« Moi et ma moitié devons nous mettre en mode guerrier afin d'affronter cette épreuve un peu particulière. » (Florent Pagny, le 25 janvier 2022 sur Instagram).
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Dans le numéro 1706 de "Gala" sorti ce jeudi 12 février 2026, le chanteur Florent Pagny s'est confié sur sa maladie dans une interview. Son combat dure depuis quatre ans et il le mène ce que je dirais à découvert, c'est-à-dire en expliquant publiquement son état, ses traitements, ceux qui avaient l'air de marcher, ceux qui n'ont pas eu l'air de marcher... au fil de ses apparitions publiques dans l'émission "The Voice" (où il est coach) et de la sortie, récente, le 12 septembre 2025, de son vingt-neuvième et dernier album "Grandeur nature" composé de onze chansons inédites : « L’envie d’aller chercher des nouvelles chansons et de revenir sur scène, elle a mis un peu de temps à revenir. » (autre interview sur RTL en septembre 2025). Dans "Gala", le chanteur s'est livré un peu plus : « Je suis toujours dépendant de cette bêtise-là ! Cette maladie peut réapparaître à tout moment et ce n’est jamais terminé. (…) L’immunothérapie n’a pas marché, mais ça ne me fait pas plus peur que ça ! » (12 février 2026).
Mon but ici n'est bien sûr pas de faire la publicité d'un magazine people, ni de faire une analyse approfondie de l'œuvre et du destin de Florent Pagny, mais de profiter de ce qu'il a osé mettre sur la place publique un sujet à la fois grave, essentiel dans sa vie, particulièrement intime même, et pourtant tellement récurrent, fréquent, chez (hélas) de nombreuses personnes, son cancer, en l'occurrence pour lui du poumon, pour évoquer cette maladie. Une saleté de maladie, avec des traitements, sans doute pas le pire des cancers, mais pas non plus le plus doux. Bref, c'est de maladie plus que de show business que je souhaite consacrer cet article.
J'ai été particulièrement sensible à sa trajectoire... de personnalité publique parlant publiquement de sa maladie. Ce n'est jamais facile, c'est une transparence qui peut donner le vertige, comment entrevoir l'horizon du futur si tous ceux qui vous entourent le croient bouché, inexistant. Bien sûr, il y a aussi le rapport à l'autre, aux autres, ne pas être considéré pour sa maladie mais pour soi-même, ne pas être un patient, un malade, un infirme, mais une personne à part entière, avec ses humeurs, avec ses peurs, avec ses joies, et peut-être aussi avec ses excès qu'il faut que l'entourage sache réprimer. Rien de pire que de voir vos proches se censurer, ne plus vous engueuler parce que vous l'auriez mérité, pire, les voir vous ménager parce que, avec la maladie, il faut le ménager, le pauvre vieux. C'est le début de la fin, de la mort. Car évidemment, parler de sa maladie quand c'est une maladie comme le cancer, c'est parler de sa mort, y penser, la projeter, certains voudraient même l'anticiper.
Plus on réussira à avoir un regard qui ne soit pas pollué par la maladie (ou, dans d'autres cas, par une situation de handicap), à rester dans le respect de la personne, à voir l'autre comme une autre personne (car n'oublions pas que tout le monde va mourir, même les bien portants), plus la transparence, l'expression sans tabou de sa maladie se fera naturellement. La dignité de la personne malade ne dépend pas de lui ni de sa maladie (ou son handicap), mais avant tout du regard que les autres portent sur elle. Le maître mot, dans cette affaire, c'est la confiance. Confiance envers le corps médical dans son ensemble bien sûr (et pas seulement les médecins, tous ceux qui concourent à vous soigner), mais aussi la confiance des proches, l'assurance que vos proches ne changeront pas le regard sur vous (ce n'est pas évident et certains ont même une double peine avec une séparation à la clef car tous les proches ne peuvent pas, psychologiquement ou matériellement, accompagner un grand malade ; du reste, la moitié des proches aidants meurent avant la personne qu'ils ont accompagnée).
Entre le moment où Florent Pagny a divulgué son cancer et aussi l'évolution de celui-ci, en 2022-2023, et maintenant, en 2026, j'ai connu une personne qui, à l'époque, était particulièrement en bonne santé, très dynamique, et qui a connu ce destin malheureux du sort, en été 2023, cette nouvelle donnée comme un couperet. Il était en situation de grande responsabilité dans une "aventure" collective, je reste vague pour laisser cette part de confidentialité, mais son action, ses décisions, étaient importantes pour de nombreuses personnes. Un cancer du pancréas, le pire apparemment. Il avait les meilleurs médecins, les meilleurs traitements. Il savait parfois expliquer à ses proches, à des moins proches ce qu'il ressentait, les heures qu'ils passaient le matin à se lever parce qu'il n'avait plus aucune force, lui, le dynamique, le volontaire, l'entrepreneur, l'initiateur. Mais il continuait à exercer ses responsabilités, il était présent partout où il le fallait même s'il avait réduit son rythme, les effets secondaires étaient un calvaire, il réussissait quand même à tromper son monde, à faire bonne figure quand il était présent, on aurait même pu douter de sa maladie s'il n'en avait pas parlé de lui-même, et si on n'avait pas remarqué parfois son petit dispositif de perfusion sous la veste ou ses accès à la fatigue lorsqu'il était trop longtemps debout.
