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28 juillet 2026 2 28 /07 /juillet /2026 04:19

« J’ai 80 ans, j’en ai passé cinquante-six à chanter : je veux en profiter tant que ma voix a la même couleur, ne pas me montrer amoindrie. » (Marie-Paule Belle, le 14 mai 2026 dans "Télérama").



 


Du 19 au 31 mai 2026, c'était sa dernière série de récitals, au Théâtre de Passy, à Paris. Elle venait de dire adieu à la scène et à son public car elle voulait le laisser avec le souvenir d'une femme encore énergique, d'une voix encore mémorable. Marie-Paule Belle a fait aussi ses adieux à la Terre ce samedi 25 juillet 2026 en raison des suites de sa méchante maladie, à l'âge de 80 ans (elle est née le 25 janvier 1946 à Pont-Sainte-Maxence, dans l'Oise).

La présentation de ce « dernier tour de chant » était la suivante : « C’est le moment idéal de la (re)découvrir et de célébrer ensemble une musicienne d’exception, une interprète en dehors des modes, au timbre unique. Marie Paule Belle a imaginé cet ultime récital, tissé des plus belles chansons de son répertoire, pour offrir un au revoir sensible, joyeux et inoubliable à son public fidèle. ».

Ce public fidèle existait bien, et on peut le lire sur les commentaires de ses vidéos sur Youtube, comme cet internaute (Patrick) qui a écrit en 2021 : « Merci Marie-Paule pour cette chanson que j'ai vécu en chair et en os dans un coin perdu en Belgique. J'avais une dizaine d'années et vous me fîtes forte impression, jamais je n'oublierai votre énergie joyeuse et dévastatrice... Que d'émotions fortes et belles, Marie-Paule... ».
 


La chanteuse a fait ses débuts entre 1969 et 1974 où elle a réussi quelques concours et obtenu quelques prix comme le Prix de l'académie Charles-Cros et le prix de l'Académie du disque pour son premier 33-tours en 1973, puis le Grand Prix de la chanson française en 1974. Marie-Paul Belle et Rebelle. "Rebelle", c'était le titre de son avant-dernier album sorti en 2011. Ce n'était pas forcément par goût de la provocation ni même par volonté de choquer, mais plutôt par besoin de liberté : « J'ai toujours été inclassable. J'adore les ruptures et renverser l'humeur. J'ai deux facettes et ça désarçonne. ».

Lorsqu'elle a eu 24 ans (elle venait d'obtenir sa maîtrise de psychologie), Marie-Paule Belle a rencontré la romancière Françoise Mallet-Joris, qui avait 40 ans et elles ont vécu ensemble pendant une dizaine d'années. Leur amour était sulfureux pour l'époque même si les années 1970 étaient celles de la liberté sexuelle, l'homosexualité était encore un sujet tabou. Mais les deux femmes ont assumé courageusement leurs relations.

Elle l'a raconté à Jean-Noël Mirande le 15 février 2015 pour "Le Point" : « Pendant des années, je n'éprouvais pas le besoin d'aborder ce sujet puisque je le vivais naturellement avec Françoise. Nous avions sans le chercher un parfum de scandale mais de liberté. On nous invitait aussi pour ça. (…) J'ai vécu le racisme avec Françoise. À la campagne, lorsque les gamins chantaient "ah, les gouines" autour de notre maison, cela nous faisait mal. ». En 2010, elle en a fait une chanson pleine de pudeur, "Celles qui aiment elles" : « Je ne suis pas une militante dans l'âme, mais j'aime faire prendre conscience avec les mots. ».

Malgré la séparation, Françoise Mallet-Joris est restée le vrai grand amour de sa vie et Marie-Paule Belle a publié en 2020 un livre en son hommage, "Comme si tu étais toujours là" (la romancière est morte le 13 août 2016, il y a dix ans).
 


Françoise Mallet-Joris était aussi sa parolière préférée, avec également le troisième larron, l'écrivain Michel Grisolla, et à eux trois, elle à l'interprétation et à la composition (elle était pianiste et vouait un amour à son piano), ils ont concocté en 1976 le grand succès de "La Parisienne", une chanson aux paroles déjantées, à l'esprit d'opéra-bouffe, à connotations féministes : « Je ne suis pas dans le ton/ Je n'suis pas végétarienne/ Ça me gêne, ça me gêne/ (…) Je ne suis pas M.L.F./ Je sens qu'on m'en fait grief ». Cette collaboration a fonctionné longtemps à Saint-Germain-des-Prés : « On formait un trio infernal. Du matin au soir on ne faisait qu'écrire des chansons. ».

La chanteuse a bénéficié d'autres paroliers, en particulier Serge Lama, Dominique Valls, Pierre Delanoë, William Sheller et Pierre Jolivet. En outre, elle s'est fait aussi la réputation d'interpréter beaucoup de chansons de Barbara. Mais dans son spectacle de 2015, "Comme au cabaret", elle a aussi revisité Jacques Brel, Jacques Prévert, Mouloudji, Guy Béart, etc.

Dans son univers, Marie-Paule Belle restera présente au-delà des Cieux grâce aux enregistrements disponibles sur le Web. Qu'elle repose en paix et retrouve son amour.




1. "La Parisienne" (1976)









2. "La Biaiseuse" (1982)






3. "Wolfgang et moi" (1973)






4. "Nosferatu" (1973)






5. "La Bicyclette", fable avec Françoise Mallet-Joris (1978)






6. "L'Arbre des villes et l'Arbre des champs", fable avec Françoise Mallet-Joris (1978)






7. "Celles qui aiment elles" (2010)






8. "Des vieux qui dansent" (2011)






9. Invitée de "Télématin" sur France 2 le 25 mai 2026






10. Invitée de "Les clefs d'une vie" sur Sud Radio le 4 mai 2026






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Sylvain Rakotoarison (25 juillet 2026)
http://www.rakotoarison.eu


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Marie-Paule Belle.
Bonnie Tyler.
Laura Laune.
Line Renaud.
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La Isla Bonita.
Guesch Patti.
Marianne Faithfull.
Marcel Zanini.
Patricia Kaas.
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http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/07/26/article-sr-20260725-marie-paule-belle.html


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1 juillet 2026 3 01 /07 /juillet /2026 04:46

« C'était une belle surprise de la rencontrer. C'était très agréable. C'est une femme très vive, brillante et avec un regard assez incroyable qui vous transperce. En la croisant, on comprend pourquoi elle est devenue une telle icône. » (Jonathan Zaccaï, le 30 avril 2025 à la RTBF, parlant de Line Renaud, sa partenaire dans un téléfilm).




 


L'actrice et chanteuse Line Renaud fête ses 98 ans ce jeudi 2 juillet 2026. On aurait pu imaginer l'imitateur Thierry Le Luron, qui la prenait pour son bouc émissaire, féroce mais tendrement féroce, la singer gâteuse, comme une vieille dame... Mais c'est l'imitateur qui est parti bien avant elle, à 34 ans, il y a une quarantaine d'années (elle n'avait alors que 58 ans), et elle, en femme d'un certain âge, elle a tenu pas mal la route jusqu'à maintenant.

Chiraquienne convaincue (et soutien du Président Emmanuel Macron), elle n'est manifestement pas pour la retraite à 60 ans, ni à 65 ans, ni même à 90 ans ! On est loin des quarante-trois annuités ! Une carrière de quatre-vingt-quatre ans, qui dit mieux ?! Dans les années 1980 (elle avait alors une soixantaine d'années), elle a commencé une longue carrière d'actrice à la télévision, pour camper le rôle d'une grand-mère atypique, souvent optimiste, positive, pleine de bienveillance, comme on aimerait en avoir dans sa famille. Pas étonnant qu'elle ait gagné une belle popularité auprès des Français.

Depuis une trentaine d'années, elle a tourné en moyenne dans un film par an. Son dernier téléfilm est franco-belge, "Résistantes" de Renaud Bertrand, qui a été diffusé le 7 mai 2025 sur France 2. Elle tient le premier rôle aux côtés de l'acteur belge Jonathan Zaccaï, son fils caché dans l'histoire, à base de secret de famille, de guerre, de vie sous l'Occupation et d'enfants en situation de handicap (ce qui coche pas mal de cases sociétales pour faire un téléfilm comme il faut).

 


Hélas, elle n'a pas joué que dans des brillantes fictions. Deux ans auparavant, Line Renaud et Jean Sorel, jouant un couple de personnes âgées et malades, s'étaient produits pour "Le prochain voyage" de Thierry Binisti (diffusé le 11 octobre 2023 sur France 2), sur un très mauvais scénario de Laurent Baffie et Thierry Binisti.

Film interminable, sans action (le couple a réservé la chambre d'hôtel de luxe où ils s'étaient rencontrés pour la première fois), et surtout prévisible, téléphoné, pire, démonstratif, insistant, très lourd, sur l'euthanasie. Il faut dire que tout le monde ne doit pas percuter à la même vitesse (je me rends compte que je viens de spoiler !) et l'idée d'origine, c'est qu'on ne devrait pas tout de suite imaginer qu'ils retrouvent cette chambre de luxe seulement pour se suicider, même si le fiston s'en inquiète.

L'insistance dans les dialogues portés par Line Renaud met même mal à l'aise tellement c'est lourdingue, ce que ne dit pas la critique probablement pour des raisons idéologiques. Pas étonnant qu'elle se soit complu dans ce rôle, puisqu'elle est la marraine du principal groupe de pression sociétale pour imposer la légalisation de l'euthanasie en France, l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (comme s'il y avait des gens qui étaient indignes dans la mort), et ce téléfilm a été tourné juste avant le début de l'examen du texte qui risque d'être définitivement adopté le 15 juillet prochain (j'y reviendrai).

