« Le séisme initiateur, d'une magnitude 9, soulève une vague qui atteint 30 mètres de haut sur certaines parties de la côte orientale japonaise et qui se répand jusqu'à dix kilomètres à l'intérieur des terres, faisant plus de 18 000 morts par noyade. La vague atteint une hauteur de 15 mètres au niveau de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, située sur le littoral, et met hors service les systèmes assurant le refroidissement des réacteurs et des piscines de stockage du combustible irradié, ce qui entraîne la fusion des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ainsi que la surchauffe de la piscine de désactivation du réacteur 4. » (Wikipédia).
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Et l'encyclopédie en ligne Wikipédia de poursuivre : « Il s'agit de la deuxième catastrophe de centrale nucléaire de l'histoire classée au niveau 7, le plus élevé sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES), au même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl (1986), en particulier par le volume important des rejets radioactifs dans l'océan Pacifique. L'accident nucléaire de Fukushima est ce qu’on appelle au Japon un Genpatsu-shinsai, un accident combinant les effets d'un accident nucléaire et d'un séisme. ».
La catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, près de Sendai, est survenue il y a exactement quinze ans, le 11 mars 2011 et, avec la catastrophe de Tchernobyl, constitue ce que redoutaient tous les militants anti-nucléaires, à savoir un accident d'une importance mondiale.
Paradoxalement, le bilan humain serait étrangement faible malgré l'importance majeure de la catastrophe puisqu'un seul décès a été pris en compte, susceptible d'être une conséquence de cette catastrophe, un ouvrier atteint de leucémie qui est mort cinq années plus tard. En revanche, victimes collatérales, plus de 2 200 personnes auraient péri des suites des déplacements de populations consécutifs à la catastrophe nucléaire.
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Les installations avaient été construites pour résister à un séisme de magnitude 8 et d'un tsunami de 5,7 mètres de hauteur. Au-delà, cela avait été considéré comme hautement improbable, même si ce n'était pas impossible. Ce qui a été mis en évidence, c'était la défection des systèmes de refroidissement des réacteurs ainsi que de ceux de secours. Le risque, sans refroidissement, était la fusion du cœur du réacteur. C'est ce qui se serait passé pour les réacteurs 1, 2 et 3. Pendant un mois, la situation des quatre réacteurs nucléaires fut scrutée en direct minute après minute avec un écho international, entraînant une véritable psychose du nucléaire avec, comme conséquence directe, l'arrêt du nucléaire allemand (surtout pour des raisons électorales).
Concrètement, la centrale de Fukushima a été rendue hors service définitivement et est amenée à être totalement démantelée d'ici à 2050-2060. Pendant ce temps-là, des millions de mètres cubes d'eau de refroidissement sont rejetés dans l'océan après filtrage et dilution. Ces coûts très élevés du démantèlement devraient être pris en compte dans le coût du nucléaire. Les coûts de la catastrophe ont été évalués par l'exploitant Tepco le 7 novembre 2012 à environ 100 milliards d'euros, comprenant la décontamination des zones touchées et l'indemnisation des villes et des personnes.
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Au cours d'un conseil extraordinaire de l'OCDE réuni le 28 avril 2011 à Paris, le directeur général de l'AEIA (Agence internationale de l'énergie atomique) Yukiya Amano a déclaré : « La confiance du public dans la sûreté des centrales nucléaires a été profondément ébranlée dans le monde entier. Nous devons par conséquent continuer à travailler dur pour augmenter la sûreté de ces centrales, et garantir la transparence par rapport aux risques que représentent les radiations nucléaires. C'est seulement de cette manière qu'il sera possible de répondre aux questions soulevées par Fukushima Daiichi. ».
Néanmoins, les mentalités ont beaucoup évolué depuis quinze ans en raison des conséquences du bouleversement climatique dont la cause serait les émissions de carbone. Tout doit donc être désormais fait pour réduire voire supprimer toute énergie d'origine fossile (principalement le pétrole, le gaz et le charbon). À cet égard, les énergies renouvelables que sont l'hydroélectricité, les éoliennes et le photovoltaïques ne tiennent pas leurs promesses car elles sont insuffisantes en puissance et, pour les deux dernières, seulement complémentaires d'une énergie fossile.
C'est pourquoi l'énergie nucléaire se retrouve dans la situation d'être la meilleure énergie pour réduire au maximum les émissions de carbone. L'inflexion politique en France, pays nucléaire par excellence (et bon élève pour les émissions de carbone) a eu lieu le 9 février 2022 lorsque le Président Emmanuel Macron, après avoir confirmé le démantèlement de la centrale de Fessenheim au début de son premier quinquennat (une décision purement politique car elle ne se justifiait pas du point de vue technique), a annoncé un plan d'installation de nouvelles centrales nucléaires. Une sorte de repentance nucléaire.
Au Japon, le gouvernement japonais avait pris la décision le 14 septembre 2012 d'une sortie totale du nucléaire en 2040, mais le Premier Ministre japonais est revenu sur cette décision en été 2015 en relançant les réacteurs en état de marche et de sécurité, considérant que cela reste encore l'énergie la moins chère. En mai 2021, sur un parc de 33 réacteurs, 26 ont été définitivement arrêtés et 7 sont encore en fonctionnement.
Ce retour des perspectives nucléaires arrive également avec la volonté de favoriser la voiture au moteur électrique (au détriment de la voiture au moteur thermique). Rien qu'en France, si on gardait les déplacements automobiles constatés (donc sans les réduire), il faudrait doubler le parc des centrales nucléaires (plus d'une cinquantaine de réacteurs actuellement) pour faire face aux besoins en énergie pour l'automobile. Cela paraît un gigantesque défi tant financier que technologique que la France, pas plus que ses partenaires européens et mondiaux, ne sont capables de relever à ce jour.
Aussi sur le blog.
Sylvain Rakotoarison (07 mars 2026)
http://www.rakotoarison.eu
Pour aller plus loin :
Fukushima, une psychose de 15 ans.
Hiroshima et Nagasaki : le mythe fondateur de la dissuasion nucléaire.
Le syndrome d'Hiroshima.
En France, record mondial pour la fusion nucléaire !
Dominique Voynet, la fossoyeuse de l'énergie nucléaire française.
La repentance nucléaire : Emmanuel Macron à Belfort.
La filière nucléaire en crise, par Marc Endeweld dans "La Tribune" du 9 février 2022.
COP26 : face à l’alarmisme, le leadership mondial d’Emmanuel Macron.
Rapport de RTE sur les perspectives de production d’électricité, publié le 25 octobre 2021 (à télécharger).
Rapport du GIEC publié le 9 août 2021 (à télécharger).
François Bayrou relance le programme nucléaire français.
Note de synthèse du 23 mars 2021 du haut-commissaire au Plan sur le programme nucléaire français (à télécharger).
Interview de François Bayrou le 24 mars 2021 sur LCI (à télécharger).
Le débat rayonnant sur le nucléaire.
François Hollande coincé entre Jean-Pierre Chevènement et Eva Joly sur le nucléaire.
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Incompréhensions américaines : le nucléaire iranien.
Au cœur de la tragédie einsteinienne.
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La Corée du Nord selon Guy Delisle.
Fukushima, dix ans après.
Tchernobyl (1986).
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L’industrie de l’énergie en France.
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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260311-fukushima.html
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