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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 02:21

L'association SOS Homophobie créée en 1994 récolte les milliers de témoignages d'actes homophobes en France. Chaque année, elle publie son rapport sur ces phénomènes en hausse ces dernières années. On peut y lire les dernières statistiques de l'année précédente.

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport (fichier .pdf) :
https://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_annuel_2018.pdf

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20171014-mariage-homosexuel.html

Et aussi :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180517-mariage-pour-tous-3.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20180517-rapport-sos-homophobie.html


 

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 02:55

« Le baccalauréat est une grande institution républicaine à laquelle nous sommes tous attachés. Cependant, l’échec trop important en licence l’a peu à peu fragilisé car il n’est plus suffisamment un tremplin vers la réussite dans l’enseignement supérieur. (…) Avec un baccalauréat remusclé et un lycée plus simple, plus à l’écoute des aspirations des lycéens, nous allons leur donner les moyens de se projeter vers la réussite dans l’enseignement supérieur et de vivre leurs années de lycée avec bonheur. » (Jean-Michel Blanquer, le 14 février 2018). Seconde partie.



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Après avoir présenté le Ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et rappelé quelques éléments peu satisfaisants de la situation actuelle du lycée et du baccalauréat, voici la réforme que le ministre a présentée le mercredi 14 février 2018.


Une réforme pour préparer les lycéens aux études supérieures

Conformément au programme présidentiel du candidat Emmanuel Macron, le gouvernement a voulu réformer une institution utile mais qui répond de moins en moins aux impératifs de notre époque. Le baccalauréat actuel ne prépare pas assez les étudiants ni à la réussite dans les études supérieures ni à leur vie professionnelle.

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C’est le sens de cette réforme qui a été conçue avec beaucoup de précaution et dont on peut lire la présentation ici.

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Sollicité par la lettre de mission du 10 novembre 2017, l’universitaire Pierre Mathiot, agrégé en science politique, ancien directeur de l’IEP de Lille de 2007 à 2015 et ancien délégué ministériel au parcours d’excellence de 2016 à 2017, a remis un rapport au ministre le 24 janvier 2018 contenant ses propositions, à l’issue de l’audition de plus de 250 représentants d’organisations et d’institutions et de l’analyse de plus de 46 000 réponses (dont 40 000 provenant de lycéens) à la consultation en ligne organisée en décembre 2017 (lire son rapport ici).


Ce qui ne change pas

On peut rappeler rapidement que tout n’est pas bouleversé, en particulier, le système des mentions est maintenu, le bac est obtenu à partir d’une moyenne générale de 10/20, sans qu’il n’y ait de note éliminatoire ni plancher, et l’oral de rattrapage est aussi maintenu en tant que seconde chance.

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En revanche, trois changements majeurs vont être mis en œuvre dans les trois prochaines années.


1. La fin des sections du bac général

Aujourd’hui, il y a trois sections (L littéraire, ES économique et social et S scientifique). 52% des élèves du lycée général sont en série S mais 40% des bacheliers S déclarent ne pas vouloir s’engager dans des études scientifiques, ce qui est assez contreproductif.

C’est une véritable révolution. Tous les lycéens de bac général vont avoir un tronc commun et devront se choisir des options, des "disciplines de spécialité" : « Il n’y aura plus de série en voie générale, mais des parcours choisis par chaque lycéen en fonction de ses goûts et de ses ambitions. La voie technologique conserve son organisation en séries. Des ajustements seront apportés pour proposer un socle de culture commune articulé avec les enseignements de spécialité et l’aide à l’orientation. ».

En début d’année de Seconde, un test numérique donnera le positionnement du nouveau lycéen en mathématiques et en français. En Première, le lycéen devra choisir trois disciplines de spécialité. En Terminale, le lycéen choisira d’approfondir deux disciples de spécialités parmi les trois choisies en Première.

Le tronc commun permettra de conserver à chaque bachelier une certaine culture générale. Chaque lycéen continuera à étudier deux langues vivantes (l’écrit sera évalué selon les standards européens et l’oral aussi, à partir de février de l’année de Terminale). Les autres matières du tronc commun ("socle de culture commune") sont : le français ; la philosophie ; l’histoire géographie ; l’enseignement moral et civique ; l’éducation physique et sportive ; les humanités scientifiques et numériques (*). En tout, le tronc commun mobilisera 16 heures de cours par semaine en Première et 15 heures 30 en Terminale.

Les disciplines de spécialité sont : les arts ; l’histoire géographie, géopolitique et sciences politiques (*) ; les humanités, littérature et philosophie ; les langues et littératures étrangères ; les mathématiques ; les sciences informatiques et numériques (*) ; les sciences de la vie et de la Terre ; les sciences de l’ingénieur ; les sciences économiques et sociales ; la physique chimie. En tout, les trois puis deux disciplines de spécialité mobiliseront 12 heures par semaine (chaque discipline de spécialité fait 4 heures par semaine en Première et 6 heures en Terminale), ce qui fera un total de 28 heures de cours par semaine en Première et 27 heures 30 en Terminale.

À cela, il faut rajouter, chaque semaine, 1 heure 30 consacrée à l’aide à l’orientation (dès la Seconde), et un ou deux enseignements facultatifs (maximum un en Première et deux possibles en Terminale), chacun d’une durée de 3 heures par semaine. En Terminale uniquement : arts ; LCA ; éducation physique et sportive ; troisième langue vivante ; mathématiques expertes ; mathématiques complémentaires ; droit et grands enjeux du monde contemporain.

J’ai présenté ici les disciplines prévues par la réforme prévue pour l’enseignement général. Le bac technologique conserve ses séries et se voit juste adapter certaines disciplines pour le tronc commun (cette réforme ne s’applique qu’au bac général et technologique, pas aux bacs professionnels qui feront l’objet d’une réforme ultérieure).

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La nouveauté pourra sembler compliquée au début de la réforme (il faudra savoir ce que recouvrent certaines disciplines et à quelle filière elles s’ouvriront dans le supérieur). De plus, le nouveau système pourrait fermer quelques portes dès la fin de la Première, quelques mois plus tôt quand dans le système actuel (par exemple, il semble qu’un élève de Terminale ne pourrait pas choisir ses disciplines de spécialité de manière à se laisser libre de choisir de faire des études d’ingénieur ou de médecine, car le choix de ses disciplines de spécialité va déterminer la voie à prendre dans le supérieur).

L’idée de la réforme est que les trois années du lycée servent aussi à préparer le projet professionnel ou, au moins, le projet d’études supérieures de l’élève, pour que le choix des disciplines de spécialité se fasse dans le cadre de la meilleure stratégie possible.

De même, les enseignements nouveaux (indiquées par *) sont proposés « pour tenir compte pleinement des transitions scientifiques et technologiques de notre temps avec leurs implications humaines et sociales ».


2. Le contrôle continu

Actuellement, il y a entre 12 et 16 épreuves spécifiques au baccalauréat, sur deux années. Cet examen est d’une grande lourdeur administrative : en 2017, il y a eu 2 900 sujets distribués dans 4 411 centres d’examen (18 850 candidats dans 152 centres d’examen établis dans 91 pays), et 4 millions de copies corrigées par 170 000 correcteurs et examinateurs. Un tel nombre engendre nécessairement des erreurs et des dysfonctionnements, voire des incidents récurrents, que la presse évoque régulièrement. En outre, cette organisation pèse aussi sur des lycéens qui ne passent pas le bac, en raison de l’occupation des salles et de la mobilisation des enseignants.

Les épreuves correspondant à plus de 50% de la note du bac se déroulent durant une seule semaine, pour sanctionner les trois années de lycée. Elles peuvent donc ne pas traduire la réalité de l’effort et du travail fournis par le candidat. Dans la plupart des pays de l’OCDE, le baccalauréat est le résultat du mélange d’un examen et d’un contrôle continu. C’est ce que veut introduire Jean-Michel Blanquer. Le bac professionnel (qui n’est pas concerné par cette réforme) est déjà partiellement sanctionné par un contrôle continu.

Le contrôle continu se fera sur les disciplines communes à tous les lycées d’enseignement général selon l’organisation de l’établissement de l’élève à partir de la classe de Première. Les épreuves de contrôle continu seront anonymes et corrigées par des enseignants différents de ceux du candidat. Il correspondra à 40% de la note finale du bac (dont 10% correspondant aux bulletins scolaires).

Un exemple d’organisation des épreuves de contrôle continu, c’est leur déroulement en janvier et avril de l’année de Première et en décembre de l’année de Terminale. Pour garantir l’égalité entre les candidats, les sujets seront choisis dans une "banque nationale numérique de sujets".

L’avantage, c’est de réduire l’organisation matérielle du bac et surtout, de favoriser les élèves qui travaillent avec régularité et assiduité. L’introduction du contrôle continu va désavantager le simple "bachotage" ponctuel qui n’apporte aucune connaissance sur le long terme.

La principale objection serait de considérer qu’il y aurait des inégalités de notation en fonction des lycées. La subjectivité des notations est un vieux débat dans l’Éducation nationale. Néanmoins, rien ne permet d’affirmer que cette subjectivité en contrôle continu serait supérieure à celle existant déjà avec les épreuves actuelles en fin de Terminale. Les correcteurs reçoivent de toute façon des consignes provenant du rectorat et elles sont appliquées plus ou moins bien selon chaque personne. L’anonymat de l’élève étant respecté même en contrôle continu, les conditions restent donc identiques à celle du bac actuel. Il est d’ailleurs spécifié : « Une harmonisation sera assurée. ».

Seulement six épreuves feront objet d’un examen final : les épreuves anticipées, écrites et orales, de français continueront à se dérouler à la fin de l’année de Première ; les deux épreuves portant sur les disciplines de spécialité auront lieu juste après les vacances de printemps de Terminale ; à la fin de l’année de Terminale, tous les candidats auront les mêmes épreuves, l’écrit de philosophie et le "grand oral".


3. Le "grand oral" du baccalauréat

C’est une innovation majeure, probablement plus symbolique que conséquente sur l’obtention même du baccalauréat, puisque qu’il ne comptera que pour 10% de la note finale. Il pourra cependant faire la différence pour une mention.

Cet "oral terminal"ou "oral final" devant un jury de trois personnes (dont une non enseignante) durera 20 minutes et sera divisé en deux partie : la présentation d’un projet préparé dès la classe de Première par l’élève et adossé à une ou deux disciplines de spécialité, et une partie d’échanges avec le jury « permettant d’évaluer la capacité de l’élève à analyser en mobilisant les connaissances acquises au cours de sa scolarité, notamment scientifiques et historiques ». À la notion de "grand oral", il faudrait donc plutôt songer à celle de "soutenance de projet".

En me référant moi-même à mes années lycéennes, je pourrais imaginer qu’une telle annonce m’aurait fait frémir. La timidité (heureusement temporaire) et l’absence de préparation à l’oral m’avaient rendu très angoissante toute épreuve orale. Or, ce n’est pas dans un état de stress et de peur qu’on peut montrer la valeur de ses compétences ou connaissances.

En début d’école d’ingénieur, il est courant qu’on dise aux étudiants que dans leur vie professionnelle, la moitié de leur temps d’activité sera occupée par la communication (écrite et surtout, orale) : rapports, réunions, présentations de projet, négociations, etc., tout ce qui détermine l’évolution tant de la carrière que des activités est dans la communication. Sans compter évidemment les entretiens de recrutement, les épreuves orales à certains concours ou examens d’entrée ou de fin d’études (IEP, ENA, soutenance de thèse de doctorat, etc.).

