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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 23:21

Le rapport de Claude Bartolone intitulé "Libérer l’engagement des Français et refonder le lien civique" remis le 15 avril 2015 à François Hollande est accessible à tous les citoyens.

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport (fichier .pdf) :
http://www2.assemblee-nationale.fr/static/14/mrengagmtrepublicain/propositions.pdf

SR


 

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 22:37

Né le 1er juillet 1926 au Caire, Éric Rouleau fut journaliste communiste et interviewa Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans. Il s'exila en France en 1951 où il travailla pour l'AFP puis pour le journal "Le Monde" à partir de 1955. Il devint spécialiste du monde musulman, en particulier de l'Égypte et de l'Iran. François Mitterrand le chargea d'une mission diplomatique en 1984 en Libye puis le nomma ambassadeur de France à Tunis de 1985 à 1986, à l'époque siège de l'OLP de Yasser Arafat. Placardisé lors de la première cohabitation comme "ambassadeur itinérant", Éric Rouleau a été nommé ambassadeur de France à Ankara de 1988 à 1991. Ensuite, il a continué son activité de journaliste notamment dans "Le Monde diplomatique".

SR

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 13:05

Né le 13 janvier 1936 à Paris, Philippe Massoni est devenu commissaire de police à 26 ans en 1962. De 1976 à 1980, il fut le collaborateur de Jacques Chirac puis de Raymond Barre à Matigon. Après avoir été directeur adjoint de cabinet de Robert Pandrau (Ministre délégué à la Sécurité) en avril 1986, il fut directeur central des renseignements généraux de mai 1986 à mai 1988, puis fut nommé préfet dans l'Aube, puis l'Oise, puis l'Auvergne. En mars 1993, il retrouva un poste au gouvernement comme directeur de cabinet de Charles Pasqua, Ministre de l'Intérieur, puis préfet de police de Paris du 21 avril 1993 au 28 mars 2001. Philippe Massoni a ensuite été nommé Conseiller d'État du 28 mars 2001 au 23 septembre 2004, puis, de 2002 au 27 septembre 2007, secrétaire général du Conseil de sécurité intérieure présidé par Jacques Chirac, et aussi le 26 juillet 2002, représentant personnel de Jacques Chirac comme coprince d'Andorre (jusqu'en 2007), puis le 7 septembre 2004, membre du Conseil Économique et Social.

SR

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 07:16

Neutre, clair dans ses idées, très curieux par la chose publique, il fut le monstre sacré du droit constitutionnel français pendant plus d’un demi-siècle.


yartiDuverger01Au plein dans la préparation des fêtes de fin d’année où le surconsumérisme est à l’honneur, la disparition du plus grand des constitutionnalistes français a dû passer un peu inaperçue : Maurice Duverger s’est en effet éteint à l’âge de 97 ans le mercredi 17 décembre 2014 et l’information assez peu médiatisée a été annoncée le lundi 22 décembre 2014.


Le mandarin du droit constitutionnel et de la science politique

Maurice Duverger est très connu des dizaines de générations d’étudiants en droit qui ont potassé leurs cours dans les ouvrages de la collection Thémis que le constitutionnaliste avait fondée aux Presses Universitaires de France, en particulier le fameux "Institutions politiques et droit constitutionnel" (c’était dans cette même collection que Raymond Barre avait publié son manuel célèbre d’économie politique).

Il avait été à la fois un éminent professeur de droit constitutionnel, un journaliste régulier, un éditeur, un essayiste chevronné et reconnu et il avait même sauté le pas dans une aventure électorale. Son influence sur le droit constitutionnel fut immense au point d’avoir inventé le concept du régime semi-présidentiel tel que le connaît aujourd’hui la France de la Ve République.

Mais Maurice Duverger n’a pas eu, pour autant, sur la vie politique directe, autant d’influence que Guy Carcassonne (1951-2013), qui fut conseiller de Michel Rocard à Matignon, et surtout que le doyen Georges Vedel (1910-2002), académicien, qui fut consacré dans sa compétence par sa nomination au Conseil Constitutionnel du 1er mars 1980 au 1er mars 1989 par le Président Valéry Giscard d’Estaing et également président du Comité consultatif pour la révision de la Constitution nommé par le Président François Mitterrand le 2 décembre 1992 (Pierre Mauroy, Marceau Long, Jean-Claude Colliard, Olivier Duhamel, François Luchaire, Alain Lancelot, Didier Maus et Pierre Sudreau furent, entre autres, membres de la Commission Vedel), une mission qui avait donné lieu à un rapport présenté le 15 février 1993 où était proposé le "référendum d’initiative minoritaire" dont les conditions ont été finalement reprises seulement quinze années plus tard lors de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 voulue par le Président Nicolas Sarkozy.


Un début d'existence assez énigmatique

On pourrait très injustement résumer les engagements politiques de Maurice Duverger par le passage de partis fascistes au parti communiste. Très injustement car il s’est montré, tout au long de sa carrière, d’une grande neutralité et d’une tendance plutôt proche du centre gauche.

Né le 5 juin 1917 à Angoulême, après des études à Bordeaux (où il a fréquenté le même collège que François Mauriac), Maurice Duverger s’est engagé en effet, dès l’âge de 16 ans, en fin 1933 (après l’arrivée de Hitler au pouvoir) à l’Union populaire républicaine dirigée par …Philippe Henriot, alors jeune professeur de la région bordelaise, dont les discours l’avaient fasciné. En décembre 1936, il a rejoint ensuite le Parti populaire français de …Jacques Doriot qui était déjà ouvertement antisémite et antiparlementaire. Il quitta ce parti en 1938 pour se consacrer à ses études de droits à Bordeaux parce qu’il ne savait pas quoi faire d’autre après le baccalauréat, ce qui a abouti à son agrégation de droit public en 1942 sur "L’Affectation des immeubles domaniaux aux services publics".

On lui a aussi longtemps reproché un article en deux parties pourtant très neutre paru dans la "Revue de droit publique et de la science politique" (numéros de juin et de décembre  1941) sur "La Situation des fonctionnaires depuis la révolution de 1940" où il décrivait la nouvelle législation (en particulier antisémite) mise en place par Pétain. La revue avait reparu en 1941 avec des éditoriaux pétainistes, et dans son article, Maurice Duverger avait employé le terme "intérêt public" compris dans un sens strictement juridique mais qui suscita beaucoup de polémiques après la guerre. Georges Vedel lui apporta un témoignage très élogieux le 30 novembre 1988 : « Loin d’approuver le principe des  mesures frappant les fonctionnaires juifs et encore moins d’en favoriser l’application, Maurice Duverger en a proposé une interprétation totalement restrictive de nature à en paralyser l’effet, ce qui, dans les circonstances du moment, constituait la contribution la plus efficace qu’un juriste pût apporter à l’opposition aux textes qu’il commentait. ».

Pour se défendre des accusations d’eaux troubles sous l’Occupation, Maurice Duverger rappela par ailleurs qu’il fut interdit de publier son premier "Que sais-je ?" en 1943 sur "Les Constitutions de la France" parce qu’il expliquait que le gouvernement de Vichy était illégal (« n’est pas un gouvernement de droit mais un gouvernement de fait »).


Une brillante carrière universitaire

Il commença sa carrière de professeur de droit à Poitiers de 1942 à 1943, puis la poursuivit à Bordeaux de 1943 à 1955 et enfin, à la Sorbonne et à l’Institut d’études politiques de Paris (IEP) de 1955 à 1985 (à sa retraite). Entre temps, il avait créé l’IEP de Bordeaux le 4 mai 1948 et en avait été son premier directeur (jusqu’en 1957). Parmi les anciens élèves de l’IEP de Bordeaux, on peut citer le Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, le député Noël Mamère, le président de Radio France Mathieu Gallet et la journaliste Anne-Sophie Lapix.

