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25 mars 2023 6 25 /03 /mars /2023 04:56

« L'exactitude est la politesse des montres. » (Jean Dutourd).




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Il y aurait de quoi sourire si on n'envisageait pas qu'il s'agit ici d'un stigmate grave de l'état calamiteux de la classe politique en général, et des oppositions en particulier, parce que la démocratie est saine quand l'opposition fait vraiment son travail d'opposant politique. On en vient maintenant à évoquer la montre de monsieur Macron !

Qu'on ne trouve comme seul argument pour critiquer une intervention de trente-cinq minutes du Président de la République, où il ne disait pas seulement des choses consensuelles politiquement, que la présence ou l'absence de sa montre au poignet, c'est absolument ahurissant.

C'est vrai, la France est un pays de râlerie et de jalousie, et surtout, on ne supporte pas les riches parce qu'on ne supporte pas les plus riches que soi (encore faut-il avoir des niveaux de comparaison valables). L'un des signes extérieurs de richesse, après la bagnole, c'est la montre (et plus généralement, ce qu'on porte, les costumes, les chemises, les chaussures). La montre a même obtenu un brevet de symbolisme politique aigu après la sortie du communicant Jacques Séguéla qui estimait, selon la compréhension populaire, que si tu n'avais pas une Rolex au poignet à 50 ans, alors tu serais un pauvre type. Un objet qui devrait faire dans les 50 000 euros.

Personnellement, j'avoue bien sûr ne pas avoir la collection de Julien Dray, et que, aussi riche pourrais-je être, jamais je ne mettrais autour de mon poignet un machin qui vaut autant pour rendre un si petit service. D'ailleurs, j'avoue humblement que je ne porte plus du tout de montre depuis plusieurs années, c'est ma meilleure excuse quand je suis en retard ! En revanche, je conçois que lorsqu'on est en représentation, il faut un minimum de représentation et la montre en fait partie. L'image de la France se fait aussi par l'image de son premier représentant.

De fins observateurs de la vie politique ont donc vu que le Président de la République portait sa montre au début de son interview du 22 mars 2023, et... ô surprise, au bout de plusieurs minutes, ils se sont aperçus qu'il ne la portait plus.

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En repassant la bande, enfin, façon de parler (désolé, je suis né dans une société avec encore de grosses cassettes à bande magnétique), en revoyant avec attention l'interview, on s'aperçoit effectivement qu'à un moment donné, le chef de l'État a plongé ses deux mains sous la table (ce qui ne se fait pas, on me l'a appris quand j'étais gosse) et après quelques secondes, les a ressorties avec les deux poignets nus. Où est donc passée la montre ? Mystère, peut-être entre les deux jambes.

Ce qu'il ne faut pas faire quand on est Président de la République. Certains, d'ailleurs, se sont interrogés sur la sincérité d'Emmanuel Macron lorsqu'il parlait tout en retirant sa montre (c'est le "en même temps" décliné dans un registre particulier) ; mais tout le monde fait cela quand on rentre à la maison et qu'on s'adresse à un membre de la famille, on retire son bonnet, ses chaussures, son manteau tout en parlant et il n'y a là ni insincérité ni exceptionnel don de faire plusieurs choses à la fois. C'est sûr, comme pour tout responsable politique, on peut toujours s'interroger sur la sincérité de leurs convictions et surtout, de leurs paroles, mais peut-être faut-il prendre comme indices d'autres éléments que le port d'une simple montre ?

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Donc, oui, c'est très factuel, Emmanuel Macron a retiré sa montre en plein milieu de son interview. Très bien observé ! Cela a alors donné lieu à n'importe quoi ! Ainsi, la députée FI Clémence Guetté a tweeté le 23 mars 2023 : « C'est finalement l'image de cette interview. Au moment de parler des "smicards" qui n'ont "jamais autant gagné de pouvoir d'achat", il retire discrètement sa jolie montre de luxe, sous la table. Cet homme est une farce. ». On se demande qui est le plus farceur.

Si je note que la députée de l'opposition ne contredit pas le fait que les salariés payés au SMIC n'ont effectivement jamais autant gagné de pouvoir d'achat (elle devrait s'en réjouir, si elle soutenait vraiment ces travailleurs comme elle le prétend), l'idée de mélanger les choses, d'amalgamer, est assez risible. Si le Président de la République ne voulait pas montrer sa montre, il ne l'aurait pas mise dès le début de l'interview. Ou alors, quel amateurisme !

C'est vrai, et j'ai moi-même tiqué quand je l'ai entendu, parler de "smicards" est une réelle maladresse du chef de l'État, on avait l'impression de se retrouver dans les années 1970, à l'époque des chefs du personnel et pas des directeurs des ressources humaines, mais Emmanuel Macron a un langage souvent crû, il dirait disruptif, mais qui me paraît inutilement déplaisant. On pourra toujours parler d'euphémisme ou d'hypocrisie, un demandeur d'emploi sera toujours plus digne qu'un chômeur. Chacun a sa dignité et il faut la respecter par les mots de vocabulaire qu'on emploie, aussi transgressif soit-on.

Dans le flot des réseaux sociaux, la rumeur dit même que la montre coûterait 80 000 euros ! Alors, on est là dans le simple mensonge : proclamez n'importe quoi, il en restera toujours quelque chose. Il faut bien alimenter la colère du peuple.

L'Élysée (contacté par L'Indépendant) a immédiatement apporté quelques précisions pour comprendre pourquoi le Président avait enlevé sa montre en cours de route : « Le Président n'enlève pas sa montre par souci de la dissimuler, mais parce qu'il venait de la taper brutalement contre la table. Le bruit est clairement audible quelques secondes seulement avant la vidéo partagée sur les réseaux sociaux. ». J'avais effectivement entendu ce bruit : comme Emmanuel Macron aime bien s'exprimer avec les mains et les bras, il devait être convaincu qu'il heurterait encore la table avec sa montre ultérieurement.

Quant à la montre, elle ne coûterait pas 80 000 euros mais autour de 2 000 euros, ce qui, disons-le clairement, reste beaucoup pour un "smicard", mais qui est plus raisonnable quand même, bien loin des "montres de luxe" évoquées par Jacques Séguéla. C'est un modèle BRV192 de Bell & Ross personnalisé aux armoiries de la Présidence de la République, qu'Emmanuel Macron porte régulièrement depuis plus d'un an et demi. Voudrait-on s'étonner que le Président d'un grand pays comme la France ne porte pas une montre en plastique à trois balles ? Polémique à trois balles, donc.

Des excités de la Nupes ne sont pas les seuls à avoir critiqué Emmanuel Macron sur sa montre, d'autres enragés, plutôt de l'autre côté de l'échiquier politique, ont glosé sur la montre, comme l'ancien numéro deux du FN Florian Philippot, actuellement en plein isolement de la lumière médiatique parce qu'il ne représente plus rien politiquement et qui tente très maladroitement, par démagogie et transgression, de faire parler de lui à propos de tout et n'importe quoi.

C'est vrai que pour un maître des horloges, le choix d'une montre n'est pas anodin. (Au fait, n'oubliez pas, c'est la nuit du 25 au 26 mars 2023 qu'on passe à l'heure d'été). Que les opposants à Emmanuel Macron comprennent bien que si leur opposition se restreint à ne critiquer que la couleur de la montre, il a encore de beaux jours devant lui pour continuer à servir le pays !....


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (24 mars 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La montre de monsieur Macron.
Emmanuel Macron : "J'assume ce moment !"
L'Ukraine à l'Europe : donnez-nous des ailes !
Le 60e anniversaire du Traité de l'Élysée le 22 janvier 2023.
Vœux présidentiels : un éditorialiste gagne 1 point Godwin sur le climat !
Vœux 2023 d’Emmanuel Macron : l'impératif d'unité de la Nation.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2022 à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron a 45 ans.
Emmanuel Macron aux États-Unis : vers des relations apaisées ?
Emmanuel Macron : climat, industrie et souveraineté ...et colère contre le cynisme de l'ultragauche.

Emmanuel Macron s'exprime sur l'Ukraine et sur la pénurie d'essence : nous devons nous serrer les coudes !
Emmanuel Macron et la menace de la dissolution.
Le point chaud de la rentrée d’Emmanuel Macron : l’énergie.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230322-macron-montre.html

https://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/la-montre-de-monsieur-macron-247476

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/03/25/39856563.html








 

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24 mars 2023 5 24 /03 /mars /2023 15:53

« C’est dans la tendresse et l’affection des siens qu’elle est partie rejoindre les étoiles. » (Communiqué à l'AFP de la famille de Marion Game, le 24 mars 2023).



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Ancienne star des années 1970, elle est devenue une grand-mère familière de nombreux téléspectateurs depuis une dizaine d'années. Marion Game est partie sans crier gare à Paris ce jeudi 23 mars 2023 à l'âge de 84 ans (elle est née à Casablanca le 31 juillet 1938).

Elle était devenue familière car elle s'invitait à l'heure du dîner tous les jours sur la chaîne M6 dans la mini-série "Scènes de ménages" depuis le 9 novembre 2009. Cette série met en scène plusieurs couples, et Marion Game, dans le rôle de Huguette (Guéguette), formait avec Gérard Hernandez (Raymond) un couple longue durée, le couple le plus âgé (et le plus peau d'vache). Des retraités qui s'ennuient, dont le but ultime est d'empapaouter tout leur entourage, progéniture comprise. Et eux-mêmes aussi, mutuellement.

Il y a une discontinuité entre le caractère jovial des deux personnages et leur méchanceté intrinsèque, on pourra parler de méchanceté tendre. Leur relation amoureuse consistait à s'envoyer des vacheries l'un à l'autre. Tous les thèmes étaient abordés, dont celui de la mort de leurs amis (qui ont le même âge), et l'ouverture à la modernité venait d'une étudiante qui logeait chez eux et d'un neveu pas franchement intelligent qui venait les voir de temps en temps. Malgré leur âge, il leur arrive encore de faire crac-crac mais avec les moyens du bord (il est des gestes plus difficiles à faire que d'autres à cet âge). Alors que Raymond animait le front de libération des vieux (que des bras cassés !), Huguette, elle, gérait son club de fans de Michaël François, chanteur démodé et sans public, probablement l'unique club de l'unique fan !

Avec une diction impeccable, Marion Game a séduit de nombreux téléspectateurs accrocs à "Scènes de ménages". La série était déjà endeuillée quelques mois auparavant avec la mort de l'actrice Andrée Damant le 6 décembre 2022 à l'âge de 93 ans, qui campait un personnage secondaire, Tata Odette, la tante de Liliane, toujours en rivalité avec le mari de celle-ci, José (par ailleurs maire).

Marion Game n'était pas apparue lors du tournage du dernier prime time en janvier 2023, on la disait très fatiguée pour expliquer son absence. Certaines rumeurs ont parlé d'une maladie (qui touche à la mémoire), démenties par son partenaire de Scènes. Malade ou pas malade, le grand public s'en moque (pas les vendeurs d'infos frelatées) ; la santé est une affaire privée et le secret médical valable même pour les gens célèbres. Et même après la mort.

