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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 01:05

Résultats officiels du premier tour de l'élection présidentielle française du 23 avril 2017


Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170423-presidentielle2017-au.html
 



Résultats définitifs du 24/04/2017 à 18 heures.

 

Liste des candidatsVoix% Inscrits% Exprimés
M. Emmanuel MACRON8 657 32618,1924,01
Mme Marine LE PEN7 679 49316,1421,30
M. François FILLON7 213 79715,1620,01
M. Jean-Luc MÉLENCHON7 060 88514,8419,58
M. Benoît HAMON2 291 5654,826,36
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN1 695 1863,564,70
M. Jean LASSALLE435 3650,911,21
M. Philippe POUTOU394 5820,831,09
M. François ASSELINEAU332 5880,700,92
Mme Nathalie ARTHAUD232 4280,490,64
M. Jacques CHEMINADE65 5980,140,18


 

 Nombre% Inscrits% Votants
Inscrits47 581 118  
Abstentions10 577 57222,23 
Votants37 003 54677,77 
Blancs659 3021,391,78
Nuls285 4310,600,77
Exprimés36 058 81375,7897,45


 




Résultats partiels du 24/04/2017 à 01 heures.

France Entière


Résultats incomplets calculés sur la base de 97% des inscrits reçus

résultats au 1er tour

Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés
M. Emmanuel MACRON 8 528 585 18,19 23,86
Mme Marine LE PEN 7 658 990 16,33 21,43
M. François FILLON 7 126 632 15,20 19,94
M. Jean-Luc MÉLENCHON 7 011 856 14,95 19,62
M. Benoît HAMON 2 268 838 4,84 6,35
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 1 689 686 3,60 4,73
M. Jean LASSALLE 433 996 0,93 1,21
M. Philippe POUTOU 392 454 0,84 1,10
M. François ASSELINEAU 329 951 0,70 0,92
Mme Nathalie ARTHAUD 231 660 0,49 0,65
M. Jacques CHEMINADE 65 076 0,14 0,18


Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 46 891 594  
Abstentions 10 210 481 21,77 
Votants 36 681 113 78,23 
Blancs 651 407 1,39 1,78
Nuls 291 982 0,62 0,80
Exprimés 35 737 724 76,21 97,43


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170423-resultats-presidentielle.html

Source : elections.interieur.gouv.fr/
 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 23:28

Présidentielle 2017 : vers un duel Emmanuel Macron vs Marine Le Pen

Estimations sur France 2 le 23 avril 2017 vers 23h

Emmanuel Macron : 23,9%
Marine Le Pen : 21,7%
François Fillon : 20,0
Jean-Luc Mélenchon : 19,2%
Benoît Hamon : 6,2%
Nicolas Dupont-Aignan : 4,8%
Jean Lassalle : 1,2%
Philippe Poutou : 1,1%
François Asselineau : 0,9%
Nathalie Arthaud : 0,7%
Jacques Cheminade : 0,2%

Abstention : 22%.

Résultats électoraux définitifs à lire bientôt ici :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170423-resultats-presidentielle.html

Pour aller plus loin :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170423-presidentielle2017-au.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170423-estimations-presidentielle.html

 

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 06:10

« Nous vivons en permanence dans l’illusion présidentialiste. Dès lors que les projecteurs sont braqués par le système médiatique sur des candidats à l’élection présidentielle, s’installe le sentiment que le Président de la République est un être tout puissant, omnipotent, pourvu de tous les pouvoirs. Or, cela est totalement faux. Le chef de l’État a relativement peu de pouvoirs propres en temps ordinaire. Son seul véritable pouvoir qu’il exerce seul en son nom est celui de dissoudre l’Assemblée Nationale. Il ne peut organiser un référendum que sur proposition du Premier Ministre ou conjointe des deux assemblées. Il ne dispose pas du pouvoir réglementaire (prendre des décrets) qui appartient au Premier Ministre, ni celui de déposer des projets de loi qui est celui du conseil des ministres, du gouvernement. Ses actes, par exemple, la nomination d’un haut fonctionnaire, doivent être cosignés par un ministre. Dès lors, le chef de l’État, s’il ne parvient pas à s’entourer d’une équipe ministérielle cohérente et stable, soutenue par l’Assemblée Nationale, sombre inévitablement dans l’impuissance. » (Maxime Tandonnet, historien, le 14 avril 2017 sur Atlantico).


_yartiMatignon2017A01

L’une des premières décisions qu’aura à prendre le nouveau Président de la République élu le 7 mai 2017, ce sera de nommer un nouveau Premier Ministre. Bernard Cazeneuve, intérimaire de la fonction depuis le 6 décembre 2016, sait qu’il doit quitter Matignon après l’élection présidentielle. Il aura à cœur de diriger la campagne du PS aux élections législatives. Je lui souhaite bon courage pour ce challenge !

L’identité du nouveau Premier Ministre dépend bien sûr de celle du nouveau locataire de l’Élysée, et étant donné la grande incertitude dans les sondages, l’incertitude sur le futur gouvernement est encore plus grande.

On peut juste évoquer quelques lignes directrices pour le choix d’un Premier Ministre : une bonne connaissance de la vie parlementaire serait un plus, certains candidats voudraient une femme mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi cette capacité à organiser la majorité parlementaire : à part pour François Fillon, tout reste à faire dans les autres hypothèses, et surtout, ce Premier Ministre doit avoir le potentiel de transformer cette majorité en réalité parlementaire, à savoir, de gagner les élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Le 13 avril 2017, le journal "Ouest France" s’était prêté à ce petit jeu, je mettrai par conséquent une parenthèse pour les hypothèses suggérées exclusivement par ce journal.

Je me concentrerai sur les cinq principaux candidats. Deux d’entre eux, issus soit de partis gouvernementaux, soit d’une nébuleuse d’anciens de partis gouvernementaux, ne devraient pas avoir trop de problème pour trouver une personnalité compétente qui leur convienne, ce serait plutôt le trop plein.

_yartiMatignon2017A03

En revanche, pour deux autres candidats, issus des extrêmes, leur isolement relatif a engendré un vide de compétences qui serait leur première difficulté s’ils arrivaient au pouvoir. L’historien Maxime Tandonnet notait ainsi sur Atlantico le 14 avril 2017 : « Dans un cas comme dans l’autre [Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon], nous avons deux personnalités qui jouent sur une mise en scène de leur personnage, mais qui ne disposent probablement pas de la ressource humaine en compétences et en fidélités, en expérience de l’État pour former un gouvernement et des cabinets ministériels qui assurent l’interface entre les ministres et les administrations. ».


Hypothèse François Fillon

Fort d’une alliance entre Les Républicains et l’UDI, François Fillon pourrait bénéficier d’une majorité parlementaire solide à l’Assemblée Nationale, comme cela a été le cas en 2007, 2002, 1993 et 1986. Cette majorité est donc fortement crédible, la plus crédible de toute l’offre électorale actuelle. Une telle coalition est composée de personnalités ayant une forte expérience et compétence pour diriger le gouvernement.

Parmi les premiers-ministrables récurrents de François Fillon, François Baroin, sénateur-maire de Troyes et président de l’Association des maires de France, ancien Ministre de l’Économie et des Finances et ancien Ministre de l’Intérieur, serait sans doute le plus apte à succéder à Bernard Cazeneuve. Sa position de modéré, tout en ayant le soutien de Nicolas Sarkozy, lui apporterait une forte capacité de rassemblement de toute la droite et du centre.

Parmi les autres noms qui circulent, il y a Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, qui est un très proche de François Fillon, mais aussi des parlementaires qui furent le noyau dur de ses soutiens en 2012 lors de la bataille de l’UMP, en particulier Valérie Pécresse, Gérard Larcher (qui serait plutôt candidat à sa succession à la Présidence du Sénat), ou encore Xavier Bertrand.


Hypothèse Benoît Hamon

L’un des principaux candidats qui a sans doute le moins de probabilité d’être élu, Benoît Hamon n’en a pas moins beaucoup de personnalités potentielles pour Matignon. La première serait Christiane Taubira, très populaire et très combative pendant la campagne en faveur de Benoît Hamon. Son expérience, sa charge symbolique lorsqu’elle était ministre (une des rares bonnes surprises du casting de François Hollande avec Bernard Cazeneuve), lui donneraient tous les atouts pour mobiliser derrière elle une nouvelle majorité, plus à gauche que l’actuelle.

Les autres noms qui peuvent circuler seraient Vincent Peillon ("Ouest France") qui est resté loyal au PS malgré son échec à la primaire de janvier 2017, Aurélie Filippetti ("Ouest France"). J’ajouterais aussi Martine Aubry qui, promise à Matignon dès l’arrivée au pouvoir de Lionel Jospin en 1997 (il y a vingt ans !), pourrait faire un rééquilibrage institutionnelle en faveur de Matignon comme le souhaiterait Benoît Hamon. Mais aujourd’hui, malgré son implication personnelle dans la campagne, Martine Aubry en aurait-elle seulement l’envie sinon l’énergie ?


Hypothèse Emmanuel Macron

Quoi qu’on en dise, Emmanuel Macron reste le favori de l’élection présidentielle. Son arrivée dans le paysage politique reste totalement inattendue et ses soutiens sont très disparates et hétéroclites. Il lui serait donc très difficile de bâtir une majorité parlementaire qui lui soit cohérente car il ne s’agirait pas seulement d’élire des candidats étiquetés En Marche, encore faudrait-il que ces candidats aillent dans la même direction, ce qui est encore moins probable que la majorité socialiste sortante avec ses frondeurs. De plus, la volonté de renouvellement voulu par Emmanuel Macron pourrait lui ôter le concours de personnalités indispensables.

_yartiMatignon2017A02

Je les compterais au nombre de trois au moins, qui seraient loin d’être des symboles de renouvellement : François Bayrou, le seul avec qui Emmanuel Macron a eu des égards pour son soutien, Jean-Yves Le Drian, mais il aurait déjà refusé Matignon en avril 2014, et Bertrand Delanoë. On pourrait rajouter, pour les vieux routards : Gérard Collomb (sénateur-maire de Lyon), Serge Lepeltier (ancien Ministre de l’Environnement), Jean Arthuis (ancien Ministre des Finances) et Jean-Paul Delevoye (ancien Président du Conseil Économique, Social et Environnemental, ancien Médiateur de la République). Parmi les plus "opérationnels" plus "renouvelés", on pourrait aussi imaginer Richard Ferrand, député socialiste qui est le secrétaire général d’En Marche, ou encore Philipe Douste-Blazy (ancien Ministre des Affaires étrangères), Renaud Dutreil (ancien ministre) et même l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot ("Ouest France")…


Hypothèse Marine Le Pen

L’isolement du FN dans les compétences gouvernementales laisserait un boulevard à Florian Philippot, unique énarque lepeniste grâce à qui Marine Le Pen a réussi sa dédiabolisation. Néanmoins, personnalité contestée à l’intérieur même du FN, Florian Philippot ne ferait probablement pas l’unanimité au sein des dirigeants du FN et se satisferait plutôt d’un grand ministère (Intérieur, Éducation, etc.).

Le choix de Marine Le Pen donnerait le choix du rassemblement qu’elle souhaiterait aux législatives : soit elle chercherait à obtenir une majorité purement FN, et dans ce cas, l’hypothèse Philippot serait malgré tout pertinente ; soit, par réalisme, elle considérerait qu’une majorité FN serait impossible à conquérir face à la conjugaison des oppositions LR et PS, et dans ce cas, elle opterait pour tenter la scission de LR en proposant à certains élus LR proches des thèses du FN de venir la rejoindre.

Dans une telle configuration, le Premier Ministre devrait être la passerelle entre FN et la droite dure. "Ouest France" a proposé Nicolas Dupont-Aignan, ce qui serait peu crédible dans la mesure où ce dernier visait l’Élysée et pas Matignon (rappelons que le 10 mars 2012 dans "Le Figaro Magazine", Nicolas Dupont-Aignan avait envisagé de nommer Marine Le Pen à Matignon !). D’autres personnalités pourraient se retrouver dans ce rôle de passerelle, et la plus connue et ambitieuse est probablement Laurent Wauquiez qui n’avait pas hésité, il y a quelques années, à reconnaître qu’il avait les mêmes positions que Marion Maréchal-Le Pen sur certains sujets majeurs.


Hypothèse Jean-Luc Mélenchon

Là encore, comme pour le cas précédent, le contour de la majorité parlementaire serait très incertain. Voudrait-il rassembler toute la gauche ou tenter une OPA de la France insoumise sur toute la gauche ? Toujours est-il que les communistes seraient sans doute peu servis dans l’hypothèse d’une victoire de Jean-Luc Mélenchon.

"Ouest France" cite deux personnalités possibles. L’une en raison de sa fidélité, Alexis Corbière, mais peu connu du grand public et surtout, sans expérience parlementaire, et l’autre, Arnaud Montebourg, dans le rôle de passeur entre France insoumise et PS dont l’appareil resterait essentiel dans l’organisation d’une future majorité. L’hypothèse Christiane Taubira ne serait pas non plus à écarter d’emblée. Selon la vision institutionnelle de Jean-Luc Mélenchon, il serait clair que son futur Premier Ministre serait une personnalité cruciale dans la définition de la politique nationale. On imaginerait mal par ailleurs que ce soit …Benoît Hamon.


L’incertitude dans l’incertitude

Comme on le voit, le flou entoure chaque candidat sur ses perspectives de formation du futur gouvernement. Seul, François Fillon a défini très clairement le contour de la majorité parlementaire sur laquelle il voudrait faire reposer l’action de son gouvernement, et le choix de son Premier Ministre serait sans doute le moins inattendu. Pour les autres, ce serait la grande inconnue.

Un gouvernement français pleinement opérationnel est d’autant plus nécessaire que la situation internationale est très tendue : au-delà de la guerre en Syrie, Donald Trump serait prêt à faire une guerre avec la Corée du Nord devenue puissance nucléaire…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Matignon en 2017.
Matignon en 2012.
Matignon en 2010.
Matignon en 2007.
Emmanuel Macron.
François Fillon.
Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon.
Benoît Hamon.
Fillon ou Macron pour redresser l’économie française ?
Marine Mélenchon et Jean-Luc Le Pen.
L’autorité et la liberté.
Défendre la Ve République.
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).

_yartiMatignon2017A04


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170413-matignon.html


http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/21/35179849.html
 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:09

« Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte. » (François Hollande, le 13 avril 2017, "Le Monde").


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Deux des quatre candidats qui auraient la possibilité de gagner l’élection présidentielle, proposent, avec des idéologies très différentes, le même type de programme : sortie de l’Europe et de la zone euro, dépenses publiques massives, relance supposée par la demande sans comprendre qu’aujourd’hui, la France n’est pas seule au monde et que les Français veulent garder leur liberté de vivre, de consommer ce qu’ils veulent, de circuler où ils veulent. Ces candidats, ce sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. On dit que les extrêmes se rejoignent, cela paraît une évidence pour l’élection présidentielle de 2017.

Comment faire comprendre que l’injection massive d’argent public dans la consommation intérieure va d’abord enrichir les économies étrangères, et en premier lieu les économies allemande et chinoise ?

Tous les deux veulent tuer une construction certes largement perfectible mais qui est unique au monde, l’union des pays européens sur la base de la liberté et de la paix, librement consentie par les peuples, pour épauler chacun des pays d’une souveraineté européenne capable d’égaler les grandes puissances mondiales. L’un de ses meilleurs outils est l’euro, adopté démocratiquement par les Français lors du référendum du 20 septembre 1992. Ces deux candidats veulent remettre en cause soixante années d’histoire de l’Europe.

Les conséquences pour le monde et pour l’Europe seraient graves, mais les conséquences sur la France et les Français seraient dramatiques : perte du pouvoir d’achat (1 500 euros au moins par an), augmentation de la dette publique par l’effet de la dévaluation monétaire, et protectionnisme qui aboutirait à la fermeture des frontières pour nos nombreuses entreprises qui exportent. Ce serait alors ruine et désolation industrielle. Bien pire qu’aujourd’hui.

Au contraire, la France a le génie, les moyens, les compétences pour se mesurer aux autres puissances mondiales. Elle est l’excellence dans le domaine de la recherche scientifique, de l’innovation, des grands projets industriels. Il lui faut juste libérer les énergies pour relancer la machine.

Avec eux deux, on raserait gratis. On prendrait la retraite plus tôt alors que l’espérance de vie continue sa progression. On travaillerait moins alors que les entreprises ont besoin d’une plus grande compétitivité. On donnerait tout gratuitement. La note se compterait par centaine de milliards d’euros ! Ce serait forcément les impôts, donc les ménages, et les générations futures par la dette colossale qui seraient les premières victimes de cette folie budgétaire. C’est faux de dire que les riches paieraient : il n’y en aurait jamais assez pour assurer le financement de tous ces cadeaux clientélistes proposés par pure démagogie électorale. Et en plus, à condition qu’ils ne quittent pas le navire !

