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19 août 2026 3 19 /08 /août /2026 03:12

« Le chef parle. Il ne parle pas, il discourt. Il monologue interminablement. Il blague, tempête, vitupère, il re-blague, il est le bruit, la fureur et les accalmies soudaines. Quel délice, un auditoire attentif, muet, captif ! Au pied de l'estrade, un parterre de dignitaires mutiques. » (Daniel Schneidermann, son éditorial du 24 février 2026).






 


Devinette. L'homme est pour la retraite à 62 ans, voire 60 ans (sans se préoccuper de la manière de la financer, il suffit que les riches paient), mais l'année prochaine, il demande un boulot pendant cinq ans... et il fête ses 75 ans ce mercredi 19 août 2026 (le même jour, l'ancien Président américain Bill Clinton en fête cinq de plus). Qui est-il ?

Jean-Luc Mélenchon, pardi ! Le perpétuel loser de l'élection présidentielle sans discontinuer depuis vingt ans, depuis qu'il s'est mis à son compte personnel après trente années de servile adhésion au parti socialiste, qui l'a nourri avec un mandat de sénateur dès l'âge de 35 ans (à l'époque, il avait fait fort car il fallait avoir au moins 35 ans pour se faire élire sénateur, et il les avait obtenus seulement un mois avant sa première élection sénatoriale).

Perdant professionnel, certes, mais un talentueux perdant, et personne n'en disconviendra. Jean-Luc Mélenchon est sans doute le tribun le plus talentueux de la classe politique actuelle. Il aurait fait des merveilles à l'époque d'avant-microphone, au début de la Troisième République, quand le cri remplaçait l'argumentation. Je l'ai déjà raconté, pendant la campagne présidentielle de 2012, j'étais allé l'écouter au petit stade de Grigny, un dimanche après-midi plein de grisaille du ciel. Au menu, saucisses cuites par le parti communiste du coin et grand discours (très médiatisé, il y avait presque autant de journalistes que de militants !) de Jean-Luc Mélenchon qui m'avait fait vibrer sur une citation de Jean Jaurès. Mais Jaurès avait bon dos : il est mort il y a plus d'un siècle, et on peut lui faire dire n'importe quoi sur la situation actuelle (comme avec De Gaulle), et en plus, il n'a jamais participé au pouvoir, donc le mythe peut l'emporter sur le réalisme.

Après les élections municipales, le grand gourou des insoumis (ce parti n'a ni chef ni statuts) s'est invité au journal télévisé de 20 heures sur TF1 le 3 mai 2026. Le pays serait sauvé, le tribun a voulu faire don de sa personne au pays, il a annoncé qu'il se présenterait une nouvelle fois (la quatrième) à l'élection présidentielle. S'il imaginait un destin crescendo, les trois précédentes élections lui ayant donné des scores croissants, il pourrait croire en ses chances, mais qui donnerait les clefs de l'avion France à un pilote octogénaire ? (C'est vrai, les Américains viennent de le faire deux fois de suite). Il pourrait bien sûr parodier De Gaulle en disant que ce n'est pas à 75 ans qu'on commence une carrière de dictateur, mais cette phrase (à 67 ans en 1958), si savoureuse avec le ton un peu amusé mais aussi indigné du vieux général, n'était pas vraiment pertinente puisque Pétain avait commencé une carrière de dictateur à l'âge de... 84 ans ! Mais ne préjugeons pas des éventuelles capacités de Jean-Luc Mélenchon à devenir un dictateur, il est d'abord un vieux ronchon et il dit suffisamment des bêtises indiscutables pour éviter de lui projeter toutes sortes de fantasmes discutables.

Au moins, l'extrême gauche aura un candidat un peu plus charismatique que Nathalie Arthaud ! Car, oui, Jean-Luc Mélenchon sera bien, pour la quatrième fois, un candidat de l'extrême gauche, et même s'il le rejette aujourd'hui, c'est un fait. Du reste, quand il avait créé le Front de gauche, après son pantouflage au parti socialiste qui lui avait donné de quoi vivre au Sénat pendant plus de la première moitié de sa longue vie politique, il ne rejetait pas l'arrivée massive de militants d'extrême gauche, à défaut de convaincre ses camarades communistes de se fondre dans son groupuscule. Souvent, d'ailleurs, beaucoup de responsables du NPA, anciennement la LCP, le parti du célèbre Alain Krivine (le plus jeune candidat à l'élection présidentielle de l'histoire de la Cinquième République, que Jordan Bardella ne pourra pas battre le cas échéant), ont apporté régulièrement leur soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon (et Philippe Poutou a même eu l'investiture non seulement des insoumis mais aussi de la nouvelle farce populaire en été 2024). Jean-Luc Mélenchon était présent aux obsèques d'Alain Krivine le 21 mars 2022 aux côtés d'autres insoumis, dont son très fidèle Adrien Quatennens.