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C’est justement à cause de cette angoisse que cette épreuve doit avoir lieu : « Savoir s’exprimer dans un français correct est essentiel pour les études, pour la vie personnelle et professionnelle. Parce que l’aisance à l’oral peut constituer un marqueur social, il convient justement d’offrir à tous les élèves l’acquisition de cette compétence. ».

L’idée, c’est effectivement que dès la classe de Seconde, le lycéen soit amené à être préparé à cette épreuve orale. Ainsi, en Seconde, l’élève bénéficiera chaque semaine de 2 heures d’accompagnement personnalisé consacrées à la consolidation de l’expression écrite et orale.

Comme l’a expliqué Jean-Michel Blanquer lors de "L’émission politique" animée par Léa Salamé sur France 2 le 15 février 2018, l’idée n’est pas que le jury soit "sadique" mais qu’il soit au contraire bienveillant vis-à-vis du candidat, pour qu’il puisse exprimer ses connaissances ou ses idées dans les meilleures conditions.

Les Français qui ont déjà travaillé avec les Américains, dans des conditions professionnelles où l’on ne fait "pas de cadeau", ont pu s’en rendre compte : les Américains sont bien plus équipés pour user d’une communication efficace et parfois s’imposer même s’ils n’ont pas raison. Le faire-savoir est malheureusement aussi important, parfois plus, que le savoir-faire et le faire tout court. Si la classe politique en France est assez complétente dans ce faire-savoir, ce n’est pas le cas de tous ceux qui travaillent en France et cette carence pourrait même avoir son coût économique dans la perte de marchés, dans l’arrêt de certains projets, etc.


Objectif 2021

Cette réforme va concerner tous les élèves actuellement de Troisième et ceux plus jeunes. Le nouveau baccalauréat sera appliqué à partir de juin 2021. La réforme se fera donc sur trois ans avec un nouveau parcours lycéen qui commencera à la rentrée 2018 en classe de Seconde. La classe de Terminale sera d’ailleurs appelée, à partir de la rentrée 2020, la "classe de maturité".

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Il sera difficile de voir les premiers effets de cette réforme avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron. En effet, il faudra attendre véritablement en été 2024 pour connaître le taux de réussite des étudiants en licence ayant obtenu ce nouveau baccalauréat.

Comme on le voit, une meilleure réflexion sur l’orientation au moment du lycée permettrait probablement une meilleure stratégie d’études supérieures après le bac. Car c’est cela l’essentiel : l’absence de motivation, l’absence d’objectifs professionnels ont fait souvent que de nombreux étudiants errent dans une filière universitaire ou une autre, souvent sans réussite diplômante et avec un grand gâchis tant humain, temporel que financier (des étudiants et aussi de l’État).

Évidemment, cette réforme ambitieuse et audacieuse ne pourra être menée à bien qu’avec la participation et le soutien de tout le corps enseignant, car ce seront les enseignants qui la feront vivre et qui la feront évoluer, puisqu’elle permet une grande souplesse.

Quant aux établissements d’études supérieures, ils devront aussi d’adapter et revoir leur réflexion et leur stratégie d’admission de leurs futurs étudiants, dont le parcours aura été bien plus individualisé qu’auparavant.

La réforme Blanquer est donc très ambitieuse car elle nécessite l’appui de tous les acteurs de l’éducation et de l’université. Elle sera un élément de réponse intéressant à la perpétuelle interrogation sur la finalité des études : à but culturel ou à but professionnel. Je répondrais simplement : les deux, pardi !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 février 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La présentation complète de la réforme Blanquer du 14 février 2018 (à télécharger).
Le rapport de Pierre Mathiot sur le baccalauréat remis le 24 janvier 2018 (à télécharger).
La réforme du baccalauréat.
Jean-Michel Blanquer.
Prime à l’assiduité.
Notation des ministres.
Les internats d’excellence.
L’écriture inclusive.
La réforme de l’orthographe.
La dictée à  l’école.
La réforme du collège.
Le réforme des programmes scolaires.
Le français et l’anglais.
La patriotisme français.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180214-blanquer-baccalaureat.html

https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/le-baccalaureat-blanquer-2-2-201814

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2018/02/24/36168543.html


 

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23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 02:10

« Le baccalauréat est une grande institution républicaine à laquelle nous sommes tous attachés. Cependant, l’échec trop important en licence l’a peu à peu fragilisé car il n’est plus suffisamment un tremplin vers la réussite dans l’enseignement supérieur. (…) Avec un baccalauréat remusclé et un lycée plus simple, plus à l’écoute des aspirations des lycéens, nous allons leur donner les moyens de se projeter vers la réussite dans l’enseignement supérieur et de vivre leurs années de lycée avec bonheur. » (Jean-Michel Blanquer, le 14 février 2018). Première partie.


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Le mercredi 14 février 2018, la très importante et ambitieuse réforme du baccalauréat et du lycée a été adoptée par le conseil des ministres. Cette réforme, très marquante car elle aura des effets sur la vie quotidienne d’une grande partie des Français et de leurs enfants, est à la fois originale, audacieuse, courageuse et rationnelle. Comme avec d’autres réformes, celle-ci s’inspire avant tout d’un état des lieux et des pistes pour améliorer une situation de plus en plus catastrophique (voir le classement PISA), situation issue notamment d’un certain "dogmatisme pédagogique" ou "idéologisme" récurrent.


Jean-Michel Blanquer, le ministre qu’il fallait

Le superviseur de la réforme est le Ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer (53 ans) dont la personnalité semble consensuelle. Au contraire d’un provocateur, style éléphant dans un magasin de porcelaines, comme le mammouth Claude Allègre, Jean-Michel Blanquer est un délicat et agit avec une grande habileté politique. Il ne s’est mis à dos ni les lycéens, ni les enseignants, ni les chefs d’établissement, ni les parents d’élèves (les électeurs). Pour l’instant (je l’écris par prudence).

Jean-Michel Blanquer est un ultra-compétent de la chose éducative. Après de brillantes études (IEP Paris, maîtrise de philosophie, DEA en sciences politiques, docteur en droit et agrégation de droit public), il a suivi une carrière d’universitaire chercheur, puis est devenu directeur adjoint du cabinet du Ministre de l’Éducation nationale Gilles de Robien de 2004 à 2007, recteur de l’académie de Créteil de 2007 à 2009 où il a pris des initiatives d’expérimentation de certaines mesures novatrices (vous souvenez-vous de la prime à l’assiduité en octobre 2009 ?), il fut nommé directeur général de l’enseignement scolaire par le ministre Luc Chatel de 2009 à 2012, et enfin directeur général de l’ESSEC (une des meilleures écoles de commerce avec HEC) de 2013 à 2017.


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Souvent considéré comme "de droite", marqué par sa très grande amitié (quasi-fraternelle) avec François Baroin (son camarade de promotion à Sciences Po Paris), proche d’Alain Juppé et de l’Institut Montaigne, Jean-Michel Blanquer est aussi très apprécié à gauche, notamment par son prédécesseur Jean-Pierre Chevènement qui l’a même invité, lors d’un colloque de son think tank, la Fondation Res Publica, à venir discuter du "moment républicain en France" à la Maison de la Chimie, à Paris, le 11 décembre 2017 aux côtés de l’ancien Premier Ministre Bernard Cazeneuve, du président du groupe LREM à l’Assemblée Nationale Richard Ferrand, du physicien Étienne Klein et du philosophe Marcel Gauchet (en absence de journalistes !).

Pourtant, ce n’est pas le premier Ministre de l’Éducation nationale à être très compétent, habile politiquement, intelligent, sympathique, sans idéologie car pragmatique, et même courageux. Ce n’est pas le premier et pourtant, il semble se détacher de ses très nombreux et illustres prédécesseurs par deux points particuliers de sa personnalité qui encourage les gens à adhérer à sa méthode sinon à sa politique : il écoute ses interlocuteurs, et il efface sa personnalité derrière son action. Il part en effet de l’existant, du réel et il essaie de trouver les moyens pour amener la situation au but fixé. Il est, en quelques sortes, l’anti-Vincent Peillon.

L’idéologue Vincent Peillon vivait sur une autre planète et toutes ses propositions, qui ont miné le quinquennat de François Hollande sur l’éducation et que ses successeurs socialistes Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem ont reprises et assumées, a abouti à des catastrophes que la jeunesse française va payer encore longtemps.

Mais si la nécessité de changer l’organisation actuelle de l’enseignement scolaire est comprise, il n’était pas question, pour Jean-Michel Blanquer, de revenir à une organisation plus ancienne qui avait été efficace à l’époque. Pas question de revenir sur le collège unique comme le préconisaient certains ultras de LR. Ni évidemment de revenir aux uniformes scolaires comme l’avait proposé très stupidement François Fillon dans son programme présidentiel qui prenait ainsi le goût assez rance d’un retard de plus d’un demi-siècle.

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Jean-Michel Blanquer veut en effet revenir aux fondamentaux, mais sans revenir au passé. Car la situation a complètement changé, des années 1970 par exemple, tant sur le plan social (d’autres modes de vie se sont développés) que sur le plan technologique (télécommunications, numérique, etc.). Il fallait donc imaginer, créer, innover une nouvelle organisation qui s’adapterait le mieux à la modernité du monde nouveau.

Cela me fait assez sourire que les contradicteurs professionnels cherchent à coller à cette réforme du baccalauréat l’étiquette "de droite" ou encore l’étiquette du "libéralisme" (le libéralisme est d’ailleurs plutôt une valeur "de gauche" si l’on connaît un peu l’histoire des idées politiques). Comment parler de libéralisme quand l’État entend restructurer son organisation scolaire ?

Le vrai libéralisme (auquel je m’opposerais évidemment le cas échéant), ce serait plutôt de supprimer carrément tous les examens, tous les diplômes, et de laisser faire le marché : que les entreprises recrutent ses employés sans diplômes qui n’apportent d’ailleurs aucune garantie de compétences. Toute intervention de l’État, et l’existence même d’un diplôme national comme le baccalauréat (qui n’est pas remis en cause) en est une, va à l’encontre du principe du libéralisme.

Quant à l’étiquette "de droite", elle fait un peu sourire car finalement, la fin des séries au baccalauréat général, ce "lycée unique", est l’aboutissement du collège unique, réalisé par la réforme Haby lors du septennat de Valéry Giscard d’Estaing. Avant cette réforme qui a une quarantaine d’années, il existait une Quatrième C par exemple. La réforme Haby a rendu le collège unique et ainsi que la classe de Seconde générale. Les réformes suivantes ont "détruit" la "Terminale C" (définie comme la sacro-sainte élite) en "Terminale S". Et la réforme Blanquer achève ainsi la Terminale S en série générale avec options.

Or, comme pour l’abaissement de la majorité à 18 ans ou la loi sur l’IVG, le collège unique, bien qu’institué par un gouvernement "de droite" (que je qualifierais plutôt de "centre droit"), était plutôt une mesure "de gauche" dans le sens d’une plus grande égalité entre les élèves. Cette réforme Blanquer va au bout de cette logique et ce serait au contraire une réforme qui accroîtrait les inégalités ? Cette étiquette ne serait donc pas très cohérente. D’ailleurs, s’il y a une chose que le Président Emmanuel Macron a réussie depuis 2017, c’est d’avoir fait valser les étiquettes !

