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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 18:08

Dans le cadre de l'élection présidentielle de 2017, je propose le moyen de lire le programme ou ce qui est revendiqué comme tel des candidats à l'élection présidentielle ou à la primaire socialiste de janvier 2017.

Cliquer sur le lien pour télécharger l'esquisse du programme d'Emmanuel Macron (fichier .pdf) :
https://storage.googleapis.com/en-marche-fr/E-MAILING/NEWSLETTERS/NEWSLETTER15-23-12-2016/Livret%20Re%CC%81volution%20En%20Marche%20-%20Volume%201.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161210-macron.html


Lire le (véritable) programme d'Emmanuel Macron présenté le 2 mars 2017 :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170302-programme-macron-2017.html

Lire le programme budgétaire d'Emmanuel Macron présenté le 28 février 2017 :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170228-programme-macron-budget.html



SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170103-programme-macron.html

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 00:18

Dans le cadre de l'élection présidentielle de 2017, je propose le moyen de lire le programme ou ce qui est revendiqué comme tel des candidats à l'élection présidentielle ou à la primaire socialiste de janvier 2017.

Le programme électoral de Marine Le Pen pour 2017 est téléchargeable ici :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170201-programme-marine-le-pen-2017.html

Cliquer sur le lien pour télécharger le programme de Marine Le Pen en 2012 (fichier .pdf) :
http://www.frontnational.com/pdf/projet_mlp2012.pdf

Cliquer sur le lien pour télécharger le livre de Marine Le Pen (fichier .pdf) :
https://www.marine2017.fr/wp-content/uploads/2016/12/contreflots.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20151027-front-national.html


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20170102-programme-marine-le-pen.html
 

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 00:12

« Je ne perds pas mes nerfs. Je ne participe pas au concours Lépine des solutions les plus stupides et les plus imbéciles, censées lutter contre le terrorisme. (…) Non, l’État de droit n’est pas un obstacle à la lutte contre le terrorisme, c’est au contraire la meilleure arme contre les totalitaires qui en veulent à nos libertés. »


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L’année 2017 sera une année charnière. C’est toujours difficile de l’appréhender à l’avance mais cette année, c’est à peu près sûr : il y aura un nouveau Président des États-Unis, diamétralement différent du précédent, un nouveau Président de la République française, probablement diamétralement différent du précédent, des élections législatives en Allemagne qui vont renforcer ou limoger Angela Merkel, et quelques autres changements politiques, parfois déjà en cours, comme au Royaume-Uni et en Italie, qui laissent entendre que le monde va évoluer différemment. En bien ? en mal ? En bien : c’est tout ce que je nous souhaite évidemment pour cette année.

L’année 2016 aura encore été triste en Europe et aux États-Unis, mais aussi au Proche- et Moyen-Orient. Les attentats, les guerres, ont continué à propager la désolation et la mort dans l’humanité. En France, l’année 2016 semble être la triste continuation de l’année 2015, avec l’attentat de Nice qui a tué 86 personnes le jour symbole de la fête nationale.

L’année 2016 aura été déconcertante, décoiffante même, prête à amener les peuples hors des sentiers battus, battus par les médias, par les sondages, par ceux qui prétendent faire "l’opinion publique". Ainsi, la désignation de Donald Trump aux primaires républicaines puis son élection à la Présidence des États-Unis ont pu être vécues comme la surprise de l’année. En fait d’élection, la surprise était plutôt l’éviction de sa rivale Hillary Clinton. Les élus sont souvent par défaut. Donald Trump a recueilli moins de suffrages que le candidat républicain de 2012 mais Hillary Clinton a perdu encore bien plus de voix que Barack Obama en 2012 (mais en voix, elle a quand même devancé Donald Trump sans pour autant gagner, complexité des institutions américaines).

En France, le front du chômage, supposé la priorité du Président François Hollande depuis le début de son quinquennat, n’a jamais reculé. Certes, les demandeurs d’emploi de la catégorie A ont diminué pendant trois mois successifs en cette fin d’année, mais c’est se moquer du monde de croire que l’emploi va mieux en France. Il faut prendre l’ensemble de ceux qui voudraient avoir un emploi pérenne pour avoir la bonne idée de la situation. Or, des demandeurs d’emploi ont été massivement transférés de la catégorie A (la seule qui devrait compter pour les médias, allez savoir pourquoi !) vers les catégories de ceux qui sont en formation (donc toujours au chômage) et de ceux qui ont des petits boulots précaires et à temps partiel (il suffit de travailler une heure dans le mois pour quitter la catégorie A). Globalement, la France continue de perdre des emplois industriels et aucune mesure du gouvernement actuel depuis cinq ans n’a semblé efficace à ce sujet.

Si le "monde" a été "étonné" de l’élection de Donald Trump, il l’a été aussi du succès du Brexit au Royaume-Uni, également considéré comme inimaginable quelques jours avant le référendum. Là encore, l’histoire des peuples n’a jamais été écrite et c’est à eux de l’imaginer, de l’esquisser.

Vladimir Poutine est, quant à lui, dans la construction d’une nouvelle grande Russie, qui n’a rien à voir avec l’URSS mais qui renoue avec une sorte de nationalisme qui se moque du sort des peuples. Son rôle en Syrie et son rapprochement avec la Turquie auront montré avant tout son pragmatisme plus que son dogmatisme. Il reste que sans ses réserves énergétiques, la Russie a encore tout à reconstruire pour retrouver une économie florissante.

En France, 2017 va être une année charnière car elle est l’échéance capitale dans sa respiration démocratique. Tous les cinq ans, le peuple français choisit son Président de la République et ses députés. Il s’agit de ne pas "se tromper". Dans un monde (économique surtout) qui bouge si vite, se tromper, c’est prendre cinq ans de retard. Cela a été le cas en 2012. Cinq ans, à l’échelle des tweets, c’est trois siècles !

Il n’y a plus qu’une inconnue avant le départ de la campagne présidentielle, l’identité du candidat officiel du PS. Il faut dire qu’à part des vieux militants socialistes, tout le monde s’en moque un peu car personne n’imagine ce candidat, quel qu’il soit, arriver au second tour et encore moins le gagner.

Cependant, les surprises de 2016, ce furent aussi des surprises pour réduire le nombre d’inconnues sur la ligne de départ présidentiel. Ainsi, éjectée Cécile Duflot à la primaire confidentielle de EELV. Dès le premier tour ! Remercié également, l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy, et largement, lors de la primaire LR. Cela l’avait démangé de revenir en politique, il a compris, on ne l’y reprendra plus ! Mais également remercié Alain Juppé, roi des sondages pendant deux ans. Alain Juppé, ayant eu longtemps le rôle de Dominique Strauss-Kahn pour l’élection de 2012, n’a pas eu un accident de Sofitel mais n’a pas su montrer qu’à 71 ans, on pouvait être un homme d’avenir prêt à conduire la France dans la modernisation économique. Enfin, évidemment, citons aussi François Hollande qui a carrément implosé au cours de l’automne à cause du livre suicidaire de confidences qui l’a complètement discrédité auprès de ses derniers soutiens.

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Certains ont placé Emmanuel Macron comme l’homme de l’année 2016 : il est probable que l’homme de l’année 2017 ne soit pas l’homme de l’année 2016. Méfions-nous donc des sondages et restons sur le fondamental. Le fondamental, c’est le travail, l’expérience et les propositions, et à ce jeu, certes très traditionnel et un peu ringard mais toujours efficace, François Fillon a une nette longueur d’avance. Emmanuel Macron risque plus une destinée à la Jean-Pierre Chevènement, celui de 2002, qu’une à la Valéry Giscard d’Estaing. En somme, un JJSS qui s’ignore.

Le silence de François Fillon après sa victoire à la primaire LR est d’ailleurs assourdissant, aussi assourdissant que le silence de François Hollande entre octobre 2011 et janvier 2012. François Fillon a raison de laisser filer les fêtes de fin d’année (la trêve des confiseurs apporte une pause salutaire dans les débats politiques) mais aussi les quelques jours de débats publics de la primaire PS. Mais il aura intérêt à revenir rapidement à la charge ensuite. Les questions de tempo sont essentielles dans une campagne électorale : il ne faut pas oublier que l’aspect tactique est aussi important que la compétence d’un candidat. L’aura d’Édouard Balladur a littéralement explosée au cours d’une campagne présidentielle qui devait n’être qu’une formalité.

Celui qui est cité en tête de cet article, sur la question cruciale de la lutte contre le terrorisme, c’est bien sûr François Fillon, au vrai commencement de sa campagne, le 28 août 2016 à Sablé. Il avait réuni tous ses amis dans une grande journée champêtre, dans son "fief" (comme on dit). Elles disent beaucoup de choses, ces phrases sur le terrorisme : il attaquait implicitement Nicolas Sarkozy aux olympiades de la surenchères sécuritaires dont ne fut pas exempt François Hollande lui-même. Mais surtout, il rappelait que l’État de droit devait rester le fondement de toute politique publique. C’est en ce sens que François Fillon peut rassurer sur ses intentions : il ne transgressera pas la démocratie comme l’auraient voulu Nicolas Sarkozy mais aussi François Hollande et Manuel Valls.

Dans cette même déclaration, François Fillon réclamait une meilleure connaissance de l’histoire pour mieux préparer la France de demain : « La France, c’est une culture qui a marqué l’Histoire de l’humanité. Être français, c’est se sentir chez soi dans une épopée où tout s’enchaîne : le Moyen-Âge chrétien, la Renaissance humaniste, la monarchie absolue, la Révolution citoyenne, l’Empire triomphant, les Républiques progressistes. La première condition du redressement national est dans le respect du passé, l’acceptation de l’Histoire, la reconnaissance des vrais héros qu’ont été les paysans français qui ont construit la puissance nationale, les scientifiques et les inventeurs qui lui ont donné les clefs de son rayonnement international, la chrétienté qui a forgé sa conscience, les philosophes des Lumières qui en ont fait l’avant-poste du combat pour les libertés individuelles, les soldat de l’an II qui l’ont défendue contre ses ennemis, les Poilus de Verdun, les Français libres et ceux de la Résistance, les ingénieurs et les ouvriers qui ont permis Concorde, Airbus, le TGV, Ariane, le nucléaire et la renaissance des années soixante. Nous sommes uniques ! Pourquoi devrions-nous nous en excuser ? ».

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Et de proposer ainsi ce remède d’être dans la continuation de ce qu’a toujours été la "France éternelle", selon l’expression de De Gaulle : « Comment ne pas ressentir la force, la puissance, la profondeur de ce passé qui nous a forgés et qui nous donne les clefs de notre avenir. Renouer les fils de l’Histoire ! Retrouver nos racines pour comprendre notre passé et nous projeter dans l’avenir. Le monde a besoin de notre témoignage, de notre expérience accumulée au long des siècles pour trouver une voie entre la violence sauvage et la dictature de l’argent. Nous avons besoin d’être fiers de notre pays pour franchir les obstacles que dressent devant nous un nouveau monde prêt à nous faire sortir de l’Histoire. Nous avons besoin d’être fiers de la France pour défendre son unité. » (28 août 2016).

Je pense que c’est ce type de discours dont a besoin le peuple français, pas celui de vouloir "réenchanter le rêve français" comme le proposait François Hollande à la manière de Colargol, mais d’être à l’aise avec son passé, quel qu’il soit (Clemenceau dirait qu’il est un "bloc"), et d’aller de l’avant pour reprendre l’initiative dans un monde globalisé de plus en plus compétitif.

Dans cette compétition généralisée, la France est l’un des pays qui a le plus d’atouts essentiels, celui de l’excellence scientifique et technologique et celui du prestige de la philosophie de Voltaire. Il reste cette année à ce que chaque citoyen s’en convainque… et ces retrouvailles avec l’Histoire ne se feront pas avec un discours d’exclusion et de fermeture, mais avec une ardeur qui n’a pas peur de son ombre et surtout, qui n’a pas peur tout court, ni de son peuple, ni des autres peuples.

