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30 juillet 2026 4 30 /07 /juillet /2026 04:51

« Les efforts engagés ces dernières années pour nous adapter aux chaleurs extrêmes n’ont pas été vains. La France est mieux préparée aux fortes chaleurs qu'elle ne l'était en 2003. Mais elle ne l'est pas encore suffisamment pour affronter le climat des prochaines décennies. » (Sébastien Lecornu, le 6 juillet 2026 dans "Le Figaro").



 


Une quatrième canicule pour cet été a commencé à sévir ce mardi 28 juillet 2026 en France, avec un pic le 29 juillet 2026. La plus intense fut la deuxième canicule, avec son cortège de victimes. La canicule était un sujet de politique politicienne.

Quelques heures avant l'examen de la motion de censure déposée le 2 juillet 2026 par les écologistes et les insoumis pour protester contre cette canicule (!), j'exagère, pour contester la réaction du gouvernement sur l'épisode caniculaire (motion de censure très largement rejetée le 6 juillet 2026 par l'Assemblée), le Premier Ministre Sébastien Lecornu a publié une tribune dans "Le Figaro" qui commençait ainsi : « La France sous 40 degrés : beaucoup l’avaient prédit, tous n’y ont pas cru, mais nous y sommes. La canicule que notre pays vient de traverser a révélé nos forces comme nos failles face à un été plus chaud qu’aucun autre. Elle a provoqué des drames humains, en particulier pour nos aînés, qui ont souffert seuls dans leur appartement, parfois jusqu’à trouver la mort. Le bilan humain définitif sera bientôt établi. Il sera rendu public. En transparence. Démocratiquement. ».

Eh bien, nous y voici. Le bilan est désormais officiel, même s'il reste partiel. Mais avant de l'évoquer, revenons à la séance des questions au gouvernement du mardi 30 juin 2026 à l'Assemblée Nationale où les esprits chauffés à blancs par le soleil se sont agités. La récupération politicienne de crises exceptionnelles comme l'a été cette deuxième canicule et aussi les énormes feux de forêt un peu plus tard, contre le gouvernement paraît dérisoire quand il faut au contraire s'unir pour trouver des solutions à court terme (sauver les vies et si possible les habitations) et à long terme (que doit-on faire ensemble pour se mettre à niveau des enjeux climatiques ?).

La présidente du groupe écologiste à l'Assemblée, Cyrielle Chatelain, avait réussi alors un exploit : mettre en colère le Premier Ministre Sébastien Lecornu qui, d'habitude, par une résilience intérieure exceptionnelle, a toujours gardé la tête froide face à toutes les bêtises et désinformations qu'il a pu entendre à l'extrême droite ou à l'extrême gauche dans l'hémicycle depuis qu'il est à Matignon. C'est sans doute la principale qualité d'une personnalité au pouvoir, avoir le cuir épais, être dure à cuire !

 


À la séance des questions au gouvernement du 30 juin 2026, cette dame a voulu mettre en difficulté le gouvernement en laissant croire (campagne présidentielle oblige) que seuls les écologistes (qui ont déjà été au pouvoir, rappelons-le), seraient capables d'arrêter la canicule. Et elle a commencé avec ses gros sabots : « La canicule de 2026 est la plus intense et la plus précoce jamais mesurée. Elle est le fruit de votre politique (…). Pourquoi cette obstination à tous nous emmener dans le mur ? Parce que certains pensent que l’argent les protège, qu’ils peuvent se créer une bulle de confort ? Depuis dix jours, cette bulle éclate. Nous subissons tous la chaleur, mais il y a ceux qui en souffrent et ceux qui en meurent ! Cela, c’est encore votre responsabilité (…). Sous votre gouvernement, la canicule s’est transformée en violence politique. Quand cesserez-vous de nier votre responsabilité dans ces événements ? ». Plus c'est gros, plus ça passe ? Pas sûr, pour ce genre de chose. Au contraire, ce type de déclaration tend à renforcer le climato-scepticisme involontairement. L'excessif est insignifiant.

Dans sa réponse (qui n'est pas limitée par le temps, les deux minutes habituelles, car un Premier Ministre a le privilège de pouvoir s'exprimer au Parlement quand il le veut et pendant autant de temps qu'il le veut), Sébastien Lecornu a commencé par une pensée aux victimes mais aussi aux combattants de la canicule : « Avant de vous répondre, au nom du gouvernement, je veux dire à nouveau notre émotion à l’égard de l’ensemble des victimes, de leurs familles et de leurs proches et, puisque vous ne l’avez pas fait, saluer l’engagement remarquable des services de l’État, celui des soignants qui font tenir l’hôpital, des pompiers, du corps préfectoral, des policiers, des gendarmes. On peut critiquer le gouvernement, mais pas semer le doute sur l’action de l’État, comme je vous entends le faire dans les médias depuis plusieurs jours, alors que l’État tient face à chaque crise ! ».


Le chef du gouvernement lui a renvoyé la balle en rappelant que les écologistes ont, eux aussi, étaient au pouvoir : « En bon républicain, j’ai la faiblesse et l’humilité, une qualité que votre propos ne transpirait guère !, de considérer que tous les gouvernements, singulièrement depuis l’élection de Jacques Chirac à la Présidence de la République, ont, chacun à sa mesure, agi contre le réchauffement climatique. Le nier, c’est abîmer le consensus républicain ! Pendant le quinquennat du Président de la République François Hollande, plusieurs ministres issus de votre famille politique ont d’ailleurs été aux responsabilités : vous ne pouvez pas dire de vous-mêmes que vous avez été inactifs ces dernières années ! Là encore, ce qui se joue derrière tout cela, notamment entre les républicains, c’est le consensus au sujet de l’avenir en matière de climat. Avançons. ».
 


Et de brosser les actions du gouvernement : « Vous ne pouvez pas dire qu’aucune mesure n’a été prise. Le Plan national d’adaptation au changement climatique a ainsi été élaboré en 2011 puis actualisé en 2018 et en 2025. (…) 4,5 milliards d’euros, 25 000 projets, tout ça, c’est concret. Quelque 18 milliards étaient consacrés à l’adaptation au changement climatique en 2021 contre 28 milliards en 2025. On peut toujours considérer que ce n’est pas suffisant, mais il faut bien expliquer aux Françaises et aux Français que le déficit public est dû précisément au choix politique que nous avons fait de consacrer davantage d’argent à de telles mesures. Alors pourquoi caricaturer, pourquoi travestir la réalité et la vérité ? (…) Si nous avons évidemment besoin d’accélérer, les gouvernements successifs n’ont pas été inactifs. (…) À chaque fois qu’il faut agir, vous nous faites défaut ! Je pense à la programmation pluriannuelle de l’énergie, dont l’étude a été l’occasion pour votre groupe de déposer une motion de censure alors que l’extrême droite attaquait le gouvernement au sujet de la décarbonation, ou au plan d’électrification des usages, duquel votre groupe n’a pas dit un mot. C’est tout le problème de l’écart entre écologie politique et instrumentalisation de l’écologie à des fins politiques ! ».

Il en est venu à une certaine colère : « C’est la première fois que je sors de mes gonds lors d’une séance de questions au gouvernement : d’où sortez-vous ce bilan humain fallacieux de 10 000 morts, dont vous-même et les vôtres, du président Gontard, votre collègue sénateur, à madame la députée Rousseau, faites état sur les plateaux de télévision depuis plus de trois jours ? C’est scandaleux, c’est indigne ! Chaque mort est un mort de trop, mais si votre formation politique, qui est un parti de gouvernement, ne fait pas confiance à Santé publique France, à l’administration sanitaire du pays, comment nous en sortirons-nous ? De grâce, madame la présidente, faites preuve d’un peu de dignité et de responsabilité ! ».

Sébastien Lecornu a cité Santé publique France ce 30 juin 2026 comme juge de paix pour les statistiques. Le bulletin de cette institution est sorti justement le 22 juillet 2026 (on peut le lire en le téléchargeant) et il fait état de, exactement, 5 764 décès en excès pour la période du 17 juin au 2 juillet 2026 pour l'ensemble des 92 départements qui ont été concernés par cette canicule (98,5% de la population hexagonale), sur la base de 21 674 décès observés et de 15 910 décès attendus. Cela reste évidemment énorme, mais cela n'a rien à voir avec les chiffres donnés gratuitement, sans aucune base sérieuse, par les écologistes. Santé publique France a constaté ainsi : « Cet excès de mortalité toutes causes pendant un épisode de canicule est le plus élevé observé depuis 2003, sans toutefois en atteindre les niveaux. Plus de la moitié (56%) des excès de décès sont concentrés sur les journées du 25 au 27 juin. ». Soit 36% en excès. Rappelons qu'en 2003, 15 000 à 20 000 décès en excès avaient été à déplorer pendant le mois d'août caniculaire.

 


La particularité de cette deuxième canicule de 2026, au-delà de son intensité (et ses records de température : 42,5°C à Bordeaux, 40,1°C à Paris, 42,7°C à Niort, 43°C à Brive, 43,8°C à Saintes…), c'est qu'elle s'est déroulée assez tôt en saison, si bien qu'il y avait encore beaucoup d'activités scolaires et professionnelles, au contraire du mois d'août, ce qui a exposé beaucoup plus de population.

Santé publique France a insisté sur le fait que la canicule a touché toutes les classes d'âge de la population adulte, y compris les moins âgés : « Un excès de mortalité toutes causes a été observé de manière inédite pour toutes les classes d’âge à partir de 15 ans, avec une augmentation marquée des décès dès 45 ans, soulignant l’impact sanitaire lié à l’intensité remarquable et la durée de l’exposition à la chaleur de la population. Les personnes âgées de 75 ans et plus constituent les deux tiers de ce bilan provisoire avec au moins 3 719 décès en excès (+33,3%). Les décès toutes causes, observés durant cet épisode de canicule, ont augmenté pour tous les types de lieux de décès : établissement hospitaliers, domicile et EHPAD/Maison de retraite. ».
 


Sur le plan géographique, la population de la région parisienne a été très touchée puisqu'il y a eu 81,2% de décès en excès, soit 1 999 décès supplémentaires. Les autres régions très touchées sont Centre-Val-de-Loire (+62,6%), Pays de la Loire (+55,2%) et Grand-Est (+38,9%). On peut remarquer que ces quatre régions n'avaient pas forcément l'habitude de températures élevées.
 


Tous les lieux de décès sont impactés : « Les décès toutes causes, observés durant cet épisode de canicule, ont augmenté pour tous les types de lieux : établissement hospitalier, domicile et EHPAD/Maison de retraite. ».
 


Ces données de mortalité sont des estimations arrêtées au 20 juillet 2026 provenant d'un échantillon d'environ 5 000 communes couvrant 84% de la mortalité nationale. Le communiqué de Santé publique France précise par ailleurs : « Un délai existe entre la survenue d’un décès et sa transmission à Santé publique France : en moyenne et sur l’année, 50% des informations sont disponibles à J+3, et près de 95% à J+10. Ce délai peut s’allonger lors de périodes spécifiques (vacances scolaires, jours fériés, week-ends prolongés, ou pics épidémiques). Les informations collectées incluent l’âge et le type de lieu de décès (domicile, EHPAD/maison de retraite, établissement hospitalier, etc.). Cette information est collectée par l’officier d’état-civil au moment de la déclaration du décès à la mairie et doit être considérée avec prudence car il peut subsister une confusion entre le domicile et l’EHPAD/Maison de retraite. ».

Et l'organisme a donné rendez-vous à la fin de l'été pour une consolidation des statistiques : « L’estimation finale de l’excès de mortalité consolidée sur l’ensemble de l’été et détaillée par vague de chaleur sera présentée dans le bilan estival produit après la période de surveillance, rallongée de la période de consolidation des données de mortalité. ».

C'est clair que cette deuxième canicule de 2026 a été inédite à plus d'un titre, en intensité, en durée, en répétition. L'année 2026 a été une année record, mais ce record sera sans doute battu dans les années à venir. Bienvenue dans le nouveau monde du bouleversement climatique !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 juillet 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Mortelle canicule.
Bulletin Canicule et Santé de Santé publique France, le 22 juillet 2026 (à télécharger). Séance des questions au gouvernement le 30 juin 2026 à l'Assemblée Nationale (texte intégral).
Cyrielle Chatelain.
La maison brûle !
Cap Ferret : la France continue à s'embraser.
Forêt de Fontainebleau : les larmes de feu.
Canicule : de l'urgence à l'anticipation.
Dimanche 26 octobre 2025 : toujours l'heure d'hiver !
Résumé du Rapport "Scientific Assessment of Ozone Depletion : 2022" (à télécharger).
Planète : bonne nouvelle sur le front de l'ozone.
Vœux présidentiels : un éditorialiste gagne 1 point Godwin sur le climat !
Sobriété énergétique : froid et fatigue chez les députés !
Après la COP27, la coupe au Qatar : le double scandale...
8 milliards de Terriens, et moi, et moi, et moi...
Emmanuel Macron : climat, industrie et souveraineté ...et colère contre le cynisme de l'ultragauche.
Emmanuel Macron s'exprime sur l'Ukraine et sur la pénurie d'essence : nous devons nous serrer les coudes !
Le point chaud de la rentrée d’Emmanuel Macron : l’énergie.
28 juillet 2022 : jour du dépassement de la Terre.
Climatisation : faut-il sanctionner les portes ouvertes ?
Essence : le chèque de 100 euros.
La relance du programme nucléaire.
Heure d’hiver : le dernier changement ?
La preuve par la canicule ?
La COP26.
Inondations à Paris.
Épisode de neige.
Circulation alternée.
L’écotaxe en question.
La COP21.
Rapport du GIEC sur le changement climatique publié le 8 octobre 2018 (à télécharger).
Rapport de l’IPBES sur la biodiversité publié le 6 mai 2019 (à télécharger).
L’industrie de l’énergie en France.
Le scandale de Volkswagen.




 






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260728-canicule.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/mortelle-canicule-270707

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/07/29/article-sr-20260728-canicule.html


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22 juillet 2026 3 22 /07 /juillet /2026 18:59

La deuxième canicule qui a sévi en France pour l'année 2026, du 17 juin au 2 juillet 2026, a provoqué un excès de mortalité. Santé publique France a publié le 22 juillet 2026 un triste bilan humain de cet épisode météorologique, qu'on peut télécharger sur Internet.
 

Canicule et santé. Synthèse nationale relative à l’excès de mortalité toutes causes observé durant l’épisode de canicule du 17 juin au 2 juillet 2026. Édition hexagonale. Bulletin. Saint-Maurice : Santé publique France, 7 p., 22 juillet 2026.


Cliquer sur le lien pour télécharger le bulletin Canicule et Santé (fichier .pdf) :
https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/2026-07/bullnat_canicule_mortalite_20260722_1.pdf


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260728-canicule.html


SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20260722-bulletin-canicule-sante.html

 

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20 juin 2026 6 20 /06 /juin /2026 04:41

« Pendant la canicule, nombre de personnes s'écrient : "C'est effrayant, il y a 35° à l'ombre". Mais qui les oblige à rester à l'ombre ? » (Pierre Dac, dans "L'Os à moelle").




 


Week-end de l'été en alerte rouge cette année : plusieurs fêtes de la musique ont été annulées en raison de la canicule. Ce samedi 20 juin 2026 à 11 heures, le Premier Ministre Sébastien Lecornu réunit une cellule de crise interministérielle spécialement consacrée à la canicule. On ne s'étonnera pas qu'il fasse chaud l'été, mais ceux qui n'étaient pas convaincus des évolutions pourraient se laisser convaincre : nous ne sommes plus dans le même climat qui évolue assez rapidement.

On pourra toujours retrouver dans l'historique météorologique des données semblables à ces jours-ci, mais il devient patent que nous sommes en présence d'un changement durable du temps qu'il fait. En effet, avant même l'arrivée de l'été (le 21 juin 2026), nous connaissons déjà deux épisodes de canicule, du 23 au 28 mai 2026 et depuis le 15 juin 2026 (et elle devrait aller au moins jusqu'au 26 juin 2026, avec un pic vers le 23 juin 2026).

Ces deux épisodes en période scolaire (c'est important de le préciser) ne sont pas une première puisqu'en 2025 déjà, il y a déjà eu ce doublon, en fin mai puis la seconde quinzaine de juin 2025, ce qui, à l'époque, était exceptionnel. Plus généralement, il n'y a plus un été qui passe sans épisode de canicule, je repense notamment à août 2023 notamment, et aussi à la canicule de juin 2019.

En fait, depuis août 2003, on prend en compte l'importance sanitaire de la canicule, puisque cet été-là, on aurait recensé entre 15 000 et 20 000 décès supplémentaires parmi les personnes à risque, c'est-à-dire des personnes âgées, ou malades, ou en situation de handicap, ou des nourrissons, etc. On évalue à environ 5 000 décès chaque été pour des raisons de trop forte chaleur. Parmi les mesures prises après 2003, un fichier des personnes fragiles entretenu par les communes (et leur CCAS) pour porter attention à cette catégorie de la population qui ont besoin de solidarité, et cette mesure a été profitable lors du premier confinement de la crise du covid-19.

La canicule se caractérise par trois éléments : d'une part, une température maximale la journée très élevée (désormais qui peut monter au-delà de 40°C voire de 45°C selon la région), d'autre part, une température minimale la nuit qui ne descend pas assez, restant au-dessus de 20°C et ne permettant plus un refroidissement des lieux, enfin, d'une longue durée, plusieurs jours, si bien que le corps fatigue à lutter aussi longtemps.

 


Je ne reviens pas sur tous les conseils (de bon sens !) en cas de canicule : boire sans arrêt, ne pas prendre d'alcool, ne pas faire de sport ni d'activité physique, ne pas s'exposer au soleil, se tenir dans les endroits les plus frais et dormir dans les pièces les plus fraîches, éviter de dormir sous les toits, etc.

On peut encore s'étonner que le gouvernement se prenne si tardivement pour réagir face à une canicule annoncée depuis plusieurs jours, d'une part, et qu'on sait depuis plusieurs années qu'elle viendrait désormais régulièrement, d'autre part.

