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26 mars 2026 4 26 /03 /mars /2026 12:01

(verbatim et vidéo)


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260326-jospin.html




DISCOURS D'EMMANUEL MACRON








18 mars 2026, aux Invalides
DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

HOMMAGE NATIONAL À LIONEL JOSPIN




Ce jour, la nation rend hommage à un homme qui fut aimé des siens et respecté de tous, profondément respecté. Lionel Jospin fut toute sa vie durant un humble militant, cherchant dans la rigueur et la grandeur de l'histoire les moyens de l'accomplissement, menant des combats de justice et de liberté et servant notre République.

D'abord, le temps de l'apprentissage, l'enfance et cette conception exigeante de l'existence. Lionel Jospin fut lesté par l'amour et les leçons de sa famille protestante et humaniste, Robert, son père, militant socialiste, laïque, pacifiste, qui révérait Jaurès, doté du sens du verbe et du goût de la culture. Mireille, sa mère, sage-femme, transmettant à toute la fratrie des enfants Jospin cette forme particulière d'esprit, rebelle à l'embrigadement, sensible aux choses humaines, lucide dans le rapport à l'autre.

Puis vint le temps des engagements. Après Sciences Po et l'entrée à l'ENA, Lionel Jospin fut de ces jeunes officiers appelés en Algérie, qui, comme Jacques Chirac ou Jean-Pierre Chevènement, refusèrent d'approuver ceux qui se mutinèrent contre De Gaulle. Là, il découvrait les injustices, les affres de ces années, et s'engagea pour les causes de sa génération :  l'indépendance de l'Algérie, la décolonisation, puis le refus de tous les totalitarismes. Comme d'autres de son époque, il balança, le temps de sa jeunesse, entre diplomatie et enseignement, évolution et réforme, trotskisme et socialisme, avant de choisir avec force et résolution, en digne héritier de Jaurès et de Blum, d'emprunter le chemin ouvert par François Mitterrand. Ce fut un choix qui s'imposa au terme d'un long cheminement politique intime, dont lui seul, au plus profond de sa conscience, savait les tenants et les aboutissants.

Ses engagements se cristallisèrent dans le choix du socialisme, qu'il embrassa à sa manière, avec discipline, rigueur, sens de l'absolu. C'est ainsi que ce jeune professeur d'économie, après avoir été reconnu comme tel par Pierre Joxe, puis distingué par François Mitterrand, entra en socialiste dans la vie publique, au grand jour. Lionel Jospin fut de cette génération qui accompagna tout au long des années 70 le premier secrétaire d'un Parti socialiste renouvelé depuis le Congrès d'Épinay. Dès lors, il décida de suivre François Mitterrand, de Congrès en Congrès, de motions en émotion, du programme commun aux 110 propositions, de la défaite de 1978 à la victoire du 10 mai 1981.

Lionel Jospin demeura fidèle à l'enseignement de Jaurès, socle de son engagement. Fidélité à l'idéal, sens du réel, recherche de la vérité, rigueur de l'action. Après le 10 mai 1981, le Président Mitterrand demanda à Lionel Jospin de demeurer rue de Solférino, premier secrétaire du Parti socialiste, premier parti de France. Contrairement à nombre de ses camarades, Lionel Jospin, nouveau député de Paris, n'entra pas au Gouvernement. Là encore, fidèle à l'enseignement de Blum, il accepta la mission : garder la vieille maison. Il est vrai que pour Lionel Jospin, l'esprit de rigueur fut toujours inséparable de l'esprit de sacrifice. Il s'acquitta de la mission avec rectitude. Tenant uni le Parti tout en laissant à Michel Rocard ou Jean-Pierre Chevènement la liberté de défendre ce qui leur tenait à cœur, et ce faisant, aida à la réélection de François Mitterrand. Ce n'était pas rien. C'était même beaucoup aux yeux du Président.

C'est pour cette raison qu'il put entrer enfin au Gouvernement, ministre de l'Éducation nationale. Dans cette fonction qu’il aima tant, il agit pour offrir à notre jeunesse les moyens de son émancipation, faisant adopter la loi du 10 juillet 1989 qui porte son nom, réformant en profondeur le système éducatif dans le but de donner à tous les élèves de France l'accès à la liberté par le savoir, alliance de la connaissance et du mérite. L'année suivante, il lança aussi le Plan Université 2000 et fut un gardien vigilant du respect du principe de laïcité, tout en se montrant soucieux de préserver la liberté de conscience dont les protestants savent combien elle fut une conquête de longues luttes. Amené à quitter le ministère, s'ouvrit alors pour lui un temps de réinvention du destin, un temps de liberté. Le Parti socialiste était entré dans un cycle nouveau, et ce fut un intense travail de réflexion qu'il mena en conformité avec ses principes, voulant tirer les leçons de la décennie Mitterrand qui s'achevait.

En conscience, il voulut redéfinir les conditions de l'exercice du pouvoir quand on est socialiste, héritier de Jaurès, Blum et Mitterrand désormais. C'est ainsi qu'il fut désigné par ses camarades pour être candidat à l'élection présidentielle de 1995, parvenant en tête au soir du premier tour et recueillant 47,3% des voix face à Jacques Chirac au second. Une défaite plus qu'honorable pour un camp qui n'en espérait pas tant. « Il fallait relever le gant », disait-il. Redevenu ensuite par devoir premier secrétaire du Parti socialiste, il s'attacha à convaincre les forces de la gauche de former une coalition plurielle. Elle remporta les élections législatives de 1997. Il déclara alors que cette victoire était la preuve d'une soif raisonnée et pressante de progrès réel. Nouvelle preuve que, de son point de vue, seul l'esprit de rigueur rend possible l'idéal. Alors, aux côtés du premier secrétaire, François Hollande, responsabilité éminente ô combien à ses yeux, Laurent Fabius étant alors Président de l'Assemblée Nationale, Lionel Jospin s'attacha à conduire et animer cette majorité inédite dans la cohabitation avec le Président Chirac.

Premier Ministre, Lionel Jospin se voulut d'une détermination sans faille dans le but de tenir les engagements pris devant les Français, avec un sens aigu de l'organisation. Menant un gouvernement formé de nombreuses personnalités politiques qui ont marqué la vie du pays, animant des équipes encore présentes aujourd'hui et attachées à lui depuis toujours. Lionel Jospin a, durant ces années, modernisé la vie économique, sociale et démocratique de la nation, de manière inédite. Il a contribué à faire entrer la France dans ce siècle qui s'ouvrait. Le gouvernement qu'il menait fit adopter la loi sur les 35 heures, mit en œuvre la couverture universelle, institua la parité dans les élections, réduisit le chômage, soumit à référendum le quinquennat présidentiel. Il fut signataire de l'accord de Nouméa, prenant ses responsabilités sur la Nouvelle-Calédonie, et défendit les engagements européens de la France, permettant aussi à la monnaie unique d'advenir.

Ce fut aussi le premier gouvernement à reconnaître que l'amour entre personnes de même sexe devait, au nom de l'égalité, être source de droit. Ce fut le PACS ouvert à tous, première étape vers le mariage pour tous. Chacun ici connaît la suite. La campagne présidentielle, l'étrange soirée du 21 avril 2002 et le choix immédiat de tirer sans hésiter la leçon de l'histoire. Le retrait de la vie politique, pas par abandon, non, par franchise, par sens de l'absolu encore, par choix. Ainsi, Lionel Jospin demeurait-il fidèle à l'enseignement de Lionel Jospin. Mais, il ne s'effaça pas pour autant, vint le temps de la transmission. Lionel Jospin ne renonça jamais à convaincre du bien-fondé de ses choix. Profondément démocrate, il ne se lassa jamais d'expliquer, expliquer encore. Il revêtit de nouveau les habits du professeur d'économie qu'il avait été un temps après une courte carrière de diplomate.

Il expliqua jusqu'au bout à qui voulait l'entendre, ce qui lui paraissait juste, nécessaire, certain que chacun peut accéder à la vérité. Et pour convaincre, il avait le goût des autres. Ainsi partagea-t-il son idéal dans le but de faire grandir tous ceux qui croisaient sa route. Membre du Conseil Constitutionnel, Lionel Jospin y fut là aussi un gardien guidé par son exigence de sagesse, « un passeur de temps », pour reprendre un titre de Sylviane Agacinski, son épouse à qui le lie une passion harmonieuse depuis 35 ans. Oui, Lionel Jospin fut un homme de fidélité. Fidélité et fiabilité pour ceux qui l'aimaient. Lionel Jospin était là pour Hugo et Eva, ses enfants si talentueux nés de l'union avec Élisabeth. Lionel Jospin était là pour son épouse Sylviane, pour Daniel, pour tous ses petits-enfants. Fidélité pour ses amis, la bande de la section du 18e arrondissement, Claude Estier, Daniel Vaillant, Bertrand Delanoë et tous les autres, Jean Glavany, Pierre Moscovici, tant de générations de camarades de la rue de Solférino, des amis de Matignon ou les voisins de l'Île de Ré.

Fidélité à ceux qui partagèrent son chemin, trace de son lien authentique avec chacun. À Paris, et en Haute-Garonne, Lionel Jospin connaissait le nom des gens et les choses de la vie. Bonheur simple, plaisir français, aimer, vivre, chanter, lire, rire et vibrer. Des galeries d'art au cinéma, du tennis à l'opéra. Tel était cet homme qui se composa un grand destin français, et que beaucoup aimèrent et aimeront encore pour son exigence et sa persévérance. Esprit pluriel qui refusait de séparer éthique et politique, morale et démocratie, intégrité et engagement. Scrupule qui dissout la certitude, surplomb qui interdit l'exaltation, enfant du mérite républicain devenu un homme d'État, c'est ainsi qu'il nous apparaît en cette heure.

Un soir de juin, chez lui, à Cintegabelle, en Haute-Garonne, Lionel Jospin est là, lunettes sérieuses et cheveux de neige, prenant en note les résultats qui scandent la victoire de la gauche aux élections législatives de 1997. Sylviane, Eva, Hugo, Daniel l'entourent, puis le brouhaha, les camarades socialistes qui soudain s'engouffrent dans la pièce, soir de liesse, jour heureux, comme au temps du Front populaire que racontait Robert Jospin à son fils.

Lionel Jospin se tient dans cette atmosphère de liesse avec une forme de réserve, de gravité. Et soudain, il sourit, conscient d'avoir accompli sa tâche sans rien avoir renié de lui-même, conscient aussi de ce qui l'attend, devoir conduire le Gouvernement du pays à la lumière de cette même exigence, fort de ses mêmes qualités. C'est ce qu'il fit.

Par-delà la mort, notre mémoire le hissera toujours à cette place singulière. Un modèle pour certains, un adversaire pour quelques autres, pour tous à coup sûr. Un repère dans notre histoire, et notre esprit. Au soir de la mort de François Mitterrand, Lionel Jospin avait dit : « la mort n'est pas pour moi une occasion de lyrisme ». De lyrisme, non, de reconnaissance de la nation, oui. Sans aucun doute.

Alors, pour tout cela, merci.

Vive la République.
Vive la France.

Emmanuel Macron, le jeudi 26 mars 2026 à Paris, aux Invalides.


Source : elysee.fr
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20260326-hommage-jospin.html

 

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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 03:49

« Jérôme Guedj ne sera jamais Président de la République. Lui-même le sait, à moins d'avoir succombé à la démence pendant le dernier week-end. Nos hommes politiques sont ainsi : ayant renoncé depuis longtemps à faire l'histoire, voilà qu'ils ne parviennent même plus à faire l'événement. Ils se contentent, nolens volens, de donner dans l’événementiel. » (Valentin Gaure, le 6 février 2026 dans "Valeurs actuelles").



 


Petit dialogue introductif, un jeudi soir...

Dis, chéri, t'as entendu, il y a un nouveau candidat ?
Un nouveau candidat ? Non. Qui ?
Devine !
Euh, dans un parti qui existe ?
Oui, un grand parti.
Un parti de droite ? de gauche ?
Un grand parti de gauche.
Euh, y en a-t-il encore un, de grand-parti-de-gauche ?
Disons, un ancien grand...
Non ? Le PS ?
Oui, bravo !
(Suit une litanie de candidats potentiels : Olivier Faure, François Hollande, Ségolène Royal, Boris Vallaud, Bernard Cazeneuve, et à chaque proposition, un non franc et ferme m'est revenu entre les dents).
Je sèche.
Tu le connais ! Enfin, son nom. Tu n'es pas très loin.
Je ne vois pas du tout...

Et c'est ainsi que j'ai appris que le député de l'Essonne Jérôme Guedj a annoncé de la manière la plus formelle sa candidature à l'élection présidentielle ce jeudi 5 février 2026. Ou du moins, c'est ce qu'on peut écouter en repassant attentivement la vidéo.

C'était l'interview majeure de France Inter, la plus fréquentée de la matinale (première de France), réalisée par le journaliste politique Benjamin Duhamel à 7 heures 45, celui-là même qui a remplacé Léa Salamé depuis qu'elle a repris le 20 heures de France 2.


Il y avait une sorte d'exploit inachevé avec Benjamin Duhamel. Ce journaliste s'évertue à obtenir à l'antenne les aveux de ses invités... euh, pas les aveux mais la déclaration de candidature de ses invités. Bien évidemment, il y a toute une scénographie, il faut se laisser désirer, et à la fin, on lâche le morceau. Mais jusqu'à maintenant, Benjamin Duhamel n'a jamais rien eu, pas de candidature, pas même d'un micro-candidat (du genre de François Asselineau).

Et puis est arrivé Jérôme Guedj. Il n'a même pas posé la question, il n'a même pas posé sa deuxième question, il a eu l'élan coupé, et voici que le député socialiste a balancé l'affaire d'un coup, sans y mettre les formes. Tout d'une traite. Je cite : « Je suis aujourd'hui candidat à l'élection présidentielle pour porter la voix d'une gauche républicaine, la voix d'une gauche européenne, la voix d'une gauche universaliste, laïque, d'une gauche sociale, écologiste. Pourquoi est-ce que je le fais aujourd'hui à cet instant ? Parce que c'est la majorité du peuple de gauche qui partage cette orientation. C'est aussi, et c'est extrêmement important, ce qui nous permettra, pas uniquement de témoigner en 2027, parce que c'est une voix qui est respectée au-delà de la gauche. Et moi, je ne me résous pas à la victoire annoncée du Rassemblement national. Je souhaite qu'un candidat de gauche porteur de ces valeurs et de cette orientation, soit présent au second tour et puisse séduire au-delà des rangs de la gauche, parce que c'est une orientation respectée et attendue. ».


Je ne dis pas que cette candidature est vouée à l'échec, mais le résultat, c'est qu'elle est passée totalement inaperçue. Non seulement des gens mais aussi des milieux politiques ! Malgré son appartenance au parti socialiste. Aucune information par la suite, pas même une brève. Inexistante totalement ! La parole qui ne porte pas. Il est vrai que le moment n'a pas été bien choisi quand tant de sujets prégnants se télescopent dans l'actualité. Jérôme Guedj a 54 ans. À cet âge, Valéry Giscard d'Estaing allait devenu ancien Président de la République, et Emmanuel Macron pourrait envisager de rempiler une troisième fois (en 2032).

Malgré son appartenance à la gauche, j'apprécie plutôt Jérôme Guedj. C'était un jeune espoir du PS passé par l'ENA (même promo que Laurent Solly). Avec une petite particularité : c'était aussi le poulain de Jean-Luc Mélenchon, sénateur inamovible de l'Essonne pendant longtemps et numéro deux du département (le père de Jérôme Guedj a été adjoint à Massy dont le gourou insoumis fut aussi élu). Du reste, Jérôme Guedj a présidé le conseil général de l'Essonne de mars 2011 à mars 2015 quand le département était encore à gauche. Suppléant de François Lamy, ancien maire de Palaiseau et ministre (et proche de Martine Aubry qu'il a suivie à Lille), le nouveau candidat à l'élection présidentielle n'a gagné son vrai premier mandat parlementaire qu'en juin 2022 en battant l'actuelle ministre Amélie de Montchalin. Sa particularité en juillet 2024, c'est d'avoir été réélu sans l'étiquette de la nouvelle farce populaire et en présence d'un candidat FI.