_yartiPenlenchon02

Chacun prône une révolution, veut changer radicalement un système dont ils sont pourtant les meilleurs représentants, ne serait-ce que par leur seconde candidature à l’élection présidentielle, ils sont déjà des personnages récurrents des campagnes présidentielles et n’ont aucune légitimité à représenter un renouvellement qu’ils ne peuvent symboliser eux-mêmes.

Marine Le Pen a profité des largesses de son mandat européen alors qu’elle combat l’Europe. Qu’a-t-elle réalisé de concret comme élue depuis sa quinzaine d’années d’engagement politique ? Rien ! Et Jean-Luc Mélenchon, qui a de si belles paroles pour faire du "dégagisme", ne se rend-il pas compte qu’il est le meilleur représentant, à cette élection, de l’apparatchik socialiste typique qui n’a jamais vécu que par la politique, grâce à un système dont il a profité très tôt, trentenaire, en étant plusieurs décennies sénateur, adjoint, vice-président de conseil général (un de ses anciens collègues en a parlé aussi, le 12 mars 2017), et que son départ du PS, encouragé par Patrick Buisson dont l’amitié montre à quel point les extrêmes se retrouvent, n’est que le résultat d’une haine contre François Hollande, ancien premier secrétaire du PS qu’il aurait voulu combattre personnellement en 2017 ?

Toutes ces postures sont des impostures.

Marine Le Pen veut mettre la préférence nationale dans la Constitution alors que les étrangers ont peu d’influence sur l’économie d’un pays aussi grand que la France. Elle reste sur le discours communiste de Georges Marchais : le 6 janvier 1981, Georges Marchais avait expliqué dans "L'Humanité" : « En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l'immigration pose aujourd'hui de graves problèmes. Il faut stopper l'immigration officielle et clandestine. ». Le 23 décembre 1980, le maire communiste de Vitry-sur-Seine avait délogé à coup de bulldozer des travailleurs immigrés maliens. Quelques semaines plus tard, le maire communiste de Montigny-les-Cormeilles (qui n'était autre que ...Robert Hue) mettait en cause une famille marocaine.

_yartiPenlenchon05

Jean-Luc Mélenchon veut bouleverser les institutions de la République alors qu’il y a beaucoup d’urgences en France : la lutte contre le chômage et la lutte contre le terrorisme, dans une situation internationale très grave où, pour la première fois depuis la crise de Cuba, un conflit nucléaire pourrait se produire réellement. Comment la France peut-elle à ce point se replier sur elle-même sans voir toutes les menaces qu’elle voudrait ignorer ? Les Français peuvent-ils être des autruches ?

Lorsque Marine Le Pen, le 9 avril 2017, a déclaré vouloir remettre en cause la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vel’ d’hiv’, s’opposant ainsi à la déclaration du Président Jacques Chirac le 16 juillet 1995, l’un de ses discours les plus importants, elle a montré son vrai visage : le naturel revient toujours au galop. Malgré une décennie pour se dédiaboliser, Marine Le Pen montre à quel point elle est issue d’un mouvement d’extrême droite dont les ressorts restent toujours les mêmes : la haine de l’autre. Personne, du reste, ne l’avait obligée à revenir sur ce sujet, comme si dans la famille Le Pen, il y avait toujours un besoin irrésistible de faire des embardées sur cette période sombre de l’histoire de France.

Et Jean-Luc Mélenchon ? Il se présente en bon père de famille, en patriarche cultivé qui sait parler et c’est vrai, cela fait plaisir d’entendre un homme qui sait si bien jouer sur les émotions. C’est si rare, un vrai homme politique, avec une telle éloquence. Mais est-ce suffisant pour voter pour lui ? Sans lire ce qu’il propose ? La remise en cause du génie français ? Faire perdre vingt ans encore à l’économie française en reprenant pour argent plus que comptant ses vieilles lubies trotskistes ?

Jean-Luc Mélenchon veut bouffer du riche, prêt à instituer un impôt confiscatoire (il voulait un taux d’imposition de 100% pour les plus riches mais dans sa grande magnanimité, il a accepté de le réduire à 90% pour que ce soit juridiquement valide). Et pourtant, lui-même est le candidat le plus riche des cinq ! En effet, le patrimoine qu’il a déclaré pour se présenter (la déclaration est obligatoire et publique) flirte avec le million (965 5000 euros), inférieur à celui de deux "petits candidats", Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau (il n’y a qu’à Emmanuel Macron que l’ENA ne rapporte pas beaucoup), mais supérieur à celui de François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Lors de son meeting à Lille le 12 avril 2017, Jean-Luc Mélenchon faisait le mauvais joueur en proclamant de façon péremptoire, dévoilant son vrai visage : « Si vous élisez ces trois-là, vous allez cracher du sang ! ». On ne sait plus trop qui a le couteau entre les dents, lui, l’adorateur de fantômes Hugo Chavez et Fidel Castro, qui voudrait faire quitter la France de l’Europe, de l’OMC et de l’OTAN et l’intégrer à l’Alliance bolivarienne ! Le modèle vénézuelien a pourtant du plomb dans l’aile alors que le Venezuela possède l’une des principales réserves de pétrole du monde et devrait, par conséquent, être très riche. Jean-Luc Mélenchon voudrait même remettre en cause les frontières européennes pour réattribuer les pays baltes à la Russie. On marche sur la tête.

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L’hôpital qui se moque de la charité, c’est lorsqu’un sbire de Marine Le Pen, Nicolas Bay, le 13 avril 2017 sur Public-Sénat, dénonçait l’hyperfiscalité de Jean-Luc Mélenchon. Car la présidente du FN n’est pas en reste pour plomber les finances publiques, avec au moins 100 milliards d’euros de dépenses annoncées (dont 20 pour racheter les autoroutes, soit l’équivalent de 1 000 collèges !).

Marine Le Pen ne voudrait pas adhérer à l’Alliance bolivarienne, mais remettrait en cause gravement la cohésion nationale en refusant par exemple la gratuité de l’école aux enfants d’immigrés. Or, on sait bien que l’instruction est le meilleur rempart contre les risques de violence.

Quoi que ces candidats en disent, leur programme respectif aboutirait, malgré une idéologie très différente, au même résultat : la destruction massive d’une France forte, puissance européenne, capable de se comparer aux autres puissances mondiales, prête à se frotter à la compétition grâce à son génie culturel, scientifique, industriel, artistique, au profit d’une France qui se replierait sur elle-même, qui se ruinerait car elle dépend aujourd’hui tellement des économies extérieures qu’elle ne s’en relèverait pas, "autiste", refusant de comprendre que la France n’est pas seule au monde et que les puissances étrangères seraient ravies de constater qu’il y aurait un concurrent de moins sur la scène internationale…

Le Pen et Mélenchon, c’est bonnet noir et noir bonnet.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Qui sera nommé à Matignon en mai 2017 ?
Emmanuel Macron.
François Fillon.
Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon.
Benoît Hamon.
Fillon ou Macron pour redresser l’économie française ?
Marine Mélenchon et Jean-Luc Le Pen.
L’autorité et la liberté.
Défendre la Ve République.
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170413-penlenchon.html



http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/20/35179881.html

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 00:07

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Interview de François Fillon le 20 avril 2017 au journal "Le Figaro"

Dans un entretien exclusif à trois jours du premier tour, l’ancien premier ministre dénonce le programme du leader d’En marche ! et met en garde les électeurs de droite : « S’ils votent Le Pen, ils auront Macron ! »

LE FIGARO.- Étiez-vous spécifiquement visé par la menace d’attentat révélée mardi ?

François FILLON. – Le ministre de l’Intérieur, Mathias Fekl, m’a prévenu jeudi dernier en me disant qu’on avait intercepté un message me désignant comme une cible. Les services ont mis en place un dispositif de sécurité mais nous, nous n’avons rien changé à notre programme de campagne.

À quoi devez-vous d’être une cible, plus que Marine Le Pen par exemple ?

Il n’est pas impossible que le candidat qui a le projet le plus radical contre le totalitarisme islamique soit visé. Les terroristes choisissent leur cible en fonction du retentissement qu’ils espèrent donner à leurs actes. Mais en réalité, c’est toute la société française qui est visée.

Ces menaces, inédites dans une campagne présidentielle, vous incitent-elles à renforcer l’arsenal que vous prévoyez ?

La seule stratégie possible et efficace contre cette menace est celle que je défends, c’est-à-dire une stratégie globale, à l’extérieur de nos frontières et à l’intérieur. Il faut notamment durcir les mesures contre ceux qui sont susceptibles de devenir des terroristes sur le territoire, avec la déchéance de nationalité pour ceux qui sont partis combattre en Syrie et en Irak, y compris quand ils sont français. Des textes existent, appliquons-les ! On peut très bien rester dans l’État de droit sans laisser dans la nature des gens qui sont fichés S.

Faut-il signaler aux maires les fichés S qui résident dans leur commune ?

Valérie Pécresse le réclame, et je l’approuve. Une vérification a été faite à l’occasion de l’un de mes déplacements : sur sept salariés, quatre étaient fichés S ! Quand il y a vraiment un doute sur un individu, les maires et les autorités compétentes dans les secteurs sensibles – je pense notamment aux transports – doivent être avertis.

Emmanuel Macron préconise lui aussi des « mesures fortes contre le terrorisme ». En quoi vous distinguez-vous de lui ?

Sur la lutte contre l’islamisme comme sur tout le reste, Emmanuel Macron est flou. On ne sent chez lui aucune détermination à lutter efficacement contre ce danger, qu’il n’a même pas diagnostiqué. Pour Macron, l’islamisme n’est pas un risque totalitaire qui menace la paix mondiale. Il reste sur le discours antiterroriste classique, en ménageant en permanence ce qu’il pense être un électorat musulman. Il se garde bien d’affirmer, comme je le fais, l’existence d’un mouvement intégriste au sein de la religion musulmane, mouvement qui doit être combattu. On ne l’entend jamais dire non plus qu’il faut expulser ceux qui tiennent des discours antirépublicains, ou dissoudre les mouvements salafistes ou se réclamant des Frères musulmans, qui sont clairement dans la mouvance djihadiste.

Incluez-vous l’UOIF dans les mouvements à dissoudre ?

C’est la justice qui tranchera, après enquête.

Emmanuel Macron a jugé les déclarations sur les attentats de Mohamed Saou, l’un de ses référents, « un peu radicales », mais a refusé de l’exclure. Comment interprétez-vous sa position ?

Il a même mis du temps à le suspendre ! C’est très révélateur de son ambiguïté sur toutes ces questions. Emmanuel Macron donne par son discours le sentiment de ne pas défendre l’identité nationale, le récit historique, l’enracinement culturel… Comme si tout cela était démodé. Comme si nous étions dans une société où seul l’individu compte, un individu qui n’a pas d’histoire, pas d’identité.

Et à l’extérieur de nos frontières, quelle sera la philosophie de votre politique ?

Notre stratégie d’alignement sur les États-Unis et sur l’Europe n’est pas bonne. On ne pourra pas éradiquer le totalitarisme islamique avec les seules forces occidentales. L’erreur, c’est de refuser la coalition que je réclame depuis quatre ans avec la Russie, l’Iran et l’ensemble des pays qui sont engagés dans ce combat. L’Allemagne a commencé à évoluer sur cette question pour une raison simple : elle est désormais menacée.

Peut-on encore envisager l’avenir avec Bachar el-Assad après l’attaque aux armes chimiques en Syrie ?

On ne peut pas non plus combattre le totalitarisme islamique en Syrie sans ses forces et sans son régime. Considérer que la présence de Bachar el-Assad nous empêche de travailler avec la Russie et l’Iran à l’éradication du totalitarisme islamique est une impasse. Ce qu’ils veulent, c’est un accord qui ménage leurs intérêts dans la région. Pour les Russes, la Syrie est l’un des sujets symboliques de la renaissance de leur pouvoir.

Donald Trump a-t-il eu raison d’ordonner des frappes ?

Son attitude est imprévisible. Il change d’avis de façon inattendue et sa stratégie est dangereuse. Mais on ne peut pas dire que Barack Obama ait été extrêmement fort ni clairvoyant non plus en matière de politique étrangère. Avec Donald Trump, ce qui est préoccupant pour l’instant, c’est le côté émotionnel de ses revirements. Il faut prendre un peu de recul. Il faut se souvenir que c’est souvent avec des enchaînements comme ceux-là que les guerres commencent. Il faut se demander ce qui se passera le jour où aura lieu une confrontation directe entre Russes et Américains. La Russie est instable, elle doit être maniée avec précaution.

Peut-on lever les sanctions contre la Russie sans progrès en Crimée ?

Il faut respecter deux principes fondamentaux et contradictoires : le respect des frontières et du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Personne ne peut nier que la Crimée est un territoire historiquement, culturellement, linguistiquement russe. Cela ne sert à rien de s’entêter à dire que la Russie doit quitter la Crimée, ça n’arrivera jamais.
La seule façon de sortir de cette crise, c’est d’organiser une conférence sur l’avenir de la Crimée pilotée par les Nations unies et qui permette de trouver une solution.

Quelles peuvent être les conséquences du référendum turc ?

Il risque d’accélérer la dérive de Recep Tayyip Erdogan vers un régime de type impérialiste.

Pourriez-vous proposer à vos partenaires européens d’arrêter une fois pour toutes le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE et de dire qu’elle n’y a pas sa place ?

Je m’oppose à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. On doit proposer aux Turcs de discuter d’un partenariat économique et de sécurité renforcé. Je crois que cette affaire d’adhésion de la Turquie à l’UE est une bombe à retardement très dangereuse. Plus on attend, plus le moment où il apparaîtra que cette adhésion n’est pas possible, notamment en raison de l’opposition de certains pays comme la France, plus la confrontation avec la Turquie sera brutale. On ne peut pas au nom d’un accord ponctuel sur les réfugiés prendre le risque d’une confrontation.

Quelles relations souhaitez-vous établir avec Angela Merkel ?

Dans les jours qui suivront mon investiture, je proposerai à Mme Merkel de nous rencontrer, à Strasbourg, pour parler de l’avenir de l’Europe. Je lui proposerai un effort commun de redressement économique et financier. La priorité, c’est une zone euro organisée avec un gouvernement économique, avec un secrétariat général et un agenda d’harmonisation fiscale. Et avec un objectif de souveraineté. C’est la meilleure façon de nous défendre contre l’hégémonie du dollar et de la monnaie chinoise.

Faut-il un ministre des Finances de la zone euro ?

Le plus important, c’est que les chefs d’État et de gouvernement se réunissent tous les trois mois pour piloter la zone euro, avec un secrétariat indépendant de la Commission européenne.

Une meilleure intégration en matière militaire est-elle souhaitable ?

Parallèlement à l’Alliance atlantique, il faut une alliance européenne de défense, une alliance militaire dans laquelle chaque pays garde la totalité de son autonomie et de son indépendance. Nous devons par ailleurs faire émerger progressivement une véritable industrie européenne de défense et mettre en œuvre un fonds pour assurer le financement des opérations extérieures. Ce n’est pas à la Commission, ni aux Vingt-Sept, d’en décider. Cela ne fonctionnera jamais. Il suffit d’un traité entre les États européens qui le souhaitent. Les Allemands y sont beaucoup plus ouverts qu’il y a quelques mois. Ils découvrent que la protection américaine n’est pas aussi solide qu’ils le pensaient et qu’un nouveau danger, le totalitarisme islamique, menace l’Allemagne, alors qu’ils pensaient être à l’abri.

Vous avez annulé mercredi un déplacement à l’École 42 qui risquait d’être perturbé. Cela ne donne-t-il pas l’image d’un candidat qui fuit toute forme d’opposition ?

Les oppositions, je les affronte tous les matins depuis près de trois mois avec une violence inouïe.

Vous avez dit avoir des preuves des interventions du pouvoir dans les procédures judiciaires qui vous visent. Pourquoi ne pas les avoir révélées ?

C’est à la justice de mener son enquête.

Que dites-vous aux électeurs de droite tentés de voter Marine Le Pen ?

S’ils votent Le Pen, ils auront Macron ! Toute voix de la droite républicaine qui se porte sur le FN ou sur Nicolas Dupont-Aignan augmente le risque d’une élection de M. Macron.

Vous ne semblez pas attirer les jeunes électeurs. Comment l’expliquez-vous ?

Vous vous appuyez encore sur les sondages ! J’entends toujours le commentaire classique du système médiatique : « Il n’y a pas beaucoup de jeunes dans les meetings. » Honnêtement, ça a toujours été le problème des partis classiques, à gauche comme à droite. C’est dans la nature des jeunes d’être tentés par les solutions extrémistes et révolutionnaires. Je ne vais pas dire que je l’ai été à leur âge, mais presque… Je suis le seul candidat qui propose aux jeunes un avenir, un travail, la liberté et l’indépendance. Je suis le seul à proposer de retirer de leurs épaules le fardeau de la dette créée par les générations précédentes. Je suis le seul candidat qui leur propose une réforme profonde du système éducatif et d’en finir avec les inégalités insupportables de l’école de la République, devenue la plus inégalitaire des grands pays européens.