Ce téléfilm a été une adaptation d'une pièce de théâtre jamais créée de Laurent Baffie reprenant une histoire vraie, celle d'un coupe d'octogénaires qui s'est suicidé au Lutetia (hôtel de luxe parisien bien connu) en novembre 2013 en laissant cette lettre au procureur : « La loi interdit l'accès à toute pastille létale qui permettrait une mort douce. (…) De quel droit contraindre [une personne] à des pratiques cruelles quand elle veut sereinement quitter la vie ? ».

Le 15 janvier 2026, Line Renaud avait donné des nouvelles très positives à certains journalistes : « Je vais très très bien en ce début d'année 2026. J'ai 97 ans, je marche tous les jours. Je suis en forme. La vie est merveilleuse ! ». À défaut de mourir sereinement, Line Renaud, à 98 ans, semble vivre en tout cas très sereinement. Et c'est impressionnant. Bon anniversaire et longue vie à vous, Line !


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Sylvain Rakotoarison (27 juin 2026)
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Pour aller plus loin :
Line Renaud.
Des yeux et de l'optimisme à revendre !
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Restos du cœur.
Candidat du rire et de la peur.
Sois fainéant, l'avenir t'attend !
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Claude Pinoteau.
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Patrick Bruel.
Avis de tempête et présomption.
On s'était dit rendez-vous dans quarante ans.
Marilyn Monroe.
Star éternelle.
"Le fabuleux destin d'Amélie Poulain".
Audrey Tautou.
Nathalie Baye.
Isabelle Mergault.
Bruno Salomone.
Brigitte Bardot.
Monstre sacré du cinéma français.
Michel Piccoli.
Rob Reiner.
Jean-Pierre Bisson.
Woody Allen.
Michel Bouquet.
Hommage du Président Emmanuel Macron à Michel Bouquet le 27 avril 2022 aux Invalides (texte intégral et vidéo).
Le roi ne se meurt pas.
La vitalite du roi Bouquet.
Bouquet final.
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Shailene Woodley.
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Marlène Jobert.
Alfred Hitchcock.
Charlie Chaplin.


 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260702-line-renaud.html

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26 juin 2026 5 26 /06 /juin /2026 03:38

« Tropical the island breeze
All of nature wild and free
This is where I long to be
La isla bonita »




 


Il y a quarante ans, le 30 juin 1986, sortait un nouvel album de la chanteuse Madonna, intitulé "True Blue" sous le label Sire Records (Warner Music Group), né d'une collaboration avec Patrick Leonard et Stephen Bray. C'était son troisième album ; son dernier album (le quinzième), "Confessions II", va sortir dans quelques jours, le 3 juillet 2026.

Comme chaque fois avec Madonna, de son vrai nom Madonna Louise Ciccone, furtive amante de Basquiat et de Prince, transgression et provocation sont inséparables de talent artistique. Sa capacité de renouvellement et de réinvention est permanente. L'album cherchait à élargir son public vers des auditeurs plus âgés, avec de la musique classique, des chansons d'amour (c'était la première année de son mariage avec l'acteur Sean Penn), ou évoquant des problèmes de société. L'album a confirmé la puissance de Madonna l'artiste, l'auteure, la chanteuse. Il a confirmé qu'elle était l'une des plus importantes stars des années 1980. Il a reçu un très grand succès commercial avec près de 25 millions de disques vendus dans le monde dont 7 aux États-Unis.

Parmi les tubes de l'album, l'un, qui est sorti en single le 25 février 1987 (le cinquième single de cet album), est intitulé "La Isla Bonita", c'est de l'espagnol. Le clip autant que le tube ont eu un immense succès, numéro un aux États-Unis, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie, au Japon, en Suisse, etc. Le clip vidéo a été tourné le 14 mars 1987 à Los Angeles.

On y voit Madonna en touriste sur une île merveilleuse et elle trouve que ses journées sont passées trop vite. La chanson a été considérée par des critiques américains comme « la plus grande, plus influente et éternelle chanson de Madonna et aussi la meilleure de l'album ».


Le critique Maury Dean évoquait en 2003 cette chanson ainsi : « Madonna roucoule une berceuse espagnole. Une romance florale grésillante entre les abris confortables des palmiers. Des mélodies difficiles à ignorer pour la plupart des hommes. » ("Rock 'n' Roll Gold Rush").
 


Étrangement, cette chanson avait initialement été proposée à Michael Jackson (pour son album "Bad"), et après le refus de ce dernier, Madonna a tout de suite accepté de l'interpréter à sa place, à condition de réécrire les paroles elle-même, avec le parolier Patrick Leonard (et Bruce Gaitsch), montrant ainsi les influences hispaniques de l'art de Madonna. Sa robe rouge dans le clip allait devenir très à la mode pour les jeunes femmes.

On a souvent comparé Madonna à Marilyn Monroe dont elle s'est beaucoup inspirée sur le côté bombe sexuelle. Mais elle en est désormais loin... parce qu'elle a beaucoup plus vécu que l'ancienne star présidentielle. En effet, elle a eu la chance de ne pas mourir jeune, et à bientôt 68 ans (elle est née le 16 août 1958), elle a montré que son talent artistique était durable, et chaque fois, novateur, tant sa musique que son image.

Madonna est l'artiste qui a vendu le plus de disques au monde de tous les temps, avec plus de 400 millions d'exemplaires, ce qui la consacre comme la Reine de la Pop. Cela ne l'a pas empêchée de faire quelques incursions au cinéma, avec notamment deux succès "Recherche Susan désespérément" de Susan Seidelman (sorti le 29 mars 1985) avec Rosanna Arquette, et "Evita" d'Alan Parker (sorti le 25 décembre 1996). Puis, après quelques productions mitigées, l'actrice a cédé devant la réalisatrice.


Star de la mode, star de la musique, star boulimique et multidisciplinaire, voici donc Madonna dans son entièreté, avec La Isla Bonita, il y a quarante ans !





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Sylvain Rakotoarison (21 juin 2026)
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22 juin 2026 1 22 /06 /juin /2026 19:57

« Ma mère m’avait dit que, le jour où je m’appellerais Patti, je deviendrais une star. Quand je suis arrivée dans le show-biz, je n’ai pris la place de personne, puisqu’il n’y avait plus que des minettes, des nymphettes et des jolis culs. Moi, je suis simplement une femme, une nana. » (Guesch Patti, le 15 novembre 1990 dans "Paris Match").




 


C'est sûr que Patricia Porrasse, cela l'aurait moins fait. Alors, c'est Guesch Patti qui s'est éteinte dans la nuit du 21 au 22 juin 2026 à Paris. L'artiste était malade, et avait fêté ses 80 ans il y a trois mois, le 16 mars. Le communiqué de son manager annonçant la triste nouvelle se poursuit ainsi : « Elle laisse derrière elle, à tous les publics qui ont pu la voir sur un plateau, la mémoire d'une femme pleine de vie dans son expression artistique. ».

Elle a obtenu un bond énorme de notoriété avec son premier single qui a marché du tonnerre dans toute l'Europe. Sorti en juin 1987, "Étienne" a été vendu à plus d'un million et demi d'exemplaires. Numéro 1 du Top 50, disque d'or en France, récompensé par une Victoire de la Musique (prix de la révélation féminine) devant Vanessa Paradis et Maurane. Avec une composition de Vincent Bruley, Guesch Patti a enflammé les médias avec des paroles et un vidéo-clip (réalisé par Lydie Callier) qui ont détonné, qui ont aussi détoné (certaines images ont été censurées à l'époque). Pas de provocation, plutôt de la création, se justifiait l'artiste.

Le 15 novembre 2002, Habib Elia expliquait les raisons du succès : « la voix de Guesch Patti d'abord, qui réussit une interprétation très provocante de la chanson, alternant gémissements sensuels et cris passionnés ; le texte bien sûr, plein de sonorités suggestives ; la musique, qui joue un grand rôle dans le succès de la chanson dans la production du texte, depuis la rythmique féline de l'intro jusqu'à l'accord nerveux de la guitare électrique, et le vidéoclip, qui est d'un esthétisme érotique porté par une chorégraphie excitante ».


Le texte était assez travaillé mais surtout sulfureux : « Oh, tiens le bien /Baisers salés, salis /Tombé le long du lit /De l'inédit /Il aime à la folie /Au ralenti /Je soulève les interdits, ah ». Ou encore : « Affolé, affolant /Il glisse comme un gant /Pas de limite /Au goût de l'after beat /Reste allongé /Je vais te rallumer », etc.

Inspiré d'un article du journal "Le Monde", l'encyclopédie Wikipédia dit avec raison : « Ce succès phagocyte le parcours artistique de Guesch Patti, dont la principale passion était la danse contemporaine. ». En effet, elle a été petit rat de l'Opéra de Paris à 15 ans, recrutée par Roland Petit et s'est lancée dans la danse contemporaine, un art peu mis en avant, avec des collaborations prestigieuses, par exemple avec Stockhausen. Elle a aussi dansé ou chanté pour Catherine Lara, Sylvie Vartan et Nana Mouskouri lors de leurs spectacles.

Contrairement à ce que certains voulaient faire croire en la citant comme une "nouvelle Jeanne Mas", Guesch Patti n'était pas à l'aise dans le show-business et les paillettes médiatiques, elle était surtout passionnée par la danse contemporaine, où elle a commencé mais aussi où elle a continué sa carrière après une sortie à la fin des années 1980 et dans les années 1990 (elle a sorti en 1988 un autre grand succès "Let Be Must The Queen").


