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16 janvier 2024 2 16 /01 /janvier /2024 22:21

(verbatim et vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240116-macron.html



CONFÉRENCE DE PRESSE
DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EMMANUEL MACRON
LE 16 JANVIER 2024 À 20 HEURES 15 À L'ÉLYSÉE




Source : France 24





 

16 janvier 2024
Conférence de presse


Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,

Bienvenue dans cette maison.

Permettez-moi, avant toute chose, de vous souhaiter, à nouveau, une belle et heureuse année et de la souhaiter à nouveau à nos compatriotes qui nous suivent ce soir.

Je ne reviendrai pas, dans mon propos introductif, sur ce que j'ai pu évoquer des fiertés et des grands événements de l'année qui s'ouvre pour, donc, 2024 et que j'ai déjà détaillés le 31 décembre dernier ; ni sur les grands sujets de politique internationale ou les sujets les plus institutionnels. Nous pourrons y revenir dans le cadre des questions qui seront les vôtres.

Mais, après six ans et demi d'action au service des Français, j'ai tenu à vous retrouver en ce moment décisif pour dire au pays d'où nous venons et où nous allons.

Alors, d'où nous venons. Parce que ces dernières années, nous avons évidemment subi des crises, pandémies, retour de la guerre – j'y reviendrai – etc., mais nous avons collectivement cherché à suivre une ligne claire : libérer les énergies, protéger les Français, unir la nation. Et nous pouvons compter sur des forces retrouvées.

Des forces économiques et sociales. Nous avons créé plus de deux millions d'emplois, ouvert plus de 300 usines, réussi un chemin à la fois de création d'activité et de décarbonation de notre économie.

Force républicaine, aussi, de l'État, à retrouver, et de ceux qui les servent. Nous avons massivement réinvesti dans nos armées, pour nos policiers, nos gendarmes, pour notre justice, mais aussi pour notre école et notre santé, pour ne citer que quelques exemples. Ce qui fait qu'au moment où je vous parle, oui, nous sommes mieux armés qu'il y a six ans et demi.

Mais où allons-nous ? Et nous le vivons tous. Au fond, le monde d'hier est en train de s'effacer. L'ordre international, que nous connaissions, est bousculé. La guerre est revenue sur le sol européen avec l'agression russe en Ukraine, il y a près de deux ans maintenant. La guerre revient au Proche-Orient, avec les attaques terroristes du Hamas le 7 octobre dernier, qui a plongé toute la région dans la guerre.

Nous vivons, nous le savons aussi, la crise du modèle démocratique en France, en Europe et dans beaucoup d'autres pays. La crise climatique provoque les inquiétudes et pousse à des transitions qui divisent, parfois, nos pays, on le voit partout, là aussi, en Europe. Et l'irruption de nouvelles technologies bouleverse beaucoup de nos repères.

Pourtant, au moment où notre pays est à la fois menacé par les tensions du monde et ses divisions de l'intérieur que nous avons encore vécues ces derniers mois et sur lesquelles nous reviendrons peut-être, je suis convaincu que nous avons tous les atouts pour réussir. Convaincu que nous n'en avons pas fini avec notre histoire de progrès et que nos enfants vivront mieux demain que nous ne vivons aujourd'hui.

Et c'est pour faire face à ces défis et à ce moment très précis du mandat, que m'ont confié les Français, que j'ai voulu nommer un nouveau Gouvernement. Pourquoi ce Gouvernement le plus resserré et le plus jeune de l'Histoire de la Cinquième République ? Parce que cette époque de crise que je décris rapidement suppose avant tout audace, action et efficacité.

Dans les mois, dans les années à venir, se décidera le destin des prochaines générations. C'est tout l'enjeu. C'est tout notre défi. Voilà pourquoi nous sommes là. Voilà pourquoi démocrates, écologistes et républicains se rassemblent autour d'un même projet pour agir au service des Français, et, au fond, avec une ligne simple pour que la France reste la France, pour que la France demeure cette Nation de bon sens, de résistance et des Lumières.

Le Premier Ministre aura à détailler, dans les jours qui viennent, un travail avec les ministres de son Gouvernement, les forces politiques et tout particulièrement sa majorité au Parlement et les groupes aussi au Sénat, le calendrier de l'action qui est la sienne et il l’exposera lors de sa déclaration de politique générale.

Je veux ici essayer de dire le sens profond de cette action, rendre au fond la France plus forte et plus juste. C'est ça le combat des prochaines années, et au-delà, dans lequel nous devons conduire la France pour les décennies qui viennent.

La France sera plus forte dans ce monde de bouleversements si nous sommes d'abord plus unis si nous réapprenons à partager des valeurs, une culture commune, le sens du respect dans les salles de classe, dans la rue, dans les transports comme dans les commerces.

C'est pourquoi, comme je l'ai indiqué le 31 décembre dernier lors de mes vœux, nous engagerons un réarmement civique. Chaque génération de Français doit apprendre ce que la République veut dire : une histoire, des devoirs, des droits, une langue, un imaginaire, le sens profond du respect et de l'engagement, et cela dès l'enfance, en renforçant le soutien et l'exigence vis-à-vis des parents, en reprenant aussi le contrôle de nos écrans qui, trop souvent, enferment là où ils devraient libérer. Sur la base de recommandations que feront les experts que j'ai réunis la semaine dernière, nous déterminerons le bon usage des écrans pour nos enfants dans les familles, à la maison comme en classe, parce qu'il en va de l'avenir de nos sociétés et de nos démocraties.

À l'école ensuite. Depuis 2017, nous avons entamé un choc des savoirs, le retour des fondamentaux, l'enseignement, le dédoublement des classes. Et nous allons le poursuivre avec des maîtres mieux formés, mieux payés, une rénovation des programmes, des évaluations dans chaque niveau dès la rentrée 2024. L'instruction civique sera refondée, son volume horaire sera doublé, une heure par semaine dès la cinquième, avec en appui, les grands textes fondateurs de la Nation.

Et l'école, dans laquelle la confiance aussi se déploie, où on forge pleinement et on exprime les talents de chacun, doit donner une place à la culture et au sport. C'est pourquoi nous avons instauré la demi-heure de sport quotidienne en primaire et deux heures supplémentaires par semaine au collège.

Au-delà de cela, l'éducation artistique et culturelle, que nous avons déployée dans nos écoles depuis maintenant un peu plus de six ans, va se renforcer. Comme pour la musique et les arts plastiques, je souhaite que le théâtre devienne un passage obligé au collège dès la rentrée prochaine parce que cela donne confiance, cela apprend l'oralité, le contact aux grands textes. Et parce que la France est aussi une histoire, un patrimoine qui se transmet et qui unit, l'histoire de l'art retrouvera sa place à la rentrée prochaine au collège et au lycée.

La tenue unique, qui a donné lieu à tant de débats ces derniers mois dans notre pays, et qui efface les inégalités entre les familles en même temps qu'elle crée les conditions du respect, sera expérimentée dès cette année dans une centaine d'établissements, tous volontaires. Cette expérimentation sera évaluée méthodiquement et sur la base des résultats, s'ils sont concluants, nous la généraliserons en 2026. Nous instituerons dans chaque collège et dans chaque lycée, dès la fin de cette année, une cérémonie de remise des diplômes, rite républicain d'unité, de fierté et de reconnaissance.

La famille et l'école, au fond, pour faire des républicains en même temps que pour transmettre des savoirs.

Mais avoir une France plus forte, c'est aussi assurer l'ordre. L'ordre, en contrôlant mieux nos frontières, grâce aux textes que nous avons pu voter en France, comme ceux que nous avons votés au niveau européen et la poursuite aussi de ce que nous avons renforcé ces dernières années.

L'ordre en luttant contre les incivilités grâce à un doublement de la présence policière dans nos rues. C'est le cœur de la stratégie annoncée il y a quelques années à Roubaix par les emplois créés et les réformes conduites.

L'ordre en luttant contre la drogue qui, ces dernières années, ne se déploie pas simplement dans les grandes villes, mais dans des villes moyennes, qui la connaissaient moins. Parfois même dans des villages. Grâce à la multiplication des opérations « place nette » frappant les narcotrafiquants qui se conduiront dans toutes les catégories de ville et nous allons accroître le rythme. À partir de la semaine prochaine, dix opérations de ce type seront conduites chaque semaine.

L’ordre, en luttant aussi contre l’islam radical, en appliquant méthodiquement la loi que nous avons votée il y a maintenant un peu plus de deux ans qui nous a permis de fermer des associations, des établissements qui ne respectaient pas les règles de la République, qui nous a permis aussi de mettre fin depuis le 1ᵉʳ janvier au système des imams détachés. Nous tiendrons cette ligne de fermeté républicaine.

La France sera plus forte aussi si elle produit davantage.

La pandémie a montré que, pour nombre de biens essentiels, les médicaments par exemple, nous défendions trop souvent de l'étranger et les solutions technologiques de demain, en particulier pour la croissance verte ou le numérique, risquent d'être produites dans d'autres continents que le nôtre.

C'est pourquoi nous devons accélérer dans le réarmement académique, scientifique, technologique, industriel et agricole, déjà largement engagé grâce aux réformes conduites depuis six ans, grâce au Plan de relance, puis au programme France 2030. Là encore, c'est un choix d'indépendance : ne plus compter sur les autres puissances pour réécrire notre histoire, produire l'intelligence dans nos universités, notre énergie dans nos centrales nucléaires et dans nos installations de renouvelables, notre alimentation dans nos fermes, nos biens de consommation décarbonée dans nos usines en Français et en Européens. Et c'est possible.

Nous avons déjà beaucoup fait et nous ferons beaucoup plus.

D'abord, nous poursuivons les investissements commencés, les réformes engagées. Mais je souhaite que nous puissions accélérer car le monde est en train d'accélérer.

Regardez la Chine ou les États-Unis d'Amérique. Sur ces technologies, ils vont beaucoup plus vite que nous, Européens et Français. Pour cela, nous mettrons fin aux normes inutiles. Il y a encore trop de complexités qui découragent les entrepreneurs, les industriels, les commerçants, les agriculteurs, les artisans, les maires. Ceux qui font ces complexités, bien souvent, protègent des rentes, des statuts, des situations établies et nous ne pouvons plus nous le permettre.

C'est pourquoi je demande au Gouvernement de supprimer des normes, réduire les délais, faciliter encore les embauches, augmenter tous les seuils de déclenchement d'obligation. C'est au fond la France du bon sens, plutôt que la France des tracas, vieilles antiennes, diront certains ! Je crois effectivement qu'en la matière, nous avons eu trop de tabous.

C'est pourquoi je demande au Gouvernement de porter un acte II d'une loi pour la croissance, l'activité et les opportunités économiques pour permettre de libérer davantage encore ceux qui font, qui innovent, qui osent, qui travaillent. Produire plus, innover davantage, aller plus vite.

Ceci et cette indépendance par le travail et la production, nous pourrons le faire aussi parce que plus de Français travailleront.

C'est le sens d'ailleurs de beaucoup de réformes conduites l'année dernière, même quand elles étaient impopulaires. Mais nous le savons tous, notre pays, encore aujourd'hui, manque de travailleurs dans les fermes, dans nos restaurants, chez nos artisans pour aider les personnes âgées ou les personnes handicapées chez eux. C'est une réalité. Et il risque de manquer demain de travailleurs dans les métiers que nous sommes en train de créer, du nucléaire jusqu'au numérique et à beaucoup d'autres.

Pour mettre fin à cette anomalie, nous devons former davantage selon les besoins de la Nation. Nous avons commencé ce travail avec la réforme du lycée professionnel, de nos universités. Cet effort, nous accélérons cette année et jusqu'à la rentrée prochaine.

Le Gouvernement incitera aussi à la création et la reprise d'un emploi avec, dès le printemps prochain, un acte II de la réforme du marché du travail lancée en 2017, c'est-à-dire des règles plus sévères quand des offres d'emploi sont refusées et un meilleur accompagnement de nos chômeurs par la formation, mais aussi l'accompagnement à l'emploi sur des choses très concrètes comme le logement ou les transports, ceci pour atteindre le plein emploi.