Que pensez-vous de la polémique au sein des Républicains à propos de Sens commun ?

C’est une forme d’intolérance que je trouve regrettable, et c’est l’expression de ce politiquement correct que je combats par ailleurs. Je me souviens du gouvernement que j’avais composé avec Nicolas Sarkozy. Il y avait Alain Juppé, mais il y avait aussi Christine Boutin et Bernard Kouchner ! Je n’ai pas le souvenir que cela ait choqué qui que ce soit. Je n’adhère pas à toutes les positions de Sens commun, mais ils le savent et me soutiennent parce qu’ils pensent que j’ai le meilleur projet, ce qui prouve qu’ils ne sont pas sectaires. Ils ont leur place dans une majorité et ils ont fait preuve d’une très grande solidité dans cette campagne. Ce qui n’a pas été le cas de tout le monde. Pour construire, il faut rassembler. En excluant certains au motif qu’ils ne seraient pas dans « le sens de l’histoire », on contribue à créer les conditions de tensions, d’affrontements et de communautarisme.

Sur l’IVG, vous avez dit avoir l’intention d’abroger le délit d’entrave. Projetez-vous de restreindre l’accès à l’IVG ?

Arrêtez ! Je ne supporte pas ce procès d’intention. Jamais je ne restreindrai l’accès à l’IVG. Et les gens de Sens commun le savent parfaitement.

Pour faire les changements radicaux dont vous avez parlé, une majorité de 51% suffit-elle ?

La question, c’est d’avoir une majorité législative forte, ce que, à mon sens, je suis le seul candidat à pouvoir obtenir. Ça ne veut pas dire qu’il ne faudra pas être ouvert et attentif à la diversité des opinions. C’est pour cela que je préconise l’ouverture du gouvernement à des personnalités extérieures pour aller chercher des talents et des visions différentes.

Vous ne vous lancerez pas dans l’ouverture, comme en 2007 ?

Non, car c’était une ouverture partisane qui ne fonctionne pas. Ce ne sont pas nos institutions, ce n’est pas notre culture. Ce serait un cadeau formidable au Front national. C’est pour ça que le projet d’Emmanuel Macron n’est pas réaliste. C’est un projet qui s’appuie sur une idée séduisante utilisée plein de fois dans l’histoire de la France, selon laquelle il n’y aurait plus ni gauche ni droite. Et qu’on pourrait naviguer entre l’une et l’autre. En réalité, cela débouche sur la montée des extrêmes.

Était-il nécessaire que Nicolas Sarkozy vous renouvelle son soutien ?

Nicolas Sarkozy me soutient sans réserves. Il l’a dit à plusieurs reprises et encore mardi. Je tiens ici à l’en remercier chaleureusement.

Quel est votre pronostic pour dimanche ?

Je serai au second tour.

Contre qui ?

Je ne sais pas.

Avez-vous une préférence ?

Non, je n’ai pas de préférence, je ne choisis pas, ce sont les Français qui choisissent.



François Fillon, le 20 avril 2017.

Source : www.fillon2017.fr
 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 00:16

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Interview de François Fillon le 19 avril 2017 au journal "Le Parisien"

FACE AUX ELECTEURS. A quatre jours du premier tour dimanche, François Fillon répond aux questions des lecteurs du Parisien/Aujourd’hui en France.

La campagne : « L’une des motivations qui m’animent, c’est le remords »

MOHAMED MAHI. Vous proposez beaucoup de choses. Mais vous auriez pu les faire lorsque vous étiez Premier ministre !

François Fillon. Vous n’avez pas totalement tort. L’une des motivations qui m’animent, c’est le remords. Celui d’une génération qui n’a pas eu le courage d’aller au bout d’une logique de réforme et qui s’est contentée d’améliorer les choses à la marge. En 2007, avec Nicolas Sarkozy, on a respecté notre programme, mais il n’était pas assez ambitieuxl, il n’y avait pas la suppression des 35 heures. Et puis, on s’est pris une terrible crise financière…

Mais pourquoi feriez-vous plus aujourd’hui ?

D’abord, à l’époque, le patron c’était Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, c’est à vous de choisir parmi la masse de candidats. Vous avez des choix révolutionnaires, ceux de l’extrême droite ou de l’extrême gauche, de la continuité avec M. Macron et de l’alternance… le mien.

ÉLODIE DALLOCCHIO. François Bayrou a apporté son soutien à Emmanuel Macron, en demandant une loi sur la moralisation de la vie publique. Comment comptez-vous restaurer ce lien de confiance avec les Français ?

Il y a beaucoup d’hommes politiques qui font le concours Lépine de la meilleure proposition en matière de transparence. Moi, l’une des premières choses que je ferai si je suis élu, c’est de demander aux trois premiers magistrats français — le premier président de la Cour des comptes, le vice-président du Conseil d’Etat et le procureur général près la Cour de cassation — de faire des propositions en matière de lutte pour la transparence pour aboutir à une grande loi. Soit le Parlement la votera, soit je la soumettrai à un référendum.

VINCENT HIARD. On a l’impression dans cette campagne que les Républicains et le PS cherchent à entretenir le clivage droite-gauche. Mais il y a de bonnes idées à droite, comme à gauche. Et Macron l’a d’ailleurs bien compris…

Il y a des marqueurs de droite et de gauche qui perdurent. Si demain il n’y avait plus d’alternances, la démocratie finirait par disparaître. Dans l’état où se trouve la société française, je pense qu’il n’y aurait rien de pire qu’une forme de coalition droite-gauche qui générerait en face d’elle une seule opposition : l’extrême droite.

Mais quand vous étiez Premier ministre, il y a eu des gens de gauche dans votre gouvernement !

Honnêtement, je n’étais pas contre… mais ça n’a pas été une réussite. Quand on prend une personnalité de gauche dans un gouvernement de droite, ou l’inverse, elle est démonétisée au moment où elle accepte la mission. C’est pour cela que je suis plus favorable à l’ouverture à des personnalités de la société civile.

VIVIANE AUBRY. Si vous êtes qualifié au second tour, quel sera votre adversaire préféré ?

Celui que les Français me donneront. Je ne choisis pas. La seule chose que je constate, c’est que, si c’est le FN, ce sera le signe que le pays ne va pas bien.

Et la montée de Mélenchon ? Vous y croyez ?

C’est surtout le signe que la gauche est explosée en mille morceaux et qu’elle cherche à se raccrocher derrière quelqu’un qui a certes du talent, de la culture, qui est un vrai tribun, mais ses supporteurs seront peut-être moins nombreux à voter pour lui une fois qu’ils auront vu ses propositions.

Les affaires : « Je suis magnanime mais… »

Sylvain Carrière. Peut-on vous faire confiance pour mener des réformes qui peuvent difficilement être acceptées par les citoyens, compte tenu de votre image écornée par les affaires ?

Je comprends que vous me posiez cette question. Je considère que depuis deux mois et demi j’ai été accusé à tort d’emplois fictifs. Tout est faux ! Si cette accusation avait été juste, la justice, qui a été extrêmement rapide à mon égard, aurait déjà rendu son jugement. L’ensemble du système médiatique n’a fait preuve d’aucune réserve à mon égard, en m’attaquant matin, midi et soir, et en relayant n’importe quelle rumeur. Comme celles que j’ai encore entendues ces derniers jours…

Lesquelles ?

En ce moment, il y a des journalistes qui enquêtent chez moi, dans la Sarthe. J’aurais par exemple une Ferrari cachée dans une grange, j’aurais fait payer le repas d’enterrement de ma mère par de grandes entreprises, je serais intervenu auprès d’un recteur d’académie pour faire augmenter la note de mon fils au baccalauréat et ma femme aurait travaillé dans un cabinet ministériel il y a quarante ans… Tout cela est faux. Et cela va trop loin.

Mais pourquoi n’avoir pas réagi tout de suite, quand l’affaire est sortie, pour éteindre l’incendie ?

Parce qu’on n’est pas préparé à ça. Surtout à partir du moment où la justice s’empare du sujet une heure après la publication d’un article… Mais tout est allé tellement loin, que cela va conduire un certain nombre de Français à voter pour moi et à faire en sorte que je sois au second tour de l’élection présidentielle. J’en suis persuadé.

Allez-vous porter plainte contre ces gens ?

Je ferai tous les recours nécessaires pour dénoncer ce qui s’est passé. Mais je le ferai une fois que la campagne sera passée. Et si je suis élu président de la République, je demanderai une réforme sur la protection du secret de l’instruction. Que des agents de l’Etat violent la loi en permanence de cette façon, c’est insupportable.

Michel Chailloux. Depuis les révélations du « Canard enchaîné », des personnalités vous ont quitté. Que pensez-vous de leur attitude pendant la tempête ?

Je peux les comprendre. Le choc a été tellement violent. Moi-même, je me suis posé la question : est-ce que je devais continuer vu le contexte ? Je suis resté, car j’avais quand même aussi beaucoup de soutiens autour de moi. Mais je suis magnanime, je n’en veux à personne. Mon objectif sera même de ramener tout le monde si je suis élu. Ce qui ne veut pas dire que je n’aurai pas un petit jugement personnel sur certains comportements…

L’économie : « Le quasi-plein-emploi en cinq ou six ans »

Charlène Kalala. Vous prônez la suppression des 35 heures. Est-ce que cela n’ouvre pas la porte aux abus de la part des entreprises ?

On est le seul pays au monde à avoir les 35 heures, ce qui explique pour une part la faiblesse de notre croissance et l’ampleur du chômage. Il y avait deux solutions : repasser aux 39 heures ou alors laisser une liberté de négociation aux entreprises et aux salariés. J’ai préféré cette seconde option. Pour modifier les horaires de travail, il faudra que la majorité des syndicats ou que la majorité des salariés de l’entreprise soient d’accord. Personne ne pourra faire n’importe quoi. C’est très important d’introduire cette liberté pour permettre aux entreprises de s’adapter. Pourquoi tout le monde devrait travailler 35 heures ? Il y a des métiers qui sont plus difficiles que d’autres, des situations économiques différentes. Chez tous les grands pays voisins, comme l’Allemagne, il n’y a pas d’horaire légal de travail.

Sylvain Carrière. Etes-vous favorable à une plus grande flexibilité des contrats de travail ?

La flexibilité, c’est d’avoir des contrats de travail plus souples. Je propose de plafonner, par la loi, les indemnités de licenciement. Ces indemnités peuvent être élevées — mais il faut qu’elles soient connues à l’avance. Qu’elles ne soient pas laissées à la décision d’un juge, ce qui fait peser sur l’avenir de l’entreprise une grande incertitude. Ensuite, je suis pour la reconnaissance de « contrats de mission » qui puissent durer un, deux ou trois ans. Enfin, je suis favorable à un statut de travailleur indépendant. Je pense qu’il va y avoir de plus en plus de gens qui vont se mettre à leur compte. C’est le phénomène d’ubérisation. Sans contrôle, ce sera la foire d’empoigne. Il y a une autre solution proposée par notre Prix Nobel d’économie, Jean Tirole, qui est un contrat unique pour tout le monde mais qui fera varier le niveau de protection avec l’ancienneté. Un jeune aurait ainsi un contrat beaucoup plus précaire qu’une personne qui a de l’ancienneté. Je n’ai pas retenu cette idée dans mon programme, mais elle est sur la table.

Mais quels seraient les avantages pour les salariés avec un contrat plus flexible ?

Lorsqu’on est en plein-emploi comme nos amis allemands, les salariés sont en position de force. Mais ce n’est pas notre cas. Nos entreprises peuvent sélectionner leurs salariés. La clé de notre redressement, c’est la lutte contre le chômage. Je pense que passer de 10 % de chômage à 4 ou 5 %, ce qui est un quasi-plein-emploi, est possible en cinq ou six ans. C’est long. Donc, je propose de baisser immédiatement les cotisations sociales payées par les salariés ce qui fait augmenter le salaire direct. Je financerai cette baisse par une hausse de 2 points de la TVA.

Viviane Aubry. Emmanuel Macron souhaite que les salariés qui démissionnent bénéficient des indemnités chômage au même titre qu’une personne licenciée. Qu’en pensez-vous ?

Je ne comprends pas cette proposition. Les cotisations chômage des salariés et des employeurs sont destinées à indemniser le chômage, c’est-à-dire un accident de parcours. Là, il s’agirait d’indemniser les salariés qui décident de quitter leur travail au bout de cinq ans ! L’assurance chômage est en déficit de 10 Mds€. Et M. Macron nous explique qu’il veut réduire ce déficit sans proposer le début d’une mesure pour le faire, comme par exemple la réduction de la durée d’indemnisation ou la hausse des cotisations. Ce n’est pas en creusant le déficit qu’on va sortir des difficultés. Si je suis élu, je demanderai aux partenaires sociaux — qui continueront de gérer l’assurance chômage contrairement à ce que propose M. Macron qui veut la nationaliser — de négocier, mais je poserais une exigence : arriver à l’équilibre des comptes sinon le système va exploser.

Mohamed Mahi. Quelle serait votre première mesure pour éviter les délocalisations ?

Baisser, comme on ne l’a jamais fait, les charges et les impôts qui pèsent sur les entreprises. Je diminuerai de 40 Mds€ les charges qui pèsent sur le travail. Je supprimerai le CICE que je transformerai en baisse de charges. Et je veux que tous les niveaux de salaire soient concernés. Soit une baisse du coût du travail de 10 %. Deuxième chose, je veux que l’on puisse investir en France. Or notre fiscalité est deux fois plus importante que chez beaucoup de nos voisins. Certains disent : « Il faut faire payer les riches. » Moyennant quoi, ils n’investissent plus en France. Je veux aussi que l’on puisse déduire de ses revenus les sommes investies dans les PME afin que les Français deviennent actionnaires de leur activité. Enfin, je veux développer et améliorer la formation, notamment des jeunes.

Le voile, la laïcité : « Une prise de pouvoir des intégristes au sein de la religion musulmane »

Charlène Kalala. La femme n’est-elle pas libre de son corps ? Pourquoi vouloir faire une loi anti-burkini ?

FRANÇOIS FILLON. Je n’ai jamais proposé de loi anti-burkini ! Je fais partie au contraire de ceux qui disent qu’il ne faut pas légiférer sur ces questions. Mais ne nous y trompons pas : le burkini, c’est une provocation, une manière pour les intégristes de prendre le pouvoir au sein de la religion musulmane. Il y a trente ans, il y avait autant de musulmans en France et pratiquement pas de femmes voilées dans les rues. Pourquoi tout d’un coup autant de signes de repli sur soi ? Je souhaite que l’on combatte, avec les musulmans eux-mêmes, la montée de cet intégrisme. Je propose simplement l’instauration d’un dialogue entre l’Etat et la religion musulmane. Comme il y en eut un autrefois entre l’Etat et la religion catholique. Il faut que les musulmans acceptent les mêmes règles que les autres religions.

A l’université, il ne faut pas interdire le port du voile ?

C’est aux conseils d’administration des universités de décider de leur règlement intérieur. D’abord parce que les universités sont des lieux de liberté depuis le Moyen Age : la police n’a pas le droit d’intervenir dans les campus universitaires. Si on décidait d’une loi sur le port du voile à l’université, qui la ferait appliquer ? Personne. Je propose donc que chaque conseil d’administration décide. De manière générale, je propose que chaque adulte soit libre de s’habiller comme il veut. Mais la société française ne peut pas accepter de discrimination envers les femmes. Quand des femmes ne peuvent pas aller dans un café parce qu’elles n’y sont pas les bienvenues, que des médecins hommes ne peuvent pas soigner des femmes, on se dit qu’on est en train de reculer sur des questions fondamentales. Mais cela se combat par le dialogue.
Les retraites : « Un seul système pour tout le monde »

Charlène Kalala. Vous proposez d’augmenter l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Mais vous-même vous vous présentez à la présidence de la République à 62 ans…

Non, 63 ans ! Que suggérez-vous ? De le mettre encore plus tard ? Ce n’est pas par plaisir que je propose 65 ans. Nous sommes un des seuls grands pays d’Europe à ne pas avoir l’âge de départ à 65 ans. Pouvons-nous rester tout seuls avec les 35 heures et la retraite à 62 ans ? Non. Ou alors on va continuer à s’appauvrir, on aura de plus en plus de mal à payer les retraites avec de moins en moins d’actifs pour cotiser. Ce n’est pas très populaire de proposer cela mais c’est réaliste.

Pour combien d’annuités ?

Pour l’instant, on est à 42,5. Il est plus efficace de passer à 65 ans que d’augmenter le nombre d’annuités. Cela représente près de 20 Mds€ d’économies par rapport au déficit actuel. Et je propose d’augmenter toutes les retraites inférieures à 1 000 € ainsi que les petites pensions de réversion. Les retraites, ce n’est pas un système très sophistiqué, c’est une boîte dans laquelle on met les cotisations pour payer les prestations. Donc, s’il y a moins de cotisations, il y a moins d’argent pour payer les retraites.