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En fait, la situation actuelle a accru les inégalités sociales. Ne rien faire est donc la meilleure de solution pour ne rien améliorer du tout. Personne, aucun ministre, n’a jamais osé toucher au baccalauréat mais tout le monde voulait réformer l’enseignement du collège et du lycée (avec de nouveaux programmes), ce qui, sur le plan de la méthode, était illogique. Le sociologue François Dubet, qui avait remis un rapport sur "Le Collège de l’an 2000" à la ministre Ségolène Royal en 1999, a expliqué à la matinale de France Inter le 15 février 2018 que la méthode était judicieuse : pour réformer efficacement l’enseignement, il fallait d’abord réformer le but à atteindre, à savoir le baccalauréat.


Quelle est cette situation ?

Il y a eu 641 688 bacheliers admis en 2017, soit un taux de réussite de 87,9%, en légère baisse par rapport à 2016 (88,6%), mais en constante progression sur le long terme (74,9% en 1995). Il y a quarante ans, ce taux était inférieur à 60%. Parmi ces bacheliers, 176 104 proviennent de bacs professionnels. La part des bacheliers dans une génération est de 78,9%, ce qui est considérable. Près de la moitié des candidats ont obtenu une mention (moyenne générale supérieure à 12/20) : 53,4% pour le bac général, dont 13,0% ont obtenu la mention très bien (moyenne générale supérieure à 16/20), 15,5% pour les seules séries S.

Le baccalauréat ouvre en principe la porte des études supérieures. S’il est réjouissant d’observer la progression d’une génération par rapport au niveau d’instruction (même si on peut toujours critiquer le "bac" qui "ne serait plus ce qu’il était", ce qui est un peu vrai, mais pas tout à fait), on peut en revanche s’inquiéter de son rôle de ticket d’entrée à l’université. Ou plutôt, regretter que son rôle de ticket de sortie soit si mauvais.

En effet, malgré un taux de réussite d’environ 90% au baccalauréat général et technologique, « 61% des étudiants ne parviennent pas au terme des études dans lesquelles ils se sont initialement engagés », selon le ministre. Et « seulement 27% des étudiants obtiennent leur licence [niveau bac+3] en trois ans ».

De plus, la fonction de ticket d’entrée à l’université du baccalauréat est très hasardeuse puisque la plupart des établissements supérieurs recrutent leurs étudiants avant même l’obtention du bac qui reste évidemment une condition nécessaire d’admission, mais pas suffisante. Le ministre constate donc : « Actuellement, compte tenu de son calendrier, le baccalauréat n’est pas pris en compte pour l’entrée dans l’enseignement supérieur. ».

Dans le prochain article, je présenterai les trois points les plus importants de la réforme Blanquer.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 février 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La présentation complète de la réforme Blanquer du 14 février 2018 (à télécharger).
Le rapport de Pierre Mathiot sur le baccalauréat remis le 24 janvier 2018 (à télécharger).
La réforme du baccalauréat.
Jean-Michel Blanquer.
Prime à l’assiduité.
Notation des ministres.
Les internats d’excellence.
L’écriture inclusive.
La réforme de l’orthographe.
La dictée à  l’école.
La réforme du collège.
Le réforme des programmes scolaires.
Le français et l’anglais.
La patriotisme français.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180214-jean-michel-blanquer.html

https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/le-baccalaureat-blanquer-1-2-201810

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2018/02/23/36168468.html



 

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 22:40

Le ministre Jean-Michel Blanquer a présenté les grandes lignes de sa réforme du baccalauréat et du lycée qui a été adoptée au conseil des ministres du 14 février 2018. On peut lire sa présentation.

Cliquer sur le lien pour télécharger la présentation (fichier .pdf) :
http://cache.media.education.gouv.fr/file/BAC_2021/00/0/DP_BAC_BDEF_web_898000.pdf

Sur la réforme du baccalauréat :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180214-blanquer-baccalaureat.html


SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20180214-rapport-reforme-baccalaureat.html



 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 22:41

L'universitaire Pierre Mathiot a remis son rapport de proposition sur la réforme du baccalauréat à Jean-Michel Blanquer le 24 janvier 2018. Ce rapport a été publié.

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport (fichier .pdf) :
http://cache.media.education.gouv.fr/file/Janvier/44/3/bac_2021_rapport_Mathiot_884443.pdf

Sur la réforme du baccalauréat :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180214-blanquer-baccalaureat.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20180124-rapport-mathiot-baccalaureat.html



 

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 01:04

« La nouveauté, selon le mot de Stravinski, ne saurait être que la recherche d’une place fraîche sur l’oreiller. La place fraîche se réchauffe vite et la place chaude retrouve sa fraîcheur. » (Jean Cocteau, 1941). Première partie.


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Ce jeudi 17 mai 2018, cela fait maintenant cinq ans que les couples français ont la possibilité juridique de se marier même s’ils sont homosexuels. Le "mariage pour tous", manière par euphémisme de désigner le mariage pour les couples homosexuels, est sorti de la cuisse de …François Hollande.

La promulgation de la loi n°2013-404 du 17 mai 2013 par François Hollande a ouvert une nouvelle "possibilité" pour la société française. Cette promulgation a été faite quelques heures après la publication de l’avis conforme du Conseil Constitutionnel présidé par Jean-Louis Debré (décision du Conseil constitutionnel n°2013-669DC en date du 17 mai 2013 qu'on peut lire ici dans son intégralité), le jour même de la "journée mondiale de lutte contre l’homophobie" le 17 mai (un petit clin d’œil des membres du Conseil Constitutionnel ?).

Cette loi a connu beaucoup de résistance auprès d’une partie non négligeable de la population, certes, minoritaire, donnant l’occasion de discussions parlementaires houleuses (4 999 amendements ont été défendus en séance plénière à l’Assemblée Nationale, ce fut l’une des sept lois les plus discutées de l’histoire de la Ve République), de débats publics pas moins houleux dans les médias ou même dans la rue avec de nombreuses manifestations, souvent avec des slogans créatifs (pour ou contre) et des fortes mobilisations (notamment pour la "manif pour tous").

Cette loi est devenue irréversible, bien que simple loi (donc, susceptible d’être modifiée ou abrogée par une autre simple loi). Cette irréversibilité a été comprise même par les responsables politiques les plus opposés à cette loi, et c’est normal car la France est un État de droit. Or, il y a plusieurs choses qu’un État de droit ne peut pas faire. Il ne peut pas faire des lois rétroactives. Donc, tous les couples homosexuels qui ont été mariés depuis 2013 ne peuvent pas être "démariés", ou du moins, sans leur consentement, car certains couples, comme pour les couples hétérosexuels d’ailleurs, ont déjà été défaits, par la possibilité du divorce (par chance, le législateur a prévu aussi le "divorce pour tous" !). Par ailleurs, un État de droit permet l’égalité en droits de tous les citoyens. Or, interdire de nouveau le mariage des couples homosexuels à partir de la promulgation d’une nouvelle loi, cela signifierait qu’il y aurait des couples homosexuels qui ont pu se marier et d’autres qui ne pourraient plus se marier. Cette inégalité est anticonstitutionnelle.

Donc, de fait, la loi sur le mariage pour tous est une loi irréversible. Comme elle n’allait pas de soi pour de nombreuses personnes, il aurait donc été intéressant d’en faire un sujet de référendum (dans les sondages, environ deux tiers des sondés étaient partisans d’un référendum sur le sujet). Probablement qu’un tel référendum aurait approuvé le mariage pour tous, car les sondages ont régulièrement montré que les gens y étaient plutôt favorables même si un clivage assez fort était marqué (les sondages ne sont toutefois que des sondages). Ce référendum aurait apaisé car il aurait donné le dernier mot au peuple et pas à une majorité socialiste déjà politiquement discréditée (bien que légitime) depuis longtemps (malgré sa fraîcheur électorale).

Dans la première partie de cet article, j’évoquerai les arguments émis par les uns et les autres, en tentant d’être le plus objectif possible, ensuite, dans la deuxième partie, je présenterai quelques considérations historiques et statistiques, et dans la troisième partie, je ferai part de mes commentaires personnels, réflexions, réticences et propositions.


Les arguments pour

Le mariage pour tous a été présenté par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault avec trois arguments martelés.

Un argument historique : l’adoption du mariage pour tous serait une avancée sociétale dans le sens de l’histoire, un progrès social et sociétal dans les traces de la légalisation des contraceptifs (1967), puis de l’avortement (1975), puis l’abolition de la peine de mort (1981), également de l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans (1974), de la création du PACS (1999), etc. Cet argument ne tient pas beaucoup intellectuellement et politiquement : avec ce genre d’argument, on peut faire adopter tout et n’importe quoi. En mélangeant tout, non seulement on voulait politiser le débat (c’était voulu : le clivage entre les forces progressistes et les forces conservatrices), ce qui gauchisait un gouvernement trop soupçonné (à tort !) de faire la part trop belle aux entreprises, mais on en faisait aussi un sujet à enjeu national qui n’avait pas de raison d’être. Il n’y avait pas à mobiliser autant d’énergie, à déchaîner autant de passion pour une disposition relativement mineure dans la vie sociale (cela concerne quelques milliers de couples par an pour une population de 67 millions d’habitants, soit environ 0,01% de la population !). Ce si grand investissement médiatique et politique était d’autant moins pertinent que le pays restait plongé dans un chômage de masse et dans une crise d’identité que le débat sur le mariage pour tous a même renforcée (en amplifiant par exemple les agressions exprimant une certaine homophobie).

Un argument juridique : l’adoption du mariage pour tous serait la traduction d’une égalité des droits, tous les citoyens égaux devant le mariage, y compris les homosexuels. Cet argument, plutôt sympathique et recevable, a provoqué des débordements parmi certains opposants forcenés au mariage pour tous en imaginant l’évolution après cette loi (reprenant le premier argument) et en extrapolant pour dire n’importe quoi, craignant ensuite l’adoption du mariage zoophile (entre humains et animaux), du mariage pédophile (entre adultes et enfants), voire du mariage polygame (à plus de deux), ce dernier reprenant d’ailleurs ce que certains pourraient appeler l’islamophobie récurrente d’une certaine franche de la population. Tout cela "au nom de la liberté de tous". Cet argument a donc été, à mon sens, plutôt contre-productif.

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Enfin, un argument idéologique sinon philosophique : celui qui s’oppose au mariage pour tous serait un homophobe. Ce qui est, là aussi, un argument assez faible intellectuellement. Car cela signifierait qu’avant les années 2010, la quasi-unanimité de la population était homophobe puisque ce mariage pour tous était défendu seulement par une partie très infime de la population.

Dans l’argument juridique de l’égalité des droits, il a été également dit que cela donnait des droits à certaines personnes (les couples homosexuels qui veulent se marier), mais cela n’en retirait à personne. Ce qui est presque vrai, mais un peu faux quand même, car d’un point de vue juridique, le mariage ne concerne pas seulement l’union entre deux personnes libres et consentantes, il concerne aussi les enfants appelés à être élevés par ce couple, enfants biologiques ou adoptés.


