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3 mars 2026 2 03 /03 /mars /2026 03:03

« Dans ce monde dangereux et instable, comme vous m'avez déjà entendu le dire à plusieurs reprises, pour être libre, il faut être craint. J'en ai la conviction. Notre pays détient cette arme hors du commun qu'est l'arme nucléaire et il en fait le socle de sa sécurité. La chaîne de commandement est d'une clarté totale et la décision ultime revient au seul Président de la République. » (Emmanuel Macron, le 2 mars 2026 à l'Île Longue).





 


Le moment était choisi à pic, au début d'une guerre en Iran qui a tous les risques de durer longtemps. Le Président de la République Emmanuel Macron s'est rendu à l'Île Longue, au large de Brest, d'où partira notre sous-marin nucléaire Le Téméraire, pour parler de la nouvelle doctrine nucléaire de la France. Nouvelle parce qu'en six ans, il avait prononcé un discours sur le même sujet il y a six ans, les événements se sont accélérés, et malheureusement, pas dans le bon sens. Dans celui de l'unilatéralisme, où les conventions internationales sont violées allègrement, dans celui de la guerre, en Ukraine, en Israël, en Iran, au Pakistan, etc.

Bref, Emmanuel Macron a prononcé un grand discours qui restera dans les annales de ses mandats (qu'on peut réécouter ici), où il a réaffirmé sans ambages la puissance nucléaire de la France et sa volonté de durer ainsi. Comme Xi Jinping, Vladimir Poutine et Donald Trump montrent les dents, Emmanuel Macron veut montrer aussi les dents, des dents françaises mais aussi des dents européennes, dans le sens le plus large, y incluant le Royaume-Uni, afin de renforcer la politique de dissuasion nucléaire.

À l'écoute de ce discours, je suis fier d'être Français, je suis fier d'être un citoyen d'un nation importante, puissante, qui compte dans le monde, quoi qu'on en dise, quelles que soient les aigreurs des déclinistes et des dénigreurs antifrançais de tous poils qui prétendent aimer la France en la bafouant.


Le premier constat avec ce qui se passe en Ukraine, c'est que l'arme nucléaire ne supprime pas le risque d'une agression avec des armes conventionnelles. Le résultat, c'est qu'il faut aussi posséder des armes conventionnelles puissantes, ce qui est appelé l'épaulement : « N'a-t-on pas vu ces derniers mois des salves de missiles tomber sur des puissances dotées ou des États possesseurs ? L'Europe pourrait un jour se trouver dans une position similaire. Pour gérer ce genre de situation avant qu'elle ne franchisse le seuil nucléaire, il faut des capacités spécifiques. L'alerte avancée pour détecter les menaces, la défense aérienne élargie pour s'en prémunir, la frappe dans la profondeur pour contrer et agir au plan offensif. C'est tout cela qu'on appelle l'épaulement. Pour être forts dans notre dissuasion nucléaire, nous devons être forts dans nos capacités conventionnelles dans toutes leurs dimensions. (…) Mais les dernières années ont bien montré le manque criant de capacités d'épaulement en Europe. Et cette situation n'est pas tenable. ».

Et au-delà de la réaffirmation de la puissance militaire de la France (le cadrage avec le sous-marin nucléaire en arrière-plan est très efficace), le Président de la République a voulu aussi réaffirmer son autorité présidentielle, qui est constitutionnelle en tant que chef des armées en avertissant tous les potentiels agresseurs de la France : « Devant la Nation, dans ces temps d'incertitude, je le redis aujourd'hui avec force, en ma qualité de Président de la République, je n'hésiterai jamais à prendre les décisions qui seraient indispensables à la protection de nos intérêts vitaux. Si nous devions utiliser notre arsenal, aucun État, si puissant soit-il, ne pourrait s'y soustraire. Aucun, si vaste soit-il, ne s'en remettrait. Un seul de nos sous-marins, tel que celui derrière moi, emporte avec lui une puissance de frappe qui équivaut à la somme de toutes les bombes tombées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est près de mille fois la puissance des premières bombes nucléaires. C'est donc un discours de puissance assumé au service de la paix que je viens vous tenir aujourd'hui. ».

En parallèle à ses prérogatives constitutionnelles, le chef de l'État a aussi voulu montrer sa constance et sa clairvoyance depuis le début de sa Présidence : « Dès 2017, j'ai pris acte de la fin des dividendes de la paix. Je me suis employé à assurer le renouvellement de tous nos moyens pour les prochaines décennies. Nos futurs sous-marins stratégiques ont été mis en chantier. Ceux qui assurent avec vaillance une présence permanente à la mer depuis 1972 verront donc la troisième génération prendre la mer. Ici même, à l'Île-Longue. (…) Notre réarmement, vous le voyez, engagé depuis presque dix ans, porte donc ses fruits. Vous en voyez certains effets ici même et l'effort se poursuivra bien sûr symétriquement sur le volet conventionnel. ».


Pour de tels projets aussi longs dans le temps, assurément, Emmanuel Macron s'est hissé au rang de De Gaulle pour assurer la sécurité de la France des années 2050. Le prochain sous-marin nucléaire qui sera prêt en 2036 s'appellera L'Invincible, c'est une annonce faite ce jour par le Président de la République qui a ajouté, pour justifier l'augmentation des dépenses de défense : « Je dois à la Nation, pour aujourd'hui mais aussi pour l'avenir, l'assurance absolue que notre dissuasion demeurera crédible et qu'au moment des circonstances extrêmes, elle nous soustraira à tout chantage et toute capitulation. L'évolution des défenses de nos compétiteurs, l'émergence de puissances régionales, la possibilité de coordination entre adversaires et les risques liés à la prolifération, tout cela après un examen minutieux, m'a conduit à cette conclusion. Un rehaussement de notre arsenal est indispensable. ».

En énonçant à nouveau la doctrine française, Emmanuel Macron a remis les points sur les i : « L'essentiel, comme je le disais, est que tout adversaire ou toute combinaison d'adversaires ne puisse entrevoir la possibilité d'une quelconque frappe à l'encontre de la France sans la certitude de se voir infliger des dommages dont ils ne se relèveraient pas. Il n'est point besoin de symétrie des arsenaux pour cela. Notre doctrine refuse donc l'idée de riposte nucléaire graduée. L'armement nucléaire français est stratégique et exclusivement stratégique car il s'agit bien d'armes d'une toute autre nature que celles dont on pourrait user sur un champ de bataille. ».


En revanche, le Président a modifié la politique française ainsi : « Dans cette optique d'asymétrie assumée, la France a toujours envisagé pour son arsenal les seuils strictement cohérents avec l'efficacité opérationnelle de notre dissuasion. Ma responsabilité est d'assurer que notre dissuasion conserve et qu'elle conservera à l'avenir son pouvoir de destruction assuré dans l'environnement dangereux, mouvant et proliférant que je viens de rappeler. C'est pourquoi j'ai ordonné d'augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal. Pour couper court à toute spéculation, nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire, contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé. Pour être libre donc, il faut être craint et, pour être craint, il faut être puissant. Cette augmentation de notre arsenal en témoigne. ».

Autre évolution de la doctrine, l'importance de la solidarité européenne. Autrement dit, pour être puissant, il faut être uni : « Notre sécurité ne s'est jamais conçue dans les seules limites de notre territoire, au plan conventionnel comme au plan nucléaire. C'est un fait évident de la géographie qui est là et qu'on ne peut négocier. J'ajouterai d'ailleurs, aujourd'hui plus que jamais : l'indépendance ne peut être la solitude. Dans le domaine nucléaire, cela a été reconnu par tous mes prédécesseurs sans distinction. Mais aujourd'hui, les conditions sont désormais véritablement réunies pour en tirer les conséquences concrètes. ».

Et de définir des intérêts vitaux de la patrie... ou pas : « La dissuasion nucléaire française a vocation à dissuader tout État de s'en prendre à nos intérêts vitaux. Quels sont-ils ? Nous ne les avons jamais énoncés précisément. Nous ne les avons jamais énoncés précisément, à dessein. Nos lignes rouges ne sont pas lisibles. Elles ne sauraient l'être. À coup sûr, pourtant, nos intérêts, s'ils couvrent le territoire hexagonal et ultramarin, ne peuvent se confondre avec le seul tracé de nos frontières nationales. Peut-on envisager que la survie de nos partenaires les plus proches soit mise en jeu sans que cela affecte nos intérêts vitaux ? Ou à l'inverse, qu'une menace extrême en Europe ne concerne que nous-mêmes ? Pour ces raisons fondamentales, les Présidents successifs ont évoqué la dimension européenne des intérêts vitaux de la France. ».
 


Avec le Royaume-Uni et l'Allemagne, une nouvelle page se tourne pour la dissuasion française : « Nous entrons sur le chemin de ce que j'appellerai la dissuasion avancée. Je préfère le dire tout de suite, il n'y aura aucun partage de la décision ultime, ni de sa planification, ni de sa mise en œuvre. En vertu de notre Constitution, elle appartient au seul Président de la République comptable devant le peuple français. En conséquence, il n'y aura pas non plus de partage de la définition des intérêts vitaux, qui restera d'appréciation souveraine pour notre pays. Et pour cette raison, comme dans les autres alliances nucléaires, y compris lorsqu'elles ont des plans et des procédures, il n'y aura pas de garantie au sens strict du terme. Une garantie rigide, d'ailleurs, serait imprudente. Elle abaisserait le seuil nucléaire et réduirait d'autant l'incertitude de nos adversaires. Avec la dissuasion avancée, notre doctrine conservera ses fondations originelles, son caractère strictement défensif, le refus de la bataille nucléaire, la rupture totale et assumée entre le conventionnel et le nucléaire. Il en va de même pour l'opportunité d'un avertissement nucléaire unique et non renouvelable. Il sera toujours décidé, à la seule discrétion de la France, pour signifier très concrètement que le conflit vient de changer de nature et que la France entend par ce moyen préserver une ultime chance de rétablir la dissuasion. La France assumera donc toujours seule, en intégrant à sa réflexion les intérêts de nos alliés, le franchissement délibéré du seuil nucléaire. (…) La dissuasion avancée que nous proposons est un effort distinct qui a sa valeur propre et qui est parfaitement complémentaire de celui de l'OTAN au plan stratégique comme au plan technique. Le travail que nous avons entamé sur ce projet avec les Européens s'est fait en pleine transparence avec les États-Unis d'Amérique et en coordination étroite avec le Royaume-Uni. (…) L'Allemagne sera un partenaire clef de cet effort, naturellement, le plus ambitieux dans l'esprit du traité d'Aix-la-Chapelle. ». Emmanuel Macron a cité d'autres pays européens qui souhaitent être des partenaires nucléaires de la France : les Pays-Bas, la Belgique, la Pologne, la Grèce, la Suède et le Danemark.

Cette dissuasion avancée parce qu'elle est faite en commun sur le sol européen est un avantage pour la France, un renforcement de sa sécurité : « C'est pourquoi aussi la démarche de la dissuasion avancée, de par sa nature, accroît notre protection et celle de nos partenaires. De la même manière que la France crée pour les adversaires de l'Europe de nouveaux dilemmes stratégiques à travers cette dissuasion avancée, nos partenaires contribuent en retour à la sécurité collective et donc à celle de la France. C'est la nature même de l'épaulement stratégique. ».


Trois domaines doivent être gérés en commun par l'Europe : « L'alerte avancée, donc la capacité, par une combinaison de satellites et de radars, de détecter et de suivre les missiles qui pourraient nous viser, la maîtrise de notre ciel avec la défense aérienne élargie et les protections anti-missiles et anti-drones, et enfin les capacités de frappe dans la grande profondeur. En entrant avec nous dans cet épaulement réciproque, les pays partenaires peuvent aider à renforcer les capacités de l'Europe dans ces trois domaines. Ce serait une juste répartition des efforts, et la France y sera donc clairement gagnante. ».

Manifestement, l'ordre mondial est au plus bas et il faudra le rebâtir. Pour le Président de la République, l'Europe doit y prendre une part importante : « Dans la période troublée que nous vivons, il sera nécessaire aussi de repenser les règles qui régissent la sécurité de notre continent et du monde. C'est tout un cadre qu'il faut recréer, et les Européens devront pouvoir y prendre pleinement leur place et y défendre leurs intérêts. Ils le pourront d'autant plus qu'ils auront su prendre leur part du fardeau, renforcer leur autonomie stratégique et prendre les décisions majeures que je viens d'évoquer. Aujourd'hui, en effet, les accords internationaux de maîtrise des armements sont à la peine. Regardons la situation avec lucidité. Chacun a pris ses libertés. Les États-Unis ont mis fin aux traités sur les missiles antibalistiques. Les États-Unis et la Russie ont mis fin aux traités sur les forces nucléaires intermédiaires, dont la Russie violait depuis longtemps les dispositions. Le traité New Start, qui encadrait les arsenaux nucléaires américains et russes, a cessé d'exister il y a quelques semaines. La Russie a dératifié le traité d'interdiction sur les essais nucléaires, que les États-Unis n'avaient eux jamais ratifiés. Une reprise des essais romprait un moratoire de près de trente ans. La Chine, quant à elle, en plein rattrapage, ne s'associe à rien. Alors, disons-le franchement, le champ des règles est un champ de ruines. Et l'animosité ambiante se prête assez peu à la confiance qu'il faut pour rebâtir les normes de sécurité collective. C'est pourquoi nous avons raison de durcir notre position et de prendre les décisions que je viens d'annoncer. (…) Mais ce que je souhaite plus que tout, vous l'aurez compris, c'est que les Européens reprennent le contrôle de leur propre destin. ».

Sa conclusion a repris tout son discours : « Le demi-siècle qui vient sera un âge d'armes nucléaires. La France déterminée, libre, confiante, y tiendra tout son rôle. Elle continuera de se fortifier et pour son propre bénéfice elle arrimera ce cap sur l'Atlantique au socle européen. Tel est mon message aujourd'hui, soyons puissants, soyons unis, soyons libres. ».

Et son discours, c'est bien ce message-ci. Pour être libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. Pour être puissant, il faut être uni. C'est le concept de la dissuasion avancée, qui élargit le périmètre d'alerte nationale au continent européen, sans enlever un seul epsilon de la souveraineté française sur sa propre dissuasion nucléaire qui reposera toujours sur la décision exclusive du Président français. On peut douter que les opposants récurrents au Président de la République, dont certains prétendent vouloir lui succéder un jour, puissent avoir une telle force d'anticipation de la France de demain pour la rendre aussi sûre que juste après-guerre. Le double quinquennat d'Emmanuel Macron restera à cet égard dans les mémoires de l'histoire de l'armée française au même titre que les mandats de De Gaulle (et de Jacques Chirac qui a supprimé la conscription). Tous les patriotes français devraient donc l'applaudir.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 mars 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron : la dissuasion nucléaire de la France, c'est moi !
Discours du Président Emmanuel Macron, le 2 mars 2026 à l'Île Longue (texte intégral et vidéo).
Vœux 2026 d'Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2025 à Paris (texte intégral et vidéo).
Narcotrafic : la drogue, est-ce (aussi) la faute des consommateurs ?
Le 11 Novembre et le régalien.
La France reconnaît l'État de Palestine aux Nations-Unies.
Démission, destitution... Emmanuel Macron peut-il écourter son second mandat présidentiel ?
François Bayrou tend la main à toutes les forces politiques.
L'engagement total d'Emmanuel Macron.
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Reconnaissance de l'État palestinien : a-t-on le droit de bousculer ses amis ?
Accord de Bougival : les félicitations d'Emmanuel Macron.
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Discours du Président Emmanuel Macron aux armées le 13 juillet 2025 à Paris (vidéo et texte intégral).
Présentation du général Thierry Burkhard, chef d'état-majoir des armées le 11 juillet 2025 à Paris (vidéo).
Accord de Bougival : les félicitations d'Emmanuel Macron.
Discours du Président Emmanuel Macron sur la Nouvelle-Calédonie le 12 juillet 2025 à l'Élysée (vidéo et texte intégral).

Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 13 juin 2025 à l'Élysée (vidéo et texte intégral).
Emmanuel Macron à la télévision : Mélanie avant l'Urgence Océan.
Mélanie, la douceur incarnée.
Il y a un an, la dissolution !
Emmanuel Macron : qu'allait-il faire dans cette galère ?
Interview du Président Emmanuel Macron le mardi 13 mai 2025 sur TF1 (vidéo).
Emmanuel Macron à l'initiative pour la paix en Ukraine.
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Emmanuel Macron veut-il influencer l'élection du nouveau pape ?
Budget 2026 : François Bayrou promet-il du sang et des larmes ?
Discours du Premier Ministre François Bayrou le 15 avril 2025 à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron sur le front du commerce international.
Discours du Président Emmanuel Macron sur les taxes douanières américaines le 3 avril 2025 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron : la patrie a besoin de vous !
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 mars 2025 (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron à la télévision le dimanche soir !
Interview du Président Emmanuel Macron le dimanche 9 février 2025 sur France 2 (vidéo).
Vœux 2025 d'Emmanuel Macron : aux Français de trancher ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2024 à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron face à ses choix.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 décembre 2024 (texte intégral).
Emmanuel Macron et les joyeux JO.
Interview du Président Emmanuel Macron le 23 juillet 2024 sur France 2 (vidéo intégrale).
Lettre aux Français par Emmanuel Macron le 10 juillet 2024 (texte intégral).
Emmanuel Macron et son n'ayez-pas-peur !
Interview d'Emmanuel Macron à Génération Do It Yourself le 24 juin 2024 (podcast intégral).
Lettre aux Français d'Emmanuel Macron le 23 juin 2024 (texte intégral).
Sidération institutionnelle.
Emmanuel Macron, haut et fort dans l'intérêt de la France et des Français.
Interview du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 sur TF1 et France 2 (vidéo intégrale).
Discours du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 en Normandie.
Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
Le souverainisme européen selon Emmanuel Macron : puissance, prospérité et humanisme.
Discours du Président Emmanuel Macron sur l'Europe le 25 avril 2024 à la Sorbonne à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron et son plan de relance de l’Europe (le26 septembre 2017 à la Sorbonne).
Texte intégral du discours d’Emmanuel Macron le 26 septembre 2017 à la Sorbonne.
Emmanuel Macron très gaullien à la télévision pour expliquer la gravité de la situation en Ukraine.
Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
Pour que la France reste la France !
Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 16 janvier 2024 à 20 heures 15 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
Gabriel Macron.
Tribune du Président Emmanuel Macron dans "Le Monde" du 29 décembre 2023.

Le gouvernement de Gabriel Attal sarkozysé.
Liste complète des membres du premier gouvernement de Gabriel Attal.
Cérémonie de passation des pouvoirs à Matignon le 9 janvier 2024 (texte intégral et vidéo).
Gabriel Attal plongé dans l'enfer de Matignon.
Élisabeth Borne remerciée !
Macron 2024 : bientôt le grand remplacement ...à Matignon ?
Vœux 2024 d'Emmanuel Macron : mes chers compatriotes, l’action n’est pas une option !
 


 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260302-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/emmanuel-macron-la-dissuasion-267200

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/03/02/article-sr-20260302-macron.html


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2 mars 2026 1 02 /03 /mars /2026 16:06

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Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260302-macron.html




DISCOURS D'EMMANUEL MACRON
SUR LA DISSUASION NUCLÉAIRE








2 mars 2026
DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
SUR LA DISSUASION NUCLÉAIRE DE LA FRANCE



Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs en vos grades et qualités, c'est avec gravité que je me tiens aujourd'hui devant vous, au cœur de l'Île Longue, cette cathédrale de notre souveraineté, symbole de l'engagement constant de notre pays pour la dissuasion nucléaire depuis maintenant plus de 65 ans.

Dans quelques jours, le sous-marin nucléaire lanceur d'engin, Le Téméraire, qui vous fait face, prendra la mer. Il disparaîtra dans une discrétion absolue et jouera pleinement, depuis les profondeurs, son rôle de gardien ultime de notre liberté d'action, de notre indépendance. Tout cela, nous le devons à l'engagement continu de mes prédécesseurs, de nos armées, depuis le premier essai nucléaire français en 1960, la première alerte opérationnelle des forces aériennes stratégiques en 1964, la première pierre posée ici même, à l'Île longue, en 1965, et encore la première patrouille du SNLE, Le Redoutable, en janvier 1972. Nous le devons aussi au savoir-faire de nos centres de recherche, de nos industriels, au professionnalisme et au dévouement des militaires et des civils qui servent, où qu'ils se trouvent, dans un atelier secret, au fond des mers ou dans le ciel, notre dissuasion nucléaire. J'en suis reconnaissant à chacun.

Pour la dissuasion, notre Nation a consenti un effort financier, scientifique et technologique constant, à tous égards, exceptionnel et sans égal sur le continent. Déjà, trois générations de femmes et d'hommes se sont succédé pour œuvrer à l'édification, à la consolidation, à l'optimisation de ce qui constitue la pierre angulaire de notre stratégie de défense. À l'heure où vacillent les certitudes, où les adversaires s'enhardissent, où les alliances faseyent, la dissuasion est et doit demeurer un intangible français. En tant que Président de la République, élu au suffrage universel direct, j'en suis le garant. Je suis venu ici vous redire avec la plus grande force l'attachement de la Nation, mon attachement à la poursuite de cette mission fondamentale.

Notre dissuasion est robuste et efficace. Tous ceux qui auraient l'audace de vouloir s'en prendre à la France savent le prix insoutenable qu'il y aurait pour eux, à payer. Mais intangible ne veut pas dire inerte. En février 2020, il y a six ans déjà, fidèle à la tradition républicaine, j'avais exposé les fondements de notre doctrine nucléaire et de sa place dans le monde. Depuis lors, les choses ont changé. Les six années écoulées pour la France et pour l'Europe pèsent comme des décennies. Et les derniers mois comme des années. Nos concurrents ont évolué, nos partenaires aussi. Le monde se durcit et les dernières heures l'ont encore démontré. C'est donc avec beaucoup de gravité que je viens aujourd'hui annoncer à la Nation une évolution à la hauteur de nos défis nationaux et européens. Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j'appellerai une dissuasion avancée.

Oui, nous vivons actuellement, au plan géopolitique, une période de rupture, pleine de risques, et nos compatriotes en ont pleinement conscience. Cette période justifie un durcissement de notre modèle. La Russie mène à l'Ukraine voisine une guerre lente et cruelle qui constitue, comme l'a identifié notre revue nationale stratégique, un risque majeur pour notre Europe. Cette même Russie assume un révisionnisme, un impérialisme brutal et, déjà forte d'un arsenal nucléaire pléthorique, ne cesse de développer de nouvelles armes. Des missiles nucléaires hypersoniques, d'autres à propulsion nucléaire censés voler sans limite, des torpilles nucléaires, et même un projet particulièrement dangereux pour l'humanité, d'armes nucléaires envoyées dans l'espace.

