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21 avril 2026 2 21 /04 /avril /2026 04:33

« La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. » (Emmanuel Macron, le 18 avril 2026 sur Twitter).




 


Le sergent-chef Florian Montorio va recevoir ce jeudi 23 avril 2026 dans la matinée, à Montauban (dans sa caserne d'origine), l'hommage national qu'il mérite, en présence de la Ministre des Armées Catherine Vautrin. C'est un nouveau drame français de la guerre que livrent les États-Unis et Israël en Iran et au Liban. Il faut insister sur ce fait : la France est, encore une fois, une victime du groupe islamiste Hezbollah, téléguidé par les gardiens de la révolution en Iran.

Les faits. Le sergent-chef Florian Montorio était affecté depuis le 20 janvier 2026 comme sous-officier adjoint en section de combat du génie au sein de la FINUL (Force intérimaire des Nations-Unies au Liban).

Le samedi 18 avril 2026, sa patrouille a effectué une mission de reconnaissance d'itinéraire pour réaliser le ravitaillement d'un poste de casques bleus isolé, mais elle a été prise à partie par un groupe armé. Les soldats français ont alors réagi en ripostant pour se désengager, comme le prévoient les règles d'engagement des Nations-Unies. Ils ont mis les assaillants sous leur feu, mais Florian Montorio a été touché et immédiatement soigné, évacué au camp de Deyr Kifa où il est mort des suites de ses blessures. Trois autres de ses camarades ont été blessés dans cette attaque, dont deux gravement.

Selon le Président Emmanuel Macron qui a annoncé publiquement la triste nouvelle sur Twitter, les responsables ont été identifiés : « Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah. La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la FINUL. ». Le Président libanais Joseph Aoun a fermement condamné cette attaque contre les casques bleus et souhaité poursuivre les responsables. Dans un communiqué sur Telegram, la FINUL a considéré également que « les tirs provenaient d'acteurs non étatiques (vraisemblablement le Hezbollah) ».
 


Dans un message sur Twitter, Catherine Vautrin a précisé les circonstances de la mort de Florian Montorio : « Il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance. Touché immédiatement par un tir direct à l'arme légère, il est relevé sous le feu par ses camarades qui ne parviennent pas à la réanimer. (…) La France n'oubliera pas. ».

Mort pour la France dans l'accomplissement de sa mission, Florian Montorio, pacsé et père de deux filles de 10 ans et 14 ans, avait 39 ans, né le 18 octobre 1986 à Montauban. Il s'est engagé dans l'armée de terre en octobre 2007 à 21 ans. D'abord au 21e régiment d'infanterie de marine à Fréjus où il est devenu caporal, ensuite au 31e régiment du génie à Castelsarrasin en juillet 2011, il a intégré le 6e bataillon d'infanterie de marine au Gabon en juillet 2018, puis au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban en juillet 2021, intégrant le corps des sous-officiers. Il fut nommé sergent-chef en décembre 2024.

Ses participations en mission sur le territoire national ou en opérations extérieures sont impressionnantes : il a servi pour le compte de l'armée français au Sénégal en 2008 et 2009, en Afghanistan en 2010 (où il a pris en charge un camarade blessé, ce qui lui a valu une récompense), en Nouvelle-Calédonie en 2012, en Côte d'Ivoire en 2013, au Mali en 2017, en Irak en 2017, au Niger en 2022, en Guyane en 2024 et enfin au Liban en 2026.

Le général Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de terre, a expliqué qu'il s'était fait remarquer « par son professionnalisme et son sens du devoir » : « Remarquable militaire, reconnu pour ses qualités physiques et intellectuelles, [il] se distinguait par un sang-froid exemplaire et un sens du commandement hors du commun. Sous officier rigoureux et polyvalent, il mettait un point d'honneur à transmettre son savoir-faire aux plus jeunes. Animé d'un état d'esprit irréprochable, homme de terrain respecté, il bénéficiait pleinement de la confiance de ses chefs et de l'estime de ses hommes. ».
 


Grand sportif, Florian Montorio était en outre un joueur de rugby assidu à ses heures de loisirs. Son club a loué son courage, ses engagements et ses valeurs. Un de ses amis, Antony Moulis, a raconté le 20 avril 2026 à France 3 Occitanie : « Je le considérais comme mon frère. On se connaît depuis plus de vingt ans. On jouait au rugby ensemble. Je l'ai suivi à ses débuts dans l'armée. C'était quelqu'un de très engagé, exigeant envers lui-même. Il était fédérateur. Humble, il ne se mettait pas en avant. L'absence va être dure. On va essayer de lui faire honneur. ».

Gérard Bongiovanni, le maire de Saint-Clair, son village d'origine où il sera enterré jeudi en toute discrétion, avait discuté avec le sergent-chef pour ses projets après l'armée, car le Liban devait être sa dernière mission après plus de dix-huit ans de service : « C'est une catastrophe. On est tous en deuil. Avant de partir pour sa dernière mission, il était venu en début d'année me parler de tous ses projets après sa carrière militaire en me disant : après je change de vie. Il ne savait pas qu'en fait il ne reviendrait plus... ». Ce village, d'ailleurs, organisera un hommage plus personnel et familial le 8 mai 2026 à 15 heures après les cérémonies du 8 mai.

Hélas, Florian Montorio est le second soldat français tombé à la suite du déclenchement de la guerre en Iran et au Liban, après la mort, il y a un mois en Irak, du major Arnaud Frion. Comme l'a dit la Ministre des Armées, la Nation s'incline devant la mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie pour elle. Respect.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 avril 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Le sergent-chef Florian Montorio et le caporal-chef Anicet Girardin ont succombé, à trois jours d'intervalles, à leur blessures infligés après une attaque meurtrière attribuée au Hezbollah dans le sud du Liban le 18 avril.


Pour aller plus loin :
Respect pour le sergent-chef Florian Montorio.
Honneur au major Arnaud Frion !
Chasseur alpin, courageux jusqu’au bout de la vie.
Iran : Emmanuel Macron défend les intérêts de la France.
Ali Khamenei.
Cécile Kohler et Jacques Paris : Jour de fête !
Sauvons Cécile Kohler et Jacques Paris de l'odieux chantage aux otages !
Iran : le sourire franc face à la mort !
Make Iran Great Again ?

 

 

 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260418-florian-montorio.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/respect-pour-le-sergent-chef-268400

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/04/18/article-sr-20260418-florian-montorio.html


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8 avril 2026 3 08 /04 /avril /2026 04:06

« Cécile Kohler et Jacques Paris sont libres et en chemin vers le territoire français, après trois ans et demi de détention en Iran. C'est un soulagement pour nous tous et évidemment pour leurs familles. » (Emmanuel Macron, le 7 avril 2026 sur Twitter).




 


Je ne vais pas parodier De Gaulle avec son fameux "Paris libéré", mais il faut savoir savourer les bonnes nouvelles et celle-ci en est une réelle, dans ce monde de brutes : Cécile Kohler et Jacques Paris ont quitté Téhéran et sont de retour en France.

C'est le Président de la République Emmanuel Macron qui a annoncé la bonne nouvelle ce mardi 7 avril 2026 à 14 heures 22 sur Twitter. On pourra toujours le critiquer, discutailler sur le sujet, se demander quelles sont les contreparties (l'agence iranienne semble l'avoir déclaré), Emmanuel Macron n'est pas qu'un homme de parole, il est aussi un homme d'action et il est prêt à tout pour protéger ses compatriotes français. Et ce jour en est une éclatante illustration.

J'ai eu beaucoup d'inquiétude sur le sort de Cécile Kohler et Jacques Paris, retenus contre leur gré depuis mai 2022. Ils ont fait l'objet abject d'un chantage du gouvernement iranien, si bien que, inculpés d'espionnage, ils pouvaient craindre d'être condamnés à mort et exécutés.

 


Le 4 novembre 2025, Emmanuel Macron avait annoncé leur libération... mais ils devaient rester à l'ambassade de France à Téhéran pour une durée indéfinie. Ce n'était pas très clair, ils étaient manifestement retenus et ne pouvaient toujours pas quitter le territoire iranien.

Évidemment, le pire était à craindre depuis le 28 février 2026 et le début de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Qu'est-ce que le sort de deux ressortissants français quand des dizaines de milliers de personnes mourraient dans ce nouveau conflit ? Pourtant, chaque vie humaine compte, est précieuse, qu'elle qu'elle soit.

La diplomatie française a, semble-t-il, été efficace pour ces deux otages français. Ils ont pu enfin quitter l'Iran pour retourner dans leur pays, la France. Cette nouvelle doit être goûtée à sa juste valeur, comme une victoire pour la vie de ces deux Français dont le destin restait suspendu au bon-vouloir de considérations géopolitiques qui les dépassaient de loin.


Selon l'agence de presse officielle iranienne IRNA, « la libération par l'Iran de deux ressortissants français emprisonnés pour espionnage s'inscrit dans le cadre d'un accord en vertu duquel la France a libéré un ressortissant iranien et retiré sa plainte contre l'Iran devant la Cour internationale de Justice ».

