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12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 18:42

« Mon premier message est ainsi un appel. Un appel à l’esprit de responsabilité des 6 millions d’entre vous qui n’ont encore reçu aucune dose de vaccin. Vaccinez-vous ! Vaccinez-vous pour vous protéger. (…) Je rappelle qu’une personne vaccinée a 11 fois moins de chances de se retrouver à l’hôpital en soins critiques. Je rappelle aussi que des milliards d’individus sur la planète ont déjà eu le vaccin et que nous avons maintenant déjà un certain recul. (…) Être libre dans une Nation comme la France implique d’être responsable et solidaire. Je compte donc sur vous. » (Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021).



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Les Pays-Bas et l’Autriche ont repris des mesures de confinement partiel le 12 novembre 2021. Ces mesures ont choqué car tout le monde se pose des questions : faudra-t-il reconfiner aussi en France ? L’Europe est en effet touchée de plein fouet par la cinquième vague de la pandémie de covid-19. Avec l’arrivée de l’hiver, cette vague était prévisible mais avec la vaccination, il y avait l’espoir qu’elle ne soit qu’une petite vaguelette. Il n’en est rien.

Venue de l’Est, en particulier la Russie, les taux d’incidence sont énormes. En Russie, il est de près de 200 nouveaux cas de covid-19 détectés chaque jour pour 100 000 habitants (je ne répéterai pas l’unité par la suite pour ce taux), cela peut paraître modéré, mais c’est parce que le pays est grand et c’est la population de la Russie occidentale qui est très touchée. En Ukraine, il est de 320, la Pologne 280, la Bulgarie 290, la Roumanie 160. Et cette vague s’est déplacée d’Est en Ouest, atteignant d’abord l’Europe centrale : la Tchéquie avec un taux d’incidence de 740, la Slovaquie 800, la Croatie 900, la Hongrie 535, la Grèce 450, la Slovénie 1 100, la Suisse 300, l’Autriche 905 et l’Allemagne 330. Mais ensuite, elle atteint depuis plus un mois l’Europe de l’Ouest : les Pays-Bas a un taux d’incidence de 650, la Belgique 630, le Luxembourg 220.

La France est aussi touchée, même si la progression est lente. Le 16 novembre 2021, il y a eu pratiquement 20 000 nouveaux cas détectés en une seule journée, une donnée qu’il faut savoir interpréter à cause du pont du 11 novembre avec des rattrapages de données, mais qui peut être sous-estimée aussi avec les tests payants. Le taux d’incidence est plus fiable et la France a dépassé depuis longtemps le taux d’incidence de 100, elle en est à 120 et le taux de reproduction effectif R0 ne cesse de monter, il était à 1,34 au 13 novembre 2021 (il faut qu’il soit inférieur à 1 pour que l’épidémie régresse).

Toutes ces données doivent être interprétés avec subtilité car il y a autant de cas que de nations, les politiques sanitaires étant très différentes dans un pays ou un autre.

La première évidence est le taux de couverture vaccinale : en Russie, en Roumanie, en Bulgarie, en Pologne, les pays sont très mal couverts en vaccination, ce qui explique un plus fort niveau de l’épidémie (je rappelle que la vaccination pendant les six premiers mois réduit énormément le risque d’être contaminé et de contaminer, mais cette efficacité baisse, d’où l’importance d’une dose de rappel qui booste l’immunité d’un facteur 10).

En Allemagne, la situation est un peu plus subtile : le taux d’incidence est très élevé et actuellement, il est le pays en absolu le plus touché par l’épidémie après les États-Unis, avec 280 00 nouveaux cas les sept derniers jours, dépassant même la Russie pourtant très fortement touchée. Et paradoxalement, elle a un taux de couverture vaccinale relativement important, 69,5%. L’erreur est de prendre l’Allemagne globalement alors que la situation est très contrastée entre l’Est et l’Ouest. Et c’est à l’Est que l’épidémie empire, avec par exemple un taux de vaccination en Saxe de seulement 55%.

Mais cette explication du taux de couverture vaccinale n’explique pas tout. En Autriche, le pays est vacciné à 67,8%, et les plus flagrants contre-exemples sont les Pays-Bas, vaccinés à 76,3% au 7 novembre 2021 (légèrement supérieur à la France) et la Belgique à 75,4% au 14 novembre 2021, ce sont des taux de vaccination déjà très élevés et malgré tout, le taux d’incidence dans ces pays sont très élevés aussi. L’une des explications est l’absence des gestes barrières qu’en France, on a continué à adopter (insuffisamment) : port du masque, gel hydro-alcoolique, et il y a aussi le passe sanitaire. Lorsqu’on dit qu’en Autriche, depuis le 15 novembre 2021, on confine les personnes non-vaccinées, c’est à peine plus contraignant que l’application du passe sanitaire en France qui interdit l’accès de certains lieux de sociabilité aux personnes non-vaccinées et non-testées négatif.

La Grande-Bretagne est à part, son taux d’incidence est très élevé à 400, mais le pays semble avoir trouvé un équilibre autour de 40 000 nouveaux cas chaque jour. Cela n’a rien à voir avec la vague de l’Europe de l’Est mais avec la politique sanitaire du pays qui a voulu supprimer tous les gestes barrières (port du masque compris), faire comme s’il n’y avait plus d’épidémie. Le résultat, c’est d’accepter autour de 1 000 décès chaque semaine, soit 50 000 décès en une année.

En Irlande, pays très vacciné, le taux d’incidence est également très élevé à 600, ainsi que les pays nordiques qui sont en hausse épidémique malgré un taux de couverture vaccinale élevé : Danemark (taux d’incidence de 400), Norvège (taux d’incidence de 225) et Finlande (taux d’incidence de 110). Seule, la Suède affiche un taux d’incidence faible (45) et en diminution, mais la fiabilité des données y a été ébranlée dans le passé récent et, à moins d’être coupé de tout échange extérieur, ce pays aurait dû subir les mêmes évolutions que ses voisins. La Suède a été une anomalie statistique depuis le début de la pandémie. Toujours est-il que ce 17 novembre 2021, elle a instauré un passe vaccinal applicable au 1er décembre 2021.

Enfin, il ne faut pas non plus penser que la situation de l’Italie (taux d’incidence 90), de l’Espagne (taux d’incidence 56) et du Portugal (taux d’incidence 110) sont meilleures alors que les trois (surtout le Portugal) ont des taux de couverture vaccinale très élevé. Ces trois pays, comme la France, sont en remontée épidémique très forte (+30% à +45% en une semaine) et comme la France, ils sont simplement en retard par rapport aux pays est- et nord-européens.

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De ces données, il y a plusieurs enseignements.


1. L’idée d’une immunité collective est un leurre.

Même très vacciné, un pays ne peut empêcher l’arrivée d’une vague épidémique. Cette idée pourrait être un cauchemar mais il faut évidemment pondérer cette affirmation. Sans doute faudrait-il un taux de couverture vaccinale proche de 100% pour atteindre cette immunité collective en pleine pandémie. L’immunité collective est possible en situation endémique, pas pandémique. Le virus circule trop partout pour empêcher que les personnes non-vaccinées ne soient touchées, d’autant plus que l’efficacité du vaccin sur la contamination diminue avec le temps. Il faut pondérer car les conséquences sur la situation hospitalière sont différentes entre un pays très vacciné et un pays faiblement vacciné.


2. La vaccination a un effet essentiel sur la situation sanitaire.

Tandis que le taux d’incidence n’est pas uniquement en fonction du taux de couverture vaccinale, le nombre d’hospitalisations, d’admissions en réanimation et de décès sont directement dépendants (inversement proportionnels) du taux de couverture vaccinale : il suffit de comparer les pays européens qui ont à peu près le même climat et le même mode de vie.

Depuis le début de la pandémie, avant la vaccination, on avait en moyenne ou en détail ce taux de 2% de décès par rapport au nombre de cas détectés. Au Royaume-Uni, par exemple, la situation étant à peu près stable, on retrouve plutôt un taux de 0,5% voire moins. Beaucoup des personnes contaminées qui ont été vaccinées ne développent pas une forme grave. Cela réduit tant les hospitalisations que les décès.


3. La vaccination n’est pas suffisante pour empêcher le virus de circuler.

C’est le principal enseignement de cette cinquième vague en Europe. Il faut à la fois la vaccination et les gestes barrières tant que le virus circule à un haut niveau partout dans le monde. Cela veut dire qu’il faut continuer à porter le masque, à ne pas s’embrasser entre collègues, à se laver les mains régulièrement, à conserver une distance de sécurité, etc. Le passe sanitaire est aussi un "geste barrière" dans le sens où les personnes qui ne sont pas vaccinées et qui n’ont pas été testées sont considérées comme plus susceptibles que les autres de faire circuler le virus.

En ce sens, la France a bien anticipé l’automne dès le mois de juillet 2021 en faisant du passe sanitaire une mesure complémentaire à la vaccination (sur la gestion de la crise, j'y reviendrai).


4. Et maintenant, que faire ?

Je suis étonné d’entendre le nombre d’observateurs dire que la France va être épargnée. Toujours cette fichue exception française qui a déjà barré la route de la radioactivité de Tchernobyl ! Bien sûr que nous allons vers un futur proche morose et je suis même inquiet car le risque est que le sommet va arriver à la fin du mois de décembre 2021. Il est très difficile de prévoir l’épidémie dans six mois, mais il est facile de la prévoir dans trois semaines : dès lors que le taux de reproduction effectif est encore très supérieur 1, il n’y a rien qui pourrait envisager une redescente épidémique. Donc, nous allons avoir, comme nos voisins allemands, un fort taux d’incidence. Il ne serait pas impossible que le nombre de nouveaux cas quotidiens atteignent 40 000 voire plus.

Pour le docteur Martin Blachier, épidémiologiste, interrogé par Darius Rochebin sur LCI le 12 novembre 2021, ce n’est pas grave. Et même, il souhaite que le virus circule le plus possible afin d’atteindre l’immunité collective : « Ce virus circule et circulera toujours, on n’arrivera jamais à empêcher sa circulation au sein de la population totale, y compris des vaccinés. ». Donc, il ne faut surtout pas reconfiner : « Il faut aller vers la vaccination et ne pas remettre des mesures barrières comme le fait les Pays-Bas, ça me paraît incroyable de refaire ça aujourd’hui. (…) Freiner la circulation, c’est reculer la sortie de crise. (…) Je trouve que c’est une folie, quand on a un vaccin, d’aller fermer les restaurants le soir pour ne pas brusquer les quelques personnes qui ne sont pas vaccinées. (…) L’objectif est de vacciner ceux qui ne le sont pas, mais pas de freiner la propagation du virus. ».

Pour lui, il faut en effet se focaliser sur la vaccination des personnes vulnérables qui n’ont pas encore été vaccinées : 1,7 million de personnes sont encore dans ce cas-là et celles-ci peuvent saturer les hôpitaux et les morgues. Martin Blachier a expliqué : « [La circulation du virus] met la nation en danger à cause des non-vaccinés, avec un risque de saturation des services hospitaliers. ». En d’autres termes : « La meilleure mesure aurait été d’aller encore plus loin sur la vaccination des dernières personnes vulnérables non-vaccinées. C’est eux qui font peser un risque sur la population française. ».

Prendre le sujet ainsi ne me paraît pourtant pas pertinent et paraît surtout très théorique. L’obligation vaccinale est un leurre, qu’elle soit une obligation pure et simple ou une transformation du passe sanitaire en passe vaccinal ; elle ne me paraît pas réaliste. En effet, à près de onze mois du début de la vaccination, ceux qui ne sont pas encore vaccinés sont d’évidents réfractaires. Le passe vaccinal ne fera rien car les personnes non-vaccinées ont déjà renoncé à fréquenter les lieux sociaux où le passe sanitaire est déjà obligatoire et cela ne changera pas plus. Quant à l’obligation vaccinale au-delà des personnels soignants, à part dans les écoles et dans les casernes, où peut-on raisonnablement contraindre les gens à part leur domicile ? On ne va pas y venir avec une brigade de gendarmerie, ni faire des contrôles non d’identité mais de vaccination dans la rue ! Donc, l’obligation vaccinale n’améliorera pas forcément le taux de couverture vaccinale, ou alors à la marge.

Du reste, un médecin la semaine dernière (je ne me souviens plus qui) a fait remarquer que les personnes âgées non-vaccinées sont en général prudentes et ne participent pas à la circulation du virus, au contraire des personnes actives et en bonne santé (notamment les quadragénaires) qui sont encore plusieurs millions à ne pas être vaccinées. Et ceux-là sont effectivement difficiles à convaincre.

De plus, Martin Blachier reprend l’idée incertaine du début de l’épidémie de faire tourner le virus pour en finir plus vite. Mais non, au contraire,  il faut à tout prix freiner la circulation du virus. D’une part, pour préserver la vie de personnes qui pourraient être en réanimation : il y a près 1 300 personnes en réanimation pour covid-19 à ce jour en France, et près de 50 personnes meurent chaque jour du covid-19. Et le vaccin n’est pas efficace à 100%. Cette idée coûtera beaucoup de vies humaines, on le voit hélas en Grande-Bretagne. D’autre part, il faut éviter l’apparition de nouveaux variants qui n’arrivent qu’avec une forte circulation du virus. Ces variants seraient potentiellement dangereux si le vaccin devenait une ligne Maginot pour eux. Ceux qui parlent de muscler les services hospitaliers (ce qui a déjà été fait au Ségur de la Santé, dans une augmentation inédite en terme budgétaire, mais il faut du temps pour en voir les fruits) ne comprennent pas que les hôpitaux ne seront jamais dimensionnés pour un pic épidémique d’une telle ampleur que le covid-19, c’est comme proposer dix autoroutes parallèles vers le Sud pour empêcher les bouchons pendant les quelques week-ends estivaux.

Le professeur Gilles Pialoux, interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV ce mercredi 17 novembre 2021, a rappelé que dans son service, 7 sur 8 patients en réanimation ne sont pas vaccinés, et l’un lui a même donné comme explication que tous ses collègues étaient vaccinés ! Il a également rappelé que dans les EHPAD, le nombre de décès a chuté de 96% à partir du moment où les résidents ont été vaccinés. Il y a une grande inquiétude sur les personnes obèses dont 25% ne sont pas encore vaccinées alors que cette comorbidité favorise le développement de la forme grave.

Gilles Pialoux a proposé de remettre la gratuité des tests. Avec la remontée de l’épidémie, il faut avoir une politique de dépistage plus efficace, or, depuis que les tests sont payants, il y a eu une baisse de 24% du nombre de tests. Les personnes asymptomatiques sont donc beaucoup moins testées, et participent pourtant à la circulation du virus. Et les diagnostics sont retardés, ils arrivent au troisième jour de la contamination (parce qu’il faut aller chez un médecin pour se faire une ordonnance), et ce retard est préjudiciable (il faut éviter de contaminer et aussi, il faut se faire soigner, d’autant plus qu’il arrive sur le marché certains traitements à prendre dès le début de la contamination).