La France sera plus forte si elle retrouve son indépendance financière. Nous avons beaucoup dépensé pendant la crise Covid, nous le savons tous. Et j'assume ces dépenses parce qu'elles ont surtout protégé nos capacités de production, et une reprise très rapide, et les chiffres sont là pour le montrer.

Mais retrouver notre indépendance financière, c'est d'abord et avant tout créer plus de richesse. Je vais vous donner un chiffre très simple : si la France avait le taux d'activité, le taux d'emploi de l'Allemagne, nous n'aurions pas de problème de finances publiques. Et donc, le cœur de la bataille budgétaire, c'est une bataille pour l'activité et la création d'emplois et de richesses. Et à côté de cela, le Gouvernement réussit à bâtir une ambitieuse revue des dépenses pendant ce semestre, une vraie réforme de l'État pour dégager aussi de l'efficacité dans nos dépenses publiques.

La France sera plus forte car elle dépendra encore moins de l'étranger pour son énergie grâce à davantage de nucléaire et d'énergies renouvelables — le programme que nous allons accélérer, j'y reviendrai, au mois de juin — et sera armée face aux aléas du changement climatique.

Nos compatriotes à La Réunion, dans le Pas-de-Calais, mais il y a quelques mois en Bretagne ou en Normandie, l'ont encore vécu. On sait bien que nous devons réduire nos fragilités face aux tempêtes, aux incendies, aussi aux canicules et aux sécheresses, et ceci avec un plan d'adaptation et de résilience sur notre territoire, bâti avec nos maires, nos élus locaux, en métropole comme dans nos outre-mer.

Notre France sera aussi plus forte par la relance de sa natalité.

Nous étions, jusqu'à récemment, un pays dont c'était la force, sans doute la singularité en Europe quand on se comparait aux voisins, et c'est moins vrai depuis quelques années. Alors il y a derrière cela des angoisses qui vont avec la société, peut-être des choix pris jadis sur certains sujets financiers. Il appartiendra au Gouvernement de poursuivre ce travail, mais je voudrais insister sur deux points pour essayer d'améliorer les choses.

Après l'allongement du congé paternité, je crois profondément que la mise en place d'un nouveau congé de naissance sera un élément utile dans une telle stratégie, congé de naissance qui viendra remplacer le congé parental actuel. D'abord, il sera mieux rémunéré et permettra aux deux parents d'être auprès de leur enfant pendant six mois s'ils le souhaitent. Mais surtout, il sera plus court que le congé parental actuel qui peut parfois aller jusqu'à trois ans et qui éloigne beaucoup de femmes du marché du travail, mais qui aussi crée beaucoup d'angoisse parce qu'il est extrêmement peu et mal rémunéré et donc crée des situations parfois impossibles.

La natalité baisse aussi parce que l'infertilité progresse.

Et je parle là d'une forme de tabou du siècle, mais les mœurs changent, on fait des enfants de plus en plus tard. L'infertilité masculine, comme féminine, a beaucoup progressé ces dernières années et fait souffrir beaucoup de couples. Un grand plan de lutte contre ce fléau sera engagé pour permettre justement ce réarmement démographique.

Enfin, la France sera plus forte parce que l'Europe sera plus puissante. Je n'ai jamais opposé ces deux notions. Je les défends même comme des complémentarités. Nous avons beaucoup fait ces dernières années pour une Europe de la santé, une Europe de la défense, une Europe des technologies et des grands programmes, avec des vrais résultats. Et on pourra y revenir si vous le souhaitez. Nous devons encore aller plus loin sur ce sujet. Les élections européennes seront un rendez-vous et un moment de vérité. Mais, je crois profondément que, dans ce dérèglement que j'évoquais, une Europe plus puissante, plus unie, plus souveraine est un élément de réponse indispensable pour notre pays.

La France sera plus forte grâce à ces objectifs et quelques-unes des actions que je viens ici d'esquisser. Et c'est grâce à cela qu'elle pourra aussi être plus juste.

La première des injustices, je l'ai à plusieurs reprises évoquée, c'est, et cela reste, malheureusement, celle du déterminisme social et familial.

Nous n'avons pas les mêmes chances, et je dois reconnaître avec honnêteté, qu'après six ans et demi à l'endroit où les Français m'ont mis, nous avons amélioré des choses, mais nous ne les avons pas radicalement changées. C'est-à-dire que l'avenir des enfants de la République reste encore par trop déterminé par le nom de famille, l'endroit où l'on est né, le milieu auquel on appartient. C'est la pire des injustices, l'inégalité de départ.

La promesse républicaine, c'est celle de l'égalité des chances. Et au fond, je veux qu'on mette fin à cette France du « ceci n'est pas pour moi » ou « ceci n'est pas pour toi », de ces enfants qui continuent à se dire que, parce qu'ils viennent de ce quartier, qu'ils ont ce nom, l'accès à telle formation ou tel diplôme, l'accès à la culture, ne leur est pas dû, n'est pas un droit pour eux. Ça existe, c'est une réalité.

Et aussi longtemps que ça existe, ça vient éroder l'adhésion à la promesse républicaine, et tout ce que je viens de vous dire sur l'ordre ne sera pas possible. Tout ce que je viens de vous dire sur la force sera aussi affaibli. Vous retrouverez une forme de « en même temps » qui est familier, mais qui n'est pas une faiblesse, qui est une double radicalité, qui n'est pas une ambiguïté, qui est une double ambition.

Car, et c'est vrai depuis le début de notre Troisième République, l'ordre va avec le progrès, l'autorité va avec l'émancipation. Indissociables. Et donc oui, la réponse à cela, c'est l'école, l'école, l'école. Là aussi. Continuer le travail commencé avec encore plus de force auprès des enfants les plus en difficulté, systématiser les devoirs faits au collège, en particulier dans les endroits les plus en difficulté, c'est indispensable. Travailler sur les vacances et le temps scolaire. Le Premier Ministre, naguère ministre de l'Éducation nationale, avait commencé ce travail pour décaler les examens, parce que les vacances longues sont un élément d'injustice sociale. Et commencer aussi, dès la cinquième, à l'accompagnement à l'orientation, qui est un élément absolument décisif d'une plus grande égalité. Et c'est tout ce que nous allons conduire au collège, au lycée et au premier cycle universitaire avec les ministres qui sont maintenant en charge de ces sujets.

C’est aussi ce travail que je veux continuer par un meilleur accès à la culture et qui sera au cœur du mandat de la ministre, faire en sorte que, d’où qu’on vienne, des quartiers populaires, urbains, à notre ruralité, on puisse avoir accès à la culture dès l’école et après.

La deuxième injustice fondamentale, c’est que l’effort et le mérite ne sont pas suffisamment reconnus. Je crois dans cette France, en effet, du travail et du mérite. Et si nous avons déjà beaucoup fait pour que le travail paie mieux que l'inactivité, on pourra y revenir, on a substantiellement fait. Et nous sommes sans doute le pays d'Europe où le pouvoir d'achat des travailleurs et des travailleurs les plus modestes a le plus progressé ces cinq dernières années, malgré l'inflation. Ce n'est pas assez. Et au fond, il y a ce que j'appellerai une France de l'angle mort. C’est tous nos compatriotes qui gagnent déjà trop pour être aidés et pas assez pour bien vivre. C'est la France populaire, la France des classes moyennes, la France qui dit « quand vous proposez quelque chose, ce n'est jamais pour moi ». Et pourtant c'est celle qui tient le pays.

Et donc, au cœur du mandat du Gouvernement, je souhaite qu'il y ait justement un travail ardent pour aller plus loin, pour reconnaître cela, pour donner plus de dynamique aux carrières, pour permettre de mieux gagner sa vie par le travail, avec l'adaptation de nos dispositifs fiscaux et sociaux, mais aussi avec des négociations dans certaines branches pour que la dynamique salariale soit au rendez-vous des efforts.

Il en va de même pour nos fonctionnaires pour lesquels le principal critère d'avancement et de rémunération devra être, à côté de l'ancienneté, également le mérite, en tout cas bien davantage qu'aujourd'hui. Ce sera au cœur d'une réforme qui va commencer dans les prochaines semaines.

Une France plus juste, c'est aussi une France qui sait accompagner les transitions qui sont à l'œuvre. Je le disais, beaucoup des changements qui sont en cours et on le voit partout en Europe, nourrissent de l'inquiétude. Parce que si nous ne prenons pas garde, et la France l'a vécu avec la crise que nous avons traversée ensemble des gilets jaunes, ces transitions sont injustes. Elles frappent encore plus ceux qui sont dans la difficulté, ceux qui ont déjà à peine les moyens de vivre de leur travail, qui sont souvent dans les logements les moins bien isolés, qui, par nécessité, sont obligés de rouler dans des véhicules individuels qui sont parfois encore les plus polluants. Il ne s'agit pas de stigmatiser cette France-là, au contraire, il faut l'aider à la transition.

C’est ça, l'écologie à la française. C'est une écologie de justice et de souveraineté. Et donc, nous allons accroître dans les prochains mois d'abord l'accompagnement de nos agriculteurs pour les aider justement à améliorer leurs pratiques, jamais en les laissant sans solution : simplification, accompagnement et investissement.

Accompagner les Français en investissant dans les transports en commun, en les aidant par le bonus écologique, mais aussi le leasing social pour la voiture à 100 euros, à changer de véhicule et à les accompagner encore davantage et de manière plus simple pour rénover leur logement. Faire de la transition écologique une transition juste.

La France plus juste, enfin, c'est celle qui accompagne chacun grâce à nos services publics. En la matière, beaucoup de Français ont le sentiment légitime de ne pas en avoir pour leur argent, si je puis dire. Pas de médecins disponibles lorsqu’ils sont malades, pas d'agents au bout du fil quand ils font une démarche, des délais trop longs dans les papiers d'identité et parfois même le sentiment que ça fonctionne, surtout pour ceux qui ont des passe-droits.

Lors de mon premier quinquennat, nous avons beaucoup fait sur ce sujet. On a réinvesti, on a déconcentré beaucoup de services publics, on a recréé des sous-préfectures. Ce n'était pas arrivé depuis des décennies. On a rouvert des trésoreries sur le terrain, on a rouvert des brigades de gendarmerie. On vient encore d'enclencher un mouvement pour en rouvrir 200. J'avais fait une promesse ici-même, à la fin du grand débat, que dans chaque canton, il y ait une Maison France Services. Promesse tenue même dépassée : 2 700 maisons France Services existent aujourd'hui partout sur le terrain, ce qui place chacun d'entre nous à vingt minutes de l'une d'entre elles, quand on habite un quartier populaire en ruralité, dans les grandes villes.

Mais soyons lucides, nous n'y sommes pas encore parce qu'on est encore prisonnier sans doute de trop de tabous, de prêt à penser.

Je demande donc au Gouvernement de sortir, si je puis dire, des codes et des cases, d'envisager des solutions plus radicales, pour mettre fin à ce qui alimente ce sentiment de déclassement.

Solutions radicales pour mettre fin au scandale des déserts médicaux en simplifiant les règles venues d'en haut, en permettant d'adapter ces règles au terrain pour permettre des coordinations plus simples, en dégageant du temps aux médecins pour mieux travailler entre médecine de ville et hôpital avec aussi ce qu'on appelle les professions paramédicales. Ce sera au cœur du mandat de la ministre afin que chaque médecin, mais aussi paramédicaux, puisse voir plus de patients, mais aussi en assumant sur le terrain de régulariser nombre de médecins étrangers qui tiennent parfois à bout de bras nos services de soins et que nous laissons dans une précarité administrative qui est complètement inefficace.

Solutions radicales en taillant, enfin, dans le vif des dépenses inutiles, des doublons administratifs, du millefeuille comme on l'appelle, pour permettre un service plus efficace auprès des Français et des règles beaucoup plus simples et rapides par les simplifications que j'évoquais tout à l'heure.