Effectivement, Mahdieh Esfandiari, qui a été condamnée à un an de prison pour « apologie du terrorisme » à la suite de ses propos tenus sur les réseaux sociaux, a été libérée en février 2026 après avoir purgé sa peine. Sa libération est donc intervenue « conformément un accord entre Téhéran et Paris » selon l'agence IRNA. Cela donne un éclairage particulier sur les propos du chef de l'État : « Merci aux autorités omanaises pour leurs efforts de médiation (…). ».
 


Ce qui est clair, c'est que sans action diplomatique, Cécile Kohler et Jacques Paris seraient encore à Téhéran dans une expectative traumatisante. Cela ne résout évidemment pas, à ce stade, la situation en Iran, tant pour protéger la population, renverser le régime des mollahs et débloquer le détroit d'Ormuz. Mais leur libération complète a eu lieu quelques heures avant la fin du énième ultimatum de Donald Trump à Téhéran. Au-delà de la joie, c'est bien sûr du soulagement qu'on peut ressentir pour ces anciens otages. Bravo à la mobilisation des citoyens français, des maires, des parlementaires, du gouvernement et de nos diplomates qui ne les ont jamais oubliés pendant ces quelque 1 431 jours d'incertitude !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 avril 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Cécile Kohler et Jacques Paris libérés !
Chasseur alpin, courageux jusqu’au bout de la vie.
Honneur au major Arnaud Frion !
Iran : Emmanuel Macron défend les intérêts de la France.
Ali Khamenei.
Cécile Kohler et Jacques Paris : Jour de fête !
Sauvons Cécile Kohler et Jacques Paris de l'odieux chantage aux otages !
Iran : le sourire franc face à la mort !
Make Iran Great Again ?


 





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260407-cecile-kohler-jacques-paris.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/cecile-kohler-et-jacques-paris-268106

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/04/07/article-sr-20260407-cecile-kohler-jacques-paris.html


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17 mars 2026 2 17 /03 /mars /2026 12:36

« Au nom de la Nation, je veux m'incliner aujourd'hui avec respect devant la mémoire de l'adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon des chasseurs alpins de Varces. Il est mort pour la France cette nuit lors d'une attaque lancée à proximité de Erbil. Et je veux aussi adresser tout mon soutien à nos militaires blessés et évidemment à l'ensemble des familles et des frères d'armes » (Conférence de presse du Président Emmanuel Macron, le 13 mars 2026 à l'Élysée).




 


L'adjudant-chef Arnaud Frion est mort en opérations extérieures pour la France le jeudi 12 mars 2026. Originaire de Roye, dans la Somme, il avait 42 ans (né le 28 avril 1983), était marié et le père d'un enfant, et a été promu major à titre posthume. Il a été touché mortellement lors d'une attaque par drone à 20 heures 40 (heure française) au centre de la base de Mala Qara, au sud-ouest d'Erbil, dans le Kurdistan irakien. Il est mort de ses blessures et six autres soldats ont été également blessés. Arnaud Frion est le premier soldat français mort dans la guerre entre l'Iran et les États-Unis et Israël à laquelle la France ne participe pourtant pas.

Les soldats français détachés dans la région d'Erbil avaient des missions de formation au profit de plusieurs unités irakiennes, en appui de la lutte contre le terrorisme, dans le cadre de l'opération Inherent Resolve.

Je tiens à exprimer ma profonde tristesse à la famille et également mon total soutien à tous ceux qui nous défendent et protègent. En apprenant cette tragédie, j'ai en effet ressenti une émotion particulière en raison de l'origine d'Arnaud Frion. Il appartenait au 7e bataillon de chasseurs alpins, stationné à Varces, au sud de Grenoble. J'ai été longtemps Grenoblois et j'ai aussi été chasseur alpin (à Annecy où Arnaud Frion a commencé sa carrière), et j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour ces soldats qui se sont engagés au nom de la France à l'extérieur (à mon époque, c'était au Liban). Ce qui n'était pas mon cas, je tiens à le préciser.

Sa mort était voulue, pas lui personnellement, mais en tant que soldat français, car la France a été ciblée par les milices pro-iraniennes de cet endroit. Le courage d'Arnaud Frion n'était pas singulier mais pluriel, car auparavant, il avait risqué sa vie à plusieurs reprises dans plusieurs opérations de commando.


Arnaud Frion a commencé comme grenadier-voltigeur dans l'armée de terre, au 27e bataillon de chasseurs alpins à Annecy à partir du 1er décembre 2004. Il s'était déjà fait remarquer pour son engagement et sa détermination. Dès octobre 2005, il a participé à l'opération Épervier au Tchad, puis en février 2007, à l'opération Licorne en Côte d'Ivoire, puis en novembre 2008 à l'opération Pamir en Afghanistan. Dans cette mission en Afghanistan, il a montré une grande bravoure lorsque, « pris sous le feu d’éléments insurgés, il appuie avec grande efficacité une section amie, permettant sa rupture de contact en toute sécurité ».

En quelques années, Arnaud Frion a acquis une solide réputation de courage, qui l'a conduit à intégrer le corps des sous-officiers en décembre 2009. Retourné en Afghanistan en octobre 2011 pour l'opération Valley Flood, il a de nouveau fait preuve de grand courage : « Pris sous le feu adverse, il identifie l’origine des tirs et conduit la riposte en s’exposant, réduisant la menace et préservant l’ensemble des soldats engagés. ». En été 2012, il a alors rejoint la section commando montagne et est devenu major de sa promotion.


En avril 2014, Arnaud Frion a participé à l'opération Serval au Mali : « il assure notamment la protection des équipages et l’escorte des équipes sanitaires lors d’évacuations médicalisées. ». Il est ensuite revenu au Mali de mai à septembre 2016 pour des missions de renseignement, et aussi pour participer « à l’extraction d’un soldat des forces spéciales blessé ».

Affecté en été 2017 au 7e bataillon de chasseurs alpins à Varces, Arnaud Frion est reparti au Mali pour participer à l'opération Barkhane : « il se distingue encore lors d’actions de combat à Kidal puis au Niger, contribuant à la protection d’un hélicoptère et au sauvetage de soldats alliés pris sous le feu ennemi. ». Ainsi, dans ce dernier exploit au Niger, il a sauvé des otages américains et deux de ses camarades ont péri dans cette mission très périlleuse. Il est retourné au Mali en 2019, puis 2020, « où il conduit son groupe dans plusieurs opérations offensives contre des groupes terroristes armés ». Ces missions en Afrique étaient toujours très dangereuses.

En 2023, il a été déployé en Estonie dans le cadre d'exercices avec les forces alliées de l'OTAN. Avant de repartir le 24 janvier 2026 en Irak, près d'Erbil où il a trouvé la mort. « Mort pour la France dans l'accomplissement de sa mission ».

 


Ce mardi 17 mars 2026 à 11 heures, la Ministre des Armées et des Anciens combattants Catherine Vautrin, accompagnée du général d'armée Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de terre, a présidé la cérémonie d'hommage national au major Arnaud Frion à la caserne du 7e bataillon de chasseurs alpins à Varces, devant 3 500 soldats, et en absence du Président de la République Emmanuel Macron.

La Ministre des Armées n'a pas hésité à faire l'éloge du courage et de la bravoure du chasseur alpin : « Nous rendons hommage à un sous-officier qui incarnait à lui seul l'essence même de nos armées. ». Elle l'a décrit comme un « soldat humble dans le succès et exigeant dans l'effort (…). Arnaud Frion incarne totalement ce qui a été l'élite de nos armées durant la dernière décennie. ».

 


Catherine Vautrin a en effet évoqué « l'alliance entre l'instinct du combattant, le courage, l'humilité et l'exigence » de ce soldat hors du commun : « Du Tchad à l'Irak, de l'Afghanistan au Sahel, des cimes alpines aux théâtres les plus âpres, le parcours d'Arnaud Frion a incarné de la plus belle des manières celui des armées françaises. ». Et de poursuivre : « Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français. ».

Elle a conclu ainsi : « La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion, (…) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté. ». RIP (Requiescat in pace).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 mars 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Chasseur alpin, courageux jusqu’au bout de la vie.
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Iran : Emmanuel Macron défend les intérêts de la France.
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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260317-arnaud-frion.html

https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/honneur-au-major-arnaud-frion-267584

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 03:47

« Les États-Unis d’Amérique et Israël ont décidé de lancer des opérations militaires, elles ont été conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver. Il reste que l’Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple. Et aucun ne sera regretté. » (Emmanuel Macron, le 3 mars 2026 à Paris).





 


Le Président de la République Emmanuel Macron excelle quand il est dans son rôle de chef d'État. Il a prononcé une allocution télévisée ce mardi 3 mars 2026 à 20 heures afin d'évoquer devant les Français la situation de guerre en Iran et au Moyen-Orient (on peut la revoir ici). Son intervention a été courte, à peine huit minutes, incisive, claire, limpide et pouvant se résumer à la défense des intérêts de la France, y compris ce qui en fait sa réputation, à savoir l'État de droit, et donc, ici, le droit international.