Pas du tout intéressé par l'argent, Guesch Patti ne voulait pas être un "produit culturel" : « Je crois qu'il y a une espèce de pression qui m'est tombée dessus, qui ne convenait pas du tout à mon caractère. (…) Si les maisons de disques fonctionnent, c'est plutôt grâce aux artistes. (…) Moi, quand j'ai entendu qu'on parlait de moi comme un produit... je ne sais pas si je me suis rebellée, je n'ai pas joué le jeu. ».

Elle l'a dit à Marc-Olivier Fogiel en avril 2002, mais reconnaissait que le succès ne la laissait pas indifférente, même si la Victoire a surtout fait plaisir à ses parents : « Mais non, je ne m'en fous pas, bien sûr qu'on ne s'en fout pas. On préfère vendre au plus grand nombre et pouvoir être reconnu par le plus grand nombre. Mais si ça ne passe pas, ce n'est pas un problème. Le problème, c'est avec soi. C'est quand nous, on est en accord, l'artiste, avec ce qu'on a fait. ».

En 2001, Guesch Patti était à l'affiche dans un spectacle de danse contemporaine, et cela l'effrayait : « Je n'ai pas envie de vivre à nouveau ce que j'ai connu avec "Étienne". Je veux me préserver d'une nouvelle surenchère médiatique. J'ai fini de jouer. ». RIP.



1. "Étienne" (1987)






2. "Let Be Must The Queen" (1988)






3. Interview "On ne peut pas plaire à tout le monde" (avril 2002 sur France 3)





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Sylvain Rakotoarison (22 juin 2026)
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Sans tabou.
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Le révolté.
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Gérard Lenorman.
Pierre Dac.
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Marcel Zanini.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

 

 





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260622-guesch-patti.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/guesch-patti-l-anti-star-269985

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/06/22/article-sr-20260622-guesch-patti.html


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14 juin 2026 7 14 /06 /juin /2026 04:11

« Je n’ai pas peur de vieillir. Je vis ça sereinement parce que j’ai un métier tellement vivant, plein de contacts, de rencontres, de voyages. » (Brigitte Fossey, le 20 août 2023 dans "Nice-Matin").





 


L'actrice Brigitte Fossey fête ses 80 ans ce lundi 15 juin 2026. 80 ans... et soixante-quinze de métier, comédienne au cinéma (près d'une soixantaine de films), à la télévision (plus d'une vingtaine de téléfilms) et aussi sur scène, au théâtre (plus d'une vingtaine de pièces). Beaucoup ont retenu la blondeur de ses cheveux, mais elle n'était pas une "blonde" comme les autres, elle a pris des rôles qui sortaient des stéréotypes ordinaires, même si sa chevelure (plus que sa blondeur) l'a longtemps caractérisée.

Devenir une octogénaire lorsqu'on s'est fait connaître à 5 ans dans un film culte, "Jeux interdits" de René Clément (sorti le 9 mai 1952), c'est assez singulier. Et pourtant, elle n'a pas vraiment changé depuis ses 20 ans. Car ce qui la décrit le mieux, c'est son sourire, attendrissant, bienveillant, celui d'une mère aimante, d'une gentille malgré le monde de brutes dans lequel on vit. Son sourire est apaisant, et il est presque plus apaisant à 80 ans qu'à 20 ans.

Dans "Jeux interdits" qui retrace une histoire de la guerre (elle venait à peine d'être terminée ; en 2026, cela signifie qu'on parlerait de l'année 2014 !), Brigitte Fossey, poussée par sa tante, s'est fait bombarder Paulette, héroïne à 5 ans tant du scénario que du cinéma français. Un des meilleurs films de l'histoire, récompensé de l'Oscar d'honneur aux États-Unis, du Lion d'or à Venise, du Grand Prix à Cannes, "Jeux interdits" a laissé surtout sa bande originale très connue, et a même permis à Brigitte Fossey d'être présentée à la reine Élisabeth II qui avait adoré le film (la reine venait d'être couronnée et avait 26 ans). Quand le réalisateur a rencontré Brigitte Fossey pour la première fois, il l'a trouvée spontanée, fraîche, naturelle et surtout, pas intimidée pour un sou (probablement parce qu'elle était trop jeune pour se rendre compte).
 


Pour l'anecdote, les parents de Brigitte Fossey ont joué les parents de la petite héroïne dans l'histoire (un petit rôle puisqu'ils meurent tôt dans un bombardement), mais malgré cette implication, ils ont tenté d'éloigner leur fille du cinéma pendant toute son enfance et adolescence au point de la mettre en pension en Angleterre, pour l'éloigner d'une vie de star qui n'était pas de son âge (elle avait joué dans deux autres films sortis en 1954 et 1956), et surtout, pour qu'elle puisse faire des études (elle allait pousser jusqu'à un début de licence de philo après une prépa littéraire).

Mais la jeune actrice est retombée dans la marmite du cinéma à l'âge de 20 ans, dans "Le Grand Meaulnes" de Jean-Gabriel Albicocco (sorti le 29 septembre 1967), pour démarrer sa véritable carrière d'actrice au cinéma, désormais adulte. Brigitte Fossey est alors devenue l'une des actrices fétiches du cinéma français (et pas seulement français) qui ont dominé les années 1970 et 1980, au même titre que Miou-Miou et Marlène Jobert.

Ses choix de tournage sont éclectiques, par refus de rester dans une case. Brigitte Fossey a ainsi joué dans "Les Valseuses" de Bertrand Blier (sorti le 20 mars 1974), avec Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Miou-Miou et Jeanne Moreau, et dans "Un mauvais fils" de Claude Sautet (sorti le 15 octobre 1980), avec Patrick Dewaere, Yves Robert, Jacques Dufilho et Claire Maurier (qui vient de s'éteindre à 97 ans au début du mois dernier). Elle a été aussi dirigée par Michel Deville, Édouard Molinaro, Claude Lelouch, Benoît Jacquot, François Truffaut (dans "L'Homme qui aimait les femmes", sorti le 27 avril 1977, actrice principale avec Charles Denner), Robert Altman, Robert Enrico, etc. Curieusement, elle n'a reçu aucun César, seulement deux nominations en 1977 et 1978. Il serait temps qu'elle reçoive un César d'honneur pour toute sa carrière !

Ce qui l'a rendue éclatante de douceur, c'est sa participation à la série "La Boum" de Claude Pinoteau (les deux épisodes sont sortis le 17 décembre 1980 et le 8 décembre 1982), où elle a pris le rôle de Françoise, la mère de Sophie Marceau (Vic) et la femme de Claude Brasseur (François). Et c'est vrai que loin de la petite fille, c'est la figure de la mère qui allait et va le mieux à Brigitte Fossey, mère qu'elle était déjà dans "Les Valseuses", d'ailleurs.
 


Dans les années 1990, Brigitte Fossey s'est aussi distinguée à la télévision, notamment comme personnage central de la série "Le Château des Oliviers" réalisée par Nicolas Gessner (huit épisodes diffusés du 28 juin au 8 août 1993 sur France 2), avec Jacques Perrin, Pascale Rocard, Éva Darlan, Georges Corraface et Dora Doll, ce qui lui a valu le 7 d'or de la meilleure comédienne de fiction en 1994. Ce n'était pas sa première série télévisée, elle avait joué aussi vingt ans plus tôt dans "Les Gens de Mogador", série réalisée par Robert Mazoyer (treize épisodes diffusés du 18 décembre 1972 au 15 février 1973 sur Antenne 2), avec notamment Marie-France Pisier et Renée Faure.

Brigitte Fossey continue toujours à tourner, pour le cinéma, son dernier film, réalisé par Noémie Lefort, est sorti le 14 décembre 2022 (où elle a joué la grand-mère de Chloé Jouannet, avec Pascale Arbillot, Louise Coldefy et Firmine Richard), et pour la télévision, sa dernière apparition fut pour l'avant-dernière saison de la série "Léo Mattéï" diffusée du 24 avril au 8 mai 2025 sur TF1 (elle a déjà fait des apparitions dans d'autres séries, comme "Commissaire Magellan", épisode diffusé le 10 octobre 2015 sur France 3, et "Joséphine, ange gardien", épisode diffusé le 23 août 2016 sur TF1).

Elle continue à hanter les théâtres. Dans le passé, elle a joué Molière (notamment avec Jean Marais), Eugène Ionesco, Roger Planchon, Jacques Prévert, Félicien Marceau, Jean Cocteau, Laurent Ruquier, etc. Elle adore aussi faire la lecture devant un public attentif.

