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5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 03:41

« C’est donc une nouvelle course de vitesse qui est engagée. Un été de mobilisation pour la vaccination : voilà ce que nous devons viser. Vacciner un maximum de personnes, partout, à tout moment. Nous sommes une grande Nation. Une Nation de Science, celle des Lumières, de Louis Pasteur. Alors, quand la Science nous offre les moyens de nous protéger, nous devons les utiliser avec confiance dans la raison et dans le progrès. » (Emmanuel Macron, allocution télévisée du 12 juillet 2021).




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En principe, ce jeudi 5 août 2021, le Conseil Constitutionnel annoncera sa décision sur la constitutionnalité de la loi relative à la gestion de la crise sanitaire qui a été adoptée définitivement par le Parlement le 25 juillet 2021 (affaire n°2021-824 DC). Pour éviter tout malentendu, l’instance suprême du droit français a été saisie le 26 juillet 2021 par le Premier Ministre Jean Castex, mais aussi par plus de soixante députés et plus de soixante sénateurs.

Le gouvernement, très optimiste, a déjà indiqué il y a quelques jours que ce texte sur l’extension de l’utilisation du passe sanitaire sera applicable à partir du lundi 9 août 2021. Cet optimisme s’appuie sur l’avis du Conseil d’État donné préalablement à la rédaction du texte. Néanmoins, le Conseil Constitutionnel, pour montrer son indépendance mais plus encore dans l’application du droit (son seul domaine de compétence), pourrait modifier à la marge les dispositions du texte (par exemple, sur l’entrée des centres commerciaux, et sur l’isolement des personnes testées positif).

Pour autant, le droit ne doit pas faire oublier l’intérêt sanitaire. Même si le Conseil Constitutionnel invalidait l’ensemble du texte (ce qui me semble peu probable), l’intérêt de ce texte examiné aurait été plus grand que le risque d’un discrédit politique du gouvernement. Pourquoi ? Parce que la première conséquence de la perspective de ce texte a été le sursaut de la vaccination massive.

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La décision présidentielle du 12 juillet 2021, très audacieuse politiquement (aujourd’hui, pour diriger un pays comme la France, il faut de l’audace pour ne pas dire autre chose, sinon, on fait autre chose), a déjà été couronnée de succès, puisque l’un des deux buts principaux (l’autre est de sécuriser les lieux de rencontres sociales), c’est de renforcer la campagne de vaccination.

Or, en ce milieu de l’été, cette relance de la campagne de vaccination en France est un très grand succès. Au 3 août 2021, en effet, 43 262 528 personnes ont reçu la première dose, soit 64,6% e la population totale, et 36 076 928 personnes sont complètement vaccinées, soit 53,9% de la population totale. D’un point de vue sanitaire, il faut prendre en compte le taux des personnes entièrement vaccinées, mais sur le plan de l’acceptation, seule la première dose suffit car il est très rare qu’une personne qui a commencé son parcours vaccinale ne le termine pas.

Il faut rappeler que, depuis deux semaines, la France se situe dans le peloton de tête de la vaccination au monde. Pour la part de la population totale à avoir reçu la première dose (64,0%), il y a un jour, la France a dépassé les États-Unis (57,5%), la moyenne européenne (60,0%), l’Allemagne (61,5%) et même la Suède (63,7%). Et elle n’est pas loin de l’Italie (64,2%). Israël en est à 66,9% et le Royaume-Uni à 69,1%. (La Belgique et l’Espagne sont à 69,8%).

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Répétons-le : il ne s’agit pas d’un concours de celui qui … le plus haut. Il s’agit de protéger la population nationale. L’OMS peut critiquer cette politique parce qu’elle voudrait faire vacciner les populations de tous les pays. Sur le plan général, l’OMS a raison (et bizarrement, ceux qui ne cessaient de critiquer l’OMS depuis le début de la pandémie reprennent en cœur cette position), mais le mouvement doit être parallèle et n’est pas incompatible. Il faut aider les pays pauvres à vacciner leur population, c’est une nécessité vitale pour le monde, mais cela n’empêche pas non plus une politique de vaccination massive qui est nécessaire pour atteindre l’immunité collective. Le vaccin est une protection collective, pas seulement individuelle. L’effet doit porter sur ces deux volets, avec une course de vitesse pour en finir au plus vite et éviter de nouveaux variants plus agressifs qui, de toute façon, sauront traverser les frontières.

Or, s’il y a une urgence à faire vacciner rapidement toute la population, c’est parce qu’il y a la quatrième vague. Et comme heureusement, le pire n’est jamais sûr, l’expérience du Royaume-Uni et maintenant de la France (entre autres) montre que cette politique de vaccination massive a permis de freiner la circulation du virus malgré l’absence de mesure de confinement.

En France, nous sommes à une situation limite : d’ici à une dizaine de jours (vers le 15 août 2021), on devrait savoir si on peut être rassuré ou pas. Le taux de reproduction effectif a chuté énormément depuis une dizaine de jours, il en est à 1,27 au 31 juillet 2021 (il faut qu’il soit en dessous de 1 pour que le nombre de nouveaux cas rebaisse). Cet indicateur était à 2,1 le 20 juillet 2021. Il y a eu une baisse de 31% en une semaine.

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Il semble que nous sommes bientôt au sommet alors que des courbes alarmistes l’imaginaient au début du mois de septembre (à un niveau largement supérieur). Au 3 août 2021, le nombre de nouveaux cas a atteint un sommet avec 28 784. Il faut comparer avec les plus de 50 000 nouveaux cas en Grande-Bretagne (nombre qui baisse désormais dans ce pays). Cela va encore monter, mais très doucement, sans doute pas jusqu’au niveau de la Grande-Bretagne.

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Cela n’empêchera pas que les admissions en réanimation (augmentation de 83% en une semaine), et hélas, les décès augmentent aussi dangereusement en France (augmentation de 76% en une semaine), comme en Grande-Bretagne, à cause du décalage de plusieurs semaines entre contamination et ses effets sur la situation du patient. Là encore, il y a une relation entre les deux (nouveaux cas d’une part, admissions en réanimation et décès d’autres part), mais sans commune mesure avec les vagues précédentes, et c’est probablement la vaccination, certes partielle mais déjà massive qui pourrait expliquer cet impact heureusement plus faible.

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La course de vitesse, c’est d’être au niveau épidémique le plus faible au moment du sommet car on pourrait aussi avoir un plateau comme après Noël 2020, qui durerait alors (en cas de plateau) tout l’automne voire tout l’hiver. Or, le plateau entre décembre 2020 et mars 2021, avant la dite troisième vague, a coûté très cher en vies humaines (de l’ordre de 200 à 300 décès par jour). C’est ce nombre qu’il faut éviter à tout prix de laisser grimper, et la vaccination est l’outil le plus efficace à moyen terme (le confinement l’est à court terme).

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Ce qui est aujourd’hui clair, c’est que la vaccination réduit les risques d’être contaminés et de contaminer d’autres personnes, et encore plus de développer une forme sévère voire de décéder (il suffit d’interroger les médecins sur le terrain pour s’en rendre compte). Cette quatrième vague est la vague des personnes non-vaccinées. L’absence de mesures de confinement, qui avaient été décidées lors des précédentes vagues, va donc avoir un effet très grave sur les personnes vulnérables pas encore vaccinées. C’est pourquoi les "retardataires" se font désormais vacciner. Mais tous ne le font pas encore et pour eux, c’est un risque important. Le virus cherche à "survivre" surtout chez les personnes non-vaccinées.

C’est pourquoi cette politique d’extension du passe sanitaire était salutaire et indispensable dès lors que l’ensemble de la population n’était pas encore complètement vacciné au début de cette quatrième vague. Il fallait donc prendre des mesures pour réduire l’impact de la vague sur le plan sanitaire, renforcer la campagne de vaccination et aussi préserver la liberté des personnes qui ont agi pour le bien commun en se faisant vacciner et qui, par conséquent, risquent peu la contamination.

C’est il est bien là, l’enjeu de la liberté. Il aurait été peu pertinent de faire un reconfinement généralisé qui serait applicable également aux personnes vaccinées. Ce reconfinement est déjà nécessaire en Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion en raison de la trop faible couverture vaccinale et de la montée en flèche du taux d’incidence. Elle peut encore être évitée en métropole même si la situation en Corse, en PACA et en Occitanie est très préoccupante.

L’extension du passe sanitaire garantit la liberté des personnes vaccinées. Ainsi, la professeure Odile Launay, infectiologue à l’hôpital Cochin de Paris, donnait cet exemple le 2 août 2021 sur France 5 : avant la vaccination, lorsqu’il y avait un cas de covid-19 dans un établissement de soin (hôpital, EHPAD, etc.), l’ensemble des visites était interdit pour réduire les risques de créer un foyer de contamination. Avec l’extension du passe sanitaire, c’est bien une liberté supplémentaire donnée aux visiteurs vaccinés ainsi qu’à la personne vaccinée qu’ils visitent puisque les visites ne seront interdites qu’à ceux qui ne détiennent pas de passe sanitaire.

Du reste, ce sera exactement la même chose à l’école à la rentrée scolaire. La procédure normale lorsqu’il y a un cas de covid-19 dans une classe, c’est d’interdire l’accès à l’ensemble des élèves de cette classe pendant dix jours. Grâce au passe sanitaire, les jeunes gagneront cette liberté de venir dans leur établissement scolaire qu’ils n’auraient pas eue auparavant. C’est d’ailleurs non seulement une liberté supplémentaire pour les écoliers, mais aussi pour leurs parents qui risquaient de perdre des journées de travail pour garder leurs enfants.

Ne pas comprendre cela paraît étonnant, mais on voit bien que ceux qui, entre autres, manifestent et ceux qui montrent une opposition forcenée contre l’extension du passe sanitaire sont ultraminoritaires (encore une fois, comparons les chiffres du nombre de manifestants et du nombre de personnes vaccinées), s’opposent pour des postures purement politiciennes (dans la perspective de l’élection présidentielle).

C’est bien sûr leur droit, mais je ne résiste pas à terminer sur cette réflexion savoureuse du professeur Gilbert Deray exprimée le 17 juillet 2021 : « Le plus délicieux est cet appel au boycott des commerces qui accepteront le passe sanitaire alors que de toute façon, ils ne pourront y être accueillis. ». De là à dire qu’ils aident finalement le gouvernement…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 août 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
Science et recherche scientifique.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur l passe sanitaire le 25 juillet 2021.
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210804-covid-eb-vaccination.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/couverture-vaccinale-la-france-234814

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/08/04/39084259.html











 

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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 03:03

« Posez-moi vos questions, j’essaierai d’être le plus direct possible. » (Emmanuel Macron, le 2 août 2021).



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Actualité insolite du Président Emmanuel Macron ce lundi 2 août 2021. Retranché dans son fort de Brégançon pour ses vacances estivales ("vacances" est un bien grand mot pour le dernier été de ce mandat présidentiel), Emmanuel Macron a une nouvelle fois étonné en se présentant sur des réseaux sociaux utilisés par les jeunes, csur Intagram et Tik Tok, pour les encourager à se faire vacciner.

La quatrième vague est de plus en plus confirmée : le nombre de patients covid-19 en réanimation ne cesse de monter, 95 admissions supplémentaires en une seule journée, au total 1 232 malades en réanimation au 2 août 2021, une augmentation prévisible mais importante, le nombre de décès quotidiens monte aussi, à 51 le 2 août 2021, une augmentation de 75% sur la semaine précédente (en moyenne quotidienne sur sept jours glissants).

Tous les chefs de service, aux urgences ou en réanimation, le confirment, eux qui voient les malades et se confrontent à la réalité du terrain : ceux qui arrivent pour le covid-19 sont principalement, à quelques exceptions près, des personnes non-vaccinées. Ce qui prouve grande efficacité de la vaccination. Des patients donc de plus en plus jeunes, parce que les plus âgés sont massivement vaccinés. Il y a par exemple le cas de ce jeune de 30 ans, en parfaite santé initialement, dont la moitié d’un poumon a été détruite par le covid-19.

Depuis le 12 juillet 2021, Emmanuel Macron s’est engagé totalement dans la bataille actuelle, celle de la vaccination massive. La timidité du début de la campagne en décembre 2020 est donc aujourd’hui largement compensée puisque son action sur l’extension du passe sanitaire a eu l’effet escompté, un sursaut de la vaccination en France, au point que, on ne le dit pas assez, et je le répète donc, que la France a dépassé les États-Unis mais aussi l’Allemagne dans sa campagne vaccinale.

Au 1er août 2021, il y avait 42 533 100 personnes ayant reçu une première dose (soit 63,5% de la population totale) et 35 481 539 personnes complètement vaccinées (soit 53,0% de la population totale). Le seuil de 50 millions de personnes vaccinées d’ici à la fin du mois d’août 2021 paraît tout à fait réaliste. Néanmoins, comme le dernier kilomètre dans un réseau, les derniers millions de personnes vaccinées sont les plus difficiles à convaincre.

Et parmi ces personnes à convaincre, les jeunes, qui sont trop faiblement vaccinés : en particulier, les 12-18 ans ne sont que 39,7% à avoir reçu une première dose. Et plus de 32% des 18-40 ans n’ont pas encore commencé leur parcours vaccinal.

C’est la raison pour laquelle Emmanuel Macron a décidé de s’engager pour aller s’exprimer auprès de cette population rétive aux journaux télévisés et autres sources d’information dans les médias et sur l’Internet. Ainsi, comme il était en vacances, le Président de la République a quitté son costume cravate, et ce fut en tee-shirt noir qu’il a communiqué avec les jeunes d’Instagram et de Tik Tok, sans intermédiaire, sans journaliste, dans un exercice qu’il adore mais qui reste toujours périlleux, en faisant le jeu des questions/réponses sur la vaccination.

Son message, au-delà de désamorcer les nombreuses désinformations qui pullulent sur le Web, c’était de dire trois points importants aux jeunes qui, généralement, bien portants, en bonne santé physique et mentale, souvent sportifs, ne se sentent pas vraiment concernés par le covid-19.

Premièrement. C’est une maladie qui "attaque" tout le monde, y compris les jeunes. Il y a des cas, certes, rares, où des jeunes sont en réanimation et personne ne peut se prévaloir d’être "naturellement" immunisé.

Deuxièmement. Certes, les jeunes développent très rarement une forme sévère, mais il y en a en revanche beaucoup qui développent un covid long qui peut durer plus d’une année, avec des symptômes graves durables (perte d’odorat, perte de goût, épuisement, fatigue permanente, essoufflement, etc.).

Troisièmement. La vaccination, ce n’est pas seulement pour soi, c’est pour les autres, pour ses parents, grands-parents, car le vaccin réduit énormément les risques de transmettre le virus à son entourage : « Si vous le ne le faites pas pour vous, faites-le pour les autres ».

Sur le fond, cela paraît même sain qu’un chef d’État s’engage pour l’un des sujets les plus brûlants mais aussi les plus importants de son pays et même du monde à ce jour, car il s’agit de la santé de tous. On lui a reproché justement d’avoir été trop timide en décembre 2020.

De plus, on lui reproche de vouloir monopoliser le terrain sur la vaccination, ce qui est évidemment faux : les milliers de centres de vaccination, les dizaines de milliers de soignants sont là pour prouver le contrarie. Les ministres ont aussi été sur le front, Jean Castex souvent, Olivier Véran en permanence, jusqu’à vacciner lui-même (il est médecin) sa collègue du gouvernement Olivia Grégoire, etc.

Bien entendu, les journalistes ne le diront pas mais reprochent à Emmanuel Macron de s’être passé de leurs services pour s’adresser directement aux jeunes ! Il faut aussi comprendre que c’est un exercice difficile qu’il a réussi avec brio : Emmanuel Macron n’a pas été condescendant (c’était le problème de Valéry Giscard d’Estaing lorsqu’il voulait dialoguer avec le peuple), mais aussi, il ne fallait pas tomber dans le jeunisme, ce qui n’était pas facile.

Emmanuel Macron avait déjà communiqué avec les jeunes le 23 mai 2021 en jouant au concours d’anecdotes avec McFly et Carlito, des youtubeurs très connus des jeunes. À l’époque, on lui avait reproché de ne pas leur avoir parlé de la vaccination alors que ce n’était pas le lieu. Deux mois plus tard, on lui reproche exactement le contraire, de parler de vaccination aux jeunes.