Bonne année la France !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er janvier 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Au début de l’année 2016…
Le choix du plus convaincant.
Nouveau monde.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170101-nouvel-an.html

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/2017-le-pire-n-est-jamais-certain-188063

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/01/01/34746022.html





 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 06:13

« Vincent Peillon, c’est une espèce de bouffonnerie permanente sur la morale. Vous savez comment Hollande, qui parfois peut être encore plus cruel qu’avec moi, le surnomme, et tout le monde le surnomme ? Le serpent. » (Éric Besson, sur France 5 le 9 mai 2011).


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Il avait disparu de la vie politique nationale le 31 mars 2014 avec le désastre des municipales laissant un Parti socialiste en ruines et achevant le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Au lieu d’assumer sa politique ministérielle, il avait quitté le navire bien avant les autres et avait préféré se réfugier au Parlement Européen. En octobre 2016 encore, il avait confirmé n’avoir aucune envie ni volonté de revenir dans le jeu national… Et puis le revoilà ! Les rumeurs ont couru le 7 décembre 2016 et il a confirmé le dimanche 11 décembre 2016 très solennellement dans le journal de 20 heures sur France 2, avec un "oui" qu’on pourrait qualifier de mitterrandien : Vincent Peillon est candidat à l’élection présidentielle de 2017, dans le cadre de la primaire socialiste.

D’abord, Vincent Peillon est-il déjà assez connu des Français ? Pas sûr que tout le monde le situe. Il est un peu plus connu que Jean-Frédéric Poisson, certes, mais en disparaissant des écrans radars depuis près de trois ans, en étant totalement absent du débat public pendant tant d’années, on peut être étonné de cette envie soudaine de devenir Président de la République. Comprenant que la primaire socialiste n’allait être qu’un bal des ego, Marie-Noëlle Lienemann s’est empressée de déclarer forfait le 9 décembre 2016 : pas la peine de jouer à une téléréalité complètement bidonnée. Manuel Valls a fait remarquer, lui, avec raison : on ne s’improvise pas candidat à l’élection présidentielle, et j’ajouterais : si l’on veut respecter un minimum les électeurs.

Ensuite, personne ne pourra faire croire que cette candidature impromptue n’ait pas été téléguidée dans le but de torpiller la candidature de Manuel Valls. Il suffit d’ailleurs de voir ses soutiens : Anne Hidalgo, Patrick Mennucci, Patrick Bloche, David Assouline, Kader Arif, Karine Berger, Pervenche Berès, Eduardo Rihan Cypel, etc. Ce sont essentiellement des hollandistes qui voudraient s’épargner le vote en faveur de Manuel Valls.

Tout le parcours de Vincent Peillon aurait plutôt milité pour ne pas se présenter et surtout, se faire oublier, se faire tout petit. Car Vincent Peillon est à la fois un apparatchik et un idéologue. Un apparatchik prêt à en découdre sur les fronts partisans des courants et des chapelles, lors des congrès, prêt en novembre 2009 à voler le mouvement de Ségolène Royal. Et aussi un idéologue. Certains journalistes disent de lui qu’il est un "intellectuel". Non, pas intellectuel, car intellectuel nécessite un peu d’honnêteté et de recul. Il est un doctrinaire, fort de sa culture philosophique qu’il a évidemment plus que d’autres responsables politiques par son métier : professeur certifié puis agrégé, docteur en philosophie, il a enseigné la philosophie dans les lycées à partir de 1984 pendant quelques années.

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Né le 7 juillet 1960 à Suresnes, fils d’un banquier communiste et d’une biologiste alsacienne d’origine juive, neveu du co-inventeur de la pilule abortive, neveu de la belle-fille de l’auteur de Babar et frère d’un journaliste d’investigation, Vincent Peillon a même délaissé ses études à la Sorbonne pendant sa jeunesse pour faire de l’import-export de saumon fumé pour les comités d’entreprises !

Plus sérieusement, il n’a pas enseigné longtemps car dès 1992, il fut en détachement pour travailler dans le cabinet d’Henri Emmanuelli, Président de l’Assemblée Nationale, à l’hôtel de Lassay (il rédigeait ses discours), mais il a dû reprendre l’enseignement après la lourde défaite du PS en mars 1993.

Il a été élu une seule fois sur son nom propre, aux élections législatives de juin 1997 : il siégea alors au Palais-Bourbon pendant cinq ans, durant le gouvernement de Lionel Jospin. Parmi ses activités de parlementaire national, il a présidé la mission sur les obstacles au contrôle et à la répression de la délinquance financière et du blanchiment des capitaux en Europe, mission dont Arnaud Montebourg fut le rapporteur (tous les deux issus du même parti que …Jérôme Cahuzac !). Ce rapport a été présenté le 30 mars 2000.

Il a ensuite été battu aux législatives de juin 2002, et il ne fut jamais réélu sur son nom propre. On lui a alors trouvé un poste de directeur de recherches au CNRS avant de lui donner un strapontin au Parlement Européen (élu sur une liste) : il fut ainsi élu et réélu député européen de juin 2004 à mai 2012 puis de mai 2014 à maintenant.

Lorsque Vincent Peillon a mis en avant l’éthique comme à peu près seul argument de campagne pour cette élection présidentielle, on aimerait qu’il l’appliquât d’abord à lui-même. Lorsqu’on est élu député européen, on fait le travail d’un député européen. Or, Vincent Peillon fait partie de ces parlementaires qui vont très rarement faire ce travail. Il préfère rédiger des romans policiers. C’est son droit, mais qu’il laisse alors son siège à une personne réellement prête à s’investir dans le travail parlementaire européen : l’Europe se meurt de ces faux élus qui ne le sont que pour des raisons purement alimentaires et grâce aux combinaisons des appareils de partis… Rien d’éthique, en tout cas, dans ce comportement-là.

Proche d’Henri Emmanuelli, Vincent Peillon lança le 9 octobre 2002, avec Arnaud Montebourg, Julien Dray, Benoît Hamon et Christian Paul, un nouveau courant au sein du PS, appelé "Nouveau parti socialiste" (NPS) dans le cadre du congrès de Dijon, en mai 2003, où ce courant a recueilli 16,9% des délégués.

Il faut donc bien comprendre que la primaire socialiste de 2017 va faire concourir trois des protagonistes du NPS de 2002, reprenant de vieilles querelles d’appareil (trois, ou même quatre, car Gérard Filoche a été aussi membre ou allié du NPS). Le NPS, en effet, ballotté par des rivalités entre Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, arriva divisé au congrès du Mans, en novembre 2005. Certes, la motion a recueilli 23,6%, mais les conséquences ont été interprétées très diversement : alors qu’Arnaud Montebourg refusa la synthèse, Vincent Peillon, au contraire, a rejoint François Hollande. Le NPS n’existait plus.

En 2006, Vincent Peillon retrouva Arnaud Montebourg pour soutenir la candidature de Ségolène Royal (les deux furent porte-parole de la candidate) tandis qu’Henri Emmanuelli préférait plutôt celle de François Hollande. Au congrès de Reims, en novembre 2008, Vincent Peillon rallia le courant de Ségolène Royal tandis que Benoît Hamon, candidat au poste de premier secrétaire, et Henri Emmanuelli créèrent un nouveau courant à l’aile gauche du PS.

La complexité du jeu interne au sein d’un parti socialiste qui ne représente aujourd’hui plus grand chose de populaire est proportionnelle à la multiplication des ambitions individuelles des membres de ce parti…

Vincent Peillon est réélu député européen en juin 2009 mais sa liste, arrivée en troisième position, a été largement dépassée par la liste écologiste de Michèle Rivasi. Déjà à l’issue de son premier mandat européen, en 2009, Vincent Peillon avait été pas mal contesté sur son travail parlementaire… inexistant : "n’a strictement joué aucun rôle au sein du Parlement Européen au cours de la législature écoulée" (Jean Quatremer le 27 mars 2009), "champion de l’absentéisme", "eurodéputé plutôt touriste" (Rue89 le 28 novembre 2013).

Le 14 janvier 2010, Vincent Peillon aurait dû participer à l’émission "À vous de juger" sur France 2 pour servir de contradicteur à l’invitée principale, Marine Le Pen. Mais au tout dernier moment, prenant son courage à deux mains, il a décommandé, laissant la chaîne de télévision dans l’expectative. Martine Aubry, première secrétaire du PS, a beaucoup apprécié !

En 2011, après avoir soutenu Henri Emmanuelli, puis Arnaud Montebourg, puis François Hollande, puis Ségolène Royal, Vincent Peillon s’est tourné naturellement …vers Dominique Strauss-Kahn et est devenu, finalement, membre de l’équipe de campagne de …François Hollande.

Cette dernière fidélité lui a été bénéfique puisque dès l’élection de François Hollande, Vincent Peillon est nommé Ministre de l’Éducation nationale, du 16 mai 2012 au 31 mars 2014. Dans ces fonctions, il a montré une nouvelle fois l’idéologue coupé complètement de la réalité du terrain.

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Il a initié notamment deux grandes réformes qui ont été une catastrophe pour les enfants : la réforme des rythmes scolaires à l’école primaire, qui a supprimé le jour de repos du mercredi, nécessaire pour les enfants, et la "refondation de l’école" (pompeuse expression) dont la scandaleuse réforme du collège qui a supprimé les classes bilangues et l’enseignement du latin et du grec ("au nom de l’égalité" !). Ce furent ses successeurs, le bref Benoît Hamon puis Najat Vallaud-Belkacem qui ont mis concrètement en application ces deux réformes stupides.

Après sa réélection de député européen en mai 2014 (sur une liste qui n’a même pas atteint les 12% !), Vincent Peillon, toujours député européen fainéant, fut nommé professeur associé à l’Université de Neuchâtel, en Suisse (c’est plus près que le Québec). Député européen fainéant mais aussi radin, élu sur la liste du PS à qui il doit tous ses mandats à la proportionnelle, il n’avait pas payé ses cotisations au PS depuis longtemps, si bien qu’il aurait cumulé auprès du PS une dette de près de 20 000 euros !

Aujourd’hui, Vincent Peillon s’est dit candidat à l’élection présidentielle pour défendre le bilan de François Hollande malgré son départ du gouvernement dès mars 2014. Poussé par des hollandistes désabusés, par des anti-vallsistes non montebourgeois, par des aubryistes aigris, par des moscovicistes frustrés, Vincent Peillon l’idéologue n’a aucune idée à apporter à ce débat public, n’a aucun projet, ne parle que du bilan d’actions qu’il n’a même pas faites. En clair, au contraire de Manuel Valls et d’Arnaud Montebourg dont les clivages sont "relativement" clairs, Vincent Peillon ne représente aucune tendance politique concrètement identifiable.

Avec de tels handicaps, je lui souhaite du plaisir pendant les débats télévisés (trois avant le premier tour de la primaire PS : le 12 janvier 2017 sur TF1, le 15 janvier sur BFM-TV et le 19 janvier sur France 2) qui ont pour effet très bénéfique de dégonfler quelques belles baudruches (comme celle-ci).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Vincent Peillon le dilettante, candidat hors sol.
Un Ministre de l’Éducation nationale hors sol.
La réforme du collège.
La primaire socialiste de 2017.
François Hollande.
Manuel Valls.
Emmanuel Macron.
Arnaud Montebourg.
Benoît Hamon.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161207-vincent-peillon.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/vincent-peillon-le-dilettante-187599

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/12/17/34696663.html



 

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 03:49

« Siège de l’UMP. Je viens proposer à Xavier Bertrand de travailler sur le déclassement pour le compte de l’UMP. Occasion de leur montrer que je sais jouer collectif. Et apporter encore plus à l’UMP. Pas de bol : il me suggère de réfléchir sur la jeunesse. Pourquoi moi ? Réponse : "Personne ne veut travailler dessus. Et personne à l’UMP ne sait parler aux jeunes". Rama est à nouveau priée de prendre les coups sur les sujets dont personne ne veut à droite ! Du coup, j’anticipe les problèmes, l’isolement dans lequel je vais travailler, l’absence de priorité gouvernementale sur la question, l’agressivité des jeunes qui n’aiment pas Sarkozy. (…) Bon, je vais y réfléchir. À contrecœur. » (8 avril 2010, dans "Carnets de pouvoir, 2006-2013").



