Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 07:14

Malgré la récupération de certains et les amalgames d’autres, l’unanimité des responsables politiques sur la condamnation de l’agression qui a tué Clément Méric n’en reste pas moins un espoir sur la nécessité d’en finir avec toutes les violences.


yartiMericClement01La tragédie humaine et la tragédie politique ont été réunies dans un même acte, la mort du jeune étudiant Clément Méric après son agression le 5 juin 2013 en plein cœur de Paris.

Je me moque de savoir les circonstances, je me moque de savoir quelle a été la couleur politique de la victime, celle de l’agresseur, que ce soit à l’issue d’une bagarre, d’une provocation ou que ce soit mûrement réfléchi, prémédité, le résultat est le même, cruel, odieux, insensé, insupportable dans notre démocratie : une personne est morte en raison de ses opinions politiques.

Je me moque aussi de savoir le jeune âge de la victime, ses études à Science Po Paris, ses origines bretonnes… Il aurait été âgé, sans formation, d’autres origines, l’horreur aurait été de la même nature.

C’était le message de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate de l’UMP à la mairie de Paris, parmi plein d’autres responsables qui ont réagi, venue le lendemain sur les lieux du drame : « La violence politique, c’est un cancer de la démocratie. ». En raison de ses positions humanistes, l’ancienne ministre fait partie des quelques rares personnalités que détestent le Front national.

Oui, un cancer. Car souvent, la violence des uns appellent la violence des autres. La vengeance, la réplique. Clément Méric en est une malheureuse victime.

L’agression est inexcusable, et tous ceux qui ont laissé planer un doute sur l’origine de la bagarre, sur l’initiative des heurts, discutent de l’indiscutable : quand bien même la victime ou ses amis auraient été à l’origine d’une provocation, cela ne vaut pas la mort d’un homme. Dans tous les cas.

L’émotion, la politique n’y échappe pas et ce n’est pas une tare des responsables politiques de ressentir de l’émotion comme n’importe quel citoyen. Cette vie politique guidée par l’émotion l’est même sans Nicolas Sarkozy. Ce l’était déjà avant lui, et maintenant après lui. Mais la raison doit ensuite prendre place à l’émotion, lorsqu’il s’agit de prendre des décisions.

Dans sa chronique du 6 juin 2013, le journaliste Daniel Schneidermann hésitait à appeler la victime : jeune, étudiant, militant antifasciste, militant d’extrême gauche, considérant que le choix même de l’appellation apportait une idée de ses propres opinions politiques : « Savoir que choisir ses mots, c’est choisir son camp. ».

Pourtant, il n’y a qu’un seul camp, il n’y en a pas deux, dans cette histoire. La vie, c’est ce qui est le plus précieux. La philosophe Simone Weil rappelait dans "L’Enracinement" cette idée évidente : « Seul est éternel le devoir envers l’être humain comme tel. ». Et c’est à cette mesure que les réactions initiales sont saines.

L’unanimité de la réaction de la classe politique était effectivement très heureuse : de l’extrême gauche au FN, tout le monde a condamné cette agression inqualifiable. Mais qui pouvait ne pas condamner ? Ceux qui ont hésité en seraient presque les complices.

Le Président François Hollande a Tokyo, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault au Sénat, le Président du Sénat Jean-Pierre Bel, le Président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone, chacun devant son assemblée, ont fait des déclarations officielles de grande tenue et gravité.

Marine Le Pen a été très habile en réagissant très rapidement et très fermement, en condamnant et même, en soutenant l’éventualité de la dissolution de groupuscules d’extrême droite s’il s’avère que ceux-ci sont directement responsables de ce meurtre.

Mais certains dans la classe politique ont eu moins de pudeur que d’autres. Certains ont voulu "profiter" (le verbe est certes fort) de l’événement pour faire de la récupération politique. J’aurais presque tendance à m’en moquer si l’idée générale restait que la violence politique doit être éradiquée dans un pays libre comme la France.

yartiMericClement02

Car la violence verbale incite immanquablement à la violence physique. C’est le principe du passage à l’acte. Ce ne sont peut-être pas les mêmes personnes, mais la violence verbale de certains discours irresponsables peuvent inciter d’autres esprits, sans doute plus faibles, sans doute moins enclins à choisir une manière pacifique de débattre, à frapper, à montrer du muscle. La politique sert alors d’alibi comme l’indépendantisme ou le fondamentalisme religieux servent parfois de prétextes à des activités mafieuses.

Beaucoup cherchent à discuter des circonstances de la mort de Clément Méric alors que pour le moment, seul le recueillement et le recul devraient se prévaloir. Pourtant, c’est comme dans l’affaire Merah, on croit qu’en connaissant mieux les circonstances, on pourrait mieux raisonner sur les grands principes. Que les agresseurs soient d’extrême droite, qu’ils soient des fanatisés de l’islam radical, qu’ils soient des honnêtes pères de famille bien sous tous rapports, le bilan serait le même, on ne touche pas aux personnes ! On ne doit pas frapper ! On ne doit pas tuer !

La regrettée Jacqueline de Romilly, helléniste de formation et amoureuse de la langue, insistait sur l’importance de savoir s’exprimer dans une société humaniste : « Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l’autre, c’est être capable de dialoguer, c’est le seul moyen d’endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est un rempart contre la bestialité. Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s’exprimer, quand on ne manie que de vagues approximations, comme beaucoup de jeunes de nos jours, quand la parole n’est pas suffisante pour être entendue, pas assez élaborée parce que la pensée est confuse et embrouillée, il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle. Et c’est ce qui menace d’engloutir notre idéal occidental et humaniste. ».