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J’ai même entendu des médecins le critiquer, considérant que parler science devait être réservé aux scientifiques. Or, justement, les médecins ont failli dans leur capacité à convaincre les plus jeunes à se faire vacciner. Le professeur Gilbert Deray le reconnaissait d’ailleurs humblement il y a quelques semaines, disant, sans préciser, qu’il n’avait pas réussi à convaincre des personnes de sa propre famille car les médecins s’adressent trop à la raison et les jeunes ont besoin qu’on s’adresse aussi à leurs émotions, ce qu’ils ne savent pas faire. Alors, l’intervention d’Emmanuel Macron est bienvenue, d’autant plus qu’elle complète (avantageusement) et n’annule pas toutes les autres initiatives d’explication et de persuasion.

Sur le plan politique, il faut insister sur la singularité du Président Emmanuel Macron qui, une fois encore, à quelques mois de la fin de son mandat, est capable de surprendre, ce qui était très rare pour ses prédécesseurs. Il avait déjà surpris avec la série des "grands débats", en réponse aux gilets jaunes, il avait aussi surpris avec la Convention citoyenne pour le climat. Et le voici qu’il surprend avec cette volonté de convaincre toutes les couches de la population là où il peut être entendu.

On pourra toujours parler de démagogie, il sera jugé sur sa capacité à faire vacciner la population afin d’en finir avec l’épidémie et ses reconfinements successifs. Et pour cela, il faut "aller au charbon", c’est-à-dire quitter les sentiers battus de la bienpensance pour affronter la réalité des jeunes, lucidement mais aussi efficacement.

Les exemples désastreux de la Martinique, de La Réunion et de la Guadeloupe apportent, pour ceux qui n’en étaient pas encore convaincus, la démonstration que le vaccin est très efficace dans le freinage du virus : ces trois îles en effet ont un taux de couverture vaccinale très faible et le taux d’incidence est de l’ordre de 1 000 pour 100 000, c’est-à-dire 1% ! C’est extrêmement préoccupant et très différent de la métropole bien plus vaccinée.

Du reste, aucun des candidats déclarés à sa succession n’a eu l’audace de prendre position clairement sur l’extension du passe sanitaire, hésitant entre leur opposition politicienne et systématique à Emmanuel Macron, aussi à la récupération des mouvements anti-passe sanitaire et antivax, et leur accord pour faire vacciner le plus de monde possible le plus rapidement possible, quitte à accuser le gouvernement de ne pas en avoir fait assez.

Je doute d’ailleurs que tous les manifestants de gauche extrême sachent qu’ils ont participé à une manifestation organisée par l’ancien numéro deux du FN, à savoir Florian Philippot, toujours à vouloir récupérer le moindre mouvement à son propre compte, faute de réussir à se faire élire par son seul talent.

La posture sur les libertés ne tient pas, car sans passe sanitaire, dans les établissements de soin, lorsqu’un cas est déclaré, les visites des familles sont interdites, même si les visiteurs ou le visité sont vaccinés. Avec le passe sanitaire, c’est la liberté des familles de pouvoir visiter leurs proches qui est servie. Attention aux contresens qui sont nourris par des postures principalement politiciennes (n’oublions pas que nous sommes en période préélectorale).

C’est d’un classique : quand on est aux responsabilités, on est critiqué, et c’est même la règle de la démocratie (on ne peut critiquer ouvertement et publiquement les dirigeants d’un État que lorsque cet État est démocratique). Emmanuel Macron, parce qu’il suscite beaucoup de jalousie et d’agacement de la part de certains responsables de l’opposition, notamment parce que, contrairement aux vieux renards de la politique, lui réussit à préserver une partie de popularité jusqu’à la fin de son mandat, sera jugé en 2022 en partie sur sa capacité tant à gérer qu’à résoudre la grave crise sanitaire qui s’est abattue sur la planète entière.

Son succès passe alors par la vaccination massive de la population française afin d’avoir une immunité collective, mais il passe aussi par la contribution de la France et de l’Europe à la vaccination massive de pays pauvres qui n’ont pas les moyens de proposer à leurs populations une vaccination si efficace contre cette saleté de maladie. Dans ce contexte, se faire entendre des jeunes est une nécessité, mais c’est loin d’être une facilité pour un Président de la République qui a souvent su montrer sa gravité, sinon son autorité.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 août 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Science et recherche scientifique.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
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Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
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Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 13:05

« Aujourd’hui, ça revient au même
D’être loyal ou traître,
Ignorant, savant, voleur,
Généreux ou escroc.
Tout est pareil, rien n’est mieux,
Un âne vaut un grand professeur.
Il n’y a ni sanction ni récompense,
L’immoralité nous a rattrapés.
Que l’on vive dans l’imposture
Ou que l’on coure après son ambition (…). »

(Enrique Santos Discépolo, "Cambalache", 1934).




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Eh oui, les résistants, ce sont ceux qui ont fait la démarche de se faire vacciner. Se faire vacciner, c’est résister contre l’épidémie, résister contre le covid-19, et surtout, c’est la meilleure forme de résistance à ce jour. En France, en plus, le vaccin est gratuit pour la population (pour la collectivité, les coûts en réanimation sont bien plus élevés que la campagne de vaccination ; à ce jour, 90 786 personnes ont été admises en réanimation pour covid-19 depuis le début de l'épidémie, souvent des séjours longs, pendant plusieurs semaines, et hélas, beaucoup en sont mortes) et le vaccin peut être injecté librement sur tout le territoire, y compris (et surtout) sur les lieux de vacances quand c’est en France. Il ne me serait pas venu à l’esprit de prendre le clivage résistants/collabos parce que nous ne sommes pas sous l’Occupation ni sous une domination de l’Europe par l’Allemagne nazie, mais s’il le fallait, ce serait ce camp-là. Ineptie de dire que les personnes non-vaccinées seraient discriminées et opprimées : elles peuvent le jour même décider de se faire vacciner, et cela, je le répète, gratuitement.

Il y a ceux qui veulent combattre le mal, et ce mal, c’est le virus, c’est le SARS-CoV-2 qui a fait déjà suffisamment de dégâts : plus de 4,2 millions de morts, peut-être 8 millions si l’on en croit certaines estimations terribles pour l’Inde, dont 111 824 en France, au 30 juillet 2021, et dix-huit mois de catastrophes économiques et sociales, voire psychologiques, dont déjà trois confinements en France. Il est temps que cela cesse et le vaccin est notre meilleure arme. Et cette arme doit être utilisée pas seulement en France, ou en Europe, mais dans tous les pays du monde car la guerre est mondiale : « Cette guerre est une guerre mondiale. (…) Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. ». En écrivant ces mots du Général De Gaulle, je vois bien que l’analogie n’est pas pertinente dans un sens comme dans un autre. L’important est de donner l’espoir, mais un espoir vrai, pas artificiel, et le vaccin le donne.

Et il y a ceux qui crient : à bas Macron, vive la liberté. Personnellement, je n’ai jamais cru au concept de liberté pour des personnes clouées dans un lit de réanimation, parfois en coma artificiel, dont un sur trois finira hélas à la morgue de l’hôpital. Et je n’ai jamais pensé non plus que le code de la route était une entrave à ma liberté de circuler, ni que la nécessité d’avoir un permis de conduire était une insupportable discrimination entre les Français. Ni que m’arrêter de moi-même au feu rouge faisait de moi un paria d’une indignité d’un État autoritaire. C’est le vivre ensemble qui s’impose et jamais cette expression n’a eu autant de sens que dans une lutte contre la pandémie : sans ces règles de vivre ensemble, on risque de passer rapidement au mourir ensemble.

Aujourd’hui, la situation épidémique de la France est alarmante. Le nombre de nouveaux cas quotidiens ne cessent de monter depuis un mois, on en est actuellement à entre 25 000 et 28 000 nouveaux cas chaque jour, essentiellement des jeunes, mais les jeunes se font aussi beaucoup plus hospitaliser. Le taux d’incidence était de 214,1 nouveaux cas pour 100 000 habitants au 27 juillet 2021.

Depuis une dizaine de jours, l’impact sur les services hospitaliers se fait sentir, avec une inquiétude car il y a beaucoup moins de personnel soignant pendant la période estivale. Le seuil de 1 000 patients en réanimation a été de nouveau franchi le 29 juillet 2021 (1 072 exactement au 30 juillet 2021) et cet indicateur remonte de manière continue.

Pour autant, la situation est plus caractérisée par une incertitude que par la certitude de la catastrophe. Quand on suit l’évolution en Grande-Bretagne et en Espagne, la situation s’améliore. La Grande-Bretagne est en avance d’un mois sur la France pour son évolution épidémique. Elle est plus vaccinée que la France (10% de plus en population générale, 10% de plus en population la plus âgée). Or, le nombre de nouveaux cas semble plafonner et rebaisse même, ne franchissant pas 50 000 nouveaux cas. Et pourtant, ce ne sont pas des mesures de confinement qui ont amélioré cette situation puisque, au contraire, tout a été rouvert ces derniers jours. Malgré tout, son impact sur l’hôpital n’est pas négligeable, et les décès ont beaucoup augmenté, de l’ordre de 75 à 100 par jour au lieu de 10.

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En France aussi, le nombre de décès quotidiens a augmenté, de 46% en une semaine. Mais ce plafonnement possible peut aussi être un motif d’espoir. En France, un indicateur qui peut rassurer, c’est le taux de reproduction effectif. Certes, il est très supérieur à 1, donc nous restons en pleine montée de la vague, mais il a baissé en une semaine. Il était de 1,87 au 24 juillet 2021 et il s’effondre, après être monté à un sommet à 2,14 le 20 juillet 2021. Il n’y a pas encore d’explication sinon que la quatrième vague observe deux différences majeures par rapport aux précédentes vagues : d’une part, le variant delta est extrêmement contaminant (charge virale 1 260 fois plus importante), mais d’autre part, une grande partie de la population est en cours de vaccination. Et cela, c’est rassurant et positif.

Cette incertitude (le pire n’est jamais sûr), c’était le message du professeur Rémi Salomon, chef d’un service de pédiatrie à hôpital Necker, interrogé par Amélie Carrouer sur LCI le dimanche 25 juillet 2021 : « Je crois qu’il y a une grande incertitude. On ne sait pas très bien ce qui va précisément arriver car on est dans une configuration qui est très différente de celle des vagues précédentes. On a une population qui est vaccinée, pas suffisamment mais elle est quand même pas mal vaccinée, hein (…), et on a par contre un variant qui est beaucoup plus contagieux. Donc, dans la balance, finalement, on ne sait pas très bien aujourd’hui jusqu’où montera cette vague, à la fois en nombre de cas, et on voit d’ailleurs, dans certains pays, en Grande-Bretagne, on voit également en Espagne, le nombre de cas qui commence à diminuer, et en Écosse, c’est assez frappant. Donc, c’est très intéressant à essayer de comprendre ce qui se passe à cet endroit-là. La vaccination joue, mais pas que. Il y a aussi le respect des gestes barrières. Tout ça pour vous dire que je ne sais pas répondre à votre question, jusqu’où montera la vague du nombre de cas et jusqu’où montera l’impact sur l’hôpital. Il y a un risque, il est réel (…), il y a un risque que ça monte. Et il suffirait même, si ça montait à la moitié de la troisième vague, ça nous mettrait déjà en très grandes difficultés, a fortiori si cela arrivait avant la fin des congés. ».





Cependant, l’explication par la vaccination du freinage de l’épidémie et de la réduction de l’impact hospitalier semble pertinente. 96% des personnes nouvellement contaminées n’avaient pas achevé leur parcours vaccinal (pour être bien protégé, il faut avoir reçu la seconde dose il y a deux semaines au moins).

Mais les exemples les plus flagrants sont en Martinique et à La Réunion où des mesures de confinement et de couvre-feu ont dû être décidées le 29 juillet 2021 par les préfets respectifs. En Martinique, le taux de couverture vaccinale est inférieur à 20% (de l’ordre de 19%) et le taux d’incidence est de 1 025. À La Réunion, le taux vaccinal est de l’ordre de 38% et le taux d’incidence de l’ordre de 400. Ces données évoluent très vite, si bien qu’il peut arriver que dans un reportage, par exemple à la télévision, les données soient différentes de celles indiquées sur le plateau, plus récentes.

C’est justement pour éviter un reconfinement sur tout le territoire national que le gouvernement a étendu le passe sanitaire (qui devrait être applicable à partir du 9 août 2021 après sa probable validation par le Conseil Constitutionnel le 5 août 2021, selon les analyses préliminaires du Conseil d’État).

Le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a très clairement expliqué cet enjeu lors de son audition au Sénat le jeudi 22 juillet 2021 à 9 heures (on peut réécouter ici).

Son objectif était très clair : « Faire en sorte de ne pas reconfiner le pays. Notre pays ne peut pas se permettre un nouveau confinement, nous ne pouvons pas arrêter l'activité sociale, culturelle, sportive, économique dans notre pays comme nous avons été obligés de le faire. Ce que nous disent les scientifiques, et c'est la donnée très importante qui sous-tend toute la logique du passe sanitaire, c'est que si nous arrêtons tout le pays, nous aurons le même impact sur la dynamique que si nous arrêtons toute l'activité pour les seules personnes non-vaccinées. C'est-à-dire que si toutes les personnes vaccinées mènent la vie la plus normale possible et que nous arrivons à protéger celles qui ne sont pas vaccinées en attendant de les vacciner, nous ne sommes pas obligés de confiner. C'est la logique du passe. Le passe n'est pas une punition. Le passe n'est pas une réjouissance, et vous savez ce que j'en pense, sur le fond, mais nous n'avons pas le choix. La question qui se pose, ce n'est pas : le passe ou rien, ou un passe plus tard ou rien, ou un passe amoindri ou rien, ou un passe partiel qu'on ne mettrait pas dans tel endroit parce que ce n'est pas pratique ou rien. Personne ne considère que le passe sanitaire soit simple à mettre en place. Personne ne dit que nous avons l'expérience de pouvoir le mettre en place dans les meilleures conditions possible. Mais ce que je vous dis avec franchise et transparence, c'est que nous avons deux choix : réussir le passe, vite, très vite, et la durée du temps nécessaire, partout où il est indiqué, ou alors nous exposer au risque de devoir reconfiner notre pays. Je vous dis encore une fois : ne voyez pas ma démarche comme un chantage ou une épée de Damoclès, je vous dis en sincérité parce qu'il n'y a pas d'autre option aujourd'hui. Il y a une urgence à intervenir. Le passe n'a de sens que tant que toute la population n'est pas vaccinée. Lorsque nous serons tous vaccinés (...), le passe disparaîtra. Il n'aura plus son utilité. J'espère que ce sera le plus tôt possible. » (22 juillet 2021).

C’est donc la raison pour laquelle il faut continuer à vacciner, vacciner, vacciner. Aussi étonnant soit-il, avec son taux de couverture vaccinale, la France a dépassé les États-Unis depuis deux semaines. Elle a dépassé la moyenne européenne la semaine dernière. Elle est en train de rattraper voire de dépasser l’Allemagne en ce moment. Il faut donc avoir à l’esprit que la France fait partie des pays qui ont le plus massivement vacciné. Insuffisamment encore, car il reste 3 millions de personnes vulnérables qui ne sont toujours pas vaccinées, et l’on sait que c’est essentiel pour ne pas développer une forme grave, mais c’est déjà "pas mal", comme le disait le professeur Rémi Salomon. Au-delà des personnes vulnérables, il y a encore un effort à faire dans la vaccination des adolescents (seulement 35,5% des 12-18 ans ont reçu une première dose).

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Au 30 juillet 2021 en France, il y avait 42 142 789 ayant reçu au moins une dose (soit 62,9% de la population totale), dont 35 139 583 personnes qui sont complètement vaccinées (soit 54,5% de la population totale). C’est donc déjà beaucoup, mais cela reste insuffisant pour atteindre une immunité collective.

On reparlera longtemps de la décision du Président Emmanuel Macron du 12 juillet 2021. Pas comme le début d’une supposée "dictature" sanitaire (le dictateur, ici, c’est le virus, pas les dirigeants politiques), je reste toujours interloqué de qualifier un débat parlementaire de "dictature", de qualifier une mesure sanitaire temporaire (jusqu’au 15 novembre 2021) de "dictature", les mots n’ont plus aucun sens, mais peut-être étaient-ce les mêmes qui qualifiaient les (vraies) dictatures communistes de "républiques démocratiques" ? On en reparlera comme d’une juste anticipation de la quatrième vague.