Au fond, nous devons avoir la force, l'énergie dans ce moment, d'envisager ce que nous n'envisagions plus, d'oser ce que nous n'osons même plus penser, mais retrouver de l'audace.

Vous l'avez compris, il s'agit de faire preuve d'efficacité, de briser même certains tabous, de ne pas avoir peur de soulever certains mécontentements au service des Français. C'est bien sûr au gouvernement d'insuffler ce mouvement, et je sais qu'il ne ménagera ni son énergie ni son talent.

Mais chacun doit prendre sa part. L'État, bien sûr, doit être là pour accompagner, pour impulser, jamais pour entraver.

La force du mouvement réside aussi en chacun de nous. Nous avons besoin d'une France de l'engagement et de la mobilisation civile. Parce qu'être Français, c'est avant tout avoir des droits et des devoirs. C'est porter une certaine idée de notre Nation, de son histoire, de son ambition. C'est pourquoi je compte aussi sur l'engagement et la mobilisation de nos compatriotes en hexagone et dans nos outre-mer pour prendre leur part de cette mobilisation afin de rendre notre pays plus fort et plus juste et de relever les défis du temps.

Vous l'avez compris, je pense que beaucoup de choses sont possibles et je ne cède pas à l'esprit de résignation que je vois quand même à l'œuvre. Il y a beaucoup de choses qui nous inquiètent légitimement, parce que beaucoup de changements sont en cours, parce qu'on a vécu tant de crises.

Mais je crois que si nous savons travailler ardemment avec beaucoup de bon sens, d'efficacité, sans doute moins de lois, mais plus d'actions concrètes, avec une détermination sans faille, nous aurons des résultats au service à la fois du quotidien des Français, mais aussi pour préparer l'avenir de la Nation et cette France plus forte et plus juste : de l'audace, de l'efficacité, de l'action. C'est ce qui est demandé à ce nouveau gouvernement, ce à quoi je m'emploierai.

Maintenant, je vais répondre à toutes vos questions.

Emmanuel Macron, le 16 janvier 2024 à Paris.


Source : www.elysee.fr

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20240116-conference-de-presse-macron.html
 

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13 janvier 2024 6 13 /01 /janvier /2024 04:40

« Cela a été dit, ces dernières heures, j'ai pu le lire ou l'entendre : "le plus jeune Président de la République de l'histoire nomme le plus jeune Premier Ministre de l'histoire". Je ne veux y voir qu'un seul symbole : celui de l'audace et du mouvement. Le symbole aussi, et peut-être surtout de la confiance, celle accordée à la jeunesse, cette génération qui mérite que l'on se batte pour elle sans relâche. (…) Avec le Président de la République, j'aurai donc un objectif : garder le contrôle de notre destin et libérer notre potentiel français. » (Gabriel Attal, le 9 janvier 2024 à Matignon).




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En prenant ce titre court, synthétique, sobre, épuré, je voulais évoquer le nouveau couple au sommet de l'État, qui sort de l'ordinaire assurément. Et puis, j'ai eu un peu d'inquiétude, quelques scrupules, et, oui, j'avoue, j'ai googlisé et j'ai découvert plusieurs Gabriel Macron, un né en 1974, apparemment, dont je ne dirai rien car c'est sa vie et elle ne me regarde pas, et un autre, né en 2005, dont j'évoque juste un élément important (quand même), c'est le demi-frère du Président de la République. Alors, bien entendu, il ne s'agit pas d'eux, pas d'autres qui m'auraient échappé (je n'ai pas googlisé très longtemps), mais du tandem Gabriel Attal-Emmanuel Macron, bien sûr.

En 2017, on avait parlé, à tort finalement, du personnage Édouard Macron, parce que la nomination du député-maire LR du Havre, Édouard Philippe, proche de l'ancien Premier Ministre Alain Juppé et encore peu connu des Français, avait surpris le petit monde politique avec un début un peu maladroit : Emmanuel Macron avait prononcé un discours devant le Congrès de Versailles quelques heures avant le discours de la politique générale d'Édouard Philippe, de quoi rabaisser le Premier Ministre au rang de sous-collaborateur (j'avais évoqué Édouard Macron le 18 mai 2017 et même Édouard Macron II le 22 juin 2017).

On a bien compris par la suite qu'Édouard Philippe avait une existence politique "propre", indépendante d'Emmanuel Macron, au point que ce dernier l'a remercié alors qu'il prenait un peu trop de place dans le paysage politico-médiatico-sondagier. Un Premier Ministre est un fusible, pas un point de lumière.


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Aujourd'hui, on parle de "bébé Macron" pour évoquer Gabriel Attal, mais c'est une erreur, ou alors, un leurre : si, dans la Macronie, depuis 2017, il y a une personnalité qui est un politique, un vrai politique, c'est bien Gabriel Attal et il n'a pas attendu Emmanuel Macron pour faire de la politique (au sein du PS). Certains commentateurs le "rangent" comme un héritier de Nicolas Sarkozy. Oui, pourquoi pas ? Je dirais aussi de Manuel Valls ou de Jean-François Copé : des hommes volontaires, dynamiques, jeunes, ambitieux... et pressés. Mais un conseil des Grecs anciens, c'est : hâte-toi lentement !

Gabriel Attal est un talent, il est très doué pour la communication politique, et pour l'instant, il a fait un parcours sans faute : ses rares mois de Ministre de l'Éducation
nationale l'ont rendu très populaire alors qu'il n'a prononcé que quelques mots, mais les bons : abaya, autorité, redoublement, uniforme, etc. Quand j'écris "les bons", les bons pour se rendre populaire car être populaire, ce n'est jamais que faire du populisme raisonnable.


Mais sa quasi-perfection dans la communication politique ne s'adresse pas qu'à des électeurs potentiels, elle s'adresse aussi au Président de la République (il est resté pour l'instant toujours très loyal et respectueux, et le jeu consiste aujourd'hui à compter le nombre de fois qu'il l'a cité dans chacune de ses déclarations) ainsi qu'aux membres de la majorité présidentielle à l'Assemblée Nationale, ménageant toujours la chèvre (aile droite) et le chou (aile gauche).

Aujourd'hui, Gabriel Attal devra bien sûr faire ses preuves comme chef du gouvernement. Premier Ministre, il l'est sur le papier mais son autorité va devoir être respectée, notamment par les deux grands barons de la Macronie que sont Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, qui, tous les deux, auraient rêvé de Matignon, et paradoxalement, ce respect s'imposera à eux dès lors que Gabriel Attal s'écartera lui-même des chemins proposés par Emmanuel Macron en esquissant le sien propre. Car de vision, il en manque encore, il jette quelques mots (autorité, lutte contre la pauvreté, défense des classes moyennes, etc.) mais cela n'en fait pas une vision pour la Nation.

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La vision, pour l'instant, est définie à l'Élysée. On distingue ainsi Gabriel Attal, capable de parler aux gens du peuple, avec des mots simples, d'Emmanuel Macron qui s'exprime avec une pensée beaucoup plus complexe, voire trop complexe, avec des mots difficiles dont les concepts sont rarement définis. Alors, Gabriel Attal, traducteur du Président ? Après tout, il a déjà été porte-parole. Ce qui semble se dessiner pour la semaine prochaine, en début de semaine, c'est une intervention du chef de l'État suivie du discours de politique générale du Premier Ministre, le même schéma qu'au début du mois de juillet 2017 avec Édouard Philippe.


Pour l'heure, j'écrivais, la vision est définie à l'Élysée. Emmanuel Macron avait justement écrit une tribune intéressante dans "Le Monde" du 29 décembre 2023 pour exprimer ses priorités nationales et internationales. Elle est passée quasi-inaperçue, mais la forme un peu ardue d'un texte assez long, qui plus est entre Noël et le Nouvel An avec en plus ses propres vœux adressés à la Nation deux jours plus tard, était faite pour que ce texte passât inaperçu.

Cette tribune, qui reprend le fameux "en même temps, commençait ainsi : « La poursuite de la guerre en Ukraine et la situation au Proche-Orient après l’attaque terroriste du Hamas et les bombardements à Gaza ne doivent pas nous faire dévier des priorités qui sont les nôtres : réduire nos émissions de dioxyde de carbone (CO
2), viser la neutralité carbone en 2050, sauver notre biodiversité et lutter contre la pauvreté et les inégalités. C’est cette doctrine que nous déclinons à l’international, à travers le Pacte de Paris pour les peuples et la planète et les sommets One Planet. La clé de voûte de cette stratégie, c’est que nous devons accélérer en même temps sur le plan de la transition écologique et sur celui de la lutte contre la pauvreté, car aucun pays n’acceptera de placer sa population dans l’impasse sociale et économique pour protéger la planète. ».

Ainsi, il proposait sept lignes d'horizon pour atteindre cet objectif ambitieux à la fois écologique et social, dont la principale pour les pays riches serait la sortie définitive du charbon en 2030, du pétrole en 2045 et du gaz en 2050. Sera-t-il à la hauteur de tels défis ? C'est toute la question qui se pose pour Gabriel Attal dont la mission serait avant tout de faire exploser en plein vol la fusée RN d'ici à 2027...


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (12 janvier 2024)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Gabriel Macron.
Tribune du Président Emmanuel Macron dans "Le Monde" du 29 décembre 2023.

Le gouvernement de Gabriel Attal sarkozysé.
Liste complète des membres du premier gouvernement de Gabriel Attal.
Cérémonie de passation des pouvoirs à Matignon le 9 janvier 2024 (texte intégral et vidéo).
Gabriel Attal plongé dans l'enfer de Matignon.
Élisabeth Borne remerciée !
Macron 2024 : bientôt le grand remplacement ...à Matignon ?
Vœux 2024 d'Emmanuel Macron : mes chers compatriotes, l’action n’est pas une option !

_yartiGabrielMacron06






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240112-gabriel-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/gabriel-macron-252511

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2024/01/12/40172109.html







 

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2 janvier 2024 2 02 /01 /janvier /2024 04:42

« La France c’est une culture, une Histoire, une langue, des valeurs universelles qui s’apprennent dès le plus jeune âge. À chaque génération. » (Emmanuel Macron, le 31 décembre 2023).




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Comme à chaque veille de Nouvel An, le Président de la République, au cours d'une courte allocution télévisée, adresse ses vœux et sa vision pour l'année nouvelle. Cela dure au moins depuis De Gaulle, et Emmanuel Macron, ce dimanche 31 décembre 2023 à 20 heures, n'a pas dérogé à la tradition (qu'aurait-on dit s'il ne l'avait pas fait ?).

Bien sûr, les Français sont peu attentifs au message présidentiel alors qu'ils s'apprêtent, du moins pour certains d'entre eux, à réveillonner, et donc, comme toujours, il ne s'agit pas d'un message d'annonces et de nouveautés, mais plutôt des rappels sur l'année 2023 et l'année 2024.

Pas étonnant, dans ce cas, que les premières pensées élyséennes vont à la guerre en Ukraine et au conflit entre Israël et le Hamas, et s'il a évoqué les victimes de Gaza avant celles du massacre du 7 octobre 2023, il a rappelé que dans ce massacre, 41 ressortissants français ont péri et d'autres Français sont encore retenus en otages par les terroristes du Hamas.

_yartiMacron2023123102

L'exercice des vœux est ardu car beaucoup de Français considèrent que leurs conditions sont insatisfaisantes et attendent beaucoup du pouvoir en place. Montrer alors que tout va bien et que l'année suivante sera encore meilleure est aussi caricaturale que de dénigrer sans arrêt son pays comme le font en sport national beaucoup de nos compatriotes, et pas des plus bienveillants.


Ainsi, Emmanuel Macron a déclaré : « Il y eut bien sûr des moments heureux, des moments de fierté, mais je sais combien la peur du retour de la guerre, du déclassement, de la perte de contrôle sont bien là. Pourtant, je suis convaincu, et ce n’est pas un faux optimisme, que dans ce contexte de crises peut naître le meilleur. (…) L’année 2024 doit avant tout être une année de détermination. Agir, agir encore, dans l’intérêt de la Nation. (…) L’action est notre devoir pour les générations futures. Voilà pourquoi je serai inlassablement du côté de ceux qui agissent au service du pays et jamais de ceux qui, refusant de vous dire la réalité pour justifier de ne rien faire, à la fin nous affaiblissent. Jamais du côté de ceux qui privilégient les calculs électoraux les petits arrangements ou leurs intérêts personnels. (…) À nous de faire ensemble. À nous de choisir plutôt que de subir, à nous de tracer la route plutôt que de suivre. ».