Les arguments contre

Pour les opposants au mariage pour tour, c’est justement le principal argument pour dénoncer le projet, celui de l’adoption d’enfants par les couples homosexuels. Avec l’argument, qui ne tient d’aucune étude scientifique, selon lequel la vie d’un enfant dans un foyer homoparental serait perturbant pour son développement personnel.

Cet argument est facilement battu en brèche par la réalité de l’adoption possible déjà par les personnes seules, et donc, par des personnes capables d’être, également, homosexuelles. De plus, le développement harmonieux d’un enfant dépend essentiellement de l’amour que lui donne son entourage, et donc, ses parents avant tout, et cet amour n’est pas l’exclusivité des couples hétérosexuels. Et l’on peut toujours imaginer qu’il vaut mieux qu’un enfant vive avec deux parents de même sexe qu’avec un seul parent, alors que les foyers monoparentaux sont de plus en plus nombreux aujourd’hui.

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Peu d’opposants au mariage pour tous ont émis une opposition de principe sur l’union elle-même de personnes de même sexe, considérant qu’il serait plus difficile d’expliquer le pourquoi de cette opposition. Ce qui démontre une véritable évolution des consciences si l’on se remémore les débats publics concernant le PACS. C’est pourquoi toute l’argumentation est mise sur le fait que si un nouveau droit est créé pour les couples homosexuels, c’est au détriment des droits de l’enfant qui, lui, a le droit d’avoir de "vrais" parents, à savoir une mère et un père.

Dans le même ordre d’idée, les opposants prennent l’argument du progrès sociétal comme un argument qui conforte leurs craintes sur les enfants. En effet, s’il est adopté dans le cadre d’une avancée sociétale, le mariage pour tous ne pourrait n’être qu’une étape pour aller encore plus loin : la PMA autorisée pour les couples homosexuels femmes, même si elles n’ont pas de problème de stérilité. Ce qui signifierait que ce serait aussi le cas pour les couples hétérosexuels, ce qui risquerait rapidement d’aboutir à une société eugénique dans le sens où la PMA s’accompagne souvent de la préparation de plusieurs embryons et du choix de ceux-ci pour faire les tentatives. C’est cette sélection qui pourrait encourager les dérives eugéniques. D’ailleurs, la réflexion du Premier Ministre Édouard Philippe exposée dans "L’émission politique" le 28 septembre 2017 sur France 2 montre à l’évidence des évolutions dans les positions des uns et des autres. Autrefois fermement hostile, Édouard Philippe a dit clairement "faut voir" pour ne pas dire "pourquoi pas ?". Résultat dans quelques mois.

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Et comme on peut aller toujours plus loin dans les avancées sociétales, avec l’argument massue de l’égalité des droits, si les couples homosexuels femmes ont la possibilité de faire des enfants, pourquoi pas les couples homosexuels hommes ? Et ainsi, l’autorisation de la GPA sera l’étape suivant (probablement pas ultime), rompant ainsi un nouveau tabou, celui de monnayer la conception d’un enfant.

Sur les risques de poursuite de l’évolution sociétale, il y a quelques raisons d’être lucides : lors de l’adoption de PACS en 1999, ses promoteurs ont assuré la main sur le cœur qu’il n’était pas question d’ouvrir le mariage aux couples homosexuels (Élisabeth Guigou, porteuse du PACS en tant que Ministre de la Justice, déclara ainsi : « Il n’est pas question (…) que deux personnes physiques de même sexe (…) puissent se marier. ». Il a fallu moins de quinze ans pour que cette ouverture soit devenue une réalité juridique sinon une évidence sociale.

En extrapolant ainsi les risques d’avancées sociétales, les opposants au mariage pour tous, préjugeant du futur (avec sans doute pertinence), préfèrent stopper le plus tôt possible cette évolution, au risque de se retrouver "vieux jeu" en défendant la structure de la famille traditionnelle : un papa, une maman, des enfants.

Il y a eu également une série d’arguments anti-mariage pour tous qui se voulaient défenseurs des personnes homosexuelles elles-mêmes. J’en citerai deux.

Le premier est tout à fait recevable. En permettant aux couples homosexuels de se marier, on dresse à l’état-civil, de fait, un fichier des personnes homosexuelles. Or, si jamais un dictateur venait à prendre le pouvoir (tout est toujours possible) et s’il était ouvertement homophobe, alors la répression contre les personnes homosexuelles déjà fichées serait rapide.

Deux voire trois réponses à cet argument. D’une part, avec les réseaux sociaux sur Internet, il est certainement assez facile, aujourd’hui, de "ficher" les personnes qui revendiquent leur homosexualité (pas qui "avouent", car il n’y a d’aveu que lorsqu’il y a faute, or l’homosexualité, jusqu’à preuve du contraire, n’est pas une faute). Donc, pas besoin de l’état-civil pour en faire la "liste" la plus exhaustive. D’autre part, il est maintenant acquis que la nature de la sexualité n’est pas intégrée dans les fichiers d’état-civil (les prénoms peuvent porter à confusion, comme Claude, Camille, Alix, Yann, Dominique, etc., et ne suffisent pas à déterminer l’orientation sexuelle d’un couple). Ainsi, les statistiques des divorces ne permettent pas (à ce jour) de déterminer le nombre des couples homosexuels qui divorcent par rapport au nombre des couples hétérosexuels qui divorcent au cours de la même période. Aucune indication n’est fournie à ce sujet. Enfin, dernière réponse plus sociale et éducative : c’est justement en "dédramatisant" l’homosexualité, en la normalisant par le mariage pour tous que l’homosexualité sera acceptée par toute la société et qu’un apprenti dictateur, même homophobe, n’aura plus les bases pour réprimer l’homosexualité sans mettre une grande partie de la population contre lui, au risque de menacer son propre pouvoir politique.

Le second argument de ce type, c’est de dire que les couples homosexuels sont vraiment "vieux jeu". Maintenant, quand on vit en couple, on ne se marie plus, c’est le cas des hétérosexuels et voici que les homosexuels veulent faire comme les hétérosexuels il y a trente ou cinquante ans alors qu’ils sont généralement des modernes porteurs des modes du futur. La ringardise ne leur sied pas ! Ou encore, en considérant que le mariage pour tous est du "conformisme bourgeois", comme l’a soutenu Benoît Duteurtre qui a écrit deux tribunes, une titrée "Noce gay pour petits-bourgeois" (dans "Libération" le 2 juin 2004), et une autre titrée "Pourquoi les hétéros veulent-ils marier les homos ?" (dans "Libération" le 10 octobre 2012). Argument qui s’auto-oppose par un simple : "et alors ?".


Grande effervescence

Comme je l’ai indiqué en introduction, les arguments avancés par les uns et les autres n’ont pas beaucoup de valeur universelle. Ils sont plus basés sur des éléments circonstanciels.

La loi sur le mariage pour tous propose de donner un droit supplémentaire aux personnes dont l’orientation sexuelle peut être différente. Mais elle n’ôte pas forcément un droit aux enfants. Les décisions concernant les enfants restent tributaires d’un juge ou d’une autorité publique, seule capable d’apprécier une situation concrète, particulière.

Le 17 mai 2013, le Conseil Constitutionnel a indiqué précisément : « Le Conseil a vérifié le respect de cette exigence [l’exigence de conformité de l’adoption à l’intérêt de l’enfant prévue par le dixième aliéna du Préambule de la Constitution de 1946 qui a toujours valeur constitutionnelle] par les dispositions applicables tant aux couples de personnes de même sexe qu’à ceux formés d’un homme et d’une femme. Ces couples sont soumis, en vue de l’adoption, à une procédure d’agrément. Le Conseil Constitutionnel a jugé que, pour tous les couples, les dispositions relatives à cet agrément ne sauraient conduire à ce que celui-ci soit délivré sans que l’autorité administrative ait vérifié, dans chaque cas, le respect de l’exigence de conformité de l’adoption à l’intérêt de l’enfant. Par ailleurs, la loi déférée ne déroge pas à l’article 353 du code civil qui impose au tribunal de grande instance de ne prononcer l’adoption que si elle est conforme à l’intérêt de l’enfant. ». Cela exprimé après avoir constaté que « la loi contestée n’a ni pour objet, ni pour effet, de reconnaître aux couples de personnes de même sexe un "droit à l’enfant" ».

Ainsi, on préférera toujours confier un enfant à un couple homosexuel plein d’amour, équilibré psychologiquement et capable de subvenir matériellement aux besoins de l’enfant pendant une vingtaine d’années, plutôt qu’à un couple hétérosexuel un peu dérangé psychologiquement, un peu porté sur l’alcool et sans emploi…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 mai 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Rapport 2018 de SOS Homophobie (à télécharger).
Les 5 ans du mariage pour tous.
Bientôt la PMA ?
Christiane Taubira.
Pierre Bergé.
L’avis du Conseil Constitutionnel du 17 mai 2013 (texte intégral).
La manif pour tous.
À quand l’apaisement ?
Et si l’on pensait plutôt aux familles recomposées ?
Deux papas ?
Le premier mariage lesbien.
L’homosexualité malmenée en Afrique.
Mariage gris.
Mariage nécrophile.
Mariage annulé pour musulman.
Le coming out d’une star de la culture.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20171014-mariage-homosexuel.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2018/05/17/36411401.html


 

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 05:14

« On ne dit pas "un petit directeur", on dit "un chef de rayon". On ne dit pas "un grand directeur", on dit "un chef de diamètre". (…) Le féminin de "directeur" est "la femme du directeur". » (au mot "directeur" du "Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis" de Pierre Desproges, éd. du Seuil, 1985).


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Ah, il est loin le temps où le regretté Pierre Desproges pouvait impunément provoquer les féministes ! Il serait aujourd’hui peut-être mis à l’index, dénoncé pour machisme déplacé, écartelé sur la place publique, démembré par les réseaux sociaux…

La société française adore se jeter, comme les habitants d’un petit village gaulois, dans des bagarres aux enjeux que l’on pourrait croire dérisoires. Pourtant, dans la nouvelle polémique sur l’écriture inclusive, il y a des enjeux essentiels, et le principal est sans doute la survie de la langue française dans un monde globalisé et anglicisé.

Cette polémique n’est pas nouvelle mais elle a été "rafraîchie" par la publication d’un manuel scolaire pour des écoliers de CE2 par les éditions Hatier en septembre 2017 écrit entièrement en écriture inclusive, et devant l’agitation médiatique, l’Académie française a même cru devoir intervenir par un communiqué alarmiste publié le 26 octobre 2017.

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D’abord, de quoi s’agit-il ? J’avais déjà lu quelques textes ainsi écrits (surtout en titre ou très courts) et cela m’avait fortement agacé par leur illisibilité. On ne prend pas plaisir à lire de telles lourdeurs.

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L’écriture inclusive (l’expression me paraît inadéquate) tend à supprimer dans le langage écrit toute forme de… de quoi ? J’allais écrire de "machisme" mais en écrivant "machisme", je me disais que je faisais le "jeu" des promoteurs d’une telle écriture. Alors, écrivons plutôt, l’écriture inclusive tend à éliminer la domination du masculin sur les mots. Oui, je sais, ce n’est pas très satisfaisant non plus. En fait, j’ai du mal à l’exprimer car, avouons-le tout net, je trouve cette idée complètement stupide, d’autant plus stupide qu’elle me paraît inutile. On aurait pu croire qu’on était le premier avril, mais ceux (et celles) qui promeuvent ce type d’écriture sont hélas le plus sérieux du monde.