C'est le Ministère de l'Intérieur, dans sa froide rigueur administrative, qui avait étiqueté les candidats insoumis aux élections municipales de cette qualification d'extrême gauche, et c'était difficile pour Jean-Luc Mélenchon de réagir car sur le fond, cela sans doute le flattait, mais il savait que sur le plan électoral, ce n'était pas très porteur.


Il a donc râlé lors de son meeting à Argenteuil le 7 février 2026 pour soutenir la liste insoumise (au second tour, elle n'a fait que 44,8% des voix, battue, malgré une gauche valant 54% au premier tour, mais les insoumis ont fait peur jusqu'aux rangs de la gauche).

À Argenteuil, Jean-Luc Mélenchon n'a pas parlé des enjeux locaux à Argenteuil, ni même évoqué les enjeux nationaux de la France, voire internationaux du monde. Non, il a simplement, en se répétant, réagi à cet étiquetage qui n'a pas beaucoup d'incidence dans les faits, et réagi de la manière la plus désagréable et haineuse possible :
« C'est notre fierté d'être comme ça ! C'est notre honneur ! Vous ne nous faites pas peur ! Collez-vous ça dans le crâne ! Vous n'avez aucune chance de me faire céder ni l'un quelconque de mes camarades. Nous nous fichons de vos appréciations de puissants de ce monde. ».

Hou ! J'ai peur ! Cette énième colère du gourou en chef ! Du nombrilisme haineux ! Il a prestement râlé contre ce classement effectué par le Ministère de l'Intérieur (le bureau des élections) et assumé par le ministre lui-même Laurent Nunez, qui a placé son pseudo-parti des insoumis dans la catégorie "extrême gauche". Pourtant, il n'y a pas photo et mon point d'interrogation s'avère en fait bien inutile. Jean-Luc Mélenchon, lui, n'assume pas qu'il soit d'extrême gauche. Pourtant, tout ce qu'il fait depuis plusieurs années le classe dans cette catégorie.

Déjà, historiquement, Jean-Luc Mélenchon provient d'une secte trotskiste. Certes, et c'est là où ses disciples devraient réfléchir, il est devenu socialiste, oui, socialiste du parti socialiste, du PS : il faut bien manger, et il a bâti son patrimoine tant politique que financier sur cette appartenance au parti socialiste qui lui a permis de se faire élire sénateur de l'Essonne dès l'âge de 35 ans (à l'époque, les élections sénatoriales étaient réservées aux plus de 35 ans, il n'a pas perdu de temps, répétons-le !) et cela pendant... vingt-quatre ans !

Depuis qu'il s'est libéré du parti socialiste, il s'est débridé et désinhibé, au point d'être violent avec journalistes ou autres intervieweurs qui le contrarieraient (d'où le côté dictateur qui ressort chez ses détracteurs). La violence des mots fait aussi celle des morts. Par exemple, insultant continuellement les forces de l'ordre alors qu'elles protègent la République des délinquants et des criminels. Si la République, c'était lui, ça se saurait depuis longtemps !

Difficile de quitter le gourou, d'ailleurs, un peu comme dans les sectes classiques : la scission de 2024 valait son pesant de cacahuètes contre des militants insoumis pas assez soumis au vieux chef, à savoir Alexis Corbière (quelle ingratitude du maître, quand on se rappelle les heures qu'il a passées à la télévision pour le défendre et le louer), Raquel Garrido (avocate devenue chroniqueuse télé), Clémentine Autain et l'inénarrable François Ruffin (ces deux derniers avec quelques velléités de se présenter à l'élection présidentielle, ceci expliquant sans doute cela).