Il a le mérite de prendre le problème immédiatement, car il y a des décisions qui imposent de l'urgence. S'il fait chaud, il va faire encore plus chaud les jours prochains et les corps seront dans un état moins favorable pour lutter. Donc, il y a plusieurs mesures d'urgence à prendre pour les écoles, les hôpitaux, les EHPAD, et tous les lieux où des personnes fragiles pourraient être impactées par la canicule.
 


C'est inutile de râler en disant que le gouvernement aurait dû anticiper : le gouvernement actuel n'existe que depuis octobre 2025 et il n'a fait que répondre à des urgences (dont la principale était de faire voter le budget et cette urgence se renouvellera cette année). Ce n'est pas nouveau que les gouvernements n'anticipent pas, cela dure depuis plus de quarante-cinq ans, où les décisions sont prises à l'horizon des prochaines élections au plus loin. Alors, se préparer pour les générations à venir, on le voit ce qu'il en est pour la dette publique...

Plus clairement, on s'agite pendant la canicule elle-même, et quand elle est passée, on l'oublie et surtout, on considère qu'il y a des choses plus urgentes à faire. La seconde années consécutive à deux périodes caniculaires avant fin juin devrait donc faire réfléchir et rappeler que la canicule devient un réel sujet, aussi important que le froid en hiver, c'est-à-dire qu'il s'agit de trouver des réponses pérennes au chaud comme on s'est occupé de chauffer les habitations, les chauffer et les isoler, pour l'hiver.
 


Attention, il y a deux considérations, qui peuvent parfois s'opposer : la considération sanitaire et la considération écologique.

Aujourd'hui, il devient indispensable dans les nouvelles constructions qu'elles soient isolées non seulement contre le froid mais aussi contre le chaud, et notez bien que cela ne correspond pas forcément aux mêmes matériaux. Mais l'isolation est une mesure largement insuffisante. D'une part, parce qu'au-delà de 30°C à l'extérieur, il n'y a pas de matériau susceptible d'isoler thermiquement pendant plusieurs jours (on ne peut plus construire des murs d'un mètre d'épaisseur). D'autre part, parce que d'autres mesures sont nécessaires pour renforcer la fraîcheur, ou les sources de fraîcheurs.

Typiquement, dans les écoles, les cours de récréation ne doivent plus être bitumées mais végétalisées. Il faut aussi y planter des arbres pour augmenter la surface d'ombre. Plusieurs degrés peuvent être gagnés comme cela. Mais là encore, ce n'est pas suffisant.
 


La question qui se pose est : faut-il climatiser tous les lieux publics, du moins tous les lieux stratégiques comme les hôpitaux (heureusement, c'est déjà souvent le cas), les EHPAD (une salle est obligatoirement climatisée mais aussi climatiser les chambres), les écoles, etc. ?

Cette question appelle plusieurs réponse. Une réponse de gestionnaire des deniers publics : jusqu'à il y a peu de temps, il était plus pertinent de fermer les écoles les rares jours de canicule (quitte à prévoir des solutions de garderie pour les parents qui ne pourraient pas prendre en charge leurs enfants), que de se doter d'équipements coûteux dont l'utilisation n'était nécessaire que très peu de temps dans l'année, un peu comme pour les jours de neige. Mais s'il s'agit maintenant d'une dizaine de jours dans l'année, cela devient beaucoup et un investissement pour des équipements peut se justifier.

Il y a aussi une réponse idéologique qui est que la climatisation n'est pas bonne pour l'environnement. C'est vrai, mais lorsque la température extérieure est supérieure à 30°C, il n'y a de toute façon pas d'autre solution pour permettre de vivre, de réduire la température par climatisation. C'est un peu comme si on s'interdisait de chauffer l'hiver parce que ce n'est pas bon pour l'environnement. La réalité, c'est qu'aucune utilisation d'énergie n'est bonne pour l'environnement, mais aucune vie humaine moderne n'est possible sans utiliser d'énergie : pour se déplacer, pour produire, pour consommer.


Les oiseaux de mauvais augure de l'écologisme politique prônent, en le disant ou sans le dire, la décroissance. La décroissance, il faut l'assumer, cela veut dire que demain, on vivra dans des conditions moins confortables qu'aujourd'hui, que nos enfants seront moins heureux que nos parents, etc. Et ils jouent sur un sophisme qui a toujours été démenti par l'histoire du monde, les progrès scientifiques : nous sommes dans une monde fini, on ne peut pas croître sans arrêt, selon eux.

Ce sophisme appelle en fait à une véritable incompréhension de l'économie en général et de la science en particulier. La création de valeur est une croissance ex nihilo. Cela explique pourquoi des entreprises technologiques sont autant valorisées actuellement. Une part de leur valeur est psychologique : la confiance qu'elles inspirent, pas seulement par leur marque mais pour leurs produits, leurs services, leurs perspectives d'avenir. Du reste, il peut y avoir le contraire, une entreprise très "matérielle" (producteur automobile par exemple), qui voit sa valeur s'effondrer en bourse en raison d'une erreur de communication ou d'un scandale annexe, entraînant la défiance des actionnaires.

Ce sophisme est plus grave encore sur le progrès scientifique. Certains disent ainsi : il y a des réserves finies de pétrole, donc, à un moment donné, il n'y aura plus de pétrole. C'est vrai factuellement. Quand on s'est dit cela au début des années 1970, on n'imaginait pas qu'il y aurait encore du pétrole aujourd'hui, et encore moins du gaz de schiste aux États-Unis (qui ne date que du début des années 2000 voire 2010). Et c'est aussi oublier que la recherche étudie et trouve d'autres moyens d'énergie. L'énergie nucléaire, par exemple, est illimitée dans le sens où il suffit de très peu d'uranium pour en retirer une énergie énorme. Et la fission est considérée comme une énergie de transition avant la fusion nucléaire qui donnerait une énergie encore plus illimitée (on utiliserait alors de l'hydrogène, élément très courant sur Terre). Je reviendrai peut-être sur ce concept de décroissance qui va à l'encontre de l'idée du génie humain en général.

Je reviens à la canicule après cet aparté. Dès lors qu'il y a maintenant une forte probabilité pour vivre plus d'une dizaine de journées d'intenses chaleurs dans une année scolaire, c'est logique d'envisager d'équiper les salles de classe et d'autres lieux de vie de climatiseurs. Il faut être pragmatique et les pays chauds ont déjà fait ce raisonnement. Il n'y a pas à avoir plus mauvaise conscience de vouloir climatiser une salle de classe l'été qu'à vouloir la chauffer l'hiver.


Si vous regardez les parkings de grands centres commerciaux, ils sont pleins en ce moment : les gens viennent chercher du frais... dans les galeries marchandes qui, elles, sont climatisées. C'est étrange d'imaginer que les lieux les plus protégés sont les temples de la consommation.

Un plan d'envergure devrait donc être proposé par l'État, en concertation avec les collectivités territoriales, plus près du terrain, afin d'investir pour pouvoir vivre pendant les canicules. Ce n'est pas pour du confort, mais pour la santé et sauver des vies fragiles qui pourraient périr dans les prochaines périodes caniculaires.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 juin 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Canicule : de l'urgence à l'anticipation.
Dimanche 26 octobre 2025 : toujours l'heure d'hiver !
Résumé du Rapport "Scientific Assessment of Ozone Depletion : 2022" (à télécharger).
Planète : bonne nouvelle sur le front de l'ozone.
Vœux présidentiels : un éditorialiste gagne 1 point Godwin sur le climat !
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Après la COP27, la coupe au Qatar : le double scandale...
8 milliards de Terriens, et moi, et moi, et moi...
Emmanuel Macron : climat, industrie et souveraineté ...et colère contre le cynisme de l'ultragauche.
Emmanuel Macron s'exprime sur l'Ukraine et sur la pénurie d'essence : nous devons nous serrer les coudes !
Le point chaud de la rentrée d’Emmanuel Macron : l’énergie.
28 juillet 2022 : jour du dépassement de la Terre.
Climatisation : faut-il sanctionner les portes ouvertes ?
Essence : le chèque de 100 euros.
La relance du programme nucléaire.
Heure d’hiver : le dernier changement ?
La preuve par la canicule ?
La COP26.
Inondations à Paris.
Épisode de neige.
Circulation alternée.
L’écotaxe en question.
La COP21.
Rapport du GIEC sur le changement climatique publié le 8 octobre 2018 (à télécharger).
Rapport de l’IPBES sur la biodiversité publié le 6 mai 2019 (à télécharger).
L’industrie de l’énergie en France.
Le scandale de Volkswagen.

 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260620-canicule.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/canicule-de-l-urgence-a-l-269948

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/06/20/article-sr-20260620-canicule.html


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14 mai 2026 4 14 /05 /mai /2026 03:16

« Pour autant, je ne veux pas donner le sentiment d'édulcorer le désaccord principal. Votre commission a souhaité limiter le dispositif à des situations de fin de vie imminente, à court terme. Cette position a une cohérence. Elle répond à la crainte que l'exception glisse vers quelque chose de plus ordinaire. » (Camille Galliard-Minier, le 11 mai 2026 au Sénat).







 


Le Sénat a rejeté ce mardi 12 mai 2026, en deuxième lecture, la proposition de loi visant à autoriser l'euthanasie et le suicide assisté. Il a débattu de ce texte les 11 et 12 mai 2026. Ce rejet n'est pas étonnant pour deux raisons : d'une part, parce que les sénateurs avaient rejeté, la veille l'article 2 du texte, le principal, et donc, même ceux qui étaient favorables au texte ont voté contre pour ne pas approuver un texte vidé de son sens et pour aller plus vite avec une troisième lecture à l'Assemblée, d'autre part, parce qu'il y a une réelle opposition au principe même de l'euthanasie et du suicide assisté.

Bien sûr, le texte reviendra à l'Assemblée, et en cas de désaccord entre les deux chambres, après l'échec probable d'une commission mixte paritaire, les députés auraient la main pour voter ce texte. Mais ce serait une erreur de ne pas poursuivre la législation sur la fin de vie, sujet ultrasensible pour la vie des Français, sans avoir une démarche consensuelle.


Car le nouveau rejet du Sénat était prévisible aussi parce que l'Assemblée avait supprimé toutes les propositions de la commission des affaires sociales du Sénat en première lecture. Les mêmes causes faisant les mêmes effets, les sénateurs ont réagi de la même manière en seconde lecture, et c'est désolant, pas que les sénateurs rejettent le texte, au contraire, je m'en félicite, mais que les députés, dans une sorte d'idéologie de la culture de la mort, aient refusé les éventuelles modifications du Sénat, et cela, d'ailleurs, à une courte majorité.
 


La commission des affaires sociales du Sénat avait encore modifié le texte en seconde lecture, mais cet esprit constructif n'a pas été suffisante pour obtenir un texte consensuel.

La position de cette commission sur le texte a été résumée sur le site du Sénat ainsi : « Convaincue des graves dérives que ferait courir un texte avalisant une pratique très extensive de l’aide à mourir, la commission des affaires sociales du Sénat a, quant à elle, maintenu sa position, en adoptant un texte proche de celui qu’elle avait défendu en première lecture. Dans le prolongement de la loi Claeys-Leonetti, elle a ainsi remplacé le droit à l’aide à mourir par une assistance médicale à mourir ouverte aux seules personnes dont le pronostic vital serait engagé à court terme. Toutefois, la commission a repris à son compte certaines modifications adoptées par l’Assemblée Nationale en deuxième lecture, comme la possibilité de solliciter un médecin spécialiste des majeurs protégés. Elle a en revanche supprimé le délit sanctionnant l’exercice de pressions sur autrui afin qu’il recoure à l’aide à mourir, moins disant que les dispositions pénales actuelles relatives à l’abus de faiblesse et à la provocation au suicide. ».

Lors de la discussion générale (au début de l'examen), au nom du gouvernement, la Ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapée Camille Galliard-Minier a voulu voir plus de convergences entre l'Assemblée et le Séant que l'on croit. Soit dit en passant, cela m'effraie que la ministre chargée des personnes âgées et des personnes en situation de handicap soit précisément celle qui défend une proposition de loi sur l'euthanasie et le suicide assisté.

Pour les convergences, elle a cité le caractère exceptionnel : « En ce qui concerne l'intention, d'abord, ni l'Assemblée Nationale, ni votre assemblée, ni le gouvernement ne souhaitent créer un droit général ou extensif à l'aide à mourir. Ce n'était pas l'intention du Président de la République. Cela ne figure pas dans le texte issu de l'Assemblée Nationale. L'intention y est strictement définie : il s'agit de répondre à des situations d'exception, pour des personnes atteintes de maladies graves et incurables, dont le pronostic vital est engagé, avec des souffrances réfractaires ou insupportables. Le texte veut répondre à ce que rien d'autre ne peut résoudre. En clair, il n'est pas conçu pour ceux qui veulent mourir, mais pour ceux qui vont mourir. Nous partageons cette intention. ».


De même sur la volonté du patient, sacrée : « Celle-ci doit être strictement personnelle, actualisée, explicite, réitérée et libre de toute pression. Elle ne peut être ni déléguée, ni présumée, ni anticipée par des directives personnelles. C'est aussi ce qui fonde le principe d'auto-administration de la substance létale, que vous avez préservé. ».

Sur la procédure en faisant intervenir un médecin : « Celle-ci requiert un médecin, une démarche collégiale, une traçabilité, un contrôle institutionnel. La médecine reste au cœur du dispositif, avec tout ce que cela implique de responsabilité et de continuité du soin et de l'accompagnement. ».

Sur la clause de conscience des médecins (qui ne voudraient pas pratiquer une telle procédure) : « Vos deux assemblées la défendent sans réserve. Aucun soignant ne peut être contraint de participer à un acte contraire à sa conscience. Je veux le redire : un nouveau droit ou une assistance qui se construirait contre les soignants serait un recul. ».

Quant au délit d'entrave ou d'incitation, le gouvernement serait prêt à revenir sur le choix des députés : « Votre commission s'est opposée à la création de ces deux délits, qui ne figuraient pas dans le texte du gouvernement. À la faveur de l'évolution des débats, le gouvernement souhaite interroger l'intérêt d'intégrer une quelconque sanction pénale dans ce texte. ».

Le corapporteur de la proposition de loi, Alain Milon (LR), a insisté sur le pragmatisme que devraient avoir ses collègues sénateurs : « L'aide à mourir n'est pas, ne doit pas être et ne sera jamais la panacée. Préserver la vie, respecter la volonté d'un malade en fin de vie et empêcher que cette assistance à mourir ne se transforme en disparition pour raisons économiques et sociales, telle est notre obligation. (…) Notre devoir est de définir un cadre législatif adapté aux malades en fin de vie, et non de prétendre imposer une conception hégémonique de la dignité humaine. (…) Vouloir ne pas être dépendant, ne pas être un poids, y compris économique, pour sa famille est, sans doute, l'expression d'une forme de dignité humaine, mais qui ne justifie en rien l'administration d'un produit létal par le corps médical ni l'adoption d'un texte donnant lieu à des interprétations extensives par le législateur. Notre société se doit de protéger les plus faibles contre les dérives. ».

Il a pointé les risques de la version des députés : « Le texte adopté par l'Assemblée Nationale montre à quel point les dérives sont possibles et insidieuses, car il n'a plus rien de commun avec la volonté initiale. Le droit à mourir ne devait être reconnu que dans les cas extrêmes. Les critères ont été élargis et sont devenus si flous que, dans la rédaction actuelle, tous les abus seraient possibles. ».

D'où la nouvelle version de la commission des affaires sociales du Sénat : « Face à cette dénaturation, nous défendons la reconnaissance d'une assistance médicale à mourir aussi resserrée que possible, madame la ministre. Elle serait destinée aux personnes qui vont mourir, et non pas à celles qui veulent mourir. Nous voulons garantir une protection maximale des personnes sollicitant l'aide à mourir, mais aussi des soignants. C'est dans cette optique que nous proposons que l'assistance médicale à mourir ne concerne que les personnes dont le pronostic vital est engagé à court terme. Les personnes qui pourraient la solliciter devraient répondre aux critères de la loi Claeys-Leonetti, ainsi qu'à deux autres critères que sont la majorité d'âge et l'expression d'une volonté libre et éclairée. L'assistance médicale à mourir ne sera pas un droit. Les professionnels de santé seront volontaires et bénéficieront d'une protection pénale. S'agissant de la procédure d'aide à mourir, des garanties complémentaires sont prévues. Il est, par ailleurs, proposé d'étendre la clause de conscience aux pharmaciens et à l'ensemble des professionnels susceptibles de participer aux réunions du collège pluriprofessionnel. Enfin, il sera de nouveau proposé de supprimer le délit d'entrave et, peut-être, de créer un délit d'interdiction de la publicité en faveur de l'assistance médicale à mourir. ».

Par ailleurs, Alain Milon a rappelé la position de Robert Badinter : « Notre ancien collègue, ancien garde des sceaux, Robert Badinter, défendait l'idée selon laquelle nul ne peut retirer la vie à autrui dans une démocratie. C'est donc un changement majeur de paradigme auquel nous confronte cette proposition de loi. Nous devons en mesurer les conséquences et en garantir la mise en œuvre par un cadre clair, rigoureux et respectueux. ».

Une autre corapporteure, Christine Bonfanti-Dossat (LR), a fustigé le gouvernement qui a imposé une accélération des débats parlementaires pour un sujet qui nécessiterait, au contraire, une longue réflexion : « Le gouvernement a daigné nous octroyer un temps restreint pour examiner la proposition de loi d'Olivier Falorni légalisant la mort administrée, comme si la chambre du temps long, de la délibération réfléchie, de la prudence républicaine devait s'effacer devant le calendrier d'un quinquennat finissant. J'entends d'ici l'objection selon laquelle nous aurions déjà débattu. Que l'on ne s'y trompe pas : aucune des questions essentielles soulevées en première lecture n'a trouvé de réponse satisfaisante au cours de la navette parlementaire. Si la question de la fin de vie a pris une place croissante dans les médias récemment, est-elle véritablement la priorité actuelle des Français ? Je ne le pense pas, d'autant que bien des sujets, la santé mentale, érigée en grande cause nationale, la désertification médicale, la crise de l'hôpital public, l'épuisement des soignants, ont été renvoyés à plus tard, faute de temps parlementaire. Pourtant, pour organiser les conditions de la mort administrée, on trouve le temps, toujours, comme si notre République savait mieux légiférer pour mourir que pour vivre. Mes chers collègues, je vois là un renversement éthique d'une gravité considérable, et je ne suis pas la seule. ».