5. Donc, concrètement ?

Il faut insister sur le retour du port du masque et des gestes barrières en général, qui restent un peu trop négligés ces derniers temps. C’est terrible mais "les gens" sont à la fois très responsables et très négligents. Lorsque le gouvernement leur dit qu’il y a péril en la demeure, ils réagissent sainement et raisonnablement, en faisant attention. Et puis, lorsqu’on ne leur dit plus rien, ils se relâchent (comme en juin 2021), et tout le monde, moi y compris bien sûr, car c’est difficile d’être sans arrêt dans la contrainte. Mais il faut savoir vivre pour un temps moyennement long avec ces contraintes.

Il faut aussi encourager et généraliser la troisième dose. La parole du Président Emmanuel Macron a son importance et son influence. En deux jours après son allocution du 9 novembre 2021, 620 000 rendez-vous ont été pris pour la dose de rappel. Cette dose est cruciale pour découpler le nombre de nouveaux cas et le nombre d’admissions en réanimation (et de décès), avec des personnes dont le vaccin reste efficace. Je n’ai pas trop d’inquiétude sur cette dose de rappel, les gens montreront leur même sens des responsabilités qu’avec les premières doses.

Le confinement n’est plus une possibilité politique. La loi de vigilance sanitaire ne le permet pas et il faudrait être marteau de décider d’un reconfinement quelques mois ou semaines avant l’élection présidentielle. C’est le danger d’une épidémie qui se moque du calendrier électoral. La vaccination, la vigilance et la responsabilité de tous constituent la meilleure réponse à cette nouvelle vague.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 novembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Confinement ou obligation vaccinale : faut-il écouter le docteur Martin Blachier ?
Martin Blachier.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Témoignage : je suis (presque) vacciné !
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19 (1).
7 idées fausses sur le passe sanitaire.
Covid-19 : 5 millions de décès dans le monde et la 5e vague en France ?
Covid-19 : faut-il vacciner aussi les enfants de moins de 12 ans ?
Infection ou vaccination : quelle est la meilleure protection contre le covid-19 ?
Prolonger la possibilité du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 ?
50 millions de vaccinés contre le covid-19 en France !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211112-martin-blachier.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/11/17/39224252.html






 

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8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 03:17

« Le gouvernement fait état (…), y compris dans l’hypothèse d’une évolution favorable de l’épidémie à court terme, de la persistance prévisible à l’échelle mondiale, au moins jusqu’à l’été prochain, d’une situation caractérisée par un risque de rebond épidémique élevé justifiant le maintien d’un cadre juridique permettant de répondre de manière réactive et efficace, et mieux proportionnée qu’une nouvelle déclaration de l’état d’urgence sanitaire, à d’éventuelles dégradations, localisées ou non, de la situation. » (Avis du Conseil d’État n°404.103 du 7 octobre 2021).



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Le projet de loi portant diverses dispositions de vigilance sanitaire, qui a été déposé au bureau de l’Assemblée Nationale le 13 octobre 2021, a été adopté définitivement par l’Assemblée Nationale le vendredi 5 novembre 2021 à 10 heures 20, par 118 voix contre 89. Pendant ces trois semaines et demi, les oppositions se sont ridiculisées en adoptant des postures politiciennes, expliquées par la proximité de l’élection présidentielle, mais n’ont pas brillé par leur esprit de responsabilité alors que l’épidémie est en progression, certes lente, depuis plus d’un mois. Avec ce texte, le passe sanitaire est consolidé pour une période plus longue, ce qui était prévisible vu l’évolution de la pandémie de covid-19.

En effet, ce projet de loi a principalement pour effet, non l’utilisation du passe sanitaire, mais la possibilité de l’utilisation du passe sanitaire applicable initialement jusqu’au 15 novembre 2021 par la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire et prolongé jusqu’au 31 juillet 2022.

La raison de ce prolongement est simple : avec la campagne présidentielle, la session parlementaire est écourtée au 28 février 2022 et le Parlement ne se réunira ensuite qu’à l’issue des élections législatives, c’est-à-dire à la fin de juin 2022. Le gouvernement doit donc avoir les moyens juridiques de réagir rapidement face à une situation épidémique alarmante, le cas échéant, pendant le premier semestre de 2022. Cela concerne le gouvernement actuel, mais aussi le nouveau gouvernement issu de l’élection présidentielle. Cela permet par ailleurs d’éviter de polluer la campagne présidentielle avec la crise sanitaire.

Mais d’autres mesures aussi sont prévues.

En particulier, la création d’un délit « portant sur le fait d’utiliser, d’établir, de transmettre ou de proposer un faux passe sanitaire », sanctionné d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Son article 14 prévoit aussi, jusqu’au 31 juillet 2022, d’autoriser le gouvernement (selon l’article 38 de la Constitution) à « prendre par voie d’ordonnance toute mesure relevant du domaine de la loi permettant, afin de tenir compte de la situation sanitaire et de ses conséquences, de limiter les fins et les ruptures de contrats de travail, d’atténuer les effets de la baisse d’activités et de favoriser et d’accompagner la reprise d’activité, l’adaptation des dispositions relatives à l’activité réduite pour le maintien en emploi » etc. À charge pour le gouvernement de déposer un projet de loi de ratification devant le Parlement dans un délai de trois mois à compter de la publication de chacune des ordonnances.

L’une des mesures les plus contestées se trouve dans l’article 9 : « Par dérogation à l’article L.1110-4 du code de la santé publique, aux seules fins de lutter contre la propagation de l’épidémie de covid-19, pour la durée strictement nécessaire à cet objectif et jusqu’à la fin de l’année scolaire 2021-2022 au plus tard, les directeurs des établissements d’enseignement scolaire des premier et second degrés et les personnes qu’ils habilitent spécialement à cet effet peuvent avoir accès aux informations relatives au statut virologique des élèves, à l’existence de contacts avec des personnes contaminées et à leur statut vaccinal. ».

En première lecture, le projet de loi a été adopté à l’Assemblée Nationale dans la nuit du 20 au 21 octobre 2021 par 135 voix contre 125.

Certains ont été étonnés par le faible nombre de députés présents au moment du vote et ils auraient pu être plus nombreux. C’est l’argument classique de l’antiparlementarisme, qui n’est pas nouveau, puisqu’il existait déjà à l’époque du général Boulanger. Il faut savoir d’ailleurs qu’il y a des parlementaires de la majorité chargés de surveiller l’état des forces de l’opposition et qui "rameutent" le cas échéant des parlementaires de la majorité pour rester toujours majoritaire (depuis que Philippe Séguin, Président de l’Assemblée Nationale, avait interdit la délégation de vote où le scrutin était "manœuvré" par trois ou quatre députés qui maniaient toutes les clefs de leur groupe). En fait, le scrutin a eu lieu à 1 heures 25 du matin. Et je demande aux personnes qui s’étonnent de l’absence des députés : eux-mêmes, travailleraient-il aussi à cette heure, sachant qu’ils continueraient à travailler dans la journée aux horaires habituels ? Le rythme et le calendrier parlementaires sont "haletants", et c’est normal que des députés se reposent pendant que d’autres bossent. Trouvez un seul député qui ne bosse pas, qui se prélasse avec sa famille tranquillement, trouvez un seul député qui a la plupart de ses soirées et de ses week-ends libres… et je vous dirais que celui-là, il ne cherche pas à être réélu.

Le projet de loi a été ensuite adopté par le Sénat le 28 octobre 2021 par 158 voix contre 106, mais le texte a été modifié entre autres en ravançant la prolongation au 28 février 2022 au lieu du 31 juillet 2022 et en territorialisant les mesures (ainsi, les sénateurs de la majorité ont voté contre ce texte modifié).

Comme la procédure d’urgence a été déclarée, une commission mixte paritaire s’est réunie dès la fin de la première lecture pour aboutir à un texte commun entre l’Assemblée Nationale et le Sénat, mais les travaux ont conclu à un désaccord le 2 novembre 2021. Résultat, l’Assemblée Nationale a rétabli, le 3 novembre 2021, le texte que les députés avaient voté en première lecture, par 147 voix contre 125. Le Sénat a ensuite rejeté ce texte le 4 novembre 2021 par l’adoption de la motion présenté par le sénateur LR Philippe Bas tendant à opposer la question préalable au texte de l’Assemblée, par 222 voix contre 116. Conclusion, comme l’Assemblée Nationale a le dernier mot, l’Assemblée Nationale a confirmé le texte le lendemain matin. Le texte n’est toutefois pas définitif puisque dès le 5 novembre 2021, la Conseil Constitutionnel a été saisi par au moins soixante parlementaires. Ce dernier peut encore valider ou invalider certaines dispositions.

C’est donc ici l’occasion de rappeler quelques éléments sur le passe sanitaire et sur la méthode.


1. La démocratie n’est pas bafouée.

Les oppositions ont insisté, martelé, que la démocratie était bafouée avec ce projet de loi. Le but est politicien et électoraliste pour montrer que le Président Emmanuel Macron serait un autocrate. En fait, tous les Présidents de la Cinquième République ont été autocrates dans ces conditions. Qu’à la fin du compte, la décision soit prise par une personne seule, le Président de la République, qui a la légitimité populaire, paraît normale. Cette décision, de toute façon, est ensuite modifiée, améliorée, par le Parlement.

Des parlementaires qui disent qu’on bafoue leurs droits, c’est un peu comme Georges Marchais qui disait à longueur d’antenne d’émissions radiophoniques ou télévisées qu’il ne va jamais à la radio et télévision. Les parlementaires sont seuls juges de défaire ou approuver le texte du gouvernement. S’il y a une majorité qui s’exprime, que l’opposition s’en prenne au peuple qui l’a élue et pas au Président de la République.

Quand les parlementaires de l’opposition disent qu’ils ne sont pas écoutés parce que leurs amendements ne sont pas adoptés, c’est vrai, mais c’est le jeu de la démocratie. La prochaine fois, qu’ils convainquent les Français d’élire une autre majorité parlementaire. Pourquoi la minorité aurait-elle plus le dernier mot que la majorité ? Drôle de notion de la démocratie.

Enfin, depuis le début de la crise sanitaire, il y a eu déjà onze débats parlementaires sur la pandémie de covid-19, organisés par le gouvernement. Dans certains autres pays européens, le Parlement a été beaucoup moins sollicité. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu débat. 25% du temps des travaux de la commission des lois a été consacré à la crise sanitaire.

D’ailleurs, conformément à l’article 2 du texte, la prolongation jusqu’au 31 juillet 2022 est accompagnée d’un premier rapport de revoyure avant le 15 février 2022 (avant la fin du troisième mois après la promulgation de la loi) et d’un second rapport avant le 15 mai 2022.


2. Le passe sanitaire ne sert pas qu’à booster la vaccination.

Certes, le passe sanitaire a été une incitation très forte à la vaccination, tout le monde l’admet, on l’a vu en juillet et août 2021 et cela a été très heureux puisque la France est l’un des pays les mieux vaccinés au monde avec un taux de plus de 76,5% de la population générale de première dose, et de 89,0% des personnes éligibles (personnes de plus de 12 ans). Ce résultat est l’effet de la sagesse des Français qui, d’une manière ou d’une autre (on s’en moque de la motivation puisque c’est le résultat qui compte), ont été convaincus de se faire vacciner. L’enjeu de la troisième dose reste important mais il ne pourra être la condition du passe sanitaire si elle n’est pas pour tout le monde.

Si la raison du passe sanitaire était uniquement celle-là, il n’y aurait plus d’intérêt à le maintenir puisque depuis le milieu de septembre 2021, le taux de vaccination stagne. Ceux qui sont opposés à la vaccination ne se vaccineront pas, et ceux qui ont été convaincus l’ont déjà fait. À moins de rendre obligatoire la vaccination, il sera difficile de vacciner les 10% derniers, et même obligatoire, ne serait-ce que par la méthode : on ne va pas envoyer des commandos fouiller jusqu’aux caves pour trouver les récalcitrants.

L’autre raison du passe sanitaire est à mon sens la principale. C’est comme le port du masque, c’est comme la vaccination elle-même, c’est comme les distances de sécurité : rien n’est efficace à 100% pour limiter la propagation. Chaque mesure est un filtre qui diminue les risques de contamination. Le masque n’est pas efficace à 100% mais il limite très fortement d’attraper le virus. Le vaccin n’est pas efficace à 100% mais il limite très fortement d’attraper le virus. Le passe sanitaire aussi limite les risques car il limite certains lieux de rassemblement aux seules personnes qui sont soit vaccinées soit à test négatif, donc, également susceptibles de ne pas être contaminées (mais là encore, aucune garantie qu’une personne testée négative il y a deux ou trois jours ne contaminent pas une personne, mais c’est moins risqué qu’une personne testée positive ou même qu’une personne non-vaccinée et pas testée).


3. Le passe sanitaire est donc un outil de liberté et pas un facteur de contraintes.

Pourquoi ? Parce que l’utilisation du passe sanitaire, et on l’a vu pour la quatrième vague en été 2021, évite le confinement qu’il aurait été nécessaire de faire sans lui. Dans le cas du confinement, tous les Français étaient privés de libertés, y compris ceux qui se seraient fait vacciner. Avec le passe sanitaire, personne n’est privé de liberté, tout le monde peut circuler où il veut et quand il veut, y compris les personnes non-vaccinées. Ceux qui n’ont pas le passe sanitaire ne peuvent pas faire quelques activités considérées à risque mais peuvent vivre malgré tout, contrairement à une période de confinement.

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En quelque sorte, ce sont des trous de raquette qu’on essaie de filtrer au plus en utilisant plusieurs filtres. L’expérience des pays étrangers en la matière est très instructive : la vaccination n’est pas suffisante, à moins d’obtenir un taux de 90% de la population générale peut-être, et ce n’est même pas sûr pour obtenir l’immunité collective, pour éviter la circulation du virus (on parle d’ailleurs maintenant d’épidémie des personnes non-vaccinées). Il faut maintenir aussi les gestes barrières, et en particulier, le port du masque, le nettoyage des mains au gel hydro-alcoolique et une certaine distanciation physique.

Au Royaume-Uni, il a été adopté la levée de tous les gestes barrières, port du masque, etc. Résultat, le pays a atteint une certaine stabilité avec un fond de 40 000 nouveaux cas chaque jour. Cela signifie, car c’est malheureusement mécanique, que le pays a accepté 50 000 décès par an par le covid-19. C’est un choix, mais il est coûteux en vies humaines.

La France a fait le choix contraire, et je m’en félicite, vaccination et gestes barrières. Parmi ces gestes barrières, il y a aussi le passe sanitaire. Pour l’instant, on voit que la France, ainsi que l’Espagne, l’Italie et le Portugal, trois pays qui sont plus fortement vaccinés que la France, résistent relativement bien à la remontée épidémique, même si rien n’est assurée. Il faut comparer ces pays aux fortes progressions de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Allemagne et de toute l’Europe centrale et orientale, y compris la Russie qui est le pays le plus atteint actuellement.


4. Le passe sanitaire est cohérent.

Les parlementaires des oppositions aiment invoquer l’incohérence de l’application du passe sanitaire : pas obligatoire dans le métro, obligatoire dans le TGV ; pas obligatoire dans les activités sportives de l’école, obligatoire dans une activité sportive après l’école ; pas obligatoire à la messe ou dans une réunion politique, obligatoire dans une conférence ou dans un rassemblement sportif, culturel.