Mais parlons du fond (de l'air qui effraie). Les propositions programmatiques de Jean-Luc Mélenchon sont profondément d'extrême gauche, dans une longue tradition d'extrême gauche. J'en cite quelques-unes : la révocation des élus en cours de mandat, c'est typiquement robespierriste ! La démocratie représentative, c'est au contraire permettre aux élus d'exercer un mandat, quitte à les éjecter pour le mandat suivant, mais il faut leur laisser le temps au moins du mandat (on a critiqué avec raison la brièveté du quinquennat). Autre sujet fâcheux, l'antisémitisme. Je ne dis pas que les insoumis sont antisémites (avant 2008, j'ai connu un Mélenchon très républicain, très laïque et luttant contre l'antisémitisme). Disons seulement que maintenant, lui et ses sbires lâchent les paroles assez ambiguës pour être interprétées favorablement par de vrais antisémites (dans un but purement électoraliste, je n'en doute pas). Plus généralement, le communautarisme, le wokisme et même pire, le racialisme, si j'ose m'exprimer avec ce mot, ce parti considère qu'il y a des citoyens racialisés et des citoyens pas racialisés, et en ce sens, ne considère pas que la République est une et indivisible (un racialisé, dans leur tête, c'est une personne qui a une tare, genre couleur de peau, religion, etc.). Je n'hésite pas à considérer ce point de vue profondément... raciste !

Je voulais montrer le type de discours que l'ancien sénateur socialiste tenait à ses troupes ce 7 février 2026 dans une froide salle d'Argenteuil : un long monologue, quelqu'un qui aimait s'écouter parler (il n'est pas le seul), qui parlait bien (c'est son avantage compétitif sur le marché électoral), et qui employait volontairement un langage de mauvais français, refusant de mettre les "ne" devant les verbes pour la forme négative (que j'ai remis tout de même quand je le cite car ça choque trop ma belle langue), multipliant les anacoluthes (prendre le dictionnaire si nécessaire), mélangeant le "on" et le "nous", avec des insultes contre ses adversaires, des mots peu respectueux des personnes ("gars", "foutu", "flic", etc.). L'existentialisme mélenchonien n'est pas un humanisme, si j'ose m'exprimer ainsi !

Pas de doute, c'est du populisme et c'est du trumpisme. Eh oui ! Du trumpisme ! Il suffit d'écouter attentivement tous les discours de Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche, on constate que c'est un flux ininterrompu de paroles décousues, voulant faire de l'humour, changeant de sujet, désagréables pour ses adversaires, nombrilistes, vantardes sinon vaniteuses, volontiers complotistes, passant du coq à l'âne sans arrêt. Bref, il existe indubitablement, dans ce monde, une maladie neurodégénérative qui atteint l'esprit des vieux politicards. Je n'ai jamais eu les idées de Jean-Luc Mélenchon, mais avant 2008, je respectais au moins sa cohérence intellectuelle et j'admirais sa défense de la laïcité.

 