Du reste, le camp de la peur n’est pas chez les personnes vaccinées. Par exemple, les jeunes et les actifs (18 à 50 ans), majoritairement vaccinés maintenant, ont compris le message présidentiel, et sans doute que beaucoup d’entre eux ne se considèrent pas macronistes (parce que si c’était le cas, il y aurait plus de 42,1 millions de macronistes ; plus besoin d’élection en 2022 !). Simplement, ce sont des personnes pragmatiques qui, peut-être, hésitaient à se faire vacciner ou "procrastinaient" pour une raison ou une autre, et qui ont franchi rapidement le pas. Ce n’était pas une marque de soumission, simplement de raison, de sagesse et surtout, de responsabilité sociale. Il reste stupide de mélanger mesures sanitaires et politique politicienne. On peut être d’opposition et vouloir être vacciné. Le vaccin n’est pas un gage de macronitude !

Ceux qui ont la trouille, ce sont plutôt ces antivax forcenés, heureusement de moins en moins nombreux, qui se nourrissent de la peur, celle d’un vaccin qui tuerait alors qu’il protège, celle d’un gouvernement qui établirait la "dictature" (mais qui va quand même organiser des élections libres et sincères, qui laissent chaque semaine quelques milliers Français manifester librement, qui acceptent d’être enseveli sous la boue d’insultes et de désinformation à longueur de messages dans les réseaux sociaux, etc.). Bref, une supposée "dictature" très respectueuse du droit et de la liberté d’expression, et beaucoup de peuples envient une telle "dictature" !

À l’hôpital Necker, le 27 juillet 2021, le docteur Olivier Veran a vacciné en seconde dose sa collègue du gouvernement Olivia Grégoire, enceinte du cinquième mois. Avec le professeur Yves Ville, gynécologue obstétricien, spécialiste en chirurgie fœtale et en médecine fœtale, chef de service à l'hôpital Necker, professeur à l'Université Paris-Descartes, membre de l'Académie nationale de médecine, les ministres ont voulu ainsi, par cette action médiatique, encourager les femmes enceintes à se faire vacciner : elles sont elles-mêmes ainsi que leur bébé à naître des personnes à risque pour le covid-19. Aller convaincre, sur le terrain, c’est le travail du gouvernement. Jean Castex est allé ainsi en Seine-Saint-Denis dans deux centres de vaccination le même jour. C’était aussi le sens de la déclaration d’Olivier Véran lors du débat parlementaire sur le passe sanitaire.

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Dans la séance du 21 juillet 2021 à l’Assemblée Nationale, Olivier Véran rappelait d’ailleurs que chaque campagne de vaccination, dans l’histoire, avait suscité des mouvements de révolte : « L’histoire de la vaccination est indissociable de contestations véhémentes et de mouvements sociaux qui, guidés par des motifs tantôt religieux, politiques ou spiritualisants, ont tenté de faire obstacle à ce qui reste l’une des grandes avancées de l’histoire de la médecine et l’une des plus belles œuvres du génie français. La ligue nationale pour la liberté des vaccinations a été créée en 1950 à la suite de la décision de rendre obligatoire le vaccin BCG contre la tuberculose. Bien avant, en 1902, le gouvernement avait décidé de rendre obligatoire l’injection contre la variole, ce qui a entraîné un très grand mouvement de défiance. (…) Quand les autorités sont passées d’une incitation à une forme de contrainte, toutes les campagnes de vaccination ont entraîné des réactions sociales plus ou moins vives. S’y arrêter, c’est renoncer, et ce n’est pas une option envisageable. Il faut convaincre, lutter contre la peur et mobiliser les arguments tangibles et raisonnables de la science : c’est notre tâche aujourd’hui. ». Il n’y a donc rien de nouveau dans l’histoire de l’humanité, malgré l’éclosion des nouvelles technologies.

C’est cette peur-là qu’il convient de combattre. Elle est instillée par des personnes de peu de foi qui, parfois, en profitent pour avoir plus d’audience et plus de rentes. Le professeur Gilbert Deray, chef du service néphrologie de l’hôpital La Pitié-Salpêtrière, l’a évoqué dans une tribune très incisive publiée dans le "Journal du dimanche" le 17 juillet 2021 : « Dans la guerre contre le covid, une cinquième colonne est en action, avec (…) un déferlement de propos obscènes qui visent à détourner les Français du seul traitement qui pourrait les protéger et permettre au pays de revivre normalement, le vaccin. (…) Ces propos sont le fait de politiques, de journalistes, d’acteurs, de comiques, d’avocats, et même de médecins. Des nantis et des résistants de pacotille souvent ridicules. Certains qui disent vouloir quitter la France nous l’annoncent de l’étranger (…) où ils vivent ! (…) Ils s’imaginent en De Gaulle, Jean Moulin ou Nelson Mandela, ils ne sont que des tristes clowns, des profiteurs de la guerre. ».

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Et un mot sur les motivations : « Leurs propos outrageusement stupides transpirent l’appât du pouvoir, de l’électeur, et comme toujours du gain financier. (…) Ils ne prennent aucun risque pour leur petite personne, ils sont vaccinés sans le dire, mais ils envoient au feu et profitent de la misère, de la peur et de l’ignorance pour gonfler leur petite boutique politique ou leur portefeuille et souvent les deux. Minables mais dangereux, car ils minent la confiance et créent la suspicion et le désordre. Ce sont les mêmes qui ont proposé des médicaments inefficaces qui ont conduit des milliers de personnes à la mort. Demandez aux Brésiliens ce qu’ils pensent de l'hydroxychloroquine et de l’ivermectine. (…) L’appel à la résistance a été entendu (…), deux millions de Français se sont inscrits en 48 heures pour être vaccinés après les déclarations sur le passe sanitaire. (…) Ce qui me réchauffe le cœur et l’âme, ce sont ces dizaines de millions de Français qui, parce qu’ils ont confiance en la médecine et le sens de l’intérêt de la nation, sont déjà vaccinés. ».

Le passe sanitaire est un succès, puisque l’un des buts, c’était d’encourager à la vaccination. Le rapport des forces est de toute façon déjà établi : 42,1 millions de Français ont fait la démarche volontaire de se faire vacciner à comparer aux 161 000 manifestants du samedi 24 juillet 2021. Comme dirait l’autre, y a pas photo ! Protégez-vous, faites-vous vacciner, pour vous, pour votre entourage, c’est ensemble que nous pouvons combattre cette saleté de virus !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 juillet 2021)
http://www.rakotoarison.eu


(Le dessin humoristique est de Nawak).


Pour aller plus loin :
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur l passe sanitaire le 25 juillet 2021.
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).
SARS-CoV-2 variants of concern and variants under investigation in England, Technical briefing 17, Publlic Health England, 25 juin 2021 (à télécharger).
Bosetti et al., Epidemiology and control of SARS-CoV-2 epidemics in partially vaccinated populations ; a modeling study applied to France, Institut Pasteur, 28 juin 2021 (à télécharger).
Covid-19 : Où en est l’épidémie en France ? Et faut-il avoir peur du variant delta ?
Covid-19 : la divine surprise.
Vive le déconfinement, mais attention au relâchement !
Covid-19 : passe sanitaire et obligation vaccinale.
Dénigrements du vaccin Pfizer sur le Web : une origine russe ?
Plus de 20 millions de Français vaccinés : et moi et moi et moi.
Covid-19 : le passe sanitaire né dans la douleur en France.
Levée des brevets des vaccins anti-covid-19 : de la théorie à la pratique.
La balance bénéfices-risques du vaccin d’AstraZeneca.
Covid-19 : 100 000 décès en France, 1 million en Europe.
Le vaccin russe Sputnik V.
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19.
Origine du coronavirus SARS-CoV-2 : détecté et en circulation en France depuis le 5 novembre 2019 ?
La technologie à ARN messager de Katalin Kariko.
Pandémie de covid-19 : plus de 2 millions de décès et une poignée de néo-négationnistes.
7 questions sur les vaccins contre le covid-19.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210730-covid-dx-vaccination.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-se-faire-vacciner-c-est-234663

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/07/23/39069023.html






 

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 03:58

« Chacun a sa place dans la cité et doit avoir la part de responsabilité qui lui revient dans la construction de la maison commune, selon le principe de subsidiarité largement développé par les papes. » (Jean-Paul II, le 17 novembre 1999, lettre à Jean Boissonnat, président des Semaines sociales de France).



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Comme on pouvait le craindre, avec un taux d’incidence de 1 000 nouvelles contaminations pour 100 000 habitants en une semaine, le préfet de Martinique a pris le mercredi 28 juillet 2021 des mesures de confinement et de couvre-feu sur tout le territoire de la Martinique. Les services hospitaliers sont saturés et l’on en vient à envisager sérieusement des transferts de malades en métropole. Pas étonnant que la reprise épidémique est plus forte en Martinique, avec un taux de couverture vaccinale extrêmement faible (de l'ordre de 16%), ce qui, pour le Premier Ministre Jean Castex, est même, hélas pour les Martiniquais, la preuve de l'efficacité de la vaccination pour lutter contre l'épidémie.

Cette information rappelle la doctrine du gouvernement pour cette quatrième vague épidémique : la territorialisation des mesures de restriction sanitaire. Cette idée est d’ailleurs du bon sens. Pourquoi appliquer à tout le pays des mesures qui ne seraient nécessaires que dans une région particulièrement touchée par les contaminations ?

On a souvent critiqué la gestion de la première vague, avec des mesures de confinement strict partout, alors que c’étaient le Nord, le Nord-Est, la Bourgogne-Franche-Comté et la région parisienne qui étaient principalement touchées. Les régions du littoral atlantique, notamment, semblaient épargnées. À l’époque, le gouvernement avait justifié les mesures nationales par la nécessité de maintenir bas le niveau épidémique de ces régions épargnées afin qu’elles puissent compléter sinon suppléer les services de réanimation dans les régions les plus touchées.

Un argument tout à fait valable qui est du reste du même genre que la fermeture des remontées mécaniques dans les stations de ski l’hiver dernier. Bien entendu qu’on risquait peu de se faire contaminer en skiant (il suffisait de maintenir des distances de sécurité dans les files d’attente), mais c’était pour éviter un engorgement des hôpitaux (la Savoie était pas mal touchée), supprimer une cause d’hospitalisation très fréquente l’hiver (accident de ski), très fréquente car beaucoup de skieurs ne font pas beaucoup de sport en dehors de ces moments intenses. J’ai été étonné que le gouvernement ait si mal communiqué sur ce sujet en laissant se propager l’idée qu’il faisait n’importe quoi, arbitrairement et sans justification.

Cette territorialisation a une origine intéressante, la doctrine sociale de l’Église, confirmée par le pape Jean-Paul II en 2001 : « Je ne peux que me réjouir de voir invoqué, de plus en plus, le fécond principe de subsidiarité. Ce principe est l’un des piliers de toute la doctrine sociale de l’Église. ». En effet, c’est dans l’encyclique "Quadragesimo Anno" promulguée par le pape Pie XI le 15 mai 1931, pour célébrer le quarantième anniversaire de l’encyclique "Rerum Novarum" promulguée par le pape Léon XIII le 15 mai 1891, qu’a été introduite la notion de "subsidiarii officii principio", le principe de subsidiarité, qu’on pourrait définir de manière "profane" par cette formulation d’un chef d’entreprise, Alexandre Gérard, qui me paraît pas mal : « On confie des responsabilités à l’échelon le plus bas et le plus proche possible de l’action. Quant au manager, il se place en retrait pour accompagner plutôt que pour diriger. ». Pour la crise sanitaire, le manager, c’est bien sûr ici Emmanuel Macron.

On comprendra alors pourquoi le principe de subsidiarité est l’un des principes fondateurs de la construction européenne. Il permet le maintien des États, des nations, la diversité qu’on retrouve dans cette devise : "l’unité dans la diversité". Elle nécessite, pour être applicable, un État décentralisé, ce qui est peu dans la tradition républicaine française d’égalité de tous. Je parle de "tradition" car c’est bien de l’histoire qu’il s’agit. L’Allemagne est un État unifié récent, tout comme l’Italie, l’Espagne, les États-Unis, et le principe de subsidiarité leur est "naturel" car ce sont des États particulièrement fédéraux. En revanche, la France a toujours été un État centralisateur, fort, par nécessité de prendre l’ascendant sur des duchés souvent agités et rebelles.

Mais revenons à la gestion de la crise sanitaire. Le gouvernement y a trouvé un intérêt politique non négligeable : la possibilité de prendre des mesures ciblées mais localisées, si bien qu’elles sont sans conséquence politique. Du moins à très court terme. Après tout, il vaut mieux laisser le préfet de Martinique assumer cette mesure locale plutôt que d’en faire une mesure d’information nationale assumée par le gouvernement lui-même. On ne pourra pas reprocher au gouvernement de ne pas assumer, puisque personne ne voudrait nationaliser ce type de mesures.

Et pourtant, c’est ce qui s’est passé aux deuxième et troisième vagues. Durant l’été 2020, où il était question de porter le masque en extérieur, cela avait commencé très mal. La maire de Paris avait en effet défini des rues à masque (très passantes) et des rues sans masque (moins passante), mais c’était tellement compliqué, et tellement évolutif, qu’il fallait se promener avec un plan détaillé relié au site de la mairie pour ne pas être en infraction. Finalement, à la fin du mois d’août, après la difficulté des maires à définir des zones à masque, le port du masque a été obligatoire partout. C’est plus simple, plus lisible, peut-être moins intelligent et moins pertinent mais la simplicité rend souvent une mesure contraignante plus acceptable qu’une usine à gaz trop sophistiquée.

En septembre et en octobre 2020, petit à petit, des mesures de restriction très localisées ont été prises : fermeture de bars et restaurants à 23 heures, etc. On se souvient du vent de révolte à Marseille, qui ne comprenaient pas qu’on appliquât à Marseille ce qu’on refusait d’appliquer en Seine-Saint-Denis dont la situation épidémique était aussi alarmante. Ensuite, ce furent des couvre-feux dans certains départements… et finalement, des mesures de confinement généralisées, sur tout le territoire national. Il y a eu le même phénomène en mars 2021 : après des mesures localisées de confinement, leur extension sur tout le territoire, c’était le troisième confinement.

Il ne faut pas être dupe avec le virus, en particulier avec le variant delta très contaminateur. Les mesures locales ne durent jamais très longtemps. En France, au 25 juillet 2021, le taux d’incidence national était de 191,4. Autant dire que séparer les départements au taux d’incidence supérieur ou inférieur à 200 va bientôt ne plus avoir de sens : c’est le pays en entier qui aura dépassé le seuil d’alerte (qui devait être de 50 mais en période de vague, on le remonte à 200). En Corse, on a déjà pris des mesures de fermeture de cafés et restaurants à 23 heures, et probablement que les mesures seront de plus en plus restrictives, surtout en pleines rencontres estivales de vacanciers.

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Pour cette quatrième vague, la situation géographique est très différente des précédentes vagues : les départements où la contamination fait rage sont ceux où l’on vient passer ses vacances, ce qui est logique. Ainsi, tout le littoral atlantique est maintenant durement touché, ce qui est nouveau par rapport aux vagues précédentes. Mais les chassés-croisés des vacanciers (juilletistes, aoûtiens) vont aller mécaniquement "répandre" ces fortes contaminations partout dans le pays. Des mesures territorialisés ne se justifieraient vraiment et ne seraient efficaces que si l’on décidait d’entraver la circulation et qu’on interdisait le déplacement entre départements concernés et le reste du pays. Or, en pleines vacances, cette idée n’est absolument pas acceptable ni envisageable.

Je crains la nationalisation des mesures territorialisées, parce que l’expérience épidémique montre que si on ne ferme pas les "frontières" (intérieures, celle des départements), la situation grave de certaines zones s’étendra à tout le pays. Mais j’ai aussi une belle espérance. Celle de la vaccination.

L’Institut Pasteur a publié de nouvelles projections. Ce sont des scénarios issus de modèles, ils n’ont rien de prédictifs mais ils montrent des résultats selon les informations qu’on met en hypothèse. "Le Monde" et LCI ont publié les différentes courbes.

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Les scénarios proposés dépendent de deux critères : l’état de la vaccination en cours, et le niveau du taux de reproduction effectif (très élevé pour le variant delta ; l’expérience montre que l’hypothèse médiane, courbes en jaune sur le schéma, est la plus proche de la réalité). Dans l’hypothèse de ralentissement de la vaccination, le pic épidémique serait prévu en mi-septembre 2021 en dépassant tant le pic de la première vague que celui de la deuxième vague, ce qui signifierait des jours très très difficiles dans les services hospitaliers.