En fait, on trouvait ces supposées incohérences (qui n’en sont pas) dans les activités autorisées ou interdites en période de confinement. Par exemple, en hiver dernier, on avait interdit les remontées mécaniques mais on avait autorisé l’ouverture des stations d’hiver. Bien sûr qu’on ne risque pas d’attraper le virus en skiant (peu de chance) mais les statistiques montrent qu’en période estivale, tous les services d’urgences sont saturés par des accidents de ski. Comme ils étaient déjà très occupés avec le covid-19, le gouvernement a préféré ménager les services d’urgences. Cette année, le gouvernement vient de décider que le port du masque serait obligatoire dans la file d’attente pour prendre un téléski ou télésiège.

Pour chaque activité, le gouvernement devait décider et juger la part du risque. Au tout début, les incohérences étaient plus nombreuses, l’interdiction des balades en pleine nature, l’interdiction d’aller sur la plage, ou encore, plus tard, l’autorisation de la plage à condition qu’on ne reste pas au même endroit, etc.

Pour le passe sanitaire, c’est un peu pareil avec des règles différentes. La philosophie générale, c’est qu’on n’entrave pas la vie quotidienne indispensable. Donc, pas de passe sanitaire pour faire ses courses, pas de passe sanitaire pour prendre le métro ou le bus, indispensables pour aller au travail (mais port du masque obligatoire). Pour des situations facultatives, voire superflues (concert, cinéma, restaurant, bistrot, etc.), ou encore pour des situations ponctuelles (un voyage long en train), le passe sanitaire est nécessaire, il faut donc soit se faire vacciner, soit se faire tester (maintenant payant quand il n’y a pas de nécessité médicale). On peut vivre sans aller au bistrot, on ne peut pas vivre sans aller au travail ou faire ses courses.

Viennent ensuite d’autres considérations essentielles, et cela m’étonne que cela scandalise les soi-disant défenseurs de la liberté. Par exemple, l’État a voulu préserver la liberté religieuse et la liberté politique. Donc, pas de passe sanitaire aux messes (mais port du masque obligatoire), pas de passe sanitaire aux meetings politiques. C’est d’autant plus crucial que nous arrivons à une période de campagne électorale intense. Rendre obligatoire le passe sanitaire dans les rassemblements politiques aurait été une atteinte à la liberté politique et pourrait invalider l’élection. Inutile de dire que voter, bien évidemment, ne nécessite pas de passe sanitaire. Ceux qui s’interrogent sur ce qu’ils appellent ces incohérences devraient aller jusqu’au bout de leur raisonnement et réclamer l’obligation du passe sanitaire à ces rassemblements-là, politiques comme religieux. Après cela, ils auraient du mal à convaincre qu’ils soient les meilleurs défenseurs de la liberté.


5. La révolution ne couve pas.

Là, je m’avance un peu car je ne suis pas madame soleil et les révolutions surgissent soudainement en général, on l’a même déjà vu avec les gilets jaunes, mais en tout cas, elle ne couve pas à cause du passe sanitaire. Il n’y a quasiment plus de manifestations anti-passe sanitaire et les derniers manifestants sont décidément à côté de la plaque, réveillez-vous. Il y a 90% des personnes éligibles qui sont vaccinés. Et le passe sanitaire a été accepté pour ce qu’il est, un pis-aller efficace (regardons le taux d’incidence par rapport à d’autres pays) et provisoire. Et le provisoire dure autant de temps que durera la pandémie au niveau mondial évidemment, la France qui arrêtait toute seule les nuages radioactifs de Tchernobyl est terminée. D’où la prolongation adoptée le 5 novembre 2021.


6. Les manifestants anti-passe sanitaire ne sont pas des résistants.

Sans compter que parler de résistants et de collaborateurs est débile et montrent la pauvreté des arguments (la situation n’a rien à voir avec l’Occupation), les seuls vrais résistants dans cette affaire sont ceux qui sont vaccinés (c’est-à-dire, heureusement, la grande majorité). Ce sont eux qui résistent le mieux au covid-19. Que les autres disent quelles mesures efficaces (j’ai dit efficaces, je n’ai pas parlé de chimères) contre la pandémie de covid-19 souhaitent-ils mettre en œuvre concrètement ? Et si la réponse est rien, assument-ils la mortalité qui en résulterait ?


7. Non, le passe sanitaire n’est pas du "flicage" de données.

C’est un point important et je termine sur celui-ci. La confidentialité des données personnelles est un sujet important et que je considère comme crucial dans une société de liberté. Le droit à ne pas être vu est un élément important de la liberté. Mais il ne faut pas confondre tout.

Bien sûr qu’il y a probablement des possibilités de piratage de données, mais comme pour votre carte bancaire ou d’autres données. Ceux qui parlent de "flicage" avec le passe sanitaire n’ont pas compris ce qu’il était. Même personnellement, pour des manifestations culturelles, j’ai été amené à vérifier le passe sanitaire d’autrui. Ce contrôle se fait en dix secondes, par une application qui fait simplement un bip pour dire que ça va ou autre bip pour dire que ça ne va pas.

L’appareil montre furtivement le nom, le prénom et la date de naissance, et c’est tout. Et ces informations disparaissent la seconde d’après pour le contrôle de la personne suivante. Elles ne peuvent pas être enregistrées. Le droit à l’oubli est donc immédiatement appliqué. Impossible de retrouver l’information que telle personne était présente à tel événement culturel. Rien n’est centralisé évidemment.

Ces trois données furtives (on ne sait pas si la personne est vaccinée ou si elle a un test négatif) sont un moyen de vérifier que le passe sanitaire leur appartient en propre, en contrôlant la pièce d’identité, qui, là, ne peut l’être que par les forces de l’ordre (qui sont amenées à contrôler l’identité pour d’autres raisons à de nombreuses occasions). La date de naissance et le prénom permettent de vérifier si c’est la bonne personne (cela n’empêche pas la fraude, mais un prénom féminin avec 80 ans rencontré sur un jeune homme suscitera de la suspicion !).

Le "flicage" du contrôleur de passe sanitaire est donc le même, voire moindre, que celui de l’assesseur qui vous fait voter : il lira votre carte d’électeur, connaîtra votre nom, éventuellement la date de naissance et l’adresse, voire saura que vous n’êtes pas allé voter s'il assure le service en fin de vote, mais il n’en fera rien, d’autant plus qu’il n’aura pas le droit d’en faire quelque chose.


Maintenant

L’instauration du passe sanitaire a donc été d’une double efficacité, celle de la vaccination et celle de la protection générale de la population pour éviter le confinement. Ce n’est pas la panacée. C’était audacieux. Personne n’imaginait que le Président Emmanuel Macron aurait pris une si audacieuse et si courageuse décision à huit mois de l’élection présidentielle. L’esprit de responsabilité l’a largement emporté sur la posture politicienne : l’esprit de responsabilité d’Emmanuel Macron bien sûr, mais surtout l’esprit de responsabilité de plus de 51 millions de Français qui ont bien compris où était notre intérêt commun, et qui n’en ont pas fait une affaire politicienne.

Tous ceux qui critiquent la gestion sanitaire n’ont jamais rien proposé d’efficace depuis deux ans. Par exemple, Marine Le Pen a redit que le gouvernement n’anticipait pas, et elle était contre le passe sanitaire, elle a encore voté contre cette fois-ci. Or, la preuve est faite qu’Emmanuel Macron a au contraire bien anticipé non seulement la quatrième vague mais aussi cette cinquième vague et peut-être une autre encore au printemps prochain. Mais pour anticiper, il faut prendre de la hauteur, ne pas avoir peur de perdre les élections et penser avant tout aux Français.

Ce qui me navre le plus, au fond, ce n’est pas la position des extrêmes qui a toujours été comme ça, mais l’attitude très politicienne d’oppositions plus responsables, tant chez LR et UDI qu’au PS, qui se sont discrédités lamentablement, pour certains, en refusant les conditions du passe sanitaire. Dans des situations exceptionnelles, il est toujours très instructif d’observer le courage politique. Ceux qui n’invoquent que la liberté et oublient d’invoquer la crise sanitaire encore en cours, les six bientôt sept milliers de personnes hospitalisées, les plus de 1 100 personnes en réanimation, les dizaines de décès chaque jour sont une insulte aux Français car ils ne veulent pas les protéger, et cela pour des raisons politiciennes.

Personne dans la classe politique ne voudrait gérer une crise sanitaire comme celle-ci et finalement, la France ne s’en sort pas si mal par rapport aux autres pays, et parmi les grands pays, elle s’en sort même très bien malgré les décès et les rescapés (ceux qui ont des séquelles). L’élection pourra être injuste (Churchill a été viré par ses électeurs à la fin de la guerre), mais pas l’histoire. Et c’est l’essentiel.

Quant à l’allocution présidentielle prévue ce mardi 9 novembre 2021 à 20 heures, je ne sais rien de ce qu’il va dire. Je note simplement que, comme le 12 juillet 2021, il s’adresse aux Français deux jours avant une fête nationale, ici le 11 novembre, et cette fête de l’Armistice de 1918 a une importance particulière avec l’inhumation du dernier Compagnon de la Libération Hubert Germain dans la crypte du Mont-Valérien. Que cela soit un nouveau signe de Résistance !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 novembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
7 idées fausses sur le passe sanitaire.
Covid-19 : 5 millions de décès dans le monde et la 5e vague en France ?
Covid-19 : faut-il vacciner aussi les enfants de moins de 12 ans ?
Infection ou vaccination : quelle est la meilleure protection contre le covid-19 ?
Prolonger la possibilité du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 ?
50 millions de vaccinés contre le covid-19 en France !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211105-covid-eq-passe-sanitaire.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/7-idees-fausses-sur-le-passe-237003

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/11/05/39207808.html















 

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29 octobre 2021 5 29 /10 /octobre /2021 16:59

« Vous savez, quand on a perdu la personne qu’on aimait le plus au monde, on la perd tous les jours. » (Valérie Perrin, "Les oubliés du dimanche", éd. Albin Michel, 2015).


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Cela fait vingt-deux mois que sévit la pandémie de covid-19 dans le monde, et ce vendredi 29 octobre 2021, le seuil des 5 millions de décès officiellement déclarés par les autorités sanitaires de tous les pays du monde, vient d’être tristement franchi. C’est un décompte officiel, mais l’OMS a déjà estimé qu’il fallait plutôt compter sur le double ou le triple, en particulier avec des décomptes erronés au début de la pandémie en Russie et en Inde, et avec une fiabilité assez incertaine des données en Chine. Le nombre de décès aux États-Unis, l’un des pays les plus touchés au monde, a dépassé il y a quelques semaines le nombre de victimes américaines de la "grippe espagnole" (mal nommée car elle est venue du Mexique, ce sont les Espagnols qui en ont parlé les premiers) : plus de 760 000 décès aux États-Unis et plus de 600 000 décès au Brésil.

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La différence entre les deux pandémies ("grippe espagnole" et covid-19) est que les pouvoirs publics de tous les pays aujourd’hui ont plus de considération pour la vie humaine que ceux du sortir de la Première Guerre mondiale. Déjà pour la "grippe espagnole", il y a eu des obligations de porter un masque (il y a même eu aux États-Unis la création de ligues pour s’y opposer, ce qui montre qu’il n’y a jamais rien de  vraiment nouveau dans le comportement humain). Mais jamais l’économie mondiale n’a été arrêtée aussi longtemps qu’en 2020-2021 en raison d’une pandémie, et sans ces confinements nationaux généralisés, le nombre de victimes aurait changé d’ordre de grandeur (des études avaient été faites pour la première vague à ce sujet).

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Les comptages officiels prennent principalement les décès du covid-19 à l’hôpital. Il est rare de prendre en compte, comme en France, les décès dans les structures médicalisées de type EHPAD, et encore moins de compter ceux qui sont décédés du covid-19 en dehors de toute structure de santé (à domicile, par exemple). En France, on s’approche hélas des 120 000 décès, ce qui est, encore hélas, pas exceptionnellement haut si l’on compare avec la population (seule l’Allemagne, qui avait été un peu épargnée pendant la première vague, comme toute l’Europe de l’Est, a des données à peine meilleure, s’approchant des 100 000 victimes).

L’année 2021 est différente de la précédente grâce aux campagnes de vaccination massive que tous les pays du monde ont engagées, plus ou moins avec efficacité et rapidité. Je parle de la campagne de vaccination et pas du vaccin. Certains veulent voir l’inefficacité de la vaccination en comparant la mortalité du covid-19 en 2020 et en 2021. C’est oublier que les victimes se déterminent par les vagues successives, et donc, qu’il faut corréler avec le nombre de cas détectés (du moins à partir de la deuxième vague, puisque pendant la première vague, on n’avait pas encore assez de tests de dépistage).

En clair, il y a eu beaucoup plus de décès du covid-19 en 2021 qu’en 2020 parce que l’épidémie a été beaucoup plus mortelle, en particulier à cause du variant alpha. La décision du Président Emmanuel Macron, probablement la principale critique valable à faire dans la gestion sanitaire, a été de ne pas reconfiner entre janvier et mars 2021, ce qui a maintenu le nombre de décès à l’équivalent d’un crash d’avion par jour (200 à 400 décès par jour), pour finalement reconfiner en avril 2021. En revanche, on soignait déjà mieux les malades graves que pendant la première vague.

De plus, au début, la campagne de vaccination n’a pas été à un rythme très rapide et c’est seulement à partir de mai 2021 qu’une part importante de la population a commencé à être protégée. Ainsi, la vaccination a eu peu d’effet sur la troisième vague. En revanche, durant la quatrième vague, non négligeable si l’on en juge par les taux d’incidence, nous sommes montés jusqu’à un rythme de 30 000 nouveaux cas par jour, mais elle a pu être limitée tant dans ses conséquences sur les malades (moins de décès par nombre de cas détectés) que dans l’amplitude de cette vague (on s’attendait à atteindre 120 000 nouveaux cas par jour en août-septembre 2021), et au contraire, elle a été limitée dans le temps (et en amplitude).

Mais la baisse de l’épidémie est désormais un vieux souvenir en France. Depuis maintenant près d’un mois, l’épidémie revient à la hausse, avec un rythme d’environ +10% à +20% par semaine. La remontée est lente, mais la montée de septembre 2020 était également lente. Sur les plateaux de télévision il y a encore deux semaines, on voyait des supposés informateurs (journalistes) qui s’étonnaient de la hausse des nouveaux cas et de la poursuite de la descente des hospitalisations, des entrées en réanimation et des nouveaux décès.

Comment peut-être encore s’étonner, au bout de presque deux ans de pandémie, du décalage de deux semaines entre dépistage et hospitalisation (développement d’une forme grave) et plusieurs semaines en cas de décès ? Hélas, depuis une semaine, ces données hospitalières sont en train de remonter. Ce qui était prévisible depuis la fin du mois de septembre 2021. On n’était pas descendu à moins de 1 000 patients en réanimation, ni à 6 000 personnes hospitalisées pour covid-19, et ces deux paramètres (que le gouvernement regarde "comme le lait sur le feu", a assuré Gabriel Attal le 27 octobre 2021) sont en train de remonter sérieusement. Il faut donc hélas le répéter : l’épidémiologie n’est pas une science prédictive sur du long terme, mais à l’échelle de quelques semaines, les effets sont "mécaniques" et donc prévisibles. En France, le taux d’incidence était descendu autour de 47 nouveaux cas par 100 000 habitants en une semaine, et depuis une semaine, il a refranchi le seuil de 50.