Voici donc le début de la très longue tirade du 7 février 2026 (on est humoriste comme on peut) : « Jamais personne n'a été traité comme nous le sommes. Et la semaine dernière, c'était la une d'un journal qui s'appelle soi-disant Marianne (…). Et le titre, c'était : la crise racialiste. (…) Mais quelles sont ces attaques qui sont faites contre nous ? J'ai écouté ce qu'en disait le misérable plumitif qu'on paie pour écrire ces horreurs. Et il disait : vous comprenez, il n'arrête pas de parler aux gens d'où ils viennent. Ils n'arrête pas de leur parler de leur couleur de peau, de leur religion. Ça prouve que c'est un racialiste. Haha ! Jeune homme, vous n'aviez pas écouté les discours de gauche jusque-là. Vous savez de quoi on parle, nous, à gauche ? Bah, des misères que subissent les gens. Par conséquent, nous, nous défendons les ouvriers tout le temps, ceux qui sont salariés. Nous défendons les pauvres. Nous défendons les opprimés, les humiliés, les sans voix. Vous comprenez ? Il dit : vous faites du clientélisme. Oui, tout à fait. Mais bien sûr, nous cherchons à convaincre les pauvres, les humiliés, les opprimés, les racialisés, les montrés du doigt à cause de leur religion, qu'ils ont en nous des défenseurs honnêtes, prêts à monter en ligne aussi longtemps qu'il le faut pour porter leur voix. C'est notre fierté d'être comme ça ! C'est notre honneur ! Vous ne nous faites pas peur ! Collez-vous ça dans le crâne ! Vous n'avez aucune chance de me faire céder ni l'un quelconque de mes camarades. Nous nous fichons de vos appréciations de puissants de ce monde. Même quand vous vous appelez Stein et compagnie et que vous complotez entre vous de faire baisser les cours de la bourse en France pour nuire à notre gouvernement. Vous ne nous faites pas peur parce que nous sommes le nombre. Nous sommes le peuple français. Nous sommes ceux qui ne baisseront pas les yeux. Alors, je vais dire à quelques-uns leur fête puisque c'est ce qu'on m'a dit de faire. Il paraît que le ministre de l'intérieur a décidé de nous classer extrême gauche. Oui, houu. Alors, extrême gauche, qui est-ce qui décide des classements ? Monsieur Nunez, il ne suffit as de porter des chaussures à crampon pour être certain d'être équipé d'un cerveau en même temps. Personne ne vous a demandé de faire de la sociologie politique. Ce n'est pas à vous de dire si nous sommes d'extrême gauche ou pas. Il y a des gens qui acceptent l'étiquette d'extrême gauche, eh bien, nous les respectons, mais ce n'est pas notre cas. Et si nous sommes classés extrême gauche, d'après vos appréciations au ressenti, pourquoi ne classez-vous pas le PS extrême centre ? À trois, quatre, trois reprises, nous avons été classés gauche. Je ne vous dis que ça nous fasse un plaisir immense non plus, parce qu'être confondu avec certains, franchement, c'est pas ragoûtant. Mais enfin, nous serions fâchés d'être séparés de nos amis communistes avec qui nous avons commencé ensemble la longue marche qui m'amène jusqu'à cette tribune. Car la France insoumise et tout ce qui va avec, c'est d'abord le résultat du front de gauche, de ses objectifs politique auxquels nous sommes demeurés fidèles, quoi qu'il nous en ait coûté en cours de route. Alors, pourquoi serions-nous autre chose que de gauche, cette fois-ci ? Alors même que le Conseil d'État, pardon, il y a des institutions dans ce pays, juridiques, a dit en 2024, en répondant à l'extrême droite, leur a dit : oui, vous, vous êtes d'extrême droite, mais les autres n'ont rien demandé, ils l'ont quand même dit, ils ne sont pas d'extrême gauche, ils sont de gauche. Alors, qu'est-ce qui se passe ? Donc, nous déposons un recours. Je préviens monsieur Nunez. Pour convaincre une institution judiciaire comme le Conseil d'État, il faut avoir des arguments de droit, pas votre ressenti. D'accord ? Ce n'est pas comme : quelle température fait-il ? Il y a la température du baromètre, et la température ressentie. Alors évidemment, de son point de vue, nous sommes à l'extrême gauche. Mais alors, il faudrait se poser la question de savoir où lui-même est. C'est une affaire de positionnement où tout dépend de la position de l'observateur, hein ? Voilà. Alors réfléchissez bien, monsieur le ministre. Vous avez dit : j'assume totalement cette décision. Ben, encore heureux. Supposez que vous ayez pris une décision sans le savoir, que vous ayez signé un papier qu'on vous a amené, vous ne savez pas ce qu'il y avait dedans. Oh, comme vous vous sentiriez bête ! Vous vous sentiriez obligé de dire : j'assume. Le premier que j'ai entendu dire un truc pareil, c'était Valls. On lui a dit : mais, vous avez été à l'école, vous avez été à la fac, et vous n'avez même pas eu votre licence d'histoire. Il a dit : j'assume ! Alors, tout le monde a dit : bon, ça a l'air de le fâcher. Et depuis, j'ai vu des tas de gens dire : j'assume, pour un oui, pour un non, surtout pour un non, surtout quand il y avait une bêtise. Alors donc, vous assumez totalement cette décision. Voyons