« Un jour, Jeffrey nous a dit, à mon père et moi, qu'il voulait investir dans de jeunes artistes français et internationaux, pour les aider. » (Caroline Lang, le 2 février 2026 sur Mediapart).
/image%2F1488922%2F20260206%2Fob_fc3b78_yartilangcaroline01.jpg)
Avant toute chose, insistons sur le fait que l'affaire Epstein a mis en lumière un vaste réseau de pédocriminalité absolument épouvantable ayant agressé, violé, traumatisé des milliers de jeunes adolescentes et que ces dernières sont évidemment les vraies victimes de Jeffrey Epstein, demi-milliardaire américain qui a réussi à multiplier ses relations mondaines partout dans le monde et dans toutes les disciplines, financières, politiques, scientifiques, culturelles, etc.
Et dans le cadre de cette affaire, la justice américaine vient de diffuser au public un nombre phénoménal de documents privés concernant les relations qu'entretenait l'homme d'affaires. Certains documents ont même dû être retirés d'urgence car ils contenaient les noms, coordonnées, comptes bancaires, etc. des victimes !
Parmi les nombreux noms cités, on retrouve Caroline Lang, 64 ans, et, plus connu, son père, Jack Lang, 86 ans. Des photos montrent même l'ancien Ministre de la Culture en compagnie du pédo-milliardaire posant devant la Pyramide du Louvre en 2019. Ces noms ont été jetés ainsi en pâture médiatique le 2 février 2026 par le site spécialisé en trash, à savoir Mediapart.
Si Jack Lang a toujours été un personnage public, et encore maintenant puisqu'il occupe une fonction très officielle, président de l'Institut du monde arabe (il serait convoqué très prochainement au Quai d'Orsay, son ministère de tutelle), sa fille Caroline, elle, n'est pas du tout une personnalité publique mais l'affaire Epstein a éclaboussée sa vie soudainement, car cette citation l'oblige désormais à s'expliquer, à se justifier.
/image%2F1488922%2F20260204%2Fob_af6ced_yartilangjackc05.jpg)
C'est ce qu'elle a fait dans la soirée de ce jeudi 5 février 2026 sur la chaîne BFMTV. Pendant un peu plus d'un quart d'heure, elle a accepté de répondre aux questions d'un journaliste, même si, en fait, elle avait déjà préparé son laïus. C'est donc une femme certes souriante mais très mal à l'aise, très émue, qui s'est exprimée. Elle n'est pas une victime de Jeffrey Epstein, mais une victime collatérale de l'affaire Epstein.
Et qu'a-t-elle dit ? Caroline Lang a rencontré pour la première fois Jeffrey Epstein en 2012. C'est par l'intermédiaire d'une personne amie qu'elle connaissait depuis trente ans. Les trois avaient un point commun, leur amour de l'art contemporain. Elle a expliqué qu'en tout, elle a dû rencontrer une quinzaine de fois le milliardaire (fortune équivalente à un demi-milliard de dollars), et qu'elle n'a pas reçu un seul centime de lui. Ils se tutoyaient. Lui l'a considérée comme une amie intime, mais ce n'aurait pas été réciproque.
Néanmoins, l'homme devait avoir un charisme fou. Sa volonté d'avoir des relations avec tout ce que le monde comportait de personnalités intéressantes était énorme. Une sorte de milliardaire mondain assoiffé de culture et d'art, comme pour parfaire sa reconnaissance.
Lorsque sa sœur Valérie, actrice (et par ailleurs candidate suppléante du MoDem aux élections législatives de juin 2007), est morte le 22 juillet 2013 d'un cancer foudroyant, le choc fut rude pour Caroline (et ses parents) et Jeffrey Epstein a su trouver les mots et la présence pour les aider à passer ce cap psychologique.