Très vite après la guerre, il se rapprocha de Hubert Beuve-Méry et fut un chroniqueur régulier du journal "Le Monde" de 1946 à 1994 (plus de huit cents articles sur des sujets très divers, souvent en première page), mais il rédigea aussi des articles pour d’autres journaux. Intéressé par les débats d’idées, il avait affronté Raymond Aron en défendant par exemple l’existence de l’URSS : « Le parti unique russe apparaît comme un organisme vivant, dont les cellules se renouvellent perpétuellement. La crainte de purges maintient les militants en haleine, réveille constamment leur zèle. ».

Son apport le plus important fut d’avoir valorisé le droit constitutionnel et la science politique en en faisant une discipline à part entière, différente du droit public : il a créé ainsi en 1969 le département de science politique à la Sorbonne.

Dans ses travaux scientifiques, Maurice Duverger s’est d’abord penché sur le fonctionnement des partis politiques et sur les modes de scrutin en laissant entendre dans "Les Partis politiques" (éd. PUF) que le scrutin majoritaire à un tour (comme au Royaume-Uni) favorisait le bipartisme tandis que le scrutin majoritaire à deux tours et le scrutin proportionnel favorisaient le multipartisme. L’histoire récente a montré que cette assertion est fausse et la structure partisane d’un pays ne dépend pas du mode de scrutin mais plutôt de son évolution sociologique.

yartiDuverger02

Autre travail très important de Maurice Duverger, l’étude du régime semi-présidentiel tel qu’il se présente en France depuis 1962 ("Le Système politique français", éd. PUF). Il le définit comme le mélange d’un régime présidentiel (comme les États-Unis, le Brésil) où le Président de la République est élu au suffrage universel direct avec des pouvoirs importants, et d’un régime parlementaire (comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Belgique, l’Espagne, le Canada, la Grèce, etc.) où les députés peuvent censurer le gouvernement. Ce modèle (que j’appellerais français), également en cours au Portugal, en Finlande, en Irlande, en Autriche et en Islande (et historiquement, dans la République de Weimar), a été le modèle institutionnel quasiment unique des démocraties sorties de la période soviétique, en particulier pour la Fédération de Russie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, etc. Pour Maurice Duverger, trois critères caractérisent très précisément un régime semi-présidentiel : le chef de l’État est élu au suffrage universel direct ; le chef de l’État a des pouvoirs propres ; le gouvernement est responsable devant le Parlement. Cette conception a été remise en cause par d’autres constitutionnalistes, notamment avec l’objection de la cohabitation mais selon moi, la définition du régime semi-présidentiel traduit bien les particularismes institutionnels de la Ve République, à l’instar de l’indétermination quantique (entre présidentiel et parlementaire, en fonction des circonstances).


Dans l’arène

Flirtant toute sa vie avec la politique active, Maurice Duverger a franchi le pas en juin 1989, lors de la libéralisation de l’Europe centrale et orientale, en se faisant élire député européen en Italie sur la liste du Parti communiste italien, jusqu’en juin 1994 : « Parce que l’orientation [du PCI] conduit à son intégration pleine et entière dans la démocratie, les cyprès dont il entoure les tombeaux de la place Rouge pourraient devenir aussi vivaces que ceux de la voie Appienne auprès des mausolées qui la bordent. ». Il ne sera pas le seul constitutionnaliste engagé puisque Olivier Duhamel fut également élu député européen deux fois, de 1997 à 2004, en France sur la liste du Parti socialiste.

Sans doute que Maurice Duverger aurait attendu d’être nommé au Conseil Constitutionnel qui aurait été l’instance qui l’aurait le mieux reconnu dans ses travaux de chercheur. Sa postérité demeurera toutefois grande dans sa discipline qu’il a honorée de sa rigueur, de sa pédagogie et de son originalité.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 décembre 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
"Mort de Maurice Duverger, le pape de la science politique française" (article de Bertrand Le Gendre dans le journal "Le Monde" du 22 décembre 2014).
Guy Carcassonne.

yartiDuverger03

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/maurice-duverger-le-theoricien-du-161157

 

 

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 12:48

L'ancien Premier Ministre Lionel Jospin a été nommé membre du Conseil Constitutionnel par le Président de l'Assemblée Nationale Claude Bartolone pour succéder à Jacques Barrot mort le 3 décembre 2014. Il terminera le mandat de neuf ans qui s'achèvera en mars 2019.


Sur Lionel Jospin :

http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-43413206.html


Sur Jacques Barrot :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-125135762.html


Sur la nomination au Conseil Constitutionnel en février 2010 :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-45522337.html


Sur Claude Bartolone :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-107254121.html


SR


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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 05:19

Après le tronçonnage territorial, voici une nouvelle lubie présidentielle : il s’apprêterait à instaurer la proportionnelle intégrale pour l’élection des députés. Si l’on comprend bien l’intérêt du Parti socialiste (sauver les meubles) et le sien (rebattre les cartes), on a le droit de se poser des questions sur la notion d’intérêt général pour lequel le Président de la République est censé agir.


yartiProportionnelle05Battant tous les records d’impopularité dans les sondages, avec à peine 15% de confiance depuis plusieurs mois, le Président de la République François Hollande va s’exprimer devant les Français dans une émission sur TF1 le soir de ce jeudi 6 novembre 2014. Reprenant le format de son prédécesseur, il répondra à de simples citoyens, en plus des journalistes. Cette intervention marque le milieu de son quinquennat.

Or, depuis lundi, il semblerait que François Hollande s’apprêterait à faire une annonce institutionnelle : l’instauration de la proportionnelle intégrale pour les élections législatives. Ces rumeurs proviendraient des conseillers même de l’Élysée et on peut comprendre évidemment pourquoi ces bruits sont diffusés avant la prestation télévisée : pour sonder le microcosme et voir si les réactions sont favorables ou pas.

Certains conseillers seraient même partisans d’en faire le sujet d’un référendum, avec, à la clef, une possible dissolution avec le nouveau mode de scrutin. Cela chamboulerait toute la situation politique et pourrait permettre au Président, selon eux, de retrouver une nouvelle virginité dans la confiance.


Une majorité étriquée

Il faut dire que la majorité présidentielle est de plus en plus étriquée. François Hollande a perdu sa majorité au Sénat le 28 septembre 2014 et lors du vote de la loi de finances à l’Assemblée Nationale, en première lecture, le 21 octobre 2014, la majorité présidentielle s’était réduite à 266 députés contre 245 opposants en raison de l’abstention des socialistes "frondeurs" plus préoccupés par leur réélection dans leur circonscription que par leur responsabilité au sein de la majorité. Même le modéré François Bayrou considère que cette situation va conduire inévitablement à une dissolution.


Fausse bonne solution

Mon opinion contre le scrutin proportionnel n’est pas nouvelle et je compte ici rappeler quelques arguments de principe.

La proportionnelle, comme éventuellement la réduction du nombre des députés, me paraît une fausse bonne solution qui pourrait, certes, avoir l’appui populaire, mais qui est du même type que l’instauration du quinquennat dont on peut voir aujourd’hui, avec le recul de quatorze ans, les effets désastreux sur les institutions. À l’époque, les rares (dont moi) qui avaient refusé le principe du quinquennat étaient ultraminoritaires (à peine 6,8% des électeurs inscrits au référendum du 24 septembre 2000).

L’idée de faire un référendum sur le sujet serait à double tranchant : François Hollande pourrait croire que la grande popularité d’une dissolution dans les sondages l’aiderait mais on pourrait aussi imaginer l’inverse, que l’idée de la proportionnelle serait plombée par l’impopularité présidentielle.

yartiProportionnelle02

François Hollande serait-il capable d’aller plus loin dans le masochisme institutionnel que la dissolution décidée le 21 avril 1997 par le Président Jacques Chirac (poussé par Alain Juppé et Dominique de Villepin), l’idée de se défaire d’une majorité parlementaire pourtant pléthorique pour se retrouver …dans l’opposition ?


Des objectifs très politiciens

Bien entendu, François Hollande, qui connaît parfaitement l’histoire politique contemporaine, ne pense pas au 21 avril 1997 mais au 3 avril 1985, le jour où le Président François Mitterrand, au conseil des ministres, après avoir étudié scrupuleusement les résultats des élections cantonales des 10 et 17 mars 1985, avait instauré la proportionnelle intégrale pour les élections législatives du 16 mars 1986.