Ainsi, jusqu'au 30 mars 2026, elle lisait tous les lundis soir au Théâtre de Poche-Montparnasse, à Paris, le roman "Moby Dick" écrit par Herman Melville. Elle s'est était expliqué le 25 février 2026 sur France Info : « C'est pour une raison poétique parce que j'ai une passion pour la mer et les baleines. J'ai fait un film au Canada et j'ai vu les baleines, ce sont des animaux extraordinaires. (…) Comme c'est une baleine blanche, elle fait rêver. C'est un monstre qui a la magie de la divinité. En général, ce sont les apparitions divines qui sont blanches. Mais là, c'est un monstre. Il y a une sorte de fascination de l'horreur qui est extraordinaire. Il y a aussi une étude de ce qu'est le fanatisme. (…) On a tous notre obsession, on a tous notre haine, et c'est vrai qu'on la maîtrise plus ou moins bien, surtout aujourd'hui. ». Bravo pour votre passion et votre enthousiasme, et bon anniversaire Brigitte !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 juin 2026)
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Pour aller plus loin :
Coluche.
Restos du cœur.
Candidat du rire et de la peur.
Sois fainéant, l'avenir t'attend !
L'Opio du peuple.
Raymond Devos.
Brigitte Fossey.
Marjane Satrapi.
Claude Pinoteau.
Tsilla Chelton.
Patrick Bruel.
Avis de tempête et présomption.
On s'était dit rendez-vous dans quarante ans.
Marilyn Monroe.
Star éternelle.
"Le fabuleux destin d'Amélie Poulain".
Audrey Tautou.
Nathalie Baye.
Isabelle Mergault.
Bruno Salomone.
Brigitte Bardot.
Monstre sacré du cinéma français.
Michel Piccoli.
Rob Reiner.
Jean-Pierre Bisson.
Woody Allen.
Michel Bouquet.
Hommage du Président Emmanuel Macron à Michel Bouquet le 27 avril 2022 aux Invalides (texte intégral et vidéo).
Le roi ne se meurt pas.
La vitalite du roi Bouquet.
Bouquet final.
Marion Cotillard.
Claudia Cardinale.
Lauren Bacall.
Micheline Presle.
Sarah Bernhardt.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Marlène Jobert.
Alfred Hitchcock.
Charlie Chaplin.


 




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31 mai 2026 7 31 /05 /mai /2026 04:45

« Elle incarne le canon de beauté des années 50 promu par l’industrie hollywoodienne (hanches larges, taille fine et poitrine de pin-up). Son visage est calqué sur les codes de cette féminité idéalisée, qui définit la grâce du mouvement par le juste équilibre entre le pulpeux et le fin, le large et l’étroit : petit nez et grande bouche ronde et pleine, grand front en balcon et petit menton arrondi, pommettes bombées et yeux entrouverts. Son visage joue sur le contraste entre la fragilité et la force, la pudeur et l’affirmation de soi, devenant un puissant objet de désir pour les hommes autant qu’un modèle pour les femmes. » (Marie Denieuil, le 14 mai 2022, dans "Philosophie Magazine").





 


La star hollywoodienne Marilyn Monroe est née il y a un siècle, le 1er juin 1926 à Los Angeles. Son vraie nom était, à sa naissance, Norma Jeane Mortensen, du nom du mari de sa mère Gladys peu avant sa naissance Martin Edward Mortensen, marié d'octobre 1924 à août 1925 (mais sur l'acte d'état-civil, par erreur, l'employé a écrit Mortenson), et la future actrice a adopté le patronyme Baker en 1938 du nom du mari de sa mère entre mai 1917 et mai 1923, John Newton Baker. Sur son certificat de baptême, d'ailleurs, son patronyme était Baker.

En fait, elle n'a jamais su qui était son père. Malgré l'idée d'un enfant légitime (conçu dans le cadre de relations conjugales), elle a toujours nié le fait que ce Mortensen fût son père. Après bien des incertitudes, une étude aurait prouvé en 2021 que le père biologique serait Charles Stanley Gifford, le supérieur hiérarchique de sa mère. Jusqu'à sa mort en 1965, Gifford a toujours refusé de reconnaître toute relation avec Gladys. Cette Gladys, qui allait mourir en 1984, a eu de nombreuses liaisons affectives à l'époque, et elle était régulièrement internée dans un hôpital psychiatrique pour des troubles schizophréniques et délires paranoïaques, si bien que la future Marilyn, de père inconnu, fut placée dans une famille d'accueil ou à l'orphelinat. Début de vie très difficile, donc.
 


Marilyn Monroe s'est mariée pour la première fois en juin 1942, très peu de temps après ses 16 ans, avec Jim Dougherty, un ouvrier qui allait rejoindre la marine marchande. Sa première photographie professionnelle, comme mannequin, a été prise le 26 juin 1945 par un photographe de l'armée américaine qui, séduit par le charisme de la jeune fille, voulait l'immortaliser manipulant ses outils pour montrer la participation des femmes à l'effort de guerre. Elle y fut mentionnée comme Norma Jeane Dougherty, du nom de son (premier) mari dont elle allait divorcer en septembre 1946.
 


Très rapidement, elle est devenue un mannequin pour des photos de charmes, parfois des nus, pour calendriers, couvertures de magazines, etc. C'est sur un conseil d'une amie qu'elle s'est décoloré les cheveux, assurant la visage canon de la blonde qui allait faire sa notoriété. Car son visage fut aussi important que sa silhouette. Au point que le 9 mai 2022, le fameux tableau d'Andy Warhol "Shot Sage Blue Marilyn" de 1964, symbole du Pop Art (voir illustration en fin d'article), a été adjugé chez Christie's New York pour la modique somme de 195,04 millions de dollars après seulement quatre minutes d'enchères.

Parallèlement, elle a pris des cours de théâtre et s'est fait remarquer par l'acteur Ben Lyon, séduit par la blondeur de ses cheveux, qui lui a fait signer un contrat d'un an avec la 20th Century Fox pour un très faible salaire. C'est à ce moment-là qu'elle a adopté le nom de Marilyn Monroe, en hommage à l'actrice Marilyn Miller (morte en 1936) pour le prénom, et Monroe est le patronyme de naissance de sa mère. Après autre petit contrat, Marilyn Monroe a rencontré Johnny Hyde qui est devenu son agent artistique le 2 mars 1950. Il lui a fait refaire son visage par la chirurgie esthétique et lui a trouvé un rôle (secondaire), salué par la critique, dans "Quand la ville dort" ["The Asphalt Jungle"] de John Huston (sorti le 23 mai 1950).

Entre 1950 et 1952, Marilyn Monroe s'est transformée en star, d'une part, par ses rôles de plus en plus nombreux, et d'autre part, par le scandale, en continuant à se faire photographier nue. La consécration est venue du magazine "Life" qui l'a affichée en couverture pour son numéro du 7 avril 1952.
 


En dix ans, elle a joué dans de nombreux succès du cinéma américain, comme "Le démon s'éveille la nuit" de Fritz Lang (sorti le 16 juin 1952), "Les hommes préfèrent les blondes" de Howard Hawks (sorti le 18 juillet 1953), "Comment épouser un millionnaire" de Jean Negulesco (sorti le 5 novembre 1953) avec Lauren Bacall et Betty Grable, "Rivière sans retour" d'Otto Preminger (sorti le 30 avril 1954) avec Robert Mitchum, "Sept ans de réflexion" de Billy Wilder (sorti le 3 juin 1955), "Certains l'aiment chaud" de Billy Wilder (sorti le 29 mars 1959) avec Tony Curtis et Jack Lemmon, "Le Milliardaire" de George Cukor (sorti le 8 septembre 1960) avec Yves Montand, "Les Désaxés" de John Huston (sorti le 1er février 1961) avec Clark Gable, etc.

La vie de Marilyn Monroe était particulièrement mouvementée, sur le plan affectif, psychologique, etc. Elle a même été virée d'une production à cause de son absentéisme. Elle a été retrouvée sans vie à son domicile le 4 août 1962, et si la thèse du suicide paraît la plus probable (dépression, toxicomanie, alcoolisme, insomnie, etc.), d'autres thèses naviguent sur Internet encore aujourd'hui, notamment celle de l'accident de médicaments (mélange fatal de deux substances) et aussi d'autres thèses plus complotistes, en raison de ses relations ambiguës avec le Président des États-Unis John Kennedy et son frère-ministre Bob Kennedy (tous les deux qui furent, par la suite, assassinés).

Me voici à évoquer un chef d'État... et je reviens donc à mon titre : mais pourquoi donc "Doctrine Monroe", redevenue une référence importante de la diplomatie sous Donald Trump ? Juste pour l'homonymie avec un très ancien prédécesseur de Donald Trump, à savoir James Monroe, et si on cherche un peu plus loin, la définition de doctrine étant un « ensemble de notions qu'on affirme être vraies et par lesquelles on prétend fournir une interprétation des faits, orienter ou diriger l'action », on peut considérer qu'une religion peut rentrer dans ce cadre.

Et quelle a été la religion de Marilyn Monroe ? Elle s'est convertie au judaïsme en juin 1956, lors de son (dernier) mariage avec l'écrivain Arthur Miller, mais pas seulement pour lui faire plaisir, car même après son divorce en janvier 1961, elle a continué à se référer aux valeurs juives jusqu'à sa mort.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 mai 2026)
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Pour aller plus loin :
Marilyn Monroe.
Star éternelle.
Patrick Bruel et la présomption.
On s'était dit rendez-vous dans quarante ans.
"Le fabuleux destin d'Amélie Poulain".
Audrey Tautou.
Nathalie Baye.
Isabelle Mergault.
Bruno Salomone.
Brigitte Bardot.
Monstre sacré du cinéma français.
Michel Piccoli.
Rob Reiner.
Jean-Pierre Bisson.
Woody Allen.
Michel Bouquet.
Hommage du Président Emmanuel Macron à Michel Bouquet le 27 avril 2022 aux Invalides (texte intégral et vidéo).
Le roi ne se meurt pas.
La vitalite du roi Bouquet.
Bouquet final.
Marion Cotillard.
Claudia Cardinale.
Lauren Bacall.
Micheline Presle.
Sarah Bernhardt.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Marlène Jobert.
Alfred Hitchcock.
Charlie Chaplin.
 

 





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18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 04:10

« Je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition. » (Maxime Saada, le 17 mai 2026 à Cannes).






 


C'est l'histoire de pétitionnaires qui jouent aux arroseurs arrosés. Profitant de l'écho médiatique du Festival de Cannes, plus de 600 "professionnels du cinéma" ont publié peu avant l'événement culturel du mois, le lundi 11 mai 2026, dans "Libération", une tribune très politique où ils dénonçaient la supposée mainmise du milliardaire Vincent Bolloré sur l'industrie du cinéma en France.