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L’ancienne Secrétaire d’État aux Droits de l’Homme (du 19 juin 2007 au 23 juin 2009) puis aux Sports (du 23 juin 2009 au 13 novembre 2010) de Nicolas Sarkozy, Rama Yade, fête ce mardi 13 décembre 2016 ses 40 ans. Elle fête en même temps une décennie de vie politique assez atypique : son intervention remarquée le 14 janvier 2007 au congrès d’investiture du candidat Nicolas Sarkozy lui avait apporté son "ticket ministériel".

Toujours classée assez haut dans les sondages de popularité, le jeune espoir qu’elle était n’a cependant pas percé dans le monde politique. Sa dernière tentative de refaire surface, en annonçant le 21 avril 2016 sa candidature à l’élection présidentielle, risque de faire un flop électoral comme ses dernières aventures électorales.

Lorsque le 1er avril 2010, il y a six ans et demi, je m’étais amusé, en guise de poisson d’avril, à l’imaginer comme un cheval de Troie de Nicolas Sarkozy dans la galaxie centriste, j’avais vu à la fois juste et faux. Juste car je pressentais bien que Rama Yade était forcément plus proche du centre que de l’aile musclée de l’UMP de l’époque, alors que son unique engagement était purement sarkozyste. Faux car elle avait trop déçu Nicolas Sarkozy depuis trois ans pour qu’il ait pu imaginer lui confier une mission politique aussi "délicate" que celle de torpiller le centre.

En refusant de faire comme sa collègue à la Justice Rachida Dati, à savoir, en refusant de se présenter aux élections européennes du 7 juin 2009, pour rester au gouvernement, elle s’est enfermée dans une ambition très personnelle que seule une haute popularité a pu continuer à nourrir aussi longtemps dans son isolement.

Car cela ne l’a pas empêchée d’être éjectée du gouvernement le 13 novembre 2010 lors du grand remaniement de mi-mandat qui aurait pu hisser le centriste Jean-Louis Borloo à Matignon (selon les fausses rumeurs). Elle se retrouva simple conseillère régionale d’Île-de-France, élue en mars 2010 (jusqu’à décembre 2015).

C’est d’ailleurs par Jean-Louis Borloo (également démissionnaire, dégoûté du discours à Grenoble du 30 juillet 2010) que Rama Yade adhéra au Parti radical valoisien le 15 décembre 2010 et qu’elle devint première vice-présidente du Parti radical valoisien le 18 octobre 2011.

Sa courte nomination comme ambassadrice de la France à l’Unesco (du 22 décembre 2010 au 15 juin 2011) ne perturba d’ailleurs pas ses engagements partisans. Le 8 avril 2011, suivant toujours Jean-Louis Borloo, elle quitta l’UMP comme l’ensemble du Parti radical valoisien. À l’époque, les radicaux militaient pour une candidature de Jean-Louis Borloo à l’élection présidentielle de 2012.

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Pourquoi était-ce un honneur pour une formation centriste d’accueillir Rama Yade ? Parce que Rama Yade est une "star", une star des médias, une star des sondages. Par sa personnalité, par ses coups de gueule aussi (on se souvient son opposition à la venue à Paris de Mouammar Kadhafi), par sa jeunesse, par sa féminité aussi, Rama Yade a séduit les galeries médiatiques.

De plus, dans la situation de 2010 (cela reste encore valable en 2016), si l’on prend en compte l’ensemble des centristes, toutes chapelles confondues, il n’y a que deux "leaders" qui ont émergé réellement depuis une quinzaine d’années, François Bayrou et Jean-Louis Borloo, tous les deux nés en 1951, et aucun de la génération suivante n’est parvenu à se faire assez de place pour compter politiquement et médiatiquement. L’arrivée de Rama Yade, dont l’âge permettait d’imaginer des projets de longue haleine, une préparation pour un horizon présidentiel plus lointain que 2012 ou 2017, pouvait donc redonner un nouveau visage à cette galaxie centriste un peu désordonnée depuis 2002.

Hélas pour les centristes, tout son crédit politique, elle l’a dilapidé en quelques années voire en quelques mois. Le 15 décembre 2011, en raison d’une fausse domiciliation, elle fut radiée des listes électorales de Colombes dont elle était une conseillère municipale d’opposition (élue en mars 2008). C’est pourtant le B. A. BA du bon candidat : sécuriser sa domiciliation là où l’on veut être élu. Je ne suis donc même pas sûr qu’elle ait pu voter pour l’élection présidentielle de 2012 !

Évidemment, ce n’est pas cette radiation qui a eu le plus de conséquence sur elle, mais plutôt sa légèreté. Légèreté politique sur le fond et sur la démarche.

La démarche très personnelle : elle s’est fâchée avec l’appareil de l’UMP lorsqu’elle s’est (courageusement) présentée le 10 juin 2012 dans la 2e circonscription des Hauts-de-Seine, celle du député sortant UMP Manuel Aeschlimann, ancien et futur maire d’Asnières-sur-Seine, avec le soutien du MoDem alors que le MoDem avait fait équipe avec Sébastien Pietrasanta pour ravir au député sortant la mairie d’Asnières en mars 2008 et finalement sa circonscription en juin 2012 (Rama Yade, avec seulement 13,8% des voix, a été éliminée dès le premier tour et a apporté son soutien ...à Manuel Aeschlimann).

On aurait pu croire que cet acte de bravoure lui aurait facilité son introduction chez les centristes. Ce fut au début un peu le cas. Le 22 octobre 2012, elle a adhéré à l’UDI qui venait juste de se créer, regroupant une grande partie des chapelles centristes sous la houlette de Jean-Louis Borloo. Elle fut même propulsée à la très stratégique présidence de la commission des investitures de l’UDI.

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Après le retrait de Jean-Louis Borloo le 6 avril 2014, Rama Yade a pensé qu’elle pouvait lui succéder à la présidence du Parti radical. Face à elle, Laurent Hénart, ancien secrétaire d’État de Jacques Chirac, secrétaire général sortant de la formation radicale, fut élu sans trop de difficulté, lui radical depuis vingt-cinq ans à bonne école, celle de Nancy, dont il venait d’être brillamment élu maire en mars 2014, succédant à l’ancien ministre André Rossinot, président "historique" du Parti radical dans les années 1980.

Laurent Hénart a été élu président du Parti radical (continuant à suivre son mentor nancéie sur ses traces) le 22 juin 2014 avec 61,3% (par vote des adhérents), malgré une campagne médiatique très hostile orchestrée par Rama Yade pendant les semaines précédentes.

Refusant de s’avouer vaincue, elle a contesté ces résultats au point d’avoir déposé le 26 septembre 2014 une assignation auprès du tribunal de grande instance de Paris pour demander l’annulation de cette élection ! À ma connaissance, dans la période contemporaine, c’est un fait de défiance sans précédent dans une formation politique, même aux pires heures des divisions au sein de l’UMP, en novembre 2012, la justice française n’avait pas eu à se prononcer. Résultat, Rama Yade a été déboutée le 19 mai 2015 et a été condamnée à payer les frais de justice.

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Elle aurait notamment protesté car une adhérente de Cherbourg lui aurait affirmé qu’elle n’avait pas pu voter… alors qu’elle était morte depuis quatre mois ! Rama Yade a cependant démenti avoir été l’auteur du message électronique ci-dessus qu’elle a qualifié de faux le 2 octobre 2014. C’est possible, car la désinformation a pu provenir des deux camps. Le message est pourtant vraisemblable, car Rama Yade avait pris un nom de domaine tentant à croire qu’elle était déjà élue : ramayade(at)presidence-radicale.fr (ce nom de domaine a été acheté le 20 avril 2014 et a été encore renouvelé le 20 avril 2016 !).

D’ailleurs, elle avait inondé les adhérents de messages électroniques de ce type, pour dénigrer la direction du Parti radical, ce qui a abouti finalement à son exclusion de ce parti le 25 septembre 2015, et à une menace de plainte au pénal pour atteinte à la loi Informatique et Libertés par l’utilisation des fichiers des adhérents. Les radicaux ont soupçonné cet acharnement judiciaire contreproductif de Rama Yade d’être en corrélation avec le retour en politique de Nicolas Sarkozy (le 19 septembre 2014).

Entre temps, Rama Yade fut battue le 3 février 2015 par Chantal Jouanno pour être la chef de file de l’UDI aux élections régionales en Île-de-France pour décembre 2015. Celle qui fut élue présidente de la région avec le soutien de LR, de l’UDI et du MoDem, Valérie Pécresse, refusa la présence de Rama Yade sur ses listes.

Sur le fond, Rama Yade est, là aussi, assez décevante. Son intelligence n’est pas mise en doute et elle a du talent dans sa capacité à communiquer. Mais hélas, cela ne remplace pas une vision politique et une démarche de travail sérieuse et solide comme a pu avoir François Fillon dont la victoire à la primaire LR est directement en rapport avec ses efforts.

Rama Yade a du talent mais n’est pas assez "travailleuse", ce qui lui donne des airs de légèreté. De manque de densité politique. J’évoque juste un souvenir : la construction européenne est un thème majeur pour les centristes. Les élections européennes sont donc l’occasion (rare) de débattre sur l’Europe. Le 17 octobre 2013, j’ai pu entendre Rama Yade dire assez lâchement que les élections européennes du 25 mai 2014 seraient très difficiles avec la montée du Front national et qu’il valait mieux en faire l’impasse et passer à autre chose !

Avec ce genre de raisonnement, il vaut mieux laisser les instituts de sondages choisir les élus et arrêter de faire de la politique… (la lecture de son journal de bord est d’ailleurs assez effarante de légèreté : "Carnets du pouvoir, 2006-2013", publié le 26 septembre 2013 aux éditions du Moment, et justement, sur les plateaux de télévision, elle semblait plus se préoccuper de vendre son bouquin que de faire vraiment de la politique).

Rama Yade aura même tenté d’exister le soir du 27 novembre 2016, en pointant du doigt ses anciens "amis" centristes qui avaient tout misé sur la candidature d’Alain Juppé, et en disant qu’elle était la véritable et seule candidate du centre. Le problème, c’est qu’elle ne représente tellement qu’elle seule qu’elle va avoir beaucoup de mal à convaincre les maires de la parrainer…

Bon anniversaire Rama, mais franchement, quel gâchis !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La fée qui brûle.
Jean-Louis Borloo.
Laurent Hénart.
Nicolas Sarkozy.
Le décentrage de l’UMP.
L’éclatement de l’UMP.
Rama Yade et la Chine.

_yartiYadeRama2016A04


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161213-rama-yade.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/rama-yade-la-fee-qui-brule-tout-ce-187419

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/12/13/34674258.html



 

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 06:31

« J’appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques à voter pour moi, à s’inscrire dans leur mairie et à colporter la nouvelle. » (Coluche, le 30 octobre 1980 à Paris).



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Je reviens sur la candidature de l’ancien ministre Emmanuel Macron. Il est allé à Bobigny le 16 novembre 2016 pour l’annoncer solennellement.

Emmanuel Macron a toujours eu des soucis d’agenda. Il avait prévu de démissionner du gouvernement juste après le 14 juillet 2016 mais l’attentat de Nice l’en a empêché. Pour sa candidature, il avait intérêt à se déclarer avant la candidature éventuelle de François Hollande, pour ne pas lui paraître hostile, mais le plus tard possible pour laisser les sondages confirmer son haut niveau d’intentions de vote (et pour pondre un programme présidentiel qu’il n’a toujours pas encore rédigé).