En clair, il s’agit d’arrêter la suprématie du masculin sur le féminin dans l’expression écrite. Cela oblige alors de rajouter des lourdeurs d’écriture avec un nouveau caractère (le point central) qu’il m’est impossible de proposer ici (je me réduirais donc au simple point sur le sol). Ainsi, au lieu de parler des agriculteurs en général, je devrais écrire, selon ces dictateurs de cette pensée sectaire, des agriculteurs.rices. Comme ça, pas de jaloux, ou plutôt, pas de jalouse ! Sauf que c’est complètement illisible. Et inesthétique (oui, j’aime l’esthétique d’un texte, même si ce n’est pas son élément le plus important). Comment lire un tel mot ? C’est lourd, très lourd.

Heureusement, même s'ils se sont montrés prudents, les deux ministres en charge de la langue française, la Ministre de la Culture Françoise Nyssen et le Ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer ont désapprouvé l'utilisation de l'écriture inclusive.

Le pire est évidemment pédagogique. Cela va créer de nouvelles discriminations intellectuelles (comme avec la nouvelle orthographe). Le principe de l’écriture inclusive est encore admissible pour des personnes qui sont à l’aise avec l’expression française, mais pour ceux qui apprennent, les écoliers d’abord, les étrangers ensuite ? Cela ne peut que perturber leur acquisition de la langue française qui n’est pas des plus faciles : « On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture, visuelle ou à voix haute, et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs. » (Académie française).

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Ce qui est délirant, c’est que ce n’est pas le résultat d’un problème posé et de sa résolution, mais que ce sont les suites d’un véritable délire dogmatique voire sectaire. C’est croire que le genre des mots est assimilable au genre des personnes. Pierre Dac n’aurait jamais osé autant de loufoquerie !

Déjà que je m’agace d’entendre les discours des personnalités politiques (je n’ose plus dire "hommes politiques" !) qui commencent souvent par "Françaises et Français" et qui continuent souvent par "les Françaises zet les Français" ("les Trifouilleuses et les Trifouilleux", etc.), comme si en s’adressant aux seuls Français, on pouvait exclure les Françaises. Comme si les "droits de l’homme" étaient réservés aux seuls "mâles" (les étrangers, d’ailleurs, préfèrent parler des "droits humains", ce qui évite toute contestation sexuée).

Certes, dans certains cas, ces précisions sont nécessaires et heureuses, comme lors des offres d’emploi, domaine où il faut absolument lutter contre toutes les formes de discrimination. Donc souvent, dans les annonces d’offre, on lit, suivie de la fonction, la mention "(h/f)" pour préciser que le recruteur recherche aussi bien un homme qu’une femme (mention juridiquement inutile car il est interdit de ne vouloir recruter que des femmes ou que des hommes, mais sociologiquement heureuse, car cela va mieux en le disant). Nécessairement, si l’on recherche "un agriculteur" (pris dans le sens générique), alors on privilégiera une pseudo-écriture inclusive comme "recherchons agriculteur/trice" pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté.

Dans sa condamnation ferme de l’écriture inclusive, l’Académie française (qui n’est pas opposée aux évolutions de la langue, même quand elles sont douteuses), dans son unanimité, a lancé un véritable cri d’alarme : « Devant cette aberration "inclusive", la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète. » (26 octobre 2017).

On pourrait d’ailleurs imaginer que l’utilisation de cette écriture inclusive aurait peut-être progressé depuis l’éclatement du scandale sexuel du producteur américain Harvey Weinstein le 10 octobre 2017 et que bien des "hommes", qui auraient un peu quelque chose à se reprocher, joueraient le jeu pour se montrer proches et soucieux des femmes… Mais ce ne sont que de vilaines supputations, et les agressions sexuelles voire les viols ne sont en rien comparables à de simples tournures sémantiques qui ne traumatiseront jamais personne dans sa chair ou son âme.

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C’est sûr qu’en apparence, le français ne propose pas un troisième genre, le neutre. En allemand, on peut ainsi l’utiliser à bon escient, en disant par exemple "das Mädchen" au lieu de "die" (sauf au pluriel) car on considère que les "petites filles" ne sont pas encore des femmes, ne sont pas encore "formées", pas vraiment "féminines", même si la pratique tend, en parlant d’elle, à utiliser le pronom "sie" plutôt que "es" (neutre). Du reste, le russe donne aussi cette forme neutre au même mot.

Ce serait intéressant d’imaginer les doctrinaires antisexistes avec l’allemand : ils pourraient s’offusquer que la "petite fille" est neutre et pas féminine, mais ils devraient alors s’offusquer aussi que l’article au pluriel pour tous les genres (en français "les") est "die", soit le même article que celui du féminin singulier ("la"). Idem pour le pronom personne au pluriel, "sie" et le voussoiement ("Sie") qui est le même pronom que le féminin singulier "sie".

En français, d’ailleurs, le masculin ne l’emporte pas systématiquement quand on veut parler des deux sexes de manière générique. Aucun féministe ou aucune féministe (je n’ose indiquer de genre ici) ne serait capable de proposer une solution pour supprimer le féminin systématique lorsqu’on veut parler d’un homme comme d’une personne, comme d’une victime, comme d’une recrue, comme d’une star, comme d’une vedette, comme d’une sentinelle, comme d’une silhouette, comme d’une vigie, comme d’une dupe, comme d’une fripouille, comme d’une estafette, comme d’une b*rne (ou tout autre gros mot du genre p*te), etc. Il doit sûrement y avoir encore d’autres mots féminins pour désigner aussi des hommes.

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On pourrait même imaginer que l’expression des professions au genre indéterminé pourrait se décliner au féminin pour certaines d’entre elles, en disant (pour inclure les hommes et les femmes travaillant ainsi) "les infirmières", "les puéricultrices", etc. reprenant ainsi le contexte socio-culturel actuel ou historique (mais on dira toujours "les professeurs" même si une majorité d’entre eux sont des femmes). Cette idée pourrait cependant conforter au contraire le sexisme dans les professions et ne pas être logique avec le principe du "neutre générique" qui veut que l’indétermination du genre se décline au masculin et pas au féminin.

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C’est d’ailleurs la meilleure "défense" des opposants à cette dogmatique écriture inclusive : le neutre existe en français et se décline comme le masculin. Le meilleur exemple, c’est le pronom impersonnel. Le "on" (qui est singulier et pas pluriel, souvent utilisé à tort au pluriel par confusion avec le pronom "nous"), ou encore le "il" dans "il pleut" ou "il faut", on imagine mal dire "elle pleut" ou "elle faut"…

On n’aurait pas cette confusion mentale entre le genre des mots et le genre des personnes si la grammaire française s’enseignait comme en allemand, en russe, en latin ou en grec ancien, à savoir avec des tableaux de déclinaisons au lieu des appellations très françaises de COD (complément d’objet direct) et COI (complément d’objet indirect), qui font office, en français, d’accusatif et de datif.

Lorsque j’étais en sixième, j’ai mieux compris la grammaire française dès lors que j’apprenais parallèlement la grammaire allemande pour cette raison-là. Les tableaux de déclinaisons sont beaucoup plus logiques et rationnels. Car le français aussi a des déclinaisons, mais on ne le présente pas sous cette forme. Les pronoms personnels, par exemple, sont déclinables.

Nominatif : je, tu, il/elle, nous, vous, ils/elles.
Accusatif : me, te, se, nous, vous, leur/se.
Datif : me, te, se, nous, vous, leur/se.

Cette présentation serait évidemment "révolutionnaire" (ce qui n’est pas mon genre !) et nécessiterait avant de l’enseigner une évaluation fiable. Mais je pense que les esprits rationnels et logiques y gagneraient. Et cette présentation aurait épargné aux locuteurs de la langue française cette stupidité sans nom que représente l’écriture inclusive.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 octobre 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Communiqué de l’Académie française du 26 octobre 2017.
L’écriture inclusive.
La réforme de l’orthographe.
La dictée à  l’école.
La réforme du collège.
Le réforme des programmes scolaires.
Le français et l’anglais.
La patriotisme français.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20171026-ecriture-inclusive.html

https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-declinaison-non-inclusive-198154

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/10/28/35813041.html






 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 03:27

« Ce soir, la profusion de symboles historiques, la variété des usages du passé, l’inédite diversité humaine des figures et des acteurs et actrices, la volonté de ne pas adresser la leçon au monde, tout cela fait rupture dans la manière dont la France représente et raconte ordinairement son passé dans les événements solennels ou commémorations officielles. (…) Le récit national n’est pas esquivé, une histoire de France est esquissée dans sa singularité, mais cette histoire n’est ici ni linéaire ni fermée à la différence. Cette histoire n’est pas une histoire moins riche, ou destructive, mais une histoire qui nous ressemble et nous nourrit. Ce dialogue entre histoire, grand spectacle et création artistique n’est pas facile, il doit être souligné » (Guillaume Mazeau, le 26 juillet 2024 dans "Le Monde").



 


Je reviens sur la très belle cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de 2024 à Paris, qui s'est déroulée au bord de la Seine. C'était la première fois qu'une telle cérémonie s'était déroulée à l'extérieur, en dehors de l'enceinte des JO (hors d'un stade). Les réactions étaient quasi-unanimes sur le caractère exceptionnel, historique, joyeux de ces festivités, au point que les Américains vont devoir faire aussi bien en 2028 à Los Angeles. Selon la chaîne américaine NBC, un milliard de personnes auraient regardé cette cérémonie dans le monde. La grosse pluie n'a pas empêché le succès de cette fête grandiose et majestueuse. Un peu moins de 7 000 athlètes ont défilé et 3 000 artistes (dont 400 danseurs) ont participé au spectacle. C'était pharaonique !

Certes, des polémiques bien inutiles ont germé, surtout dans les réseaux sociaux, venant de tous ceux dont le métier est de dénigrer la France ou son Président, Emmanuel Macron en l'occurrence, pour cette manifestation, cela revient au même. On ne s'étonnera donc pas d'y retrouver la très prévisible fachosphère ainsi que la Russie, par exemple, mais aussi, et c'est plus regrettable, la Conférence des évêques de France. Je reviendrai un peu plus loin sur les deux (principales) polémiques qui sont nées de ce spectacle.

Ce qu'il faut retenir, c'est que l'organisation française a fait très fort comme spectacle à la fois artistique, culturel, historique, sportif. Il y en avait pour tous les goûts et tous les sens. Il est quasiment certain qu'aucun spectateur ou téléspectateur n'a pu aimer toutes les animations, tous les plateaux, tous les tableaux, toutes les manifestations proposées par ce spectacle, mais tous ensemble, ils donnent une sorte de rapide (bien que durant quatre heures) mélange du temps (l'ancien, le moderne), de l'espace, des valeurs universelles, de ce qu'est la France (ou n'est pas), des clins d'œil, des références culturelles, le tout s'assurant de la devise de la République, liberté, égalité, fraternité, et aussi de la devise de l'Europe, unis dans la diversité, à savoir que la richesse de la France rejaillit sur le monde mais que la richesse du monde, des autres cultures, rejaillit aussi sur la France.

