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12 octobre 2026 1 12 /10 /octobre /2026 04:20

« Pour empêcher la présence de Jean-Luc Mélenchon (presque 81 ans à la fin du prochain quinquennat) au second tour, il faut un candidat issu des partis de gouvernement susceptible d'emporter l'adhésion des Français, mais aussi éviter la division du camp central. » (23 août 2026).






 


Le député européen Raphaël Glucksmann a été désigné candidat des socialistes à l'élection présidentielle de 2027 dès le premier tour de la primaire du PS, ce dimanche 11 octobre 2026, avec 66,2% (79 613 voix). En tout, 120 587 personnes ont voté sur les 134 467 inscrits (plus de 5 000 inscrits étaient des doublons et ont été éliminés), et, avec les votes nuls ou blancs, il y a eu 120 307 suffrages exprimés.

Incontestablement, la victoire de Raphaël Glucksmann est massive et sans ambiguïté. Pour une fois, les sondages et surtout les médias, les journalistes ont eu raison en considérant cette primaire comme une formalité pour Raphaël Glucksmann, homme effectivement très médiatique mais pas vraiment politique.


Les électeurs de la primaire ont donc fait comme à la primaire fermée du PS du 16 novembre 2006, à savoir, voter utile pour le ou la candidate la plus haute dans les sondages, en l'occurrence, une certaine Ségolène Royal, qui avait recueilli 60,6% des suffrages à l'époque. Oui oui, la même Ségolène Royal que celle qui a concouru cette année, vingt années plus tard ! Avec dix fois moins de pourcentages.
 


Dans sa déclaration de vainqueur, peu avant 19 heures, Raphaël Glucksmann n'a rien dit de transcendant, se répétait même, tout en mélangeant "ennemi" et "adversaire" pour désigner l'extrême droite (il a utilisé ces deux mots dans deux phrases différentes). Son discours récurrent ne tient qu'à une seule chose : voter pour moi pour battre l'extrême droite. Mais le problème, c'est qu'il ne faut jamais faire une campagne négative. Cela peut porter contre la dite extrême droite, mais pour autant, cela n'encourage pas les électeurs à voter pour vous. Quand on est candidat, il faut être constructif et dire pourquoi les électeurs voteraient pour vous, pour faire quoi ?

Mais revenons à l'avant-veille. Ce n'était pas de chance pour les socialistes et leurs alliés car le premier jour du premier tour de la primaire du PS, qui aurait dû avoir lieu du vendredi 9 octobre 2026 au samedi 10 octobre 2026 à 20 heures, a été télescopé par une attaque de hackers sur le site du vote électronique. Le résultat a été que seulement 20 000 électeurs sur les 134 000 inscrits ont pu voter dans la soirée du vendredi. Les organisateurs ont donc dû repousser au dimanche 11 octobre 2026 à 18 heures la période où le vote pouvait avoir lieu. En fin de journée du samedi, près de 90 000 inscrits ont pu voter, ce qui est déjà pas mal.

Certes, pourquoi s'inscrire (et payer une cotisation) si on ne vote pas ? Il y a mille raisons, évidemment, mais il faut savoir que pour 98 000 personnes, cette inscription s'est faite dans le cadre d'une cotisation à l'un des trois partis participants (Parti socialiste, Place publique, Gauche républicaine et socialiste), et donc, leur inscription d'office provient d'une adhésion au parti politique et pas forcément d'une volonté de participer à la primaire (certes, beaucoup d'adhésions ont eu lieu après l'annonce de la primaire, ainsi, Place publique a triplé le nombre de ses adhérents en quelques semaines, certainement pour soutenir Raphaël Glucksmann).
 


La campagne de cette primaire du PS a suscité un petit intérêt politique, une curiosité (dans le sens d'un musée des curiosités), grâce à la participation de Ségolène Royal, seule candidate à avoir un peu de notoriété, après plus de trente ans de vie politique, et deux autres participations à une primaire, et surtout, un candidature à l'élection présidentielle en 2007 où elle a été qualifiée au second tour.

"L'état des lieux"des quatre autres candidats n'était plus trop à refaire.

Raphaël Glucksmann, le chouchou des médias, n'est pas vraiment connu de ceux des Français qui ne sont pas nourris d'une forte passion pour la politique, il est sur le marché électoral seulement depuis 2019 (il y a sept ans), ce qui est court pour avoir une stature présidentielle (certes, il y a eu Emmanuel Macron).

Quant à Olivier Faure, son principal adversaire dans cette téléréalité, qui a déjà une très longue carrière politique, mais plutôt dans les coulisses, il est sous le feu des projecteurs depuis une dizaine d'années, d'abord comme président du groupe PS à l'Assemblée (à une époque où le PS était au gouvernement), puis comme premier secrétaire du PS depuis 2018. Son manque de charisme peut être compensé par une grande habileté politique, notamment par l'inscription de nombreux amis dans le corps électoral. Cet apparatchik connaît bien la réussite des congrès alors que son autorité était de plus en plus contestée et le vote des adhérents de plus en plus serré.

Les deux autres candidatures, celles de Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, sont plus personnelles, des candidatures de témoignage. Emmanuel Maurel utilise tous les canaux possibles pour faire entendre ses convictions et ses propositions. L'objectif de Jérôme Guedj est encore plus précis, refuser absolument toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon, même au prix d'échecs électoraux. Bien que positionné à l'aile gauche du PS (il a fait partie des députés frondeurs sous François Hollande), Jérôme Guedj pourrait être la clef décisive de pont entre le PS et le Bloc central pour éviter un second tour entre les deux extrémismes.

La victoire massive de Raphaël Glucksmann a surtout montré que tous ceux qui se sont inscrits à l'occasion de cette primaire, que ce soit dans le cadre d'un parti politique, y compris au PS, ou à titre indépendant, l'ont fait principalement pour soutenir Raphaël Glucksmann. Cela lui donne une certaine légitimité, même si, dans ce contexte, il faut relativiser énormément, j'y reviendrai un peu plus loin.


Plus que la victoire du vainqueur, ce sont des claques monumentales des perdants qui resteront dans l'histoire politique, et en particulier, pour l'adversaire favori : Olivier Faure. Ne recueillir que 14,5% alors qu'il est le chef du PS depuis très longtemps n'est pas un accident mais un désaveu complet. On verra s'il s'accroche comme une moule à son poste de premier secrétaire (ce que je pense) ou s'il jette l'éponge (lui, de toute façon, il pense à l'après-élection présidentielle depuis le début).
 


En troisième position, Ségolène Royal n'est pas parvenue à créer la surprise, son discours très ennuyeux (et répétitif) n'a pas imprimé. En revanche, elle servait d'arme létale pour le PS, mais, comme a dit un commentateur, le fusil s'est enrayé. Au lieu de flinguer Raphaël Glucksmann, cela a flingué Olivier Faure. Avec 7,6%, Ségolène Royal, néanmoins, a amélioré (un petit peu) son score de la primaire ouverte du PS le 9 octobre 2011 où elle avait montré de grosses larmes de crocodile parce qu'elle n'avait obtenu que 6,9% ! Ce dimanche, avec quinze ans de plus, Ségolène Royal a pris de la maturité, elle a reconnu sa déception, mais était belle joueuse, acceptant d'avoir perdu, d'avoir pu exprimer ses idées, sa parole de femme, et assurant qu'elle soutiendrait le vainqueur du jour.

Enfin, les deux petits candidats de témoignage ont été tous les deux au même niveau. Emmanuel Maurel, avec 5,9%, a fait nettement mieux que le nombre d'adhérents de son micro-partis (il a eu sept fois plus de voix que d'adhérents), ce qui a montré qu'il a su convaincre certains électeurs par les débats télévisés où il avait brillé. Quant à Jérôme Guedj, sans doute déçu d'arriver bon dernier, avec 5,8% des voix, était surtout heureux de la victoire de Raphaël Glucksmann, sans doute favorisé par le vote utile, et a voulu ajouter leur deux scores, qui donnerait 72%, ce que les sondages donnaient sur la volonté de ne faire aucune alliance avec les insoumis. Il est donc content que son point de vue ait été massivement approuvé par les électeurs de la primaire. Pour lui, la question des alliances du PS s'est réglée ce dimanche soir.

 


Les médias se sont donc enthousiasmés par la victoire de Raphaël Glucksmann. Mais il faut relativiser quand même, comme je l'ai écrit plus haut. En effet, cette primaire est loin de représenter le peuple français, même celui qui voterait pour le parti socialiste et ses alliés. En résumé, c'est un vote de militants et d'apparatchiks, trop contents d'avoir trouvé un cheval un petit peu plus sexy que Benoît Hamon ou Anne Hidalgo. Probablement qu'il va maintenant grimper dans les sondages, mais on a pu observer que pour Benoît Hamon, cela ne l'a pas favorisé sur le long terme. Certes, il était monté jusqu'à 18% dans les intentions de vote, mais il a reculé jusqu'à 6% au moment de l'élection. On pourrait dire de même avec la désignation de Valérie Pécresse qui a atteint 15% des intentions de vote pour finalement redescendre en dessous des 5% fatidiques.