De là à faire un bilan teinté d'un tantinet d'autosatisfaction qui se focalise pourtant sur les faits. Pourquoi ne pas parader à propos de la réforme des retraites : « Certaines, comme la réforme des retraites, étaient, je le sais, impopulaires. Je les assume car je m’y étais engagé et elles étaient nécessaires au pays. Tous ces mois passés ont donc été bien loin de l’impuissance qu’on nous prédisait, et c’est heureux. Et je veux ici tout particulièrement en remercier la Première Ministre et son gouvernement. » ?

Ces remerciements à Élisabeth Borne ont aussi leur utilité, reconnaître son mérite et couper court aux nombreuses rumeurs, récurrentes, de son éviction dans les jours prochains (le verdict dans le procès du ministre Olivier Dussopt pourrait précipiter la décision).

Du reste, l'énumération de son bilan de l'année 2023 a une vocation, celle de marteler qu'il n'est pas inactif et qu'il fera de son deuxième mandat un mandat utile à la France : « C’est pourquoi, je n’ai cessé de suivre la même logique : agir avec détermination et constance pour aujourd’hui et pour demain. Depuis sept ans, là où vous m’avez placé, je tâche de rendre la France plus forte et plus juste, de libérer, protéger, unir. Tel est le cap et nous le tenons. (…) En 2023, nous avons agi, agi au service de l’objectif de réindustrialisation et de plein-emploi, dont les premiers résultats sont là. Les retraites, l’assurance chômage, la relance de nos industries vertes, l’accélération de France 2030, la refondation du lycée professionnel, la réforme de Pôle emploi et du revenu de solidarité active, la réforme du marché européen de l’électricité : toutes ces grandes transformations ont été décidées, votées, et ont commencé à entrer en vigueur cette année. Et nous avons continué cette année de créer des emplois, tout en réduisant encore plus rapidement nos émissions de gaz à effet de serre, conformément à nos engagements. Ceci prouve que vous êtes au rendez-vous de la mobilisation. Grâce à ce réarmement économique, nous continuons d’être en mesure de financer notre modèle social, de nous protéger contre les crises ou l’inflation mais aussi d’investir pour réarmer nos services publics. Et c’est ce que nous avons fait. ».


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Parmi les chantiers de 2024, l'éducation et le civisme, la lutte contre la délinquance, la transition écologique, l'investissement dans les technologies de l'avenir avec cette formule pour la dernière phrase : « Nous devrons tout faire pour atteindre notre ambition de plein-emploi, continuer d’innover, mais aussi d’attirer les talents comme les entreprises et produire davantage en France. Ainsi, nous nous engagerons l’année prochaine dans des grands chantiers de pointe, du nucléaire à l’intelligence artificielle ou aux transports. Pour qu’en 2027 nous ayons dix ans d’avance là où en 2017, nous avions dix ans de retard. ».


Emmanuel Macron a aussi donné les perspectives de 2024 : les élections européennes (en citant le regretté Jacques Delors), véritable choix de société ; la réouverture de Notre-Dame de Paris le 8 décembre 2024 ; les Jeux Olympiques et Paralympiques, le 80e anniversaire de la Libération (ayons une pensée pour Claude Bloch), le Sommet de la Francophonie à Villers-Cotterêts, etc.

Il a résumé ainsi les manifestations qui feront de la France un acteur important de cette année : « Oui, 2024 sera vous l’avez compris un millésime français. Parce que c’est une fois par décennie que l’on commémore avec cette ampleur notre Libération. C’est une fois par siècle que l’on accueille les Jeux Olympiques et Paralympiques. Et c’est une fois par millénaire que l’on rebâtit une cathédrale. C’est une fois par génération que le destin de la suivante se joue comme sans doute il se joue maintenant. ».


Rien de nouveau donc dans cette allocution des vœux, mais l'annonce surtout d'une "surprise du chef" déjà évoquée de l'émission du 20 décembre 2023 sur France 5 : « 2024, année de la détermination, de l’efficacité des résultats. Et j’aurai l’occasion dans les semaines qui viennent de vous dire comment notre Nation relèvera ces défis. ». Pour l'instant, le secret est bien gardé...


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (31 décembre 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Vœux 2024 d'Emmanuel Macron : mes chers compatriotes, l’action n’est pas une option !
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2023 à Paris (texte intégral et vidéo).
Loi Immigration : le service après-vente d'Emmanuel Macron.

Le rappel très ferme d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme.
Lettre aux Français du Président Emmanuel Macron le 12 novembre 2023 (texte intégral).
Discours du Président Emmanuel Macron le 8 novembre 2023 au Grand Orient de France (texte intégral et vidéo).

Emmanuel Macron participera-t-il à la grande marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023 ?
Quel est le bilan de la visite d'Emmanuel Macron au Proche-Orient ?
Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il en Israël ce mardi 24 octobre 2023 ?
Horreur en Israël : les points sur les i de Gérard Larcher et Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 12 octobre 2023 (vidéo et texte intégral).
Les propositions constitutionnelles d'Emmanuel Macron.
Discours du Président Emmanuel Macron le 4 octobre 2023 sur la Constitution de la Cinquième République (texte intégral et vidéo).
L'autonomie de la Corse ?
Discours du Président Emmanuel Macron le 28 septembre 2023 à Ajaccio sur le statut de la Corse (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron : bâtir une écologie à la française.
Discours du Président Emmanuel Macron le 25 septembre 2023 sur la planification écologique (texte intégral et vidéo).
J'y veillerai personnellement !
Interview du Président Emmanuel Macron le 24 septembre 2023 à 20 heures sur TF1 et France 2 (vidéo).
Charles III accueilli par Emmanuel Macron.
Der Spiegel : "La France, c'est l'Allemagne en mieux".
Les Rencontres de Saint-Denis : une innovation institutionnelle d'Emmanuel Macron.
La France Unie soutient l'Ukraine !
Décalage.
Interview du Président Emmanuel Macron le 24 juillet 2023 à 13 heures sur TF1 et France 2 (vidéo).

Emmanuel Macron : le choix de l'efficacité.
Intervention filmée du Président Emmanuel Macron au conseil des ministres du vendredi 21 juillet 2023 (vidéo).
Composition complète du gouvernement d'Élisabeth Borne au 20 juillet 2023.

Le 4e remaniement ministériel du premier gouvernement d'Élisabeth Borne du 20 juillet 2023.
La France des investissements productifs félicitée par Emmanuel Macron.
Interview du Président Emmanuel Macron le 15 mai 2023 à 20 heures sur TF1 (vidéo).
Faut-il encore polémiquer sur le RSA ?
Emmanuel Macron : "J'appelle à la pause réglementaire européenne".

_yartiMacron2023123105





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20231231-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/voeux-2024-d-emmanuel-macron-mes-252325

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/12/30/40159616.html











 

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31 décembre 2023 7 31 /12 /décembre /2023 19:50

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Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20231231-macron.html










VŒUX 2024 D'EMMANUEL MACRON
ALLOCUTION TÉLÉVISÉE


31 décembre 2023
VŒUX DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE AUX FRANÇAIS



Françaises, Français, de métropole, de nos outre-mer et de l’étranger,

En vous présentant mes vœux, je veux commencer par exprimer notre gratitude à tous pour nos compatriotes qui, ce soir encore, protègent, soignent, aident, assurent la continuité de la vie de la Nation. Grâce à eux, nous pouvons passer ces moments d’une année à l’autre en famille et avec nos proches. Et en ces instants, je veux aussi dire particulièrement mon affection à ceux qui sont malades ou resteront seuls.

2023 aura été marquée par la poursuite de la guerre en Ukraine, la guerre aujourd’hui au Proche-Orient et les bombardements sur Gaza ; par les attaques terroristes du 7 octobre en Israël où 41 Français ont été assassinés, et je pense ce soir à leurs familles comme je pense aux familles de nos compatriotes encore retenus en otage.

Marquée encore par la tension géopolitique croissante, les conséquences des dérèglements climatiques sur notre territoire, des actes terroristes sur notre sol. Par des divisions, des gestes de haine, parfois, des violences, à plusieurs occasions, qui fragilisent la cohésion de la Nation. Enfin, l’inflation a sévi qui rend tout plus difficile : se loger, se déplacer, faire ses courses.

Il y eut bien sûr des moments heureux, des moments de fierté, mais je sais combien la peur du retour de la guerre, du déclassement, de la perte de contrôle sont bien là.

Pourtant, je suis convaincu, et ce n’est pas un faux optimisme, que dans ce contexte de crises peut naître le meilleur.

C’est pourquoi, je n’ai cessé de suivre la même logique : agir avec détermination et constance pour aujourd’hui et pour demain. Depuis sept ans, là où vous m’avez placé, je tâche de rendre la France plus forte et plus juste, de libérer, protéger, unir. Tel est le cap et nous le tenons. Et il en fut de même en 2023.

En 2023, la France est sans doute l’un des pays occidentaux qui, en dépit du contexte, a pris le plus de décisions, conduit le plus de transformations. Certaines, comme la réforme des retraites, étaient, je le sais, impopulaires. Je les assume car je m’y étais engagé et elles étaient nécessaires au pays.

Tous ces mois passés ont donc été bien loin de l’impuissance qu’on nous prédisait, et c’est heureux. Et je veux ici tout particulièrement en remercier la Première Ministre et son gouvernement.

En 2023, nous avons agi, agi au service de l’objectif de réindustrialisation et de plein-emploi, dont les premiers résultats sont là. Les retraites, l’assurance chômage, la relance de nos industries vertes, l’accélération de France 2030, la refondation du lycée professionnel, la réforme de Pôle emploi et du revenu de solidarité active, la réforme du marché européen de l’électricité : toutes ces grandes transformations ont été décidées, votées, et ont commencé à entrer en vigueur cette année.

Et nous avons continué cette année de créer des emplois, tout en réduisant encore plus rapidement nos émissions de gaz à effet de serre, conformément à nos engagements. Ceci prouve que vous êtes au rendez-vous de la mobilisation.

Grâce à ce réarmement économique, nous continuons d’être en mesure de financer notre modèle social, de nous protéger contre les crises ou l’inflation mais aussi d’investir pour réarmer nos services publics. Et c’est ce que nous avons fait.

Nous avons investi dans notre école, notre santé afin de mieux accompagner et de mieux corriger les inégalités de destin. Nous avons posé les fondations d’une planification écologique inédite et dégagé des moyens massifs pour accompagner chacun de vous dans cette transition.

Nous avons aussi en 2023, voté pour les années à venir des lois historiques pour nous protéger. Loi historique pour nos militaires : en une décennie, le budget de nos armées aura ainsi été doublé. Loi historique pour nos policiers, nos gendarmes, nos magistrats, nos greffiers, afin d’assurer l’ordre et l’unité républicaines en assumant de créer des milliers de postes pour mieux vous protéger. Nous continuerons de rétablir l’autorité partout où elle manque face aux incivilités et à la délinquance.

En matière d’immigration, la loi votée en décembre, comme l’accord conclu au niveau européen, nous donnent les instruments nécessaires pour faire mieux respecter les principes de la République c’est-à-dire à la fois lutter contre les passeurs et l’immigration clandestine et mieux intégrer ceux qui ont vocation à demeurer sur notre sol : réfugiés, étudiants, chercheurs, travailleurs.

Alors je sais bien sûr les impatiences, oserais-je dire que je le partage, même si les premiers changements sont visibles. Je sais que vous voudriez que nous fassions plus et plus vite. Et c’est pour atteindre cet objectif que l’année 2024 doit avant tout être une année de détermination. Agir, agir encore, dans l’intérêt de la Nation.