Pour Marion Game, jeune octogénaire, c'était une seconde jeunesse car dans les années 1970, elle était une véritable star du cinéma français, jouant des seconds rôles notamment dans des films d'Édouard Molinaro, Michel Audiard, Jean-Pierre Mocky, Claude Zidi, Jacques Besnard, Luc Béraud, Jacques Demy, etc. En tout, plus d'une vingtaine de films dans les années 1970 et 1980.

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Aux cheveux roux et au franc-parler qui a fait sa réputation, la jeune comédienne avait suivi le cours Simon après son divorce et son départ du Maroc (où elle était né d'un père entrepreneur). Elle a dû quitter le Maroc à cause de l'hostilité croissante des habitants contre les Pieds-noirs.

Sa principale activité fut le théâtre, elle a joué de nombreuses pièces entre 1966 et 2019, en particulier beaucoup de représentations retransmises à la télévision dans les années 1970 ("Au théâtre ce soir"). La télévision fut aussi son terrain de jeu, de façon ponctuelle, puis de façon plus récurrente à partir des années 1990. Elle était Simone Rivière, greffière, dans la moitié des épisodes de la série policière "Boulevard du Palais" entre 1998 et 2008, et enfin, l'apothéose de la notoriété, la femme souriante mais entêtée, dans "Scènes de ménages" depuis 2009.

Avec toutes ces interprétations, elle a eu une vie enrichie des nombreuses rencontres dans le domaine du cinéma et plus généralement de la culture. Elle a même été la compagne de l'animateur de télévision Jacques Martin entre 1968 et 1972 (entre deux mariages, mariages qui lui ont apporté trois enfants, dont l'aînée Virginie Ledieu, également actrice ; deux petits-fils, les enfants de Virginie, sont également comédiens).

Marion Game a eu aussi une activité très dense dans le doublage de personnages au cinéma, y compris dans des dessins animés, et à la télévision. En particulier, elle a doublé le personnage de Cindy Walsh dans la série "Beverly Hills 90210" de 1990 à 1998 (147 épisodes), celui de Joan Cummings dans la série "Sunset Beach" de 1997 à 1999 (208 épisodes), celui de Loïs dans la série "Malcolm" de 2000 à 2006 (146 épisodes) et celui de Phyllis Van de Kamp dans la série "Desperate Housewives" de 2006 à 2007 (5 épisodes). Sa fille Virginie Ledieu s'est, elle aussi, concentrée sur le doublage, en particulier de plusieurs actrices américaines comme Alyson Hannigan, Anne Heche, Meg Ryan, etc.

Gérard Hernandez, qui venait de fêter ses 90 ans, est désormais veuf à la télévision, et il ne manquait pourtant pas d'énergie pour continuer à tourner. Mais Marion Game est irremplaçable...


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (24 mars 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Marion Game.
Isabelle Huppert.
Florent Pagny.
Gérard Darmon.
Serge Lama.

Laurent Ruquier.
Pierre Palmade.
À votre écoute coûte que coûte !
Gérard Hernandez.
Audrey Hepburn.
Mathilde Seigner.
Dieudonné.
Prémonitions (Solace).
Anthony Hopkins.
Jean Bertho.

Laurent Gerra.
Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Henri Salvador.
Gérard Philipe.
Mylène Demongeot.
Contagion.
Kirk Douglas.
Robert Clary.
Quai d'Orsay.
Thierry Lhermitte.
Dupont Lajoie.
Emmanuelle Bercot.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230323-marion-game.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/au-revoir-marion-game-247515

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/03/24/39856077.html






 

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23 mars 2023 4 23 /03 /mars /2023 04:48

« Pauvre Paris devenue si cracra
On sait bien qui t'a fait ça
C'est les crânes de piafs dégourdis
Qui bouffent des graines à la mairie
(…)
Dans Paris, Paris dégoûtant
Oui seuls les rats sont contents
Et le Paris du Grand Charles outragé
C'est un Paris saccagé »
(Pierre Perret, "Paris saccagé", 2023).





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Grand buzz d'un chanteur dinosaure. Pierre Perret aura 89 ans dans trois mois et il a l'air encore en grande forme. La forme olympique, même, pour fustiger le Paris de l'actuelle maire Anne Hidalgo : certes, la grève des éboueurs renforce ce sentiment de "Paris dépotoir", mais il y a le "Paris désordre" des violences après manifs et surtout, les travaux d'avant Jeux Olympiques, les dealers, les bouchons à cause de la politique de circulation de la ville, les chiens toujours aussi propres sur les trottoirs, etc.

Bref, le chanteur, que beaucoup des plus de 50 ans ont connu lorsqu'ils étaient petits (ou jeunes), notamment avec la chanson phare "Le Zizi" enregistrée en novembre 1974, un chanson gentillette, adorable, tendre, pour parler d'éducation sexuelle à l'école, est toujours en composition, toujours en activité (pour lui, ce n'est pas encore la retraite).

Comme Michel Sardou, Pierre Perret a l'habitude d'écrire et d'interpréter des chansons sinon engagées du moins prenant le fil de l'actualité, pour coller au mieux avec les enjeux et les préoccupations du moment.

Vieille bouille de tendre garçon, au risque d'être pris pour un ringard réactionnaire rabougri, l'ami Pierrot a sorti sur son compte Youtube le 17 mars 2023 une chanson et un clip qu'il a appelés "Paris saccagé". Il finit en évoquant De Gaulle, qui, à l'époque, l'avait pourtant pas mal censuré à la radio ! Mais il est commun de nos jours d'être gaulliste même quand on ne l'était pas auparavant (on aime tellement mieux les macchabées).

Les mots sont durs, les images parlantes : il évoque les rats, les immondices, les détritus, les tags, les seringues, la pollution, etc. Des mots très durs contre la responsable de toute cette désastreuse évolution, Anne Hidalgo. Mais un peu caricaturale quand même puisqu'il ne montre que les horreurs esthétiques (à peine humaines) de la capitale. Et rien de sa beauté, qui existe encore, évidemment (j'aime la ville, il ne faut pas exagérer, mais je n'apprécie pas sa politique anti-banlieusards).

Exemple de Pierrot le tendre : « Les déjections qui fleurissent les trottoirs/ Décorent ce grand dépotoir ». Autre exemple : « Et dans les squares où plus un enfant joue/ Y a que les seringues et plus de nounous ». Un pamphlet anti-écolo, qui fustige le tout-vélo : « Les plastocs, les affreux bitoniaux/ Qui bornent les pistes à vélo » ou encore : « Te voilà fringuer Waterloo/ Par nos gentils écolos ». Il chantait pourtant "Vert de colère" en 1998, il y a vingt-cinq ans.

Drôle de bonhomme qu'on a connu farceur et tendre, joueur avec les mots, toujours grand sourire, mais qui, ici, attaque froidement la politique municipale complètement démente d'Anne Hidalgo (moins de stationnement, moins de voies de circulation et donc, évidemment, plus de pollution, parce que complètement nulle en mécanique des fluides !).

Pierre Perret ne s'attendait probablement pas à ce grand buzz de fin d'hiver (sa vidéo sur Youtube a eu 1,4 million de vues et elle sature les réseaux sociaux) et exprime un ressentiment bien reconnu non seulement des habitants parisiens mais aussi des touristes venus dans la capitale pour l'art, la beauté et l'amour et se retrouvent surpris et floués. Le roi Charles III, qui vient en France le 28 mars 2023, risque d'être surpris !

Si l'on croit qu'à près de 89 ans, Pierre Perret a gardé la forme olympique en traversant Paris en vélo de long en large, on se trompe un peu, d'autant plus qu'il est difficile de bien comprendre le trajet parcouru avec cette vidéo. En fait, il l'a fait sur un vélo d'appartement avec un grand fond vert au mur, ce fond utilisé par les présentateurs de la météo pour y glisser une carte avec les soleils ou les nuages. Effectivement, Pierre Perret n'a fait que du surplace (on s'en doutait bien avant la fin de la vidéo, à partir du moment où il lâchait le guidon et n'avait pourtant aucun déséquilibre), et le film projeté servait donc de décor.





Bien entendu, pour le chanteur, ce succès est une bonne préparation des esprits à la sortie de son nouvel album, "Ma vieille carcasse" (avec cette chanson sur Paris), prévue le 14 avril 2023. Un teasing finalement très bien fait, aidé par les éboueurs en grève (d'autres ont aussi surfé sur les poubelles de Paris, comme Carla Bruni).

Pierre Perret n'en est pas à son premier titre polémique. Après le premier confinement, il avait sorti un clip sur la pandémie de covid-19 le 7 juin 2020 (la vidéo sur Youtube en est à 3,8 millions de vues), où il jouait aussi sur les mots, ne serait-ce le titre, "Les confinis". Pourtant pas très inspiré, un peu à l'instar de Laurent Ruquier, le chanteur se moquait des médecins qui étaient sur les plateaux de télévision au lieu d'officier à l'hôpital complètement saturé de malades : « Les cherchez pas pour soigner les malades/ Tous les docteurs étaient à la télé ».

Reprenant le vieux truc des complotistes (la séparation entre "nous" et "eux" sans préciser qui sont "eux" ou "ils"), Pierre Perret fustigeait à la fois les informations contradictoires (car on ne connaissait pas la maladie) et le confinement : « Disant l'contraire de c'qu'ils disaient la veille/ Quand cette grippette les faisait bien marrer/ D'un air savant y v'naient faire des tirades/ Remplis d'avis et d'conseils ampoulés ».

D'autres politiques (qu'Anne Hidalgo) étaient alors visés, comme : « La porte-parole elle s'appelle Sibeth/ Y'en a qui pensent qu'elle porte bien son nom/ On sent bien qu'la moindre idée qui se pointe/ Lui déclenche un ouragan dans l'citron ».





Le presque nonagénaire, qui a soutenu le mouvement des gilets jaunes, était mieux inspiré lorsqu'il chantait "Lily" en 1977 ou "La bête est revenue" en 1998. Bah, l'essentiel, c'est qu'il a traversé la crise sanitaire et a pu en réchapper. Beaucoup de ses contemporains n'ont pas eu la même chance (je rappelle, à ce jour, 166 000 morts en France, près de 7 millions déclarés dans le monde, probablement pas loin des 20 millions dans la réalité).


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (18 mars 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Pierre Perret.
Florent Pagny.
Gérard Darmon.
Pierre Palmade.
Serge Lama.
Jane Birkin.
Patrick Bouchitey.

Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Laurent Gerra.
Desireless.
Robert Clary.
Olivia Newton-John.
Michel Berger.
France Gall.
Marilyn Monroe.
Guy Marchand.
Vangelis.
Renaud.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230317-pierre-perret.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/poubelles-a-paris-pierre-perret-247419

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16 mars 2023 4 16 /03 /mars /2023 04:13

« Isabelle Huppert est un génie du jeu, avec une intelligence du texte et de la situation, de la profondeur des sentiments, de leur complexité. Isabelle Huppert, c'est une épiphanie par plan. » (Laurent Rivière, réalisateur, 2022).




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L'actrice française Isabelle Huppert fête ses 70 ans ce jeudi 16 mars 2023. Née à Paris, dans une fratrie qui, "malgré" des diplômes comme HEC et l'ENA, s'est retrouvée pour la plupart à faire du cinéma aussi, elle est l'une des plus grandes actrices actuelles, non seulement françaises mais internationales aussi (le "New York Times" l'a consacrée le 25 novembre 2020 "meilleure actrice du XXIsiècle"). Elle parle couramment l'anglais, le russe (qu'elle a appris aux Langues O'), l'italien, ce qui lui a permis de jouer dans de nombreuses productions internationales.