Car le mentor et grand gourou insoumis est devenu la bête à abattre : Jérôme Guedj s'est aperçu que les insoumis sortaient des clous de la République, refusaient la laïcité voire laissaient prospérer l'antisémitisme. Son objectif pour 2027, c'est d'éviter un second tour entre un candidat RN et un candidat FI, une sorte de cauchemar absolu, et ma foi, cet objectif me paraît de salubrité publique.

 


Ainsi, son discours était clair : il faut un candidat socialiste capable d'atteindre le second tour et surtout, capable de rassembler au-delà de la gauche, en attirant aussi l'électorat de centre droit. C'est bien beau, mais Jérôme Guedj s'est lui-même emmêlé les pinceaux : certes, il veut s'adresser au-delà de la gauche, a fait un laïus où il rejetait la politique du bouc émissaire, que ce soit l'immigré ou le riche : « Moi, je revendique, en politique, le courage de la nuance, c'est-à-dire l'idée selon laquelle on ne cherche pas des boucs émissaires matin midi et soir. Vous savez, dans la vie politique, certains pensent que tout problème vient des immigrés et d'autres pensent que tout problème vient des riches. Vous savez quoi ? (…) On a besoin d'immigrés (…) et on a besoin de riches qui contribuent à la justice fiscale. (…) Ne pas céder au campisme ambiant qui rabougrit la gauche. ».

Mais dans la même phrase, il a évoqué un mythique "peuple de gauche" qui n'existe que dans les délires des militants de gauche. Il n'existe qu'un seul peuple, le peuple de France, et le peuple de gauche n'existe pas car sinon, la gauche serait toujours au pouvoir, ou jamais. Or, beaucoup d'électeurs votent parfois à gauche et les mêmes ne votent plus à gauche par la suite. Ou réciproquement. Parler de peuple de gauche, c'est séparer l'électorat, c'est du communautarisme politique. Alors qu'il est temps d'unifier.

Cela dit, je peux me retrouver parfois dans un discours qui fait appel à la République, une république sociale, une république laïque et une république européenne. Je sais que Jérôme Guedj n'a aucune chance de rassembler son camp parce qu'il s'est transformé en vilain petit canard. Sa déclaration de candidature n'a même pas fait psschiiit, elle n'a émis aucun signal. Il n'a même pas eu ce quart d'heure de notoriété (pas même de gloire) qui aurait vanté son ego.

Cette initiative, qui voudrait empêcher la préemption de la représentation de la gauche par Jean-Luc Mélenchon, ne peut qu'apporter de la pagaille à la pagaille ambiante, puisqu'elle rajoute une candidatures supplémentaire à celles déjà vaguement déclarées à gauche : Raphaël Glucksmann, François Hollande, Bernard Cazeneuve, Fabien Roussel, Marine Tondelier, Clémentine Autain, François Ruffin, Olivier Faure... et bien sûr Jean-Luc Mélenchon.

Jérôme Guedj avait pourtant préparé quelques belles expressions, comme : « Mon choix, c'est de porter les convictions qui m'animent depuis toujours avec courage ! », ou encore : « On crève de l'ambiguïté ! » pour fustiger les insoumis pas très au clairs avec les valeurs républicaines : « Il n'est pas possible de s'abîmer avec ceux qui s'éloignent des choses qui sont absolument essentielles pour apaiser le débat. Moi, ce qui m'intéresse, c'est la République sociale. On peut être authentiquement de gauche, radicalement de gauche, transformer la société, mais être intransigeant sur les questions républicaines. ». Pour conclure ainsi : « Sur la base de cette ligne programmatique, nous serons amenés à discuter ensemble et devant les Français pour pouvoir illustrer cette culture du courage, de la nuance, du compromis. ».

Bref, bienvenue à Jérôme Guedj, entré dans le club très ordinaire des candidats à quelque chose !



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 février 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Comment ? Jérôme Guedj candidat ?
Caroline Lang.
Jack Lang.
Entre culture et imposture.
François Mitterrand.

Jean-Yves Le Drian.
Pierre Bérégovoy.
Un Pinay de gauche.
Hommage de François Mitterrand à Pierre Bérégovoy le 4 mai 1993 à Nevers (texte intégral).
Nicole Questiaux.
Entre social-démocratie et union de la gauche.
André Chandernagor.
Louis Mermaz.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Le fiasco de la candidate socialiste.
Le socialisme à Dunkerque.
Le PS à la Cour des Comptes.








https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260205-jerome-guedj.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/comment-jerome-guedj-candidat-266600

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/02/05/article-sr-20260205-jerome-guedj.html


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3 février 2026 2 03 /02 /février /2026 03:59

« On m'a traité alors de pédophile. C'était immonde. J'ai trouvé les deux personnages qui racontaient cela. Le premier a fait amende honorable. Le second, je ne lui parle plus. » (Jack Lang, le 22 septembre 2005 dans "L'Express").




 


Je sais que ce n'est pas de la charité chrétienne de tirer sur une ambulance. Je n'ai jamais apprécié Jack Lang parce qu'il a été un beau parleur, un bonimenteur de première catégorie de la classe politique, voire un menteur (quand il prétendait dans une "Heure de vérité" qu'il avait participé au référendum du 28 septembre 1958 alors qu'il n'avait pas encore l'âge légal de voter), mais c'est vrai qu'il n'est plus qu'un vieillard... Il a plus de 86 ans et on pourrait presque avoir pitié de lui, de son grand âge.

Mais un vieillard du genre d'Harpagon, de l'Avare avec un grand A, qui n'a jamais voulu rien payer, qui se faisait toujours inviter partout, dans les restaurants, etc., qui se faisait offrir sa garde-robe parfois très chère... Fastoche : il suffit de ne pas avoir son portefeuille sur soi ! Alors, gros agacement pour la défense de l'argent des contribuables quand j'ai appris que le Président Emmanuel Macron avait renouvelé le 20 décembre 2023, son mandat de président de l'Institut du monde arabe (IMA), bombardé à ce poste le 25 janvier 2013 par François Hollande. C'est son quatrième mandat alors qu'à sa reconduite, il avait déjà 84 ans ! (Jack Lang semblait soutenu par l'Arabie Saoudite face à d'autres prétendants comme l'ancien ministre Jean-Yves Le Drian et l'ancien ambassadeur François Gouyette).


Dès 2015, sa gestion de l'IMA a été critiquée, en particulier en raison d'une perte de plusieurs millions d'euros dont la cause principale serait le coût de fonctionnement astronomique, en particulier, des frais de bouche gargantuesque dont il aurait bénéficié ainsi que son entourage (en particulier son épouse pourtant bénévole).

 


Jack Lang a été un parachuté récurrent, après une tentation vosgienne, il est devenu député du Loir-et-Cher, maire de Blois, puis député du Pas-de-Calais (dans une circonscription plus à gauche que la précédente). Mais en fait, il est avant tout un parisien, présent à toutes les manifestations culturelles depuis une cinquantaine d'années et grand ordonnateur des travaux pharaoniques aux coûts exorbitants de Paris (Colonnes de Buren, Opéra de la Bastille, Grande Arche de La Défense, Pyramide du Louvre, Très Grande Bibliothèque, et j'en oublie).

Évidemment, son action de Ministre de la Culture (installé rue de Valois du 22 mai 1981 au 20 mars 1986 et du 13 mai 1988 au 29 mars 1993) a été bénéfique pour la culture, avec la Fête de la Musique, Fête du Cinéma, Nuit des Musées, et d'autres encouragements à favoriser la culture dans toutes les couches de la population, mais à quel prix ?

Pour autant, Jack Lang n'avait pas que des ambitions culturelles. Il avait de réelles ambitions politiques (il a aussi été Ministre de l'Éducation nationale du 4 avril 1992 au 29 mars 1993 avec le titre de ministre d'État, et du 27 mars 2000 au 6 mai 2002). Ancien doyen de la faculté de droit et d'économie de Nancy (de 1977 à 1980), ce professeur de droit international aurait voulu aussi être Garde des Sceaux ou Ministre des Affaires étrangères, et même Premier Ministre, voire candidat à l'élection présidentielle comme il l'imaginait en 1995, pour la succession de son mentor politique François Mitterrand (et qui dit campagne présentielle dit trésor de guerre). Il a été par ailleurs président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée Nationale du 17 juin 1997 au 20 août 2000, succédant au prestigieux Valéry Giscard d'Estaing et lui apportant une certaine légitimité à présider l'Institut du monde arabe (pour 9 à 10 000 euros par mois).

On a toujours beaucoup prêté à Jack Lang, et notamment des rumeurs sur une supposée pédophilie. Disons-le très clairement, rien n'a jamais été prouvé, et Jack Lang n'est accusé par la justice d'aucun fait de ce genre. Pour autant, les rumeurs ont continué leur cours. Cité par "L'Express" le 22 septembre 2005, Jack Lang, dans l'extrait cité en tête d'article, évoquait une rumeur qui datait de 1995... lors de sa candidature pour la primaire présidentielle des socialistes. Il avait été, en effet, le troisième candidat, derrière Lionel Jospin et Henri Emmanuelli, et il a finalement renoncé à concourir, peut-être justement à cause de ces rumeurs (diffusées, donc, par ses petits camarades socialistes, mais pas seulement), qui furent, par la suite, régulièrement alimentées, en particulier en raison de sa défense de Frédéric Mitterrand en 2009, Roman Polanski en 2010, Dominique Strauss-Kahn en 2011, etc., lors de scandales ou de polémiques sexuels impliquant les personnes citées.


Alors,évidemment, quand le site Mediapart a publié un article sur les relations entre Jack Lang et feu Jeffrey Epstein, ce lundi 2 février 2026, à la suite de la divulgation, par le Ministère américain de la Justice, de 3 millions de documents relatifs à l'affaire Epstein (le 31 janvier 2026), inutile de dire que le sujet tombait en cohérence avec les anciennes rumeurs (jamais prouvées). Jack Lang est cité, mais aussi sa fille Caroline (64 ans), professionnelle du cinéma, actuelle déléguée générale du Syndicat des producteurs indépendants qui vient de démissionner pour ne pas mettre ce syndicat en difficulté (elle y a été nommée il y a trois semaines).

Leur défense, c'est qu'ils ne savaient pas que Jeffrey Epstein était aussi sulfureux que révélé. Jack Lang l'a raconté avec beaucoup de conviction, mais on voit des photos avec lui qui datent de 2019 ! En effet, il l'a fait venir au trentième anniversaire de la Pyramide du Louvre. À cette époque, les charges contre le milliardaire étaient largement connues. Jack Lang a rencontré Jeffrey Epstein par l'intermédiaire de Woody Allen.
 


L'ancien ministre a affirmé qu'il ne démissionnerait pas de l'IMA (le contraire aurait été étonnant !) : « J'assume pleinement les liens que j'ai pu créer, à une époque où rien ne laissait supposer que Jeffrey Epstein pouvait être au cœur d'un réseau de criminalité. ». Il l'a connu en 2019 ! Rappelons que l'homme d'affaires a été incarcéré le 6 juillet 2019 et qu'il est mort le 10 août 2019, pendu dans sa cellule de prison (par "suicide apparent"). Rappelons en outre que sa fille le savait depuis longtemps.

Dans l'article de Mediapart déjà cité, Caroline Lang a fourni en effet une justification pas très convaincante : « Un jour il m'avait dit : "Si tu fais des recherches sur moi, sur Google, peut-être que tu ne voudras plus jamais me parler". Alors, je suis allée chercher et j'ai trouvé qu'il avait été condamné pour prostitution de mineures et qu'il avait été condamné pour cela en 2008. Il m'a dit qu'il avait payé sa dette et indemnisé les victimes, et je l'ai cru. ». Bref, si le père ne savait pas, la fille, au moins, savait depuis 2014.

Que leur reproche-t-on ?


À Caroline Lang, on lui reproche d'avoir créé en 2016 avec Jeffrey Epstein l'entreprise Prytanee LLC domiciliée dans les Îles Vierges américaines, non déclarée au fisc français. Est aussi révélée la mention de son nom dans le testament du milliardaire pour hériter d'une somme de 5 millions de dollars (dont Caroline Lang n'avait jamais entendu parler). Selon elle, elle aurait été présentée au sulfureux personnage en 2012 par un ami commun et l'idée était de « constituer un fonds, parfaitement légal, destiné à favoriser l'acquisition d'œuvres ». Elle n'aurait reçu aucune somme de cette initiative.
 


À Jack Lang, pas grand chose en fait (en tout cas, à ce jour), si ce n'est ses relations à Paris avec Jeffrey Epstein en 2019 (un dîner en l'honneur de Woody Allen), relations qui avaient été d'ailleurs révélées par la presse américaine puis française dès 2020. Et une association « sans activité et composée de proches de Jack Lang », selon Wikipédia, que le milliardaire aurait financée (58 000 dollars), et qui, selon l'ancien ministre, servirait à financer un film dont l'état d'avancement est inconnu.

Ce qui déconcerte, en fait, dans l'affaire Epstein et les dernières révélations, ce n'est pas ces relations avec Jack Lang, on se doute bien que lui, particulièrement, serait attiré par tout ce qui brille et qui sent l'argent, mais à quel point le réseau relationnel de Jeffrey Epstein est gigantesque, mondial, multi-discipline : politique, économiques, culturel, mais aussi scientifique ! Des Prix Nobel se sont fait duper ainsi par le milliardaire suicidé pour être allés dans ses combines. Avec l'argent, il croyait pouvoir tout obtenir, ou presque tout. Dans ces affaires, je pense d'abord aux enfants qui en ont été les victimes.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 février 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Affaire Epstein : et Jack Lang entre dans la danse...
Entre culture et imposture.
François Mitterrand.

Jean-Yves Le Drian.
Pierre Bérégovoy.
Un Pinay de gauche.
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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260202-jack-lang.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/affaire-epstein-et-jack-lang-entre-266515

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/02/03/article-sr-20260202-jack-lang.html


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19 novembre 2025 3 19 /11 /novembre /2025 13:01

« Né dans la Vienne de l’entre-deux guerres, les meetings auxquels il assistait enfant sur les épaules de son père le marquèrent à jamais, lui insufflant cette farouche volonté de servir qui ne le quitta plus. Pour André Chandernagor, descendant d’un esclave d’origine indienne affranchi à la fin de l’Ancien Régime, la République était cette promesse de liberté et de progrès, dont il se fit l’inlassable défenseur. » (Communiqué de l'Élysée, le 19 novembre 2025).




 


L'ancien ministre socialiste André Chandernagor est mort à Aubusson ce mardi 18 novembre 2025 à l'âge de... 104 ans ! (il est né le 19 septembre 1921). Il était le dernier survivant des députés de la première législature de la Cinquième République, une sorte de vieux dinosaure de notre histoire politique, très proche de Guy Mollet mais aussi embarqué dans l'aventure socialo-communisante de François Mitterrand malgré son anticommunisme militant.

Il n'était pas le seul centenaire (ou quasi-centenaire) parmi les compagnons de route de François Mitterrand avant sa victoire de 1981. On peut citer Roland Dumas (un an plus jeune, parti l'an dernier, son successeur à son ministère), mais aussi Jacques Delors (sans atteindre le siècle), etc. André Chandernagor a accepté le principe d'une union de la gauche simplement parce qu'il souhaitait la victoire de la gauche, mais il considérait les communistes comme ses adversaires. D'ailleurs, son premier mandat de député de la Creuse, il l'a dû à sa victoire sur le candidat communiste. Un socialisme du centre qui, bien plus tard, allait être séduit par Emmanuel Macron, qu'il a soutenu et dont il a activement soutenu, malgré ses 95 ans, l'un de ses candidats aux élections législatives de 2017, Jean-Baptiste Moreau (député de la Creuse de 2017 à 2022).