Nous serons déterminés à agir pour l’école, l’enfance et l’éducation, afin de rétablir le niveau de nos élèves, l’autorité de nos professeurs, la force de notre enseignement laïc et républicain. Après le réarmement économique, le réarmement de l’État et de nos services publics, il nous faudra ainsi engager notre réarmement civique. La France c’est une culture, une Histoire, une langue, des valeurs universelles qui s’apprennent dès le plus jeune âge. À chaque génération.

Nous serons déterminés, aussi, à rendre notre République plus forte en luttant contre la délinquance, en nous attaquant plus fermement aux discriminations, en permettant des progrès concrets pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pour la petite enfance, pour nos compatriotes en situation de handicap. Déterminés, nous le serons à agir pour amplifier notre réarmement industriel, technologique et scientifique. Nous devrons tout faire pour atteindre notre ambition de plein-emploi, continuer d’innover, mais aussi d’attirer les talents comme les entreprises et produire davantage en France. Ainsi, nous nous engagerons l’année prochaine dans des grands chantiers de pointe, du nucléaire à l’intelligence artificielle ou aux transports. Pour qu’en 2027 nous ayons dix ans d’avance là où en 2017, nous avions dix ans de retard.

En 2024, nous aurons à accélérer encore nos efforts et simplifier drastiquement la vie de nos entrepreneurs, de nos agriculteurs, de nos commerçants, nos artisans, nos élus et en particulier nos maires, et pour de nombreux secteurs, dont celui du logement.

Enfin, nous serons déterminés à agir pour qu’en 2024, notre écologie, cette écologie à la française, notre planification continuent de se déployer comme un modèle et un chemin singulier, qui nous permettront de sortir des énergies fossiles et de gagner en indépendance et en progrès. La France, qui produit déjà l’électricité parmi les plus décarbonées d’Europe, sortira totalement du charbon d’ici 2027. Et c’est ce même combat que nous porterons à l’international avec entre autres notre Pacte pour les peuples et la planète.

2024, année de la détermination, de l’efficacité des résultats. Et j’aurai l’occasion dans les semaines qui viennent de vous dire comment notre Nation relèvera ces défis.

Mes chers compatriotes, l’action n’est pas une option. L’action est notre devoir pour les générations futures. Voilà pourquoi je serai inlassablement du côté de ceux qui agissent au service du pays et jamais de ceux qui, refusant de vous dire la réalité pour justifier de ne rien faire, à la fin nous affaiblissent. Jamais du côté de ceux qui privilégient les calculs électoraux les petits arrangements ou leurs intérêts personnels.

Nous devons donc continuer ce réarmement de la Nation face au dérèglement du monde. Car la force de caractère est la vertu des temps difficiles.
2024 sera aussi une année de choix décisifs.

Nous aurons à faire le choix d’une Europe plus forte plus souveraine, à la lumière de l’héritage de Jacques Delors. Une Europe qui œuvre à la paix au Proche-Orient et sur notre propre continent, en continuant à soutenir le peuple ukrainien et avec lui, notre sécurité, notre liberté, nos valeurs. Vous aurez au mois de juin prochain à vous prononcer sur la poursuite de ce réarmement de notre souveraineté européenne face aux périls : arrêter la Russie et soutenir les Ukrainiens ou céder aux puissances autoritaires en Ukraine ; continuer l’Europe ou la bloquer ; poursuivre la transition écologique et productive ou revenir en arrière ; affirmer la force des démocraties libérales ou céder aux mensonges qui sèment le chaos.

2024 sera enfin l’année de nos fiertés françaises. Fierté pour ces milliers de compagnons, d’artisans, d’entrepreneurs qui ont pris part au magnifique chantier pour rebâtir Notre-Dame-de-Paris dont la flèche, s’élance à nouveau vers le ciel et coiffe une cathédrale qui rouvrira le 8 décembre prochain.

Nous sommes une Nation de compagnons de bâtisseurs, capable, quand elle s’unit, de résister, de se relever. Oui, en cinq années, comme promis, nous aurons rebâti la cathédrale et accompli l’impossible. Nous sommes cette Nation qui, lorsqu’elle est fière d’elle-même, porte toujours un espoir universel.

2024, nous célèbrerons aussi notre Histoire. 80 ans après 1944, nous serons fiers de notre passé, de nos héros aux destins mêlés. Soldats des armées alliées, mais aussi Français de naissance ou de préférence, Français et étrangers de la Résistance. Tous en lutte pour que soit libérée une France fidèle à l’esprit des Lumières, et à l’esprit de notre Révolution.

2024 sera une année de fierté de la langue française. Après avoir restauré le château de Villers-Cotterêts et y avoir créé la Cité internationale de la langue française, nous y accueillerons dans quelques mois le monde de la Francophonie.

2024, sera aussi une année de fierté française, sportive, puisque les Jeux Olympiques et Paralympiques seront, chez nous, en France, et ainsi comme chez eux, en métropole comme dans nos outre-mer.

Nous serons fiers de nos athlètes, de nos artistes, de nos paysages, de cette fête populaire, permise par des milliers de bénévoles, bâtissant aussi pour notre Nation un héritage sportif. Par notre engagement à tous qui commencera dès demain.

Oui, 2024 sera vous l’avez compris un millésime français. Parce que c’est une fois par décennie que l’on commémore avec cette ampleur notre Libération. C’est une fois par siècle que l’on accueille les Jeux Olympiques et Paralympiques. Et c’est une fois par millénaire que l’on rebâtit une cathédrale. C’est une fois par génération que le destin de la suivante se joue comme sans doute il se joue maintenant.

2024, année de détermination, de choix, de régénération, de fierté. Au fond, une année d’espérance. Oui, cette année, beaucoup de notre avenir se détermine. Alors, à nous de faire ensemble. À nous de choisir plutôt que de subir, à nous de tracer la route plutôt que de suivre.

Et notre Histoire toute entière nous enseigne que la volonté de quelques-uns peut abattre toutes les fatalités. Alors à nous de faire, oui, d’agir ensemble, de continuer de dépasser les clivages, les corporatismes, car il y a en notre peuple les ressorts profonds pour relever ces défis.

Mes chers compatriotes, je vous souhaite une très belle et une très heureuse année 2024.

Pour que la France puisse s’unir, agir et resplendir. Qu’elle soit digne de l’« indéfinissable splendeur de ceux qui sont destinés aux grandes entreprises », parce que c’est nous. Vive la République. Vive la France.


Emmanuel Macron, le 31 décembre 2023 à 20 heures au Palais de l'Élysée, à Paris.


Source : elysee.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20231231-allocution-macron.html



 

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21 décembre 2023 4 21 /12 /décembre /2023 04:17

« On a compris mercredi que pour se refaire une santé, le Président mise davantage sur l’opinion que sur les parlementaires, sur les électeurs plutôt que sur les bonnes âmes de la gauche. » (Renaud Dély, France Info le 21 décembre 2023).




_yartiMacron2023112001

L'adoption définitive du projet de loi Immigration dans la soirée du 19 décembre 2023 a agité la classe politique. Cette agitation sera de courte durée. Alors qu'on parlait de six ministres démissionnaires, seul Aurélien Rousseau, furtif Ministre de la Santé et de la Prévention, haut fonctionnaire et non élu, a claqué la porte, pourtant proche de l'Élysée. Le Président de la République Emmanuel Macron est venu faire le service après-vente, ou plutôt, car il ne s'est pas déplacé, a reçu l'équipe de "C à vous" pour une émission en direct de la salle des fêtes de l'Élysée ce mercredi 20 décembre 2023, veille de son 46e anniversaire. 2,9 millions de Français l'ont écouté, soit 14,7% de part d'audience selon Médiamétrie, un record pour "C à vous".

Interrogé notamment par Patrick Cohen et Anne-Élisabeth Lemoine, Emmanuel Macron a parlé beaucoup trop longtemps de beaucoup trop de choses. Près de deux heures et quart d'une émission qui a fini par de l'humour ricaneur sans aucun intérêt pour l'avenir des Français (par exemple, l'émission envisageait la reconversion d'Emmanuel Macron après 2027 en animateur de plateau de télévision). Il y a un contraste entre le cadre (le Palais de l'Élysée) et l'atmosphère décontractée de l'émission.


Bien entendu, Emmanuel Macron est revenu sur la loi Immigration en rappelant que la France avait besoin de ce bouclier et en rappelant ses trois maîtres mots de Président : « libérer, protéger, unir » et en ajoutant : « Je n'ai pas fini le travail. », parce qu'il a encore trois ans et demi de mandat.

Il a rejeté l'idée que la loi Immigration serait un texte du RN (il a parlé d'une « manœuvre de garçon de bain » !), alors qu'il n'a été négocié qu'entre la majorité et LR, en profitant pour affirmer que les Français ont élu une majorité relative et qu'il était nécessaire de faire des compromis pour faire adopter ce projet de loi. De même, il a rejeté l'idée que la préférence nationale est intégrée dans ce texte, il n'y a que des changements des conditions d'attribution d'allocations sociales, pas un refus pour les étrangers et cela s'appliquera d'ailleurs aussi à des nationaux qui reviendraient sur le territoire national.

Toutefois, Emmanuel Macron, tout en assumant la loi Immigration, a pointé quelques mesures regrettables de ce compromis imparfait, comme la caution exigée pour les étudiants étrangers (ce qui va faire très mal), comprenant ainsi la colère des présidents d'université qui ont protesté contre cette disposition. D'ailleurs, il a lui-même saisi le Conseil Constitutionnel (comme la Constitution lui en donne le droit) pour, le cas échéant, faire invalider certaines des mesures qui ne correspondraient pas aux principes constitutionnels. C'est notable d'imaginer le Président de la République espérer la censure de certains articles d'un projet de loi dont il est à l'origine. On se rappelle le Président Jacques Chirac qui, après une forte contestation dans la rue, dès l'adoption définitive de la loi sur le CPE (contrat premier emploi), avait annoncé le 31 mars 2006 sa promulgation mais sa suspension immédiate avant une modification.

Le message présidentiel aurait été plus percutant si son interview avait duré une vingtaine de minutes uniquement sur la loi Immigration. Au lieu de cela, il y a eu une multitude de réflexions, remarques, plus ou moins importantes sur l'actualité.


_yartiMacron2023112002

Parmi ses projets, une loi sur la fin de vie. Il a reconnu que le sujet était plus compliqué que prévu et il ne veut surtout pas aller trop vite, tout en confirmant que le projet serait présenté en février 2024. Deux piliers, le premier sur les soins palliatifs qu'il s'agit de renforcer et dont l'absence ne doit pas être une raison d'euthanasie, et le second sur l'euthanasie qui ne devrait pas s'appliquer ni aux mineurs ni aux déficients mentaux, en souhaitant un "modèle à la française". Il a rappelé les précédentes lois dont la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 qui a beaucoup fait avancer les choses. Nous verrons le texte, mais je récuse personnellement l'idée que la précédente loi a fait une "avancée" car il ne s'agit pas de progression jusqu'à l'euthanasie. Justement, le "modèle à la français", c'est la loi Claeys-Leonetti ! Au lieu de vouloir légiférer (sur les soins palliatifs, il n'y a pas besoin de légiférer, il suffit de mettre plus d'argent consacré aux soins palliatifs, c'est un problème budgétaire, pas législatif), il faudrait déjà d'une part, appliquer la loi Claeys-Leonetti, d'autre part, faire un bilan de cette loi, par exemple au bout de dix ans. Il n'y a jamais d'évaluation des lois, on légifère sans cesse et on n'évalue pas les lois précédentes (c'est le cas aussi pour les lois sur l'immigration).