Le Président de la République a exprimé ce que beaucoup de Français pensent depuis le 28 février 2026, à savoir : les États-Unis et Israël ont fait des bombardements qui sont totalement en dehors du droit international, et cela, ce n'est pas acceptable, mais leur cible, le régime des mollahs en Iran mérite cette agression dans la mesure où la république islamique a toujours voulu détruire l'État d'Israël. Pas de larme, donc, pour Ali Khamenei.

Ce que dit Emmanuel Macron, en revanche, c'est que l'intervention en Iran a commencé un processus dont on ne mesure pas l'ampleur ni la durée, mais qui va profondément impacter la situation mondiale. Les ripostes militaires de la république islamique ont été très fortes et ont atteint non seulement les forces américaines et israéliennes mais aussi tous les pays arabes du Moyen-Orient et la guerre s'étend même au Liban voire à Chypre.


La solidarité de la France va jusqu'à ses partenaires avec lesquels elle est liée par des accords de défense : « Nous avons des accords de défense qui nous lient, le Qatar, le Koweït, et les Émirats Arabes Unis, ces derniers sont tout particulièrement ciblés, et nous leur devons solidarité. Nous sommes aussi liés par des engagements solides avec la Jordanie, l’Irak, et notamment là-bas nos alliés kurdes. Nous avons réagi immédiatement et avons abattu en légitime défense des drones dès les premières heures du conflit pour défendre l’espace aérien de nos alliés qui savent pouvoir compter sur nous. En plus des moyens déjà présents, des Rafales, des systèmes de défense anti-aériennes et de radars aéroportés ont été déployés ces dernières heures. Et nous continuerons autant que de besoin cet effort. ».

Mais la seule obsession d'Emmanuel Macron, c'est l'intérêt national : « Face à cette guerre en train de s’étendre et dont nul ne sait dire aujourd’hui le terme, Ma responsabilité est d’agir pour protéger notre pays, garantir la sécurité de nos compatriotes, et défendre l’intérêt national. ».

Cela signifie que le principal souci du chef de l'État est la sécurité des 400 000 ressortissants français qui vivent ou traversent actuellement cette région et que la France est prête à rapatrier s'ils le désirent. Il est aussi de protéger la population nationale en France même avec des risques accrus d'attentats islamiques : « À ma demande, le gouvernement a renforcé le dispositif de protection militaire Sentinelle et la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées. ».
 


De plus, le blocage du Détroit d'Ormuz est une catastrophe économique et Emmanuel Macron souhaite mettre en œuvre une coalition pour protéger cette route maritime stratégique : « Nous avons des intérêts économiques à préserver car les prix du pétrole, les prix du gaz, la situation du commerce international sont profondément perturbés par cette guerre. Aujourd’hui le Détroit d’Ormuz est de fait fermé. Et c’est par ce détroit que transitent environ vingt pour cent du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde. Le canal de Suez et la mer Rouge sont aussi sous tension et menacés. Nous sommes à l’initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles à l’économie mondiale. C’est ce que nous avons su faire il y a plusieurs mois en mer Rouge. C’est ce que nous devons faire aujourd’hui là-bas. ».

La position de la France concernant l'Iran n'est pas une surprise : « Avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, nous avons clairement dit qu’un arrêt au plus vite des frappes est souhaitable, et qu’une paix durable dans la région ne se fera que par la reprise de négociations diplomatiques. Et je veux ici former le vœu pour le peuple iranien qu’il puisse lui-même librement décider de son destin. ».

L'action la plus remarquable est la décision de faire venir notre porte-avions, le Charles-De Gaulle, en Méditerranée : « Face à cette situation instable et aux incertitudes des jours à venir, j’ai donné ordre au porte-avions Charles-De Gaulle, ses moyens aériens, son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée. ». Actuellement, il est en manœuvre dans la Baltique et il faudra quelques jours avant d'atteindre la Méditerranée mais le fait d'envoyer ce porte-avions, doté d'une quarantaine de Rafales, est un acte fort de grande puissance militaire indépendante qu'est la France.

Le but de cette allocution présidentielle n'était pas de rassurer mais d'informer les Français de la situation préoccupante du Moyen-Orient. Avec le sens de la formule, Emmanuel Macron a conclu avec synthèse sur la France, partenaire sérieux : « Beaucoup de choses sont encore instables mais la France demeure une puissance qui protège les siens, une puissance attachée à la paix, fiable, prévisible et déterminée. ». Dans un monde trouble où il n'y a plus de repère, la France demeure un roc géopolitique.

Comme hier avec le discours présidentiel sur la dissuasion nucléaire, aujourd'hui encore, je suis fier d'être Français. La France défend ses intérêts, mais veut rester loyale avec ses alliés et défendre l'État de droit. C'est peut-être difficile à concilier en ce moment, mais justement, c'est l'intérêt d'avoir à sa tête un chef d'État qui sait anticiper et qui sait comprendre les enjeux complexes de la planète. Emmanuel Macron est parfaitement dans son rôle en réaffirmant la puissance française. Et c'est une grande chance pour les Français.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 mars 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Iran : Emmanuel Macron défend les intérêts de la France.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 3 mars 2026 à Paris (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron : la dissuasion nucléaire de la France, c'est moi !
L’action n’est pas une option !

 



 





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260303-macron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/iran-emmanuel-macron-defend-les-267237

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2026/03/03/article-sr-20260303-macron.html




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28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 21:44

« Il y a de "nombreux signes" que le Guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué samedi dans l'attaque sur l'Iran, a déclaré le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou lors d'une allocution télévisée. Le Croissant-Rouge iranien a dit avoir recensé au moins 201 morts et 747 blessés, dans une série de frappes israéliennes et américaines contre l'Iran. Donald Trump a appelé le peuple iranien à "s'emparer" du pouvoir. » (Dépêche de France 24 le 28 février 2026 dans la soirée).



 


Incontestablement, comme dans chaque guerre (réelle, avec armes et victimes), une autre guerre, celle de la communication, fait rage. Selon le gouvernement israélien, l'imam Ali Khanmenei, le Guide Suprême de la Révolution iranienne, aurait trouvé la mort ce samedi 28 février 2026, tué par des frappes militaires. Quelques heures plus tard, Donald Trump a confirmé cette mort sur son réseau social.

Le Président des États-Unis, qui aurait eu accès à la photographie du corps, a affirmé : « Khamenei, l'une des personnes les plus malfaisantes de l'histoire, est mort. Ce n'est pas seulement justice pour le peuple iranien, mais aussi pour tous les grands Américains, et pour les peuples de nombreux pays à travers le monde qui ont été tués ou mutilés par Khamenei et sa bande de voyous assoiffés de sans. ». Et d'expliquer : « Ali khamenei n'a pas pu échapper à nos services de renseignement et à nos systèmes de traçage hautement sophistiqués et, en travaillant étroitement avec Israël, il n'y avait rien qu'il, ni les autres dirigeants tués avec lui, ne pouvaient faire. C'est la plus grande chance du peuple iranien de reprendre son pays. ».

En effet, le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou et le Président américain Donald Trump ont annoncé tôt ce samedi avoir commencé une offensive contre le régime des mollahs... pour en finir avec eux et leurs menaces sur les États-Unis et Israël. Si, sur le plan de l'objectif, renverser cette dictature théocratique sans pitié pour le peuple iranien, qui exécute à tour de bras le moindre contrevenant politique, beaucoup dans le monde pourrait être d'accord, la méthode, bombarder un grand pays comme l'Iran, de 90 millions d'habitants, grand comme deux à trois fois la France, paraît complètement démente.

 


Une première tentative avait été faite en juin 2025 et finalement, rien de très concret n'avait bougé. La détermination des deux pays (États-Unis et Israël) semble pourtant très forte pour aller "jusqu'au bout". Mais l'exemple irakien, comme l'exemple afghan voire l'exemple libyen, ces trois exemples montrent bien qu'on ne peut pas durablement modifier l'histoire d'un pays par des attaques étrangères qui, au contraire, a de grandes chances de ressouder un peuple derrière ses dictateurs par exacerbation du nationalisme. Donald Trump n'a pas compris que la planète n'était pas un gigantesque jeu de petits soldats en plomb, et que derrière ses décisions, des vies humaines sont en jeu, périssent, innocentes et démunies.

Le sort d'Ali Khamenei semble fixé, sa mort confirmée. Sa résidence aurait été bombardée de manière effroyable mais rien ne prouvait qu'il était à l'intérieur au moment de l'explosion. D'un côté, les Israéliens ont affirmé que son corps aurait été retrouvé, d'un autre, un officiel iranien, en l'occurrence le Ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré qu'à sa connaissance, le Guide suprême n'était pas mort.

 


Comme pour d'autres dictateurs, comme Nicolas Maduro, je ne le regretterai pas dans tous les cas, mort ou vif, mais il faut comprendre que sa mort ne résoudra pas tous les problèmes, car il s'agit bien d'un système, d'un régime théocratique et pas d'une dictature bananière régie par un seul homme.