J'ai déjà évoqué sa (longue) carrière dans un précédent article. Le chef de l'État a eu raison de rappeler son origine familiale d'esclave indien au XVIIIe siècle. C'est d'ailleurs la raison de son patronyme quand son aïeul a été recueilli à La Réunion, son protecteur lui a choisi le nom du comptoir français des Indes (près de Calcutta).

André Chandernagor est l'un des exemples (nombreux dans l'histoire politique française) de la méritocratie républicaine. Brillant étudiant, il a poursuivi jusqu'à devenir major à l'ENA (même promotion que Valéry Giscard d'Estaing, cinq ans plus jeune), intégré à sa sortie en décembre 1951 au Conseil d'État où il a commencé une belle carrière (maître de requêtes en 1957, spécialiste du droit public). En 1956-1957, André Chandernagor a été membre du cabinet de Guy Mollet, secrétaire général de la SFIO et Président du Conseil. Mais il avait déjà approché les politiques bien avant avec son engagement socialiste. Il avait en effet intégré en 1946 le cabinet de Marius Moutet, Ministre socialiste de la France d'outre-mer.

Parallèlement à sa carrière administrative, il a démarré sa carrière politique dans la France profonde. Son implantation locale dans la Creuse (lui, originaire de la Vienne) provenait de la région d'origine de son épouse Éliane (morte en 2004). Il s'est fait élire maire de Mortroux, commune d'environ 500 habitants à l'époque, de 1953 à 1983 (il avait 31 ans à son premier mandat).


Petit à petit, André Chandernagor est devenu un "grand élu" local, grand en longévité et grand en cumul des mandats, à l'époque possible. Après un premier échec aux élections cantonales de 1955, il s'est fait élire conseiller général de 1961 à 1983, bombardé président du conseil général de la Creuse de 1973 à 1983, et président du conseil régional du Limousin de 1974 à 1981 (on le voit, trois mandats exécutifs et un mandat parlementaire entre 1974 et 1981 !). Cette boulimie des mandats électifs allait devenir une vocation familiale ; ainsi son fils Thierry Chandernagor a repris la relève : maire de Mortroux de mars 1989 à mars 2008, conseiller général de 1985 à 1998 et même président du conseil général de la Creuse, comme papa, de 1992 à 1994.

Évidemment, c'est son mandat parlementaire qui a compté le plus pour André Chandernagor, puisqu'il s'est fait élire et réélire de manière continue député de la Creuse (la circonscription d'Aubusson) de 1958 à 1981 (pour les sept premières législatures de la Cinquième République). Acceptant à reculons la stratégie d'union de la gauche de François Mitterrand, malgré son envie de créer un autre parti socialiste proche du centre (comme Max Lejeune), le député de la Creuse a été nommé Ministre délégué auprès de Claude Cheysson chargé des Affaires européennes du 21 mai 1981 au 7 décembre 1983 sur le quota du Premier Ministre Pierre Mauroy (il était proche de Pierre Mauroy après le Congrès d'Épinay en 1971).
 


Pour mieux comprendre la position politique d'André Chandernagor en 1981, peut-être faut-il un peu mieux préciser la période entre 1969 et 1971, très mouvementée pour les socialistes après l'échec de la candidature de Gaston Defferre à l'élection présidentielle de 1969 (qu'on pourrait comparer à celui de Valérie Pécresse en 2022). En juillet 1969, Guy Mollet a cédé la direction de la SFIO à Alain Savary au Congrès d'Issy-les-Moulineaux, la SFIO devenant le PS (et pas en 1971 !). À l'origine, Pierre Mauroy était le dauphin de Guy Mollet, mais finalement, ce dernier lui a préféré Alain Savary.

Quant à André Chandernagor, proche de Guy Mollet, il a été séduit par la Nouvelle Société du nouveau Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas, mais est toujours resté député de l'opposition (il a quand même sympathisé avec le Centre démocrate de Jean Lecanuet et Pierre Abelin en novembre1970, eux aussi dans l'opposition). Difficile de faire plus hétéroclite. Quand François Mitterrand a annoncé publiquement son ralliement au PS (en novembre 1970), il a mis dans la confidence certains dirigeants socialistes qu'il considérait comme essentiels dans sa tentative d'OPA du PS : Jean-Pierre Chevènement, Pierre Mauroy, Jean Poperen et André Chandernagor. En assurant ainsi sa base arrière, le futur Président plaçait Alain Savary dans l'obligation d'accepter (l'argument principal, qui allait rester essentiel pour tous les partis dans la suite des événements, c'était que François Mitterrand était le seul présidentiable du PS à pouvoir se présenter avec une chance de l'emporter).

En décembre 1983, André Chandernagor a quitté tous ses mandats politiques quand François Mitterrand l'a nommé Premier Président de la Cour des Comptes qu'il a dirigée du 7 décembre 1983 au 19 septembre 1990, date à laquelle il a pris sa retraite. C'était d'ailleurs étrange puisque son corps d'origine était le Conseil d'État et pas la Cour des Comptes, institution de contrôle qu'il a ouverte « tant sur l’international, grâce à une coopération renforcée avec les organismes de contrôle européens et étrangers, que sur la France entière, par la mise en œuvre des chambres régionales des comptes ».


Si on voulait résumer l'action d'André Chandernagor dans sa carrière politique, toutes responsabilités confondues, on pourrait dire qu'il a été intéressé par deux sujets principaux, la construction européenne et les institutions. Et, dans les positions qui étaient les siennes, il a apporté au pays des contributions majeures.

Sur la construction européenne, il a pu influencer le cours des événements à deux moments particuliers. D'abord, en conseillant le chef du gouvernement Guy Mollet au moment des discussions sur le Traité de Rome. En suite, en tant que ministre délégué, il a fait « reconnaître par la France le droit au recours individuel devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme et [a bataillé] en faveur du passeport européen » (comme l'explique le communiqué de l'Élysée).
 


Sur les institutions, André Changernagor, qui était favorable à De Gaulle et à la Cinquième République, a participé lui-même à sa rédaction en été 1958 comme représentant de Guy Mollet, alors Ministre d'État de De Gaulle, dans le comité d'experts. Il a en particulier fait aboutir trois idées importantes : l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, la motion de censure et la différenciation du domaine de la loi et du domaine du règlement. En revanche, il a regretté la réforme de 1962, celle de l'élection du Président de la République au suffrage universel direct, car l'exécutif irait prendre trop d'importance sur le législatif. Ainsi, il a proposé que les parlementaires puissent renforcer leur pouvoir de contrôle sur le gouvernement, à l'instar des parlementaires britanniques et américains.

Le rêve politique d'André Chandernagor, c'était de créer une formation politique qui rassemblerait tous les partisans de la construction européenne et de la décentralisation. Il l'avait exprimé clairement le 22 novembre 1970 aux journées parlementaires du Centre démocrate réunissant auprès des démocrates sociaux des membres du PS, des membres du parti radical et des gaullistes de gauche : « La force que nous voulons bâtir ne peut être qu’un rassemblement allant des socialistes au Centre démocrate inclus. ». En un sens, Emmanuel Macron a été celui qui l'a le plus fait rêver.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 novembre 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Entre social-démocratie et union de la gauche.
André Chandernagor.
Max Lejeune.
Robert Badinter.
René Viviani.
Guy Mollet.
Jules Moch.
Pierre Laval.
Martine Aubry.
Gisèle Halimi.
Georges Lemoine.
Jacques Delors.
8e motion de censure pour convenance personnelle (du PS).
Congrès du PS : Saloperies antisémites.
Jérôme Guedj.
Congrès du PS : "l'homme le plus riche du cimetière".
Congrès du PS : Olivier Faure est-il en difficulté ?
Congrès du PS : le choc de complexité !
Congrès du PS à Rennes : l'explosion de la Mitterrandie.
La préparation du congrès de Rennes (27 janvier 1990).
Histoire du PS.
Manuel Valls.
Hubert Védrine.
Julien Dray.
Comment peut-on encore être socialiste au XXIsiècle ?
François Bayrou et la motion de censure de congrès du PS.
Lionel Jospin.
Claude Allègre.
François Mitterrand.
Mazarine Pingeot.
Richard Ferrand.
Didier Guillaume.

Pierre Joxe.
Didier Migaud.
Pierre Moscovici.

La bataille de l'école libre en 1984.
Bernard Kouchner.
Hubert Curien.
Alain Bombard.
Danielle Mitterrand.
Olivier Faure.
Lucie Castets.

Bernard Cazeneuve
Gabriel Attal.
Élisabeth Borne.
Agnès Pannier-Runacher.
Sacha Houlié.
Louis Mermaz.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Le fiasco de la candidate socialiste.
Le socialisme à Dunkerque.
Le PS à la Cour des Comptes.

 

 





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20251118-andre-chandernagor.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/andre-chandernagor-ou-la-gauche-264608

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/11/19/article-sr-20251118-andre-chandernagor.html


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8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 04:57

« Quand je suis arrivée à la tête du parti, on nous expliquait que le PS était un cadavre à la renverse et qu'il faisait pitié. Ce n'était pas faux. Depuis, nous avons réussi à travailler collectivement et je suis très fière de ce travail. » (Martine Aubry, le 25 août 2011 dans "Le Parisien").



 


Le titre paraphrase une formule choc de Dominique Strauss-Kahn, son camarade et rival socialiste, lors d'un journal de 20 heures sur TF1, celui du dimanche 18 septembre 2011, après sa mésaventure du Sofitel : « J'ai manqué mon rendez-vous avec les Français. ». Il était pourtant le favori des sondages pour l'élection présidentielle de 2012... et le destin a pris une autre voie.

L'ancienne ministre Martine Aubry, qui fête ses 75 ans ce vendredi 8 août 2025, a, elle aussi, manqué son rendez-vous avec les Français. Ou ses rendez-vous. Elle a démissionné de son poste de maire de Lille le 21 mars 2025 après presque vingt-quatre ans de mandat et peut-être qu'on ne retiendra que cela d'elle, succédant à Pierre Mauroy, trente ans de maire de Lille, alors qu'on aurait pu imaginer plus. Ce mandat, et les RTT (jours de réduction du temps de travail).

Car de toutes les femmes qui pouvaient sérieusement peser dans la vie politique et l'avenir de la France, c'est-à-dire devenir Première Ministre avec une véritable autorité politique ou Présidente de la République élue au suffrage universel direct, comme Simone Veil, Ségolène Royal, Marine Le Pen, Michèle Alliot-Marie (et je pense qu'il n'y a plus d'autres exemples de ce cercle très fermé), Martine Aubry avait sans doute le plus de chance de réussir, de gouverner.

Fille de Jacques Delors, ce qu'elle n'a jamais vraiment mis en avant au point de garder le patronyme de son premier mari malgré son divorce, Martine Aubry a surtout hérité de ses hésitations, de cet obstacle ultime avant de franchir le Rubicon, celui de son ambition personnelle qu'elle a toujours mise après une ambition collective. Ni la fille ni le père n'ont jamais imaginé d'être le numéro un en France, d'être le roi (ou la reine) alors qu'ils croyaient avant tout au travail en équipe.

 


Pourtant, Martine Aubry ne manquait pas d'occasions de sortir du lot. Énarque (maître de requêtes au Conseil d'État), passionnée très tôt par la politique, elle est passée par les cabinets ministériels et par le groupe Péchiney (en tant que directrice générale adjointe) avant d'être bombardée très influente Ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle (un secteur qu'elle connaît excellemment) du 16 mai 1991 au 29 mars 1993 dans les gouvernements dirigés par Édith Cresson et Pierre Bérégovoy.

À cette sortie du gouvernement pour cause de nouvelle cohabitation, elle a rapidement acquise la réputation d'une bosseuse mais aussi d'une personnalité politique très forte, capable d'autorité et de vision, aux convictions solides, même si elle a refusé de se présenter tant aux élections législatives de mars 1993 qu'aux élections européennes de juin 1994.


Elle a acquis une belle réputation au point que deux années plus tard, alors que son père Jacques Delors venait de renoncer à se présenter à la Présidence de la République, Martine Aubry, jeune femme de 44 ans, se trouvait en tête des sondages pour désigner le futur candidat socialiste à l'élection présidentielle de 1995. Pour elle, pas question d'y aller maintenant, c'était trop tôt, elle ne se considérait pas en condition pour y aller, sans doute se sentant trop jeune, trop inexpérimentée dans la vie politique.

Lionel Jospin y est allé, qui lui a confié la mission de rédiger son programme (avec son ami Claude Allègre) et qui lui a donné un brevet d'excellence dans son meeting du 18 avril 1995, considérée comme la « femme politique la plus brillante d'aujourd'hui ». Deux autres personnalités ont eu un tel brevet dans l'histoire politique française : Raymond Barre proclamé « le meilleur économiste de France » par Valéry Giscard d'Estaing, et Alain Juppé proclamé « le meilleur d'entre nous » par Jacques Chirac. Des expressions qui ont collé à leur peau pour le bonheur de leurs dénigreurs.

Si Lionel Jospin n'a pas été élu en 1995, il a réussi à étonner les observateurs politiques focalisés sur le duel entre Jacques Chirac et Édouard Balladur en s'arrogeant la première place du premier tour, ce qui lui a apporté la victoire aux élections législatives anticipés de juin 1997, deux ans plus tard, et l'a conduit à diriger le gouvernement pendant cinq ans, de juin 1997 à mai 2002.

L'ancien Premier Ministre Pierre Mauroy a vu aussi en elle sa successeure à la mairie de Lille. Le parachutage ne s'est pas forcément bien passé au début, mais toujours est-il qu'aux élections municipales de juin 1995, juste après l'élection présidentielle, Martine Aubry a été élue première adjointe au maire de Lille sur la liste de Pierre Mauroy. Encore une fois, un mandat d'héritière et pas de conquérante, mais qui montrait son envie de s'implanter politiquement et de compter durablement dans la vie politique. Elle a même tenté de conquérir le club deloriste Témoins tenu par François Hollande et Ségolène Royal.

Juin 1997 a été l'heure de gloire de Martine Aubry. Élue députée du Nord (pour la première fois) après la dissolution décidée par Jacques Chirac, elle a été la première des ministres de la "dream team" de la gauche plurielle. Numéro deux dans le gouvernement Jospin en tant que Ministre de l'Emploi et de la Solidarité du 4 juin 1997 au 18 octobre 2000, elle était placée juste avant Dominique Strauss-Kahn, lui nommé à l'Économie et aux Finances, et les deux ministres étaient considérés comme les premiers-ministrables d'un Premier Ministre en tête des sondages de la prochaine élection présidentielle de 2002.


À cause de sa filiation avec Jacques Delors considéré comme un socialiste de l'aile droite, Martine Aubry, pour éviter cette étiquette (celle de social-traître), a toujours gauchi ses discours, plus que par sincérité, pour être acceptée par ce que les socialistes appelaient le "peuple de gauche" (expression affreuse et anti-républicaine). Résultat, elle a pris à cœur de réaliser la seule chose économique réellement importante du quinquennant Jospin, et qui restera dans l'histoire politique comme l'une des plus néfastes, à savoir la réforme des 35 heures (de travail par semaine, payées 39 heures). Une réforme anti-économique et anti-sociale qui est passée à court terme grâce à une embellie de la conjoncture économique internationale mais qui a plombé l'économie française les vingts années suivantes.
 


Du reste, si Martine Aubry a été élue maire de Lille en mars 2001 (grâce au retrait et au soutien de Pierre Mauroy), elle a été battue en juin 2002 aux élections législatives (elle avait pourtant démissionné du gouvernement en automne 2000 pour se consacrer à son implantation à Lille).