Emmanuel Macron a aussi beaucoup parlé d'éducation en rendant hommage à Gabriel Attal, et de laïcité en rejetant les critiques à propos de l'allumage d'une bougie à l'Élysée, qui n'était pas prévu (Fallait-il que je plaque le grand-rabbin parce qu'il le faisait ?). Il a également évoqué la polémique avec Gérard Depardieu en prenant à rebrousse-poils le politiquement correct : le Président de la République a confié qu'il admirait beaucoup Gérard Depardieu (c'est une "fierté" de la France) et a repoussé toute initiative de sa part pour lui retirer la Légion d'honneur (désapprouvant la Ministre de la Culture Rima Abdul-Malak), d'autant plus qu'il n'y a pas à vouloir juger le comportement ultérieurs des médaillés. Il s'est fixé simplement la loi et la justice, et il a refusé d'être soumis à des tribunaux médiatiques et a dénoncé la "chasse à l'homme".

Sur le plan international, Emmanuel Macron a insisté sur l'Ukraine, qu'il ne fallait pas que la Russie gagnât la guerre en Ukraine, il en est non seulement de nos valeurs (entre autres, les conflits doivent se résoudre sans violence), mais aussi de la protection de l'Europe. Il a confirmé que l'aide à l'Ukraine devrait se poursuivre même si les États-Unis l'arrêtaient et a salué le gouvernement Biden d'avoir suivi les Européens. Il a considéré que l'année 2024 serait cruciale pour commencer les négociations entre l'Ukraine et la Russie. Sur le conflit entre Israël et le Hamas, Emmanuel Macron a affirmé que la France est parmi les pays qui font le plus pour aider les victimes palestiniennes.

2024 sera aussi l'année des jeux olympiques en France. Emmanuel Macron a rejeté les hypothèses pessimistes où la sécurité aurait dû mal à être assurée, notamment lors de la cérémonie d'ouverture le 26 juillet 2024. Un plan B serait toutefois prévu si la cérémonie sur la Seine ne pouvait pas se faire dans de bonnes conditions.


Sur un plan plus philosophique, Emmanuel Macron a disserté aussi sur la "décivilisation", mot qu'il a utilisé pour évoquer la violence dans les rapports humains, confortés par les réseaux sociaux où l'anonymat permet tout. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord qu'il ne faut pas être courtois, poli et pacifique. Quand la violence investit les débats et la rue, il y a un danger pour le vivre-ensemble et pour la démocratie.

Cette émission, qui n'a pas les audiences des journaux télévisés de TF1 ou France 2 à la même heure, avait pour but de déminer le terrain présidentiel avant les vœux pour la nouvelle année. Emmanuel Macron pourra être content de son année 2023, puisqu'il a déjà réussi à ne pas être un Président immobiliste pour son second mandat, avec l'adoption de la réforme des retraites et celle de la loi Immigration. Sauf nouvelle crise, les années qui s'ouvrent seront un peu plus douces et un peu moins problématiques pour lui dans ses relations avec les Français.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (21 décembre 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Loi Immigration : le service après-vente d'Emmanuel Macron.
Commission mixte paritaire et adoption de la loi Immigration.
Article 49 alinéa 3 et projet de loi Immigration.
Motion de rejet préalable et projet de loi Immigration.

Loi Immigration : le risque du couperet...
Des bleus à l'A.M.E. (aide médicale d'État) : entre posture et protection.
L'affaire Leonarda, dix ans plus tard...
La Méditerranée, mère de désolation et cimetière de nos valeurs ?
Aymen Latrous Aymen Latrous n’est pas Leonarda !
Mamoudou Gassama, un héros en France.
Leonarda sous le feu des projecteurs.
L’immigration irlandaise.
Immigration : l'occasion ratée de François Hollande.

_yartiMacron2023112004






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20231220-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/loi-immigration-le-service-apres-252133

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/12/20/40150150.html







 

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12 octobre 2023 4 12 /10 /octobre /2023 21:36

(verbatim et vidéo)



Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20231012-france-israel.html










ALLOCUTION DU PRÉSIDENT EMMANUEL MACRON
LE 12 OCTOBRE 2023 SUR L'HORREUR EN ISRAËL
 

12 octobre 2023
Adresse aux Français

Françaises,
Français,
Mes chers compatriotes,

Israël a connu, samedi, l’attaque terroriste la plus tragique de son Histoire. Le Hamas a exécuté un plan qui, par son ampleur, sa barbarie, son bilan, n’a pas de précédent.

Tout un pays surpris à l’aube par des tirs et une invasion aussi soudaine que sanguinaire. Des centaines de nourrissons, d’enfants, de femmes et d’hommes pourchassés, enlevés, assassinés, pris en otage. Des massacres de kibboutz, des villages entiers décimés. Une haine meurtrière aveugle. Un déchaînement de cruauté absolue.

Depuis dix-huit mois, le monde avait déjà connu le retour de la guerre en Europe, que ce soit en Ukraine ou contre l’Arménie, mais cette violence a sidéré une Nation et le monde entier.

Je parle en notre nom à tous quand je dis que nous partageons le chagrin d’Israël. Que nous pensons à la terreur éprouvée par les Israéliens. Que nous pensons à ces familles qui savent qu’elles ont perdu un des leurs et à celles qui attendent des nouvelles d’un proche. Que nous pensons à ce peuple encore dans l’épreuve et le deuil. Que nous nous tenons à ses côtés.

Nous Français nous savons, dans notre chair, ce qu’est cette douleur. Nous avons, nous aussi, pleuré des victimes fauchées dans une fête, dans l’insouciance de la jeunesse, dans l’ordinaire d’une vie de famille. Nous savons, dans notre chair, que rien ne peut justifier le terrorisme. Il ne peut jamais y avoir de « oui mais ».

La France condamne de la manière la plus ferme ces actes atroces. Disons-le clairement. Le Hamas est un mouvement terroriste. Le Hamas cherche avant tout la destruction et la mort du peuple d’Israël. Agissant comme il le fait, il sait par ailleurs à quoi il expose de manière criminelle et cynique la population de Gaza. Ce n’est pas une guerre entre les Israéliens et les Palestiniens. C’est une guerre menée par des terroristes contre une Nation, un pays, une société, des valeurs démocratiques.

Nous avons assuré Israël et son peuple de notre solidarité sans faille et de notre soutien dans sa réponse légitime aux attaques terroristes. Israël a le droit de se défendre, en éliminant les groupes terroristes dont le Hamas par des actions ciblées, mais en préservant les populations civiles car c’est le devoir des démocraties.

Nous savons que la seule réponse au terrorisme, la seule possible, est toujours une réponse forte et juste, forte parce que juste.

Nous sommes aussi liés à Israël par la douleur du deuil. A cette heure, 13 de nos compatriotes sont morts lors de ces attaques. Jamais, depuis l’attentat de Nice en 2016 autant de Français n’ont été assassinés par des terroristes. Et ce sont tous les Français, qui ce soir les pleurent. Comme nous nous inquiétons pour le sort de nos 17 compatriotes, enfants et adultes, portés disparus, et sans doute, pour certains d’entre eux, retenus en otage.

Je pense ce soir aux familles. Je veux leur dire que la France met d’ores et déjà tout en œuvre, aux côtés des autorités israéliennes et de nos partenaires, pour les faire revenir sains et saufs dans leur foyer. Car la France n’abandonne jamais aucun de ses enfants. Nous ferons tout pour que ces otages, quelle que soit leur nationalité, soient libérés.

Plus largement, nous sommes pleinement mobilisés pour assurer l’information des familles sans nouvelles de leurs proches, pour garantir un rapatriement, pour informer et secourir. Un premier vol affrété arrive ce soir à Paris. D’autres vols sont prévus dans les prochaines heures et les prochains jours. Et nous avons renforcé nos moyens pour épauler sur place les près de 200 000 Français qui vivent aujourd’hui en Israël. Nous sommes à vos côtés et continuerons de l’être.

Je sais aussi que nombre d’entre vous s’inquiètent d’un engrenage tragique pour la région. Je me suis entretenu à plusieurs reprises avec le Président israélien Isaac Herzog, avec son Premier ministre Benyamin Netanyahou. J’ai également longuement échangé avec les principaux dirigeants des pays de la région, ceux de l’Autorité palestinienne, la Jordanie, l’Égypte, le Liban, l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes unis, comme du Qatar. Avec nos principaux alliés européens et américains nous partageons les mêmes priorités : apporter un soutien ferme et complet à Israël, éviter toute extension du conflit aux pays voisins, notamment au Liban, et coordonner l’action humanitaire internationale.

Nous ne pouvons pas nous résoudre à une guerre sans fin dans cette région. La lutte contre le terrorisme ne peut remplacer la recherche de la paix. Les conditions d’une paix durable sont connues : ce sont des garanties indispensables pour la sécurité d’Israël et un État pour les Palestiniens. C’est la ligne que la France défend avec constance, qu’elle continue à défendre sans varier et continuera de porter.

Je le redis : la sécurité de l’État d’Israël, la lutte résolue pour l’éradication du terrorisme dans la région, et le respect des aspirations légitimes de chacun forment pour nous un ensemble indissociable. Ceux qui confondent la cause palestinienne et la justification du terrorisme commettent une triple faute : morale, politique et stratégique. Forte de sa clarté et de sa constance, la France a la responsabilité d’agir, toujours, pour la paix et le dialogue. Elle le fera.

Mes chers compatriotes,

Cet évènement est un séisme en Israël, au Proche-Orient et bien au-delà.
Cette barbarie heurte profondément la conscience humaine universelle.
Elle touche plus particulièrement nos compatriotes de confession juive.

Notre premier devoir est d’assurer leur sécurité et celle de tous nos concitoyens sur le sol national et de ne laisser prospérer aucune parole, aucun acte antisémite, aucune stigmatisation. Je sais l’inquiétude, parfois la peur qu’il y a en ce moment-même chez beaucoup d’entre vous. Je veux le dire ce soir, la République sera là pour vous protéger et elle sera impitoyable avec tous les porteurs de haine.

Dès samedi, j’ai demandé au gouvernement de renforcer nos mesures de protection des écoles, des lieux de culte et de culture. 582 d’entre eux ont vu leur sécurisation accrue. 10 000 policiers et gendarmes sont mobilisés. Nos armées sont engagées dans le cadre de l’opération Sentinelle. Les procureurs ont reçu l’instruction de poursuivre avec la plus grande sévérité les actes antisémites et les apologies du terrorisme. Les manifestations qui pourraient donner lieu à des débordements seront interdites. Nous sommes d’une vigilance absolue, aussi, face aux expressions de haines sur les réseaux sociaux et à la menace terroriste.

Mais notre devoir est aussi, dans ce moment, de rester unis comme Nation et comme République. C’est ce bouclier de l’unité qui nous protégera de tous les débordements, de toutes les dérives, de toutes les haines.

Souvenons-nous de toutes les graves crises que nous avons traversées ensemble. Souvenons-nous de la façon dont nous avons fait bloc, chaque fois, face au terrorisme.

Je sais, je le disais, la peur de nos compatriotes de confession juive, que cette résurgence, là-bas, de la violence antisémite, soit le prétexte, ici, de paroles, d’injures, d’actes qui les viseraient. Et je mesure aussi l’inquiétude de nos compatriotes de confession musulmane que les amalgames l’emportent sur la raison. Nous combattons et combattrons toujours pour que nul sur notre sol n’ait peur.

Ni suspicions, ni divisions entre nous ne doivent exister au sein de la Nation. Gardons à l’esprit que l’antisémitisme a toujours été le prélude à d’autres formes de haine : un jour envers les Juifs, le lendemain envers les chrétiens, puis les musulmans, puis toutes celles et ceux qui sont encore l’objet de haine, en raison de leur culture, leur origine, leur genre.

Ne menons pas chez nous des aventures idéologiques par imitation, par projection. N’ajoutons pas, par illusion ou par calcul, des fractures nationales aux fractures internationales. Et ne cédons rien face à toute forme de haine. Dans ce moment que nous vivons mes chers compatriotes, nous devons condamner le terrorisme et défendre nos valeurs fraternelles.

C'est le sens même de la rencontre que j'ai initiée tout à l'heure avec l'ensemble des responsables de partis politiques représentés au Parlement et les présidents des 3 chambres constitutionnelles. Ce fut un échange de respect, du pluralisme, de la diversité des opinions, mais surtout de concorde et d'unité. Cette unité républicaine est une force pour nous-mêmes, pour notre cohésion et pour pouvoir porter la voix singulière et universelle qu'est celle de la France.