La relativisation n'est pas seulement pour les sondages qui vont suivre dans les prochains jours. La victoire elle-même est à relativiser. Car il n'y a eu que 120 587 votants, ce qui est extrêmement faible. Rappelons que le 9 octobre 2011, lors de la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2012, quelque 2 661 231 personnes avaient pris part au vote, et à l'époque, il fallait se déplacer, car ce n'était pas un vote électronique (l'attaque a montré qu'il ne faut pas faire de vote électronique, car ce ne sera pas la dernière). En gros, 20 fois plus qu'en 2026. 120 000, c'est beaucoup pour le nombre d'adhérents d'un parti politique, mais c'est archinul pour le scrutin d'une primaire. À l'époque, Manuel Valls (qui avait terminé avec 5,6%) avait recueilli deux fois plus de suffrages que Raphaël Glucksmann ce dimanche ! Et Jean-Michel Baylet (avec 0,6% !) avait obtenu à peu près le même nombre de voix qu'Olivier Faure. En 2026, on n'est pas dans la même cour qu'en 2011.

 


Sur le plan politique, l'élection présidentielle de 2027 va donc être la première élection présidentielle sans présence d'un candidat du parti socialiste. C'est historique ! En clair, c'est l'acte de décès du parti socialiste qui a été signé ce dimanche 11 octobre 2026 à 18 heures 16, quand le bon "docteur" Patrick Mennucci (le médecin légiste, par ailleurs président de la commission d'organisation de cette primaire), a dévoilé les résultats du vote électronique (plus rapide, concédons-le, et sans fraude, sans polémique sur leur réalité, que les scrutins lors des congrès de ce parti).

On pourrait d'ailleurs s'étonner et se dire : ah bon, je croyais que le PS était déjà mort. Oui, c'est vrai, mais le PS ne le savait pas encore. Il continuait encore à vivre comme un canard sans tête, du moins depuis la désastreuse performance d'Anne Hidalgo en 2022 (1,8% des voix). On imagine ce que ça va donner en 2027 (aucune voix, donc).

Le responsable ? Certainement Olivier Faure, le véritable fossoyeur du parti socialiste. Il a d'ailleurs la responsabilité d'être venu chercher Raphaël Glucksmann deux fois, en 2019 et en 2024, pour conduire la liste socialiste aux élections européennes. Il ne fallait donc pas s'étonner que ce dernier puisse prendre son envol à titre personnel.

Pour la petite histoire, lors de la primaire socialiste de 2011, Olivier Faure avait soutenu François Hollande, Emmanuel Maurel avait soutenu Martine Aubry, Ségolène Royal avait soutenu... elle-même, et les deux autres candidats n'existaient pas encore dans l'appareil du PS de l'époque.

Les conséquences extérieures de la victoire de Raphaël Glucksmann sont assez claires. Jean-Luc Mélenchon, qui était en meeting à Clermont-Ferrand, a de quoi être se réjouir : il serait donc le seul vrai candidat de la vraie gauche, et aurait beau jeu de dénoncer son concurrent et ses supposées velléités de proximité avec le centre droit. Et c'est là où c'est plus grave : cette victoire va aider Jean-Luc Mélenchon à se hisser au second tour en divisant les voix des anciens électeurs macronistes au lieu de les ajouter. Je le redis : la candidature Raphaël Glucksmann n'est qu'un mirage, et va contribuer à établir un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. La sirène médiatique ne doit pas franchir le mur du peuple.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 octobre 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Primaire du PS : la victoire du stagiaire de la gauche bobo.
Mort du parti socialiste (décès constaté le 11 octobre 2026 à 18h16 à Paris).
Résultats officiels du premier tour de la primaire du PS le dimanche 11 octobre 2026 à 18h16.
L'anaphore de Jérôme Guedj contre Mélenchon.
Primaire 2026 du PS : débat à la sulfateuse !
Débat de la primaire du PS sur BFMTV le 4 octobre 2026 (vidéo intégrale).
Affaire Bardella : Soral confirme !
Primaire 2026 du PS : les 5 nains.
Débat de la primaire du PS sur France 2 et France Inter le 1er octobre 2026 (vidéo intégrale).
Affaire Bardella : le piège !
Les retraites selon Édouard Philippe.
Présentation par Édouard Philippe le 29 septembre 2026 de son projet pour les retraites (vidéo).
Sondage IFOP-Fiducial des intentions de vote à la présidentielle publié le 30 septembre 2026 pour LCI, Sud Radio et "Le Figaro" (à télécharger).
Emmanuel Macron : "desserrer l'étau, pas les taxes".
Primaire 2026 du PS : un débat télévisé qui fera date.
Débat de la primaire du PS sur LCI le 23 septembre 2026 (vidéo intégrale).
Décidément, Bernard Cazeneuve ne sera pas candidat en 2027 !
Interview de Bernard Cazeneuve sur Franceinfo le 10 septembre 2026 (vidéo).
Gabriel Attal veut les États-Unis d'Europe !
Discours de Gabriel Attal le 17 septembre 2026 à Reims (vidéo et texte intégral).
L'indulgence budgétaire de Marine Le Pen.
Sébastien Lecornu : 1 an à Matignon !
La petite musique de François Hollande.
Édouard Philippe sous le ciel de Tourcoing.
Gérald Darmanin, le premier matelot d'Édouard Philippe.
Natacha Polony, la perturbeuse d'entre-soi.
Pour qui roule-t-elle ?
Olivier Faure, l'homme des Blois.
Xavier Bertrand "continue à se préparer" à la présidentielle !
Pourquoi faut-il empêcher la candidature Glucksmann ?
L'extrémiste Jean-Luc Mélenchon.
Emmanuel Macron appelle à faire confiance au peuple français !
Résilience nationale.
Édouard Philippe lance sa campagne présidentielle.
Royale Primaire.
Présidentielle 2027 : la candidature favorite des intentions de vote.
Marine Le Pen : anatomie d'une lutte.
Les 40 ans de Sébastien Lecornu.
Le pari audacieux de Gabriel Attal.
François Bayrou fête son 75e anniversaire.
Les 7 merveilles de Valérie Pécresse.
L'adoption définitive du PLF 2026.
Tu as voulu voir la dissolution, et on a vu Bayrou !
François Bayrou, le début du commencement.
La quadrature du cercle de Michel Barnier.



 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20261011-glucksmann.html





http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/10/11/article-sr-20261011-glucksmann.html


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11 octobre 2026 7 11 /10 /octobre /2026 22:16

« Pour empêcher la présence de Jean-Luc Mélenchon (presque 81 ans à la fin du prochain quinquennat) au second tour, il faut un candidat issu des partis de gouvernement susceptible d'emporter l'adhésion des Français, mais aussi éviter la division du camp central. » (23 août 2026).





 


Le député européen Raphaël Glucksmann a été désigné candidat des socialistes à l'élection présidentielle de 2027 dès le premier tour de la primaire du PS, ce dimanche 11 octobre 2026, avec 66,2% (79 613 voix). En tout, 120 587 personnes ont voté sur les 134 467 inscrits (plus de 5 000 inscrits étaient des doublons et ont été éliminés), et, avec les votes nuls ou blancs, il y a eu 120 307 suffrages exprimés.

Incontestablement, la victoire de Raphaël Glucksmann est massive et sans ambiguïté. Pour une fois, les sondages et surtout les médias, les journalistes ont eu raison en considérant cette primaire comme une formalité pour Raphaël Glucksmann, homme effectivement très médiatique mais pas vraiment politique.


Les électeurs de la primaire ont donc fait comme à la primaire fermée du PS du 16 novembre 2006, à savoir, voter utile pour le ou la candidate la plus haute dans les sondages, en l'occurrence, une certaine Ségolène Royal, qui avait recueilli 60,6% des suffrages à l'époque. Oui oui, la même Ségolène Royal que celle qui a concouru cette année, vingt années plus tard ! Avec dix fois moins de pourcentages.


Dans sa déclaration de vainqueur, peu avant 19 heures, Raphaël Glucksmann n'a rien dit de transcendant, se répétait même, tout en mélangeant "ennemi" et "adversaire" pour désigner l'extrême droite (il a utilisé ces deux mots dans deux phrases différentes). Son discours récurrent ne tient qu'à une seule chose : voter pour moi pour battre l'extrême droite. Mais le problème, c'est qu'il ne faut jamais faire une campagne négative. Cela peut porter contre la dite extrême droite, mais pour autant, cela n'encourage pas les électeurs à voter pour vous. Quand on est candidat, il faut être constructif et dire pourquoi les électeurs voteraient pour vous, pour faire quoi ?