À partir de 2002, Martine Aubry, de jeune espoir, est devenue une éléphante décevante du parti socialiste. Déjà, elle aurait pu, tout comme Dominique Strauss-Kahn, autre numéro deux jospiniste, prendre la tête du PS et de l'opposition dès l'été 2002 mais faute de vision politique et tactique, les deux, par trop grande prudence, ont laissé le terrain à Ségolène Royal qui s'est alors imposée dans les sondages comme candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007. C'est après la défaite de cette dernière que Dominique Strauss-Kahn, de nouveau en vogue dans les sondages, a tenté un retour mais son acceptation du poste de directeur général du FMI (Fonds monétaire international) l'a rendu politiquement inaudible.

Pour la primaire socialiste d'octobre 2011, la première ouverte à tous les électeurs, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Laurent Fabius avaient conclu un pacte dès la démission de François Hollande de la tête du PS en 2008. À Martine le PS et à DSK l'Élysée (aidé par les sondages). Martine Aubry serait alors devenue la Première Ministre de DSK.

Le congrès de Reims en novembre 2008, première étape pour disqualifier Ségolène Royal, a tourné au désastre. Martine Aubry est parvenue à conquérir le poste de première secrétaire du PS (du 26 novembre 2008 au 17 septembre 2012), et à ce titre, la première femme, et la seule femme à avoir été à la tête du parti socialiste, mais d'extrême justesse et après cuisine politicienne, et si elle a pu éloigner le danger que représentait Bertrand Delanoë (maire de Paris), également haut dans les sondages, elle n'a pas pu écarter Ségolène Royal.

Évidemment, le scandale du Sofitel en mai 2011 a bouleversé les choses. Il a fallu attendre plus d'un mois pour que Martine Aubry, peu préparée, ait décidé de reprendre la candidature laissée par DSK en se présentant elle-même à la primaire socialiste d'octobre 2011. Elle a dû sans arrêt justifier qu'elle voulait gagner, ce qui faisait pressentir un faible enthousiasme face à François Hollande qui n'avait jamais cessé d'y penser depuis 1997 ! Conclusion, François Hollande l'a battue au second tour et son poste à Matignon ne pouvait que s'envoler. Martine Aubry a négocié très mal les investitures du PS aux élections législatives de juin 2012, c'est-à-dire en donnant beaucoup trop de sièges aux écologistes, trop par rapport à leur importance réelle dans le pays, si bien que François Hollande, élu Président, s'est retrouvé avec une majorité à l'Assemblée étriquée, voire inexistante si l'on tenait compte des "frondeurs" du PS qui ont pourri son quinquennat.

 


Refusant à François Hollande le poste de numéro deux gouvernement à la tête d'un grand ministère de la Culture et de l'Éducation nationale (c'était Matignon ou rien), Martine Aubry a abandonné la tête du PS et s'est repliée à Lille, ne restant plus qu'un recours qui allait se faire de plus en plus oublier au fil des élections présidentielles et municipales suivantes.

Martine Aubry a donc principalement déçu les militants socialistes qui voyaient en elle la leader d'un PS modernisé et conquérant. En fait, elle n'a été qu'une élue locale très influente à Lille mais ignorée au niveau national. Dans sa retraite, il lui restera la carte de la sagesse : délivrer bonnes et mauvaises notes aux dirigeants du moment. Elle ne s'en est déjà pas privée pour Emmanuel Macron (en mauvaises notes, bien sûr), qui, pourtant, avait accompli le rêve de Jacques Delors, son père, à savoir mettre toutes les personnalités politiques de bonne volonté autour d'une table pour trouver les solutions aux enjeux de la France sans se positionner selon un intérêt de parti ou un dogme idéologique.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 août 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les larmes de Martine.
L'inquiétude de Martine Aubry.
Le désir puissant de Martine Aubry.
La future Angela Merkel française ?
Martine Aubry.
Gisèle Halimi.
Georges Lemoine.
Jules Moch.
Jacques Delors.
8e motion de censure pour convenance personnelle (du PS).
Congrès du PS : Saloperies antisémites.
Jérôme Guedj.
Congrès du PS : "l'homme le plus riche du cimetière".
Congrès du PS : Olivier Faure est-il en difficulté ?
Congrès du PS : le choc de complexité !
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Congrès du PS à Rennes : l'explosion de la Mitterrandie.
La préparation du congrès de Rennes (27 janvier 1990).
Histoire du PS.
Manuel Valls.
Hubert Védrine.
Julien Dray.
Comment peut-on encore être socialiste au XXIsiècle ?
François Bayrou et la motion de censure de congrès du PS.
Lionel Jospin.
Claude Allègre.
François Mitterrand.
Mazarine Pingeot.
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Didier Guillaume.

Pierre Joxe.
André Chandernagor.
Didier Migaud.
Pierre Moscovici.

La bataille de l'école libre en 1984.
Bernard Kouchner.
Hubert Curien.
Alain Bombard.
Danielle Mitterrand.
Olivier Faure.
Lucie Castets.

Bernard Cazeneuve
Gabriel Attal.
Élisabeth Borne.
Agnès Pannier-Runacher.
Sacha Houlié.
Louis Mermaz.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Le fiasco de la candidate socialiste.
Le socialisme à Dunkerque.
Le PS à la Cour des Comptes.

 

 








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28 juillet 2025 1 28 /07 /juillet /2025 04:24

« Georges Lemoine nous a quittés. Maire, député, secrétaire d’État, il fut un homme de terrain profondément attaché aux quartiers populaires et à son enracinement chartrain. » (François Rebsamen, Ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation et ancien maire de Dijon, le 25 juillet 2025 sur Twitter).



 


L'ancien ministre socialiste Georges Lemoine est mort à Caen le vendredi 25 juillet 2025, tôt dans la matinée, à l'âge de 91 ans (il est né à Rouen le 20 juin 1934). Avec lui est parti l'un des hiérarques de la période socialo-communistes, promu par ses victoires locales dans l'Eure-et-Loir dont il était l'un des grands barons pendant plusieurs décennies. Il fut un compagnon de route historique de François Mitterrand dans les années 1960.

Il a grandi près de Rennes et est devenu normalien, chargé d'enseignement en littérature. Georges Lemoine a rencontré François Mitterrand en 1965 à la Fédération de la gauche démocratique et socialiste (FGDS) qui l'a fait adhérer à son club politique, la Convention des institutions républicaines (CIR). Aux élections municipales de 1971, Georges Lemoine a mené une liste de centre gauche à Dreux mais a échoué face au maire sortant pourtant membre du petit parti cofondé notamment par François Mitterrand, l'UDSR. Son échec l'a conduit à rejoindre le PS en 1971 (en même temps que les autres mitterrandistes), au congrès d'Épinay, pour le noyauter. En mars 1973, Georges Lemoine a aussi échoué aux élections législatives en Eure-et-Loir, ne parvenant pas à battre le député RI sortant (giscardien).

Son implantation politique en Eure-et-Loir (depuis 1963) allait pourtant le faire gagner quelques mois plus tard, en septembre 1973 aux élections cantonales, remportant le canton de Chartes-Sud-Est et l'amenant à siéger au conseil général d'Eure-et-Loir de septembre 1973 à octobre 1988 et de mars 1994 à mars 2008. Emporté par une vague favorable à l'union de la gauche, Georges Lemoine est élu maire de Chartres en mars 1977 avec sa liste socialo-communiste face au maire sortant, le centriste Jean Laillet (CDS), qui a mené une liste CDS-RI-RPR (Jean Laillet avait été élu maire de Chartres le 12 mai 1975 pour succéder à Marcel Gaujard décédé en cours de mandat). Georges Lemoine a obtenu dès le premier tour 50,6% des voix, et son concurrent seulement 36,7%, handicapé par une troisième liste divers droite.
 


Chartres fut alors son premier mandat de baron local. Georges Lemoine fut élu et réélu maire de Chartres de mars 1977 à janvier 1998, devant quitter son siège de maire en raison du cumul des mandats, mais se faisant élire à la place premier adjoint au maire de janvier 1998 à mars 2001 en conservant son bureau de maire (ce qui montrait bien l'hypocrisie du non-cumul des mandats). En outre, Georges Lemoine a présidé l'agglomération de Chartres jusqu'en mars 2001. En octobre 1981, à cause d'un différend avec son premier adjoint, pour le limoger, il a démissionné et a été réélu comme maire.

Georges Lemoine a voulu que Chartres puisse devenir une grande ville de congrès et de salons en favorisant une forte capacité hôtelière. Il a aussi implanté une zone très étendue d'entreprises industrielles et du tertiaire, profitant de l'axe de l'autoroute A11 (allant vers Paris). Toutefois, après le constat d'une situation financière très difficile, il a augmenté fortement les impôts en 1997, ce qui n'était pas très populaire !

L'année suivant sa victoire municipale, Georges Lemoine a remporté les élections législatives en mars 1978 sur son rival sortant de 1973. Il fut alors élu et réélu député de mars 1978 à mars 1993, battu en 1993, puis élu de juin 1997 à juin 2002. En particulier, Georges Lemoine est réélu député de Chartres en juin 1981 contre une ministre sortante du gouvernement de Raymond Barre, Monique Pelletier.
 


Influent député-maire de Chartres, Georges Lemoine est devenu très logiquement ministre lors de la victoire de François Mitterrand en 1981, membre des gouvernements de Pierre Mauroy et Laurent Fabius de 1981 à 1986, précisément Secrétaire d'État chargé de l'Énergie du 22 mai 1981 au 23 juin 1981, puis Secrétaire d'État à la Défense du 23 juin 1981 au 23 mars 1983, enfin Secrétaire d'État chargé des DOM-TOM du 23 mars 1983 au 20 mars 1986. En 1981, selon l'AFP, il aurait refusé l'Éducation nationale.

Grand maître de la fédération d'Eure-et-Loir du PS, Georges Lemoine a commencé à trouver face à lui des contestataires en interne. Le département ayant eu une tradition radicale, et le député-maire de Chartres étant plutôt de centre gauche, ce dernier a favorisé l'éclosion d'un parti régional incluant socialistes et radicaux de gauche. Mais le problème fut la division aux élections régionales de mars 1992 : parallèlement à la liste officielle du PS conduite par son adjointe Maryvonne Radix (également sa successeure au conseil général), existait une liste dirigée par le radical de gauche François Huwart (futur député et futur ministre) que certains ont cru soutenue par Georges Lemoine.

Battu par le candidat RPR aux législatives en mars 1993, Georges Lemoine s'est représenté à nouveau aux élections cantonales en mars 1994 contre la sortante Maryvonne Radix, son adjointe qu'il a démise en raison de son investiture du PS. Georges Lemoine a alors gagné cette élection dès le premier tour sur les apparatchiks du PS qui l'ont alors exclu du parti.
 


Malgré l'état épouvantable des finances de Chartres après une vingtaine d'années de gestion de la ville, Georges Lemoine a réussi en juin 1997 à se faire réélire député de justesse (à quelques centaines de voix près) grâce à la vague de la gauche plurielle. Il a préféré rester député et abandonner son mandat de maire pour le non-cumul (en janvier 1998), mais est resté en fait toujours le maître de cérémonie à Chartres jusqu'en mars 2001 où il a presque tout perdu : la mairie et la présidence de l'agglomération (plusieurs listes se sont affrontées et c'est la liste dissidente de droite qui a gagné, celle de Jean-Pierre Gorges, DL, élu maire et président de l'agglomération). Georges Lemoine a toutefois sauvé son mandat de conseiller général en se faisant réélire au conseil général en mars 2001.

Battu encore par Jean-Pierre Gorges aux élections législatives de 2002 à la suite de la déconvenue présidentielle de Lionel Jospin, Georges Lemoine ne fut plus que l'ombre de lui-même en tant que conseiller général d'Eure-et-Loir (d'un conseil général dominé par le RPR) et conseiller municipal de Chartres (d'un conseil municipal dominé par la droite), jusqu'en mars 2008.

À l'issue des élections cantonales de mars 2004, Georges Lemoine a quitté le groupe socialiste et a rejoint dans ses votes la majorité UMP-UDF, souhaitant s'allier avec le groupe UDF qui a refusé. En mars 2008, il a tenté sa réélection aux cantonales mais a été éliminé au second tour lors d'une triangulaire (en dernière place) et a échoué aussi à se faire élire au conseil municipal d'une très petite commune, Favril. N'ayant plus aucun mandat électif en mars 2008, Georges Lemoine a tenté un quasi-ultime combat en septembre 2008 lors d'une élection législative partielle sur son ancienne circonscription mais sans soutien du PS, il n'a obtenu que 14,5% et a été éliminé dès le premier tour. Depuis 2017, l'actuel député de cette circonscription est le macroniste Guillaume Kasbarian qui fut Ministre du Logement puis de la Fonction publique du 8 février 2024 au 23 décembre 2024.
 


Et comme il a eu le soutien du micro-parti d'extrême gauche POI (parti ouvrier indépendant), issu du parti des travailleurs, Georges Lemoine en est devenu membre jusqu'à la fin de sa vie alors qu'il était plutôt positionné au centre gauche. Ce qui l'a conduit à se présenter une dernière fois en mars 2011 aux élections cantonales (sur un autre canton) avec l'étiquette du POI, ne recevant que 5,7% des voix (cinquième position) dans ce canton qui fut gagné par le candidat du PS. Il faut préciser qu'il existe un député POI depuis 2022, intégré au groupe des insoumis.

De septembre 1973 (il avait 39 ans) à mars 2008 (il avait 73 ans), Georges Lemoine a eu ainsi une carrière politique de près de trente-cinq ans, ce qui reste très long même si, à partir des années 1990, sa vie politique fut de plus en plus chaotique, pêchant par ses dissensions avec le parti socialiste parisien (face au sien en Eure-et-Loir), jusqu'au point de se retrouver seul politiquement les dernières années d'activités politiques.

Son ancien "complice" radical de gauche, François Huwart, qui fut député-maire de Nogent-le-Rotrou et ministre dans le gouvernement de Lionel Jospin, semble être parmi les rares personnalités politiques de gauche sincère dans l'expression de son émotion à l'annonce de sa mort : « Sa disparition me fait vraiment de la peine, parce que j’avais de l’estime et de l’admiration. C’était un homme de gauche et un homme libre, pas à la merci de la myopie des partis politiques. Je garde de lui l’image d’un homme très érudit et chaleureux, que je rencontrais dans sa maison de campagne au milieu de ses livres. Je l’ai connu très jeune puisque lorsque j’ai passé le concours de Normale supérieure, il faisait partie du jury. Il était d’une grande fidélité et a été très injustement attaqué par des gens qui lui ont décoché des flèches empoisonnées et qui, aujourd’hui, à sa mort, le couvrent de louanges hypocrites, alors qu'ils savent bien qu'il a terminé sa vie dans la solitude. » ("L'Écho républicain"). En d'autres termes, les hommages rendus aujourd'hui par des membres, actuels ou anciens, du parti socialiste sont à prendre avec les pincettes de l'hypocrisie. Étrange Georges Lemoine.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 juillet 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Gisèle Halimi.
Georges Lemoine.
Jacques Delors.

8e motion de censure pour convenance personnelle (du PS).
Congrès du PS : Saloperies antisémites.
Jérôme Guedj.
Congrès du PS : "l'homme le plus riche du cimetière".
Congrès du PS : Olivier Faure est-il en difficulté ?
Congrès du PS : le choc de complexité !
Robert Badinter.
Congrès du PS à Rennes : l'explosion de la Mitterrandie.
La préparation du congrès de Rennes (27 janvier 1990).
Histoire du PS.
Manuel Valls.
Martine Aubry.
Hubert Védrine.
Julien Dray.
Comment peut-on encore être socialiste au XXIsiècle ?
François Bayrou et la motion de censure de congrès du PS.
Lionel Jospin.
Claude Allègre.
François Mitterrand.
Mazarine Pingeot.
Richard Ferrand.
Didier Guillaume.

Pierre Joxe.
André Chandernagor.
Didier Migaud.
Pierre Moscovici.

