« C’est avec émotion que nous avons appris le décès du jeune Quentin Deranque. Victime d’une agression d’une violence inouïe commise par plusieurs individus à Lyon, il a succombé à ses nombreuses blessures. Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées. En notre nom à tous, j’adresse nos pensées à sa famille et à ses proches endeuillés. » (Yaël Braun-Pivet, le 17 février 2026 dans l'hémicycle).
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C'était à la demande du député Éric Ciotti que la Présidente de l'Assemblée Nationale Yaël Braun-Pivet a accepté le 17 février 2026 de faire une minute de silence pour se recueillir dans l'hémicycle à la suite de la mort de Quentin Deranque, un militant d'extrême droite, qui a succombé à ses blessures le 14 février 2026 (après un affrontement le 12 février 2026 en marge d'une conférence de Rima Hassan à Lyon).
Quelques semaines plus tard, le 25 mars 2026, Yaël Braun-Pivet s'est demandé si elle n'en avait pas fait un peu trop (« On peut la regretter […] compte-tenu du personnage. ») pour un militant d'extrême droite dont elle s'est déclarée « horrifiée » des déclarations révélées le 13 mars 2026. Et pourtant, elle avait dit les bonnes paroles : « Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées. ».
Ce drame a polarisé le débat politique il y a quelques semaines et je souhaite y revenir. On a accusé des proches de France insoumise d'avoir fait partie des tortionnaires de Quentin Deranque. Il était à terre et a été lynché par des militants d'extrême gauche de la Jeune garde, supposés être des antifascistes, mais dans les faits, ils se sont comportés comme des fascistes. De toute façon, les extrémismes se rejoignent et la violence appelle toujours la violence.
La réalité, c'est que les 17 et 18 février 2026, onze personnes ont été interpellées et placées en garde-à-vue dans l'enquête menée par le parquet de Lyon pour « coups mortels aggravés ». Sept personnes ont été mises en examen et placées en détention provisoire le 19 février 2026. Deux assistants parlementaires et un ancien assistant parlementaire stagiaire du député FI Raphaël Arnault ont été mis en cause, dont l'un pour « complicité d'homicide volontaire par instigation, violences aggravées et association de malfaiteurs » et les deux autres pour « homicide volontaire ». Raphaël Arnault, lui-même condamné en 2022 pour violences volontaires en réunion et susceptible d'avoir été fiché S selon certains journalistes pour avoir créé la Jeune garde dissoute en 2025, a été exclu de l'enceinte du Palais-Bourbon à titre conservatoire du 16 février 2026 au 1er avril 2026, pour éviter tout « trouble à l'ordre public ».
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Cette focalisation sur un député insoumis et son entourage douteux (sur fond de campagne municipale) a entraîné une sorte de contre-feu médiatique sur la personnalité de la victime, Quentin Deranque. Des médias d'extrême gauche ainsi que d'autres journaux ont ainsi pu établir en mars 2026 que Quentin n'était pas le jeune catholique traditionaliste propre sur lui, comme décrit par quelques proches, mais un militant d'extrême droite radicalisé, néonazi, ayant écrit des horreurs dans les réseaux sociaux. Parmi ses répliques sous le pseudonyme de Gavariou, il avait effectivement écrit : « Moi, je soutiens Adolf. » ou encore : « On veut le fascisme. ». Il avait par ailleurs insulté l'ancienne déportée des camps de la mort Ginette Kolinka disant sur France 5 : « Si j'ai été déportée, c'est bien parce que l'extrême droite était au pouvoir. », ce à quoi Quentin avait répondu : « On en a rien à f@utre de ce disque rayé. ».
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Bref, oui, Quentin Deranque, enterré le 24 février 2026, était un militant néofasciste avec des propos d'une extrême dureté, peut-être même condamnables selon la loi qui sanctionne notamment les appels à la haine. Mais dans tous les cas, c'est lui qui est mort, lynché à terre par des militants d'extrême gauche. Ses propos aussi scandaleux fussent-ils, Quentin n'aurait jamais dû mourir pour ses idées, même nauséabondes. La peine de mort est abolie depuis longtemps et ses idées, je le répète, aussi puantes fussent-elles, ne méritaient pas la mort.