La Chine, de son côté, s'est engagée dans un rattrapage à marche forcée des États-Unis. Elle fabrique plus d'armes aujourd'hui que n'importe quel autre pays. Elle a exposé encore récemment les derniers perfectionnements de sa triade. Nul ne sait quelles seraient les ramifications, directes ou indirectes, nucléaires ou non, d'un conflit qui éclaterait en Extrême-Orient ou ailleurs, elles ne sauraient en tout état de cause être sans conséquences pour nous. La Chine, comme la Russie, développe des systèmes de plus en plus sophistiqués de protection de leur territoire, une logique qu’épousent d'ailleurs les Américains aussi avec leur projet de Golden Dome.

En Asie, les arsenaux ou les forces stratégiques d'autres États possesseurs, comme l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, sont en pleine expansion. Par ailleurs, nous ne pouvons plus considérer les menaces de manière isolée, car de nouveaux liens sont apparus entre elles. Quel est le prix du soutien massif de la Corée du Nord à la guerre d'agression que mène la Russie ? Quelles sont les ramifications du traité d'alliance entre les deux pays ? Que dire de la dépendance extrême dans laquelle la Russie s’est placée vis-à-vis de la Chine ? De tout cela, nous devons tenir compte. A cela s'ajoute la guerre en cours au Proche et Moyen-Orient, qui porte et portera son lot d'instabilité et d'embrasements possibles à nos frontières, avec un Iran aux capacités nucléaires et balistiques non encore détruites. Sur cela, je reviendrai dans les prochains jours. Quant à nos alliés américains, qui eux-mêmes modernisent leur arsenal, ils jouent depuis 1945 et continueront de jouer un rôle clé dans la défense de l'Europe. Nous leur en savons gré, et au plan de la dissuasion, ils participent directement à notre protection avec la mission nucléaire de l'OTAN. Mais leur récente stratégie nationale de sécurité et de défense manifeste un réagencement des priorités américaines et une incitation forte à ce que l'Europe s'occupe plus directement de sa propre sécurité. Il nous faut entendre cette invitation à prendre davantage en main notre destin, et comme vous le savez, je ne dis pas autre chose depuis le premier jour de mon premier mandat.

Il y a par ailleurs une autre caractéristique, de la période que nous vivons. Dans l'atmosphère d'anomie actuelle, nous assistons à la fois à un renforcement du risque que les conflits franchissent le seuil nucléaire, mais aussi dans le même temps à une intensification de la conflictualité sous ce seuil. Et cela a des implications très directes pour nous. Le risque de franchissement est plus grand d'abord parce que les conflits impliquant des puissances dotées des États possesseurs ou proliférants s'accroissent. N'a-t-on pas vu tout récemment des explosions de violences impliquant l'Inde, le Pakistan, l'Iran, Israël ? N'a-t-on pas vu aussi des comportements irresponsables de la Russie en particulier, avec une modification de sa doctrine cousue main pour menacer l'Ukraine, une banalisation du discours sur l'arme, des officiels qui agitent des menaces inconsidérées, des tirs de missiles duaux comme l'Orechnik, à proximité des frontières européennes ? Tout cela est un changement majeur qui rend plus tangible le risque de franchissement.

Dans le même temps, les puissances nucléaires comme la France doivent aussi s'accoutumer à la possibilité de conflits majeurs sous le seuil nucléaire dans leur environnement immédiat. N'a-t-on pas vu ces derniers mois des salves de missiles tomber sur des puissances dotées ou des États possesseurs ? L'Europe pourrait un jour se trouver dans une position similaire. Pour gérer ce genre de situation avant qu'elle ne franchisse le seuil nucléaire, il faut des capacités spécifiques. L'alerte avancée pour détecter les menaces, la défense aérienne élargie pour s'en prémunir, la frappe dans la profondeur pour contrer et agir au plan offensif. C'est tout cela qu'on appelle l'épaulement. Pour être forts dans notre dissuasion nucléaire, nous devons être forts dans nos capacités conventionnelles dans toutes leurs dimensions. C'est bien sur ces deux piliers que se fonde notre défense et j'en ai souligné l'importance dès 2020. Mais les dernières années ont bien montré le manque criant de capacités d'épaulement en Europe. Et cette situation n'est pas tenable. Et vous verrez qu'elle occupe une place importante dans mon raisonnement.

Tout cela montre en tout cas que les menaces nucléaires s'accroissent, se diversifient, qu'elles sont davantage connectées entre elles, qu'elles risquent d'être précédées d'épisodes de conflits intenses sous le seuil et que les défenses de nos adversaires potentiels se renforcent. Nous devons donc en tirer les leçons. Car en effet, dans ce monde dangereux et instable, comme vous m'avez déjà entendu le dire à plusieurs reprises, pour être libre, il faut être craint. J'en ai la conviction. Notre pays détient cette arme hors du commun qu'est l'arme nucléaire et il en fait le socle de sa sécurité. La chaîne de commandement est d'une clarté totale et la décision ultime revient au seul Président de la République.

Devant la Nation, dans ces temps d'incertitude, je le redis aujourd'hui avec force, en ma qualité de Président de la République, je n'hésiterai jamais à prendre les décisions qui seraient indispensables à la protection de nos intérêts vitaux. Si nous devions utiliser notre arsenal, aucun État, si puissant soit-il, ne pourrait s'y soustraire. Aucun, si vaste soit-il, ne s'en remettrait. Un seul de nos sous-marins, tel que celui derrière moi, emporte avec lui une puissance de frappe qui équivaut à la somme de toutes les bombes tombées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est près de mille fois la puissance des premières bombes nucléaires. C'est donc un discours de puissance assumé au service de la paix que je viens vous tenir aujourd'hui. Et cette puissance, vous le savez mieux que quiconque, ne vient pas sans effort. Le maintien de la crédibilité de cet outil est le fruit de décisions importantes prises ces dernières décennies et accélérées ces dernières années. Les trois décennies d'après la guerre froide nous avaient offert cette parenthèse de l'histoire où nous bénéficions de l'affaiblissement de nos adversaires et de l'empathie assurée de nos alliés. En conséquence, nous avions progressivement renoncé à la composante terrestre de notre dissuasion et nos arsenaux avaient décru. Ces temps pourtant si proches semblent déjà lointains.

Dès 2017, j'ai pris acte de la fin des dividendes de la paix. Je me suis employé à assurer le renouvellement de tous nos moyens pour les prochaines décennies. Nos futurs sous-marins stratégiques ont été mis en chantier. Ceux qui assurent avec vaillance une présence permanente à la mer depuis 1972 verront donc la troisième génération prendre la mer. Ici même, à l'Île-Longue.

Les premières découpes de l'acier qui façonnera les coques de ces nouveaux sous-marins ont commencé il y a plusieurs mois à Cherbourg. Je tiens ici à féliciter les acteurs militaires, industriels, scientifiques qui œuvrent à ce succès. Très peu de nations dans notre monde sont capables de construire de tels sous-marins nucléaires, prodiges inégalés de technologies, aussi discrets que performants, capables de frapper en tous points nos agresseurs potentiels. Dans la tradition qui préside au baptême de nos sous-marins, j'ai ainsi aujourd'hui l'insigne honneur de vous annoncer que le futur sous-marin nucléaire lanceur d'engin qui battra pavillon français se nommera L'Invincible et naviguera en 2036.

La même rigueur s'est appliquée au renouvellement intégral des autres domaines de la dissuasion. Nous disposons depuis quelques mois du nouveau missile M51.3 sur nos SNLE et d'une nouvelle tête nucléaire océanique optimisée pour pénétrer toutes les défenses. Notre force aérienne stratégique et la force aéronavale nucléaire ont vu leur missile de croisière nucléaire rénové et nous allons lancer cette année le très ambitieux programme de missiles stratégiques hypersoniques et manœuvrants qui équipera nos avions de combat et le futur porte-avions dans la prochaine décennie.

Notre programme national Tritium a été consolidé, nous assurant de notre capacité à poursuivre la production d'armes nucléaires en totale indépendance et autosuffisance. Notre réarmement, vous le voyez, engagé depuis presque dix ans, porte donc ses fruits. Vous en voyez certains effets ici même et l'effort se poursuivra bien sûr symétriquement sur le volet conventionnel. Et pourtant, le contexte que j'ai évoqué au début de mon propos m'amène à une conclusion claire : nous ne pouvons pas nous satisfaire de la trajectoire actuelle. Je dois à la Nation, pour aujourd'hui mais aussi pour l'avenir, l'assurance absolue que notre dissuasion demeurera crédible et qu'au moment des circonstances extrêmes, elle nous soustraira à tout chantage et toute capitulation.

L'évolution des défenses de nos compétiteurs, l'émergence de puissances régionales, la possibilité de coordination entre adversaires et les risques liés à la prolifération, tout cela après un examen minutieux, m'a conduit à cette conclusion. Un rehaussement de notre arsenal est indispensable.

Il ne s'agit pas ici d'entrer dans une quelconque course aux armements. Cela n'a jamais été notre doctrine. Il serait inutile de prétendre entrer dans une coûteuse surenchère. L'essentiel, comme je le disais, est que tout adversaire ou toute combinaison d'adversaires ne puisse entrevoir la possibilité d'une quelconque frappe à l'encontre de la France sans la certitude de se voir infliger des dommages dont ils ne se relèveraient pas. Il n'est point besoin de symétrie des arsenaux pour cela. Notre doctrine refuse donc l'idée de riposte nucléaire graduée. L'armement nucléaire français est stratégique et exclusivement stratégique car il s'agit bien d'armes d'une toute autre nature que celles dont on pourrait user sur un champ de bataille.

La France, depuis le Président François Mitterrand, a ainsi abandonné tout concept d'emploi tactique des armes nucléaires et nous n'y reviendrons pas. Dans cette optique d'asymétrie assumée, la France a toujours envisagé pour son arsenal les seuils strictement cohérents avec l'efficacité opérationnelle de notre dissuasion. Ma responsabilité est d'assurer que notre dissuasion conserve et qu'elle conservera à l'avenir son pouvoir de destruction assuré dans l'environnement dangereux, mouvant et proliférant que je viens de rappeler. C'est pourquoi j'ai ordonné d'augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal. Pour couper court à toute spéculation, nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire, contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé. Pour être libre donc, il faut être craint et, pour être craint, il faut être puissant. Cette augmentation de notre arsenal en témoigne.

Mais pour être puissant, et c'est le deuxième temps de mon propos aujourd'hui, il faut être plus uni. Et c'est d'Europe que je vais vous parler à présent. Notre sécurité ne s'est jamais conçue dans les seules limites de notre territoire, au plan conventionnel comme au plan nucléaire. C'est un fait évident de la géographie qui est là et qu'on ne peut négocier. J'ajouterai d'ailleurs, aujourd'hui plus que jamais : l'indépendance ne peut être la solitude. Dans le domaine nucléaire, cela a été reconnu par tous mes prédécesseurs sans distinction. Mais aujourd'hui, les conditions sont désormais véritablement réunies pour en tirer les conséquences concrètes.

Pour expliquer ce point, permettez-moi de m'attarder un instant sur un élément central de notre doctrine nucléaire, les intérêts vitaux de la Nation. La dissuasion nucléaire française a vocation à dissuader tout État de s'en prendre à nos intérêts vitaux. Quels sont-ils ? Nous ne les avons jamais énoncés précisément. Nous ne les avons jamais énoncés précisément, à dessein. Nos lignes rouges ne sont pas lisibles. Elles ne sauraient l'être. À coup sûr, pourtant, nos intérêts, s'ils couvrent le territoire hexagonal et ultramarin, ne peuvent se confondre avec le seul tracé de nos frontières nationales.

Peut-on envisager que la survie de nos partenaires les plus proches soit mise en jeu sans que cela affecte nos intérêts vitaux ? Ou à l'inverse, qu'une menace extrême en Europe ne concerne que nous-mêmes ? Pour ces raisons fondamentales, les Présidents successifs ont évoqué la dimension européenne des intérêts vitaux de la France. En février 2020, j'avais réitéré l'offre de tous mes prédécesseurs, depuis le Président François Mitterrand, d'un dialogue avec les pays européens qui seraient désireux d'approfondir avec nous cette dimension. J'avais même proposé d'associer ces pays à des exercices de notre dissuasion.

Six ans plus tard, nous sommes dans un autre univers stratégique. Nous devons passer à une toute autre étape et formuler pour notre époque ce dont le général de Gaulle avait déjà l'intuition. Je crois pouvoir affirmer que nos partenaires y sont prêts.

Nous avons d'abord resserré en juillet dernier les liens avec le Royaume-Uni, partenaire majeur et puissance nucléaire indépendante avec laquelle nous reconnaissons depuis 1995 qu'il n'y a pas de situation engageant les intérêts vitaux de l'une sans que ceux de l'autre ne soient affectés. Nous avons renforcé nos coopérations nucléaires bilatérales, affirmé notre solidarité commune avec les Européens et ouvert la possibilité d'une coordination de nos dissuasions respectives. Dès cet hiver, de hauts responsables britanniques ont assisté, pour la première fois depuis l'existence de notre dissuasion, à l'un des exercices de nos forces aériennes stratégiques.

Mais notre ambition doit être plus grande, car c'est la sécurité du continent, la nôtre, qui est en jeu pour l'avenir. Des contacts ont été pris avec un premier groupe d'alliés, à commencer, bien entendu, par notre partenaire essentiel, l'Allemagne. Ils ont répondu favorablement à l'offre de la France.

Aujourd'hui, une nouvelle étape de la dissuasion française peut donc se concrétiser. Nous entrons sur le chemin de ce que j'appellerai la dissuasion avancée. Je préfère le dire tout de suite, il n'y aura aucun partage de la décision ultime, ni de sa planification, ni de sa mise en œuvre. En vertu de notre Constitution, elle appartient au seul Président de la République comptable devant le peuple français.

En conséquence, il n'y aura pas non plus de partage de la définition des intérêts vitaux, qui restera d'appréciation souveraine pour notre pays. Et pour cette raison, comme dans les autres alliances nucléaires, y compris lorsqu'elles ont des plans et des procédures, il n'y aura pas de garantie au sens strict du terme. Une garantie rigide, d'ailleurs, serait imprudente. Elle abaisserait le seuil nucléaire et réduirait d'autant l'incertitude de nos adversaires.

Avec la dissuasion avancée, notre doctrine conservera ses fondations originelles, son caractère strictement défensif, le refus de la bataille nucléaire, la rupture totale et assumée entre le conventionnel et le nucléaire. Il en va de même pour l'opportunité d'un avertissement nucléaire unique et non renouvelable. Il sera toujours décidé, à la seule discrétion de la France, pour signifier très concrètement que le conflit vient de changer de nature et que la France entend par ce moyen préserver une ultime chance de rétablir la dissuasion.

La France assumera donc toujours seule, en intégrant à sa réflexion les intérêts de nos alliés, le franchissement délibéré du seuil nucléaire. La dissuasion avancée est une démarche progressive. Elle offre la possibilité pour les partenaires de participer aux exercices de la dissuasion, tout d'abord. Cela pourra impliquer également du signalement, y compris au-delà de nos frontières strictes ou la participation conventionnelle de forces alliées à nos activités nucléaires. Elle pourra enfin prévoir le déploiement de circonstances, d'éléments de forces stratégiques chez nos alliés.

De la même façon que nos sous-marins stratégiques se diluent naturellement dans les océans, garantissant une capacité permanente de frappe, nos forces aériennes stratégiques pourront ainsi se disséminer dans la profondeur du continent européen. Cette dispersion sur le territoire européen, à la manière d'un archipel de forces, compliquera le calcul de nos adversaires et donnera à cette dissuasion avancée beaucoup de valeur pour nous. Elle renforcera notre défense en lui accordant du champ et lui offrira une profondeur stratégique nouvelle, cohérente des enjeux de sécurité en Europe. Sa valeur sera, je le crois, très forte aussi pour les partenaires qui entreront dans cette logique avec nous, et dont le territoire gagnera un lien affirmé avec notre dissuasion.

Il a été clair dès le début, pour nous et pour nos partenaires, que cet effort viendrait en plus de la mission nucléaire de l'OTAN. A laquelle, je le rappelle, nous ne prenons pas part. La dissuasion avancée que nous proposons est un effort distinct qui a sa valeur propre et qui est parfaitement complémentaire de celui de l'OTAN au plan stratégique comme au plan technique. Le travail que nous avons entamé sur ce projet avec les Européens s'est fait en pleine transparence avec les États-Unis d'Amérique et en coordination étroite avec le Royaume-Uni.

Que les Alliés, qui nous ont témoigné leur confiance en travaillant intensément à ces futurs partenariats, dans le respect de nos obligations internationales, et tout particulièrement du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, en soient ici, aujourd'hui, remerciés. L'Allemagne sera un partenaire clé de cet effort, naturellement, le plus ambitieux dans l'esprit du traité d'Aix-la-Chapelle. Les premières étapes de la coopération commenceront dès cette année et pourront inclure des visites de sites stratégiques et des exercices conjoints.

Dès à présent, d'autres pays ont accepté ce dialogue et, au-delà de nos partenaires et amis britanniques et allemands déjà évoqués, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark s'y joindront. C'est une véritable convergence stratégique entre nos pays, de nature à donner une réelle profondeur à la défense de notre continent. Les discussions sont aussi ouvertes avec plusieurs autres pays, se poursuivront dans les semaines et les mois à venir.

À l'image de ce que nous avons mis en place avec le Royaume-Uni, des organes d'échange, au niveau politique, vont être créés avec chacun de ces pays, dès les prochains jours. Cela suppose un travail commun sur la menace et le renseignement, des moyens de communication spécifiques, une organisation, mais aussi une compréhension commune des ressorts de l'escalade et de comment y faire face, en particulier dans sa phase conventionnelle.

C'est pourquoi aussi la démarche de la dissuasion avancée, de par sa nature, accroît notre protection et celle de nos partenaires. De la même manière que la France crée pour les adversaires de l'Europe de nouveaux dilemmes stratégiques à travers cette dissuasion avancée, nos partenaires contribuent en retour à la sécurité collective et donc à celle de la France. C'est la nature même de l'épaulement stratégique.

L'expérience des dernières années montre bien qu'il y a au moins trois domaines où notre Europe, si elle devait faire face à une escalade et la gérer sous le seuil nucléaire, bénéficierait de nouveaux moyens collectifs. L'alerte avancée, donc la capacité, par une combinaison de satellites et de radars, de détecter et de suivre les missiles qui pourraient nous viser, la maîtrise de notre ciel avec la défense aérienne élargie et les protections anti-missiles et anti-drones, et enfin les capacités de frappe dans la grande profondeur. En entrant avec nous dans cet épaulement réciproque, les pays partenaires peuvent aider à renforcer les capacités de l'Europe dans ces trois domaines. Ce serait une juste répartition des efforts, et la France y sera donc clairement gagnante.

D'ores et déjà, les projets avancent, et nous continuerons de forcer le pas. Pour ce qui est de l'alerte avancée, d'abord, le programme JEWEL donnera des capacités souveraines aux Européens pour détecter depuis l'espace les missiles qui les viseraient. Pour ce qui est de la défense aérienne, le système SAMP/TNG offrira des performances de premier rang mondial. Déjà, le Danemark et l'Ukraine en ont annoncé l'acquisition. Pour ce qui est de la frappe dans la profondeur, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France, dans le cadre de notre initiative dite ELSA, vont travailler ensemble à des projets de missiles de très longue portée. Cela nous donnera de nouvelles options pour gérer conventionnellement l'escalade, à l'heure où les adversaires déploient technologies et armements nouveaux. À mesure que s'intensifiera le partenariat, d'autres projets, d'autres contributions verront le jour, dans un esprit de complémentarité et de souveraineté européenne.

Voilà donc la nouvelle épaisseur que je souhaite donner à la défense de la France, et la nouvelle cohésion qui en résulterait pour notre continent. Vous le mesurez, c'est une évolution majeure que j'ai souhaité donner à notre dissuasion. Le contexte permettant enfin de mettre sur ces mots de dimension européenne, prononcés par presque tous mes prédécesseurs, une réalité qui bénéficie à la fois à notre pays et à nos alliés.

Mais dans la période troublée que nous vivons, il sera nécessaire aussi de repenser les règles qui régissent la sécurité de notre continent et du monde. C'est tout un cadre qu'il faut recréer, et les Européens devront pouvoir y prendre pleinement leur place et y défendre leurs intérêts. Ils le pourront d'autant plus qu'ils auront su prendre leur part du fardeau, renforcer leur autonomie stratégique et prendre les décisions majeures que je viens d'évoquer. Aujourd'hui, en effet, les accords internationaux de maîtrise des armements sont à la peine. Regardons la situation avec lucidité. Chacun a pris ses libertés. Les États-Unis ont mis fin aux traités sur les missiles antibalistiques. Les États-Unis et la Russie ont mis fin aux traités sur les forces nucléaires intermédiaires, dont la Russie violait depuis longtemps les dispositions. Le traité New Start, qui encadrait les arsenaux nucléaires américains et russes, a cessé d'exister il y a quelques semaines. La Russie a dératifié le traité d'interdiction sur les essais nucléaires, que les États-Unis n'avaient eux jamais ratifiés. Une reprise des essais romprait un moratoire de près de 30 ans. La Chine, quant à elle, en plein rattrapage, ne s'associe à rien. Alors, disons-le franchement, le champ des règles est un champ de ruines. Et l'animosité ambiante se prête assez peu à la confiance qu'il faut pour rebâtir les normes de sécurité collective. C'est pourquoi nous avons raison de durcir notre position et de prendre les décisions que je viens d'annoncer.

Cette anomie, malheureusement, ne vaut pas que pour ceux qui ont déjà l'arme, mais aussi pour ceux qui cherchent à l'acquérir. La conférence d'examen du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires se tiendra en mai, dans un paysage lourd de menaces, avec les progrès inquiétants du programme nord-coréen, la crise iranienne, et aussi les tentations croissantes de tous ceux qui, en Asie, en Europe ou ailleurs, cherchent des alternatives aux garanties de sécurité sur lesquelles ils croyaient pouvoir compter. Tel est l'esprit des temps. Mais la France ne compte pas s'y résoudre.

Dans le domaine de la maîtrise des armements, notre propre bilan est en effet exemplaire. Et je veux aujourd'hui ici le rappeler. Nous avons démantelé la composante terrestre de notre dissuasion et nos installations d'enrichissement à des fins militaires. Nous avons cessé nos essais nucléaires, développé un système performant de simulation et toujours refusé toute course aux armements. La démarche de dissuasion avancée que nous proposons n'est pas escalatoire, et en ce qu'elle accroît le sentiment de sécurité en Europe, elle est résolument bénéfique pour ne pas encourager un jour les risques de prolifération sur notre continent.