Elle a surtout rappelé qu'on ne devait pas légiférer sur l'euthanasie tant que tous les Français n'ont pas accès aux soins palliatifs : « Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), dans son avis 139, a posé une exigence claire, presque solennelle : aucune évolution législative n'est éthiquement recevable tant que les soins palliatifs ne sont pas effectivement garantis sur l'ensemble du territoire. Cette exigence n'a pas été entendue. Proposer l'administration de la mort comme réponse à la carence de la prise en charge, laquelle est due à l'insuffisance notable de diffusion de la culture palliative, la pénurie des soignants, le manque de formation et l'indigence des budgets alloués, revient à apporter une mauvaise solution à un vrai problème. ».


Plus généralement, Christine Bonfanti-Dossat s'est inquiétée d'un texte qui serait obtenu à l'arraché, sans un minium de consensus : « Le débat sur la fin de vie intervient au sein d'une société fragmentée, individualiste, séduite par le culte du jeunisme et terrifiée par l'idée de la mort. Il intervient, comme il faut le rappeler, au moment même où le projet de loi sur le grand âge est remisé au placard. ».

Pour elle, la version des députés était inacceptable et elle s'est donc interrogée sur la réaction que les sénateurs devraient adopter : « Mes chers collègues, le texte issu de l'Assemblée Nationale est à mes yeux inacceptable : inacceptable dans ses critères ; inacceptable par la philosophie qui le sous-tend, où l'on confond compassion et geste létal, où l'on présente la suppression du souffrant comme une réponse à la souffrance ; inacceptable par son aveuglement aux glissements observés partout ailleurs, comme aux Pays-Bas, en Belgique et au Canada, où les digues érigées au moment du vote ont toutes cédé, toutes ! Mes chers collègues, nous devons nous poser cette question difficile : que faire ? Rejeter ce texte en bloc, pour y opposer une fin de non-recevoir absolue ? Je l'ai longuement envisagé. Croyez bien, mes chers collègues, que mes convictions personnelles m'y portaient. Cependant, j'ai dû, en responsabilité, considérer la réalité parlementaire telle qu'elle est : si le Sénat se retire du débat, c'est la version de l'Assemblée Nationale qui s'imposera, alors qu'elle est la plus large, la plus floue, la plus dangereuse. Notre abstention de principe reviendrait alors, par défaut, à consentir à ce que nous combattons. C'est pourquoi la commission des affaires sociales a fait un autre choix, douloureux, ingrat, sans gloire : celui d'amender ce texte, pour le contenir ; pour en restreindre la portée aux seules situations où le pronostic vital est engagé à court terme ; pour exiger un volontariat explicite des soignants, plutôt qu'une participation présumée, laquelle ferait peser sur eux une violence morale insupportable ; pour préserver la liberté des établissements, dont l'identité et le projet ne sauraient être piétinés par une injonction administrative. ».

Et de conclure : « Lorsque le législateur touche à la mort, il n'a le droit ni à la légèreté, ni à l'enthousiasme, ni à la facilité. Il n'a que le devoir de la gravité et de la prudence. C'est dans cet esprit, et dans cet esprit seulement, que je vous invite à prendre toute votre part au débat qui s'ouvre. ».

Fermement opposé au texte, le sénateur de Marseille (ex-RN) Stéphane Ravier a livré son analyse en refusant, au contraire, à se prêter au jeu de dupe avec l'Assemblée : « La pédagogie, le débat, la réflexion et, surtout,surtout !, la découverte par les Français des ressources d'accompagnement insoupçonnées des soins palliatifs ébranlent le narratif imposé par la très financée et très monopolistique Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), laquelle confisquait jusqu'à présent le débat en nous faisant croire à un consensus implacable. Se révèlent, au travers de cette réaction du pays réel, l'instinct de vie d'une société qui ne veut pas mourir par injection d'une idéologie, ainsi qu'une opposition digne, que personne ne pilote, mais qui monte dans les cœurs et dans les consciences. L'euthanasie n'est pas une fatalité. Après l'Écosse, à la mi-mars, le pays de Galles et l'Angleterre l'ont rejetée à la fin du mois d'avril. L'Assemblée Nationale n'a pas revu sa copie, mais les votes y sont déjà plus resserrés. En Provence, on m'interpelle au quotidien sur beaucoup de sujets, mais je n'ai jamais entendu personne, ni un élu local ni un citoyen, me parler d'euthanasie. Tous ont des espérances de vie. La réalité, c'est que 5 millions de Français seraient potentiellement éligibles à l'euthanasie selon les critères élargis prévus par le texte. Ces vies fragiles et déjà éprouvées seraient désormais exposées aux pressions les plus insidieuses et au mercantilisme déguisé en humanisme. Ce texte est un texte d'abandon : abandon des pauvres, des personnes isolées et des personnes âgées. Les maisons France Autonomie vont remplacer l'affreux acronyme d'EHPAD, alors que nous attendons une loi sur le grand âge depuis 2018. Ainsi, au lieu de consacrer les moyens financiers et humains nécessaires à l'accompagnement d'une population vieillissante, le gouvernement n'a à la bouche que des artifices lexicaux. Vous espérez changer la réalité en adoucissant les termes. Cependant, la dépendance n'est pas indigne, elle s'accompagne. Au contraire, c'est la cacher, comme si l'on devait en avoir honte, qui est indigne. De même, vous parlez d'une "aide à mourir" ou d'une "assistance médicale à mourir" pour tenter d'entériner une rupture éthique, sociale et culturelle sans précédent. L'ignoble a été atteint par l'ancien président des mutuelles privées, Thierry Beaudet, qui est à la tête du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), lequel abritait la fameuse Convention citoyenne sur la fin de vie. Se prononçant en faveur de l'euthanasie, la main sur le cœur, ou sur le portefeuille, il a annoncé que les mutuelles seraient pionnières en créant des lieux et des conditions permettant d'exercer cette prétendue liberté. Les mutuelles, qui protégeaient jusqu'à présent la vie en finançant les soins, vont devenir des machines à fric en investissant dans la mort. C'est le veau d'or, jusqu'à l'immonde. La vérité est qu'un État qui décide d'organiser la mort programmée des gens avec l'aide de la médecine capitule. Mes chers collègues, ne capitulez pas ! Alors qu'à l'Assemblée Nationale, où les fous sont bien gardés, tous les garde-fous ont sauté, le Sénat doit être, plus que jamais, la chambre de la raison gardée. Mes chers collègues, le retour à la dignité politique, au service de la dignité humaine, commence ici ! ».

La sénatrice Corinne Bourcier (LIRT) s'est également opposée au principe de l'euthanasie : « Certains estiment qu'il est prématuré de légiférer sur l'aide à mourir avant d'avoir garanti à tous un accès réel et effectif aux soins palliatifs ; j'en fais partie. Pourquoi envisager de mettre fin à la vie d'un patient pour supprimer sa douleur, alors que des moyens existent déjà pour la soulager sans aller jusqu'à cet acte irréversible ? Il est possible d'apaiser les souffrances par l'administration de traitements antalgiques et sédatifs. Ainsi, la loi Claeys-Leonetti permet au patient de ne plus ressentir la douleur, sans provoquer intentionnellement sa mort, grâce à la sédation profonde et continue maintenue jusqu'au décès. Avant d'ouvrir le débat sur l'aide à mourir, appliquons pleinement la loi et parlons d'abord des soins palliatifs. En effet, aujourd'hui, sur notre territoire, seuls 50% des besoins pour ces derniers sont couverts. Comment peut-on envisager de faire basculer notre société vers une légalisation de l'aide à mourir, alors même que tant de Français n'ont pas accès à un accompagnement digne et humain dans leurs derniers jours ? N'oublions pas qu'une très grande majorité des personnes qui demandent à mourir changent d'avis lorsqu'elles sont prises en charge en soins palliatifs, entourées, écoutées et soulagées. La priorité doit donc être claire : garantir, partout sur le territoire, la présence d'équipes, d'unités et de moyens adaptés. Ensuite, et ensuite seulement, nous pourrons avoir un débat pleinement légitime sur l'aide à mourir, avec la certitude que cette demande ne sera jamais formulée par défaut, faute d'accompagnement ou de soins. Bien sûr, je n'ignore pas le fait que des souffrances persistent encore. Malgré les progrès médicaux, les traitements ne soulagent pas toujours les douleurs, tandis que certaines situations ne remplissent pas les critères de la sédation profonde et continue. Ces réalités existent, il serait insultant de ne pas le reconnaître. Certains, parmi nous, estiment que ces exceptions doivent être prises en compte par la loi, avec l'ouverture d'une forme d'aide à mourir. Cependant, je ne partage pas cette vision, même si je conviens que les rapporteurs ont tout fait pour préserver, dans une version très encadrée, une forme d'aide à mourir. Notre responsabilité première est de garantir un accès effectif aux soins palliatifs pour tous les Français. Aujourd'hui encore, tous les territoires ne sont pas égaux face à la souffrance, à l'accompagnement et à la fin de vie. Tant que cet équilibre n'existe pas, nous ne pourrons raisonnablement exclure le fait que certaines demandes de mourir ne soient pas aussi l'expression de la solitude, de la détresse ou de l'abandon. ».


Le sénateur Khalifé Khalifé (LR) a aussi contesté le texte de l'Assemblée : « L'Assemblée Nationale nous renvoie un texte qui, malheureusement, sous des mots prétendument apaisants, introduit une rupture profonde dans notre contrat social, juridique et médical. Y domine la confusion entre soins et fourniture d'un geste létal, le respect de la liberté de conscience des soignants est menacé et le risque liberticide découlant de la pression à mourir s'imposera aux plus fragiles d'entre nous. Pourquoi tant de précipitation ? Ayant derrière moi l'expérience de plus de quarante ans d'exercice en tant que médecin hospitalier, je ne peux ignorer la réalité du terrain. En outre, j'ai analysé de près le cas de quelques pays qui ont adopté ce type de loi : beaucoup s'interrogent aujourd'hui. En particulier, les récents sondages britanniques démontrent un scepticisme croissant et une volonté de s'orienter d'abord vers l'offre de soins palliatifs avant toute assistance au suicide : seraient préconisées une autorisation judiciaire préalable et des normes strictes, pour éviter les pressions familiales ou économiques. Proposer l'aide à mourir, alors que, malgré les lois successives, nous n'avons pas su garantir le droit à l'accompagnement pour chaque Français, c'est offrir un choix par défaut ; c'est donner une réponse technique et irréversible là où nos concitoyens attendent une présence humaine, une écoute et des soins qui apaisent réellement. Ce texte touche aussi au cœur de l'éthique soignante, socle millénaire d'une médecine qui se définit par une promesse absolue : soigner, soulager, mais ne jamais nuire. En intégrant la mort provoquée par le soin, nous créons une confusion déontologique dangereuse, alors même que le médecin doit rester celui qui accompagne la vie jusqu'au bout, et non celui qui en administre la fin. En brisant ce principe, nous altérons la confiance sacrée qui unit le médecin à son soignant, laquelle est fondée sur la certitude que nous combattrons toujours la souffrance, mais jamais le souffrant. Les critères établis par l'Assemblée Nationale restent empreints d'une fragilité inquiétante. Votée, cette fois encore, à une faible majorité, la version issue de la deuxième lecture occulte des questions fondamentales sur la protection des plus faibles et le respect des consciences, sujets qui méritent mieux que cela. Comment définir avec une certitude juridique et médicale une souffrance insupportable sans ouvrir la porte à des interprétations subjectives incontrôlables ? En effet, une fois la digue rompue, l'expérience de nos voisins européens montre que l'exception devient, inévitablement, la règle. La loi Claeys-Leonetti offre depuis 2016 un cadre protecteur, humain et équilibré. Elle n'est, à ce jour, pas assez connue, ni par les professionnels ni par la population, comme l'ont rappelé nos rapporteurs, dont je salue l'énorme travail pour parvenir à un texte équilibré et acceptable, fondée sur l'actualisation de ladite loi. Mes chers collègues, le véritable progrès, ce n'est pas l'injection létale. Non, le véritable progrès, c'est le temps d'écoute des patients et de leur famille. Le véritable progrès, c'est la formation des professionnels de santé pour mieux faire face à la situation de la fin de vie. Madame la ministre, je ne saurais souscrire à une proposition de loi qui, sous couvert de modernité, marque un retrait de notre solidarité devant la maladie et la vieillesse. Nous ne pouvons demander aux soignants de porter cette responsabilité, alors qu'ils sont les experts de la vie, et non les techniciens de la mort. ».

La sénatrice centriste Nadia Sollogoub était très prudente : « Chacun devrait, comme dans tout débat de société, savoir rester ouvert aux témoignages professionnels et personnels. Dans la réalité, toutefois, la confrontation fondamentale avec l'ultime fragilité des êtres chers inscrit souvent en nous une conviction définitive. La conséquence de cette situation est apparue clairement lors de nos précédents débats : alors que nous sommes collectivement révoltés devant la souffrance inapaisable, nous n'avons pas réussi à trouver un chemin législatif commun. (…) En ce qui concerne le droit à l'aide à mourir (…), les tensions sont de plus en plus marquées, au point qu'il est inutile de vous présenter un argumentaire : celui-ci semblerait pertinent à ceux qui partagent mon opinion et inadapté à ceux qui ne la partagent pas. Mon opinion est la suivante : si nous ne trouvons pas de convergence législative, c'est que le remède aux ultimes souffrances réfractaires de certains malades en fin de vie ne relève pas de la loi. Nombre de soignants et d'accompagnants, de professionnels des soins palliatifs et d'acteurs associatifs, m'ont dit qu'ils partageaient ce point de vue. Je le sais, chacun de vous s'est forgé une conviction et je la respecte. Une chose m'interpelle cependant : c'est de constater l'existence, sur un sujet aussi sensible, de votes politiques, comme ceux que l'on a pu observer ici même, voilà quelques semaines. Un vote de groupe sur le droit à l'aide à mourir m'a profondément choquée, je tenais à le souligner aujourd'hui. La position du Sénat doit résulter d'une addition de votes individuels, qui constitue le reflet majoritaire des intimes convictions des uns et des autres, et rien d'autre. À titre personnel, je crois sincèrement que l'apaisement de certaines souffrances ultimes viendra d'avancées médicales, scientifiques, et de l'octroi de moyens supplémentaires à ceux qui accompagnent les malades. Les directives anticipées et la sédation profonde constituent déjà une réponse. Il est, à mes yeux, inacceptable qu'à peine 50% des besoins en soins palliatifs soient actuellement couverts en France. Pis encore, seulement 30% d'entre eux sont couverts en pédiatrie. Ces inégalités territoriales sont indignes pour les patients et leurs familles. La culture palliative doit être au cœur de notre système de santé, qui voit apparaître de nouvelles pathologies de long cours. Tout cela doit changer. Toutefois, j'ai la conviction que le seul levier législatif réellement opérant est et restera le projet de loi de financement de la sécurité sociale. ».

La sénatrice Marie-Claude Lermytte (LIRT) a également annoncé qu'elle ne voterait pas ce texte : « Il m'est difficile de soutenir ce projet en l'état, non pas par principe ou par refus d'entendre les attentes de nos concitoyens, mais parce que nous faisons fausse route en abordant cette question sans avoir garanti à tous, sur l'ensemble de notre territoire, un accès réel et équitable aux soins palliatifs. (…) Avant de légiférer sur la mort, assurons-nous, mes chers collègues, d'avoir pleinement investi dans la vie jusqu'à son terme ! Je rappelle également que de nombreux professionnels de santé ne demandent pas prioritairement un élargissement du cadre actuel : ils souhaitent plutôt qu'il soit effectivement appliqué. Ils s'accordent à dire que la loi Claeys-Leonetti offre des outils essentiels, tels que le refus de l'obstination déraisonnable, le respect de la volonté du patient ou la possibilité d'une sédation profonde et continue. (…) Nous risquons de créer une réponse de facilité là où nous devrions apporter une réponse fondée sur l'exigence, une exigence de moyens, d'accompagnement, de solidarité. La République a pour devoir de protéger ses citoyens, en particulier les plus vulnérables. Notre responsabilité de parlementaires est donc pleinement engagée. Nous avons été élus pour examiner ces textes avec discernement, pour en mesurer les conséquences et pour garantir que nos choix collectifs ne fragilisent ni les personnes ni les principes qui fondent notre solidarité. Mes chers collègues, notre responsabilité est immense. Elle consiste à tenir compte de l'évolution de la société, à reconnaître les situations les plus douloureuses, mais aussi à protéger les plus vulnérables et à garantir à chacun une fin de vie digne. ».

De son côté, le sénateur Laurent Somon (LR) a salué la remarquable efficacité du travail de la commission des affaires sociales du Sénat : « À tous les citoyens, le législateur doit un éclairage sur la réalité complexe des questions éthiques liées à l'accompagnement de la fin de vie via les soins palliatifs ou l'assistance au suicide. C'est sur cette voie qu'a cheminé la commission des affaires sociales et je remercie les rapporteurs, Alain Milon, Christine Bonfanti-Dossat, Florence Lassarade et Jocelyne Guidez, de nous proposer un texte sur les soins palliatifs, qui doivent être étendus sur tout le territoire, et un texte équilibré sur l'assistance médicale à mourir, qui est réservée aux malades dont le pronostic vital est engagé à court terme. (…) Le degré de civilisation d'une société se mesure à la manière dont elle traite ses membres les plus faibles, disait Albert Camus, ceux qui souffrent de faim, de froid, de solitude, de handicap, de blessure, de maladie. Euthanasier, est-ce un degré supplémentaire de civilisation ? ».