La question est donc double : le taux de couverture vaccinale (plus élevé qu’il y a deux à trois mois) aura-t-il un effet bénéfique sur la santé des personnes ? et sur la vague elle-même ? La remontée épidémique était prévisible dans la mesure où ce phénomène avait déjà été constaté en mi-octobre 2020. La saisonnalité du virus est à considérer avec prudence puisqu’en période chaude, le virus a aussi beaucoup tué. Il faut probablement chercher dans le changement de comportements des personnes lorsqu’il commence à faire froid : on se réunit plus à l’intérieur qu’à l’extérieur, et comme il y a eu un évident relâchement (très humain, on ne le reprochera à personne) dans le port du masque et le nettoyage au gel hydroalcoolique (allez à l’entrée des hypermarchés pour vous en rendre compte), le virus continue ainsi à circuler. D’autant plus qu’il y a encore trop de personnes non-vaccinées pour freiner cette circulation.

Pour certains infectiologues, ce qu’on constate en France ne serait pas une cinquième vague mais un rebond de la quatrième vague. En tout cas, cela reste du même variant, le variant delta. Qu’importe le numéro de la vague et qu’importe le variant en cause, le fait est qu’il y a une remontée épidémique, qui survient plus tardivement que l’an dernier et il s’agit qu’elle ne prenne pas l’ampleur de celle de l’an dernier.

Parallèlement à ce qu’on observe en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas (taux de couverture vaccinale assez élevé, de l’ordre de 75% de la population totale voire plus, et remontée lente), différemment de ce qui se passe au Royaume-Uni, très spécifique (suppression totale des gestes barrières, port du masque, etc. et forte circulation du virus), il y a aussi un phénomène déjà observé en octobre et novembre 2020 et qui est très inquiétant aujourd’hui : une nouvelle flambée de l’épidémie en Europe de l’Est qui est très durement touchée depuis une quinzaine de jours.

Et il y a un lien entre cette remontée épidémique, et ses conséquences sur le nombre de décès dus au covid-19, et la faible couverture vaccinale de ces pays. Première touchée, la Russie a un rythme de 1 100 décès par jour, et un faible taux de couverture vaccinale (36,2% au 23 octobre 2021). Le 26 octobre 2021, Vladimir Poutine a exhorté les Russes à aller se faire vacciner en urgence. Il a pris des mesures de confinement très rigoureuses, par exemple, toutes les personnes vulnérables non-vaccinées resteront confinées pendant quatre mois. Même en prenant par rapport à la population, la catastrophe russe reste terrible : sur les sept derniers jours, il y a eu 52 décès par million d’habitants en Russie, à comparer avec 3 décès par million d’habitants en France au même moment, quinze fois moins.

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La situation les pays européens voisins de la Russie est tout aussi catastrophique. La Roumanie (avec seulement 31,5% d’habitants vaccinés au 17 octobre 2021) est dans un rythme de 400 à 450 décès par jour (154 décès par million d’habitants ces sept derniers jours). La Bulgarie (20,4% d’habitants vaccinés au 3 octobre 2021), c’est 125 décès par jour (127 décès par million d’habitants ces sept derniers jours). En Ukraine (21,1% d’habitants vaccinés au 27 octobre 2021), ce n’est guère plus optimiste avec un rythme de 550 décès par jour (87 décès par million d’habitants ces sept derniers jours). Même en Moldavie (20,5% d’habitants vaccinés au 3 octobre 2021), c’est 40 décès par jour (soit 68 décès par million d’habitants ce sept derniers jours). La Pologne (53,3% d’habitants vaccinés au 27 octobre 2021) a aussi une forte remontée épidémique en nombre de cas détectés mais, grâce à une meilleure couverture vaccinale que ses voisins, elle limite le nombre de décès (environ 60 décès par jour, 11 décès par million d’habitants les sept derniers jours). Quant aux données épidémiologiques officielles de la Biélorussie, elles ne semblent pas fiables.

En France, toutes les études montrent clairement que ceux qui se retrouvent à l’hôpital pour le covid-19 ne sont pour la plupart pas vaccinés et il reste suffisamment de personnes non-vaccinées parmi les personnes vulnérables (autour de 600 000 personnes) pour que les conséquences désastreuses puissent continuer à sévir en grand nombre (en réanimation et en décès).

L’autre préoccupation est sur la durée de la protection du vaccin et les observations faites dans des pays qui ont vacciné plus rapidement que la France montrent la nécessité d’une dose de rappel (ou troisième dose pour la plupart) à se faire injecter six mois après la deuxième dose, afin de renforcer la protection immunitaire qui empêche la contamination. Le principe d’un rappel pour un vaccin est non seulement ordinaire mais très fréquent et on le retrouve même chez les animaux de compagnie. Israël a réussi ainsi à limiter les dégâts d’une forte remontée épidémique cet été grâce à cette troisième dose. C’est tout l’enjeu du Premier Ministre britannique Boris Johnson dont la troisième dose est la seule mesure sanitaire pour contenir les presque 50 000 nouveaux cas de covid-19 par jour (actuellement, près de dix fois la France). Le "pari" de "miser" exclusivement sur un redémarrage économique et d’oublier le covid-19 ainsi que les gestes barrières ne semble pas vraiment pertinent ni respectueuse de la vie des Britanniques, avec aujourd’hui près de 150 décès par jour (15 décès par million d’habitants ces sept derniers jours, cinq fois plus que la France), ce qui rejoint le "plateau" très lourd de janvier-mars 2021 observé en France.

Malgré tous ces chiffres effroyables de victimes, il faut garder l’optimisme grâce à l’efficacité des vaccins. La cinquième vague sera peut-être plus forte en France que la quatrième (cet été) mais ne sera pas aussi mortelle que les précédentes. Le nombre de victimes sera directement proportionnel à la couverture vaccinale et au taux de rappel (troisième dose) chez les populations vulnérables.

Ceux qui n’ont pas encore osé se faire vacciner doivent savoir que le vaccin est sans danger alors que le coronavirus tue pour 1% à 2% des personnes atteintes et engendre pour 10% à 15% des personnes atteintes un covid long, à savoir, une incapacité, même chez les personnes jeunes et sportives, à retrouver une forme physique même six mois ou un an après le début de l’infection.

C’est d’ailleurs une députée LREM atteinte de covid long qui a réussi à faire reconnaître cette maladie. Patricia Mirallès, députée de l’Hérault, auteure d’une proposition de résolution déposée le 21 janvier 2021 à la Présidence de l’Assemblée Nationale (n°3792) pour reconnaître le covid long et en assurer la prise en charge, a même été menacée de mort par arme à feu le 14 juillet 2021 : « Moi, j’ai failli mourir, j’ai un covid long : oui, j’ai fait des posts pour inciter les gens à se faire vacciner. J’ai une responsabilité, ils ne me feront pas taire ! (…) Sur ce qu’on nous injecte, il n’y a pas de secret, la meilleure personne à qui demander, c’est son médecin traitant. » (France 3). À l’époque déjà (15 juillet 2021), elle voulait relativiser le mouvement anti-passe sanitaire : « Il y avait hier 20 000 manifestants en France contre 3 milliards de personnes vaccinées dans le monde. (…) Regardons simplement les rives de la Méditerranée. En Tunisie, ils pleurent de ne pas avoir de vaccin, ils ne savent plus comment faire. Les anti-vaccins n’ont pas d’argument. ».

Ceux qui ne se sentent pas concernés par cette pandémie et qui ne sont pas encore vaccinés le seront nécessairement à moyen ou long terme : comme il sera impossible d’éradiquer ce virus partout dans le monde, on le rencontra nécessairement un jour ou l’autre, d’une manière ou d’une autre. Pourvu que dans ce cas-là, si c’est vous, que vous soyez vaccinés. Surtout si vous faites partie des personnes à risque. On doit effectivement mourir de quelque chose un jour, mais c’est ce que disent aussi stupidement les fumeurs, les alcooliques, les chauffards et bien d’autres personnes qui parfois risquent leur santé ou leur vie pour bien peu de chose, un ego mal placé souvent et le besoin incontinent de se distinguer, de se dire éclairé, de se dire "pas mouton", de se dire (stupidement) "résistant" (celui qui veut résister au coronavirus, il n’y a pas à tergiverser, il se vaccine !). Et tant qu’à mourir, autant que ce soit le plus tard possible (de mort lente disait l’autre) et demandez aussi à vos proches ce qu’ils en pensent…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 octobre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : 5 millions de décès dans le monde et la 5e vague en France ?
Covid-19 : faut-il vacciner aussi les enfants de moins de 12 ans ?
Infection ou vaccination : quelle est la meilleure protection contre le covid-19 ?
Prolonger la possibilité du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 ?
50 millions de vaccinés contre le covid-19 en France !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211029-covid-ep-pandemie.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-5-millions-de-deces-dans-236824

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14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 03:56

« Personne ne choisit le mal en le voyant mais, séduit par le bien qu’il y voit, il va vers le mal qui s’y trouve et s’y prend au piège. » (Épicure).


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Où en est la crise sanitaire ? Jusqu'à la fin de l’été 2021, tout semblait sous contrôle : grâce à l’extension du passe sanitaire, le taux de couverture vaccinale a considérablement augmenté, réussissant à vaincre la quatrième vague épidémique avec le moins possible de "dommages" (de décès notamment).

Mais à ce jour, au milieu du mois d’octobre 2021, il y a deux inquiétudes.

La première inquiétude, c’est que nous en sommes arrivés à un point d’inflexion dans la baisse épidémique. Le nombre de nouveaux cas (autour de 4 600 par jour) semble recommencer à remonter, coïncidant avec le début de la période froide (la deuxième vague avait commencé à monter autour du 15 octobre 2020 l’an dernier). Le taux de reproduction effectif est déjà en remontée, il avait baissé jusqu’à 0,75 et il est au 9 octobre 2021 à 0,89 et semble parti pour dépasser le seuil de 1 à partir duquel l’épidémie recroît. Cette remontée est en train de démarrer ces jours actuels. Si on prend le nombre de cas actifs en France, le soir du 11 octobre 2021, il y en avait 91 950, le soir du 12 octobre 2021, 91 344 et le soir du 13 octobre 2021, 91 367, ce qui situerait le point le plus bas au 12 octobre 2021. Il faut évidemment regarder de près si la remontée même faible est continue ou s'il s'agit d'un plateau.

La seconde inquiétude, c’est que la vaccination patine depuis un mois. Au 13 octobre 2021, il y avait 50 947 545 Français qui ont reçu la première dose et 49 367 087 Français complètement vaccinés. C’est beaucoup mais guère plus qu’il y a mois, à peine 1 million de personnes nouvellement vaccinées.

Certes, le taux de couverture vaccinale a largement dépassé les 75% de la population totale (ce qui, je le répète, est déjà bien et un exploit), mais c’est insuffisant pour éradiquer l’épidémie de covid-19 et ne plus nous en soucier. Cela explique pourquoi le gouvernement a adopté au conseil des ministres du 13 octobre 2021 un nouveau projet de loi qui autorise le gouvernement à recourir au passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022.

Cette loi n’est pas forcément une loi de prolongation mais une loi de possibilité de prolongation car personne ne connaît l’avenir et certaines situations nationales (américaine et britannique notamment) peuvent nous inquiéter. De plus, en raison de la campagne présidentielle, le Parlement ne siégera plus à partir de la fin du mois de janvier 2022 (la session ordinaire est écourtée), et les gouvernements qui seront là au premier semestre 2022, l’actuel et celui qui sera issu de l’élection présidentielle d’avril 2022 avant les élections législatives de juin 2022, devront avoir les outils tant techniques que juridiques pour réagir rapidement en cas de nouvelles vagues (la cinquième voire la sixième). Or, la perspective de prolonger l’utilisation du passe sanitaire est nettement moins contraignante que d’éventuels nouveaux confinements, surtout en forte période électorale.

Certes, cela fait longtemps qu’on dit qu’il faut insister sur faire vacciner les personnes vulnérables et en particulier les personnes âgées. Et c’est fait. Cela progresse, lentement mais sûrement. Il ne reste plus de 630 000 personnes de plus de 75 ans qui ne sont pas encore vaccinées, et 475 000 entre 65 et 75 ans, mais c’est beaucoup trop si on considère que toutes ces personnes pourraient être contaminées et hospitalisées.

La vaccination est une politique de santé publique qui a deux objectifs : se protéger et protéger les autres. Se protéger, pour le covid-19, cela signifie se protéger de la forme grave, et les vaccins à ARN messager sont efficaces à 90% (une étude française vient de sortir sur le sujet, ne l’ayant pas lue, je ne peux rien en dire mais elle confirmerait ce qu’on sait déjà, à savoir que le vaccin protège des formes graves). Protéger les autres, cela signifie surtout, pour le covid-19, freiner la circulation du virus. Selon les observations faites en Israël, l’efficacité du vaccin pour empêcher la contamination diminue au fil du temps, ce qui nécessite une troisième dose au bout de six mois (j’y reviendrai). Le premier objectif est individuel, le second est collectif. Mais le collectif rejaillit toujours sur les individus. En bien ou en mal.

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Comme la plupart des Français, du moins ceux susceptibles de participer à la circulation du virus (c’est-à-dire, en gros, les actifs et les jeunes), ont été vaccinés principalement à partir du mois de mai, on peut considérer que l’efficacité du vaccin pour prévenir les contaminations restera satisfaisante jusqu’à la fin de l’année 2021, avant une troisième dose que la France sera capable de fournir à tout le monde.

Notons par ailleurs que parler d’une efficacité contre les formes sévères de 90%, cela signifie quand même que 10% des personnes complètement vaccinées sont susceptibles, si elles sont contaminées, de développer une forme grave, d’être hospitalisées, éventuellement en réanimation, jusqu’au décès le cas échéant.

Si j’écris cela, c’est pour insister sur le fait que l’enjeu le plus crucial, c’est qu’il faut freiner la circulation du virus, empêcher au maximum les nouvelles contaminations, et la France est actuellement au creux de la vague, mais tout laisse entendre que la remontée est là. La question est de savoir si la remontée est faible et reste en fait sur une sorte de petit plateau, auquel cas la situation restera contrôlée, ou si une nouvelle remontée avec une forte pente, comme en novembre 2020, est possible. Probablement que ce sera un mélange des deux.

Il n’y a donc pas de temps à perdre si on souhaite le scénario le plus optimiste. Il faut augmenter au maximum le taux de couverture vaccinale. Ce sont les actifs qui ne sont pas encore assez vaccinés, 2,4 millions de ceux entre 30 et 50 ans et 1,2 million entre 50 et 65 ans ne sont pas encore vaccinés. Paradoxalement, les plus jeunes sont plus vaccinés : seulement 1 million des 18 à 30 ans et 1,3 million des 12 à 18 ans ne sont pas encore vaccinés.