Ce qui étonne chez elle, c'est à la fois la qualité et la quantité, et aussi la diversité. Elle a su à la fois tourner dans du cinéma d'auteur (Claude Chabrol, Michael Haneke, etc.) et dans une cinéma plus grand public (comme "Mon pire cauchemar"), dans des rôles parfois très différents, là où l'on ne l'attendait pas. Quant à la quantité, elle est impressionnante d'énergie, en un peu plus de cinquante ans de carrière, elle a tourné dans près de cent trente films au cinéma (plus une vingtaine à la télévision) et a joué près d'une quarantaine de pièces de théâtre ou fait des lectures publique sur scène (avec des représentations jusqu'au Japon !).

Qualité car souvent du cinéma d'auteur, et vite récompensée par de nombreux prix et récompenses nationales ou internationales. Sa première nomination au César date de 1976 (pour "Aloïse"), elle a reçu deux Césars de la meilleure actrice en 1996 et 2017 (pour 16 nominations !), une nomination pour un Oscar en 2017, deux prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1978 et 2001, trois prix à la Mostra de Venise, en 1988 et 1995 (meilleure actrice) et en 2005 (Lion d'or spécial), deux prix à la Berlinale, en 2002, et en 2022 (Ours d'or d'honneur), deux prix au Festival international du film de Moscou en 1991 et 2008, et plein d'autres prix importants nationaux et étrangers. Pour le théâtre, elle a aussi été nommée neuf fois pour un Molière dont une seule fois attribué, un Molière d'honneur en 2017.

La liste est longue des films majeurs où Isabelle Huppert est rayonnante. Je propose une petite sélection, sans être du tout exhaustif, avec ces films-ci "rangés" par décennies.

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Décennie 1970 : "Dupont Lajoie" d'Yves Boisset (sorti le 26 février 1975), un petit rôle, celui de la victime, avec Jean Carmet, Pierre Tornade, Jean-Pierre Marielle, Victor Lanoux et Jean Bouise ; "La Dentellière" de Claude Goretta (sorti le 27 mai 1977), où elle a le rôle principal, le film qui l'a fait découvrir ; "Violette Nozière" de Claude Chabrol (sorti le 24 mai 1978) avec Stéphane Audran, Jean Carmet et Bernadette Lafont.

Décennie 1980 : "Loulou" de Maurice Pialat (sorti le 3 septembre 1980) avec Gérard Depardieu et Guy Marchand ; "La Porte du paradis" de Michael Cimino (sorti le 19 novembre 1980) ; "Coup de torchon" de Bertrand Tavernier (sorti le 4 novembre 1981) avec Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle, Eddy Mitchell, Stéphane Audran et Guy Marchand ; "L'Histoire de Piera" de Marco Ferreri (sorti le 2 février 1983) avec Marcello Mastroianni ; "Les Possédés" d'Andrzej Wajda (sorti le 16 février 1988) avec Bernard Blier, Philippine Leroy-Beaulieu et Jutta Lampe ; "Une affaire de femmes" de Claude Chabrol (sorti le 21 septembre 1988) avec François Cluzet et Marie Trintignant.

Décennie 1990 : "Madame Bovary" de Claude Chabrol (sorti le 3 avril 1991), une adaptation remarquée de Flaubert, avec Jean-François Balmer, Christophe Malavoy, Jean Yann et François Périer ; "La Cérémonie" de Claude Chabrol (sorti le 30 août 1995) avec Sandrine Bonnaire, Jacqueline Bisset, Virginie Ledoyen et Jean-Pierre Cassel ; "Pas de scandale" de Benoît Jacquot (sorti le 20 octobre 1999) avec Fabrice Luchini et Vincent Lindon.

Décennie 2000 : "Merci pour le chocolat" de Claude Chabrol (sorti le 25 octobre 2000) avec Jacques Dutronc, Anna Mouglalis et Michel Robin ; "Le Pianiste" de Michael Haneke (sorti le 5 septembre 2001) avec Annie Girardot, Benoît Magimel et Anna Sigalevitch ; "Huit femmes" de François Ozon (sorti le 6 février 2002) avec Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Danielle Darrieux, Firmine Richard, Emmanuelle Béart, Virginie Ledoyen et Ludivine Sagnier ; "Gabrielle" de Patrice Chéreau (sorti le 28 septembre 2005) avec Pascal Greggory ; "L'Ivresse du pouvoir" de Claude Chabrol (sorti le 22 février 2006) avec Patrick Bruel, François Berléand, Marilyne Canto, Robin Renucci, Jean-François Balmer, Pierre Vernier, Thomas Chabrol, Jacques Boudet, Roger Dumas, etc.


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Décennie 2010 : "My Little Princess" d'Eva Ionesco (sorti le 29 juin 2011) ; "Mon pire cauchemar" d'Anne Fontaine (sorti le 9 novembre 2011) avec André Dussollier, Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, Philippe Magnan et Bruno Podalydès ; "Amour" de Michael Haneke (sorti le 24 octobre 2012) avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva et Alexandre Tharaud ; "Elle" de Paul Verhoeven (sorti le 25 mai 2016) avec Virginie Efira, Anne Consigny, Laurent Lafitte et Charles Berling ; "Frankie" d'Ira Sachs (sorti le 28 août 2019).

Décennie 2020 : "La Daronne" de Jean-Paul Salomé (sorti le 9 septembre 2020) avec Hippolyte Girardot ; "Les Promesses" de Thomas Kruithof (sorti le 26 janvier 2022) avec Reda Kateb ; "À propos de Joan" de Laurent Rivière (sorti le 31 août 2022) ; "La Syndicaliste" de Jean-Paul Salomé (sorti le 1er mars 2023) avec Grégory Gadebois, Marina Foïs, Yvan Attal et François-Xavier Demaison. À ceux-là, j'ajouterais sa voix française dans l'excellent film d'animation américain "L'île aux chiens" de Wes Anderson (sorti le 11 avril 2018).





Je voudrais m'arrêter sur l'actualité cinématographique d'Isabelle Huppert : elle a tourné dans six films qui sont sortis en 2022 et dans au moins trois films qui seront sortis en 2023 (deux sont déjà sortis en mars). Interrogée par Léa Salama au micro de France Inter le 12 septembre 2022 à l'occasion de la sortie de "À propos de Joan", Isabelle Huppert se disait plutôt sûre de son jeu dans ce film qu'elle trouvait insolite : « Je ne suis pas dure avec moi, je suis dure avec le metteur en scène. Parce que je pense quand même que le metteur en scène reste la pièce maîtresse, le maître d'œuvre, et si je suis plus ou moins bien dans un film, c'est quand même que le film est plus ou moins bien. ».





L'un de ses derniers films (le dernier est "Mon Crime" de François Ozon sorti le 8 mars 2023), est "La Syndicaliste" où Isabelle Huppert s'est métamorphosée en une lanceuse d'alerte réelle, Maureen Kearney, responsable syndicale chez Areva qui a été agressée et même violée pour avoir dénoncé un accord secret de transferts de technologie entre Areva, EDF et l'opérateur nucléaire chinois. Au lieu d'être soutenue par la justice, elle a été au contraire accusée de dénonciation calomnieuse et même condamnée en première instance, passant du statut de victime à celui de coupable.





Non seulement Isabelle Huppert et le film de Jean-Paul Salomé ont permis de mettre la lumière sur cette terrible affaire de 2012-2013 (où il est plus facile de discréditer la parole des femmes et de les détruire par des actes de barbarie), affaire déjà révélée dans un livre d'investigation de la journaliste Caroline Michel-Aguirre (sorti en 2019 chez Stock), mais une nouvelle affaire similaire est sortie dans "L'Obs" le 28 février 2023 (par une enquête de la même journaliste) avec la femme d'un salarié d'un grand groupe qui avait dénoncé par écrit à un juge un fait de corruption en 2006 et cette femme, Marie-Lorraine Boquet-Petit, a subi le même genre d'agression et de viol que Maureen Kearney.

En prenant ce rôle de Maureen Kearney, Isabelle Huppert, non seulement fait du cinéma, mais en quelque sorte, s'engage pour certaines causes, et pas seulement celle de l'honnêteté économique, de la transparence, aussi celle des femmes et de leur paroles. En ce sens, on ne sait jamais vraiment quel genre de personnage elle incarnera dans ses prochains films. Chaque fois, c'est une fascination. La surprise fait partie de la séduction.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (12 mars 2023)
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Pour aller plus loin :
Isabelle Huppert.
Florent Pagny.
Gérard Darmon.
Serge Lama.

Laurent Ruquier.
Pierre Palmade.
À votre écoute coûte que coûte !
Gérard Hernandez.
Audrey Hepburn.
Mathilde Seigner.
Dieudonné.
Prémonitions (Solace).
Anthony Hopkins.
Jean Bertho.

Laurent Gerra.
Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Henri Salvador.
Gérard Philipe.
Mylène Demongeot.
Contagion.
Kirk Douglas.
Robert Clary.
Quai d'Orsay.
Thierry Lhermitte.
Dupont Lajoie.
Emmanuelle Bercot.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
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28 février 2023 2 28 /02 /février /2023 04:54

« Moi qui étais perturbé, qui gambergeais, étais plein d’ambition, mais manquais de confiance en moi, le théâtre m’a sauvé. Il m’a grandi. J’y ai utilisé tout mon vécu, le grand matériau des acteurs. » (Gérard Darmon, "Le Monde" du 4 décembre 2022).




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L'acteur Gérard Darmon fête son 75e anniversaire ce mardi 28 février 2023... ou, non, plutôt, ce mercredi 29 février 2023... mais en fait, non... cette journée n'existe pas... C'est dans un an qu'il fêtera son ...19e anniversaire, en fait, un grand jeune homme (et jeune père). C'est le lot de tous ceux qui sont nés un 29 février, et ils sont nombreux, il y a une chance sur 1 461 de naître un 29 février, ce qui fait qu'il y a 46 000 Français dans ce cas, et 5,5 millions de personnes dans ce cas dans le monde (si on considère par ailleurs que naître un 29 février n'apporte pas plus de chance ou de malchance dans la vie, la santé, etc.).

19 ans. C'est d'ailleurs peut-être ce qu'on peut comprendre de la carrière de Gérard Darmon : en pleine évolution de maturité. Incontestablement, il n'est pas inconnu, il a ce qu'on appelle une gueule, un visage, une voix aussi, très reconnaissables, presque caricaturaux. Il a joué dans près d'une centaine de films et de téléfilms, souvent dans des seconds rôles. Il fait partie du paysage national, du paysage culturel du cinéma français. Il a joué aussi dans plus d'une vingtaine de pièces de théâtre qui était sa passion première. Il a même enregistré des disques sur le tard, dans les années 2000 (trois disques, le dernier en collaboration notamment avec Marc Esposito, Marc Lavoine et Pierre Palmade). Il s'est d'ailleurs produit à l'Olympia.