Il n’avait donc pas beaucoup de possibilités avant l’hiver s’il ne voulait pas être balayé par d’autres vagues médiatiques que la sienne. Car rappelons-le une fois encore, j’en suis toujours très étonné, Emmanuel Macron jouit d’une couverture médiatique dont aucune autre personnalité médiatique, y compris François Hollande et Manuel Valls, ne peut bénéficier. Le candidat chouchou des médias.

Donc, pour rester dans son propre "système" (médiatique), il devait faire sa déclaration avant celle des prétendants socialistes et même avant la désignation finale du candidat du parti Les Républicains, pour ne pas avoir l’impression de se décider en fonction d’eux. Il a donc choisi le 16 novembre 2016, coincé entre les retombées de l’élection de Donald Trump et le débat pour la primaire LR entre François Fillon et Alain Juppé.

J’ai trouvé les médias très indulgents sur sa déclaration de candidature. Pourquoi ? Parce que je l’ai trouvée très médiocre, dans un décor en carton-pâte, à la fois très traditionnel et sans originalité (fond bleu avec drapeaux) et très artificiel (le décor a été installé à la hâte dans le hall et a été immédiatement démonté une fois la déclaration terminée).

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Sur le fond, les phrases étaient creuses et naïves. Elles sentaient bon l’exaltation de l’homme nouveau, presque de l’homme providentiel, mais il n’y avait rien de concret, aucune densité, aucune vision. Quelques mesures proposées par le bout de la lorgnette, sans cohérence, un peu démagogiques pour faire de la récupération parmi les déçus de tous les partis traditionnels. Où est le programme ? À part quelques slogans gentils ?

Parlons des partis. Il est vrai que les partis politiques n’ont pas bonne presse. On leur reproche notamment d’être partisans ! d’être soucieux de l’intérêt partisan. Mais c’est justement leur but. C’est même constitutionnel. L’article 4 de la Constitution explique vaillamment : « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. » (4 octobre 1958).

On est ou on n’est pas perméable aux luttes d’appareil. Certaines personnalités très respectables ont été incapables de jouer dans les appareils. Je peux en citer quelques-unes : Simone Veil, Raymond Barre, Robert Badinter, Michel Rocard, Jacques Delors, Ségolène Royal, et même François Fillon. Il y a des cerveaux architecturés pour l’esprit de parti, comme Jean-Christophe Cambadélis ou Jean-François Copé, par exemple (il y en a plein d’autres, dont François Hollande, François Bayrou, Alain Juppé, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Mitterrand, etc.).

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Emmanuel Macron, c’est un peu différent. Il n’est pas anti-partis politiques en général, mais anti-partis politiques actuels sauf le sien. C’est-à-dire qu’il aurait bien voulu avoir un parti politique à son service. Comme l’appareil du PS. Étant convaincu qu’il ne l’obtiendrait jamais, il a préféré esquisser sa démarche présidentielle hors de la primaire PS.

La preuve, c’est qu’il a justement fondé un nouveau parti le 6 avril 2016 à Amiens. Son nom ("En Marche") rappelle évidemment ses initiales, ce qui fait un peu le parallèle avec le pseudo "Rassemblement bleu marine" dont l’appellation ne tient qu’à Marine Le Pen. En Marche est un mouvement à l’origine virtuel. C’est-à-dire, qui s’active sur Internet, dans les réseaux sociaux, à l’instar de "Désirs d’avenir" de Ségolène Royal avant mai 2007 et du MoDem juste après mai 2007.  Plus de 100 000 adhérents sont revendiqués. 115 000 même en début décembre 2016. Mais l’adhésion est gratuite. D’habitude, c’est entre 10 et 30 euros, dans les autres partis.

Bon, ce mouvement n’est plus vraiment virtuel depuis plusieurs mois. Il y a des centaines de réunions partout dans le pays. Plus de 2 500 comités locaux ont été mis en place sur tout le territoire pour relayer la bonne parole. Mais il y a une force très faible de militants et d’élus. Quand j’écris militants, c’est pour dire militants politiques qui ont déjà fait campagne. La plupart des adhérents sont des jeunes ou des personnes qui n’étaient encore engagées dans aucun parti existant jusqu’à maintenant.

Chaque meeting tenu par Emmanuel Macron a eu un grand succès de participation, à la Mutualité à Paris, à Strasbourg, à Montpellier, etc., si bien que le prochain, prévu le 10 décembre 2016 à 14 heures 30, aura lieu dans le Hall 6 du Parc des Expositions de Paris, à la Porte de Versailles. Emmanuel Macron a vu gros.

Sondages, participation aux meetings, maillage territorial, c’est vrai qu’Emmanuel Macron peut croire en ses chances. D’autant plus qu’il n’a jamais hésité à récupérer les événements à son profit. Par exemple, l’élection de Donald Trump.

Dès la nouvelle annoncée, il a fait un peu de récupération : « Cette élection montre que rien n’est jamais écrit à l’avance. Il faut toujours écouter ce que le peuple a à dire et non ce qu’on aimerait qu’il dise. Cette élection me paraît être l’expression d’un rejet du système profond, et sous-estimé. (…) Le même que j’entends depuis deux ans que je me suis engagé publiquement sur la scène politique. Ce rejet rend impossible de demeurer dans le statu quo dans lequel notre pays s’est englué depuis trente ans. » (9 novembre 2016).  De la belle manœuvre politicienne comme tout ce qu’il dénonce !

C’est amusant qu’il ait déclaré cela car lui, au contraire de ce qu’il veut laisser croire, est le candidat du système par excellence, venu à la politique par la grande porte (l’Élysée) et pas par la base (électorale). C’est lui que les médias encensent encore aujourd’hui, au contraire de …Donald Trump !

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Quand Emmanuel Macron a déclaré sa candidature, Jean-Marie Le Pen, qui est un fin connaisseur de la vie politique française tout en étant un polémiste provocateur, lui a prédit un résultat entre 3 et 4%. Emmanuel Macron représente à l’évidence quelque chose, mais quoi ? Un peu à la manière de Jean-Jacques Servan-Schreiber qui, après une dizaine d’années de vie politique et d’agitations médiatiques, parfois très exaltantes, a fini avec 1,8% aux élections européennes du 7 juin 1979…

Le parti d’Emmanuel Macron a reçu quand même quelques soutiens d’élus locaux et de parlementaires. Il faut être clair : à part Renaud Dutreil, ancien (jeune) ministre d’il y a quinzaine d’années, aucun ne provient de la droite ou du centre mais tous du PRG ou du PS, avec cette angoisse de devoir être représenté par une nouvelle candidature de François Hollande (à l’époque fort probable).

Imaginez le renouveau avec Gérard Collomb (69 ans), sénateur-maire de Lyon, vieux crocodile dans la mare politique lyonnaise depuis cinquante ans (déjà député en 1981 !), premier des soutiens d’Emmanuel Macron !

Évidemment, on pourrait imaginer des ralliements plus prestigieux que quelques députés socialistes à faible notoriété (courageux quand même, car ils risquent leur exclusion du PS, ce qui pourrait leur être fatal aux législatives de juin 2017). Par exemple, Ségolène Royal qui a toujours vu d’un œil bienveillant l’initiative de son collègue Macron.

Ce qui est plutôt malsain, avec "En Marche", c’est un discours qui s’apparente presque à celui d’une secte. Oh, je ne soupçonne pas du tout Emmanuel Macron de vouloir des adeptes pour les dévaliser, mais c’est une secte d’agence de publicité, de boîte de communication, avec un vocabulaire désormais spécifique aux membres de ce mouvement (par exemple, ils ne sont pas appelés "camarades" ni "compagnons", mais "marcheurs" !). Dans le discours, il y a une grande part d’infantilisation qui reste acceptable aux jeunes et aux novices qui viennent de s’engager dans la politique (qui n’ont fait aucune campagne électorale) mais peut devenir vite insupportable aux plus expérimentés.

L’énarque Emmanuel Macron a réussi pour l’instant là où l’énarque Bruno Le Maire a échoué, à savoir rassembler autour de sa personne des personnes en général de catégories sociales favorisées, conscientes de la nécessité de renouveler l’offre politique pour éviter l’arrivée au pouvoir de partis extrémistes. La baudruche Bruno Le Maire s’est dégonflée dès lors qu’il a fallu discuter fermement sur le projet présidentiel. Je pense qu’il en sera de même pour Emmanuel Macron lorsqu’il devra débattre de son (non) programme.

Information surprenante. En 2007, le Premier Ministre François Fillon avait fait appel à ses services : il aurait voulu l’engager à Matignon pour travailler ensemble, et finalement, Emmanuel Macron a décliné l’offre. Il n’a pas eu tort, car il s’est en définitive retrouvé au cœur de la campagne présidentielle du candidat François Hollande en 2012. C’est lui qui s’est occupé des questions économiques.

Mieux, entre le printemps 2012 et l’été 2014, Emmanuel Macron fut le numéro deux de la maison Élysée, comme secrétaire général adjoint chargé des questions économiques. Autant dire que toutes les mesures économiques ou antiéconomiques de François Hollande viennent de lui dès 2012 ! Comme la fameuse mais inefficace "boîte à outils" qui n’était qu’une resucée de mesures très anciennes et vieillottes des années 1980.

Manuel Valls aurait voulu le nommer Ministre du Budget en avril 2014 lors de la formation de son premier gouvernement, mais François Hollande a refusé, préférant nommer ministres des élus. Lors de l’éviction d’Arnaud Montebourg, en août 2014, son nom est naturellement revenu à l’esprit. Et pas sur un strapontin gouvernemental, à Bercy, dans un grand ministère.

Après l’ombre, la lumière. Emmanuel Macron est donc évidemment pleinement responsable de la politique économique désastreuse de François Hollande entre le 15 mai 2012 et le 30 août 2016 (date de sa démission). Faire croire qu’il n’a pas à assumer le bilan de François Hollande est une arnaque intellectuelle.

La semaine qui vient de passer a changé complètement la donne politique. Emmanuel Macron, qui était vu comme un "traître" vis-à-vis de François Hollande à qui il doit tout, ne l’est plus. François Hollande n’étant plus candidat, il ne peut plus lui faire d’ombre, et comme il avait scrupuleusement fait attention à ne rien dire d’irréconciliable sur son ancien mentor, il pourrait même nourrir l’espoir fou d’avoir maintenant le soutien de l’Élysée.

La candidature de Manuel Valls change également la donne dans la mesure où maintenant, les parlementaires socialistes savent à quel saint se vouer. Manuel Valls a réuni environ 150 députés socialistes le soir du 6 décembre 2016, ce qui montre bien que maintenant qu’il est déclaré, la situation arrête d’être liquide.

Même s'il vient de recevoir le soutien très symbolique de Thomas Hollande, fils du Président, Emmanuel Macron risque de pâtir de la candidature de Manuel Valls, non seulement dans ses soutiens socialistes, mais aussi dans les intentions de vote. Auparavant, dans l’esprit du public, il n’y avait aucune candidature entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Désormais, l’espace est pris par Manuel Valls qui, lui, sait ce qu’est une campagne présidentielle pour avoir dirigé (la communication de) celle de François Hollande en 2012 (la crypto-candidature esquissée le 7 décembre 2016 par Vincent Peillon n'a pas en revanche de raison de bouleverser l'offre politique).

Ce n’est pas un hasard si Emmanuel Macron a insisté sur sa loyauté vis-à-vis de François Hollande en laissant entendre que la loyauté de Manuel Valls laissait à désirer. Brutus a changé de camp.