L’hypothèse de la poursuite d’une vaccination massive (insistons sur le fait que grâce au sursaut suscité par la décision du passe sanitaire, la France a dépassé les États-Unis pour sa couverture vaccinale, et est même en train de rattraper l’Allemagne dans une ou deux semaines), la quatrième vague pourrait ne pas atteindre le niveau épidémique de la deuxième vague, et le pic serait en début de septembre 2021.

C’est basé sur ces modèles qu’on doit trouver la raison de la volonté d’être rapide dans l’application du passe sanitaire. Car ces modèles ne tiennent pas compte de ces mesures de restriction. Et il n’y a pas de miracle. Ou l’on arrivera à appliquer efficacement le passe sanitaire, qui est un pis-aller, ou l’on finira par reconfiner tout le pays en pleine rentrée scolaire. Que ceux qui ont d’autres solutions moins contraignantes mais tout aussi efficaces pour stopper la montée épidémique les transmettent au plus vite au gouvernement avant qu’il parte en vacances, elles aussi bien méritées !…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 juillet 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
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Covid-19 : Où en est l’épidémie en France ? Et faut-il avoir peur du variant delta ?
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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 03:08

« On est jeune tant qu’on souhaite que chaque jour diffère de la veille, vieux, quand on espère que chaque année ressemblera à la précédente. » (Gilbert Cesbron, 1963).



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Dans la journée du samedi 24 juillet 2021, les sénateurs, au cours de l’examen du texte sur l’extension du passe sanitaire en première lecture, ont supprimé l’application du passe sanitaire aux adolescents (aux jeunes de 12 à 18 ans). Comme les députés auront le dernier mot et que le gouvernent bénéficie d’une majorité stable, nul doute que cette suppression soit amenée à être remise dans le texte en seconde lecture. La disposition vise à rendre obligatoire le passe sanitaire chez les adolescents avec un peu de retard par rapport aux adultes, à partir du 30 août 2021 au lieu du début du mois d’août 2021.

La majorité sénatoriale n’a pas semblé comprendre, ou pas voulu comprendre, peut-être par simple posture, celle de se dire les défenseurs d’une liberté qui n’a aucun sens si l’on se retrouve en service de réanimation sous coma artificiel, la logique sanitaire : à savoir, dans les rassemblements sociaux, partout où c’est le cas (restaurants, cafés, musées, cinémas, théâtres, parcs d’attractions, etc.), il faut créer des zones où le virus ne peut pas passer. Et pour cela, réserver ces lieux aux seules personnes qui ne peuvent pas transmettre le virus, du moins, qui sont le moins susceptibles de le transmettre (c’est-à-dire, les personnes vaccinées et les personnes testées négatif récemment), est pertinent.

Accepter alors que des jeunes de moins de 18 ans sans passe sanitaire puissent aussi s’y "mélanger" rendrait le passe sanitaire sans utilité puisque ces zones resteraient alors des zones à risque de circulation du virus : on n’aurait alors aucun intérêt à imposer le passe sanitaire aux adultes aussi. Si les enfants de moins de 12 ans ne peuvent pas être inclus dans ce dispositif, c’est parce qu’ils n’ont pas, pour l’instant, la possibilité de se faire vacciner (voir plus bas). Et si le délai d’extension du passe sanitaire aux 12-18 ans a été retardé par rapport aux plus de 18 ans, c’est aussi parce qu’ils n’ont pu se faire vacciner que très récemment, à partir du 15 juin 2021.

Petites parenthèses sur le choix de ces lieux avec passe sanitaire, car tout est discutable en ce domaine (c’est d’ailleurs le rôle des parlementaires). Certains opposants ont critiqué le fait que les parlementaires eux-mêmes ne seraient pas soumis au passe sanitaire pour se rendre à leur noble assemblée. C’est vrai, mais ils le seraient, ces opposants seraient encore plus scandalisés, car cela signifierait qu’on pourrait entraver les activités d’un parlementaire, ce qui serait inadmissible sur le plan démocratique et constitutionnel. On pourrait raisonner aussi de la même manière avec les bureaux de vote (heureusement, il n’y a pas de scrutin prévu d’ici à la fin du mois de décembre 2021, date jusqu’à laquelle la loi rend possible l’obligation du passe sanitaire : eh oui, cette mesure reste évidemment temporaire, elle est sanitaire et dépend de l’évolution de l’épidémie, elle n’est pas issue de quelques velléités supposées totalitaires d’un gouvernement supposé tyrannique !), réserver les bureaux de vote aux seuls porteurs de passe sanitaire serait une atteinte scandaleuse de la démocratie, à la liberté de vote, évidemment. Je "referme" l’aparté.

Revenons aux ados et rappelons que la vaccination contre le covid-19 est ouverte aux enfants de 12 à 18 ans depuis le 15 juin 2021, c’est-à-dire depuis que l’autorisation des autorités sanitaires pour cette tranche d’âge pour le vaccin Pfizer a été donnée. L’autoritaire européenne a aussi récemment autorisé la vaccination avec le vaccin Moderna pour ces mêmes tranches d’âge. Quant aux enfants plus jeunes, de 8 à 12 ans par exemple, des études cliniques sont en cours et la vaccination n’est pas encore autorisée (j’écris "encore" parce qu’il n’y a pas de raison qu’elle ne le puisse pas : ce qui change surtout, c’est la posologie et le protocole : quelle quantité ? combien de doses ? quel intervalle de temps entre deux doses le cas échéant ? etc.).

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Des "gens" qui s’offusquent que des adultes se fassent vacciner s’offusquent tout naturellement de faire vacciner des adolescents. Cela paraît logique. Pourtant, il n’y a pas de raison vraiment convaincante, dès lors que l’autorisation a été donnée (qui, je le rappelle, s’appuie toujours sur des études cliniques concluantes), d’être plus "choqué" de vacciner un jeune de 17 ans qu’un jeune de 19 ans. D’ailleurs, en ce qui me concerne, si je devais être choqué, je serais plutôt choqué de l’inverse, que l’on ne vaccine pas encore assez les adolescents contre le covid-19. La vaccination massive doit autant les concerner que les adultes.

Mais reprenons le principal argument tout à fait recevable de ceux qui s’interrogent sur la vaccination des 12-18 ans (et probablement des plus jeunes encore dans quelques mois), alors qu’en général, on vaccine beaucoup plus quand la personne est enfant qu’adulte (avec onze vaccins obligatoires, rappelons-le). Cet argument est le suivant : les jeunes de 12-18 ans ont très peu de risques de développer une forme sévère du covid-19 et donc, ils n’auraient pas besoin d’être protégés.

La première assertion est vraie : les jeunes sont rarement hospitalisés du covid-19 et en meurent encore plus rarement, même s’il y en a quelques-uns, mais c’est valable aussi pour la grippe et d’autres maladies qui devraient être "bénignes" à cet âge.

Néanmoins, il ne faut pas négliger que parmi les formes modérées de la maladie, il y a le covid long qui est une belle saloperie (je prie mes lecteurs de m’excuser pour l’emploi de ce genre de mot que j’essaie d’éviter quand j’écris, mais je n’en trouve pas vraiment d’autre qui insiste sur son intensité), c’est-à-dire des patients, souvent jeunes, qui peuvent voir leur vie pourrie de nombreux mois, voire un an, avec un état de fatigue très important, des essoufflements les empêchant d’avoir une activité sportive normale (et même marcher ou monter des escaliers), voire des séquelles très durables (perte du goût et de l’odorat), etc. Je ne sais pas s’il y a des statistiques sur le nombre de covid longs chez les 12-18 ans, puisque c’est un aspect de la maladie qui reste nouveau (parce qu’on ne s’intéressait qu’aux données hospitalières et les covid longs ne sont traités que par la médecine de ville, en principe), mais sachez que ce n’est pas anodin pour ceux qui en sont touchés (et leur entourage).

En revanche, la seconde assertion selon laquelle les jeunes de 12 à 18 ans n’auraient donc pas besoin d’être protégés, car peu touchés par les formes graves, est complètement erronée. En effet, c’est une mauvaise compréhension du vaccin qui fait penser cela, peut-être encouragée par certaines déclarations maladroites des autorités politiques ou médicales du pays qui voulaient, à juste titre, et notamment en période de pénurie de doses, rendre prioritaire la vaccination des personnes les plus vulnérables.

Rappelons, répétons, insistons : le vaccin n’est pas un bouclier individuel mais un bouclier collectif. Ce n’est pas une protection individuelle mais une protection collective. Si je me vaccine, certes, je me protège moi-même (à 95%), mais plus encore je protège l’ensemble de la société dans laquelle je vis, je coupe court à la circulation du virus, je réduis les contaminations (d’un rapport 10 à 12), j’évite la transmission du virus à ceux que j’aime. C’est parce que mon interlocuteur vacciné n’est vacciné qu’à 95% que moi-même, je dois être vacciné pour le protéger, le et pas me protéger. Le bouclier individuel, c’est quand l’efficacité sera parfaite, à 100%.

La vaccination, au-delà de son aspect sanitaire évident, a aussi un aspect civique. Loin de moi l’idée de donner des leçons de morale (ce n’est pas mon genre et même si mon arrière-arrière-grand-père a été professeur de morale dans les belles heures de la Troisième République flamboyante, j’avais retrouvé son manuel scolaire chez ma grand-mère il y a quelques décennies, je n’ai aucun titre à en donner), se faire vacciner est un acte "citoyen" (je n’aime pas trop les substantifs prenant la fonction d’adjectifs) et surtout, un acte de solidarité nationale entre les générations.

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À ce stade de ma réflexion, je peux entendre des remarques qui disent en gros : cette jeune génération a déjà payé un lourd tribut de la crise sanitaire. Oui et non. Oui, c’est clair que par exemple, la génération de ceux qui ont passé le baccalauréat en juin 2020 et qui ont démarré leurs études universitaires en automne 2020, une étape énorme, très nouvelle, presque le passage de l’enfant à l’adulte, de l’élève très encadré à l’étudiant autonome, un moment de la vie qui nécessite une très forte "sociabilisation", c’est sûr que cette génération-là, avec Teams en guise de camarade de promo ou de prof, n’a pas a été aidée dans l’évolution de sa maturité.

Mais la réalité, c’est que tout le monde a été impacté, et salement impacté, par cette crise sanitaire, les actifs qui, parfois, se sont retrouvés au chômage (et tous ses conséquences désastreuses), ou sont devenus fous d’être confinés (la violence conjugale a augmenté), les retraités qui, eux aussi, ont payé un lourd tribut, car après tout, et on insiste souvent sur ce point pour vouloir trouver cela normal (alors que ce ne l’est pas), les 112 000 personnes décédées qui sont mortes du covid-19, ce sont surtout des personnes âgées, pas des jeunes, le lourd tribut se décline donc suivant un fil qui n’a rien d’objectif et l’on peut mettre tout le monde d’accord en affirmant que tout le monde a été traumatisé, affecté du moins, par cette crise sanitaire qui n’en finit pas et c’est d’ailleurs étonnant d’être contre la vaccination alors que c’est la solution le plus précise et la plus efficace pour tenter d’en finir avec ce virus. Du reste, si l’une des générations avait été plus affectée qu’une autre, les autres en seraient autant affectées : un parent ne peut se satisfaire de voir son enfant affecté, pas plus que son propre parent. Il n’y a pas d’étanchéité sociale entre les générations. Chacune a besoin des autres.

Les risques pour les 12-18 ans de se faire vacciner ? Je n’en vois pas dès lors que le vaccin leur est autorisé selon des études cliniques concluantes (je le répète). Les vaccins autorisés (du moins en France) ont très peu risque d’effets secondaires. Les seuls effets quasiment systématiques (mais pas toujours), ce sont une petite gêne au bras (un jour) et, selon le vaccin, pour Pfizer, c’est à la deuxième dose, un état "grippal" pendant un ou deux jours avec forte fièvre (38-40°C). Puis retour à la normale (quand on se vaccine, il faut prévoir un ou deux jours sans obligation physique). Selon moi, ces désagréments ne sont pas des effets secondaires, c’est le rôle voulu du vaccin qui vise à faire produire des anticorps, ce qui est une "lutte", d’où la fièvre. Ce serait précisément l’absence de forte fièvre qui devrait inquiéter, car cela signifierait que le corps n’a pas développé beaucoup d’anticorps (mais chacun réagit différemment dans son organisme).

D’ailleurs, tous les risques, ils sont maintenant bien documentés. On a parlé de thrombose, mais pas plus que lorsqu’on prend la pilule (contraceptive) : est-ce que la lecture de la notice pharmacologique de ce produit a dissuadé une seule jeune fille d’en prendre ? Pourquoi serait-ce différent avec le vaccin ?

Aujourd’hui, en été 2021, au contraire du mois de décembre 2020, le monde a une vision bien plus documentée des vaccins contre le covid-19. Plus d’un milliard de doses ont été injectées, les premiers tests datent d’il y a quinze mois, on aurait donc tout le loisir de détecter des effets pervers non observés au stade expérimental. Pour tout dire, vu la généralisation mondiale de cette vaccination, jamais des vaccins n’ont été aussi surveillés que ceux contre le covid-19.

Alors, parler de bénéfices-risques reste-t-il pertinent en été 2021 ? À mon sens, et malgré le titre de cet article, je pense que non. On a parlé de cette notion à un moment où l’attentisme l’emportait sur la décision. On était favorable à la vaccination mais on avait peur de ce vaccin, supposé nouveau avec une technologie supposée nouvelle (pour les vaccins à ARN messager). Alors, très courageusement, on était attentiste : on attendait de voir chez les autres comment ça irait. Heureusement que les Britanniques et les Israéliens n’aient pas fait la "chochotte" (je prie de m’excuser pour cette expression !), car ils ont pu montrer aux autres nations du monde que les risques étaient infiniment moins grands que les bénéfices. Aujourd’hui, il faut en finir avec la vision "égocentré" du vaccin, vision encouragée (je l’ai écrit plus haut) par les autorités sanitaires pour encourager la vaccination des plus vulnérables au début de la campagne.

La vaccination est une protection collective. L’objectif, c’est que la population soit suffisamment vaccinée dans son ensemble pour que le virus n’ait plus de terrain pour se propager et pour circuler. La plupart des nouvelles contaminations sont sur des personnes non-vaccinées. C’est très encourageant de savoir l’extraordinaire efficacité de ces vaccins (c’est une chance : rapidité et efficacité ; seuls des pays riches comme en France peuvent se permettre de faire la fine bouche devant ces vaccins alors que les pays pauvres meurent de ne pas pouvoir en avoir, et c’est une absolue nécessité de les aider, il faut combattre la pandémie partout dans le monde).

C’est une course de vitesse, car plus le virus circule, plus il mute et le jour où un variant résistera au vaccin (heureusement, l’intérêt des vaccins à ARN messager est qu’ils résistent, généralement efficaces même contre la plupart des variants, mais on ne connaît pas l’avenir évolutif de ce virus), on reviendra à la case départ. Donc, il faut aller vite, d’où la décision du Président Emmanuel Macron le 12 juillet 2021 de susciter un sursaut vaccinal, qui semble en tout cas une réussite aujourd’hui : rappelons que cette semaine, la France a dépassé les États-Unis et même la moyenne européenne pour le taux de couverture vaccinale (arrêtons donc de nous "autoblâmer"). Au 23 juillet 2021 en France, il y a 39 474 866 personnes qui ont reçu une dose (soit 58,9%), et 32 790 772 personnes complètement vaccinées (soit 48,9%). L’objectif du gouvernement de 40 millions de personnes ayant reçu une première dose au 31 juillet 2021 sera largement atteint. Plus de 70% de la population adulte est vaccinée.

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Il est donc là le principal bénéfice de la vaccination de 12-18 ans alors qu’on dit généralement qu’ils font partie des personnes qui font le plus circuler le virus (plus généralement, tous les moins de 30 ans). Dans cette tranche d’âge, il y a une grande possibilité d’amélioration pour augmenter notablement la couverture vaccinale. Actuellement, au 22 juillet 2021, seulement 29,5% des 12-18 ans ont reçu une première dose (9,6% deux doses). Il faut donc intensifier la vaccination des plus jeunes pour rompre la circulation du virus. Il faut éviter de séparer les générations : le virus ne choisit pas l’âge de ses victimes, en revanche, il contamine beaucoup moins les personnes vaccinées, basons-nous donc sur ce critère.

