
PARIS (Reuters) - Sérieux et humilité pour l'un, sérénité et expérience pour l'autre : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal préparent leur duel télévisé, qui pourrait influer sur l'issue du second tour de l'élection présidentielle, tout en poursuivant leur entreprise de séduction envers l'électorat de François Bayrou."Toute ma vie a été faite de dialogue et de débat. Je n'en ai fui aucun. (...) Je suis prête par définition", a déclaré la candidate socialiste.
J'aborde le débat "avec beaucoup de sérieux, beaucoup d'humilité", a affirmé pour sa part Nicolas Sarkozy à l'issue d'une réunion publique à Porto-Vecchio, en Corse-du-Sud.
Le débat entre les deux prétendants à l'Elysée se déroulera mercredi sur TF1 et France 2, à partir de 21h00.
Selon Eric Besson, transfuge du Parti socialiste rallié au candidat de l'UMP, Ségolène Royal tentera de donner de son rival l'image d'un candidat brutal et diviseur. "Il n'y a pas besoin de grand scoop pour voir ce qu'est sa stratégie".
De fait, les attaques socialistes se concentraient lundi, au lendemain du meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy, sur ses diatribes anti-Mai 68.
Discours "brutal" et "violent", affirme la candidate socialiste qui redit dans Le Monde vouloir "une France rassemblée et pas les Français dressés les uns contre les autres".
"Régression" et "réaction" renchérit le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui prévient: "Ce n'est pas la société de demain que prépare Nicolas Sarkozy (...), c'est la société d'hier ou d'avant-hier".
"Mai 68 a été un moment où se sont affirmés des droits nouveaux dans tous les domaines. (...) Donner à penser que la gauche d'aujourd'hui serait une gauche qui détruirait les valeurs, qui serait favorable au désordre, c'est se moquer du monde, c'est jouer avec la réalité", a souligné Jack Lang, conseiller spécial de Ségolène Royal, sur France Info.
La conversion du candidat de l'UMP à la proportionnelle, signal tardif adressé à l'UDF mais aussi au Front national de Jean-Marie Le Pen, qui donnera mardi ses consignes de vote, est aussi dénoncée dans les rangs socialistes.
"L'HOMME DU PASSIF ET DU PASSE"
"C'est une perche tendue vers le Front national", a répliqué Ségolène Royal sur France 2.
"Nicolas Sarkozy en a déjà parlé notamment à propos du Sénat où elle existe et où on pourrait l'accroître, et il en a parlé dans la relation avec les centristes", a corrigé le député UMP des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian sur Canal+. "C'est un sujet de débat entre l'UMP et les centristes éventuellement, mais pas avec le FN, qui n'appartient pas à la majorité présidentielle".
Nicolas Sarkozy a voulu ouvrir le débat pour les élections de 2012, a précisé Luc Chatel, porte-parole de l'UMP, ajoutant que les législatives des 10 et 17 juin se dérouleraient au scrutin majoritaire.
"Lorsque Mme Royal évoque l'idée de la proportionnelle à l'Assemblée nationale, on nous explique que c'est une avancée, une modernisation démocratique. Quand c'est Nicolas Sarkozy qui le propose, on nous explique que c'est un appel du pied au Front national. Tout cela est absolument surréaliste", a-t-il dit.
"Il ne faut pas voir ou interpréter cette position comme un simple clin d'oeil électoraliste entre les deux tours", a assuré le chiraquien François Baroin sur Europe 1. Le ministre de l'Intérieur a toutefois souligné que la proportionnelle est "à manier avec prudence".
Ségolène Royal tente elle de courtiser les quelque 6,8 d'électeurs de François Bayrou en évoquant un possible accord de gouvernement avec les centristes, des désistements réciproques aux législatives ou encore la nomination... du futur président du "Parti démocrate" à Matignon.
Mais l'ancien ministre socialiste de l'Economie Dominique Strauss-Kahn, chef de file du pôle social-démocrate du PS, a aussi les faveurs de Ségolène Royal, qui juge qu'il ferait "un très bon Premier ministre".
Soucieuse de rassembler le plus largement au second tour, elle s'est entretenue lundi avec l'ex-candidat altermondialiste José Bové après avoir reçu la semaine dernière Dominique Voynet (Verts) et Arlette Laguiller (Lutte ouvrière).
En attendant le verdict des urnes, la candidate socialiste affûte ses arguments pour son grand meeting au stade Charléty, mardi à Paris, et le duel du 2 mai.
Nicolas Sarkozy, "c'est l'homme du passé et du passif", lance-t-elle dans Le Monde, associant dans une même formule deux répliques de Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand lors des débats d'entre-deux tours de 1974 et 1981.
Lundi 30 avril 2007, 18h05
Présidentielle : duel au sommet
PARIS (AP) - Ce sera l'événement de cette campagne présidentielle: Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, les deux finalistes du second tour, s'affrontent mercredi soir dans un débat télévisé qui pourrait être décisif.
Retransmis à partir de 21h par TF1 et France-2, et repris en direct par de nombreuses chaînes et radios, "2007 - Le débat", arbitré par Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor, battra probablement tous les records d'audience, tant l'attente est forte.
En 2002, le refus de Jacques Chirac de débattre avec Jean-Marie Le Pen avait privé les électeurs de ce cérémonial incontournable de toutes les campagnes présidentielles depuis 1974. En 1995, le débat entre Jacques Chirac et Lionel Jospin avait réuni 17,1 millions de téléspectateurs, selon Médiamétrie, mais s'était révélé bien fade.