Mais c'est surtout de logique que nous devons changer. Oui, les Européens ont pris l'habitude que leur sécurité dépende de règles faites par des tiers, en d'autres temps, faites aussi, parfois à leur insu, souvent à leur dépens. Soyons clairs, l'architecture de sécurité européenne, c'était cela, des accords datant de la période de guerre froide négociés par d'autres que nous, y compris quand ils nous concernaient et qui ont été dénoncés par ceux-là même qui les avaient signés sans aucune concertation, quand bien même ces derniers étaient nos alliés. Notre époque appelle une autre méthode. Nous devons reconstruire un corpus de règles, mais pour ce qui nous concerne, à partir de nos intérêts de sécurité et ceux de notre continent.

Cela passera tout d'abord par un travail que les Européens doivent conduire sur la manière dont doit être organisée la stabilité de notre Europe. J'invite donc les partenaires à se joindre aux premiers travaux que nous avons entamés avec les Allemands et les Britanniques sur ce sujet. Les convergences organisées dans le cadre de la dissuasion avancée y aideront. Lorsque nos intérêts européens seront établis, il sera possible d'aller plus loin et d'ouvrir un cadre de négociation afin de contrôler certaines capacités conventionnelles et leur positionnement. Cette démarche est à préparer dès à présent par l'accroissement de notre indépendance européenne et elle doit viser demain un nouveau cadre de sécurité sur tous ces sujets, en particulier entre Européens et Russes, à tout le moins, et au niveau international, en cherchant à impliquer les États-Unis d'Amérique et la Chine, y compris concernant les capacités nucléaires sur une base équitable.

Mais ce que je souhaite plus que tout, vous l'aurez compris, c'est que les Européens reprennent le contrôle de leur propre destin. N'oublions pas, tout ceci étant dit, qu'au-delà de la comptabilité des arsenaux et des architectures de sécurité, il y a une dimension éthique à ce dont nous parlons. L'arme nucléaire a sa charge d’épouvante. Ses questions morales ne se résument pas aux lois d’airain de la stratégie avec ses logiques désincarnées. Il n'est que juste qu'une telle arme continue de susciter une discussion de raison pour en limiter l'usage, l'encadrer et préserver l'objectif à terme d'un monde sans arme nucléaire. Cela doit rester notre horizon.

Il n'est que juste aussi de militer avec persistance en faveur des usages pacifiques de l'énergie atomique. C'est tout l'esprit du TNP. Et la France est en bonne position pour promouvoir à cet égard le nucléaire civil. Après tout, quel autre pays repose sur cette énergie comme nous ? L'énergie nucléaire qui permet de produire 70% de notre électricité. Une énergie décarbonée à bas coût qui rend notre pays attractif. C'est ce qui fait que la France sera pleinement légitime pour organiser à Paris le 10 mars prochain un sommet pour encourager le développement de cette énergie, ses usages et son financement. Je crois aux vertus d'un nucléaire de confiance, aux vertus aussi des innovations dans la matière. Je crois à sa valeur pour faire face aux besoins voraces de nouvelles technologies. Je suis déterminé à aider l'Agence internationale de l'énergie atomique à favoriser avec un encadrement approprié les nouvelles technologies sensibles.

Mesdames et Messieurs, le temps est venu pour moi de conclure. J'aimerais vous inviter un moment à prendre la mesure de cet endroit à nul autre pareil. La base opérationnelle de l'Île-Longue, à l'extrémité du Finistère. L'Île-Longue, qui est tout à la fois la pointe avancée de l'Europe, son cap occidental et sa forteresse. Je vous invite à prendre conscience de tout ce qu'il signifie dans toutes ses dimensions. Masse, puissance, indépendance, donc. Et j'ajouterai solidarité stratégique. Ce que vous avez sous les yeux est un héritage précieux dont nous sommes les dépositaires et que nous continuerons à faire vivre avec ténacité. Nous continuerons donc de développer le formidable outil de puissance, expression du génie français, patiemment érigé depuis le début de la Ve République. Je me suis fermement engagé depuis 2017 dans le renouvellement de nos forces stratégiques. Et je m'y emploierai jusqu'au terme du mandat.

La France sera forte d'un feu nucléaire modernisé, puissant, souverain et adapté à nos menaces. Toujours souveraine, elle sera forte aussi de son enracinement dans l'espace européen, de la profondeur stratégique qu'il lui donne, du renforcement des liens entre alliés et des complémentarités nouvelles qu'ils permettent. Le demi-siècle qui vient sera un âge d'armes nucléaires. La France déterminée, libre, confiante, y tiendra tout son rôle. Elle continuera de se fortifier et pour son propre bénéfice elle arrimera ce cap sur l'Atlantique au socle européen. Tel est mon message aujourd'hui, soyons puissants, soyons unis, soyons libres.

Vive la République,
Vive la France !

Emmanuel Macron, le 2 mars 2026 à 15 heures à l'Île Longue.


Source : elysee.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20260302-discours-macron.html

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19 février 2026 4 19 /02 /février /2026 20:19

« Le Conseil Constitutionnel, saisi de 25 articles de la loi de finances pour 2026, valide la procédure d’adoption de la loi, déclare l’essentiel des dispositions conforme à la Constitution, en formulant seulement deux réserves d’interprétation, et censure 7 cavaliers budgétaires. » (Communiqué du Conseil Constitutionnel du 19 février 2026).





 


Dernière étape avant promulgation, le projet de loi de finances pour l'année 2026, qui a été adopté définitivement par le Parlement le 2 février 2026, devait encore passer l'examen de constitutionnalité du Conseil Constitutionnel qui avait reçu quatre saisines de parlementaires et du Premier Ministre entre le 4 et le 6 février 2026. Il a rendu son avis ce jeudi 19 février 2026 en fin d'après-midi en publiant sa décision n°2026-901 DC du 19 février 2026.

Comme toujours, le droit est excessivement compliqué et la lecture d'un projet de loi de finances également, alors, celle d'un avis sur la constitutionnalité de certaines mesures d'un projet de loi de finances tout autant.

J'en veux pour preuve, par exemple, cet article 124 du texte en question. Son premier paragraphe commence ainsi : « Le code général des impôts est ainsi modifié : 1° Au b du 2° du 5 des articles 38 et 39 terdecies, aux a et b et à la première phrase du c du II de l’article 155 B et au deuxième alinéa du I de l’article 239 bis AB, les mots : "une convention fiscale qui contient une clause d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude ou l’évasion" sont remplacés par les mots : "un accord relatif à l’échange de renseignements en matière" ; 2° À la première phrase du premier alinéa et au troisième alinéa du 1 du II de l’article 39 C, à la fin du deuxième alinéa du I de l’article 81 A, au b du 1 du III de l’article 117 quater, au a du 2 et à la fin du 2 bis de l’article 119 ter, à la première phrase du deuxième alinéa du 2 de l’article 122, à l’avant-dernier alinéa du I quater, aux premier et antépénultième alinéas du 1 du I quinquies et à la fin du premier alinéa du 1 du II de l’article 125-0 A, au premier alinéa du IV de l’article 125 D, au dernier alinéa du a du 1 de l’article 145, au dernier alinéa du 8 et à la fin du 4° du 9 du II de l’article 150-0 A, à la fin du e du 2° du B du 1 quater de l’article 150-0 D, à la fin du c du 3° du II de l’article 150-0 D ter, à la fin du b du 3° du IV bis de l’article 151 septies A, à la fin du 2° de l’article 163 quinquies C bis, au I bis de l’article 182 B, au troisième alinéa du 1° du 1 de l’article 187, à la fin du 3° du I quater de l’article 199 undecies B, à la fin du 6° du C du I et du premier alinéa du A du VI de l’article 199 terdecies-0 A, au dernier alinéa du I de l’article 199 terdecies-0 A bis, au d du I de l’article 199 terdecies-0 B, à la première phrase de l’article 199 quindecies, à la fin de la première phrase du premier alinéa et au deuxième alinéa du 4 bis et au 6 de l’article 200, au VIII de l’article 200 quaterdecies, au premier alinéa du 1 du I de l’article 208 D, au 2° du I de l’article 216, au 3° du I et à la fin du 1° du II de l’article 217 octies, au a du II et au premier alinéa du III de l’article 220 octies, à la fin de la première phrase du 3° du 1 du III et au premier alinéa du 1 du IV de l’article 220 terdecies, au 1° du II et au premier alinéa du III des articles 220 quindecies et 220 sexdecies, au deuxième alinéa du I et à la fin de la deuxième phrase du premier alinéa du III de l’article 223 A, à la première phrase du deuxième alinéa de l’article 223 B, à la fin de la première phrase du premier alinéa et au deuxième alinéa du 4 bis et au 5 de l’article 238 bis, à la seconde phrase du premier alinéa du d bis et à la fin du dernier alinéa du II de l’article 244 quater B, à la fin du D du I de l’article 244 quater B bis, au premier alinéa du I de l’article 244 quater J, au A du I de l’article 244 quater T, au 1 du I de l’article 244 quater U, au premier alinéa du I de l’article 244 quater V, à la première phrase du I et au II de l’article 795-0 A, à la fin du second alinéa de l’article 970, à la fin de la première phrase du douzième alinéa et à l’avant-dernier alinéa du I de l’article 978, au c et à la fin du d du 1 et à la fin du a et au cinquième alinéa du 2° du 2 du I bis de l’article 990 İ, au II de l’article 990 J, à la fin de la seconde phrase du 2 du IV de l’article 1736 et à la seconde phrase de l’article 1766, les mots : "une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales" sont remplacés par les mots : "un accord relatif à l’échange de renseignements en matière fiscale" (…). »... Eh bien, cet article, il a été censuré par le Conseil Constitutionnel... considéré comme un cavalier législatif.

Mais revenons à cette décision du 19 février 2026. D'abord, le Conseil Constitutionnel ne donne son avis sur la constitutionnalité du texte que sur les mesures pointées du doigt par les auteurs de la saisine avec des arguments pour dénoncer son caractère anticonstitutionnel. En d'autres termes, il ne regarde que là où on lui dit de regarder. Sinon, il se substituerait au législateur (grave problème démocratique) et reprendrait toute la rédaction de la loi (grave problème de stabilité juridique).

C'est cette raison qui a désamorcé la saisine de Sébastien Lecornu qui demandait un avis général de certaines dispositions sans préciser les raisons pour lesquelles elles ne seraient pas conformes à la Constitution : « Appliquant cette jurisprudence constante en l’espèce, le Conseil a jugé que les trois articles déférés par le Premier Ministre avaient été adoptés selon une procédure conforme à la Constitution, et constaté qu’aucun motif particulier d’inconstitutionnalité ne ressortait ni de la saisine, ni des travaux parlementaires. Il en a déduit, comme il le fait d’ordinaire dans une telle configuration, qu’il n’y avait pas lieu pour lui d’examiner spécialement ces dispositions d’office. Il ne les a donc déclarées ni contraires, ni conformes à la Constitution, réservant ainsi la possibilité de QPC ultérieures. ».

En gros, le Conseil Constitutionnel a validé le texte budgétaire, avec deux exceptions : d'une part, il a censuré sept mesures, et d'autre part, il a émis une réserve d'interprétation pour deux autres mesures.

La censure des sept mesures n'a pas été faite sur le fond mais sur le simple fait que rédiger un cavalier législatif est contraire à la Constitution (c'est spécifiquement indiqué). On appelle que le cavalier législatif est une mesure particulière qui n'a rien à voir avec l'objet d'une loi. Son interdiction est un moyen de rendre le plus sincère possible le débat parlementaire, l'examen d'un texte de loi. Cela ne signifie pas que sur le fond, ces mesures ne sont pas conformes à la Constitution, mais il faut au moins qu'elles fassent l'objet d'un texte spécifique.

En gros, le Conseil Constitutionnel dit que ce sont des hors sujet : « Le domaine des lois de finances a en effet la particularité d’être strictement encadré et il appartient au Conseil Constitutionnel de censurer, y compris d’office, les dispositions qui n’y trouvent pas leur place. ».

Plus intéressantes sont les réserves d'interprétation sur deux mesures spécifiques. Ces réserves ne censurent pas les deux mesures en question, mais ne pas prendre en compte les réserves dans la rédaction des décrets d'application aurait pour effet de les rendre non conformes à la Constitution. Les deux sujets sont sur les frais de justice et l'attribution de l'aide au logement aux étudiants étrangers.

Dans le premier sujet, est mis en cause l'article 144 du texte qui modifie l'article 800-1 du code de procédure pénale afin de mettre les frais de justice criminelle, correctionnelle et de police, hors frais d’interprétariat, à la charge des personnes condamnées lorsqu’elles ne bénéficient pas de l’aide juridictionnelle. La réserve est la suivante, rédigée dans le paragraphe 198 de la décision : « Toutefois, sauf à méconnaître les exigences constitutionnelles précitées, il revient au juge, lorsqu’il prononce la condamnation, d’apprécier le caractère proportionné de la charge qu’est susceptible de représenter le montant des frais de justice au regard de la situation économique de la personne. ». Il faut préciser que cette appréciation n’est pas ainsi une simple faculté, mais une obligation.

Dans le second sujet, la réserve porte sur l'article 179 du texte examiné, qui restreint les conditions dans lesquelles peuvent bénéficier d’une aide personnelle au logement les étudiants étrangers non ressortissants d’un État membre de l’Union Européenne, de l’Espace économique européen ou de la Confédération Suisse. Cette disposition visant à réduire la dépense publique n'est conforme à la Constitution que si la réserve rédigée dans le paragraphe 223 de la décision est prise en compte, à savoir : « Les dispositions contestées se limitent à prévoir, selon des modalités qui ne sont pas manifestement inappropriées à l’objectif poursuivi, que ces étudiants étrangers ne peuvent bénéficier d’une aide personnelle au logement que s’ils remplissent les conditions d’études, d’âge, de diplôme, de nationalité, de ressources ou de mérite pour être titulaires d’une bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux. Il appartiendra à cet égard au pouvoir réglementaire, sous le contrôle du juge, de fixer ces critères dans le respect des exigences constitutionnelles découlant des dixième et onzième alinéas du Préambule de la Constitution de 1946. ».

Pour un budget d'une grande puissance économique comme la France, ces deux réserves sont très négligeables par rapport aux milliers de mesures fiscales qui ont été énoncées dans le texte. En d'autres termes, le procédure budgétaire arrive vraiment à son terme avec la réussite de la mission de Sébastien Lecornu, doter la France de 2026 d'un budget. Tout porte à croire que les échéances électorales seront respectées, l'élection présidentielle au printemps 2027 (dans un peu plus d'un an) et pas de dissolution d'ici là. Cependant, un récent sondage explique que les entreprises sont désormais plus inquiètes aujourd'hui du climat de violence politique qui se dégage des derniers jours que d'une éventuelle instabilité budgétaire qui vient de définitivement s'éloigner.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 février 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
PLF 2026 : feu vert des Sages constitutionnels !
PLF 2026 : et 10 de der !
PLF 2026 : le rejet stratégique du Sénat.
PLF 2026 : rebelote !
L'ambition de Rachida.
PLF 2026 : rejet des deux motions de censure pour le volet recettes.
PLF 2026 : finalement, l'article 49 alinéa 3 !
La grande clarification.
Allocution du Premier Ministre Sébastien Lecornu le 16 janvier 2026 à Matignon (texte intégral et vidéo).
Traité Europe-Mercosur : ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain...
Rumeurs persistantes de dissolution...
Qu'a fait Michel Barnier ?
Vœux 2026 d'Emmanuel Macron.
Adoption définitive du PLFSS 2026 : la réforme des retraites est suspendue !
Adoption du PLFSS 2026 : une victoire de la méthode Lecornu !
PLFSS 2026 : un certain masochisme ?
La situation électorale à dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle.
Sondage Elabe des intentions de vote à la présidentielle publié le 1er novembre 2025 pour BFMTV et "La Tribune Dimanche" (à télécharger).
Laure Miller.
Accords franco-algériens de 1968 : pas de quoi crier victoire pour le RN !
Roland Lescure.
Budget 2026 : les grandes manœuvres commencent !
Débat parlementaire du vendredi 24 octobre 2025 à l'Assemblée Nationale.
Au travail, les députés !
Première mission de Sébastien Lecornu remplie : le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez !
Déclaration de politique générale du Premier Ministre Sébastien Lecornu le 14 octobre 2025 à l'Assemblée Nationale (texte intégral et vidéo).
L'humilité de Sébastien Lecornu II sera-t-elle efficace ?
Composition du Gouvernement Sébastien Lecornu II nommé le 12 octobre 2025.
Sébastien Lecornu II, homme de devoir et gouvernement libre.
Le moine-soldat Sébastien Lecornu.
Un gouvernement de 14 heures...
Le gouvernement Lecornu sera-t-il éphémère ?
Composition du Gouvernement Sébastien Lecornu I nommé le 5 octobre 2025.
Le retour de Michel Barnier.
Nicolas Sarkozy bientôt en prison : choc septique pour nos institutions !
Les 25 ans du quinquennat.
La France reconnaît l'État de Palestine aux Nations-Unies.
Fitch : ne pas surinterpréter la rétrogradation de la note de la France.
Jordan Bardella a-t-il l'étoffe d'un Premier Ministre ?
Du Tohu-bohu à Sébastien Lecornu.
Sébastien Lecornu après François Bayrou.
Matignon : qui succédera à François Bayrou ?
François Bayrou et la victoire du tohu-bohu.
Déclaration de politique générale du Premier Ministre François Bayrou le 8 septembre 2025 à l'Assemblée Nationale (texte intégral et vidéo).
Journée critique pour Bayrou... et la France !
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 7 septembre 2025 pour Brut (vidéo).
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 5 septembre 2025 sur RTL (texte intégral et vidéo).
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 4 septembre 2025 dans le journal de 20 heures sur France 2 (texte intégral et vidéo).
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 3 septembre 2025 dans "Paris Match" (texte intégral).

Démission, destitution... Emmanuel Macron peut-il écourter son second mandat présidentiel ?
François Bayrou tend la main à toutes les forces politiques.
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 3 septembre 2025 sur BFMTV (vidéo et texte intégral).
François Bayrou le combatif !
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 31 août 2025 à la télévision (vidéo et texte intégral).
Déclarations du Premier Ministre François Bayrou le 29 août 2025 à Châlons-en-Champagne (vidéo).
4 conditions pour gagner la nouvelle bataille industrielle selon Bayrou.
Discours du Premier Ministre François Bayrou au Medef le 28 août 2025 à Paris (vidéo et texte intégral).
La question de François Bayrou.
Interview de François Bayrou au journal télévisé de 20 heures le 27 août 2025 sur TF1 (vidéo et texte intégral).
Requiem pour Bayrou : courageux ou suicidaire ?
Conférence de presse du Premier Ministre François Bayrou le 25 août 2025 (vidéo et texte intégral).
La Bataille de Paris.
Loi Duplomb amputée mais promulguée.
L'engagement total d'Emmanuel Macron.
La femme du Président.
Reconnaissance de l'État palestinien : a-t-on le droit de bousculer ses amis ?
Du grand Bayrou !
Conférence de presse du Premier Ministre François Bayrou le 15 juillet 2025 (vidéo et texte intégral).
Emmanuel Macron veut une France militairement puissante.
Accord de Bougival : les félicitations d'Emmanuel Macron.
Tu as voulu voir la dissolution, et on a vu Bayrou !
François Bayrou, le début du commencement.
La quadrature du cercle de Michel Barnier.

 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260219-budget-2026.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/plf-2026-feu-vert-des-sages-266945

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/02/20/article-sr-20260219-budget-2026.html


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9 février 2026 1 09 /02 /février /2026 20:59

« Elle récupérera les rênes de cette institution plus que bicentenaire à un moment crucial, alors que la France peine à redresser la barre après plusieurs années de dérapage budgétaire, dans un contexte politique extrêmement instable qui ne facilite pas l’adoption du budget du pays. » (extrait de la dépêche du 9 février 2026 publiée dans "Le Monde").




 


Ce sera officiel à l'issue du conseil des ministres de ce mercredi 11 février 2026 mais c'était déjà connu avec des indiscrétions publiées dès le 9 février 2026 par "Le Figaro" et confirmées par "Le Monde" : Amélie de Montchalin va être nommée Première Présidente de la Cour des Comptes par le Président de la République Emmanuel Macron pour prendre la succession de Pierre Moscovici.

Pierre Moscovici avait atteint la limite d'âge qui est de 68 ans et a quitté la Cour des Comptes le 31 décembre 2025 (il a eu 68 ans le 16 septembre dernier). Amélie de Montchalin, elle, a 40 ans et sera quasiment la plus jeune à cette fonction depuis qu'elle existe le 28 septembre 1807. Elle n'est battue que par le juriste Félix Barthe (1795-1863), Ministre de l'Instruction publique puis de la Justice du roi Louis-Philippe, et Premier Président de la Cour des Comptes du 4 avril 1834 au 27 mai 1837, du 31 mars 1839 au 1er mai 1848 et du 5 novembre 1849 au 1er février 1863. Ce dernier a donc non seulement le record de l'âge (38 ans), mais aussi de la longévité (plus de vingt-cinq ans). Amélie de Montchalin pourrait battre ce record de longévité puisqu'à 40 ans, elle aurait un mandat irrévocable et donc, théoriquement, elle pourrait rester à cette fonction jusqu'à l'âge de 68 ans, en juin 2053 !

Je me réjouis de cette prochaine nomination (elle doit en principe recevoir aussi l'avis des commissions parlementaires), pour plusieurs raisons.

La première et principale, c'est qu'Amélie de Montchalin est une très brillante personnalité politique. Diplômée de Paris-Sorbonne, Paris-Dauphine, HEC et Harvard, elle est une économiste distinguée qui a d'abord travaillé dans le secteur privé (elle connaît la vraie vie professionnelle), dans une banque (BNP Paribas) puis dans une compagnie d'assurance (Axa). Proche de l'UMP, elle a collaboré avec Valérie Pécresse en 2007, a fait la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 puis a participé à la campagne de l'ancien Premier Ministre Alain Juppé pour la primaire LR de 2016. Après l'échec de ce dernier, elle s'est finalement engagée politiquement pour Emmanuel Macron en 2017 et a été élue députée de l'Essonne le mois suivant l'élection présidentielle.

Elle fut appelée au gouvernement par Édouard Philippe un peu plus tard, et a occupé plusieurs postes ministériels jusqu'à son échec aux élections législatives de juin 2022 où elle fut battue par Jérôme Guedj. Elle a été Secrétaire d'État auprès de Jean-Yves Le Drian, chargée des Affaires européennes du 31 mars 2019 au 6 juillet 2020, puis Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques du 6 juillet 2020 au 20 mai 2022 dans le gouvernement de Jean Castex, puis Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires du 20 mai 2022 au 4 juillet 2022 dans le gouvernement d'Élisabeth Borne qu'elle a quitté après son échec électoral. Elle a été alors nommée représentante permanente de la France auprès de l'OCDE du 23 novembre 2022 au 23 décembre 2024.