Mohamed Mahi. Pourquoi ne pas faire une seule caisse de retraite, pour le privé comme pour les fonctionnaires ?

On a commencé à le faire en 2003, avec les 40 annuités pour les fonctionnaires alors qu’ils étaient à 37,5. Il y a donc eu un effort de fait sur les régimes spéciaux mais pas suffisant. Je suis favorable à un seul système de retraite pour tout le monde. Pour être sûr d’y arriver, si besoin, je proposerai d’inscrire dans la Constitution le principe d’égalité des régimes sociaux.

Et vous-même, à quel âge la retraite ?

Chacun est libre de voter pour quelqu’un de plus jeune ! Mais ce serait compliqué dans une société qui vieillit d’avoir toute une partie de la population non représentée. Le renouvellement de la politique ne passe pas par des règles et des lois, mais par les choix des électeurs. Quand on regarde ceux qui ont compté dans la vie politique française, on se serait privés de beaucoup de talents, comme le général de Gaulle.

Le fait de ne vouloir exercer qu’un seul mandat présidentiel ne va pas dans ce sens…

C’est autre chose. Je pense que la situation du pays est très difficile, et le président de la République doit jeter toutes ses forces dans la bataille pour réussir le changement. Car cela va générer des oppositions, or j’ai bien vu dans le passé que le désir d’être réélu conduit à ne pas prendre les décisions courageuses dont on a besoin. C’est pour cela que je ne suis candidat que pour un mandat.

La santé : « Laisser une réelle liberté aux médecins »

Élodie Dallocchio. La désertification médicale compromet l’égalité. Comment faire pour que tous les Français puissent avoir accès à la même qualité de soins ?

La question de la désertification est fondamentale. Avec l’éducation, l’offre de santé est la clé du développement des territoires ruraux et périurbains. Ma première proposition, c’est d’augmenter le numerus clausus dans les régions où il n’y a pas assez de médecins. Tout simplement parce que beaucoup de jeunes font leurs études dans une région et s’y établissent par la suite. La seconde est de faciliter l’association des médecins dans les maisons de santé. Une très belle idée gâchée par l’administration qui a voulu multiplier les normes et les contraintes : les médecins jugent désormais que les coûts des maisons de santé sont trop élevés et ils ne s’y installent pas. Il faut laisser une réelle liberté aux médecins. La troisième proposition, c’est une plus grande complémentarité entre les professions de santé. Des infirmières pourraient très bien faire certains actes réservés aux médecins, idem pour les pharmaciens ou les kinés. Enfin, il faut sans doute évoquer la question des incitations financières. Si des médecins acceptent d’aller dans des territoires désertifiés, on doit pouvoir mieux les payer.

Mohamed Mahi. Que comptez-vous faire pour les remboursements de la Sécurité sociale ? Et quid des mutuelles, qui sont de plus en plus chères ?

Je veux une meilleure répartition des rôles entre les mutuelles et la Sécurité sociale. Je vais créer une agence qui regroupera l’Etat, les représentants de la Sécu, des mutuelles et des professions médicales. Cette agence sera chargée de répartir les remboursements entre les organismes, de surveiller les coûts de fonctionnement des mutuelles afin d’arriver à un remboursement de 100% sur les dépenses de santé les plus onéreuses : l’optique, les prothèses dentaires, auditives et les dépassements d’honoraires. On peut y parvenir sans augmenter les cotisations en faisant des efforts de gestion.

Vous avez donc changé votre programme ?

Non, il était juste mal exprimé.


François Fillon, le 19 avril 2017.

Source : www.fillon2017.fr

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 06:17

« Nous avons toujours été aux rendez-vous de l’histoire (…). Nous sommes le pays des prix Nobel et des médailles Field, le pays des satellites et de la chirurgie cardiaque (…). Le monde nous connaît par la puissance de notre esprit, la grandeur de nos réalisations, une littérature incomparable. Nous avons triomphé des guerres, des défaites, des occupations. Nous sommes toujours là, toujours debout (…), et parmi les cinq premières nations du monde depuis plus de mille ans. Et l’on voudrait nous faire croire que notre place est au bord du chemin, à regarder mélancoliquement les réussites des autres ? » (François Fillon, le 9 avril 2017 à Paris).


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L’incertitude demeure à quelques jours du premier tour. Les sondages ont beau sonder tous les jours, avec les erreurs calculées, personne ne peut vraiment donner l’ordre d’arrivée des quatre premiers candidats à l’élection présidentielle : deux en tête mais dont les intentions de vote décroissent, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, et deux en retard, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, mais dont les intentions de vote remontent ? Lesquels arriveront au second tour ? Les médias vacillent parce qu’ils ont peur qu’on leur reproche leur mauvais pronostic.

Quatre candidats et s’ils sont tous les quatre très différents, on pourrait les classer deux à deux : nouveaux candidats (Macron, Fillon) ; anciens candidats (Mélenchon, Marine Le Pen), déjà présents en 2012. Clivage plus important : voulant donner les meilleurs atouts à la France pour concourir à la mondialisation (Macron, Fillon) ; voulant sortir de tous les partenariats internationaux et en premier lieu, l’Europe (Marine Le Pen, Mélenchon). Ou encore : voulant plus d’autorité de l’État (Marine Le Pen, Fillon) ; prônant moins d'exigence dans le régalien, justice, police (Macron, Mélenchon).

En reprenant les onze candidats, on peut aussi "classer" les candidats par expérience ministérielle. Trois seulement en ont une : François Fillon qui a un CV qui dépasse en densité tous ses concurrents, Benoît Hamon dont les vingt-sept de fonction ministérielle n’ont pas abouti à grand chose, Jean-Luc Mélenchon, deux ans obscur sous-ministre, et Emmanuel Macron, deux ans à Bercy, et de son passage, il est resté une petite loi qui se voulait ambitieuse économiquement et dont il ne reste plus que les …"cars Macron".

Avant de gérer la France, c’est bien d’apprendre à gérer une collectivité territoriale, et là, c’est toujours le désert dans l’offre électorale. À part François Fillon qui a dirigé tous les types de collectivités territoriales (commune, intercommunalité, département, région, État à Matignon), ce qui n’a engendré aucune contestation sur sa manière de gérer, seuls Nicolas Dupont-Aignan a l’expérience d’une gestion municipale à Yerres, et Jean Lassalle dans une commune rurale. Aucun autre candidat n’a été à la tête d’un budget public, ne serait-ce d’une petite commune !

La logique politique voudrait donc qu’au second tour s’affrontent deux logiques politiques, et le chômage étant l’urgence prioritaire, le clivage devrait être en premier lieu économique. Si bien qu’un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon ou encore Emmanuel Macron à François Fillon n’aurait pas beaucoup de sens démocratique car, dans ces deux cas, une moitié des électeurs ne se sentirait plus représentée au second tour.

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Comme tout est possible, les sondages vont naturellement influencer les électeurs. C’est la logique du vote utile : on ne voterait pas complètement pour ses idées mais pour celui des candidats qui, sans être son préféré, serait le meilleur, selon soi, parmi ceux qui pourraient gagner l’élection. C’est assez tortueux car les sondages évoluent.

Ainsi, Benoît Hamon pouvait dire il y a deux mois aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon que c’était utile de voter pour lui car il était largement au-dessus du candidat de la France insoumise dans les sondages. Cette logique s’inverse maintenant que le rapport s’est inversé.

De même, Marine Le Pen étant donnée battue au second tour dans tous les cas de figure (ce qui ne signifie rien de la réalité électorale, j’insiste), ses électeurs pourraient imaginer voter pour un autre candidat proche de leurs idées capables de gagner le second tour, par exemple François Fillon pour les plus régaliens, ou encore Jean-Luc Mélenchon pour ceux qui veulent, au contraire, tout bousculer.

Quant à Emmanuel Macron, le favori, gagnant dans tous les cas de figure du second tour selon les sondages, il pourrait avoir des difficultés à être présent à ce second tour et des électeurs de François Fillon pourraient être tentés de voter Emmanuel Macron au premier tour pour éviter un second tour Jean-Luc Mélenchon vs Marine Le Pen.

Toutes ces considérations de billard à deux ou trois bandes sont tortueuses et ne sont issues que de l’évolution des sondages. Or, ces sondages évoluent aussi en raison de ces considérations. Le chat qui se mord la queue. Il faut se rappeler par exemple que le débat présidentiel du premier tour en 1995 s’était installé sur la rivalité entre Édouard Balladur (le grand favori) et Jacques Chirac, et finalement, ce fut Lionel Jospin qui arriva en tête du premier tour.

Le mieux pour les électeurs est donc de voter selon leurs idées politiques, leurs convictions, plutôt que selon une douteuse tactique électorale.

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Je m’arrête sur le choix du réalisme économique. La mondialisation n'est pas une idéologie, c'est une réalité. Deux candidats proposent des réformes en prenant comme base de départ cette réalité économique de la France plongée dans la mondialisation : Emmanuel Macron et François Fillon. Si l’un des deux se retrouve au second tour sans l’autre, il aura besoin des électeurs de l’autre, c’est évident.

Cela signifie que la rivalité fait rage entre ces deux candidats pour être celui qui sera présent au second tour, mais il faut que cette lutte ne soit pas trop définitive pour permettre le rassemblement au second tour. Du côté des électeurs d’Emmanuel Macron, cela ne semble pas trop poser de problème de se reporter éventuellement sur un vote Fillon au second tour. L’inverse est moins vrai : selon certains sondages, seulement un gros tiers des électeurs se reporterait au second vers le vote Macron, tandis qu’un autre tiers s’abstiendrait et un autre petit tiers voterait pour Marine Le Pen.

Le problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il dit tout et son contraire à longueurs de meetings et d’interventions médiatiques, dans le plus grand style de son mentor François Hollande qui n’a pas osé se représenter. Il a même nommé un proche de la mouvance islamiste comme responsable de son parti dans le Val d’Oise, qu’il s’est empressé d’éloigner lorsque cela s’est su, mais sans vraiment donner sa position réelle sur le communautarisme islamique. Pourquoi ? Parce qu’il cherche à préserver l’ambiguïté le plus longtemps possible pour s’attirer les voix des contraires.

Le problème, c’est qu’une telle attitude ne fera pas une majorité à l’Assemblée Nationale. Aucun des soutiens dits de droite d’Emmanuel Macron ne va avoir une influence aux élections législatives, car Les Républicains et l’UDI ont signé le 14 mars 2017 une alliance électorale et leur cohésion est totale aux législatives (certains disent même que François Baroin tablerait sur une cohabitation entre Emmanuel Macron à l’Élysée et une majorité LR au parlement qui le propulserait à Matignon).

En dehors de François Bayrou qui aurait peut-être un petit groupe de députés indépendants, dans le cas d’une élection d’Emmanuel Macron, ceux qui auraient une influence aux élections législatives, ce seraient les soutiens des élus du PS et du PRG, et donc, essentiellement, des éléphants hollandistes : Jean-Yves Le Drian, Manuel Valls, Gérard Collomb, Bertrand Delanoë, Jean-Paul Huchon, etc. Rien à voir avec le ni droite ni gauche répété à l’envi par Emmanuel Macron. Ce serait une majorité typiquement "hollandiste", ce qui est assez paradoxal quand on connaît l’extrême impopularité du quinquennat de François Hollande.

Les mesures que propose Emmanuel Macron sont souvent des demi-mesures. Il ne réduit que de 10 milliards d’euros les dépenses publiques, ce qui ne supprimerait pas le déficit public. Le thème de l’endettement était pourtant très cher à François Bayrou, mais c’est sûr qu’il ne fait pas rêver. Emmanuel Macron préfère surfer sur une certaine démagogie, la seule mesure innovante qu’il propose d’ailleurs, la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, ce qui non seulement supprimerait toute autonomie aux communes (qui sont aujourd’hui libres de fixer leur politique fiscale) mais également réduirait nécessairement leurs recettes.

François Fillon, lui, propose le plein emploi. C’est le seul candidat qui le propose. Au contraire d’un candidat qui propose le "plus d’emploi du tout", Benoît Hamon, au point de proposer un revenu de substitution, le revenu universel. C’est certes osé, d’imaginer que tout n’a pas été fait pour enrayer le chômage, contrairement à la fameuse formule de François Mitterrand, gourou du ni-ni. Pourtant, le programme de François Fillon s’est attaqué à tous les freins à l’emploi.

Son programme est-il anti-social comme ses adversaires l’affirment ? François Fillon a répondu notamment à Marseille le 11 avril 2017 : « Devant mon projet, certains m’accusent de vouloir affaiblir notre modèle social. Mais de quel modèle social parlent-ils ? Avec 6 millions de François qui pointent à Pôle Emploi, 2 200 milliards de dettes, avec la pauvreté qui augmente, ce sont eux, avec leurs mesurettes et leur démagogie, qui vont ruiner notre modèle social ! ».

Et d’énumérer ce qui pourrait renverser la tendance : « Moi, je me bats pour une France productiviste, une France qui crée des emplois, qui crée des richesses, et, ce faisant, une France qui peut financer la santé pour tous, les retraites de nos anciens, l’aide aux plus démunis. Je me bats pour la vraie justice sociale, pas celle qui est financée sur la dette qui, un jour, s’écroulera sur les épaules des classes moyennes et sur celles de nos enfants. » (11 avril).

Sur le plan extérieur, François Fillon a compris que la puissance économique était un paramètre de souveraineté nationale et d’influence internationale : « Le désendettement est la condition d’un État fort, respecté, maître de son destin. C’est un enjeu politique, parce qu’à travers la dette, c’est la souveraineté de la nation qui est en cause. C’est un enjeu moral, parce que ce fardeau, nous le faisons peser sur les générations futures. C’est un enjeu social, parce que c’est tout notre modèle français de solidarité qui risque d’être un jour ruiné par notre incapacité financière. » (9 avril 2017).

La situation internationale est très tendue. Après avoir bombardé la Syrie, Donald Trump est en train de menacer la Corée du Nord qui refuse d’être sous contrôle de la Chine et veut poursuivre son ostentation nucléaire. La Turquie se radicalise (référendum organisé le 16 avril 2017), les attentats islamistes se multiplient (en Suède, en Russie, en Allemagne, en Égypte, etc.), le monde est dangereux et difficile. Garder ses nerfs, savoir raison garder avec la dissuasion nucléaire sont des qualités indispensables : une expérience d’homme d’État pour la personne qui dirigera la France dans quelques semaines serait quand même la bienvenue !

François Fillon l’a exprimé de cette manière à la Porte de Versailles de Paris le 9 avril 2017 : « Personne ne nous attendra. Personne ne nous fera de cadeaux. Et si nous continuons de nous affaiblir, tant de pays pour qui nous étions un modèle finiront par détourner les yeux loin de nous. Mais si nous nous relançons, une chance historique se présente à nous. Avec une Amérique désarçonnée par les dernières élections, un Royaume-Uni accaparé et préoccupé par le Brexit, une France qui aura retrouvé sa crédibilité se replacera au centre du jeu. Elle affirmera la liberté de sa voix et de ses choix. C’est le moment ou jamais de rassembler nos forces pour donner un coup d’accélérateur et s’engouffrer dans l’ouverture. L’Europe est à un tournant de son histoire et la responsabilité de la France est immense. ».

Avec de tels discours, François Fillon aurait dû avoir un boulevard devant lui. Il l’a eu d’ailleurs lors de la primaire LR. Mais le PenelopeGate qui a surgi fin janvier 2017 a changé la donne. Des soupçons sur son honnêteté ont considérablement terni son image. Ce qu’on lui reproche est mille fois moindre que ce qu’ont fait François Mitterrand ou encore Jacques Chirac, mais cela l’a privé d’une caisse de résonance sur son programme et d’une certaine crédibilité, même si aucun de ses actes comme chef d’un exécutif local n’a jamais été l’objet d’un reproche ou d’un soupçon quelconque.

L’idéal, évidemment, c’est d’élire un candidat qui soit à la fois honnête, compétent et efficace. L’essentiel dans le choix du candidat, c’est de savoir mettre les priorités sur ces qualités.

Emmanuel Macron est à l’évidence compétent. Son honnêteté, à ce jour, n’a pas été mise en doute. En revanche, son efficacité future laisse à désirer. Ses demi-mesures, ses positions ambiguës sur de nombreux sujets pour ratisser large, et son incapacité à convaincre qu’il pourrait bénéficier d’une majorité parlementaire cohérente et toute concentrée derrière lui est un handicap majeur, car ce fut déjà la cause de l’échec du quinquennat de François Hollande dont je ne peux mettre en cause la bonne volonté.

François Fillon a la compétence à l’évidence également, sa grande expérience d’homme d’État le rendra opérationnel immédiatement à la tête de l’État. Son efficacité paraît atteignable grâce à une alliance qui a su montrer, dans le passé, sa capacité à rassembler aux élections législatives. Enfin, effectivement, son honnêteté est mise en doute. La présomption d’innocence que sous-entend une mise en examen n’a aucun contre-effet sur l’effet médiatique d’une mise en cause personnelle, parce que ce n’est pas la légalité qui est en cause (et je ne pense pas qu’il fût en faute pour cela), mais sa moralité.