le contenu de cette décision telle que vous nous le dites. J'ai bien dit le contenu de ce que vous dites, vous, monsieur le ministre, pas le journal "Le Monde" qui soutient comme d'habitude hypocritement votre position en interviewant, heu, une série de spécialistes, c'est-à-dire un ministre de la justice de François Hollande qui a été condamné pour avoir retrafiqué une procédure, un politologue, ah oui, socialiste bien sûr aussi, hé, et puis un autre du même tabac. Et tous disent pour une raison ou pour une autre, après tout, ça se discute. Ah, les braves gens ! Ah, les braves gens ! Alors, monsieur le ministre, vous, c'est quoi votre argument ? Chez la France insoumise, on pourrait dire en bon français : à la France insoumise, parce que chez la France insoumise, ça va pas. Il y a un refus de la discussion parlementaire. Ah ah, voilà qui est nouveau ! Nous refuserions la discussion parlementaire ? Mais qu'est-ce que vous foutez, Paul ? Alors ? Il n'y a pas eu assez d'amendements ? Il y en a qui s'en plaignaient qu'il y en avait de trop. Il n'y a pas eu assez de présence en commission ? Il paraît qu'on saoule tout le monde. Dans l'hémicycle ? Il paraît que vous vous tenez mal et vous ne mettez même pas de cravate, et une fois, ils m'ont demandé si vous mettiez des chaussettes. Ouais, ouais, mesdames messieurs, les chaussettes, ça aussi, ça y est passé. Alors, qu'est-ce que c'est, ça ? Qu'est-ce qui manque encore ? Pas assez de présence ? Bien sûr que non. Alors, c'est quoi ? Chez la France insoumise, il y a un refus de la discussion parlementaire. Ben, on va éclairer avec le reste des propos. Lui, qu'est-ce que ça veut dire, une discussion ? Vous, quand vous avez une discussion, vous échangez des informations, non ? Yassine, et il dit oui. Donc on est tous d'accord. Ne vous inquiétez pas parce qu'il faut que je salue tout le monde, hein. Et là, je n'ai pas encore cité Yassine. Ça vient, c'était prévu un peu plus loin. (…) Le refus de la discussion parlementaire, je l'ai dit en plaisantant, mais vous comprenez contre moi, comme moi. De quoi parle-t-il ? Ce qu'il veut dire, c'est qu'on n'est pas assez souvent d'accord. Ah, si c'est ça, il a raison. On n'est jamais d'accord. Pas pas assez souvent, jamais ! Et vous savez pourquoi ? Parce qu'on respecte le mandat que vous nous avez donné. Les gens ont voté pour nous, pas pour qu'on soit d'accord avec Macron, mais pour qu'on s'oppose et qu'on essaie de faire avancer. Et on y arrive. Des fois, on fait voter à la majorité un impôt sur la fortune, un impôt sur le patrimoine, et combien d'autres choses ? La nationalisation d'Arcelor, plein de choses comme ça. C'est pour ça, non, vous avez élu Vannier. Vous avez élu Vannier pour cela, pas pour qu'il dise : oui oui, notre bon maître, voici vingt lignes rouges, comme un caniche socialiste, vingt lignes rouges ! À la fin, l'autre, il dit : je n'en ai rien à faire, il n'y en a pas une qui a été respectée. Oh merci, c'est trop ! Voilà comment ça se passe ! Je parle rudement parce que je suis fatigué de passer l'essentiel de mon temps, pas l'essentiel, heureusement, à répondre à des attaques injustes, à des absurdités, à donner des arguments à des camarades qui, ici là, s'inquiètent, s'effraient. Est-ce qu'on a dit ceci ? Est-ce que, et comme je les comprends. Au fond, tout notre honneur, toute notre dignité de personne est si souvent engagée dans ce que nous faisons, dans les idées que nous défendons, parfois depuis plusieurs générations dans la même famille, parfois toute une vie, parfois depuis qu'on a les yeux ouverts. Et alors, il est normal qu'on s'inquiète, qu'on cherche, qu'on veuille comprendre et qu'on demande sans cesse. Et voilà à quoi il faut répondre. Pourquoi nous a-t-on classés d'extrême gauche ? Parce que c'est devenu une république bananière où le ministre de l'intérieur décide qui sont les gens qui se présentent aux élections, même quand le Conseil d'État, même quand le Conseil Constitutionnel décident le contraire. Et voilà maintenant, pour l'instant, il n'y a pas un seul argument de droit dans ce qu'a dit le ministre de l'intérieur. Dire : chez la France insoumise, il y a un refus de la discussion parlementaire, ce n'est pas un argument de droit, parce que c'est le contraire qui est prouvé. Et enfin, l'argument qu'il donne : il y a, je suppose la France insoumise, on va parler le même sabir, des appels systématiques à la censure. Ah ah ah ! Des appels systématiques à la censure ! Alors, qu'est-ce que vous condamnez ? Les appels à la censure ou systématiques ? Déjà, commençons par enlever systématiques, ça n'existe pas. Le droit de recourir à la censure est défini par la Constitution. Nous avons le droit de déposer autant de motions de censure que c'est nécessaire, chaque fois qu'il y a un 49-3 dans la discussion sur le budget. La censure est la seule réponse que peut donner l'Assemblée à un vote à un 49-3. Quand le gouvernement vient et dit 49-3, la discussion s'arrête. Le seul moyen