Son collègue du même groupe LR Dominique de Legge, a choisi comme angle d'attaque l'absence dans le débat du gouvernement qui aurait dû lui-même déposer son propre projet de loi voire soumettre le texte au référendum : « Sur une réforme d'une telle importance sociétale, sociale, sociologique, anthropologique et philosophique, le pays était en droit d'attendre autre chose du gouvernement que la création d'un nouveau droit individuel au mépris d'un projet collectif. Aux références du Canada et de la Belgique, qui semblent être vos modèles, nous préférons la sagesse de l'Angleterre, de l'Écosse ou encore de la Slovénie, qui ont renoncé à s'engager dans cette voie mortifère. Au fond, et vous le savez bien, nous n'avons pas besoin d'une loi militante pour accompagner la fin de vie. Les magnifiques progrès de la médecine des dernières années nous ont appris qu'une main tendue pouvait soulager la détresse psychologique et physique. La même main ne peut pas être aussi celle qui donne la mort. ».


Le principal article du texte est l'article 2 rédigé, après l'examen en commission des affaires sociales, ainsi : « Situations dans lesquelles peut être pratiquée une assistance médicale à mourir. (…) À la demande d'une personne répondant aux conditions mentionnées à l'article L. 1111-12-2 d'éviter toute souffrance et de ne pas subir d'obstination déraisonnable, un médecin peut prescrire une substance létale afin que la personne se l'administre ou, si elle n'est pas physiquement en mesure d'y procéder, se la fasse administrer par un médecin ou un infirmier volontaire (…). Ne sont pas pénalement responsables, au sens de l'article 122-4 du code pénal, les professionnels de santé agissant dans les conditions mentionnées au I du présent article et selon les modalités prévues aux articles L. 1111-12-2 à L. 1111-12-12. (…) L'assistance médicale à mourir définie au I du présent article ne relève pas du droit fondamental à la protection de la santé prévu à l'article L. 1110-1 du code de la santé publique. ».

La sénatrice communiste Cécile Cukierman s'est opposé à ce texte, l'unique membre du groupe communiste à voter contre au Sénat (ce qui était courageux de sa part) : « Je demeure convaincue que le droit à mourir n'existe pas, car nous allons mourir. Je le répète, peut-être avec d'autres termes que ceux que j'ai pu employer en première lecture : pourquoi, comme le souhaitent certains, parfois en évoquant des cas particuliers, parfois en invoquant des réflexions plus philosophiques, vouloir absolument inscrire dans la loi quelque chose qui deviendrait un droit, alors qu'il s'agit d'un fait ? Il me semble (…) que notre rôle de législateur consiste à faire société et non à régler des cas particuliers, aussi difficiles, douloureux, torturants qu'ils puissent être dans cette période de la fin de vie, des dernières heures avant la mort, laquelle, j'y insiste, est non pas un droit mais un fait. Je reste également convaincue, aucune démonstration inverse n'ayant été apportée, que légiférer ainsi et dans ces termes revient à ouvrir la porte à des dérives. En effet, il n'est pas vrai que l'individu décide seul, en pleine conscience, comme s'il était coupé du monde. Le libre arbitre d'un individu n'est jamais total : il existe bien sûr des conditionnements sociaux, familiaux et territoriaux du point de vue de l'accès ou du non-accès aux soins, conditionnements qui limitent considérablement le libre arbitre et le choix de la personne. ».

Même position pour Stéphane Ravier : « Tout d'abord, ce dispositif législatif est contraire à la dignité, car, soyons bien clairs, il s'agit d'achever non pas la douleur, mais le patient ! Nous sapons profondément la confiance entre soignants et soignés en assimilant la mort à un soin. Ensuite, ce dispositif législatif est contraire à la liberté, car tout choix effectué dans l'extrême souffrance n'est plus librement mûri, c'est un acte fortement contraint. On abandonne aussi l'impératif d'accompagnement inconditionnel des personnes vulnérables et dépendantes qui incombe à la communauté. Enfin, ce dispositif législatif est contraire à la responsabilité. En effet, cet article prévoit, à l'alinéa 7, l'irresponsabilité pénale des professionnels de santé qui y recourent. Nous dépassons donc déjà les lignes rouges et les garde-fous. ».

Le corapporteur Alain Milon a demandé aux sénateurs de ne pas supprimer l'article 2 car ce serait laisser l'Assemblée Nationale décider seule de la rédaction de cette proposition de loi : « Supprimer l'article 2 reviendrait à avorter nos débats sur ce texte, ce que nous ne souhaitons évidemment pas. Nous préférerions que le Sénat continue à travailler et ne se prive pas de faire entendre sa voix, comme il l'a fait en première lecture. Nous espérons que cette deuxième lecture sera l'occasion d'une instruction approfondie du texte, avec des débats aussi sereins que possible et, je l'espère, sérieux. (…) Ces amendements de suppression écraseraient donc le texte de notre commission. Je souhaite en rappeler quelques axes. Tout d'abord, nous avons souhaité inscrire la rédaction de cet article dans le prolongement de la loi Claeys-Leonetti, en nous référant à la volonté de la personne d'éviter toute souffrance et de ne pas subir d'obstination déraisonnable. Dans la mesure où l'assistance médicale à mourir serait réservée aux plus fragiles, nous avons prévu que le soignant ne puisse administrer lui-même la substance létale que si la personne n'est pas en capacité de le faire elle-même. Ensuite, l'article 2 sécurise l'exercice des professionnels de santé en prévoyant un principe d'irresponsabilité pénale, qui ne les protège qu'à la condition qu'ils aient bien respecté l'ensemble des exigences légales. Ce principe indispensable n'interdit pas, pour autant, de contrôler leur exercice et de condamner tout manquement à leurs obligations. Enfin, nous avons inscrit dans cet article le principe selon lequel l'assistance médicale à mourir ne relève pas du droit fondamental à la protection de la santé. Ce faisant, nous rejetons la vision idéologique de l'Assemblée Nationale, qui promeut un droit à l'aide à mourir, et nous ne faisons pas de l'assistance médicale à mourir un soin. ».

Dans son explication de vote, Bruno Retailleau (sénateur LR) a rejeté l'ensemble du texte, même si celui de la commission des affaires sociales a tenté d'atténuer le texte de l'Assemblée : « À plusieurs reprises, à la lecture de divers articles, il semble y avoir une forme de continuum entre ce texte et la loi Claeys-Leonetti. Je pense au contraire qu'il y a une rupture. Jean Leonetti a lui-même coutume de le souligner par cette formule : "L'euthanasie, ce n'est pas aller plus loin, c'est aller ailleurs". Ce texte, dans sa rédaction actuelle, me semble incompatible avec ce que nous pourrions qualifier d'éthique de la vulnérabilité, de la fragilité. Des pressions s'exerceront inévitablement au sein des familles, amplifiées par les contraintes financières pesant sur un système de santé qui va mal. (…) J'observe par ailleurs une rupture concernant le suicide assisté : une contradiction frontale se fait jour avec les politiques publiques de prévention du suicide menées jusqu'à présent, tout particulièrement à destination des jeunes et des adolescents, parmi lesquels le taux de suicide demeure à un niveau dramatique. Comment parviendrons-nous désormais à concilier les dispositions de cette loi avec ces indispensables mesures de prévention ? ».
 


Finalement, les amendements visant à supprimer l'article 2 ont été rejetés par 213 voix contre 84 sur 325 votants. Mais l'article 2 lui-même, dans son ensemble, n'a pas été adopté. En effet, lors du scrutin 265 du 11 mai 2026, 118 seulement ont voté pour l'article 2, 151 ont voté contre, 58 se sont abstenus et 21 n'ont pas pris part au vote.

Dans son explication de vote défavorable à l'article 2, la sénatrice Valérie Boyer (LR) a fait part de ses craintes : « La mort ne peut jamais être un soin. En conscience, je crois qu'il faut défendre la vie, et en l'occurrence, défendre la vie, c'est défendre les soins palliatifs. Toute l'expérience le prouve, lorsque les soins palliatifs sont administrés, les personnes et leurs familles ne demandent pas l'euthanasie. Je ne puis imaginer que, lorsqu'une personne entre dans un établissement de santé, elle se demande si les personnels soignants vont lui proposer des soins ou y renoncer. Mettons notre énergie au service des soins palliatifs. Cela fait des années que nous débattons et que nous essayons de construire un hôpital et des soins plus humains, plus proches des malades. Je ne puis imaginer que ce texte ne soit pas une étape, comme cela a été dit plusieurs fois, au vu de ce qui se passe dans d'autres pays européens ou du Canada. Je le rappelle, les professionnels de santé qui se trouvent au plus près des malades, notamment la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs, se sont tous opposés à ce texte. Le moment est grave, parce que nous débattons d'une transformation extrêmement profonde de notre société, de nature presque anthropologique. Il ne faut pas manquer ce moment en se précipitant. Pour moi, accompagner, ce n'est pas tuer. Il faut accompagner au mieux, comme le font les professionnels de santé avec les soins palliatifs. Voilà ce qu'il faut préserver. Choisissons la vie et ne confondons pas les soins et la mort ! ».

Le lendemain, mardi 12 mai 2026, les sénateurs ont continué à examiner les autres articles de la proposition de loi, mais sans cet article 2, le texte est devenu bancal. À la fin de la discussion, l'ensemble de la proposition de loi (sans l'article 2, donc) a été mis au vote et, sans surprise, comme à la première lecture, a été rejeté.

Le sénateur Emmanuel Capus (LIRT) a expliqué son vote défavorable : « Quels enseignements pouvons-nous tirer à l'issue de ces débats ? Il existe un consensus extrêmement puissant quant à notre volonté commune de mettre un terme aux souffrances et de développer les soins palliatifs. Une nouvelle fois, le texte visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs a été adopté à la quasi-unanimité, moins un seul groupe. Je m'en félicite. En revanche, pour la seconde fois, nous constatons que notre assemblée est divisée sur la question de l'ouverture d'un droit à l'administration d'une substance létale, quelle qu'elle soit. Il importe que nous prenions acte de cette absence de consensus, de cette division profonde, de cette opposition au texte, qui s'exprime, j'y insiste, pour la seconde fois. À l'Assemblée Nationale, le texte n'a été adopté qu'à une très courte majorité et dans des conditions particulières. Cette situation soulève une véritable question. Elle nous rappelle que la société est elle-même divisée sur ce sujet. Contrairement à ce que certains martèlent à longueur de journée, la population n'est pas unanime sur ce texte. Le Sénat est à l'image de cette division et décide donc aujourd'hui, pour la seconde fois, de rejeter cette proposition de loi. Des conséquences doivent être tirées de ce constat, notamment au regard de la proposition de référendum formulée par notre collègue Francis Szpiner ; une telle consultation permettrait à chacun de se positionner. Ce vote doit aussi être un avertissement pour le gouvernement, et j'espère sincèrement que celui-ci n'essaiera pas de faire passer en force, en cette fin de mandature, un texte qui, comme cela ressort très clairement de nos débats, ne fait absolument pas consensus, au contraire, il divise. ».

Parce que le Sénat est une assemblée de sages, déconnectée de la pression de l'immédiateté politique, la proposition de loi sur l'euthanasie et le suicide assisté a été rejetée. Toutefois, une troisième lecture va avoir lieu à l'Assemblée Nationale. Il est donc factuel de constater que ce texte n'a pas atteint le minimum de consensus que le sujet de la fin de vie devrait imposer à nos législateurs. Un passage en force par le gouvernement serait un mauvais signe pour réformer la société de manière aussi profonde. L'idée d'un référendum pourrait peut-être sortir les parlementaires de cette impasse politique (même si, à titre personnel, j'y reste très réticent).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 mai 2026)
http://www.rakotoarison.eu


(Illustrations : œuvres de Salvador Dali).


Pour aller plus loin :
Christine Bonfanti-Dossat.
Euthanasie 2026 (13) : le nouveau rejet du Sénat.
Euthanasie 2026 (12) : Noelia et les abus inéluctables d'une législation.
Euthanasie 2026 (11) : pourquoi le texte voté le 25 février 2026 est-il inquiétant ?
Euthanasie 2026 (10) : ce que prévoit le texte voté le 25 février 2026 sur la fin de vie.
Euthanasie 2026 (9) : Jour de deuil.
Euthanasie 2026 (8) : Houellebecq vs Finkielkraut.
Michel Houellebecq.
Alain Finkielkraut.
Vincent Delahaye.
Saleté de cancer.
Euthanasie 2026 (7) : le rejet pluriel du Sénat.
Euthanasie 2026 (6) : et le Sénat débat de la proposition de loi relative à "l'aide à mourir"...
Euthanasie 2025 (5) : Vincent Lambert et la proposition de loi relative à "l'aide à mourir".
Vincent Lambert, meurtre d’État, euthanasie, soutien aux plus fragiles…
Vincent Lambert au cœur de la civilisation humaine ?
Euthanasie 2025 (4) : adoption de la proposition de loi relative à "l'aide à mourir".
Euthanasie 2025 (3) : l'examen de la proposition Falorni à l'Assemblée.
Euthanasie 2025 (2) : l'inquiétude des religions.
Euthanasie 2025 (1) : quelle société humaine voulons-nous ?


 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260511-christine-bonfanti-dossat.html

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/05/14/article-sr-20260511-christine-bonfanti-dossat.html

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13 mai 2026 3 13 /05 /mai /2026 04:13

« Nous savons certaines choses sur ce virus, c’est plutôt une bonne nouvelle. L’hantavirus est connu depuis les années 1990 ; il peut être transmis entre humains et rendre ceux qui le contractent très malades, voire conduire à leur décès. (…) Il y a aussi des choses que nous ne savons pas sur ce virus, notamment le lieu où la première personne qui en est décédée a été contaminée. Nous ne disposons pas non plus de la totalité du séquençage du virus, raison pour laquelle nous n’avons pas encore la certitude que ce virus n’a pas encore muté, même si les données dont nous disposons pour l’instant sont plutôt rassurantes. » (Stéphanie Rist, le 12 mai 2026 dans l'hémicycle).



 


Nous sommes entrés dans une nouvelle crise sanitaire. Crise mais pas forcément épidémie. Pour l'instant, quelques foyers d'infection du virus appelé hantavirus des Andes. Le gouvernement français, notamment, ne veut pas prendre trop de risque et a rendu plus stricte l'application des protocoles de sécurité. Le Premier Ministre Sébastien Lecornu a décidé le 11 mai 2026 de faire deux réunions de crise à Matignon par jour sur ce sujet, en présence de la Ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, du Ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, du Ministre de l'Éducation nationale Édouard Jeffray et du Ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou.

La raison ? Parce que les cinq passagers français présents à bord du MV Hondius mis en quarantaines aux Canaries ont été rapatriés au Bourget le dimanche 10 mai 2026 puis placés sous surveillance et isolement à l'hôpital Bichat de Paris. Quatre de ces passagers sont pour l'instant asymptomatiques, mais une cinquième passagère française, âgée d'une vingtaine d'années, était asymptomatique mais a montré ensuite qu'elle était atteinte par le virus et son état de santé s'est très rapidement dégradé. Elle a été placée sous poumon artificiel ; son état est grave.

L'hantavirus des Andes en cause est un virus porté par des rongeurs exclusivement en Amérique du Sud, transmis de rongeur à rongeur. Mais il est possible qu'il puisse y avoir une contamination du rongeur à l'humain, et surtout, ce qui est très rare, d'humain à humain. Rappelons qu'il existe au moins une vingtaine d'espèces d'hantavirus dans le monde, classés en deux catégories, ceux d'Europe et Asie, d'une létalité d'environ 10%, provoquant parfois des fièvres hémorragiques et une insuffisance rénale aiguë, et ceux d'Amérique latine, d'une bien plus forte létalité, provoquant parfois une insuffisance respiratoire ainsi qu'une défaillance cardiaque.

Ce qui suit ne concerne donc que l'hantavirus des Andes qui est le seul en cause. Attention aux fake news qui circulent depuis quelques jours dans les réseaux sociaux et qui voudraient montrer que le virus ne peut pas se propager d'humain à humain simplement en présentant la fiche d'information ...d'un autre hantavirus que celui des Andes qui est le seul à pouvoir éventuellement se propager d'humain à humain.

Ce virus peut être attrapé par l'humain en respirant une atmosphère chargée de particules issues d'excréments ou d'urine ou de salive du rongeur porteur. Il y a une période d'incubation assez longue du virus chez l'humain, de l'ordre de trois à six semaines, ce qui est énorme. Par conséquent, tous les cas contacts testés négatif à ce jour pourraient ne plus l'être (négatif) avant la fin de cette période de six semaines. C'est le cas de la jeune femme placée en soins intensifs à Bichat.
 


Dans le pire des cas, le porteur du virus a des symptômes à partir d'un certain moment (après incubation), à savoir des vomissements, de la forte fièvre, et en quelques heures, cela se transforme en problèmes respiratoires très graves. Si des soins ne sont pas donnés très rapidement, la mort peut être au bout. Le virus, en effet, s'en prend aux parois des vaisseaux sanguins, en particulier aux vaisseaux capillaires dans les poumons, ceux qui échangent l'oxygène, si bien que du liquide se forme dans les poumons et n'assurent plus leur rôle d'oxygéner le sang. Un œdème pulmonaire pour être mortel.

On connaît l'hantavirus des Andes depuis une trentaine d'années, en 1995, et on a même analysé son génome. Régulièrement, il y a eu des transmissions par des rongeurs, soit un peu plus d'une centaine de cas par an en moyenne en Amérique latine, avec éventuellement une contamination d'humain à humain et plusieurs décès.

Un cas de contamination a eu lieu en 2018 lors d'une fête d'anniversaire en Pantagonie. La personne contaminée par le rongeur ne se sentait pas bien et n'est restée qu'une heure trente dans la salle, malheureusement le temps de contaminer environ cinq ou six personnes à sa table et à des tables voisines. Il me semble que lui-même ait survécu, en revanche, pas certaines personnes contaminées. En tout, il y a eu trente-quatre personnes contaminées dont onze qui en sont mortes. Cela donne une idée de la létalité très élevée de virus, de l'ordre de 30% à 45%.