Ont été honorés non seulement des personnages célèbres, des femmes d'importance, comme Simone Veil et Simone de Beauvoir (dont la statue s'est coincée !), des grands sportifs, français ou étranger d'ailleurs), mais aussi de "petites mains" comme les artisans qui ont réparé Notre-Dame de Paris ou les ouvriers fondeurs de la Monnaie de Paris qui ont coulé les médailles d'or olympiques avec un peu de métal de la Tour Eiffel. La fête était aussi touristique, fluviale et parisienne, puisque le spectacle s'est passé sur la Seine, du pont d'Austerlitz au pont d'Iéna, celui qui raccorde le Trocadéro à la Tour Eiffel.

La première fierté française, cela a été la chanteuse américaine Lady Gaga qui a chanté Zizi Jeanmaire... mais c'était aussi la fierté américaine qu'elle fût présente à cette cérémonie française et fît partie de cette extraordinaire aventure. Un peu plus tard, la chanteuse française la plus vendue dans le monde Aya Nakamura a interprété, avec les musiciens de la Garde républicaine, un mélange reprenant ses propres chansons et "For me formidable" de Charles Aznavour, tout cela sur le pont des Arts, devant l'Académie française, pour signifier l'égalité. L'avantage d'une polémique préventive, alimentée par l'extrême droite (sous prétexte non dit que sa couleur de la peau représenterait mal la France), c'est qu'elle n'a plus lieu après sa prestation. On avait évoqué Édith Piaf, elle a chanté Aznavour ; ma foi, ce mélange, peut-être pas du goût de tous, était en tout cas très œcuménique ! Très "en même temps".

 


De la chanson française ont émergé notamment Serge Gainsbourg ("Initial B.B."), les Rita Mitsuko ("Andy"), Daniel Balavoine ("L'Aziza"), France Gall et Michel Berger ("Ça balance pas mal à Paris"), Mylène Farmer ("Désenchantée"), Véronique Samson ("Chanson sur ma drôle de vie"), Michel Polnareff ("Lettre à France"), etc.

Le vol de "La Joconde" fait référence à un épisode de l'histoire de l'art, et on s'est finalement aperçu que c'étaient les Minions (une production de dessins animés franco-américains) qui étaient les coupables ! Ce que n'a pas dit le spectacle, c'est que le Louvre avait accueilli le dîner officiel des chefs d'État et de gouvernement la veille (accueil par la Pyramide du Louvre, tapis rouge).

 


La longue (certainement trop longue) chevauchée fantastique de la porteuse du drapeau olympique sur les eaux de la Seine (et sous la pluie) faisait référence à Jeanne d'Arc, et c'était la conceptrice même du cheval mécanique poussé dans le fleuve, Morgane Suquart, qui tenait le rôle de la cavalière avant que la gendarme Floriane Issert ne soit arrivée à sa place sur le pont d'Iéna pour donner le fameux drapeau, avec cette solennité presque militaire du salut aux drapeaux.
 


Quant à l'allumage de la vasque olympique par deux athlètes de renommée mondiale, Marie-José Pérec et Teddy Riner, elle était très originale, en continuant à faire parler le génie français, avec une montgolfière qui a illuminé le Paris nocturne des feux olympiques, et cette scène m'a fait penser à la scène finale de la "Rencontre du Troisième type" de Steven Spielberg (sorti le 16 novembre 1977) avec François Truffaut et Richard Dreyfuss. D'une point de vue cinématographique, il y a eu dans ce spectacle de nombreuses références dont les frères Lumière et le génial Georges Méliès.
 


Venons-en aux deux polémiques du moment, une petite et une moyenne, toutes les deux dérisoires, à mon sens, car lorsqu'on parle d'art, on parle avant tout de liberté, car la France, c'est aussi la créativité en liberté. L'art, en particulier, permet de revisiter des anciens concepts, de pasticher aussi, de provoquer, bien sûr. Thomas Jolly, le directeur artistique du spectacle, a montré ainsi sa finesse dans l'art de faire de l'art, si j'ose dire !

La première polémique provient surtout de Jean-Luc Mélenchon qui a donné son quitus au spectacle (nous sommes rassurés !) ...mais sauf deux évocations, Marie-Antoinette et "La Cène". Étrange ancien laïcard qui, aujourd'hui, est prêt à défendre l'honneur supposé atteint des chrétiens pour mieux défendre demain celui des musulmans : « À quoi bon risquer de blesser les croyants ? Même quand on est anticlérical ! Nous parlions au monde ce soir-là. Dans le milliard de chrétiens du monde, combien de braves et honnêtes personnes à qui la foi donne de l’aide (…), sans gêner personne ? ».

 


L'évocation de Marie-Antoinette, Jean-Luc Mélenchon l'a trouvée macabre et « d'un âge des punitions que nous ne voulons plus revoir ». Très étrange encore pour un adorateur de Robespierre, celui qui a eu tant de têtes décapitées sur la conscience, et pour un anti-monarchiste. J'ai eu un peu le même réflexe de dégoût devant l'aspect gore, en voyant cette Conciergerie immaculée de rouge, de sang, avec Marie-Antoinette tenant sa tête coupée comme les saints de la sainte Église. Bien sûr, les lieux s'y prêtaient, et finalement, l'histoire de France est l'histoire de France, pas toujours très belle à voir.

En outre, cette scène a laissé place à une interprétation magistrale de "L'amour est un oiseau rebelle", morceau du célèbre opéra "Carmen" de Georges Bizet, par la mezzo-soprano Marina Viotti embarquée dans un bateau.

L'autre polémique, c'est "La Cène". Je l'écris exprès ainsi alors que c'est en fait assez faux. Si elle a été aussi alimentée par Jean-Luc Mélenchon, ce sont surtout les catholiques intégristes et l'extrême droite identitaire qui se sont le plus indignés (bien pauvrement et inutilement). De quoi s'agissait-il ? D'un tableau vivant mettant en action quelques drag queens et d'autres personnages assez bizarres, dirait-on, sous le titre de "Festivité". Je précise à toute fin utile que je goûte peu aux délices des drag queens, m'interroge même sur leurs motivations, mais franchement, en quoi me gêneraient-elles ? Chacun a le droit de vivre, et de se montrer, exubérance ou discrétion. Il n'y a rien de woke, il n'y a que de l'art, qui est ou révolutionnaire ou pompeux sinon pompier.

 


La scène était très colorée (mais aussi très mouillée) : une énorme table, des convives gourmands, et un plat sous cloche. La cloche s'est levée et qui est apparu ? Un éclat de rire avec le chanteur Philippe Katerine, complètement nu, peinturluré en bleu Schtroumpf, incarnant Dionysos (le dieu du vin), et chantant "Nu", une sorte d'hymne à la nudité. Autodérision forcément. Après le spectacle, Philippe Katrine a expliqué qu'il avait envoyé aux organisateurs une vidéo et sa proposition de se produire pour la cérémonie d'ouverture, il a été retenu. Originalité. Il a cité des arguments de paix (on ne peut pas cacher des armes), de décroissance (on n'achète pas de vêtement), etc.

Au-delà des drag queens, ce qui a choqué des prétendus chrétiens (j'écris "prétendus" car moi-même je peux revendiquer mon catholicisme, sans vouloir pourtant le crier sur tous les toits, et j'avoue humblement que j'ai plus souri qu'été scandalisé), c'est que la scène serait une imitation de "La Cène", ce tableau de Léonard de Vinci (réalisé entre 1495 et 1498) représentant le repas du Jeudi Saint (avant la mort du Christ, entouré de ses apôtres). Ils voyaient alors le Christ en une sorte de drag queens un peu étrange, et ses apôtres de même.

 


Mais Goscinny et Uderzo ont-il choqué leur lecteurs avec un banquet d'Astérix reprenant étrangement les poses de "Le Cène" ? Certainement pas. Il faut dire qu'il n'y avait pas de fachosphère, à l'époque de parution.
 


Samedi, la Conférence des évêques de France (CEF) s'est senti obligée d'emboîter le pas des internautes assez stupides en parlant de scène « de dérision et de moquerie du christianisme » et de « l'outrance et la provocation de certaines scènes ». Mais les évêques n'ont-ils pas mieux à faire et mieux à penser qu'à surréagir dans une vaine et inutile polémique ? Leur parole ne devrait-elle pas être réservée à des choses réellement grave et importante ? Surtout après les récentes révélations sur l'abbé Pierre ? (Heureusement, la CEF, honnête, a aussi reconnu dans le spectacle « de merveilleux moments de beauté, d’allégresse, riches en émotions et universellement salués »).

Certains internautes ont d'ailleurs réagi assez vivement sur ces dénigrements : le tableau de cette Festivité ne faisait pas référence à la religion, au Christ ni à ce tableau de Léonard de Vinci, mais à un tableau du peintre néerlandais Jan van Bijlert, l'un des plus importants de sa ville natale, Utrecht (de l'école caravagesque), intitulé "Le Festin des dieux" (réalisé vers 1635), qui montre Apollon en maître des cérémonies et Dionysos au premier plan. Cette œuvre est exposée au Musée Magnin à Dijon.

 


La notice de ce musée est assez explicite : « Sur l’Olympe, les dieux sont rassemblés pour un banquet célébrant le mariage de Thétis et Pélée. À gauche se tiennent Minerve, Diane, Mars et Vénus accompagnés de l’Amour. Flore, la déesse du printemps, se trouve derrière eux. Apollon couronné, identifiable à sa lyre, préside au centre de la table. On reconnaît plus loin Hercule avec sa massue et Neptune avec son trident. À l’extrême-droite, Eris a déposé sur la table la pomme de la discorde. Certains dieux manquent, probablement en raison de la coupure dont la toile a souffert sur la partie gauche ; la présence du paon de Junon le laisse penser. Le thème du festin de dieux était populaire en Hollande ; "le Mariage de Psyché" et "Amour" d'Hendrick Goltzius déclencha une abondante production d’œuvres illustrant ce sujet. (…) Le satyre dansant devant la table et le Bacchus allongé au premier plan pressant au-dessus de sa bouche une grappe de raisin rappellent de façon atténuée le naturalisme [du Caravage] : chairs à teinte ocre, corps vus de près dans des attitudes non orthodoxes. Cependant, la faveur considérable dont jouissait le peintre italien ne dura pas. Son influence a presque disparu vers 1630 (…). ».

On pourrait en effet associer ce tableau de Jan van Bijlert à celui de Giovanni Bellini et de Titien, "Le Festin des dieux", réalisé en 1514 puis 1529, exposé à la National Gallery of Art de Washington.
 


Interrogé sur BFMTV le dimanche 28 juillet 2024, Thomas Jolly a rejeté la connotation religieuse de cette mise en scène. Il voulait promouvoir les valeurs de l'olympisme, pas du catholicisme. "La Cène", ce n'était pas son inspiration, a-t-il assuré mi-amusé : « Ce n'est pas mon inspiration. Je crois que c’était assez clair, il y a Dionysos qui arrive sur cette table. Il est là, pourquoi ?, parce qu’il est dieu de la fête (…), du vin, et père de Sequana, déesse reliée au fleuve (…). L’idée était plutôt de faire une grande fête païenne reliée aux dieux de l’Olympe… Olympe… Olympisme (…). Vous ne trouverez jamais chez moi une quelconque volonté de moquerie, de dénigrer quoi que ce soit. J’ai voulu faire une cérémonie qui répare, qui réconcilie. ». Il n'a toutefois pas confirmé l'inspiration du tableau de Jan van Bijlert.
 