de dire : ah non, la discussion ne s'arrête pas et c'est vous qui allez partir, c'est de déposer une motion de censure. Comme je viens de vous la présenter, c'est très exactement la démonstration qui avait été faite par un bolchevique échevelé Georges Pompidou, qui avait dit : je ne sollicite pas le vote de confiance, mais bien sûr, l'Assemblée peut voter un vote de censure, c'est son droit naturel. On ne peut donc pas faire des usages systématiques de la censure. Systématique n'existe pas. La Constitution ne permet pas que l'on qualifie de systématique le recours à la censure tel que nous l'avons pratiqué. Quand on nous demande pourquoi nous banalisons la censure, nous leur demandons pourquoi ils banalisent le 49-3. Deuxièmement, hors du débat budgétaire, quand le débat budgétaire est fini, soit par un 49-3 avec la censure, soit parce que, par extraordinaire, le budget est adopté par l'Assemblée. À ce moment-là, le droit de déposer des motions de censure est limité à une motion de censure pour le reste de la session. Par conséquent, personne n'est en état de faire des motions de censure systématiques, vu que cela n'est pas permis par la Constitution. Par conséquent, le ministre de l'intérieur ne connaît pas la Constitution et peut-être peut-on dire aujourd'hui qu'il ne connaît même pas suffisamment bien la République pour en connaître les usages et les règlements intérieurs aussi sacrés que la Constitution elle-même. Et maintenant, voici le pompon, celui après on court à chaque tour de manège ! Il dit : chez la France insoumise, on, déjà, ce n'est pas moi, pour une fois, hein, on refuse d'aller voir le gouvernement pour des réunions de travail. Ah, ça y est, j'ai compris ! Le gars, il confond deux mots : invité et convoqué. Parce que, voyez-vous, l'Élysée ou Matignon, ce n'est pas un commissariat de police. D'accord ? On n'est pas convoqués, on est invités. Parce que dans la Constitution, il n'y a rien qui nous oblige à aller à une invitation. Vous non plus d'ailleurs, quand quelqu'un vous invite, vous n'êtes pas obligés d'y aller, hein. Eh ben oui, si vous êtes convoqués, ma foi, vous y allez. En général, c'est toujours au même endroit qu'on est convoqués. Voilà l'argument juridique ! Voilà pourquoi je peux me permettre, pour détendre l'atmosphère, de dire que ce sont des mœurs de république bananière. Mais, tout de même, peut-être que je fais partie de ces gens qui continuent à vivre avec des illusions ou des attentes. Moi, j'aimais bien l'idée que le ministre de l'intérieur soit un ancien flic. D'accord, dans le renseignement. Mais qui comprenait, le gars, qu'on ne peut pas tout faire, qu'on ne peut pas faire seulement ce dont on a envie. Bref, je rêvais de voir revenir une sorte de Maurice Grimaud. Les plus jeunes, ils ne savent pas de qui il s'agit. C'est le gars qui était ministre de l'intérieur en 1968. Alors là, c'était chaud, hein. Ce n'était pas : il y a un refus de discussion parlementaire, des appels à la censure, et le gouvernement pour des réunions de travail, hein. Oh la la, il y en a qui s'en souvienne ici. Oh la la, le mal qu'on a fait aux arbres. Couic couic, coupé ! Oh la la. Bref, donc, on rêvait d'un nouveau Grimaud, et à la place, on a une sorte de Maupas. Maupas non plus, vous ne savez pas qui c'est, et moi non plus, je ne savais pas qui c'était avant d'avoir cherché, parce que je me suis dit : voyons voir, quand est-ce que dans l'histoire, il y a eu des candidats officiels, hein ? Voilà, eh bien, c'était sous Napoléon III. Je me suis dit : qui c'était le ministre de l'intérieur ? Touc touc touc, merci Gogg. Maupas. Charles Maupas. Donc, voilà, maintenant, nous avons un Charles Maupas, c'est monsieur Nunez. Alors, la loi, c'est un problème, et lui, c'est les candidatures officielles, le sien. Tant et si bien que voilà quelqu'un qui trouve normal que les préfets qui sont sous ses ordres, quand ils sont interpellés par Paul Vannier, député, parce que Rima Hassan a été attaquée à la porte d'une réunion à laquelle elle venait pour les les élections européennes, soit agressée par un groupuscule, eh bien, le député se plaint. On dépose une plainte, et qu'est-ce qui se passe ? Rien. Voilà mesdames messieurs. Mais ils n'ont pas bien compris le rôle des uns et des autres. La parole du député, c'est sacré. Il représente le peuple. Ça peut vous déplaire, mais si j'ose dire, la République, c'est lui, dans cette circonstance-là. Toujours. Alors, voilà que le ministre, lui, il poursuit Ali Douara, député insoumis, Paul Vannier, député insoumis, Manon Aubry, députée insoumise, Aurélien Taché, député insoumis, Ersilia Soudet, députée insoumise. Voilà un ministère qui attaque en justice un, deux, trois, quatre, cinq, six députés insoumis, juste parce qu'ils sont insoumis, ce qui lui permet ensuite de les classer à l'extrême gauche. Mais attendez au moins le résultat des jugements, monsieur Nunez, avant d'arriver à vos conclusions ! C'est insupportable, vous comprenez ? Ces gens-là... ».