Lors de sa conférence de presse du 1er mars 2017, François Fillon s’était prêté à un exercice rhétorique qui pourrait d’ailleurs être utilisé pour d’autres occasions mais qui n’en est pas moins vrai : « La France (…) est plus grande que mes erreurs. Elle est plus grande que les partis pris d’une large part de la presse. Elle est plus grande que les emballements de l’opinion elle-même. Et c’est parce que je suis totalement décidé à servir cette France-là que je m’opposerai, de toutes mes forces, à ce que le hasard ou le calcul décident de son sort et de l’avenir des Français au moment d’une consultation décisive. Je vous le dis avec gravité, ne vous laissez pas abuser ! ».

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Le choix entre François Fillon et Emmanuel Macron, c’est le choix entre d’un côté une moralité mise effectivement en doute, mais une efficacité à redresser l’économie de la France reconnue de tous les grands acteurs économiques, et de l’autre côté, une honnêteté qu’on ne peut mettre en doute (aujourd’hui), mais une inefficacité inéluctable par son positionnement mi-figue mi-raisin et par la configuration institutionnelle qui lui apporterait, le cas échéant, une majorité sans cohérence politique, ce qui aboutirait à cinq nouvelles années d’immobilisme et de retard.

En somme, la campagne présidentielle rappelle que l’exercice du pouvoir ne peut exclure une certaine dose de cynisme. C'est regrettable. C’est loin d’être idéal car l’idéal, c’est bien entendu l’honnêteté à tous les étages, mais la politique, c’est l’art du réalisable, l’équilibre périlleux entre le souhaitable et la réalité.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Qui sera nommé à Matignon en mai 2017 ?
Emmanuel Macron.
François Fillon.
Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon.
Benoît Hamon.
Fillon ou Macron pour redresser l’économie française ?
Marine Mélenchon et Jean-Luc Le Pen.
L’autorité et la liberté.
Défendre la Ve République.
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).


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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170224-fillon-macron.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/fillon-ou-macron-pour-redresser-l-191786

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/18/35162888.html
 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 06:26

« Aucune intimidation ne fera plier notre volonté alors que depuis plus de deux mois, le plus incroyable système de dénigrement mis en place sous la Ve République tourne à plein rendement. En dépit de la situation économique, en dépit de la montée des périls extérieurs et alors même que des attentats continuent de se perpétuer sur notre territoire. » (François Fillon, le 27 mars 2017 à Nantes).


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La campagne présidentielle n’en finit pas de surfer sur le creux des vagues sans s’attarder au fond des choses, à savoir : quelle est la vision de la France de demain de chacun des candidats à l’élection présidentielle ? Au lieu de cela, il n’y a que des sujets périphériques qui détournent les électeurs des vrais enjeux (affaires, survie du PS, rassemblement de la gauche radicalisée, sourire du crémier, etc.). Pourtant, les électeurs se détermineront sur des enjeux de fond, pas sur la couleur du pantalon ou le prix des costumes.

On pourra regretter amèrement la campagne présidentielle de 2007, il y a dix ans. Il y avait eu un vrai débat de fond, sur des clivages bien particuliers, conséquence des personnalités très différentes des trois principaux candidats Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou qui ont véritablement renouvelé la classe politique dominée encore par Jacques Chirac, Lionel Jospin, Jean-Marie Le Pen, etc. Ces trois candidats ont entraîné à l’époque à la fois un fort mouvement d’adhésion militante (UMP, Désirs d’avenir, futur MoDem) mais aussi un mouvement de détestation personnelle et de rejet (quasi-passionnel).

Pour la campagne 2017, l’encéphalogramme est plutôt plat, au contraire de 2007. Certains candidats essaient alors d’en profiter pour mener le débat sur le clivage à propos de l’Europe. C’est un clivage qui avait été un grand facteur de division au sein du RPR à l’époque du Traité de Maastricht (1992) et au sein du PS à l’époque du TCE (2005). Les débats européens en France ont toujours été pollués par la politique intérieure et il faut bien avouer qu’il n’y a pas eu beaucoup d’enthousiasme politique en France depuis une vingtaine d’années pour la construction européenne, ce qui n’a pas empêché les gouvernements successifs de l’accompagner, plutôt mollement voire, parfois, honteusement. Sans compter que certains étaient contre l’Europe car ils voulaient plus d’Europe (allez comprendre !).

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Au moins trois candidats voudraient faire de cette élection présidentielle un référendum pour ou contre l’Europe : Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau. Pourtant, ils se trompent d’élection (ce ne sont pas des élections européennes) et surtout, ils se trompent de clivage.

Car les problèmes en France n’ont pas pour origine l’Europe ou pas l’Europe. Le chômage, les délocalisations, la désindustrialisation, ce n’est pas l’appartenance à l’Union Européenne ni à la zone euro qui est la cause de ces maux. C’est la globalisation des échanges qui concerne le monde entier et ces maux deviennent des maux français parce que la France n’a pas su s’adapter à cette évolution.

La preuve que ce n’est pas l’Europe qui est en cause, c’est qu’au contraire, l’Allemagne s’en sort très bien. Pareil pour l’équilibre budgétaire, le déficit public, etc. D’ailleurs, la zone euro a permis des taux assez faibles que la France n’aurait jamais obtenus seule avec le franc.

D’ailleurs, parlons de la souveraineté nationale. François Fillon répète dans ses meetings avec raison que la France n’aura pas de souveraineté économique tant que ses finances ne seront pas assainies et qu’elles dépendront de créanciers étrangers. Invité de la matinale de France Inter le 30 mars 2017, le journaliste spécialiste des questions européennes Jean Quatremer s’est interrogé sur le niveau de souveraineté de la France si elle reprenait le franc. Par exemple, dans le cas où la Deutsche Bank augmenterait ses taux d’intérêt, quelle serait la nature de la souveraineté de la France ? Jean Quatremer l’a évaluée à …trois secondes. Le temps pour la Banque de France de réagir et d’augmenter aussi ses taux d’intérêt.

Les causes réelles des problèmes français ne sont pas à l’extérieur des frontières françaises mais à l’intérieur : les gouvernements depuis trop longtemps ont toujours refusé de réformer notre système social qui doit nécessairement s’adapter aux évolutions du monde et de la technologie, et quand ils cherchent à le réformer, ils le font d’une manière si honteuse qu’ils ont du mal à l’expliquer et sont rejetés par les électeurs.

Invité d’Yves Calvi le 30 mars 2017 sur LCI, l’ancien conseiller de François Mitterrand Jacques Attali a expliqué qu’il existait deux idéologies très différentes du pessimisme ambiant en France. Il y a ceux qui considèrent que la France d’avant était mieux et qu’il s’agirait d’y revenir (retour au franc, etc.). Et il y a ceux, au contraire, qui trouvent que la situation actuelle leur est plutôt profitable, mais ils ont peur que cela ne dure pas et qu’elle se détériore. Ces deux pensées, très différentes, empêchent tout progrès et surtout, toute innovation car il faut surtout imaginer de nouveaux modèles pour adapter le pays aux évolutions du monde.

Une fois cela dit, quels sont les enjeux de l’élection de 2017 ? Certains veulent y voir le double enjeu du renouvellement et de la protection. Je crois bien sûr au besoin de protection, qui est double et, dans le clivage droite/gauche, qui est ambigu : la protection sociale de ne pas être déclassés, soi ou ses enfants, et la protection physique et matérielle de ne pas être dans l’insécurité.

Le besoin de renouvellement est bien sûr réel, c’est d’ailleurs ce qui a fait la popularité d’Emmanuel Macron, nouveau venu du paysage politique, mais y a-t-il un besoin plus grand de renouvellement que d’expérience ? Ce n’est pas évident. Vanter son immaturité politique peut inquiéter des citoyens déjà angoissés par un monde aux menaces multiples (terroristes, diplomatiques, économiques, migratoires, etc.). Le besoin de renouvellement a d’ailleurs été largement satisfait à partir du moment où Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Hollande, et dans une moindre mesure, François Bayrou, ne participent pas à l’élection 2017.

De nouveaux hommes, de nouveaux visages ont pris place, et finalement, ce sont ceux qui disent vouloir révolutionner les choses qui sont en fait les perpétuels candidats non renouvelés : Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et je n’évoque pas les "petits candidats" dont la plupart (à l’exception de Jean Lassalle et François Asselineau) n’ont rien de "renouvelé".

Au-delà du renouvellement des visages, y a-t-il vraiment renouvellement des usages pour Emmanuel Macron ? Pas certain. Ceux qui ont vu son meeting à Marseille le 1er avril 2017 (10 000 personnes revendiquées) ont vu du bel ouvrage, une communication politique parfaitement au point, mais rien de nouveau. Il faut revoir les meetings du RPR d’il y a vingt-cinq ans pour revoir les mêmes militants crier "Chirac Président !" ou les drapeaux s’agiter (évidemment pas, à l’époque, sur injonction par sms d’un chef d’orchestre en coulisses).

Le renouvellement des usages chez Emmanuel Macron, c’est peut-être le creux de ses discours, où il ne précise rien de son programme, il n’explique rien de la manière d’appliquer ce qu’il prétend proposer… mais certainement pas sa cuisine politicienne pour les investitures aux élections législatives où il a affirmé le 28 mars 2017 vouloir donner une part égale aux candidats d’origine LR, d’origine centriste, d’origine PS. Cela ressemble plus aux combinaisons et manœuvres de la IVe République qu’à une pratique renouvelée de la vie politique, malgré l’appel à candidature qui a fait remonter 14 000 dossiers de candidature pour 577 circonscriptions !

À mon sens, c’est le double besoin de protection évoqué plus haut qui va dominer les attentes des électeurs. Pour simplifier, il concerne la protection physique (se prémunir de l’insécurité et du terrorisme) et la protection économique (avoir un emploi ou pas). En d’autres termes, les deux enjeux, ce sont le régalien et l’économique.

Or, pour répondre à ces deux défis, il n’y a que deux réponses possibles pour être efficace. Le régalien nécessite l’autorité et l’économique nécessite la liberté.

L’autorité, c’est celle de redonner un sens à l’histoire, de remettre la France dans son cadre millénaire (c’est une récurrence de François Fillon depuis un an), c’est de redonner fierté à l’identité française. L’autorité, c’est de permettre aux enseignants de ne plus avoir peur de leurs élèves quand ils arrivent en cours. L’autorité, bien sûr, c’est aussi de pouvoir retrouver une parole influente dans le concert des nations, face aux grands ensembles, face aux conflits.

La liberté, c’est la seule valeur qui permettrait de créer des emplois. Que des activités ou des emplois meurent est dans l’ordre des choses, les technologies évoluent, la société évolue, les besoins de consommation évoluent et c’est donc normal de ne pas vouloir tout faire pour continuer à produire par exemple des tubes cathodiques. Le problème en France, c’est qu’on sait mourir mais on ne sait pas naître. Or, il faut tout faire pour créer de nouvelles activités économiques. Cela signifie tout miser sur l’innovation (trop peu d’investissements et pas beaucoup français), et tout miser sur la liberté de créer, en se débarrassant de tous les carcans administratifs qui découragent ou délocalisent toute nouvelle idée.

Si l’on prend ces deux critères, autorité et liberté, on arrive vite à une analyse assez facile des cinq principaux candidats à l’élection présidentielle de 2017.

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Marine Le Pen est certainement crédible sur le registre de l’autorité, mais absolument pas sur le registre de la liberté. Au contraire, elle a repris le même programme économique que l’extrême gauche (au grand dam d’ailleurs de sa nièce).

Emmanuel Macron, au contraire, présente une crédibilité inversée : il l’est sur le plan des libertés économiques, on peut lui accorder qu’il sait ce qu’est une entreprise et comment créer de l’activité. En revanche, il n’a pas beaucoup de crédibilité sur le régalien et cela ne s’improvise pas, cela s’éprouve. Comment un jeune homme de 39 ans sans expérience pourrait-il inspirer l’autorité de l’État et de la France dans le monde moderne ? On s’effraie du rappel que l’un des premiers objectifs du Président de la République sera de lutter contre le terrorisme islamique et de savoir s’il faut continuer ou pas l’état d’urgence (rappelons que chaque changement de gouvernement entraîne automatiquement la fin de l’état d’urgence, c’était le cas pour la nomination du gouvernement de Bernard Cazeneuve).

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, parce qu’ils naviguent dans les mêmes eaux, se retrouvent dans une analyse similaire du point de vue du régalien et de l’économique. Parce qu’ils proposent des dizaines voire centaine de milliards d’euros de dépenses supplémentaires, ils empêchent toute initiative économique de se développer par une augmentation massive des impôts et taxes et de la dette publique. La liberté économique, seule créatrice d’emplois durables, n’est donc pas leur fort. Quant à l’autorité, ils ne peuvent en inspirer s’ils ne veulent pas réguler les flux migratoires ou s’ils montrent une certaine candeur face aux cyniques.

François Fillon a incontestablement l’expérience de l’autorité régalienne. Il n’a rien à prouver sur ce plan. Son livre contre le terrorisme islamique renforce cette crédibilité. Quant à l’éthique de liberté économique, il a accepté de reconnaître que son gouvernement entre 2007 et 2012 n’avait pas pris assez conscience des carences de la France pour libérer la création de valeur et l’initiative économique. Il l’a accepté de manière très humble, en allant quérir les conseils et avis de milliers de professionnels de tous les domaines pour savoir ce qu’il faudrait changer ou conserver et quelles seraient les priorités et les urgences. Son programme économique est le plus élaboré et aussi le plus motivé.

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On pourrait croire que l’autorité et la liberté seraient finalement deux notions contradictoires : l’autorité réduirait la liberté, et réciproquement. Précisons d’abord qu’il s’agit d’autorité régalienne de l’État, celle qui régule à l’intérieur et qui influence à l’extérieur, et de liberté économique, celle qui débureaucratise, qui libère les énergies, qui encourage l’innovation et la création. Ensuite, ces deux notions sont finalement fondées sur une même nécessité, le sens des responsabilités. Pas de liberté sans responsabilité. Pas d’autorité sans responsabilité.

La responsabilité est toujours une prise de risque, car l’assumer revient à dire en cas de problème qu’on se reconnaît coupable. Mais c’est aussi la seule voie du redressement, car sans assumer les réformes, le peuple ne suivra jamais (c’était le cas de François Hollande). C’est sans doute le pari de François Fillon. C’est un enjeu qui le dépasse. Qui dépasse sa femme, ses enfants, ses costumes coûteux, son patrimoine (plus faible du reste que celui de Jean-Luc Mélenchon). C’est aussi cela l’enjeu de responsabilité, celle de l’élu l’est aussi parce que ses électeurs sont responsables. On peut appeler cela également maturité démocratique.

C’est l’espoir du 23 avril 2017 : « L’Histoire nous apprend que les peuples se plaignent rarement dans les temps difficiles d’une excès de courage, de clarté ou de volonté. » (François Fillon, le 27 mars 2017).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Qui sera nommé Premier Ministre en mai 2017 ?
Macron ou Fillon ?
Le Pen et Mélenchon ?
La Ve République.
Un Président exemplaire, c’est…
Deuxième débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (4 avril 2017).
Les propositions des cinq grands candidats (20 mars 2017).
Programme 2017 de François Fillon (à télécharger).
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Programme 2017 de Benoît Hamon (à télécharger).
Programme 2017 de Jean-Luc Mélenchon (à télécharger).
Programme 2017 de Marine Le Pen (à télécharger).
Le bilan comptable du quinquennat Hollande.
La déclaration de patrimoine des candidats (à télécharger).
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Liste officielle des onze candidats à l’élection présidentielle (21 mars 2017).
Premier débat télévisé du premier tour de l’élection présidentielle (20 mars 2017).
Les 500 parrainages.
Liste des parrainages des candidats à l’élection présidentielle au 18 mars 2017.
Le grand remplacement.
Campagne en état d’urgence.
Autorité et liberté.
Choisir entre Fillon et Macron ?
Comptes à débours.
Et si… ?
L’élection présidentielle en début janvier 2017.
François Fillon.
Emmanuel Macron.
Benoît Hamon.
Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen.
Nicolas Dupont-Aignan.
Nathalie Arthaud.
Philippe Poutou.
François Hollande.
Manuel Valls.
François Bayrou.
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
Primaire de la droite et du centre (novembre 2016).
Primaire des socialistes (janvier 2017).
Primaire des écologistes (novembre 2016).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).

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http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-autorite-et-la-liberte-191384

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 19:20

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Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay

Mesdames et messieurs,

Je suis venu au Puy en Velay vous parler d’une question essentielle. Une question qui n’est ni de droite, ni de gauche, une question qui transcende les élections et qui pourtant est au cœur de celles-ci depuis toujours.

Je suis donc venu vous parler de l’identité de notre nation, je suis venu vous parler de la France.

Car l’identité n’est pas un débat pour les seuls universitaires, les seuls historiens. Non, c’est là une question française qu’il faut aborder franchement parce qu’elle touche nos concitoyens au cœur.