L’idée de celui que François Hollande voudrait sans arrêt imiter jusqu’à l’intonation verbale avait trois objectifs : réduire la victoire de l’opposition UDF/RPR, si possible en l’empêchant d’atteindre la majorité absolue, réduire l’effondrement du Parti socialiste, et surtout, encourager le Front national à obtenir des sièges pour rendre la situation compliquée à droite. Le FN a obtenu 35 sièges ; le PS a évité l’hécatombe avec 206 sièges ; mais le troisième objectif n’a pas été atteint, de justesse, la coalition UDF/RPR a gagné 290 sièges, soit un siège de plus que la majorité absolue, une majorité qui fut donc, à cause de sa petitesse, au garde-à-vous face au premier gouvernement de la cohabitation.

Une projection a déjà fait le tour des médias sur le résultat en sièges si les élections législatives des 10 et 17 juin 2012 avaient eu lieu à la proportionnelle intégrale. Ce mode de scrutin aurait rendu la France totalement ingouvernable, ce qui, dans la situation économique et budgétaire actuelle, aurait été de la folie pure (imaginons en France un "shutdown" comme celui des États-Unis l’an dernier).

yartiProportionnelle03

En effet, le PS et alliés n’auraient obtenu que 223 sièges au lieu de 313 (la majorité absolue est à 289), les écologistes 24 sièges, le PCF et alliés 30 sièges. De l’autre côté de l’échiquier, l’UMP aurait obtenu 204 sièges au lieu de 195, les centristes 11 sièges et la grande différence, c’est le FN qui serait arrivé avec 85 sièges au lieu des 2 actuellement. Comme on le voit, avec les résultats de juin 2012 favorables à la gauche, il y aurait eu très peu de différence pour l’UMP et les nombreux sièges supplémentaires du FN seraient acquis essentiellement au détriment du PS.


Une lourde responsabilité

Je n’ai pas eu connaissance de simulation sur la base des résultats des élections européennes du 25 mai 2014, mais il paraît évident que le FN, qui, à la proportionnelle déjà, représentant un quart des suffrages exprimés, avait obtenu un tiers des sièges à pourvoir (notons que le FN profite désormais du système électoral), aurait un groupe à l’Assemblée Nationale très important si la proportionnelle intégrale était adoptée (le plus grand, d’ailleurs, avec les résultats de mai 2014).

Pourquoi je considère que proposer aujourd’hui la proportionnelle intégrale est une faute politique grave ?


1. Le contexte économique et social

François Hollande avait laissé entendre que sa seule priorité était l’emploi, et il avait raison de la définir ainsi. Le chômage ne cesse de croître ces derniers mois, ne laissant au gouvernement aucune capacité de réussite.

Mais vouloir créer de nouveaux chantiers serait une erreur historique. Tout le pays devrait être focalisé sur les moyens à mettre en œuvre pour redynamiser l’économie et créer des emplois. D’ailleurs, ces moyens sont discutés, sont discutables, il y a débat, et c’est ce débat public qui devrait faire l’essentiel de la prestation gouvernementale.

Ouvrir de nouveaux fronts de clivage, après déjà le mariage gay qui a mis plus d’un million de citoyens dans les rues, cela ne paraîtrait ni sage ni raisonnable. Au même titre que les éventuelles lois qui autoriseraient l’euthanasie active, le vote des étrangers, le débat sur la proportionnelle intégrale polluerait le débat politique comme une diversion politicienne.

Il suffit de voir les énergies déjà perdues par le chamboulement capricieux des régions françaises pour voir l’intérêt d’un chamboulement institutionnel. Ce qui a été reproché à Nicolas Sarkozy est aujourd’hui amplifié par son successeur.


2. La proportionnelle intégrale n’est pas plus démocratique que le scrutin majoritaire

Ce qui nuit à la démocratie, ce n’est pas la manière de représenter le peuple, car la plupart des modes de scrutin sont démocratiques : un député représente à peu près le même nombre d’électeurs, et même avec la proportionnelle, il y aurait des disparités inévitables en fonction de la démographie de certains départements, le tout étant de les réduire (ce qui a été fait avec le redécoupage des circonscriptions).

Ce qui nuit à la démocratie, c’est l’autisme de la classe politique, l’absence d’écoute des citoyens. Or, la proportionnelle aurait pour effet d’accroître la distance qui sépare la classe politique du peuple.

Pour une raison très simple, les partis mettraient en tête de liste tous leurs apparatchiks. Pour s’en convaincre, il suffit de revoir la constitution des listes aux dernières élections européennes. Le parlementaire serait alors encore plus l’obligé des partis et la parole des électeurs compterait encore moins.

Le régime des partis serait donc renforcé avec la proportionnelle et les candidats indépendants ou atypiques auraient alors beaucoup plus de mal à être élus. Un exemple parmi d’autres, avec la proportionnelle, Nicolas Dupont-Aignan, qui pense ce qu’il veut mais qui a décidé de faire une aventure solitaire, ne serait jamais élu avec la proportionnelle alors qu’il est très apprécié de ses électeurs d’Yerres où il a fait du bon travail depuis juin 1995, et où il a toujours été réélu député dès le premier tour (sauf en 2012).

Le FN d’ailleurs devrait aujourd’hui analyser, sur les bases des élections législatives partielles de l’année 2013 (une prochaine se profile avec la démission de Pierre Moscovici), que son intérêt est bien entendu dans le scrutin majoritaire, puisque, aujourd’hui, à son niveau d’adhésion électorale, il réussit à se placer devant le PS dans de très nombreuses circonscriptions.


3. Une démocratie claire, c’est une bonne visibilité de ses acteurs

Qui connaît les députés européens élus dans sa grande circonscription il y a quelques mois ? Qui connaît les élus régionaux de son département ? Tous les élus régionaux, pas seulement un ?

Avec la proportionnelle intégrale, le citoyen électeur aura bien plus de mal à connaître non seulement l’action mais même l’identité des députés de son département. Avec une circonscription, le député tient nécessairement des permanences locales pour garder contact avec les électeurs, à la foi dans un but de réélection (c’est humain), et dans un but de retour du local vers le national.

Les députés élus à la proportionnelle tiendraient certainement aussi des permanences, mais ils sauraient que leur réélection ne dépendrait pas de la sympathie de leurs électeurs mais du numéro de la place sur la prochaine liste.

La proportionnelle va d’ailleurs dans le sens opposé de la limitation du cumul du mandat. L’un des arguments contre le cumul, c’était de dire que le député n’avait pas besoin d’être maire pour savoir ce qu’il se passait localement car il agissait aussi dans sa circonscription… sauf s’il n‘y a plus de circonscription !


4. Le risque majeur de l’ingouvernabilité

S’il y a bien un jeu très dangereux qui risque de faire du perdant/perdant, c’est bien celui de jouer avec les institutions : sauver quelques sièges au PS d’un côté, plonger la France dans une situation d’incapacité à être gouvernée d’un autre côté. L’irresponsabilité serait manifestement suprême.

En effet, alors qu’aucun parti, actuellement, n’est en mesure de dépasser à peu près le quart des électeurs, aucune majorité absolue stable ne serait possible dans la situation actuelle. En 1986, le paysage politique était beaucoup moins éclaté, le FN était naissant, et on revenait de scores encore très élevés comme la liste Veil (UDF/RPR) qui avait obtenu 43,0% des voix aux élections européennes du  17 juin 1984.

Avec la proportionnelle, la classe politique serait susceptible de se perdre dans toutes les combinaisons possibles, et renforcerait bien entendu tous les partis antiparlementaires, même s’ils auraient réussi à gagner des sièges.

Si l’idée était de faire admettre une "grande coalition" à l’allemande, ou une "union nationale", il n’y aurait pas besoin de la rendre obligatoire par le jeu faussé du mode de scrutin, il suffirait seulement de le vouloir maintenant. François Bayrou avait eu la réponse dès 2012 à sa main tendue.