Même s'il a joué des rôles qui l'ont fait remarquer (comme dans "Le Grand Pardon" d'Alexandre Arcady, sorti le 27 janvier 1982), il lui manque sans doute "le" grand rôle de sa vie, qui transcenderait sa carrière. Avec son excellente prestation dans "Astérix : mission Cléopâtre" d'Alain Chabat (sorti le 30 janvier 2002), la seule adaptation au cinéma de la bande dessinée vraiment valable, où il joue Amonbofis, le "méchant" architecte qui veut l'échec de son rival Numérobis aidé des Gaulois, il a été nommé en 2003 pour le César du acteur dans un meilleur second rôle, sa seconde nomination après celle en 1987 pour "37°2 le matin" de Jean-Jacques Beineix (sorti le 9 avril 1986).

Revers de médaille du succès dans le comique, il n'a quasiment plus été sollicité que dans des comédies françaises au cinéma, souvent des "demi-navets" (pour ne pas dire navets) comme "Bienvenue à bord" d'Éric Lavaine (sorti le 5 octobre 2011), une comédie où il partage l'un des rôles principaux avec Valérie Lemercier et Franck Dubosc, qui se passe au cours d'une croisière (il est le patron du personnel), si bien qu'il a aussi voulu renouer avec le dramatique à la télévision (comme commissaire de police dans "Duel au soleil", mais l'expérience n'a pas duré très longtemps).

Comme beaucoup d'artistes parisiens, Gérard Darmon est "de gauche" : il a soutenu Bertrand Delanoë aux municipales de Paris en 2008, a soutenu François Mitterrand en 1988 et François Hollande en 2012 (il était même, comme de nombreux autres acteurs, présent au discours du Bourget le 22 janvier 2012). Il a soutenu Emmanuel Macron en 2022. Mais il a décidé de tenter de ne plus faire de déclarations politiques qui ont parfois provoqué des polémiques inutiles.

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À l'évidence, Gérard Darmon a été marqué par son père, plutôt du genre voyou. Juif algérien, son père a été chef de famille à 11 ans, a cherché à rapporter de l'argent pour la famille et est arrivé à l'âge de 22 ans à Paris en 1932. Il a refusé le port de l'étoile jaune, mais dénoncé, il a été arrêté par la Gestapo, torturé, puis emmené au camp de Drancy. Il a réussi à s'évader grâce à une connaissance qui s'était enrôlé à la Gestapo. Il a ensuite été résistant. Gérard Darmon, interrogé par Denis Cosnard dans "Le Monde" du 4 décembre 2022, a raconté : « Après la guerre, [mon père] m’a raconté qu’il avait retrouvé l’homme qui l’avait torturé. "Et alors, qu’as-tu fait, papa ?", lui ai-je demandé. Il est resté évasif : "C’était la guerre…". Pour moi, c’est clair : il l’a tué. ».


Et sa mère, également algérienne ? Pas vraiment bien assortie : « Elle avait abandonné son pays, sa famille, pour un type assez cavaleur dont elle n’a jamais été amoureuse. Elle a très vite été enceinte de moi. Je suis resté fils unique. Sans moi, elle serait partie dix fois, malheureuse, déprimée comme elle l’était. Mais j’étais là, c’était une génération où on ne divorçait pas, et ils sont restés cinquante ans ensemble. L’homme de sa vie, en réalité, c’était moi. Tout convergeait vers moi, toute son attention, tout son amour. Alors que mon père était absent et silencieux, elle rattrapait ça, elle parlait parfaitement français, arabe, espagnol et ladino, cette langue des juifs séfarades. Elle faisait tout pour moi. Vous imaginez cette surcharge affective, où tout baigne dans le miel… Au fil des ans, tandis que mon père, reconverti en marchand de vins et spiritueux, se voyait décliner, ma mère, entrée chez Viniprix tout en bas de l’échelle, progressait dans sa carrière, jusqu’à devenir cadre supérieure. ».

Ce n'est pas un hasard si Gérard Darmon a justement en préparation un spectacle personnel (un one-man-show) sur ses parents. Le théâtre, finalement, reste sa raison d'être. Petit, il a voulu faire de la scène, fasciné par Brassens, Léo Ferré, Henri Salvador, Barbara, etc. Au début des années 1970, il a rencontré Jean-Michel Ribes qui l'a recruté dans sa troupe de théâtre. Il a alors joué du café-théâtre et du classique (il y a rencontré Jean-Pierre Bacri), jusqu'au jour on lui a proposé un petit rôle (trois jours de tournage) dans "Les Aventures de Rabbi Jacob" de Gérard Oury (sorti le 18 octobre 1973). Dans la scène de l'usine à chewing-gum, on avait utilisé un colorant qui provoquait des conjonctivites. Dans "VSD" le 13 janvier 2009, Gérard Darmon a évoqué sa relation avec Louis de Funès : « La seule discussion que j’ai eue avec lui, c’était au sujet de l’ophtalmo qui nous avait prescrit le même traitement. » (propos recueillis par Laurence Durieu).

A alors commencé sa carrière au cinéma, et pourtant : « Je n’avais pas vraiment envie du cinéma. Ce que j’aimais, c’était entrer en scène, bondir… Cela rend si euphorique, la scène ! » ("Le Monde"). Elle a en fait vraiment démarré quand il a remplacé un acteur dans le premier long-métrage de Jean-Jacques Beineix, "Diva" (sorti le 11 mars 1981) : « Le rôle était déjà pris. En sortant, j’ai dit à Beineix, en riant : "Vous allez voir, le comédien prévu va se casser la jambe". Quatre jours plus tard, c’est ce qui est arrivé ! Et je l’ai remplacé… ».

Dans ses projets, au-delà de son one-man-show futur, il travaille sur un quatrième disque ; en avril, il va tourner dans un nouveau film de Lucien Jean-Baptiste, et il continue à jouer au théâtre "Une situation délicate" (d'Alan Ayckbourn) avec Clotilde Courau, Max Boublil et Élodie Navarre, par exemple, au Zénith de Pau le 5 avril 2023.


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Sylvain Rakotoarison (25 février 2023)
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Pour aller plus loin :
Gérard Darmon.
Serge Lama.

Laurent Ruquier.
Pierre Palmade.
À votre écoute coûte que coûte !
Gérard Hernandez.
Audrey Hepburn.
Mathilde Seigner.
Dieudonné.
Prémonitions (Solace).
Anthony Hopkins.
Jean Bertho.

Laurent Gerra.
Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Henri Salvador.
Gérard Philipe.
Mylène Demongeot.
Contagion.
Kirk Douglas.
Robert Clary.
Quai d'Orsay.
Thierry Lhermitte.
Dupont Lajoie.
Emmanuelle Bercot.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
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3 février 2023 5 03 /02 /février /2023 04:23

« Ne lui dites pas qu’il ressemble à Voltaire, ça lui déplaît souverainement. Comme Musset, il trouve hideux son sourire. Il n’empêche qu’il a du patriarche de Ferney l’ironie et aussi la suractivité. (…) C’est le Zorro d’Henri Salvador : pas moyen d’y échapper. » (Jacques Nerson, le 10 décembre 2009).




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Eh oui, comment ne pas le prendre pour un Voltaire moderne ? Le journaliste très connu Philippe Tesson s'est éteint ce mercredi 1er février 2023 à un mois de ses 95 ans (il est né le 1er mars 1928). Il a été hospitalisé pendant un mois. Peu avant, il avait lâché sa dernière insolence face au monde en confiant à ses proches : « Je ne suis pas né pour mourir ! ». Il avait perdu sa femme il y a neuf ans et laisse ainsi ses trois enfants dont certains sont connus : l'écrivain Sylvain Tesson, la metteuse en scène Stéphanie Tesson et la journaliste Daphné Tesson.

C'est même assez étonnant de voir que les trois enfants révèlent les trois passions de Philippe Tesson : celle du journalisme, celle du théâtre et celle de l'écriture, même si on regrettera qu'il n'a pas voulu écrire ses mémoires ou ses souvenirs (et finalement, très peu d'essais dont les rares ne lui convenaient plus). Dans "Valeurs actuelles", il expliquait pourquoi il ne s'ennuyait pas à rédiger des livres : « À moins d’être un écrivain rare, un livre, c’est finalement aussi périssable qu’un article. Et beaucoup plus dur à faire. À quoi bon ? Et puis, convenez-en, je ne manque pas d’endroits où m’exprimer… ».

Pourtant, ce n'était pas faute d'être au travail jusqu'à ces derniers mois, malgré le grand âge. J'ai toujours été fasciné par l'esprit très alerte et toujours passionné de Philippe Tesson dans les médias, qu'il s'agît de radio ou de télévision, malgré ce qu'il aurait convenu de dire son âge de vieillard. Pourtant, il ne se ménageait pas vraiment : grand bouffeur, grand fumeur, buveur pas seulement d'eau, dormeur tardif, pas de sport (seulement sur les plateaux de télévision)...

J'ai toujours apprécié l'écouter ou le lire sur des sujets politiques, sans forcément être toujours d'accord avec lui. Éditorialiste de droite, de droite ultra même parfois, il ne s'en cachait pas, au point que sa verve passionnée a pu lui jouer des tours, il aimait provoquer et polémiquer, mais il n'était pas comme Éric Zemmour, il était désintéressé, il était ce qu'étaient les chevaliers, prêts au combat pour partager plus que départager des idées. Surtout, il était honnête intellectuellement. On pourrait le comparer avec un autre intellectuel, pourtant très différent : Philippe Tesson était à la droite (républicaine) ce qu'était Jean Daniel à la gauche (morale).

Le Philippe Tesson nonagénaire était encore au boulot (vous avez dit retraite ?) pour des chroniques à Radio Classique, dans l'hebdomadaire "Le Point" et il présidait toujours le jury du Prix Interallié. Dans "Le Point", il prêchait encore pour la droite, analysait le 7 juillet 2021 la précampagne de l'élection présidentielle de 2022 en imaginant encore Les Républicains favoris, mais en donnant aussi beaucoup de crédit à Emmanuel Macron, qu'il a considéré vainqueur des élections européennes de 2019, dont il a soutenu la politique de Gérard Collomb à l'Intérieur, en colère contre les gilets jaunes en colère. À la première élection d'Emmanuel Macron, Philippe Tesson avait écrit : « En élisant cet homme neuf, la France s'est donné la chance de se revitaliser. ».

À l'origine, amoureux de Shakespeare, Stendhal, Gide et Cocteau, Philippe Tesson, très affecté par l'Occupation (il était à peine ado), voulait se consacrer à des activités culturelles. Passionné par le théâtre, il a longtemps fait des chroniques sur le sujet (sur France Inter, dans "Le Figaro Magazine", dans le bimensuel qu'il a racheté en 2001 "L'Avant-Scène théâtre", etc.), jusqu'à acheter en 2011 le Théâtre de Poche à Montparnasse. Mais le journalisme politique a pris rapidement le dessus.