L’insécurité culturelle dans laquelle ces derniers se trouvent déboussole notre pays ; l’épuisement de l’idée de progrès et d’amélioration de la condition humaine le paralyse ; le totalitarisme islamique l’oblige à lui opposer des valeurs.

Oui, tout cela rend nécessaire et urgent de nous retrouver sur ce que nous avons en commun et que l’on appelle la France.

Il y a un bien étrange tabou dans notre pays qui résonne, ainsi que l’écrivait l’historien Marc Bloch, comme une étrange défaite.

Oui, on n’ose plus prononcer, aujourd’hui, les mots d’ « identité », de « France », de  « nation », de « patrie », de « racines » et de « culture ».

On est sommés de se faire discrets. Et bien non,  ensemble, nous prenons la parole.

Nous la prenons, en ces lieux inspirés, en ces lieux de mémoire qui incarnent notre pays au même titre que le Mont Saint Michel, Versailles, le musée d’Orsay, Chambord, le Pont du Gard ou Vézelay et tant d’autres.

Alors oui, je suis venu, parmi vous, parler de la France dont le projet est unique entre les nations.

Ma France à moi, elle est parsemée, comme la vôtre, de souvenirs personnels, de rencontres, de paysages. Au fond, c’est une affaire charnelle que les mots ne peuvent que partiellement ressusciter.

Ma France à moi elle est naturellement traversée d’Histoire, de culture, de gestes épiques. Chacun est libre d’écrire son roman national.

Ma France à moi est républicaine, mais je prends l’Histoire comme un bloc, avec ses grandeurs et ses faiblesses.

Ce n’est pas par hasard si j’ai choisi le Puy pour vous parler de notre patrie. C’est parce que je ressens ici, presque physiquement, charnellement, combien nous nous trouvons aux confluences de notre histoire, de nos racines et de notre géographie.

 

On a beaucoup dit que la France était d’abord une histoire et c’est vrai ; elle est un ensemble de valeurs humaines et de principes politiques et non pas une question ethnique ou religieuse.

Ces valeurs ne sont pas l’agrégation des spécificités de chacun. La France n’est singulière que lorsqu’elle est plurielle à condition que chacun accepte une entité collective qui préexiste à sa propre identité.

Il n’y a pas de France sans l’effort de se vouloir français, de se dire français, de se penser français.

Mais la France est aussi une terre, une mosaïque de territoires. Regardons la France, et pour commencer l’hexagone  presque parfait, merveille d’équilibre !

Trois façades maritimes : la Manche et la Mer du Nord ouvertes sur le monde anglo-saxon et l’immensité septentrionale ; la façade atlantique, qui nous ouvre depuis des siècles le grand large et nous livre ses aventures ; la façade méditerranéenne, foyer de civilisations parmi les plus vieilles et les plus riches de l’Histoire. C’est déjà beaucoup, c’est déjà exceptionnel !

Mais c’est aussi trois frontières terrestres : les Pyrénées d’abord, qui engagent la France dans cette immense ensemble qu’est le monde hispanique et latin.

Il y a la frontière des Alpes, vers l’Italie notre sœur, et au-delà l’Europe centrale, balkanique et orientale. Et puis il y a la frontière du Rhin, la plus ouverte, la plus dangereuse, la plus prometteuse aussi – ce monde germanique avec lequel nous eûmes tant de conflits et avec lequel nous avons encore à construire tant de coopérations.

Ajoutons que la France est, par son Outre-Mer, non seulement une puissance européenne mais aussi une puissance sur d’autres continents et d‘autres océans, et  qu’elle possède le deuxième domaine maritime du monde.

Autant de liens multiples, autant de facteurs que seule une grande politique peut combiner –mais qui pourraient aussi nous broyer : voilà pourquoi, si la France n’a pas une grande politique, elle n’est plus rien.

Un peu avant que ne soit érigée la cathédrale de Puy En Velay qui mêle le roman et le gothique, le byzantin et le mozarabe pour en faire un vaisseau de pierre dont l’ancre est jeté vers le ciel, un clerc rédigea en Normandie notre première chanson de geste.

Ce texte racontait l’épopée de Roland, qui combattit l’ennemi à Roncevaux. Le succès de la Chanson de Roland fut si considérable qu’elle s’étendit partout en Europe. Et ce, durant tout le Moyen Age. « Que jamais de France, ne sorte la gloire qui lui est attachée », écrit son auteur.

Bien sûr, notre pays, c’est une histoire, une légende parfois aussi mais la Tour du Pin ne disait-il qu’un pays sans légende est condamné à mourir de froid ?

Notre pays c’est des paysages, des traditions, une langue, une littérature, une culture, un drapeau, des institutions, des valeurs, des souvenirs partagés…

Tout cela forge une âme, une poésie française, ce que je nommerai une musique intérieure.

Mais par dessus tout, il y a cette certitude que la France n’est pas un fait clinique. « Une certaine idée de la France », disait de Gaulle.

Je crois qu’au cœur de cette « idée », il y a chez les Français l’instinct de la liberté et de la grandeur.

Regardez la devise au fronton de nos édifices publics et regardez celles des autres nations. Ces dernières parlent de Dieu ou de l’unité du pays mais nous, nous proclamons « Liberté, égalité, fraternité ».

Nous choisissons pour devise des mots qui portent un message universel. Et c’est bien ce qui nous caractérisent : cette idée que nous sommes une avant-garde, que nous ambitionnons d’émanciper le monde.

Parce que « Liberté Egalite Fraternité », ce ne sont pas des règles de management! La liberté, c’est Jeanne d’Arc, Lucie Aubrac, Germaine Tillion, le Général de Gaulle !

L’égalité, c’est Olympe de Gouges, Rousseau, Jules Ferry !

La fraternité, c’est l’abbé Pierre, ce sont les médecins sans frontière !

Nous sommes ainsi. Et pas seulement depuis la Révolution française mais déjà à Bouvines quand le petit royaume de France se dressa contre les empires coalisés avec cet esprit de résistance chevillé au corps.

Voilà pourquoi le patriotisme n’est pas un gros mot. Voilà pourquoi il faut valoriser ce qui nous rassemble en tant que citoyens plutôt que ce qui nous distingue en tant qu’individus, il faut que l’École assume sa vocation unificatrice, il faut relancer l’intégration et l’assimilation.

Car enfin, comment se reconnaître dans une histoire dont on vous dirait qu’elle n’a rien produit ?

Ce type de discours qui condamne notre héritage commun est irresponsable. Il nous désuni.

Lorsque nous reculons devant des revendications communautaires au nom d’un prétendu droit à la différence, nous sommes infidèles à nous-mêmes, infidèles à la citoyenneté, infidèles à l’égalité, à la fraternité.

Car par-delà nos origines, nos religions, nos régions, nous sommes d’abord et avant tout, français.

Il n’y a rien de choquant à dire que les étrangers qui s’installent régulièrement chez nous ont vocation à s’approprier l’héritage du pays des droits de l’homme.

Il n’y a rien d’outrageant à ce que notre patriotisme soit mis en partage. Et il est naturel que nous voulions que nos valeurs soient aussi les leurs.

Nous sommes une nation d’intégration. Et l’intégration signifie que celui qui vient légalement en France adopte la France, et, dès lors, la France l’adopte comme l’un des siens.

Etre Français et vivre en France, c’est une chance mais c’est aussi une charge. Dans une grande nation comme la nôtre, chaque citoyen tient entre ses mains une part du succès de la France.

Je crois qu’ensemble, il est urgent de parler de transmission, d’histoire, de patrimoine et de culture.

Car qu’est-ce qu’une nation sinon, avant toute chose, l’incarnation d’une transmission ?

La transmission est un fil d’or qui court de générations en générations.

La transmission c’est passer le flambeau de main en main et préserver notre humanité de l’obscurantisme.

Quand une société se dit « à quoi bon transmettre », c’est le signe qu’elle se résout à sa fin. Qu’elle s’enferme dans un égoïsme de court terme qui sacrifie le devenir des générations futures.

Comment réveiller l’âme française, comment la faire partager, la faire aimer ? C’est l’une des questions centrales de notre temps.

J’y réponds avec d’autres en refondant notre République à partir de l’école, de la famille, de la culture.

Les enfants chinois apprennent par cœur la liste des dynasties qui ont régné sur leur pays durant trois mille ans et ressentent la fierté d’appartenir à une grande civilisation.

Nous devons redécouvrir notre héritage historique. Parce que l’Histoire et la géographie, c’est d’abord permettre à l’être humain de se mouvoir librement dans le temps et dans l’espace.

Enlevez lui ces deux dimensions, que lui restera t-il ?

Je veux sauvegarder, d’urgence les fondamentaux sans lequels on ne peut rien bâtir : l’apprentissage de la langue, de la syntaxe, de l’orthographe, de la littérature.

Plutôt que le déni de soi, proposons la connaissance de soi.

Plutôt que la négation des racines, proposons la mémoire partagée !

Mesdames et messieurs, vous savez bien que toute entreprise de redressement du pays doit répondre à cette interrogation simple: comment permettre à la France de tenir son rang dans la mondialisation ?

Vous savez bien que pour relever ce défi, tout ne se réduit pas à des réformes de structures aussi nécessaires et aussi urgentes soient elles, tout ne se résume pas, même s’il est  illusoire d’en faire abstraction à une querelle de chiffres.

Il faut bien avoir conscience que l’identité de notre pays est un levier considérable, que nous avons entre nos mains un trésor.

La mondialisation n’est pas une idéologie, c’est une réalité.

Qu’elle ait des conséquences, oui.

Qu’elle nous oblige à nous transformer pour rester dans la compétition, oui ! Je ne suis pas naïf.

Mais la solution la plus insensée, à mon sens, serait de nous retrancher derrière la défense illusoire d’une ligne Maginot et de renoncer à se battre en attendant la prochaine défaite !

Je crois profondément que la France est un acteur majeur du monde d’aujourd’hui, qu’elle a son mot à dire et des armes pour se défendre.

Dans un monde qui redevient de plus en plus binaire, de plus en plus dur, nous avons davantage qu’un chemin, nous avons un destin, celui auquel nous sommes assignés, non sans orgueil, je l’avoue, depuis des siècles.

J’ai parlé tout à l’heure de la Chanson de Roland, dans ce ce récit guerrier, au cœur de cette prose batailleuse, surgit tout à coup, l’expression « Douce France ». Déjà.

La même expression qui sera popularisée par Charles Trenet. « Douce France », ces deux mots sonnent juste.

Car, à l’inverse de ceux qui chargent notre patrie de tous les péchés – et notre pays en a certes – nous savons que la France peut être douce à ses enfants.

Elle n’est pas seulement la mère des batailles et des hauts faits d’arme. Avant d’être brocardé, le proverbe yiddish : « Heureux comme Dieu en France » a été une réalité pour les persécutés de ce continent qui recherchaient une protection et leur émancipation.

Douce France, c’est le souci de protéger le pauvre, le faible, le pèlerin.

La France, je l’ai dit, c’est une histoire, c’est une géographie, mais c’est aussi un ensemble de valeurs et de principes transmis de génération en génération comme des mots de passe ; c’est une certaine idée du monde et  pour le monde ; c’est une façon qu’ont les Hommes de la regarder et de la reconnaître ; c’est finalement une voix singulière adressée à tous les peuples de l’univers.

Singulière, pourquoi ? Simplement parce que le mot France réveille aux oreilles de multiples hommes, à travers les continents, une petite musique particulière. En Amérique latine, en Afrique, en Asie, en Europe centrale, autour de la Méditerranée, il évoque bien autre chose qu’un pays situé au bout du cap européen.

Si l’on apprend notre langue, quelquefois à grand prix, en Argentine ou en Pologne, s’il existe des listes d’attente pour s’inscrire a l’Alliance française de Shanghaï, de Tokyo, de Mexico,  ou bien au lycée français de Rabat ou de Rome, si Paris est la première destination touristique mondiale, c’est que la France est autre chose et bien plus qu’une puissance industrielle, agricole ou militaire.

« Jadis soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de la liberté, la France sera toujours le soldat de l’idéal » disait Clemenceau.

Je vous le demande, mesdames et messieurs : est-ce fini ? Ensemble, nous répondons « non » !

Si nous regardons cet univers tourmenté, il apparaît très clairement qu’il se divise dangereusement entre deux conceptions de l’Homme et de la Vie : d’un coté ceux pour qui tout se règle à la fin des fins selon des critères matériels.

En face de lui, s’est dressé une religion aveugle et aveuglante qui est, comme je l’ai écrit, un totalitarisme pur. Avant, il y eut le nazisme, le stalinisme…

Eh bien il y a heureusement entre les deux, une troisième voie est proposée à ce siècle : la voie française, soucieuse de l’Humanité de l’Homme, du libre arbitre, de la Raison, la voie de la culture, du doute, de la discussion, du compromis, du dialogue, la voie de l’équilibre, de la liberté des individus et des peuples.

Je crois sincèrement que cette voie-là, la voie française,  reste un espoir pour le monde du XXIè siècle.

Alors, ici au Puy en Velay, j’invite avec vous nos compatriotes  à l’aventure la plus passionnante qui nous soit donnée : nous plonger dans notre culture et nos savoirs.

Je les invite à vivre le projet de Charles Péguy, celui d’une culture « incorporée dans chaque citoyen français»

Où commence, où s’arrête la culture ? Elle commence quand les superstitions, les mythes, les coutumes sortent de la nuit pour devenir littérature, religion, peinture, art, spectacle.

Cette alchimie accompagne les aléas de l’Histoire.

Les cultures vivent, prospèrent ou meurent ; c’est une longue marche vers l’inconnu.

Elles peuvent disparaître sous les sables, couler au fond des mers, périr par les flammes.

Mais elles meurent surtout de barbarie et d’indifférence. Comme Palmyre en 2016.

Tous les islamistes du monde pourront toujours détruire le grand arc triomphal et le lion d’Athéna, jamais ils ne détruiront ce que cette civilisation a apporté d’original et d’unique.

C’est en étant le plus unique que l’on devient le plus universel, parce qu’irremplaçable.

Je ne crois pas aux génies apatrides.

Le général de Gaulle disait qu’« au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote ». Les grands succès sont toujours nourris par une éducation, une mémoire et des valeurs qui guident les peuples.

Les grandes cultures sont d’abord issues du génie des peuples.

Elles naissent là où la géographie et l’histoire leur ont permis de prendre racine, et où l’intelligence et la création ont élu leur terre promise.

La culture chinoise n’a rien à voir avec la culture turque ; la française ne ressemble pas à l’indienne; pas plus que l’anglaise à la russe. Chacune est une exception et vient du tréfonds d’un peuple.

La Culture est l’air que nous respirons. Elle est ce que nous sommes.

La Culture française est née de vingt siècles de recherche d’un équilibre singulier entre la passion et la raison, entre les racines et le ciel, entre la différence et l’universalité.

Qu’ont de commun Pascal et Voltaire, Hugo et Claudel, Poussin et Manet, Mansart et le Corbusier?

Ils ont en partage cette certitude qu’il nous appartient, à nous Français, de parachever le monde en y mettant de la raison, de la justice, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Le progrès a toujours pour origine un patrimoine, une somme de connaissances, un savoir-faire, sur lesquels les siècles à venir viennent prendre racine.

Il existe une voie française de la Culture qui, si elle venait à se taire, ne serait remplacée par aucune autre.

Sa survie nous concerne tous.

Nous devons transmettre la terre de Richelieu, la langue de Victor Hugo, la raison de Montesquieu, la vision de Claude Monet et de tous ceux qui ont vécu, aimé et défendu la vibration française.

Tant de peuples nous envient !

Avec nos 1000 musées, qui accueillent deux fois plus de visiteurs que le reste de l’Europe.

Avec notre patrimoine de 40 000 églises, romanes, gothiques, baroques, classiques, modernistes ! Avec nos châteaux de la Loire, de Versailles, de Fontainebleau !

Avec nos rendez-vous mondiaux, de Cannes à Deauville, d’Avignon à Montpellier, de Arles à Angoulême.

83 millions de visiteurs étrangers sont venus l’an dernier voir notre patrimoine et jouir de notre art de vivre. Eux ne doutent pas de ce que nous sommes.

Cette attention nous oblige.

Ne cédons pas un pouce de notre rang et de notre influence intellectuelle.

Le monde nous envie notre culture brillante.

Mais le modèle culturel français, c’est plus que cela : c’est la conviction que la culture doit être un service public, qu’elle se diffuse et s’apprend, et pour être légitime, qu’elle doit être partout accessible à tout un peuple.

Nous devons refonder notre politique culturelle

Via l’éducation, d’abord. En intégrant mieux l’enseignement des arts aux cursus éducatifs dès l’école maternelle. En articulant mieux l’histoire de l’art et l’histoire générale au collège et au lycée.

Donnons-nous les moyens de protéger notre patrimoine pour restaurer et mettre fin à la dégradation des monuments et objets d’art.

