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16 juin 2026 2 16 /06 /juin /2026 04:21

« Après tant d'années, si j'étais rancunier, ça me poserait des problèmes. Donc je suis pragmatique et moi je n'ai qu'un maillot, c'est le maillot de l'équipe de France. (…) Moi, je pense que c'est par la discussion ferme, respectueuse, qu'on obtient des résultats. » (Emmanuel Macron, le 15 juin 2026 sur TF1).







 


Le Président de la République Emmanuel Macron répondait à la question de la journaliste Marie-Sophie Lacarrau qui lui rappelait les propos désagréables du Président des États-Unis Donald Trump l'année dernière (il se trompe toujours), et malgré cela, le chef de l'État français invite aux petits oignons son homologue américain pour un grand dîner à Versailles le 17 juin 2026.

Emmanuel Macron a en effet été interviewé pendant près d'une demi-heure au journal de 13 heures de TF1 ce lundi 15 juin 2026. Le milieu de journée n'était pas forcément la meilleure heure pour avoir une bonne audience, mais le soir, il recevait ses homologues du G7 à Évian. Du reste, c'est à la table du sommet international que le Président a reçu la journaliste. On peut écouter ou lire l'interview à ce lien.


C'est la dernière année d'Emmanuel Macron, et c'est son dernier G7. Par chance pour lui, c'est la France qui reçoit après Biarritz en août 2019. Il n'y a pas à dire, le chef de l'État est fort en politique étrangère, il est capable de porter fort la voix de la France et même de l'Europe (qui, en Europe, pourrait mieux que lui porter la voix de l'Europe que lui ? Certainement pas Giorgia Meloni ni Friedrich Merz), et cela de manière inlassable et durable. Mieux : il remet dans l'actualité le Président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky un peu oublié avec la guerre en Iran, et pourtant, aujourd'hui, Vladimir Poutine n'hésite pas à tuer la population civile à Kiev et à Kharkiv.

Il a invité le Président ukrainien à venir rejoindre le G7 le 16 juin 2026 à Évian, et il lui a promis de l'aider à fixer une rencontre bilatérale avec les États-Unis. Pour Emmanuel Macron, l'Ukraine doit être mieux soutenue : « C'est un des objectifs de ce G7 aussi. Dès ce soir dans notre discussion à 7 avec le Président Trump, et demain avec le Président Zelensky qui sera ici à cette table avec nous, c'est de nous rassembler et de dire regardez ce qui se passe, l'Ukraine résiste beaucoup mieux que vous ne le pensiez. La population civile est touchée de manière inacceptable par la Russie, les lieux de culte, on l'a encore vu ces dernières heures, l'énergie avec un froid terrible qui s'est abattu sur l'Ukraine l'hiver dernier, tout ça suppose qu'on fasse quoi ? Qu'on continue à aider l'Ukraine et qu'on se mobilise, on a besoin de vous. Qu'on renforce la pression sur la Russie, ce qu'on fait par exemple contre cette fameuse flotte fantôme qu'utilise la Russie pour financer son effort de guerre, les Britanniques, ou nous-mêmes dans les quinze derniers jours, on a mené des opérations. Et qu'on se mette d'accord pour négocier avec les Ukrainiens, la paix. Et moi ce que je veux au fond c'est d'avoir des Américains qui se disent : on est avec vous, on va continuer d'aider l'Ukraine, on va mettre la pression davantage sur la Russie. Et la bonne négociation, c'est l'Ukraine et la Russie autour de la table, mais avec les Européens et les Américains qui sont là. ».
 


Bien sûr, le premier sujet de l'interview est le premier sujet à l'ordre du jour du G7 à Évian, à savoir, l'accord de paix entre l'Iran et les USA annoncé dans la nuit du 14 au 15 juin 2026.

Certes, il faut y croire (il sera signé le 19 juin 2026 à Lucerne), et Emmanuel Macron veut y croire : « Oui, il faut y croire, il faut tout faire pour le mettre en œuvre. Et donc cet accord est une bonne chose parce que c'est ce que nous appelons de nos vœux depuis des semaines. D'abord nous allons tout faire et nous mobiliser dès ce soir dans le cadre de nos travaux et demain aussi puisque on n'aura pas simplement les membres du G7 qui sont les sept grandes économies démocratiques dans le monde. On a associé des partenaires et demain on aura une session sur la question de l'Iran avec en particulier l'Égypte, les Émirats arabes unis et le Qatar. Nous, nous allons tout faire d'abord pour que cet accord soit une réalité et donc pour que Ormuz puisse se rouvrir de manière pacifique et que le trafic puisse reprendre. (…) Nous avons construit avec les Britanniques une mission. Nous sommes, nous, sur place. Il y a plusieurs nations qui sont sur place, les néerlandais, les italiens, les britanniques, nous. On est prêts à agir très vite. Pour faire quoi ? Envoyer des avions, envoyer une frégate, envoyer des démineurs. Nous, nous avons aussi notre porte-avions, le Charles De Gaulle avec tout ce qui l'entoure. (…) Ce qu'on va faire avec les Américains, en parallèle avec les Iraniens, c'est nous assurer de ce déploiement pour que cette réouverture d'Ormuz puisse se faire de manière pacifique et qu'elle dure. ».