Ali Khamenei a eu d'ailleurs une existence extraordinaire. On peut dire à peu près que toute l'histoire de l'Iran de 1981 à 2026 provient de sa propre influence. Certes, le premier Guide suprême et seul prédécesseur Rouhollah Khomeini était le fondateur historique de ce régime inhumain, mais Ali Khamenei a réussi à devenir un incontournable disciple. Le comble au moment du renversement du shah d'Iran, en 1979, c'est que deux hommes importants du futur régime, Hachemi Rafsandjani et Hassan Rohani, l'ont introduit auprès du cercle très restreint des proches de Khomeini. Ces deux proches sont devenus des Présidents de la République islamique d'Iran avec l'étiquette prétendue de "modérés".

En 1980, Khamenei, "bombardé" imam de la prière du vendredi à Téhéran, n'était pourtant ni populaire, ni cultivé (ni érudit sur l'islam), ni charismatique... mais probablement très bon calculateur. Il n'avait pas encore vraiment commencé sa carrière politico-religieuse quand, le 27 juin 1981, il a été victime d'un grave attentat à l'explosif qui l'a immobilisé à l'hôpital pendant plusieurs semaines et l'a rendu légèrement infirme.


Était-ce un atout pour son CV ? Toujours est-il que le 2 octobre 1981, l'ayatollah Khamenei a été élu Président de la République islamique, pour succéder à Mohammad Ali Radjaï, assassiné le 30 août 1981 (et successeur du premier Président Abolhassan Bani Sadr). Un poste plutôt honorifique puisque le pouvoir résidait chez Khomeini. Ali Khamenei a donc pris ses fonctions de Président de la République islamique du 9 octobre 1981 au 3 août 1989 (pour deux mandats de quatre ans), mais il n'a pas eu beaucoup de pouvoir qui était assumé avant tout par Khomeini et son Premier Ministre Mir Hossein Moussavi (à la tête du gouvernement iranien du 29 octobre 1981 au 3 août 1989), futur candidat l'élection présidentielle de 2009, considéré aussi comme un "modéré".

La grande habileté politique de Khamenei a été d'avoir su prendre l'avantage sur l'ayatollah Hossein Ali Montazeri (auquel il avait succédé comme imam de la prière du vendredi à Téhéran), « un des hauts dignitaires chiites iraniens, défenseur de la démocratie et des droits de l'homme en Iran » (dixit Wikipédia), pourtant nommé Guide adjoint de la Révolution et donc dauphin du 10 novembre 1985 au 13 mars 1989, pour la succession de Khomeini qui, sur son lit de mort (il est mort le 3 juin 1989 à 86 ans) avait confirmé son choix en faveur de Khamenei, élu ainsi Guide suprême de la Révolution le lendemain, 4 juin 1989, par l'Assemblée des experts, soutenu par le Président de celle-ci, Hachemi Rafsandjani, qui lui succéda à la Présidence de la République islamique le 16 août 1989.

 


Cela faisait donc plus de trente-six ans qu'il régnait en Iran, et dès le début, il s'était arrogé tous les pouvoirs, dirigeant une totale dictature. L'expérience d'un assouplissement politique mené par Gorbatchev en URSS a renforcé sa conviction qu'au contraire, s'il voulait maintenir son pouvoir et son régime, il ne fallait rien lâcher et être impitoyable contre ses opposants. Ce qui explique la cruauté récurrente de son régime. Malade et vieillard (il avait 86 ans, le même âge que Khomeini à sa mort), il a conduit le peuple iranien dans un terrifiant enfer. Sa mort est donc un soulagement pour les Iraniens mais cela ne signifie pas que ce sera la fin de leurs misères...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 février 2026)
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Pour aller plus loin :
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Guerre en Iran : pensons au peuple iranien !
Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
Beyrouth, il y a trente-cinq ans.
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Varisha Moradi.
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Arezou Khavari.
Ahou Daryaei.
Ebrahim Raïssi.
Khosro Besharat.
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Fatwa de mort contre Salman Rushdie.
Alireza Akbari.
Mehran Karimi Nasseri.
Claude Malhuret contre la mollarchie.
Mahsa Amini, les femmes iraniennes, leur liberté et Claude Malhuret.
Révolution : du rêve républicain à l’enfer théocratique de Bani Sadr.
L'Iran de Bani Sadr.
De quoi fouetter un Shah (18 février 2009).
N’oubliez pas le Guide (20 février 2009).
Incompréhensions américaines (1) et (2).
Émission de France 3 "L’Iran et l’Occident" (17-18 février 2009).
Session de septembre 2006 à l’ONU : Bush, Ahmadinejad, Chirac.
Dennis Ross et les Iraniens.
Un émissaire français à Téhéran.
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Stanislas de Laboulaye.
Des opposants exécutés par pendaison en Iran.
Expulsion de Vakili Rad, assassin de Chapour Bakhtiar, dernier Premier Ministre du Shah d'Iran, par Brice Hortefeux à la suite du retour de l'étudiante Clotilde Reiss.
Mort de l'ancien Premier Ministre iranien Mohammad Reza Mahdavi-Kani à 83 ans le 21 octobre 2014.



 







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25 janvier 2026 7 25 /01 /janvier /2026 08:00

« Ils diront qu'ils ont envoyé des troupes en Afghanistan... et c'est vrai, mais ils sont restés un peu en retrait, un peu loin des lignes de front. » (Donald Trump, le 22 janvier 2026 dans une interview à Fox News).





 


Toujours avec ses gros sabots et son ignorance crasse de l'histoire politique, Donald Trump a, semble-t-il, dépassé de nouvelles bornes du politiquement correct en remettant en cause l'engagement militaire valeureux des pays européens aux côtés des États-Unis dans leur intervention en Afghanistan du 7 octobre 2001 au 30 août 2021. Les États-Unis avaient saisi l'article 5 du Traité de l'OTAN le 12 septembre 2001, à la suite des attentats du World Trade Center.

Habitué aux paroles déconcertantes et à l'emporte-pièce, en minimisant la part des soldats européens dans le conflit en Afghanistan (l'objectif était de chasser le groupe terroriste Al-Qaïda d'Afghanistan), le Président des États-Unis a provoqué une vague d'indignation qui a même fait douter ses propres taupes nationalistes à l'intérieur de chaque État européen (en particulier Nigel Farage à Londres).


Les dirigeants européens ont en effet vivement réagi en évoquant un « dénigrement », une « insulte » de la part de Donald Trump, en particulier la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne et le Danemark.
 


Ainsi, la Ministre des Armées Catherine Vautrin s'est empressée de publier ce vendredi 23 janvier 2026 en milieu de journée un message sur Twitter où elle a recadré le chef d'État américain sans le citer : « En Afghanistan, la France s’est engagée dès 2001 aux côtés de ses alliés européens et canadien de l'OTAN, après l’activation de l’article 5 du Traité de l'Atlantique Nord par les États-Unis. 90 soldats français y sont morts en opérations et de nombreux autres ont été blessés. Nous nous souvenons de leur sacrifice qui impose le respect. ».
 


Il faut dire que la France a payé un lourd tribu en accompagnant les troupes américaines en Afghanistan avec 90 soldats français morts en héros pour la France en Afghanistan (et 725 soldats français blessés). La République leur avait rendu un hommage militaire dans la cour d'honneur des Invalides. Leurs familles ont des raisons d'être choqués par cette insulte du Président américain. C'est ce qu'a laissé entendre l'Élysée : « Ces déclarations inacceptables n’appellent aucun commentaire. C’est aux familles de nos soldats tombés que le chef de l’État souhaite apporter du réconfort et redire la reconnaissance et la mémoire respectueuse de la Nation. ».

D'autres pays européens ont réagi. Ainsi, le porte-parole du Premier Ministre britannique Keir Starmer a rappelé les 457 soldats britanniques morts sur le front afghan : « Nous sommes extrêmement fiers de nos forces armées, et leur service et leur sacrifice ne seront jamais oubliés. Ces sacrifices méritent d'être évoqués avec vérité et respect, car nous restons tous unis et fidèles à la défense de la diplomatie et de la paix. ». 150 000 soldats britanniques ont combattu en Afghanistan, le plus grand contingent après les États-Unis, dont le Prince Harry qui a perdu plusieurs de ses amis dans cette guerre.

De même, la Première Ministre danoise Mette Frederiksen a fait référence au lourd tribut danois dans cette guerre, dans un message publié ce samedi 24 janvier 2026 sur Facebook : « [C'est] insupportable que le Président américain remette en question l'engagement des soldats alliés en Afghanistan. (…) Je comprends bien que les vétérans danois aient déclaré qu'aucun mot ne peut décrire à quel point cela fait mal. ». Il faut se souvenir des 44 soldats danois morts en Afghanistan.

 


Pour l'Allemagne, son Ministre de la Défense Boris Pistorius a insisté sur ses héros : « 59 soldats et 3 policiers tués lors de combats, d'attentats ou d'accidents. (…) De nombreux blessés souffrent encore aujourd'hui des séquelles physiques et psychologiques de cette période. Je leur promets: nous honorerons l'engagement et le courage de nos soldats en Afghanistan, quelles que soient les critiques. ».