La tribune faisait état, d'une part, de l'importance du groupe Bolloré dans l'industrie du cinéma, et d'autre part, d'un objectif politique du milliardaire. Elle expliquait ainsi le contrôle sur le cinéma : « En octobre 2025, le groupe Canal+ a acquis 34% du capital d’UGC, le troisième plus grand réseau de salles de cinéma françaises, avec la perspective d’acquérir 100% des parts d’ici à 2028. C’est une nouvelle étape dans la stratégie d’expansion de Vincent Bolloré. Par l’intermédiaire de Vivendi, Vincent Bolloré détient déjà la chaîne Canal+ et ses filiales, dont Studio Canal, numéro 1 de la production de cinéma européenne. Avec l’ajout des 55 cinémas UGC de France et de Belgique, notamment celui des Halles à Paris, le plus fréquenté d’Europe avec plus de 2,5 millions d’entrées annuelles, Bolloré sera en position de contrôler la totalité de la chaîne de fabrication des films, de leur financement à leur diffusion sur petit et grand écran. ». Et son projet politique : « Derrière son costume d’homme d’affaires, le milliardaire ne cache pas qu’il mène un "projet civilisationnel", réactionnaire d’extrême droite, à travers ses chaînes de télé comme CNews et ses maisons d’édition. ».


Si le constat-là est exact, le texte se poursuivait par un procès d'intention : « Si l’influence de cette offensive idéologique sur le contenu des films a été pour le moment discrète, nous ne nous faisons pas d’illusion : ça ne durera pas. (…) Voulons-nous prendre le risque que demain ne soient plus financés que des films de propagande au service d’une idéologie ? La bataille culturelle dont on parle partout ne désigne pas un simple affrontement d’idées. En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif. ».

J'avoue que cette tribune m'avait échappé, et j'ai l'impression qu'elle avait échappé à pas mal de monde. Il faut dire que c'était une opération très politique, avec une incantation, ne laissez pas Vincent Bolloré acheter UGC (sans dire comment financièrement : propose-t-on de racheter à sa place ?). Cette tribune sentait la trouille et craignait qu'au prochain Festival de Cannes, en mai 2027, un gouvernement d'extrême droite soit déjà en place (sans dire non plus comment l'éviter). Comme toutes les pétitions dégoulinant de moraline, ce genre d'initiative très contre-productive ne fait, à mon sens, qu'attiser le vote populaire et renforcer l'électorat du RN en consolidant le sentiment anti-élite et anti-bobo culturel.

Il s'agit d'un obscur collectif appelé "Collectif Zapper Bolloré" et de centaines de signataires particulièrement inconnus du grand public, sauf quelques très rares noms comme Juliette Binoche, Adèle Haenel, Raymond Depardon, Arthur Harari, Clothilde Hesme, Anna Mouglalis, Swan Arlaud, Vimala Pons, Jean-Pascal Zadi, Damien Bonnard... mais ce sont des exceptions dans un océan d'anonymes.

Notons que dans le programme du RN, il y aurait la suppression du Centre national du cinéma (CNC), structure récoltant les taxes auprès des chaînes de télévision et les redistribuant aux producteurs de cinéma. Selon "Le Monde", Canal+ représenterait 43% des apports des diffuseurs, mais la chaîne cryptée a réduit considérablement son investissement ces dernières années. France Inter a rappelé qu'en effet, Canal+ avait baissé en janvier 2025 son enveloppe budgétaire à 170 millions d'euros en 2027 au lieu de 220 millions d'euros auparavant, « mécontent d'un accord permettant à Disney+ de diffuser des films neuf mois après leur sortie en salles ».

 


Cette tribune serait passée inaperçue si Maxime Saada, le président du directoire de Canal+, n'avait pas réagi assez vivement le 17 mai 2026à l'occasion d'un brunch des producteurs, à Cannes, provoquant même un mini-scandale, et je dois dire que si je m'inquiète du messianisme du milliardaire (je ne souhaite absolument pas la victoire politique de l'extrême droite), je comprends la colère de Maxime Saada. En fait, ce dernier a bien compris que la tribune avait fait pschitt ! Effectivement, les professionnels, producteurs et patrons de salles de cinéma, ont compris que cette fronde n'était qu'une opération politicienne de faible envergure qui a pêché dans l'excessif, et donc dans l'insignifiant, car personne n'a constaté « une uniformisation des films » ni « une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif » à Canal+.

La réaction de Maxime Saada était à la fois prévisible et normale. Qu'a-t-il dit ? D'abord, il a ressenti beaucoup d'injustice : « J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix. ». Il en a donc tiré lui-même les conséquences : « Je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition. (…) Eh bien moi je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste, je suis désolé, la limite, pour moi elle est là. ». Par ailleurs, il a défendu le cinéma français ainsi que le CNC : « Canal+ continuera de défendre résolument le cinéma français. (…) Il n’y a pas de cinéma français tel qu’il est aujourd’hui sans le CNC. ».


Ce qui a choqué, c'est la décision du patron de Canal+ de ne plus vouloir financer ceux qui, finalement, le dénigrent matin midi et soir et le traitent de fasciste. Est-ce anormal ? Les soutiens du collectif (en particulier les insoumis) brandissent la liberté d'expression. Mais où se croient-ils ? Bien sûr qu'ils bénéficient de la liberté d'expression ; la preuve, ils ont pu publier leur tribune dans un quotidien national et ils ont pu amorcer un débat national, c'est déjà pas mal.

Mais il faut aller un peu plus loin : il faut prendre ses responsabilités. Il faut être cohérent. Comme simple lecteur de leur tribune, je ne peux imaginer un instant qu'ils puissent accepter d'être financés par un financier fasciste qui mettrait en péril l'indépendance de leur art. L'indépendance, elle s'obtient facilement, c'est ne pas recevoir d'argent de la part des prétendus diables qu'on dénigre. Et pourtant, dans la tribune, ils osaient avouer : « Nous dépendons aujourd’hui, à des degrés divers, pour nos projets autant que nos salaires, de l’argent de Vincent Bolloré, mais nous voulons sortir ensemble du silence imposé insidieusement à notre secteur. ». Avant de sortir du silence imposé, sortez donc du financement (pas imposé lui) et vous serez indépendants !

Je vais plus loin, car il ne s'agit pas seulement de cinéma ni même de culture, mais de simple relations professionnelles, qu'elles soient entre employeurs et employés, entre prestataires et clients ou entre entrepreneurs et investisseurs : dès lors qu'un lien de confiance est rompu, la collaboration est impossible. Imagine-t-on une entreprise qui voit ses salariés dénigrer à longueur de médias les dirigeants (les traiter de fascistes !) rester en fonction, à l'exception des syndicalistes ? Si l'employeur est si diabolique qu'ils ne le disent, que font-ils encore sous leur subordination ?

La même chose s'était produite avec certains humoristes de la station France Inter. Stéphane Guillon, il y a une quinzaine d'années, et Guillaume Meurice, plus récemment, ont été licenciés simplement parce qu'ils dénigraient publiquement leur employeur qui, paradoxalement, les nourrissait. Il y a un comportement minimal de correction lorsqu'on travaille dans une collectivité. On peut vouloir son indépendance d'expression publique, mais dans ce cas, il faut en assumer toutes les conséquences, en particulier celle de ne pas être payés par l'affreux qui est tant critiqué.

Du reste, le président du CNC a confirmé à la matinale de France Inter du 18 mai 2026 que jusqu'à maintenant, Canal+ avait soutenu « tous les cinéastes », même s'il s'est inquiété de la réaction de Maxime Saada : « Sur le plan de la liberté d’expression, ça pose question. Parce que le droit à la critique, ça fait partie de ce principe fondamental. ». Je le répète, ceux qui investissent pour un projet peuvent tout de même attendre des porteurs du projet qu'ils ne leur crachent pas au visage.


Jugeant les propos du collectif pétitionnaire un peu excessifs, deux réalisateurs ont aussi confirmé le 13 mai 2026 à l'AFP que Canal+ assurait encore l'indépendance. Pierre Salvadori : « Tant que je ne me sens pas trahi à cet endroit-là et tant qu'ils respectent ces garanties, je suis à l'aise. ». Charline Bourgeois-Tacquet : « Ça ne veut pas dire que ça va être possible toujours. Mais pour l'instant, c'est ça, la réalité. ».

Les pétitionnaires ont fait donc un travail de sape. Peut-être y aura-t-il à l'avenir des films de gauche (subventionnés par les taxes d'État) et des films de droite (financés par des groupes de droite). Ce serait bien sûr une erreur, l'art est apolitique, il est bon ou il est mauvais, talentueux ou médiocre, mais pas de droite ou de gauche. À force de vouloir trop polariser politiquement la société, on l'hystérise. Le résultat à l'arrivée serait pire qu'au point de départ.