Au-delà de la réouverture du Détroit d'Ormuz, Emmanuel Macron veut le rendre moins crucial pour l'acheminement du pétrole mondial : « En parallèle, c'est important pour que ce soit aussi bien compris, dans les travaux qu'on va mener dans ce G7, on va tout faire pour réduire notre dépendance à ce détroit. C'est-à-dire trouver d'autres chemins. Quand vous avez du gaz qui est produit en Irak, aujourd'hui, il sort par ce détroit, c'est faire en sorte qu'il y ait des gazoducs qui aillent à travers l'Irak, la Syrie, le Liban, et qui ressortent par un autre endroit. C'est que les Émirats Arabes Unis puissent avoir aussi des gazoducs qui ressortent de l'autre côté du détroit. C'est que l'Arabie Saoudite puisse avoir des gazoducs qui passent à travers leur pays pour passer par la mer Rouge, et qu'à travers l'Égypte, on puisse les avoir en Méditerranée. C'est trouver des voies et moyens de réduire notre dépendance à ce seul détroit. Ça, ça veut dire construire des infrastructures, et c'est l'engagement du G7. ».

Et toujours réaffirmer la puissance militaire de la France au Moyen-Orient : « Aujourd'hui, nous sommes sans doute la nation n'étant pas partie au conflit qui a le plus de moyens présents dans la région, entre la Méditerranée orientale, la mer Rouge et l'océan Indien. Donc nous avons des moyens déjà déployés depuis plusieurs mois. Je veux vraiment dire à nos marins notre fierté et ma reconnaissance parce que pour eux, c'est des semaines, des mois de mer. Donc nous, on s'organise pour réagir très vite dès qu'il y aura accord de toutes les parties prenantes. Donc l'accord signé est là, on va regarder. Les Omanais nous ont déjà dit d'accord pour les escortes. Vous savez, Oman, c'est le pays qui est de l'autre côté du Détroit par rapport à l'Iran. Et donc là, ce sera une discussion avec les Américains et les Iraniens pour pouvoir assurer cette mission. Et en tout cas, nous, on a aussi des missions qu'on effectue en mer Rouge, par exemple, pour s'assurer de la sécurité ou en Méditerranée orientale pour être aux côtés de nos alliés ou aux côtés aussi de nos forces. ».

Selon Emmanuel Macron, le rôle du G7, c'est de réduire les grandes aspérités du monde, notamment avec la Chine : « Ce qui est important de comprendre, c'est pour ça que le G7 a été créé en 1975 à l'initiative de la France. C'est que pour régler beaucoup de nos déséquilibres internationaux, il vaut mieux se concerter, surtout quand on est entre grandes démocraties. Aujourd'hui il y a des déséquilibres qui existent, il y a des chaînes de valeurs qui sont en rupture, c'est pour ça qu'il faut justement sur les minerais critiques et les terres rares se mettre d'accord. Il y a une Chine qui est très puissante, qui innove beaucoup, il faut le dire avec immensément de respect et elle s'est beaucoup transformée, mais la Chine qui représente environ 15% du commerce international, elle représente plus de 35% de la production mondiale et donc elle a des surcapacités. Parfois elle aide beaucoup ses entreprises plus que nous. Si on ne se met pas d'accord entre démocraties, de manière respectueuse avec la Chine, mais en se mettant d'accord et en se coordonnant entre nous, on ne règle pas ces problèmes. ».
 


Sujet qui n'a rien à voir avec la géopolitique mais qui a dominé l'émotion des Français ces dernières semaines, l'assassinat de Lyhanna. "L'opinion publique" trouvait qu'il avait manqué d'empathie pour Lyhanna. Alors, il a redit son émotion sans ambiguïté : « La première chose c'est d'avoir le respect, la dignité, parce que j'ai été à la fois bouleversé comme nous tous par ce drame, mais profondément touché par la dignité de ses parents, de sa famille et du maire. (…) Je les ai eus au téléphone. Je crois que ce qu'ils veulent, et à juste titre on doit l'entendre, c'est qu'on respecte leur deuil. Ce qu'on leur doit ensuite c'est la vérité. La vérité, la première, je trouve qu'on l'oublie très vite dans tous les débats qu'on a, c'est qu'il y a un violeur, manifestement, et un assassin. Je respecte la présomption d'innocence et la justice doit faire son travail. Enfin, c'est ça la première chose. Moi je pense à ses parents, plus personne ne parle de ça. Il faut avoir du respect. Et donc là, il faut que la justice, avec les services enquêteurs, on lui donne les moyens d'aller le plus vite possible pour que justice soit faite, pour que les parents aient la vérité sur ce qui s'est passé, et que celui qui a commis tout cela puisse être puni le plus sévèrement possible. La troisième chose, c'est qu'il y a un travail qui doit être fait pour comprendre comment on en est arrivé là, parce qu'avec les informations qu'on a toutes eues, on voit bien qu'on aurait pu éviter, manifestement. ».