À la suite des élections législatives de l'été 2024 (où elle n'était pas candidate) et de la censure du gouvernement de Michel Barnier, Amélie de Montchalin a été nommée Ministre de l'Action et des Comptes publics à partir du 23 décembre 2024 dans le gouvernement de François Bayrou puis reconduite dans les gouvernements de Sébastien Lecornu. Elle a été l'ordonnatrice de deux projets de loi de finances qu'elle a su faire adopter, celui pour 2025 et celui pour 2026. C'est l'une des personnalités politiques qui connaît le mieux les finances publiques. Sa nomination à la Cour des Comptes n'est donc pas sans mérite.

 


La deuxième raison pour laquelle je me réjouis de sa nomination, c'est aussi parce que c'est la première femme nommée à la tête de la Cour des Comptes. Il est vrai que Sophie Moati, du 29 janvier 2020 au 3 juin 2020, et Carine Camby, depuis le 31 décembre 2025, ont exercé ou exercent aussi la fonction de Première Présidente de la Cour des Comptes, mais seulement par intérim en leur qualité de doyenne des présidents de chambre de la Cour.

On dit souvent que les chiffres sont trop sérieux pour les confier à n'importe qui. Justement, elle n'est pas n'importe qui. C'est évidemment anecdotique (la compétence l'emporte sur le sexe, bien sûr, pour ce genre de responsabilités), mais c'est rassurant que petit à petit, les grandes fonctions de la République puissent être occupées par des femmes. C'était le cas, très récemment, en 2022, avec Yaël Braun-Pivet pour le perchoir, mais il manque encore une femme à la Présidence du Sénat (contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est loin d'être impossible), et surtout, bien sûr, la Présidence de la République, mais dans notre contexte politique actuel, je préférerais que la République restât machiste encore quelques années, si vous voyez ce que je veux dire !...

La troisième raison n'est pas non plus sans importance : le départ de Pierre Moscovici me réjouit beaucoup. Ce donneur de leçon, tant lorsqu'il était membre de la Commission Européenne du 1er novembre 2014 au 30 novembre 2019 que Premier Président de la Cour des Comptes, du 3 juin 2020 au 31 décembre 2025, était particulièrement odieux, était complètement hors-sol. À chaque intervention publique, il provoquait sans doute une augmentation de plusieurs dizaine de milliers de voix en faveur du RN par ses propos moralisants et absolument déconnectés non seulement de la réalité économique et sociale mais aussi de la réalité politique. Un toupet monstrueux lorsqu'on sait comment il a géré le Ministère de l'Économie et des Finance du 16 mai 2012 au 31 mars 2014 en plombant l'économie française et les ménages de 40 milliards d'euros de prélèvements obligatoires supplémentaires.


Par ailleurs, il s'est fait épingler pour avoir dépensé de l'argent public sans considération pour les contribuables en mettant à la destruction toutes les impressions d'un rapport annuel de la Cour des Comptes sous prétexte que la photographie de monsieur de lui donnait pas l'image la plus esthétique selon lui. Celui qui ne cessait de réclamer des économies sur les dépenses publiques se moquait alors largement de dépenser pour ses petits caprices narcissiques au sein de sa noble institution ! Il est des personnes qui feraient mieux de se faire tout discrètes. Ce sera désormais le cas pour Pierre Moscovici qui, à cause de la limite d'âge, a quitté la France et repart à Bruxelles pour occuper la fonction de membre de la Compte des Comptes Européenne (il fallait bien continuer à collectionner les honneurs et les salaires).

2026, une bonne année ? C'est en tout cas très réjouissant de savoir que le socialiste Pierre Moscovici a quitté la Cour des Comptes, mais aussi que le socialiste Jack Lang a quitté l'Institut du monde arabe, et bientôt, que la socialiste Anne Hidalgo va quitter la mairie de Paris. Ce sont trois exemples de socialistes qui ont eu des honneurs et des privilèges indus, des placards dorés, et des fonctions beaucoup trop élevées pour leur niveau et ce qu'ils ont apporté à la France et aux Français, ils ont vécu dans une sorte d'aristocratie républicaine sous les lambris. J'espère que leurs successeurs, j'en suis sûr pour la Cour des Comptes, seront plus humbles et plus soucieux de l'intérêt des Français, en réduisant leurs dépenses somptuaires.

J'ai juste un regret : c'est dommage que, par conséquent, Amélie de Montchalin doive quitter le gouvernement alors qu'elle s'est montrée très tenace et persuasive. Le projet de loi de finances pour 2027 est déjà dans l'horizon des parlementaires, un budget de tous les dangers puisqu'en pleine campagne présidentielle. Je ne doute pas qu'au lieu de faire la morale, Amélie de Montchalin aura à comprendre la situation réelle du pays, ce qui me paraît évident puisqu'elle quitte une fonction opérationnelle et fait partie des personnes qui connaissent le mieux la situation.


Le Premier Ministre avait de toute façon prévu un remaniement ministériel d'ici au 22 février 2026 (annoncé dans une interview à la presse quotidienne régionale le samedi 7 février 2026). Celui-ci sera donc bien plus large que le seul remplacement de la Ministre de la Culture Rachida Dati (candidate à la mairie de Paris).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (09 février 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Amélie de Montchalin, première femme Première Présidente de la Cour des Comptes.
Nommée enfin au gouvernement.
La Cour des Comptes en émoi.

Pierre Moscovici.
Didier Migaud.
Philippe Séguin.
Pierre Joxe.
André Chandernagor.



 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260209-amelie-de-montchalin.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/amelie-de-montchalin-premiere-266687

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 09:57

« En renvoyant le PLF à l'Assemblée Nationale, nous savons qu'il sera adopté sans vote, par 49.3. Cette motion met donc fin au débat, et pose une question de responsabilité. Le Sénat n'a pas vocation à se transformer en chambre d'enregistrement du blocage politique. » (Michel Masset, RDSE, le 28 janvier 2026 au Sénat).




 


Poursuite de la très longue procédure budgétaire. Il ne reste plus beaucoup d'obstacles pour que la France puisse avoir un budget cette année 2026. Après l'adoption du projet de loi de finances pour 2026 par l'Assemblée Nationale le 27 janvier 2026, les sénateurs ont été saisis de l'examen de ce texte le jeudi 29 janvier 2026.

Toutefois, les sénateurs ont rejeté le texte. Tout conduisait à ce rejet : cela leur évitait d'assumer quelques mesures impopulaires du texte, mais, pour les partisans de ce budget, cela permettait aussi d'accélérer sons retour à l'Assemblée Nationale qui, en dernier ressort, est la seule à prendre la décision.

Les sénateurs ont très largement adopté à 12 heures 55 la motion n°I-2 présentée par Jean-François Husson, sénateur LR de Meurthe-et-Moselle et rapporteur général du budget, tendant à opposer la question préalable au projet de loi de finances pour 2026 (scrutin n°173) : sur 262 votants, 203 ont voté pour, 32 ont voté contre, 27 se sont abstenus (et 86 n'ont pas pris part au vote).
 


Globalement, à quelques exceptions près, les sénateurs ont suivi l'ensemble de leur groupe respectif (ce qui est logique puisque le vote du budget est la première responsabilité politique d'un parlementaire). Ainsi, ont voté pour la question préalable : LR, l'Union centriste et Renaissance (dont un tiers s'est abstenu). Ont voté contre : le RDSE (radicaux) et les écologistes. Se sont abstenus : les Indépendants, République et Territoire (Horizons). N'ont pas pris part au vote : les socialistes et les communistes.
 


C'est la Ministre de l'Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin qui a introduit la discussion au Sénat : « Ce budget est imparfait, nous en convenons tous. Il est le produit d'un compromis bâti patiemment, article par article, par des formations politiques aux orientations opposées et qui ont toutes dû faire des concessions difficiles. Je crois que ce texte est utile, pour les Français. Il leur permet d'échapper au climat d'incertitude installé depuis plusieurs mois et au régime de la loi spéciale et des services votés, qui diminuent fortement la capacité d'action de la puissance publique. Ce texte préserve l'essentiel, dans un monde que nous savons troublé. Il soutient la défense, les enseignants et l'éducation, répond aux crises qui frappent notre pays, notamment dans le secteur agricole et en Nouvelle-Calédonie. Surtout, il donne un budget à notre pays. Les collectivités territoriales ont besoin de visibilité sur leurs financements. Le déficit est prévu à 5% en 2026. C'est encore beaucoup trop, mais cela permet d'atteindre 3% en 2029, après 5,4% en 2025. La France restaure ainsi une partie de sa crédibilité budgétaire. ».

En réponse, le rapporteur général Jean-François Husson n'a cessé de fustiger le texte budgétaire en insistant sur un triple fiasco : « Tout d'abord un fiasco sur le fond, sur la politique économique, fiscale et budgétaire de notre pays. Ensuite, un fiasco sur la méthode. Enfin, un fiasco pour le crédit de la France et la crédibilité de la parole politique. ».

La trajectoire du déficit ne serait pas assurée, selon lui : « Sur le fond, ce texte est néfaste pour nos finances publiques et funeste pour l'activité économique et la croissance de notre pays. Le gouvernement est arrivé au pouvoir avec une trajectoire de déficit public de 4,6% du PIB en 2026. Le déficit prévu à 5% acte une dégradation de 12 milliards d'euros. Par rapport au volontarisme affiché de François Bayrou, le dérapage est massif. ». Je note du reste que le budget proposé par François Bayrou a été loué par le groupe LR.

La méthode : « Je relève que l'usage du 49.3 un mois plus tôt aurait évité des milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Le gouvernement a voulu débattre de tout pour ne décider de rien. Le vote à l'Assemblée Nationale sur la première partie, une voix pour et 404 contre, était édifiant. Fin janvier, d'un coup, il y a urgence. L'Assemblée Nationale nous a transmis le texte mardi soir. Cela manque de sérieux. ».

La parole de la France : « Vous avez découvert 3 milliards d'euros de recettes supplémentaires : les 2,5 milliards d'euros d'impôt sur les sociétés sont volatils ! Et vous ajoutez 400 millions d'euros de TVA. Aucune de ces mesures n'a de réalité concrète ! Pour atteindre 5 % de déficit, vous allez devoir invoquer Dame Chance ou prendre rapidement des mesures de freinage, hors la vue du Parlement. J'ai l'impression de revivre le cauchemar que nous a fait vivre Bruno Le Maire jusqu'en 2024. ».

Sans complaisance pour la dernière version du projet de loi de finances pour 2026, Jean-François Husson a proposé, au nom de la commission des finances, l'adoption d'une motion opposant la question préalable au texte considéré comme adopté par l'Assemblée Nationale en application de l'article 49 al. 3. (en d'autre termes, un refus du débat au Sénat et un renvoi à l'Assemblée).

Le président de la commission des finances du Sénat, le socialiste Claude Raynal, lui, a été sévère contre la majorité sénatoriale, en particulier le groupe LR : « Cette année, la majorité sénatoriale n'a pas souhaité rechercher le compromis ; elle s'est exclue de la discussion et a prôné des solutions maximalistes. Ainsi, près de 9 milliards d'euros de recettes ont été supprimés en première partie sans que des économies équivalentes aient été votées en parallèle, alourdissant le déficit de 0,3 point de PIB. La surtaxe d'impôt sur les sociétés de 8 milliards d'euros avait pourtant été votée l'an dernier par la majorité sénatoriale. (…) La procédure déclenchée non au tout début de l'examen du texte, comme cela a trop souvent été le cas, mais à la fin du débat parlementaire et sur la base d'un compromis, permet à notre pays d'avancer et de faire face à ses obligations, tant nationales qu'internationales. Ce compromis était la seule voie possible. Je m'honore, à ma modeste place, de l'avoir souhaité et d'y avoir contribué. ».

Le sénateur centriste de l'Essonne Vincent Delahaye, qui a parlé au nom de l'Union centriste et qui a annoncé dès le début son vote de la question préalable, a toutefois reconnu une avancée du gouvernement : « Nous saluons la baisse de l'effort sur les collectivités territoriales, qui était disproportionné et injuste. On ne peut pas les accuser de la dérive des comptes publics ; nous aurions préféré zéro, mais 2 milliards d'euros nous semblent un effort raisonnable, surtout si l'on en exclut les communes. ».

Marc Laménie, pour le groupe des Indépendants, s'est voulu constructif : « La copie du Sénat n'était certes pas parfaite : la hausse de la fiscalité était trop importante. Notre groupe n'avait d'ailleurs pas voté la première partie. En revanche, nous avions voté la seconde, qui comportait des avancées. (…) Début janvier, l'Assemblée Nationale avait la possibilité de rechercher le moins mauvais budget possible. À défaut de baisser les impôts, il fallait au moins ne pas les augmenter. À défaut de baisser les dépenses, il fallait au moins les stabiliser. Mais l'attitude désastreuse des oppositions a empêché ce compromis. C'est pourquoi le Premier Ministre a engagé la responsabilité de son gouvernement. La France sera bientôt dotée d'un budget indispensable, c'est un soulagement. Nous devons renforcer les moyens de nos armées, c'est vital pour notre sécurité, face à Poutine comme à Trump. Il fallait donner le moins mauvais budget à la France et préserver l'autonomie des collectivités locales, dont l'État reste le premier financeur. Nous sommes loin du compte avec le texte adopté par l'Assemblée Nationale. (…) Attachés au débat, nous nous opposons habituellement aux questions préalables. Néanmoins, il faut un budget au plus vite. Aussi, nous nous abstiendrons. ».

La sénatrice LR Christine Lavarde a condamné sans appel la méthode du gouvernement pour construire le budget, critiquant l'absence d'écoute des propositions du Sénat : « Aucun arbitrage sérieux, seulement des économies de dernière minute, comme si les propositions de vos administrations vous étaient étrangères. Ce bricolage est indigne de l'enjeu. Vous revenez même sur des réformes promises à nos partenaires européens, affaiblissant notre potentiel de croissance en même temps que notre crédibilité. (…) Nous partageons une certaine idée de l'État : un État social, stratège, territorial et agile. L'État social, fondé sur la solidarité et non la charité, doit refuser la multiplication des chèques et dispositifs palliatifs au profit d'une sécurité sociale forte permettant à chacun de vivre de son travail. Sa pérennité ne peut se construire au détriment de l'État entrepreneur et de la prospérité. L'État stratège doit s'appuyer sur son portefeuille de participations et des investissements souverains pour entraîner entreprises et collectivités dans de grandes trajectoires nationales : décarbonation, recherche, réindustrialisation, tout l'inverse du feu vert donné à la vente de LMB Aerospace. L'État territorial doit mettre fin à la prolifération d'agences aux indicateurs de performance déconnectés du réel. Nous voulons enfin un État agile, capable d'accompagner collectivités et entreprises sans les étouffer sous les normes, en leur donnant les moyens d'une émancipation dans la responsabilité. Cette voie, vous avez refusé de l'emprunter, non par impossibilité politique mais par choix. ».

Le sénateur macroniste (RDPI) Stéphane Fouassin a assumé le compromis du gouvernement : « Ce budget est un texte de compromis, mi-figue mi-raisin. S'il ne correspond pas pleinement à nos attentes, il comporte des avancées réelles. Même imparfait, il offre un cadre financier indispensable à la stabilité du pays. ». Et il a annoncé son vote de la question préalable pour que le PLF soit renvoyé rapidement à l'Assemblée : « Dans un esprit de responsabilité, le RDPI ne s'opposera pas à son renvoi à l'Assemblée Nationale, afin que son examen s'achève et que notre pays dispose enfin d'un budget. ».

Pour le groupe socialiste, le sénateur Thierry Cozic a refusé la question préalable pour une raison de principe, mais a voulu soutenir un texte de compromis : « Ce budget n'est pas le nôtre. Si le gouvernement a bénéficié pour la deuxième fois consécutive de notre mansuétude, c'est parce que nous sommes soucieux de ne pas aggraver les difficultés nationales dans les tourments actuels du monde. Nous avons agi en responsabilité pour le bien du pays. (…) Depuis la dissolution ratée, l'exercice du pouvoir est devenu délicat et gouverner jusqu'au bout du quinquennat sera périlleux. Si le budget 2026 aura été celui de la contrainte, le prochain pourrait être celui de la paralysie. ».

Michel Masset (RDSE) a expliqué franchement les arrière-pensées de la question préalable, ce qui a conduit son groupe à ne pas la voter : « En renvoyant le PLF à l'Assemblée Nationale, nous savons qu'il sera adopté sans vote, par 49.3. Cette motion met donc fin au débat, et pose une question de responsabilité. Le Sénat n'a pas vocation à se transformer en chambre d'enregistrement du blocage politique. ».

Ferme soutien de la question préalable, le président du groupe LR au Sénat Mathieu Darnaud a contesté le budget présenté par le gouvernement (qui est composé de membres de LR !) : « Ce budget est fragile et n'offre aucune perspective à la France. À chacune de nos propositions d'économie, vous avez répondu : taxe affectée, pluri-annualité. Le Parlement a-t-il encore les moyens d'examiner un budget ? Le décalage dans les chiffres a de quoi inquiéter. ».

Ce qui lui a valu, quelques minutes plus tard, cette tirade de Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat : « Si vous êtes gaullistes, nous sommes socialistes. Nous avons pour point commun d'avoir gouverné sous la Ve République, nous moins longtemps que vous, mais plus récemment. Et s'il y a des ministres LR dans ce gouvernement que vous critiquez tant, il n'y a pas de socialistes. (…) Nous ne prendrons pas part au vote sur la question préalable. Le Sénat n'a pas été au rendez-vous du PLF, nous le regrettons, car nous avions défendu de nombreuses propositions. Ce budget, qui ne sera censuré ni par les socialistes ni par les Républicains, malgré vos critiques, ne nous convient pas complètement, mais nous voulons donner un budget à la France. Son application sera déterminante. Nous serons extrêmement vigilants sur son exécution. Nous laissons la majorité sénatoriale prendre ses responsabilités. ».

Pour l'Union centriste, Vincent Caop-Canellas a assuré le vote de la question préalable : « Ce PLF est un compromis qui n'est pas le nôtre. Son seul mérite est d'exister. L'évolution de la dépense est préoccupante : à l'Assemblée Nationale, le groupe socialiste s'est félicité d'avoir "évité" 8 milliards d'euros d'économies... Je le regrette. C'est le prix de la non-censure. Ce budget est le fruit des équilibres de l'Assemblée, pas du Sénat. Le groupe UC votera donc cette question préalable, à une abstention près. Finalement, cela arrange tout le monde : le gouvernement aura le dernier mot avec le 49.3 et le budget sera considéré comme adopté. (…) Après l'élection présidentielle, il nous faudra réformer nos retraites et notre modèle social, car nous arrivons à la limite. ».

Finalement, la motion de Jean-François Husson a été adoptée par les sénateurs qui ont donc décidé de ne pas le discuter et de ne pas l'adopter. Ce texte est donc revenu à l'Assemblée Nationale.

Ce n'est donc pas une surprise que le lendemain à la première heure, le vendredi 30 janvier 2026 à 9 heures 05, le gouvernement a voulu tenir une séance à l'Assemblée Nationale. Le Premier Ministre a le droit de s'exprimer dans l'hémicycle quand il le veut et aussi longtemps qu'il le veut. Sébastien Lecornu a alors attendu deux minutes que le président de la commission des finances Éric Coquerel fût présent (il était en retard) pour annoncer ce que tout le monde attendait, de manière brève et concise : « La France doit avoir un budget. C’est pourquoi, devant cet hémicycle, j’engage la responsabilité du gouvernement sur l’ensemble du projet de loi de finances pour 2026 sur la base de l’article 49, alinéa 3 de la Constitution. ».

Cette séance à l'Assemblée n'a donc duré qu'une minute, et le président de séance (en l'occurrence le député RN Sébastien Chenu) a pris acte de cette décision et a mis fin au dernier débat budgétaire de l'année. Deux motions de censure ont alors été déposées (une de la gauche non socialiste et une autre de l'extrême droite, comme d'habitude), qui devraient être discutées probablement dans la journée du lundi 2 février 2026. La procédure arrive bientôt à son achèvement.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 janvier 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
PLF 2026 : le rejet stratégique du Sénat.
PLF 2026 : rebelote !
L'ambition de Rachida.
PLF 2026 : rejet des deux motions de censure pour le volet recettes.
PLF 2026 : finalement, l'article 49 alinéa 3 !
La grande clarification.
Allocution du Premier Ministre Sébastien Lecornu le 16 janvier 2026 à Matignon (texte intégral et vidéo).
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Sébastien Lecornu II, homme de devoir et gouvernement libre.
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Interview du Premier Ministre François Bayrou le 5 septembre 2025 sur RTL (texte intégral et vidéo).
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 4 septembre 2025 dans le journal de 20 heures sur France 2 (texte intégral et vidéo).
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 3 septembre 2025 dans "Paris Match" (texte intégral).

Démission, destitution... Emmanuel Macron peut-il écourter son second mandat présidentiel ?
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Interview du Premier Ministre François Bayrou le 3 septembre 2025 sur BFMTV (vidéo et texte intégral).
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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260129-plf-senat.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/plf-2026-le-rejet-strategique-du-266419

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/01/29/article-sr-20260129-plf-senat.html


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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 03:35

« Nous souffrons trop souvent de l’affrontement systématique, chacun campant sur des postures contraires à l’intérêt de notre pays. Mesdames et messieurs les censeurs, de gauche comme de droite, si le gouvernement venait à être censuré, la France se retrouverait sans budget. Or dans la situation actuelle, ce budget est nécessaire à notre pays. (…) L’absence de budget priverait notre pays de marges d’action, au moment même où, en tant qu’Européens, nous sommes mis à l’épreuve et directement menacés par le retour des appétits impérialistes. » (Jean-Paul Mattei, le 27 janvier 2026 dans l'hémicycle).


 


Les motions de censure se suivent et se ressemblent. Remarquez, je n'en suis pas désolé ; au contraire, il vaut mieux un rejet de censure qu'un pays abandonné et sans budget. Donc, après le rejet du doublon de motions de censure du 23 janvier 2026 portant sur la première partie, celle des recettes, du projet de loi de finances (belote), voici le rejet, ce mardi 27 janvier 2026, du doublon de motions de censure portant sur la seconde partie, celle des dépenses et de l'ensemble du projet de loi de finances pour 2026 (rebelote).

Notez aussi que ce n'est pas la faute des oppositions : c'est la réaction attendue lors de l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, devenu nécessaire dès lors que le groupe socialiste ne veut pas priver le pays d'un budget auquel il a participé avec le gouvernement mais qu'il ne veut pas non plus assumer auprès de ses électeurs (il était prêt à s'abstenir mais pas à voter pour).

À chaque coup, il y a le dépôt de deux motions de censure, examinées en même temps mais mises au vote individuellement, l'une déposée par l'opposition populiste de gauche et l'autre par l'opposition populiste d'extrême droite. Cette dernière n'a jamais aucune chance d'être adoptée au contraire de la première qui bénéficie du soutien, au-delà de la gauche populiste, également de l'extrême droite.