5. On ne change pas les règles du jeu comme de chemises

Les gouvernements socialistes, depuis 2012, n’ont cessé de changer les règles du jeu électoral.

Ils ont modifié les règles du jeu aux élections municipales de mars 2014, politisant les communes entre 1 000 et 3 500 habitants. Ils ont modifié le mode de scrutin aux sénatoriales de septembre 2014 pour réduire l’impact contre les sortants socialistes.

Ils ont complètement refondu les cantons pour les élections départementales, en créant des binômes sexués sans intérêt politique (et pourquoi seulement des couples homme/femme au moment où l’on a autorisé le mariage de couples de même sexe ?). Pire, le gouvernement a annoncé il n’y a que quelques semaines que les élections départementales auraient lieu en mars 2015, sans même savoir si les départements seraient voués à disparaître, ni quels seraient leurs compétences dans le cas contraire. À peine cinq mois alors que la moindre des choses est de donner des règles électorales claires au moins un an avant l’échéance.

C’est pareil avec les élections régionales prévues en décembre 2015 (à l’origine, elles devaient avoir lieu en …mars 2014 !), et il est probable que les électeurs ne sauraient même pas dans quelle grande région ils voteraient. Et cela au moment où on s’apprêterait à supprimer la "propagande électorale officielle", vous savez, ces enveloppes où les candidats ont droit à une ou deux feuilles pour présenter leur candidature à tous les électeurs inscrits, y compris ceux qui ne sont pas abonnés au réseau Internet.

L’instauration de la proportionnelle intégrale obéirait à ces changements de règle du jeu pour convenance personnelle. Elle pourrait certes se faire dans des délais corrects (les prochaines élections législatives sont prévues pour juin 2017) sauf dans le cas d’une dissolution consécutive à la réforme, car dans ce cas, il n’y aurait que l’espace de quelques semaines pour réagir.


6. Réduire le nombre de députés ?

Là aussi, c’est une proposition qui semblerait très populaire, et le premier à l’avoir suggérée, ce que je regrette, c’est François Bayrou dans sa conférence de presse du 25 février 2012.

Pourtant, réduire le nombre de parlementaires, c’est le meilleur moyen de renforcer l’exécutif et l’autisme présidentiel. Au contraire, les parlementaires sont élus non seulement pour faire et voter les lois, mais aussi pour contrôler le gouvernement, et vu la société très complexe dans laquelle on se trouve, les parlementaires ne sont pas de trop pour aller enquêter sur l’action gouvernementale, que ce soit à propos de l’affaire Cahuzac, de l’écotaxe, ou, comme je l’espère, plus récemment, du barrage de Sivens.

Il faudrait au contraire donner une plus grande marge d’action aux parlementaires de l’opposition pour pouvoir faire des enquêtes même si la majorité les refusait. Petit à petit, certains parlementaires prennent leur autonomie avec l’exécutif, mais c’est encore rare. Comme René Dosière qui n’hésite pas à enquêter chaque année sur le budget de l’Élysée et des ministères et qui vient de déclarer, le jeudi 30 octobre 2014, que les conseillers, dans les cabinets ministériels d’aujourd’hui, avaient reçu des "rémunérations choquantes".


7. Faire un référendum, pourquoi pas ?

On ne pourra jamais dire qu’organiser un référendum n’est pas pertinent. Tout référendum est une ouverture vers les citoyens et en tant que tel, il est un outil intéressant pour la démocratie.

Après l’échec du 29 mai 2005, il n’est cependant pas sûr que le Président de la République prenne le risque d’un désaveu cinglant. Tout comme ce ne serait pas très prudent, pour lui, de dissoudre l’Assemblée Nationale. Jacques Chirac, par ses deux décisions (dissolution et référendum) a peut-être éliminé de la pratique ces deux outils de respiration démocratique.

Néanmoins, avec un tel climat de défiance dans la population, le Président de la République a besoin de reprendre pied, de prendre une initiative démocratique. Ce serait à mon avis une erreur historique de la baser sur le mode de scrutin. Il mettrait la France dans une IVe République finissante. Il serait alors le véritable Président moi-ou-le-chaos.


La proportionnelle intégrale, exemple type de l’intérêt clanique sur l’intérêt national

En résumé, l’instauration de la proportionnelle intégrale ne résorberait pas le problème du chômage (évidemment), ne redonnerait pas plus de poids au peuple (au contraire, les apparatchiks seraient plus nombreux à l’Assemblée Nationale). Elle n’aurait qu’un seul but, l’intérêt particulier du clan socialiste, pour éviter le désastre électoral annoncé pour 2017.

Un Président de la République responsable, digne de la légitimité que plus de la moitié des électeurs lui ont accordée le 6 mai 2012, ne devrait s’occuper que de l’intérêt national. Celui-ci commande de ne pas créer un nouveau front institutionnel où les énergies se perdraient au détriment des forces vives pendant que l’économie mondiale, elle, se ressaisit.

Le suicide à la proportionnelle intégrale, ce ne serait peut-être pas celui de François Hollande ni celui du PS, mais assurément celui de la France.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (5 novembre 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Hollande.
Manuel Valls.
L’impopularité alarmante.
Cumul des mandats.
Réforme des modes de scrutins locaux.
Réforme territoriale.
Le serpent de mer.

yartiProportionnelle04


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/suicide-a-la-proportionnelle-159024

 




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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 03:56

La rentrée 2014 a été particulièrement éprouvante pour le pouvoir socialiste, qui, chaque jour, fait grimper le crédit des sirènes du populisme à la bourse du chômage et du déficit. Retour sur le casting hollandien (suite et fin).


yartiRentree201403Des nouveaux ministres, d’anciens qui s’en vont ou des nouveaux qui font des boulettes. Voici maintenant la plus grosse boulette de la rentrée.


L’affaire Thévenoud

Car, é
videmment, je n’oublie pas la plus grosse boulette ministérielle de la période, à savoir la situation fiscale du nouveau sous-ministre Thomas Thévenoud qui a donné sa démission dès le 4 septembre 2014 « à sa demande et pour des raisons personnelles ». Dans la journée, Matignon a cependant cru bon de préciser que c’était Manuel Valls lui-même qui lui avait demandé de partir, faisant de lui le ministre le plus bref de l’histoire de la Ve République, neuf jours à égalité avec Léon Schwartzenberg (1923-2003), ministre du 29 juin au 7 juillet 1988, et quatre jours plus bref que Jean-Jacques Servan-Schreiber (1924-2006), ministre du 27 mai au 9 juin 1974.

La raison ? Des indélicatesses fiscales depuis plusieurs années. Cette anomalie ("non conformité") avait été découverte par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique créée par la loi organique n°2013-906 du 11 octobre 2013 adoptée à la suite de l’affaire Cahuzac, et présidée par Jean-Louis Nadal (proche de Martine Aubry, nommé par François Hollande le 2 décembre 2013 pour six ans).

Proche d’Arnaud Montebourg dans ses responsabilités locales à Montceau-les-mines, Thomas Thévenoud avait été désigné le 15 mai 2013  vice-président de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Cahuzac présidée par Charles de Courson, ce qui l’avait amené à prononcer publiquement des paroles fermes pour la moralisation de la vie politique (l’arroseur arrosé, en somme).

Déjà pressenti en avril dernier, proche de Dominique Strauss-Kahn, le député de Marmande Matthieu Fekl (37 ans), normalien, IEP Paris et ENA, a été nommé dès le 4 septembre 2014 à la succession de Thomas Thévenoud. Pour l’anecdote, il a été aussi conseiller de Jean-Pierre Bel lorsque ce dernier fut Président du Sénat, tandis que l’épouse de Thomas Thévenoud en était …la chef de cabinet.

