néanmoins, nous sommes parfaitement lucides. Ce budget est-il idéal ? Bien sûr que non ! (…) Il s’agit néanmoins d’un budget de compromis, et le propre du compromis est précisément de ne satisfaire personne complètement mais d’assurer l’essentiel. (…) Pour paraphraser Raymond Aron, en politique, le choix n’est pas entre le bien et le mal, mais entre le préférable et le détestable, et nous considérons que, même imparfait, un budget sera toujours préférable à pas de budget du tout. Qui peut sérieusement croire qu’une censure renforcerait notre pays ? (…) Plus que jamais, la situation exige d’être unis, de sortir de notre torpeur et d’une forme de nombrilisme coupable. ».

Corentin Le Fur a ensuite dénoncé la collusion entre les extrêmes : « Notre regretté collègue Olivier Marleix, dont j’entends encore résonner la voix dans cet hémicycle, nous disait que rien de grand ne se fait sans un minimum d’unité nationale. Lui qui croyait tant à la souveraineté française savait mieux que personne que, chaque fois que notre pays est divisé, nous sommes marginalisés. Les Français ne sont pas dupes des postures. Ils voient bien que des partis extrêmes que tout oppose sont prêts à s’unir par pure tactique politicienne pour jouer ensemble la stratégie du pire, souffler sur les braises et attiser le chaos. Bas les masques, quand le RN et LFI votent ensemble 36 milliards de hausses de taxes et d’impôts nouveaux sur les ménages et les entreprises ! Bas les masques, quand le RN et LFI, véritables alliés de circonstance, votent ensemble la censure et répètent qu’ils censureront quiconque, tout le temps ! Bas les masques, quand le RN et LFI contestent le vote des Français de juillet 2024, au point qu’ils voulaient revoter dès le lendemain. Quelle drôle de conception de la démocratie et du choix souverain des Français ! ».

Et de complimenter Sébastien Lecornu : « J’en profite, monsieur le Premier Ministre, pour saluer votre humilité, votre écoute et votre capacité à vous remettre en question durant tout le débat budgétaire, qualités partagées par la ministre de l’action et des comptes publics et par le ministre de l’économie. Si je regrette Michel Barnier, qui aura été un grand Premier Ministre pour la France, je crois que vous vous inscrivez dans ses pas, avec la même droiture et le même sens de l’intérêt général. ».

Terminant la ronde des parlementaires, le député non-inscrit Philippe Bonnecarrère a tenu à célébré un anniversaire peu commun : « Notre pays adore les motions de censure, les cérémonies et les anniversaires. Aussi le cinquantenaire du dernier budget à l’équilibre présenté par Raymond Barre aurait-il mérité d’être salué à sa juste valeur. Le seul énoncé de ces cinquante ans de déficits continus souligne notre addiction à la dépense publique et à la dette, et résonne comme un appel à l’humilité. ».

Concluant le débat, Sébastien Lecornu a pris la parole : « Depuis des semaines, un même réflexe traverse le débat : on réclame toujours plus de crédits, parfois des économies, mais personne ne veut s’accorder afin de trouver une majorité pour dire lesquelles. Dans le même temps, on feint de s’étonner de la dette, du déficit et de la fragilité de notre pays. Cette contradiction n’est pas une erreur ; pour certains, c’est une stratégie, qui consiste à ne jamais décider et à ne pas vouloir travailler à un compromis pour pouvoir, toujours, accuser. Le présent projet de budget, quant à lui, décide. Il décide que la France ne peut plus vivre comme si ses finances n’avaient pas de limites. Il décide que l’effort doit porter d’abord sur la dépense publique, puisque la fiscalité est stable par rapport à 2025. Il décide que l’État doit apprendre à faire mieux, parfois avec moins, sans casser ce qui tient le pays. C’est précisément pour cela qu’il est attaqué ou caricaturé. ».
 


Et d'assurer qu'il n'y avait pas d'alternative : « Il faut le dire clairement : pendant ces 350 heures de débat parlementaire, il n’y a pas eu d’alternative crédible ; il n’a été question d’aucune solution qui ne passe pas soit par plus de dette, soit par plus d’impôts, soit par des économies qui n’existent pas. Certains moments ont même frisé la caricature. On a d’abord vu surgir des impôts imaginaires, des recettes proclamées mais jamais démontrées, des milliards annoncés sans base solide, sans rendement établi, sans crédibilité économique ; et je ne parle pas des mesures qui méconnaissent les règles élémentaires de l’État de droit, rien moins que le respect du droit de propriété ou l’égalité devant les charges publiques. Le gouvernement a repoussé toutes ces propositions, non par dogmatisme mais par souci de sérieux. (…) J’avais déjà rappelé devant vous, à l’automne dernier, ce que disait Georges Pompidou : on ne peut pas traire indéfiniment la même vache en faisant semblant d’ignorer qu’elle finit par ne plus donner de lait. Or c’est exactement ce que font ceux qui prétendent financer l’action publique par des recettes fictives. Non seulement nous n’aurons pas touché à la vache mais nous aurons procédé, je le crois, à une juste répartition du lait. Cependant, il y a sans doute pire encore que les impôts imaginaires : il y a les économies imaginaires, celles que l’on annonce sans jamais dire où elles tombent ; celles que l’on empile sur le papier, sans identifier de responsable ; celles qui laissent à penser à nos concitoyens qu’au fond, tout cela serait facile ; celles qui finiront, tôt ou tard, par abîmer encore un peu plus notre contrat social. (…) Des économies magiques, invisibles, indolores. En réalité, ce n’est pas de la rigueur, c’est une facilité. Cela ne coûte pas grand-chose de faire la leçon. Toutefois, cet épisode devrait permettre à chacun d’en tirer quelques-unes pour soi-même, ne serait-ce que par souci de crédibilité. Un budget sérieux ne repose ni sur des impôts fantômes ni sur des économies incantatoires ; il repose sur des choix assumés, chiffrés, traçables. (…) Quand un budget n’est le texte de personne et qu’il est issu du compromis, chacun y projette ses peurs ou ses postures. Cependant, ce grand écart permanent dit moins de ce budget que de l’embarras politique de celles et ceux qui le commentent. ».
 


À l'issue de ce débat parlementaire, les deux motions de censure ayant été rejetées, la partie dépenses et l'ensemble du projet de loi de finances pour 2026 ont été considérés comme adoptés par l'Assemblée Nationale. Ce budget va donc être déposé au Sénat qui, selon la majorité sénatoriale, va le rejeter rapidement et sans débat pour qu'il puisse revenir à l'Assemblée qui aura le dernier mot. Il y aura sans doute encore des motions de censure avant la fin de la procédure budgétaire, sans plus de suspense.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 janvier 2026)
http://www.rakotoarison.eu


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