Cette année, le face à face, qui mettra pour la première fois aux prises un candidat et une candidate, s'annonce capital. Même si Nicolas Sarkozy, favori des sondages et en position de force depuis ses 31,18% du premier tour, aura plus à perdre que Ségolène Royal à quatre jours du second tour.
Les deux candidats ont préparé avec un soin extrême ce duel au sommet. En déplacement en Corse lundi, Nicolas Sarkozy a multiplié les réunions de travail avec ses conseillers, dont quatre femmes et l'ancien secrétaire national à l'Economie du Parti socialiste Eric Besson. Il peaufinera sa préparation mercredi matin.
Le candidat de l'UMP va veiller à maîtriser ses nerfs et s'efforcera de mettre l'accent sur son projet et ses capacités de chef de l'Etat pour achever de convaincre la majorité des Français de voter pour lui. "J'exposerai mes différences avec Ségolène Royal tranquillement, sereinement, fortement", a confié mardi M. Sarkozy en marge d'un déplacement dans le Finistère.
L'un des défis à relever sera de trouver le ton juste face à la première femme en situation d'accéder à l'Elysée. Nicolas Sarkozy a promis de "respecter" son adversaire et de faire en sorte que le débat soit "digne de la fonction présidentielle".
A l'inverse, ce débat a des allures de quitte ou double pour Ségolène Royal, qui doit convaincre la majorité des 6,8 millions d'électeurs de François Bayrou du premier tour de voter pour elle afin de remonter ses cinq points de retard sur M. Sarkozy, sans s'aliéner les 11% d'électeurs ayant choisi un autre candidat de gauche.
A la veille du débat, le candidat UMP était crédité de 53% des intentions de vote contre 47% pour Mme Royal dans le baromètre Ipsos quotidien. Selon un sondage TNS-Sofres publié mardi par "Le Monde", 31% des électeurs de François Bayrou sont sûrs de voter Royal, 23%, Sarkozy, 7% prévoient de s'abstenir ou de voter blanc et 33% hésitent.
L'objectif de Ségolène Royal sera de convaincre ces hésitants. Pour y parvenir, la candidate socialiste veut mettre Nicolas Sarkozy "devant ses responsabilités, à savoir son bilan gouvernemental".
Tous les responsables socialistes insistent aussi sur la nécessité de porter le fer projet contre projet. Il faut "comparer les choix de société et les références de valeurs", expose la candidate.
Face à la "violence" et à la "brutalité" attribuées à son adversaire, Mme Royal veut promouvoir "une France apaisée". Mais elle devra éviter de tomber dans le piège du "Tout sauf Sarkozy" (TSS), que le candidat UMP ne manquerait pas de retourner à son avantage. Dernier défi, de taille, pour la candidate socialiste: lever l'hypothèque persistante sur sa crédibilité.
Dans ces conditions, les deux adversaires pourraient bien se neutraliser, comme en 1995, ce qui profiterait à Nicolas Sarkozy.
Le candidat UMP "va jouer et la montre et le 0-0", prédisait mardi François Hollande. "Il faut le faire marquer un but contre son camp, c'est toujours possible avec lui, et essayer de marquer des buts".
Mardi 1 mai 2007, 17h11
Un face-à-face présidentiel de deux heures mercredi soir

PARIS (Reuters) - Moment fort des élections présidentielles depuis 1974, dont ils avaient été privés en 2002, les Français seront probablement nombreux ce mercredi soir devant leur écran de télévision pour regarder sur TF1 et France 2 le face-à-face entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.A partir de 21h00, les finalistes du scrutin présidentiel vont s'affronter pendant deux heures dans un décor plus moderne que les débats précédents, ont souligné les deux journalistes qui animeront ce débat, Patrick Poivre d'Arvor, pour TF1, et Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2.
Un tirage au sort décidera qui des deux protagonistes interviendra le premier. Les deux candidats à l'Elysée seront assis face à face, à deux mètres l'un de l'autre. Selon un tirage au sort, Ségolène Royal apparaîtra dans la partie gauche de l'écran, Nicolas Sarkozy dans la partie droite.
Les deux journalistes seront assis face à l'écran, Patrick Poivre d'Arvor à gauche, Arlette Chabot à droite. Derrière eux s'affichera un écran représentant l'Elysée.
Jérôme Revon, réalisateur de télévision, sera le maître de cérémonie. Dans le car régie auront pris place deux "réalisateurs conseil", l'un pour le candidat, l'autre pour la candidate.
Tous les détails ont été fixés avec minutie lors de réunions avec les dirigeants de TF1 et de France 2, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et les représentants des candidats, Jack Lang pour Ségolène Royal, Claude Guéant pour Nicolas Sarkozy.
Une charte de bonne conduite a été élaborée. Il n'y aura pas de plans de coupe, c'est-à-dire que les téléspectateurs ne verront pas les réactions d'un candidat lorsque l'autre parle.
Les deux candidats, qui disposeront chacun d'un chronomètre, pourront s'interpeller voire s'interrompre sans devoir s'adresser aux journalistes. Différents thèmes ont été choisis ainsi que la durée du temps consacré à chacun d'entre eux.
Le débat sera sous-titré pour les sourds et malentendants. Il sera transmis en direct sur France Info et sur France 24, la "CNN à la française", où il sera diffusé non seulement en français mais également en anglais et en arabe.
Les images et le son seront mis gratuitement à disposition des autres chaînes de télévision et des radios qui pourront les utiliser directement ou en différé.
Mercredi 2 mai 2007, 7h26
commenter cet article …