Il reste néanmoins que, face à une surreprésentation médiatique, le programme d’Emmanuel Macron est vide. Or, ce qui a fait le succès de François Fillon, c’est justement d’être rigoureux et précis dans ce qu’un candidat entend faire réellement une fois élu. Pour Emmanuel Macron, à part "le chômage, ce n’est pas bien", et "la sécurité, il en faut", on attend toujours quelques mesures concrètes et fortes qui pourraient caractériser sa candidature, à défaut d’une vision politique solide.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Ramasse-miettes du système politique français.
JJSS, un Macron des années 1970.
Le Centre aujourd’hui.
Manuel Valls.
Bernard Cazeneuve.
François Hollande.
Primaire socialiste de 2016.
Une colombe dans un nid de crocodiles.
Hollande démacronisé.
Michel Rocard.
Populismes.
Mystère ou Mirage Macron ?
Discours d’Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans (à télécharger).
La vivante énigme d’Emmanuel Macron.
Le saut de l'ange.
La Charte de En Marche (à télécharger).
Emmanuel Macron à "Des paroles et des actes" (12 mars 2015).
La loi Macron.
François Bayrou.
Casser le clivage gauche/droite.
Paul Ricœur.
La France est-elle un pays libéral ?

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161116-macron.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-ramasse-miettes-du-187322

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/12/08/34661208.html

 

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 06:10

« Le moment est grave et historique. Chacun doit en être conscient. Je mets la pression sur chacun d’entre nous. (…) La question n’est pas seulement celle de l’envie, mais bien celle de la responsabilité historique qui doit prendre en compte l’intérêt de la France et de la gauche. » ("Journal du dimanche" du 27 novembre 2016).


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Je ne suis pas sûr que l’intérêt de la France et celui de la gauche soient compatibles (je suis même certain du contraire) mais là n’est pas l’essentiel. Dans plusieurs années, plusieurs décennies, les livres d’histoire politique diront à quel point Manuel Valls aura fait "pression" sur François Hollande pour l’empêcher de se représenter (le Président en avait pourtant une folle "envie"), mais aussi comment il s’est imposé auprès du chef de l’État pour obtenir Matignon en mars 2014.

Tout cela ne sera que discussion de spécialistes, car la page Hollande est désormais bien tournée. Manuel Valls, comme prévu, impatient et bouillonnant, a attendu quatre jours du délai de carence et de décence avant d’annoncer solennellement sa candidature à la Présidence de la République ce lundi 5 décembre 2016 à Évry.

Et d’abord, permettez-moi de reprendre tous ces journalistes qui n’hésitent pas à parler de la ville d’Évry comme du "fief" de Manuel Valls : il n’a été maire que de 2001 à 2012, soit un peu plus que deux mandats. Argenteuil était-il également son "fief", il en fut un élu de 1995 à 2001 ? Les communes n’appartiennent qu’à leurs habitants, et en ce qui concerne Manuel Valls, il habite à Paris…

Pour un homme qui n’a jamais fait que de la communication politique depuis le début de sa vie active, ces très longues minutes d’annonce, en quelques sortes, les minutes cruciales dans une existence politique, ont été très décevantes. Bizarrement, les médias semblent dire que la déclaration était réussie. J’ai trouvé, au contraire, que tout été mal fait, tout sonnait faux dans cette annonce. Jusqu’au slogan complètement incompréhensible (trouvé paraît-il la veille) : "Faire gagner tout ce qui nous rassemble" !

Daniel Schneidermann, dans sa chronique du 6 décembre 2016, en a presque eu pitié : « Comment ne voit-il pas qu’il va dans le mur, que le crash est écrit d’avance ? Le malheureux Manuel Valls. (…) Drame : Valls arrive enfin à l’âge adulte en plein naufrage du social-libéralisme corrigé par la com’. Contretemps fatal. (…) Comment Manuel Valls pourrait-il échapper au massacre promis ? Paradoxalement, par l’hostilité médiatique. (…) Sous leur vallsobsession, sourd un désir de meurtre. ».

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D’une part, la déclaration était très longue, beaucoup trop longue. Vingt minutes d’un discours lu sur papier. Pendant les trois quarts du temps, les yeux de Manuel Valls suivaient ses papiers. On ne voyait pas le regard déterminé, on ne voyait que des paupières un peu stressées. C’était endormant, ennuyeux, sans intérêt.

Pire pour lui, il a longuement énuméré les risques d’une victoire de François Fillon. Ce dernier pourrait le remercier, comme ses rivaux de la primaire LR, François Fillon reste et restera le centre de référence de l’élection présidentielle de 2017. C’est bon signe pour lui.

L’autre combat, c’est contre le Front national. Et là, il y a un vrai problème, un vrai problème d’efficacité. Manuel Valls est sans doute le leader de gauche (ou revendiqué comme tel) qui tient des discours crédibles sur l’autorité de l’État, sur les valeurs républicaines. Mieux que Ségolène Royal (qui avait remis le drapeau tricolore au goût socialiste en 2007).

Le vrai problème, c’est que celui qui affiche le plus fort possible son ambition de lutter contre l’extrême droite est celui qui fut Premier Ministre pendant la période où le Front national a atteint ses performances les plus élevées, jusqu’aux élections régionales de décembre 2015 avec une audience record de 27,9% des suffrages exprimés le 6 décembre 2015 et un record de suffrages de plus de 6,8 millions d'électeurs le 13 décembre 2015, après dix-huit mois de gouvernements Valls !

Vouloir rassembler toute la gauche, et même, tous les socialistes, ce serait l’objectif hyperambitieux de Manuel Valls, indispensable d’un point de vue électoral, mais qui sonne mal avec sa nature tendant aux clivages et ses déclarations évoquant "deux gauches irréconciliables".

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D’autre part, le cadre était pesant. C’est vrai, il a voulu mettre derrière lui, autour de lui, un rassemblement des personnes de tout âge, toutes origines, montrant une mixité et une diversité humaines très spécifiques à Évry. Pourquoi pas ? Mais il aurait dû demander à ses partisans de garder le sourire pendant sa déclaration car pendant quatre-vingt-dix pourcents du temps, Manuel Valls avait derrière lui des mines d’enterrement. On enterrait le "hollandisme", et probablement le vallsisme en même temps.

Car comment différencier les deux ? Comment Manuel Valls pourrait-il ne pas assumer pleinement et personnellement le bilan de François Hollande alors qu’il en a été son principal exécuteur ?

Alors, certes, il a pu ainsi se valoriser par l’expérience acquise, et solidement acquise, personne ne la conteste, expérience locale (Évry donc) et expérience nationale (ministérielle), histoire de montrer à Emmanuel Macron son implantation locale et à Jean-Luc Mélenchon son sens de l’État et sa responsabilité nationale.

Pourtant, les "hollandistes" (et pas les "hollandais" !) ne sont pas forcément très excités par la perspective de devoir soutenir cette candidature de Manuel Valls. Ils soupçonnent une trahison contre leur mentor. Une sorte de pression qui aurait amené François Hollande à se piéger, à s’enfermer, à se faire hara-kiri lui-même, devant tous les Français.

Ils n’ont peut-être pas tort. Juste après le renoncement hollandien, Manuel Valls était en visite officielle le 2 décembre 2016 à Nancy sur le thème très important du handicap. Il en a profité pour dire son respect à François Hollande : « Je veux dire au Président de la République, il le sait, à titre personnel, mon respect et toute mon affection. ».

Heureusement qu’il l’a dit, car une journaliste de "Libération", Laure Bretton, dans un article paru le 2 décembre 2016, a révélé que Manuel Valls ne cessait de dire le contraire aux journalistes, sous le couvert du "off", depuis octobre 2016, à propos de François Hollande : « Je ne le respecte pas et je ne le supporte pas. ». C’est peut-être pour cette raison que François Hollande n’a pas daigné citer explicitement le nom de Manuel Valls dans son allocution télévisée du 1er décembre 2016.

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La pression sur l’Élysée fut maximale le week-end précédant le renoncement.

Le 26 novembre 2016, ancien fabiusien reconverti dans le vallsisme, le Président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone a estimé qu’il n’était pas insensé d’imaginer que François Hollande et Manuel Valls fussent candidats en même temps à la primaire socialiste. Réflexion que Manuel Valls a simplement commentée ainsi : « Claude Bartolone est un ami. (…) Sa parole est importante, comme celle du premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, et de tous les dirigeants du PS. Claude Bartolone a depuis toujours une exigence : le rassemblement de la gauche et des écologistes. Il nous appelle à réfléchir, sans tabous. » (27 novembre 2016).

Cette argumentation peut faire sourire ceux qui connaissaient bien les relations difficiles entre l’UDF et le RPR dans les années 1980 : c’était exactement au nom de "l’union" que Jacques Chirac voulait écraser l’UDF à son profit. Manuel Valls a simplement recyclé ce type de manœuvre politicienne.

Le 27 novembre 2016, le "Journal du dimanche" a publié une interview de Manuel Valls visant à faire encore plus pression sur François Hollande. Je rappelle le contexte du jour : le second tour de la primaire LR et le sacre triomphal de François Fillon. Ce fut le coup de grâce pour François Hollande qui annonça sa capitulation dès le lendemain au cours d’un déjeuner avec son Premier Ministre.

Manuel Valls n’a pas hésité, dans cette interview, à pilonner les positions élyséennes : « J’ai des rapports de respect, d’amitié, et de loyauté avec le Président. Mais la loyauté n’exclut pas la franchise. Force est de constater qu’au cours de ces dernières semaines, le contexte a changé. La parution du livre de confidences a créé un profond désarroi à gauche. Comme chef de la majorité, ma responsabilité est donc de tenir compte de ce climat. ».

Et d’ajouter : « Face au désarroi, au doute, à la déception, à l’idée que la gauche n’a aucune chance, je veux casser cette mécanique qui nous conduirait à la défaite. Je n’oublie pas que le Président a été élu par les Français en 2012. Mais toute candidature doit intégrer le rapport avec les Français, avec la gauche, avec notre famille politique. Toute décision qui ferait fi de ces trois dimensions apparaîtrait comme bancale ou fragile. Me concernant, j’intègre en permanence ces trois éléments. » (27 novembre 2016).

Le soir du 6 décembre 2016, environ 150 députés PS sont venus à l'appel de Manuel Valls à la questure de l'Assemblée Nationale. Par ailleurs, Didier Guillaume, proche de François Hollande et président du groupe PS au Sénat, a été désigné le directeur de campagne de Manuel Valls.

Bernard Cazeneuve a succédé à Manuel Valls ce mardi 6 décembre 2016. Lors de la cérémonie de passation des pouvoirs à Matignon, les deux hommes ont exprimé leur "indéfectible amitié" mutuelle, histoire de dire que la nomination de Bernard Cazenave n’était pas un désaveu pour Manuel Valls.

Mais en déplacement à New York, Emmanuel Macron, l’autre Brutus de la Hollandie, a tenu quand même à rappeler qu’il était, lui aussi, un grand ami de Bernard Cazeneuve, et que beaucoup de "hollandistes" étaient déjà venus le rejoindre, à commencer par Jean-Pierre Mignard. Seuls, ceux qui considèrent que l’appareil du PS est à sauver trouveraient en Manuel Valls le candidat inespéré pour poursuivre son acharnement thérapeutique (depuis 2005)…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Manuel Valls candidat.
La ville d’Évry.
Discours de Manuel Valls le 13 janvier 2015 au Palais-Bourbon (texte intégral).
Discours de Manuel Valls le 9 janvier 2016 au CRIF (texte intégral).
Manuel Valls et l’esprit républicain.
Manuel Valls vs François Fillon (24 septembre 2015).
La ville de Manuel Valls.
La confiance Valls, volet 2 (16 septembre 2014).
La confiance Valls, volet 1 (8 avril 2014).
Les relations entre l’Élysée et Matignon.
Nomination de Manuel Valls à Matignon (31 mars 2014).
Valls sera-t-il Premier Ministre ? (15 mars 2014).
Manuel Valls et son ambition présidentielle.
Manuel Valls à la primaire socialiste.
Manuel Valls et les institutions de la République.
Valls-Bayrou, même combat ?
Et la Corse dans tout cela ?
Et les gens du voyage ?