Le niveau élevé de létalité n'est pas étonnant vu les dégâts que le virus fait dans les poumons (et aussi au cœur), mais dépend aussi de la rapidité de la prise en charge des soins et du niveau technique des équipements permettant d'aider à respirer. Tout le monde espère que la jeune femme aux soins intensifs à Bichat pourra s'en sortir. L'effet du virus toutefois peut durer longtemps, plus d'une dizaine de jours, et il faut pouvoir tenir.

La différence de ce foyer d'infection par rapport au début de la pandémie de covid, c'est que d'une part, l'hantavirus est connu depuis une trentaine d'années et on connaît assez bien son comportement, même s'il faut rester très prudent et humble sur cet hantavirus particulier qui a sévi dans le MV Hondius, et d'autre part, les personnes asymptomatiques, c'est-à-dire qui semblent en bonne santé, ne peuvent pas, a priori, contaminer des proches. C'est seulement lorsque l'infection est déclarée que la personne infectée est contagieuse.

Le virus du covid est moins grave par sa létalité mais se propage beaucoup plus facilement, tandis que l'hantavirus, à la létalité très élevée, se propage très difficilement (il faut un contact soutenu avec sueur, salive, etc.).
 


La crise actuelle semblerait provenir d'un couple de retraités néerlandais passionnés par les oiseaux (et scientifiques). Ils ont pris l'avion de Johannesburg pour l'Amérique latine il y a six mois et ont visité un certain nombre de pays d'Amérique du Sud dont l'Argentine, pour finir le petit tour le 1er avril 2026 à Ushuaïa, point de départ d'une croisière de plusieurs semaines jusqu'à Cap-Vert, en principe. L'homme est mort le 11 avril 2026, et le 24 avril 2026, le MV Hondius a fait escale à l'île Sainte-Hélène, le corps de la personne décédée a été évacuée par avion à Johannesburg, accompagné de sa femme qui, elle aussi, était atteinte du virus.

Le 25 avril 2026, la femme était à bord d'un avion allant de Johannesburg à Amsterdam, mais elle n'y est pas restée très longtemps car elle se sentait trop mal, si bien qu'elle a quitté l'avion et a été hospitalisée à l'hôpital de Johannesburg où elle est morte le 27 avril 2026. Ce n'est que le 2 mai 2026, lors du troisième décès dans le paquebot de croisière (qui avait 147 passagers) qu'on s'est aperçu qu'il s'agissait d'une contamination par un hantavirus. L'OMS (Organisation mondiale de la santé) a alors donné l'alerte sanitaire le 3 mai 2026, obligeant le navire de rester au large du Cap-Vert, sa destination, mis en quarantaine dans l'attente d'une solution à trouver pour tous les passagers.

Finalement, l'Espagne a accepté que le MV Hondius accostât à Tenerife, aux Canaries, le dimanche 10 mai 2026, et les passagers ont été évacués par vol aérien pour retourner dans leur pays respectif avec les précautions d'usage en cas de maladie contagieuse.

Du reste, certains ont considéré que le débarquement des passagers était irresponsable et qu'ils auraient dû rester en quarantaine dans le bateau pendant tout le temps d'incubation du virus (jusqu'à six semaines !), avec seulement l'exfiltration des personnes infectées par le virus pour qu'ils reçoivent les soins adaptés. Mais le directeur général de l'OMS, venu sur place aux Canaries, a justifié le débarquement en expliquant que la plupart des passagers étaient des personnes âgées et il aurait été très difficile psychologiquement de les retenir en quarantaine plus longtemps.

C'est donc depuis ce moment que la France intervient, comme d'autres pays, car parmi les passagers du MV Hondius, il y avait cinq Français, qui ont été rapatriés par la France et placés sous isolement à Bichat. De ces cinq Français, une seule, la jeune femme, a été testée positif (avec un test PCR), à ce jour.

Concrètement, au 12 mai 2026, il y a eu onze cas confirmés au total, tous parmi les personnes issues de la croisière, et trois décès (cela donne une première indication sur la létalité).

Mais la France est intervenue aussi pour une autre raison. Les passagers de l'avion assurant le vol de l'île Sainte-Hélène à Johannesburg ainsi que l'avion de Johannesburg à Amsterdam, les deux en présence de la femme décédée, sont considérés comme des cas contacts. Cela concerne en particulier vingt-deux Français, huit du premier vol et quatorze du second vol (avec moins de risque de contamination car la femme est restée très peu de temps). Ces vingt-deux Français ont peu être identifiés et pris en charge dans une structure hospitalière et des tests sont en cours pour savoir si l'un d'eux est infecté.

Vu la survenue soudaine des symptômes très graves de la jeune femme, le Premier Ministre a décidé de ne pas prendre de risque et d'imposer à tous les cas contacts un isolement à l'hôpital pendant au moins quinze jours (en fait, pour être vraiment sûr, il faudrait que cela dure six semaines). L'isolement complet des personnes susceptibles d'être infectées rompra la chaîne de contamination et empêchera l'épidémie. Le problème est donc mondial plus que français. L'Europe s'organise déjà pour harmoniser les protocoles de prise en charge et de partage d'information, mais l'enjeu va au-delà de l'Europe puisque dans le bateau de croisière, il y avait vingt-trois nationalités, dont les États-Unis (beaucoup moins rigoureux pour l'isolement des cas contacts).

Y a-t-il des traitements ou des vaccins contre l'hantavirus des Andes ? La réponse est non. Il existe des vaccins locaux, non homologués en Europe, pour l'hantavirus en Corée ou en Chine, mais ce n'est pas la même souche et il ne se transmet pas d'humain à humain. Autre question sur le non-vaccin. Pourquoi n'existe-t-il pas vaccin alors qu'on connaît le virus depuis plus de trente ans ? Parce que l'infection ne concerne qu'un très petit nombre de personnes, même si certaines en meurent. Il n'y a pas de marché pour une telle recherche et les tests cliniques seraient extrêmement longs et coûteux en raison (heureusement) de la faible contagiosité (au contraire du covid).

Le Premier Ministre Sébastien Lecornu a été à l'école de son prédécesseur Édouard Philippe, lors de la survenue du covid. Lui-même était chargé des Outre-mer, ce qui n'était pas facile pour accompagner la vaccination. En particulier, l'une des clefs de la communication en 2020, c'était la transparence et l'humilité, dire aux citoyens si le gouvernement ne savait pas certaines choses sur le virus.

Il a ainsi régulièrement communiqué sur son compte Twitter. Le 10 mai 2026, il a annoncé que « l'un [des compatriotes rapatriés] a présenté des symptômes dans l'avion de rapatriement ». Et il a mis en œuvre une protection maximale : « Dès ce soir, je prends un décret permettant de mettre en place des mesures d'isolement adaptées à l'égard des cas contacts et protectrices de la population générale. ».

 


Le lendemain, lundi 11 mai 2026, Sébastien Lecornu a confirmé la situation grave de la Française rapatriée : « Notre compatriote positive à l'hantavirus est toujours en réanimation dans un état stable. ». Et toujours des mesures protectrices : « Notre réponse sanitaire est claire : pour tous les cas contacts, sans exception, quarantaine renforcée en milieu hospitalier. ». Il a par ailleurs annoncé : « Deux réunions de coordination interministérielles auront lieu chaque jour à Matignon. ».
 


Le tweet du chef du gouvernement publié le matin du mardi 12 mai 2026 concerne principalement la coopération internationale : « Casser les éventuelles chaînes de transmission suppose de partager rapidement les informations, les décisions et les retours d'expérience. ».
 


Le mardi 12 mai 2026 était une journée très dense pour la Ministre de la Santé Stéphanie Rist puisqu'elle a dû répondre à pas moins de quatre questions au gouvernement lors de la séance à l'Assemblée de l'après-midi, avant de tenir une conférence de presse pour faire le point avec les journalistes sur la situation de l'hantavirus avec la contributions de plusieurs scientifiques réputés en épidémiologie (voir la vidéo plus bas).

Stéphanie Rist a notamment déclarée qu'elle avait agi dès l'alerte de l'OMS : « Dès l’alerte de l’Organisation mondiale de la santé le 3 mai dernier, avec le ministère, le centre de crise, la direction générale de la santé, Santé publique France, la mission risque épidémiologique, l’Institut Pasteur et des scientifiques, nous nous sommes organisés pour pouvoir apporter des données sûres de manière transparente à nos concitoyens. (…) Dès le 7 mai, nous avons publié des communiqués de presse et nous avons effectué des communications publiques à la télévision ou à la radio. Des réunions se tiennent deux fois par jour à Matignon sur ce sujet. ».

Sur le sort des cinq Français présents dans le MV Hondius : « Les cinq passagers français du bateau ont été rapatriés de manière sécurisée dans des avions sanitaires dédiés et avec des professionnels, puis ils ont été hospitalisés dans des chambres elles aussi très sécurisées à l’hôpital Bichat, avec des flux d’air qui empêchent la propagation d’un virus et des professionnels très formés à cette prise en charge. Permettez-moi de saluer l’ensemble des professionnels qui sur notre territoire, à Bichat comme ailleurs, prennent en charge ces passagers et l’ensemble des patients. ».
 


La doctrine utilisée pour agir est assez simple : « Premièrement, face à de telles épidémies, s’agissant d’un virus connu, tout se joue dans les premiers jours. Deuxièmement, puisque tout se joue dans les premiers jours, il faut tout de suite briser ce qu’on appelle la chaîne de transmission, donc les mécanismes de transmission entre les hommes. Troisièmement, les mesures que le premier ministre et moi-même prenons, ou que j’ai pu prendre moi-même, sont proportionnées aux données scientifiques dont nous disposons grâce à l’Organisation mondiale de la santé, qui coordonne l’ensemble des pays ; proportionnées aux risques encourus par les différentes personnes exposées, dans les bateaux ou dans les avions ; proportionnées enfin par rapport à celles que prennent nos voisins, notamment européens, avec lesquels j’ai échangé depuis le début des événements et pour lesquels une réunion encore plus formelle sera organisée demain après-midi. ».

Stéphanie Rist a précisé la situation des Français concernés par l'hantavirus : « Une fois le bateau arrivé aux îles Canaries, il était de notre devoir et de notre responsabilité de rapatrier nos cinq concitoyens en suivant un protocole ultrasécurisé. Une sorte de bulle a été formée autour d’eux pour éviter tout risque de contamination pendant leur transport à l’hôpital. L’une des personnes a malheureusement déclaré des symptômes dans l’avion. J’ai indiqué en toute transparence le lendemain matin que le résultat de son test était positif et que son état s’était aggravé pendant la nuit. Je lui adresse, ainsi qu’à sa famille, tout mon soutien. Le navire a fait plusieurs escales. Le 25 avril, l’une des passagères, hélas décédée ensuite, a effectué un voyage en avion. Huit Français voyageaient dans cet appareil : nous les avons identifiés et ils sont actuellement hospitalisés. Cette femme envisageait de prendre un deuxième avion, mais son état ne le lui a pas permis et elle est décédée sur le lieu de la correspondance dans les heures qui ont suivi. Des Français ont voyagé dans le deuxième avion : nous les avons également identifiés et ils vont être hospitalisés. Dans ce dossier, nous agissons en toute transparence, avec méthode et de manière proportionnée. ».

En outre, la Ministre de la Santé a annoncé qu'elle serait auditionnée ce mercredi 13 mai 2026 dans la matinée par la commission des affaires sociales de l'Assemblée.

 


Je termine mon article sur une chose encore pas très claire. L'un des médecins présents à la conférence de presse de la ministre a estimé que le virus en cause pourrait être un variant de l'hantavirus des Andes et que, dans ce cas, il faudrait faire attention car son mode de contamination pourrait changer.

Néanmoins, il semblerait qu'il n'y ait pas eu de mutations très significatives du virus. En effet, le génome du virus présent sur le corps de la deuxième personne décédée (la femme du patient zéro à Johannesburg) serait significativement le même que le génome du virus analysé en 1996. À cela, rien d'étonnant. Le très faible nombre de personnes infectées (environ 100 dans le monde chaque année) a rendu très lentes les éventuelles modifications génétiques lors de la réplication du virus, au contraire du covid qui a affecté près d'un tiers voire plus de l'humanité. A priori, en raison du faible nombre de personnes infectées (onze à ce jour), une analyse systématique du génome devrait être possible (même si cela dépend du pays concerné).

Nul doute qu'on reparlera encore de ce virus dans les prochains jours. Et pour l'heure, je pense avec émotion à la jeune femme qui lutte pour la vie au service de réanimation de Bichat et espère de tout cœur qu'elle s'en sortira.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 mai 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Stéphanie Rist.
Hantavirus des Andes : létalité autour de 35%.
Alerte à l'hantavirus qui hante un navire de croisière !
En quoi l'hantavirus est-il différent du covid ?
Le MV Hondius.
Changement de paradigme chez les bovins ?
Europe sociale : les vacances en arrêt maladie récupérables !
L'Affaire Joël Le Scouarnec.
Grippe aviaire : désastre sanitaire mondial en perspective ?
Covid-19 : il y a 5 ans, "Nous sommes en guerre" !
Covid : attention au flirt !
Katalin Kariko et Drew Weissman Prix Nobel de Médecine 2023 : le vaccin à ARN messager récompensé !
Covid : la contre-offensive du variant Eris.
Zéro covid ?
Covid-19 : Didier Raoult et des essais cliniques sauvages ?
La Science, la Recherche et le Doute.
Les confinis de Pierre Perret.
Covid-19 : il y a trois ans, le choc, la sidération et la désolation...
Covid-19 : de bonnes nouvelles de Chine (et de moins bonnes nouvelles).
Covid-19 : où en est l'épidémie en France au 12 janvier 2023 ?
Réintégration du personnel soignant non-vacciné.
Vaccination contre le covid-19 : l'égarement du gouvernement.
Covid-19 : le Père Noël va-t-il devoir surfer sur la 9e vague ?
Contagion.
La sécurité des personnes face aux dangers : meurtres, route, covid-19, environnement, climat...
Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
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Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

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12 mai 2026 2 12 /05 /mai /2026 19:13

« Nous savons certaines choses sur ce virus, c’est plutôt une bonne nouvelle. L’hantavirus est connu depuis les années 1990 ; il peut être transmis entre humains et rendre ceux qui le contractent très malades, voire conduire à leur décès. (…) Il y a aussi des choses que nous ne savons pas sur ce virus, notamment le lieu où la première personne qui en est décédée a été contaminée. Nous ne disposons pas non plus de la totalité du séquençage du virus, raison pour laquelle nous n’avons pas encore la certitude que ce virus n’a pas encore muté, même si les données dont nous disposons pour l’instant sont plutôt rassurantes. » (Stéphanie Rist, le 12 mai 2026 dans l'hémicycle).



 


Nous sommes entrés dans une nouvelle crise sanitaire. Crise mais pas forcément épidémie. Pour l'instant, quelques foyers d'infection du virus appelé hantavirus des Andes. Le gouvernement français, notamment, ne veut pas prendre trop de risque et a rendu plus stricte l'application des protocoles de sécurité. Le Premier Ministre Sébastien Lecornu a décidé le 11 mai 2026 de faire deux réunions de crise à Matignon par jour sur ce sujet, en présence de la Ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, du Ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, du Ministre de l'Éducation nationale Édouard Jeffray et du Ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou.

La raison ? Parce que les cinq passagers français présents à bord du MV Hondius mis en quarantaines aux Canaries ont été rapatriés au Bourget le dimanche 10 mai 2026 puis placés sous surveillance et isolement à l'hôpital Bichat de Paris. Quatre de ces passagers sont pour l'instant asymptomatiques, mais une cinquième passagère française, âgée d'une vingtaine d'années, était asymptomatique mais a montré ensuite qu'elle était atteinte par le virus et son état de santé s'est très rapidement dégradé. Elle a été placée sous poumon artificiel ; son état est grave.

L'hantavirus des Andes en cause est un virus porté par des rongeurs exclusivement en Amérique du Sud, transmis de rongeur à rongeur. Mais il est possible qu'il puisse y avoir une contamination du rongeur à l'humain, et surtout, ce qui est très rare, d'humain à humain. Rappelons qu'il existe au moins une vingtaine d'espèces d'hantavirus dans le monde, classés en deux catégories, ceux d'Europe et Asie, d'une létalité d'environ 10%, provoquant parfois des fièvres hémorragiques et une insuffisance rénale aiguë, et ceux d'Amérique latine, d'une bien plus forte létalité, provoquant parfois une insuffisance respiratoire ainsi qu'une défaillance cardiaque.

Ce qui suit ne concerne donc que l'hantavirus des Andes qui est le seul en cause. Attention aux fake news qui circulent depuis quelques jours dans les réseaux sociaux et qui voudraient montrer que le virus ne peut pas se propager d'humain à humain simplement en présentant la fiche d'information ...d'un autre hantavirus que celui des Andes qui est le seul à pouvoir éventuellement se propager d'humain à humain.

Ce virus peut être attrapé par l'humain en respirant une atmosphère chargée de particules issues d'excréments ou d'urine ou de salive du rongeur porteur. Il y a une période d'incubation assez longue du virus chez l'humain, de l'ordre de trois à six semaines, ce qui est énorme. Par conséquent, tous les cas contacts testés négatif à ce jour pourraient ne plus l'être (négatif) avant la fin de cette période de six semaines. C'est le cas de la jeune femme placée en soins intensifs à Bichat.


Dans le pire des cas, le porteur du virus a des symptômes à partir d'un certain moment (après incubation), à savoir des vomissements, de la forte fièvre, et en quelques heures, cela se transforme en problèmes respiratoires très graves. Si des soins ne sont pas donnés très rapidement, la mort peut être au bout. Le virus, en effet, s'en prend aux parois des vaisseaux sanguins, en particulier aux vaisseaux capillaires dans les poumons, ceux qui échangent l'oxygène, si bien que du liquide se forme dans les poumons et n'assurent plus leur rôle d'oxygéner le sang. Un œdème pulmonaire pour être mortel.