Sans dire que la situation était bonne, Emmanuel Macron a voulu rappeler son bilan qui était ambitieux : « Vous savez, on a fait de multiples lois depuis 2017. Depuis que je suis Président, on a augmenté comme on ne l'avait jamais augmenté le budget de la justice. On a embauché des milliers de policiers et de gendarmes. Quand j'ai été élu, en 2017, il y avait moins de monde dans les prisons qu'aujourd'hui. 7% des gens qui étaient dans les prisons l'étaient pour des violences sexuelles et sexistes. Aujourd'hui, trois fois plus. Donc il faut déjà le respect, la considération, l'affection pour la famille. Ensuite, permettre à la justice de faire son travail sur ce qui s'est passé. Troisième chose, avoir la vérité des faits lundi prochain. Et sur cette base-là, on pourra voir aussi avec toutes les associations qui sont engagées, qu'est-ce qu'il faut faire de plus pour protéger nos enfants ? Qu'est-ce qui n'est pas encore assez fort ? Qu'est-ce qui n'est pas encore assez radical ? Où est-ce qu'on doit développer des unités d'écoute dans nos hôpitaux pour que ça marche encore mieux ? Des salles Mélanie dans nos commissariats, nos gendarmeries ? Où est-ce qu'il manque peut-être des moyens là ou là ? C'est ce qu'on doit aussi à la fois aux victimes, aux parents, aux familles et à tous ceux qui concourent parce que vous savez nos policiers, nos gendarmes, nos services enquêteurs, nos magistrats, chaque jour ils se battent aux côtés des associations pour qu'on éradique ces violences et pour qu'on protège nos enfants. C'est le premier des devoirs de la République. ».

Enfin, le sujet de l'élection présidentielle de 2027 a été abordé. Comme en 2022, Emmanuel Macron entend exercer son mandat jusqu'à la dernière seconde : « Je crois que ce qui est attendu du Président de la République, a fortiori quand il n'est pas candidat à sa succession, c'est d'être là pour protéger, pour assurer l'unité, et pour permettre aussi de représenter le pays à l'international, et de relever les défis. Et donc mon principal rôle, je crois que ce qui est attendu de moi par les Françaises et les Français, c'est que je sois Président jusqu'à la dernière seconde et au dernier quart d'heure. Et donc c'est d'abord d'assurer l'unité de la nation, dans des moments très difficiles, on l'a encore vécu ces derniers jours. Et d'être là pour nos enfants, les protéger. D'être là pour la France, son indépendance, sa liberté, sur les grands sujets militaires, diplomatiques ou technologiques. D'être là aussi pour qu'on ait une Europe plus forte, pour qu'on soit plus indépendant. Et donc la campagne va se faire, c'est tout à fait normal, et moi je ferai tout pour qu'elle se fasse dans un bon cadre. (…) Les Françaises et les Français me connaissent. Ils savent ce que je pense. Les idées que je défends, j'ai eu l'occasion de les défendre lors de deux campagnes présidentielles. Ce que je porte, ce que je défends, ce pour quoi je me bats depuis plus de neuf ans maintenant. Une France plus forte, une économie plus prospère, l'innovation, le développement, notre enfance, notre Europe. Voilà. Et donc, je continuerai de le faire jusqu'au bout. Et je le ferai pour que nos débats soient le plus calmes, le plus apaisés possible. Et que nous puissions tous ensemble faire les choix pour demain en étant conscients des risques, mais aussi des opportunités. On est un pays fort. On a une armée forte. On a une grande diplomatie. On a une économie très innovante. On a une société extraordinaire. Et donc, je veux aussi donner ce message d'optimisme pour les prochains mois. ».

Il n'y a maintenant plus beaucoup de doute sur le fait qu'Emmanuel Macron terminera son second quinquennat. Ce qui n'était pas vraiment évident il y a deux ans, avec l'Assemblée d'après-dissolution. Lorsqu'il dit : « C'est que je sois Président jusqu'à la dernière seconde et au dernier quart d'heure. », tout le monde le croit. En revanche, personne n'est aujourd'hui capable de dire à qui il donnera le relais, pas même les sondages.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 juin 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron et la rancune jetée à la rivière.
Interview du Président Emmanuel Macron, le 15 juin 2026 sur TF1 à Évian (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron entre Charles De Gaulle et France Libre.
Discours du Président Emmanuel Macron, le 18 mars 2026 à Indret (texte intégral et vidéo).
Iran : Emmanuel Macron défend les intérêts de la France.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 3 mars 2026 à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron : la dissuasion nucléaire de la France, c'est moi !
L’action n’est pas une option !

 

 



 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260615-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-et-la-rancune-269827

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/06/15/article-sr-20260615-macron.html

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