En 2014, Jeffrey Epstein a avoué à Caroline Lang que sur Google, sa réputation pouvait être mauvaise. Sur BFMTV, la productrice de cinéma a donc raconté qu'elle n'avait trouvé qu'un seul article d'un journal de Floride qui évoquait une condamnation à dix-huit mois de prison pour avoir demandé à une jeune fille de 16 ans de le masser, et il n'a fait que treize mois de prison. En fait, c'était 14 ans et une tentative de viol. Pour Caroline Lang, il avait payé sa dette et il avait droit à une seconde chance. Elle a vraiment découvert le pédocriminel qu'en été 2019 lorsqu'il a été arrêté et incarcéré, et que fut connue l'étendue des dégâts, des milliers de victimes de viol alors qu'elles étaient mineures, dans un réseau savamment construit.
Pour expliquer son aveuglément, elle a donné une, à mon avis, mauvaise analogie, en comparant Epstein à Pélicot, deux personnalités capables de briller en société sans laisser croire qu'ils seraient des violeurs multirécidivistes.
Toujours est-il que la passion commune pour l'art contemporain a débouché sur un projet intéressant : en 2016, les avocats de Jeffrey Epstein ont créé une société aux Îles Vierges américaines avec une dotation de 1,4 million de dollar, avec Jeffrey Epstein et Caroline Lang pour demi-propriétaires. Cette somme, elle ne l'a jamais touchée car ce n'était pas l'objectif : elle devait servir à acquérir des œuvres d'artistes contemporains. Elle n'a su que ces derniers jours que les statuts de l'entreprise indiquaient qu'elle s'autodissoudrait en cas de décès de Jeffrey Epstein, de Caroline Lang... ou de Jack Lang. C'est la seule fois où était cité le nom de son père et elle n'est toujours pas parvenue à s'expliquer l'existence de cette mention.
Pourtant, il est assez facile d'imaginer que Jeffrey Epstein aimait nouer des relations et, avec son argent, rendre ses amis des obligés sur qui il auraient un ascendant. Ainsi étaient filmés ses amis en pleine action avec les adolescentes qu'il leur fournissait. Autant dire que le pouvoir d'influence pouvait être important. Caroline Lang a bien insisté : elle voyait des photographies de Jeffrey Epstein en pleine convivialité avec des grands de ce monde, en particulier Bill Clinton et Donald Trump. Quelqu'un qui a pour amis des Présidents des États-Unis ne pouvait pas être aussi sulfureux qu'on l'a su par la suite !
Quand elle a appris tout ce dont on l'a accusé, en 2019, elle a demandé à se retirer de cette société assez obscure et à ne rien toucher ni du capital de l'entreprise ni des éventuelles ventes des œuvres acquises. Et elle a appris, six années après la mort du milliardaire, qu'elle était inscrite sur son testament pour toucher 5 millions de dollars (mais elle n'a rien touché).
/image%2F1488922%2F20260204%2Fob_a0e796_yartilangjackc03.jpg)
À l'entendre, on peut se convaincre qu'elle a été plutôt une sorte d'idiote utile du milliardaire, une sorte de naïve qui, éblouie comme Icare par le Soleil, avait accepté de profiter de quelques rayons. Jack Lang a longtemps été dans le même gouvernement qu'un autre dandy de la République, Roland Dumas. Tous les deux étaient des sortes de bonimenteurs de la Mitterrandie.
Mais avec Jeffrey Epstein, Jack Lang avait incontestablement rencontré son maître en "bonimenteries", un sorte de bonimenteur de classe mondiale. Et cela révèle surtout que parmi les puissants, l'argent corrompt dès qu'on le touche. C'est un autre monde, d'influences et de chantages, d'obligés et de vendus, qui ne sera jamais connu des vrais gens du peuple. Epstein, c'était cela, aussi, parmi certaines élites, la part de vanité en elles.
Aussi sur le blog.
Sylvain Rakotoarison (05 février 2026)
http://www.rakotoarison.eu
Pour aller plus loin :
Caroline Lang.
Affaire Epstein : et Jack Lang entre dans la danse...
Entre culture et imposture.
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260205-caroline-lang.html
https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/caroline-lang-serait-elle-une-266598
http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/02/05/article-sr-20260205-caroline-lang.html
.
commenter cet article …