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Thomas Thévenoud a été exclu du Parti socialiste mais a refusé de démissionner de son mandat de député (comme le lui ont demandé publiquement tant Manuel Valls le 16 septembre 2014 que François Hollande le 18 septembre 2014). Il n’a cependant pas pris part au vote de confiance du nouveau gouvernement le 16 septembre 2014. Pour rappel, Jérôme Cahuzac n’avait pas osé reprendre son mandat parlementaire après sa démission du gouvernement en 2013. Dans tous les cas, la carrière de Thomas Thévenoud est compromise par une sorte de "lynchage" médiatique qui paraît d’autant plus justifiée que c’est sur ce terreau à scandales que prolifère l’influence électorale du Front national.

L’affaire Thévenoud a fait beaucoup de bruit dans les médias pour ce qu’elle révèle de comportement amoral de certains ministres. Cependant, elle a montré également l’efficacité des nouvelles lois de transparence qui ont su déceler très rapidement les manquements fiscaux d’un sous-ministre. Quoi qu’on en dise, c’est une avancée démocratique.


Et il y a aussi Pierre Moscovici

Dernière roue du casting hollandien, l’ancien Ministre de l’Économie et des Finances dont la faible compétence a été reconnue même par le Président de la République et l’actuel Premier Ministre. Après son échec municipal, Pierre Moscovici (57 ans) a quitté en effet le gouvernement le 31 mars 2014. Très proche des leaders sociaux-démocrates européens (en particulier, Enrico Letta et Martin Schulz), il a été désigné officiellement par la France le 10 septembre 2014 pour être Commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires, de la Fiscalité et de l’Union douanière.

Beaucoup de pays (dont l’Allemagne) ont quelques doutes sur la capacité de Pierre Moscovici à contrôler les dérapages budgétaires de la France, d’autant plus qu’en tant que député, il a voté la confiance au gouvernement Valls II et a donc accepté le retard de réduction du déficit public à 3% (reporté à 2017 au lieu de 2013 puis 2015) annoncé le 9 septembre 2014. "Der Spiegel" n’a pas mâché ses mots : « Jean-Claude Juncker veut nous faire croire que ce roi du déficit mettra dorénavant des bâtons dans les roues de ses amis socialistes s’ils entendent poursuivre leur politique sociale sur le dos de leur voisin d’outre-Rhin. ».

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Cette désignation a été formellement proposée par le futur Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker, et fait maintenant l’objet d’une procédure très rigoureuse de ratification par le Parlement Européen. Pierre Moscovici se verrait a priori encadré par deux Vice-Présidents qui furent d’anciens Premiers Ministres dans leur pays et auraient un poids politique nettement supérieur au commissaire.

Pierre Moscovici a été durement auditionné par les députés européens le 2 octobre 2014 et a dû rendre également ce 7 octobre des réponses écrites à certaines interrogations. Sa nomination aurait pu être refusée pour compenser le rejet finalement abandonnée du commissaire espagnol pressenti issu du PPE. Le drame s'est donc dénoué cette semaine. Le 8 octobre 2014, la candidature de Pierre Moscovici a été approuvée, mais pas celle de sa collègue slovène Alenka Bratusek. Le 22 octobre 2014 aura lieu le vote global de la Commission Juncker au Parlement Européen.


Il manque un bon DRH à l’Élysée

Sans évoquer ses choix affectifs qui ont eu pour conséquence la publication d’un livre terrible qui l’a discrédité pour longtemps aux yeux des Français, François Hollande a montré depuis deux ans une réelle incapacité à nommer les bonnes personnes aux bons postes et au bon moment.

Il a dû nommer un ancien ministre au poste stratégique de Secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet (60 ans), nommé le 16 avril 2014, en succession de Pierre-René Lemas (63 ans), ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Bel, lorsque ce dernier était Président du Sénat.

Il a mis presque deux ans pour s’apercevoir que son principal conseiller politique, Aquilino Morelle (52 ans), docteur en médecine, IEP Paris et ENA, se moquait de la précarité de nombreux citoyens et surtout, serait soupçonné de conflits d’intérêt (il a dû démissionner le 18 avril 2014). Pour l’anecdote, sa compagne, directrice de cabinet de la Ministre de la Culture, a dû également démissionner le 15 mai 2014.

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Il a fallu attendre presque deux ans pour se décider à nommer un véritable Premier Ministre. Il a mis presque un an pour savoir que celui qui était chargé de faire la chasse aux fraudeurs du fisc était l’un des plus grands fraudeurs du pays.

Combien de temps mettra-t-il encore avant de penser à faire participer une personnalité politique de premier plan qui, aujourd’hui, se tait mais n’en pense pas moins, Martine Aubry ? Car à gauche, plus que jamais, la clef se trouverait à Lille. Ce n'est pas un hasard si finalement, Martine Aubry va rencontrer prochainement Manuel Valls...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (9 octobre 2014)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
François Hollande.
Manuel Valls.
Le couple Hollande-Valls.
Martine Aubry.
Arnaud Montebourg.
Aurélie Filippetti.
Benoît Hamon.
Pierre Moscovici.
Jean-Pierre Bel.
François Rebsamen.
Valérie Trierweiler.
Les sondages désastreux de la rentrée 2014.

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http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/rentree-pourrie-a-l-elysee-4-un-157734





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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 03:51

La rentrée 2014 a été particulièrement éprouvante pour le pouvoir socialiste, qui, chaque jour, fait grimper le crédit des sirènes du populisme à la bourse du chômage et du déficit. Retour sur le casting hollandien (suite).


yartiRentree201456Après avoir évoqué les nouveaux ministres, revenons aux ministres qui ont quitté le gouvernement.


Les ministres qui partent

Menaçant souvent de démissionner, Arnaud Montebourg (51 ans) a quitté le gouvernement contre sa volonté puisqu’il souhaitait y rester en assurant de sa loyauté mais aussi de sa liberté. Fort de son petit capital électoral acquis durement lors de la primaire socialiste en 2011, il voudrait sans doute rassembler toute l’aile gauche du PS pour tenter de rebondir politiquement. Cependant, toutes les tentatives antérieures de ce type, que ce soit Jean-Pierre Chevènement ou Jean-Luc Mélenchon, ont été vouées à l’échec. Par ailleurs, sa présence au gouvernement pendant les deux premières années du quinquennat Hollande, en particulier au sein du gouvernement Valls I, ainsi que son soutien à François Hollande au second tour de la primaire socialiste ne lui laissent pas beaucoup de crédibilité ni d’espace politique. Au contraire d’une Martine Aubry plus apte, grâce à sa passivité et à son silence depuis deux ans, à prendre la tête des députés PS "frondeurs" pour proposer une autre voie socialiste avant 2017.

Le suivant dans la disgrâce, Benoît Hamon (47 ans) a également vu sa crédibilité s’effondrer depuis deux ans. Celui qui se voulait l’héritier de Henri Emmanuelli à l’aile gauche du PS avait obtenu ses lettres de noblesse en présentant sa propre motion au fameux congrès de Reims. Mais dès la "victoire" de Martine Aubry, il s’est intégré le 6 décembre 2008 à la ligne majoritaire qui ont fait disparaître toutes les zones d’aspérité. Ce fut encore plus marquant au sein du gouvernement où il avala la pilule hollandienne pour être d’abord Ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation, puis Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche prenant la succession de Vincent Peillon. Les déclarations de Frangy-en-Bresse n’ont pas beaucoup apporté à son courant au sein du PS, sinon maintenant une liberté retrouvée.

Aurélie Filippetti (41 ans), elle aussi, a quitté le gouvernement après deux ans passés rue de Valois, et la raison a été esquissée dans "Paris-Match" dès le 10 septembre 2014 qui a laissé entendre qu’il y aurait une liaison affective entre elle et l’ancien Ministre du Redressement productif. Politiquement, le départ d’Aurélie Filippetti risquerait bien d’être aussi conséquent que celui de Delphine Batho il y a un an. Aurélie Filippetti évoquait ainsi ses motivations personnelles : « Il y a un devoir de solidarité, mais il y a aussi un devoir de responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes. Je choisis pour ma part la loyauté à mes idéaux. Je ne serai donc pas, cher François, candidate à un nouveau poste ministériel. » ("Le Monde" du 25 août 2014).