Au moins, une personnalité politique (par ailleurs candidate à l'élection présidentielle) a semble-t-il réagi de la même manière que ma modeste personne, David Lisnard, le maire de Cannes (donc en première ligne pour le Festival), qui a eu cette réaction de bon sens sur Twitter : « Plutôt que de signer une tribune, chaque cosignataire aurait pu refuser l’argent de Canal+ et faire comme dans toute entreprise, aller voir les banquiers, prendre son risque. ». Rideau !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 mai 2026)
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Pour aller plus loin :
Le cinéma, le milliardaire et la pétition.
Vous avez dit audiovisuel public ?
Sondage Ipsos bva – CESI École d'Ingénieurs sur l'audiovisuel public publié le 6 décembre 2025 pour BFMTV et "La Tribune Dimanche" (à télécharger).
Thomas Legrand : les complotistes de la Bollosphère auraient-ils raison ?
La réforme de l'audiovisuel public rejetée par les députés (en première lecture).
L'extinction de C8 : la loi ou la liberté d'expression ?
Ci-gît la redevance à la papa.
La BBC fête son centenaire.
Franck Riester : France Médias ne sera absolument pas l’ORTF.
Publiphobie hésitante chez les députés (17 décembre 2008).
Pub à la télé : la révolution silencieuse (2 septembre 2008).
L’inexactitude de Nicolas Sarkozy sur l’audiovisuel public.

 





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23 avril 2026 4 23 /04 /avril /2026 04:31

« D’autres trouvent le bonheur dans le fait d’être reconnu. Pas moi ! Je préfère regarder que d’être regardée. » (Audrey Tautou, le 12 juin 2025 dans "Paris Match").



 


Film exceptionnel, "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain" du réalisateur Jean-Pierre Jeunet est sorti dans les salles notamment françaises il y a vingt-cinq ans, le 25 avril 2001. Hasard de la programmation, cette sortie est intervenue la veille de la diffusion de la première émission de téléréalité en France, Loftstory.

Pourquoi mélanger les deux ? Parce que l'ennui ressenti à regarder Loftstory était compensé par le grand intérêt à regarder Amélie Poulain. Il existe peu de films, dans le cinéma mondial, qui ont eu autant de répercussion dans la vie de tous les jours des spectateurs. Je ne suis pas exhaustif, mais je n'en vois qu'un autre film de ce type, c'est "Le Cercle des poètes disparus" de Peter Weir (sorti le 9 juin 1989) avec Robin Williams.

"Le fabuleux destin d'Amélie Poulain", c'était d'abord un défi à la raison cinématographique. Jean-Pierre Jeunet avait accumulé de nombreuses anecdotes sur la vie parisienne, des petits trucs accessoires, des faits-divers (réels), des choses lues dans des romans, etc. Avec Guillaume Laurant qui l'a aidé à écrire le scénario et qui s'est occupé des dialogues, il a trouvé un fil conducteur : une jeune femme un peu naïve, gentille, candide, dont le but dans la vie est de faire le bien autour d'elle, très discrètement, confidentiellement.

Autant dire que le sujet du film n'intéressait personne, pas beaucoup de producteurs, et même une fois monté, il n'a pas été sélectionné par le Festival de Cannes de mai 2000. Pourquoi ? Parce que le film était supposé être ennuyeux. Vie quotidienne d'anonymes, sans intérêt. Évidemment, ceux qui ont pensé cela se sont mordu les doigts. D'une part, l'époque se tournait justement résolument vers la vie de Monsieur Toutelemonde devenue spectacle (début de la téléréalité qui allait préfigurer la vie dans les réseaux sociaux, narcissique et effectivement sans intérêt). D'autre part, loin d'être ennuyeux et sans intérêt, ce film a été prodigieusement réalisé pour une identification des spectateurs avec l'histoire.

Enfin, loin d'être ennuyeux (bis), ce film a esquissé une véritable image d'Épinal, une carte postale pittoresque de la vie des Français, celle dans l'ancien monde, celui d'avant-mondialisation, et même de la vie populaire à Paris, avec (notamment) la vie d'un troquet typique du quartier de Montmartre, dans le dix-huitième arrondissement, devenu mondialement connu, le "Café des trois moulins". Ce qui explique après coup le grand succès à l'international.
 


Résultat ? Un énorme succès dans les salles, de bouche à oreille, dès les premiers jours. Au final, pour un budget de 11,7 millions d'euros, il y a eu 32,1 millions d'entrées en salle dans le monde, dont 8,6 millions en France mais aussi 5,9 millions aux États-Unis, 3,2 millions en Allemagne, 1,9 million en Italie et 1,7 million en Espagne. Il était, en 2013, le deuxième film français tourné en langue française qui a eu le plus de succès à l'étranger (23,1 millions d'entrées), derrière "Intouchables" (31,5 millions d'entrées).

Quelques semaines plus tard, le Festival de Cannes était contesté car il n'avait même pas retenu ce film dans sa sélection. Les récompenses des professionnels sont venues un peu plus tard : 4 Césars 2002 (meilleure réalisation, meilleur film, meilleure musique écrite pour un film et meilleurs décors), 9 autres nominations pour les Césars 2002, et cinq nominations pour les Oscars 2002.

Le film a gagné toute sa fraîcheur avec trois choix essentiels.

Le premier était le choix de l'actrice principale pour le rôle d'Amélie Poulain. Initialement prévu pour l'actrice britannique Emily Watson dont Jean-Pierre Jeunet avait apprécié la prestation dans "Breaking the Waves" de Lars von Trier (sorti le 5 juillet 1996), mais celle-ci trouvait le tournage trop long, le rôle a été refusé par Vanessa Paradis. C'est en voyant l'affiche du film "Vénus Beauté (Institut)" de Tonie Marshall (sorti le 3 février 1999), avec Nathalie Baye, que Jean-Pierre Jeunet a pensé à Audrey Tautou, et dès les trois premières secondes d'audition, il a été emballé par sa candeur, sa fraîcheur. Le réalisateur a confirmé ce sentiment le 3 avril 2021 dans "Le Figaro" : « J’ai alors commencé le casting en France. Emily est devenue Amélie. Vanessa Paradis a refusé le rôle. Puis, un jour, je suis passé devant l’affiche de "Vénus Beauté (Institut)". J’ai découvert Audrey Tautou avec ses grands yeux sombres, un éclat d’innocence. C’était une évidence. ».
 


Audrey Tautou venait effectivement d'être reconnue comme une grande actrice avec le film de Tonie Marshall, et elle allait devenir incontournable pour plusieurs futurs grands succès du cinéma (en particulier la trilogie de "L'Auberge espagnole" de Cédric Klapisch, "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet, "Da Vinci Code" de Ron Howard, "Coco avant Chanel" d'Anne Fontaine, "Thérèse Desqueyroux" de Claude Miller, etc.). Pourtant, loin d'être dans le star system, loin des paillettes, Audrey Tautou s'est sentie mal à devenir si célèbre et préfère être de l'autre côté de l'objectif en exposant ses propres photographies à Paris en été 2025. La candeur n'était donc pas feinte !

Le deuxième choix, c'était celui de compléter le film avec une voix off, à l'instar des albums d'Astérix et aussi du film "Le Viager" de Pierre Tchernia (sorti le 25 janvier 1972) avec Michel Serrault. Certes, proposer un narrateur, mais pas n'importe lequel. Jean-Pierre Jeunet a fait de très nombreux essais sans succès jusqu'à ce que l'acteur André Dussolier soit entré en scène. Le ton juste. Sa voix narrative était indispensable au succès du film !
 


Enfin, le troisième choix indispensable, c'était une bande sonore excellente, pour la plupart des morceaux composés par Yann Tiersen, parfois avec des musiques écrites bien avant le film, ce qui lui a valu le César 2002 de la meilleure musique. Sa musique était indispensable en ce sens qu'elle ponctue avantageusement le scénario particulièrement loufoque et drôle, créatif et imaginatif.

Et parlons-en de ce scénario tout à fait atypique et si riche de mille petites histoires toutes plus émouvantes les unes que les autres. C'est l'histoire d'une fille qui n'a pas eu beaucoup de chance et qui est victime d'un très lourd handicap, la timidité. C'est donc une contre-héroïne. Elle aime les petits plaisirs simples, faute de mieux, et s'invente un monde imaginaire.

On peut citer beaucoup d'anecdotes dans ce film. Par exemple, sa mère est morte lorsqu'elle était jeune, écrasée par une touriste qui s'est suicidée en se jetant du haut de Notre-Dame. Ou encore : Amélie découvre cachée dans son appartement une boîte en fer de bergamotes de Nancy où sont enfermés les trésors d'un garçon d'il y a quarante ans, d'où une séquence nostalgie très émouvante !
 


Elle laisse entendre à son père (Rufus) qu'elle fait un voyage autour du monde et lui envoie des photos touristiques de son nain de jardin grâce à la complicité d'une copine hôtesse de l'air (Armelle Lesniak). Elle réussit à unir d'amour Georgette l'hypocondriaque (Isabelle Nanty) et Joseph le jaloux (Dominique Pinon), à réduire la dépression de sa concierge Madeleine, veuve (Yolande Moreau) au moyen d'un faux courrier de son mari, à venger Lucien, employé de l'épicerie (Jamel Debbouze), des vexations continuelles de son patron (Urbain Cancelier), ce qui vaut quelques gags (du genre échanger les tubes de dentifrice et de cirage).

Dans sa quête du bien, Amélie est coachée par un vieux peintre malade, ses os se cassent comme du cristal (Serge Merlin) qui lui déclare dans une vidéo, pour qu'elle ose aller vers l'élu de son cœur : « Voilà, ma petite Amélie. Vous n’avez pas des os de verre, vous pouvez vous cogner à la vie. Si vous laissez passer cette chance, c’est votre cœur qui deviendra aussi sec et cassant que mon squelette. Alors, allez-y, nom d’un chien ! ». Car, bien sûr, il y a dans ce film une grande histoire d'amour, faite de délicatesse et de réserve, mais qui, finalement, finit bien (attention, spoiler).
 