La bataille de l'école libre en 1984.
Bernard Kouchner.
Hubert Curien.
Alain Bombard.
Danielle Mitterrand.
Olivier Faure.
Lucie Castets.

Bernard Cazeneuve
Gabriel Attal.
Élisabeth Borne.
Agnès Pannier-Runacher.
Sacha Houlié.
Louis Mermaz.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Le fiasco de la candidate socialiste.
Le socialisme à Dunkerque.
Le PS à la Cour des Comptes.











https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250725-georges-lemoine.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-etrange-georges-lemoine-262348

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/07/25/article-sr-20250725-georges-lemoine.html


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22 juin 2025 7 22 /06 /juin /2025 04:05

« La politique commence par des valeurs, une exigence première. » (Jérôme Guedj, le 16 juin 2025 sur BFMTV).



 


Dans un autre monde, ou plutôt, dans le monde d'avant, avant-populisme, avant-complotisme, avant-extrémisme, j'aurais trouvé le député PS de Massy Jérôme Guedj (53 ans) comme un adversaire politique redoutable, parce qu'il a du talent et qu'il est de l'aile gauche du PS et, donc, parce qu'il n'a pas les mêmes options politiques que moi. Mais il se trouve que, sans trahir ses convictions qui ne sont pas du tout les miennes, il a montré un vrai courage politique à s'attaquer à un extrémisme, celui du populiste de gauche qu'est Jean-Luc Mélenchon.

Et il faut savoir mesurer ce courage, car il n'est pas seulement un courage politique, intellectuel, celui des idées, mais aussi un courage personnel, psychologique, car Jean-Luc Mélenchon, longtemps sénateur socialiste de l'Essonne (de 1986 à 2009) et numéro deux du conseil général de l'Essonne, a été le mentor politique du jeune Jérôme Guedj implanté dans la même ville, le même département que lui. Jérôme Guedj a été lui-même numéro deux du conseil général de l'Essonne de 2008 à 2011 puis son président de 2011 à 2015. Jérôme Guedj, énarque de la même promotion que Laurent Solly, Emmanuel Moulin, Sophie Boissard et Frédéric Mion, a même commencé en politique comme attaché parlementaire de Jean-Luc Mélenchon.

Mais parfois, les idées doivent secouer les amitiés. Jérôme Guedj fait partie de cette gauche laïque, celle qui ne transige pas avec les valeurs républicaines, celle de la laïcité notamment mais plus généralement, il ne transige pas avec l'esprit de responsabilité. Un parlementaire doit tout faire pour réduire les fractures sociales, doit tout faire pour renforcer l'unité d'une nation à la cohésion très fragile, traversée par des clivages plus qu'idéologiques. Il ne doit donc pas mettre de l'huile sur le feu pour accroître les divisions dans une société.

Son mentor a divergé vers une autre planète, vers un islamo-gauchisme qui dit clairement, cyniquement, son objectif, récupérer les voix d'une certaine catégorie de la population française pour atteindre le Graal politique, à savoir le second tour de la prochaine élection présidentielle, après trois échecs massifs (et pourtant clairs) en 2012, 2017 et 2022.

Ainsi, Jérôme Guedj, au contraire de la plupart de ses camarades socialistes mollassons, a refusé l'investiture de la nouvelle farce populaire (NFP) dans sa sixième circonscription de l'Essonne (Massy, Palaiseau, Igny,Chilly-Mazarin) lors de la campagne des élections législatives de l'été dernier, parce qu'il ne voulait pas être élu avec l'aide des insoumis dont il rejette tout. Il a même bénéficié de l'absence d'un candidat Renaissance alors que c'était en 2017 la circonscription de l'actuelle ministre Amélie de Montchalin. Et FI lui a placé une candidate à sa gauche qui a fait 25,3% au premier tour mais qui s'est désistée en sa faveur au second tour pour le conforter dans son duel face au RN.

Pourquoi est-ce que j'évoque Jérôme Guedj ? C'est parce qu'il est "la" figure, la seule figure qui s'est dégagée du très piteux congrès du parti socialiste du 13 au 15 juin 2025 à Nancy. La SFIO avait déjà organisé deux de ses congrès à Nancy, en 1907 et en 1929, et c'est bien l'image d'un PS proche de la SFIO, aussi archaïque que la SFIO, avec un chef aussi mou que Guy Mollet, qui s'est dégagée durant ces quelques heures de meetings. Je m'en réjouis, cela évitera de marquer d'un congrès socialiste la belle ville de Nancy !

 


À Nancy, il n'y avait plus aucune incertitude sur la reconduction de premier secrétaire sortant, Olivier Faure, qui est dans cette fonction depuis le 7 avril 2018 et qui devrait y rester jusqu'en 2027 au moins. À ce titre, en termes de longévité, il égalise avec les trois chefs historiques du PS depuis 1969, j'oserais dire les trois seuls chefs historiques du PS, à savoir François Mitterrand (du 16 juin 1971 au 24 janvier 1981), Lionel Jospin (du 24 janvier 1981 au 14 mai 1988 et du 14 octobre 1995 au 2 juin 1997) et François Hollande (du 27 novembre 1997 au 26 novembre 2008). Il faut insister sur le fait que ces trois personnalités sont les seules personnalités socialistes à avoir obtenu, seules, le pouvoir exécutif par leur propre mérite, soit comme Président de la République élu par les Français, soit comme Premier Ministre de cohabitation soutenu par une majorité parlementaire. Je pense qu'Olivier Faure ne devrait pas suivre le chemin de ses trois prédécesseurs, puisque le PS ne vaut plus que 1,7% à la bourse de l'élection présidentielle... et ce congrès de Nancy a confirmé qu'aucune impulsion n'a été donnée à ce parti moribond pour qu'il décolle de ce niveau vaseux.

C'est la raison pour laquelle, au printemps 2025, Jérôme Guedj, pourtant de l'aile gauche, a rejoint l'aile droite menée par Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, qui souhaite rompre définitivement avec Jean-Luc Mélenchon, France insoumise et leur islamo-gauchisme flirtant avec l'antisémitisme le plus cynique.


Mais avant de parler de ce congrès (ce qui relève de l'exploit, le vide n'attirant que l'indifférence et l'inconsistance), rappelons les résultats des votes des adhérents préalablement à ce congrès.

Le 27 mai 2025, trois candidats : Olivier Faure a recueilli 10 299 voix, soit 42,0%, Nicolas Mayer-Rossignol 9 897 voix, soit 40,4%, et Boris Vallaud 4 313 voix, soit 17,6% Il faut souligner le faible nombre des adhérents inscrits, 39 829, et la faible participation, seulement 24 547, soit 61,6% (plus d'un tiers des adhérents ne se sentait pas concerné !). Il n'y aurait eu que 38 votes blancs ou nuls.

Le 5 juin 2025, le second tour pour départager Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol. C'est le premier qui a gagné, mais de manière très serrée malgré le soutien de Boris Vallaud, avec 12 689 voix, soit 51,1%, battant le second avec 12 120 voix, soit 48,9%, avec une participation à peine plus forte, 25 164, sot 63,2% des inscrits. En outre, il y a eu 355 votes blancs ou nuls.

 


Ce congrès du PS n'a apporté aucune idée nouvelle, rien que des discussions d'ordre tactique et politicien sur les relations entre le PS et FI. En gros, l'enjeu était : faut-il tenter de gagner en mettant les valeurs de côté ou perdre avec ses valeurs ? Olivier Faure, qui a besoin des insoumis dans sa circonscription seine-et-marnaise, ne peut pas se séparer trop fermement de FI, si bien que la ligne politique adoptée est l'autonomie avec FI mais accord ponctuel avec ces populistes de gauche.

Jérôme Guedj a dénoncé les ambiguïtés mortifères pour le PS d'Olivier Faure qui expliquait le 12 juin 2025 dans "Libération" qu'il n'y aurait pas d'accord national avec FI mais en complétant aussitôt le contraire : « Je ne confonds pas les échéances : à l'échelle d'une commune, un adjoint à l'urbanisme qui vient de LFI, où est le problème ? C'est déjà le cas. ».

Quelqu'un a-t-il entendu le discours de clôture du congrès d'Olivier Faure le 15 juin 2025 ? Non ? Ça ne m'étonne pas, puisque ça ne sert à rien. Aucune nouvelle idée, ai-je écrit. Mais pourtant, il est ressorti un seul discours de ce congrès de Nancy, c'est celui prononcé par Jérôme Guedj le 14 juin 2025, la veille (comme ce n'est pas une guest star, il n'a eu le droit qu'à une parole subalterne). Pourtant, c'est bien son discours qui est resté dans les mémoires et qui va sans doute y rester pour longtemps.

Pour résumer, Jérôme Guedj, qui s'était fait traiter de "sioniste génocidaire" par des élus insoumis il y a quelques semaines, a riposté en disant que leur gourou était un (je cite) "salopard antisémite". Comme pour se faire une idée, il vaut mieux avoir cette expression dans son contexte, voici la phrase complète, prononcée par un vrai tribun (il a été à bonne école) :
 


« Quand je dis à Jean-Luc Mélenchon qu'il n'est pas possible et souhaitable de défendre la revendication de la Palestine de la mer à la rivière, je défends la position historique des socialistes, notamment celle de François Mitterrand à la Knesset en 1982, qui est celle de la solution à deux États, de la sécurité d'Israël et de la reconnaissance de l'État palestinien. Et qu'à ce moment-là, à ce moment-là, je deviens le "sioniste génocidaire" pour Jean-Luc Mélenchon et les siens, et que j'ai une meurtrissure terrible à dire devant ce congrès que pour la première fois de ma vie, j'ai dû dire de l'homme que j'ai aimé profondément, qu'il est devenu un "salopard antisémite", avec des propos qui sont pour nous absolument insupportables. Alors, nous devons avoir cette nuance. Nous devons la revendiquer. Sur la laïcité (…), sur la République sociale, sur l'ensemble des territoires perdus de la République... Et de là où je suis, je termine par là, je suis un fervent défenseur du rassemblement de la gauche et des écologistes, mais je nous adjure collectivement : ne vendons pas notre âme aujourd'hui au nom de ces huées fanatiques. Il n'est plus possible d'avoir le moindre point de contact avec ceux qui, aujourd'hui, abîment la gauche, l'universalisme, la République et la laïcité. ».

Quels sont ces "propos absolument insupportables" ?


Jérôme Guedj a rappelé qu'il était régulièrement l'objet d'attaques antisémites de la part des insoumis, en particulier de leur gourou en chef, par des allusions nauséabondes, comme cette phrase piochée dans son blog : « On voit clairement une honte émerger de ces couinements. L’ambiguïté du propos est un signe dans son milieu de fanatisme. L’intéressant est de le voir s’agiter autour du piquet où le retient la laisse de ses adhésions. ». La réaction du député de l'Essonne à la lecture de cette note : « J’ai vu là, pour la première fois, l’expression délibérée d’un propos antisémite. ».

L'adversaire d'Olivier Faure, Nicolas Mayer-Rossignol, était sur la même ligne en expliquant, le même jour, qu'il n'était pas possible d'avoir une alliance tant sur le plan national que localement : « Que préférons-nous ? Perdre des élections ou perdre nos âmes ? ».
 


Deux jours plus tard, le 16 juin 2025 au micro de BFMTV, Jérôme Guedj, sans présenter d'excuse publiquement (alors qu'elles ont été exigées par Manuel Bompard, coordinateur de FI), a dit regretter d'avoir employé le terme "salopard" qui n'était pas « conforme à la conception que j'ai du débat politique » en ajoutant que le terme « n'était pas utile, "antisémite" suffisait ». Le divorce entre Jérôme Guedj et Jean-Luc Mélenchon date du 7 octobre 2023 et du refus des insoumis de qualifier le Hamas d'organisation terroriste. Jérôme Guedj a expliqué que le mot était « venu comme ça, (…) dans cette nécessité de secouer [le congrès], là où je voyais poindre une forme d’inertie, parce que le cœur du débat était de savoir si on pouvait continuer à avoir des relations avec la France insoumise ».

Jérôme Guedj n'a pas mâché ses mots non plus pour qualifier l'attitude lâche d'Olivier Faure. Il a regretté le « flottement », le « flou permanent » du premier secrétaire du PS sur l'antisémitisme des insoumis, et il a trouvé franchement « minable » sa réaction dans la matinale de France 2 le 16 juin 2025, ajoutant : « Ce n’est pas un problème personnel que j’ai avec Jean-Luc Mélenchon, c’est un problème qui devrait concerner toute la gauche. ». Jérôme Guedj a été applaudi à Nancy, mais qui sortira publiquement de cette lâche facilité de laisser faire Olivier Faure dans sa complice alliance ?


L'éditorialiste Patrick Cohen ponctuait sévèrement sa chronique du 16 juin 2025 sur France Inter : « Alors un congrès pour rien ? Rien de neuf sur le fond. Ni sur la stratégie présidentielle, toujours aussi floue. Et confirmation qu’il y a deux PS, pas irréconciliables, mais de plus en plus divergents. La gauche non-mélenchoniste qui ne sait pas où elle habite, n’ira pas toquer au parti socialiste. ». Il faut le dire comme c'est : cela fait longtemps que la gauche non-mélenchoniste a rejoint le Président Emmanuel Macron.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 juin 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Congrès du PS : Saloperies antisémites.
Jérôme Guedj.
Congrès du PS : "l'homme le plus riche du cimetière".
Congrès du PS : Olivier Faure est-il en difficulté ?
Congrès du PS : le choc de complexité !
Robert Badinter.
Congrès du PS à Rennes : l'explosion de la Mitterrandie.
La préparation du congrès de Rennes (27 janvier 1990).
Histoire du PS.
Manuel Valls.
Martine Aubry.
Hubert Védrine.
Julien Dray.
Comment peut-on encore être socialiste au XXIsiècle ?
François Bayrou et la motion de censure de congrès du PS.
Lionel Jospin.
Claude Allègre.
François Mitterrand.
Jacques Delors.
Mazarine Pingeot.
Richard Ferrand.
Didier Guillaume.

Pierre Joxe.
André Chandernagor.
Didier Migaud.
Pierre Moscovici.

La bataille de l'école libre en 1984.
Bernard Kouchner.
Hubert Curien.
Alain Bombard.
Danielle Mitterrand.
Olivier Faure.
Lucie Castets.

Bernard Cazeneuve
Gabriel Attal.
Élisabeth Borne.
Agnès Pannier-Runacher.
Sacha Houlié.
Louis Mermaz.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Le fiasco de la candidate socialiste.
Le socialisme à Dunkerque.
Le PS à la Cour des Comptes.







https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250615-congres-ps.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/congres-du-ps-saloperies-261568

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21 juin 2025 6 21 /06 /juin /2025 04:05

« La politique commence par des valeurs, une exigence première. » (Jérôme Guedj, le 16 juin 2025 sur BFMTV).



 


Dans un autre monde, ou plutôt, dans le monde d'avant, avant-populisme, avant-complotisme, avant-extrémisme, j'aurais trouvé le député PS de Massy Jérôme Guedj (53 ans) comme un adversaire politique redoutable, parce qu'il a du talent et qu'il est de l'aile gauche du PS et, donc, parce qu'il n'a pas les mêmes options politiques que moi. Mais il se trouve que, sans trahir ses convictions qui ne sont pas du tout les miennes, il a montré un vrai courage politique à s'attaquer à un extrémisme, celui du populiste de gauche qu'est Jean-Luc Mélenchon.

Et il faut savoir mesurer ce courage, car il n'est pas seulement un courage politique, intellectuel, celui des idées, mais aussi un courage personnel, psychologique, car Jean-Luc Mélenchon, longtemps sénateur socialiste de l'Essonne (de 1986 à 2009) et numéro deux du conseil général de l'Essonne, a été le mentor politique du jeune Jérôme Guedj implanté dans la même ville, le même département que lui. Jérôme Guedj a été lui-même numéro deux du conseil général de l'Essonne de 2008 à 2011 puis son président de 2011 à 2015. Jérôme Guedj, énarque de la même promotion que Laurent Solly, Emmanuel Moulin, Sophie Boissard et Frédéric Mion, a même commencé en politique comme attaché parlementaire de Jean-Luc Mélenchon.