Enfin, quatrième à partir de l’équipe gouvernementale, Frédéric Cuvillier (45 ans), député-maire de Boulogne-sur-mer, maître de conférence en droit public, était chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche depuis le début du quinquennat, et avait hésité à rester en poste dans le gouvernement Valls I car il craignait une tutelle trop autoritaire de la ministre Ségolène Royal. Il a donc profité de ce remaniement pour s’éloigner d’une politique gouvernementale jugée trop libérale.

Les quatre cités ont retrouvé leur siège de député le 27 septembre 2014 sans nécessiter de recourir à une élection partielle aux résultats aléatoires …grâce à Nicolas Sarkozy et à sa révision constitutionnelle du 23 juillet 2008.


Les boulettes ministérielles

Le coup d’éclat du 25 août 2014 de Manuel Valls pour régimenter les ministres n’a pas semblé suffisant pour arrêter le désordre gouvernemental. Trois incidents graves de communication ont eu lieu depuis la fin de l’été montrant l’inorganisation et l’impréparation, pour ne pas dire parfois la méconnaissance des dossiers de certains ministres.

Le 2 septembre 2014 sur iTélé, le Ministre du Travail François Rebsamen, l’un des amis très proches de François Hollande, a ainsi annoncé à la surprise générale un contrôle accru des demandeurs d’emploi en laissant croire que le chômage serait voulu par des chômeurs paresseux : « Il y a 300 000 postes non pourvus. Les Français ne comprennent pas. Il faut plus de convocations, de vérifications. Sinon, on est radié. Il faut œuvrer pour un état d’esprit différent. ». Entendre ainsi un ministre si peu au courant de la réalité sociale et économique est assez déconcertant.

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François Rebsamen a aussi cherché à dépublier une interview mise en ligne le 3 octobre 2014 du "Miroir Mag", magazine local en Bourgogne, où il s’affirmait clairement libéral : « Le parti socialiste est en pleine mue idéologique. Moi, je l’ai effectuée depuis longtemps. Il faut donc expliquer. Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise. (…) Ah bon, certains socialistes doutent que ce soit l’entreprise qui crée des richesses ? (…) Je ne suis pas un ennemi de l’entreprise, je ne suis pas pour l’économie administrée ni pour les pays communistes. Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie, de la vie de l’entreprise. ».

Le 17 septembre 2014 sur Europe 1, le Ministre de l’Économie Emmanuel Macron a commis une grosse maladresse en évoquant les travailleurs des abattoirs bretons Gad : « Il y a dans cette société une majorité de femmes, pour beaucoup illettrées. ». Dès l’après-midi au Palais-Bourbon, lors d’une question d’un député, Emmanuel Macron a présenté ses excuses : « Mes excuses les plus plates vont à l’égard des salariés que j’ai pu blesser, que j’ai blessés, et je ne m’en excuserai jamais assez ! ».

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Le tort était cependant fait, renforçant la distance que peut avoir le pouvoir avec les personnes les plus précaires, déjà émise par le mépris affiché des "Sans-dents" décrit par Valérie Trierweiler, même si ce constat avait déjà été exprimé par Michel Sapin le 18 février 2014 devant les sénateurs, de manière beaucoup discrète : « En Bretagne, j’ai discuté avec des gars de Gad. Pas facile, certains sont illettrés… ».

Le 27 août 2014, le magazine "Le Point" révélait également un entretien d’Emmanuel Macron datant du 24 août, juste avant sa nomination (donc ne représentant pas le gouvernement), qui avait imprudemment remis en cause la durée légale du travail à 35 heures en se disant favorable à des dérogation à ce plafond hebdomadaire en cas d’accord syndical, ce qui a nécessité une mise au point ferme de la part de Matignon : « C’est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à condition qu’il y ait un accord majoritaire avec les salariés ? » et cela pour « sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas ».

Dans le prochain article, j’évoquerai l’affaire Thévenoud.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (7 octobre 2014)
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Pour aller plus loin :
François Hollande.
Manuel Valls.
Le couple Hollande-Valls.
Martine Aubry.
Arnaud Montebourg.
Aurélie Filippetti.
Benoît Hamon.
Pierre Moscovici.
Jean-Pierre Bel.
François Rebsamen.
Valérie Trierweiler.
Les sondages désastreux de la rentrée 2014.

yartiRentree201406



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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 07:30

La rentrée 2014 a été particulièrement éprouvante pour le pouvoir socialiste, qui, chaque jour, fait grimper le crédit des sirènes du populisme à la bourse du chômage et du déficit. Retour sur le casting hollandien.


yartiRentree201405Le couple de l’exécutif a bien du mal à surnager dans les eaux profondes et mouvantes de l’impopularité. La rentrée 2014 a été particulièrement éprouvante pour lui, avec des sondages désastreux, la perte d’un Sénat qui devient désormais accessible au Front national, et un nouveau gouvernement.

Je voudrais revenir sur le choix des hommes et l’incapacité du pouvoir socialiste à choisir les meilleures personnalités.


La goutte de Frangy qui a fait déborder la vase

Le changement du gouvernement a surpris beaucoup les observateurs. À peine à la fin des vacances, après seulement quatre mois seulement d’exercice, le Premier Ministre Manuel Valls a réalisé une véritable petite révolution de palais en présentant la démission de son gouvernement le lundi 25 août 2014.

En cause, les propos à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, le 24 août 2014, de deux ministres importants de son gouvernement, le Ministre de l’Économie Arnaud Montebourg et le Ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon, s’opposant à la politique économique choisie par le gouvernement.

Ambiance. Arnaud Montebourg : « Le Ministre de l’Économie que je suis a le devoir de ne pas se taire et de proposer des solutions alternatives. (…) La France est un pays libre qui n’a pas vocation à s’aligner sur les obsessions de la droite allemande. (…) J’ai demandé solennellement au Président de la République et au Premier Ministre une inflexion majeure de notre politique économique. » pour terminer par cette ironie assez méprisante : « Je vais lui envoyer une bonne bouteille de la Cuvée du redressement, au Président, hein ! ».

Benoît Hamon, en mauvais français malgré son rôle d’éducateur national : « Les Français attendent de nous que l’on fasse ce que l’on a dit qu’on ferait. (…) Il est temps de mettre en œuvre une politique équilibrée. ».

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Deux réflexions à ce sujet.

La première, c’est se poser une question : pourquoi les deux ministres, qui savaient très bien quelle était la politique du gouvernement (elle a été définie dès le 14 janvier 2014 par le Président François Hollande, elle n’a pas changé depuis ce temps-là), se sont sentis obligés seulement sept mois plus tard de la critiquer ? Et cela d’autant plus qu’un nouveau gouvernement a été formé le 2 avril 2014, avec à la clef un discours de politique générale relativement clair sur les intentions affichées du gouvernement. C’est d’autant plus étonnant qu’Arnaud Montebourg était justement le Ministre de l’Économie, et donc, le premier concerné dans la définition de cette politique : ou il ne servait à rien, ou il avait un comportement schizophrène. Comme disait Raymond Barre, il y a des discours d’après-banquets.

La seconde concerne la méthode. En démissionnant brusquement, Manuel Valls a mis dos au mur l’ensemble des parlementaires et des ministres socialistes, plus généralement de sa majorité, mais aussi le Président de la République François Hollande qui voulait encore continuer à ménager la chèvre Valls et le chou Montebourg. En ce sens, c’est une nouvelle preuve que celui qui décide est bien Manuel Valls, non élu, seulement 5% à la primaire socialiste en 2011, et pas François Hollande, seul Président élu en 2012.

C’est aussi un bon moyen pour impressionner les ministres, leur montrer que le Premier Ministre est capable de s’autodétruire, et avec lui, ses ministres, en cas de désordre patent. Ce n’est pas faire preuve d’autorité mais d’autoritarisme que d’agir ainsi, évidemment.