Je m'arrête là ; j'en ai eu assez de transcrire cette logorrhée infâme et stérile de victimisation. Petites précisions : Maurice Grimaud n'a jamais été ministre de l'intérieur mais était le préfet de police de Paris. Quant à son très éloigné prédécesseur, il s'agit de Charlemagne-Émile de Maupas, préfet de police de Paris jusqu'au coup d'État du 2 décembre 1851 puis ministre de la police générale jusqu'au 21 juin 1853, il n'était pas le ministre de l'intérieur (qui était Victor de Persigny) et a priori, il n'a donc pas dû organiser les élections législatives des 29 février et 14 mars 1852 ni les élections cantonales des 31 juillet et 1er août 1852. Comme on voit, la culture Wikipédia est une culture qui peut être mal digérée...


Voilà qui est Jean-Luc Mélenchon, un vieillard qui ressasse des idées peu fraîches, qui ergote, qui ironise, qui exprime souvent de la haine envers tous ses détracteurs, la Terre entière, qui a raison seul contre tous, qui s'épanouit dans ses one-man-show inquiétants et narcissiques. Il ne parle pas de l'avenir des Français, il ne parle pas des enjeux de la France, il ne réfléchit pas sur la dette publique de l'État (pour lui, il suffit de ne pas la rembourser, sans imaginer une seconde que dans ce cas-là, nos créanciers cesseront immédiatement de nous prêter de l'argent et nous, l'État, nous cesserons de payer nos fonctionnaires), etc. Il n'a parlé que de lui. Il s'est juste fait plaisir. Il a bien ricané ce soir-là. Il allait bien dormir ce soir-là. Qui a dit que la vieillesse était un naufrage ? Ah oui, De Gaulle... et il parlait de Pétain. Encore lui !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 août 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jean-Luc Mélenchon à l'extrême gauche ? Évidemment !
Rima Hassan.
L'extrême gauche aura son candidat !
Le discours d'Argenteuil.
Les valeurs de la République.
Paul Vannier.
Sébastien Delogu.
Raphaël Arnault.
L'échec du mélenchonisme municipal.
Louis Boyard.
L'échec des insoumis à Grenoble.
Lucie Castets.
La stratégie du chaos institutionnel de Jean-Luc Mélenchon.
Huguette Bello.
Nouvelle farce populaire.
Mathilde Panot.
Sondage secret : le tour de chauffe de François Ruffin !
Adrien Quatennens, le meilleur allié du Président Macron ?
Et si le peuple révoquait Adrien Quatennens ?
La justice harcèle-t-elle la classe politique ?
Le député Adrien Quatennens doit-il démissionner de l'Assemblée Nationale ?
Mais où est donc passé Adrien Quatennens ?
Thomas Portes.
Carlos Martens Bilongo.
Clémentine Autain.
Éric Coquerel.
Jean-Luc Mélenchon, champion du monde de mauvaise foi.
Danièle Obono.
François Ruffin.
Sandrine Rousseau.
Pour ou contre M… ?
Sous la NUPES de Mélenchon.
La consécration du mélenchonisme électoral


 






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260819-melenchon.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/jean-luc-melenchon-a-l-extreme-266634

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/08/18/article-sr-20260819-melenchon.html


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