Et puis, en fin de compte, et ceux qui parlaient de "générations sacrifiées" ne peuvent pas y être insensibles, le véritable bénéfice personnel des jeunes de 12-18 ans de se faire vacciner, c’est encore de pouvoir étudier dans les meilleures conditions, de pouvoir aller au collège ou au lycée, de pouvoir avoir une vie scolaire (presque) normale, avec des vrais enseignants qu’ils peuvent interroger physiquement et pas par écrans interposés, avec des camarades présents avec qui jouer, discuter, rigoler, etc.

Car c’est cela l’enjeu : si nous ne pouvons pas résister à la quatrième vague (25 624 nouveaux cas rien que la journée du samedi 24 juillet 2021, c’est un tsunami !), si le taux de vaccination est insuffisant dans la population générale, la seule réponse possible pour éviter un nouveau massacre (111 616 décès au 24 juillet 2021), c’est de reconfiner le pays. Pas sûr que ce soit dans l’intérêt des jeunes générations…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 juillet 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).
SARS-CoV-2 variants of concern and variants under investigation in England, Technical briefing 17, Publlic Health England, 25 juin 2021 (à télécharger).
Bosetti et al., Epidemiology and control of SARS-CoV-2 epidemics in partially vaccinated populations ; a modeling study applied to France, Institut Pasteur, 28 juin 2021 (à télécharger).
Covid-19 : Où en est l’épidémie en France ? Et faut-il avoir peur du variant delta ?
Covid-19 : la divine surprise.
Vive le déconfinement, mais attention au relâchement !
Covid-19 : passe sanitaire et obligation vaccinale.
Dénigrements du vaccin Pfizer sur le Web : une origine russe ?
Plus de 20 millions de Français vaccinés : et moi et moi et moi.
Covid-19 : le passe sanitaire né dans la douleur en France.
Levée des brevets des vaccins anti-covid-19 : de la théorie à la pratique.
La balance bénéfices-risques du vaccin d’AstraZeneca.
Covid-19 : 100 000 décès en France, 1 million en Europe.
Le vaccin russe Sputnik V.
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19.
Origine du coronavirus SARS-CoV-2 : détecté et en circulation en France depuis le 5 novembre 2019 ?
La technologie à ARN messager de Katalin Kariko.
Pandémie de covid-19 : plus de 2 millions de décès et une poignée de néo-négationnistes.
7 questions sur les vaccins contre le covid-19.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210724-covid-du-vaccination-adolescents.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-les-benefices-risques-de-234582

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/07/24/39070742.html








 

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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 02:27

Le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a été auditionné le jeudi 22 juillet 2021 à 9 heures par le Sénat dans le cadre de l'examen du projet de loi d'extension du passe sanitaire.

Cliquer ce lien pour télécharger l'audition (fichier .mp4) :
http://videos.senat.fr/senat/2021/07/encoder3_20210722084553_2_1166000_1952000.mp4

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210730-covid-dx-vaccination.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20210722-audition-senat-veran.html




 

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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 17:54

« La liberté, ce n’est pourtant ni se soustraire aux impôts, ni rouler à contresens sur l’autoroute, ni fumer au restaurant, ni refuser un vaccin qui me protège autant qu’il protège les autres. La liberté, c’est accepter les règles sans lesquelles la vie du groupe est tantôt menacée, tantôt rendue impossible. (…) L’histoire de la vaccination est indissociable de contestations véhémentes et de mouvements sociaux (…). Quand les autorités sont passées d’une incitation à une forme de contrainte, toutes les campagnes de vaccination ont entraîné des réactions sociales plus ou moins vives. S’y arrêter, c’est renoncer, et ce n’est pas une option envisageable. Il faut convaincre, lutter contre la peur et mobiliser les arguments tangibles et raisonnables de la science : c’est notre tâche aujourd’hui. » (Olivier Véran, le 21 juillet 2021 à l’Assemblée Nationale).



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Depuis ce mercredi 21 juillet 2021, les députés examinent le projet de loi sur l’extension du passe sanitaire, l’obligation vaccinale pour les personnels soignants et l’obligation d’isolement pour les personnes contaminées. Le gouvernement espère aller vite, malgré les nombreux amendements, pour pouvoir appliquer le texte dès le 1er ou 2 août 2021. Afin de rassurer les parlementaires de l’opposition, le Premier Ministre Jean Castex, invité du journal télévisé de 13 heures du 21 juillet 2021 sur TF1, s’est engagé à saisir le Conseil Constitutionnel pour valider le texte final sur les libertés.

Le contexte est le suivant : la quatrième vague est là, hélas. On ne voulait pas y croire, on aurait voulu qu’elle attende la fin de l’été pour qu’on puisse se prendre tranquillement des vacances très méritées (elles le sont, assurément), mais jusqu’à preuve du contraire, le variant delta n’est pas une œuvre maléfique concoctée dans les sous-sols de l’Élysée, c’est hélas plus simplement l’évolution normale d’une pandémie où les variants à la plus forte contagiosité l’emportent sur toutes les autres variations du virus d’origine.

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Le 20 juillet 2021, il y a eu 118 181 nouveaux cas, soit +182% par rapport à la semaine précédente. Le 21 juillet 2021, il y a eu 21 539 nouveaux cas. La montée est vertigineuse. Le taux de reproduction au 17 juillet 2021 était de 2,0. Cela ne s’est jamais produit depuis le début de la pandémie, le maximum était plutôt de l’ordre de 1,5 lors des autres vagues. Si on ne fait rien, la situation sera catastrophique dans quelques semaines.

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Alors, dans le cas d’une crise sanitaire mondiale et durable, il y a deux priorités. La première, c’est éviter de laisser reproduire le virus car ce virus mute et l’on voit bien que la variant delta est bien plus problématique que le variant alpha, au sens où il est plus difficile à contenir. La seconde priorité, c’est qu’il y ait le moins de victimes possible, c’est-à-dire, le moins de morts possible mais aussi le moins d’entrées à l’hôpital, le moins de covid long qui frappent beaucoup de jeunes.

La question du nombre de lits en réanimation n’est pas le sujet : le sujet, ce n’est pas de pouvoir accueillir tous les malades ; le sujet, c’est d’avoir le moins de malades possible à accueillir. On peut revoir comme le professeur Gilbert Deray a répondu au journaliste Jean Quatremer sur cette question, ils étaient invités de LCI le 21 juillet 2021.





Ce n’est donc pas un hasard si le Président Emmanuel Macron a pris ses responsabilités en annonçant dans son allocution télévisée du 12 juillet 2021 l’extension du passe sanitaire dans tous les lieux de rencontres sociales. Tous ceux qui critiquent cette décision salutaire sont les mêmes qui critiquaient le manque d’anticipation du gouvernement lors des précédentes vagues. Là, on ne pourra pas reprocher au gouvernement son manque d’anticipation. Des députés LR le lui reprochaient encore le 21 juillet 2021 tandis qu’ils soutenaient le report à septembre des mesures urgentes pour freiner l’épidémie. La posture politicienne n’a jamais fait bon ménage avec la logique.

Ce tsunami estival est dans le radar depuis trois semaines, et le pouvoir exécutif a dû prendre ses responsabilités. Emmanuel Macron aurait préféré parler de relance économique, de réformes sociales et de préparation de la campagne présidentielle. Tout le monde subit le virus, c’est ce que les complotistes n’arrivent pas à accepter : c’est un mauvais jeu où personne ne gagne : ni Emmanuel Macron, ni Joe Biden, ni Bill Gates, ni même madame BigPharma, ni que sais-je encore ?

Cette quatrième vague était même prévisible dès la fin du mois de mai 2021, quand on a vu la forte remontée épidémique de la Grande-Bretagne : aujourd’hui, la situation est terrible, plus de 50 000 nouveaux cas par jour. Au contraire de restreindre, Boris Johnson a fait le pari de tout rouvrir. Les Britanniques vont le payer très cher, pourtant, la même erreur avait été faite en mars 2020. On commence à voir, hélas, une nette remontée des décès : 96 le 20 juillet 2021, au lieu des 10 à 20 pendant plusieurs semaines.

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En France, le nombre de décès quotidien continue encore à descendre lentement. Les entrées à l’hôpital et en réanimation commencent à remonter au lieu de continuer à descendre. Dans son introduction le 21 juillet 2021 devant les députés, le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a constaté : « La situation que nous connaissons est préoccupante. (…) Le variant delta circule plus activement et son taux d’incidence a plus que doublé en une semaine, ce qui entraîne notamment une hausse des hospitalisations : près de 1 400 nouveaux patients sont entrés à l’hôpital au cours des sept derniers jours, c’est-à-dire 37% de plus que la semaine précédente, et 253 en soins critiques, c’est-à-dire 34% de plus. ».

Certes, le nombre total des personnes hospitalisées ou en réanimation continue à descendre encore très lentement, car nous en sommes à la fin de la troisième vague et beaucoup de patients quittent l’hôpital après un long séjour. Hélas, vu la remontée chez nos voisins britanniques, il est sûr que, malgré la vaccination, tous ces paramètres vont remonter dans quelques semaines. Il y a toujours un décalage entre la date de la contamination et les entrées en réanimation voire les décès (de trois à six semaines). Tout cela est prévisible.

La vaccination ne servirait-elle donc à rien ? Au contraire, heureusement que les vaccins contre le covid-19 existent. Les effets de la nouvelle vague seront atténués mais pas absents. La semaine dernière, 96% des dizaines de milliers de personnes contaminées et symptomatiques n’étaient pas encore vaccinées. C’est ce qu’a rappelé Jean Caste sur TF1. C’est là le salut : la vaccination est très efficace pour éviter d’être malade, et aussi pour éviter une forme sévère du covid-19. Il reste pourtant encore trop de personnes vulnérables (âgées ou souffrant d’obésité, de diabète, etc.) pas encore vaccinées.

La décision d’Emmanuel Macron n’est pas attentatoire aux libertés, du moins, beaucoup moins que le confinement. Car sans vaccin, qu’aurait-il dû faire ? Refermer le pays, refermer les restaurants, les bistrots, les cafés, les salles de sports, les théâtres, les cinémas, les musées, etc. comme lors des précédentes vagues. Au contraire, comme on a maintenant un moyen très efficace de se protéger et de protéger les autres, on pourra peut-être éviter un quatrième confinement. Le passe sanitaire serait-il pire que le confinement ? C’est très étrange d’entendre les arguments des opposants à cette mesure sanitaire (très minoritaires), comme si l’expérience des dix-huit derniers mois n’avait servi à rien. J’ai écrit "peut-être", mais peut-être qu’on ne pourra pas l’éviter car trop de personnes ne sont pas encore protégées. Jean Castex a refusé d’exclure qu’il ne reconfinerait pas même s’il ne le souhaitait pas, car il ne connaît pas l’avenir.

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Dans cette mesure d’extension du passe sanitaire, il y a deux objectifs. Un à court terme, en urgence : celui d’éviter la surchauffe, de contenir la quatrième vague. Or, le seul moyen de contenir les contaminations, c’est de ne permettre les rassemblements sociaux qu’entre personnes qui ne sont pas susceptibles de transmettre le virus, à savoir les personnes testées négatives ou les personnes vaccinées (l’autre option, j’insiste, c’était un reconfinement). Un à moyen terme : encourager les Français à se faire vacciner. C’est d’ailleurs la seule obsession du gouvernement cet été.

Et sur ce plan-là, Emmanuel Macron a déjà gagné la partie : certes, il n’a pas convaincu les complotistes antivax, mais qui les convaincra ? un membre de leur famille ? un triste événement lié au covid-19 ? En revanche, il a convaincu une foule de personnes qui ne se sentaient pas vraiment concernées, qui procrastinaient sur le plan vaccinal (on verra à la rentrée) et qui sont des personnes pragmatiques. Le coup de tonnerre des restrictions au plein milieu de l’été a eu pour effet que ces personnes se sont précipitées aux centres de vaccination. L’objectif de sursaut est donc atteint. À l’instar du chef cuisinier Philippe Etchbeest, célèbre animateur d’émissions télévisées ("Top Chef", "Cauchemar en cuisine"), qui ne voulait pas se faire vacciner mais qui s’est finalement fait vacciner pour pouvoir travailler en toute quiétude.

Reste à atteindre les nouveaux horizons fixés par le gouvernement. Jean Castex a en effet affiché une forte ambition dans ses objectifs : 40 millions de primovaccinés le 31 juillet 2021, et 50 millions de primovaccinés le 31 août 2021, avec 8 millions de doses injectées pour les deux semaines du 26 juillet au 8 août 2021. Vacciner, vacciner, vacciner.

Le 19 juillet 2021, le Conseil d’État a donné son avis favorable au texte du gouvernement, sauf partiellement pour les centres commerciaux. Le gouvernement sait très bien que cela va impacter les vacances de Français. Mais d’un autre côté, c’est aussi la condition nécessaire pour qu’il y ait des vacances : du reste, des lieux de rencontres sociales sont plutôt satisfaits de sécuriser les relations par le passe sanitaire. Alors que le port du masque n’est plus obligatoire dans les établissements accessibles seulement aux porteurs de passe sanitaire, ces établissements imposent généralement encore le masque pour prendre les plus grandes précautions.

Parmi les opposants à l’extension du passe sanitaire, il y en a qui s’opposent pour s’opposer. J’ai toujours trouvé stupide de mélanger politique politicienne (posture politicienne) et considérations sanitaires, c’était le cas aux États-Unis lorsque le masque était le signe d’un appartenance politique. Il y en a aussi qui sont incompréhensibles, comme le journaliste Jean Quatremer qui, depuis le début de la crise sanitaire, en bon libéral qu’il revendique, rejette toutes les mesures restrictives et dit préférer l’obligation vaccinale au passe sanitaire (notons bien que l’obligation vaccinale est plus attentatoire aux libertés que le passe sanitaire, puisque le passe sanitaire laisse la possibilité de ne pas être vacciné sous réserve d’être dépisté récemment).

Sur ce sujet des libertés et de la démocratie, on a de quoi entendre n’importe quoi (je ne rappelle pas les plus grandes outrances). On n’a rien entendu sur l’obligation vaccinale concernant d’autres vaccins. On n’a pas entendu autant de cris lors des confinements pourtant bien plus attentatoires, je le répète, aux libertés individuelles. Et l’on parle de démocratie bafouée. Sur deux sujets. Sur le sujet des libertés, on tourne alors en rond. Il suffit de rappeler que les confinements n’ont été que des mesures provisoires, à cause de l’épidémie, et que l’extension du passe sanitaire sera, elle aussi, une mesure temporaire : quand tout le monde sera vacciné, ce passe sera évidemment inutile. L’autre sujet de la démocratie, plus pertinent, c’est la procédure accélérée pour faire passer cette loi : oui, il y a urgence, il faut regarder la situation épidémique avec lucidité. En septembre, ce sera trop tard.

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Certes, la politique politicienne prend souvent des détours de posture parfois surprenants, comme ce que proposait la semaine dernière Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI, à savoir le non-remboursement des soins en réanimation des personnes malades non-vaccinées. Ce serait mettre un doigt dans l’engrenage qui ruinerait notre modèle social basé sur la solidarité nationale et la mutualité. Pourquoi alors rembourser les soins du cancer à des fumeurs ? etc. La solidarité nationale, c’est aussi aider ceux qui ont été irresponsables dans leur vie. C’est aussi le principe de l’assurance. Après tout, en payant leurs primes d’assurance, les bons conducteurs, ceux qui n’ont jamais d’accident, paient pour les chauffards et leurs dégâts (humains et matériels).

Pourquoi la vaccination est-elle indispensable et pourquoi n’empêche-t-elle pas des contaminations et des décès ? La vaccination est une protection à la fois individuelle et surtout collective. Cela n’a pas de sens de se faire vacciner uniquement pour soi. Comme je l’ai indiqué plus haut, l’impératif est d’éviter la circulation du virus : plus il se reproduit, plus il mute, et le risque, c’est qu’un variant soit résistant aux vaccins. Pour l’instant, les vaccins sont très efficaces : les personnes vaccinées sont contaminées douze fois moins que les personnes non-vaccinées. De plus, les formes graves sont évitées à 95%. Cela veut dire quand même que 5% des personnes vaccinées peuvent être contaminées et éventuellement avoir des formes graves. Ce n’est pas anodin. Parmi les personnes hospitalisées, 5% ont été vaccinées. Parmi les personnes en réanimation, aucune n’a été vaccinée.