Sur BFMTV, Thomas Jolly en a profité aussi pour affirmer que la scène avec Marie-Antoinette n'était pas du tout une « glorification de cet instrument de mort qu'était la guillotine » et que tout était « très théâtral », avec une « théâtralité de grand guignol ».

De son côté, la drag queens Piche qui a participé à la scène de Dionysos, a commenté sur BFMTV le 27 juillet 2024 : « L'art, ça divise toujours. À partir du moment où ça ne remue pas les gens, ce n'est pas de l'art pour moi. (…) Il n'y a eu pas de provocations réelles ou de choses qui soient véritablement obscènes. On ne s'est pas moqué du tout de ce tableau-là ["La Cène"]. (...) C'est vraiment juste parce que c'est des queers et des drag queen qui utilisent cette représentation-là que ça gène. ».

Pour autant, la directrice de la communication de l'organisation, Anne Descamps, a présenté ses excuses le 28 juillet 2024 : « Clairement notre intention n’était pas d’afficher un manque de respect à quelque groupe religieux que ce soit. À l’inverse, notre intention était de montrer de la tolérance et de la communion. Si des gens ont été offensés, nous nous en excusons. ». Tandis que Thomas Jolly a confirmé : « Notre sujet n'était pas d'être subversif. Nous n'avons jamais voulu être subversifs. Nous voulions parler de diversité (…). Nous voulions inclure tout le monde, c'est aussi simple que ça. ».
 


Je termine sur cette réflexion : cette cérémonie d'ouverture n'était pas une allégorie en l'honneur d'Emmanuel Macron comme certains détracteurs politiques voudraient le faire croire (et ceux-là, par haine contre lui, une haine dérisoire et anecdotique, se sentent alors obligés de dénigrer ce spectacle). Le Président de la République était au contraire très petit face au grandiose de cette cérémonie et on imagine bien qu'il n'a pas beaucoup contribué personnellement à sa réussite, chacun son métier, chacun sa fonction. Du reste, passionné par le sport, Emmanuel Macron, qui n'a fait que prononcer la phrase officielle d'ouverture, a même paru très impressionné par son propre rôle.
 


Il n'imaginait pas un instant qu'il aurait pu se retrouver à cette place, ce vendredi soir, mais c'est vrai que, par les hasards du calendrier, il se trouve, avec ces Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 dans la même situation, dans la première moitié de son second mandat présidentiel, que François Mitterrand avec le Bicentenaire de la Révolution française le 14 juillet 1989. Séjournant à Paris à l'époque, j'y ai assisté, j'y ai ressenti beaucoup d'émotion, notamment avec Jessye Norman qui chantait "La Marseillaise".
 


La prestation d'Axelle Saint-Cirel, qui a chanté "La Marseillaise" sur le toit du Grand Palais, ne sera peut-être pas aussi mémorable que celle de Jessye Norman (malgré son sixième couplet), mais peut-être que celle de Juliette Armanet interprétant "Imagine" (de John Lennon) sur un radeau, accompagnée de Sofiane Pamart au piano, ce dernier sous les flammes malgré la grosse pluie, le sera, tellement elle était émouvante, et puis bien sûr, le final, le bouquet final, Céline Dion qui a fait sa première apparition artistique depuis 2020 au premier étage de la Tour Eiffel pour "L'Hymne pour l'amour" (d'Édith Piaf). Et pas en playback : de toute sa voix un peu cassée, de toute sa puissance, surmontant toutes ses peurs.
 


Cette cérémonie, au contraire, était d'abord une fête en l'honneur des sportifs, des champions ou futurs champions, français ou d'ailleurs. Il faut se rendre compte que ces athlètes de haut niveau ont travaillé dur, se sont entraînés depuis plusieurs années, pour ces quelques heures, journées d'épreuve, que cette cérémonie était leur cérémonie, qu'elle glorifiait avant tout leurs exploits, passés ou futurs, et que cette grande fête du sport est aussi un moyen de réconciliation et de concorde entre les peuples du monde. Festivité ! Merci la France, vive l'équipe de France et vive la France ! Merci le monde et vive le monde ! (Depuis lors, les médailles arrivent !).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 juillet 2024)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Festivité !
Ouverture des Jeux olympiques : Paris tenu !
Amélie Oudéa-Castéra se baigne dans la Seine : Paris tenu !
Fête de l'Europe, joies et fiertés françaises.
Adèle Milloz.
Éric Tabarly.

Coupe de France de football 2023 : victoire de Toulouse ...et d'Emmanuel Macron !
France-Argentine : l'important, c'est de participer !
France-Maroc : mince, on a gagné !?
Qatar 2022 : vive la France, vive le football (et le reste, tant pis) !
Après la COP27, la coupe au Qatar : le double scandale...
Vincent Lindon contre la coupe au Qatar.
Neil Armstrong.
John Glenn.
Michael Collins.
Thomas Pesquet.
Youri Gagarine.
Le burkini dans les piscines.
Les seins nus dans les piscines.
Roland Garros.
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Jean-Pierre Adams.
Bernard Tapie.
Kylian Mbappé.
Pierre Mazeaud.
Usain Bolt.



https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240727-ceremonie-d-ouverture-jo.html

https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240727-festivite.html



http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/07/28/article-sr-20240727-festivite.html






 

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 07:47

Lamartine : « On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas .»
Gandhi : « On reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux. »


yartiSensible01Ceux qui ont déjà eu à remplir le long questionnaire pour le recensement auront pu s’étonner : l’État leur pose beaucoup de questions parfois très précises sur eux, voire indiscrètes, les personnes qu’ils hébergent, leur profession, leur patrimoine, leurs habitudes de vie, leur lieu de travail, d’habitation, leur mode de transports, etc. et pourtant, malgré toutes ces cases, il manque une rubrique, leurs animaux de compagnie. On n’en parle pas !

Pourtant, en terme à la fois économique et sanitaire, la vision que peut avoir l’État sur les animaux de compagnie n’est pas sans conséquence. En France, il y a désormais un net avantage du chat sur le chien. En 2012, il y avait 7,4 millions de chiens domestiques, en légère diminution ; et en 2008, il y avait 10,7 millions de chats domestiques, en constante progression. Et bien sûr, il y a d’autres animaux de compagnie que le chat et le chien.


Un amendement adopté la nuit

Dans la troisième séance du mardi 15 avril 2014 à l’Assemblée Nationale, celle qui fut ouverte à vingt et une heures, les députés discutaient du projet de loi relatif à la modernisation et à la simplification du droit et des procédures dans les domaines de la justice et des affaires intérieures déposé le 27 novembre 2013 par la Ministre de la Justice Christiane Taubira et qui a déjà été adopté en première lecture le 23 janvier 2014 par le Sénat.

Dans ce texte dont la procédure accélérée a été demandée par le gouvernement, et qui fera l’objet d’ordonnances, on y a mis un peu tout et n’importe quoi.

C’est donc presque sans vraiment grande surprise qu’un amendement (l’amendement n°59) déposé le 11 avril 2014 à la commission des lois par l’ancien Ministre de l’Agriculture Jean Glavany (PS), par Cécile Untermaier (PS), et par la rapporteure du projet Colette Capdevielle (PS), avocate de Bayonne, et adopté le matin du 15 avril 2014 par cette même commission, a provoqué une petite révolution sémantique dans le droit français.

En effet, durant cette séance nocturne qui a suivi, les députés ont adopté cette modification du code civil à insérer avant le titre Ier du livre II en tant qu’article 515-14 : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens corporels. ».

Évidemment, on ne définira pas juridiquement ce que signifie "sensibilité" ni ce que signifie "êtres vivants" ou "animaux", est-ce qu’un virus est vivant ? est-ce que le texte s’appliquera aussi aux insectes, aux poissons ?

Le texte est symbolique puisque les animaux resteront des "biens corporels" en cas de succession ou de séparation.


Ne pas en faire un cavalier

En fait, ce texte est seulement une simplification et une harmonisation avec le code rural et le code pénal qui considèrent déjà les animaux comme des êtres sensibles, alors que le code civil, jusqu’à maintenant, ne les considèrent que comme des "biens meubles" ou des "immeubles par destination".

Jean Glavany a été très clair sur ses intentions : « Le statut de l’animal existe dans notre droit grâce aux mesures adoptées en 1976 [loi Nungesser] et en 1999 [loi du 6 janvier 1999] ; malheureusement, il y a une lacune. Nous pourrions opter pour de nouvelles avancées (…), mais nous tenons à rester dans le cadre du texte qui nous est présenté aujourd’hui (…). Aller plus loin (…), ce serait risquer de créer un cavalier législatif. ».

yartiSensible02

Certains députés de l’opposition, comme Philippe Gosselin (UMP), juriste de la Manche, et Daniel Gibbes (UMP), notaire à Saint-Martin, se sont inquiétés de ce changement sans concertation avec les professionnels de l’élevage qui y voient une remise en cause de leur savoir-faire en matière de bien-être animal. Ils craignent aussi qu’on ouvre une boîte de Pandore qui ferait de cet amendement un "cavalier", terme qui désigne un petit texte à la remorque d’un projet de loi qui est un peu hors sujet, c’est parfois l’occasion pour les parlementaires d’adopter des réformes très importantes de façon très discrète, mais le Conseil Constitutionnel tend de plus en plus à les rejeter en cas de saisine.


Aller plus moins ?

Boîte de Pandore démontrée au cours même de la discussion puisque le groupe écologiste a déposé au dernier moment trois sous-amendements, qui n’ont finalement pas été adoptés, dont un qui en profite pour interdire la corrida et il serait disposé à interdire tout ce qui nuit inutilement aux animaux, en particulier la chasse à courre, et même, la chasse tout court.

Car les écologistes, eux, sont plutôt furieux de cet amendement qui, pourtant, va dans leur sens, celui d’une plus grande attention portée aux animaux. Laurence Abeille (EELV), adjointe de Fontenay-sous-Bois, mais aussi sa collègue socialiste Geneviève Gaillard (PS), vétérinaire et maire sortante de Niort battue, reprochent justement au gouvernement de passer rapidement cet amendement pour enterrer définitivement toute discussion ultérieure sur le statut juridique de l’animal, alors que Geneviève Gaillard dirige justement un groupe de travail sur la question et va très bientôt déposer une proposition de loi.

Jean Glavany a donc eu beau jeu de dire que cette micro-modification ne servait qu’à prendre date : « Ce que je propose avec l’amendement n°59, c’est de mettre le pied dans la porte de sorte qu’elle reste ouverte. », ce qui n’a pas rassuré évidemment les députés défendant les professionnels qui s’occupent des animaux.


Inquiétude des éleveurs

Philippe Gosselin l’a expliqué sans détour : « Le risque est très grand de stigmatiser les professionnels et de les mettre en difficulté, de voir se multiplier les procédures judiciaires à leur encontre. Quid de l’expérimentation médicale ? Qui de l’évolution du bien-être animal et des possibilités de recours à l’abattoir ? La question est de savoir si l’on ne va pas bloquer nos agriculteurs et l’agriculture française. ».