Les réactions unanimes sont là pour me convaincre que l’objectif n’est pas oublié, au prix parfois de certaines récupérations. J’en ai compté deux.

La première est issue de Jean-Luc Mélenchon et de ses amis qui ont fait un véritable forcing médiatique pendant toute la journée du jeudi, à tel point que beaucoup de journalistes pensaient que Clément Méric était un membre du Front de gauche (les responsables de ce parti ont bien dû préciser après coup qu’il n’en était rien). L’idée est aussi d’avancer contre le FN au point de lui faire porter une part de responsabilité morales du meurtre. Certains responsables du PS leur ont emboîté le pas. Mieux au courant que la police et la justice réunies, ces personnages prétendent connaître tout des circonstances.

La manifestation organisée au soir du 6 juin boulevard Saint-Michel s’est soldée par des huées contre toute tentative de manipulation. On imagine l’émotion des proches de Clément Méric, quel que soit leur bord politique, dégoûtés par cette récupération à trois balles, aussi honteuse que lorsque des ligues de légitime défense viennent faire de la retape auprès de parents effondrés d’enfants sauvagement assassinés. Indécence. Anne Hidalgo, la candidate du PS à la mairie de Paris, a dû s’esquiver rapidement et Harlem Désir a finalement renoncé à s’y rendre.

Cela dit, dissoudre toutes les ligues et groupuscules qui prônent la violence, d’où qu’elles viennent, de l’extrême droite comme de l’extrême gauche, me paraîtrait sain dans une démocratie apaisée. Mais pourquoi fallait-il attendre un mort ? L’appel à la haine est déjà réprimé par le Code pénal, les gouvernements auraient pu agir au lieu de réagir.

La seconde manipulation me paraît encore plus malsaine car il s’agit de faire un véritable amalgame. Certains, dont Pierre Bergé, ont associé cette terrible mort à l’action des opposants, pacifiques et non violents, au mariage pour les couples homosexuels, en continuant à entretenir la confusion entre le million de personnes raisonnables mais inquiètes, voulant défendre une certaine idée de la famille, et les quelques casseurs d’extrême droite, appâtés par toutes les occasions pour exprimer leur violence. Ce n’est plus de l’indécence, cela va au-delà.

Mourir pour des considérations d’opinion politique, c’est aussi révoltant que mourir de faim ou de froid. C’est insupportable. L’émotion, l’indignation de la classe politique sont rassurantes. Elles doivent maintenant laisser place à la réflexion pour éviter à l’avenir de tels nouveaux drames. Et en ce sens, l’hésitation n’est plus permise…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (7 juin 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L'affaire Merah.
Jacqueline de Romilly.
Simone Weil.
L’unité nationale.

yartiMericClement03


http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/clement-meric-la-violence-136967

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 15:43

ClementMeric

Sauvagement agressé à Paris le soir du 5 juin 2013 par des personnes d'extrême droite, je rejoins le concert d'hommages à Clément Méric, jeune étudiant en première année de Science Po Paris, 18 ans, syndicaliste SUD et militant antifasciste. L'horreur, exprimée par le Président de la République François Hollande au Japon et par le Président du Sénat Jean-Pierre Bel au Sénat ce 6 juin 2013, mais aussi par l'ensemble de la classe politique, notamment NKM, est le constat effrayant qu'aujourd'hui, on peut encore mourir en France pour ses opinions politiques. J'espère que la justice sera sévèrement rendue. Honte aux agresseurs qui salissent la République et la démocratie ! Toute ma sympathie et compassion à la famille et aux proches de Clément Méric.


Sylvain Rakotoarison (6 juin 2013)


Partager cet article
Repost0
27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 00:40

Né le 14 mai 1951, Guy Carcassonne fut un juriste en droit constitutionnel très réputé en France. Après une thèse de doctorat sur la transition démocratique en Espagne (1979) et une agrégation de droit (1983), il est devenu professeur de droit public à Paris-X (Nanterre) en 1988. Il fut également connu pour sa collaboration à Matignon avec le Premier Ministre Michel Rocard de 1988 à 1991. Auteur de nombreux ouvrages et articles, Guy Carcassonne était considéré, à l'instar de Georges Vedel, comme l'un des meilleurs constitutionnalistes français et défendait la Ve République qu'il estimait suffisamment souple pour toutes les situations tout en critiquant la boulimie de loi depuis de nombreuses années. Il est mort à Saint-Pétersbourg le 26 mai 2013 à la suite d'une hémorragie cérébrale. Il était le mari de la célèbre dessinatrice Claire Bretécher (73 ans).

SR

Partager cet article
Repost0
14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 03:02

Dans le sondage YouGov pour "Le Huffington Post" et iTélé publié le 14 mai 2013, les sondés sont très majoritairement pour un changement de gouvernement, le jugeant incompétent. Seulement trois ministres trouvent grâce aux yeux d'au moins 20% des sondés qui veulent leur maintien : Manuel Valls (38%), Arnaud Montebourg (23%) et Christiane Taubira (21%). Ce sondage apporte un éclairage très détaillé sur de nombreux thèmes.


Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage (fichier .pdf) :

http://cdn.yougov.com/cumulus_uploads/document/7s4jtyhzuh/Barom%C3%A8tre_politique_HPIt%C3%A9l%C3%A9_mai13.pdf


SR


Partager cet article
Repost0
3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 06:27

Dans le sondage BVA pour CQFD sur i-Télé publié le 3 mai 2013, les intentions de vote pour un premier tour de l'élection présidentielle dans la configuration de 2012 donnerait un duel entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, qui, elle, dépasse largement François Hollande. Les premiers candidats sont répartis ci-dessous, avec, entre parenthèses, la différence avec leur score réel du 22 avril 2012 (les autres candidats, petits, obtiennent le même score qu'à l'élection présidentielle de 2012).

Nicolas Sarkozy : 29% (+2%).

Marine Le Pen : 24% (+6%).
François Hollande : 20% (-9%).
Jean-Luc Mélenchon : 11% (-).
François Bayrou : 10% (+1%).

Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage BVA (fichier .pdf) :

http://www.bva.fr/data/sondage/sondage_fiche/1286/fichier_bva_actu_-_intention_de_vote_presidentielle_-_jean_luc_melenchonc9974.pdf


SR



Partager cet article
Repost0
3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 04:03

Dans le sondage TNS Sofres pour "Le Figaro Magazine" publié le 3 mai 2013, le niveau de confiance de François Hollande est à son plus bas niveau, 24% (-3%) et 73% ne lui font pas confiance. Pour Jean-Marc Ayrault, c'est respectivement 23% de confiance et 69% d'absence de confiance. Pour un Président de la République au bout d'une année de mandat, c'est le plus bas score dans les sondages. Nicolas Sarkozy avait 32% en mai 2008, Jacques Chirac 53% en mai 2003 et 44% en mai 1996, et François Mitterrand 61% en mai 1989 et 58% en mai 1982.

Par ailleurs, les six personnalités que les sondés aimeraient voir prendre des responsabilités au cours des années à venir sont François Fillon avec 37% (+2%), Manuel Valls avec 37% (-2%), François Bayrou avec 35% (+3%), Nicolas Sarkozy avec 35% (-2%), Jean-Louis Borloo avec 34% (+2%) et Alain Juppé avec 32% (-1%).


Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage TNS Sofres (fichier .pdf) :

http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2013.05.02-baro-figmag.pdf


SR


Partager cet article
Repost0
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 12:05

Dans un sondage de l'IFOP pour le JDD paru le 28 avril 2013, il y aurait 78% des Français qui souhaiteraient un gouvernement d'union nationale en France, essentiellement pour résoudre le problème du chômage et réduire la dette publique. François Bayrou est plébiscité pour incarnait cette union nationale avec 47% des sondés, suivi de Martine Aubry (37%), Louis Gallois (34%) et Bertrand Delanoë (33%).


Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage (fichier .pdf) :

http://www.ifop.com/media/poll/2231-1-study_file.pdf



Sur l'union nationale et François Bayrou, lire ceci :

http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-117381340.html


SR

 

 

Partager cet article
Repost0
17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 23:25

Dans un sondage IFOP pour Fiducial et Europe 1 publié le 17 avril 2013, Nicolas Sarkozy dépasserait largement François Hollande dans les intentions de vote dans le cas où un premier tour d'élection présidentielle aurait lieu. Le sondage (qui a interrogé les 1967 sondés du 11 au 15 avril 2013) évalue les forces respectives des différents candidats présents le 22 avril 2012 au premier tour de l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy fait mieux que son score de 2012, 30% (au lieu de 27,2%). François Hollande s'effondre à 22% (au lieu de 28,6%), tandis que Marine Le Pen fait une percée à 22% (au lieu de 17,8%), faisant jeu égal avec François Hollande et pouvant donc prétendre à la qualification au second tour. François Bayrou (10% au lieu de 9,1%) et Jean-Luc Mélenchon (11% au lieu de 11,1%) sont sensiblement au même niveau qu'en 2012 (les résultats sont à quelques % près, de toutes façons) et Eva Joly encore moins (1,5% au lieu de 2,3%).

Un an après l'élection présidentielle, l'image de François Hollande dans l'opinion publique est catastrophique. 75% sont mécontents de lui (contre seulement 21%), 86% pensent qu'il n'a aucune autorité, 82% qu'il est incapable de rassembler les Français, 80% qu'il ne sait pas où il va, 73% qu'il est incompétent et 57% qu'il n'a aucune sincérité.

Parmi les mesures prises par François Hollande qui sont condamnées par les Français, il y a le mariage pour les couples homosexuels (par 54%), la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires (par 65%) et l'augmentation des droits de succession et de donations (par 74%).

Cliquer sur le lien pour télécharger le sondage (fichier .pdf) :
http://www.ifop.com/media/poll/2222-1-study_file.pdf


SR


Partager cet article
Repost0
19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 06:01

Majorité absolue pour Hollande, mais sans plus. Franche mais pas massive. Analyse du second tour des élections législatives du 17 juin 2012.


yartiLeg2T201201Si pour les lycéens, c’est le premier jour d’examen du baccalauréat ce lundi, pour la classe politique, le dernier examen a eu lieu la veille, au second tour des élections législatives du 17 juin 2012, et cette élection a terminé une longue période de campagne électorale qui a commencé il y a treize mois avec la mise hors-jeu de Dominique Strauss-Kahn et le début de la primaire socialiste.

492 duels et 34 triangulaires (dont 28 avec le FN) étaient en jeu le 17 juin 2012.