Ce qui m'avait étonné, impressionné, fasciné, c'était cette course quasi-insensée vers la vie. Pas question d'abdiquer devant la maladie. Pas de changement. Je continue, disait-il ! Parfois, on pouvait même penser aux dépens de ses plus proches, de sa famille, qui auraient peut-être préféré l'avoir pour eux tout seuls. Cette détermination pouvait d'ailleurs ne pas le rendre agréable. J'avais été frappé par les dernières semaines du professeur Axel Kahn qui avait décidé que rédiger dans son blog son journal intime dans sa lente descente vers la mort, après le retour de son cancer. Il avait un jour fait remarquer : je suis en train de lire (je ne sais plus quel livre), mais je sais que je ne le finirai pas ; il est trop gros, la lecture me fatigue trop, je ne lis que quelques pages par jour et je sais bien que je n'aurai pas le temps de le terminer avec ce qu'il me reste à vivre. Cet ami, c'était un peu la même chose : il pressait tous ceux avec qui il était en relation pour pouvoir voir ses projets prendre forme, et c'était pressé.
Il a lâché seulement les trois dernière semaines, au printemps 2025, on aurait dit beaucoup trop vite, on aurait dit avec surprise, comme si on n'était pas préparé, comme si on n'était pas prévenu. Et pourtant, je suis assez convaincu qu'il a peut-être gagné six à douze mois de vie avec sa détermination à ignorer la maladie tout en étant lucide, pas de déni, mais de la volonté de ne pas être un malade et de rester d'abord un vivant, de ne pas être contrôlé par la maladie. Comme c'était quelqu'un qui n'avait jamais rien laissé au hasard, il s'était mis en ordre dans tous ses papiers, toute sa succession, avait eu de multiples rendez-vous avec la notaire, et avait même choisi le traiteur pour son enterrement. Ce qui est brutal, c'est de se dire que malgré cette volonté de vivre, cela n'a pas suffi. En revanche, il serait certainement descendu plus vite dans son enfer personnel sans cette volonté.
C'est cette détermination que je ressens aujourd'hui chez Florent Pagny et c'est pour cela que je lui tire mon chapeau. Il va avoir 65 ans le 6 novembre 2026. Il a décidé de faire une tournée pour ses 65 ans. Il avait dû arrêter sa tournée des 60 ans il y a quatre ans à cause de la maladie. Il voudrait en gros réparer cela. Soixante-huit concerts sont prévus en France, en Belgique, en Suisse. Je le rappelle, le chanteur a un cancer du poumon. Pour chanter, il faut du souffle. Les poumons sont en quelque sorte les premiers outils du chanteur (pas les seuls).
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Il n'a pas évacué sa maladie mais il dit qu'il n'a plus de traitement actuellement. Son traitement à base d'immunothérapie n'aurait pas fait d'effet. Ce sont des traitements qui promettent de l'efficacité mais sans doute pas encore bien au point. De ce qu'on peut lire, je ne sais pas vraiment s'il faut s'inquiéter ou pas, si son cancer couvre encore ou s'il est en retrait. Toujours est-il qu'il a choisi de faire, ses prochains mois, une tournée, c'est-à-dire une sorte de marathon très épuisant pour le corps lorsque celui-ci est malade. C'est le courage que je salue dans cet homme-là.
Il va faire sa tournée avec les conseils des médecins, c'est-à-dire : rester plusieurs jours dans la même ville pour pouvoir se reposer entre chaque lieu, et renoncer à la séance d'après-concert, cette rencontre avec les spectateurs, les fans, qui permettent de faire sentir à l'artiste ce qu'il ont provoqué comme émotion dans son public. Pourquoi ? Simplement pour éviter toute maladie infectieuse supplémentaire, étant donné qu'il a de faibles défenses immunitaires. Virus et bactéries sont interdites. On connaît la musique depuis le covid.
Bon courage pour la suite !
1. "T'aimer encore" (2 mai 2025)
« Je veux t'aimer encore
Qu’elle attende la mort
Je veux t’aimer encore
Je veux donner bien plus
Que ce que j’ai reçu
Que le diable m’ignore »
2. "Grandeur nature" (17 juillet 2025)
« Et puisque tout doit disparaître
Un jour dans la vitrine du temps
Je n'ai jamais cessé de naître
D'aimer la vie en grand »
Le prochain concert de Florent Pagny aura lieu dès ce lundi 16 février 2026 au Zénith de Rouen, et sa marathon ira jusqu'au dimanche 19 juillet 2026 à l'Olympia à Paris (où il se produira dans vingt concerts à partir du 16 juin 2026), en passant par Genève, Bordeaux, Lyon, Dijon, Toulouse, Nantes, Lille et Bruxelles.
Aussi sur le blog.
Sylvain Rakotoarison (14 février 2026)
http://www.rakotoarison.eu
Pour aller plus loin :
Florent Pagny.
Sans tabou.
Daniel Balavoine.
Le rocker.
Le révolté.
Les Restos du Cœur.
Joan Baez.
Brigitte Bardot.
Marion Cotillard.
Claudia Cardinale.
Hugues Aufray.
Sheila.
Nicole Croisille.
Mike Brant.
Olena Kohut.
Joséphine Baker.
Gérard Depardieu.
Florence Arthaud.
Herbert Léonard.
Jeanne Calment.
Pierre Bachelet.
Gérard Lenorman.
Pierre Dac.
Marianne Faithfull.
Marcel Zanini.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260212-florent-pagny.html
https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/florent-pagny-et-sa-salete-de-266738
http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/02/14/article-sr-20260212-florent-pagny.html
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