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C'est en quelque sorte le message qu'a délivré Dominique de Villepin, invité le mercredi 1er avril 2026 sur France 5, auquel je souscris : « La réalité, c'est qu'il y a eu la mort d'un jeune. Et ça, ça doit interroger tous les partis politiques, tous les responsables politiques. Et il n'y a pas, contrairement à ce que j'ai entendu, une violence de droite ou de gauche, une qui serait légitime et l'autre qui serait illégitime. Et je pense que c'est à partir de cette condamnation de toute forme de violence que tous les partis politiques devraient se rejoindre. ».
L'ancien Premier Ministre a fustigé le comportement des dirigeants des insoumis refusant de clairement condamner les militants d'extrême gauche à l'origine de la mort de Quentin : « C'est pour moi cette incapacité que l'on voit aujourd'hui d'un certain nombre de responsables politiques de ne pas ouvrir les yeux face à cette réalité... ».
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Et d'en faire une analyse plus générale sur la situation politique actuelle : « Ma conviction, c'est que la polarisation du jeu politique et la radicalité dans lequel s'enferment beaucoup de partis politiques, eh bien, c'est cela, la vraie menace et que c'est pour cela que le choix du rassemblement est le seul antidote à cette radicalité. Mais la radicalité vient du sentiment d'impuissance des Français, de dépossession et d'abandon, ça conduit donc les Français à se tourner vers des solutions extrêmes auxquelles on n'a pas eu recours encore. C'est un leurre, c'est une illusion, c'est un mensonge, et la réalité donc, c'est qu'il nous appartient, face à de tels drames, à la fois de faire preuve d'humanité, mais de faire preuve aussi d'une capacité à examiner, dans notre for intérieur, là où nous avons, les uns et les autres, mal fait. ».
Ses solutions ? Refaire ce qu'a fait Jacques Chirac, une nouvelle Commission Stasi : « Et donc je pense que dans le discours politique, comme dans les actes, la suppression de la Jeune garde devrait évidemment conduire LFI à faire son examen de conscience, mais dans les paroles comme dans les actes, la vie politique a déraillé depuis un certain nombre d'années parce que nous avons perdu la boussole. Jacques Chirac avait fixé des règles claires. Je pense qu'aujourd'hui, malheureusement, nos institutions, le Président de la République, les institutions démocratiques ne jouent pas leur rôle pour calmer. Et c'est pour cela que je pense qu'il y a une urgence, et je le dis au chef de l'État français : face à la montée de l'antisémitisme et de cette radicalisation, on voit à quel point elle a multiplié les actes antisémites, et aussi dans le domaine du racisme, de la xénophobie, eh bien, faisons comme Jacques Chirac l'avait fait en 2003 avec la Commission Stasi, mettons sur la table l'ensemble des questions de façon à évaluer les nouvelles formes d'antisémitisme, les nouvelles formes de racisme, les nouvelles formes d'antisionisme, et à partir de là, nous pourrons être capable de fixer une règle qui s'imposera aux magistrats qui, aujourd'hui, sont en profond désarroi devant ces situations-là, et qui s'imposera à toute la République. ».
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Dominique de Villepin a regretté aussi l'examen d'un texte à l'Assemblée qui est en train d'attiser de nombreuses critiques : « Nous allons avoir, au début du mois d'avril, un débat avec un projet de loi qui va venir sur ces questions, et qui, à tout le moins, ne porte pas une très grande sérénité. Ne faisons pas de nos principes républicains des outils de combat. Ne harcelons pas la République. Beaucoup ont tenté de le faire avec la laïcité. Eh bien, là, face au racisme, face à l'antisémitisme, nous avons besoin que les Français se rassemblent autour de règles claires. Clarté et mesure, c'est ça, la responsabilité républicaine. ».
Dans cette histoire tragique, les idées de Quentin ne sont pas les plus importantes. Ce qui est scandaleux, ce qu'il faut éviter à l'avenir, c'est de mourir pour des questions d'opinion politique dans un pays libre et démocratique. Quentin Deranque comme Clément Méric n'auraient jamais dû faire les titres des journaux. Ils n'auraient jamais dû laisser leur jeune vie sur l'autel de la violence politique. Comme le dit Dominique de Villepin, la responsabilité politique, c'est de tout faire pour calmer le jeu, retrouver une certaine sérénité, et condamner toute forme de violence politique.
Aussi sur le blog.
Sylvain Rakotoarison (04 avril 2026)
http://www.rakotoarison.eu
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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260401-quentin-deranque.html
https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/quentin-deranque-la-mort-d-un-267975
http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/04/02/article-sr-20260401-quentin-deranque.html
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