Mais parfois, les idées doivent secouer les amitiés. Jérôme Guedj fait partie de cette gauche laïque, celle qui ne transige pas avec les valeurs républicaines, celle de la laïcité notamment mais plus généralement, il ne transige pas avec l'esprit de responsabilité. Un parlementaire doit tout faire pour réduire les fractures sociales, doit tout faire pour renforcer l'unité d'une nation à la cohésion très fragile, traversée par des clivages plus qu'idéologiques. Il ne doit donc pas mettre de l'huile sur le feu pour accroître les divisions dans une société.

Son mentor a divergé vers une autre planète, vers un islamo-gauchisme qui dit clairement, cyniquement, son objectif, récupérer les voix d'une certaine catégorie de la population française pour atteindre le Graal politique, à savoir le second tour de la prochaine élection présidentielle, après trois échecs massifs (et pourtant clairs) en 2012, 2017 et 2022.

Ainsi, Jérôme Guedj, au contraire de la plupart de ses camarades socialistes mollassons, a refusé l'investiture de la nouvelle farce populaire (NFP) dans sa sixième circonscription de l'Essonne (Massy, Palaiseau, Igny,Chilly-Mazarin) lors de la campagne des élections législatives de l'été dernier, parce qu'il ne voulait pas être élu avec l'aide des insoumis dont il rejette tout. Il a même bénéficié de l'absence d'un candidat Renaissance alors que c'était en 2017 la circonscription de l'actuelle ministre Amélie de Montchalin. Et FI lui a placé une candidate à sa gauche qui a fait 25,3% au premier tour mais qui s'est désistée en sa faveur au second tour pour le conforter dans son duel face au RN.

Pourquoi est-ce que j'évoque Jérôme Guedj ? C'est parce qu'il est "la" figure, la seule figure qui s'est dégagée du très piteux congrès du parti socialiste du 13 au 15 juin 2025 à Nancy. La SFIO avait déjà organisé deux de ses congrès à Nancy, en 1907 et en 1929, et c'est bien l'image d'un PS proche de la SFIO, aussi archaïque que la SFIO, avec un chef aussi mou que Guy Mollet, qui s'est dégagée durant ces quelques heures de meetings. Je m'en réjouis, cela évitera de marquer d'un congrès socialiste la belle ville de Nancy !


À Nancy, il n'y avait plus aucune incertitude sur la reconduction de premier secrétaire sortant, Olivier Faure, qui est dans cette fonction depuis le 7 avril 2018 et qui devrait y rester jusqu'en 2027 au moins. À ce titre, en termes de longévité, il égalise avec les trois chefs historiques du PS depuis 1969, j'oserais dire les trois seuls chefs historiques du PS, à savoir François Mitterrand (du 16 juin 1971 au 24 janvier 1981), Lionel Jospin (du 24 janvier 1981 au 14 mai 1988 et du 14 octobre 1995 au 2 juin 1997) et François Hollande (du 27 novembre 1997 au 26 novembre 2008). Il faut insister sur le fait que ces trois personnalités sont les seules personnalités socialistes à avoir obtenu, seules, le pouvoir exécutif par leur propre mérite, soit comme Président de la République élu par les Français, soit comme Premier Ministre de cohabitation soutenu par une majorité parlementaire. Je pense qu'Olivier Faure ne devrait pas suivre le chemin de ses trois prédécesseurs, puisque le PS ne vaut plus que 1,7% à la bourse de l'élection présidentielle... et ce congrès de Nancy a confirmé qu'aucune impulsion n'a été donnée à ce parti moribond pour qu'il décolle de ce niveau vaseux.

C'est la raison pour laquelle, au printemps 2025, Jérôme Guedj, pourtant de l'aile gauche, a rejoint l'aile droite menée par Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, qui souhaite rompre définitivement avec Jean-Luc Mélenchon, France insoumise et leur islamo-gauchisme flirtant avec l'antisémitisme le plus cynique.


Mais avant de parler de ce congrès (ce qui relève de l'exploit, le vide n'attirant que l'indifférence et l'inconsistance), rappelons les résultats des votes des adhérents préalablement à ce congrès.

Le 27 mai 2025, trois candidats : Olivier Faure a recueilli 10 299 voix, soit 42,0%, Nicolas Mayer-Rossignol 9 897 voix, soit 40,4%, et Boris Vallaud 4 313 voix, soit 17,6% Il faut souligner le faible nombre des adhérents inscrits, 39 829, et la faible participation, seulement 24 547, soit 61,6% (plus d'un tiers des adhérents ne se sentait pas concerné !). Il n'y aurait eu que 38 votes blancs ou nuls.

Le 5 juin 2025, le second tour pour départager Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol. C'est le premier qui a gagné, mais de manière très serrée malgré le soutien de Boris Vallaud, avec 12 689 voix, soit 51,1%, battant le second avec 12 120 voix, soit 48,9%, avec une participation à peine plus forte, 25 164, sot 63,2% des inscrits. En outre, il y a eu 355 votes blancs ou nuls.

 


Ce congrès du PS n'a apporté aucune idée nouvelle, rien que des discussions d'ordre tactique et politicien sur les relations entre le PS et FI. En gros, l'enjeu était : faut-il tenter de gagner en mettant les valeurs de côté ou perdre avec ses valeurs ? Olivier Faure, qui a besoin des insoumis dans sa circonscription seine-et-marnaise, ne peut pas se séparer trop fermement de FI, si bien que la ligne politique adoptée est l'autonomie avec FI mais accord ponctuel avec ces populistes de gauche.

Jérôme Guedj a dénoncé les ambiguïtés mortifères pour le PS d'Olivier Faure qui expliquait le 12 juin 2025 dans "Libération" qu'il n'y aurait pas d'accord national avec FI mais en complétant aussitôt le contraire : « Je ne confonds pas les échéances : à l'échelle d'une commune, un adjoint à l'urbanisme qui vient de LFI, où est le problème ? C'est déjà le cas. ».

Quelqu'un a-t-il entendu le discours de clôture du congrès d'Olivier Faure le 15 juin 2025 ? Non ? Ça ne m'étonne pas, puisque ça ne sert à rien. Aucune nouvelle idée, ai-je écrit. Mais pourtant, il est ressorti un seul discours de ce congrès de Nancy, c'est celui prononcé par Jérôme Guedj le 14 juin 2025, la veille (comme ce n'est pas une guest star, il n'a eu le droit qu'à une parole subalterne). Pourtant, c'est bien son discours qui est resté dans les mémoires et qui va sans doute y rester pour longtemps.

Pour résumer, Jérôme Guedj, qui s'était fait traiter de "sioniste génocidaire" par des élus insoumis il y a quelques semaines, a riposté en disant que leur gourou était un (je cite) "salopard antisémite". Comme pour se faire une idée, il vaut mieux avoir cette expression dans son contexte, voici la phrase complète, prononcée par un vrai tribun (il a été à bonne école) :
 


« Quand je dis à Jean-Luc Mélenchon qu'il n'est pas possible et souhaitable de défendre la revendication de la Palestine de la mer à la rivière, je défends la position historique des socialistes, notamment celle de François Mitterrand à la Knesset en 1982, qui est celle de la solution à deux États, de la sécurité d'Israël et de la reconnaissance de l'État palestinien. Et qu'à ce moment-là, à ce moment-là, je deviens le "sioniste génocidaire" pour Jean-Luc Mélenchon et les siens, et que j'ai une meurtrissure terrible à dire devant ce congrès que pour la première fois de ma vie, j'ai dû dire de l'homme que j'ai aimé profondément, qu'il est devenu un "salopard antisémite", avec des propos qui sont pour nous absolument insupportables. Alors, nous devons avoir cette nuance. Nous devons la revendiquer. Sur la laïcité (…), sur la République sociale, sur l'ensemble des territoires perdus de la République... Et de là où je suis, je termine par là, je suis un fervent défenseur du rassemblement de la gauche et des écologistes, mais je nous adjure collectivement : ne vendons pas notre âme aujourd'hui au nom de ces huées fanatiques. Il n'est plus possible d'avoir le moindre point de contact avec ceux qui, aujourd'hui, abîment la gauche, l'universalisme, la République et la laïcité. ».

Quels sont ces "propos absolument insupportables" ?


Jérôme Guedj a rappelé qu'il était régulièrement l'objet d'attaques antisémites de la part des insoumis, en particulier de leur gourou en chef, par des allusions nauséabondes, comme cette phrase piochée dans son blog : « On voit clairement une honte émerger de ces couinements. L’ambiguïté du propos est un signe dans son milieu de fanatisme. L’intéressant est de le voir s’agiter autour du piquet où le retient la laisse de ses adhésions. ». La réaction du député de l'Essonne à la lecture de cette note : « J’ai vu là, pour la première fois, l’expression délibérée d’un propos antisémite. ».

L'adversaire d'Olivier Faure, Nicolas Mayer-Rossignol, était sur la même ligne en expliquant, le même jour, qu'il n'était pas possible d'avoir une alliance tant sur le plan national que localement : « Que préférons-nous ? Perdre des élections ou perdre nos âmes ? ».


Deux jours plus tard, le 16 juin 2025 au micro de BFMTV, Jérôme Guedj, sans présenter d'excuse publiquement (alors qu'elles ont été exigées par Manuel Bompard, coordinateur de FI), a dit regretter d'avoir employé le terme "salopard" qui n'était pas « conforme à la conception que j'ai du débat politique » en ajoutant que le terme « n'était pas utile, "antisémite" suffisait ». Le divorce entre Jérôme Guedj et Jean-Luc Mélenchon date du 7 octobre 2023 et du refus des insoumis de qualifier le Hamas d'organisation terroriste. Jérôme Guedj a expliqué que le mot était « venu comme ça, (…) dans cette nécessité de secouer [le congrès], là où je voyais poindre une forme d’inertie, parce que le cœur du débat était de savoir si on pouvait continuer à avoir des relations avec la France insoumise ».

Jérôme Guedj n'a pas mâché ses mots non plus pour qualifier l'attitude lâche d'Olivier Faure. Il a regretté le « flottement », le « flou permanent » du premier secrétaire du PS sur l'antisémitisme des insoumis, et il a trouvé franchement « minable » sa réaction dans la matinale de France 2 le 16 juin 2025, ajoutant : « Ce n’est pas un problème personnel que j’ai avec Jean-Luc Mélenchon, c’est un problème qui devrait concerner toute la gauche. ». Jérôme Guedj a été applaudi à Nancy, mais qui sortira publiquement de cette lâche facilité de laisser faire Olivier Faure dans sa complice alliance ?


L'éditorialiste Patrick Cohen ponctuait sévèrement sa chronique du 16 juin 2025 sur France Inter : « Alors un congrès pour rien ? Rien de neuf sur le fond. Ni sur la stratégie présidentielle, toujours aussi floue. Et confirmation qu’il y a deux PS, pas irréconciliables, mais de plus en plus divergents. La gauche non-mélenchoniste qui ne sait pas où elle habite, n’ira pas toquer au parti socialiste. ». Il faut le dire comme c'est : cela fait longtemps que la gauche non-mélenchoniste a rejoint le Président Emmanuel Macron.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 juin 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Congrès du PS : Saloperies antisémites.
Jérôme Guedj.
Congrès du PS : "l'homme le plus riche du cimetière".
Congrès du PS : Olivier Faure est-il en difficulté ?
Congrès du PS : le choc de complexité !
Robert Badinter.
Congrès du PS à Rennes : l'explosion de la Mitterrandie.
La préparation du congrès de Rennes (27 janvier 1990).
Histoire du PS.
Manuel Valls.
Martine Aubry.
Hubert Védrine.
Julien Dray.
Comment peut-on encore être socialiste au XXIsiècle ?
François Bayrou et la motion de censure de congrès du PS.
Lionel Jospin.
Claude Allègre.
François Mitterrand.
Jacques Delors.
Mazarine Pingeot.
Richard Ferrand.
Didier Guillaume.

Pierre Joxe.
André Chandernagor.
Didier Migaud.
Pierre Moscovici.

La bataille de l'école libre en 1984.
Bernard Kouchner.
Hubert Curien.
Alain Bombard.
Danielle Mitterrand.
Olivier Faure.
Lucie Castets.

Bernard Cazeneuve
Gabriel Attal.
Élisabeth Borne.
Agnès Pannier-Runacher.
Sacha Houlié.
Louis Mermaz.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Le fiasco de la candidate socialiste.
Le socialisme à Dunkerque.
Le PS à la Cour des Comptes.








https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250614-jerome-guedj.html

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/06/18/article-sr-20250614-jerome-guedj.html





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7 juin 2025 6 07 /06 /juin /2025 04:22

« La réponse est donc non. Le PS ne fera pas renaître la social-démocratie. À la place, à sa place, Olivier Faure pourra-t-il insuffler une dynamique, d’impulser un projet autonome ? Redonner ses chances à la gauche ? Il peut aussi se contenter d’être l’homme le plus riche du cimetière… » (Patrick Cohen, le 6 juin 2025 sur France Inter).



 


Le chroniqueur de France Inter a trouvé la bonne formule : Patrick Cohen parlait en effet ce vendredi 6 juin 2025 dans la matinale de « l'homme le plus riche du cimetière ». En d'autres termes, Olivier Faure, premier secrétaire du PS sortant, a été reconduit à ce poste lors du vote des adhérents du PS le jeudi 5 juin 2025.

Selon les résultats "officiels", je mets les guillemets car ne sont pas indiqués, à ma connaissance, les nombres de voix exacts, Olivier Faure a gagné le duel avec 50,9% face à son rival Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, qui n'a eu que 49,1%. Un score très serré mais pourtant, sans surprise sur son issue dans la mesure où Olivier Faure était le grand favori depuis l'annonce du soutien qu'il a reçu de Boris Vallaud, le troisième larron qui n'a pas été qualifié pour la finale.
 


Le vrai résultat de cette élection bidonnée, c'est le nombre de votants au premier tour (je n'ai pas celui du second tour), qui est de l'ordre de 24 000 personnes, soit très loin des près de 100 000 pour LR. S'il fallait un mot pour qualifier ce parti, c'est le mot "moribond" qui viendrait immédiatement à l'esprit. Ce parti est moribond et la poursuite dans la continuité avec Olivier Faure, qui a été le fauteur de la catastrophe industrielle de la dernière élection présidentielle (1,7% !), et aussi de la désertification des fédérations (40 fédérations ont moins de 100 adhérents !), en gros, une perte de 50 000 adhérents depuis 2018, ne peut que lui être fatal. Un article du journal "Le Monde", pourtant assez complaisant avec le PS, propose une description apocalyptique de ce parti.
 


Ce qui est donc clair, c'est que, d'une part, il reste très peu d'adhérents du PS actifs (c'est-à-dire qui votent), et d'autre part, ce parti moribond est complètement divisé en deux. Si le camp du maire de Rouen a finalement reconnu sa défaite, au contraire d'il y a deux ans en janvier 2023, il avait toutefois publié un communiqué très polémique dans la nuit du 5 au 6 juin 2025 : « Les résultats provisoires du 2e tour du congrès du PS donnent 50/50. Le parti est divisé, la direction sortante est désavouée, nous appelons à la responsabilité et à l'unité. (…) L'écart à ce stade est plus faible encore qu'au précédent congrès (Marseille), où le résultat n'avait finalement pas été validé. (…) On nous disait loin derrière, distancé. Finalement, alors que Boris Vallaud avait indiqué son choix pour Olivier Faure, nous remontons et faisons jeu égal. C'est un vrai désaveu pour la direction sortante, incapable d'avoir une majorité au premier tour le 27 mai dernier, et qui n'obtient pas de majorité claire au second tour. ».