_yartiValls2016120505


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161205-valls.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/manuel-valls-voiture-balai-du-187297

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/12/07/34652585.html


 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 06:12

Petit tour des candidatures à la candidature au premier tour de l’élection présidentielle française du 23 avril 2017. Cinquième partie : la primaire du Parti socialiste (début).



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En principe, Manuel Valls devrait annoncer sa candidature à la primaire socialiste ce lundi 5 décembre 2016 à 18 heures 30 depuis "sa" ville d’Évry. Il n’est pas sûr qu’il serait suivi par les "hollandistes" résiduels dont certains sont déjà allés rejoindre Emmanuel Macron. J’évoque donc ici l’organisation de cette primaire socialiste avant d’évoquer ultérieurement la probable candidature de Manuel Valls chargé de défendre le bilan désastreux du quinquennat.

Le jeudi 1er décembre 2016 a marqué l’ouverture de dépôt de candidature des candidats à la "primaire de la belle alliance populaire" que je résumerai en parlant de "primaire socialiste" ou de "primaire PS". Mais cette journée du 1er décembre 2016 a aussi été dominée par l’annonce surprise de François Hollande de ne pas briguer un nouveau mandat présidentiel, laissant la voie libre à son Premier Ministre Manuel Valls.

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La "belle alliance populaire" (plus l’expression est jolie, plus la réalité est décevante), c’était en principe une coalition, la seule qui soutient le gouvernement actuel, regroupant le PS, le PRG et les "écologistes arrivistes" (c’est-à-dire ceux qui n’ont pas pu s’empêcher de revenir au gouvernement, à savoir Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili, et Emmanuelle Cosse). Cette alliance a été présentée par Jean-Christophe Cambadélis le 12 avril 2016 mais dès le 29 juin 2016, le PRG a quitté cette pas si belle alliance (« suspend sa participation pour dénoncer la décision unilatérale du PS d’organiser une primaire »).


Organisation

Le 18 juin 2016, en effet, le conseil national du PS a annoncé son souhait d’organiser une primaire ouverte de la gauche, décision confirmée le 2 juillet 2016.

Pour être candidat, il y a des conditions de parrainages par des élus et des adhérents. Le dépôt des candidatures a lieu du 1er au 15 décembre 2016 et les scrutins ont lieu le 22 janvier 2017 pour le premier tour et le 29 janvier 2017 pour le second tour éventuel.

Autant dire que le calendrier même de cette primaire est fatal. Le PS avait cru être très malin en fixant une date après la primaire LR pour reprendre le monopole médiatique mais il faut bien dire les choses, par rapport à la primaire LR qui fut un vrai débat durant trois mois, et même par rapport à la primaire socialiste de 2011, la primaire PS version 2017 ne permettra aucun débat puisque la campagne commencera le 15 décembre 2016, soit au début des fêtes de Noël et de Nouvel an qui s’achèveront, après les galettes des rois, à peu près au moment de la tenue du premier tour.

De plus, pour l’organisation elle-même, l’une des clefs d’une primaire ouverte est le nombre de bureaux de vote. Plus il y en a, plus la participation est élevée. Or, la défaite des socialistes aux élections municipales de mars 2014 est une catastrophe à cet égard : il sera difficile au PS de trouver suffisamment de bénévoles et d’élus pour encadrer une telle primaire ("Les Républicains" avaient bénéficié de 80 000 bénévoles pour tenir les 10 228 bureaux de vote !).

Un signe qui n’a trompé aucun observateur : le samedi 3 décembre 2016 était organisée la convention nationale de la "belle alliance populaire" au Paris Event Center de la Porte de la Villette, à Paris, et au lieu des 10 000 participants prévus, à peine 2 000 sont venus, laissant des "trous" béants dans l’immense salle ! Aucun des ténors du PS, ni des "grands" candidats déclarés ou potentiels ne sont venus.

Le très grand succès de la primaire LR, qui a frôlé les 4,4 millions de votants apporte un élément de comparaison très ambitieux avec cette primaire PS qui a toutes les chances de se jouer plutôt avec le dixième de cette participation, tant ce parti socialiste est discrédité. Le candidat issu de cette primaire a en effet, pour l’instant, très peu de chance d’accéder au second tour de l’élection présidentielle de 2017, donc y participer relève certes d’un engagement militant mais certainement pas d’une contribution au choix final de l’élection présidentielle et peut dont s’avérer "inutile" pour de nombreux électeurs, même si quelques sympathisants "de droite" envisageraient d’y participer pour favoriser le candidat le plus "facile" (Arnaud Montebourg).


Les lapsus qui tuent !

La semaine dernière encore, c’était la confusion totale au sein du Parti socialiste pour l’élection présidentielle. Son premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a bien résumé la situation, par son lapsus, sur France 2 le 28 novembre 2016 : « Le seul moyen de surmonter [la fragmentation de la gauche], c’est qu’il y ait une prière… une primaire massive. » ! Il est vrai qu’il faudrait un miracle pour que 2017 ne soit pas une débâcle encore plus désastreuse pour le PS que 1993 ou même 1969.

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Autre lapsus provenant d’un proche de François Hollande, Didier Guillaume, le président du groupe socialiste au Sénat, qui disait, le 30 novembre 2016, que « François Hollande annoncerait sa démission vers le 10 décembre », et il n’a pas été repris ! Il voulait dire "candidature" puisque, a priori, personne sauf Manuel Valls et Jean-Pierre Jouyet n’avait été mis dans la confidence présidentielle.

Pourquoi ces lapsus si significatifs ? Parce que Manuel Valls n’a cessé, ces derniers mois, d’évoquer implicitement sa grande envie d’en découdre pour la présidentielle tout en disant à son (encore) Président de la République que celui-ci n’était plus en mesure de se présenter tant son discrédit est généralisé même parmi les derniers militants socialistes.


Ceux qui ont refusé d’être candidats

Avant François Hollande (le 1er décembre 2016), d’autres avaient déjà fait état de leur refus de se présenter à la primaire PS. La principale est évidemment la velléitaire maire de Lille Martine Aubry qui aurait pu pourtant rassembler un PS complément divisé et qui a renoncé dès le 19 août 2016.

Quant à Ségolène Royal, des rumeurs provenant des "hollandistes" la mettaient en avant pour s’opposer à l’ambition débordante de Manuel Valls, mais elle a dit plusieurs fois qu’elle avait déjà donné ! Le 2 décembre 2016, elle a rejeté une fois encore cette possibilité. On aurait pu imaginer que Ségolène Royal fût nommée à Matignon pour remplacer Manuel Valls parti à la bataille électorale, ce qui lui aurait donné une honorable fin de carrière politique et une reconnaissance historique de son rôle parmi les grands acteurs de la vie politique des vingt dernières années, mais ses déclarations scandaleuses à Cuba le 4 décembre 2016 sur Fidel Castro ont réduit ses chances de fin glorieuse… (Qui voudrait encore être le Premier Ministre de François Hollande ? Même le grand ami Jean-Yves Le Drian semblerait avoir décliné l’offre).


Les candidats ?

Malgré l’incertitude qui règne sur l’organisation d’une véritable primaire ouverte au PS, plusieurs personnalités de gauche ont déjà annoncé leur intention de se présenter. La plupart le font d’ailleurs pour donner un écho médiatique à leur petite inexistence politicienne. Le risque cependant est que se présenter à une telle primaire ne leur ferait pas sortir du leur nihilisme médiatique.

Une première perspective montre que les députés PS dits les "frondeurs" n’ont pas de candidat (Laurent Baumel, Christian Paul, etc.) et soutiennent des candidats différents. Pourtant, leur groupe assez homogène, opposé à la politique de François Hollande dès septembre 2012, prêt à voter la censure du gouvernement issu de leur propre parti, aurait eu une cohérence politique à présenter l’un des leurs, car ne sont pas des leurs ni Arnaud Montebourg ni Benoît Hamon, qui furent tous les deux ministres quand ils ferraillaient contre le gouvernement, donc contre ces ministres-là aussi.


Manuel Valls et Christiane Taubira ?

L’annonce de retrait de François Hollande a laissé un boulevard à l’ambition de Manuel Valls. J’y reviendrai une fois sa probable candidature confirmée.

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Quant à Christiane Taubira, j’aurais tendance à considérer qu’elle n’aurait que des coups à prendre à s’immiscer dans ces débats, et son incapacité à choisir et à conserver des collaborateurs lui donne une bien mauvaise disposition à construire une équipe de campagne efficace et gagnante. Christiane Taubira fut l’une qui a rendu le mieux hommage à François Hollande le 1er décembre 2016, parlant d’un « moment de dignité comme la politique en était devenue avare. L’exigence pour les gauches est colossale. ».


Arnaud Montebourg (54 ans)

Le plus important et le plus redoutable des candidats à cette primaire est Arnaud Montebourg, ancien Ministre de l’Économie du 16 mai 2012 au 25 août 2014. Il a annoncé sa candidature le 21 août 2016 (sans préciser dans quel cadre il serait candidat, primaire ou pas) et l’a confirmée le 2 octobre 2016. Ses disciples parlent de sa cohérence : il aurait cherché à imposer ses vues au gouvernement, "on" n’aurait pas voulu l’écouter, alors il aurait démissionné. La réalité est évidemment bien différente : Arnaud Montebourg avait fait un deal avec Manuel Valls en mars 2014. Il n’était donc pas du tout question de démissionner mais d’avaler son chapeau pour son ambition. Et en août 2014, il a été limogé ! Comme Delphine Batho.

Contrairement à ce que soutiennent ses partisans, il a pris position en faveur de François Hollande à la primaire socialiste du 16 octobre 2011, contre Martine Aubry. Il n’est pas à une contradiction près puisque favorable à l’interdiction de cumuler les mandats, il a néanmoins fait comme les copains, en cumulant son siège de député et la présidence du conseil général de Saône-et-Loire.

L’ambition d’Arnaud Montebourg suinte à tous les étages de la République. Ne connaissant rien à la vie économique, il a été responsable pendant deux ans de l’économie française. Pire : une fois débarqué, il a pris des cours à HEC pour savoir ce qu’était une entreprise. C’est bien, mais c’est tardif. Il y a de quoi être stupéfait qu’un ministre se forme après l’avoir été, pas avant ! C’est une reconnaissance de son incompétence. "Capteur" d’idées, il avait repris à Bercy le thème du "fabriqué français" introduit par François Bayrou pendant la campagne présidentielle de 2012 (il avait aussi "capté" le mot "démondialisation").

Après avoir quitté le gouvernement, il s’est retrouvé le numéro deux du groupe Habitat. Il a le droit mais on peut quand même douter ensuite que ses idées sur certains sujets économiques qui touchent ce groupe privé soient motivées pour des raisons autres que purement intéressées…

Prêt à s’effacer devant l’éventuelle candidature de Christiane Taubira (qui sauverait probablement l’honneur des socialistes), Arnaud Montebourg a ainsi justifié sa candidature le 1er décembre 2016 en n’hésitant pas à partitionner le peuple français avec l’expression "peuple de gauche" : « Le peuple de gauche désespère de ses dirigeants qui multiplient les actes de division. Dans cette multifracturation et la poursuite de l’émiettement, la primaire de la gauche est l’outil du rassemblement. (…) C’est l’air du grand large qui s’engouffre dans les partis, qui les bouscule lorsqu’ils veulent imposer leurs candidatures, leurs projets, leurs éléphants et leurs dinosaures. Libérons-nous des figures et des visages imposés, des stratégies diviseuses des appareils, emparons-nous de la primaire comme on se saisit de sa propre liberté. C’est la raison pour laquelle je suis venu déposer ma candidature aujourd’hui (…). Pour affronter un tel candidat ultra-libéral [François Fillon], il ne faut pas un candidat social-libéral, il faut au contraire un candidat au cœur des gauches, qui rassemble la gauche sociale, la gauche du travail, la gauche des valeurs et la gauche entrepreneuriale. » (il faudra qu’il explique ce qu’est la "gauche entrepreneuriale" et quelle est la différence avec le social-libéralisme qu’il entend affronter).