Ce qui est clair, c’est qu’on plafonne, le rythme est ultra lent (autour de 30 000 nouvelles personnes vaccinées par jour, et encore, je majore), ce qui est quasiment stable. Pour améliorer énormément la situation vaccinale rapidement, il n’y a donc qu’une seule possibilité, en dehors de vouloir rendre obligatoire la vaccination (ce qui paraît peu praticable) : c’est de faire vacciner les enfants. En effet, 9,4 millions d’enfants de moins de 12 ans ne sont pas encore vaccinés (il y a une ultrafaible minorité de vaccinés, 20 000 pour des raisons médicales, immunodépression, etc.).

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Alors, faut-il vacciner les enfants de moins de 12 ans ?

Des études récentes montrent l’intérêt d’une telle vaccination, confirmé le 30 septembre 2021 par le professeur Bruno Megarbane, chef du service de réanimation à l’hôpital Lariboisière à Paris. Selon des études américaines (dont je n’ai pas lu les résultats), le vaccin Pfizer est à la fois efficace et bien toléré chez les enfants entre 5 et 12 ans. D’autres études antérieures avaient apporté le même éclairage. D’ailleurs, Cuba a déjà commencé, au début du mois, à vacciner les enfants à partir de 2 ans. Les aficionados du régime cubain devraient se réjouir : Cuba est à la pointe de la vaccination contre le covid-19 avec un taux de couverture vaccinale de 85,1% au 10 octobre 2021.

C’est la conclusion essentielle : le vaccin est bien toléré par les enfants. La question de les vacciner se pose donc selon les deux objectifs cités. Protection individuelle : les enfants sont très peu touchés par les formes graves du covid-19, cela arrive mais statistiquement, cela ne justifierait pas, avec ce seul argument, de les vacciner. En revanche, la protection collective est déterminante : leur vaccination protégerait leurs parents, éventuellement leurs grands-parents d’être contaminés et de développer, malgré leur vaccination, une possible forme grave (je le répète, les vaccins ne sont jamais efficaces à 100% et le covid-19 reste une double roulette russe).

L’intérêt de vacciner les enfants de 5 à 12 ans, c’est que cela permet d’augmenter de plusieurs millions le nombre de personnes vaccinées, donc d’augmenter rapidement le taux de couverture vaccinale et réduire d’autant la circulation du virus. J’écris rapidement car si vacciner les adultes, c’est assez long car il faut qu’ils viennent à un lieu de vaccination, eux venant de partout, vacciner les enfants peut être simple et rapide puisqu’ils sont quasiment tous scolarisés et que la vaccination peut donc se faire rapidement et massivement dans le cadre de l’école.

Pourquoi est-il si important de vacciner les enfants ? Parce que les chiffres sur les taux d’incidence montrent ce dont on pouvait avoir l’intuition depuis plusieurs mois.

L’exemple du département de la Lozère est assez frappant. Selon les données de l’ARS de Lozère, le département de la Lozère est le département qui a le plus fort taux d’incidence de la métropole au 8 octobre 2021. Plus que le niveau, c’est son évolution qui inquiète. Le taux d’incidence en Lozère est en effet passé de 29 nouveaux cas pour 100 000 habitants par semaine au 3 octobre 2021 à 102 au 8 octobre 2021 (en cinq jours, cela a plus que triplé !). Et les données suivantes sont encore plus instructives. Entre ces deux dates, le taux d’incidence a augmenté de 1200% chez les enfants de moins de 10 ans (il était à 372 au 8 octobre 2021) et de 549% chez les adolescents de 10 à 20 ans (il était de 151 au 8 octobre 2021).

Ces observations montrent très clairement ce qu’on pouvait prévoir : c’est que les populations les moins vaccinées sont les plus contaminées. Les 10-20 ans ont un taux de vaccination non nul et sont moins contaminés que les plus jeunes (74,6% des 12-18 ans sont déjà vaccinés). Comme il s’agit de populations jeunes, il y a peu de risque qu’ils développent des formes graves, mais cela signifie qu’elles font circuler le virus et, comme on l’a vu à la fin de l’été 2020, après les jeunes, ce sont les moins jeunes qui sont ensuite atteints par cette recrudescence des contaminations. Vacciner les enfants permettrait donc d’éviter que la recrudescence ne passe par les plus jeunes qui sont les beaucoup moins vaccinés de la population.

En résumé, faire vacciner les enfants de moins de 12 ans serait une mesure de salubrité publique pour éviter une nouvelle vague hivernale qui aurait un impact sur les personnes vulnérables. Certains laissent entendre qu’on ne doit pas vacciner pendant une épidémie : quand on ne sait pas traiter la maladie, faut-il laisser périr toutes ces personnes fragiles qui développent des formes graves ? Bien sûr que non ! Il faut faire dans l’urgence, stopper rapidement et au maximum la circulation du virus. Donc, non seulement il faut vacciner mais il faut vacciner beaucoup plus massivement qu’en période endémique. Et il faut avoir conscience de notre double chance : il existe un vaccin qui est très efficace et bien toléré (plusieurs milliards de personnes ont déjà reçu les doses), et la France a les capacités aujourd’hui de s’en procurer autant qu’elle en a besoin (du 26 décembre 2020 au 13 octobre 2021, la France a déjà réceptionné 122 526 210 doses au total, tous vaccins confondus).

Alors, qu’attend-on ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 octobre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
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Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211013-covid-eo-enfants.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-faut-il-vacciner-aussi-236486

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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 03:30

« La vérité a cela d’insupportable qu’elle s’effiloche avec le temps. Il faut savoir lui courir après comme derrière la plus belle fille du bal si vous ne voulez pas qu’elle aille se marier avec un autre. » (Maxime Chattam, "Que ta volonté soit faite", 2015, éd. Albin Michel).



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Avec une nouvelle maladie, il reste encore beaucoup d’inconnues, mais la connaissance augmente par l’ampleur de la pandémie qui déjà a touché au moins 234 millions de personnes dans le monde et qui en a tué plus de 4,8 millions (en France, le seuil de 7 millions de dépistés positifs a été franchi le 28 septembre 2021 et on s’approche de 117 000 décès dus au covid-19). L’une des inconnues, c’est la durée d’efficacité des vaccins contre le covid-19 et seul, le temps permettra d’en savoir plus. On a d’ailleurs déjà quelques indications avec l’évolution de la situation en Israël.

L’un des points clefs concerne les anticorps. Que ce soit pour lutter contre l’infection au coronavirus SARS-CoV-2 ou pour réagir au vaccin contre le covid-19, le corps sécrète des anticorps qui ont pour objectif de neutraliser le virus. L’introduction d’un leurre (par exemple, l’ARN de la molécule Spike, la protéine qui permet la pénétration du virus dans une cellule) par le vaccin permet d’avoir des anticorps pour l’éventuelle attaque virale à venir.

Dans le schéma ci-dessous publié par "Le Parisien" du 9 juin 2021, on peut voir comment le virus peut s’introduire dans le corps humain et comment on pourrait lutter en neutralisant la molécule Spike, ici par des anticorps de synthèse dans le cadre d’une recherche d’un traitement.

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La prévention est cependant plus indiquée, surtout lorsqu’il s’agit d’une pandémie, c’est-à-dire où le risque de contamination partout dans le monde est très élevé. C’est l’objectif de la vaccination.

Ce sujet des anticorps est très important puisqu’il peut contribuer à définir une politique sanitaire contre le covid-19. Au début de la pandémie, certains ont évoqué l’hypothèse d’une immunité collective naturelle. L’idée est de laisser la population se contaminer, et à terme, à partir d’une grande proportion de la population contaminée, la pandémie s’arrêterait d’elle-même. On parlait alors d’un taux de 60 à 70% à une époque où on ne disposait d’aucun vaccin.

Or, cette idée était catastrophique sur le plan de la santé publique. D’une part, cette proportion est très longue à venir : après vingt et un mois de pandémie, la France en est à 10,7% de la population qui a été testée positive, un nombre qu’il faut pondérer par des cas de réinfection et par l’absence de dépistage soit pour des personnes asymptomatiques, soit pou des personnes symptomatiques au printemps 2020, période durant laquelle seules les personnes hospitalisées étaient dépistées. On peut estimer (très grossièrement) qu’environ 20% de la population français a été touchée par le virus, ce qui reste encore très faible. D’autre part, et c’était là l’irresponsabilité de prôner l’immunité collective naturelle, cela signifiait qu’on acceptait des centaines de milliers de morts. Il suffit de faire le rapport actuel 117 000 décès pour 20%, donc le triple pour 60%. En fait, ce serait plus, car la quatrième vague a été beaucoup moins mortelle grâce à la vaccination massive.

Justement, avec la vaccination, il y a une autre forme d’immunité collective, celle-ci qui serait acquise par la vaccination. Mais là encore, on n’en sait rien et pour l’instant, aucun pays n’a montré l’efficacité d’une telle immunité. En Grande-Bretagne et en Israël, on a supprimé probablement trop tôt les restrictions sanitaires (masques, etc.). Du reste, une telle immunité devrait être atteinte au-delà d’un seuil très élevé de vaccination (certains parlaient de 80% ou 90%), seuil atteint seulement par l’Espagne et le Portugal à ce jour. Là aussi, ce concept d’immunité collective par le vaccin reste bancal.

Ce qui est néanmoins intéressant, c’est que pour un individu, sa protection immunitaire augmente par l’infection et par la vaccination. On peut la mesurer en observant la concentration d’un certain nombre d’anticorps dans le plasma sanguin, en particulier l’anticorps IgM (immunoglobuline M) qui agit en début d’infection et l’anticorps IgG (immunoglobuline G) qui agit sur du plus long terme et qu’on peut retrouver quelques mois après le début de l’infection.

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Ces anticorps participent à l’immunité dite adaptative humorale, et une autre forme adaptative existe aussi, l’immunité adaptative cellulaire, dont la caractérisation est trop coûteuse pour être systématique dans des études avec un grand nombre de personnes. L’immunité cellulaire implique les lymphocytes T CD4 (présents chez 100% des personnes malades du covid-19) et les lymphocytes T CD8 (présents chez 70% des malades), selon une étude américaine de juin 2020 publiée dans la revue "Cell". On peut lire l’article très instructif de Marc Gozlan sur le sujet.

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Toutes ces explications préalables sont pour comprendre l’intérêt de l’étude qui a été publiée le 20 septembre 2021 dans le "Journal of Infection", la revue officielle de la British Infection Association sous le titre "Antibody titers and protection against a SARS-CoV-2 infection", article rédigé par la biostatisticienne Chloé Dimeglio et ses collègues (qu’on peut télécharger ici).

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C’est une équipe de chercheurs qui ont observé depuis la première vague l’ensemble des salariés du CHU de Toulouse, donc des soignants, au nombre de 8 758 (avec une moyenne d’âge de 40 ans et 80,4% de femmes) avec deux cohortes d’origine en juillet 2020, ceux qui ont déjà été infectés au coronavirus (3,2%) et ceux qui ne l’ont pas été (96,8%). Ces cohortes ont été encore divisées en deux en décembre 2020 selon qu’une nouvelle infection ou pas au coronavirus a été observée. Ces chercheurs ont alors suivi l’évolution du bilan sérologique de ces personnes pour connaître le niveau d’anticorps avec et sans infection puis, avec ou sans vaccination (la campagne de vaccination n’a commencé qu’en janvier 2021).

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L’idée était de savoir quel était le niveau de protection du virus en fonction de la concentration des anticorps. Les chercheurs ont identifié trois groupes de personnes. Celles qui ont une concentration d’anticorps inférieur à 141 (unité par millilitre : binding antibody units/ml), entre 141 et 1 700 et supérieur à 1 700 BAU/ml. Pour le premier groupe, la protection est très faible, 12,4%. Pour le deuxième groupe, la protection est très satisfaisante, de 90% (et aucune forme grave). Enfin, pour le troisième groupe, c’est une superprotection, à 100%, soit aucune infection ni réinfection.

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Et l‘étude réussit aussi à répondre à la question fondamentale : est-on mieux protégé contre le coronavirus quand on a déjà été contaminé ou quand on a été vacciné ?

Dans leur analyse, les chercheurs toulousains ont constaté que 79,3% des salariés qui ont été contaminés par le covid-19 et qui n’ont pas été vaccinés se retrouvaient, trois mois après leur infection, avec une concentration d’anticorps inférieure à 141 BAU/ml, soit en état de très grande vulnérabilité face au coronavirus.

Un mois après l’injection de leur deuxième dose, les salariés avaient une concentration d’anticorps supérieure à 141, principalement dans la fourchette intermédiaire et avec quelques cas supérieurs à 1 700. Tous ceux-là étaient donc protégés à plus de 90% contre une éventuelle infection.

Enfin, ceux qui avaient été infectés et qui ont été vaccinés présentaient une superprotection, puisque leur concentration d’anticorps était supérieure à 1 700 un mois après leur unique injection. Certains ont même atteint une concentration de 147 000 !

L’intérêt de cette étude est sa fiabilité statistique. Bien sûr, comme toute étude, elle peut être critiquée. Trois critiques ont été émises.

D’abord, qu’elle ne tient pas compte de l’immunité cellulaire, ce qui est vrai, mais il faut aussi faire remarquer qu’on n’en a pas besoin ici pour décrire le degré de protection puisque l’étude s’en préoccupe aussi et fait un lien de corrélation entre le niveau de concentration des anticorps IgG et la capacité à se faire infecter ou réinfecter.

Ensuite, on a fait état d’une différence lorsqu’on mesure la concentration des personnes infectées (trois mois après l’infection) et la celle des personnes vaccinées (un mois après la seconde injection). Les résultats montrent surtout qu’avoir été infecté ne prémunit pas à moyen et long termes d’une réinfection (ce qu’on a pu observer au Brésil il y a déjà neuf mois).

Enfin, l’étude ne différencie pas les variants et probablement que chaque variant a un comportement spécifique vis-à-vis de l’immunité humorale. On peut comprendre cette lacune par le fait qu’on s’est préoccupé des variants seulement à partir de janvier 2021 alors que l’étude a démarré dès mars 2020, et donc, il était impossible de connaître le type de variant impliqué dans toutes les infections antérieures à janvier 2021.

20,7% (100-79,3) des personnes infectées et non vaccinées présentaient une bonne protection (à au moins 90%) contre une réinfection. Probablement que cela confirme une autre étude, cette fois-ci du CNRS, publiée le 6 janvier 2021 par Vincent Legros et ses collègues dans "Cellular & Molecular Immunology" (n°18, pp 318-327) qui a montré une forte corrélation entre la gravité des symptômes et un taux plus élevé d’anticorps neutralisants dans le sérum. Ceux qui sont passés en réanimation ont une protection immunitaire supérieure à 90% ("A longitudinal study of SARS-CoV-2-infected patients reveals a high correlation between neutralizing antibodies and covid-19 severity" qu’on peut télécharger ici).

Pour résumer cette étude du CHU de Toulouse, et en ne prenant en compte que l’immunité humorale (pas cellulaire), les personnes infectées non vaccinées ne sont plus protégées au-delà de trois mois contre une éventuelle réinfection. Les personnes vaccinées sont en revanche globalement très protégées (à plus de 90%). Et les personnes ayant été à la fois infectées et vaccinées jouissent d’une superprotection.