Alors que Philippe Tesson était secrétaire des débats parlementaires au Palais-Bourbon (après Science Po), il a été repéré par Roger Stéphane et Henry Chapier. L'homme qui lui a mis le pied à l'étrier du journalisme n'était paradoxalement pas un journaliste et, pire, ne savait pas s'exprimer : « Avant moi, il avait eu Louis Pauwels pour scribe. » se souvenait Philippe Tesson le 10 décembre 2009. C'était un homme d'affaires, un médecin, un homme politique tunisien Henri Smadja (1897-1974) qui, à la demande de Claude Bourdet, a racheté le journal "Combat" à l'équipe mise en place par Albert Camus, et il cherchait une plume. Philippe Tesson l'a raconté à Elsa Boublil le 17 février 2019 sur France Musique : « Il cherchait un rédacteur-en-chef dont le profil correspondait à peu près au mien, c'est-à-dire un beau jeune homme, occidental, gentil, bien élevé, bien soumis, etc., sachant un peu écrire, un peu cultivé, le journaliste qu'il fallait, quoi, à peu près. Et ça a bien marché entre nous, j'ai aimé ce métier très rapidement, parce que j'y ai trouvé certainement les réponses à mes attentes intellectuelles, la gourmandise, la curiosité, un peu de tout, voilà (…). Je me suis attaché à ce métier et je ne l'ai plus quitté. ». Henri Smadja, qui s'est suicidé en juillet 1974, était un oncle d'Isabelle Balkany.

Philippe Tesson a dirigé la rédaction de "Combat" pendant quatorze ans, de 1960 à 1974. Parallèlement, son épouse médecin Marie-Claude Tesson-Millet s'est prêtée aussi au jeu du journalisme en créant avec Philippe Tesson "Le Quotidien du médecin" en 1971, journal qui a tout de suite bien fonctionné (il y avait une attente), qui ciblait les médecins pour des informations médicales et générales (dès la première année, 60% des médecins le consultaient).

Ce succès l'a convaincu de quitter "Combat" en mars 1974 pour créer son propre journal, "Le Quotidien de Paris" (premier numéro le 4 avril 1974) qu'il a dirigé jusqu'à sa liquidation judiciaire le 19 octobre 1994 (le dernier numéro le 14 novembre 1996). Toute l'équipe de journalistes de "Combat" l'a suivi, ce qui a achevé ce journal. Explication : « Au retour de Smadja, je lui propose des réformes, il refuse. Finalement ce vieil Oriental et moi sommes de la même espèce : lui aussi veut rester seul maître à bord. Je quitte "Combat" pour fonder "Le Quotidien de Paris", six mois après, "Combat" disparaît. J’ai coulé "Combat" et assassiné Smadja. Pas de rancune de sa part, aucun scrupule de la mienne, nous sommes quittes. » (10 décembre 2009).

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"Le Quotidien de Paris" était un journal qui se voulait polémiste, préférant le débat contradictoire à la "pensée unique", puis fermement opposé à la gauche lors de son arrivée au pouvoir, il a recruté jusqu'à 550 collaborateurs dans les meilleures années. Philippe Tesson a notamment recruté Dominique Bona, Dominique Jamet, Laurent Mauduit, Patrice Carmouze, Jean-Marie Rouart, Jean-Marie Benoist, Jean Montaldo, Paul Wermus, Alain Duhamel, Bernard Mabille, Catherine Pégard, Éric Yung, Jean-Marc Sylvestre, Henry Chapier, Georges-Marc Benamou, Éric Neuhoff, Jean-Dominique Bauby, Claire Chazal, Stéphane Denis, Pierre Daix, entre autres, furent parmi les plumes de Philippe Tesson, dont, pour certaines de ces personnalités, ce fut la première expérience.

En même temps, directeur des "Nouvelles Littéraires" (qu'il avait rachetées) de 1975 à 1983 et directeur de collection aux éditions de La Table Ronde de 1962 à 1972, Philippe Tesson a collaboré au "Canard enchaîné" de 1970 à 1983, et à de nombreux journaux et médias ("Valeurs actuelles", "Le Figaro Magazine", "Le Point", France 2, France 3, Paris Première, France 24, Europe 1, Direct 8, etc.). Il a aussi créé d'autres journaux comme "Le Quotidien du pharmacien", "Le Quotidien du maire", etc.

Politiquement, Philippe Tesson était très éloigné des gaullistes en raison de ses positons sur l'Algérie. En revanche, il gardait beaucoup de sympathie chez des responsables de gauche, comme François Mitterrand avec qui il était très lié dans les années 1960, ou encore Pierre Mauroy dont il fut le camarade de classe au lycée du Cateau-Cambrésis (dans le Nord). Il s'est droitisé quand la gauche était susceptible d'arriver au pouvoir : « Je m’inscris pour la première fois de ma vie dans une ligne idéologique. On est en 1979, la gauche va arriver au pouvoir, on le sait, je consolide mon journal avec des journalistes venus de "L’Aurore" comme Bernard Morrot. Je fais un journal moins léger, moins dilettante, je me droitise encore. Quand la gauche arrive, toutes les espérances sont dépassées, je deviens un grand patron de presse.Un leader de l’opposition. J’ai droit au respect et à la considération. J’étais sur un nuage. » (10 décembre 2009).

Trop heureux, il était sur ses lauriers et se dispersait trop. Il s'est trop désintéressé du journal, le laissant sous la direction de Bernard Morrot qui l'a beaucoup trop droitisé : « "Le Quotidien" était devenu radoteur, inintéressant. Ce n’était plus mon journal. Quand je l’ai repris, c’était foutu. ». Il a coulé en 1994 mais a pu renaître dans la presse et les médias français pour donner sa bonne parole politique et culturelle. Jean-Pierre Elkabbach l'a tout de suite repêché, mais c'était une erreur : si Philippe Tesson aimait faire des chroniques, il détestait passer les plats, comme présentateur d'émission. Il resta donc surtout dans le rôle de l'électron libre qui donnait son grain de sel.

Philippe Tesson se considérait comme un grand enfant, oui, pas vraiment achevé : « Un jour, Françoise Giroud m'a dit : "Je ne vous aime pas parce que je n'aime pas les hommes inachevés". Je lui ai répondu : "Je n'aime pas les femmes achevées". Parce que je l'avais attaquée dans "Le Canard enchaîné". Je l'avais attaquée parce qu'elle avait écrit dans un livre qui s'appelait "La Comédie du pouvoir", elle avait raconté ses impressions qui la gouvernaient, qui l'habitaient lorsqu'elle était au conseil des ministres (…). Elle avait raconté dans ce livre que pendant les conseils des ministres, elle regardait les mains de Chirac, il avait des mains de bouchers-charcutiers. J'avais trouvé cela tellement inélégant de la part de cette femme que (…) j'avais livré mon impression dans "Le Canard enchaîné". Elle m'avait convoqué. Elle m'avait dit : "Pourquoi m'avez-vous insulté de cette façon ?". Alors je lui avais répondu un peu insolemment. » (17 février 2019). Un grand enfant, mais avec l'esprit de répartie !

Dans un communiqué, le Président Emmanuel Macron lui a ainsi rendu hommage : « Il était un bretteur gourmand, un éclectique étincelant, un homme dont le nom même signifiait le foisonnement de vies multiples. (…) Avec une curiosité, une tendresse et une liberté constantes, il était, depuis plus de six décennies, un artiste de la presse et un acteur, à tous égards, de la vie publique française. (…) Enfant, il avait appris à se construire un ordre intérieur quand tout volait en éclats autour de lui. (…) Monument de la presse à la française, Philippe Tesson (…) était devenu l’une des grandes mémoires du métier, lui qui refusait d’écrire les siennes. Sa carrière durant, il a interprété dans la vie de notre pays, un rôle qui mêlait le jeu et l’engagement, le panache et la réflexion, et se distinguait par le refus des convenances autant que de l’esprit de sérieux. » (2 février 2023).

De même, Jean-Pierre Chevènement a été, lui aussi, très touché par sa disparition : « La mort de Philippe Tesson me bouleverse. C'était un homme exceptionnel. Je l'ai connu dans les années 1960, à l'époque où il dirigeait la collection Combat dans laquelle a paru "L'énarchie". ».

Mélomane, pianiste, adorateur de Debussy, Philippe Tesson était l'invité d'Elsa Boublil le 17 février 2019 et cet entretien est rediffusé en son hommage sur France Musique ce dimanche 5 février 2023 de 11 heures à 12 heures 30.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (02 février 2023)
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Pour aller plus loin :
"Philippe Tesson, le verbe fait homme", portrait par Jacques Nerson paru dans "Valeurs actuelles" le 10 décembre 2009.
Philippe Tesson.
Daniel Schneidermann.
Catherine Nay.
Serge July.
La BBC fête son centenaire.
Philippe Alexandre.
Alain Duhamel.

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19 janvier 2023 4 19 /01 /janvier /2023 04:08

« Je suis vieux, je suis c@n ; qu'on me le dise, ça ne me choque pas ! » (Gérard Hernandez, le 27 janvier 2012 sur RTL).



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La retraite à 65 ans, il ne connaît pas ! S'invitant au salon de 8 millions de téléspectateurs chaque soir (sur M6), l'acteur Gérard Hernandez atteint ses 90 ans ce vendredi 20 janvier 2023. Si son patronyme confirme son origine espagnole, tout son être, sa voix, son français en font un "bon" Français, voire un franchouillard dans interprétations.

Car Gérard Hernandez qui a déjà plusieurs carrières derrière lui est redevenu un adolescent retardé, agacé acariâtre, et cette seconde ou troisième jeunesse, qu'il a acquise à l'aube de ses 80 ans avec un bond pour sa notoriété (qui n'a jamais entamé sa modestie originelle : « Cet homme est d'une gentillesse et d'une simplicité déconcertante. » décrivait un internaute enthousiaste qui l'avait croisé dans la vraie vie). En effet, depuis le 9 novembre 2009, il est le fameux Raymond, le vieux schnoque ronchonnant du plus ancien couple dans cette série assez particulière, "Scènes de ménages" (une adaptation d'une série télévisée espagnole par Alain Kappauf).

Il faut dire que le look de l'acteur est facile à repérer : moustaches fournies, un peu chauve, et surtout, yeux très malicieux. Chez Gérard Hernandez, il y a un peu de Jacques Dufilho (pour le regard) et de Roland Magdane (pour les moustaches).

Cela fait plus de treize ans que le téléspectateur averti voit sa tronche chaque soir après le journal télévisé et avant le programme de début de soirée, en train de trouver mille et une astuces pour taquiner son épouse (Huguette dite Guéguette jouée par Marion Game) ou, plus encore, pour empapaouter tous les personnages extérieurs (voisins, passants, commerçants, amis, même leur propre fille jouée par Catherine Jacob). S'il n'a pas fait sa petite vacherie du soir, c'est qu'il doit être malade.

Souvent, ce genre de mini-série, elles sont très nombreuses à la télévision depuis le début des années 2000, est l'occasion de mettre en selle de nouveaux comédiens, ce fut le cas de nombreux acteurs (je cite dans le désordre et de manière non exhaustive Marina Foïs, Pierre-François Martin-Laval, Jean-Paul Rouve, Yolande Moreau, François Morel, Omar Sy, Alexandra Lamy, Jean Dujardin, Bruno Solo, Éric Judor, Ramzy Bedia, etc.). Le risque, bien sûr, c'est d'avoir un personnage beaucoup trop collé à la peau et de ne plus pouvoir en sortir dans d'autres fictions (ce fut peut-être le désespoir de Peter Falk). Ainsi, Audrey Lamy et Loup-Denis Elion ont quitté voire fui "Scènes de ménages" pour diversifier leurs interprétations.