Mais revenons à l'avant-veille. Ce n'était pas de chance pour les socialistes et leurs alliés car le premier jour du premier tour de la primaire du PS, qui aurait dû avoir lieu du vendredi 9 octobre 2026 au samedi 10 octobre 2026 à 20 heures, a été télescopé par une attaque de hackers sur le site du vote électronique. Le résultat a été que seulement 20 000 électeurs sur les 134 000 inscrits ont pu voter dans la soirée du vendredi. Les organisateurs ont donc dû repousser au dimanche 11 octobre 2026 à 18 heures la période où le vote pouvait avoir lieu. En fin de journée du samedi, près de 90 000 inscrits ont pu voter, ce qui est déjà pas mal.

Certes, pourquoi s'inscrire (et payer une cotisation) si on ne vote pas ? Il y a mille raisons, évidemment, mais il faut savoir que pour 98 000 personnes, cette inscription s'est faite dans le cadre d'une cotisation à l'un des trois partis participants (Parti socialiste, Place publique, Gauche républicaine et socialiste), et donc, leur inscription d'office provient d'une adhésion au parti politique et pas forcément d'une volonté de participer à la primaire (certes, beaucoup d'adhésions ont eu lieu après l'annonce de la primaire, ainsi, Place publique a triplé le nombre de ses adhérents en quelques semaines, certainement pour soutenir Raphaël Glucksmann).
 


La campagne de cette primaire du PS a suscité un petit intérêt politique, une curiosité (dans le sens d'un musée des curiosités), grâce à la participation de Ségolène Royal, seule candidate à avoir un peu de notoriété, après plus de trente ans de vie politique, et deux autres participations à une primaire, et surtout, un candidature à l'élection présidentielle en 2007 où elle a été qualifiée au second tour.

"L'état des lieux"des quatre autres candidats n'était plus trop à refaire.

Raphaël Glucksmann, le chouchou des médias, n'est pas vraiment connu de ceux des Français qui ne sont pas nourris d'une forte passion pour la politique, il est sur le marché électoral seulement depuis 2019 (il y a sept ans), ce qui est court pour avoir une stature présidentielle (certes, il y a eu Emmanuel Macron).

Quant à Olivier Faure, son principal adversaire dans cette téléréalité, qui a déjà une très longue carrière politique, mais plutôt dans les coulisses, il est sous le feu des projecteurs depuis une dizaine d'années, d'abord comme président du groupe PS à l'Assemblée (à une époque où le PS était au gouvernement), puis comme premier secrétaire du PS depuis 2018. Son manque de charisme peut être compensé par une grande habileté politique, notamment par l'inscription de nombreux amis dans le corps électoral. Cet apparatchik connaît bien la réussite des congrès alors que son autorité était de plus en plus contestée et le vote des adhérents de plus en plus serré.

Les deux autres candidatures, celles de Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, sont plus personnelles, des candidatures de témoignage. Emmanuel Maurel utilise tous les canaux possibles pour faire entendre ses convictions et ses propositions. L'objectif de Jérôme Guedj est encore plus précis, refuser absolument toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon, même au prix d'échecs électoraux. Bien que positionné à l'aile gauche du PS (il a fait partie des députés frondeurs sous François Hollande), Jérôme Guedj pourrait être la clef décisive de pont entre le PS et le Bloc central pour éviter un second tour entre les deux extrémismes.

La victoire massive de Raphaël Glucksmann a surtout montré que tous ceux qui se sont inscrits à l'occasion de cette primaire, que ce soit dans le cadre d'un parti politique, y compris au PS, ou à titre indépendant, l'ont fait principalement pour soutenir Raphaël Glucksmann. Cela lui donne une certaine légitimité, même si, dans ce contexte, il faut relativiser énormément, j'y reviendrai un peu plus loin.


Plus que la victoire du vainqueur, ce sont des claques monumentales des perdants qui resteront dans l'histoire politique, et en particulier, pour l'adversaire favori : Olivier Faure. Ne recueillir que 14,5% alors qu'il est le chef du PS depuis très longtemps n'est pas un accident mais un désaveu complet. On verra s'il s'accroche comme une moule à son poste de premier secrétaire (ce que je pense) ou s'il jette l'éponge (lui, de toute façon, il pense à l'après-élection présidentielle depuis le début).
 


En troisième position, Ségolène Royal n'est pas parvenue à créer la surprise, son discours très ennuyeux (et répétitif) n'a pas imprimé. En revanche, elle servait d'arme létale pour le PS, mais, comme a dit un commentateur, le fusil s'est enrayé. Au lieu de flinguer Raphaël Glucksmann, cela a flingué Olivier Faure. Avec 7,6%, Ségolène Royal, néanmoins, a amélioré (un petit peu) son score de la primaire ouverte du PS le 9 octobre 2011 où elle avait montré de grosses larmes de crocodile parce qu'elle n'avait obtenu que 6,9% ! Ce dimanche, avec quinze ans de plus, Ségolène Royal a pris de la maturité, elle a reconnu sa déception, mais était belle joueuse, acceptant d'avoir perdu, d'avoir pu exprimer ses idées, sa parole de femme, et assurant qu'elle soutiendrait le vainqueur du jour.

Enfin, les deux petits candidats de témoignage ont été tous les deux au même niveau. Emmanuel Maurel, avec 5,9%, a fait nettement mieux que le nombre d'adhérents de son micro-partis (il a eu sept fois plus de voix que d'adhérents), ce qui a montré qu'il a su convaincre certains électeurs par les débats télévisés où il avait brillé. Quant à Jérôme Guedj, sans doute déçu d'arriver bon dernier, avec 5,8% des voix, était surtout heureux de la victoire de Raphaël Glucksmann, sans doute favorisé par le vote utile, et a voulu ajouter leur deux scores, qui donnerait 72%, ce que les sondages donnaient sur la volonté de ne faire aucune alliance avec les insoumis. Il est donc content que son point de vue ait été massivement approuvé par les électeurs de la primaire. Pour lui, la question des alliances du PS s'est réglée ce dimanche soir.

 


Les médias se sont donc enthousiasmés par la victoire de Raphaël Glucksmann. Mais il faut relativiser quand même, comme je l'ai écrit plus haut. En effet, cette primaire est loin de représenter le peuple français, même celui qui voterait pour le parti socialiste et ses alliés. En résumé, c'est un vote de militants et d'apparatchiks, trop contents d'avoir trouvé un cheval un petit peu plus sexy que Benoît Hamon ou Anne Hidalgo. Probablement qu'il va maintenant grimper dans les sondages, mais on a pu observer que pour Benoît Hamon, cela ne l'a pas favorisé sur le long terme. Certes, il était monté jusqu'à 18% dans les intentions de vote, mais il a reculé jusqu'à 6% au moment de l'élection. On pourrait dire de même avec la désignation de Valérie Pécresse qui a atteint 15% des intentions de vote pour finalement redescendre en dessous des 5% fatidiques.

La relativisation n'est pas seulement pour les sondages qui vont suivre dans les prochains jours. La victoire elle-même est à relativiser. Car il n'y a eu que 120 587 votants, ce qui est extrêmement faible. Rappelons que le 9 octobre 2011, lors de la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2012, quelque 2 661 231 personnes avaient pris part au vote, et à l'époque, il fallait se déplacer, car ce n'était pas un vote électronique (l'attaque a montré qu'il ne faut pas faire de vote électronique, car ce ne sera pas la dernière). En gros, 20 fois plus qu'en 2026. 120 000, c'est beaucoup pour le nombre d'adhérents d'un parti politique, mais c'est archinul pour le scrutin d'une primaire. À l'époque, Manuel Valls (qui avait terminé avec 5,6%) avait recueilli deux fois plus de suffrages que Raphaël Glucksmann ce dimanche ! Et Jean-Michel Baylet (avec 0,6% !) avait obtenu à peu près le même nombre de voix qu'Olivier Faure. En 2026, on n'est pas dans la même cour qu'en 2011.

 


Sur le plan politique, l'élection présidentielle de 2027 va donc être la première élection présidentielle sans présence d'un candidat du parti socialiste. C'est historique ! En clair, c'est l'acte de décès du parti socialiste qui a été signé ce dimanche 11 octobre 2026 à 18 heures 16, quand le bon "docteur" Patrick Mennucci (le médecin légiste, par ailleurs président de la commission d'organisation de cette primaire), a dévoilé les résultats du vote électronique (plus rapide, concédons-le, et sans fraude, sans polémique sur leur réalité, que les scrutins lors des congrès de ce parti).