Cette étude, bien sûr, confirme l’intérêt essentiel de la vaccination, même auprès de ceux qui ont déjà été touchés par le coronavirus. Avec plus de 50,3 millions de personnes vaccinées en France, cet intérêt a été, entre autres, bien compris par une grande majorité des Français. Il reste néanmoins 6 millions de Français majeurs qui n’ont pas encore fait cette démarche de la vaccination. Cette étude devrait convaincre ceux qui pensent, parmi ceux-là, que leur seule infection suffirait à ne pas se faire réinfecter, ce qui est faux (en effet, leur protection est de moins de 30%). La vaccination contre le covid-19 est non seulement une bonne assurance-vie, mais aussi une bonne assurance-santé qui évite maladie, arrêt de travail, isolement et parfois covid long.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er octobre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


(Première image issue de : shutterstock.com).


Pour aller plus loin :
Infection ou vaccination : quelle est la meilleure protection contre le covid-19 ?
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Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
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Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 01:32

La DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques du Ministère des Solidarités et de la Santé) publie, chaque vendredi, depuis le 6 août 2021, un rapport pour connaître l'efficacité de la vaccination contre le covid-19 en présentant les différences selon l'état de vaccination des personnes face à l'épidémie actuelle. On peut télécharger et lire ces rapports hebdomadaires.


Cliquer sur le lien correspond à la semaine d'étude pour télécharger le rapport correspondant (fichier .pdf).


Semaine du 13 au 19 septembre 2021 (publié le 1er octobre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/communique-de-presse/un-nombre-de-tests-positifs-en-baisse-importante-et-continue-mais-demeurant

Semaine du 6 au 12 septembre 2021 (publié le 24 septembre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/communique-de-presse/le-nombre-de-tests-et-dentrees-en-soins-critiques-continuent-de-baisser-quel

Semaine du 30 août au 5 septembre 2021 (publié le 17 septembre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-09/2021-09-17%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees%20v0.4.pdf

Semaine du 23 au 29 août 2021 (publié le 10 septembre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-09/2021-09-10%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees.pdf

Note explicative sur le comptage des décès (publiée le 10 septembre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-09/2021-09-10%20-%20Addendum%20d%C3%A9c%C3%A8s.pdf

Semaine du 16 au 22 août 2021 (publié le 3 septembre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-09/2021-09-03%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees%20v0.4_0.pdf

Semaine du 9 au 15 août 2021 (publié le 27 août 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-08/2021-08-27%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees.pdf


Semaine du 2 au 8 août 2021 (publié le 20 août 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-08/Exploitation%20des%20appariements%20entre%20les%20bases%20SI-VIC%2C%20SI-DEP%20et%20VAC-SI%20jusqu%27au%208%20ao%C3%BBt%202021.pdf

Semaine du 26 juillet au 1er août 2021 (publié le 13 août 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-08/2021-08-13%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees.pdf

Semaine du 19 juillet au 25 juillet 2021 (publié le 6 août 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-08/210806%20Note%20Appariement%20sivic-sidep-vacsi%20-%20Drees_0.pdf


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210827-covid-eg-vaccination.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20210827-rapports-drees.html

 

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 17:20

« Ma foi, sur l’avenir bien fou qui se fiera :
Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. »
(Racine, 1668).



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La politique du passe sanitaire du gouvernement a été un grand succès (j’y reviendrai). Grâce à elle, les Français ont pu franchir la quatrième vague épidémique sans confinement et sans fermeture de certains commerces ou activités collectives. À partir du 30 septembre 2021, les jeunes de 12 à 18 ans devront également montrer un passe sanitaire valide. Mais cette contrainte, qui est réelle, ne remet pas en cause nos libertés : au contraire, elle les consolide en évitant les confinements.

Cette contrainte est devenue une "habitude" de quotidienneté, pas plus intrusive pour la vie privée, et même plutôt moins, que présenter son Pass Navigo ou une carte bancaire ou utiliser son GPS dans sa voiture ou encore surfer sur facebook ou même ailleurs en indiquant qu’on "aime". Il faut rappeler que ceux qui contrôlent les passe sanitaires, c’est-à-dire potentiellement tout le monde (il suffit d’être bénévole dans une activité associative), n’ont pas accès aux données médicales du porteur de passe sanitaire et peuvent encore moins les transférer et les stocker.

Du reste, la contrainte devient très faible pour la population qui est déjà vaccinée à 50,3 millions de personnes, soit 75% de la population générale, mais surtout, plus de 88% des Français qui ont plus de 18 ans. Cela signifie qu’il n’y a que 6 millions d’adultes qui ne sont pas encore vaccinés.

La loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire et le décret n°2021-1059 du 7 août 2021 ont prolongé la possibilité d’état d’urgence sanitaire et d’obligation du passe sanitaire jusqu’au 15 novembre 2021 (à l’origine, le gouvernement voulait aller jusqu’au 31 décembre 2021).

La situation épidémique actuelle est plutôt rassurante (5 400 nouveaux cas quotidiens en moyenne sur les sept derniers jours, soit en baisse de 20% par rapport à la semaine précédente), à la baisse même si cette baisse a une pente très faible avec une dérivée seconde qui remonte très légèrement (le R0), d’où le risque d’un plateau (à un niveau nettement inférieur à celui de janvier à mars 2021). La situation s’améliore au point que certains imaginaient la semaine dernière de lever l’obligation du passe sanitaire dans les départements où le taux d’incidence serait faible.

Mais une telle mesure de territorialisation ne paraît pas pertinente. La territorialisation se conçoit plutôt en cas de hausse épidémique, surtout pas en cas de baisse épidémique. Pourquoi ? Parce que la différentiation par département ne serait valable que s’il n’y avait aucun échange humain entre les départements. Dès lors que certains, pour de nombreuses raisons, doivent franchir une frontière départementale, faire des règles différentes entre deux départements n’a pas de sens car dans ce cas, un département "sain" (sur le plan épidémique) reviendrait alors rapidement à l’état épidémique du département le plus "infecté". La levée des contraintes sanitaires ne peut se concevoir que sur l’ensemble du territoire, du moins physique (métropole vs îles d’Outremer). Cela explique pourquoi aucune restriction sanitaire n’a été à ce jour levée, et c’est une chance d’être aussi raisonnable, car lorsqu’on voit la situation en Grande-Bretagne ou en Israël, on se rend bien compte que la vaccination seule n’est pas suffisante pour éviter la circulation du virus.

L’étape essentielle reste donc que le reste du monde soit aussi bien vacciné que les pays en pointe dans la vaccination, puisqu’on a vu dès janvier 2020 qu’il n’y avait aucune "étanchéité humaine" au virus. La France renforce son aide aux pays pauvres, mais elle n’est pas du tout suffisante. Il faut absolument renforcer ces aides et rapidement. C’est autant de l’intérêt de ceux qui sont aidés que de ceux qui aident.

Cependant, ce virus a créé bien des surprises depuis près de deux ans. En particulier le variant alpha qui a surpris l’hiver dernier, et le variant delta qui a surpris cet été. Tant que la couverture vaccinale est faible dans de nombreux pays, il y a un risque non négligeable de nouvelles surprises, de nouveaux variants, avec ces comportements indéterminés sur une population massivement vaccinée.

C’est ce risque, plus le risque saisonnier (c’était patent en 2020-2021), sur lesquels le gouvernement veut se focaliser dès maintenant. C’est la raison de l’annonce par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l’issue du conseil des ministres de ce mercredi 29 septembre 2021 : un nouveau projet de loi sera présenté en conseil des ministres le 13 octobre 2021 pour permettre l’éventualité de l’état d’urgence ou du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022.

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Pourquoi une période aussi longue ? Ce qui a été décidé le 12 juillet 2021 n’était pas "évident", à savoir, personne ne pouvait savoir avec certitude que cette politique allait être couronnée de succès (ce qui fait d’ailleurs les bons sondages actuels du Président Emmanuel Macron). Or, le risque politico-sanitaire, je place les deux considérations, c’est qu’il y ait une cinquième vague en plein hiver, c’est-à-dire en pleine campagne présidentielle. Le gouvernement doit donc avoir préparé cette éventualité pour ne pas polluer les débats de la campagne présidentielle par des débats d’ordre sanitaire qui n’ont d’ailleurs plus lieu d’être.

C’est pourquoi le gouvernement veut initier ce débat dès octobre 2021 et pas, par exemple en février 2022, d’autant plus que la session parlementaire ordinaire va être écourtée, se clore dès février pour laisser la pleine place à la campagne électorale (c’est-à-dire que le Parlement ne pourra plus légiférer). Si une nouvelle vague épidémique survenait pendant cette période, il faudrait bien quand même prendre ses responsabilités pour lutter contre celle-ci. La période entre février et juin 2022 n’a pas de Parlement en état de légiférer, et un bon gouvernement, c’est de savoir prévoir toutes les éventualités.

Cela ne préjuge pas de la durée réelle du passe sanitaire : si, comme je l’espère, la situation épidémique continue comme actuellement, il est possible qu’on n’ait plus besoin de restrictions sanitaires à brève échéance, mais dans tous les cas, il faut que le gouvernement, quel qu’il soit, et en particulier celui qui sera issu de l’élection présidentielle, avant les élections législatives, puisse agir le cas échéant. Et en dehors de toute pression électoraliste.

D’un point de vue politique, ce sera d’ailleurs intéressant à avoir le retour des parlementaires qui s’étaient opposés au passe sanitaire cet été et à voir si leurs prédictions apocalyptiques ont eu lieu. Cette nouvelle loi de prolongation, c’est un peu comme le budget militaire : si tu veux la paix, prépare la guerre. Quant à nos libertés, qui franchement peut dire qu’il n’a plus de liberté de s’exprimer ou de râler ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 septembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Prolonger la possibilité du passe sanitaire jusqu’en été 2022 ?
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Vaccination : des soignants face à leurs responsabilités.
Vers un passe vaccinal ?
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 8 septembre 2021 (texte intégral).
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.
Covid-19 : est-il pertinent de faire payer les tests de dépistage ?
Covid-19 : la France plus vaccinée que le Royaume-Uni.
Les derniers rapports de la DREES sur les appariements de bases de données (à télécharger).
Covid-19 : la France plus vaccinée qu’Israël.
La vaccination contre le covid-19, ça marche !
Rapport de la DREES du 6 août 2021 (à télécharger).
Covid-19 : les Engagés et les Enragés.
Le passe sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel.
Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
La Science, la Recherche et le Doute.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
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Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210929-covid-em-passe-sanitaire.html

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http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/09/29/39155938.html







 

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28 septembre 2021 2 28 /09 /septembre /2021 03:56

« Cet automne, les fameux tests PCR seront rendus payants, sauf prescription médicale, et ceci afin d’encourager la vaccination plutôt que la multiplication des tests. » (Emmanuel Macron, allocution télévisée du 12 juillet 2021).




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Cela vient d'être confirmé par le Premier Ministre Jean Castex le 26 septembre 2021 dans "Les Échos". À partir du 15 octobre 2021, les tests de dépistage du coronavirus SARS-CoV-2 seront payants en France. Pas tous. Annoncé au début de l’été par le Président de la République Emmanuel Macron en même temps que l’extension du passe sanitaire au cours de son allocution télévisée du 12 juillet 2021, cette mesure avait été recommandée par l’Académie nationale de Médecine le 23 juin 2021 : « Parmi les facteurs qui peuvent détourner les individus de la vaccination, il faut s’interroger sur le recours répété aux tests RT-PCR ou antigéniques qui sont offerts gratuitement sur le sol français à la différence de la plupart des pays européens. ». Au moins, l’objectif affiché est clair : inciter à se faire vacciner. Mais est-ce si pertinent que cela ? À mon humble avis, je ne le pense pas.

Depuis le 7 juillet 2021, les tests de dépistage sont payants pour les touristes étrangers séjournant en France, au tarif (subventionné) de 49,00 euros pour un test PCR et de 25,00 euros pour un test antigénique. Rappelons rapidement ce que sont ces deux tests qui sont des tests virologiques, à ne pas confondre avec les tests sérologiques. Les tests virologiques détectent la présence éventuelle du virus SARS-CoV-2 et donc, la possibilité qu’une personne soit infectée et contaminante, tandis que les tests sérologiques détectent dans le sang la présence éventuelle d’anticorps qui atteste que la personne a été infectée dans le passé, mais sans indication sur sa situation présente.

On parle donc ici uniquement des tests virologiques qui analysent le résultat d’un prélèvement par coton-tige (écouvillon) placé dans les narines. Les tests PCR détectent le matériel génétique (ARN) du virus et nécessitent du temps et donc aussi de l’argent pour le faire (résultat au bout d’un ou deux jours selon l’affluence). Ils sont très précis et permettent la détection du virus à faible concentration. Les tests antigéniques ne détectent que la protéine autour du virus ; ils donnent des indications moins précises car ils ne détectent que les fortes concentrations (il peut donc y avoir des faux négatifs). En revanche, leur intérêt est que les résultats sont rapides (quelques minutes) et sont utiles pour dépister des personnes qui seront de toute façon rassemblées (comme en prison, à l’école, dans un avion, etc.).

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La détection du virus ne se fait que dans une partie de la chronologie de la maladie. Ainsi, on peut ne plus détecter de virus et continuer à avoir un covid long, par exemple. On considère depuis janvier 2021 avec le variant alpha, puis delta, qu’au bout de dix jours après le début de la contamination, une personne infectée n’est plus en mesure de contaminer une autre. Cette idée est une courbe de Gauss, chacun réagissant différemment, mais la probabilité de contaminer après dix jours d’infection est très faible, ce qui suffit à adopter cette règle sanitaire générale assez simple (dix jours), d’autant plus que la fin de l’isolement de la personne infectée est associé à un nouveau test (dont le résultat doit être négatif pour mettre fin à l’isolement).

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Tester la population est un élément majeur de lutte contre la pandémie de covid-19. C’est la première étape pour identifier l’origine du virus, puis tracer les cas contacts et isoler les personnes infectées pour rompre les chaînes de contamination.

Si la première vague a autant surpris par son ampleur, c’est parce qu’on n’avait pas compris qu’une personne infectée, et donc contaminante, pouvait être asymptomatique, c’est-à-dire que rien dans son corps ne laissait prévoir que la personne était infectée. Cela a entraîné de nombreuses contaminations par ignorance.

En fait, on le savait déjà au début du mois de février 2020, mais cette idée est tellement déconcertante qu’elle continue encore à déconcerter plus de dix-huit mois plus tard. Je me souviens qu’en février 2020, certains refusaient de ne plus serrer les mains ou ne de plus faire la bise de bonjour à leurs collègues, sous prétexte qu’ils n’avaient "pas peur" du covid-19, alors que l’enjeu, c’était qu’eux-mêmes, qui se croyaient "sains", ne contaminent pas leurs collègues ou leurs proches.

Toujours est-il que la politique de tests, comme pour les masques, comme pour la vaccination, a mis un peu de temps à se mettre en place et l’on peut toujours critiquer les ratés du démarrage. La "vitesse de croisière" pour les tests en France a été prise après l’été 2020, et principalement à partir de la deuxième vague.

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Au 28 août 2021, 121 518 857 tests ont été réalisés en France depuis le début de la pandémie, ce qui est énorme (au 27 septembre 2021, 139 307 228 tests ont été réalisés en France). Le Royaume-Uni bat la France de très loin (266 714 771 tests au 28 août 2021, 300 199 136 tests au 27 septembre 2021) mais les Français peuvent être fiers de la capacité de la France à tester : nous en sommes à 2,13 tests par habitant, soit beaucoup plus qu’aux États-Unis (1,90 par habitant). L’Allemagne est très loin derrière la France (0,84 par habitant). C’est facile pour les petits pays (à faible population) d’être à un taux supérieur à 1 test par habitant, beaucoup moins facile quand le pays compte plus de 50 voire plus de 100 millions d’habitants.