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Ou alors ces minis-séries sont l'occasion de repasser sous les projecteurs de vieux acteurs "sur le déclin" (façon de parler), ou de faire des clins d'œil en "guest stars". "Scènes de ménages" en a programmé plein comme amis du couple Raymond et Huguette, dont certains sont partis depuis longtemps dans d'autres cieux, en particulier : Michel Galabru, Bernadette Lafont, Claude Gensac (pour les disparus), et Eddy Mitchell, Francis Perrin, Eva Darlan, Popeck, etc.

Pour Gérard Hernandez, c'est différent car il n'a plus une carrière à mener ; au contraire, il pourrait rester tranquillement en retrait ou en retraite bien méritée. Donc, il ne risque pas d'en pâtir pour d'éventuels futurs rôles ce qui fait qu'il semble, dans cette mini-série, le comédien le plus authentique, le plus épanoui. En somme, il s'amuse. Il se fait plaisir.

Et pourtant, ce n'était pas gagné car au début, il était très réticent car il trouvait "horriblement vulgaire" la série espagnole d'origine : « Quand j'ai accepté le rôle, je pensais que ça ne durerait que trois mois. ». En 2019 (dix ans après le début de la série), il ne comprenait toujours pas le succès de cette série dont il imaginait l'audience bientôt s'écrouler. Il s'épanouit sur les plateaux : « Les gens sont tellement formidables avec nous. J'arrive là-bas, on m'enlève mon manteau, on me donne mon jus de fruit, c'est Byzance. Je suis même étonné qu'on me paie en plus ! ». D'autant plus qu'il fait ce qu'il veut : « Nous avons une telle liberté de langage que c'est un exutoire ! ».

Il pourrait effectivement se reposer après près de soixante-dix ans de carrière au cinéma, au théâtre et à la télévision, comme comédien ou comme doublure dans les versions françaises. Une voix très agréable qui l'a poussé à faire le Grand Schtroumpf et le Schtroumpf grognon, ou encore Iznogoud dans les dessins animés reprenant ces personnages de Peyo et de Tabary dans les années 1980. Et plus généralement, il a adoré doubler pour de nombreux dessins animés réalisés pour les enfants, jusqu'à ce que tous se transformèrent en mangas beaucoup trop violents à son goût (il a doublé des centaines de films et dessins animés).

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Au théâtre, Gérard Hernandez a été nommé deux fois pour le Molière du comédien dans un second rôle, en 1992 et en 1994, dont le dernier pour la pièce "Le Dîner de con" (mise en scène de Pierre Mondy au Théâtre des Variétés). Au cinéma, lorsqu'il était jeune (et arborait déjà de belles moustaches), un peu par hasard (il savait parler espagnol), il a fait des petits rôles dans de grands films aux côtés de grands acteurs comme Gérard Philipe, Louis de Funès, Jean-Pierre Marielle, Patrick Dewaere, Philippe Noiret, etc.

Julio Gerardo (ses vrais prénoms) joue parfois des rôles de flic (dans "Scènes de ménages", il est un ancien gendarme), et même à la télévision, il est le commissaire de police dans "Père et Maire", une série mettant en scène un duo entre un maire anciennement communiste et un prêtre ami d'enfance, dans un remake de Don Camillo et Peppone (la série, de Christian Rauth et Daniel Rialet, a été diffusée sur TF1 du 25 février 2002 au 30 novembre 2009).

Souhaitons-lui encore une longue vie de ménage pour continuer à balancer ses petites médisances à deux balles pour le plus grand bonheur des amateurs du second degré.


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Sylvain Rakotoarison (15 janvier 2023)
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Pour aller plus loin :
Gérard Hernandez.
Audrey Hepburn.
Mathilde Seigner.
Dieudonné.
Prémonitions (Solace).
Anthony Hopkins.
Jean Bertho.

Laurent Gerra.
Carla Bruni.
Vanessa Paradis.
Henri Salvador.
Gérard Philipe.
Mylène Demongeot.
Contagion.
Kirk Douglas.
Robert Clary.
Quai d'Orsay.
Thierry Lhermitte.
Dupont Lajoie.
Emmanuelle Bercot.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.








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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 04:56

« Quand je pense à Audrey, à sa noblesse de cœur et à sa fantaisie, je suis toujours émue. Elle avait des qualités très rares et j'enviais son style et son goût. Je me sentais gauche et mal fagotée quand j'étais en sa compagnie. Je lui en ai fait part. Elle m'a dit de ne pas me tracasser, qu'elle m'apprendrait à m'habiller si je lui apprenais à jurer. Nous n'y sommes jamais parvenues ! » (Shirley MacLaine).




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La célèbre actrice britannique Audrey Hepburn est morte il y a trente ans, le 20 janvier 1993, à l'âge de 63 ans (née à Bruxelles le 4 mai 1929), à Tolochenaz en Suisse où elle s'était installée, succombant à une (vraie) saleté de maladie. Elle a illuminé le cinéma hollywoodien de sa grâce pendant toutes les années 1950 et 1960.

Pour moi, Audrey Hepburn est probablement le symbole de la beauté au plus proche de la perfection. Cela peut paraître commun de l'écrire aujourd'hui, mais à l'époque où elle sévissait au cinéma, ce n'était pas ce genre de femmes qui était le mieux représenté pour évoquer la beauté, la silhouette demandant généralement plus de formes, plus pulpeuse, à l'instar d'une Marilyn Monroe.

Audrey Hepburn a été, à elle seule, le résultat d'une Europe diversifiée (elle parlait couramment l'anglais, le français, l'espagnol, l'italien, le flamand) : née en Belgique d'une mère néerlandaise et d'un père britannique et irlandais, elle a vécu son enfance, en fonction de l'activité professionnelle de son père, entre Londres, la Belgique et les Pays-Bas. Ses parents ont divorcé en 1938 tandis que le père, engagé chez les fascistes britanniques dès 1934, allait être incarcéré pour cette raison entre 1940 et 1945.

Pendant ce temps, Audrey Hepburn a été placée pendant deux ans dans un internat anglais pour y recevoir une éducation très stricte avant de rejoindre sa mère aux Pays-Bas en 1939. Dès l'âge de 11 ans, elle faisait de la résistance en portant des messages (un oncle et un cousin ont été fusillés pour avoir été reconnus "ennemis du Reich"). À cause de la guerre et des pénuries alimentaires, elle a souffert de malnutrition au point de ne plus pouvoir faire de danse (cette période a marqué sa silhouette très fine).

Après la guerre, elle a suivi des cours de danse à Amsterdam puis à Londres, mais elle a dû abandonner la danse en 1948 à cause de son corps trop faible. Après quelques petits rôles au cinéma, elle fut remarquée par Colette qui l'a choisie pour le rôle principal de sa pièce "Gigi" créée en anglais le 24 novembre 1951 dans un théâtre de Broadway à New York. Cette représentation fut capitale pour sa carrière à Hollywood car, l'ayant découverte, le réalisateur William Wyler lui a proposé son premier grand rôle dans "Vacances romaines" : « Elle avait tout ce que je recherchais : charme, innocence et talent. Elle était aussi très drôle et absolument délicieuse. Nous nous sommes dit : "C'est celle qu'il nous faut !". ».

Elle s'est vite révélée au public et à la critique en obtenant un Oscar de la meilleure actrice le 25 mars 1954 pour "Vacances romaines" de William Wyler (sorti le 27 août 1953) avec Gregory Peck et Eddie Albert, où elle incarne une jeune princesse séduite par un journaliste. Elle a par la suite été nommée quatre autres fois pour le même Oscar de la meilleure actrice.

On peut retenir son rôle mémorable dans "Diamant sur canapé", une traduction que je dirais trompeuse de "Breakfast at Tiffany's" de Blake Edwards (sorti le 5 octobre 1961), une adaptation d'une nouvelle de Truman Capote, qui raconte les tribulations plus ou moins amoureuses d'une jeune femme faussement ingénue avec son nouveau voisin (jouée par George Peppard). La robe noire d'Audrey Hepburn dans la première séquence de ce film est devenue "historique", influençant la mode de l'époque ; elle était conçue par le Français Hubert de Givenchy, ami de l'actrice, qui n'en était pas à sa première création pour ses personnages (il avait déjà confectionné ses costumes pour "Sabrina", "Drôle de frimousse", "Ariane", et, plus tard, "Charade").

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Malgré le succès du film, Truman Capote a regretté le choix d'Audrey Hepburn car il avait écrit sa nouvelle en pensant à Marilyn Monroe. Quant à Audrey Hepburn, elle a eu beaucoup de mal à jouer son personnage de Holly Golightly : « Holly est tout le contraire de moi. Elle me fait peur. Ce rôle appelle un caractère extraverti. Or moi, je suis introvertie. (…) C'est ce que j'ai fait de mieux, parce que c'est ce qu'il y a eu de plus dur. » (confidences à son agent artistique Kurt Frings).

Parmi ses autres grand succès, on peut citer "Sabrina" de Billy Wilder (sorti le 22 septembre 1954) où elle joue la fille du chauffeur d'un industriel fortuné (Humphrey Bogart) dont elle s'éprend du fils (jouée par William Holden) ; "Guerre et Paix" de King Vidor (sorti le 21 août 1956), une adaptation du roman de Léon Tolstoï, avec Henry Fonda et Mel Ferrer (qui était son mari de 1954 à 1968) ; "Drôle de frimousse" de Stanley Donen (sorti le 13 février 1957) avec Fred Astaire (une comédie musicale qui parle de haute-couture et qui se passe à Paris) ; "Ariane" de Billy Wilder (sorti le 29 mai 1957) avec Gary Cooper et Maurice Chevalier (qui joue le père d'Audrey Hepburn) ; "La Rumeur" de William Wyler (sorti le 19 décembre 1961) avec Shirley MacLaine et James Garner ; "Charade" de Stanley Donen (sorti le 5 décembre 1963) avec Cary Grant qui avait été très réticent à l'idée de jouer avec Audrey Hepburn (il avait refusé plusieurs rôles avec elle auparavant, à cause de la différence d'âge) et qui n'a pas regretté du tout de s'être laissé convaincre ; "My Fair Lady" de George Cukor (sorti le 21 octobre 1964) avec Rex Harrison. Ce dernier film a eu huit Oscars en 1965 mais pas même une nomination pour Audrey Hepburn qui fut préférée à Julie Andrews qui avait pourtant créé cette comédie musicale à Broadway mais qui n'était pas encore reconnue au cinéma (elle le fut juste après ce choix du réalisateur en obtenant l'Oscar de la meilleure actrice en 1965 pour le rôle principal dans "Mary Poppins" de Robert Stevenson, sorti le 27 septembre 1964). Pour son rôle dans "My Fair Lady", Audrey Hepburn, n'étant pas chanteuse, a été doublée par Marni Nixon pour les chansons (elle a néanmoins chanté certaines chansons qui sont accessibles dans le bonus du DVD du film).