Quant à la Pologne, son Ministre de la Défense Wladyslaw Kosiniak-Kamysz a évoqué les 44 soldats polonais morts en Afghanistan : « J'exige et j'attends partout du respect à l'égard des vétérans de l'Armée polonaise, des vétérans des missions à l'étranger, des vétérans qui ont prouvé combien ils savent servir admirablement la patrie et nos engagements alliés. ».

Le Canada, très touché par les propos de Donald Trump, a perdu 165 soldats en mission en Afghanistan. Par ailleurs, il faut aussi se souvenir, entre autres, de la mort, en mission en Afghanistan, de 100 soldats espagnols, 53 soldats italiens, 40 soldats australiens, 30 soldats géorgiens, 25 soldats néerlandais, 23 soldats roumains, 10 soldats norvégiens et 9 soldats estoniens. Il ne faut oublier aucune victime morte d'une décision américaine.

Certes, les États-Unis y ont, eux, perdu 2 465 soldats, le plus lourd tribut, mais ils ne peuvent pas négliger l'aide de leurs alliés de l'OTAN dans cette guerre qui a coûté la vie à près de 3 500 soldats de l'OTAN en tout.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement Trump a voulu réécrire l'histoire des alliés européens. Ainsi, le Vice-Président J. D. Vance a déclaré le 3 mars 2025 sur Fox News : « Si vous voulez de vraies garanties de sécurité, si vous voulez vous assurer que Vladimir Poutine n'envahira pas à nouveau l'Ukraine, la meilleure garantie de sécurité est de donner aux Américains un avantage économique sur l'avenir de l'Ukraine. C'est une bien meilleure garantie de sécurité que 20 000 soldats venant d'un pays quelconque [random country] qui n'a pas fait la guerre depuis trente ou quarante ans. ».
 


La dernière phrase avait fait bondir les chancelleries de la France et du Royaume-Uni. Le Ministre britannique de la Défense James Cartlidge avait ainsi réagi le 4 mars 2025 sur Twitter : « Le Royaume-Uni et la France ont apporté leur aide [aux Américains] en déployant des milliers de personnes en Afghanistan, dont mon propre frère et de nombreux collègues parlementaires, anciens et actuels. ».
 


Et Sébastien Lecornu, alors son homologue français, avait aussi répliqué avec fermeté le 4 mars 2025 lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale : « Nous respectons les vétérans de tous les pays alliés, nous entendons bien à ce que nos propres vétérans soient respectés. ». Depuis quand un ami néglige les morts de ses alliés pour ses propres guerres ? Honte à Donald Trump !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 janvier 2026)
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Pour aller plus loin :
Et Trump crache sur nos héros en Afghanistan !
OTAN.
Attentats du 11 septembre 2001.
Séisme à Hérat.
Kaboum.
Emmanuel Macron sur les Talibans à Kaboul.
Les Talibans à Kaboul en 2021.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 16 août 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Les soldats français morts en Afghanistan.
Chasseur alpin en Afghanistan.
L’invasion de l'Afghanistan par l'armée soviétique.
Jacques Hamel, martyr de la République.
Fête nationale : cinq ans plus tard…


 



https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260122-trump-afghanistan.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/et-trump-crache-sur-nos-heros-en-266242

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4 novembre 2025 2 04 /11 /novembre /2025 19:43

« Soulagement immense ! Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus depuis trois ans en Iran, sont sortis de la prison d'Evin et sont en route pour l’Ambassade de France à Téhéran. Je me félicite de cette première étape. Le dialogue se poursuit pour permettre leur retour en France le plus rapidement possible. » (Emmanuel Macron, le 4 novembre 2025 sur Twitter).


 


Jour de fête à l'ambassade de France à Téhéran qui vient d'accueillir les deux otages français dans la principale prison iranienne, Cécile Kohler et Jacques Paris. Le tweet émis par le Président de la République française Emmanuel Macron ce mardi 4 novembre 2025 peu avant 19 heures 30 a exprimé tout le soulagement de leurs compatriotes. Les deux Français, détenus depuis 1 277 jours, restent encore assignés à Téhéran, mais ils sont sains et saufs et les autorités françaises espèrent pouvoir les acheminer très rapidement en France.

Cécile Kohler, enseignante de français qui a fêté ses 41 ans le 25 septembre dernier et son compagnon Jacques Paris, enseignant de mathématiques à la retraite de 72 ans, ont été arrêtés par les autorités iraniennes le 7 mai 2022 pour "espionnage". Aucune nouvelle des deux prisonniers n'a été donnée jusqu'au 23 novembre 2022 et entre-temps, le 6 octobre 2022, la télévision d'État a diffusé une vidéo d'aveux sous contrainte de Cécile Kohler.

Ses conditions de détention étaient particulièrement difficiles ; elle n'avait pas droit à la lumière naturelle, et sa santé déclinait. Les familles des deux Français ont eu peur lors du bombardement de la prison par l'armée israélienne le 23 juin 2025, dans le cadre de la courte guerre entre Israël et l'Iran. 71 personnes y ont péri, des détenus et des familles de détenus, mais, heureusement pour eux, aucun des prisonniers français n'a été tué selon la dictature islamique.
 


Le 2 juillet 2025, les deux Français ont été inculpés de trois chefs d'accusation : "espionnage pour le Mossad", "complot pour renverser le régime" et le toujours aussi débile chef de "corruption sur terre", tous les trois passibles de la peine de mort. Le 14 octobre 2025, la justice islamique aux ordres du pouvoir criminel les a condamnés à vingt et dix-sept ans de prison pour "espionnage au profit de la France et du régime sioniste" sans aucun fondement.

Pourtant, peu avant, un geste de clémence a eu lieu : en effet, le 8 juillet 2025, le jeune citoyen franco-allemand de 18 ans Lennart Monterlos a été libéré après avoir été arrêté par le régime criminel islamique le 6 juillet 2025 pour un supposé espionnage. Il faisait en fait de la randonnée cycliste et tentait de faire le tour du monde.


 


Le 28 octobre 2025, la députée alsacienne EPR Brigitte Klinkert s'inquiétait encore des conditions de vie des deux détenus français : « Depuis mai 2022, ces deux Français sont retenus arbitrairement, sans preuve ni procès équitable, de véritables otages d’État. Ils font l’objet de traitements inhumains et dégradants. Une véritable torture. Ils sont à bout, comme leurs familles. (…) Je veux (…) saluer la mobilisation des élus et des parlementaires, ainsi que le geste fort de la Présidente de l’Assemblée Nationale qui a affiché leurs portraits, en signe de soutien, devant le Palais-Bourbon. (…) Pouvez-vous nous préciser quels moyens diplomatiques et politiques la France déploie pour obtenir la libération immédiate et inconditionnelle de Cécile Kohler et Jacques Paris ? ».

Répondant à cette question lors de la séance à l'Assemblée Nationale, le Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a évoqué le professionnalisme et le dévouement de ses agents diplomatiques : « Nous sommes et restons cependant très préoccupés par le sort de Cécile Kohler et Jacques Paris, retenus otages en Iran depuis maintenant plus de trois ans, préoccupés par leur état de santé physique et moral. Nous exigeons leur libération immédiate et inconditionnelle : je l’ai redit à mon homologue iranien, par téléphone, ce week-end, et c’est également ce que le Président de la République a dit au Président iranien quand il l’a rencontré à New York le mois dernier. (…) D’ores et déjà, nous nous préparons à ce qu’un accueil leur soit réservé, le jour de leur libération, après le calvaire qu’ils ont vécu. Ce calvaire, en effet, ne s’arrêtera pas au moment de leur libération : il nous faudra pouvoir les accompagner à leur retour. Vous voyez comment le gouvernement, sous l’autorité du Premier Ministre, est mobilisé pour assurer la sécurité de nos compatriotes à l’étranger et comment il se bat pour obtenir la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris. ».

 


Incontestablement, la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris est un grand succès de la diplomatie française. La France a toujours voulu soutenir ses compatriotes en difficulté dans des dictatures. D'autres pays n'y mettraient pas autant d'énergie. Bravo à nos diplomates !

Pour autant, il y a une certaine inconscience, ou insouciance, à vouloir visiter des pays très dangereux comme l'Iran, même s'ils sont très riches culturellement. Le site du Quai d'Orsay donne pourtant les recommandations de l'État français sur le tourisme dans certaines zones très troublées du monde. L'Iran pratique la diplomatie des otages. Manifestement, ce n'est pas le seul pays, et aujourd'hui, avec une inquiétude certaine, on attend toujours la libération des compatriotes français Boualem Sansal et Christophe Gleizes condamnés et incarcérés injustement dans une prison algérienne. Libération immédiate et inconditionnelle également pour eux !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 novembre 2025)
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Pour aller plus loin :
Cécile Kohler et Jacques Paris : Jour de fête !
Sauvons Cécile Kohler et Jacques Paris de l'odieux chantage aux otages !
Iran : le sourire franc face à la mort !
Make Iran Great Again ?
 