Benoît Hamon (49 ans)

Benoît Hamon, dauphin idéologique d’Henri Emmanuelli, ancien banquier de chez Rothschild, est, comme Arnaud Montebourg, assez ingrat envers celui qui l’a nommé parmi les premiers ministres du gouvernement (dans l’ordre protocolaire), au prestigieux Ministère de l’Éducation nationale du 2 avril 2014 au 25 août 2014 après avoir été un obscur sous-ministre chargé de la Consommation du 16 mai 2012 au 31 mars 2014.

Prenant de vitesse Arnaud Montebourg, devenu son rival, Benoît Hamon a annoncé sa candidature le 16 août 2016. Lui aussi a accepté le "tournant" de septembre 2012 et a accepté le leadership de Manuel Valls au sein de l’exécutif en avril 2014. Lui aussi fut débarqué par ce dernier en août 2014 pour préserver la solidarité gouvernementale. C’est donc un déchu du vallsisme qui se présente et pas un "frondeur" ni un "dissident".

Le 28 novembre 2016, Benoît Hamon a fait un appel désespéré à ses amis pour faire vivre sa page Facebook : « Je sollicite votre aide pour faire battre le cœur de ma page Facebook. Ma conviction est que la bataille de la mobilisation va également se jouer sur les réseaux sociaux. (…) Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite tout d’abord à aimer ma page, puis à la partager au plus grand nombre. ». C’est de la grande politique ! Cette supplication égocentrée quasi-infantile donne une petite idée de ses priorités nationales et de ses considérations pour l’intérêt général…


Marie-Noëlle Linemann (65 ans)

Une des enfants terribles du PS (adjointe au maire à 25 ans, conseillère générale à 27 ans, parlementaire européenne à 32 ans), Marie-Noëlle Lienemann a fait partie, avec Julien Dray et Jean-Luc Mélenchon, de la "Gauche socialiste", courant créé par eux trois en 1991 à l’aile gauche du PS (même si dans les années 1970, elle était rocardienne et au congrès de Rennes, en 1990, elle était fabiusienne).

Professeur de collège en physique, elle a multiplié de nombreux mandats politiques : députée, députée européenne, maire, conseillère générale, conseillère régionale, membre du Conseil économique, social et environnemental, elle est maintenant sénatrice, et elle fut sous-ministre au Logement du 2 avril 1992 au 29 mars 1993 et du 27 mars 2001 au 6 mai 2002. Après avoir rejoint François Hollande en mai 2003, elle fut élue première adjointe au maire de Hénin-Beaumont en 2008 (ville passée dès le premier tour au FN en mars 2014).

Politicienne multimandats, elle fut élue à la fois de l’Essonne, du Pas-de-Calais et de Paris en fonction des aléas de sa vie électorale et politique (elle a failli se présenter aux municipales à Amiens en 2014 et aussi en Seine-et-Marne). Cependant, malgré cette professionnalisation de la vite politique (comme Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, elle n’a jamais connu que cela à part les premières années de sa vie active), Marie-Noëlle Lienemann est sans doute la candidate la plus authentique politiquement, défendant une ligne à l’aile gauche (comme la plupart de ses rivaux actuels de la primaire PS). Elle a déclaré sa candidature le 24 mars 2016.


François de Rugy (42 ans)

Député écologiste depuis juin 2007, François de Rugy a annoncé sa candidature le 12 juillet 2016. Ayant provoqué la scission de Europe Écologie et faisant partie du courant pro-Hollande, François de Rugy a préféré se présenter à la primaire PS et pas à la primaire EELV afin de rendre pluraliste une primaire à l’origine uniquement socialiste. Président du groupe EELV entre 2012 et 2015, il fut élu le 17 mai 2016 vice-président de l’Assemblée Nationale après la démission de Denis Baupin pour scandale de harcèlement.

Il représente l’aile pragmatique et centriste des écologistes de gouvernement, et également, l’aile opportuniste, mais le seul à ne pas avoir été nommé ministre (de ceux cités plus haut).

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Autres candidats

Comme pour la primaire LR, la primaire PS a attiré de nombreuses autres candidatures pour renforcer une notoriété quasi-inexistante.

Les plus "connus" sont notamment Jean-Luc Bennahmias (61 ans), déclaré le 12 août 2016, ancien député européen, ancien Vert, ancien ModDem, devenu écolo-hollandiste ; Gérard Filoche (70 ans), déclaré le 14 juin 2016, ancien inspecteur du travail, utopiste gauchiste du PS ; Pierre Larrouturou (52 ans), déclaré le 1er décembre 2016, ancien socialiste, ancien centriste, ancien écologiste, ancien "Nouvelle donne" (mouvement qu’il a créé en 2013 et dont il a été exclu en 2016), économiste en mal de publicité qui veut diminuer le temps de travail ; et quelques autres…


La confusion au bord de l’inexistentialisme

Jusqu’au 1er décembre 2016, il y avait deux écoles en débat à propos de cette primaire socialiste.

D’une part, les proches de François Hollande voulaient s’affranchir de ce passage qu’ils considéraient comme inutile et pesant pour un chef de l’État. Pressé par le PS, pressé par Manuel Valls, François Hollande a finalement résolu ce problème en supprimant le problème lui-même : en capitulant avant la bataille !

D’autre part, les proches d’Arnaud Montebourg et les proches de Manuel Valls veulent absolument la tenue de cette primaire. Sans l’objectif de la gagner, la première primaire de 2011 les avait hissés à un niveau politique très élevé. Ils considèrent aujourd’hui que leur "poulain" peut la gagner en 2017 et que s’il ne gagnerait probablement pas l’élection présidentielle, il gagnerait au moins l’appareil du Parti socialiste, ce qui n’est pas historiquement et financièrement négligeable pour la campagne présidentielle de …2022.

Comme on l’avait pressenti dès octobre 2011, le PS va essentiellement se polariser sur le clivage entre Valls et Montebourg. Enfin, si le PS existe toujours après le cataclysme de 2017…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Primaire socialiste de 2017 (début).
Primaire socialiste de 2011.
Primaire EELV de 2016 (fin).
Primaire EELV de 2016 (début).
François Hollande.
Manuel Valls.
Arnaud Montebourg.
Jean-Luc Mélenchon.
Emmanuel Macron.
Christiane Taubira.
Martine Aubry.
Benoît Hamon.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161201-prepresidentielle2017-ae.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/premices-prepresidentielles-2017-5-187242

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/12/05/34650353.html


 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 06:02

« L’enfance, c’est de croire qu’avec un sapin de Noël et trois flocons de neige, toute la Terre est changée. » (André Laurendeau, intellectuel canadien).


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Ce fut la capitulation ! Et un véritable miracle des sondages, impossible à observer depuis quatre ans : 82% des sondés approuveraient une décision du Président de la République François Hollande ! Et probablement que sa cote de popularité va maintenant remonter comme celle de Jacques Chirac après le 11 mars 2007. Jusqu'à maintenant, tout allait mal pour lui. La pétition contre le Hollande bashing avait fait un flop. La liste des parlementaires PS prêts à signer un appel de candidature à François Hollande était ultramaigre. Les intentions de vote étaient nanoscopiques.

Annoncée quelques minutes auparavant, l’allocution télévisée de François Hollande de ce jeudi 1er décembre 2016 à 20 heures a surpris par le ton et par le fond. Après avoir brossé un bilan élogieux de son quinquennat, il a annoncé purement et simplement qu’il renonçait à se présenter  l’élection présidentielle de 2017 : « Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle. ».

Presque la larme à l’œil, François Hollande a déclaré forfait dans une élection qui s’annonçait très mal pour lui puisque les sondages le classaient régulièrement en cinquième position dans les intentions de vote. Elle a néanmoins surpris car souvent, les hommes politiques ont suffisamment de ressources personnelles pour croire en leurs chances et aux miracles, contre vents et marées.

François Hollande avait en effet plusieurs raisons d’être candidat à l’élection présidentielle : son optimisme légendaire (qui aurait parié sur lui en 2010 ?) ; son égocentrisme très sarkozyen qui pensait qu’on lui reconnaîtrait les bienfaits de sa politique et qu’il resterait le meilleur pour concourir ; la baisse du chômage en octobre 2016 (mais forte hausse en septembre 2016) ; la désignation de François Fillon qui permettrait, selon lui, de recliver le débat entre la droite et la gauche (du reste, au détriment du FN). Et la victoire de François Fillon, placé en quatrième position dans les sondages, qui a montré aussi que ce n’était pas parce qu’on était mal placé dans les intentions de vote qu’on ne gagnerait pas le sprint final…

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Mais le principe de réalité l’a emporté à l’Élysée. Cela a tourné à une véritable capitulation. En ce sens, ce renoncement est un événement politique historique : aucun Président de la République de la Ve République n’a renoncé, à la fin de son premier mandat, à se représenter pour un second mandat quand il en avait physiquement la possibilité (c’est-à-dire, à l’exception de Georges Pompidou). Mais ce n’est pas la première allocution présidentielle de retrait, puisque Jacques Chirac, le 11 mars 2007, avait fait une véritable déclaration d’amour aux Français en confirmant, ce qui était une évidence, qu’il ne solliciterait pas de troisième mandat.

Cette décision a été prise sous la pression permanente, depuis plusieurs mois, du Premier Ministre Manuel Valls, et cela s’est accéléré ces derniers jours.


Le couple de l’Exécutif

La bataille a effectivement fait rage entre François Hollande, dont l’intérêt était de taire ses intentions le plus longtemps possible (pour préserver un semblant d’autorité), et Manuel Valls, qui ne voulait pas se retrouver dans la position de Michel Rocard face à François Mitterrand en 1981 ou en 1988, dans un rôle de candidat suppléant.

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Manuel Valls, qui bouillonne d’ambition présidentielle, s’est d’ailleurs dit que la désignation de François Fillon pouvait rebattre les cartes pour 2017 et verrait bien un second tour entre eux deux. Et dans tous les cas, l’objectif de Manuel Valls serait de reprendre le PS après 2017.

Avec la complicité de Claude Bartolone, qui ferait mieux de garder un peu plus de hauteur due à son titre de Président de l’Assemblée Nationale, Manuel Valls a ainsi laissé entendre dans le "Journal du dimanche" du 26 novembre 2016 qu’il pourrait se présenter à la primaire PS, même contre François Hollande. Dès le lendemain, des rumeurs faisaient état de sa démission, et même de la nomination de Bernard Cazeneuve à Matignon.

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C’est vrai que de "hollandistes", il n’en restait plus beaucoup au PS : Stéphane Le Foll, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian, Bernard Cazeneuve, et les autres préféraient ne pas trop se mouiller. Alors que les ambitieux étaient plus du côté de Manuel Valls, considéré comme une valeur d’avenir, voire d’Emmanuel Macron.

Résultat, au sommet de l’État, il y a eu une véritable tragi-comédie de boulevard indigne d’un pays en si grandes difficultés sur le front de l’emploi, de la sécurité, de la géostratégie, etc. Le 28 novembre 2016, Manuel Valls et François Hollande ont finalement déjeuné ensemble à l’Élysée et se sont "réconciliés". Manuel Valls a ensuite foncé vers la Tunisie et a expliqué qu’il n’y aurait pas de crise institutionnelle. Le conseil des ministres du 30 novembre 2016 a clos la crise entre Matignon et l’Élysée.


Manuel Valls

Le Premier Ministre Manuel Valls sera probablement candidat à l’élection présidentielle, et probablement à la primaire socialiste. Il est en déplacement ce vendredi 2 décembre 2016 à Nancy sur un sujet très important, les personnes qui ont un handicap, et le lendemain, au Paris Event Center (La Vilette), il devait prononcer un discours à la convention nationale de la "belle alliance populaire" (voir plus tard) mais il a finalement annulé sa venue.