Selon les résultats officiels du Ministère de l’Intérieur, le PS et alliés obtiennent 300 sièges, le MRC (parti de Jean-Pierre Chevènement) 2 sièges, les écologistes 17 sièges, le PRG 12 sièges, le Front de gauche 10 sièges, l’UMP 209 sièges, le PRV 6 sièges, le NC 12 sièges, l’Alliance centriste 2 sièges, le MoDem 2 sièges, le FN 2 sièges et 3 sièges divers (dont l'ex-FN Jacques Bompard). En tout, il y a 155 femmes élues, soit un peu plus du quart (27%), c’est encore faible mais nettement supérieur à la législature précédente (18%), et 40% des députés sont nouveaux.

Comme prévu, François Hollande a obtenu une majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Il va donc pouvoir gouverner, lui et son Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, avec tous les moyens institutionnels que la Constitution disposent : Élysée, Matignon, gouvernement, Assemblée Nationale, Sénat, et la grande majorité des collectivités locales. En clair, avec tous ces moyens (ce qui est historique et sans précédent pour la gauche), la responsabilité de la politique nationale sera totale et l’exécutif ne pourra invoquer aucun frein ni réticence dans son application.

Si l’échec de deux personnalités de premier plan pourrait cacher l’élément essentiel de ce scrutin (le PS et ses alliés ont la majorité absolue), l’autre élément notable reste la très forte abstention.


1. Abstention : 44,59%

Le niveau d’abstention a encore augmenté par rapport au premier tour du 10 juin 2012 et atteint un record historique pour des législatives en France. La raison est triple.

D’une part, les électeurs ont considéré, comme au premier tour, et comme chaque fois que le scrutin législatif est précédé du scrutin présidentiel, que c’est l’élection présidentielle qui façonne la vie politique. Une fois celle-ci acquise, les élections législatives sont considérées comme "subalternes" (ce qui est faux).

D’autre part, les électeurs de l’opposition ont montré une faible mobilisation, certains pensant que la cohabitation ne serait pas raisonnable, d’autres déçus par le manque de perspectives de l’UMP (pas de programme proposé).

Enfin, c’est un paramètre non négligeable, la météo, le beau temps ensoleillé, juste pour ce dimanche, après une longue période de temps pourri, a eu aussi son influence pour ceux que la politique ne passionne pas.


2. Scores très serrés

Il est assez remarquable d’observer que de nombreuses élections au second tour ont été acquises de manière très serrée, à 1 ou 2% près, que ce soit dans des duels ou même dans des triangulaires.

Trois triangulaires sont ainsi intéressantes à constater : Thierry Solère gagne sur Claude Guéant à Boulogne-Billancourt avec 39,35% contre 38,41% ; Jean-François Mancel avec 38,97% contre 38,85% au PS à Beauvais ; Gilbert Collard avec 42,82% contre 41,56% à la candidate socialiste à Vauvert. En duel, Marine Le Pen échoue avec seulement 118 voix de retard sur le candidat PS.

Ces scores très serrés sont légions dans de nombreuses circonscriptions dans tous les sens, surtout au bénéficie du PS, mais parfois au profit de l’UMP.


3. Les partis

Le PS devrait avoir à lui tout seul la majorité absolue (289) à quelques sièges près. À ceux-ci, il faut ajouter les radicaux de gauche qui auront de quoi former un groupe à l’Assemblée Nationale (Jean-Michel Baylet l’a confirmé) et les écologistes, eux aussi en mesure de constituer un groupe.

L’UMP réussit à conserver plus de 200 sièges, ce qui montre une certaine résistance face au PS malgré la défaite annoncée, même si certaines figures de proue sont évincées : Michèle Alliot-Marie, Claude Guéant, Hervé de Charrette, Hervé Novelli, François Goulard, Renaud Muselier, François-Michel Gonnot, Nadine Morano, etc.

Dans le lot des grands perdants, il y en a pour tous les partis, à commencer par le PS avec Ségolène Royal et Jack Lang mais il y a aussi François Bayrou dont l’amère défaite cache l’excellente performance à La Réunion de Thierry Robert avec 66,9% (contre un candidat UMP).

Le FN gagne deux sièges sur les cinq ou six qui auraient pu être gagnés à partir de la configuration du premier tour : Marine Le Pen échoue d’un cheveu, donc, mais sa nièce est élue à cause du maintien de la candidate socialiste, et Gilbert Collard est élu malgré le maintien du député sortant UMP. L’opposante FN à Michel Vauzelle perd de peu malgré le retrait du candidat UMP (bientôt exclu de l’UMP) qui avait appelé à voter pour le FN.

Enfin, le Parti communiste français se retrouve en grande difficulté puisqu’il n’a plus assez de sièges pour former un groupe. Le seuil sera probablement abaissé pour le permettre (comme au Sénat). Il n’en reste pas moins que la stratégie de remettre leur destin entre les mains de Jean-Luc Mélenchon n’a pas été couronnée de succès malgré les images magiques de la campagne présidentielle. Au contraire, les nombreux échecs dans les circonscriptions communistes l’ont été au profit de candidats socialistes, ce qui augure très mal des prochaines élections municipales dans deux ans. Le PCF continue donc sa longue agonie depuis trente ans.


4. Le PS

Il n’y a pas grand chose à en dire : les socialistes ont gagné franchement mais pas massivement les élections législatives. François Hollande a réussi son opération de séduction et peut même être fier que tous ses ministres candidats sont élus ou réélus, y compris Marie-Arlette Carlotti à Marseille.

Le PS devra cependant trouver un juste équilibre entre parti godillot et parti de proposition face au gouvernement. Il devra également gérer l’encombrante Ségolène Royal éjectée du Palais-Bourbon (et de l’Hôtel de Lassay par voie de conséquence), elle qui n’a pas hésité à dire qu’elle entendait encore garder un rôle important au sein de son parti. Briguerait-elle la tête du PS ? Pourrait-on la lui refuser après les humiliations subies ?