Au côté du ministère de la Culture, renforçons le rôle culturel des collectivités locales et du mécénat. Et pui, défendons notre langue française, voyageuse, subtile et combattante.

En 2030, il y aura 600 millions de francophones sur notre planète. Y a-t-il plus large horizon pour notre culture ?

Tout notre Projet est là, sur nos étagères, dans nos dictionnaires d’une langue française, portée depuis des siècles par des aventuriers, savants, coopérants, religieux ou militaires.

Elle est notre plus grand atout. Contre l’ensauvagement du monde, les migrations aveugles, les sectarismes communautaires, elle est à la fois une muraille et un phare, une citadelle et un forum.

Voilà, mes chers compatriotes, ce qu’est pour nous et doit rester pour les générations à venir la voix de la France et je dirai la grandeur de la France.

On connait la phrase de Malraux qui restera toujours pour les femmes et les hommes qui se tiennent debout, un talisman : «  la France n’est la France que si elle porte une part de l’espérance du monde ».

Eh bien oui, chers amis, ayons le courage de le dire, la France ne peut vivre sans la grandeur ! Si elle ne sait pas être une grande voix humaine dans ce monde que de multiples barbaries menacent, si elle ne sait plus porter devant les peuples la voix qui fait depuis Louis IX, Montaigne ou le père de Foucault, en passant par les Lumières, Châteaubriand ou Victor Hugo, si notre vieille nation oublie sa vocation universelle, alors elle n’aura plus de sens, elle ne sera plus rien aux yeux du monde, comme elle ne sera plus rien à nos propres yeux.

Alors soyons fiers mes amis d’être français.

Soyons fiers de notre culture, soyez fiers de votre histoire, soyez fiers d’aller vers l’avenir pour le conquérir car rien n’est plus noble qu’un peuple qui se dresse pour tenir son destin.

Vive la République, vive la France !

François Fillon, le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay.

Source : www.fillon2017.fr

 

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 21:49

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Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier

Mes amis,

Merci, merci à vous toutes et à vous tous de foncer avec moi vers la victoire qui surprendra tout le microcosme.
Merci à tous les élus présents qui m’accompagnent et qui formeront, demain, la majorité nécessaire à l’action….

Chaque soir, comme ici, à Montpellier, je vois des foules de plus en plus nombreuses, des foules de Français courageux et libres qui veulent en finir avec l’échec, qui veulent l’alternance et qui ne veulent pas se laisser voler cette élection.

Cette élection n’est pas comme les autres.
Elle est sans équivalent par l’ampleur des enjeux sur lesquels les Français sont appelés à se prononcer.
Et elle est sans équivalent par l’ampleur des subterfuges déployés pour les occulter.
Tout est fait pour vous détourner de cette préoccupation qui est la plus essentielle au jour du scrutin suprême, celle du destin de votre pays.

Vous êtes là, si nombreux, parce que vous êtes conscients de ces enjeux et parce que vous n’êtes pas dupes de ces manœuvres.
Mais l’alternance n’est pas un but en soi !
Nous voulons l’alternance pour redresser notre pays.

L’état d’urgence est partout : dans ce fléau du chômage qui nous entraîne au bord de l’explosion sociale, dans nos finances publiques qui font peser sur nous le risque de la faillite, dans nos classes moyennes qui s’inquiètent de l’avenir de nos enfants, dans nos banlieues à la dérive, dans la France rurale qui se sent abandonnée, dans notre école qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, dans l’union européenne menacée de désintégration, dans cette guerre que le totalitarisme islamique a déclarée aux sociétés libres et en premier lieu à la France.

Que s’est-il passé pour que nous nous retrouvions dans cette situation déprimante qui a favorisé la montée des extrêmes à des niveaux jamais vus ?
Que s’est-il passé pour qu’un si grand nombre de Français aient les nerfs à vif au point de se tourner, dans un ultime geste de désespoir, vers les aventures les plus dangereuses ?
Pourquoi la France va-t-elle si mal et que devons-nous faire pour lui redonner confiance en elle-même ?
Voilà les questions fondamentales que nous devrions tous nous poser dans cette élection qui est l’une des plus cruciales de notre histoire.

Je suis venu pour vous apporter des réponses.
Je suis venu pour vous dire comment nous allons relever ces défis.
Je suis venu pour vous redonner espoir et pour vous montrer qu’avec de la volonté, en prenant des mesures énergiques, le renouveau est à portée de main.

Pour bien comprendre ce qui va mal, et pour bien comprendre le sens de mon programme, le sens de ma candidature, il faut se retourner un instant sur notre histoire récente.
Depuis 1981, nous avons laissé notre endettement croître dans des proportions irresponsables au lieu de réformer notre Etat.
Nous avons rigidifié notre marché du travail au lieu de lui insuffler la liberté nécessaire à une société de plein emploi.
Nous avons négocié à mots couverts notre modèle de laïcité au lieu de défendre ses valeurs qui sont au cœur de l’identité française.
Nous avons laissé l’Europe se transformer en technocratie au lieu d’en faire un instrument de progrès et de développement au service des nations.

Mais ce n’est pas tout.

A ces erreurs, on a superposé une idéologie qui les justifiait.

Depuis 1981, la gauche a placé ses pions sur le front de la culture et elle a verrouillé la pensée au point de rendre le débat impossible sur tous ces problèmes qui sont pourtant essentiels.

La liberté, l’autorité, l’identité, la souveraineté sont devenues des idées honteuses. Les gardiens du politiquement correct ont entrepris de les faire taire, par tous les moyens.
Cette situation atteint aujourd’hui son paroxysme, dans cette élection où aucun débat de fond n’a lieu, où tout est fait pour déplacer la confrontation sur le terrain des apparences et de la tactique, là où l’équipe sortante trouve son seul espoir de se maintenir, à la stupéfaction des Français qui en ont jugé le bilan désastreux.

Ce n’est pas tout encore.
A l’idéologie, s’est ajoutée la démagogie.
La gauche savait très bien que les caisses de l’Etat n’étaient pas infinies, mais peu importe, elle promettait toujours plus de dépenses, toujours plus de subventions, toujours plus de bonheur à coups de chèques en bois.
Mais la démagogie finit toujours par être sanctionnée par la défiance des citoyens et par l’incapacité à gouverner.
Au fil des ans, les désillusions se sont accumulées et sont devenues insoutenables, au point de briser le lien entre les Français et leurs représentants.

Alors, mes amis, quand j’ai décidé de me présenter à la présidence de la République, je me suis juré de le faire en ayant travaillé, en ayant étudié, consulté, écouté, en ayant bâti un programme précis, argumenté, cohérent, efficace, un programme sans démagogie, fondé sur le bon sens, fondé aussi sur l’exemple des pays qui vont mieux que nous.
Je me suis juré de ne pas jouer à l’illusionniste, de dire ce que je pense, même si cela ne doit pas plaire à tout le monde, et de proposer des choses que je ferai vraiment, et que je ferai rapidement.

Je n’ai pas passé ma vie à rêver que je serais président de la République, comme d’autres s’y voient dès le jardin d’enfants, mais j’ai consacré toute ma vie d’homme au service de mon pays.

Pendant toutes ces années, partout où j’étais, à tous les niveaux, les plus modestes et les plus élevés, je me suis battu, dans la mesure de mes responsabilités, pour donner une vie meilleure à mes administrés et pour faire progresser la France, pour la moderniser, pour la maintenir dans le peloton de tête des grandes nations du monde.
Je suis en colère quand je vois que nous sommes à la traîne, alors que les grands pays qui nous sont comparables sont au plein emploi, avec une croissance meilleure que la nôtre.
Je suis en colère quand je vois que la démagogie atteint des sommets dans cette campagne.
La démagogie de M. Macron qui dit oui à tout le monde et qui sera tout aussi incapable que M. Hollande de décider quoi que ce soit.
La démagogie de ceux qui inventent de nouvelles chimères, parce que les solutions concrètes ne rentrent pas dans le cadre de leur idéologie.
Les 32h. Le revenu universel. Le retour au franc. La fermeture des frontières. La VIème République…

Mais qui peut croire qu’on va créer des emplois, augmenter la croissance et le pouvoir d’achat, réduire notre dette, faire tourner nos usines en passant aux 32h ou en sortant de l’Europe ?
Comment est-il possible de prendre à ce point les problèmes à l’envers ?
Les maux de la France ne viennent pas de l’euro, ils ne viennent pas de l’Allemagne, ils viennent de nous, ils viennent de nos pesanteurs, de nos rigidités, de nos blocages idéologiques, et ils viennent des socialistes qui les ont aggravés !

Ayons le courage de nous comparer !
Ayons le courage de regarder ce que font les pays qui réussissent, et arrêtons de dire qu’à nous autres Français il serait impossible de faire la même chose !

Autrefois, l’on disait : impossible n’est pas français.

Aujourd’hui, on dirait que c’est l’inverse.

Diminuer la dette de l’Etat ? Impossible.

Ramener les effectifs de la fonction publique dans des proportions raisonnables, qui sont celles de nos voisins mais qui sont aussi, tout simplement, celles qui étaient les nôtres au début des années 2000 ? Impossible.

Travailler jusqu’à 65 ans, ce qui est l’âge moyen du départ à la retraite en Europe ? Impossible.

Etablir des quotas pour l’immigration, comme le fait une grande démocratie telle que le Canada? Impossible.

Supprimer les 35 heures qu’aucun autre pays au monde n’a jamais instaurées ? Impossible.

Aller vers le plein emploi, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne ? Impossible.

Impossible, car M. Mitterrand l’avait dit : contre le chômage, on a tout essayé. Impossible, car M. Hollande, quant à lui, a dit plus récemment: on n’a pas eu de bol.
Les autres pays ont eu du bol, mais pas nous !
Bref, nous sommes les seuls pour qui tout est impossible !
Impossible est devenu français, désespérément français.

Et je pourrais continuer longtemps.

Faire exécuter les peines de prison qui sont prononcées ? Impossible.

Notre école dégringole dans tous les classements internationaux. En sciences, nous étions en tête il y a vingt ans, maintenant nous sommes loin derrière, et ce sont les pays asiatiques qui font la course en tête. D’année en année, nous avons allégé les programmes et renoncé à toutes les exigences.
Bientôt, nous enseignerons au bac ce que l’on apprenait autrefois au collège. Pourquoi ? Mais parce que vous vous rendez compte, apprendre, c’est peut-être possible pour les Coréens, mais pour les Français, c’est impossible…

Eh bien, moi je crois que nous sommes autant capables que n’importe quelle autre nation de renouer avec la croissance, de créer des emplois, de faire respecter l’autorité qui est nécessaire à toute vie en société, de résoudre nos problèmes sans regarder ailleurs, sans vendre des rêves et sans jouer aux apprentis sorciers qui veulent tout détruire parce qu’ils sont incapables de bâtir quoi que ce soit.

Je veux redonner à notre pays le sens du possible.
Mes solutions ne sont pas chimériques.
Elles sont concrètes et si je suis élu je les mettrai en place tout de suite, pour rattraper le temps perdu et pour donner le plus vite possible une impulsion décisive à notre économie.

Je m’attaquerai à tout ce qui freine l’embauche, le développement des entreprises, l’investissement des capitaux français.


J’allègerai les charges sociales pour tous les salariés et je les exonérerai pour l’embauche d’un jeune en alternance.
J’en finirai avec les 35 heures, en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.
Je simplifierai notre code du travail qui fait 3400 pages et qui paralyse notre marché de l’emploi.
Je doublerai les seuils sociaux pour aider les petites entreprises à grandir et à créer des emplois, alors qu’aujourd’hui elles préfèrent ne pas se développer pour s’épargner des démarches fastidieuses !
Je réformerai la fiscalité du capital pour que les capitaux français cessent de fuir à l’étranger, et soient au contraire investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises !

Il y a dix ans, je parlais de l’Etat en faillite.
Rien n’a changé.
Chaque année, nous empruntons sur les marchés financiers des sommes colossales pour payer les salaires de nos fonctionnaires, pour financer notre protection sociale et ce qui est plus absurde encore pour rembourser, nos dettes antérieures !
Notre dette atteint 2200 milliards d’euros, 100% du PIB.
La remontée des taux d’intérêt est un risque majeur que l’on sent poindre à l’horizon.
Mes adversaires font semblant de l’ignorer ou considèrent que ce n’est pas grave.
Comment est-il possible que je sois le seul dans cette campagne à vouloir en finir avec le cercle vicieux de la dette publique, alors que c’est l’un des plus grands défis que la France ait à relever pour restaurer sa crédibilité, pour redevenir une grande puissance européenne, et tout simplement pour assurer son avenir ?

Mon projet n’a rien à voir avec je ne sais quelle austérité.
L’austérité elle viendra le jour où après quelques années de revenu universel et de 32h, nous connaîtrons le destin malheureux de la Grèce.
Le jour où nous pourrons plus payer nos fonctionnaires. Le jour où nous ne pourrons plus financer notre protection sociale.
Le jour où les conseillers du FMI débarqueront dans nos ministères, prendront les manettes et nous diront froidement quoi faire pour amadouer nos créanciers.

Mon projet je l’ai construit en pensant à tous les Français.
Je l’ai construit en pensant à ceux qui sont au chômage parce que les entreprises ont peur d’embaucher.
Je l’ai construit en pensant aux travailleurs dont les salaires sont écrasés par les charges.
Dès le 1er juillet 2017, je diminuerai les cotisations salariales, pour donner un gain de 700 euros par an à un couple qui travaille.
Je l’ai construit en pensant à ces ouvriers qui m’ont dit : les 35 heures, c’est bien beau mais on a toujours assez de temps pour dépenser l’argent qu’on gagne.
Je l’ai construit en pensant aux retraités dont les pensions sont si faibles alors qu’ils ont travaillé toute leur vie. M’augmenterai toutes les retraites inférieures à 1000 euros et les petites pensions de réversion.
Je l’ai construit en pensant aux artisans qui n’en peuvent plus du RSI. Je le réformerai en profondeur en créant une vraie caisse de protection des artisans.


Je l’ai construit en pensant aux professeurs qui n’arrivent plus à faire cours et qui se sentent abandonnés par une hiérarchie timorée, imbue de théories pédagogiques fumeuses et inefficaces.
Je l’ai construit en pensant aux agents de nos fonctions publiques dans leur ensemble.
Je les respecte. Leurs missions sont parmi les plus nobles.
Je les respecte beaucoup plus que les illusionnistes qui proposent des créer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires d’un coup de baguette magique, mais qui en contrepartie gèlent leurs salaires et sont incapables de leur offrir de vraies perspectives de carrière.

J’ai écouté les agriculteurs qui croulent sous les normes et qui ont le sentiment d’être traités avec suspicion alors même qu’ils ont du mal à boucler leurs fins de mois.
Je leur simplifierai la vie.
J’abrogerai par ordonnance toutes les normes ajoutées aux textes européens.
Je ferai en sorte qu’ils soient reconnus comme des entrepreneurs à part entière.

J’ai écouté, partout dans notre pays, des Français de tous les métiers qui m’ont dit : laissez-nous libres, arrêtez de nous étouffer sous les normes et sous les taxes, et alors nous montrerons de quoi nous sommes capables !

Mais j’ai écouté aussi tous ceux qui m’ont dit à quel point leur confiance dans l’avenir était minée par le déclin de l’autorité.
C’est là encore tout un état d’esprit qu’il faut changer.
Des années de déconstruction idéologique ont conduit l’Etat à cesser de croire en sa légitimité et à cesser par conséquent d’exercer l’autorité qui lui revient.

Nous avons recruté des centaines de milliers de fonctionnaires supplémentaires, et pourtant jamais notre Etat n’a donné le sentiment d’être aussi impuissant à remplir ses missions régaliennes fondamentales.

A quoi sert-il de battre des records d’effectifs, si dans les banlieues toujours plus de quartiers sont inaccessibles aux policiers et aux pompiers, si dans les tribunaux toujours plus de jeunes délinquants ressortent libres, si dans les écoles toujours plus de professeurs entrent dans leurs classes avec la peur au ventre ?

C’est d’un même geste que l’Etat doit cesser d’empiéter sur la liberté des citoyens qui travaillent et qui entreprennent, et qu’il doit redevenir un pilier de l’ordre sans lequel la vie en commun est impossible.

L’Etat bureaucratique doit céder la place à l’Etat régalien.


Les forces de l’ordre doivent être entourées du respect de la nation et en premier lieu du président de la République.
J’ai écouté ce qu’elles m’ont dit.
Elles doivent pouvoir se consacrer à leur mission dans de meilleures conditions. Avec des outils technologiques performants, des locaux et des casernements qui soient dignes de l’importance de leur travail.
Nous recruterons 5 000 agents des forces de l’ordre et nous remettrons sur le terrain 5 000 policiers ou gendarmes aujourd’hui occupés à des tâches administratives.