On connaît l'hantavirus des Andes depuis une trentaine d'années, en 1995, et on a même analysé son génome. Régulièrement, il y a eu des transmissions par des rongeurs, soit un peu plus d'une centaine de cas par an en moyenne en Amérique latine, avec éventuellement une contamination d'humain à humain et plusieurs décès.

Un cas de contamination a eu lieu en 2018 lors d'une fête d'anniversaire en Pantagonie. La personne contaminée par le rongeur ne se sentait pas bien et n'est restée qu'une heure trente dans la salle, malheureusement le temps de contaminer environ cinq ou six personnes à sa table et à des tables voisines. Il me semble que lui-même ait survécu, en revanche, pas certaines personnes contaminées. En tout, il y a eu trente-quatre personnes contaminées dont onze qui en sont mortes. Cela donne une idée de la létalité très élevée de virus, de l'ordre de 30% à 45%.

Le niveau élevé de létalité n'est pas étonnant vu les dégâts que le virus fait dans les poumons (et aussi au cœur), mais dépend aussi de la rapidité de la prise en charge des soins et du niveau technique des équipements permettant d'aider à respirer. Tout le monde espère que la jeune femme aux soins intensifs à Bichat pourra s'en sortir. L'effet du virus toutefois peut durer longtemps, plus d'une dizaine de jours, et il faut pouvoir tenir.

La différence de ce foyer d'infection par rapport au début de la pandémie de covid, c'est que d'une part, l'hantavirus est connu depuis une trentaine d'années et on connaît assez bien son comportement, même s'il faut rester très prudent et humble sur cet hantavirus particulier qui a sévi dans le MV Hondius, et d'autre part, les personnes asymptomatiques, c'est-à-dire qui semblent en bonne santé, ne peuvent pas, a priori, contaminer des proches. C'est seulement lorsque l'infection est déclarée que la personne infectée est contagieuse.

Le virus du covid est moins grave par sa létalité mais se propage beaucoup plus facilement, tandis que l'hantavirus, à la létalité très élevée, se propage très difficilement (il faut un contact soutenu avec sueur, salive, etc.).
 


La crise actuelle semblerait provenir d'un couple de retraités néerlandais passionnés par les oiseaux (et scientifiques). Ils ont pris l'avion de Johannesburg pour l'Amérique latine il y a six mois et ont visité un certain nombre de pays d'Amérique du Sud dont l'Argentine, pour finir le petit tour le 1er avril 2026 à Ushuaïa, point de départ d'une croisière de plusieurs semaines jusqu'à Cap-Vert, en principe. L'homme est mort le 11 avril 2026, et le 24 avril 2026, le MV Hondius a fait escale à l'île Sainte-Hélène, le corps de la personne décédée a été évacuée par avion à Johannesburg, accompagné de sa femme qui, elle aussi, était atteinte du virus.

Le 25 avril 2026, la femme était à bord d'un avion allant de Johannesburg à Amsterdam, mais elle n'y est pas restée très longtemps car elle se sentait trop mal, si bien qu'elle a quitté l'avion et a été hospitalisée à l'hôpital de Johannesburg où elle est morte le 27 avril 2026. Ce n'est que le 2 mai 2026, lors du troisième décès dans le paquebot de croisière (qui avait 147 passagers) qu'on s'est aperçu qu'il s'agissait d'une contamination par un hantavirus. L'OMS (Organisation mondiale de la santé) a alors donné l'alerte sanitaire le 3 mai 2026, obligeant le navire de rester au large du Cap-Vert, sa destination, mis en quarantaine dans l'attente d'une solution à trouver pour tous les passagers.

Finalement, l'Espagne a accepté que le MV Hondius accostât à Tenerife, aux Canaries, le dimanche 10 mai 2026, et les passagers ont été évacués par vol aérien pour retourner dans leur pays respectif avec les précautions d'usage en cas de maladie contagieuse.

Du reste, certains ont considéré que le débarquement des passagers était irresponsable et qu'ils auraient dû rester en quarantaine dans le bateau pendant tout le temps d'incubation du virus (jusqu'à six semaines !), avec seulement l'exfiltration des personnes infectées par le virus pour qu'ils reçoivent les soins adaptés. Mais le directeur général de l'OMS, venu sur place aux Canaries, a justifié le débarquement en expliquant que la plupart des passagers étaient des personnes âgées et il aurait été très difficile psychologiquement de les retenir en quarantaine plus longtemps.

C'est donc depuis ce moment que la France intervient, comme d'autres pays, car parmi les passagers du MV Hondius, il y avait cinq Français, qui ont été rapatriés par la France et placés sous isolement à Bichat. De ces cinq Français, une seule, la jeune femme, a été testée positif (avec un test PCR), à ce jour.

Concrètement, au 12 mai 2026, il y a eu onze cas confirmés au total, tous parmi les personnes issues de la croisière, et trois décès (cela donne une première indication sur la létalité).

Mais la France est intervenue aussi pour une autre raison. Les passagers de l'avion assurant le vol de l'île Sainte-Hélène à Johannesburg ainsi que l'avion de Johannesburg à Amsterdam, les deux en présence de la femme décédée, sont considérés comme des cas contacts. Cela concerne en particulier vingt-deux Français, huit du premier vol et quatorze du second vol (avec moins de risque de contamination car la femme est restée très peu de temps). Ces vingt-deux Français ont peu être identifiés et pris en charge dans une structure hospitalière et des tests sont en cours pour savoir si l'un d'eux est infecté.

Vu la survenue soudaine des symptômes très graves de la jeune femme, le Premier Ministre a décidé de ne pas prendre de risque et d'imposer à tous les cas contacts un isolement à l'hôpital pendant au moins quinze jours (en fait, pour être vraiment sûr, il faudrait que cela dure six semaines). L'isolement complet des personnes susceptibles d'être infectées rompra la chaîne de contamination et empêchera l'épidémie. Le problème est donc mondial plus que français. L'Europe s'organise déjà pour harmoniser les protocoles de prise en charge et de partage d'information, mais l'enjeu va au-delà de l'Europe puisque dans le bateau de croisière, il y avait vingt-trois nationalités, dont les États-Unis (beaucoup moins rigoureux pour l'isolement des cas contacts).

Y a-t-il des traitements ou des vaccins contre l'hantavirus des Andes ? La réponse est non. Il existe des vaccins locaux, non homologués en Europe, pour l'hantavirus en Corée ou en Chine, mais ce n'est pas la même souche et il ne se transmet pas d'humain à humain. Autre question sur le non-vaccin. Pourquoi n'existe-t-il pas vaccin alors qu'on connaît le virus depuis plus de trente ans ? Parce que l'infection ne concerne qu'un très petit nombre de personnes, même si certaines en meurent. Il n'y a pas de marché pour une telle recherche et les tests cliniques seraient extrêmement longs et coûteux en raison (heureusement) de la faible contagiosité (au contraire du covid).

Le Premier Ministre Sébastien Lecornu a été à l'école de son prédécesseur Édouard Philippe, lors de la survenue du covid. Lui-même était chargé des Outre-mer, ce qui n'était pas facile pour accompagner la vaccination. En particulier, l'une des clefs de la communication en 2020, c'était la transparence et l'humilité, dire aux citoyens si le gouvernement ne savait pas certaines choses sur le virus.

Il a ainsi régulièrement communiqué sur son compte Twitter. Le 10 mai 2026, il a annoncé que « l'un [des compatriotes rapatriés] a présenté des symptômes dans l'avion de rapatriement ». Et il a mis en œuvre une protection maximale : « Dès ce soir, je prends un décret permettant de mettre en place des mesures d'isolement adaptées à l'égard des cas contacts et protectrices de la population générale. ».

 


Le lendemain, lundi 11 mai 2026, Sébastien Lecornu a confirmé la situation grave de la Française rapatriée : « Notre compatriote positive à l'hantavirus est toujours en réanimation dans un état stable. ». Et toujours des mesures protectrices : « Notre réponse sanitaire est claire : pour tous les cas contacts, sans exception, quarantaine renforcée en milieu hospitalier. ». Il a par ailleurs annoncé : « Deux réunions de coordination interministérielles auront lieu chaque jour à Matignon. ».
 


Le tweet du chef du gouvernement publié le matin du mardi 12 mai 2026 concerne principalement la coopération internationale : « Casser les éventuelles chaînes de transmission suppose de partager rapidement les informations, les décisions et les retours d'expérience. ».
 


Le mardi 12 mai 2026 était une journée très dense pour la Ministre de la Santé Stéphanie Rist puisqu'elle a dû répondre à pas moins de quatre questions au gouvernement lors de la séance à l'Assemblée de l'après-midi, avant de tenir une conférence de presse pour faire le point avec les journalistes sur la situation de l'hantavirus avec la contributions de plusieurs scientifiques réputés en épidémiologie (voir la vidéo plus bas).

Stéphanie Rist a notamment déclarée qu'elle avait agi dès l'alerte de l'OMS : « Dès l’alerte de l’Organisation mondiale de la santé le 3 mai dernier, avec le ministère, le centre de crise, la direction générale de la santé, Santé publique France, la mission risque épidémiologique, l’Institut Pasteur et des scientifiques, nous nous sommes organisés pour pouvoir apporter des données sûres de manière transparente à nos concitoyens. (…) Dès le 7 mai, nous avons publié des communiqués de presse et nous avons effectué des communications publiques à la télévision ou à la radio. Des réunions se tiennent deux fois par jour à Matignon sur ce sujet. ».

Sur le sort des cinq Français présents dans le MV Hondius : « Les cinq passagers français du bateau ont été rapatriés de manière sécurisée dans des avions sanitaires dédiés et avec des professionnels, puis ils ont été hospitalisés dans des chambres elles aussi très sécurisées à l’hôpital Bichat, avec des flux d’air qui empêchent la propagation d’un virus et des professionnels très formés à cette prise en charge. Permettez-moi de saluer l’ensemble des professionnels qui sur notre territoire, à Bichat comme ailleurs, prennent en charge ces passagers et l’ensemble des patients. ».
 


La doctrine utilisée pour agir est assez simple : « Premièrement, face à de telles épidémies, s’agissant d’un virus connu, tout se joue dans les premiers jours. Deuxièmement, puisque tout se joue dans les premiers jours, il faut tout de suite briser ce qu’on appelle la chaîne de transmission, donc les mécanismes de transmission entre les hommes. Troisièmement, les mesures que le premier ministre et moi-même prenons, ou que j’ai pu prendre moi-même, sont proportionnées aux données scientifiques dont nous disposons grâce à l’Organisation mondiale de la santé, qui coordonne l’ensemble des pays ; proportionnées aux risques encourus par les différentes personnes exposées, dans les bateaux ou dans les avions ; proportionnées enfin par rapport à celles que prennent nos voisins, notamment européens, avec lesquels j’ai échangé depuis le début des événements et pour lesquels une réunion encore plus formelle sera organisée demain après-midi. ».

Stéphanie Rist a précisé la situation des Français concernés par l'hantavirus : « Une fois le bateau arrivé aux îles Canaries, il était de notre devoir et de notre responsabilité de rapatrier nos cinq concitoyens en suivant un protocole ultrasécurisé. Une sorte de bulle a été formée autour d’eux pour éviter tout risque de contamination pendant leur transport à l’hôpital. L’une des personnes a malheureusement déclaré des symptômes dans l’avion. J’ai indiqué en toute transparence le lendemain matin que le résultat de son test était positif et que son état s’était aggravé pendant la nuit. Je lui adresse, ainsi qu’à sa famille, tout mon soutien. Le navire a fait plusieurs escales. Le 25 avril, l’une des passagères, hélas décédée ensuite, a effectué un voyage en avion. Huit Français voyageaient dans cet appareil : nous les avons identifiés et ils sont actuellement hospitalisés. Cette femme envisageait de prendre un deuxième avion, mais son état ne le lui a pas permis et elle est décédée sur le lieu de la correspondance dans les heures qui ont suivi. Des Français ont voyagé dans le deuxième avion : nous les avons également identifiés et ils vont être hospitalisés. Dans ce dossier, nous agissons en toute transparence, avec méthode et de manière proportionnée. ».

En outre, la Ministre de la Santé a annoncé qu'elle serait auditionnée ce mercredi 13 mai 2026 dans la matinée par la commission des affaires sociales de l'Assemblée.

 


Je termine mon article sur une chose encore pas très claire. L'un des médecins présents à la conférence de presse de la ministre a estimé que le virus en cause pourrait être un variant de l'hantavirus des Andes et que, dans ce cas, il faudrait faire attention car son mode de contamination pourrait changer.

Néanmoins, il semblerait qu'il n'y ait pas eu de mutations très significatives du virus. En effet, le génome du virus présent sur le corps de la deuxième personne décédée (la femme du patient zéro à Johannesburg) serait significativement le même que le génome du virus analysé en 1996. À cela, rien d'étonnant. Le très faible nombre de personnes infectées (environ 100 dans le monde chaque année) a rendu très lentes les éventuelles modifications génétiques lors de la réplication du virus, au contraire du covid qui a affecté près d'un tiers voire plus de l'humanité. A priori, en raison du faible nombre de personnes infectées (onze à ce jour), une analyse systématique du génome devrait être possible (même si cela dépend du pays concerné).

Nul doute qu'on reparlera encore de ce virus dans les prochains jours. Et pour l'heure, je pense avec émotion à la jeune femme qui lutte pour la vie au service de réanimation de Bichat et espère de tout cœur qu'elle s'en sortira.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 mai 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Stéphanie Rist.
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Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
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Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260512-stephanie-rist.html

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6 mai 2026 3 06 /05 /mai /2026 04:27

« Pour l'instant, le risque pour le reste du monde est faible. » (Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, le 6 mai 2026).



 


Trois décès, et huit personnes contaminées (dont cinq cas confirmés). Faut-il s'inquiéter du foyer d'infection à hantavirus à bord d'un navire de croisière ? D'abord, les faits. Le MV Hondius est un bateau de croisière d'origine néerlandaise. Il est parti d'Ushuaia, la pointe sud de l'Amérique du Sud, le 1er avril 2026, pour "remonter" tout l'Océan Atlantique vers le nord.

Or, durant cette traversée avec escales, des passagers sont morts. Le premier décès a eu lieu le 11 avril 2026 et le corps a été évacué du bateau à l'île Sainte-Hélène le 24 avril 2026. L'épouse de la personne décédée a aussi été exfiltrée et hospitalisée en soins intensifs à Johannesburg où elle est morte le 27 avril 2026. Quelques jours plus tard, le 2 mai 2026, un troisième passager est mort à bord du MV Hondius. Dès lors, un foyer d'épidémie a été suspecté à bord du navire et le 3 mai 2026, il a dû s'arrêter au large de Cap-Vert, sa destination finale, dans l'attente des vérifications sanitaires, et les 147 passagers y ont été confinés (et mis en quarantaine pendant quarante-cinq jours).
 


De quoi sont morts les trois personnes en question ? De l'hantavirus. C'est un virus que transmettent les rongeurs, en particulier le rat, le mulot, la souris, le campagnol roussâtre, le campagnol des champs, etc. Eux-mêmes ne sont pas malades mais transmettent l'hantavirus qui peut toucher l'humain par inhalation des particules issues de leurs salive, urine et excréments.

Il existe beaucoup de sortes d'hantavirus, rangées dans deux catégories : l'une d'Europe et d'Asie, qui provoque des fièvres hémorragiques et une insuffisance rénale, et sa létalité est de 14% ; l'autre d'Amérique, provoque une insuffisance respiratoire et cardiaque et sa létalité est plus élevée, jusqu'à 45%. Par exemple, la pianiste Betsy Arakawa, l'épouse de l'acteur Gene Hackman, a été emportée par un syndrome pulmonaire à hantavirus en février 2025 au Nouveau-Mexique.
 


Attraper ce type de virus est rare en France métropolitaine. Ainsi, dans ce territoire, il y a eu une moyenne de 108 cas par an sur la période de 2012 à 2023. Environ 150 000 à 200 000 cas sont rapportés dans le monde chaque année, dont 200 en Amérique.

Il n'existe pas de médicament pour guérir de cette infection ni de vaccins pour la prévenir, et ce sont les symptômes qui sont soignés, en particulier en cas de difficultés respiratoires, si possible avec une prise en charge rapide. Deux vaccins existent, l'un en Chine et l'autre en Corée du Sud, pour la catégorie d'Europe et Asie, mais ils n'ont pas reçus leur autorisation de mise sur le marché ailleurs que dans ces pays.

Et à l'exception d'une espèce, ces virus peuvent s'attraper du rongeur vers l'humain mais pas d'humain vers humain. Sauf, donc, une espèce, sur les trente-huit souches connues, le virus dit des Andes, qui justement a été détecté à bord du MV Hondius et qui peut, parfois, se transmettre d'humain à humain. Certaines personnes qui ont eu l'hantavirus auraient donc été contaminées par d'autres passagers, peut-être à bord d'un avion commun et pas forcément à bord du MV Hondius. Sur les cinq Français faisant partie des passagers du navire, un a été détecté cas contact de la première personne décédée.avec qui il avait partagé un vol depuis Johannesburg.

Il est évidemment difficile de remonter l'historique car il y a eu plusieurs escales et l'infection pourrait se déclarer après quelques jours à quatre semaines d'incubation. C'est pourquoi les autorités sanitaires de Cap-Vert ont beaucoup hésité pour savoir quoi faire en pareil cas. Pas d'autorisation à débarquer, visite d'inspection du bateau avec étude de spécialistes.

Le gouvernement espagnol a finalement accepté que le MV Hondius accoste le samedi 9 mai 2026 au port de Granadilla, sur l'île de Tenerife, dans les Canaries, même si les autorités locales demeurent opposées à un tel accueil.