Autre fausse note : le PS et tous ses alliés de gauche (communistes compris) ne pourront pas réviser la Constitution sans convaincre certains parlementaires de l’opposition. En effet, il leur manque 25 sièges pour atteindre la majorité des trois cinquièmes nécessaire à toute révision constitutionnelle. C’est heureux, cela obligera la concertation et le consensus.


5. L’UMP et son comportement avec le FN

Même s’il est difficile de donner des règles générales dans la mesure où la forte abstention et les situations locales très différentes peuvent pondérer les enseignements, il semble quand même évident que les candidats UMP qui ont plus ou moins ouvertement cherché à flirter avec le FN, soit par leur comportement sur le terrain, soit par les réflexions qu’ils ont distillées depuis plusieurs mois, ont tous échoué, et c’est un bien : Nadine Morano en premier lieu, qui a eu une attitude inqualifiable pour sauver à tout prix son siège alors que la circonscription de Toul, qu’elle détenait depuis 2002, a toujours été "centriste" dans le sens où pendant plusieurs décennies, le siège a souvent alterné entre UDF et PS, mais aussi Éric Raoult, Claude Guéant etc. Même Jean-Michel Ferrand qui perd, lui, au profit du FN.

Dans tous les cas, si un candidat de l’UMP veut imiter le FN, il se met hors jeu au profit soit du PS car trop d’électeurs UMP modérés rejettent le FN pour compenser le gain des électeurs FN, soit du FN car l’UMP rend légitimes les idées du FN et dans ce cas, il vaut mieux l’original à la copie (selon le mot de Jean-Marie Le Pen).

Sur RMC ce 18 juin 2012, Jean-Pierre Raffarin est sans complaisance sur l’échec de l’UMP : « La première [leçon à tirer], c’est que la stratégie de Grenoble a échoué. D’autre part, la stratégie du centre indépendant de la droite a échoué. ».

François Baroin a  résumé ainsi sur RTL ce 18 juin 2012 : « À trop courir derrière le FN, on le crédibilise. ». Alors que François Fillon a dramatisé dès le soir du 17 juin 2012, Chantal Jouanno a surenchéri : « On a une défaite lourde qui condamne la stratégie de droitisation de l’UMP. ». La stratégie du ni-ni (que voudrait remettre en cause François Baroin) n’a jamais été la meilleure pour empêcher la progression du FN même si cette stratégie n’a provoqué aucune élection de député FN.

Le PS n’a pas, en revanche, à culpabiliser l’UMP sur ce terrain puisque concrètement, c’est bien à cause du maintien de la candidate PS (en désaccord certes avec le PS national) que Marion Maréchal-Le Pen est élue.


6. L’UMP et son avenir

Autre constante, certains candidats considérés très proches de Nicolas Sarkozy sont battus, notamment Claude Guéant, Frédéric Lefebvre, Guillaume Peltier et Valérie Rosso-Debord. D’autres ont gagné, Henri Guaino grâce au désistement du dissident UMP, et NKM.

Le premier tour des élections législatives ont permis aussi d’affiner une réflexion sur le rôle de l’UMP. À partir du moment où les électeurs (je parle des électeurs et pas des élus ou des responsables) de l’UMP sont majoritairement prêts à voter aussi pour le FN, la situation va être de plus en plus difficile pour l’UMP de résister aux surenchères sécuritaires du FN mais on voit que si les candidats UMP succombent à la tentation du flirt avec le FN, ils sont durement sanctionnés par leur électorat modéré.

Marine Le Pen va continuer pendant tout ce quinquennat à dire que le FN serait le seul vrai parti d’opposition et que la droite, ce serait elle. Ce qui aboutit que l’UMP va se déplacer mécaniquement comme un parti "centriste" avec le risque de ce qu’un parti centriste peut subir dans une configuration bipolaire : le ni-ni de l’UMP pour un duel PS-FN ressemble étrangement au ni-ni du MoDem pour un duel UMP-PS. Une situation qui sera vite intenable et peu responsable : il faut savoir choisir dans le cas où l’UMP n’est plus en mesure de participer. Le ni-ni tue en fait toute réalité centriste, réalité voulue (MoDem) ou subie (UMP à cause du FN).

L’avenir de l’UMP se dessine avec une incertitude, son leader, et deux candidats pour ce rôle, Jean-François Copé et François Fillon. Alors que les commentateurs laissaient entendre une réélection très difficile pour Jean-François Copé, et que ces législatives risqueraient de l’affaiblir face à François Fillon, il en ressort que c’est tout l’inverse qui s’est produit.

Jean-François Copé est au contraire très bien réélu à Meaux, avec 59,29%, mieux que François Fillon qui ne recueille que 56,46% à Paris dans une circonscription en or. Jean-François Copé a même réussi à contenir le FN à 15,90% au premier tour, évitant une triangulaire qui avait déjà abouti à sa défaite en 1997, alors que la circonscription d’origine de François Fillon dans la Sarthe a été perdue au profit du ministre Stéphane Le Foll qui obtient un score plus fort que l’ancien Premier Ministre, 59,45% !


7. Le FN

Malgré le scrutin majoritaire, le FN réussit son entrée au Palais-Bourbon. Même si ce n’est qu’avec un nombre dérisoire de sièges, c’est quand même une victoire sur la classe politique. Ce n’est pas la première fois puisque Yann Piat (1949-1994) avait été élue le 12 juin 1988 sous l’étiquette FN avant d’en être exclue (en octobre 1988), de passer à l’UDF-PR et d’être assassinée. Marie-France Stirbois (1944-2006) fut également élue députée de Dreux le 3 décembre 1989. Et au scrutin proportionnel, 36 députés FN avaient été élus le 16 mars 1986.