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20251104-cecile-kohler-jacques-paris.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/cecile-kohler-et-jacques-paris-264262

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23 septembre 2025 2 23 /09 /septembre /2025 04:39

« Une vie vaut une vie. Et notre devoir à tous est de protéger les uns et les autres, devoir indivisible, comme l’est notre humanité commune. (…) Le temps est venu. C’est pourquoi, fidèle à l’engagement historique de mon pays au Proche-Orient, pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien, je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine. Cette reconnaissance est une manière d’affirmer que le peuple palestinien n’est pas un peuple en trop. (…) La reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien n’enlève rien aux droits du peuple israélien, que la France a soutenus dès le premier jour et au respect desquels elle n’est pas moins attachée. Précisément car nous sommes convaincus que cette reconnaissance est la solution qui seule permettra la paix pour Israël. Jamais la France n’a manqué à Israël quand sa sécurité était en jeu, y compris face aux frappes iraniennes. » (Emmanuel Macron, le 22 septembre 2025 à la tribune des Nations-Unies à New York).





 


Incontestablement, c'est bien un moment de l'histoire du monde qui s'est déroulé ce lundi 22 septembre 2025 dans la soirée (vers 21 heures, heure de Paris) à la tribune des Nations-Unies à New York. Un moment d'émotion et un moment d'ovation pour la plupart des pays du monde, rappelant à quel point la France compte au niveau international. Comme promis il y a quelques mois, par la voix de son Président de la République Emmanuel Macron (dont on peut lire le discours dans son intégralité ici), la France a reconnu l'État de Palestine, en marge de la 80e session annuelle de l'Assemblée générale de l'ONU.

À cette occasion, Emmanuel Macron a coprésidé, avec le prince héritier et Premier Ministre d'Arabie Saoudite, Mohammed Bin Salman, la Conférence pour la mise en œuvre de la solution à deux États et le règlement pacifique de la question palestinienne. La France suit la reconnaissance faite la veille, le 21 septembre 2025, du Canada, de l'Australie, du Portugal et du Royaume-Uni (et en 2024, celle de l'Espagne, de l'Irlande, de la Norvège, de la Slovénie). Elle a été suivie aussi par la Belgique, le Luxembourg, Andorre, Malte, Monaco, Saint-Marin.


Pour le chef de l'État, cette reconnaissance, il ne s'agit pas de donner un quitus au mouvement terroriste du Hamas. Au contraire, selon lui : « Cette reconnaissance de l’État de Palestine est une défaite pour le Hamas comme pour tous ceux qui attisent la haine antisémite, nourrissent des obsessions antisionistes et veulent la destruction de l’État d’Israël. ».

D'ailleurs, la première phrase du discours d'Emmanuel Macron était tournée vers les victimes israéliennes du Hamas : « Le temps est venu de libérer les 48 otages détenus par le Hamas. ». Mais dans la deuxième phrase, reprenant le concept du "en même temps" à la sauce internationale, qu'on peut discuter évidemment, Emmanuel Macron a poursuivi : « Le temps est venu d’arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite. ».

 


Le Président français a considéré qu'il fallait maintenant forcer la main d'Israël pour mettre en place les conditions d'une paix durable. Réclamant un cessez-le-feu immédiat à Gaza, il a insisté : « Rien, rien ne justifie plus la poursuite de la guerre à Gaza. Rien. Tout commande au contraire d’y mettre un terme définitif maintenant, à défaut de l’avoir fait plus tôt. Pour sauver des vies. Les vies des otages israéliens encore détenus dans des conditions atroces. Les vies des centaines de milliers de civils palestiniens accablés par la faim, la souffrance, la peur de mourir, le deuil de leurs proches. Sauver toutes les vies. Car depuis désormais près de deux ans, c’est bien la négation de l’humanité de l’autre et le sacrifice de la vie humaine qui prévalent. Oui, depuis le 7 octobre, c’est bien la vie de l’autre qui est niée. ».

Et c'est d'abord le pogrom du 7 octobre 2023 qui était en priorité à l'esprit du chef de l'État : « C’est l’évidence même qui s’est imposée à nous le 7 octobre 2023, lorsque le peuple israélien a subi la pire attaque terroriste de son histoire. 1224 hommes, femmes et enfants tués. 4834 hommes, femmes et enfants blessés. 251 hommes, femmes et enfants enlevés. La barbarie du Hamas et de ceux qui ont collaboré à ce massacre a stupéfait Israël et le monde. Le 7 octobre est une blessure encore vive pour l’âme israélienne comme pour la conscience universelle. Nous la condamnons sans aucune nuance car rien, jamais, nulle part, ne peut justifier de recourir au terrorisme. Nous pensons en ce jour, aux victimes et à leurs familles. Nous disons notre compassion aux Israéliens et exigeons avant toute autre chose que tous les otages encore détenus à Gaza soient libérés sans aucune condition. Nous, Français, avons rendu un hommage national à nos 51 compatriotes assassinés ce jour-là, et à toutes les victimes du 7 octobre 2023. Nous ne les oublierons pas. Jamais. Comme jamais nous ne cesserons le combat existentiel contre l’antisémitisme. ».

 


Emmanuel Macron a renoncé aux conditions préalables qu'il avait posées avant l'été pour reconnaître l'État de Palestine, à savoir notamment la libération des otages israéliens. Il a imaginé au contraire de presser le pas diplomatique pour avoir une incidence sur les interventions militaires. Il espère ainsi débloquer une situation politiquement bloquée en Israël.

Pour le leader européen, la paix ne peut venir que d'une reconnaissance mutuelle : « Une solution existe pour briser le cycle de la guerre et de la destruction. C’est la reconnaissance de l’autre, de sa légitimité, de son humanité et de sa dignité. Que les uns et les autres rouvrent les yeux et voient des visages humains là où la guerre a placé le masque de l’ennemi ou les traits d’une cible. C’est la reconnaissance qu’Israéliens et Palestiniens vivent dans une solitude jumelle, solitude des Israéliens après le cauchemar historique du 7 octobre 2023, solitude des Palestiniens à bout de force dans cette guerre sans fin. ».
 


Mahmoud Abbas, le vieillissant Président de l'Autorité palestinienne (90 ans), qui n'avait pu se rendre sur place parce que Donald Trump lui a refusé le visa diplomatique, a applaudi Emmanuel Macron de loin malgré l'idée qu'il faudra se remettre en cause, comme ce dernier l'a affirmé : « [Mahmoud Abbas] a affirmé son soutien au désarmement du Hamas et s’est engagé à l’exclure de la gouvernance à venir de Gaza comme de l’ensemble du territoire palestinien. Il a affirmé son engagement à lutter contre les discours de haine et a promis une rénovation en profondeur de la gouvernance palestinienne. La France sera attentive à la pleine mise en œuvre de chacun des engagements pris auprès d’elle. Cette Autorité palestinienne renouvelée est une condition nécessaire à la réussite de l’indispensable négociation qu’il faudra reprendre pour parvenir à un accord sur chacune des questions relatives au statut final. C’est dans ce cadre, aussi, que je pourrai décider d’établir une ambassade auprès de l’État de Palestine, dès lors que tous les otages détenus à Gaza auront été libérés et qu’un cessez-le-feu aura été établi. ».

Adressé à nos amis israéliens, Emmanuel Macron a rappelé l'un de ses hommes d'État, Yitzhak Rabin, avec émotion : « Je sais leurs réticences et leurs craintes. J’entends avec beaucoup de respect le peuple israélien, sa tristesse et sa fatigue, et je veux croire que les autorités israéliennes l’entendront également et sauront s’engager à leur tour. Je sais que le peuple israélien et ses dirigeants peuvent en avoir la force. Je me souviens du jeune homme que j’étais, apprenant l’assassinat terrible d’Yitzhak Rabin, il y a près de trente ans, tué pour avoir voulu la paix. Au moment où la mort allait le ravir, le guerrier héroïque de l’État d’Israël venait de prononcer ces mots : "J’ai fait la guerre aussi longtemps qu’il n’y avait aucune chance de faire la paix". Cette chance existe là aujourd’hui. 142 États proposent cette paix, main tendue prête à être serrée. Alors, oui, le temps est venu d’arrêter la guerre à Gaza, les massacres, la mort, tout de suite. L’urgence nous le commande. Le temps est venu pour Israël de vivre en paix et en sécurité. ».