Je garde pour la fin l'énigme la plus intéressante. Amélie découvre par hasard qu'une sorte de personne obsessionnelle ne cesse de faire des photomatons et les jette aussitôt dans la corbeille, et cela de manière très fréquente. Elle découvre la raison de ces multiples photomatons jetées... comme une évidence. L'histoire des photomatons est intéressante car son amoureux collectionne les photomatons d'inconnus et en fait des albums, ce qui, en fait, était la réalité d'un écrivain français.

Bref, toutes ces petites histoires sans queue ni tête pourraient paraître dérisoires, mais lorsqu'elles sont assemblées aussi excellemment qu'un film de Jean-Pierre Jeunet, elles constituent la colonne vertébrale d'un scénario très original et très émouvant. Si j'ai vu le film effectivement au cinéma à l'époque, j'ai eu le hasard de le revoir dans une circonstance très particulière : je séjournais l'année suivante, en mai 2002, en Russie et je l'ai vu en diffusion à la télévision, dans sa version russe excellemment bien doublée (ce qui était très rare à l'époque), et la diffusion était entrecoupée d'au moins une dizaine de pages de publicité en deux heures de film. Qui a dit que la Russie n'était pas un pays capitaliste ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
"20h30 le samedi". Le fabuleux succès d’Amélie Poulain le 11 avril 2026 sur France 2.
"Le fabuleux destin d'Amélie Poulain".
Audrey Tautou.
Nathalie Baye.
Isabelle Mergault.
Bruno Salomone.
Brigitte Bardot.
Monstre sacré du cinéma français.
Michel Piccoli.
Rob Reiner.
Jean-Pierre Bisson.
Woody Allen.
Michel Bouquet.
Hommage du Président Emmanuel Macron à Michel Bouquet le 27 avril 2022 aux Invalides (texte intégral et vidéo).
Le roi ne se meurt pas.
La vitalite du roi Bouquet.
Bouquet final.
Marion Cotillard.
Claudia Cardinale.
Lauren Bacall.
Micheline Presle.
Sarah Bernhardt.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Marlène Jobert.
Alfred Hitchcock.
Charlie Chaplin.








https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260425-fabuleux-destin-amelie-poulain.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/le-fabuleux-destin-d-amelie-267866

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/04/23/article-sr-20260425-fabuleux-destin-amelie-poulain.html


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22 avril 2026 3 22 /04 /avril /2026 04:31

« D’autres trouvent le bonheur dans le fait d’être reconnu. Pas moi ! Je préfère regarder que d’être regardée. » (Audrey Tautou, le 12 juin 2025 dans "Paris Match").




 


Film exceptionnel, "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain" du réalisateur Jean-Pierre Jeunet est sorti dans les salles notamment françaises il y a vingt-cinq ans, le 25 avril 2001. Hasard de la programmation, cette sortie est intervenue la veille de la diffusion de la première émission de téléréalité en France, Loftstory.

Pourquoi mélanger les deux ? Parce que l'ennui ressenti à regarder Loftstory était compensé par le grand intérêt à regarder Amélie Poulain. Il existe peu de films, dans le cinéma mondial, qui ont eu autant de répercussion dans la vie de tous les jours des spectateurs. Je ne suis pas exhaustif, mais je n'en vois qu'un autre film de ce type, c'est "Le Cercle des poètes disparus" de Peter Weir (sorti le 9 juin 1989) avec Robin Williams.

"Le fabuleux destin d'Amélie Poulain", c'était d'abord un défi à la raison cinématographique. Jean-Pierre Jeunet avait accumulé de nombreuses anecdotes sur la vie parisienne, des petits trucs accessoires, des faits-divers (réels), des choses lues dans des romans, etc. Avec Guillaume Laurant qui l'a aidé à écrire le scénario et qui s'est occupé des dialogues, il a trouvé un fil conducteur : une jeune femme un peu naïve, gentille, candide, dont le but dans la vie est de faire le bien autour d'elle, très discrètement, confidentiellement.

Autant dire que le sujet du film n'intéressait personne, pas beaucoup de producteurs, et même une fois monté, il n'a pas été sélectionné par le Festival de Cannes de mai 2000. Pourquoi ? Parce que le film était supposé être ennuyeux. Vie quotidienne d'anonymes, sans intérêt. Évidemment, ceux qui ont pensé cela se sont mordu les doigts. D'une part, l'époque se tournait justement résolument vers la vie de Monsieur Toutelemonde devenue spectacle (début de la téléréalité qui allait préfigurer la vie dans les réseaux sociaux, narcissique et effectivement sans intérêt). D'autre part, loin d'être ennuyeux et sans intérêt, ce film a été prodigieusement réalisé pour une identification des spectateurs avec l'histoire.

Enfin, loin d'être ennuyeux (bis), ce film a esquissé une véritable image d'Épinal, une carte postale pittoresque de la vie des Français, celle dans l'ancien monde, celui d'avant-mondialisation, et même de la vie populaire à Paris, avec (notamment) la vie d'un troquet typique du quartier de Montmartre, dans le dix-huitième arrondissement, devenu mondialement connu, le "Café des trois moulins". Ce qui explique après coup le grand succès à l'international.
 


Résultat ? Un énorme succès dans les salles, de bouche à oreille, dès les premiers jours. Au final, pour un budget de 11,7 millions d'euros, il y a eu 32,1 millions d'entrées en salle dans le monde, dont 8,6 millions en France mais aussi 5,9 millions aux États-Unis, 3,2 millions en Allemagne, 1,9 million en Italie et 1,7 million en Espagne. Il était, en 2013, le deuxième film français tourné en langue française qui a eu le plus de succès à l'étranger (23,1 millions d'entrées), derrière "Intouchables" (31,5 millions d'entrées).

Quelques semaines plus tard, le Festival de Cannes était contesté car il n'avait même pas retenu ce film dans sa sélection. Les récompenses des professionnels sont venues un peu plus tard : 4 Césars 2002 (meilleure réalisation, meilleur film, meilleure musique écrite pour un film et meilleurs décors), 9 autres nominations pour les Césars 2002, et cinq nominations pour les Oscars 2002.

Le film a gagné toute sa fraîcheur avec trois choix essentiels.

Le premier était le choix de l'actrice principale pour le rôle d'Amélie Poulain. Initialement prévu pour l'actrice britannique Emily Watson dont Jean-Pierre Jeunet avait apprécié la prestation dans "Breaking the Waves" de Lars von Trier (sorti le 5 juillet 1996), mais celle-ci trouvait le tournage trop long, le rôle a été refusé par Vanessa Paradis. C'est en voyant l'affiche du film "Vénus Beauté (Institut)" de Tonie Marshall (sorti le 3 février 1999), avec Nathalie Baye, que Jean-Pierre Jeunet a pensé à Audrey Tautou, et dès les trois premières secondes d'audition, il a été emballé par sa candeur, sa fraîcheur. Le réalisateur a confirmé ce sentiment le 3 avril 2021 dans "Le Figaro" : « J’ai alors commencé le casting en France. Emily est devenue Amélie. Vanessa Paradis a refusé le rôle. Puis, un jour, je suis passé devant l’affiche de "Vénus Beauté (Institut)". J’ai découvert Audrey Tautou avec ses grands yeux sombres, un éclat d’innocence. C’était une évidence. ».
 


Audrey Tautou venait effectivement d'être reconnue comme une grande actrice avec le film de Tonie Marshall, et elle allait devenir incontournable pour plusieurs futurs grands succès du cinéma (en particulier la trilogie de "L'Auberge espagnole" de Cédric Klapisch, "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet, "Da Vinci Code" de Ron Howard, "Coco avant Chanel" d'Anne Fontaine, "Thérèse Desqueyroux" de Claude Miller, etc.). Pourtant, loin d'être dans le star system, loin des paillettes, Audrey Tautou s'est sentie mal à devenir si célèbre et préfère être de l'autre côté de l'objectif en exposant ses propres photographies à Paris en été 2025. La candeur n'était donc pas feinte !

Le deuxième choix, c'était celui de compléter le film avec une voix off, à l'instar des albums d'Astérix et aussi du film "Le Viager" de Pierre Tchernia (sorti le 25 janvier 1972) avec Michel Serrault. Certes, proposer un narrateur, mais pas n'importe lequel. Jean-Pierre Jeunet a fait de très nombreux essais sans succès jusqu'à ce que l'acteur André Dussolier soit entré en scène. Le ton juste. Sa voix narrative était indispensable au succès du film !


Enfin, le troisième choix indispensable, c'était une bande sonore excellente, pour la plupart des morceaux composés par Yann Tiersen, parfois avec des musiques écrites bien avant le film, ce qui lui a valu le César 2002 de la meilleure musique. Sa musique était indispensable en ce sens qu'elle ponctue avantageusement le scénario particulièrement loufoque et drôle, créatif et imaginatif.

Et parlons-en de ce scénario tout à fait atypique et si riche de mille petites histoires toutes plus émouvantes les unes que les autres. C'est l'histoire d'une fille qui n'a pas eu beaucoup de chance et qui est victime d'un très lourd handicap, la timidité. C'est donc une contre-héroïne. Elle aime les petits plaisirs simples, faute de mieux, et s'invente un monde imaginaire.

On peut citer beaucoup d'anecdotes dans ce film. Par exemple, sa mère est morte lorsqu'elle était jeune, écrasée par une touriste qui s'est suicidée en se jetant du haut de Notre-Dame. Ou encore : Amélie découvre cachée dans son appartement une boîte en fer de bergamotes de Nancy où sont enfermés les trésors d'un garçon d'il y a quarante ans, d'où une séquence nostalgie très émouvante !
 