Le bateau a ainsi quitté Cap-Vert ce mercredi pour faire prendre le chemin des Canaries. Entre-temps, plusieurs vols aériens ont évacué des passagers infectés, rapatriés à Amsterdam après une escale technique aux Canaries (après le refus d'un atterrissage au Maroc) ; l'un des patients a ensuite été transféré et hospitalisé à Düsseldorf. Trois autres passagers ont été transférés au port de Praia, au Cap-Vert, et un autre à l'hôpital de Zurich, en Suisse (il revenait d'un voyage en Amérique du Sud et son épouse, qui ne présente pas de symptôme, a été placée en isolement).
 


La recherche des cas contacts est en train de se poursuivre afin de retrouver la chaîne de contamination. Une des personnes décédées a été présente brièvement dans un avion prévu pour le vol KL592 de KLM de Johannesburg vers Amsterdam le 25 avril 2026 à 23 heures 15, heure locale, mais son état de santé était tellement mauvais que la compagnie aérienne a décidé de ne pas l'autoriser à prendre le vol et a été débarqué de l'appareil peu avant son décollage.

Au cours d'une conférence de presse le 6 mai 2026, la Ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia Gomez a précisé les conditions de l'accueil du navire à Tenerife : « Un dispositif conjoint d'évaluation sanitaire et d'évacuation sera mis en place pour rapatrier tous les membres du voyage, sauf si leur état de santé l'empêche. Tous les passagers étrangers seront rapatriés. ». Elle a en outre indiqué que ses quatorze compatriotes espagnols actuellement présents à bord du MV Hondius seraient transférés à l'hôpital militaire Gomez Ulla de Madrid.

On peut entendre quelques témoignages de la vie à bord du MV Hondius pendant cette quarantaine. Ainsi, un passager a déclaré mercredi à CNN : « Si les passagers prennent la situation au sérieux, ils ne paniquent pas. (…) Nous essayons de suivre les recommandations que nous avons reçues, comme réduire les contacts directs avec les autres passagers et nous désinfecter les mains aussi souvent que possible. Nos journées se déroulent presque normalement. Nous essayons de nous occuper en lisant, en regardant des films et en buvant des boissons chaudes. ».

Il faut dire que la situation à l'intérieur d'un navire de croisière avec un foyer de contamination n'est pas très évidente à gérer car les passagers restent confinés plusieurs semaines entre eux. On peut se rappeler comment plusieurs paquebots de croisière (le MS Westerdam, le Diamond Princess) avaient été la base de foyers d'infection au covid-19 et avaient eu du mal à trouver un port d'accostage.

L'hantavirus est normalement très peu transmissible à l'humain, et encore plus improbablement transmissible d'humain à humain. Ce qui inquiète aujourd'hui, c'est le nombre de cas d'infections non négligeable au sein d'un environnement confiné. Comme l'a écrit Christelle Cherrier le 4 mai 2026 pour le site Futura-Sciences : « En clair, ce n'est pas seulement la présence d'un hantavirus qui alarme aujourd'hui les autorités sanitaires, mais bien le fait que plusieurs passagers aient développé des formes graves dans un même espace confiné alors que ce virus circule habituellement de manière beaucoup plus dispersée. ».

 


Il faudra donc que les scientifiques se penchent sur cette question : y a-t-il une source d'infection commune (un rongeur dans le bateau porteur d'hantavirus) ou le processus est-il la conséquence d'une enchaînement malheureux de faits eux-mêmes très improbables ? Ou encore, risque-t-il d'y avoir mutation de ce virus ?

Dans un communiqué de presse le 6 mai 2026, la directrice de l'ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, une agence de l'Union Européenne), Pamela Rendi-Wagner a appelé à la plus grande prudence : « De nombreuses incertitudes subsistent encore concernant cette épidémie d'hantavirus et il est important, à ce stade, d'adopter une approche de précaution afin de réduire la probabilité de nouvelles transmissions. ».

Pour autant, risque-t-on une pandémie comme celle qui a démarré en début de l'année 2020 avec le covid-19 ? C'est très peu probable car le mode de contamination de l'hantavirus reste très différent et très faible par rapport au covid. Par ailleurs, et c'est un avantage déterminant pour les épidémiologistes, l'hantavirus des Andes (qui a été détecté chez des patients contaminés tant en Afrique du Sud qu'en Suisse) n'est pas un nouveau virus et il est déjà très connu, on connaît sa dangerosité, sa létalité, ses symptômes (qu'il s'agit de soigner le plus rapidement pour éviter qu'une insuffisance pulmonaire n'entrîne en déficience cardiaque).

Il ne faut donc pas trop s'inquiéter sur plan mondial, même s'il faut rester très vigilant car pour le covid-19, il a fallu au moins trois mois pour prendre conscience de son très grave impact sur la santé mondiale.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 mai 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260504-hantavirus.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/alerte-a-l-hantavirus-qui-hante-un-268768

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/05/04/article-sr-20260504-hantavirus.html


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5 mai 2026 2 05 /05 /mai /2026 04:55

« Pour l'instant, le risque pour le reste du monde est faible. » (Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, le 6 mai 2026).




 


Trois décès, et huit personnes contaminées (dont cinq cas confirmés). Faut-il s'inquiéter du foyer d'infection à hantavirus à bord d'un navire de croisière ? D'abord, les faits. Le MV Hondius est un bateau de croisière d'origine néerlandaise. Il est parti d'Ushuaia, la pointe sud de l'Amérique du Sud, le 1er avril 2026, pour "remonter" tout l'Océan Atlantique vers le nord.

Or, durant cette traversée avec escales, des passagers sont morts. Le premier décès a eu lieu le 11 avril 2026 et le corps a été évacué du bateau à l'île Sainte-Hélène le 24 avril 2026. L'épouse de la personne décédée a aussi été exfiltrée et hospitalisée en soins intensifs à Johannesburg où elle est morte le 27 avril 2026. Quelques jours plus tard, le 2 mai 2026, un troisième passager est mort à bord du MV Hondius. Dès lors, un foyer d'épidémie a été suspecté à bord du navire et le 3 mai 2026, il a dû s'arrêter au large de Cap-Vert, sa destination finale, dans l'attente des vérifications sanitaires, et les 147 passagers y ont été confinés (et mis en quarantaine pendant quarante-cinq jours).
 


De quoi sont morts les trois personnes en question ? De l'hantavirus. C'est un virus que transmettent les rongeurs, en particulier le rat, le mulot, la souris, le campagnol roussâtre, le campagnol des champs, etc. Eux-mêmes ne sont pas malades mais transmettent l'hantavirus qui peut toucher l'humain par inhalation des particules issues de leurs salive, urine et excréments.

Il existe beaucoup de sortes d'hantavirus, rangées dans deux catégories : l'une d'Europe et d'Asie, qui provoque des fièvres hémorragiques et une insuffisance rénale, et sa létalité est de 14% ; l'autre d'Amérique, provoque une insuffisance respiratoire et cardiaque et sa létalité est plus élevée, jusqu'à 45%. Par exemple, la pianiste Betsy Arakawa, l'épouse de l'acteur Gene Hackman, a été emportée par un syndrome pulmonaire à hantavirus en février 2025 au Nouveau-Mexique.
 


Attraper ce type de virus est rare en France métropolitaine. Ainsi, dans ce territoire, il y a eu une moyenne de 108 cas par an sur la période de 2012 à 2023. Environ 150 000 à 200 000 cas sont rapportés dans le monde chaque année, dont 200 en Amérique.

Il n'existe pas de médicament pour guérir de cette infection ni de vaccins pour la prévenir, et ce sont les symptômes qui sont soignés, en particulier en cas de difficultés respiratoires, si possible avec une prise en charge rapide. Deux vaccins existent, l'un en Chine et l'autre en Corée du Sud, pour la catégorie d'Europe et Asie, mais ils n'ont pas reçus leur autorisation de mise sur le marché ailleurs que dans ces pays.

Et à l'exception d'une espèce, ces virus peuvent s'attraper du rongeur vers l'humain mais pas d'humain vers humain. Sauf, donc, une espèce, sur les trente-huit souches connues, le virus dit des Andes, qui justement a été détecté à bord du MV Hondius et qui peut, parfois, se transmettre d'humain à humain. Certaines personnes qui ont eu l'hantavirus auraient donc été contaminées par d'autres passagers, peut-être à bord d'un avion commun et pas forcément à bord du MV Hondius. Sur les cinq Français faisant partie des passagers du navire, un a été détecté cas contact de la première personne décédée.avec qui il avait partagé un vol depuis Johannesburg.

Il est évidemment difficile de remonter l'historique car il y a eu plusieurs escales et l'infection pourrait se déclarer après quelques jours à quatre semaines d'incubation. C'est pourquoi les autorités sanitaires de Cap-Vert ont beaucoup hésité pour savoir quoi faire en pareil cas. Pas d'autorisation à débarquer, visite d'inspection du bateau avec étude de spécialistes.

Le gouvernement espagnol a finalement accepté que le MV Hondius accoste le samedi 9 mai 2026 au port de Granadilla, sur l'île de Tenerife, dans les Canaries, même si les autorités locales demeurent opposées à un tel accueil.

Le bateau a ainsi quitté Cap-Vert ce mercredi pour faire prendre le chemin des Canaries. Entre-temps, plusieurs vols aériens ont évacué des passagers infectés, rapatriés à Amsterdam après une escale technique aux Canaries (après le refus d'un atterrissage au Maroc) ; l'un des patients a ensuite été transféré et hospitalisé à Düsseldorf. Trois autres passagers ont été transférés au port de Praia, au Cap-Vert, et un autre à l'hôpital de Zurich, en Suisse (il revenait d'un voyage en Amérique du Sud et son épouse, qui ne présente pas de symptôme, a été placée en isolement).
 


La recherche des cas contacts est en train de se poursuivre afin de retrouver la chaîne de contamination. Une des personnes décédées a été présente brièvement dans un avion prévu pour le vol KL592 de KLM de Johannesburg vers Amsterdam le 25 avril 2026 à 23 heures 15, heure locale, mais son état de santé était tellement mauvais que la compagnie aérienne a décidé de ne pas l'autoriser à prendre le vol et a été débarqué de l'appareil peu avant son décollage.

Au cours d'une conférence de presse le 6 mai 2026, la Ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia Gomez a précisé les conditions de l'accueil du navire à Tenerife : « Un dispositif conjoint d'évaluation sanitaire et d'évacuation sera mis en place pour rapatrier tous les membres du voyage, sauf si leur état de santé l'empêche. Tous les passagers étrangers seront rapatriés. ». Elle a en outre indiqué que ses quatorze compatriotes espagnols actuellement présents à bord du MV Hondius seraient transférés à l'hôpital militaire Gomez Ulla de Madrid.

On peut entendre quelques témoignages de la vie à bord du MV Hondius pendant cette quarantaine. Ainsi, un passager a déclaré mercredi à CNN : « Si les passagers prennent la situation au sérieux, ils ne paniquent pas. (…) Nous essayons de suivre les recommandations que nous avons reçues, comme réduire les contacts directs avec les autres passagers et nous désinfecter les mains aussi souvent que possible. Nos journées se déroulent presque normalement. Nous essayons de nous occuper en lisant, en regardant des films et en buvant des boissons chaudes. ».

Il faut dire que la situation à l'intérieur d'un navire de croisière avec un foyer de contamination n'est pas très évidente à gérer car les passagers restent confinés plusieurs semaines entre eux. On peut se rappeler comment plusieurs paquebots de croisière (le MS Westerdam, le Diamond Princess) avaient été la base de foyers d'infection au covid-19 et avaient eu du mal à trouver un port d'accostage.

L'hantavirus est normalement très peu transmissible à l'humain, et encore plus improbablement transmissible d'humain à humain. Ce qui inquiète aujourd'hui, c'est le nombre de cas d'infections non négligeable au sein d'un environnement confiné. Comme l'a écrit Christelle Cherrier le 4 mai 2026 pour le site Futura-Sciences : « En clair, ce n'est pas seulement la présence d'un hantavirus qui alarme aujourd'hui les autorités sanitaires, mais bien le fait que plusieurs passagers aient développé des formes graves dans un même espace confiné alors que ce virus circule habituellement de manière beaucoup plus dispersée. ».

 


Il faudra donc que les scientifiques se penchent sur cette question : y a-t-il une source d'infection commune (un rongeur dans le bateau porteur d'hantavirus) ou le processus est-il la conséquence d'une enchaînement malheureux de faits eux-mêmes très improbables ? Ou encore, risque-t-il d'y avoir mutation de ce virus ?

Dans un communiqué de presse le 6 mai 2026, la directrice de l'ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, une agence de l'Union Européenne), Pamela Rendi-Wagner a appelé à la plus grande prudence : « De nombreuses incertitudes subsistent encore concernant cette épidémie d'hantavirus et il est important, à ce stade, d'adopter une approche de précaution afin de réduire la probabilité de nouvelles transmissions. ».

Pour autant, risque-t-on une pandémie comme celle qui a démarré en début de l'année 2020 avec le covid-19 ? C'est très peu probable car le mode de contamination de l'hantavirus reste très différent et très faible par rapport au covid. Par ailleurs, et c'est un avantage déterminant pour les épidémiologistes, l'hantavirus des Andes (qui a été détecté chez des patients contaminés tant en Afrique du Sud qu'en Suisse) n'est pas un nouveau virus et il est déjà très connu, on connaît sa dangerosité, sa létalité, ses symptômes (qu'il s'agit de soigner le plus rapidement pour éviter qu'une insuffisance pulmonaire n'entrîne en déficience cardiaque).

Il ne faut donc pas trop s'inquiéter sur plan mondial, même s'il faut rester très vigilant car pour le covid-19, il a fallu au moins trois mois pour prendre conscience de son très grave impact sur la santé mondiale.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 mai 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Alerte à l'hantavirus qui hante un navire de croisière !
En quoi l'hantavirus est-il différent du covid ?
Le MV Hondius.
Changement de paradigme chez les bovins ?
Europe sociale : les vacances en arrêt maladie récupérables !
L'Affaire Joël Le Scouarnec.
Grippe aviaire : désastre sanitaire mondial en perspective ?
Covid-19 : il y a 5 ans, "Nous sommes en guerre" !
Covid : attention au flirt !
Katalin Kariko et Drew Weissman Prix Nobel de Médecine 2023 : le vaccin à ARN messager récompensé !
Covid : la contre-offensive du variant Eris.
Zéro covid ?
Covid-19 : Didier Raoult et des essais cliniques sauvages ?
La Science, la Recherche et le Doute.
Les confinis de Pierre Perret.
Covid-19 : il y a trois ans, le choc, la sidération et la désolation...
Covid-19 : de bonnes nouvelles de Chine (et de moins bonnes nouvelles).
Covid-19 : où en est l'épidémie en France au 12 janvier 2023 ?
Réintégration du personnel soignant non-vacciné.
Vaccination contre le covid-19 : l'égarement du gouvernement.
Covid-19 : le Père Noël va-t-il devoir surfer sur la 9e vague ?
Contagion.
La sécurité des personnes face aux dangers : meurtres, route, covid-19, environnement, climat...
Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
Covid-19 : faut-il s'inquiéter de la vague de la rentrée 2022 ?
Le covid-19 a-t-il disparu ?
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

​

 






https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260411-croisiere-covid.html

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/05/07/article-sr-20260411-croisiere-covid.html

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2 mai 2026 6 02 /05 /mai /2026 04:34

« Pour l'instant, le risque pour le reste du monde est faible. » (Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, le 6 mai 2026).



 


Trois décès, et huit personnes contaminées (dont cinq cas confirmés). Faut-il s'inquiéter du foyer d'infection à hantavirus à bord d'un navire de croisière ? D'abord, les faits. Le MV Hondius est un bateau de croisière d'origine néerlandaise. Il est parti d'Ushuaia, la pointe sud de l'Amérique du Sud, le 1er avril 2026, pour "remonter" tout l'Océan Atlantique vers le nord.

Or, durant cette traversée avec escales, des passagers sont morts. Le premier décès a eu lieu le 11 avril 2026 et le corps a été évacué du bateau à l'île Sainte-Hélène le 24 avril 2026. L'épouse de la personne décédée a aussi été exfiltrée et hospitalisée en soins intensifs à Johannesburg où elle est morte le 27 avril 2026. Quelques jours plus tard, le 2 mai 2026, un troisième passager est mort à bord du MV Hondius. Dès lors, un foyer d'épidémie a été suspecté à bord du navire et le 3 mai 2026, il a dû s'arrêter au large de Cap-Vert, sa destination finale, dans l'attente des vérifications sanitaires, et les 147 passagers y ont été confinés (et mis en quarantaine pendant quarante-cinq jours).


De quoi sont morts les trois personnes en question ? De l'hantavirus. C'est un virus que transmettent les rongeurs, en particulier le rat, le mulot, la souris, le campagnol roussâtre, le campagnol des champs, etc. Eux-mêmes ne sont pas malades mais transmettent l'hantavirus qui peut toucher l'humain par inhalation des particules issues de leurs salive, urine et excréments.

Il existe beaucoup de sortes d'hantavirus, rangées dans deux catégories : l'une d'Europe et d'Asie, qui provoque des fièvres hémorragiques et une insuffisance rénale, et sa létalité est de 14% ; l'autre d'Amérique, provoque une insuffisance respiratoire et cardiaque et sa létalité est plus élevée, jusqu'à 45%. Par exemple, la pianiste Betsy Arakawa, l'épouse de l'acteur Gene Hackman, a été emportée par un syndrome pulmonaire à hantavirus en février 2025 au Nouveau-Mexique.
 


Attraper ce type de virus est rare en France métropolitaine. Ainsi, dans ce territoire, il y a eu une moyenne de 108 cas par an sur la période de 2012 à 2023. Environ 150 000 à 200 000 cas sont rapportés dans le monde chaque année, dont 200 en Amérique.

Il n'existe pas de médicament pour guérir de cette infection ni de vaccins pour la prévenir, et ce sont les symptômes qui sont soignés, en particulier en cas de difficultés respiratoires, si possible avec une prise en charge rapide. Deux vaccins existent, l'un en Chine et l'autre en Corée du Sud, pour la catégorie d'Europe et Asie, mais ils n'ont pas reçus leur autorisation de mise sur le marché ailleurs que dans ces pays.