Si ces deux nouvelles motions de censure ont été rejetées, c'est parce qu'elles n'ont pas obtenu au moins 289 votes favorables de députés, soit la majorité absolue. J'écris bien 289 et pas 288 comme c'était le cas le 23 janvier 2026, parce qu'entre-temps, le dimanche 25 janvier 2026, il y a eu le second tour de l'élection législative partielle de la première circonscription du Loiret dont le siège était vacant depuis le 13 novembre 2025 en raison de la démission immédiate du suppléant de la ministre Stéphanie Rist qui voulait rester maire (loi sur le cumul des mandats). Si bien que ce dimanche, Stéphanie Rist a été réélue députée (très largement, avec 62,1% face à une candidate RN), et a confirmé sa préférence pour rester au gouvernement ; c'est donc sa nouvelle suppléante qui siège depuis le 26 janvier 2026, amenant l'effectif de l'Assemblée à 576, donc la majorité absolue à 289 au lieu de 288 (il reste encore un siège vacant à la troisième circonscription de Haute-Savoie qui sera pourvu le 2 février 2026 au cours du second tour de l'élection législative partielle correspondante).

La première motion de censure a été déposée le 23 janvier 2026 à 12 heures 33 par Cyrielle Chatelain, Mathilde Panot, Stéphane Peu et 110 autres députés de FI, EELV et PCF (ils ont été rapides car l'engagement de responsabilité du gouvernement a été annoncé à 12 heures 30). Lors du scrutin public n°5193, cette motion de censure n'a reçu le 27 janvier 2026 à 19 heures 10 que 267 votes pour, ce qui était insuffisant pour être adoptée (121 RN, 71 FI, 35 EELV, 16 ciottistes, 14 PCF, plus 5 PS, 1 LR, 2 LIOT et 2 non-inscrits, pour ces quatre derniers groupes, les mêmes que le 23 janvier 2026).
 


La seconde motion de censure a été déposée le 23 janvier 2026 à 13 heures 49 par Marine Le Pen, Éric Ciotti et 102 autres députés d'extrême droite. Elle aussi a été rejetée à 19 heures 30, mais beaucoup plus largement que la précédente puisqu'elle n'a recueilli que 140 votes pour lors du scrutin public n°5194 (120 RN, 16 ciottistes, 2 LR et 2 non-inscrits).
 


Comme toujours, dans cet examen sans surprise, ce sont les interventions qui peuvent apporter un semblant d'intérêt au débat public, même si, il faut bien l'avouer, c'est un exercice imposé et prévisible, uniquement de posture répétitive, martelée à force de déployer mille et une motions de censure à longueur de 49 alinéa 3.

Défendant la motion de censure de la gauche non socialiste, la députée écologiste Christine Arrighi a fustigé la pression exercée sur les députés d'une menace de dissolution : « Nous sommes tous soumis depuis des mois à un climat de pression politique. Par la voie de fuites savamment orchestrées dans la presse, la menace d’une dissolution est régulièrement agitée comme un outil de dissuasion et d’alignement derrière l’exécutif. Je voudrais dire aux artisans de ce procédé que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par sa seule décision. Je voudrais également leur rappeler que nous sommes des démocrates et que nous n’avons pas peur des élections. Cette pression n’a pas concerné que les députés. Elle a également pesé sur les élus locaux, avec la menace que les prochaines élections municipales pourraient se voir balayées ou invisibilisées par des législatives anticipées. Le Premier Ministre se dit pourtant attaché à la décentralisation. Cette manière de mettre sous tutelle politique le calendrier démocratique local est pour le moins contradictoire et profondément choquante et inquiétante. À cela s’ajoute une dégradation grave de la qualité du travail parlementaire. Des arbitrages majeurs sur des recettes et des crédits ainsi que sur des choix fiscaux sensibles ont été découverts par la presse avant d’être portés à la connaissance des élus. Comment débattre, comment décider et comment adhérer en toute connaissance de cause lorsque l’information circule hors de l’hémicycle, au compte-goutte, dans un brouillard organisé ? Ce n’est plus un débat budgétaire normal, c’est une mise en scène où le Parlement et les citoyens qu’il représente sont tenus à distance. ».

Et de conclure sa déclamation par une citation de Montesquieu, qui fait toujours bien dans les dîners en ville ou dans les joutes dans l'hémicycle : « "Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir" rappelait Montesquieu. Nous voterons cette motion non par goût du fracas institutionnel mais parce que le Parlement ne peut se résigner à devenir la chambre d’enregistrement d’un texte qui sacrifie l’avenir. Nous la voterons parce que nous avons le devoir d’arrêter un pouvoir qui, pour se maintenir quoi qu’il en coûte, est prêt à sacrifier le présent des Françaises et des Français ainsi que l’avenir de notre pays. ».

Ensuite, le député RN Jean-Philippe Tanguy a pris la parole pour défendre la motion de censure de l'extrême droite, en rappelant opportunément le résultat du premier tour de l'élection législative partielle de la troisième circonscription de Haute-Savoie le 25 janvier 2026 (où le candidat soutenu par le RN a obtenu la première place avec 45,0%, soit un supplément de plus de 5 points par rapport au 30 juin 2024) : « Pour une fois, monsieur le Premier Ministre, les faits et les Français vous ont donné raison. C’est suffisamment rare pour être souligné. C’est même un événement unique dans la situation actuelle. En effet, les élections législatives partielles ont démontré que vous aviez raison de redouter une dissolution de l’Assemblée Nationale suivie d’élections pour résoudre la crise budgétaire, mais vous aviez raison de votre seul point de vue cynique et parfaitement irresponsable. Le vote des Français est en effet clair, renforcé par l’éclairage de l’ensemble des études d’opinion : les macronistes et leurs boulets LR et PS sont en chute libre et le seul véritable opposant, le RN, avec son allié [ciottiste], est chaque jour plus soutenu. Vos manœuvres et vos compromissions n’ont évidemment qu’un seul but, totalement étranger à l’intérêt national : éviter de retourner devant les Français pour vous sauver vous et, surtout, Emmanuel Macron. Du point de vue démocratique, c’est évidemment une trahison ; du point de vue républicain, c’est évidemment une forfaiture ; du point de vue moral, comme vous l’a dit Marine Le Pen, c’est évidemment une déchéance. Tous les mensonges éhontés et les éléments de langage éculés que vous ressassez avec la complicité des intérêts financiers qui vous maintiennent au pouvoir ne peuvent cacher la vérité, bien comprise par nos compatriotes. ».

Usant d'une exagération qui n'est pas censée apporter la crédibilité, le député frontiste a ajouté : « Les Français savent, parce qu’ils le vivent dans leur quotidien, que votre gabegie budgétaire ne permet même pas de résoudre un seul problème du pays. Jamais dans l’histoire de France un gouvernement n’avait dépensé autant d’argent public, ponctionné autant d’impôts sur les Français, créé autant de déficit et accumulé autant de dettes pour des résultats aussi pitoyables. Le cri du cœur des gilets jaunes, "Où va l’argent ?", rejoint aujourd’hui plus que jamais l’interrogation de l’ensemble des Français. Par un paradoxe dont seuls les macronistes ont le secret, plus vous dépensez l’argent des Français, plus vous aggravez leurs problèmes. Exiger toujours plus d’impôts, dépenser toujours plus de moyens tout en pourrissant le quotidien des Français, voilà le vrai bilan du macronisme ! ».

Tentant de se prêter à l'ironie facile, Jean-Philippe Tanguy a évoqué quelques anciens ministres macronistes : « Peut-être est-ce vous qui vivez dans un monde parallèle, à force de dorures, de palais de la République, d’éléments de langage pondus par des cabinets de communication et de stratégies foireuses élaborées par McKinsey ? Un monde parallèle parfaitement décrit par l’ancien ministre de l’économie, Bruno Le Maire, persuadé d’avoir géré les comptes publics "à l’euro près", en réalité, à 60 milliards d’euros près, par Élisabeth Borne, capable d’affirmer, sans rire, qu’elle n’avait aucune leçon de finances publiques à recevoir, ou encore par Gabriel Attal, pris en flagrant délit de parjure en soutenant qu’il avait parfaitement géré les finances de la France, dans un exercice de déficit record. Le budget que vous imposez aux Français est contraire à tous vos engagements de redressement des comptes publics. Il est la preuve manifeste que vous êtes dans un déni total du réel, régime Potemkine reposant sur le mensonge d’État. Votre déni de la faillite budgétaire n’a d’égal que votre aveuglement coupable sur la submersion migratoire que connaît notre pays, submersion migratoire aggravée par Bruno Retailleau, jamais avare d’une énième trahison de ses électeurs. (…) Votre mensonge sur l’état financier et économique du pays, tout comme votre échec face à la submersion migratoire qu’il subit, se traduisent d’ailleurs par un phénomène préoccupant, un énième tabou que seul le Rassemblement national ose évoquer : la fuite des Françaises et des Français de leur propre pays. Les clandestins étrangers restent, les talents français fuient : voilà le vrai bilan du socialo-macronisme à la sauce Retailleau ! ».

Il a ensuite décrit le champ de ruines que serait devenu le macronisme : « Gabriel Attal, lui, a parfaitement analysé le macronisme agonisant, en vous qualifiant collectivement hier de "champ de ruines". Une fois n’est pas coutume, comment donner tort à notre ancien Premier Ministre ? Après tout, que restera-t-il des macronistes après le départ d’Emmanuel Macron en 2027 ? (…) Un champ de ruines, oui, sur lesquels rodent les centristes de toutes catégories, ahurissants ego sur pattes, se chamaillant pour savoir qui a le moins de convictions mais le plus de vanité pour continuer à gouverner la France. Car si la France est en ruine, les ambitions des centristes se portent au mieux : pas un jour sans que vos chamailleries ridicules n’alimentent les gazettes, pendant que les Français souffrent. Quelle belle métaphore involontaire de M. Attal pour définir ce qu’est l’extrême centre, de toute éternité : charmant peuple de nains de jardin opportunistes, toujours prompts à s’imaginer comme des géants de l’histoire. L’extrême centre n’a laissé et ne laissera dans l’histoire de notre pays, à travers tous les régimes que vous avez eu le malheur de hanter, qu’une seule trace : le goût amer de l’incompétence et de la trahison. Trahison nationale évidemment (…) ; trahison des idées, quand vous en avez ; trahison des électeurs, quand il vous en reste ; et même trahison des amis. Un instinct de survie élémentaire pousse en effet le centriste au parricide, au matricide et au fratricide. C’est plus fort que lui, c’est plus fort que vous, c’est "à l’insu de votre plein gré! Collègues macronistes, LR et socialistes, vous êtes des renards déguisés en agneaux. L’extrême centriste n’a d’ailleurs pas son pareil pour accuser ses adversaires de ses propres turpitudes. ». Des propos qui se sont disqualifiés par leur propre excès et bêtise insultante.

Le député MoDem Jean-Paul Mattei a ramené un peu de sérénité et de modération dans le débat : « Notre groupe s’est investi sans relâche pour aboutir à une copie qui (…) ne plaît à personne, mais qui a au moins le mérite d’exister. Nous avons travaillé pour proposer des solutions permettant d’atteindre l’équilibre entre sérieux budgétaire et justice sociale, entre soutien à l’économie et protection des plus fragiles. (…) Si ce budget n’est pas à la hauteur de nos attentes, il permet néanmoins de constater que nous réduisons nos dépenses : moins 0,2 point de PIB, et sans alourdir plus que de raison la fiscalité. Les prélèvements obligatoires restent en effet inférieurs (…) à ce qu’ils étaient en 2019. Cette assemblée n’a pas de majorité claire, c’est un fait. Mais cela ne doit pas nous paralyser car nous devons faire avec cette réalité jusqu’au printemps 2027, moment où les Français trancheront. À ceux qui veulent bousculer en permanence le calendrier électoral, je dis ceci : patientez encore un peu. La France a besoin de stabilité, pas de crises à répétition. Les motions de censure ne sont pas la solution (…). La France, vous le savez, chers collègues, mérite mieux que des postures. ».

Pour Horizons, la députée Félicie Gérard a exprimé ses réticences : « Nous ne prendrons pas la responsabilité de plonger notre pays dans encore davantage d’instabilité. (…) Mais notre refus de la censure ne signifie absolument pas notre adhésion à ce texte. Certes, par rapport aux années précédentes, un effort de maîtrise de la dépense publique est accompli (…). Par rapport à la trajectoire habituelle des finances publiques, c’est un effort d’environ 10 milliards d’euros pour l’État. Cela va évidemment dans le bon sens et répond à une nécessité absolue pour notre pays quand la dépense publique représente plus de 56% du PIB. Nous reconnaissons donc la volonté affichée par le gouvernement de réduire le train de vie de l’État, ce que nous saluons. Toutefois, des questions se posent sur l’ampleur et sur la soutenabilité de cet effort. (…) Nous faisons face à un déséquilibre structurel. Or ce budget ajoute encore des dépenses durables, financées par des recettes ponctuelles et non reconductibles. (…) Nos préoccupations [concernent] le déséquilibre entre les dépenses pérennes et les recettes temporaires, l’utilisation de la réserve de précaution et la ponction sur la trésorerie des opérateurs. (…) Le budget pour 2026 porte les stigmates d’un processus parlementaire plus que chaotique, et nous dénonçons le chantage qui a conduit à ce résultat. ».

L'orateur communiste, Édouard Bénard, lui, a adopté l'expression "extrême centre" utilisée par le RN, et en a inventé une autre, le "lecornisme" : « Cent dix-neuf ! La motion de censure dont nous discutons fait suite au 119e recours à l’article 49.3 de l’histoire de la Ve République et au second en une semaine mais, surtout, à des centaines d’heures de débats budgétaires qui ont confirmé l’intransigeance du bloc central, un extrême centre arc-bouté sur ses dogmes budgétaires et refusant toute remise en cause de sa politique économique. Il faut vous reconnaître là une certaine constance ! (…) Monsieur le Premier Ministre, votre légitimité démocratique ne procédera que de l’absence de censure. Soit nous validons la perspective que vous proposez, soit nous censurons. Ne comptez pas sur les élus [communistes] pour se faire les VRP de votre austère relevé de conclusions d’une réunion élyséenne. (…) J’ignore si le lecornisme est la maladie infantile du macronisme mais une chose est sûre : il se traduit par les mêmes symptômes de déconnexion et de mépris des attentes populaires que nous avons défendues au travers des nombreuses propositions que, face à la digue tenue par l’union des droites, nous avons formulées lors du débat du projet de loi de finances. ».

Rien ne va dans le texte budgétaire aux yeux d'Éric Ciotti : « C’est un texte sans vision, sans courage et sans foi dans l’économie. Votre budget est en effet l’aveu d’une trajectoire désormais assumée, qui consiste à compenser chaque échec par une hausse d’impôt, chaque renoncement par une augmentation de la dépense et chaque absence de réforme par de la dette. Vous avez fait de la fuite en avant une méthode et une politique où l’on achète du temps à crédit, où l’on préserve de petits équilibres politiciens au prix d’un déséquilibre financier durable, où l’on choisit aujourd’hui de sauver des majorités provisoires, bancales et contradictoires et de faire payer demain nos enfants et nos petits-enfants. (…) Ce budget est profondément mauvais : mauvais dans son esprit, mauvais dans ses choix et mauvais dans ses conséquences et ce sont une fois de plus les ménages et les entreprises qui en feront les frais. (…) Au nom d’une stabilité politique illusoire, vous avez renié la politique de l’offre pour lui préférer la facilité consistant à céder aux diktats du parti socialiste, de M. Hollande et de M. Faure, devenus les maîtres chanteurs budgétaires malgré leur résultat à 1,6% des voix à l’élection présidentielle. C’est une anomalie démocratique mais, surtout, une faute économique. ».

La députée EPR Julie Delpech, quant à elle, s'est moquée des bégaiements de l'opposition : « Nous y revoilà, à débattre des mêmes motions de censure, déposées par les mêmes groupes politiques, cosignées par les mêmes députés. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie. Or ce bégaiement porte les noms de deux groupes que les discours semblent opposer mais que l’obsession du chaos finit toujours par réunir : La France insoumise, aidée de ses alliés écologistes et communistes, et le Rassemblement national, épaulé par les députés [ciottistes], dont on peine encore à comprendre ce qui [les] différencie de Mme Le Pen. Depuis 2022, La France insoumise et le Rassemblement national ont déposé, à eux deux, près de cinquante motions de censure. Cinquante ! Cinquante fois, ils ont demandé la chute du gouvernement. Cinquante fois, ils ont tenté d’immobiliser le Parlement. Cinquante fois, ils ont préféré le chaos au travail. Leur stratégie est claire : lorsque le Parlement légifère, ils bloquent, lorsque le Premier Ministre propose une solution au blocage, ils censurent. Chers collègues, vos méthodes frôlent le comique de répétition, à la différence près que celles-ci n’ont rien de comique. ».

Et d'exposer l'objectif de ces motions de censure : « Soyons clairs. Chacune de leurs motions de censure décale plusieurs heures de débat en séance, bouscule l’ordre du jour et repousse les avancées concrètes pour les Français. Au total, ces motions de censure ont englouti près de 150 heures de débats parlementaires alors que la quasi-totalité d’entre elles étaient vouées à l’échec : 150 heures de débat gâchées pendant lesquelles nous n’avons pas pu débattre du pouvoir d’achat, travailler sur la santé et l’hôpital, avancer sur le logement ou réformer notre système d’éducation pour, en somme, améliorer le quotidien des Français. Ou de tout cela simultanément comme dans le projet de loi de finances ! En fin de compte, elles auront généré 150 heures de vacarme et de théâtre destinées à masquer le vide ou l’incohérence de leurs propositions. Ne nous racontons pas d’histoires. Ces motions ne sont ni accidentelles, ni exceptionnelles, ni dictées par l’urgence nationale. Elles relèvent d’une stratégie politique commune, assumée par les deux extrêmes, et consistant à faire croire que la France est ingouvernable pour mieux s’en proclamer demain les seuls sauveurs. C’est la raison pour laquelle depuis des années La France insoumise et le Rassemblement national organisent de manière systémique l’échec de nos débats et l’instabilité de notre vie politique! Pourquoi ce sabotage méthodique ? Parce que le chaos est leur carburant politique. Plus l’incertitude grimpe, plus ils espèrent récolter les fruits de la colère. ».

Mettant en lumière la collusion entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, Julie Delpech a accusé cette entreprise de destruction de la France : « C’est une alliance de circonstance dont le seul dénominateur commun est la passion du blocage. D’un côté, ceux qui voient dans chaque ligne budgétaire une trahison de la révolution mondiale ; de l’autre, ceux qui attendent que le pays s’effondre pour venir, pensent-ils, ramasser les débris. À force de crier à la crise, on finit par fabriquer l’instabilité qu’on prétend dénoncer et de laquelle on prétend vouloir sauver la France. Le vrai clivage n’est pas entre la majorité et l’opposition, ni entre la droite et la gauche, il est entre ceux qui veulent faire fonctionner la République et ceux qui veulent la bloquer. Entre ceux qui acceptent la complexité de gouverner et ceux qui préfèrent la facilité du slogan. Il n’y a qu’à regarder le contenu des motions déposées pour comprendre qu’elles sont interchangeables, tant la prose est la même. Ce n’est pas un budget qu’il est proposé de censurer, c’est la possibilité même d’un compromis, c’est l’idée qu’au-delà de nos désaccords, la France doit continuer d’avancer. La réalité, c’est que le Rassemblement national et la France insoumise sont contre tout, tout le temps. (…) Les Français en ont marre et ils le disent. Ils en ont marre qu’au lieu du compromis, certains cherchent constamment à jeter la pomme de discorde au milieu de cet hémicycle, à pointer du doigt les groupes politiques qui travaillent ensemble et font le choix de l’apaisement et de la responsabilité. (…) Chaque motion de censure inutile nous conduit un peu plus loin dans l’instabilité. Ce qui devrait être un moment de vérité n’est rien d’autre qu’une impasse. Quelle est l’alternative ? À l’extrême gauche, on veut tout dépenser sans rien produire. À l’extrême droite, on veut tout fermer sans rien construire. Ces motions de censure ne sont pas des actes politiques, elles sont une démission collective. Par refus de choisir, leurs auteurs essaient d’empêcher ceux qui ont le courage de le faire. Depuis quand cette assemblée s’est-elle donnée comme boussole la chute du gouvernement alors qu’elle devrait chercher à faire tenir notre pays ? En déposant ces motions de censure, ce n’est pas le Premier Ministre et le gouvernement qui sont visés, mais la stabilité de la France. Ce n’est pas le gouvernement qui est pénalisé, mais les Français qu’ils prétendent défendre. ».

Le député mélenchoniste Hadrien Clouet estimait à tort que l'adoption de sa motion de censure était possible : « Cette censure est à portée de main. À la mi-janvier, le gouvernement tenait à trente-deux voix, ce qui n’était déjà pas grand-chose. Vendredi dernier, il tenait à dix-neuf voix, encore moins. Il perd une voix et demie par jour. Collègues hésitants, ces derniers jours vous ont montré la réalité du pouvoir : des gens qui partent se goberger avec le Medef pendant que les plans de licenciements se succèdent partout dans le pays. Dans la banque, l’assurance, le transport, l’agroalimentaire, en quatre jours, des suppressions de postes ont été annoncées chez Teisseire, Capgemini, Colruyt, Fedex, Ubisoft, Forsee Power, Amazon et j’en passe. Qu’ont fait les ministres ? Rien, pas un son, pas une image. Avez-vous confiance dans ces gens ? Pas nous, et vous non plus ne pouvez pas leur faire confiance. Ils ne savent pas gérer leurs dossiers, ils n’en disent rien, ils sont complices au jour le jour de tout ce qui arrive à ce pays. Cela mérite la censure. Maintenir le clan Macron au pouvoir, c’est dégager la piste d’atterrissage pour d’autres textes tout aussi inacceptables. ».

Sa rancœur, il l'a exprimée surtout contre les socialistes qui ne veulent pas jouer le jeu du chaos : « Le parti socialiste a tout sacrifié, ses principes, ses électeurs, ses idées, son programme, pour maintenir le déficit à moins de 5%. Voilà un projet de vie qui fait rêver : bazarder tout un programme et des engagements électoraux pour un déficit à 5%. J’entends certains parler de victoire, mais à quoi ressemble le mur des victoires au siège du parti socialiste ? Un mur où sont affichés Azincourt, Bérézina, Trafalgar, budget Lecornu ? À quoi ressemble leur imaginaire de la victoire politique ? Dans le monde réel, on ne trouve pas une seule proposition socialiste dans le texte du projet de loi de finances, mais il bénéficie des voix des socialistes. Si le capitaine du Titanic était adhérent au parti socialiste, il aurait serré la main de l’iceberg ! D’autant que le deal avec le PS est signé, du côté macroniste, par une équipe de super menteurs. On entend dans les couloirs des parlementaires tentés de laisser passer le budget en comptant sur les miettes, croyant peut-être que les miettes font un repas, bien que cela n’ait jamais été le cas dans l’histoire du monde, mais surtout en essayant de faire confiance au gouvernement. ».