Et la vaccination à 70% de la population n’est pas suffisante pour stopper la circulation du virus. On a hélas un exemple grandeur nature chez nos voisins britanniques. Non seulement les décès remontent (mais beaucoup moins que s’il n’y avait pas eu de campagne de vaccination : lors de l’hiver dernier, le Royaume-Uni est monté jusqu’à 1 800 décès quotidiens, en ce moment, c’est encore inférieur à 100). Au 21 juillet 2021, il y a plus d’un million de cas actifs (exactement 1 014 242), c’est énorme, ce sont des personnes qui doivent rester isolées pendant dix jours, et une part d’entre elles développeront un covid long, d’autres seront hospitalisées, d’autres en mourront. En France, nous en sommes à 133 607 cas actifs au 21 juillet 2021 (au plus bas, nous étions à environ 48 000 à la fin du mois de juin 2021, nous avons presque triplé en trois semaines).

Je reviens sur la vaccination en France. L’allocution présidentielle a provoqué un choc salutaire. Dans la journée du 20 juillet 2021, 822 201 doses ont été injectées. La situation en France est donc plutôt positive même si cela reste encore très insuffisant.

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Cela ne s’est pas dit dans les médias, mais la France a dépassé les États-Unis le 19 juillet 2021 en nombre de personnes vaccinées par habitant. Il n’y a donc pas à rougir. Au 20 juillet 2021, il y a eu 38 184 499 personnes qui ont reçu une dose, soit 57,0% de la population, et 31 310 025 personnes sont complètement vaccinées, soit 46,7% de la population. Le Royaume-Uni est quant à lui vacciné à 68,3% (au 19 juillet 2021), ce qui donne une idée du choc épidémique que la France devra encaisser avec cette quatrième vague (la réaction sera plus brutale qu’au Royaume-Uni, plus vacciné).

Précisons l’effet de la vaccination sur le choc épidémique. Le Royaume-Uni est presque la nation qui a le plus de nouveaux cas quotidiens, il frôle l’Indonésie. En une semaine, 328 637 nouveaux cas ont été confirmés en Grande-Bretagne (une moyenne de 47 000 par jour), tandis qu’en Indonésie, 334 529 nouveaux cas (48 000 par jour). Par semaine et par million d’habitants, l’Indonésie : 1 210 et la Grande-Bretagne : 4 814. La Grande-Bretagne est vaccinée à 68,7% de sa population, tandis que l’Indonésie seulement à 15,5%. Résultat sur le nombre de décès sur les sept derniers jours (je n’ai pas tenu compte du décalage : les taux de vaccination étaient moindres quand ces personnes décédées ont été contaminées). En Indonésie, il y a eu 7 981 décès en une semaine (29 par million d’habitants) tandis qu’au Royaume-Uni, il y a eu 342 décès en une semaine (5 par million d’habitants). La vaccination est donc très efficace sur les formes graves, mais pas suffisamment à ce stade de la couverture pour freiner la circulation du virus à l’échelle d’un pays.

La France n’est d’ailleurs pas seule à être confrontée à une nouvelle vague à cause du variant delta. De nombreux pays sont concernés : le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal, la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie, l’Allemagne, les États-Unis, le Mexique, Cuba, et aussi l’Indonésie, le Vietnam, la Malaisie, la Thaïlande, la Birmanie, le Pakistan, l’Iran, la Turquie, l’Algérie, le Maroc, la Libye, le Botswana, etc.

Et bien sûr, les discutailleries sur la vaccination en France sont dérisoires vues d’un pays pauvre qui n’a pas les moyens d’avoir de l’oxygène ou des vaccins. Car on ne sortira de la pandémie de covid-19 que lorsque la population mondiale sera massivement vaccinée contre cette saloperie. Chaque jour qu’on perd, ce sont des morts qui s’accumulent… Alors, oui, résistons au virus, vaccinons-nous, vaccinons-nous rapidement, vaccinons-nous tous !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 juillet 2021)
http://www.rakotoarison.eu


(Le dessin humoristique est de Deligne).


Pour aller plus loin :
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).
SARS-CoV-2 variants of concern and variants under investigation in England, Technical briefing 17, Publlic Health England, 25 juin 2021 (à télécharger).
Bosetti et al., Epidemiology and control of SARS-CoV-2 epidemics in partially vaccinated populations ; a modeling study applied to France, Institut Pasteur, 28 juin 2021 (à télécharger).
Covid-19 : Où en est l’épidémie en France ? Et faut-il avoir peur du variant delta ?
Covid-19 : la divine surprise.
Vive le déconfinement, mais attention au relâchement !
Covid-19 : passe sanitaire et obligation vaccinale.
Dénigrements du vaccin Pfizer sur le Web : une origine russe ?
Plus de 20 millions de Français vaccinés : et moi et moi et moi.
Covid-19 : le passe sanitaire né dans la douleur en France.
Levée des brevets des vaccins anti-covid-19 : de la théorie à la pratique.
La balance bénéfices-risques du vaccin d’AstraZeneca.
Covid-19 : 100 000 décès en France, 1 million en Europe.
Le vaccin russe Sputnik V.
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19.
Origine du coronavirus SARS-CoV-2 : détecté et en circulation en France depuis le 5 novembre 2019 ?
La technologie à ARN messager de Katalin Kariko.
Pandémie de covid-19 : plus de 2 millions de décès et une poignée de néo-négationnistes.
7 questions sur les vaccins contre le covid-19.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210721-covid-dt-passe-sanitaire.html

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 11:23

« Ô Français ! Serez-vous donc toujours des enfants ? » (Marat, 13 août 1792).




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Dans son allocution télévisée du 12 juillet 2021, le Président Emmanuel Macron a pris des décisions difficiles pour tenter de résister à la quatrième vague épidémique en France. L’enjeu est clair : voulons-nous éviter à tout prix un nouveau confinement en septembre ? Le variant delta se propage tellement vite que tout doit être mis en œuvre pour éviter un nouveau massacre. Cela ne fait aucun doute que ces mesures qui consistent principalement à étendre l’obligation du passe sanitaire à des activités habituelles de la vie quotidienne va impacter durement les personnes qui, pour des raisons personnelles diverses, n’ont pas eu le temps ou l’occasion de se faire vacciner contre le covid-19, et en particulier, dans l’organisation de leurs vacances d’été.

La réponse donnée par les Français au Président Emmanuel Macron a été très claire et très rassurante. Dans les quarante-huit heures qui ont suivi son allocution, plus de 3 millions de Français ont pris rendez-vous pour une première dose. La journée du 13 juillet 2021 a été la plus dense en vaccinations depuis le début de la campagne. C’était l’objectif avoué du gouvernement : encourager les Français à se faire vacciner, vacciner, vacciner. Matin midi et soir.

Pour pouvoir résister à la quatrième vague, il faudrait une immunité collective par la vaccination qui nécessiterait que la population soit vaccinée à plus de 90%. Nous sommes à peine à 55%. Il n’y a pas de temps à perdre car pour être protégé par la vaccination, il faut attendre deux semaines après la seconde dose qui doit se faire au moins trois semaines après la première dose. On est déjà à la fin de l’été. C’est donc urgent, c’est maintenant qu’il faut se faire vacciner.

Cette réaction populaire est rassurante. Oui, en prenant des mesures très contraignantes, les Français un peu négligents ont dû réagir rapidement. Personne ne leur reprochera leur nonchalance ou leur lenteur alors que le gouvernement avait commencé de manière très timide la campagne de vaccination. Mais aujourd’hui, il y a une urgence nationale si nous ne voulons pas être engloutis par la nouvelle vague épidémique. Ils ont compris l’enjeu, c’est un peu du même ressort que l’installation des radars automatiques, il y en aura toujours qui seront "contre" et qui chercheront à dépasser la vitesse limite, au prix parfois de vies humaines, mais la grande majorité des automobilistes est raisonnable et respecte les limitations, pour éviter les amendes, mais pas seulement, parce qu’elle a compris que c’était raisonnable.

La quatrième vague est là. Elle est arrivée au Royaume-Uni, au Portugal, en Espagne, elle est maintenant en France et en Belgique, et elle va arriver en Italie et en Allemagne. Tout est très clair dans les indicateurs. En France, elle arrive beaucoup plus brutalement encore que l’on ne l’aurait imaginé il y a seulement une semaine. En sept jours, le nombre de nouvelles contaminations a augmenté de 81% ! Il y a eu 8 875 nouveaux cas au 14 juillet 2021.  Il y a quinze jours, c’était moins de 2 000 ! Nous dépasserons les 20 000 probablement avant le début du mois d’août. 96% des personnes contaminées durant la semaine dernière n'étaient pas vaccinées.

Face à cette situation préoccupante, il y a des extrémistes qui nient la réalité épidémique, qui font comme s’il n’y avait aucune menace, qui ne savent pas lire les statistiques, ni françaises, ni étrangères. Par exemple, en Grande-Bretagne, qui a une meilleure couverture vaccinale que la France (en gros 70% au lieu de 55%), la situation est très grave : les Britanniques en sont à 35 000 nouveaux cas par jour en moyenne sur les sept derniers jours (48 553 pour la seule journée du 15 juillet 2021). Et ce qui pouvait arriver est arrivé : le nombre de décès est remonté brutalement à la hausse, +42% en une semaine. Cette dernière semaine, on mourait une fois et demi plus en Grande-Bretagne (229 décès) qu’en France (154). Il n’y a aucune raison que dans quelques semaines, la France ne suive pas l’évolution britannique. C’est déjà le cas au Portugal (+87% de décès en une semaine).

Il n’y a pas à tergiverser, il n’y a que deux moyens à l’heure actuelle pour enrayer cette remontée épidémique : ou reconfiner, et tout le monde sait ce qu’il en coûte, ou vacciner massivement la population. Nous avons la chance d’avoir une parade contre cette saloperie de virus, c’est le vaccin. C’est impératif de l’utiliser collectivement, un vaccin ne protège pas individuellement mais principalement collectivement, c’est le principe des épidémies qui ne sont que des phénomènes collectifs.

Emmanuel Macron a donc eu raison d’inciter très fortement les Français à se faire vacciner immédiatement. Il a eu aussi raison de rendre obligatoire la vaccination des personnels soignants alors qu’ils étaient prioritaires et qu’après six mois, beaucoup trop d’entre eux ne sont pas encore vaccinés, alors qu’ils travaillent auprès des personnes les plus fragiles. Lorsque le sens des responsabilités ne s’acquiert pas individuellement, c’est le rôle de l’État, régulateur, et protecteur de la santé et de la sécurité des Français, d’inciter voire de contraindre si nécessaire.

Cette démarche a été heureusement très largement approuvée par les Français qui ne sont pas des sots et comprennent très bien la situation préoccupante dans laquelle ils se trouvent. La preuve par les sondages, ce ne sont que des indicateurs, mais ils sont rassurants. Ainsi, Odoxa Backbone consulting pour "Le Figaro" a évalué à 61% des sondés qui approuvent l’extension du passe sanitaire. C’est intéressant à noter, c’est plus que la proportion de personnes ayant reçu au moins une dose, cela signifie que certains sondés ont approuvé alors que cela va impacter durement leur propre vie quotidienne.

De toute façon, l’opération présidentielle est réussie si l’on en juge par le nombre de rendez-vous vaccinaux pris ces derniers jours. Une loi doit être votée pour adapter la législation aux propositions présidentielles. C’est un vrai casse-tête juridique et il n’en ressortira peut-être qu’une souris : qu’importe, l’essentiel, c’était que les Français non vaccinés aillent en urgence se faire vacciner. À mon sens, je ne vois pas l’anticonstitutionnalité d’une loi contraignante sur le passe sanitaire dès lors qu’elle a pour objectif de protéger la santé des Français (le gouvernement ne l’aurait pas fait qu’on aurait pu le lui reprocher et même déposer plainte pour non-assistance de personnes en danger).

Il faut aussi se rappeler que l’utilisation du passe sanitaire est temporaire : lorsque toute la population sera vaccinée, il ne sera plus utile et le retour à la situation antérieure se fera. C’est pourquoi tous ceux qui crient au loup, à la dictature, à la perte des libertés feraient mieux de visiter les services de réanimation qui soignent encore des malades du covid-19 et qui risquent d’être submergés dans un mois par un afflux massif de nouveaux malades.

En revanche, le gouvernement ni personne d’ailleurs n’ont l’objectif de faire vacciner des réfractaires militants au vaccin. C’est comme demander aux chauffards de respecter le code de la route. On aura beau renforcer tout le dispositif réglementaire, législatif  voire pénal, les chauffards resteront des chauffards, et les militants antivaccin, qu’on appelle les "antivax", resteront réfractaires aux vaccins. Ils sont peu nombreux mais ils braillent fort, surtout dans les réseaux sociaux.

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Ils ont fait des appels à manifester ce 14 juillet 2021 partout en France et la moindre des observations, c’est qu’ils ne sont pas franchement nombreux. Là encore, c’est rassurant. Pour comparer, c’est environ 17 000 sur toute la France pendant que 3 millions de Français ont pris rendez-vous pour se faire vacciner. Il n’y a pas vraiment photo !

Autre comparaison plus préoccupante : le nombre de nouveaux cas dans la même journée correspond à la moitié du nombre de manifestants. Cela donne à réfléchir. Malheureusement, on sait que parmi ces 8 875 nouveaux cas, une petite proportion sera hospitalisée dans quelques jours ou semaines, et même décédera. La seule chance, c’est que la proportion de décès diminue proportionnellement au taux de couverture vaccinale.

Les antivax sont donc rares, mais ils sont suffisamment bruyants pour les entendre dire n’importe quoi, des outrances absolument scandaleuses. La plus voyante, qui ne date pas du 12 juillet (le symbole était déjà présent en décembre 2020), l’étoile jaune pour non-vaccinés. Cette analogie est absolument scandaleuse et abjecte, tend à réduire la portée de la Shoah, et l’on peut rappeler que les Juifs sous l’Occupation n’auraient jamais reçu ni soins ni vaccins en cas de pandémie comme celle que nous subissons aujourd’hui. C’est donc tout le contraire de la situation actuelle où les personnees non-vaccinées sont appelées à se faire vacciner au plus vite pour être protégées, protéger leur famille et protéger les autres, et cela, de manière totalement gratuite.

De la même manière, l’analogie avec l’apartheid est d’une stupidité totale. Lors de l’apartheid en Afrique du Sud, les personnes de peau noire n’avaient pas accès aux soins et n’auraient donc, comme les Juifs, jamais eu accès au vaccin (et encore moins gratuitement) en cas de pandémie.

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Heureusement, la formule qui veut que ce qui est excessif est insignifiant est ici très réelle. Les antivax ne sont qu’un vieux fond de râleurs obsessionnels qui n’ont rien compris à la science, rien à la crise sanitaire qui nous meurtrit depuis dix-huit mois, rien compris non plus au peuple français qui, heureusement, ne les suit pas du tout et rejette finalement la défiance autoproclamée de ces supposées fortes têtes nihilistes qui ont la trouille d’une piqûre.

Il y en a aussi qui parlent de "coup d’État sanitaire", comme s’ils savaient ce qu’était un vrai coup d’État. Un coup d’État, ce n’est pas, à ma connaissance, quand un ministre chargé d’organiser les élections, consulte même les partis d’opposition pour se mettre d’accord sur la date de la future élection présidentielle dont le vote est sincère, libre et secret… En général, il n’y a ni opposition, ni élection sincère, quand il y a un coup d’État.

Mais le plus scandaleux, ce n’est même pas les comparaisons foireuses avec la Shoah et l’apartheid, qui restent graves mais n’ont d’incidence que sur le débat public. Il y a un sujet bien plus grave qui a un réel impact sur des populations, avec des décès à la clef : la plupart des pays pauvres n’ont pas accès à la vaccination, et s’ils ont misé sur les traitements curatifs foireux comme l’hydroxychloroquine, c’est justement à cause des complotistes de pays riches qui peuvent, eux, se faire vacciner.

Or, un certain nombre de pays sont dans des situations catastrophiques, comme la Tunisie, dont le taux de couverture vaccinale n’est que de 12,9% au 13 juillet 2021 (5% avec deux doses), tandis que l’épidémie y fait des ravages : 1 100 décès ont été enregistré les sept derniers jours en Tunisie, une progression de 43%. En Indonésie, c’est aussi l’enfer. Le pays n’a que 14,2% de sa population vaccinée et a eu cette semaine 6 302 décès, bien plus qu’en Inde, avec une progression de 43% également.

Emmanuel Macron a donc eu raison de dire qu’il est urgent d’aider massivement les pays pauvres, en particulier les pays africains et certains pays asiatiques. Je trouve néanmoins nettement insuffisants les objectifs de la France et de l’Europe. Ce n’est même pas une question de charité, c’est une action d’intérêt général : tant que l’épidémie subsistera dans un pays du monde, la France ne sera jamais à l’abri d’une nouvelle vague, d’un nouveau variant avec le risque (toujours évité aujourd’hui) que les vaccins actuels ne protégeront pas des futurs variants.