On pourrait d'ailleurs s'étonner et se dire : ah bon, je croyais que le PS était déjà mort. Oui, c'est vrai, mais le PS ne le savait pas encore. Il continuait encore à vivre comme un canard sans tête, du moins depuis la désastreuse performance d'Anne Hidalgo en 2022 (1,8% des voix). On imagine ce que ça va donner en 2027 (aucune voix, donc).

Le responsable ? Certainement Olivier Faure, le véritable fossoyeur du parti socialiste. Il a d'ailleurs la responsabilité d'être venu chercher Raphaël Glucksmann deux fois, en 2019 et en 2024, pour conduire la liste socialiste aux élections européennes. Il ne fallait donc pas s'étonner que ce dernier puisse prendre son envol à titre personnel.

Pour la petite histoire, lors de la primaire socialiste de 2011, Olivier Faure avait soutenu François Hollande, Emmanuel Maurel avait soutenu Martine Aubry, Ségolène Royal avait soutenu... elle-même, et les deux autres candidats n'existaient pas encore dans l'appareil du PS de l'époque.

Les conséquences extérieures de la victoire de Raphaël Glucksmann sont assez claires. Jean-Luc Mélenchon, qui était en meeting à Clermont-Ferrand, a de quoi être se réjouir : il serait donc le seul vrai candidat de la vraie gauche, et aurait beau jeu de dénoncer son concurrent et ses supposées velléités de proximité avec le centre droit. Et c'est là où c'est plus grave : cette victoire va aider Jean-Luc Mélenchon à se hisser au second tour en divisant les voix des anciens électeurs macronistes au lieu de les ajouter. Je le redis : la candidature Raphaël Glucksmann n'est qu'un mirage, et va contribuer à établir un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. La sirène médiatique ne doit pas franchir le mur du peuple.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 octobre 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Primaire du PS : la victoire du stagiaire de la gauche bobo.
Mort du parti socialiste (décès constaté le 11 octobre 2026 à 18h16 à Paris).
Résultats officiels du premier tour de la primaire du PS le dimanche 11 octobre 2026 à 18h16.
L'anaphore de Jérôme Guedj contre Mélenchon.
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Les retraites selon Édouard Philippe.
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Emmanuel Macron : "desserrer l'étau, pas les taxes".
Primaire 2026 du PS : un débat télévisé qui fera date.
Débat de la primaire du PS sur LCI le 23 septembre 2026 (vidéo intégrale).
Décidément, Bernard Cazeneuve ne sera pas candidat en 2027 !
Interview de Bernard Cazeneuve sur Franceinfo le 10 septembre 2026 (vidéo).
Gabriel Attal veut les États-Unis d'Europe !
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L'indulgence budgétaire de Marine Le Pen.
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La petite musique de François Hollande.
Édouard Philippe sous le ciel de Tourcoing.
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Pourquoi faut-il empêcher la candidature Glucksmann ?
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Résilience nationale.
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Royale Primaire.
Présidentielle 2027 : la candidature favorite des intentions de vote.
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Les 40 ans de Sébastien Lecornu.
Le pari audacieux de Gabriel Attal.
François Bayrou fête son 75e anniversaire.
Les 7 merveilles de Valérie Pécresse.
L'adoption définitive du PLF 2026.
Tu as voulu voir la dissolution, et on a vu Bayrou !
François Bayrou, le début du commencement.
La quadrature du cercle de Michel Barnier.



 





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20261011-primaire-ps-premier-tour.html

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/10/11/article-sr-20261011-primaire-ps-premier-tour.html

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11 octobre 2026 7 11 /10 /octobre /2026 19:16

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Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20261011-primaire-ps-premier-tour.html


Communiqué de la primaire de la gauche CHOISIR 2027
Résultats du premier tour d'une primaire de la gauche marquée par l'engouement des électeurs

Le dimanche 11 octobre 2026, à 18H00, s'est conclu le premier tour de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. Les résultats de ce premier tour sont les suivants :

- Olivier Faure : 14,46 % (17 398 voix)
- Jérôme Guedj : 5,83 % (7 012 voix)
- Emmanuel Maurel: 5,92 % (7 119 voix)
- Raphaël Glucksmann : 66,17% (79 613 voix)
- Ségolène Royal : 7,62 % (9 165 voix)

Le scrutin s'est tenu du vendredi 9 octobre 8h00 au dimanche 11 octobre 18h00 après avoir été rallongé d'une journée à la suite d'attaques informatiques importantes dans la journée du 9 octobre.
Celles-ci n'ont ni compromis la loyauté du scrutin, ni interrompu le processus de vote, mais elles ont considérablement ralenti la capacité des électeurs à se prononcer. Or, au dimanche 11 octobre, à 17h00, avec une participation de 88,88% soit 120 787 électeurs sur les 134 456 en capacité de voter, l'engouement des électeurs de gauche est avéré pour cet exercice démocratique inédit dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle de 2027.

Les organisateurs du scrutin ont mobilisé une très grande énergie et des moyens humains et techniques conséquents pour assurer le déroulement et l'intégrité de ce scrutin. À cet égard, alors que 140 282 personnes s'étaient inscrites, des vérifications rigoureuses opérées dans un temps restreint, ont retranché des électeurs qui n'étaient pas identifiés sur les listes électorales ou qui étaient présents dans plusieurs partis à la fois. Les frustrations que ces contrôles rigoureux ont induites sont à la hauteur de la rigueur des opérations de vote.
 



Source : Organisation de la primaire du PS.

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20261011-resultat-primaire-ps-premier-tour.html

 

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6 octobre 2026 2 06 /10 /octobre /2026 04:04

« J'ai l'habitude des agressions verbales pendant mes campagnes. Mais venant de vous, ça m'a particulièrement choquée, car en plus, c'est une agression à connotation sexuelle. » (Ségolène Royal à Raphaël Glucksmann, le 4 octobre 2026 sur BFMTV).





 


Les cinq candidats à la primaire socialiste, à savoir Olivier Faure, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, se sont retrouvés une troisième et dernière fois le dimanche 4 octobre 2026 dans la soirée pour leur ultime débat télévisé diffusé en direct sur BFMTV en partenariat avec "Libération", animé par Apolline de Malherbe et Maxime Switek. L'émission a duré plus de trois heures et quart (toujours plus !) qu'on peut réécouter ici.

En fait, il n'y a rien de nouveau par rapport au premier débat (sur LCI) et au second débat (sur France 2), à cela près que la première demi-heure a été caractérisée par la sulfateuse ! En effet, presque tous les candidats se sont lâchés dès le début de l'émission, ce qui a dû faire renoncer de nombreux téléspectateurs à poursuivre. Ceux qui ont suivi jusqu'au bout des trois heures et quart devraient recevoir une récompense pour leur persévérance (vaine) et leur patience (agacée).

Il faut dire que peu de temps avant le débat, une vidéo était sortie opportunément montrant Raphaël Glucksmann parler avec certains de ses militants avec des propos inappropriés. Il a notamment fustigé Ségolène Royal qui, selon lui, aurait fait
« la danse du ventre » devant Emmanuel Macron pour avoir des postes durant ses quinquennats. Elle lui a donc dit en face que c'étaient des propos sexistes.
 


Peut-être que Raphaël Glucksmann est sexiste, je n'en sais rien, mais son propos peu flatteur sur la danse du ventre ne l'est assurément pas, il aurait pu s'appliquer aussi bien à un homme qu'à une femme. Ségolène Royal (dont j'ose parler du vêtement rouge qui se confondait désespérément dans le fond rouge du studio de télévision), faute d'autres arguments, a joué à la victimisation, ce qui ne la hausse pas vraiment d'un point de vue politique. Jouerait-elle la même vierge effarouchée face à Marine Le Pen ? Quelle en serait sa crédibilité ?

L'ancienne tête de liste aux européennes s'est aussi permis des propos assez vulgaires (je leur
« pisse » dessus) sur Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. C'était stupide de sa part, car cela a cassé l'image qu'on pouvait avoir de lui (celle d'un homme lisse, courtois, toujours propre sur lui), et même si ce n'était pas horrible, cette séquence a rendu un peu stupéfait le candidat qui ne savait pas comment s'en sortir.

Un peu plus tard, Olivier Faure lui a recommandé de s'excuser :
« Le plus simple, c'est de s'excuser ! (…) Tu t'excuses ou tu ne t'excuses pas, ça ne me regarde pas ! ». Ce qu'il a fait très mollement sans vraiment s'excuser, juste en disant à sa voisine de tribune : « Je suis désolé ! ». La justification de propos privés ne tenait pas, car sinon, il n'y aurait jamais eu d'Affaire Bardella.