Marine Le Pen a su montrer, déjà aux cantonales de mars 2011, que le FN était capable de résister au scrutin majoritaire. À Hénin-Beaumont et à Arles, le FN d’ailleurs n’était pas loin de la victoire avec un très faible retard.

Les deux élus du 17 juin 2012 vont prendre une place médiatique très grande pendant la législature.

Gilbert Collard, qui justifie son engagement auprès du FN (après un engagement au parti radical) par cette élection, a déjà annoncé qu’il resterait avocat et donc, qu’il se moquerait de ses nouvelles fonctions parlementaires pour ne faire que du médiatique (c’est ce qu’il sait faire). Il sera donc probablement affecté à la communication externe du FN ainsi qu’aux relations avec l’UMP qui ne désespère cependant pas de le convaincre de quitter le FN (beaucoup d’élus FN ont quitté ce parti lorsqu’ils ont eu l’ambition de s’implanter réellement en politique).

Marion Maréchal-Le Pen, elle, à 22 ans, encore étudiante en droit public, petite-fille de Jean-Marie Le Pen, nièce de Marine Le Pen, sera certainement focalisée sur la communication interne au FN, comme modèle de réussite auprès des militants FN. Si les jeux de mots vaseux avec son patronyme sont un peu trop faciles, il est peu pertinent de prendre à la légère son élection. Comme son grand-père qui avait 27 ans lors de sa première élection comme député le 2 janvier 1956 (le plus jeune député de la IVe République), elle est la benjamine de l’Assemblée Nationale, et aussi la plus jeune députée de toute la Ve République.

En revanche, le népotisme de la famille Le Pen ne semble choquer personne. Marine Le Pen, fille de Jean-Marie, tante de Marion, compagne de Louis Aliot, tous trois candidats au second tour dans des circonscriptions au FN fort. Le choix minutieux des candidats dans des circonscriptions passées à la loupe après le premier tour de l’élection présidentielle n’est pas anodin. Que Florian Philippot se soit présenté à Forbach, Marion Maréchal-Le Pen à Carpentras ou Gilbert Collard à Vauvert, c’est le résultat d’une stratégie qui vise à placer les nouveaux cadres du FN (même si Gilbert Collard n’est pas officiellement membre du FN) dans des perspectives municipales. Marion Maréchal-Le Pen l’a déjà confirmé : elle sera candidate aux municipales de Carpentras.


8. Le kaléidoscope centriste

Comment appeler les centristes en 2012 ? Le centre droit n’a jamais été aussi divisé et laminé qu’en 2012. Le MoDem a perdu un élu de poids mais en gagne un autre élu face à un UMP. L’Alliance centriste de Jean Arthuis a 2 sièges aussi. Les radicaux valoisiens de Jean-Louis Borloo en obtiennent 6 (leur secrétaire général Laurent Hénart est battu à Nancy), et le Nouveau centre en a 12. Bref, tous pourraient en théorie former un groupe car ils sont 22, mais les profondes divisions risquent d’empêcher la voie de la raison.


9. Quelques situations particulières

Ségolène Royal : Le désaveu personnel des électeurs rochelais est terrible pour l’ancienne candidate qui perd avec seulement 37,03% face à un dissident hollandiste, Olivier Falorni, qui l’emporte avec 62,97%. Le parachutage n’a pas fonctionné.

Tout comme Martine Aubry et Laurent Fabius, Bruno Le Roux, en passe de présider le futur groupe socialiste, refuse pour l’heure l’intégration du dissident dans son groupe (pour le moment !) car Olivier Falorni a refusé de se désister après avoir eu 3% de retard par rapport à Ségolène Royal au premier tour. Mais quelle drôle de conception de la démocratie ont donc ces apparatchiks du Parti socialiste ? Fallait-il laisser aux électeurs rochelais une seule candidate, qui aurait eu 100%, alors que l’histoire prouve qu’ils la rejettent pour 63% d’entre eux ?

Autre curiosité en communication : Ségolène Royal n’est pas bonne joueuse (au contraire de François Bayrou) et a volé la vedette en annonçant sa défaite dix minutes avant les fatidiques 20 heures, comme si elle était toute seule au monde, reprochant à son concurrent d’avoir "trahi" (!) et d’être élu par des "électeurs de droite"… comme s’il fallait distinguer quels étaient les (supposées) étiquettes des électeurs (car à ce compte-là, François Hollande a aussi été élu par des "électeurs du FN"). Ce qui est le plus pitoyable, c’est d’avoir parlé des "électeurs de droite" qui auraient voté dès le premier pour Olivier Falorni : en dehors du fait que le vote est secret, en quoi des électeurs qui ont voté pour un PS dissident alors qu’ils pouvaient voter UMP pourraient-ils être qualifiés d’électeurs de droite ? Mystère.

Olivier Falorni a en tout cas de belles perspectives pour les municipales à La Rochelle dans deux ans, d’autant plus que Maxime Bono, le maire actuel, soutien indéfectible de Ségolène Royal, a perdu la partie.