Je vous le demande ce soir, restons unis. Unis pour nous-mêmes, unis pour porter ensemble un message de paix et de sécurité pour le Proche-Orient. C'est ainsi que nous serons à la hauteur de notre propre histoire, celle d'une République qui protège chacun et d'une nation qui défend l'idéal de paix. Je nous fais confiance pour cela.

Vive la République ! Vive la France !

Emmanuel Macron, le jeudi 12 octobre 2023 à 20 heures à Paris.


Source : www.elysee.fr

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20231012-allocution-macron.html

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25 septembre 2023 1 25 /09 /septembre /2023 05:24

« Le gouvernement va prendre ce texte qui passe au conseil des ministres dès mercredi. On va remettre les soixante plus gros industriels de l'agro-alimentaire derrière. Et surtout, on va mettre en place, et je vais y veiller personnellement, un accord sur la modération des marges dans tout le secteur. » (Emmanuel Macron, le 24 septembre 2023).




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Le Président de la République Emmanuel Macron s'est invité aux journaux télévisés de 20 heures ce dimanche 24 septembre 2023 sur TF1 et France 2. Répondant pendant 35 minutes depuis l'Élysée aux questions de Laurent Delahousse (France 2) et de Anne-Claire Coudray (TF1), le chef de l'État a voulu conclure une semaine internationale très dense (visite d'État du roi Charles III et venue du pape François à Marseille) avant d'entrer dans une "séquence" beaucoup plus hexagonale.

En effet, c'est la "semaine de la rentrée", celle qui vient, celle de la présentation de la loi de finances de 2024, celle aussi de la planification écologique. Et, comme l'a dit un commentateur, en faisant cette interview, il a "enjambé" les élections sénatoriales du même jour (j'y reviendrai), qui a confirmé la majorité sénatoriale actuelle, et qui a confirmé aussi l'absence d'implantation territoriale du parti présidentiel Renaissance (sans surprise puisque c'est la conséquence de l'échec de la majorité présidentielle aux élections municipales de 2020). Le Président semblait d'ailleurs tellement peu intéressé par les élections sénatoriales qu'il s'est trompé en affirmant que le tiers des sénateurs était renouvelé alors qu'il s'agit plutôt de la moitié (170 sur 348 sièges). Le renouvellement tous les trois ans par tiers était à l'époque, lointaine (il y a près de vingt maintenant), où le mandat sénatorial était encore de neuf ans au lieu de six ans maintenant.

S'il fallait résumer l'intervention présidentielle par un seul élément, ce serait la seule réelle information du jour : la France rappelle son ambassadeur du Niger et ses troupes quitteront le pays afin de ne pas être l'otage des putschistes au pouvoir.

L'une des premières questions portait évidemment sur le message du pape François à Marseille (j'y reviendrai aussi), qui n'est pas nouveau et qui s'en prend aux politiques européennes. Emmanuel Macron a répondu un peu légèrement par, toujours, son "en même temps".

D'une part, donner raison à son interlocuteur :
« Le pape a raison d'appeler à ce sursaut contre l'indifférence, parce qu'à chaque fois qu'on parle du sujet d'immigration, on parle de femmes et d'hommes, il ne faut jamais l'oublier. ». Mais d'autre part, rappeler que l'Europe et la France ont pris leur part : « L'Europe est le continent qui fait le plus. (…) Nous, Français, nous faisons notre part. (…) Mais on doit être aussi rigoureux, parce qu'on a un modèle social qui est généreux et on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. ». Et ainsi de reprendre la fameuse phrase de Michel Rocard (sans y faire référence).

Et plus particulièrement, il a insisté pour dire que la réponse ne pouvait être qu'européenne : « Qu'es-ce qui se passe, d'abord, à Lampedusa (…) ? C'est la réalité du phénomène migratoire ; il est européen. Et donc, le cœur de la réponse n'existe pas en franco-français. (…) Nous, nous devons jouer notre rôle en Européens, et aider les Italiens. On ne peut pas laisser les Italiens seuls. Et donc, la réponse, elle est ensemble, elle est européenne. ».

Parmi les mesures proposées, Emmanuel Macron a suggéré celle-ci : « On accepte d'avoir des experts britanniques à Calais pour nous aider à démanteler ces réseaux de passeurs, et on a de très bons résultats. Bah, on va proposer la même chose aux États de transit dans la rive sud de la Méditerranée. (…) Il y a quelques années, nous avons su le faire en formant des garde-côtes libyens, en les équipant mieux. Et donc, je veux proposer à la Présidente du Conseil italien, et convaincre les autres Européens et la Commission, de mettre plus de moyens dans ces pays de transit, de leur proposer des partenariats pour éviter les départs, parce que c'est là que les gens prennent tous les risques en Méditerranée (…), c'est ce que dénonçait le pape. ».

Sur le pouvoir d'achat, Emmanuel Macron a rappelé que depuis qu'il est à l'Élysée, il y a eu la création de 2 millions d'emplois et que le SMIC a augmenté de 11% depuis le début de 2022.

Pour la conférence sociale sur le pouvoir d'achat, l'une des propositions d'Emmanuel Macron n'a pas beaucoup de sens socialement : « On va travailler avec toutes les branches qui ont encore un salaire minimum en dessous du SMIC légal. ». Cette phrase laisse entendre que des salariés en France seraient rémunérés légalement en dessous du SMIC : mais ce n'est pas vrai du tout, à moins du travail au noir (donc illégal). C'est un oxymore de dire que des gens sont payés légalement en dessous du salaire minimal légal ! En fait, certaines conventions collectives, dans certaines branches, ont posé un salaire minimal en dessous du SMIC actuel parce qu'elles n'ont pas été mises à jour par rapport aux augmentations récentes du SMIC, mais, conformément à la loi, aucuns salariés de ces branches ne sont évidemment payés en dessous du SMIC puisque la loi l'interdit. Donc, c'est juste un jeu d'écriture qui n'a rien à voir avec la réalité concrète des bas salaires. On remarque à l'occasion que les deux journalistes interviewers n'ont pas beaucoup de connaissance en la matière.

À propos des prix à la consommation, Emmanuel Macron a redit son idée de réduire les marges des plus gros industriels de l'agro-alimentaire qui, selon lui (et selon aussi Michel-Édouard Leclerc), n'auraient pas joué le jeu, augmentant beaucoup plus que les matières premières pour faire exploser leurs marges. En revanche, il a réaffirmé son refus de blocage des prix car les prix ne sont plus administrés, pas plus qu'il souhaite que les salaires suivent les prix à la consommation, ce qui amorcerait une boucle inflationniste. Pour le prix des carburants, il refuse toute baisse de la fiscalité, considérant qu'elle finance les 33 milliards d'euros de la transition écologique. Il veut rester dans le cadre d'une aide à la consommation pour ceux qui en ont le plus besoin et pas pour tout le monde, ce que ferait une baisse de la fiscalité : « La raison de l'augmentation, ce ne sont pas les taxes, c'est la géopolitique internationale. ». Une situation qu'il a confirmée durable. Emmanuel Macron a également refermé la polémique sur la vente à perte du carburant en demandant une vente à prix coûtant.

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J'évoquais les élections sénatoriales, et il y a ce besoin pour la majorité présidentielle de coopérer avec la majorité sénatoriale (en d'autres termes, avec LR et l'UDI). Mais après cette prestation télévisée, Emmanuel Macron ne va pas beaucoup de se faire d'amis parmi les élus locaux. Au moins à deux reprises, il les a fustigés.

La première fois pour dire qu'une partie des taxes sur les carburants revenait aux régions : « Quand j'entends des présidents de région dire qu'il faut baisser les taxes sur le carburant, faites-moi une proposition pour baisser votre budget, mais je n'ai pas le sentiment qu'ils me fassent une proposition là-dessus. ».

Cette première fois est plutôt justifiée en pointant du doigt la démagogie de ses adversaires [il était surtout question de Xavier Bertrand], mais pour la seconde fois, Emmanuel Macron a utilisé lui-même la démagogie et de manière très grossière, à propos de la taxe foncière : « Quand vous avez votre taxe foncière qui augmente, ce n'est pas le gouvernement. Ce n'est pas le gouvernement. C'est votre commune qui le décide. Et c'est un scandale quand j'entends des élus qui osent dire que c'est la faute du gouvernement. Ces six dernières années, on a baissé les impôts de plus de 60 milliards d'euros pour nos compatriotes. On a supprimé la taxe d'habitation et la redevance télé pour nos compatriotes. C'est plusieurs centaines d'euros de gain de pouvoir d'achat. Et je le dis car on a beaucoup de maires qui ont décidé de ne pas augmenter la taxe foncière. Et c'est dur parfois pour leurs finances. À côté de ça, nous n'avons pas baissé les dotations des collectivités territoriales. Et donc, quand je vois des communes comme Tourcoing, comme Angers, comme d'autres, qui n'ont pas augmenté d'un centime leur taxe foncière, et Paris l'a augmentée de plus de 60%, c'est la responsabilité des élus, pas du gouvernement. » [Tourcoing et Angers sont des villes dont des ministres étaient les maires, Gérald Darmanin et Christophe Béchu ; quant à Paris, la maire Anne Hidalgo était une concurrente à l'élection présidentielle, plutôt pitoyable].

Cette tirade a eu de quoi mettre en colère quasiment tous les élus locaux qui doivent faire face depuis deux ans à l'inflation et en particulier, au prix de l'énergie qui n'a cessé de monter sans compensation par l'État. La suppression de la taxe d'habitation s'est faite sur le dos des collectivités territoriales car la dotation compensatoire n'évolue pas. La dotation globale de fonctionnement est en baisse continue depuis le quinquennat de François Hollande. Et surtout, les augmentations des dépenses décidées par l'État sont supportées par les collectivités territoriales sans compensation, ainsi de l'augmentation du point d'indice de 4% en 2022 et 1,5% en 2023. Cette augmentation est justifiée avec l'inflation, mais cette mesure pour la fonction territoriale n'est pas payée par l'État, mais par les collectivités territoriales, ce qui nécessite des augmentations de recettes puisqu'il y a une obligation, au contraire de l'État, d'avoir un budget à l'équilibre. Et aujourd'hui, l'État ayant supprimé le levier de la taxe d'habitation, le seul levier notable pour financer ces budgets de fonctionnement en pleine augmentation sans la volonté des élus (à cause du point d'indice et de l'énergie), c'est d'augmenter la taxe foncière, faute d'aide compensatoire de l'État.

De plus, Emmanuel Macron a pris un exemple très caricatural en évoquant la gestion désastreuse de la ville de Paris (quasiment en faillite par des dépenses folles) et son augmentation de 60% de la taxe foncière, alors que beaucoup de communes à la gestion très rigoureuse ont dû, elles aussi, et indépendamment de la mégalomanie éventuelle de ses édiles, augmenter leur taxe foncière, pour continuer à assurer le service public.

Je doute donc qu'au lendemain de cette interview, ainsi que du renouvellement sénatorial, les sénateurs, représentants justement de tous ces élus locaux, soient bienveillants à l'égard du Président de la République lorsqu'ils vont avoir à se pencher sur le texte sur l'immigration et sur le projet de loi de finances. À moins que l'Élysée n'ait tablé sur un échec des discussions, et donc, de prendre date pour en rejeter la responsabilité sur la haute assemblée.

Dans tous les cas, ce ne serait pas une communication présidentielle très performante si l'objectif était de montrer aux Français que le gouvernement allait répondre à leurs problèmes de manière efficace et ...consensuelle.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (24 septembre 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
J'y veillerai personnellement !
Interview du Président Emmanuel Macron le 24 septembre 2023 à 20 heures sur TF1 et France 2 (vidéo).
Charles III accueilli par Emmanuel Macron.
Der Spiegel : "La France, c'est l'Allemagne en mieux".
Les Rencontres de Saint-Denis : une innovation institutionnelle d'Emmanuel Macron.
La France Unie soutient l'Ukraine !
Décalage.
Interview du Président Emmanuel Macron le 24 juillet 2023 à 13 heures sur TF1 et France 2 (vidéo).