Cela n'a pas suffi à éviter certains commentaires désobligeants, comme celui-ci le soir-même sur Twitter :
« Le désastre Glucksmann se poursuit inexorablement. Bien évidemment ce candidat est totalement sexiste et confirme son masculinisme qui a obligé Léa Salamé à mettre entre parenthèses sa carrière pour Monsieur. Glucksmann aurait dû après cette vidéo se retirer. ». Un autre commentaire sur Youtube : « Je tiens des propos indignes mais en privé, hein ! La hauteur de vue de cet individu, c'est quelque chose ! Comment peut-on imaginer un quart de seconde ce navet Président de la République ? ».

Cela a aussi permis à Ségolène Royal de dénoncer le « hold-up » que Raphaël Glucksmann était en train de commettre sur le PS et de partir avec son butin, le soupçonnant de vouloir faire alliance avec la méchante droite. Du coup, la parole de Raphaël Glucksmann s'est dévaluée : « Je veux que nous puissions gouverner dans la clarté, je refuse les compromissions avec les Insoumis et avec Jean Luc Mélenchon. ».

Plus généralement, la prestation de Ségolène Royal était pitoyable, on sent vraiment le naufrage de la vieillesse, plus encore que dans les deux précédents débats. J'ai cherché des moments où certains (pas moi) pourraient voter pour elle, et je n'en ai pas trouvé un seul. Sa seule utilité, c'est de sulfater Raphaël Glucksmann, et je trouve que sur ce point, elle s'est bien débrouillée, elle a même atteint son objectif. Pour le bénéfice de qui ? Olivier Faure, bien sûr.
 


L'autre duel improvisé, c'était Jérôme Guedj contre Olivier Faure. Le député de l'Essonne a repris ses accusations contre le député de Seine-et-Marne sur les alliances avec Jean-Luc Mélenchon. Là encore, Jérôme Guedj a mis le doigt sur une divergence majeure puisqu'elle porte sur les valeurs. Olivier Faure a tenté de lui répondre en lisant le bouquin de cet ancien bébé Mélenchon (à Massy), ce qui lui a fait un peu plus de publicité (Emmanuel Maurel, lui, n'a pas eu le temps de le lire !).

Et Emmanuel Maurel se trouvait un peu seul dans ce débat, comprenant que pour avoir du temps d'antenne, il fallait interpeller ses petits camarades. Du reste, de,ces trois débats, c'est sans doute sa personnalité qui se dégage le plus, parce que très inconnu du grand public, il a gagné en notoriété, et il semble plaisant, poli et respectueux des autres, même si son look crâne d'œuf est loin d'être très sexy !

L'autre point majeur de divergence des débatteurs, c'est sur le soutien sans faille à l'Ukraine. Osant (ça ose tout) citer Jaurès, Ségolène Royal est tombée dans le piège de Munich (la référence a été citée) en réclamant la paix avant tout, alors que Vladimir Poutine ne veut pas la paix et renforce la guerre. Cela a conduit Jérôme Guedj à parler du discours sirupeux de Ségolène Royal qui a protesté sur le terme, remplacé alors par naïf, ce qui n'est guère mieux ! Jérôme Guedj a souhaité la victoire de l'Ukraine : « Il faut que la France continue le financement et la livraison des armes, [car] c'est notre sécurité qui se joue là-bas. ». Même Olivier Faure a appelé la frontière ukrainienne « la frontière de la liberté ».

Au moins, Emmanuel Maurel était lucide et réfléchissait en conséquence :
« Il faut saisir les avoirs gelés des Russes pour financer l'effort de guerre et nous préparer à un certain nombre d'actes, de faire de la cyberdéfense parce que les Russes vont tenter, sur le territoire français et européen, de nous attaquer. ».
 


Sur les autres sujets, au contraire, les cinq candidats étaient sur la même ligne, celle d'une gauche archi-archaïque d'avant-1981 ! Décidément, les leçons de l'histoire ne sont donc jamais apprises. Surenchère de démagogie à tous les étages : suppression de Parcoursup, imposition massive, taxation des riches, etc.

Un sujet symptomatique, l'immigration. Ils étaient tous pour la régularisation des travailleurs étrangers en situation irrégulière, comme l'a fait le Premier Ministre espagnol Pedro Sanchez. Olivier Faure s'est interrogé : « Notre économie ne tourne pas toute seule (…). On fait comme si on avait pas vu, on les laisse sans droits, ou on dit qu'ils travaillent et qu'ils méritent des droits ? ». Raphaël Glucksmann a parlé de réalisme : « Les tenants de l'immigration zéro sont soit dans une forme de négation de la réalité ou alors ils mentent. ». Ségolène Royal aussi y est allée avec la « grande hypocrisie de laisser dans l'irrégularité les salariés que certains patrons ont fait venir » (on aimerait connaître l'identité des "patrons [qui] en ont fait venir"), etc.

Le plus éloquent, dans cette course à l'échalote, est Emmanuel Maurel qui, pour répondre aux manifestations des lycéens, a proposé de ne plus du tout financer l'enseignement privé sous contrat, ce qui conduirait nécessairement à une nouvelle guerre scolaire. Cette proposition a reçu le quitus des autres compétiteurs, notamment Olivier Faure qui a dit que l'enseignement libre, c'était une école de
« Blancs » (là aussi, il fallait oser ; seuls les insoumis se permettent des arguments racialistes), et qu'il fallait de la mixité sociale. Il faudrait avoir les statistiques, mais les écoles catholiques ont l'habitude d'accueillir tous les enfants différents, que ce soit des étrangers, des familles modestes, ou des enfants en situation de handicap, donc je doute qu'il y ait moins de mixité sociale que dans le public (il faut être prudent car, avant tout, il faudrait les chiffres).

Ce qui est sûr, c'est qu'aucun protagoniste n'a rappelé que les établissements privés qui jouissent d'un financement public sont sous contrat de
l'Éducation nationale et par conséquent, doivent suivre le même programme scolaire et les professeurs sont sélectionnés par des concours du même genre que les concours publics. En revanche, l'intérêt pour l'État et les collectivités territoriales, c'est qu'ils ne financent pas les murs.

En déficit de crédibilité pour son positionnement à gauche, Raphaël Glucksmann a dû se montrer zélé sur les mesures à gauche. Ainsi en est-il de la surtaxation des héritages, des vilains riches, etc. Il est aussi, comme ses autres camarades, pour l'abrogation de la réforme des retraites et le retour à 62 ans (sans dire comment ça se financerait), etc.
 


La conclusion de ces débats a été délivrée par un internaute sur Youtube : « 3h15 de cruelles preuves sur le fait qu'en 10 ans, le parti socialiste a plus passé de temps à se sauver qu'à tenter de sauver la cause qu'il est censé défendre. Bref, un débat de café (de Flore) fait de programmes imaginaires construit autour de "il faut" et de "y a qu'à", où l'esthétique des constats ne suffit pas à répondre à la brutalité du monde. ». Et par cette synthèse : « On a vu 4 frères et une sœur qui se battaient pour un héritage lol. ». Ou : « On nous vendait un débat politique, on a surtout assisté à un repas de famille qui tourne mal. ». Ou encore : « Qui aura le droit d'aller faire moins de 2% au premier tour ? Le suspens est à son comble ! ».

La torture socialo-préprésidentielle se termine les 9 et 10 octobre 2026 pour le premier tour de la primaire du PS. Pour voter, il fallait s'inscrire (et payer 15 euros) avant ce lundi 5 octobre 2026 dans la soirée. Tout porte à croire que le clivage, et donc le suspense, seront surtout entre Raphaël Glucksmann et Olivier Faure.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 octobre 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Primaire 2026 du PS : débat à la sulfateuse !
Débat de la primaire du PS sur BFMTV le 4 octobre 2026 (vidéo intégrale).
Affaire Bardella : Soral confirme !
Primaire 2026 du PS : les 5 nains.
Débat de la primaire du PS sur France 2 et France Inter le 1er octobre 2026 (vidéo intégrale).
Affaire Bardella : le piège !
Les retraites selon Édouard Philippe.
Présentation par Édouard Philippe le 29 septembre 2026 de son projet pour les retraites (vidéo).
Sondage IFOP-Fiducial des intentions de vote à la présidentielle publié le 30 septembre 2026 pour LCI, Sud Radio et "Le Figaro" (à télécharger).
Emmanuel Macron : "desserrer l'étau, pas les taxes".
Primaire 2026 du PS : un débat télévisé qui fera date.
Débat de la primaire du PS sur LCI le 23 septembre 2026 (vidéo intégrale).
Décidément, Bernard Cazeneuve ne sera pas candidat en 2027 !
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Discours de Gabriel Attal le 17 septembre 2026 à Reims (vidéo et texte intégral).
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Xavier Bertrand "continue à se préparer" à la présidentielle !
Pourquoi faut-il empêcher la candidature Glucksmann ?
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Résilience nationale.
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Présidentielle 2027 : la candidature favorite des intentions de vote.
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Les 40 ans de Sébastien Lecornu.
Le pari audacieux de Gabriel Attal.
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Les 7 merveilles de Valérie Pécresse.
L'adoption définitive du PLF 2026.
Tu as voulu voir la dissolution, et on a vu Bayrou !
François Bayrou, le début du commencement.
La quadrature du cercle de Michel Barnier.