La députée socialiste Océane Godard avait sans doute le plus mauvais rôle puisqu'il lui fallait expliquer à ses anciens partenaires de la nouvelle farce populaire son refus de voter la censure : « Les partis politiques sont au service de la prise de décision et de la gouvernabilité. Ils ne sont pas au service du gouvernement de la France ; ils ne sont pas non plus au service de la paralysie, du blocage et du chaos, ce qui implique nécessairement de reconnaître le point de vue adverse, c’est le fondement du compromis. (…) J’entends que ce nouvel acte de maturité de la démocratie, pour lequel le groupe socialiste s’est engagé, soulève des étonnements, des incompréhensions, qui estompent le débat rationnel au profit d’une rhétorique émotionnelle privilégiant colère, invective et autres excès de langage et de posture. Mes chers collègues, je vous pose la question : la démocratie parlementaire telle que nous la vivons serait-elle condamnée à s’exprimer uniquement sous une forme polarisée, soit la censure soit le soutien du gouvernement ? Les socialistes répondent non. Avec courage, exigence et responsabilité, ils saisissent l’occasion offerte par cette situation démocratique inédite pour dire aux Français que le compromis et l’indignation ne sont pas incompatibles. ».

Et d'énoncer ce que le PS a obtenu : « Concrètement, les négociations avec le gouvernement ont conduit à ce que les efforts fiscaux ne pèsent pas sur les ménages. Ce sont les 400 plus grandes entreprises qui financeront majoritairement l’équilibre budgétaire. Les TPE-PME de nos territoires sont préservées. De plus, les négociations des socialistes ont garanti la fin de l’année blanche. Autrement dit, en 2026, les pensions de retraite, le RSA, les bourses étudiantes, les APL, les allocations familiales, les minima sociaux, la prime d’activité seront réévalués, contrairement à ce que le gouvernement avait prévu. Le barème de l’impôt sur le revenu sera lui aussi relevé. Trois millions de travailleurs aux revenus modestes verront leur pouvoir d’achat augmenter. Voilà le fruit des négociations. ».

Le député LR Corentin Le Fur a aussi énuméré ce que LR a obtenu : « Nous nous sommes battus pour que les impôts des classes moyennes n’augmentent pas. Nous avons obtenu la réindexation de l’impôt sur le revenu. Nous nous sommes battus pour protéger les retraités qui ont travaillé toute leur vie. Nous avons obtenu la réindexation des retraites. (…) Nous nous sommes battus pour les enfants en situation de handicap (…). Nous saluons l’augmentation du nombre d’AESH, même s’il faudra aller plus loin dans l’intérêt de nos enfants, en donnant enfin un statut et un salaire décent à toutes ces femmes qui sont l’incarnation magnifique de l’inclusion scolaire (…). En outre, il n’est plus question de taxe Zucman, ni d’augmentation de la fiscalité sur l’assurance vie, ni de racket des entreprises familiales, et c’est heureux. Face à la dérive taxatrice et à la folie fiscale d’une grande partie de la gauche et du RN, il a fallu lutter pied à pied pour empêcher que l’on n’achève de faire de notre pays un enfer fiscal, ce qu’il est, hélas, trop souvent. ».

Il a fait l'apologie de la négociation et du compromis : « Toutes ces victoires, il a fallu se battre pour aller les chercher ! C’est le fruit d’un travail de longue haleine. (…) Ces victoires, nous les avons obtenues, arrachées, non pas pour nous-mêmes, mais pour les Français, pour les entreprises, pour notre pays. Grâce à tout cela, le présent budget ne ressemble plus du tout au musée des horreurs que M. Bayrou avait tenté de nous vendre. Néanmoins, nous sommes parfaitement lucides. Ce budget est-il idéal ? Bien sûr que non ! (…) Il s’agit néanmoins d’un budget de compromis, et le propre du compromis est précisément de ne satisfaire personne complètement mais d’assurer l’essentiel. (…) Pour paraphraser Raymond Aron, en politique, le choix n’est pas entre le bien et le mal, mais entre le préférable et le détestable, et nous considérons que, même imparfait, un budget sera toujours préférable à pas de budget du tout. Qui peut sérieusement croire qu’une censure renforcerait notre pays ? (…) Plus que jamais, la situation exige d’être unis, de sortir de notre torpeur et d’une forme de nombrilisme coupable. ».

Corentin Le Fur a ensuite dénoncé la collusion entre les extrêmes : « Notre regretté collègue Olivier Marleix, dont j’entends encore résonner la voix dans cet hémicycle, nous disait que rien de grand ne se fait sans un minimum d’unité nationale. Lui qui croyait tant à la souveraineté française savait mieux que personne que, chaque fois que notre pays est divisé, nous sommes marginalisés. Les Français ne sont pas dupes des postures. Ils voient bien que des partis extrêmes que tout oppose sont prêts à s’unir par pure tactique politicienne pour jouer ensemble la stratégie du pire, souffler sur les braises et attiser le chaos. Bas les masques, quand le RN et LFI votent ensemble 36 milliards de hausses de taxes et d’impôts nouveaux sur les ménages et les entreprises ! Bas les masques, quand le RN et LFI, véritables alliés de circonstance, votent ensemble la censure et répètent qu’ils censureront quiconque, tout le temps ! Bas les masques, quand le RN et LFI contestent le vote des Français de juillet 2024, au point qu’ils voulaient revoter dès le lendemain. Quelle drôle de conception de la démocratie et du choix souverain des Français ! ».

Et de complimenter Sébastien Lecornu : « J’en profite, monsieur le Premier Ministre, pour saluer votre humilité, votre écoute et votre capacité à vous remettre en question durant tout le débat budgétaire, qualités partagées par la ministre de l’action et des comptes publics et par le ministre de l’économie. Si je regrette Michel Barnier, qui aura été un grand Premier Ministre pour la France, je crois que vous vous inscrivez dans ses pas, avec la même droiture et le même sens de l’intérêt général. ».

Terminant la ronde des parlementaires, le député non-inscrit Philippe Bonnecarrère a tenu à célébré un anniversaire peu commun : « Notre pays adore les motions de censure, les cérémonies et les anniversaires. Aussi le cinquantenaire du dernier budget à l’équilibre présenté par Raymond Barre aurait-il mérité d’être salué à sa juste valeur. Le seul énoncé de ces cinquante ans de déficits continus souligne notre addiction à la dépense publique et à la dette, et résonne comme un appel à l’humilité. ».

Concluant le débat, Sébastien Lecornu a pris la parole : « Depuis des semaines, un même réflexe traverse le débat : on réclame toujours plus de crédits, parfois des économies, mais personne ne veut s’accorder afin de trouver une majorité pour dire lesquelles. Dans le même temps, on feint de s’étonner de la dette, du déficit et de la fragilité de notre pays. Cette contradiction n’est pas une erreur ; pour certains, c’est une stratégie, qui consiste à ne jamais décider et à ne pas vouloir travailler à un compromis pour pouvoir, toujours, accuser. Le présent projet de budget, quant à lui, décide. Il décide que la France ne peut plus vivre comme si ses finances n’avaient pas de limites. Il décide que l’effort doit porter d’abord sur la dépense publique, puisque la fiscalité est stable par rapport à 2025. Il décide que l’État doit apprendre à faire mieux, parfois avec moins, sans casser ce qui tient le pays. C’est précisément pour cela qu’il est attaqué ou caricaturé. ».
 


Et d'assurer qu'il n'y avait pas d'alternative : « Il faut le dire clairement : pendant ces 350 heures de débat parlementaire, il n’y a pas eu d’alternative crédible ; il n’a été question d’aucune solution qui ne passe pas soit par plus de dette, soit par plus d’impôts, soit par des économies qui n’existent pas. Certains moments ont même frisé la caricature. On a d’abord vu surgir des impôts imaginaires, des recettes proclamées mais jamais démontrées, des milliards annoncés sans base solide, sans rendement établi, sans crédibilité économique ; et je ne parle pas des mesures qui méconnaissent les règles élémentaires de l’État de droit, rien moins que le respect du droit de propriété ou l’égalité devant les charges publiques. Le gouvernement a repoussé toutes ces propositions, non par dogmatisme mais par souci de sérieux. (…) J’avais déjà rappelé devant vous, à l’automne dernier, ce que disait Georges Pompidou : on ne peut pas traire indéfiniment la même vache en faisant semblant d’ignorer qu’elle finit par ne plus donner de lait. Or c’est exactement ce que font ceux qui prétendent financer l’action publique par des recettes fictives. Non seulement nous n’aurons pas touché à la vache mais nous aurons procédé, je le crois, à une juste répartition du lait. Cependant, il y a sans doute pire encore que les impôts imaginaires : il y a les économies imaginaires, celles que l’on annonce sans jamais dire où elles tombent ; celles que l’on empile sur le papier, sans identifier de responsable ; celles qui laissent à penser à nos concitoyens qu’au fond, tout cela serait facile ; celles qui finiront, tôt ou tard, par abîmer encore un peu plus notre contrat social. (…) Des économies magiques, invisibles, indolores. En réalité, ce n’est pas de la rigueur, c’est une facilité. Cela ne coûte pas grand-chose de faire la leçon. Toutefois, cet épisode devrait permettre à chacun d’en tirer quelques-unes pour soi-même, ne serait-ce que par souci de crédibilité. Un budget sérieux ne repose ni sur des impôts fantômes ni sur des économies incantatoires ; il repose sur des choix assumés, chiffrés, traçables. (…) Quand un budget n’est le texte de personne et qu’il est issu du compromis, chacun y projette ses peurs ou ses postures. Cependant, ce grand écart permanent dit moins de ce budget que de l’embarras politique de celles et ceux qui le commentent. ».
 


À l'issue de ce débat parlementaire, les deux motions de censure ayant été rejetées, la partie dépenses et l'ensemble du projet de loi de finances pour 2026 ont été considérés comme adoptés par l'Assemblée Nationale. Ce budget va donc être déposé au Sénat qui, selon la majorité sénatoriale, va le rejeter rapidement et sans débat pour qu'il puisse revenir à l'Assemblée qui aura le dernier mot. Il y aura sans doute encore des motions de censure avant la fin de la procédure budgétaire, sans plus de suspense.


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Sylvain Rakotoarison (27 janvier 2026)
http://www.rakotoarison.eu


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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260127-rebelote.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/plf-2026-rebelote-266351

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/01/27/article-sr-20260127-rebelote.html



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20 janvier 2026 2 20 /01 /janvier /2026 17:16

« En définitive, "renoncer à renoncer" à l’article 49, al. 3 paraît indispensable pour que les attentes de ceux-là même qui avaient demandé d’y renoncer soient satisfaites. Cette dernière revendication avait un objectif : éviter que le gouvernement ne passe en force, garantir qu’il respecte le Parlement et s’assurer qu’il n’imposera pas un texte, comme il le peut avec l’activation du 49, al. 3. Tout observateur peut aujourd’hui constater que tel fut le cas et que, jusqu’à présent, le gouvernement s’est montré non seulement respectueux du Parlement, mais aussi de ses engagements. L’article 49, al. 3 ne serait alors que la validation et l’aboutissement d’un long cheminement, qui aura laissé place à une importante négociation et à des compromis auxquels la vie politique française est peu habituée. Mais qui rendront sans doute à cet article ses lettres de noblesse. » (Jean-Philippe Derosier, le 2 décembre 2025 dans "Le Nouvel Obs").



 


Dans un article publié le 2 décembre 2025 dans "Le Nouvel Obs", Jean-Philippe Derosier, constitutionnaliste lillois, avait anticipé cette reprise de l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution parce qu'il n'y aurait pas d'autres possibilités pour faire adopter le budget de l'État pour l'année 2026. (Entre parenthèses, notez bien qu'il s'agit de l'article 49 alinéa 3, le troisième paragraphe de l'article 49, et pas de l'article 49-3 qui, lui, serait un éventuel autre article, actuellement inexistant, qui serait placé entre l'article 49-2, encore inexistant, et l'article 50 de la Constitution ; donc, dire "alinéa" est indispensable pour bien comprendre en droit).

Pour s'en convaincre, le juriste avait simplement pris sa calculette : « Il faudrait alors qu’aucune majorité absolue des députés (288, car deux sièges sont actuellement vacants) ne se prononce pour la censure du gouvernement. Or cette condition peut plus facilement être remplie que l’existence d’une majorité en faveur du texte. En effet (…), les députés vraisemblablement hostiles au budget et qui voteront contre sont 265, tandis que ceux qui sont potentiellement favorables et pourraient voter pour sont 232 au maximum. Les socialistes ont globalement fait le pari de l’abstention jusqu’à présent, dans le cadre de leurs négociations avec le gouvernement et il paraît difficile, voire impossible qu’ils votent pour (ce qui sécuriserait néanmoins l’adoption des textes). (…) Voter pour l’ensemble des deux textes financiers reviendraient à les associer à une majorité soutenant le gouvernement Lecornu, auquel ils ont toujours affirmé leur opposition, quoique constructive. Dans cette démarche, s’ils ne peuvent accepter de voter pour le budget, ils peuvent se résigner à s’abstenir lors d’une motion de censure, comme ils le firent le 16 octobre, après la nomination du gouvernement. ».

Et l'universitaire n'avait pas manqué d'insister sur la situation paradoxale des socialistes : « Ce sont pourtant eux-mêmes qui se trouvent à l’origine de ce renoncement, puisqu’ils en ont fait une condition de leur participation aux négociations. Ils sont donc désormais face à un dilemme : persévérer à renoncer à ce mécanisme constitutionnel et vraisemblablement s’exposer à un rejet du budget, donc de toutes leurs autres revendications, ou inviter le gouvernement à y recourir, au prétexte que les avancées obtenues ne peuvent être adoptées que de cette façon. ».

En revanche, il n'avait pas prévu que le texte budgétaire ne serait pas voté avant le 31 décembre 2025. Effectivement, le Premier Ministre Sébastien Lecornu a tergiversé avant de trancher. Finalement, après avoir présenté une nouvelle copie du projet de loi de finances le 16 janvier 2026 et après le conseil des ministres du 19 janvier 2026, il a finalement accepté de prendre son risque en actionnant l'article 49 alinéa 3 de la Constitution.

Pour tout dire, il n'y avait pas d'autre option pour donner un budget à la France et pour sauver en même temps la position du parti socialiste qui ne pouvait pas voter favorablement au projet de loi de finances (PLF) sans prétendre être encore dans l'opposition. Il l'avait fait pour le PLFSS (le budget de la sécurité sociale) parce qu'il y avait la mesure emblématique tant demandée de la suspension de la réforme des retraites. Politiquement, il ne pouvait pas le faire pour le PLF.

La situation parlementaire est donc assez simple. Ce mardi 20 janvier 2026 à 17 heures, Sébastien Lecornu a pris la parole à la tribune de l'hémicycle en rendant responsables les groupes populistes qui n'ont jamais voulu se comporter selon l'intérêt général : « Au terme de plus de 350 heures de débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) et sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2026, je tiens à remercier sincèrement l’ensemble des groupes politiques qui ont accepté de travailler sérieusement à un compromis et qui ont permis le vote du PLFSS dans les délais prévus par la Constitution. J’adresse une mention particulière au MoDem, à Ensemble pour la République, à Horizons, aux Républicains et à LIOT, qui ont accepté d’entrer dans une démarche d’ouverture à l’égard d’autres groupes, le parti socialiste, Europe Écologie-Les Verts et le groupe communiste, dans le cadre du PLFSS. S’agissant du PLF, les choses sont bloquées, vous le savez. Le texte n’est plus votable, quelles que soient les configurations et les circonstances. Or nous considérons que la France doit avoir un budget. Le Parlement ne pouvant assumer jusqu’au bout sa responsabilité de donner un budget à la nation, à cause des agissements de différents groupes, ceux-ci devront rendre compte de leur action politique devant les Françaises et les Français et devant l’histoire, le gouvernement engage sa responsabilité sur la première partie du projet de loi de finances pour 2026, relative aux recettes. ».


La Présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet a donc pris acte de ce choix gouvernemental (qui n'était pas celui du Président Emmanuel Macron qui aurait préféré des ordonnances) : « L’Assemblée Nationale prend acte de l’engagement de la responsabilité du gouvernement conformément aux dispositions de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Le texte sur lequel le premier ministre engage la responsabilité du gouvernement sera inséré en annexe au compte rendu de la présente séance. En application de l’article 155, alinéa 1er, du règlement, le débat sur ce texte est immédiatement suspendu. Le texte sera considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée avant demain, 17 h 05, est votée dans les conditions prévues à l’article 49 de la Constitution. La conférence des présidents se réunira pour fixer la date et les modalités de discussion de cette éventuelle motion de censure. ».
 


Quelques heures avant cette déclaration, la Ministre de l'Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin, en réponse à la question d'un député RN, lui avait expliqué : « Vous appartenez à un groupe politique qui s’est mis hors jeu dès le coup d’envoi de ce budget : hors jeu parce qu’avec la France insoumise, vous avez voté 34 milliards de hausses d’impôts. Hors jeu parce que vous avez, avec la France insoumise, parié sur l’échec de ce budget et sur l’instabilité. Alors devant vous, je n’ai aucun état d’âme : oui, avec le Premier Ministre, nous avons fait le choix de nous tourner vers des partis de gouvernement qui ont souhaité que le pays avance, là où vous souhaitiez non seulement qu’il n’avance pas, mais qu’il échoue, le pays, comme le budget. Et ces partis de gouvernement (…), je sais que ce budget est le fruit, pour certains d’entre eux, notamment dans ma famille politique, de concessions très importantes, très difficiles, consenties pour l’intérêt général, deux mots qu’aucun de vos votes ne reflète et que vous ne connaissez pas : vous connaissez vos intérêts partisans et vos intérêts personnels. S’il y a un budget, qui permettra d’éviter des hausses d’impôts pour les ménages, les TPE, les PME, les artisans et les commerçants, ce n’est pas grâce à vous ni à nous, mais grâce aux députés Renaissance, MoDem, Horizons, les Républicains, LIOT et socialistes. Ces députés ont fait le choix de l’intérêt général, du compromis et de la stabilité. Les Français le savent et le sauront. Le déficit sera à 5% et ils verront que vous, vous avez travaillé pour vous et jamais pour les Français. ».

Les groupes FI et RN ont annoncé qu'ils déposeraient une motion de censure. Elle devrait être discutée probablement le vendredi 23 janvier 2026. Le suspense ne sera pas au rendez-vous car le parti socialiste, satisfait de la nouvelle copie du Premier Ministre, a annoncé une bienveillante neutralité, donc ne votera pas la motion de censure. Concrètement, deux autres utilisations devront être faites de l'article 49 alinéa 3, pour la partie dépenses et pour l'ensemble du texte budgétaire, et il faudra aussi une navette au Sénat, pour adopter le projet de loi de finances. La procédure budgétaire devrait être achevée durant la première semaine de février 2026, légère en avance par rapport au projet de loi de finances pour 2025. Et le gouvernement restera encore en vie à ce moment-là. Si tout se passe bien.



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Sylvain Rakotoarison (20 janvier 2026)
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18 janvier 2026 7 18 /01 /janvier /2026 03:25

« C'est le moment, au fond, de la grande clarification pour chaque force politique, et pour le Gouvernement de tracer de nouvelles orientations budgétaires pour éviter tout blocage. Je n'hésite pas à dire que ce budget va être différent du budget initial. Il est meilleur, il peut rassembler et il est, je le crois, responsable. Il traduit des choix politiques, il n'obéit pas à la seule logique comptable, il conforte des engagements pour la France, il respecte le travail, les efforts et les attentes de nos concitoyens. » (Sébastien Lecornu, le 16 janvier 2026 à Matignon).




 


Journées difficiles à Matignon pour Sébastien Lecornu qui peut ressentir l'arrière-goût amer du tout ou rien. Ou il réussit le (nouveau) miracle de donner un budget à la France, ou il a de fortes chances qui passer à la trappe, de quitter Matignon et (avant) d'organiser de nouvelles élections législatives. Ce climat déplorable n'aide pas l'activité économique qui manque de vision à moyen et même court terme, l'incertitude de l'instabilité suffit à plomber une économie nationale qui, pourtant, résiste pas mal aux intempéries (faible inflation, résistance sur le front de l'emploi, croissance supérieure aux prévisions, etc.).

Ce vendredi 16 janvier 2026, Sébastien Lecornu a fait une courte intervention publique au cours d'une allocution devant Matignon (qu'on peut écouter ici). C'est son habitude depuis sa nomination le 9 septembre 2025 (précisons d'ailleurs qu'il a maintenant plus de quatre mois de longévité, bien plus que Michel Barnier !), debout, sans effet de manche, pas trop "sexy" comme on pourrait dire (et la vidéo est même très sombre, manque de lumière).

Le chef du gouvernement a réaffirmé l'importance du budget : « Le budget doit dire ce que nous protégeons, ce que nous finançons, ce que nous réformons aussi. Comment nous redressons nos comptes publics ? Faisons des économies sans casser le pays, sa croissance, dans la justice et dans l'équité. Je tiens à le dire, le gouvernement ne renoncera pas aux compromis et nous continuerons de travailler avec les groupes parlementaires qui ont eu le courage de faire passer l'intérêt général avant leurs intérêts partisans. ».


Qu'a-t-il dit ? Il a fait un point d'étape sur le processus budgétaire, probablement le dernier point avant la fin du processus, quelle qu'en soit son issue. Il a annulé les discussions budgétaires qui étaient prévues à l'Assemblée les 16 et 19 janvier 2026 par manque de consensus sur le texte.