 


Si les mayer-rossignolistes (j'ose le terme) ont raison de parler d'un désaveu de la direction sortante par la faible mobilisation des adhérents, ils oublient aussi qu'eux-mêmes participent à ce désastre politique en renforçant les divisions et petitesses politiciennes qui restent illisibles au commun des électeurs. Du reste, en réaction à la publication du communiqué de ce camp sur Twitter, les internautes étaient sans complaisance et mettaient tout le monde dans le même paquet : « Un parti qui fait 2% aux présidentielles et scindé en 2, 2026 est déjà perdu grâce à des "stratèges" sans idées dans votre genre Olivier Faure, Nicolas Mayer-Rossignol, Boris Vallaud ».
 


Du côté des fauristes (j'ose encore), l'audace était de mise. Je sais que la politique, c'est l'art de raconter des choses qui n'existent pas, mais là, ils y vont assez faure, comme j'oserais encore l'écrire !
 


Pour faire voter Olivier Faure, les caciques et apparatchiks ont apporté quelques arguments sur un plateau (qui n'est plus d'argent). D'une part, en votant Olivier Faure, on voterait : « pour une gauche unie de Ruffin à Glucksmann », « pour vaincre la haine » (le beau programme politique concret et solide mis en priorité !), « pour poursuivre ensemble le redressement du PS » (encore fallait-il qu'il commençât !), « pour taxer les riches » (ça marche toujours à gauche, un argument qui a mené à la faillite des finances publiques), etc. (je n'insiste pas car le flot est illisible et insipide).
 


Mais à côté de cette affiche passe-partout, il y a un argument massue donné par les fauristes : « De plus en plus de Françaises et de Français misent sur lui pour l'avenir ! ». Mais qui sont donc ces mystérieux Françaises et Français ? On pourrait croire qu'Olivier Faure égalerait Marine Le Pen et Édouard Philippe dans les sondages et que la présidentielle de 2027 va se jouer dans un mouchoir de poche. Pas du tout, ils nous montrent le Baromètre du Figaro de juin 2025 sur la cote d'avenir des personnalités politiques et confortent l'idée première par le fait « qu'Olivier Faure signe la plus forte progression à gauche ». En lisant la liste, on s'aperçoit que la cote d'Olivier Faure est derrière Raphaël Glucksmann, Robert Ménard, François Ruffin, Éric Ciotti, Fabien Roussel et est équivalente à celle de Laurent Wauquiez ou de Nicolas Dupont-Aignan. Pas de quoi en tirer gloriole !
 


Cela dénote au moins l'idée très nette qu'Olivier Faure a l'intention de se présenter à l'élection présidentielle (le ridicule ne tue pas, sinon, ça se saurait), ce qui entre en contradiction avec sa volonté de rassembler (dans un très petit éventail) de François Ruffin à Raphaël Glucksmann, alors que tous les deux sont aussi de potentiels candidats à l'élection présidentielle.
 


Politiquement et stratégiquement, la victoire de la ligne Olivier Faure est clairement celle de l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon. D'ailleurs, dès ce vendredi matin, la numéro deux du PS et maire de Nantes, Johanna Rolland expliquait doctement sur Public Sénat que le PS ferait des alliances ponctuelles avec les insoumis.

C'est donc clair que la direction sortante et reconduite n'a rien compris à la signification d'une alliance avec le parti mélenchoniste qui se veut consciemment islamo-gauchiste, mettant en péril les valeurs de la République et la cohésion d'une société déjà très fragilisée par les divisions idéologiques. Cela montre aussi que cette direction n'a pas compris non plus pourquoi elle a été autant désavouée depuis si longtemps (et qu'elle n'a bénéficié que du vide de leadership).

Les résultats serrés du choix de la tête du PS sont tels qu'ils sont insignifiants. Patrick Cohen l'a noté avec raison le 6 juin 2025 : « Impossible de parler d’une victoire nette, d’un vote qui indique un cap, une perspective, une clarification dans la remise en mouvement de la gauche non-mélenchoniste. Ou même une aspiration au changement plutôt qu’une volonté de continuité. Si le métier du commentateur est bien de donner du sens aux événements, encore faut-il que les événements aient un minimum de talent… On notera aussi que c’est la troisième fois que le parti socialiste se joue à 50-50. La dernière fois, c'était à Marseille il y a deux ans, avec les deux mêmes duellistes, le même vainqueur Olivier Faure, quasiment le même score, mais davantage de contestation. ».
 


Ce n'est évidemment pas l'analyse d'Olivier Faure lui-même quand il a appris sa réélection à 3 heures 35 du matin (nuit du 5 au 6 juin 2025). Très content, voire triomphaliste, il a fait croire qu'il était un nouveau François Mitterrand qui, lui, avait bâti réellement un mouvement entre 1971 et 1981 : « Dès demain, nous poursuivrons le travail commencé en 2018 pour amplifier la dynamique, avec un parti socialiste ancré au cœur de la gauche. Il nous reste tant à construire ensemble pour ouvrir le chemin vers de nouvelles victoires. ». L'expression "vers de nouvelles victoires" fleure bon Ségolène Royal qui, dans son enthousiasme de son échec électoral le 6 mai 2007, avait terminé son discours en criant « En avant vers de nouvelles victoires ! ».

Des internautes médisants ont cependant proposé un autre discours pour Olivier Faure, plus proche de la réalité...

 


Certains ont même présenté un nouvel emblème pour le PS, au lieu de sa traditionnelle rose, une brosse des toilettes. Un autre a lâché désabusé : « Olivier Faure fanfaronne car il a été réélu à la tête du PS. Tout ce cinéma après avoir vendu son âme aux crapules de LFI. Tout le cinéma pour faire 2% à l'élection présidentielle. ». Précisons que le 2% est une surestimation de la réalité qui est à 1,7%. Celui qui a le mieux synthétisé la situation a écrit : « Au royaume des serpillières, les torchons sont rois. » !

Le quart d'heure de gloire était quand même pour Olivier Faure ce 6 juin 2025 : il a été l'invité du prestigieux journal télévisé de 20 heures sur TF1. Il a notamment déclaré : « Il faut que la victoire d'hier qui m'a reconduit à la tête du parti socialiste soit utile aux Française et aux Français. ». Cela va donc être difficile voire mission impossible pour le député de Seine-et-Marne qui n'aurait jamais été réélu dans sa circonscription sans l'aide des mélenchonistes.
 


Ce qui frappe le plus lorsqu'on veut écouter la vidéo de cette interview (oui, je me risque à tout), c'est... la durée de celle-ci. En général, lorsqu'on est un personnage qui compte dans la vie politique, on a dix minutes ou un quart d'heure au moins pour s'expliquer. Mais dans le cas d'Olivier Faure, on note qu'il n'a eu droit qu'à 3 minutes 48. Ne croyez pas que c'est un scandale de la chaîne. C'est simplement la réalité électorale de ce micro-parti (je le répète, 1,7% à l'élection présidentielle). C'est même déjà beaucoup comme durée.

De même, cette vidéo sur Youtube ne sera pas virale (quelques centaines de vues après plusieurs heures). Et quelques commentaires fort peu flatteurs, comme celui-ci : « Le PS coule ! ». Un autre : « Créer une dynamique ? (…) Et pourquoi pas un programme, pendant que vous y êtes ? ».


En fait, la réélection d'Olivier Faure satisfait tous ses adversaires politiques. D'abord Jean-Luc Mélenchon qui est heureux de voir confirmer la ligne qui souhaite l'alliance avec ses insoumis. Ensuite, Marine Le Pen se frotte les mains car elle comprend que l'alternance ne se fera pas à gauche tant elle est divisée, et espère bien recueillir les souhaits de renouvellement. Enfin, le Président Emmanuel Macron peut, lui aussi, être satisfait car cela va obliger les sociaux-démocrates du PS à quitter ce parti et rejoindre le bloc central à l'instar de Manuel Valls, François Rebsamen, Juliette Méadel, François Patriat, Jean-Yves Le Drian, Florence Parly, etc. Son objectif de réunir des socialistes aux républicains n'a jamais été aussi près d'être atteint.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 juin 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Congrès du PS : "l'homme le plus riche du cimetière".
Congrès du PS : Olivier Faure est-il en difficulté ?
Congrès du PS : le choc de complexité !
Robert Badinter.
Congrès du PS à Rennes : l'explosion de la Mitterrandie.
La préparation du congrès de Rennes (27 janvier 1990).
Histoire du PS.
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Claude Allègre.
François Mitterrand.
Jacques Delors.
Mazarine Pingeot.
Richard Ferrand.
Didier Guillaume.

Pierre Joxe.
André Chandernagor.
Didier Migaud.
Pierre Moscovici.

La bataille de l'école libre en 1984.
Bernard Kouchner.
Hubert Curien.
Alain Bombard.
Danielle Mitterrand.
Olivier Faure.
Lucie Castets.

Bernard Cazeneuve
Gabriel Attal.
Élisabeth Borne.
Agnès Pannier-Runacher.
Sacha Houlié.
Louis Mermaz.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Le fiasco de la candidate socialiste.
Le socialisme à Dunkerque.
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1 juin 2025 7 01 /06 /juin /2025 04:18

« Je crois que beaucoup de gens peuvent se reconnaître sur les projets du PSU, et que par ailleurs, les voix des femmes, dans cette campagne, eh bien, elles ne seront pas trop représentées et que je pense que si ma candidature n'avait que ce rôle-là, ça vaudrait déjà la peine ! » (Huguette Bouchardeau, le 13 avril 1981 sur RTL).



 


Candidate à l'élection présidentielle de 1981, Huguette Bouchardeau a fêté son 90e anniversaire ce dimanche 1er juin 2025. Née à Saint-Étienne, cette dame assez curieuse de la vie politique a marqué le début des années 1980. Qui s'en souvient ?

La candidate bossait encore en pleine campagne présidentielle car elle n'était pas payée autrement : elle enseignait à Lyon, elle était mère de ses enfants (dont la plus jeune avait 13 ans) et femme de son mari à Saint-Étienne, et elle faisait campagne à Paris (où on lui avait loué un petit appartement) et partout en France (des meetings dans 160 villes !).

Huguette Bouchardeau était alors la secrétaire nationale du PSU, le parti socialiste unifié, et s'était présentée à l'élection présidentielle pour mettre les femmes à l'affiche, l'écologie et le partage du temps de travail. Elle allait bientôt avoir 46 ans. Elle n'était pas la première femme à s'être présentée puisque la porte-parole de Lutte ouvrière Arlette Laguiller était déjà candidate en 1974, et avec cette dernière et la gaulliste Marie-France Garaud (qui s'est éteinte l'an dernier), elle faisait partie des trois femmes capables de participer à la compétition.

Et rien que cela, c'était déjà un exploit, car la nouvelle règle à partir de 1976, c'était d'être parrainée par 500 maires ou parlementaires, élus régionaux et départementaux... au lieu de 100. Cette règle avait empêché (momentanément pour l'un) à deux candidats de 1974 de se représenter en 1981, Jean-Marie Le Pen, pour le Front national, et Alain Krivine, pour la LCR (ces deux anciens candidats se sont éteints également récemment).

La trajectoire de la dame du PSU pourrait se résumer très grossièrement à cette phrase : Huguette Bouchardeau est passée d'une Arlette Laguiller un peu plus intellectuelle (aux cheveux ébouriffés) à une Marie-France Garaud un peu plus à gauche (au chignon bien mis), de militante rebelle à ministre écoutée !


Parlons d'abord du PSU. J'éviterai de préciser l'histoire précise du PSU car c'est très compliqué, aussi compliqué que l'histoire des groupuscules d'extrême gauche ou d'extrême droite, à cela près que, ici, le PSU n'était pas à l'extrême gauche, mais à une deuxième gauche toujours très difficile à définir, une gauche "alternative", une gauche déjà soucieuse d'écologie et une gauche clairement antimilitariste et pacifiste.

En novembre 1999, Huguette Bouchardeau expliquait ainsi le fonctionnement des partis : « Autour de 1968, avec toutes les batailles qui ont eu lieu au PSU autour de Rocard, contre Rocard, quand je voyais le PSU se déchirer en multiples tendances, j'éprouvais une sorte d'horreur devant ce type de débat. (…) C'est très simple : les tendances dans les partis politiques n'ont jamais été organisées autour de programmes différents mais toujours autour d'hommes qui cherchaient le drapeau avant le parti. Ce n'était pas des tendances mais des écuries. Beaucoup de femmes refusaient cette lutte pour le pouvoir qui était l'essentiel de la vie politique. Elles ont été peu intéressées par ces luttes politiques. ».

Le retour de De Gaulle au pouvoir a secoué considérablement l'échiquier politique : le centre droit (les indépendants) a rejoint les gaullistes, une partie du centre démocrate (MRP) aussi, l'autre moitié est restée dans l'opposition, et la gauche, SFIO et PCF, est entrée dans l'opposition. L'un des grands partis d'avant-guerre, le parti radical, a été laminé par le gaullisme, en raison du légitimisme : le légitimisme de la Troisième République se trouvait au sein du parti radical avant la guerre, mais désormais, celui de la Cinquième République se trouvait chez les gaullistes, naturellement.

L'histoire des formations politiques est indissociable de l'histoire des personnalités politiques, bien sûr. Le PSU a été fondé le 3 avril 1960 sous la présidence du grand mathématicien Laurent Schwartz au terme de l'unification de trois forces groupusculaires : le PSA (parti socialiste autonome) qui provenait de socialistes dissidents de la SFIO en 1958 (Édouard Depreux, Daniel Mayer, François Tanguy-Prigent, André Philip) et d'anciens radicaux anti-gaullistes (dont le plus illustre Pierre Mendès France) ; l'UGS (Union de la gauche socialiste) issue de la fusion d'autres formations minusculaires en 1957 et qui se voulait à la fois marxiste et chrétien (Gilles Martinet) ; enfin, des communistes dissidents rejetant le PCF dès 1952 (Jean Poperen, François Furet).

Les deux points de convergence des fondateurs du PSU furent l'opposition à la guerre d'Algérie (au contraire de Guy Mollet, chef de la SFIO), et l'opposition au retour du Général De Gaulle (au contraire de la SFIO). Édouard Depreux a été le premier secrétaire national du PSU d'avril 1960 à juin 1967.


Le PSU voulait se positionner politiquement entre la SFIO (puis le PS) et le PCF, et il était proche aussi du CERES créé par Jean-Pierre Chevènement en 1966 (future aile gauche du PS). En fait, ce parti pourrait aussi être qualifié de parti utopiste en ce sens que ses propositions étaient complètement indépendantes de la réalité du pays. Ou encore autogestionnaire, surtout lors de l'affaire Lip. Le PSU était très proche de la CFDT. Curieusement, beaucoup de personnalités politiques de gauche ont traversé ce parti, souvent pour rejoindre ensuite le PS de François Mitterrand, à des moments différents.

Le plus connu fut Michel Rocard, secrétaire national du PSU de juin 1967 à novembre 1973, candidat du PSU à l'élection présidentielle de 1969, qui a rallié François Mitterrand au PS en 1974 avec toute la direction (rocardienne) du PSU, créant ainsi le courant rocardien au sein du PS.

Citons rapidement quelques personnalités qui se sont retrouvées adhérentes du PSU à un moment ou l'autre : Édouard Depreux, Michel Rocard, Pierre Mendès France, Robert Verdier, Alain Savary, Daniel Mayer, Pierre Bérégovoy, Charles Hernu, Gilles Martinet, Jean Verlhac, Jean Poperen, Claude Bourdet, Alain Badiou, André Philip, François Tanguy-Prigent, Pierre Dreyfus-Schmidt, Serge Mallet, Roland Florian, Marcel Debarge, Laurent Schwartz, Robert Chapuis, Henri Leclerc, Bernard Lambert, Jean Le Garrec, Pierre Brana, Pierre Bourguignon, Bernard Ravenel, Jean-Pierre Mignard, Michel Destot, Tony Dreyfus, Alain Richard, Bernard Langlois, Serge Depaquit, Charles Piaget, Victor Leduc, Huguette Bouchardeau.