 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20261004-primaire-ps-bfmtv.html

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4 octobre 2026 7 04 /10 /octobre /2026 21:40

(vidéo)



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Débat de la primaire du PS le dimanche 4 octobre 2026 sur BFMTV.
Participants : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel.
Modérateurs : Apolline de Malherbe et Maxime Switek.








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3 octobre 2026 6 03 /10 /octobre /2026 04:34

« Des gens qui disent que la police tue, ce n'est pas nos valeurs ! » (Jérôme Guedj, le 1er octobre 2026 sur France 2).





 


Les cinq candidats à la primaire socialiste, à savoir Olivier Faure, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, se sont retrouvés le jeudi 1er octobre 2026 dans la soirée pour leur deuxième débat télévisé diffusé en direct sur France 2 et France Inter, animé par Caroline Roux et Benjamin Duhamel. L'émission a duré plus de deux heures et quart qu'on peut réécouter ici.

En fait, il n'y a rien de nouveau par rapport au premier débat, malgré l'actualité très brûlante des derniers jours : lycéens en grève, Affaire Bardella, présentation du budget 2027 par le gouvernement, présentation du projet de réforme des retraites par le candidat Édouard Philippe, etc.

Ces cinq candidats sont des nains politiques et sont apparemment voués à le rester. On pourrait quand même s'en étonner, car Ségolène Royal avait réussi à être qualifiée au second tour de l'élection présidentielle de 2007 et Raphaël Glucksmann avait obtenu un envieuse troisième place aux élections européennes de 2024.


Ségolène Royal a été particulièrement pitoyable durant cette émission, réclamant des nominations irréprochables alors que ses pratiques dans la région Poitou-Charentes l'étaient beaucoup moins ! Pire que cela. Elle a fait du populisme systématique, caressant dans le sens du poils toutes les catégories de Français qui se rebelleraient. En quelque sorte, Ségolène Royal s'est florianphilippotisée !

Un exemple parmi d'autres. Elle a dit : avec moi, il n'y aurait pas de contestation, car j'aurais discuté avec les gens auparavant. Apparemment, elle ne doit pas vivre dans le même pays ! Elle a même donné une pseudo-preuve : quand les bonnets rouges ont été trop insistants, elle a cédé sur la taxe carbone, enfin, celle qui devait être mise en place par Ecomouv, l'écotaxe. Elle l'a dit pour évoquer les gilets jaunes dont la contestation a commencé sur le prix de l'essence et la taxe carbone (une autre).

Sur l'écotaxe : si on écoutait Ségolène Royal, le gouvernement serait celui de la rue, car pourquoi d'autres catégories de Français se priveraient-elles de manifester leur mécontentement si le gouvernement cédait à chaque injonction ? L'intérêt général, c'est aussi de choisir et de donner des priorités, pas de dire oui à tout le monde, sans vision, sans horizon. On imagine ce que donnerait la méthode Royal dans l'éducation de parents.


Mais parlons de la taxe carbone sur l'essence qui a fait soulever le mouvement des gilets jaunes. Ce n'était pas Emmanuel Macron mais elle-même, Ségolène Royal, avec François Hollande, qui l'ont mise en place avant 2017 avec application pour 2019. L'erreur politique d'Emmanuel Macron, c'est de ne pas l'avoir stoppée et d'avoir laissé la réglementation évoluer passivement. Ségolène Royal n'a vraiment pas honte de ce qu'elle dit, c'est terrible (alors qu'elle le devrait) car ses auditeurs semblent avoir la mémoire courte, du moins les deux journalistes censés a priori apporter un cadre au débat.
 


Raphaël Glucksmann s'est distingué par sa volonté de faire renaître la guerre scolaire. Écoutez-le bien, il a même dit que ce n'était pas le but (de refaire une guerre scolaire), ce qui prouverait justement que c'est ce qui se passerait (sinon, pourquoi la craindrait-il ?). Pourquoi ? Parce qu'il trouve actuellement scandaleux que l'enseignement privé soit financé par l'État sans contrepartie. Il a même osé dire que l'État se mettait en situation de concurrence avec le privé (il vaut mieux entendre cela que d'être sourd). Il voudrait comme contrepartie que les établissements scolaires privés fassent de la mixité sociale. Pourtant, la plupart des établissements privés pratiquent déjà la mixité sociale, en particulier les établissements catholiques.

À l'évidence, Raphaël Glucksmann n'a rien compris au principe de l'enseignement privé sous contrat. La contrepartie, c'est le contrat, cela signifie que les établissements privés sous contrat (je n'évoque pas les autres) sont obligés de suivre les programmes scolaires définis par le gouvernement et sont contrôlés par des inspecteurs académiques (de l'État donc). Le principe est gagnant gagnant : l'établissement privé jouit d'une plus grande liberté pour assurer la scolarité, notamment lorsqu'il est catholique ; l'État profite de la structure en minimisant ses coûts (il ne paie que le traitement des enseignants, au demeurant moins élevé que dans le public, mais ne paie pas les bâtiments). Je parle de l'État au sens large (y compris les collectivités territoriales chargées de financer les bâtiments).

Revenir sur ce savant équilibre viendrait à créer une nouvelle guerre scolaire. La précédente s'est terminée avec la chute d'un gouvernement, une débâcle électorale et surtout, une manifestation d'un à deux millions de personnes à Paris en 1984.

Pourquoi Raphaël Glucksmann propose une telle mesure ? Parce qu'il ne connaît pas l'histoire politique du pays, il n'a pas compris l'extrême sensibilité de certains sujets, et il fallait bien trouver quelque chose à dire sur l'éducation (l'idée est d'être original pour se démarquer des copains).


Avec Olivier Faure, en revanche, c'est la gauche traditionnelle dans le pire sens du mot : taxes, impôts, cotisations, les Français vont raquer ! Il a soutenu la taxe Zucman du nom de cet économiste idéologue d'un autre siècle (le dix-neuvième, pas le vingtième) qui aurait pour conséquence la fuite de toutes les industries qui étaient encore restées en France. Dommage que le premier secrétaire du PS n'a, semble-t-il, jamais rencontré le Prix Nobel d'Économie Philippe Aghion dont les propos sont toujours clairs et compréhensibles.

Emmanuel Maurel était aussi dans cette ligne et même pire, expliquait qu'il refusait l'idée que l'État dépenserait trop. Il voudrait plus d'impôts pour dépenser plus. Les contribuables apprécieront... car le discours de "faire payer les riches" aboutit systématiquement à faire payer la classe moyenne. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas assez de riches, et faire payer la classe moyenne est beaucoup plus rentable pour l'État dépensier. Accordons à Emmanuel Maurel un bon point : il a proposé de faire un emprunt populaire pour financer certains investissements, pour utiliser les 600 milliards d'euros d'épargne qui seraient sur un compte courant, sans intérêts. Le dernier emprunt a eu lieu en 1993 et a levé 39 milliards d'euros (Ségolène Royal a mis en doute la confiance des Français craignant de perdre leur épargne alors que la parole de l'État a toujours été respectée).

Il faut reconnaître que Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann étaient plus soucieux des contribuables en voulant réduire la dépense publique. Mieux pour Raphaël Glucksmann qui a proposé de réduire le taux de la CSG sur les salaires afin de rapprocher le salaire net du salaire brut (ce qui a ulcéré Olivier Faure).
 


En fait, ces cinq nains ne sont d'accord sur pas grand-chose. Certes, ils veulent plus d'éducation, usent de la démagogie en soutenant le mouvement lycéen, mais sans les violences, et blâment les supposés propos antisémite de Jordan Bardella en lui indiquant le chemin de la démission... du Parlement Européen (malgré son élection).

Mais sur des sujets essentiels, qui concernent les valeurs ou encore qui concernent un élément majeur de la patrie, ils sont en totale désunion, et je me demande, par voie de conséquence, à quoi rime une telle primaire dont le vainqueur sera opposé sur ces points majeurs à ses concurrents, comment ceux-ci pourraient-ils ensuite le soutenir ?

Car, comme dans le premier débat, trois sujets majeurs ont opposé les cinq candidats.