Nouveau gouvernement

En définitive, le nouveau gouvernement Vall II est composé de 34 membres, soit seulement quatre de moins que le gouvernement Ayrault II (et deux de plus que le gouvernement Valls I). Le gouvernement "resserré", "de combat" déjà évoqué en début avril 2014 n’a jamais été autre chose qu’un slogan publicitaire très virtuel (du reste très fréquent à chaque changement de gouvernement).

La démission d’un gouvernement à froid, c’est-à-dire sans raison d’échéances électorales (qui ponctuent généralement les changements ministériels) ni parlementaires (motion de censure), n’est pourtant pas unique dans l’histoire républicaine récente.

En effet, le 5 juillet 1972, le Président Georges Pompidou avait renvoyé le Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas, et cela malgré le vote de la confiance des parlementaires.

Le 27 février 1974, son successeur Pierre Messmer a également présenté la démission de son nouveau gouvernement pour en nommer un nouveau qui dura seulement trois mois à cause de la mort prématurée de Georges Pompidou (c’était l’occasion de nommer Jacques Chirac à l’Intérieur, un poste clef pour l’élection présidentielle).

Le 25 août 1976, Jacques Chirac a également remis la démission de son gouvernement, mais c’était pour s’opposer au Président Valéry Giscard d’Estaing, la seule fois dans ces conditions, où un chef du gouvernement claque la porte.

Comme pour Jacques Chaban-Delmas, le Président François Mitterrand a renvoyé pour convenance personnelle le 15 mai 1991 le Premier Ministre Michel Rocard pourtant assez populaire (trop ?) pour le remplacer par Édith Cresson.

Alain Juppé a également remis la démission de son gouvernement le 7 novembre 1995 pour en nommer un nouveau plus efficace face aux dures grèves qui s’annonçaient. Ce fut à cette occasion qu’après à peine six mois de bons et loyaux services, la plupart des "Juppettes" furent remerciées.

Enfin, là aussi à froid, François Fillon a remis la démission de son gouvernement le 13 novembre 2010 pour en renommer un nouveau sous sa direction. À l’époque, les rumeurs de remaniement avaient démarré dès le printemps 2010, semant la terreur chez les ministres et laissant entendre que Jean-Louis Borloo irait à Matignon.

Comme on le voit, la démission du gouvernement Vall I est la sixième depuis 1958 qui se fait sans raison apparente, sinon pour restructurer ou reformater (en 1972 et en 1976) une majorité en péril. La méthode qui devient de plus en plus fréquente (trois fois dans les vingt dernières années) a pour effet de rendre les ministres encore plus précaires, et donc, de forcer leur allégeance envers la tête de l’exécutif.


Les changements dans les ministères

Le gouvernement Vall II nommé le 26 août 2014 a finalement peu de différence avec le précédent. Selon la communication de Matignon, le Premier Ministre aurait reçu chaque ministre pour s’assurer de l’accord avec la politique gouvernementale (moi, dans ma naïveté originelle, je pensais que lorsqu’on était nommé ministre, on était, par définition, en accord avec la politique gouvernementale, mais en Hollandie, apparemment, ce n’était pas automatique, c’était juste optionnel).

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Quatre principaux changements se sont donc opérés.

Le premier, politiquement important, c’est la grande promotion de Najat Vallaud-Belkacem (36 ans) qui accède (pour la première fois pour une femme) au prestigieux Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle devient ainsi la plus importante ministre après les deux éléphants Laurent Fabius et Ségolène Royal, et a fait dès sa nomination un bond dans les sondages. Elle est très appréciée à gauche, comme Christiane Taubira, mais assez détestée à droite.

Le deuxième, c’est la nomination d’un banquier et conseiller présidentiel médiatiquement inconnu mais très brillant, Emmanuel Macron (36 ans), au stratégique Ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. Son CV est impressionnant : assistant du philosophe Paul Ricœur, d’abord proche de Jean-Pierre Chevènement puis de Jean-Pierre Jouyet, IEP Paris et ENA, membre de la Fondation Jaurès, il a fait partie des Gracques, ce groupe de hauts fonctionnaires socialistes qui avaient appelé à voter pour François Bayrou en 2007 : « François Bayrou a démontré la vitalité d’un courant social-démocrate autonome vis-à-vis de la droite. Sa force réunie à celles de la gauche ouvrait la voie à la victoire. Mais le PS n’a pas osé. » (7 mai 2007, au lendemain de la défaite de Ségolène Royal).

Inspecteur des finances, Emmanuel Macron fut le rapporteur de la Commission Attali pour la libération de la croissance française après l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, puis travailla pour la banque Rothschild de septembre 2008 à mai 2012, poste grâce auquel il est devenu plurimillionnaire. Il fut ensuite Secrétaire général adjoint de l’Élysée du 15 mai 2012 au 30 août 2014 pour s’occuper des questions économiques : il a notamment cuisiné deux outils hollandiens, le "pacte de responsabilité" et le "crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi". Ne payant plus sa cotisation au PS depuis cinq ans, Emmanuel Macron est un bon pianiste et fait de la boxe française.

Le troisième concerne la Culture et la Communication dont hérite Fleur Pellerin (41 ans) quasiment en cadeau d’anniversaire (le 29 août). Chargée pendant deux ans des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique puis du Commerce extérieur, du Développement du tourisme et des Français de l’étranger, diplômée ESSEC, IEP Paris et ENA, elle avait montré sa bonne connaissance de la vie économique (l’une des rares sous le gouvernement Ayrault I) et aurait pu au contraire être choisie à l’Économie plutôt qu’à la Culture où elle ne connaît pas grand chose (elle a gardé le même directeur de cabinet).

Le quatrième changement concerne le Secrétariat d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche confié à Alain Vidalies (63 ans), avocat de droit social et député de Mont-de-Marsan depuis 1988, exclu du gouvernement Vall I et ancien Ministre délégué aux Relations avec le Parlement du 16 mai 2012 au 31 mars 2014.

Les autres changements sont de moindre importance : Patrick Kanner (57 ans), adjoint à Lille et président du Conseil général du Nord depuis le 31 mars 2011, est nommé Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports ; Thomas Thévenoud (40 ans), député de Solutré depuis 2012, Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, du Développement du tourisme et des Français de l’étranger (j’y reviendrai) ; Myriam El Khomri (36 ans), adjointe à Paris, Secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville ; enfin Pascale Boistard (43 ans), ancienne collaboratrice de Jean-Luc Mélenchon et députée d’Abbeville depuis 2012, Secrétaire d’État chargée des Droits des femmes. Tous ces nouveaux entrants sont principalement des anciens apparatchiks du Parti socialiste.

Dans le prochain article, je reviendrai sur les ministres sortants et sur la poursuite des couacs.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (7 octobre 2014)
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Pour aller plus loin :
François Hollande.
Manuel Valls.
Le couple Hollande-Valls.
Martine Aubry.
Arnaud Montebourg.
Aurélie Filippetti.
Benoît Hamon.
Pierre Moscovici.
Jean-Pierre Bel.
François Rebsamen.
Valérie Trierweiler.
Les sondages désastreux de la rentrée 2014.

yartiRentree201404



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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 19:43

Face à Gérard Larcher, Jean-Pierre Raffarin a échoué de nouveau dans sa tentative de prendre les rênes du Sénat (le Plateau). Petite analyse sur les raisons de cet échec.


yartiPlateau2014B05C’est sans surprise que le gaulliste Gérard Larcher a été élu Président du Sénat ce mercredi 1er octobre 2014 vers 19h40 au second tour. Il retrouve ainsi le Plateau qu’il avait occupé du 1er octobre 2008 au 1er octobre 2011, date à laquelle le socialiste Jean-Pierre Bel lui avait succédé. En cas de démission du Président de la République François Hollande, c’est lui qui serait chargé d’assurer l’intérim à l’Élysée et d’organiser une élection présidentielle anticipée, comme ce fut le cas deux fois pour Alain Poher, en 1969 et en 1974.

Dès le 30 septembre 2014, Gérard Larcher avait insisté pour dire que le Sénat « ne serait pas une annexe de l’UMP » et surtout que « le Sénat doit reconquérir son image dans l’opinion ». Pour le nouveau Président, le Sénat devra rester « une institution autonome ».