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En 1968, Audrey Hepburn a décidé de mettre fin à sa carrière au cinéma (elle avait 39 ans). Un divorce puis un nouveau mariage, des enfants, une famille dont se préoccuper. Elle recevait régulièrement des propositions de rôle (dont une pour "Out of Africa") qu'elle refusait généralement. En vingt ans, elle a toutefois tourné encore dans cinq films dont le dernier, "Always", un film fantastique de Steven Spielberg (sorti le 22 décembre 1989), fut un échec commercial.

Audrey Hepburn s'est installée pendant trente ans dans une petite ville du canton de Vaud, en Suisse, loin du monde artistique. Marie-Claude Martin, de la Radio Télévision Suisse (RTS), qui célébrait le 90e anniversaire de sa naissance le 13 mai 2019, évoquant un documentaire télévisé sur l'actrice, racontait : « Audrey Hepbrun est restée célèbre grâce à sa passion de la discrétion, conjuguée à son goût de l'anonymat. En cela, elle a trouvé en Suisse, et plus particulièrement à Tolochenaz, le cadre idéal pour vivre comme elle l'entendait, affranchie des regards intrusifs, toujours prête à distribuer à ses voisins les légumes de son potager et heureuse d'aller au marché avec son panier en osier car "elle détestait les sacs en plastique" comme le rappelle le marchand de spiritueux où l'actrice achetait local. (…) Impliquée dans la vie de sa commune, elle avait souvent mis en garde les autorités de la dangerosité, pour les enfants sortant de l'école, d'un trottoir situé au bord d'une route au trafic très intense. (…) Sa tombe, visitée chaque jour par des admirateurs respectueux, est à son image : sobre, modeste et élégante. ».

Entre 1988 et 1992, Audrey Hepburn s'est beaucoup impliquée dans son nouveau rôle d'ambassadrice spéciale du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), ce qui l'a amenée à faire de très nombreux voyages en Afrique, Asie et Amérique latine. Elle a aussi enregistré un CD de lecture de contes pour enfants. L'une de ses motivations pour venir en aide auprès des enfants partout dans le monde, ce fut son enfance très difficile pendant la guerre où elle a souffert elle-même de malnutrition. Elle avait confié à Roger Moore : « J'étais une enfant sous-alimentée pendant les années de l'après-guerre. J'ai bénéficié des services de l'Unicef, j'ai connu l'UNICEF toute ma vie. ».





Ainsi, Audrey Hepburn a prononcé le 20 novembre 1989 à New York le discours de clôture de la Convention internationale des droits de l'enfant, dans le cadre de l'ONU, qui a servi de base au texte de cette convention adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies le même jour (et mise en application le 2 septembre 1990). Cela explique d'ailleurs pourquoi le 20 novembre est la Journée internationale des droits de l'enfant.

L'actrice a notamment énuméré les droits de l'enfant dont le premier : « Tout enfant doit jouir d'une protection sociales et de la possibilité, des infrastructures et des moyens de s'épanouir physiquement, mentalement, moralement et spirituellement, dans des conditions garantissant sa liberté et sa dignité. ». Sans doute est-ce son action en faveur des enfants qui lui a donné le plus de fierté, loin des paillettes et de ses anciens succès à Hollywood. La beauté ne l'avait jamais quittée.


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16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 04:17

« On a tendance à ne retenir de moi que le côté grande gueule, mais avec tous les films que j’ai faits, j’espère que les gens ont compris que j’étais aussi quelqu’un de très fragile et sincère. Nous vivons dans une époque d’encéphalogramme plat, totalement consensuelle, où personne ne dit rien. Du coup, dès qu’on l’ouvre, ça surprend. Avec tout ce que j’ai dit comme conneries dans ma vie, c’est un miracle que je sois encore là. » (Mathilde Seigner, le 1er juin 2019 dans "Paris Match").




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L'actrice Mathilde Seigner fête son 55e anniversaire ce mardi 17 janvier 2023. Elle est au sommet de son art, le cinéma, avec près d'une centaine de films dans lesquels elle a joué. À l'instar d'autres grandes familles d'artistes (Vasseur, Casadesus, etc.), elle est issue d'une grande lignée d'artistes : Louis Seigner est son grand-père, Françoise Seigner sa tante, tous les deux sociétaires de la Comédie-Française, Emmanuelle Seigner est sa sœur aînée, également actrice (et l'épouse de Roman Polanski), et leur petite sœur Marie-Amélie Seigner est chanteuse.

Elle a été rapidement appréciée (et reconnue) par la profession et les critiques, dès "Rosine" de Christine Carrière (sorti le 18 janvier 1995), où elle joue à l'âge de 27 ans le rôle d'une adolescente de 14 ans ! Elle a été nommée trois fois pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour "Nettoyage à sec" d'Anne Fontaine (sorti le 27 septembre 1997), "Vénus Beauté (Institut)" de Tonie Marshall (sorti le 3 février 1999), où elle est l'une des esthéticienne avec Nathalie Baye et Audrey Tautou, et "Harry, un ami qui vous veut du bien" de Dominik Moll (sorti le 15 août 2000). Elle n'a pour l'instant pas eu cette belle récompense (un César), sans doute lui manque encore un rôle phare.

La notoriété de Mathilde Seigner a bondi quelques années plus tard avec des comédies très populaires comme "Palais royal !" de Valérie Lemercier (sorti le 23 novembre 2005) et les incontournables de Fabien Onteniente "Camping" (sorti le 26 avril 2006) et "Camping 2" (sorti le 21 avril 2010), où elle joue Sophie Gatineau, la femme de Paulo, joué par Antoine Duléry qui fut son compagnon de route pendant quelques années, aux côtés notamment de Claude Brasseur, Mylène Demongeot et Franck Dubosc.

Pendant les vingts dernières années, Mathilde Seigner a su diversifier ses interprétations, dans des comédies populaires et dans des films d'auteur, à la télévision aussi bien qu'au cinéma et même au théâtre, avec une idée forte, elle ne veut pas d'étiquette, elle ne veut pas qu'on lui colle à la peau un rôle en particulier.

C'est sans doute cette raison qui lui a fait refuser de poursuivre dans "Camping 3", puis "Camping 4", elle n'en pouvait plus d'être "la" Sophie Gatineau. Son trop grand besoin de liberté la fait fuir les rôles trop cadrés. Ce qui ne lui interdit rien, pas même les navets, comme remplacer Marine Foïs comme épouse de Franck Dubosc (Manu Payet dans le rôle du chien) dans (le mauvais) "Boule et Bill 2" de Pascal Bourdiaux (sorti le 12 avril 2017). Ni de rejouer sous la direction de Fabien Onteniente, comme avec son dernier film "Les Enfants des justes" pour la télévision (diffusé sur France 2 le 23 mars 2022) où elle est la femme de Gérard Lanvin (qui jouait aussi dans "Camping 2").

J’apprécie beaucoup Mathilde Seigner. C’est une femme de caractère. D’ailleurs, lorsqu'elle présente ses derniers films (elle est obligée de faire le service avant-vente), elle ne cesse pas, habituellement, d’afficher la moue. Pas pour la posture, juste par absence de sourire niais de mise à la télévision. Une femme attachiante selon l'expression de Laurent Gerra qui la connaît bien.

Mathilde Seigner est du genre tranchant. Elle dit ce qu’elle pense, ne veut pas forcément déplaire ni choquer mais elle ne cherche pas à séduire. Elle est brut de décoffrage dans son message mais la forme est beaucoup plus fine, plus enjouée, plus séduisante évidemment.

Elle a aimé le premier confinement parce qu'elle avait découverte qu'elle aimait se retrouver seule. Elle n'avait pas besoin de se montrer pour exister comme beaucoup d'autres artistes et d'ailleurs, elle est toujours gênée de sa notoriété : « Ce qui est insupportable quand on fait ce métier, c’est d’être tout le temps dans le regard de l’autre, d’être constamment jugée. Je ne m’y habituerai jamais. Je n’ai pas fait ma carrière sur ma beauté. Comme je joue des Mme Tout-le-Monde, des esthéticiennes, des paysannes ou des coiffeuses, que j’aie des cernes sous les yeux ou pas, ça ne change pas grand-chose. La caméra vous donne des rides et des défauts invisibles à l’œil nu. (…) Je dis aujourd’hui que je ne ferai jamais de lifting, mais je changerai peut-être d’avis dans dix ans. Quant à la notoriété, même modeste, elle est souvent très lourde à porter. Je n’étais pas armée pour ça. Quand on est connu, on doute toujours de la sincérité de celui qui est en face. On ignore pourquoi les gens vous aiment vraiment. » (1er juin 2019).

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Je me souviens d'une émission télévisée il y a onze ans où elle dissertait gaiement avec d'autres invités, notamment deux confrères comédiens Élie Semoun et François Berléand. C'était l'émission culturelle "Avant-premières" diffusée sur France 2 le 12 janvier 2012.

Les trois acteurs, sous l’œil attentif de Natalie Dessay, ont disserté sur la liberté d’expression, sur le fait qu’aujourd’hui (donc il y a onze ans), il n’est plus possible de plaisanter sur les Juifs, sur les musulmans, sur les homosexuels, sur les personnes en situation de handicap etc. et que la réactivité sur Internet rend très nerveux ceux qui pourraient se sentir visés.

Mathilde Seigner disait qu'elle avait horreur d’Internet qu’elle considérait comme un déversoir nauséabond d’insultes, d’injures, de vomi verbal. Elle n’était pas connectée. Elle n’avait pas d’email. Elle ne surfait pas sur Internet. Et ce n’était que très récemment (à l'époque) qu’elle avait compris que Facebook n’était pas un site de cu* comme elle le croyait au départ.

De son côté, François Berléand a expliqué qu’il avait lâché quelques mots désagréables à propos d’Eva Joly (candidate des écologistes à l'élection présidentielle de 2012) et qu’on lui en a voulu, parce qu’il se moquait de son accent norvégien. Les trois invités ont logiquement admis qu’ils étaient cyniques, que rien ne les choquaient ni ne les étonnaient et que le monde actuel était assez minable.

Puis, parlant de son "actualité" (dans ce genre d’émission, les invités ont toujours quelque chose à vendre), Élie Semoun a annoncé qu’il était en train d’écrire le scénario d’une comédie où il jouerait un militant du Front national, estimant que le Juif qu’il était pouvait se permettre ce genre de rôle sans amalgame, un militant qui, a-t-il précisé, va évoluer au cours de l’histoire (à ma connaissance, ce projet ne semble pas avoir vu le jour).

Embrayant sur ce sujet, la présentatrice (Élizabeth Tchoungi) interrogea les deux autres invités sur le mode "Et vous, pourriez-vous jouer un militant du Front national ?". François Berléand a tout de suite désamorcé la question en disant qu’il a déjà joué le rôle de Himmler, donc, un militant du FN, ce ne serait pas un problème pour lui.

Et puis Mathilde Seigner a parlé pour elle, en disant que sur le principe pourquoi pas, mais qu’elle n’a pas vraiment envie d’être étiquetée comme cela, puis elle est partie sur les étiquetages, qu’on étiquetait beaucoup les acteurs, qu’elle n’avait pas envie de faire toute sa vie des films comme "Camping" très populaires et qu’elle aimerait aller plus dans des rôles moins populaires (en 2012, elle aurait été l’actrice la mieux rémunérée de France, plus de 2 millions d’euros par an). Donc, évidemment, elle a su esquiver la question, mais après ces mots, en l’écoutant, en la regardant, je me disais qu’elle avait très bien le profil pour jouer le rôle de …Marine Le Pen.