Pendant que ces pays meurent de ne pas pouvoir vacciner leur population, il y a des irresponsables antivax, de véritables enfants gâtés de la planète, qui crachent sur la seule solution connue à ce jour pour combattre efficacement cette pandémie, et qui brûlent des équipements urbains au lieu d’être responsables et un peu plus adultes. Ils font la démonstration qu’à l’évidence, la raison n’est pas de leur côté. Mais cela, je le savais déjà. Il faudrait que certaines personnalités politiques, notamment qui prétendent à la magistrature suprême, s’en rendent compte également avant de proférer n’importe quoi pour récupérer quelques rares voix. De toute façon, ces gens-là, individualistes forcenés, avec cette aigreur sociale-là, cela fait longtemps qu’ils ne votent plus…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 juillet 2021)
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Pour aller plus loin :
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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 03:31

« Alors que la science nous offre les moyens de nous protéger, nous devons les utiliser avec confiance dans la raison et dans le progrès. Pour nous protéger et pour notre unité, nous devons aller vers la vaccination de tous les Français, car c’est le seul chemin vers le retour à la vie normale. (…) Et j’appelle solennellement tous nos concitoyens non-vaccinés à aller se faire vacciner dès aujourd’hui au plus vite. » (Emmanuel Macron, le 12 juillet 2021).



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Il y a cinq ans exactement, le 14 juillet 2016 vers 22 heures 30, à l’issue du feu d’artifice, quatre-vingt-six personnes innocentes, venues faire la fête ou simplement de sortie sur la Promenade des Anglais, ont trouvé la mort dans un terrible attentat au camion bélier.

Double symbole, le jour de la fête de notre République et un lieu de détente et de convivialité, les circonstances ont durablement marqué le pays et aussi la ville de Nice qui a été touchée une seconde fois par le terrorisme islamiste aveugle le 29 octobre 2020 avec l’assassinat de trois autres personnes à la Basilique Notre-Dame de Nice.

Cinq ans plus tard, c’est à la fois court et très long. La France et le monde ont considérablement changé de contexte. En 2016, le quinquennat de François Hollande n’en finissait pas de s’étirer sans cap ni but, dans un contexte international plutôt heureux, de croissance économique. En 2021, nous sommes à la fin d’un autre quinquennat, mais celui-ci beaucoup plus "capé", d’un homme, Emmanuel Macron, qui a dû courageusement relever le défi d’une catastrophe mondiale durable, la pandémie de covid-19.

D’un côté, un Président épuisé, à la gouvernance poussive, qui répondait à la traditionnelle interview du 14 juillet pour ne rien dire, et de l’autre côté, un Président en chef de guerre, prêt à en découdre pour la prochaine année électorale, donnant un sens à son action, et ne tergiversant pas pour protéger non seulement la santé des Français mais aussi leur vie économique, sociale, culturelle et sportive.

Son allocution du 12 juillet 2021, prononcée hors du Palais de l’Élysée, devant la Tour Eiffel, cadre habituel des festivités de la fête nationale (concert et feu d’artifice), était combative. L’objectif d’Emmanuel Macron était clair : la quatrième vague arrive avec l’émergence hégémonique du variant delta, et pour éviter le confinement, le seul moyen est une protection vaccinale de toute la population. En prenant des mesures coercitives très contraignantes, surtout en période de vacances estivales, avec l’obligation d’un passe sanitaire dans les restaurants, les centres commerciaux, les transports en commun pour un trajet long, etc., Emmanuel Macron a privilégié l’efficacité au ménagement d’une certaine catégorie de personnes appelées antivaccins qui ne représentent pas beaucoup de monde dans la pensée politique.

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Le Président de la République ne souhaitait pas avoir une rentrée marquée par un retour de l’épidémie, un nouveau reconfinement et l’étouffement d’une reprise économique qui s’amorçait depuis quelques semaines. Par un succès rapide de la recherche scientifique, l’humanité a la parade pour en finir à moyen terme avec cette saleté de maladie qu’est le covid-19, qui a provoqué la mort de plus de 4 millions de personnes dans le monde. Cette parade, ce sont les vaccins, très efficaces tant sur la forme sévère que sur les capacités de transmission du virus. En utilisant la méthode forte, Emmanuel Macron veut accélérer le processus de vaccination dont la lenteur ne s’explique plus autrement que par la procrastination, la négligence, l’indifférence, l’hésitation voire la peur de personnes pas encore vaccinées, alors que nous avons maintenant assez de doses à distribuer et injecter (gratuitement) à toute la population.

À l’Assemblée Nationale, ce 13 juillet 2021, le Premier Ministre Jean Castex a justifié les mesures présidentielles : « Nous avons très longtemps privilégié l’incitation, et nous continuons de le faire, parce que nous avons toujours cru dans le sens des responsabilités de nos concitoyens. (…) Cependant, nous devons, à un moment donné, prendre nos responsabilités pour que nous retrouvions tous non pas des contraintes supplémentaires, mais, au contraire, de la sécurité et de la liberté. ».

Le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran également : « Le passe sanitaire est un passe pour la liberté. Au fond, j’ai envie de dire aux Français que s’ils sont vaccinés, leur vie ne changera pas puisque ce passe sanitaire nous permettra, si la situation sanitaire devait se dégrader, de ne plus confiner le pays. En tout cas, c’est ce que nous souhaitons tous, et nous nous donnons tous les moyens, à un stade précoce de départ épidémique, d’une nouvelle vague potentielle pour préserver l’ensemble des activités économiques, culturelles, sportives, sociales et éducatives pendant les semaines et les mois à venir. ».

L’opposition a beau jeu de reprocher au gouvernement sa manière cavalière de prendre ses responsabilités, mais on reprochera toujours au gouvernement ce genre de mesures difficiles à prendre, et l’on imagine mal un François Hollande avoir un tel courage. Qui aurait mieux fait qu’Emmanuel Macron ?

En tout cas, les heures qui ont suivi l’allocution présidentielle ont montré qu’Emmanuel Macron a eu raison d’aller dans ce sens : le site de rendez-vous médicaux Doctolib a été pris d’assaut, jusqu’à 20 000 prises de rendez-vous par minute ! et les vingt-quatre heures qui ont suivi l’allocution présidentielle ont vu se fixer 1,95 million de rendez-vous vaccinaux. C’est le double de la journée du 10 mai 2021, jour à partir duquel toute la population pouvait se faire vacciner.

On pourra regretter cet état de fait : le suivisme des Français qui ont tardé à se faire vacciner et ont finalement décidé de le faire après les mesures radicales prises par le Président de la République. Mais on pourra aussi regretter que ceux-ci, pas opposés vraiment mais plutôt attentistes ou négligents, ne se soient pas fait vacciner plus tôt.

On reproche à Emmanuel Macron son autoritarisme et même son infantilisme vis-à-vis des Français, mais il faut bien avouer que beaucoup se comportent comme des enfants et attendent de leur "chef", du chef de la nation, qu’il leur dise ce qu’ils doivent faire. On l’a déjà remarqué lors des précédents confinements, dont les mesures étaient à peine plus strictes que l’avant confinement, mais qui, par une sorte de gravité nouvelle, ont donné conscience aux Français de faire plus attention, et là encore, l’efficacité était au rendez-vous.

En un jour, Emmanuel Macron a fait augmenter de 6% la couverture vaccinale ! Sur France 2, ce 13 juillet 2021, Olivier Véran faisait remarquer que c’était des personnes hospitalisées en moins, et des morts en moins. Les Français, hélas, sont un peuple raisonnable qui n’avance qu’au bâton et à la carotte. Il est volontiers râleur et rebelle, mais sait où est la sagesse, et il a besoin qu’on l’y incite avec insistance. Il suffit de se rappeler en 2002 les effets de l’installation des radars automatiques. À part quelques chauffards qui, de toute façon, n’entendront jamais raison, au même titre que ce très petit groupe quasi-sectaire de complotistes antivaccin, pour lesquels il n’y a pas grand-chose à faire, la très large majorité des Français est prête à rejoindre le camp de la raison, celui de la vaccination tout comme celui de la conduite douce afin de préserver des vies humaines.

On peut le regretter, mais l’essentiel est de le savoir et d’agir en conséquence. C’était d’ailleurs la leçon de De Gaulle dès son discours de Bayeux il y a soixante-quinze ans, le 16 juin 1946, quand il expliquait : « Soyons assez lucides et assez forts pour nous donner et pour observer des règles de vie nationale qui tendent à nous rassembler quand, sans relâche, nous sommes portés à nous diviser contre nous-mêmes ! Toute notre histoire, c’est l’alternance des immenses douleurs d’un peuple dispersé et des fécondes grandeurs d’une nation libre groupée sous l’égide d’un État fort. ».

C’est pourquoi il faut un exécutif prêt à prendre des mesures fortes, fortes mais raisonnables, qui soient efficaces, et qui seront d’ailleurs suivies par une majorité de Français qui aspirent à la protection de leur cadre de vie. Emmanuel Macron incarne par excellence cet État fort évoqué par De Gaulle. Regardez bien le paysage politique actuel et demandez-vous qui, à part Emmanuel Macron, lui-même en fonction, serait capable de prendre de telles mesures courageuses, loin de toute gouvernance molle, qu’elle que soit son origine partisane initiale.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 juillet 2021)
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Pour aller plus loin :
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14 juillet : le risque de la démocratie absolue !
L’insupportable complotisme de Mélenchon.
L’attentat contre le pape Jean-Paul II.
50 ans après Charlie Hebdo, toujours la liberté de la presse en question.
Samuel Paty : faire des républicains.
Samuel Paty : les enseignants sont nos héros.
Discours du Président Emmanuel Macron le 2 octobre 2020 aux Mureaux sur le séparatisme (texte intégral et vidéo).
Polémiques indécentes sur la libération de Sophie Pétronin.
10 ans après la loi anti-burqa, la loi masque-obligatoire.
Charlie Hebdo : mortelle indifférence.
Charlie Hebdo en 2015.
Islamo-gauchisme : le voile à l’Assemblée, pour ou contre ?
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La France d’Arnaud Beltrame.
Discours du Président Emmanuel Macron aux Invalides le 28 mars 2018 (texte intégral).
La gendarmerie nationale.
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Que faire des djihadistes français en Syrie ?
L’attentat du Super U de Trèbes le 23 mars 2018.
Les attentats de Barcelone et de Cambrils (17 et 18 août 2017).
Daech : toujours la guerre.
Les attentats du 11 septembre 2001.
L’attentat de Manchester du 22 mai 2017.
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L’unité nationale.
L'assassinat du père Jacques Hamel.
Vous avez dit amalgame ?
L'attentat de Nice du 14 juillet 2016.
L'attentat d'Orlando du 12 juin 2016.
L'assassinat de Christina Grimmie.
Les valeurs républicaines.
Les assassinats de Merah (mars 2012).
Les attentats contre "Charlie-Hebdo" (janvier 2015).
Les attentats de Paris du 13 novembre 2015.
Les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016.
Daech.
La vie humaine.
La laïcité.
Le patriotisme.

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 03:30

« Concernant l’ensemble de la population âgée de 12 ans et plus, l’obligation vaccinale contre la covid-19 constitue la seule option réaliste en termes de responsabilisation personnelle et d’engagement solidaire permettant de préserver sa santé, celle des autres et de parvenir à l’immunité collective. L’obligation s’impose quand une vaccination efficace et bien tolérée peut maîtriser une infection sévère, potentiellement mortelle et incontrôlable par tout autre moyen. » (Académie nationale de médecine, communiqué du 9 juillet 2021).


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L’Académie nationale de médecine veut l’obligation vaccinale pour tous les Français âgés de plus de 12 ans. Est-ce pertinent ? Sur le fond, oui ; une population avec un taux de couverture qui se rapprocherait de 100% serait bien mieux protégée qu’avec un taux plus faible. Le principe d’une vaccination obligatoire pour toute la population n’est pas nouveau et a été utilisé pour lutter contre la variole, la diphtérie, le tétanos, la tuberculose et la poliomyélite.

Sur la forme, évidemment non. D’une part, on ne peut pas parler d’obligation sans, parallèlement, envisager des sanctions et un calendrier : à partir de quand serait-il illégal de ne pas être vacciné (il faut du temps, surtout si toute la population doit être vaccinée) ? et comment vérifier qu’on est vacciné ou pas ? En allant sonner à la porte de chaque domicile ? Sans compter les difficultés juridiques voire constitutionnelles.

D’autre part, cela ne sert à rien, dans le cas actuel de la pandémie de covid-19, d’avoir un pays totalement protégé (hypothèse de toute façon impossible à atteindre en raison d’une efficacité du vaccin qui n’est pas de 100%) si on ne vaccine pas les populations de tous les autres pays du monde (ce que dit d’ailleurs l’Académie : « L’Académie nationale de médecine et l’Académie nationale de pharmacie rappellent également notre devoir de solidarité internationale à l’égard des populations démunies du privilège de bénéficier de la vaccination. »).





Bref, on peut comprendre l’obligation vaccinale pour le personnel soignant et les aides à domicile des personnes fragiles car d’une part, cette obligation est réalisable techniquement (interdiction de soigner sans être vacciné, c’est facile à appliquer), et d’autre part, cela paraît pertinent de manière éthique : comment peut-on accepter qu’un soignant puisse contaminer une personne à soigner (personne malade, personne dépendante, etc.) qui, par définition, est fragile et vulnérable (sinon, elle n’aurait pas besoin d’être soignée par quelqu’un d’autre) ?

On peut juste tenter une explication de cette communication : l’Académie de médecine tend juste à faire pression sur l’Élysée avant la très importante allocution que le Président Emmanuel Macron doit prononcer à la télévision ce lundi 12 juillet 2021 à 20 heures. L’Académie le dit clairement : « Promouvoir l’obligation vaccinale, c’est reconnaître l’urgence d’une mobilisation de la communauté nationale dans la lutte contre un nouveau flux pandémique lié aux variants du SARS-CoV-2. Cela exige un effort de communication visant les personnes isolées, vulnérables ou exclues, dépourvues de recours à une information pertinente. ». Il est peu probable que le gouvernement aille dans la voie de l’obligation pour la population totale, comme le préconise notamment François Bayrou (il l’a répété sur LCI et RTL le 4 juillet 2021).

Et l’Académie nationale de médecine n’est pas forcément pertinente quand, le 23 juin 2021, elle demande « la suspension du remboursement des tests RT-PCR et des tests antigéniques pratiqués pour convenances personnelles ». En dehors du fait de savoir ce qui signifie "convenances personnelles", c’est toute la politique (efficace !) de dépistage qui serait remise en cause. Avec plus de 96 millions de tests au total, la France est en effet l’un des pays les plus performants en matière de dépistage. Or, il est indispensable de bien dépister si on veut contrôler l’épidémie. Remettre en cause la gratuité conduirait inévitablement à mettre le brouillard sur la situation épidémique (beaucoup de personnes renoncerait à se faire tester), et ce ne serait certainement pas une mesure qui favorisait la vaccination, qui serait l’objectif de cette suspension de remboursement. D’ailleurs, c’est une des membres correspondantes de cette honorable académie qui l’a redit le 5 juillet 2021 sur France 5, la professeure en maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis de Paris, Anne-Claude Crémieux au sourire aussi dévastateur que ses paroles sont d’or : il faut laisser les tests gratuits pendant la pandémie.

La vaccination est donc l’objet de cet article qui est la suite de celui d’il y a deux jours (au même titre).

Dans ce précédent article, j’affirmais que la quatrième vague épidémique arrivait en France, c’est une certitude car les signaux sont passés tous du vert au rouge sur le front des contaminations. En cause, la progression de variant delta, beaucoup plus contaminant que le variant alpha. Au 11 juillet 2021, la proportion de variant delta dans les nouvelles contaminations en France est majoritaire, évaluée à 58,80%. Il était de 55,30% la veille. Cette progression est très rapide.

Parmi les personnes plus ou moins complotistes, on peut mettre quelques stades. Il y a ceux qui pensent que le covid-19 est une maladie inventée, ou une maladie inoffensive. À ceux-là, je ne peux plus rien faire, si après dix-huit mois de cauchemar, trois confinements en France, la plupart des pays du monde en arrêt économique pendant plusieurs mois, plus de 187,5 millions de malades et plus de 4 millions de personnes décédées (dont 111 325 en France au 11 juillet 2021), ils n’ont toujours pas compris le caractère désastreux de la pandémie et de ses conséquences tant sanitaires qu’économiques, sociales et culturelles.