À 65 ans, Gérard Larcher est sénateur depuis vingt-huit ans, maire de Rambouillet depuis trente et un ans. Il a été ministre du 31 mars 2004 au 15 mai 2007 dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin, sous la tutelle du ministre Jean-Louis Borloo, chargé du Travail. Sans beaucoup d’arrogance politique, il est l’archétype de l’élu "sympa", labourant sur le terrain ses réseaux, cherchant avant tout à comprendre les problèmes des élus et à chercher à les résoudre.

Les humoristes pourront reprendre leurs beaux mots en évoquant par exemple que Gérard Larcher a plusieurs cordes à son arc, ou encore en disant qu’il est un sénateur de poids dans la nouvelle assemblée.


La primaire au sein de l’UMP

L’essentiel avait été accompli la veille. L’UMP étant le groupe le plus important de la nouvelle majorité sénatoriale avec 143 membre (la majorité absolue est 175), elle avait organisé une primaire en son sein le 30 septembre 2014. Trois candidats s’étaient présentés, les mêmes qu’en automne 2008, à savoir Gérard Larcher, Jean-Pierre Raffarin et Philippe Marini, le président sortant de la commission des finances qui voudrait conserver cette responsabilité mais celle-ci devrait échoir à un sénateur socialiste.

Jean-Pierre Raffarin avait cru qu’il réussirait ce qu’il n’avait pas obtenu il y a trois ans. Son discours visait à politiser l’assemblée des sages pour en faire une chambre d’opposition face à un pouvoir socialiste déconsidéré dans l’opinion publique. De plus, sa candidature aurait été soutenue par Nicolas Sarkozy. Or, il est rarement productif de forcer la main des sénateurs.

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De son côté, Gérard Larcher montrait un profil beaucoup plus consensuel, moins médiatique mais beaucoup plus à l’écoute des sénateurs, refusant les clivages stériles (comme ceux concernant la prochaine élection présidentielle) et cherchant avant tout à mettre en place un dispositif d’opposition constructive, voulant faire du Sénat une boîte à propositions constructives. Sa proximité avec François Fillon ne semble pas non plus avoir joué : les enjeux au sein des sénateurs ne correspondent pas aux écuries présidentielles mais plutôt à des préférences surtout très personnelles. D’ailleurs, les candidats à la présidence du groupe UMP ont tous promis qu’ils ne prendraient pas partie dans la future primaire de l’UMP pour l’élection présidentielle de 2017.

En 2008, Gérard Larcher avait obtenu 78 voix contre 56 à Jean-Pierre Raffarin et 17 à Philippe Marini. En 2014, Gérard Larcher a gardé le même rapport de forces, malgré l’arrivée de 45 nouveaux sénateurs UMP, avec 80 voix en sa faveur, 56 pour Jean-Pierre Raffarin et 7 pour Philippe Marini.


Les candidats et le vote solennel

Parce que le groupe centriste (UDI) n’a pas été invité à la primaire organisée par le groupe UMP, le président du groupe UDI François Zocchetto a présenté sa candidature au premier tour. L’UDI, qui est sans ambiguïté dans un processus de gouvernance commune avec l’UMP, est le groupe qui a le plus profité des élections sénatoriales du 28 septembre 2014, passant de 31 à 43 membres (+39%) dont plus de jeunes et plus de femmes.

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Pour le panache, les groupes de gauche ont présenté chacun leur président : Didier Guillaume pour les socialistes, Jacques Mézard pour le RDSE, Jean-Vincent Placé pour les écologistes et Éliane Assassi pour les communistes.

Au premier tour, chacun a rassemblé (à peu près) les élus de son groupe. Gérard Larcher (UMP) a recueilli 145 voix, Didier Guillaume (PS) 112 voix, François Zocchetto (UDI) 45 voix, Éliane Assassi (PCF) 18 voix, Jacques Mézard (RDSE) 13 voix, Jean-Vincent Placé (EELV) 10 voix et Nathalie Goulet (UDI) 1 voix.

Nathalie Goulet (UDI), qui avait envisagé une candidature indépendante il y a deux jours avait retiré sa candidature lors de la décision de présenter la candidature de François Zocchetto. Le scrutin montre que le groupe UDI est le troisième du Sénat et est un groupe décisif pour construire une majorité stable. Entre les deux tours, les groupes UMP et UDI se sont réunis pour négocier la répartition des autres responsabilités.

Le candidat centriste s'étant désisté après le premier tour, le second tour n'a eu aucune surprise : Gérard Larcher (UMP) a recueilli 194 voix, soit plus que le cumul UMP et UDI, Didier Guillaume (PS) 124 voix (les écologistes se sont désistés en sa faveur) et Éliane Assassi (PCF) a eu 18 voix. Gérard Larcher a donc été proclamé Président du Sénat vers 19h40 par le doyen d'âge, Paul Vergès (89 ans), et a cité le Général De Gaulle à la fin de sa brève allocution aux sénateurs avant sa passation des pouvoirs avec son prédécesseur Jean-Pierre Bel.


L’échec de Jean-Pierre Raffarin

Revenons à la situation du rival malheureux au sein de l’UMP, Jean-Pierre Raffarin, dont le poids politique, comme ancien Premier Ministre, n’est pas négligeable, et qui fait de lui actuellement l’un des trois coprésidents provisoires de l’UMP.

Issu du Parti républicain et de l’UDF, Jean-Pierre Raffarin est un modéré, libéral, européen et social. Il est sans doute l’un des rares à croire encore à l’union de la droite et du centre dans une seule formation politique (ce que propose de refaire Nicolas Sarkozy), et donc, à croire au concept originel de l’UMP de 2002. Pourtant, les candidatures présidentielles de François Bayrou et des listes centristes aux élections européennes ont régulièrement montré que les électeurs refusaient que le courant centriste, européen et social fût confondu sinon "fondu" au sein d’un parti de droite, surtout lorsqu’il a été autant décomplexé comme entre 2004 et 2014.

Jean-Pierre Raffarin défend théoriquement les mêmes valeurs que le centre politique, présentant même un courant humaniste au sein de l’UMP. Cet humanisme, pourtant, se traduit politiquement par un silence sur les excès de ces dernières années concernant justement le manque d’humanisme dans les prises de position d’un certain nombre de responsables de l’UMP.

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Jean-Pierre Raffarin était sans doute celui qui pouvait le mieux s’opposer politiquement à certaines dérives provenant de la ligne Buisson. Dans les faits, il a toujours soutenu des personnalités qui, au contraire, cherchaient à copier idéologiquement les thématiques du FN : Jean-François Copé en 2012, Nicolas Sarkozy en 2014.

Cette stratégie avait un horizon, la Présidence du Sénat. Or, en pensant être loyal et fidèle au cœur du militantisme de base de l’UMP, Jean-Pierre Raffarin s’est éloigné des sénateurs UMP qui sont dans une autre problématique, moins partiale, plus locale, plus pragmatique.


L’organisation du nouveau Sénat continue

Le nouveau bureau du Sénat sera élu le mercredi 8 octobre 2014 et les sénateurs feront leur photographie collective avant la séance du jeudi 9 octobre 2014.

Parmi les décisions que le Sénat doit prendre dans les heures qui viennent, la question de confier ou pas à un socialiste la présidence de la commission des finances, la désignation du rapporteur général du budget, et l’élection, prévue le jeudi 2 octobre 2014, du nouveau président du groupe UMP, précédemment dirigé par Gérard Longuet puis Jean-Claude Gaudin. Soutenu par Nicolas Sarkozy, l’ancien ministre Roger Karoutchi est candidat face à un candidat de renouvellement soutenu par certains nouveaux sénateurs, Bruno Retailleau, sénateur de Vendée.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (1er octobre 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le Sénat rebascule au centre droit (28 septembre 2014).
Alain Poher.
René Monory.
Christian Poncelet.
Gérard Larcher.
Jean-Pierre Bel.
Jean-Pierre Raffarin.

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http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/gerard-larcher-nouveau-poids-lourd-157520

 



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