Le premier est la guerre en Ukraine. Ségolène Royal a fustigé les "jusqu'au-boutistes", comprendre ceux qui soutiennent l'Ukraine dans son existence et son intégrité territoriale, comme Raphaël Glucksmann mais aussi Jérôme Guedj. Elle s'est sentie choquée qu'on la traite de poutinolâtre mais c'est pourtant bien ce qu'elle est. Vladimir Poutine qui veut mobiliser un ou deux millions de nouveaux soldats (pour quoi faire ?) n'a pas du tout l'intention de faire la paix, bien au contraire. Et nous, l'Europe, il faudrait que nous ne soyons pas fermes, que nous restions sans rien faire ? Esprit de Munich. Honte à Ségolène Royal ! C'est pourquoi j'ai écrit plus haut qu'elle se florianphilippotisait.

Autre sujet de discorde grave entre Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann : Gaza. Elle voudrait que tous les candidats parlent de génocide, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj, qui ne soutiennent pas l'action du gouvernement israélien à Gaza, s'opposent à ce terme qui ferait le jeu du Hamas. Olivier Faure n'a pas dit grand-chose sur le sujet mais pense comme Ségolène Royal.

 


Enfin, le troisième sujet clivant, la tarte à la crème, c'est Jean-Luc Mélenchon. Là, Olivier Faure était sur le front. Pas question de renoncer à l'union de la gauche, même avec les insoumis. Pour Jérôme Guedj, qui s'est mieux préparé qu'au premier débat, a sorti une longue anaphore pour dire qu'il n'avait pas les mêmes valeurs que les insoumis, en donnant de nombreux exemples. Raphaël Glucksmann a même dit qu'Olivier Faure n'avait pas l'intention de gagner l'élection présidentielle alors que lui, si ! Emmanuel Maurel, quant à lui, a expliqué que le problème Mélenchon n'a pas lieu d'être : après l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, à 75 ans, n'existera plus et ne sera candidat à plus rien.

Ce que signifie surtout le débat sur l'alliance ou pas avec Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'aucun de ces cinq candidats, pas même Raphaël Glucksmann, quoi qu'il en dise, n'a d'espoir d'avoir la capacité de ne pas avoir besoin des insoumis à l'élection présidentielle puis aux élections législatives. Ce qui sera le plus intéressant, dans cette primaire, ce sera surtout le nombre d'électeurs. La dynamique est à ce prix (c'est-à-dire 15 euros).



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er octobre 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Primaire 2026 du PS : les 5 nains.
Débat de la primaire du PS sur France 2 et France Inter le 1er octobre 2026 (vidéo intégrale).
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Xavier Bertrand "continue à se préparer" à la présidentielle !
Pourquoi faut-il empêcher la candidature Glucksmann ?
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Le pari audacieux de Gabriel Attal.
François Bayrou fête son 75e anniversaire.
Les 7 merveilles de Valérie Pécresse.
L'adoption définitive du PLF 2026.
Tu as voulu voir la dissolution, et on a vu Bayrou !
François Bayrou, le début du commencement.
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2 octobre 2026 5 02 /10 /octobre /2026 00:30

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Débat de la primaire du PS le jeudi 1er octobre 2026 sur France 2 et France Inter.
Participants : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel.
Modérateurs : Caroline Roux et Benjamin Duhamel.








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1 octobre 2026 4 01 /10 /octobre /2026 04:29

« Mon engagement est clair : mon projet sera responsable pour tous et juste pour chacun. Il préservera notre système, reconnaîtra les parcours difficiles, donnera leur place à ceux qui veulent encore travailler et préparera la retraite des générations qui viennent. » (Édouard Philippe, le 29 septembre 2026).







 


Un candidat à l'élection présidentielle peut-il gagner s'il est responsable, soucieux de l'intérêt général, désireux d'éviter les plus gros malheurs à son pays et qu'il ne fait pas de surenchère dans la démagogie et le populisme ? On verra bien dans quelques mois. Toujours est-il que le candidat Édouard Philippe a pris ses responsabilités et a présenté ce mardi 29 septembre 2026 son projet pour réformer le système des retraites.

En préliminaire, intéressons-nous d'abord à la forme. Il s'agit d'une vidéo postée sur Youtube (qu'on peut regarder ici) d'une vingtaine de minutes, très sobre, avec juste le candidat assis à son bureau. Il voulait cette forme à celle d'une interview classique à la télévision parce qu'il ne voulait pas être interrompu dans sa démonstration. Il voulait donner un raisonnement continu. Il en a fait le service après-vente dans une interview écrite accordée à Olivier Beaumont, Alison Tassin, Maxime Gayraud et Thomas Soulié dans "Le Parisien" du 29 septembre 2026 (pas accessible aux non-abonnés, bonjour la diffusion !).

À l'origine, Édouard Philippe aurait dû poster cette vidéo le 23 septembre 2026, la veille, en principe, du premier numéro de la nouvelle émission politique (qui reprend le même nom qu'une ancienne) "L'heure de vérité" sur France 2 dont il aurait été l'invité. Le problème, c'est que le 24 septembre 2026, Emmanuel Macron a préempté TF1 et France 2 pour sa propre interview sur le prix de l'essence et les tensions internationales. D'où le télescopage et le renvoi sine die de l'émission d'Édouard Philippe. Les médisances sur l'agenda d'Emmanuel Macron étaient mal venues : il revenait de l'ONU et ensuite, il accueillait le pape Léon XIV, il n'avait pas beaucoup d'autres créneaux télévisuels.

Édouard Philippe en a été donc une victime collatérale, et on lui déconseillait même de présenter sa réforme des retraites en ces temps de colère à cause du pouvoir d'achat, d'autant plus qu'il l'a fait le jour même de la grève des fonctionnaires. En fait, vu le grand nombre d'actualités qu'il y aura jusqu'à l'élection, si le candidat ne gardait pas son propre agenda, il ne ferait absolument rien car il y aurait toujours un événement qui télescoperait.

D'ailleurs, c'était finalement préférable de présenter cette semaine (il fallait absolument le faire avant la présentation du budget 2027 par Sébastien Lecornu), car la semaine précédente, sa présentation serait passée inaperçue à cause de la visite papale.

Venons-en maintenant au fond, à savoir la réforme des retraites qu'Édouard Philippe a proposée dans cette vidéo. Rappelons pour ceux qui n'auraient pas suivi qu'en tant que Premier Ministre, il avait mené un projet de réforme systémique des retraites pour instaurer une retraite par points, qui était l'un des engagements du candidat Emmanuel Macron en 2017. Le projet était très compliqué et la crise du covid l'a finalement balayé. La réforme des retraites défendue par Élisabeth Borne en 2023 a été en revanche menée à son terme, pas systémique mais seulement paramétrique, avec l'âge légal de départ à la retraite repoussé de 62 à 64 ans, mais celle-ci a été suspendue en décembre 2025 pour permettre d'adopter le budget 2026. Dans sa dernière intervention, d'ailleurs, Emmanuel Macron a confirmé l'idée que cette réforme était morte, puisque suspendue.

Le problème des réformes, c'est que si elles sont trop compliquées, elles ne peuvent pas être acceptées par "l'opinion publique" car toutes les angoisses et incompréhensions prennent le pas sur la raison. C'était l'erreur du projet de la retraite par points de 2019-2020. Il faut donc trouver une réponse simple à un problème compliqué (c'est même le rôle principal du politique depuis quelques décennies).

Le constat, c'est que les pensions de retraite sont les principales dépenses de l'État, dans les 400 milliards d'euros chaque années. La responsabilité de François Mitterrand est géante : mettre la retraite de 65 à 60 ans en 1981 alors que l'espérance de vie était en forte hausse et que la natalité était en baisse, était une mesure sans doute populaire mais totalement irresponsable, à l'envers du sens de l'histoire, et on en paie encore le prix quarante-cinq ans plus tard, car cela a provoqué un déficit public chronique (environ 1 000 milliards d'euros de la dette publique lui seraient imputables).

Le fort déficit actuel nécessite un assainissement des finances publiques urgent car le risque est une grave crise financière, par la forte montée des taux d'intérêts ; l'État serait alors incapable d'assurer le financement de ses dépenses (des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite, etc.) car il ne pourrait plus emprunter sur le marché financier. Dans cette hypothèse terrible, il serait alors contraint de prendre des mesures drastiques comme la baisse des traitements et des pensions. Ce n'est pas une hypothèse d'école puisque c'est arrivé à la Grèce très récemment.

Édouard Philippe estime donc qu'il faut réformer les retraites, et ensuite, en finir une fois pour toute avec ce sujet et passer à autre chose. Car actuellement, le débat sur les retraites pourrit les autres sujets cruciaux de la nation depuis une trentaine d'années, ce qui rappelle les déclarations prémonitoires de Michel Rocard sur les retraites (dossier qui peut faire chuter une dizaine de gouvernements).

Que propose Édouard Philippe ?
 