Et à l'exception d'une espèce, ces virus peuvent s'attraper du rongeur vers l'humain mais pas d'humain vers humain. Sauf, donc, une espèce, sur les trente-huit souches connues, le virus dit des Andes, qui justement a été détecté à bord du MV Hondius et qui peut, parfois, se transmettre d'humain à humain. Certaines personnes qui ont eu l'hantavirus auraient donc été contaminées par d'autres passagers, peut-être à bord d'un avion commun et pas forcément à bord du MV Hondius. Sur les cinq Français faisant partie des passagers du navire, un a été détecté cas contact de la première personne décédée.avec qui il avait partagé un vol depuis Johannesburg.

Il est évidemment difficile de remonter l'historique car il y a eu plusieurs escales et l'infection pourrait se déclarer après quelques jours à quatre semaines d'incubation. C'est pourquoi les autorités sanitaires de Cap-Vert ont beaucoup hésité pour savoir quoi faire en pareil cas. Pas d'autorisation à débarquer, visite d'inspection du bateau avec étude de spécialistes.

Le gouvernement espagnol a finalement accepté que le MV Hondius accoste le samedi 9 mai 2026 au port de Granadilla, sur l'île de Tenerife, dans les Canaries, même si les autorités locales demeurent opposées à un tel accueil.

Le bateau a ainsi quitté Cap-Vert ce mercredi pour faire prendre le chemin des Canaries. Entre-temps, plusieurs vols aériens ont évacué des passagers infectés, rapatriés à Amsterdam après une escale technique aux Canaries (après le refus d'un atterrissage au Maroc) ; l'un des patients a ensuite été transféré et hospitalisé à Düsseldorf. Trois autres passagers ont été transférés au port de Praia, au Cap-Vert, et un autre à l'hôpital de Zurich, en Suisse (il revenait d'un voyage en Amérique du Sud et son épouse, qui ne présente pas de symptôme, a été placée en isolement).
 


La recherche des cas contacts est en train de se poursuivre afin de retrouver la chaîne de contamination. Une des personnes décédées a été présente brièvement dans un avion prévu pour le vol KL592 de KLM de Johannesburg vers Amsterdam le 25 avril 2026 à 23 heures 15, heure locale, mais son état de santé était tellement mauvais que la compagnie aérienne a décidé de ne pas l'autoriser à prendre le vol et a été débarqué de l'appareil peu avant son décollage.

Au cours d'une conférence de presse le 6 mai 2026, la Ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia Gomez a précisé les conditions de l'accueil du navire à Tenerife : « Un dispositif conjoint d'évaluation sanitaire et d'évacuation sera mis en place pour rapatrier tous les membres du voyage, sauf si leur état de santé l'empêche. Tous les passagers étrangers seront rapatriés. ». Elle a en outre indiqué que ses quatorze compatriotes espagnols actuellement présents à bord du MV Hondius seraient transférés à l'hôpital militaire Gomez Ulla de Madrid.

On peut entendre quelques témoignages de la vie à bord du MV Hondius pendant cette quarantaine. Ainsi, un passager a déclaré mercredi à CNN : « Si les passagers prennent la situation au sérieux, ils ne paniquent pas. (…) Nous essayons de suivre les recommandations que nous avons reçues, comme réduire les contacts directs avec les autres passagers et nous désinfecter les mains aussi souvent que possible. Nos journées se déroulent presque normalement. Nous essayons de nous occuper en lisant, en regardant des films et en buvant des boissons chaudes. ».

Il faut dire que la situation à l'intérieur d'un navire de croisière avec un foyer de contamination n'est pas très évidente à gérer car les passagers restent confinés plusieurs semaines entre eux. On peut se rappeler comment plusieurs paquebots de croisière (le MS Westerdam, le Diamond Princess) avaient été la base de foyers d'infection au covid-19 et avaient eu du mal à trouver un port d'accostage.

L'hantavirus est normalement très peu transmissible à l'humain, et encore plus improbablement transmissible d'humain à humain. Ce qui inquiète aujourd'hui, c'est le nombre de cas d'infections non négligeable au sein d'un environnement confiné. Comme l'a écrit Christelle Cherrier le 4 mai 2026 pour le site Futura-Sciences : « En clair, ce n'est pas seulement la présence d'un hantavirus qui alarme aujourd'hui les autorités sanitaires, mais bien le fait que plusieurs passagers aient développé des formes graves dans un même espace confiné alors que ce virus circule habituellement de manière beaucoup plus dispersée. ».

 


Il faudra donc que les scientifiques se penchent sur cette question : y a-t-il une source d'infection commune (un rongeur dans le bateau porteur d'hantavirus) ou le processus est-il la conséquence d'une enchaînement malheureux de faits eux-mêmes très improbables ? Ou encore, risque-t-il d'y avoir mutation de ce virus ?

Dans un communiqué de presse le 6 mai 2026, la directrice de l'ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, une agence de l'Union Européenne), Pamela Rendi-Wagner a appelé à la plus grande prudence : « De nombreuses incertitudes subsistent encore concernant cette épidémie d'hantavirus et il est important, à ce stade, d'adopter une approche de précaution afin de réduire la probabilité de nouvelles transmissions. ».

Pour autant, risque-t-on une pandémie comme celle qui a démarré en début de l'année 2020 avec le covid-19 ? C'est très peu probable car le mode de contamination de l'hantavirus reste très différent et très faible par rapport au covid. Par ailleurs, et c'est un avantage déterminant pour les épidémiologistes, l'hantavirus des Andes (qui a été détecté chez des patients contaminés tant en Afrique du Sud qu'en Suisse) n'est pas un nouveau virus et il est déjà très connu, on connaît sa dangerosité, sa létalité, ses symptômes (qu'il s'agit de soigner le plus rapidement pour éviter qu'une insuffisance pulmonaire n'entrîne en déficience cardiaque).

Il ne faut donc pas trop s'inquiéter sur plan mondial, même s'il faut rester très vigilant car pour le covid-19, il a fallu au moins trois mois pour prendre conscience de son très grave impact sur la santé mondiale.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 mai 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Alerte à l'hantavirus qui hante un navire de croisière !
En quoi l'hantavirus est-il différent du covid ?
Le MV Hondius.
Changement de paradigme chez les bovins ?
Europe sociale : les vacances en arrêt maladie récupérables !
L'Affaire Joël Le Scouarnec.
Grippe aviaire : désastre sanitaire mondial en perspective ?
Covid-19 : il y a 5 ans, "Nous sommes en guerre" !
Covid : attention au flirt !
Katalin Kariko et Drew Weissman Prix Nobel de Médecine 2023 : le vaccin à ARN messager récompensé !
Covid : la contre-offensive du variant Eris.
Zéro covid ?
Covid-19 : Didier Raoult et des essais cliniques sauvages ?
La Science, la Recherche et le Doute.
Les confinis de Pierre Perret.
Covid-19 : il y a trois ans, le choc, la sidération et la désolation...
Covid-19 : de bonnes nouvelles de Chine (et de moins bonnes nouvelles).
Covid-19 : où en est l'épidémie en France au 12 janvier 2023 ?
Réintégration du personnel soignant non-vacciné.
Vaccination contre le covid-19 : l'égarement du gouvernement.
Covid-19 : le Père Noël va-t-il devoir surfer sur la 9e vague ?
Contagion.
La sécurité des personnes face aux dangers : meurtres, route, covid-19, environnement, climat...
Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
Covid-19 : faut-il s'inquiéter de la vague de la rentrée 2022 ?
Le covid-19 a-t-il disparu ?
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

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14 février 2026 6 14 /02 /février /2026 03:17

« Moi et ma moitié devons nous mettre en mode guerrier afin d'affronter cette épreuve un peu particulière. » (Florent Pagny, le 25 janvier 2022 sur Instagram).




 


Dans le numéro 1706 de "Gala" sorti ce jeudi 12 février 2026, le chanteur Florent Pagny s'est confié sur sa maladie dans une interview. Son combat dure depuis quatre ans et il le mène ce que je dirais à découvert, c'est-à-dire en expliquant publiquement son état, ses traitements, ceux qui avaient l'air de marcher, ceux qui n'ont pas eu l'air de marcher... au fil de ses apparitions publiques dans l'émission "The Voice" (où il est coach) et de la sortie, récente, le 12 septembre 2025, de son vingt-neuvième et dernier album "Grandeur nature" composé de onze chansons inédites : « L’envie d’aller chercher des nouvelles chansons et de revenir sur scène, elle a mis un peu de temps à revenir. » (autre interview sur RTL en septembre 2025). Dans "Gala", le chanteur s'est livré un peu plus : « Je suis toujours dépendant de cette bêtise-là ! Cette maladie peut réapparaître à tout moment et ce n’est jamais terminé. (…) L’immunothérapie n’a pas marché, mais ça ne me fait pas plus peur que ça ! » (12 février 2026).

Mon but ici n'est bien sûr pas de faire la publicité d'un magazine people, ni de faire une analyse approfondie de l'œuvre et du destin de Florent Pagny, mais de profiter de ce qu'il a osé mettre sur la place publique un sujet à la fois grave, essentiel dans sa vie, particulièrement intime même, et pourtant tellement récurrent, fréquent, chez (hélas) de nombreuses personnes, son cancer, en l'occurrence pour lui du poumon, pour évoquer cette maladie. Une saleté de maladie, avec des traitements, sans doute pas le pire des cancers, mais pas non plus le plus doux. Bref, c'est de maladie plus que de show business que je souhaite consacrer cet article.


J'ai été particulièrement sensible à sa trajectoire... de personnalité publique parlant publiquement de sa maladie. Ce n'est jamais facile, c'est une transparence qui peut donner le vertige, comment entrevoir l'horizon du futur si tous ceux qui vous entourent le croient bouché, inexistant. Bien sûr, il y a aussi le rapport à l'autre, aux autres, ne pas être considéré pour sa maladie mais pour soi-même, ne pas être un patient, un malade, un infirme, mais une personne à part entière, avec ses humeurs, avec ses peurs, avec ses joies, et peut-être aussi avec ses excès qu'il faut que l'entourage sache réprimer. Rien de pire que de voir vos proches se censurer, ne plus vous engueuler parce que vous l'auriez mérité, pire, les voir vous ménager parce que, avec la maladie, il faut le ménager, le pauvre vieux. C'est le début de la fin, de la mort. Car évidemment, parler de sa maladie quand c'est une maladie comme le cancer, c'est parler de sa mort, y penser, la projeter, certains voudraient même l'anticiper.

Plus on réussira à avoir un regard qui ne soit pas pollué par la maladie (ou, dans d'autres cas, par une situation de handicap), à rester dans le respect de la personne, à voir l'autre comme une autre personne (car n'oublions pas que tout le monde va mourir, même les bien portants), plus la transparence, l'expression sans tabou de sa maladie se fera naturellement. La dignité de la personne malade ne dépend pas de lui ni de sa maladie (ou son handicap), mais avant tout du regard que les autres portent sur elle. Le maître mot, dans cette affaire, c'est la confiance. Confiance envers le corps médical dans son ensemble bien sûr (et pas seulement les médecins, tous ceux qui concourent à vous soigner), mais aussi la confiance des proches, l'assurance que vos proches ne changeront pas le regard sur vous (ce n'est pas évident et certains ont même une double peine avec une séparation à la clef car tous les proches ne peuvent pas, psychologiquement ou matériellement, accompagner un grand malade ; du reste, la moitié des proches aidants meurent avant la personne qu'ils ont accompagnée).

Entre le moment où Florent Pagny a divulgué son cancer et aussi l'évolution de celui-ci, en 2022-2023, et maintenant, en 2026, j'ai connu une personne qui, à l'époque, était particulièrement en bonne santé, très dynamique, et qui a connu ce destin malheureux du sort, en été 2023, cette nouvelle donnée comme un couperet. Il était en situation de grande responsabilité dans une "aventure" collective, je reste vague pour laisser cette part de confidentialité, mais son action, ses décisions, étaient importantes pour de nombreuses personnes. Un cancer du pancréas, le pire apparemment. Il avait les meilleurs médecins, les meilleurs traitements. Il savait parfois expliquer à ses proches, à des moins proches ce qu'il ressentait, les heures qu'ils passaient le matin à se lever parce qu'il n'avait plus aucune force, lui, le dynamique, le volontaire, l'entrepreneur, l'initiateur. Mais il continuait à exercer ses responsabilités, il était présent partout où il le fallait même s'il avait réduit son rythme, les effets secondaires étaient un calvaire, il réussissait quand même à tromper son monde, à faire bonne figure quand il était présent, on aurait même pu douter de sa maladie s'il n'en avait pas parlé de lui-même, et si on n'avait pas remarqué parfois son petit dispositif de perfusion sous la veste ou ses accès à la fatigue lorsqu'il était trop longtemps debout.


Ce qui m'avait étonné, impressionné, fasciné, c'était cette course quasi-insensée vers la vie. Pas question d'abdiquer devant la maladie. Pas de changement. Je continue, disait-il ! Parfois, on pouvait même penser aux dépens de ses plus proches, de sa famille, qui auraient peut-être préféré l'avoir pour eux tout seuls. Cette détermination pouvait d'ailleurs ne pas le rendre agréable. J'avais été frappé par les dernières semaines du professeur Axel Kahn qui avait décidé que rédiger dans son blog son journal intime dans sa lente descente vers la mort, après le retour de son cancer. Il avait un jour fait remarquer : je suis en train de lire (je ne sais plus quel livre), mais je sais que je ne le finirai pas ; il est trop gros, la lecture me fatigue trop, je ne lis que quelques pages par jour et je sais bien que je n'aurai pas le temps de le terminer avec ce qu'il me reste à vivre. Cet ami, c'était un peu la même chose : il pressait tous ceux avec qui il était en relation pour pouvoir voir ses projets prendre forme, et c'était pressé.

Il a lâché seulement les trois dernière semaines, au printemps 2025, on aurait dit beaucoup trop vite, on aurait dit avec surprise, comme si on n'était pas préparé, comme si on n'était pas prévenu. Et pourtant, je suis assez convaincu qu'il a peut-être gagné six à douze mois de vie avec sa détermination à ignorer la maladie tout en étant lucide, pas de déni, mais de la volonté de ne pas être un malade et de rester d'abord un vivant, de ne pas être contrôlé par la maladie. Comme c'était quelqu'un qui n'avait jamais rien laissé au hasard, il s'était mis en ordre dans tous ses papiers, toute sa succession, avait eu de multiples rendez-vous avec la notaire, et avait même choisi le traiteur pour son enterrement. Ce qui est brutal, c'est de se dire que malgré cette volonté de vivre, cela n'a pas suffi. En revanche, il serait certainement descendu plus vite dans son enfer personnel sans cette volonté.


C'est cette détermination que je ressens aujourd'hui chez Florent Pagny et c'est pour cela que je lui tire mon chapeau. Il va avoir 65 ans le 6 novembre 2026. Il a décidé de faire une tournée pour ses 65 ans. Il avait dû arrêter sa tournée des 60 ans il y a quatre ans à cause de la maladie. Il voudrait en gros réparer cela. Soixante-huit concerts sont prévus en France, en Belgique, en Suisse. Je le rappelle, le chanteur a un cancer du poumon. Pour chanter, il faut du souffle. Les poumons sont en quelque sorte les premiers outils du chanteur (pas les seuls).
 


Il n'a pas évacué sa maladie mais il dit qu'il n'a plus de traitement actuellement. Son traitement à base d'immunothérapie n'aurait pas fait d'effet. Ce sont des traitements qui promettent de l'efficacité mais sans doute pas encore bien au point. De ce qu'on peut lire, je ne sais pas vraiment s'il faut s'inquiéter ou pas, si son cancer couvre encore ou s'il est en retrait. Toujours est-il qu'il a choisi de faire, ses prochains mois, une tournée, c'est-à-dire une sorte de marathon très épuisant pour le corps lorsque celui-ci est malade. C'est le courage que je salue dans cet homme-là.

Il va faire sa tournée avec les conseils des médecins, c'est-à-dire : rester plusieurs jours dans la même ville pour pouvoir se reposer entre chaque lieu, et renoncer à la séance d'après-concert, cette rencontre avec les spectateurs, les fans, qui permettent de faire sentir à l'artiste ce qu'il ont provoqué comme émotion dans son public. Pourquoi ? Simplement pour éviter toute maladie infectieuse supplémentaire, étant donné qu'il a de faibles défenses immunitaires. Virus et bactéries sont interdites. On connaît la musique depuis le covid.

Bon courage pour la suite !




1. "T'aimer encore" (2 mai 2025)





« Je veux t'aimer encore
Qu’elle attende la mort
Je veux t’aimer encore
Je veux donner bien plus
Que ce que j’ai reçu

Que le diable m’ignore »



2. "Grandeur nature" (17 juillet 2025)





« Et puisque tout doit disparaître
Un jour dans la vitrine du temps
Je n'ai jamais cessé de naître

D'aimer la vie en grand »


Le prochain concert de Florent Pagny aura lieu dès ce lundi 16 février 2026 au Zénith de Rouen, et sa marathon ira jusqu'au dimanche 19 juillet 2026 à l'Olympia à Paris (où il se produira dans vingt concerts à partir du 16 juin 2026), en passant par Genève, Bordeaux, Lyon, Dijon, Toulouse, Nantes, Lille et Bruxelles.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 février 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Florent Pagny.
Sans tabou.
Daniel Balavoine.
Le rocker.
Le révolté.
Les Restos du Cœur.
Joan Baez.
Brigitte Bardot.
Marion Cotillard.
Claudia Cardinale.
Hugues Aufray.
Sheila.
Nicole Croisille.
Mike Brant.
Olena Kohut.
Joséphine Baker.
Gérard Depardieu.
Florence Arthaud.
Herbert Léonard.
Jeanne Calment.
Pierre Bachelet.
Gérard Lenorman.
Pierre Dac.
Marianne Faithfull.
Marcel Zanini.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.





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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260212-florent-pagny.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/florent-pagny-et-sa-salete-de-266738

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/02/14/article-sr-20260212-florent-pagny.html






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