En revanche, on peut évidemment être raisonnable, penser que ce virus est une véritable saloperie (désolé du mot), qu’il ne s’attaque pas qu’aux personnes fragiles, mais aussi à des jeunes dans des formes certes modérées mais avec des séquelles (voir les cas de covid long), et vouloir que l’été soit il-est-beau, il-est-joli. Tout le monde souhaiterait passer un été agréable, tout le monde voudrait se rassurer et personne n’aime les oiseaux de malheur qui annoncent les malheurs futurs. Donc, aux questions : y aura-t-il une quatrième vague ? Et si oui, quand ? on aimerait tellement dire non, ou du moins, s’il y a une quatrième vague, qu’elle soit pour le mois de septembre, à la rentrée, après les vacances tant méritées après une année difficile d’enfermement plus ou moins strict. Allez, on prend rendez-vous avec le variant delta. Quel jour en septembre êtes-vous disponible ?…

Et pourtant, la réponse est facile à donner : hélas, oui, la quatrième vague arrive, et cela ressemble à un tsunami qui fonce droit sur nous. Les signaux sont clairs, je l’avais évoqué dans mon précédent article et ils se confirment. Le taux d’incidence ne cesse de grimper depuis le 26 juin 2021 (où il était de 18,54) est maintenant, au 9 juillet 2021, de 34,70 personnes contaminées en une semaine pour 100 000 habitants (le double en treize jours). Si on n’est pas convaincu par cet indicateur, un autre indicateur est sans appel : le taux de reproduction du virus est passé de 0,56 au 19 juin 2021 à 1,1 au 3 juillet 2021 (une augmentation de 71,9% en une semaine !). Un taux supérieur à 1 est un très mauvais signe, cela signifie que l’épidémie s’aggrave, que le temps est défavorable.

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Le nombre de nouvelles contaminations durant les sept des derniers jours a augmenté de 63% par rapport à la semaine précédente. Cette évolution s’observe dans de nombreux pays européens, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, l’Italie et l’Allemagne, suivant ainsi l’évolution constatée en Grande-Bretagne. Ce dimanche 11 juillet 2021 sur Radio J, le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a indiqué que le nombre de nouvelles contaminations devrait atteindre 20 000 par jour au début du mois d’août 2021, ce qui serait bien plus grave qu’à la première vague s’il n’y avait pas la vaccination. À ce jour, il est entre 4 000 et 4 600 par jour (4 256 le 11 juillet 2021, pourtant en week-end).

Un autre indicateur est le nombre de cas encore actifs (c’est-à-dire, de personnes infectées qui peuvent encore contaminer). Au 11 juillet 2021, ce nombre était de 54 837, en pleine remontée (le nombre le plus faible était 42 374 au 5 juillet 2021, soit une augmentation de 29,4% en seulement six jours !).

Même le nombre des personnes hospitalisées (7 183 au 11 juillet 2021) et le nombre des personnes en réanimation (947 au 11 juillet 2021) commencent à ne plus baisser (à stagner) et devraient hélas remonter dans les prochains jours (comme en Grande-Bretagne : au 10 juillet 2021, 417 personnes étaient en réanimation, à comparer au minimum, 122, au 20 mai 2021).

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La question est donc : comment la France va-t-elle encaisser le choc de cette nouvelle vague ? La chance, effectivement, c’est qu’il existe une piste efficace, c’est la vaccination. Mais tant que la couverture de vaccination n’est pas généralisée, la vaccination ne sera pas l’unique arme. En effet, tant que "l’immunité collective" ne sera pas atteinte (et le sera-t-elle ? à quel taux de couverture vaccinale ?), le virus et ses variants continueront à circuler et continueront à entraîner hospitalisations et décès. Comme l’été 2020, les contaminations touchent d’abord les jeunes générations, mais ensuite, ce sont les générations plus âgées qui seront touchées, et les personnes non-vaccinées atteintes pourront alors se retrouver en réanimation.

C’est pourquoi la vaccination des autres protège soi-même. La protection individuelle du vaccin est un leurre : son efficacité est de l’ordre de 95%, c’est beaucoup, mais cela signifie aussi que 5% des personnes vaccinées peuvent quand même être touchées par la maladie. Le risque n’est pas négligeable. En revanche, si tout le monde est vacciné, le virus ne peut plus tourner et le risque d’attraper la maladie s’effondre.

L’idée de  l’obligation vaccinale généralisée répond donc à cet impératif de protéger toute la population, mais cela de façon très théorique. Elle n’explique pas comment avoir une population totalement vaccinée. Or, l’obligation aurait plus un effet contreproductif qu’un effet efficace. Elle ferait augmenter la part des complotistes antivaccin ("ah, tu vois, je te l’avais dit, ils veulent nous empoisonner !"). Je soutiens que cette catégorie de la population est ultraminoritaire et négligeable en termes de santé publique. En revanche, il reste encore beaucoup de personnes réticentes pour de nombreuses raisons, toujours légitimes, parfois futiles et inattendues (j’ai entendu par exemple un vacancier qui se faisait vacciner au bord de la mer et qui disait : je n’aime pas les ambiances d’hôpital, mais là, le cadre est plutôt festif, j’y suis donc allé).

Concrètement, même si l’Allemagne fait mieux que nous en ce moment, la France n’a pas à avoir honte de sa campagne de vaccination. Elle est massive et efficace même si je préférerais qu’elle s’accélère encore pour pouvoir encaisser le choc de la quatrième vague qui va déferler à l’hôpital dans les prochaines semaines.

Le seuil des 35 millions de Français ayant reçu au moins une dose a été atteint le 7 juillet 2021 (je rappelle que l’objectif du gouvernement est d’atteindre 40 millions au 31 août 2021, ce qui me paraît un objectif trop peu ambitieux). Actuellement, au 10 juillet 2021, plus de 53,3% de la population totale (35 722 248 personnes) ont reçu au moins la première dose de vaccin, et plus de 40,7% (27 255 605 personnes) sont complètement vaccinées. C’est très insuffisant, mais cela donne déjà une belle couverture vaccinale et les vaccinations continuent encore (3,2 millions de rendez-vous ont été pris cette semaine, dont 0,9 pour pour la première dose). C’est pourquoi je ne crois pas justifiée l’obligation vaccinale, à moins de vouloir faire un affichage politique qui me paraîtrait peu pertinent.

C’est normal que depuis quelques semaines, les secondes doses soient plus nombreuses que les premières doses, car c’est dans la chronologie de la campagne de vaccination (il faut bien compléter les vaccinations des mois précédents). Le rythme reste soutenu même s’il s’est ralenti et on peut comprendre que la période estivale rend plus difficile la vaccination. J’insiste d’ailleurs sur le fait que depuis le début de la campagne, il a toujours été possible de faire sa seconde dose dans un autre centre de vaccination que celui de sa première injection. Il faut juste reprendre rendez-vous dans un autre centre de vaccination et annuler le rendez-vous pris avec la première dose (cette possibilité était offerte depuis le début sur Doctolib en mettant comme motif du rendez-vous le choix "seconde dose" prévu à cet effet).

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Sur les catégories de personnes vaccinées, la couverture est déjà très élevée.pour les personnes à risque. Il est clair qu’il faut poursuivre l’effort et continuer à augmenter cette couverture, mais c’est une erreur de croire qu’on arrive à un plafond. Des personnes même à risques continuent encore à se laisser convaincre et à finalement aller se faire vacciner (il suffit de regarder le rythme, au fil du temps, le taux continue à monter, c’est heureux).

Quant aux plus jeunes, ils se posent rarement la question de la suspicion, ils sont confiants dans les nouvelles technologies. Ils sont plutôt pragmatiques et voient surtout le côté pratique de pouvoir passer des vacances tranquilles et de pouvoir aller dans les rassemblements sociaux en réduisant les risques de contamination.

Ce qui est important, et cela se fait, surtout à l’échelon des communes puisque c’est leur rôle d’être au plus près de la population, c’est de faciliter au maximum la vaccination. Certaines communes n’hésitent pas à installer des mini-centres de vaccination à côté de lieux de rassemblement (festival, concert, animation estivale, etc.). Pour que la personne qui souhaite se faire vacciner puisse se dire que c’est aussi facile que d’aller chercher son pain (plus facile même car elle n’aura rien à débourser). Ou alors, encourager les médecins du travail à vacciner sur les lieux professionnels, ainsi, les salariés peuvent se faire vacciner rapidement pendant une pause travail (Olivier Véran avait annoncé le 1er juillet 2021 que les salariés pouvaient se faire vacciner pendant les heures de travail sans impact sur leur rémunération).

Revenons aux vaccins anti-covid-19. Il faut insister sur le fait que ces vaccins (en France : Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Janssen) ont tous réalisé leur phase 3 d’essais cliniques, c’est-à-dire qu’ils ont été validés par les autorités du médicament de nombeux pays du monde sur la base d’essais concluants, selon les règles habituelles. Probablement qu’en Europe, d’autres vaccins seront validés dans les prochains mois, comme le vaccin russe Sputnik V qui jouit aussi d’une grande efficacité (Sputnik V est de même technologie qu’AstraZeneca et Janssen, par vecteur viral).

Aujourd’hui, après plus d’un an d’essais sur l’homme (premiers essais phase 2 en avril 2020) et après sept mois de vaccination grand public massive partout dans le monde, avec plusieurs milliards de doses injectées, on peut facilement conclure que le vaccin est inoffensif et surtout, efficace. Les études se multiplient sur le sujet.

L’argument de personnes ayant un peu peur du nouveau vaccin, en se disant attentistes : attendons de voir sur les autres (ce qui n’est pas une preuve d’un grand courage mais on ne demande à personne d’être courageux, ce qu’on veut, c’est en finir avec cette satanée pandémie), c’est argument est maintenant levé : eh bien, effectivement, c’est démontré sur une échelle planétaire, les vaccins sont efficaces et ont très très peu d’effets secondaires.

Les complotistes antivaccin qui extrapolent les données de veille pharmacologique sont "mignons" : ils se servent de données diffusées par leur "ennemi" pour les tordre et leur faire dire le contraire de ce qu’elles signifient. On se demande vraiment pourquoi ces autorités auraient laissé diffuser ces données supposées si compromettantes, sans, en plus, retirer les dits vaccins du marché, si c’était aussi dangereux que ces vrais désinformateurs le prétendent.

Rappelons que le vaccin n’empêche pas la contamination. Il empêche le déclenchement de la maladie, et surtout, ses formes graves, et permet d’éviter l’hospitalisation, la réanimation voire le décès. Il suffit de comparer, toujours avec le décalage en temps qu’il faut prendre en compte dans l’inertie de l’épidémie, les situations sanitaires des pays en forte épidémie, et comparer ceux qui bénéficient d’une forte couverture vaccinale et ceux qui ont très peu vacciné. Il n’y a pas photo : les dégâts sont majeurs par exemple en Indonésie (plus de 1 000 décès le 10 juillet 2021), en Russie aussi, et des pays comme la Grande-Bretagne qui ont beaucoup vacciné ont peu de décès, peu de personnes en réanimation (même si cela remonte). C’est là l’espérance pour cette quatrième vague : la vaccination massive pourra éviter le pire.

Le problème réside dans la couverture vaccinale. En Grande-Bretagne où la couverture est de 67,5% au 9 juillet 2021 (deux tiers de la population britannique a eu au moins la première dose), on constate cependant une progression du nombre de décès : une augmentation de 63% du nombre de décès ces sept derniers jours (192, soit maintenant plus qu’en France) par rapport à la semaine précédente. Cela reste encore d’un niveau faible, heureusement.

Cette augmentation du nombre de décès se comprend par l’effet de la montée rapide des contaminations en Grande-Bretagne, une augmentation de 30% des nouveaux cas en une semaine, avec 211 009 nouveaux cas durant les sept derniers jours (soit une moyenne quotidienne de plus de 30 000 nouveaux cas, ce qui est énorme !).

C’est clair que, hors vaccination, comme c’était le cas avant février 2021 en France ou en Grande-Bretagne, il y aurait environ 500 décès par jour avec un tel niveau de contamination, et aujourd’hui, en Grande-Bretagne, il n’y a "que" 30 décès par jour en moyenne sur sept jours, ce qui est beaucoup plus faible. Cela démontre l’effet très positif de la vaccination.

Mais néanmoins, c’est encore trop de décès, ce n’est pas négligeable, et cela explique pourquoi le taux de 67,5% n’est pas suffisant comme couverture vaccinale. Du reste, la vraie couverture vaccinale doit se comprendre comme le taux de la population ayant reçu la seconde dose il y a plus de deux semaines, et pas seulement une dose.

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D’autres internautes inquiets font état d’un certain nombre de personnes vaccinées parmi les personnes contaminées. Dans les faits, plus une population est vaccinée, plus le taux de personnes contaminées étant vaccinées est fort dans un lieu où le virus continue à circuler. Selon les spécialistes, il faudrait atteindre environ une couverture vaccinale réelle (deux doses et deux semaines) de 80% à 90% de la population pour envisager que le virus ne circule plus à cause de la vaccination. On en est encore loin, même dans les pays les plus en avance dans la vaccination.

Ce qui est important de comprendre, c’est que la vaccination est une solution collective, pas individuelle. L’efficacité du vaccin n’est que de 95%, c’est beaucoup mais insuffisant pour avoir zéro mort. C’était prévisible d’ailleurs que les complotistes antivaccin allaient récupérer honteusement la détresse humaine que sont les décès par covid-19 de personnes pourtant vaccinées : 5% des personnes vaccinées ne sont pas protégées, par conséquent, peuvent être contaminées, malades et mourir. Trouver des exemples précis, malheureux, n’invalide en rien l’efficacité globale de la vaccination. Cela avait été d’ailleurs évoqué avant même le début de la campagne de vaccination.

Ainsi, si l’on prend l’état actuel de la situation vaccinale en France, pour simplifier, je prends 27 millions de vaccinés complètement, cela signifie environ 1,4 million de personnes vaccinées non protégées (les 5% pour lesquelles le vaccin n’est pas efficace), et si toutes ces personnes venaient à être contaminées, cela aboutirait à environ 27 000 décès, ce qui reste énorme (l’équivalent de la première vague). On voit donc que la vaccination ne peut pas s’entendre comme une protection individuelle mais seulement comme une protection collective.

C’est pour cette raison aussi que les gestes barrières doivent continuer à être respectés : port du masque dans les lieux clos, distance de sécurité en cas de réunion collective, nettoyer les poignées de porte, de caddie, etc. Bref, rester vigilant malgré l’été et le besoin de se changer les idées.

C’est donc important de préciser que la protection n’est pas de 100%. Cela signifie que la protection sera d’autant mieux assurée que l’ensemble de la population sera vacciné. Car cela permettra de stopper la circulation du virus, et cela grâce à un autre moyen que celui qu’on connaît maintenant trop souvent, à savoir le confinement. C’est cela la vraie alternative : vaccination ou confinement, à vous de choisir !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 juillet 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).
SARS-CoV-2 variants of concern and variants under investigation in England, Technical briefing 17, Publlic Health England, 25 juin 2021 (à télécharger).
Bosetti et al., Epidemiology and control of SARS-CoV-2 epidemics in partially vaccinated populations ; a modeling study applied to France, Institut Pasteur, 28 juin 2021 (à télécharger).
Covid-19 : Où en est l’épidémie en France ? Et faut-il avoir peur du variant delta ?
Covid-19 : la divine surprise.
Vive le déconfinement, mais attention au relâchement !
Covid-19 : passe sanitaire et obligation vaccinale.
Dénigrements du vaccin Pfizer sur le Web : une origine russe ?
Plus de 20 millions de Français vaccinés : et moi et moi et moi.
Covid-19 : le passe sanitaire né dans la douleur en France.
Levée des brevets des vaccins anti-covid-19 : de la théorie à la pratique.
La balance bénéfices-risques du vaccin d’AstraZeneca.
Covid-19 : 100 000 décès en France, 1 million en Europe.
Le vaccin russe Sputnik V.
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19.
Origine du coronavirus SARS-CoV-2 : détecté et en circulation en France depuis le 5 novembre 2019 ?
La technologie à ARN messager de Katalin Kariko.
Pandémie de covid-19 : plus de 2 millions de décès et une poignée de néo-négationnistes.
7 questions sur les vaccins contre le covid-19.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210711-covid-dp-quatrieme-vague.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/emmanuel-macron-face-a-la-4e-vague-234259

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/07/10/39052580.html






 

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