Elle a le même âge, un peu la même architecture, la voix de stentor, les yeux qui impressionnent, la mâchoire capable de tout mâcher franchement, bref, il faudrait juste lui couper un peu les cheveux qui sont un peu trop longs et elle pourrait jouer à merveille ce rôle.

Elle pourrait jouer le rôle. Évidemment, cela risquerait de lui coller à la peau, et puis, ce n’est peut-être pas la peine de lui faire trop de pub, à ce personnage qui, depuis janvier 2012, s'est présenté déjà trois fois à l'élection présidentielle, atteignant même, pour les deux dernières, le second tour…


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12 janvier 2023 4 12 /01 /janvier /2023 04:25

« Je tiens (…) à demander pardon à toutes celles et ceux que j’ai pu heurter, choquer, blesser au travers de certaines de mes gesticulations artistiques. Je pense notamment à mes compatriotes de la communauté juive, avec lesquels je reconnais humblement m’être laissé aller au jeu de la surenchère. C’est vrai, j’ai parfois été trop loin et fais preuves d’outrances, de provocations déplacées. Pour toutes ces fautes et excès, je demande pardon. Mon ambition était de faire rire tout le monde, et la communauté juive fait partie de mon monde. Je n’ai pas réussi à la faire rire, et je le regrette. » (Dieudonné, le 10 janvier 2023 dans "Israël Magazine").




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Non, vous ne rêvez pas ! Non, ce n'est pas le premier avril ! Pour le coup, voilà une confession on ne peut plus surprenante de l'humoriste sulfureux Dieudonné (de son vrai nom Dieudonné Mbala Mbala). Il a contacté André Darmon, le directeur de la publication de "Israël Magazine", par un ami commun (Francis Lalanne), pour publier cette tribune de repentance et de demande de pardon (texte intégral ici).

André Darmon n'est pas n'importe qui, cela fait une vingtaine d'années qu'il a fustigé les déclarations et l'humour douteux de Dieudonné qui lui vaut d'être mis hors de tous les médias importants, souvent interdit de salle dans les mairies, soupçonné régulièrement d'antisémitisme et d'appel à la haine. On ne peut donc pas le considérer comme un complice de l'humoriste.

Dieudonné, je n'ai jamais su quoi en penser sinon que je sens qu'il y a eu un énorme gâchis. C'est un humoriste qui a du talent, sa voix est extraordinaire, son ton aussi. Il a un réel sens de la dérision. Mais ses provocations qui, comme il vient de l'écrire, l'ont amené lui-même à surenchérir, multipliant polémiques sur polémiques, croyant au départ que ce serait une poule aux œufs d'or pour alimenter son petit cercle de fans, qui se sont recrutés de plus en plus du côté de ce qu'on appelle improprement la fachosphère, jusqu'à intégrer Jean-Marie Le Pen dans sa propre famille, ne pouvait plus amuser ceux qui aiment le talent, mais seulement utilisé à bon escient. Pourtant, on partait de loin ; en 2000, Dieudonné recevait de l'ONU ce titre honorifique : "homme de bonne volonté dans sa lutte contre le racisme". Comment a-t-il pu changer autant ?

Ce que je pouvais comprendre, hélas, c'est qu'il était sincère. Oui, l'humour est toujours au second, voire troisième degré. C'est justement le décalage entre la réalité et ce qui est dit qui est drôle. Comment imaginer Pierre Desproges antisémite ? Et pourtant, reprenez certains de ses sketchs, c'est horrible. Il commençait l'un en demandant au public : y a-t-il un Juif dans la salle ? Puis continuait en disant quelque chose comme : remarquez, je n'ai rien contre eux... Pourquoi on ne pouvait pas imaginer Desproges antisémite ? Parce que c'était un humoriste tendre, qu'on ne pouvait pas l'imaginer haïr des personnes, surtout pour ce qu'elles ne sont pas. Qu'il ne détestait probablement pas les coiffeurs ni les garagistes... Pareil pour Coluche qui a surfé d'ailleurs sur cette ambiguïté du public quand il houspillait "les Arabes". Un vrai humoriste se fout de la gueule de tout le monde, pas seulement d'une certaine "communauté" comme écrit dans sa repentance.

Avec Dieudonné, rien de tout cela, aucune tendresse, aucun second degré. Pour preuve, c'est qu'il se prenait au sérieux. Il a eu des ambitions politiques, il s'est présenté très sérieusement à des élections (et heureusement, il s'est toujours fait très largement battre). Il s'est présenté quatre fois aux élections législatives (1997, 2002, 2012, 2017, cette dernière dans la circonscription de Manuel Valls), et à chaque fois, il n'avait qu'à peine 1 000 voix et jamais au-dessus de 4% (sauf à la première où il représentait 7,7% des électeurs, mais c'était du temps d'avant les polémiques). Il s'est présenté aussi aux élections régionales en 1998 et n'a pas atteint de justesse le seuil de 5%. Il avait des velléités de se présenter à la mairie de Toulouse en 2001 et à l'élection présidentielle en 2002.

Mais le plus parlant ont été ses deux candidatures aux élections européennes de 2004 et de 2009 où il menait, en Île-de-France, une liste. Celle de 2004 s'appelait EuroPalestine ; celle de 2009 venait du parti antisioniste (dissous en 2019) qui était assez transparent dans ses buts (l'antisionisme étant la forme légalisée d'une expression de l'antisémitisme). C'est facile à déceler : pourquoi parler du conflit isréalo-palestinien dans une campagne européenne qui parlait surtout de social, d'économie, d'Europe ? Pourquoi vouloir systématiquement importer un conflit extérieur, et toujours le même ? Cette obsession révèle trop bien les arrière-pensées idéologiques. Dieudonné n'était plus un humoriste, dans ces circonstances, mais un piteux et pitoyable homme politique (je le répète, heureusement, les électeurs sont d'un bon sens incroyable !).

Pendant une vingtaine d'années, il a fatigué les plus tolérants et dopé, exacerbé les plus militants de ses soutiens, au point que certains n'hésitent pas à affirmer qu'il était intellectuellement responsable de certains actes antisémites, de leur passage à l'acte par des petites frappes, parfois devenues meurtriers, qui l'écoutaient et allaient plus loin dans ces idées nauséeuses.

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Ce retournement exceptionnel est très courageux de sa part : qu'il soit sincère ou pas (j'y viens plus loin), il faut du cran pour dire en quelque sorte qu'on a eu tout faux pendant vingt ans. Par la même occasion, il donne raison à ceux qui, pendant ce temps, le contestaient parce qu'ils contestaient les idées puantes qu'il véhiculait. Cette repentance montre qu'ils n'avaient pas tort et les conforte a posteriori dans leur combat idéologique, car il s'agit/s'agissait bien d'un combat idéologique (je ne sais pas s'il faut mettre encore au présent ou enfin au passé).

Il conclut sa tribune ainsi : « Je suis un être imparfait mais sincère qui cherche à réparer ses erreurs et ses fautes. (…) Entendons nous bien, je ne me cherche aucune excuse, aucune circonstance atténuante car nul n’en a lorsqu’il peut constater qu’il a nui à son prochain, je demande tout simplement pardon pour le mal que j’ai pu faire même sans le vouloir. ».

Quelle est la motivation d'une telle demande de pardon ? De celle-ci, on pourra juger si elle est sincère ou pas. Est-ce pour retrouver un public, des salles de spectacle et de l'argent ? Est-ce un flash dans la nuit, une illumination qui lui a demandé de se racheter (la rédemption) ?

Dieudonné a précisé ses motivations : « Bref, mon âge, ma santé m’invitent aujourd’hui à préparer ma retraite au Cameroun, sur la terre de mes ancêtres. Aussi, j’aspire à quitter la scène en paix : en paix avec moi-même, en paix avec les autres, dans un respect réciproque et sincère. Je veux apporter ma pierre à l’édifice de la réconciliation dans un contexte de tensions générales exacerbées. ». En somme, le pyromane transmuté en pompier.

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Serait-il mourant ? Pas étonnant que de nombreux internautes viennent alors quérir des informations sur sa santé et une possible maladie ? Cela ressemble à ces combattants cruels, au Moyen-Âge, qui renonçaient aux armes et s'esquivaient dans un monastère jusqu'à la fin de leur vie pour préparer leur passage dans l'Au-delà.

Face aux nombreuses réactions qu'a suscitées la publication de cette repentance dans son journal, André Darmon a voulu apporter son commentaire et accorder à Dieudonné le bénéfice du doute : « La meilleure façon d’expier et de matérialiser sa volonté, était de faire passer dare-dare un message opposé, contraire à celui démentiel, qu’il avait toujours véhiculé et à travers le même canal qu’il avait utilisé : ses sketches. Je lui ai rappelé que l’autre forme parallèle d’expiation était de se tourner vers les autres et de consacrer cette fondation qu’il dit vouloir monter, avec Élie Semoun, à ceux qu’il a fait souffrir, mais aussi à ses frères noirs, auxquels il n’a finalement pas fait de bien. J’ai insisté et lui dit qu’il lui fallait très vite porter la bonne parole dans les écoles françaises, des écoles qui ont été infestées par son discours. J’ai appris de mes 35 ans en Israël qu’on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis. J’ai aussi appris de ma jeunesse parisienne un proverbe : il faut suivre le menteur jusqu’à la porte. Aussi, nous saurons très vite ce que Dieudonné a dans la tête, mais aussi dans le ventre. ».

Peut-être sera-t-il vite déçu par Dieudonné.

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Car d'un rapide coup d'œil au site officiel de Dieudonné, j'ai appris que justement, Dieudonné reprenait ses spectacles à partir de ce vendredi 13 janvier 2023 dans de nombreuses villes de France, et cela jusqu'au 3 mars 2023, et le spectacle est intitulé : "Foutu pour foutu". Mais après tout, rien ne dit qu'il en sortira des messages pas très différents de ses précédents spectacles. Il y a cependant un doute persistant : une nouvelle excitation médiatique avec Dieudonné juste avant une série de représentations, quelle coïncidence ! (Sur la page, on y lit aussi : "Accueillez Dieudonné sur votre propriété, proposez votre lieu" !).

Et toujours à la première page du site officiel, que lit-on également ? Que l'internaute est invité à donner son opinion sur une question. Pourquoi pas ? Beaucoup de sites le font, ça ne sert à rien mais ça permet de fidéliser. Mais ici, la question reste quand même problématique : « Êtes-vous pour la dissolution du CRIF et de l'UEJF ? ».

Décidément, Dieudonné ne changera jamais...


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (11 janvier 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La tribune de Dieudonné publiée le 10 janvier 2023 dans "Israël Magazine".
Dieudonné.
Patrick Bouchitey.
Laurent Gerra.
Jacques Tati.
Charlie Chaplin.
Jean Roucas.
Jean Bertho.
Thierry Le Luron.
Jean Amadou.
Frédéric Fromet.
Daniel Prévost.
Coluche.
Sim.
Élie Kakou.
Pierre Desproges.
Pierre Dac.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230110-dieudonne.html

https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/dieudonne-le-salut-par-la-245995

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/01/12/39777724.html








 

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