François Bayrou : Avec seulement 30,17%, il est largement battu par la candidate socialiste qui a 42,78%. Le candidat UMP le talonne toujours avec 27,04%. Contrairement à Ségolène Royal qui était confrontée à un autre socialiste, François Bayrou perd pour des raisons politiques et pas personnelles. Son refus de clarté avant le premier tour de chaque présidentielle depuis 2007, sa position d’entre deux tours incomprise et désapprouvée, ont rendu sa stratégie illisible et contreproductive. Comme pour Ségolène Royal, il y a peu de chance qu’il renonce à la vie politique, et ce n’est pas la première fois que des "grandes pointures" se font battre aux législatives : Pierre Mendès France en juin 1968, Michel Rocard en mars 1993 entre autres.

NKM : L’ancienne ministre l’emporte finalement avec 51,48% à l’issue d’une campagne déplorable. La participation est plus forte que la moyenne nationale (63,21%), ce qui prouve bien que les abstentionnistes au niveau national sont plutôt dans l’opposition. Son concurrent socialiste fut aidé sur le terrain uniquement par Manuel Valls, seul ministre socialiste capable de séduire des électeurs du FN, et aucun n’a jamais rejeté clairement l’appel du FN à voter pour le candidat socialiste (voir cette affiche électorale distribuée à Longjumeau le 13 juin 2012). La réélection de Nathalie Kosciusko-Morizet était nécessaire pour renforcer ceux qui, au sein de l’UMP, refusent toute compromission avec le FN.


10. Le sort de quelques personnalités

Élues au second tour : Gérard Collard, Jean-Yves Le Déaut, Marion Maréchal-Le Pen, René Dosière, Marylise Lebranchu, Jean Glavany, Gilles Savary, Hervé Morin, Jean Lassalle, Valérie Lacroute, Hervé Mariton, Stéphane Le Foll, Pierre Moscovici, François Baroin, Olivier Falorni, Aurélie Filippetti, Jacques Pélissard, Thierry Benoit, Ségolène Neuville, Philippe Folliot, Sébastien Huyghe, Francis Hillmeyer, Bruno Le Maire, Éric Straumann, Philippe Briand, Catherine Vautrin, Olivier Dassault, Dominique Dord, Bernard Accoyer, Lionel Tardy, Eric Woerth, Édouard Courtial, Édouard Philippe, Jean-François Copé, Jean-Louis Borloo, Paul Giaccobi, Valérie Fourneyron, Laurent Wauquiez, Luc Chatel, Marc Laffineur, Franck Riester, Yves Jégo, Christian Jacob, Marc-Philippe Daubresse, Alain Bocquet, Jacques Bompard, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Mancel, Xavier Bertrand, Thierry Benoit, Benoist Apparu, Hervé Gaymard, Marisol Touraine, François Brottes, Alain Moyne-Bressand, Benoît Hamon, Marie-Arlette Carlotti, Michel Vauzelle, Sylvia Pinel, Thierry Mariani, Thierry Solère, Jean-Christophe Lagarde, Thierry Robert, Marie-Jo Zimmermann, Serge Grouard, François Fillon, Olivier Ferrand, François Loncle, Marie-George Buffet, George Pau-Langevin, François Assensi, Henri Guaino, Patrick Devedjian, Patrick Balkany, Jean-Christophe Fromantin, Sébastien Pietrasanta, Maud Olivier, Michel Herbillon, Malek Boutih, Étienne Blanc, Gérard Bapt, David Douillet, Valérie Pécresse, Henri Plagnol, Christian Priou, Laure de la Raudière, Maniel Valls, Nicole Ameline, Patrick Labaune, Arnaud Robinet, Pierre Morange, Pierre Lellouche, Jean-Claude Guibal, Christophe Caresche, Christian Bartolone, Thierry Mandon, Annick Lepetit, Alain Rodet, Laurent Cathala, Jérôme Chartier, Denis Baupin, Cécile Duflot, François Sauvadet, Axel Poniatowski, Jean-Marie Le Guen, Sandrine Mazetier, Daniel Vaillant, Patrick Ollier, Nicolas Dupont-Aignan, François Pupponi, Christian Estrosi, Bernard Perrut, Jean-Luc Moudenc, Christophe Borgel, François Lamy, Jérôme Cahuzac, Damien Abad, Michel Destot, Geneviève Fioraso, Élisabeth Guigou.

Battues au second tour : Ségolène Royal, François Bayrou, Marine Le Pen, Nadine Morano, François-Michel Gonnot, Claude Leteurtre, Jack Lang, Florian Philippot, Louis Aliot, Philippe Rouault, Michèle Alliot-Marie, Hervé Novelli, Jean-M. Nesme, Jean-P. Anciaux, Jean Grenet, Claude Guéant, Gilles Artigues, François Goulard, Hervé de Charette, Laurent Hénart, Valérie Rosso-Debord, Frédéric Lefebvre, Renaud Muselier, Valérie Laupiès, Marysé Joissains-Masini, Éric Raoult, Manuel Aeschlimann, Hervé Hocquart, Jean-Pierre Abelin, Axel Kahn, Georges Tron, Patrick Braouezec (qui n’avait pas renoncé au 2nd tour), Nicolas Perruchot, Jean-Michel Ferrand, Rodolphe Thomas, Bruno Gollnisch, Jean-Paul Garraud, Guillaume Peltier.


11. Et la suite ?

Ce 17 juin 2012, une page de l’histoire politique de la France se tourne donc définitivement. Les (grands) candidats des deux dernières élections présidentielles ont tous été battus, Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour, Marine Le Pen, Ségolène Royal et François Bayrou au second. Le seul candidat de 2012 qui a su tirer son épingle du jeu, c’est Nicolas Dupont-Aignan qui est réélu confortablement dans l’Essonne.