Fin août 2021, jamais on n'a autant testé en France, et c’est normal car lorsqu’on n’a pas fini son parcours vaccinal, on doit se tester avec un test négatif de moins de 72 heures (c’était initialement de moins de 48 heures) pour obtenir un passe sanitaire valable. Pour la dernière semaine d’août 2021, le nombre de tests réalisés a été en moyenne de 725 000 chaque jour ! Soit beaucoup plus du double de la mi-juillet 2021 et le triple de la dernière semaine de juin 2021. L’explication est l’extension du passe sanitaire, ce qui a pu expliquer aussi, pendant l’été, une baisse du taux de positivité des tests (observée également avant Noël 2020). Au 27 septembre 2021, il y a encore en moyenne chaque jour environ 500 000 tests. 

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Le dépistage au Royaume-Uni est doublement une performance car les tests ont évidemment un coût. Jusqu’à maintenant, la France proposait des tests à toute la population de manière gratuite. Bien sûr, il n’y a jamais rien de gratuit et c’est la Sécurité sociale qui paie, c’est-à-dire l’ensemble des Français d’une manière ou d’une autre, par leurs impôts et leurs cotisations, et aussi par la dette qui est juste un impôt différé aux générations à venir. La DREES a indiqué qu’entre le 1er mars 2020 et le 4 juillet 2021, près de 4,4 milliards d’euros ont déjà été dépensés pour financer la stratégie de dépistage du covid-19 (100,2 millions de tests). Notons d’ailleurs qu’une dose de vaccin coûte bien moins cher (à la collectivité) qu’un test de dépistage, même antigénique.

En Allemagne, la Chancelière Angela Merkel a également rompu le principe de gratuité et le test coûtera 120 euros aux patients allemands, c’est aussi le prix pour les patients espagnols. Au Royaume-Uni, le test a toujours été payant et coûte très cher, 350 euros (ces prix sont pour des personnes asymptomatiques).

La formulation même de la question montre que les Français ont beaucoup de chance avec leur modèle social qui est privilégié : l’État a mis à leur disposition gratuitement tous les outils pour lutter contre la pandémie, tant les tests que les vaccins. Ce n’est pas le cas dans tous les pays, c’est même très rare ailleurs qu’en France.

Paradoxalement, alors qu’elle préconise de rendre payants les tests de dépistage, l’Académie nationale de Médecine rappelle une évidence : « La gratuité de ces tests joue un rôle essentiel dans l’efficacité de la démarche diagnostique et dans la recherche des cas contacts. ».

Remarque paradoxale lorsqu’on est en pleine vague épidémique, ce qui n’était pas le cas le 23 juin 2021 où nous étions au creux des deux vagues, car l’Académie justifie ensuite sa préconisation de la fin de la gratuité par ceci : « Avec la diminution régulière du taux national d’incidence de la covid-19 depuis le mois d’avril, la pratique des tests à visée diagnostique tend cependant à décroître, pendant que la pratique des tests de dépistage pour l’obtention d’un passe sanitaire s’intensifie à l’approche des vacances estivales. En vigueur depuis le 9 juin, le passe sanitaire incite de plus en plus de personnes à recourir aux tests de dépistage et à les renouveler à volonté, la validité d’un résultat négatif n’excédant pas 48 à 72 heures, notamment celles qui ne souhaitent pas se faire vacciner contre la covid-19. ».

L’Académie souhaite ainsi la fin de la gratuité pour les tests dits de convenance (pour obtenir un passe sanitaire), insistons sur la date, c’était avant le 12 juillet 2021, et le maintien de la gratuité pour les tests à des fins diagnostiques (confirmation d’une suspicion de covid-19) et épidémiologiques (traçage et identification des cas contacts).

C’est exactement cette idée que le gouvernement mettra en place à partir du 15 octobre 2021. C’est à mon avis une erreur car cela va décourager les personnes symptomatiques à se faire diagnostiquer, surtout lorsque leur absence au travail pourrait avoir des conséquences malheureuses sur la pérennité de leur emploi. Certes, dans ce cas-là, le test reste gratuit, mais ce qui change, c’est l’unité de temps : avec la gratuité inconditionnelle, il n’y a pas de délai, il n’y a pas besoin d’une prescription médicale. Avec le nouveau dispositif, il sera indispensable de voir un médecin pour avoir une ordonnance.

Or, ce temps est long. Les Parisiens n’ont peut-être pas ce problème, mais hors de Paris et des grandes agglomérations, avoir rapidement un rendez "urgent" chez un médecin généraliste devient un véritable exploit. Il suffit de regarder au hasard sur Doctolib pour connaître les disponibilités des médecins. En clair, le test de diagnostic sera réalisé avec peut-être un ou plusieurs jours de décalage, ce qui risque de contaminer d’autant son entourage si on ne décide pas de s’isoler par précaution. Il faudra d’ailleurs prendre en compte cet élément lorsque le taux de positivité remontera, peut-être de manière très artificielle (pour l'instant, ce taux s'est écroulé avec la décroissance de la quatrième de vague).

De plus, le prix des consultations médicales supplémentaires risque de rendre le coût final des tests plus élevé pour la Sécurité sociale (toutefois, répétons que l’argument invoqué n’est pas financier mais vaccinal : encourager la vaccination).

Et indépendamment des tests diagnostics, les tests dits de confort (donc sur des personnes asymptomatiques) permettent quand même de dépister des personnes infectées qui ne le savaient pas.

Dans l'un des derniers rapports de la DREES, publié le 27 août 2021, on peut y lire que dans la semaine du 9 au 15 août 2021, l'une des plus importantes pour le dépistage, 1 796 799 tests PCR ont été réalisés, parmi eux, 135 744 ont eu un résultat positif (ce qui signifie que la personne dépistée est infectée), et parmi ces personnes infectées, 59 741 seulement étaient symptomatiques, cela signifie que 56,0% des personnes infectées n’imaginaient pas qu’elles étaient infectées (il faut noter que durant cette semaine, il y a eu environ 800 000 tests chaque jour en moyenne, mais ici, on ne prend en considération que les tests PCR, les tests les plus fiables). Avec la fin de la gratuité, ce sont ces personnes infectées asymptomatiques qui risquent de passer sous les radars… à moins qu’elles ne se fassent vacciner entre-temps, bien sûr.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 août 2021, mis à jour le 27 septembre 2021)
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Covid-19 : est-il pertinent de faire payer les tests de dépistage ?
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Les derniers rapports de la DREES sur les appariements de bases de données (à télécharger).
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La vaccination contre le covid-19, ça marche !
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Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210829-covid-eh-depistage.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-est-il-pertinent-de-faire-235381

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/08/29/39112765.html
 

 










 

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 03:01

« Nous avons (…) un atout maître, qui change tout (…) : le vaccin. Tous les vaccins disponibles en France nous protègent solidement contre ce variant delta : ils divisent par 12 son pouvoir de contamination et évitent 95% des formes graves. L’équation est simple : plus nous vaccinerons, moins nous laisserons d’espace au virus pour se diffuser, plus nous éviterons les hospitalisations. Et plus nous éviterons d’autres mutations du virus peut-être plus dangereuses encore. C’est donc une nouvelle course de vitesse qui est engagée. Un été de mobilisation pour la vaccination : voilà ce que nous devons viser. Vacciner un maximum de personnes, partout, à tout moment. » (Emmanuel Macron, allocution télévisée du 12 juillet 2021).



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La France a franchi le vendredi 17 septembre 2021 le seuil très symbolique de 50 millions de personnes vaccinées contre le covid-19. Soit les trois quarts de la population française au total ! Certes, l’objectif du gouvernement avait été d’atteindre ce seuil à la fin des vacances, à la fin du mois d’août, et malgré ces quinze jours de retard, cela reste une performance à saluer, à mettre bien sûr au crédit du gouvernement, mais aussi de toutes les "petits mains", pour la plupart bénévoles, qui se sont engagés pour aider et organiser les centres de vaccination.

Il y a neuf mois, les médias aimaient casser notre pays, faire du "France bashing" (sport national), en disant qu’on était des incapables et que tous les autres nous dépasseraient bien vite. Or, c’est tout le contraire qui a eu lieu. Aujourd’hui, le taux de couverture vaccinale de la France est supérieur à celui de bien des pays qu’on disait soit modèles soit leaders en termes de vaccination, en particulier le Royaume-Uni, Israël, mais aussi les États-Unis, l’Allemagne, la Suède, etc. La France va probablement "dépasser" le Canada même si en Europe, il y a deux modèles que même la France aura du mal à surpasser, le Portugal (87% au 14 septembre 2021) et l’Espagne (80% au 16 septembre 2021).

Au 19 septembre 2021, il y avait 50 049 150 personnes qui ont reçu leur première dose, soit 74,7% de la population totale, et 47 538 919 personnes qui ont finalisé leur parcours vaccinal, soit 70,9% de la population totale.

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Encore une fois, je le répète ici, il ne s’agit pas de faire le concours du pays qui fait le plus haut. Il s’agit juste de reconnaître que la France a su saisir résolument l’occasion de se sortir de la crise sanitaire par le haut, par une campagne de vaccination massive grâce à l’arrivée rapide de vaccins efficaces.

Le gouvernement a dû prendre ses responsabilités pour aboutir à cette performance qui démontre une fois encore que le pire n’est jamais certain. Après une baisse drastique de fréquentation des centres de vaccination au début de l’été (fin juin et début juillet), probablement en raison de problème d’organisation des familles et de leurs vacances estivales, le Président de la République Emmanuel Macron a "dopé" la demande avec l’annonce d’un élargissement de l’utilisation du passe sanitaire.

J’y reviendrai ultérieurement, on peut dire que cette politique très audacieuse a permis de renforcer le taux de couverture vaccinale pendant tout l’été. On arrive d’ailleurs depuis la fin du mois d’août à une nouvelle baisse drastique de la vaccination, et certains centres de vaccination ferment ou vont fermer dans les prochaines semaines, faute de demande.

L’obligation vaccinale dans certaines professions, en particulier chez les soignants, va probablement renforcer un peu la vaccination pendant quelques semaines, ainsi que la prochaine fin de la gratuité des tests de dépistage du covid-19, dernière possibilité d’obtenir un passe sanitaire pour des personnes encore non-vaccinées.

Je voudrais m’arrêter sur l’un des arguments d’une aide-soignante qui ne voulait pas se faire vacciner car elle considérait que c’était son choix de se protéger ou pas, sans imaginer qu’en ne se vaccinant pas, elle faisait prendre d’énormes risques aux personnes qu’elle soigne.

Il faut insister sur le fait que le vaccin ne protège pas à 100% les personnes vulnérables qui sont vaccinées. Cela signifie qu’il faut, dans tous les cas, éviter de contaminer les personnes fragiles. De plus, il reste encore 600 000 personnes âgées de plus de 75 ans, plus des personnes plus jeunes mais ayant des comorbidités qui ne sont toujours pas vaccinées, et elles non plus ne doivent pas être contaminées car elles risquent de développer des formes graves. Cela explique l’obligation vaccinale pour les personnes qui les soignent.

Car le vaccin, même s’il n’est pas parfait, reste très efficace contre le covid-19 : efficacité pour éviter de développer des formes graves et efficacité aussi pour éviter d’être contaminé et donc, éviter de contaminer les autres. Israël a montré que l’efficacité pour éviter d’être contaminé pouvait diminuer au cours du temps (au-delà de huit mois), ce qui a convaincu le gouvernement israélien de proposer une troisième dose (j’y reviendrai probablement).

On n’observe pas encore ce phénomène de diminution dans le temps, probablement parce que la campagne de vaccination en France a été un peu plus tardive au cours du premier semestre, mais par précaution, le gouvernement a proposé aux seules personnes vulnérables une troisième dose (au contraire d’Israël, la France ne considère pas nécessaire de généraliser la troisième dose à ce jour).

Insistons toujours sur le fait que cette diminution d’efficacité concerne la capacité ou non d’être contaminé, pas celle de développer ou non la forme sévère qui, elle (cette efficacité-là), est restée toujours performante en Israël (lire ici).

Cette efficacité proclamée, ce n’est pas une sorte d’incantation. On avait effectivement lu au départ ce qu’avaient revendiqué les fabricants des vaccins, ce qui pouvait prêter à caution, même si le fait d’avoir reçu une autorisation de mise sur le marché signifie que les études fournies par ces fabricants sont sérieuses et démontre que ces vaccins sont sans danger et efficaces. Insistons aussi sur le fait que ces autorisations, pour un nouveau médicament ou vaccin, sont toujours délivrées à titre temporaire, vu que la posologie peut évoluer en fonction de ce qu’on observe au cours du temps, c’est le cas pour une éventuelle troisième dose.

Avec les milliards de doses injectées dans le monde, on a un vaste champ statistique sur l’efficacité des vaccins, notamment à ARN messager. En France, le Ministère de la Solidarité nationale et de la Santé a mis un peu de temps pour apparier (comme on dit) les bases de données des tests, des vaccinations et des hospitalisations.

Depuis le 6 août 2021, chaque semaine, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère) publie un rapport précis sur l’efficacité de la vaccination en France. Toutes les données brut sont disponibles, et donc cette analyse peut être faite par quiconque maîtrise un peu les sciences statistiques (on pourra lire le dernier rapport publié à ce lien).

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Arrêtons-nous aussi sur le fait que le 10 septembre 2021, la DREES a tenu à préciser un peu mieux sa méthodologie, car certains militants antivax ont fait des raccourcis avec ce qu’ils ont interprété comme un "oubli" de plusieurs centaines de décès : « Les décès pris en compte ont ciblé, parmi les personnes décédées depuis le 31 mai 2021, celles qui ont été admises à l’hôpital après le 15 mai 2021. Par ailleurs, ces décès sont comptabilisés en date de survenue. (…) Alors que le total du nombre de décès enregistrés entre le 31 mai 2021 et le 11 juillet 2021 s’élève à 1 880, seuls 926 décès survenus durant cette même période concernent des patients admis à l’hôpital après le 15 mai 2021. ».

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En effet, pour prendre en compte l’effet de la vaccination sur les décès et les hospitalisations, il fallait commencer à choisir une date. Or, les décès éventuels de personnes hospitalisées à partir d’un même jour peuvent s’étaler sur plusieurs semaines. Il n’était donc pas cohérent de prendre la totalité des décès dans les premières périodes étudiées, dans la mesure où la situation vaccinale pouvait être très différentes à plusieurs semaines d’intervalle. Cette distinction devient quasiment nulle au fil des semaines (voir figure ci-dessus).

Dans le dernier rapport de la DREES publié le 17 septembre 2021 qui analyse les données de la semaine du 30 août au 5 septembre 2021, on retrouve les mêmes enseignements que pour les semaines précédentes. Pour cette semaine, en moyenne, la population est composée notamment de 19,5 millions de personnes non-vaccinées (soit 29%) et de 40,4 millions de personnes complètement vaccinées (soit 60%). Les autres sont des personnes ayant reçu une seule dose et qui ne le restent pas longtemps.