Emmanuel Macron : le choix de l'efficacité.
Intervention filmée du Président Emmanuel Macron au conseil des ministres du vendredi 21 juillet 2023 (vidéo).
Composition complète du gouvernement d'Élisabeth Borne au 20 juillet 2023.

Le 4e remaniement ministériel du premier gouvernement d'Élisabeth Borne du 20 juillet 2023.
La France des investissements productifs félicitée par Emmanuel Macron.
Interview du Président Emmanuel Macron le 15 mai 2023 à 20 heures sur TF1 (vidéo).
Faut-il encore polémiquer sur le RSA ?
Emmanuel Macron : "J'appelle à la pause réglementaire européenne".

_yartiMacron2023092404





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230924-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/j-y-veillerai-personnellement-250580

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/09/24/40052291.html











 

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24 septembre 2023 7 24 /09 /septembre /2023 21:53

(vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230924-macron.html




Emmanuel Macron est interrogé le dimanche 24 septembre 2023 dans le journal de 20 heures sur TF1 et France 2.







https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20230924-interview-macron.html

 

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25 juillet 2023 2 25 /07 /juillet /2023 05:44

« La leçon que j'en tire, c'est l'ordre, l'ordre, l'ordre. » (Emmanuel Macron, le 24 juillet 2023).




_yartiMacron2023072401

Tout sur la forme comme sur le fond a laissé apparaître le Président de la République Emmanuel Macron en décalage. Un Président décalé. En d'autres termes, un médiocre calage de communication.

Déjà sur la forme : Emmanuel Macron a répondu depuis un studio à Nouméa aux questions des deux officiants des deux journaux de 13 heures... à Paris. Au-delà d'un léger différé (mais l'interview a été diffusée dans les conditions du direct), la longue distance (de l'autre côté de la planète) laissait un temps de plusieurs secondes entre l'émission et la réception d'une question ou d'une réponse, ce qui empêchait la contradiction ou donnait quelques étrangetés comme celle-ci, à une question sur le maintien, par défaut ou pas, de la Première Ministre Élisabeth Borne, les trois secondes d'attente avant la réponse laissaient croire à une hésitation dans la réponse alors qu'il s'agissait d'un décalage à distance.

On pouvait avoir l'impression qu'Emmanuel Macron a pris cette communication aux Français comme une corvée, une double, triple corvée : il fallait bien conclure la période totalement artificielle des cent jours (l'idée était du 17 avril 2023, une façon de procrastiner en attendant des jours meilleurs après la contestation sociale sur les retraites), mais aussi, il fallait bien s'exprimer sur les émeutes urbaines (il n'y avait pas eu encore de communication présidentielle formelle), et enfin, les Français avaient l'habitude d'écouter leur Président de la République les 14 juillet, Emmanuel Macron, par prudence, avait préféré différer, décaler la date pour éviter tout télescopage avec une éventuelle reprise des émeutes (qui, heureusement, ne s'est pas produite).

C'est même plus que cela : en s'exprimant en milieu de journée un 24 juillet, qui voulait-il cibler ? Les gens qui bossaient encore ne regardaient pas la télévision à 13 heures et les gens qui étaient déjà en vacances avaient sans doute bien d'autre chose à faire qu'écouter le Président de la République à midi.

Du reste, pour que cela fût encore plus confidentiel, l'entretien n'a pas mobilisé les journalistes vedettes des deux grandes chaînes nationales (qu'on aurait sortis de leurs torpeurs estivales), mais "seulement" (qu'ils m'excusent pour cet adverbe) Jacques Legros (72 ans) pour TF1 et Nathanaël de Rincquesen (51 ans) pour France 2, dont la notoriété reste assez faible et qui présentent cet été les journaux télévisés à cette heure-là.

Et sur le fond, l'observateur remarquera qu'Emmanuel Macron n'a rien dit de nouveau, aucune nouvelle mesure, nouvelle initiative, rien de plus que son préambule télévisé du conseil des ministres du 21 juillet 2023.

Alors, bien sûr, on comprend que la présentation de sa politique, bilan et perspective, soit positive, enthousiaste, optimiste et encourageante. S'il ne la défend pas, qui la défendrait ? C'est d'ailleurs la raison du remaniement : ceux des ministres incapables de défendre leur action sont partis. Agir et faire-savoir. Face à des oppositions qui ne font que dénigrer, le faire-savoir est essentiel dans la vie politique, même hors campagne électorale. L'impression l'emporte souvent sur la réalité.

On se rappelle le décalage de Lionel Jospin avec les Français sur les questions de sécurité en 2002. Emmanuel Macron ne voudrait pas répéter cette erreur, ni l'impression que son second mandat serait celui de l'immobilisme. En d'autres termes, son volontarisme se poursuit, mais peut-être avec un décalage avec les préoccupations des Français.

Oui, la France va mieux sur le front du chômage, mais un demandeur d'emploi d'aujourd'hui ne sera pas convaincu que tout va bien, ni un salarié précaire qui recherche un meilleur emploi.

Alors, la question sur le remaniement, sur la Première Ministre, il faut dire ce qui est : elle n'intéresse pas du tout les Français sinon de manière anecdotique. La phrase d'Emmanuel Macron est une répétition du 21 juillet 2023 : « C'est le choix de la confiance, de la continuité et de l'efficacité. ».

Parlons-en, de l'efficacité, il l'a répété une bonne dizaine de fois (
« Il y a eu des jours avec, des jours sans, mais le gouvernement a avancé avec efficacité. »), c'est sûrement ce qu'il voudrait qui reste de sa Présidence, une Présidence efficace. Dans quel but ? C'est là le cap depuis 2017 : indépendance pour plus de justice. Deux mots qui couronnent le "en même temps" macronien, l'un à droite (souverainisme national), l'autre à gauche (justice sociale).

_yartiMacron2023072402

Si le chef de l'État a bien compris que la mission d'élargir la majorité était impossible (c'est-à-dire, de demander au groupe LR d'intégrer la majorité), il a joué sur les mots pour évoquer les nuances : avec les échecs des motions de censure, il est certain qu'il n'y a pas de
"majorité de rechange", mais il a rendu hommage aux "majorités d'échanges" pour différentes lois : « Textes par textes, nous avons réussi à bâtir des majorités. ». Et il a insisté (comme le 21 juillet 2023) sur le fait que la première année de son second quinquennat, il y a eu plus de textes adoptés à l'Assemblée Nationale que la première année de son premier quinquennat.

Bien entendu, il ne pouvait pas rester silencieux sur les émeutes urbaines et son avis ressemblait à s'y méprendre à un avis de droite musclée. Louis de Funès proposait dans
"La Zizanie" (film rediffusé sur la chaîne C8 le dimanche soir) son programme électoral : « Mon programme se résume en trois points : premièrement, le plein emploi ; deuxièmement, le plein emploi ; troisièmement, le plein emploi ! ». Emmanuel Macron, ce sera donc : « l'ordre, l'ordre, l'ordre » !...

Emmanuel Macron est, en cela, très en phase avec une majorité de sondés : pas question, comme après les émeutes de 2005, d'investir des milliards supplémentaires dans les banlieues alors que les sauvageons détruisent tout ce que l'État y construit :« Ces violences sont inqualifiables. ». La répression comme seule attente, donc comme seule réponse, et c'est efficace (toujours ce mot) : « Le retour à l'ordre a prévalu, ce qui a permis un retour au calme en quatre jours. ».

En insistant sur les quatre jours d'émeutes, Emmanuel Macron a rappelé que celles de 2005 avaient duré trois semaines avec la mise en état d'urgence. La solution apportée par le gouvernement, en particulier par le Ministre de l'Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin, a été la répression : les 45 000 forces de l'ordre ont eu raison des quelques milliers de sauvageons. Gérald Darmanin, qui accompagnait Emmanuel Macron dans son voyage en Nouvelle-Calédonie, a reçu, exclusivement, les félicitations élyséennes, sorte de lot de consolation de ne pas avoir été nommé à Matignon.

Emmanuel Macron a apporté deux réponses aux émeutes : la première, c'est l'ordre ; la seconde, c'est restaurer l'autorité, et avant tout, l'autorité parentale. Il veut cadrer la jeunesse, restructurer le noyau familial (observant qu'il y a des
« familles en détresse ») : « Nous allons ouvrir le chantier de l'autorité au sein de la famille. ». Que signifie cette idée ? Réduire voire supprimer des aides sociales ? (auquel cas, ce serait double peine pour ces familles). Et aussi : « Il faut mieux protéger nos enfants et mieux modérer les réseaux sociaux. ».

En trente-cinq minutes, Emmanuel Macron a dit beaucoup de choses, mais rien de nouveau. Oui, il faut payer plus les enseignants, tous les profs, et encore plus ceux qui travaillent plus (font du soutien, aident aux devoirs, acceptent de faire des remplacements). Le Président de la République s'est engagé, un peu imprudemment, à ce qu'à la prochaine rentrée, aucun élève ne subisse l'absence de prof, et que l'école puisse accueillir les élèves de 8 heures à 18 heures... et dès l'âge de 2 ans. Cela pour rétablir l'égalité entre ceux qui vivent dans un milieu familial qui leur permette de faire des études et les autres au milieu défavorable.

Le Président a rappelé qu'il y a trois mois, on disait qu'il ne se déplacerait plus sans son concert de casseroles. La contestation sur les retraites est bel et bien terminée, avec la dernière motion de censure, avec l'année scolaire, et surtout, avec les émeutes urbaines. Emmanuel Macron, gestionnaire de crise patenté, est capable de remettre les pages en blanc. La seule crise qu'il a provoquée par son volontarisme, celle de la réforme des retraites, il l'a éteinte avec ce stratagème inattendu des cent jours. On dira ce qu'on veut de sa pertinence ; la réalité, c'est qu'il a fonctionné à plein, on ne parle plus de retraites, on parle des "cent jours", sorte d'OVNI de communication politique, on parle de projets à venir du gouvernement. Exit les retraites.

S'il fallait retenir une seule chose, c'est sur le projet de loi sur l'immigration. Il faut comprendre que si le premier semestre a été monopolisé par le débat sur les retraites, le second semestre le sera sur le thème de l'immigration. Emmanuel Macron sait que ce sujet est très dangereux pour son quinquennat. C'est peut-être le seul sujet qui pourrait faire adopter une motion de censure. Il a ainsi mis dos au mur ceux qu'il appelle l'opposition constructive mais en pensant exclusivement au groupe LR, leur demandant de prendre leurs responsabilités.

L'objectif d'Emmanuel Macron sur l'immigration, c'est que son projet soit le moins en décalage possible avec les Français. Dans une autre vie, il était magicien. Beaucoup l'attendent donc sur ce terrain miné. Sans illusion, bien sûr.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (24 juillet 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Décalage.
Interview du Président Emmanuel Macron le 24 juillet 2023 à 13 heures sur TF1 et France 2 (vidéo).

Emmanuel Macron : le choix de l'efficacité.
Intervention filmée du Président Emmanuel Macron au conseil des ministres du vendredi 21 juillet 2023 (vidéo).
Composition complète du gouvernement d'Élisabeth Borne au 20 juillet 2023.

Le 4e remaniement ministériel du premier gouvernement d'Élisabeth Borne du 20 juillet 2023.
La France des investissements productifs félicitée par Emmanuel Macron.
Interview du Président Emmanuel Macron le 15 mai 2023 à 20 heures sur TF1 (vidéo).
Faut-il encore polémiquer sur le RSA ?
Emmanuel Macron : "J'appelle à la pause réglementaire européenne".

_yartiMacron2023072403





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230724-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/decalage-249533

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/07/23/39983843.html







 

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24 juillet 2023 1 24 /07 /juillet /2023 14:00

(vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230724-macron.html


Emmanuel Macron est interrogé le lundi 24 juillet 2023 dans le journal de 13 heures sur TF1 et France 2, depuis Nouméa.







https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20230724-interview-macron.html



 

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