Engagée dès 1957 au sein de l'UGS, Huguette Bouchardeau est devenue secrétaire nationale du PSU de janvier 1979 à juin 1983. Serge Depaquit (un proche), lui a succédé. L'histoire chaotique du PSU est terrifiante puisqu'à chaque congrès, il y avait plusieurs courants jusqu'à cinq ou six, qui se disputaient les places de direction, avec des alliances, des scissions de courant, etc. Finalement, le PSU a disparu par encéphalogramme plat officiellement le 7 avril 1990 mais bien avant dans les faits.


Comme je l'ai écrit, il serait donc très injuste et inexact de réduire le PSU à uniquement Michel Rocard et Huguette Bouchardeau, mais l'histoire n'a retenu que les deux seuls candidats à l'élection présidentielle (de même que l'histoire ne retiendra de LCR/NPA ses seuls candidats à l'élection présidentielle, Alain Krivine, Olivier Besancenot et Philippe Poutou, ainsi que LO ses seules candidats à l'élection présidentielle Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud).
 


Revenons à Huguette Bouchardeau qui est avant tout une brillante intellectuelle : quand elle s'est présentée, elle était une agrégée de philosophie (c'est rare en politique), elle a défendu une thèse de doctorat sur l'enseignement de la philosophie de 1900 à 1972 en France et elle était maître de conférence à l'Université de Lyon-2, poste qu'elle n'avait pas quitté en campagne.

Parallèlement, elle a eu une forte action militante dès sa jeunesse : responsable syndicale à l'UNEF, puis à la FEN, à la CFDT, et militante politique à l'UGS puis au PSU. Elle était alors basée à Saint-Étienne (elle enseignait à Lyon) et a été plusieurs fois candidate du PSU localement. Huguette Bouchardeau a milité aussi, à l'époque, avec les Amis de la Terre, préfiguration du mouvement écologiste.

Lorsqu'elle a été élue secrétaire nationale du PSU en janvier 1979, Huguette Bouchardeau a été la première femme à diriger un parti politique en France (à l'époque, Margaret Thatcher dirigeait le parti conservateur en Grande-Bretagne). Elle a mené la tête de liste du PSU aux premières élections européennes le 10 juin 1979 et sa liste s'est retrouvée dernière, avec 332 voix, oui, j'ai bien écrit 332 et pas 337 000 voix, donc, 0,00%. En fait, son parti n'avait pas l'argent pour payer le matériel de campagne (entre autres, les bulletins de vote) et lors de son meeting de campagne le 11 mai 1979 à Rouen, elle s'en est pris à cette règle électorale qui favoriserait les riches (à cause du seuil de 5% pour pouvoir être remboursé). Ainsi, elle a fait campagne pour faire voter nul, faute de bulletins du PSU à distribuer.

Cette campagne nationale, sa première, ne l'a pas fait vraiment connaître. C'est en 1981 qu'elle a eu droit aux projecteurs de l'actualité. C'était la première fois qu'il y a eu autant de candidats à l'élection présidentielle, dix en 1981 dont six à gauche. L'élection de François Mitterrand a eu lieu au second tour malgré cette division au premier tour. Huguette Bouchardeau ne lui a certes pas fait beaucoup d'ombre avec seulement 1,1% des suffrages exprimés le 26 avril 1981, soit au dernier rang avec 321 353 voix. Pourtant, avec Michel Crépeau (du MRG), elle aurait pu apporter 3,3% aux 25,9% du candidat du PS, ce qui lui aurait donné un résultat supérieur au score du Président sortant Valéry Giscard d'Estaing (28,3%). Finalement, ce ne fut qu'en différé, puisque les candidats du MRG et du PSU ont apporté immédiatement leur soutien au second tour à François Mitterrand. Michel Crépeau allait être récompensé par un porte-feuille (l'Environnement, puis le Commerce, enfin la Justice) entre 1981 et 1986.

C'était parce qu'Huguette Bouchardeau avait déjà un nom dans le militantisme féministe qu'elle a été hissée à la tête du PSU en 1979. Vingt ans plus tard, en novembre 1999, elle en rigolait encore : « Dans les meetings, je disais, en provoquant, que quand une profession commence à se féminiser, elle est en voie de dévalorisation. J'ai toujours dit ce que je pensais sur ce sujet-là. Pendant quelques mois, j'ai mal vécu ce début de secrétariat national du PSU, j'avais le sentiment qu'ils m'avaient mise là parce que c'était bien qu'un parti qui se disait féministe, écolo, etc., ait une femme à sa tête, mais ils se disaient quand même que j'étais là comme simple porte-parole. D'ailleurs, un membre du bureau national me l’a déclaré un jour : "Rocard 'pensait' la théorie du PSU et puis il en parlait, maintenant, on peut très bien avoir une porte-parole". Nous, on pense, et toi, tu causes… Vraiment, j'en ai entendu des vertes et des pas mûres, et tout ça dans la plus grande gentillesse, car vraiment ils m'aimaient bien, je crois. C'est vrai que si je ne leur avais pas paru capable de faire ça, ils ne m'auraient pas poussée, ou sinon ils auraient pris quelqu'un qui présentait bien, qui était mignonne. Ce n'est pas ce qu'ils ont cherché. Ils se sont vraiment dit que faire une place à une femme à la tête d'un parti, c'était la bonne position. (…) Ils voulaient une femme à la tête du parti et une candidate aux élections présidentielles. Ce qui fait qu'en treize ans (la première fois que j'ai été candidate aux législatives, c'était en 1968), tout s'était inversé. En 1968, les gens disaient : "ils sont fous de la présenter, elle leur fait perdre des points". En 1981, on en était venu à se dire qu’une femme peut en faire gagner. Mais cette expérience a été pénible… J'ai été nommée à la tête du PSU en janvier 79, et en juillet, j'ai écrit en trois semaines un bouquin qui s'appelle "Un coin dans leur monde" où je règle leur compte à mes amis politiques, parce que je supportais très mal qu'on m'ait mise là pour autre chose. ».


Les militants du PSU avaient été sidérés par la tribune que la candidature à l'élection présidentielle avait offerte à Arlette Larguiller en 1974. Ils voulaient donc l'imiter avec aussi une femme. Huguette Bouchardeau, candidate du PSU, a eu aussi le soutien du parti communiste révolutionnaire (PCR) et de la fédération de la gauche alternative (FGA).
 


Un mot sur la campagne dont je propose en fin d'article quatre interventions orales, une interview et trois prestations de campagne officielle. À la différence d'Arlette Laguiller qui parlait très vite pour mettre le maximum de phrases en un temps donné, Huguette Bouchardeau était très lente en diction, presque trop lente, comme un enseignant faisant une dictée dans une école primaire. Mais à la différence de François Bayrou (par exemple), le débit n'était pas saccadé mais très lisse (elle n'était pas pédagogue pour rien ; vous me direz, François Bayrou non plus, mais la différence, c'est qu'il avait une infirmité, le bégaiement). On sentait ainsi l'intellectuelle fluide qui savait manier concepts et idées (bien que femme, oserais-je écrire, pour reprendre le machisme au sein même du PSU !).

Mais des concepts et idées totalement irréalistes. Par exemple, elle s'est opposée très fermement à la dissuasion nucléaire et a proposé que dès son élection, la France se mît à poils sur le plan de la défense. C'est terrible de réécouter ses mots à une époque où l'on considère que justement, la France n'a pas suffisamment concentré son effort de défense. Elle était encore dans la lignée du "faites l'amour, pas la guerre" en pensant qu'il n'y avait que de gentils dans le monde et aucun méchant qui voudrait s'en prendre aux territoires des autres (quelle erreur !).


Elle était aussi pour la réduction du temps de travail, les 35 heures et même les 30 heures par semaine, en pensant que les Français vivraient mieux en travaillant moins (c'était encore l'époque du : on rase gratis !). À l'instar de Michel Rocard et Edmond Maire (secrétaire général de la CFDT), elle croyait aussi à l'autogestion des entreprises (à la suite de l'expérience Lip).

Neuf propositions ont été inscrites sur son tract de campagne : 1. « La loi des 30 heures et les 35 heures tout de suite » ; 2. « Vivre, travailler et décider au pays » ; 3. « L'abandon de l'arme atomique » ; 4. « Des énergies alternatives au nucléaire » ; 5. « La prise de parole des femmes et la défense de leurs droits » ; 6. « La fin des privilèges et des inégalités » ; 7. « La révision de la Constitution de 58 » ; 8. « L'abolition de la peine de mort, de la loi Peyrefitte, et des tribunaux d'exception » ; 9. « Un plan d'urgence contre la faim dans le monde ».

Mais la candidature d'Huguette Bouchardeau était d'abord un moyen de mettre les femmes à l'avant-scène de la politique, et en ce sens, elle y est parvenue par sa notoriété naissante. L'une des meilleures illustrations de l'effet présidentiel sur sa notoriété, c'était ses multiples candidatures aux élections législatives dans la première circonscription de la Loire (ville de Saint-Étienne) : en juin 1968, elle n'a eu que 8,3% ; en mars 1973, que 4,5% ; en mars 1978, que 1,2%... (dans ces scrutins, Michel Durafour a été élu) et en juin 1981, elle est arrivée en troisième position avec 24,2%, ce qui était pas mal, mais insuffisant car elle a été devancée par le candidat communiste Paul Chomat qui était en avance de 126 voix sur elle, si bien qu'elle s'est désistée au second tour pour Paul Chomat qui a battu Michel Durafour avec moins de 500 voix d'avance.

Huguette Bouchardeau ne l'a pas vraiment utilisée car sa célébrité est partie aussi vite qu'elle n'est venue. Pourtant, ce n'était pas faute de poursuivre une carrière politique, chose qu'elle a pu faire en rejoignant la majorité socialo-communiste (au grand dam de la majorité du PSU qu'elle allait quitter en 1986).

 


Ainsi, Huguette Bouchardeau est entrée au gouvernement, nommée Secrétaire d'État auprès du Premier Ministre chargée de l'Environnement et de la Qualité de la vie du 22 mars 1983 au 17 juillet 1984 dans le dernier gouvernement de Pierre Mauroy, puis Ministre de l'Environnement du 17 juillet 1984 au 20 mars 1986 dans le gouvernement de Laurent Fabius. Elle a été à l'origine de la loi n°83-630 du 12 juillet 1983 relative à la démocratisation des enquêtes publiques et à la protection de l'environnement (dite loi Bouchardeau) qui dit dans son article premier : « La réalisation d'aménagements, d'ouvrages ou de travaux, exécutés par des personnes publiques ou privées, est précédée d'une enquête publique soumise aux prescriptions de la présente loi, lorsqu'en raison de leur nature, de leur consistance ou du caractère des zones concernées, ces opérations sont susceptibles d'affecter l'environnement. (…) Les travaux qui sont exécutées en vue de prévenir un danger grave et immédiat sont exclus du champ d'application de la présente loi. ».
 


Huguette Bouchardeau s'est aussi battue sur le plan européen pour réduire la pollution automobile contre l'industrie automobile française (on sait aujourd'hui que ce combat a eu un bénéficiaire industriel, les États-Unis, et que la réglementation motivée par l'écologie a toujours eu en France des intérêts économiques qui ne sont ni nationaux ni européens).

L'ancienne ministre a été ensuite élue députée du Doubs en mars 1986, sur la liste socialiste (elle était en deuxième place et la liste, avec 35,5% des voix, a gagné deux sièges, à la proportionnelle), elle a donc siégé à l'Assemblée comme députée apparentée au groupe socialiste. Candidate de la France unie (mouvement rassemblant les débauchés du mitterrandisme), elle a été réélue en juin 1988 dans la quatrième circonscription du Doubs (Sochaux) au second tour avec 56,8% des voix face à un candidat UDF-CDS.
 


Après la démission de Laurent Fabius, devenu premier secrétaire du PS, du perchoir, Huguette Bouchardeau a été candidate aux deux tours de l'élection du nouveau Président de l'Assemblée Nationale le 22 janvier 1992. Au premier tour, à 17 heures 10, elle a obtenu 44 voix sur 541 votants et 534 exprimés (256 à Henri Emmanuelli, 207 à Jacques Chaban-Delmas et 27 au communiste Georges Hage).

Elle a expliqué qu'elle se maintenait au second tour, contrairement à son collègue communiste, avec ces paroles : « Monsieur le président, les applaudissements que nous venons d'entendre comme le résultat que je viens d'obtenir me paraissent significatifs. J'ai voulu, par ma candidature, mes chers collègues, donner un signe. Notre assemblée devrait travailler dans une plus grande indépendance à l'égard du gouvernement et des partis politiques. Je veux affirmer encore cette option et je maintiens donc ma candidature, en souhaitant qu'une fois faite la démonstration par les uns ou les autres de leur fidélité à leur famille d'origine, le plus grand nombre d'entre nous se retrouve sur une candidature en faveur d'une véritable indépendance de notre assemblée. ». Au second tour, à 18 heures 50, elle a reçu moins de voix qu'au premier tour, seulement 32 sur 550 votants et 546 exprimés (289 à Henri Emmanuelli, élu, et 225 à Jacques Chaban-Delmas).


Parfois opposée aux décisions des gouvernements socialistes, elle ne s'est pas représentée en 1993 (la circonscription allait revenir à Pierre Moscovici en 1997), mais elle a été élue maire d'Aigues-Vives, commune de 2 300 habitants près de Lunel, dans la Gard, de juin 1995 à mars 2001 et s'est ensuite retirée de la vie politique locale.

Parallèlement à ses activités politiques, Huguette Bouchardeau a mené une activité éditoriale intense. Elle a été directrice de collection aux éditions Syros de 1978 à 1984, puis a créé HB éditions en 1995 (sa maison d'édition a disparu en juin 2002 après la publication d'environ 150 ouvrages). Elle est surtout l'auteure de plus d'une vingtaine de livres, surtout des essais, en particulier centrés sur certaines femmes qu'elle admire, en particulier : George Sand (1990), Rose Noël (1992), Simone Weil (1995), Agatha Christie (1998), Elsa Triolet (2000), Nathalie Sarraute (2003), Simone Signoret (2005) et Simone de Beauvoir (2007).

Pour finir, écoutons Huguette Bouchardeau dire à Margaret Maruani et Chantal Rogerat, en novembre 1999, sa conception d'être une femme engagée : « Quand j'étais petite fille, je me disais : “est-ce que je travaillerai ou est-ce que je me marierai ?”. Qui se pose encore ces questions-là ? Cela ne veut pas dire que les tâches ménagères soient partagées parfaitement, que les filles aillent moins dans les professions du soin, de secrétariat. Mais il faut voir les classes scientifiques, les classes d'ingénieurs. Il y en a beaucoup plus… Il faut voir dans la vie politique, les femmes comme Aubry, Buffet, Guigou, Royal, Voynet. Nous avons été, nous, une génération intermédiaire à dire que nous nous situions hors du pouvoir… Maintenant elles font le même type de carrière politique que les hommes. L'histoire des femmes ne se fait pas simplement au moment où il y a des grandes manifestations, où il y a une sorte de théorisation de lutte des femmes. Les conquêtes des femmes se prolongent dans le silence, et individu par individu presque, avec quelques femmes qui théorisent, quelques femmes qui font avancer, quelques femmes qui disent “attention, il y a un piège…” » (publié dans la revue "Travail, genre et sociétés" 1999/2 n°2).



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (31 mai 2025)
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Pour aller plus loin :
Huguette Bouchardeau.
François Mitterrand.
Valéry Giscard d'Estaing.
Jacques Chirac.
Georges Marchais.
Michel Debré.
Brice Lalonde.
Marie-France Garaud.
Arlette Laguiller.




















https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250601-huguette-bouchardeau.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/qui-se-souvient-de-la-candidate-260929

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/06/01/article-sr-20250601-huguette-bouchardeau.html



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