Il propose de repousser l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans (actuellement, c'est 64 ans, mais suspendu !), avec le taux plein pour 45 annuités de cotisation. Initialement, on avait prêté à Édouard Philippe l'idée de mettre le curseur à 67 ans. Donc, ce serait 65 ans. Ce ne serait pas un retour à avant François Mitterrand, car à l'époque, c'était effectivement 65 ans, mais avec un taux plein après 37,5 annuités de cotisation. L'âge de 67 ans pour avoir automatiquement le taux plein serait conservé. Donc, le taux plein ne serait pas à 70 ans comme je l'ai entendu dire sur un plateau de télévision par un journaliste qui parlait de sa situation personnelle (commençant à travailler à 25 ans).

Après ce principe, Édouard Philippe a expliqué qu'il serait tenu compte de la situation de chaque personne, en particulier pour les travaux pénibles, pour les carrières longues, pour les personnes en situation de handicap, etc., ce qui ferait que, selon ses estimations, environ un tiers des personnes ne serait pas concerné par la retraite à 65 ans et le départ serait anticipé, au taux plein. Ce serait aux partenaires sociaux de définir les conditions pour en bénéficier.

De même, le candidat d'Horizons a insisté sur le fait qu'il fallait renforcer les offres de travail, tant pour les seniors (jusqu'à 65 ans) que pour les jeunes (45 annuités), ce qui signifierait une politique dynamique pour l'emploi. En gros, augmenter le nombre de personnes qui travaillent en même temps (ce qui ferait que la France produirait plus, ce qui manque actuellement aux finances publiques).

Parallèlement, Édouard Philippe souhaiterait instaurer une partie par capitalisation (cela concernerait alors environ 20-25% de la pension) qui ne serait effective que dans une vingtaine d'années (le temps de cotiser). Il a expliqué que cela existait déjà pour les fonctionnaires et que c'était obligatoire pour eux ; il a proposé donc de généraliser ce dispositif à tous les salariés. Ce plan épargne-retraite obligatoire et individuel serait abondé lors du premier contrat de travail par un versement de l'État à hauteur de 500 euros.

L'ensemble de la proposition d'Édouard Philippe devrait dégager un excédent de 30 milliards d'euros, à comparer au coût supplémentaire de 30 milliards d'euros de ce qu'a proposé Marine Le Pen pour les retraites (retour à 62 ans et 40 annuités). Dans "Le Parisien", Édouard Philippe n'a, en outre, pas exclu d'utiliser le référendum pour faire adopter cette réforme.

D'après certains proches de l'ancien Premier Ministre, Gérald Darmanin aurait participé à l'élaboration de cette proposition. Par ailleurs, Édouard Philippe a précisé qu'il fallait garder un âge légal de départ à la retraite pour équilibrer les comptes. Dans aucun pays, il n'existe de système par répartition sans âge légal. Il serait impossible de déterminer le taux de décote des pensions pour ceux qui partiraient plus tôt, et la perte de plusieurs annuités de cotisation coûterait très cher à l'État et n'est pas évaluable. Il faut donc conserver les deux curseurs pour une retraite par répartition, l'âge légal et la durée de cotisation.

Cette proposition va-t-elle plomber sa candidature ? Peut-être au contraire va-t-elle l'aider à montrer son courage et son volontarisme. Le cœur de cible de son électorat est le peuple de la raison, et donc, il pourrait rassurer ceux qui n'entendent en ce moment que des surenchères de n'importe quoi, de rasage gratis, de congélation de dette publique, etc.

Où en est Édouard Philippe dans les sondages ? Le dernier sondage publié par IFOP-Fiducial le 30 septembre 2026 pour LCI, Sud Radio et "Le Figaro" (vague n°6, qu'on peut télécharger ici) pourrait donner un peu de sérénité aux partisans de l'ancien Premier Ministre. En effet, dans tous les cas (notamment, tous les candidats de la primaire du PS ont été testés, même les plus improbables, ce qui augmentent les hypothèses), Édouard Philippe réussirait à atteindre le second tour, mais parfois dans un mouchoir de poche.
 


En effet, selon les cas, Édouard Philippe recueillerait entre 15% et 24% d'intentions de vote. Cette grande différence dépend des situations. Ce qui plomberait sa candidature, ce serait le maintien de la candidature de Gabriel Attal. Et il aurait intérêt à ce que Raphaël Glucksmann ne soit pas désigné par la primaire socialiste (ce que je pressentais déjà le 23 août 2026). Jean-Luc Mélenchon ne serait pas impacté par l'incertitude des candidatures (à gauche, c'est la répartition entre PS, EELV et PCF qui changerait), et Marine Le Pen non plus, sauf en cas de candidature de David Lisnard (qui prendrait des électeurs à Marine Le Pen et Bruno Retailleau, et bizarrement, pas à Éric Zemmour).

Édouard Philippe va devoir scruter avec précision l'évolution des sondages après l'annonce de son projet pour les retraites. Il a eu sans doute intérêt de l'avoir annoncé dès maintenant pour lui permettre d'aller vers d'autres propositions plus réjouissantes pour les Français.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 septembre 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les retraites selon Édouard Philippe.
Présentation par Édouard Philippe le 29 septembre 2026 de son projet pour les retraites (vidéo).
Sondage IFOP-Fiducial des intentions de vote à la présidentielle publié le 30 septembre 2026 pour LCI, Sud Radio et "Le Figaro" (à télécharger).
Emmanuel Macron : "desserrer l'étau, pas les taxes".
Primaire 2026 du PS : un débat télévisé qui fera date.
Débat de la primaire du PS sur LCI le 23 septembre 2026 (vidéo intégrale).
Décidément, Bernard Cazeneuve ne sera pas candidat en 2027 !
Interview de Bernard Cazeneuve sur Franceinfo le 10 septembre 2026 (vidéo).
Gabriel Attal veut les États-Unis d'Europe !
Discours de Gabriel Attal le 17 septembre 2026 à Reims (vidéo et texte intégral).
L'indulgence budgétaire de Marine Le Pen.
Sébastien Lecornu : 1 an à Matignon !
La petite musique de François Hollande.
Édouard Philippe sous le ciel de Tourcoing.
Gérald Darmanin, le premier matelot d'Édouard Philippe.
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Pourquoi faut-il empêcher la candidature Glucksmann ?
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Édouard Philippe lance sa campagne présidentielle.
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Présidentielle 2027 : la candidature favorite des intentions de vote.
Marine Le Pen : anatomie d'une lutte.
Les 40 ans de Sébastien Lecornu.
Le pari audacieux de Gabriel Attal.
François Bayrou fête son 75e anniversaire.
Les 7 merveilles de Valérie Pécresse.
L'adoption définitive du PLF 2026.
Tu as voulu voir la dissolution, et on a vu Bayrou !
François Bayrou, le début du commencement.
La quadrature du cercle de Michel Barnier.



 






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260929-edouard-philippe.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/les-retraites-selon-edouard-272475

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/09/29/article-sr-20260929-edouard-philippe.html


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30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 20:44

L'institut IFOP a voulu tester de nombreuses candidatures pour différentes formations politiques au premier tour d'une élection présidentielle. On peut retrouver et lire sur Internet cette enquête des intentions de vote en cas d'élection présidentielle.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'enquête d'opinion IFOP (fichier .pdf) :
https://www.commission-des-sondages.fr/notices/files/notices/2026/septembre/10284-pres-barometre-election-presidentielle-v6-ifop-le-figaro-30-septembre.pdf



Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260929-edouard-philippe.html



SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20260930-sondage-ifop.html

 

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29 septembre 2026 2 29 /09 /septembre /2026 11:03

(vidéo)



Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260929-edouard-philippe.html




Explication d'Édouard Philippe le 29 septembre 2026
sur ses propositions sur les retraites











Je sais que la réforme que je propose n’est pas populaire. Mais je ne cherche pas à gagner des points dans les sondages, je veux protéger les Français. Dans un monde dangereux, la gravité de notre situation financière nous oblige à agir. Ne rien faire, c’est nous exposer à une crise financière sans précédent.

Je sais l’inquiétude que cette réforme suscite et l’effort qu’elle demande. Mon engagement est clair : mon projet sera responsable pour tous et juste pour chacun. Il préservera notre système, reconnaîtra les parcours difficiles, donnera leur place à ceux qui veulent encore travailler et préparera la retraite des générations qui viennent.

Travailler plus longtemps n’est pas une fin en soi. C’est permettre à chacun de compter sur une retraite digne, à notre pays d’investir dans ses écoles et ses hôpitaux, à nos enfants de croire que le meilleur est devant eux.

Nous avons tant à construire, à inventer, à transmettre. C’est cet espoir que je veux porter : une France qui retrouve la liberté d’agir et la confiance en son avenir.

Édouard Philippe, le 29 septembre 2026.


https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20260929-proposition-edouard-philippe.html




 

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