Pour les contaminations : le nombre de personnes contaminées pour 100 000 personnes non-vaccinées est de 289 contre 37 pour 100 000 personnes complètement vaccinées, soit un rapport d’environ 8 (rapport de 7,8). Le nombre de contamination baisse depuis la troisième semaine d’août 2021. Et on est contaminé 8 fois moins lorsqu’on est complètement vacciné.

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De même, les hospitalisations aussi sont en baisse, mais cela baisse plus parmi les personnes complètement vaccinées que parmi les personnes non-vaccinées. Ainsi, il y a eu 93 personnes qui ont été hospitalisées pour 1 million de personnes non-vaccinées pendant la même semaine analysée, et 12 pour 1 million de personnes complètement vaccinées, soit un rapport d’environ 8 (exactement 7,8). On retrouve le même rapport que pour les contaminations. Enfin, 76% des hospitalisations concernent des personnes non-vaccinées et 20% des personnes complètement vaccinées. Ces pourcentages doivent être comparés à ceux des personnes non-vaccinées et complètement vaccinées dans la population générale (respectivement 29% et 60%) ; on retrouve le rapport 8 en divisant 76%/29% par 20%/60%). Idem pour les autres pourcentages indiqués plus loin.

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Pour les admissions en soins critiques durant cette même semaine, la différence est encore plus élevée. Il y a eu 28 personnes admises en soins critiques pour 1 million de personnes non-vaccinées et 2,3 pour 1 million de personnes complètement vaccinées, soit un rapport de 12 (exactement 12,2). De plus, 81% des admissions en soins critiques concernent des personnes non-vaccinées et 14% des personnes complètement vaccinées.

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Enfin, la vaccination protège aussi des décès dus au covid-19 : il y a eu durant la même semaine 15 décès pour 1 million de personnes non-vaccinées et 3 décès pour 1 million de personnes non-vaccinées, soit un rapport de 5. On meurt 5 fois plus si on n’est pas vacciné. Par ailleurs, 68% des décès concernent des personnes non-vaccinées et 28% des personnes complètement vaccinées.

Ces données factuelles et disponibles en open data montrent la très grande efficacité des vaccins contre le covid-19 et confirme ce que de nombreux médecins (notamment urgentistes) disent depuis le début de l’été, à savoir que la quatrième vague est essentiellement une épidémie de personnes non-vaccinées. Le fait que la France soit, au début de l’automne, aussi massivement vaccinée permet ainsi de nourrir un réel optimisme pour la suite de la crise sanitaire en France, même s’il faut toujours rester prudent avec cette saloperie qui a déjà provoqué au moins 116 069 décès en France et plus de 4,71 millions de décès dans le monde.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 septembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
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Rapport de la DREES du 6 août 2021 (à télécharger).
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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210917-covid-el-vaccination.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/50-millions-de-vaccines-contre-le-235866

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/09/20/39142327.html













 

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 03:44

« À compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l’article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n’ont pas présenté les documents mentionnés au I de l’article 13 (…). » (article 14 de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021).




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C’est la loi qui a été adoptée démocratiquement par le Parlement français qui veut cela. Cette loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion sanitaire a institué entre autres l’obligation vaccinale contre le covid-19 pour un certain nombre de professions, en particulier tous les soignants et les personnes qui s’occupent des personnes vulnérables : « Doivent être vaccinées, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : les personnes exerçant leur activité dans les établissements de santé… (etc.). » (article 12).

Cette obligation a été annoncée par le Président de la République Emmanuel Macron lui-même dans son allocution télévisée du 12 juillet 2021, il y a donc plus de deux mois. Qui dit obligation dit nécessairement sanction, sinon la loi resterait impuissante.

Quelles sont ces sanctions ? Elles sont simples mais néanmoins très graves : « Lorsque l’employeur constate qu’un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l’informe sans délai des conséquences qu’emporte cette interdiction d’exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L’agent public qui fait l’objet d’une interdiction d’exercer peut utiliser, avec l’accord de son employeur, des jours de congés payés. À défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. » (article 14).

Et le texte de loi d’ajouter : « La suspension (…), qui s’accompagne de l’interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l’agent remplit les conditions nécessaires à l’exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l’agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l’agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit. ». C’est aussi valable pour un salarié du secteur privé, à quelques différences techniques près.

La sanction est donc très sévère : suspension et interruption de rémunération. Pour un CDD, le contrat n’est pas suspendu : « Lorsque le contrat à durée déterminée d’un agent public non titulaire est suspendu (…), le contrat prend fin au terme prévu si ce dernier intervient au cours de la période de suspension. ».

Enfin, si, entre le 15 septembre et le 15 octobre 2021, le soignant non-vacciné reçoit une première dose, bien qu’il ne soit pas complètement vacciné, sa suspension est cependant levée.

Le gouvernement a réaffirmé qu’il appliquerait la loi avec la plus grande fermeté. En effet, à quoi servirait une loi si elle n’était pas appliquée ? C’est donc très surprenant que des individus qui proclament sans arrêt la plus grande fermeté des lois sécuritaires refusent que ce principe soit appliqué à la loi du 5 août 2021. Les sanctions constituent un échec collectif, au même titre que les peines et condamnations des délinquants ordinaires. S’il n’y avait pas de sanctions, il n’y aurait plus d’obligation, c’est aussi simple que cela. La question étant toujours : qu’est-ce que je risque si je ne me conforme pas à la loi ? Si la réponse est rien, pas la peine de me conformer à la loi, sauf à être un légaliste absolu (notons qu’ici, la vaccination a été acceptée volontairement et librement par plus de 42 millions de Français bien avant l’instauration d’un passe sanitaire contraignant).

L’obligation vaccinale pour les soignants n’est pas une innovation. Elle est déjà instituée pour un certain nombre de vaccins, en particulier contre l’hépatite B. Aujourd’hui, le covid-19 est la première maladie nosocomiale, et c’est scandaleux de penser que des personnes qui sont entrées à l’hôpital pour un traitement particulier, ou une opération, aient pu être infectées au covid-19 et en soient mortes. C’est pourtant ce qui s’est passé à de nombreuses reprises. La rigueur d’un établissement de santé est que le patient ressorte en meilleur état que lorsqu’il y est entré, à moins d’être déjà atteint d’une maladie mortelle, auquel cas la médecine ne fait qu’accompagner le patient pour qu’il puisse être maintenu dans le plus grand confort possible.

Dans les faits, cette loi a-t-elle fait vacciner massivement les soignants ? Globalement, oui. Le 15 septembre 2021, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a évoqué la proportion de 9 soignants sur 10 qui sont vaccinés. Apparemment, il y en aurait un petit peu moins, car 12% des soignants ne seraient pas encore vaccinés, et environ 2% à 3% des médecins libéraux, soit environ 3 000 médecins.  Selon un premier bilan des sanctions, 3 000 soignants auraient été mis en suspension, ce qui peut avoir des conséquences sur l’organisation des hôpitaux.

Avant de poursuivre et d’essayer de prendre connaissance du point de vue des soignants non-vaccinés, je voudrais quand même aborder un aspect moral : le sens des responsabilités des soignants.

Lors du premier confinement, au printemps 2020, tout le monde applaudissait les soignants chaque soir à 20 heures, pour les remercier d’assurer les soins dans les hôpitaux, parfois au péril de leur vie (certains en sont morts, comme ce médecin à la retraite, Jean-Jacques Razafindranazy), notamment parce qu’ils n’avaient pas les équipements adéquats (masques, combinaisons, etc.).

L’argumentation actuelle qui veut comparer cette situation de mars 2020 à celle d’aujourd’hui ne manque pas de manipulation. Le gouvernement ne s’en prend pas aux soignants en leur imposant la vaccination, il veut juste que les soignants soignent sans contaminer les plus fragiles qu’ils soignent, ce qui est une mesure de salubrité publique saluée par la plupart des médecins. Du reste, comme précisé plus haut, la très grande majorité des soignants sont vaccinés et méritent encore aujourd’hui les applaudissements.

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Ceux qui refusent encore aujourd’hui la vaccination, alors qu’ils pouvaient se faire vacciner dès janvier 2021, n’ont aucune idée du tort qu’ils peuvent faire en termes de santé publique. Ce qui reste très étonnant car les professions de santé devraient les premières concernées dans la compréhension de la vaccination (en particulier les médecins). L’aspect moral est là : être face à ses propres responsabilités. Et surtout, face aux personnes soignées qui méritent d’être protégées.

L’argument généralement invoqué est la liberté individuelle : je ne me ferai vacciner que si je le veux. Mais la liberté individuelle n’est pas la valeur exclusive et suprême d’une vie en communauté. La solidarité, par exemple, est aussi une valeur essentielle. La responsabilité également. La sécurité routière permet une bonne analogie de la gestion sanitaire, car il y a l’affrontement entre une liberté individuelle et l’intérêt général. Et l’autre point commun, c’est que celui qui ne suit pas les mesures de sécurité pense qu’il peut passer entre les gouttes (je roule comme un fou mais je n’ai pas d’accident ; je ne mets pas de masque mais je n’ai pas été contaminé, etc.).

On peut invoquer la liberté individuelle pour rouler à 150 kilomètres par heure, ou encore pour ne pas mettre sa ceinture de sécurité. Ce sont deux décisions qui vont augmenter les risques d’accident et même les risques de mourir, mais on peut s’en sortir indemne, sans accident, sans rien. Pour autant, on sera verbalisé si on est pris en faute. Le pire, ce n’est pas le jeu du chat et de la souris avec la maréchaussée, c’est qu’en toute conscience, le contrevenant met la  vie des autres en danger, c’est cela qui est moralement discutable dans cette liberté absolue proche de l’adolescent capricieux. Même pour la ceinture, cela impacte sur les autres (les proches qui ont perdu un membre de leur famille ou un ami cher, les assurés dont la prime d’assurance va augmenter, les contribuables qui vont devoir payer les dégâts matériels de l’environnement urbain, etc.).

Il est néanmoins intéressant à comprendre les raisons d’un soignant de ne pas se faire vacciner encore maintenant. Ainsi, dans l’émission de l’incisif Éric Brunet, le mercredi 15 septembre 2021 sur LCI, ce dernier a invité une aide-soignante (je crois du CHU de Nice où il y a eu 450 suspensions de travail).

L’aide-soignante a été suspendue et, sans se montrer opposée par principe à la vaccination, a soutenu qu’elle ne voulait pas se faire vacciner et qu’elle voulait garder sa liberté individuelle. Mais très vite dans la discussion, bien que ce ne fût pas très clair au début, elle a annoncé qu’elle avait pris le lendemain soir un rendez-vous pour se faire injecter sa première dose.

Cette première information donnait ainsi raison à la loi et à l’obligation vaccinale pour les soignants. Sans cette loi, elle ne se serait pas faite vacciner, ce qui aurait rendu ses actes de soignante dangereux pour les personnes qu’elle soigne. C’est le premier enseignement. Il y aura des jusqu’au-boutistes, mais la plupart, par cette pression qu’il est désolant d’avoir dû faire, finissent par se faire vacciner.

Mais cette information n’était pas l’essentiel. L’essentiel, c’était de savoir pourquoi elle ne voulait pas se faire vacciner. Certes, des milliards de doses ont déjà été injectées et les risques seraient connus depuis longtemps maintenant, autre que les effets attendus (un peu mal au bras et deux jours de forte fièvre), à l’exception d’une ultra-faible minorité où les effets secondaires sont à prendre en compte (plus faible que pour des médicaments consommés régulièrement).

En revanche, l’aide-soignante interrogée était convaincue que certes, le vaccin la protégerait des formes graves, ce qui explique qu’elle comprend très bien la campagne de vaccination, mais elle était convaincue aussi que le vaccin n’aurait aucun effet sur sa capacité à être contaminée (et donc, à transmettre ou pas le virus). En clair, ce qu’elle pensait, c’était que comme vaccinée ou non-vaccinée, elle transmettrait toujours de la même manière le virus, le choix de la vaccination serait donc un choix personnel sur les risques ou non de développer les formes graves.

Sauf que cette idée est complètement fausse, et la preuve dans les Antilles, en Polynésie française, et même dans la réduction drastique du nombre de cas aujourd’hui dans l’Hexagone malgré une flambée épidémique en juillet (ce qui montre du reste qu’il n’y a aucun effet saisonnier, du moins pour le variant delta). Au contraire, la vaccination réduit énormément le risque d’être contaminé, d’un facteur de 8 à 12, selon certaines statistiques.

Depuis le 6 août 2021, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du Ministère de la Solidarité nationale et de la Santé) publie chaque semaine un rapport complet sur le nombre de personnes vaccinées et non-vaccinées parmi les personnes qui ont été contaminées, celles qui sont hospitalisées, qui vont en réanimation, voire qui décèdent. Le vaccin protège AUSSI de la contamination, et c’est cette protection-là qui diminue avec le temps comme l’a prouvé le peuple d’Israël (mais cette diminution n’a pas encore été observée en France). On peut lire ces rapports de la DREES à ce lien, qui se remet à jour à chaque nouveau rapport.

Elle n’est peut-être pas représentative des soignants qui n’ont pas encore été vaccinés, mais elle donne quand même une bonne clef de compréhension et c’est pour cela qu’il faut inlassablement communiquer sur le sujet, car certains messages ne passent toujours pas. Il ne s’agit pas d’un consensus du corps médical, mais des faits : en France, ceux qui sont contaminés sont une dizaine de fois plus nombreux non-vaccinés que vaccinés.

Or, le vaccin n’est jamais efficace à 100%, pour des raisons diverses (de toute façon, rien n’existe à 100% d’efficacité). Cela signifie qu’il y a des personnes vulnérables vaccinées qui peuvent risquer de développer des formes graves voire de décéder en se faisant contaminer. C’est pour cela qu’il faut leur éviter toute source de contamination, et les personnes qui les soignent sont la première source extérieure (la deuxième, ce sont leurs visiteurs qui doivent se munir d’un passe sanitaire).

En comprenant qu’en refusant de se faire vacciner, ils peuvent mettre en danger la vie de ces personnes-là, qu’ils soignent, les soignants peuvent commencer à comprendre la nécessité de la vaccination pour eux-mêmes. Cette prise de conscience est ce qu’on appelle de la maturité. Certains mettent plus de temps que d’autres.

Comme il s’agit d’une action de santé publique, après plus de huit mois d’encouragement libre et volontaire (janvier à septembre), le gouvernement et les parlementaires ont décidé de forcer les derniers réticents parmi les soignants. C’est regrettable, car personne ne souhaite mettre en danger leur emploi, leur survie matérielle, celle de leur famille, d’autant plus que les hôpitaux sont en sous-effectifs. Mais un hôpital doit soigner, pas infecter. C’est une dernière extrémité, désolante mais nécessaire, pour amener certains "récalcitrants" qui n’ont que le mot "liberté" à la bouche, sans se rendre compte qu’il s’agit de la vie de dizaines de personnes qui est en jeu par leur seule décision, sans tenir compte qu’il n’y a pas de liberté qui vaille sans responsabilité, …pour les amener à plus de raison.


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Sylvain Rakotoarison (15 septembre 2021)
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