Sébastien Lecornu a rappelé sa méthode : « Pour sortir de la crise à l'automne dernier, j'ai pris un engagement clair : ne pas gouverner contre le Parlement comme si la majorité était absolue, ne pas gouverner comme avant, ne pas confisquer le débat budgétaire, ne pas utiliser le passage en force comme un réflexe, obliger les formations politiques à repartir des contraintes réelles qui pèsent sur le pays pour travailler sur le fond. Et pour tout cela, déconnecter, je l'ai dit de nombreuses reprises, l'action du gouvernement de tout agenda électoral, à l'approche notamment de l'élection présidentielle. Cet engagement, nous l'avons tenu. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, vous le savez, a été longuement discuté, amendé, puis adopté par le Parlement. C'est un texte solide, il protège notre modèle social, il garantit l'accès aux soins, il engage des économies réelles, même si on le sait tous, elles devront être largement prolongées pour résorber le déficit trop important. Mais surtout, cet exercice unique depuis 2022 a permis de ramener du calme, de montrer que la démocratie parlementaire peut encore décider, que le travail des parlementaires peut aboutir à des choix politiques, même s'ils ne sont pas ceux d'un seul camp à la fin. Mais la situation est, hélas, bien différente pour les discussions sur le budget de l'État après, pourtant, 350 heures de débat. Depuis Noël, celles-ci sont entravées : la commission mixte paritaire a échoué, le Sénat n'a pas trouvé de compromis avec l'Assemblée. Au sein même de l'Assemblée Nationale, certains ont choisi le blocage, en commission des finances comme en séance. La France insoumise et le Rassemblement national, chacun à leur manière, ont bloqué ce travail et ont méthodiquement rendu le texte incohérent et donc, à la fin, invotable. Ce n'est pas une divergence de fonds, c'est une stratégie cynique et profondément délibérée. J'avais fait le choix de laisser le pouvoir au Parlement de débattre, puis de décider jusqu'au bout de la procédure. Je regrette qu'à cause de certains, quelques-uns, cela ne soit pas possible, comme ce fut le cas avec succès en décembre dernier pour le financement de notre Sécurité sociale. ».

Ainsi, il décidera le mardi 20 janvier 2026 sous quelle forme il souhaite l'adoption du budget : l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, initialement honni par les socialistes mais qui a l'intérêt de pouvoir faire adopter le budget sans les compromettre dans une cogestion d'opposition constructive, ou les ordonnances, encore plus brutales pour le régime parlementaire. L'adoption simple par vote est hors de question puisqu'il y aurait plus de non que de oui.

Un petit arrêt sur les ordonnances : pour l'instant, la possibilité inscrite dans la Constitution de pouvoir faire adopter le budget par ordonnances après soixante-dix jours d'examen parlementaire infructueux n'a jamais été appliquée. Elle serait donc une innovation plus de soixante-sept ans après le début de la Cinquième République. Emmanuel Macron aurait une préférence pour les ordonnances et Sébastien Lecornu pour l'article 49 alinéa 3. Certains constitutionnalistes, avec de forts arguments théoriques, soutiennent qu'en cas d'ordonnances, il faudrait reprendre la version initiale du projet de loi de finances. Mais rien ne dit que ce sera le cas et dans le cas contraire, qui irait critiquer la méthode ?


Les socialistes auraient fait savoir, il y a plusieurs semaines, qu'en cas d'ordonnances budgétaires, ils voteraient une motion de censure, ce qui signifierait un renversement du gouvernement. Emmanuel Macron souhaite les ordonnances car dans ce cas, même si c'était suivi d'une censure, il y aurait quand même le budget et il pourrait s'appliquer, les investissements prévus (en particulier militaires) seraient ouverts. Alors qu'avec l'article 49 alinéa 3, en cas d'adoption de la motion de censure, le projet de loi de finances serait rejeté, on serait revenu au même point de départ qu'en octobre 2025, mais sans gouvernement, un peu la même censure que celle du 4 décembre 2024. Tant qu'à avoir un gouvernement censuré, le Président de la République se dit qu'il vaut mieux que ce soit avec un budget finalement applicable.

Mais l'entêté Sébastien Lecornu se veut optimiste. Il mise donc sur l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 avec, bien sûr, le dépôt d'une ou plusieurs motions de censure, mais sans vote du parti socialiste qui resterait dans une bienveillante neutralité. Pour cela, il fallait une version du projet de loi de finances qui leur fût acceptable, et c'est ce qu'a fait Sébastien Lecornu en proposant ce vendredi quelques mesures en faveur du pouvoir d'achat. Les premières réactions du PS sont en effet prometteuses : ils ont été convaincus, ils ne voteront pas la censure, selon toute vraisemblance.

 


Quelles sont ces mesures ?

Prime d'activité : « Plus de 3 millions de ménages qui gagnent le SMIC ou un peu plus que le SMIC seront désormais garantis de gagner plus à la fin du mois. Ils verront leur prime d'activité augmentée en moyenne de 50 euros par mois. C'était une demande clairement formulée. Le gouvernement s'y engage. ».

Non gel du barème de l'impôt sur le revenu : « Reconnaître la primauté du travail justifie également que l'impôt sur le revenu n'augmente pas. Le barème sera ainsi revalorisé pour que l'inflation ne se transforme pas en augmentation masquée de cet impôt. ».

Maintien des allègements de charges : « Nous ne devons pas abandonner le combat contre le chômage. Nous faisons donc un choix important. Nous ne toucherons pas aux allégements de charges. Parce qu'augmenter les charges, c'est augmenter le coût du travail pour les employeurs. Et augmenter le coût du travail, c'est menacer l'emploi, et donc notre économie, et donc notre modèle social. ».

Pas de réduction des allocations de solidarité : « Le travail permet aussi la solidarité pour les plus fragiles. Il n'y aura aucune mesure pesant sur les allocations pour les personnes en situation de handicap ou pour les allocations sur le logement, ce qu'on appelle les APL. ».

Pas d'augmentation de la fiscalité des ménages, directe ou indirecte : « Il n'y aura pas de réforme de l'abattement de l'impôt sur le revenu pour les retraités. Ainsi, et pour définitivement peut-être tordre le cou aux mensonges de certains, il n'y aura dans ce budget aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages, directe ou indirecte. Mais nous nous battrons contre la fraude, la suroptimisation fiscale et certains abus ou détournements de la loi. Chacun doit payer sa juste part. C'est une question de justice fiscale et l'attente des contribuables est forte. C'est un débat important pour l'avenir. ».

Généralisation du repas à 1 euro au restaurant universitaire : « Ce budget doit donner une priorité à la jeunesse. Les bourses étudiantes seront maintenues. Pour tous les étudiants, le repas à 1 euro au restaurant universitaire sera une réalité à compter du mois de mai. Les universités et les organismes de recherche verront également leurs moyens renforcés pour respecter les engagements de la programmation pour la recherche qui a été votée par le Parlement. Dans l'éducation nationale, 2 000 postes supplémentaires seront créés, notamment pour accueillir, et c'est une priorité, nos enfants en situation de handicap. ».

Augmentation de 400 millions d'euros pour les bailleurs sociaux : une priorité du gouvernement, « c'est le logement. Ce poste ampute de plus en plus le pouvoir d'achat des ménages. La construction de logements dans notre pays est insuffisante, ce qui n'est pas sans impact économique sur certaines filières comme la construction. Il faut donc des mesures d'urgence et des mesures structurelles. La construction et la rénovation de logements abordables est d'abord la responsabilité des bailleurs sociaux. Nous augmenterons donc leurs moyens de 400 millions d'euros pour qu'ils construisent plus et rénovent mieux, mais nous ne devons plus opposer investissement public et investissement privé, comme ce fut le cas malheureusement depuis trop longtemps. Il faut donc aussi relancer l'investissement locatif privé. Nous poserons ainsi les bases d'un statut du bailleur privé. ».

Maintien de MaPrimeRénov' : « Nous maintenons par ailleurs MaPrimeRénov'. C'est un dispositif utile, efficace, mais nous lutterons davantage contre les abus et les détournements encore trop nombreux qui abîment la réputation du dispositif. ».

Augmentation du fonds vert : « [Le] ministère de la Transition écologique (…) verra notamment augmenter le Fonds vert, bien connu des élus locaux, des acteurs de terrain, pour engager de nouveaux projets à l'échelle locale. ».

Le chef du gouvernement a prévu une baisse de certaines dépenses de l'État : « C'est la nécessité de réaliser des économies structurelles, justes, efficaces. L'État fait des efforts, sans démagogie, et loin des idées pseudo-miraculeuses que l'on peut voir ici ou là dans la presse ou dans les débats. Mais la réalité, c'est que pour la première fois, les dépenses des ministères en euros courants seront inférieures à celles de l'année dernière. Clairement, cela sera dur et méritera un pilotage de chaque instant par les ministres. En parallèle, une réforme de l'État et de la décentralisation que j'ai annoncée va nous permettre de nous interroger sur ce que nous attendons de l'État pour l'avenir et enfin d'interroger en profondeur l'efficacité de la dépense publique pour faire des économies, des vraies économies, non plus des rabots à l'aveugle comme malheureusement, on a pu le voir ou le connaître ces dernières décennies. Les collectivités territoriales, régions, départements, intercommunalités, mairies devront également participer à l'effort collectif, mais je l'ai dit dans des proportions acceptables. ».

Malgré les économies, Sébastien Lecornu n'a pas voulu réduire certains investissements stratégiques : « Nous assumons des exceptions, des économies d'un côté, des investissements de l'autre. Plusieurs ministères voient ainsi, malgré ce contexte budgétaire difficile, leurs crédits augmenter. En premier lieu, les armées. Un effort considérable qui va permettre à notre système de défense de changer de dimension. Le Parlement a déjà approuvé par un vote à ma demande il y a quelques semaines le principe de cet effort. La situation internationale, on le voit bien, l'exige et commande de nous donner les moyens de notre autonomie et donc, de notre liberté. C'est un engagement du Président de la République que j'ai d'ailleurs eu l'honneur de mettre en œuvre comme ministre des Armées. Et cet engagement sera donc bien tenu puisqu'une nouvelle loi de programmation militaire sera votée avant ce 14 juillet. Avec la sécurité extérieure, autre préoccupation majeure, la sécurité intérieure, la police, la gendarmerie comme la justice ont besoin de crédits supplémentaires, notamment, entre autres, pour mieux lutter contre l'insécurité du quotidien, mais aussi le narcotrafic. Là encore, le Parlement a délibéré récemment. Enfin, il en va de même pour les ministères de l'Éducation nationale ou celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, parce que c'est l'avenir du pays, tout simplement, qui peut être contre ? ».

D'autres exceptions d'investissements sont aussi anticipés pour soutenir les Outre-mer, en particulier pour aider la Nouvelle-Calédonie et Mayotte.

Malgré ces dépenses supplémentaires, l'objectif d'un déficit en dessous de 5% du PIB reste fixé : « En 2025, les deux gouvernements successifs ont tenu le déficit à 5,4%, pardonnez-moi, et ce n'était pas facile, mais c'est fait. Cette année, nous serons à 5% de déficit. Nous y arriverons. Et si la croissance est soutenue, et d'ailleurs, la stabilité politique y contribue, ce sera sans doute peut-être moins. La France tient ses engagements. La France est gouvernée. La France doit rester crédible dans un moment où, je l'avais dit dans cette cour lors de ma nomination par le Président de la République, la vie politique intérieure ne peut ignorer et se décaler autant de la situation internationale et de ses nombreux dérèglements. Nous sommes la France, il faut le redire, il n'est pas question de se laisser aller au déclin sans réagir et sans tout tenter. ».


Le 20 janvier 2026, certains fêteront (ou pas) le premier anniversaire du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. D'autres la possibilité, devenue un exploit politique, de doter la France d'un simple budget.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 janvier 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La grande clarification.
Allocution du Premier Ministre Sébastien Lecornu le 16 janvier 2026 à Matignon (texte intégral et vidéo).
Traité Europe-Mercosur : ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain...
Rumeurs persistantes de dissolution...
Qu'a fait Michel Barnier ?
Vœux 2026 d'Emmanuel Macron.
Adoption définitive du PLFSS 2026 : la réforme des retraites est suspendue !
Adoption du PLFSS 2026 : une victoire de la méthode Lecornu !
PLFSS 2026 : un certain masochisme ?
La situation électorale à dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle.
Sondage Elabe des intentions de vote à la présidentielle publié le 1er novembre 2025 pour BFMTV et "La Tribune Dimanche" (à télécharger).
Laure Miller.
Accords franco-algériens de 1968 : pas de quoi crier victoire pour le RN !
Roland Lescure.
Budget 2026 : les grandes manœuvres commencent !
Débat parlementaire du vendredi 24 octobre 2025 à l'Assemblée Nationale.
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Déclaration de politique générale du Premier Ministre François Bayrou le 8 septembre 2025 à l'Assemblée Nationale (texte intégral et vidéo).
Journée critique pour Bayrou... et la France !
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 7 septembre 2025 pour Brut (vidéo).
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 5 septembre 2025 sur RTL (texte intégral et vidéo).
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 4 septembre 2025 dans le journal de 20 heures sur France 2 (texte intégral et vidéo).
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 3 septembre 2025 dans "Paris Match" (texte intégral).

Démission, destitution... Emmanuel Macron peut-il écourter son second mandat présidentiel ?
François Bayrou tend la main à toutes les forces politiques.
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 3 septembre 2025 sur BFMTV (vidéo et texte intégral).
François Bayrou le combatif !
Interview du Premier Ministre François Bayrou le 31 août 2025 à la télévision (vidéo et texte intégral).
Déclarations du Premier Ministre François Bayrou le 29 août 2025 à Châlons-en-Champagne (vidéo).
4 conditions pour gagner la nouvelle bataille industrielle selon Bayrou.
Discours du Premier Ministre François Bayrou au Medef le 28 août 2025 à Paris (vidéo et texte intégral).
La question de François Bayrou.
Interview de François Bayrou au journal télévisé de 20 heures le 27 août 2025 sur TF1 (vidéo et texte intégral).
Requiem pour Bayrou : courageux ou suicidaire ?
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François Bayrou, le début du commencement.
La quadrature du cercle de Michel Barnier.

 

 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260116-lecornu.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-grande-clarification-266061

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/01/17/article-sr-20260116-lecornu.html


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16 janvier 2026 5 16 /01 /janvier /2026 20:41

(verbatim et vidéo)



Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260116-lecornu.html












ALLOCUTION SUR LE PROJET DE LOI DE FINANCES DE 2026
DU PREMIER MINISTRE SÉBASTIEN LECORNU
LE VENDREDI 16 JANVIER 2026
À MATIGNON À PARIS




Allocution du Premier Ministre le 16 janvier 2026


 

Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous rendre compte, depuis le mois de septembre, j'ai tenu une ligne simple, faire fonctionner les institutions, respecter le Parlement avec une méthode nouvelle, assumer les responsabilités, repousser le désordre, en un mot, apaiser, remettre du calme. Cela impose de la retenue, une volonté sincère de dialogue et une forme d'exigence collective. L'Assemblée nationale ressemble aux Français peut-être encore plus aujourd'hui qu'hier. Elle est le fruit de vos choix, elle reflète nos doutes, nos désaccords, pour ne pas dire parfois nos divisions, nos inquiétudes, mais elle dit aussi quelque chose de votre exigence à ce que vos responsables politiques travaillent ensemble, s'entendent, comme dans tant d'autres démocraties, comme d'ailleurs tout un chacun doit le faire dans sa vie personnelle ou professionnelle, comme le font des milliers d'élus locaux au quotidien dans les conseils municipaux.

Pour sortir de la crise à l'automne dernier, j'ai pris un engagement clair : ne pas gouverner contre le Parlement comme si la majorité était absolue, ne pas gouverner comme avant, ne pas confisquer le débat budgétaire, ne pas utiliser le passage en force comme un réflexe, obliger les formations politiques à repartir des contraintes réelles qui pèsent sur le pays pour travailler sur le fond. Et pour tout cela, déconnecter, je l'ai dit de nombreuses reprises, l'action du Gouvernement de tout agenda électoral, à l'approche notamment de l'élection présidentielle. Cet engagement, nous l'avons tenu. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, vous le savez, a été longuement discuté, amendé, puis adopté par le Parlement. C'est un texte solide, il protège notre modèle social, il garantit l'accès aux soins, il engage des économies réelles, même si on le sait tous, elles devront être largement prolongées pour résorber le déficit trop important. Mais surtout, cet exercice unique depuis 2022 a permis de ramener du calme, de montrer que la démocratie parlementaire peut encore décider, que le travail des parlementaires peut aboutir à des choix politiques, même s'ils ne sont pas ceux d'un seul camp à la fin.

Mais la situation est, hélas, bien différente pour les discussions sur le budget de l'État après, pourtant, 350 heures de débat. Depuis Noël, celles-ci sont entravées : la Commission mixte paritaire a échoué, le Sénat n'a pas trouvé de compromis avec l'Assemblée. Au sein même de l'Assemblée nationale, certains ont choisi le blocage, en Commission des finances comme en séance. La France insoumise et le Rassemblement national, chacun à leur manière, ont bloqué ce travail et ont méthodiquement rendu le texte incohérent et donc, à la fin, invotable.

Ce n'est pas une divergence de fonds, c'est une stratégie cynique et profondément délibérée. J'avais fait le choix de laisser le pouvoir au Parlement de débattre, puis de décider jusqu'au bout de la procédure. Je regrette qu'à cause de certains, quelques-uns, cela ne soit pas possible, comme ce fut le cas avec succès en décembre dernier pour le financement de notre Sécurité sociale. Cette semaine encore, en plein milieu des discussions budgétaires, deux motions de censure ont été déposées par le RN et la France insoumise sur le traité entre l'Union européenne et le Mercosur, motion complètement déconnectée de la réalité, alors même que la France vote contre ce traité, alors même que la situation internationale exige de la visibilité, de la stabilité et du sérieux, alors même que le pays a besoin d'un budget.

Pour autant, tout ne s'est pas arrêté ces derniers jours. De longues réunions de travail ont eu lieu, elles ont permis des échanges sérieux, souvent exigeants, avec des groupes parlementaires qui soutiennent le Gouvernement, mais aussi avec des groupes qui sont clairement dans l'opposition au Gouvernement. Avec, tout simplement d'ailleurs, pour résumer les choses plus simplement, des députés et des sénateurs qui veulent tout simplement faire leur travail. C'est par ce travail précisément de fonds que nous avons pu malgré tout avancer. Et c'est ce travail qui permet aujourd'hui au Gouvernement de proposer des évolutions importantes du projet de budget pour cette année 2026.

Le budget doit dire ce que nous protégeons, ce que nous finançons, ce que nous réformons aussi. Comment nous redressons nos comptes publics ? Faisons des économies sans casser le pays, sa croissance, dans la justice et dans l'équité. Je tiens à le dire, le Gouvernement ne renoncera pas aux compromis et nous continuerons de travailler avec les groupes parlementaires qui ont eu le courage de faire passer l'intérêt général avant leurs intérêts partisans.

C'est le moment, au fond, de la grande clarification pour chaque force politique, et pour le Gouvernement de tracer de nouvelles orientations budgétaires pour éviter tout blocage.

Je n'hésite pas à dire que ce budget va être différent du budget initial. Il est meilleur, il peut rassembler et il est, je le crois, responsable. Il traduit des choix politiques, il n'obéit pas à la seule logique comptable, il conforte des engagements pour la France, il respecte le travail, les efforts et les attentes de nos concitoyens.

D'abord, pour le pouvoir d'achat des travailleurs. Je l'avais dit lors de ma déclaration de politique générale, et si le budget pour la sécurité sociale a permis de sanctuariser les droits de celles et ceux qui ont travaillé toute leur vie et qui donc aujourd'hui sont à la retraite, le budget de l'État doit lui traduire une priorité claire, être du côté des travailleurs. Parce que c'est le travail qui doit augmenter le pouvoir d'achat des Français, et beaucoup de nos concitoyens qui font fonctionner notre pays, travaillent de nuit, font des heures supplémentaires et pourtant gagnent le SMIC ou un peu plus que le SMIC.

La solidarité nationale pour ces salariés des secteurs privés comme public d'ailleurs s'exprime par un complément de revenus, c'est la prime d'activité. Le budget initial envisageait d'en réduire la portée. Il faut le reconnaître, c'était une erreur. Il faut donc non seulement revenir sur cette mesure d'économie, mais nous allons aller plus loin en réformant cette prime, car il faut que le travail paie plus. Plus de 3 millions de ménages qui gagnent le SMIC ou un peu plus que le SMIC seront désormais garantis de gagner plus à la fin du mois. Ils verront leur prime d'activité augmentée en moyenne de 50 euros par mois. C'était une demande clairement formulée. Le Gouvernement s'y engage.

Au-delà de cette mesure immédiate, attendue, importante, le Gouvernement proposera dans les prochaines semaines une réforme des allocations de solidarité par la création d'une allocation sociale unifiée, protégeant mieux nos concitoyens les plus fragiles, tout en garantissant que le travail soit toujours plus rémunérateur, précisément que l'absence de travail.

Reconnaître la primauté du travail justifie également que l'impôt sur le revenu n'augmente pas. Le barème sera ainsi revalorisé pour que l'inflation ne se transforme pas en augmentation masquée de cet impôt.

Le soutien au travail, enfin, c'est la possibilité tout simplement de trouver un emploi, de conserver son emploi. Nous ne devons pas abandonner le combat contre le chômage. Nous faisons donc un choix important. Nous ne toucherons pas aux allégements de charges. Parce qu'augmenter les charges, c'est augmenter le coût du travail pour les employeurs. Et augmenter le coût du travail, c'est menacer l'emploi, et donc notre économie, et donc notre modèle social.

Pour les mêmes raisons, nous continuerons à soutenir l'apprentissage des jeunes, en particulier ceux qui travaillent dans les PME. Là aussi, c'est une demande, elle a été entendue. Le budget de compromis que nous proposons protège donc celles et ceux qui travaillent et qui produisent cette ligne de bon sens, je le crois, doit pouvoir rassembler.

Le travail permet aussi la solidarité pour les plus fragiles. Il n'y aura aucune mesure pesant sur les allocations pour les personnes en situation de handicap ou pour les allocations sur le logement, ce qu'on appelle les APL.

De même, il n'y aura pas de réforme de l'abattement de l'impôt sur le revenu pour les retraités. Ainsi, et pour définitivement peut-être tordre le cou aux mensonges de certains, il n'y aura dans ce budget aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages, directe ou indirecte. Mais nous nous battrons contre la fraude, la suroptimisation fiscale et certains abus ou détournements de la loi. Chacun doit payer sa juste part. C'est une question de justice fiscale et l'attente des contribuables est forte. C'est un débat important pour l'avenir.

Ensuite, ce budget doit donner une priorité à la jeunesse. Les bourses étudiantes seront maintenues. Pour tous les étudiants, le repas à 1 euro au restaurant universitaire sera une réalité à compter du mois de mai. Les universités et les organismes de recherche verront également leurs moyens renforcés pour respecter les engagements de la programmation pour la recherche qui a été votée par le Parlement. Dans l'éducation nationale, 2 000 postes supplémentaires seront créés, notamment pour accueillir, et c'est une priorité, nos enfants en situation de handicap.

Troisième priorité, et elle est attendue, c'est le logement. Ce poste ampute de plus en plus le pouvoir d'achat des ménages. La construction de logements dans notre pays est insuffisante, ce qui n'est pas sans impact économique sur certaines filières comme la construction. Il faut donc des mesures d'urgence et des mesures structurelles. La construction et la rénovation de logements abordables est d'abord la responsabilité des bailleurs sociaux. Nous augmenterons donc leurs moyens de 400 millions d'euros pour qu'ils construisent plus et rénovent mieux, mais nous ne devons plus opposer investissement public et investissement privé, comme ce fut le cas malheureusement depuis trop longtemps. Il faut donc aussi relancer l'investissement locatif privé. Nous poserons ainsi les bases d'un statut du bailleur privé.