J'ai déjà exprimé mes réticences sur cette reconnaissance de la France de l'État palestinien. Mais il faut aussi croire au volontarisme car rien n'aurait été construit sans celui-ci. Dans l'histoire du monde, il existe des petits moments d'opportunité pour construire une paix durable. Ils sont rares mais intenses. Celui-ci, celui du 22 septembre 2025, en fait partie. À Israël de savoir saisir cette occasion. Et aux Palestiniens d'en être dignes.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 septembre 2025)
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Pour aller plus loin :
La France reconnaît l'État de Palestine aux Nations-Unies.
Discours du Président Emmanuel Macron le 22 septembre 2025 à New York (texte intégral et vidéo).
L'État palestinien peut-il être viable ?
Reconnaissance de l'État palestinien : a-t-on le droit de bousculer ses amis ?
Georges Ibrahim Abdallah.
Make Iran Great Again ?
Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
Kfir Bibas, d'horreurs en horreurs...
Auschwitz : soyons la mémoire de leur mémoire !
Gaza : trêve, libération d'otages israéliens et propagande du Hamas.
Mahmoud Abbas.
7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie.
Les Accords d'Oslo.

 


 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250922-macron-palestine.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-france-reconnait-l-etat-de-263385

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22 septembre 2025 1 22 /09 /septembre /2025 23:19

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Pour en savoir plus :
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DISCOURS
DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EMMANUEL MACRON
LE LUNDI 22 SEPTEMBRE 2025 À NEW YORK
À L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS-UNIES





22 septembre 2025
Discours du Président de la République à la Tribune des Nations-Unies lors de la conférence pour la solution à deux États




Madame la Présidente de l’Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames et messieurs les chefs d’État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs,

Nous sommes là car le temps est venu. Le temps est venu de libérer les 48 otages détenus par le Hamas. Le temps est venu d’arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite. Le temps est venu car l’urgence est partout. Le temps de la paix est venu, car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir. C’est pour cela que nous nous retrouvons aujourd’hui ici. Certains diront trop tard, d’autres diront trop tôt. Une chose est sûre, nous ne pouvons plus attendre.

En 1947, cette Assemblée décidait du partage de la Palestine mandataire entre deux États, l’un juif et l’autre arabe, et reconnaissait ainsi le droit de chacun à l’autodétermination. La communauté internationale consacrait là l’État d’Israël, accomplissant le destin de ce peuple, enfin, après des millénaires d’errance et de persécution, et qui put fonder là une si belle démocratie. La promesse d’un État arabe, elle, reste, jusqu’à ce jour, inachevée.

Depuis lors, c’est un long chemin d’espérance et de désespoir mêlés qu’Israéliens et Palestiniens ont parcouru chacun à leur manière. Et nous, nous avons cheminé avec eux, chacun d’entre nous selon son histoire et sa sensibilité. Mais la vérité est que nous portons la responsabilité collective d’avoir failli jusqu’ici à bâtir une paix juste et durable au Proche- Orient.

C’est l’évidence même qui s’est imposée à nous le 7 octobre 2023, lorsque le peuple israélien a subi la pire attaque terroriste de son histoire. 1224 hommes, femmes et enfants tués. 4834 hommes, femmes et enfants blessés. 251 hommes, femmes et enfants enlevés.

La barbarie du Hamas et de ceux qui ont collaboré à ce massacre a stupéfait Israël et le monde. Le 7 octobre est une blessure encore vive pour l’âme israélienne comme pour la conscience universelle. Nous la condamnons sans aucune nuance car rien, jamais, nulle part, ne peut justifier de recourir au terrorisme. Nous pensons en ce jour, aux victimes et à leurs familles. Nous disons notre compassion aux Israéliens et exigeons avant toute autre chose que tous les otages encore détenus à Gaza soient libérés sans aucune condition. Nous, Français, avons rendu un hommage national à nos 51 compatriotes assassinés ce jour-là, et à toutes les victimes du 7 octobre 2023. Nous ne les oublierons pas. Jamais. Comme jamais nous ne cesserons le combat existentiel contre l’antisémitisme.

Français, nous savons la morsure du terrorisme. Nous portons au cœur le souvenir du témoignage de fraternité offert après les attentats commis à Paris le 7 janvier 2015, par des dizaines de dirigeants étrangers manifestant avec eux, au premier rang desquels le premier ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne.

Nous savons qu’aucune faiblesse n’est possible face aux terroristes.

Nous savons aussi le danger des guerres sans fin. Nous savons que le droit toujours doit l’emporter sur la force. Nous savons enfin de notre Histoire que l’attachement à l’universel et à la paix est l’héritage des siècles passés comme la condition du salut. J’affirme cela au nom de notre amitié avec Israël, à qui notre engagement n’a jamais fait défaut. Au nom de notre amitié aussi avec le peuple palestinien pour qui nous voulons que la promesse initiale des Nations unies, celle de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité devienne réalité.

Or à cette heure, Israël étend encore ses opérations militaires à Gaza dans l’objectif déclaré de détruire le Hamas. Mais ce sont les vies de centaines de milliers de personnes déplacées, blessées, affamées, traumatisées qui continuent d’être détruites. Alors même que le Hamas a été considérablement affaibli et que la négociation d’un cessez-le-feu durable reste le moyen le plus sûr d’obtenir la libération des otages.

Rien, rien ne justifie plus la poursuite de la guerre à Gaza. Rien. Tout commande au contraire d’y mettre un terme définitif maintenant, à défaut de l’avoir fait plus tôt. Pour sauver des vies. Les vies des otages israéliens encore détenus dans des conditions atroces. Les vies des centaines de milliers de civils palestiniens accablés par la faim, la souffrance, la peur de mourir, le deuil de leurs proches. Sauver toutes les vies. Car depuis désormais près de deux ans, c’est bien la négation de l’humanité de l’autre et le sacrifice de la vie humaine qui prévalent. Oui, depuis le 7 octobre, c’est bien la vie de l’autre qui est niée.

Nous le disons depuis le premier jour de la guerre à Gaza : une vie vaut une vie. Je le sais pour avoir pris dans mes bras les familles des otages rencontrées à Tel Aviv puis à Paris. Je pense à cet instant à la mère d’Eyatar David, otage affamé et montré à la foule par ses bourreaux. Je pense à Nimrod Cohen, otage de dix-neuf ans, dont je viens de saluer le père. Je le sais pour être aussi allé au chevet des victimes palestiniennes des opérations militaires israéliennes, réfugiées à Al-Arish, des femmes, des enfants, dont je n’oublierai pas le regard.

Je le sais, pour avoir rencontré des jeunes de Gaza accueillis en France et je pense à Rita Baroud qui aurait dû être avec nous aujourd’hui et qui continue de témoigner de la détresse de ses proches à Gaza.

Une vie vaut une vie. Et notre devoir à tous est de protéger les uns et les autres, devoir indivisible, comme l’est notre humanité commune.

Une solution existe pour briser le cycle de la guerre et de la destruction. C’est la reconnaissance de l’autre, de sa légitimité, de son humanité et de sa dignité. Que les uns et les autres rouvrent les yeux et voient des visages humains là où la guerre a placé le masque de l’ennemi ou les traits d’une cible. C’est la reconnaissance qu’Israéliens et Palestiniens vivent dans une solitude jumelle, solitude des Israéliens après le cauchemar historique du 7 octobre 2023, solitude des Palestiniens à bout de force dans cette guerre sans fin.

Le temps est venu. Car le pire peut advenir, qu’il s’agisse du sacrifice de tant d’autres civils, de l’expulsion de la population de Gaza vers l’Égypte, de l’annexion de la Cisjordanie, de la mort des otages détenus par le Hamas, ou des faits accomplis qui changent de manière irréversible la situation sur le terrain. C’est pour cela, c’est pour cela que nous devons aujourd’hui, ici même ouvrir ce chemin de paix, car depuis juillet dernier, l’accélération des évènements est terrible. Au point où nous en sommes, il est à craindre que les accords d’Abraham ou de Camp David soient remis en cause par l’action d’Israël et que la paix devienne impossible pour longtemps au Moyen-Orient. Il pèse donc sur nous une responsabilité historique. Nous devons tout faire pour préserver la possibilité même d’une solution à deux États, Israël et la Palestine, vivant côte-à-côte en paix et en sécurité.

Le temps est venu. C’est pourquoi, fidèle à l’engagement historique de mon pays au Proche-Orient, pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien, je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine.

Cette reconnaissance est une manière d’affirmer que le peuple palestinien n’est pas un peuple en trop. Qu’il est au contraire ce peuple qui ne dit jamais adieu à rien, pour parler avec Mahmoud Darwich. Un peuple fort de son Histoire, de son enracinement, de sa dignité.

La reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien n’enlève rien aux droits du peuple israélien, que la France a soutenus dès le premier jour et au respect desquels elle n’est pas moins attachée. Précisément car nous sommes convaincus que cette reconnaissance est la solution qui seule permettra la paix pour Israël. Jamais la France n’a manqué à Israël quand sa sécurité était en jeu, y compris face aux frappes iraniennes.

Cette reconnaissance de l’État de Palestine est une défaite pour le Hamas comme pour tous ceux qui attisent la haine antisémite, nourrissent des obsessions antisionistes et veulent la destruction de l’État d’Israël.

Cette reconnaissance de la France est accompagnée par celles qui seront annoncées aujourd’hui entre autres et je les en remercie, celles d’Andorre, de l’Australie, de la Belgique, du Canada, du Luxembourg, de Malte, de Monaco, du Portugal, du Royaume-Uni, de Saint-Marin qui ont attendu avec nous ce moment et saisissant l’appel de juillet dernier, ont fait le choix de la responsabilité, de l’exigence et de la paix. Cela, après le choix fait par l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Slovénie en 2024, et tant d’autres auparavant.