Aujourd’hui, le mouvement des gardiens de prison souligne la dégradation de nos prisons. La surpopulation carcérale explose, les personnels pénitenciers sont épuisés, parfois menacés.
Je tiens à leur adresser un message de sympathie et de respect.
Je reprendrai le programme de construction de prisons interrompu par M. Hollande et Mme Taubira.
Il faut rétablir l’autorité de l’Etat en rendant certaine la sanction des crimes et délits.
Les petits délits seront transformés en contraventions pour lesquelles on exigera un paiement immédiat ou on procédera à une retenue sur les prestations sociales.
Ces petits délinquants seront ainsi frappés directement au portefeuille et encombreront moins inutilement les palais de justice.

Parce qu’il n’y a pas de petite démission, il n’y aura pas plus de tolérance pour la fraude dans les transports en commun ou pour l’usage de stupéfiants, qui seront systématiquement punis d’amendes.

Et nous expulserons les trafiquants de drogue de leurs logements sociaux, parce qu’on ne peut pas profiter de la générosité de la nation et simultanément intoxiquer ses enfants.

Je rétablirai les peines planchers supprimées par la gauche.
Et j’interdirai aux délinquants multirécidivistes, lors de leur sortie de prison, de revenir sur la commune où ils ont commis leurs délits, afin de libérer ces territoires de leur emprise malfaisante.
Parce que notre pays a bien assez à faire avec ses propres délinquants, je prévoirai également une peine d’interdiction du territoire pour les délinquants étrangers condamnés en France.
Pour donner une réalité à la condamnation trop souvent atténuée dans les faits, je fixerai des peines minimales pour les crimes et délits les plus graves.
La bataille de la sécurité ne pourra enfin être gagnée que si l’on y associe tous les responsables publics, et en premier lieu si l’on fait confiance aux maires.
Je leur donnerai des pouvoirs accrus, je poursuivrai l’armement de la police municipale, et elle aura les moyens légaux de procéder à des contrôles d’identité et de dresser des procès-verbaux pour d’autres motifs que la circulation.

Nous avons perdu le sens de l’autorité parce que nous avons cessé de croire en nos valeurs et en la nécessité de leur transmission.

Nous ne sommes pas seulement un pays, nous sommes une nation et nous sommes une civilisation.


La France qui a inspiré tant de pays partout dans le monde ne doit pas avoir honte chez elle.
Les lois de l’hospitalité ne sont pas à sens unique.
L’immigration sans intégration, sans assimilation, doit être stoppée.
Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.
C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.
Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.

Notre communauté nationale est ouverte mais pas à n’importe quelle condition : je restreindrai les conditions d’accès à notre nationalité.
Et, notamment, je reviendrai sur l’acquisition automatique de la nationalité à 18 ans : elle devra faire l’objet d’une déclaration de volonté, à l’occasion de laquelle l’Etat vérifiera que les conditions d’assimilation ont été respectées.

Ceux qui nous rejoignent le font souvent parce qu’ils ont entendu là-bas, dans leurs pays frappés par la misère et la dictature, des récits qui leur ont donné une haute idée de la France.
Mais ceux qui nous dénigrent le font trop souvent parce que des idéologues leur ont donné, ici, des raisons de le faire.
Ils se sont retrouvés dans un pays ouvert à tous les relativismes, incapable de dire qui il est, incapable d’être fier de tout ce qu’il a à transmettre.
Le défi de l’intégration ne sera gagné qu’avec l’autorité d’un Etat capable de défendre, d’affirmer les valeurs du progrès et de la raison.
Capable de définir, sans ambiguïté, ce qui est inacceptable.
Capable d’interdire les prêches emplis de haine.
Capable de rejeter clairement comme des notions absolument étrangères à la France l’inégalité entre les hommes et les femmes et la banalisation de l’antisémitisme.
Capable de dire, tout simplement, que l’islam doit consentir aux mêmes devoirs que toutes les autres religions sur le sol de France, car tel est pour moi le sens premier de la laïcité.

Comme le fait le Talmud, chaque musulman de France doit pouvoir déclarer que « la loi du pays est ta loi ».
« La France, disait Emmanuel Levinas, est un pays auquel on peut s’attacher autant par le cœur, l’esprit que par les racines. »
Il y a de la place pour plusieurs amours dans un même cœur, mais une seule loyauté.
Nous avons tous un droit irrécusable à chérir nos origines, qu’elles soient languedociennes ou kabyles, mais notre seule fidélité doit être pour notre France.

Mes amis,
Il y a urgence à refonder notre école qui est au cœur de la transmission de nos valeurs.


Il faut remettre sur ses pieds tout un système qui marche sur la tête.
Ça veut dire mettre fin aux expérimentations hasardeuses des pédagogistes et redonner à l’école cette mission fondamentale qui est l’apprentissage des savoirs fondamentaux.
Ça veut dire en finir avec l’allègement permanent des programmes et des exigences, avec cette logique égalitariste qui détruit la vraie égalité des chances, car qu’est-ce que l’égalité des chances, sinon donner à tous les élèves, d’où qu’ils viennent, la possibilité de connaître et de comprendre ce que l’humanité a inventé, a découvert, a créé ?

Si nous continuons ainsi, où seront les ingénieurs, les scientifiques, et tout simplement les professionnels compétents de tous les secteurs dont a besoin une grande nation comme la France ?
On nous a tellement dit qu’il fallait remettre l’élève au centre du système.
Mais celui qui est au centre de la classe, c’est d’abord et avant tout le professeur !

Respecter l’élève, c’est faire qu’il sorte de l’école avec de vrais savoirs, avec un vrai bagage intellectuel, avec la capacité de choisir son métier quand il sera adulte.
Ce n’est pas lui faire croire qu’il peut construire tout seul son propre savoir et qu’il peut plaider la cause de ses fautes d’orthographe.
Ce n’est pas transformer les professeurs en animateurs dépourvus de toute autorité.

L’école sert à apprendre à lire, à écrire et à compter. Pour que nos enfants maîtrisent ces savoirs fondamentaux, j’avancerai l’âge de la scolarité à cinq ans au lieu de six.


L’école doit aussi préparer à l’entrée dans la vie active : je mettrai le paquet sur l’alternance et l’apprentissage.
L’école sert enfin à apprendre la citoyenneté, l’égalité, le goût aussi d’être français et fier de l’être.
Que dans certaines de nos écoles on s’interpelle suivant ses origines, c’est une régression de l’unité française, c’est une tribalisation de notre société !
Et cela je ne l’accepte pas car nous sommes d’abord tous français.
Je propose donc que les écoliers portent un uniforme scolaire, pour qu’ils se sentent tous égaux, tous Français. C’est un symbole, mais tout commence par des symboles !

C’est une mesure de bon sens.
Là encore, regardons le monde autour de nous !
Je ne pense pas à seulement à tous ces pays anglo-saxons où vous savez bien que l’uniforme scolaire est la règle.

En Asie, en Afrique, en Amérique du sud, bref, dans tous ces pays pour qui le savoir est une conquête et l’école une chose sacrée, dans tous ces pays pour qui la discipline et le respect sont des valeurs nécessaires au développement, les élèves portent une tenue uniforme dans leurs établissements !
En France, la Guadeloupe, la Martinique et aussi la Guyane l’ont mis en place !
Cet uniforme scolaire, il reviendra à chaque établissement de le définir, comme il reviendra à chaque établissement d’inventer un état d’esprit, une communauté, un projet.

Au lieu d’une hiérarchie monolithique, trop souvent timorée, trop souvent éloignée des difficultés rencontrées sur le terrain, je veux qu’une plus grande liberté, une plus grande autonomie, une plus grande responsabilité soient laissées aux établissements scolaires et aux équipes qui les composent.
C’est cette liberté qui recréera les conditions de l’autorité dans l’enceinte des écoles.
Parce que les responsabilités seront plus directes, et pas diluées dans une chaîne infinie qui décourage la prise de décision.

C’est cette liberté qui redonnera du souffle à l’enseignement et à l’ambition de la réussite.

Il faut en finir avec ces grandes réformes pompeuses qui prétendent tout définir d’en haut, pour tout le monde, et qui ne satisfont jamais personne.
Pourquoi vouloir un jour que tout le monde fasse du grec et du latin, et le lendemain que plus personne ne puisse en faire ?
Il y a des élèves qui ont besoin d’un encadrement strict et d’autres qui en souffriront et ne s’épanouiront que dans une atmosphère plus libérale. Les cheminements de l’intelligence sont divers et il est normal que l’école respecte cette diversité.
Interrogez les grands mathématiciens, les grands physiciens, les grands chefs d’entreprise, les grands écrivains : il y a eu parmi eux des cancres et des premiers de la classe, des rêveurs et des bûcheurs.
Alors, je crois que les établissements doivent être libres de se choisir un style, une méthode, et les parents doivent être libres de choisir ce qui est le mieux adapté à leurs enfants.

Oui, je veux confier aux chefs d’établissement du second degré la possibilité de recruter une partie de leurs équipes.
Je veux valoriser les initiatives.
Je veux encourager les établissements publics et privés qui se battront pour la réussite avec des idées neuves, dans les zones urbaines sensibles et dans les territoires ruraux.

Je veux améliorer les traitements des enseignants, en maîtrisant les effectifs, en instaurant une part de rémunération au mérite, en donnant des possibilités de promotion accélérée aux professeurs des établissements difficiles, à ceux qui enseigneront une seconde matière et à ceux qui délivreront leurs cours dans une langue étrangère.

L’école qui devrait être le lieu par excellence de la reconnaissance des mérites et des efforts, est devenue celui du nivellement égalitariste par le bas aussi bien pour les élèves que pour les professeurs.
Et comment des professeurs qui souffrent de la dévalorisation de leur propre savoir peuvent-ils enseigner aux élèves qu’ils ont devant eux le goût de l’apprentissage et de l’effort intellectuel ?

Quel terrible paradoxe !

Il est urgent de remettre le système sur ses pieds en lui redonnant de la liberté, de l’autorité, c’est-à-dire en respectant l’intelligence de ceux qui se battent chaque jour pour transmettre notre patrimoine culturel et scientifique, et en réaffirmant bien haut la valeur de leur mission.

Mes amis,

Pendant des décennies, les Français ont pensé que la vie de leurs enfants serait meilleure que la leur. Aujourd’hui, ils pensent le contraire.
L’enjeu de cette élection, c’est de redonner des perspectives à la jeunesse.
Je veux dire à ceux qui ont vingt ans que je me bats pour eux et que j’ai besoin d’eux.


Je me bats pour vous parce que je ne veux pas que vous commenciez votre vie dans un pays à la traîne.
Parce que je ne veux pas que vous soyez aux yeux du monde les enfants du pays qui n’a « pas de bol ».
Vous êtes la première génération d’un nouveau siècle et vous méritez mieux que ça.
Et même si les voyages forment la jeunesse, je ne veux pas que l’expatriation soit pour vous le seul horizon de la réussite.
Ce pays qui est le nôtre, nous le transformerons ensemble. En partageant ce qu’il y a d’irremplaçable en chaque génération.

A vingt ans si l’on me demandait ce que je voulais faire, je répondais souvent : guide de haute montagne. Mon ambition secrète n’était pas d’être président de la République, c’était de grimper tous les sommets de 4000 mètres d’Europe. Et je prenais parfois des risques que je n’aurais jamais dû prendre.
Je n’ai pas fait de grande école, je n’avais pas de voie toute tracée, j’avais tout à inventer, tout à conquérir.

Je n’ai pas oublié ces moments où à vingt ans on s’interroge, où devant l’immensité de la vie on se sent à la fois conquérant et inquiet.

Je pense à vous qui entrez dans un monde où les parcours seront variés, seront innovants, seront créatifs, dans un monde où l’on passera de moins en moins sa vie dans de grandes structures bureaucratiques, hiérarchisées.

L’avenir du travail c’est la liberté, c’est l’indépendance. C’est pour chacun la maîtrise de son destin, l’invention des formes de sa vie.
Je veux une France qui soit à l’avant-garde de ce nouveau monde fait de révolutions en chaînes, dont celle du numérique.

Notre vie a déjà changé, elle va changer encore.
L’intelligence artificielle, l’impression 3D, la réalité augmentée, les nanotechnologies, la robotique, les progrès de la génétique, les énergies renouvelables, la voiture électrique, les véhicules automatisés, la ville intelligente…

Saisissons-nous de ces progrès.
Ayons l’ambition d’être les premiers partout où nous pouvons l’être.
Soyons aux avant-postes dans le défi écologique, en utilisant toutes les ressources de la technologie et du traitement des données pour optimiser la consommation d’énergie, pour optimiser les transports.

Je veux reconstruire une France qui soit une terre de création, une terre d’innovation.
Une France qui encourage, qui donne de l’élan et des forces à ceux qui ont toute la vie devant eux.
Nous ne relèverons pas les défis de l’avenir en nous agrippant au statu quo.
Nous ne serons pas au rendez-vous du progrès avec nos vieux blocages, nos vieilles crispations, nos vieilles peurs.
Je veux porter l’audace du changement qui redonnera à la France sa grandeur et qui refera d’elle une force pour sa jeunesse.

Oui, la France doit renouer avec le sentiment de sa grandeur.
Je veux que la France fasse la course en tête.

Je veux que dans dix ans nous soyons la première puissance européenne.

Mes amis,
Le monde qui nous entoure est plus instable et dangereux qu’il y a dix ans.
La faiblesse n’est pas de mise.
Le sang-froid est nécessaire.

Il faut avoir une vision.
Quelle est la mienne ?

C’est celle d’un pays attaché à la liberté, à la dignité de chaque être humain sur la terre, mais qui ne pense pas qu’il soit possible de se transformer en agence internationale des droits de l’homme car nous ne pouvons pas être les gendarmes du monde.
D’un pays européen attaché à la démocratie et à ses valeurs, mais qui conserve le souci des autres peuples, de leurs destins historiques parfois si différents du nôtre.
Un pays qui ne se refuse pas à la confrontation mais qui préfèrera toujours la paix à la guerre quand celle-ci peut être évitée.

C’est ce pays que le président de la République doit incarner, et sans hésiter lorsqu’il le faut à maintenir un cap difficile malgré les emballements de l’opinion.
Le Président est le chef des armées, il est le premier responsable la politique étrangère française dans le monde, il est celui qui décide ou non de l’usage de la force armée, et, en ultime recours, celui de la force nucléaire.
Il n’est pas de domaine où la solitude du Président soit plus grande, pas de domaine qui engage autant l’essentiel sur le fondement de jugements difficiles à porter, et qui requière autant d’expérience et de discernement.

Mes chers compatriotes, je protégerai la France.
Je protégerai les Français.

Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par le glaive si nécessaire.
Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.
Je le combattrai sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.

Car aujourd’hui, où est la France ?
En 2003, avec Jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les américains au Proche Orient.
Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.
Qu’en a fait François Hollande ?
Alignée sur les Etats-Unis et leur politique changeante et sur une diplomatie européenne convenue, sans vision, la France manque à tous ses devoirs.

L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier membre du conseil de sécurité des Nations Unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.
Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.

La décision du président Trump de bombarder la Syrie est humaine, compréhensible mais la responsabilité de la France c’est de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.

Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.

Président de la République, je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre.


J’augmenterai les moyens de nos forces armées.
Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion.
Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdue en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.
J’œuvrerai sans relâche pour que le conseil de sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralysent.

Au Moyen-Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.
Je demanderai des comptes aux Etats qui abritent, protègent et encouragent les penseurs de l’islamisme radical.
Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.
Je me battrai pour le développement de l’Afrique dont l’avenir conditionne le nôtre.
En un mot, mes amis, il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Mes amis,
Nous sommes dans la dernière ligne droite.
Nous donnons tout.
C’est maintenant que tout se joue.
Les journées que nous allons vivre seront décisives et nous allons écrire ensemble une belle page de l’épopée française.
Cette bataille, nous pouvons la gagner et chaque jour qui passe, en voyant des foules toujours plus nombreuses, renforce ma conviction que nous allons la gagner !

J’en ai mené, des combats. J’en ai gagné, des campagnes électorales.
Alors croyez-moi : la victoire vient à ceux qui y croient jusqu’au dernier jour, à ceux pour qui chaque instant est une conquête.

J’ai besoin de vous. J’ai besoin de votre force, de votre courage, de votre volonté.
Il faut que vous alliez partout pour dire que nous avons un projet précis et puissant, un projet qui est le meilleur pour la France.
Il faut que vous alliez partout pour dire que nous aurons une majorité pour le mettre en œuvre.
Il faut que vous alliez partout pour dire que dans un mois, oui, dans un mois, notre pays peut se transformer enfin et qu’elle peut de nouveau étonner le monde.

Vous êtes des militants de la France.
Vous êtes le camp de la raison et de la nation.
Projet contre projet, argumentez, et vous verrez que le nôtre s’imposera comme une évidence.
Proclamez nos ambitions, affirmez vos valeurs, défendez vos convictions, brandissez-les comme un étendard.
La France debout, la France en tête, la France pour volonté et toutes nos volontés pour la France : voilà la devise de la victoire !
Vivre la République et vive la France !


François Fillon, le 14 avril 2017 à Montpellier.

Source : www.fillon2017.fr
 

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