Le 1er décembre 2016, Manuel Valls s’était contenté de prendre note que la voie était libre : « C’est le choix d’un homme d’État. Je veux dire à François Hollande mon émotion, mon respect, ma fidélité et mon affection. ». Il faut noter que François Hollande, de son côté, n’a pas cité Manuel Valls durant son allocution.

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Les opposants au gouvernement, sur l’aile gauche, en particulier les mélenchonistes et les communistes, ont déjà commencé, dès ce 2 décembre 2016, la riposte face à ce changement profond du contexte préélectoral. Pour eux, pas question d’exonérer le quinquennat de toutes ses erreurs, et surtout, pas question de ne pas reporter sur Manuel Valls toutes les fautes politiques de François Hollande !

Le journaliste Daniel Schneidermann, dans sa chronique du 2 décembre 2016, l’a ainsi donné sa perspective : « Le spectaculaire (et lucide) aveu d’échec de Hollande, qui a affolé hier la meute en renonçant à briguer un second mandat, risque fort d’emporter Valls avec lui. Pour le meilleur ou pour le pire, les temps sont aux tranchants. Les peuples veulent des convictions fortes, et affirmées. ».


La primaire du PS

Le 1er décembre 2016 s’est d’ailleurs ouverte la période de dépôt des candidatures pour la primaire socialiste. En fait, François Hollande n’aurait eu aucune raison de se présenter en passant par cette primaire. Ses sbires, à commencer par Stéphane Le Foll, étaient d’ailleurs très réticents à l’idée de faire deux campagnes si rapprochées. Et surtout, quelle aurait été l’autorité du chef de l’État si le 29 janvier 2017, il avait échoué ? Il aurait eu pourtant encore quatre mois à gouverner.

Surtout que l’idée majeure de la primaire PS est caduque. L’objectif était de désigner un seul candidat de la gauche pour 2017. Mais de nombreuses candidatures se sont déclarées hors du cadre de cette primaire qui la rend complètement inefficace : Bastien Faudot, membre du Mouvement républicain et citoyen créé par Jean-Pierre Chevènement, est candidat de son mouvement depuis le 7 février 2016 ; Sylvia Pinel, radicale de gauche, est candidate à l’élection présidentielle depuis le 26 novembre 2016 ; le candidat écologiste Yannick Jadot a été désigné le 7 novembre 2016 ; Emmanuel Macron s’est déclaré le 16 novembre 2016 ; sans compter l’autoproclamé candidat Jean-Luc Mélenchon, plus ou moins voulu par les communistes (je reparlerai des deux derniers plus tard).

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De plus, les rares proches de François Hollande expliquaient que la tenue d’une primaire, qui étalerait les très profondes divisions au sein du Parti socialiste à moins de trois mois de l’élection présidentielle, créerait un climat de désunion qui serait préjudiciable au PS. Toute la question était donc de savoir comment emballer le renoncement à la primaire pour éviter la débandade de 2017.

Finalement, on a emballé le renoncement de François Hollande lui-même. Après l’éviction de Cécile Duflot, de Nicolas Sarkozy, d’Alain Juppé, l’éviction de François Hollande dans le jeu de 2017 va apporter un changement majeur dans le contexte de la prochaine élection présidentielle avec cette conclusion surprenante mais pourtant réelle : les deux candidats anciens et récurrents qui n’ont pas encore été balayés par le vent du renouveau ne proviennent plus des partis gouvernementaux, mais sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon . À quand leur tour ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Hollande et le fichage systématique des trombines.
(Pas du tout candidat).
(Presque) pas candidat ?
La lepénisation de François Hollande.
Hors-sol.
Sept maux sur ordonnances.
Emmanuel Macron.
Le terrorisme islamiste.
Nuit Debout.
Qui l'eût crue ?
Faut-il haïr le football ?
Présidentielle 2017.
La France archaïque.
L’entre-soi.
Le discours au Théâtre du Rond-Point le 3 mai 2016 (texte intégral).
Grande nation cherche Président de la République.
Manuel Valls.
La méthode de François Hollande, efficace à 0%.
Le livret citoyen.
François Hollande, le grand calculateur.
François Hollande et le manque d’ambition.
François Hollande et Angela Merkel.
La déchéance de la République ?
L’annonce de la déchéance de la nationalité (23 décembre 2015).
La démission de Christiane Taubira (27 janvier 2016).
François Hollande sécuritaire (16 novembre 2015).
Loi n°2015-912 du 24 juillet 2015 relative au renseignement.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161201-hollande.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/francois-hollande-vous-eteindrez-187147

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/12/02/34637112.html
 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 06:29

Petit tour des candidatures à la candidature au premier tour de l’élection présidentielle française du 23 avril 2017. Quatrième partie : les écologistes (suite et fin).


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Les écologistes d’Europe Écologie Les Verts (EELV) ont désigné leur candidat à l’élection présidentielle de 2017 au cours d’une primaire ouverte. Le premier tour avait créé la surprise avec l’élimination, dès le premier tour, de la favorite, Cécile Dulot. Michèle Rivasi avait réussi à la doubler pour se retrouver au second tour face à Yannick Jadot. Cécile Duflot avait refusé de soutenir un candidat au second tour et la quatrième candidate, Karima Delli, avait apporté son soutien à Yannick Jadot.

Les élections sont utiles puisqu’elles aboutissent à des résultats différents des prédictions un peu tyranniques des sondages. Les élections américaines en ont apporté une preuve grandeur nature, ou plutôt, grandeur mondiale. Ici, pas de sondages car l’enjeu était visiblement trop faible et les financements inexistants, mais les supputations journalistiques avaient laissé entendre une victoire facile de Cécile Duflot.

Les écologistes sont en général un peu comme les sénateurs : ils préfèrent choisir celui qui est, parmi eux, le moins médiatique, celui qui fait le moins de vague, celui qui est le moins apte à rassembler les foules. C’est ainsi que Jean-Pierre Raffarin avait échoué pour le plateau au profit de Gérard Larcher, sénateur bonhomme fort sympathique mais qui n’a pas l’aura d’un ancien Premier Ministre. Et c’est ainsi que les écologistes avaient lâché Nicolas Hulot pour l’élection présidentielle de 2012 au profit d’une Eva Joly, candidate particulièrement médiocre. Avec cette loi, on aurait donc pu imaginer que Michèle Rivasi aurait finalement été désignée.

Eh bien, non ! Le second tour s’est achevé le 4 novembre 2016 et en raison du dépouillement (correspondance et Internet), son résultat n’a été annoncé que le 7 novembre 2016 : celui qui était en tête du premier tour a été élu. Yannicke Jadot, député européen, a recueilli 7 430 voix, soit 57,1% des suffrages exprimés sur une participation assez forte de 80,8% (au premier tour, elle n’était que de 73,4%). En d’autres termes, 13 940 personnes ont participé à ce second tour sur les 17 146 inscrits à cette primaire ouverte de EELV. Sur les 66 millions de Français, cette consultation reste donc assez confidentielle. En remportant cette primaire EELV, Yannick Jadot a recueilli nettement moins de voix que le dernier des candidats de la primaire LR le 20 novembre 2016 (à savoir, les 12 750 voix pour Jean-François Copé). Cela recadre sur l'importance de cet événement.

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D’un naturel plutôt sympathique, Yannick Jadot (49 ans), venu à la politique assez tard (seulement en septembre 2008) dans le sillage de Daniel Cohn-Bendit, souffre d’un évident manque de notoriété. Son premier objectif est donc déjà d’exister médiatiquement pour se faire entendre.

Avant la campagne présidentielle proprement dite, deux choses vont occuper son esprit.

D’une part, la capacité à être réellement candidat, c’est-à-dire à recueillir les 500 parrainages des maires sur tout le territoire. L’échec des écologistes aux élections municipales de mars 2014 et leur éloignement du Parti socialiste rendent l’affaire assez délicate, surtout si le PS va recommander aux maires socialistes de ne pas parrainer un candidat autre que celui qui sortira de la primaire du PS en janvier 2017, afin de ne pas disperser les voix et d’éviter un nouveau 21 avril 2002.

D’autre part, le candidat désigné devra adopter une stratégie cohérente dans les relations entre EELV et le PS. En effet, sans PS, les écologistes seront laminés aux élections législatives de juin 2017. Sans doute que les écologistes "gouvernementaux", tels que Barbara Pompili ou François de Rugy, auront l’investiture du PS mais certainement pas Cécile Duflot dans la circonscription de laquelle le PS prépare un candidat PS.

Yannick Jadot était d’ailleurs plutôt favorable à une primaire réunissant toute la gauche, incluant ainsi EELV dans la gauche. Ses premières déclarations de candidat désigné restent néanmoins dans la ligne isolationniste voulue par Cécile Duflot.

Dans son premier discours du 7 novembre 2016, Yannick Jadot a brossé le portrait d’un pays en ruines : « La France est au bord de la rupture. L’accroissement des inégalités, l’explosion des discriminations, l’affaissement de la démocratie, le dérèglement climatique, l’extinction des espèces, l’épuisement des ressources, les maladies liées aux pollutions : tout cela affaiblit notre pays. (…) Faute d’horizon commun, la société explose dans un sauve-qui-peut-généralisé. ».

C’est étrange d’inclure des phénomènes qui sont plus planétaires que nationaux et en termes d’extinction des espèces, j’aurais envie de protéger également l’électeur écologiste de sa disparition totale dans le Titanic socialiste.

Car la cohérence politique n’est pas leur fort, aux écologistes. Ni la stratégie. La bonne stratégie. Ils sont restés deux ans au gouvernement, or, la politique économique de François Hollande ne s’est pas infléchie avec la nomination de Manuel Valls le 31 mars 2014, mais bien avant, dès septembre 2012 quand il a commencé à comprendre qu’on ne pouvait plus raser gratis. Il en est de même de la politique énergétique de la France.

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Yannick Jadot n’a pas eu peur de l’utopie quand il a proclamé : « Osons réclamer le droit au bonheur ! ». Cela après avoir donné sa définition de la "société écologiste" : « L’écologie, c’est une société apaisée, fraternelle, ouverte sur sa diversité et sur le monde. Osons dire que nous voulons une société qui ne soit pas une compétition perpétuelle, pour avoir le droit de vivre dignement et de nous épanouir. » [étrange d’être contre la compétition et parallèlement de désigner le candidat par une primaire ouverte qui est le summum de la compétition].

Et pourtant, Yannick Jadot ne rejette pas la lucidité ni le réalisme quand il reconnaît qu’il ne sera pas élu en 2017 dans tous les cas, que sa candidature reste une candidature de témoignage et peut-être de pression pour celui qui gagnera en 2017.

Il reste relativement raisonnable quand il se fixe cet objectif : « Face aux artisans du renoncement, aux adeptes du "c’était mieux avant" et aux prêcheurs de haine, nous allons semer l’espoir d’une société de confiance. Je suis candidat pour que demain soit mieux qu’aujourd’hui, avec vous, et grâce à vous ! ».

Au moins, sa présence dans la compétition présidentielle de 2017 contribuera au renouvellement de l’offre politique, et cela dans un sens de plus grande authenticité et d’une plus grande fraîcheur, à défaut d’efficacité…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 novembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La primaire EELV de 2016 (second tour).
La primaire EELV de 2016 (premier tour).
La primaire EELV de 2011.
Le retour des écolos au gouvernement.
Les écologistes et le TSCG.
Les écolo-pastèques.
Le cannabis chez les écologistes.
Cécile Duflot.
Jean-Vincent Placé.
Véronique Massonneau.
Nicolas Hulot.
Eva Joly.
Daniel Cohn-Bendit.
Corinne Lepage.
Stéphane Hessel.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161107-prepresidentielle2017-ac.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/premices-prepresidentielles-2017-4-186534

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/11/30/34566540.html
 

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