Et de poursuivre : « Cet amendement ouvre la boîte de Pandore et vous le savez. Son auteur (…) avoue lui-même que le but est de mettre le pied dans la porte. Ensuite, il n’y aura plus qu’à pousser pour qu’elle cède, et que nous ayons une vraie révolution, et pas seulement la reconnaissance d’une évolution qui, à certains égards, pouvait s’envisager. Mais elle ne saurait s’envisager ainsi, pas sous cette forme et pas ce soir. ».


Mécontentement des écologistes

Dans une logique diamétralement opposée, Laurence Abeille, au contraire, s’est inquiétée du risque inverse, avec cet amendement : « Certains élevages font encore appel à des pratiques interdites, ce que l’on peut regretter : les reportages que nous avons pu voir à la télévision ont d’ailleurs choqué beaucoup de Français. (…) Ma crainte (…), c’est que cette porte reste simplement entrouverte et que l’on n’aille pas jusqu’au bout. La mesure est symbolique, mais en termes de portée réelle (…), le compte n’y est malheureusement pas. Il est permis de le regretter, parce que notre ambition, en ce qui concerne le statut de l’animal, va bien au-delà de ce qui a été indiqué ici. ».

Et elle-même de rappeler ses motivations : « Reste que la question est d’importance, qu’elle est suivie par des millions de Français soucieux de la condition animale. Nous voulons en finir avec la cruauté envers les animaux, nous voulons le bien-être des animaux, de tous les animaux, et nous voulons que ce soit inscrit dans la loi. ».

Sa collègue Geneviève Gaillard a également conforté cette position : « Nous ne sommes pas très nombreux ce soir dans l’hémicycle, et pourtant ce sujet n’est pas loin de déchaîné les passions… C’est dire à quel point il est nécessaire (…) que nous puissions aller au fond de ces problématiques. Il est possible de faire évoluer le statut juridique de l’animal sans porter atteinte ni à la commercialisation, ni à la production animale, ni à la chasse, ni aux pratiques sportives. Et, au regard de celle de notre société, cette évolution du statut juridique de l’animal nous paraît pouvoir être admise. ».

Comme on le voit, la discussion nocturne a été assez animée malgré le faible nombre de protagonistes. En seconde lecture, les sénateurs pourraient cependant revenir sur cette innovation assez anodine du code civil.


Y aura-t-il un grand débat sur le statut juridique de l’animal ?

Ce n’est qu’un embryon de débat, mais tout laisse penser qu’un vrai débat parlementaire sera accepté par le gouvernement avec la future proposition de loi que présentera Geneviève Gaillard. En tout cas, c’est ce que souhaite Christiane Taubira.

Mais les écologistes ont peut-être raison de douter de la détermination du gouvernement, car cet amendement a été adopté malgré la réticence du Président de la République François Hollande qui avait affirmé le 21 février 2014, à la veille du Salon de l’Agriculture : « Dans le code rural notamment, l’animal est déjà considéré comme un être sensible. Pourquoi ajouter d’autres considérations ? Beaucoup d’efforts ont été réalisés pour le bien-être animal sans qu’il soit nécessaire de les traduire dans une loi. ».

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Les amis des animaux peuvent donc se réjouir discrètement de l’adoption de cet amendement, qui ne sera qu’un petit symbole dans le droit français, mais ils attendront fermement le véritable débat de société que nécessite cette question.

Tant qu’il n’y aucune utilité, il ne faut pas faire souffrir les animaux. Ni dans les salles de classe où il n’est pas nécessaire d’écorcher vif une pauvre grenouille ou une pauvre tortue pour savoir qu’il y a des influx nerveux, ni dans les arènes pour le bon plaisir d'une foule insensible, ni dans les élevages intensifs, ni dans les abattoirs, ni enfin dans la recherche cosmétique.


L’animal n’est pas une chose

Avez-vous déjà offert un chien ou un chat à un proche ? Si oui, c’est une grave erreur. Un animal n’est pas un jouet, n’est pas un téléphone portable, n’est pas un objet. S’occuper d’un animal est une responsabilité personnelle importante. C’est aussi un coût parfois important. L’idée d’avoir un animal doit provenir de la personne qui s’en occupera elle-même.

Le considérer comme objet de consommation, c’est forcément en retrouver plus tard abandonnés. Les refuges sont nombreux qui essaient de gérer cette détresse animale fondée uniquement sur l’irresponsabilité des humains.

On pourra toujours dire qu’il y a des combats plus importants que la vie des animaux, en commençant par les humains, qu’il est insupportable d’imaginer que des êtres humains puissent mourir de faim, de froid. Pourtant, cela forme un tout.

Comme le confortent les deux citations du début, de Lamartine et de Gandhi, rappelées à l’occasion du débat parlementaire par Jean Glavany, ceux qui sont capables de cruauté vis-à-vis des animaux n’auront aucun mal à être cruels avec des êtres humains lorsqu’ils leur auront nié leur propre humanité.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 avril 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les chasseurs…
La vie dans tous ses états.

yartiSensible04



 
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/les-animaux-sont-des-etres-vivants-150796

 

 

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 07:38

Bonnet d’âne pour les adolescents français ? Le classement des pays de l’OCDE en matière éducative semble donner une piètre image de la France. Et pourtant, si les inégalités sociales continuent à croître (comme dans tous les autres domaines, en temps de crise), la France n’a pas à rougir de ses performances intellectuelles.


yartiPISA01Comme "prévu" depuis plusieurs jours, la France se retrouve en très mauvaise place dans le classement PISA réalisé par l’OCDE à partir d’une étude qui évalue le niveau de connaissances des adolescents de 15 ans. PISA signifie : Programme international pour le suivi des acquis des élèves.

Bien que CNN avait connaissance du classement dès le 1er décembre 2013, c’est deux jours plus tard que les médias français ont eu l’information.

Il est toujours très difficile pour la France d’accueillir des classements internationaux (c’est aussi le cas pour les meilleures universités du monde avec pour critère la notoriété des travaux de recherche) car elle est restée dans sa tradition arc-boutée sur son principe d’égalité de tous les élèves devant l’école. Égalité théorique.

Je me souviens qu’il était même interdit de faire des classements trimestriels dans les classes, savoir qui étaient les meilleurs élèves de la classe. Mais cette interdiction n’empêchait nullement lesdits élèves de le faire eux-mêmes en collectant les différentes moyennes générales. Quoi de plus motivant, pour un élève classé deuxième de travailler encore plus dur pour atteindre la première place le trimestre suivant ? C’est la saine émulation des compétitions où l’enjeu est peut-être narcissique mais néanmoins moteur.

Dès la veille de la publication (le 2 décembre), le Ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon dramatisait lourdement ces résultats "inacceptables" et en profitait pour vendre sa "refondation de l’école" dont on se demande vraiment à quoi cela peut correspondre sinon à ce changement des rythmes scolaires qui place les municipalités, le personnel enseignant et les parents d’élèves dans la plus grande perplexité. Pas sûr que les occupations périscolaires soient à même de redresser le tir d’ici trois ans. Le gouvernement semble s’être trompé sur les priorités. Cela dit, Vincent Peillon annoncera une nouvelle série de mesures pour "refonder l’école" le 12 décembre 2013 ; nous verrons bien ce qu’il proposera.

D’après les informations parcellaires qui ont été mises en avant dans le "service après-vente" du classement, la France pêcherait justement par son manque d’égalité. L’un des premiers marchés des cours particuliers, le pays laisserait à l’abandon les élèves les moins privilégiés de ses classes.

Les meilleurs élèves seraient toutefois encore meilleurs par rapport aux autres pays que dans la précédente étude publiée il y a trois ans.

En mathématiques, la France se situe ainsi à la 18e place sur les 34 pays membres de l’OCDE, mais à la 13e place pour les élèves issus de milieux favorisés et à la 33e place pour ceux issus de milieux défavorisés. L’écart est immense (la fracture sociale ?). Pourtant, il n’y a pas de fatalité à une sorte d’aristocratie intellectuelle ; une récente étude avait conclu par exemple que seulement 5% des élèves de l’ENA avaient des parents issus de la haute fonction publique.

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Évidemment, il faut savoir raison garder et prendre un peu de recul.

Déjà, parce que la France n’est pas en si mauvaise place dans l’excellence intellectuelle. La France est par exemple classée première ex-æquo avec les États-Unis pour la Médaille Field (la plus prestigieuse distinction pour les mathématiques, délivrée seulement tous les quatre ans à des chercheurs de moins de 40 ans), avec 11 lauréats. Parmi les derniers lauréats de 2010, il y a deux Français, Cédric Villani et Ngô Bao Châu (ainsi que Wendelin Werner en 2006 et Laurent Lafforgue en 2002). Depuis 1994, il y a toujours eu un Français parmi les lauréats à chaque attribution.

Pour le Prix Nobel de Physique, la France est classée quatrième (13 lauréats dont Serge Haroche en 2012 et Albert Fert en 2007) derrière les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Pour le Prix Nobel de Chimie, en quatrième position aussi (8 lauréats dont Yves Chauvin en 2005) derrière les mêmes pays, tout comme pour le Prix Nobel de Médecine (13 lauréats dont Jules Hoffmann en 2011, Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi en 2008). Quant au Prix Nobel de Littérature, la France est classée première, avec 14 lauréats (dont Jean-Marie Le Clézio en 2008 et Gao Xingjian en 2000), devant les trois autres pays du peloton de tête.

Il faut ensuite relativiser, parce que le classement PISA se fait avec une fenêtre d’indétermination de 10 places (erreur de plus ou moins 5 places !), c’est dire si l’étude est précise et si les changements dans le classement d’une étude à l’autre sont significatifs.

Enfin, parce que la France est comparée à des pays asiatiques dont les Français refuseraient nettement le système éducatif hyper-élitiste, en particulier en Corée du Sud et en Chine (en tête du classement). Certains élèves travaillent 50 heures par semaine, avec des cours très tard en début de nuit, et sont poussés psychologiquement pour préparer les concours et les examens afin d’atteindre les plus hauts niveaux. Dans ces pays, on est loin du débat un peu dérisoire des rythmes scolaires (le pendant éducatif des 35 heures ?).

Pour autant, la situation française n’est évidemment pas satisfaisante, surtout parce que l’étude pointe du doigt la grande disparité entre les élèves les plus favorisés et les élèves les moins favorisés socialement.

Ce qui semblait rarement commenté, pour analyser le classement PISA, c’est la grande différence d’atmosphère au sein même des classes selon les pays : lorsqu’un enseignant est obligé de passer 50% de son temps à faire la police pour obtenir un peu de discipline, il est sûr qu’il y a perte de capacité dans l’acquisition des connaissances. De même, lorsqu’on réduit le nombre total d’heures de cours dans une année, on ne s’étonnera pas que les programmes (bien que sans cesse allégés) ne soient pas achevés à la fin de l’année.

Au lieu de s’agiter assez inefficacement avec ce classement, les ministres du gouvernement de Jean-Marc Ayrault feraient mieux d’abord de ne pas continuer à détricoter le lien social et notamment, de ne pas supprimer des initiatives socialement heureuses, comme les internats d’excellence.

Lors de sa campagne présidentielle, le Président François Hollande avait placé la jeunesse comme priorité de son quinquennat. Visiblement, comme pour sa lutte contre le chômage, les mots ne paient plus…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (4 décembre 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Hollande.
Jean-Marc Ayrault.
Vincent Peillon.
Les internats d’excellence.

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http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/pisa-on-se-calme-144622

 

 

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