Nous maintenons par ailleurs MaPrimeRénov'. C'est un dispositif utile, efficace, mais nous lutterons davantage contre les abus et les détournements encore trop nombreux qui abîment la réputation du dispositif.

Autre priorité et vous le savez, nous en avons beaucoup parlé, c’est l’agriculture. Je confirme que les engagements pris par le Gouvernement et la ministre ces derniers jours seront tenus, et la crise que nous connaissons justifie d'ailleurs pleinement de ne pas voir les débats au Parlement s’enliser comme ce fut le cas cette semaine.

 Cinquième priorité, c'est la nécessité de réaliser des économies structurelles, justes, efficaces. L'État fait des efforts, sans démagogie, et loin des idées pseudo-miraculeuses que l'on peut voir ici ou là dans la presse ou dans les débats. Mais la réalité, c'est que pour la première fois, les dépenses des ministères en euros courants seront inférieures à celles de l'année dernière. Clairement, cela sera dur et méritera un pilotage de chaque instant par les ministres.

En parallèle, une réforme de l'État et de la décentralisation que j'ai annoncée va nous permettre de nous interroger sur ce que nous attendons de l'État pour l'avenir et enfin d'interroger en profondeur l'efficacité de la dépense publique pour faire des économies, des vraies économies, non plus des rabots à l'aveugle comme malheureusement, on a pu le voir ou le connaître ces dernières décennies. Les collectivités territoriales, régions, départements, intercommunalités, mairies devront également participer à l'effort collectif, mais je l'ai dit dans des proportions acceptables.

Nous n'accepterons pas, le Gouvernement n'acceptera pas la baisse des moyens de fonctionnement des communes de près de 20 % par la DGF votée cette semaine à l'initiative du Rassemblement national. À quelques semaines des élections municipales, nos élus locaux doivent disposer des moyens d'agir et de la visibilité qui va avec. Et donc, nous serons au rendez-vous. Les travaux se poursuivent, notamment avec les différents groupes politiques au Sénat.

Ensuite, nous assumons des exceptions, des économies d'un côté, des investissements de l'autre. Plusieurs ministères voient ainsi, malgré ce contexte budgétaire difficile, leurs crédits augmenter. En premier lieu, les armées. Un effort considérable qui va permettre à notre système de défense de changer de dimension. Le Parlement a déjà approuvé par un vote à ma demande il y a quelques semaines le principe de cet effort. La situation internationale, on le voit bien, l'exige et commande de nous donner les moyens de notre autonomie et donc, de notre liberté. C'est un engagement du président de la République que j'ai d'ailleurs eu l'honneur de mettre en œuvre comme ministre des Armées. Et cet engagement sera donc bien tenu puisqu'une nouvelle loi de programmation militaire sera votée avant ce 14 juillet.

Avec la sécurité extérieure, autre préoccupation majeure, la sécurité intérieure, la police, la gendarmerie comme la justice ont besoin de crédits supplémentaires, notamment, entre autres, pour mieux lutter contre l'insécurité du quotidien, mais aussi le narcotrafic. Là encore, le Parlement a délibéré récemment.

Enfin, il en va de même pour les ministères de l'Éducation nationale ou celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, parce que c'est l'avenir du pays, tout simplement, qui peut être contre ?

C'est également le cas du ministère de la Transition écologique, qui a occupé largement les débats et qui verra notamment augmenter le Fonds vert, bien connu des élus locaux, des acteurs de terrain, pour engager de nouveaux projets à l'échelle locale.

C’est également le cas pour nos Outre-mer, qui constituent une priorité, vous le savez, et en particulier les mesures qui participent au soutien à la Nouvelle-Calédonie dans un contexte particulier, mais aussi à la reconstruction de Mayotte, qui seront évidemment bien mises en œuvre. Je ne veux pas être trop long, je le suis déjà, mais d'autres mesures, corrections, ajustements de ce budget seront précisés par les ministres dans les heures et les jours qui vont venir.

Pour résumer, un budget d'économie juste, un budget de protection et d'investissement, ce ne sont pas que des mots, un budget qui repousse la fiscalité déraisonnable ou déconnectée de la réalité économique, et au final, un budget dont le déficit se réduit. Je l'avais dit, le déficit ne devra pas dépasser 5 %. En 2025, les deux gouvernements successifs ont tenu le déficit à 5,4 %, pardonnez-moi, et ce n'était pas facile, mais c'est fait. Cette année, nous serons à 5 % de déficit. Nous y arriverons. Et si la croissance est soutenue, et d'ailleurs, la stabilité politique y contribue, ce sera sans doute peut-être moins. La France tient ses engagements. La France est gouvernée. La France doit rester crédible dans un moment où, je l'avais dit dans cette cour lors de ma nomination par le président de la République, la vie politique intérieure ne peut ignorer et se décaler autant de la situation internationale et de ses nombreux dérèglements.

Nous sommes la France, il faut le redire, il n'est pas question de se laisser aller au déclin sans réagir et sans tout tenter. Pour conclure, je voudrais vous dire, à titre peut-être plus personnel, que je ressens une réelle déception, mais aussi de l'inquiétude à voir une partie de la classe politique préférer le blocage au travail, et une certaine tristesse à voir la vie parlementaire n'avoir fonctionné jusqu'au bout que pour un seul des deux textes budgétaires qui étaient proposés au débat. J'ai voulu une approche nouvelle. Je n'y renonce pas pour autant, même si la vie des partis politiques et des appétits liés à la prochaine campagne présidentielle ont parfois eu raison du bon sens et de la responsabilité. La mienne, en tout cas, est d'aller au bout de la mission qui m'a été confiée, donner un budget à la France, servir tout simplement son pays. Et pour tout cela, je vous en remercie.

Sébastien Lecornu, le 16 janvier 2026 à Paris.


Source : www.gouvernement.fr

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20260116-allocution-lecornu.html



 

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1 janvier 2026 4 01 /01 /janvier /2026 03:21

« Je serai, jusqu'à la dernière seconde, au travail, tâchant chaque jour d'être à la hauteur du mandat que vous m'avez confié, et je ferai tout pour que l'élection présidentielle [de 2027] se déroule le plus sereinement possible, en particulier à l'abri de toute ingérence étrangère. » (Emmanuel Macron, allocution télévisée du 31 décembre 2025).




 


Comme à chaque fin d'année depuis 2017, le Président de la République Emmanuel Macron a adressé (rituellement) ses vœux aux Français au cours d'une allocution télévisée le mercredi 31 décembre 2025 à 20 heures. On pourra toujours s'étonner de la grande audience de cette très courte intervention publique du Président (seulement dix minutes cette fois-ci) alors que l'heure était plutôt à la préparation de la fête amicale où la politique avait peu de place sinon peu de droits. Toutefois, 8 millions de téléspectateurs ont quand même écouté Emmanuel Macron en direct à la télévision.

Que dire aux Français lorsqu'on est impuissant ? Impuissant en politique intérieure parce qu'il n'existe aucune majorité parlementaire, et impuissant en politique étrangère parce que les situations graves et complexes sont multiples et les forces d'unité beaucoup plus faibles que les divisions dans une communauté internationale hétérogène.


À l'évidence, Emmanuel Macron a adopté le ton mitterrandien. Son lointain prédécesseur François Mitterrand excellait, lui aussi, dans l'art du verbe pour s'adresser au peuple. J'en veux pour preuve cette pensée prioritaire pour les plus défavorisés, pensée qu'exprimait régulièrement François Mitterrand : « J'ai une pensée en votre nom à tous, pour celles et ceux qui sont seuls, malades, dans l'épreuve ou le dénuement. Je sais comme la situation est difficile pour beaucoup d'entre vous, placés devant des souffrances personnelles et les malheurs de la vie, et je veux vous dire notre soutien et notre affection. ».

Au contraire de
ses vœux du 31 décembre 2024, où il s'était aventuré imprudemment dans un engagement assez incertain (redonner la parole aux Français sans préciser la méthode), Emmanuel Macron, concrètement, n'a fait aucune annonce politique. Toutefois, il a lancé quelques messages, un peu comme une bouteille à la mer.

Le premier message, c'est que, malgré le climat de dénigrement permanent, la situation de la France n'est pas catastrophique, la croissance est plus forte que prévue, l'inflation est parmi les plus basses d'Europe, etc. En clair : « Grâce à l'engagement de tous, grâce à vous, nous tenons. Oui, notre pays tient. Fort de ses institutions, de ses services publics, fort de ses armées qui sont les plus efficaces d'Europe, par l'engagement de ses soldats. Fort de notre économie, où jamais autant de Français n'ont eu un emploi, où la croissance se tient et où notre inflation est l'une des plus faibles de la zone euro. Fort de notre recherche, de notre excellence académique, de nos initiatives diplomatiques aussi, qu'il s'agisse de celles prises pour la paix, le climat ou nos océans. ».


Cependant, et c'était son deuxième message, il n'y avait pas à crier victoire car, parallèlement, la situation restait grave tant sur le plan intérieur que sur le plan international : « Nul n'est aveugle sur les désordres du monde et nos propres failles. ».

À l'extérieur : « Notre monde est plus dur chaque jour. La guerre et l'instabilité continuent d'être là, au Proche et au Moyen-Orient, avec des conséquences sur nos économies, nos intérêts, parfois notre cohésion. Et la guerre continue de sévir sur le sol européen, avec une intensité particulière depuis que la Russie a décidé d'une nouvelle agression de l'Ukraine voilà bientôt quatre ans. Nous assistons au retour des empires, à la remise en cause de l'ordre international, un monde de guerres commerciales, de compétition technologique, souvent d'instabilité. ».

Mais aussi à l'intérieur : « Je vois aussi nos propres divisions, nos doutes, la solitude croissante qui existe dans la société, la baisse de notre natalité, l'insécurité, les difficultés de pouvoir d'achat. Je sais toutes les impatiences, parfois les colères, qui continuent d'exister dans le pays et je partage plusieurs d'entre elles. Ces urgences exigent des réponses. ».

Et, au-delà de faire le vœu de « bâtir des accords pour doter la Nation d'un budget », le Président de la République a proposé pour l'année 2026 une sorte de programme d'urgence qui serait plus cohérent si nous étions à la première année de son premier mandat : « Il faudra agir, soutenir nos agriculteurs face aux crises et les protéger de décisions qui peuvent menacer notre capacité à produire, comme notre sécurité alimentaire. Renforcer encore notre économie en simplifiant les règles pour nos entrepreneurs, comme pour nos agriculteurs. Persévérer dans nos efforts contre l'insécurité, contre toutes les formes d'incivilité, et mener sans relâche la lutte contre les trafics de drogue sous toutes leurs formes. Continuer à reprendre le contrôle de nos frontières françaises et européennes face à l'immigration illégale, poursuivre la formation de nos enseignants et donner les moyens à l'école comme au collège de mieux transmettre les savoirs fondamentaux, reconnaître les compétences de nos médecins en ville comme à l'hôpital, en simplifiant leur exercice et en leur permettant de davantage décider et d'organiser leur activité. Mettre en œuvre une décentralisation concrète et radicale, construite avec nos élus de terrain pour simplifier le fonctionnement du pays, faire des économies et répondre aussi, par là même, aux aspirations légitimes de la Corse et de plusieurs territoires d'Outre-mer. ».

Cela reste, dans la formulation, très vague (en particulier sur les moyens d'empêcher la signature du traité de libre-échange entre le Mercosur et l'Union Européenne), mais il ne pouvait pas être plus précis puisqu'il n'est pas à la tête du gouvernement : « Je sais le gouvernement à la tâche et le Premier Ministre déterminé à être utile au pays et je veux ce soir les en remercier sincèrement. ».

Toutefois, Emmanuel Macron a annoncé qu'il serait vigilant sur un certain nombre de réformes, et on peut aussi imaginer qu'il a pris, pour cela, comme modèle son moins lointain prédécesseur Jacques Chirac qui, le 14 juillet 2002, avait défini des sujets de réformes importantes qui n'étaient pas tributaires des postures idéologiques ou électoralistes de la classe politique, notamment la lutte contre le cancer, l'insertion des personnes à situation de handicap dans la société et la sécurité routière.

Pour Emmanuel Macron, ces sujets qu'il voudrait voir aboutir en 2026 sont le service national, l'interdiction des réseaux sociaux pour les enfants et adolescents, et l'euthanasie : « Je veillerai tout particulièrement à ce que plusieurs grands chantiers puissent aboutir. Nous verrons les premiers pas du service national pour l'engagement de nos jeunes, qui renforcera le lien entre nos armées et la Nation. Nous protégerons nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux et des écrans. Nous irons, enfin, au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité. ». Insistons sur le fait que l'expression "fin de vie dans la dignité" est malvenue, du moins maladroite, car personne n'est jamais indigne même si la fin de son existence est malmenée (d'une manière ou d'une autre) ; la dignité humaine est une caractéristique intrinsèque des humains et elle ne se discute pas.

Enfin, le troisième message était subliminal : Emmanuel Macron a rappelé qu'il ne pourrait pas participer à l'élection présidentielle de 2027 et surtout, qu'il continuerait à présider la France jusqu'à la dernière seconde (et tant pis pour ceux qui réfutent sa légitimité populaire en voulant écourter son mandat). Il s'efforcera que la campagne présidentielle « se déroule le plus sereinement possible, en particulier à l'abri de toute ingérence étrangère ».

 


Ensuite, le chef de l'État a formulé trois vœux pour les Français et la Nation.

Le premier vœu est un vœu d'unité : « Notre histoire nous enseigne que nous pouvons tout relever, tout affronter, si nous savons rester unis. N'oublions donc jamais que nos raisons de vivre ensemble sont chaque jour plus fortes que ce qui peut nous diviser, que les flots des urgences, des faits divers ou des mauvaises nouvelles. Notre unité suppose de lutter sans relâche contre l'antisémitisme, contre le racisme, contre toutes les formes de discrimination. Notre unité exige de reconnaître que chaque Française, chaque Français a un rôle à jouer pour relever les défis qui sont devant nous, que chacun d'entre nous est nécessaire et doit être encouragé et reconnu. Oui, dans notre vie de chaque jour, au fond, je nous souhaite plus de bienveillance et plus d'humanité. ».

Le deuxième vœu est un vœu d'indépendance : « Alors que la loi du plus fort tente de s'imposer dans les affaires du monde et que notre Europe est assaillie de toutes parts, nous devons défendre notre indépendance et nos libertés. Notre indépendance exige que nous continuions d'investir dans nos armées, dans nos forces de sécurité, dans nos services publics et notre économie malgré les difficultés financières. Depuis dix ans, j'ai beaucoup plaidé et nous avons beaucoup fait pour renforcer en Européens cette indépendance et il nous faut accélérer. L'Europe de la défense a longtemps été un débat, elle a commencé de se faire et en 2026, cela accélérera. (…) Osons être une vraie puissance qui assume une préférence européenne pour ses emplois, ses entreprises. Bâtissons une Europe indépendante dans l'industrie spatiale, le quantique ou l'intelligence artificielle. Il en va de notre prospérité en France comme en Europe. ».


Rappelons que c'est Emmanuel Macron qui a introduit, dès le début de son premier quinquennat, notamment lors de son discours du 26 septembre 2017 à la Sorbonne, le concept de souveraineté européenne qui est aujourd'hui repris par toute la classe politique française et aussi par tous les dirigeants européens : « La seule voie qui assure notre avenir (…), c’est la refondation d’une Europe souveraine, unie et démocratique. Ayons ensemble l’audace de frayer ce chemin. » (2017). À la Sorbonne, il avait également déclaré : « L’Europe seule peut, en un mot, assurer une souveraineté réelle, c’est-à-dire notre capacité à exister dans le monde actuel pour y défendre nos valeurs et nos intérêts. Il y a une souveraineté européenne à construire, et il y a nécessité de la construire. (...) Ce que l’Europe représente, nous ne pouvons pas le confier aveuglément, ni de l’autre côté de l’Atlantique, ni aux confins de l’Asie. C’est à nous de le défendre et de le construire dans cette mondialisation. » (2017).

Le troisième vœu du Président de la République est une sorte d'incantation à l'esprit positif, à l'optimisme : « Ne renonçons pas. Ne renonçons pas au progrès, encore possible à condition de le bâtir, de travailler dur, d'investir dans la durée et de reconnaître que les avancées véritables ne se font pas en un jour, mais qu'elles prennent parfois le temps d'une génération. Ne renonçons pas à réconcilier climat, biodiversité, croissance et indépendance. Ne renonçons pas aux grandes découvertes scientifiques, à l'amour de la science et de la recherche, aux succès économiques. Ne renonçons pas à la place de la lecture, du beau, de la culture. Ne renonçons pas chaque jour à être une nation plus solidaire, plus fraternelle. ».


Et de se mettre à espérer en une France plus solidaire, plus républicaine et plus constructive : « Au fond, je nous souhaite de résister à l'air du temps, tout simplement, car nous sommes français. Nous devons tenir bon sur ce que nous chérissons, l'humain, la paix, la liberté. Nous y arriverons. Alors, regardons devant et regardons loin, comme citoyens et comme Nation. ».

Oui, ces propos présidentiels pourraient être perçus comme incantatoires. Mais c'est son rôle, justement, de chef de la Nation, de formuler avec hauteur une vision d'avenir pour la France et l'Europe. Personne ne peut lui enlever cette légitimité nationale. S'il ne l'avait pas fait, on le lui aurait reproché (de toute façon, en tant que chef des Français, on lui reproche tout et son contraire, car il est de la nature des Français de râler contre leurs chefs).

Mais en France, il n'y a pas que des râleurs ni que des dénigreurs. Heureusement ! Il y a aussi ceux qui font avancer le pays et le monde, ceux qui produisent et qui servent pour les consommateurs que nous sommes, ceux qui font progresser la science et la culture, ceux qui transmettent le savoir et les connaissances, ceux qui apportent l'aide indispensable aux plus démunis socialement et physiquement, ceux qui assurent la cohésion nationale et la solidarité, ceux qui nous protègent, la police, l'armée et la justice, et, enfin, ceux qui vont voter et parfois participer à la vie nationale ou locale au sein de ses institutions, pour la plupart par passion de l'engagement et avec dévouement et désintéressement. C'est de cette France-là qu'Emmanuel Macron souhaite renforcer l'assise et l'influence, celle qui tire les Français et pas celle qui tire sur les Français.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (31 décembre 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Vœux 2026 d'Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2025 à Paris (texte intégral et vidéo).
Narcotrafic : la drogue, est-ce (aussi) la faute des consommateurs ?
Le 11 Novembre et le régalien.
La France reconnaît l'État de Palestine aux Nations-Unies.
Démission, destitution... Emmanuel Macron peut-il écourter son second mandat présidentiel ?
François Bayrou tend la main à toutes les forces politiques.
L'engagement total d'Emmanuel Macron.
La femme du Président.
Reconnaissance de l'État palestinien : a-t-on le droit de bousculer ses amis ?
Accord de Bougival : les félicitations d'Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron veut une France militairement puissante.
Discours du Président Emmanuel Macron aux armées le 13 juillet 2025 à Paris (vidéo et texte intégral).
Présentation du général Thierry Burkhard, chef d'état-majoir des armées le 11 juillet 2025 à Paris (vidéo).
Accord de Bougival : les félicitations d'Emmanuel Macron.
Discours du Président Emmanuel Macron sur la Nouvelle-Calédonie le 12 juillet 2025 à l'Élysée (vidéo et texte intégral).

Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 13 juin 2025 à l'Élysée (vidéo et texte intégral).
Emmanuel Macron à la télévision : Mélanie avant l'Urgence Océan.
Mélanie, la douceur incarnée.
Il y a un an, la dissolution !
Emmanuel Macron : qu'allait-il faire dans cette galère ?
Interview du Président Emmanuel Macron le mardi 13 mai 2025 sur TF1 (vidéo).
Emmanuel Macron à l'initiative pour la paix en Ukraine.
Emmanuel Macron, le référendum et les Français.
Emmanuel Macron veut-il influencer l'élection du nouveau pape ?
Budget 2026 : François Bayrou promet-il du sang et des larmes ?
Discours du Premier Ministre François Bayrou le 15 avril 2025 à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron sur le front du commerce international.
Discours du Président Emmanuel Macron sur les taxes douanières américaines le 3 avril 2025 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron : la patrie a besoin de vous !
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 mars 2025 (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron à la télévision le dimanche soir !
Interview du Président Emmanuel Macron le dimanche 9 février 2025 sur France 2 (vidéo).
Vœux 2025 d'Emmanuel Macron : aux Français de trancher ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2024 à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron face à ses choix.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 décembre 2024 (texte intégral).
Emmanuel Macron et les joyeux JO.
Interview du Président Emmanuel Macron le 23 juillet 2024 sur France 2 (vidéo intégrale).
Lettre aux Français par Emmanuel Macron le 10 juillet 2024 (texte intégral).
Emmanuel Macron et son n'ayez-pas-peur !
Interview d'Emmanuel Macron à Génération Do It Yourself le 24 juin 2024 (podcast intégral).
Lettre aux Français d'Emmanuel Macron le 23 juin 2024 (texte intégral).
Sidération institutionnelle.
Emmanuel Macron, haut et fort dans l'intérêt de la France et des Français.
Interview du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 sur TF1 et France 2 (vidéo intégrale).
Discours du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 en Normandie.
Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
Le souverainisme européen selon Emmanuel Macron : puissance, prospérité et humanisme.
Discours du Président Emmanuel Macron sur l'Europe le 25 avril 2024 à la Sorbonne à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron et son plan de relance de l’Europe (le26 septembre 2017 à la Sorbonne).
Texte intégral du discours d’Emmanuel Macron le 26 septembre 2017 à la Sorbonne.
Emmanuel Macron très gaullien à la télévision pour expliquer la gravité de la situation en Ukraine.
Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
Pour que la France reste la France !
Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 16 janvier 2024 à 20 heures 15 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
Gabriel Macron.
Tribune du Président Emmanuel Macron dans "Le Monde" du 29 décembre 2023.

Le gouvernement de Gabriel Attal sarkozysé.
Liste complète des membres du premier gouvernement de Gabriel Attal.
Cérémonie de passation des pouvoirs à Matignon le 9 janvier 2024 (texte intégral et vidéo).
Gabriel Attal plongé dans l'enfer de Matignon.
Élisabeth Borne remerciée !
Macron 2024 : bientôt le grand remplacement ...à Matignon ?
Vœux 2024 d'Emmanuel Macron : mes chers compatriotes, l’action n’est pas une option !






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20251231-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/voeux-2026-emmanuel-macron-rime-t-265670

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/12/31/article-sr-20251231-macron.html



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