Elle laisse entendre à son père (Rufus) qu'elle fait un voyage autour du monde et lui envoie des photos touristiques de son nain de jardin grâce à la complicité d'une copine hôtesse de l'air (Armelle Lesniak). Elle réussit à unir d'amour Georgette l'hypocondriaque (Isabelle Nanty) et Joseph le jaloux (Dominique Pinon), à réduire la dépression de sa concierge Madeleine, veuve (Yolande Moreau) au moyen d'un faux courrier de son mari, à venger Lucien, employé de l'épicerie (Jamel Debbouze), des vexations continuelles de son patron (Urbain Cancelier), ce qui vaut quelques gags (du genre échanger les tubes de dentifrice et de cirage).

Dans sa quête du bien, Amélie est coachée par un vieux peintre malade, ses os se cassent comme du cristal (Serge Merlin) qui lui déclare dans une vidéo, pour qu'elle ose aller vers l'élu de son cœur : « Voilà, ma petite Amélie. Vous n’avez pas des os de verre, vous pouvez vous cogner à la vie. Si vous laissez passer cette chance, c’est votre cœur qui deviendra aussi sec et cassant que mon squelette. Alors, allez-y, nom d’un chien ! ». Car, bien sûr, il y a dans ce film une grande histoire d'amour, faite de délicatesse et de réserve, mais qui, finalement, finit bien (attention, spoiler).
 


Je garde pour la fin l'énigme la plus intéressante. Amélie découvre par hasard qu'une sorte de personne obsessionnelle ne cesse de faire des photomatons et les jette aussitôt dans la corbeille, et cela de manière très fréquente. Elle découvre la raison de ces multiples photomatons jetées... comme une évidence. L'histoire des photomatons est intéressante car son amoureux collectionne les photomatons d'inconnus et en fait des albums, ce qui, en fait, était la réalité d'un écrivain français.

Bref, toutes ces petites histoires sans queue ni tête pourraient paraître dérisoires, mais lorsqu'elles sont assemblées aussi excellemment qu'un film de Jean-Pierre Jeunet, elles constituent la colonne vertébrale d'un scénario très original et très émouvant. Si j'ai vu le film effectivement au cinéma à l'époque, j'ai eu le hasard de le revoir dans une circonstance très particulière : je séjournais l'année suivante, en mai 2002, en Russie et je l'ai vu en diffusion à la télévision, dans sa version russe excellemment bien doublée (ce qui était très rare à l'époque), et la diffusion était entrecoupée d'au moins une dizaine de pages de publicité en deux heures de film. Qui a dit que la Russie n'était pas un pays capitaliste ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2026)
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Pour aller plus loin :
"20h30 le samedi". Le fabuleux succès d’Amélie Poulain le 11 avril 2026 sur France 2.
"Le fabuleux destin d'Amélie Poulain".
Audrey Tautou.
Nathalie Baye.
Isabelle Mergault.
Bruno Salomone.
Brigitte Bardot.
Monstre sacré du cinéma français.
Michel Piccoli.
Rob Reiner.
Jean-Pierre Bisson.
Woody Allen.
Michel Bouquet.
Hommage du Président Emmanuel Macron à Michel Bouquet le 27 avril 2022 aux Invalides (texte intégral et vidéo).
Le roi ne se meurt pas.
La vitalite du roi Bouquet.
Bouquet final.
Marion Cotillard.
Claudia Cardinale.
Lauren Bacall.
Micheline Presle.
Sarah Bernhardt.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Marlène Jobert.
Alfred Hitchcock.
Charlie Chaplin.








https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260425-audrey-tautou.html

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19 avril 2026 7 19 /04 /avril /2026 04:47

« Laura Smet, sa fille, Louis Baye, son frère, Raphaël Lancrey-Javal, son gendre, et Léo, son petit-fils, ont la douleur de vous faire part du décès de Nathalie Baye de la maladie à corps de Lewy, survenu vendredi soir à son domicile parisien. » (Communiqué de la famille, le 18 avril 2026).



 


Forte émotion nationale à l'annonce, par un simple communiqué de presse, de la mort, ce vendredi 17 avril 2026 dans la soirée, à son domicile à Paris, de l'immense actrice qu'était Nathalie Baye. Elle allait vers ses 78 ans prévus pour le 6 juillet.

On ne présente pas Nathalie Baye, son petit sourire discret, un visage fait d'une sobriété ensoleillée, et sa voix... Présente au cinéma depuis le début des années 1970, elle a reçu quatre Césars (deux pour un second rôle, deux comme meilleure actrice), en 1981, 1982, 1983 et 2006, parmi de très nombreuses et prestigieuses autres récompenses internationales. Cette récompense, le César, en particulier pour "La Balance" de Bob Swaim (sorti le 10 novembre 1982) avec Philippe Léotard (son ancien compagnon), Richard Berry, Christophe Malavoy et Maurice Ronet.

Nathalie Baye était de ces êtres qui vous semblent familiers, comme s'ils faisaient partie de la famille, une tante, une cousine, un regard bienveillant, un éclat en sous-main. Chacun a ses préférences, évidemment, mais comment ne pas évoquer "La Chambre verte" de François Truffaut (sorti le 5 avril 1978), que je considère comme le meilleur film du cinéma français, sans doute un peu dur mais marquant, qui rappelle l'importance du souvenir donné à nos chers disparus. Nathalie Baye jouait alors Cécilia qui rencontre Julien, joué par François Truffaut, tous les deux attachés au culte de leurs morts.

 


Le Président Emmanuel Macron a exprimé son émotion à l'annonce de sa disparition : « Nathalie Baye avait tracé par ses choix et son talent un chemin singulier dans notre cinéma français, côtoyant les grands auteurs, ne renonçant jamais à l’ambition populaire. (…) Par son talent, Nathalie Baye devint indispensable, présente pour les créations de Maurice Pialat, Claude Sautet, Alain Cavalier, Bertrand Tavernier… (…) Après l’éclat des années 1980, Nathalie Baye sut se réinventer avec "Un week-end sur deux" de Nicole Garcia, et "La Baule-les-Pins" de Diane Kurys. Ce fut aussi "Vénus Beauté (Institut)" en 1999 qui lui permit de renouer avec un immense succès public et critique. Enfin, forte d’un statut particulier, fait d’admiration et de tendresse, l’actrice poursuivit sa route en donnant sa confiance à de jeunes auteurs, tels Xavier Beauvois (…) ou Noémie Lvovsky, tout en continuant sa route avec de grands noms du cinéma, Claude Chabrol ou Claude Berri. ». Et de saluer « une star élégante, attachante et inspirante au cœur du cinéma français, au cœur de tant de Français ».

France Inter a parlé de « star discrète mais constante du cinéma français » et de « discrète valeur sûre du cinéma français ». France 3 Normandie l'a présentée comme « l'actrice subtile et lumineuse qui faisait la fierté de son village natal », ajoutant : « Nathalie Baye, c'était un regard vif, un sourire rayonnant et une voix mélodieuse, celle que l'on entend en prélude à la chanson "Quelque chose de Tennessee" interprétée par Johnny [Hallyday], le père de sa fille Laura. ». Nathalie Baye a notamment joué avec sa fille Laura Smet leur propre rôle dans la série télévisée "Dix pour cent", dans l'épisode 3 de la saison 1, réalisé par Cédric Klapisch et diffusé le 21 octobre 2015 sur France 2 (10%, c'est le pourcentage que prendrait l'agent d'un acteur pour lui trouver des rôles).

Effectivement, Nathalie Baye a souvent alterné cinéma d'auteur et cinéma populaire, comme on dit. Elle était indépendante d'esprit au point de soutenir un de ses partenaires devant la caméra, Gérard Depardieu quand on le lynchait médiatiquement. On reviendra peut-être plus tard sur son impressionnante carrière de plus de cinquante ans, tant au cinéma qu'à la télévision et au théâtre. Son dernier film était récent, "La Nuit du verre d'eau" de Carlos Chahine (sorti le 14 juin 2023).

 


L'émotion est renforcée par la teneur du communiqué qui a annoncé cette triste nouvelle, car il a indiqué qu'elle s'est éteinte de la maladie à corps de Lewy, histoire de mettre un coup de projecteur sur une maladie encore pas très connue. Je suis allé me renseigner sur cette funeste maladie, et c'est effectivement une saleté de maladie qui fait partie des maladies neurodégénératives, qui semblent prendre de plus en plus d'ampleur dans la société, peut-être parce qu'on peut les diagnostiquer maintenant, et dont l'évolution provoque de grandes souffrances physiques et psychologiques.

On assimile certains des symptômes à ceux de la maladie d'Alzheimer et à ceux de la maladie de Parkinson. Les corps de Lewy sont des agrégats de protéines qui se déposent dans les neurones du cerveau, ce qui aboutit à des dysfonctionnements du cerveau. La Fédération pour la recherche sur le cerveau a expliqué que cette maladie se distingue de la maladie de Parkinson par « une évolution habituellement plus rapide et par la détérioration marquée des facultés mentales ». Parmi d'autres personnes célèbres atteintes de cette maladie, on peut citer Robin Williams, Jacques Higelin et Catherine Laborde.

La maladie n'y aura rien fait de la réalité du talent de Nathalie Baye. Elle restera l'éternelle actrice que les enregistrements permettront de rendre immortelle.
Requiescat in pace (RIP).


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Pour aller plus loin :
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Rob Reiner.
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Le roi ne se meurt pas.
La vitalite du roi Bouquet.
Bouquet final.
Marion Cotillard.
Claudia Cardinale.
Lauren Bacall.
Micheline Presle.
Sarah Bernhardt.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Marlène Jobert.
Alfred Hitchcock.
Charlie Chaplin.


 




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