Le calendrier très proche est assez facile à envisager : ce lundi 18 juin 2012, Jean-Marc Ayrault a déjà remis à 10h40 la démission de son gouvernement et a été reconduit dans ses fonctions de Premier Ministre. Un nouveau gouvernement sera nommé dans un ou deux jours. L’une des inconnues de ce remaniement sera la présence ou pas de ministres communistes (la direction du PCF vient de se prononcer contre une participation ce 18 juin 2012), et certains ont évoqué également l’arrivée de Robert Hue, ancien secrétaire national du PCF mais qui s’est rapproché du PS puisqu’il a soutenu dès le premier tour la candidature de François Hollande à l’élection présidentielle. Le discours de politique générale et le vote de confiance devraient intervenir le mardi 3 juillet 2012 à l’Assemblée Nationale.

Entre temps, il y aura pendant cette semaine la formation des nouveaux groupes à l’Assemblée Nationale avec quelques postes-clefs comme la tête des groupes PS et UMP. Bruno Le Roux, proche de François Hollande, est candidat au PS tandis que la présidence du groupe UMP va devenir un enjeu pour la prochaine bataille Copé/Fillon de l’automne, avec probablement deux candidats, le copéiste Christian Jacob et le filloniste Xavier Bertrand et peut-être un candidat de consensus avec François Baroin.

Poste honorifique de grande importance, le perchoir, convoité par deux battus socialistes, Ségolène Royal et Jack Lang, devrait se disputer entre le jospiniste Jean Glavany et le fabiusien Claude Bartolone qui a déjà confirmé son intérêt pour la fonction, à moins qu’il ne revienne finalement à Élisabeth Guigou qui vient d’exprimer sa "disponibilité" ce 18 juin 2012 sur BFM-TV ou encore Marylise Lebranchu qui est cependant ministre. Les socialistes décideront jeudi 21 juin 2012.

À plus long terme, d’ici la fin de l’année, le PS devra se choisir une nouvelle direction à moins que Martine Aubry décide de rester en place : Jean-Christophe Cambadélis vient de proposer un ticket avec Harlem Désir mais c’est sans doute oublier le pouvoir de nuisance de Ségolène Royal et les intérêts de François Hollande qui verrait bien hisser son fidèle François Rebsamen. Un choc frontal pourrait avoir lieu entre Ségolène Royal et Harlem Désir qui a déjà pris ses marques sur Public Sénat ce 18 juin 2012.

Quant à l’UMP, l’affrontement devrait avoir lieu entre Jean-François Copé et François Fillon pour le poste vacant depuis 2007 de président de l’UMP, avec Alain Juppé dans le rôle de monsieur Loyal qui n'a pas hésité à critiquer quelques errances : « Il y a un trouble dans notre électorat, mais notre rôle n'est pas de reproduire ce qui se dit sur les marchs, de suivre les tendances, il faut tracer la voie. Nous devons clarifier nos positions par un travail commun sur la charte des valeurs de l'UMP. » ("Le Monde" daté du 19 juin 2012).

Prochain rendez-vous électoral, en mars 2014 avec les élections municipales, et nul doute que ce sera aussi l’occasion pour les Français de confirmer un soutien ou, au contraire, de donner un avertissement au gouvernement écolo-socialiste. Deux ans sans horizon électoral, cela laisse du temps pour faire ses preuves…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 juin 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Premier tour des législatives 2012 (1/2).
Premier tour des législatives 2012 (2/2).
Résultats officiels du 2nd tour des législatives 2012.
Le soldat Bayrou.
Le fantôme de Sarkozy.

 yartiLeg2T201201

 

  http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/legislatives-2012-2nd-tour-le-118693

 

 

 

Partager cet article
Repost0
18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 12:30

Le PS a obtenu une majorité absolue des sièges à l'Assemblée Nationale.

Nombre total de sièges : 577.
Majorité absolue : 289.

PS :  280
DVG : 20

MRC : 2
PRG : 12
EELV : 17

FG : 10

MoDem : 2
Alliance centriste : 2
PRV : 6
NC : 12

UMP : 209

FN : 2
EXT DR : 1

DIV : 2


En nombre de voix...

Inscrits : 43 234 000

Abstentions : 19 276 406 (44,59% des inscrits)
Votants : 23 957 594 (55,41% des inscrits)

Blancs et nuls : 928 411 (3,88% des votants)
Exprimés : 23 029 183 (53,27% des inscrits)

PS : 9 420 426 (40,91%)
PRG : 538 324 (2,34%)
DVG : 709 409 (3,08%)
EELV : 828 916 (3,60%)
Front de gauche : 249 525 (1,08%)
Régionalistes : 135 354 (0,59%)

MoDem : 113 196 (0,49%)
Alliance centriste : 123 352 (0,54%)
Parti radical valoisien : 311 211 (1,35%)
Nouveau centre : 568 288 (2,47%)

UMP : 8 740 625 (37,95%)
DVD : 418 135 (1,82%)

FN : 842 684 (3,66%)
Extrême droite : 29 738 (0,13%) -Jacques Bompard-

Source : Ministère de l'Intérieur, 18 juin 2012 à 12h00

SR

 

 

Partager cet article
Repost0


 




Petites statistiques
à titre informatif uniquement.

Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


3 476 articles publiés.

Pages vues : 836 623 (total).
Visiteurs uniques : 452 415 (total).

Journée record : 17 mai 2011
(15 372 pages vues).

Mois record : juin 2007
(89 964 pages vues).