Cette reconnaissance ouvre le chemin d’une négociation utile aux Israéliens comme aux Palestiniens.
 
Ce chemin est celui du plan de paix et de sécurité pour tous que l’Arabie Saoudite et la France ont soumis au vote de cette assemblée, qui l’a adopté à une très large majorité. Il porte notre ambition commune de briser l’engrenage de la violence et de changer la donne sur le terrain. Nous avons su faire un pas les uns vers les autres, sortir de nos postures habituelles et nous donner des objectifs concrets. Il nous appartient maintenant, ensemble, de déclencher une mécanique de paix répondant aux besoins de chacun.

Le premier temps ce plan de paix et de sécurité pour tous, est celui de l’urgence absolue, celle de coupler la libération des 48 otages et la fin des opérations militaires sur tout le territoire de Gaza. Je salue les efforts du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis pour y parvenir et demande à Israël de ne plus rien faire qui entrave leur aboutissement. Le Hamas a été vaincu sur le plan militaire par la neutralisation de ses chefs et de ses décideurs. Il doit l’être sur le plan politique pour être véritablement démantelé. Dès lors que le cessez-le-feu aura été agréé, c’est un effort massif que nous devrons produire collectivement pour porter secours à la population de Gaza. Je remercie l’Égypte et la Jordanie de leur engagement ici et rappelle à Israël l’obligation absolue qui est la sienne de faciliter l’accès humanitaire à Gaza pour aider une population aujourd’hui démunie de tout.

Le deuxième temps est celui de la stabilisation et de la reconstruction à Gaza. Une administration de transition intégrant l’Autorité palestinienne, la jeunesse palestinienne accompagnée de forces de sécurité dont nous accélérerons la formation, aura le monopole de la sécurité à Gaza. Elle mettra en œuvre le démantèlement et le désarmement du Hamas, avec le soutien des partenaires internationaux et les moyens qui seront nécessaires à cette mission difficile. La France est prête à contribuer à une mission internationale de stabilisation et à soutenir, avec ses partenaires européens, la formation et l’équipement des forces de sécurité palestiniennes. Dès lors que la négociation le permettra, le Conseil de sécurité pourra décider le déploiement d’une mission de soutien civil et sécuritaire, en liaison avec les autorités palestiniennes, avec le consentement des autorités israéliennes.

Il reviendra aussi à l’État de Palestine de rendre espoir à sa population éprouvée par des années de violence, d’occupation mais aussi de division et d’incurie. Il lui reviendra donc d’offrir à son peuple un cadre d’expression démocratique, renouvelé et sécurisé. Le président Mahmoud Abbas en a pris l’engagement auprès du prince Mohamed bin Salman et de moi-même.

Il a condamné avec force les attaques terroristes du 7 octobre 2023. Il a affirmé son soutien au désarmement du Hamas et s’est engagé à l’exclure de la gouvernance à venir de Gaza comme de l’ensemble du territoire palestinien. Il a affirmé son engagement à lutter contre les discours de haine et a promis une rénovation en profondeur de la gouvernance palestinienne.

La France sera attentive à la pleine mise en œuvre de chacun des engagements pris auprès d’elle. Cette Autorité palestinienne renouvelée est une condition nécessaire à la réussite de l’indispensable négociation qu’il faudra reprendre pour parvenir à un accord sur chacune des questions relatives au statut final. C’est dans ce cadre, aussi, que je pourrai décider d’établir une ambassade auprès de l’État de Palestine, dès lors que tous les otages détenus à Gaza auront été libérés et qu’un cessez-le-feu aura été établi.

L’exigence de la France à l’égard d’Israël ne sera pas moins grande. Avec ses partenaires européens, elle indexera le niveau de sa coopération avec lui sur les dispositions qu’il prendra pour mettre fin à la guerre et négocier la paix.

C’est bien grâce à ce chemin que nous obtiendrons un État de Palestine souverain, indépendant et démilitarisé regroupant l’ensemble de ses territoires, reconnaissant Israël, et étant reconnu par Israël, dans une région qui connaîtra enfin la paix.

J’attends aussi de nos partenaires arabes et musulmans qui ne l’ont pas encore fait, qu’ils tiennent leur engagement de reconnaître l’État d’Israël et d’avoir avec lui des relations normales dès lors que l’État de Palestine aura été établi. Ainsi ferons-nous la démonstration d’une double reconnaissance au bénéfice de la paix et de la sécurité de tous au Proche-Orient.

Voici, Mesdames et Messieurs, quel est notre plan de paix. Il établit un engrenage exigeant pour sortir de la guerre et entrer dans une phase décisive de négociation. Il permet que la paix israélo- palestinienne soit le premier pilier d’une nouvelle architecture de paix et de sécurité au Proche et Moyen-Orient. Il crédibilise aussi la possibilité d’une plus grande intégration économique.

Rien ne sera possible sans que les autorités israéliennes s’approprient pleinement notre ambition renouvelée de parvenir enfin à la solution des deux États. Je sais leurs réticences et leurs craintes. J’entends avec beaucoup de respect le peuple israélien, sa tristesse et sa fatigue, et je veux croire que les autorités israéliennes l’entendront également et sauront s’engager à leur tour. Je sais que le peuple israélien et ses dirigeants peuvent en avoir la force.

Je me souviens du jeune homme que j’étais, apprenant l’assassinat terrible d’Yitzhak Rabin, il y a près de 30 ans, tué pour avoir voulu la paix. Au moment où la mort allait le ravir, le guerrier héroïque de l’État d’Israël venait de prononcer ces mots    : « J’ai fait la guerre aussi longtemps qu’il n’y avait aucune chance de faire la paix ». Cette chance existe là aujourd’hui. 142 États proposent cette paix, main tendue prête à être serrée.

Alors, oui, le temps est venu d’arrêter la guerre à Gaza, les massacres, la mort, tout de suite. L’urgence nous le commande. Le temps est venu pour Israël de vivre en paix et en sécurité, de la Galilée à la Mer Rouge, par la mer Morte, par le lac de Tibériade, et par Jérusalem. Le temps est venu de ne plus discuter nulle part l’existence d’un État d’Israël et d’en faire une évidence.

Le temps est venu de rendre justice au peuple palestinien et ainsi de reconnaître un État de Palestine, frère et voisin, à Gaza et en Cisjordanie et par Jérusalem. Le temps est venu de chasser de ces terres le visage hideux du terrorisme et de bâtir la paix. Oui, bâtir la paix, c’est ce qui nous rassemble ici. Et telle est l’espérance qui peut se construire. Alors que pour certains commence une année nouvelle, c’est un choix à faire et c’est notre devoir. La paix est beaucoup plus exigeante, beaucoup plus difficile que toutes les guerres.

Mais le temps est venu.





Emmanuel Macron, le lundi 22 septembre 2025 à New York.


Source : Élysée.

https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20250922-discours-macron-palestine.html
 

 

 

 

 

 

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22 septembre 2025 1 22 /09 /septembre /2025 04:38

« Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j'ai décidé que la France reconnaîtra l'État de Palestine. J'en ferai l'annonce solennelle à l'Assemblée générale des Nations Unies au mois de septembre prochain. L'urgence est aujourd'hui que cesse la guerre à Gaza et que la population civile soit secourue. » (Emmanuel Macron, le 24 juillet 2025 sur Twitter).




 


C'est ce lundi 22 septembre 2025 à New York qu'à l'occasion de la 80e Assemblée générale annuelle de l'ONU, le Président de la République française Emmanuel Macron devrait reconnaître l'État palestinien devant 140 chefs d'État ou de gouvernement du monde. Le Canada l'a fait dimanche 21 septembre 2025 et d'autres pays devraient en profiter pour le faire, avec néanmoins quelques hésitations comme le Royaume-Uni.

Sur le fond, la reconnaissance de la France d'un État palestinien n'est pas une surprise puisque c'est la position de la France dès la création de l'État d'Israël. En revanche, la question importante, c'est de comprendre quel serait cet État palestinien. D'où mon titre qui pourrait paraître une redondance : l'État palestinien peut-il être viable, car viable signifie qui peut vivre, mais aussi qui présente les conditions nécessaires pour se développer.

Or, à mon sens, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'écouter forcément le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou qui, lui, dès les Accords d'Oslo, était opposé à la solution à deux États (au contraire de son prédécesseur Ariel Sharon, pourtant considéré comme un faucon mais qui avait compris finalement qu'un État unique qui rassemblerait Israéliens et Palestiniens ne laisserait pas un avenir serein aux Israéliens pour des raisons simplement démographiques).

La lutte contre le Hamas et contre tout mouvement palestinien terroriste qui souhaite l'extermination d'Israël est une condition nécessaire pour la défense et la survie de l'État d'Israël. Ce combat mené après le pogrom du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de dizaines de milliers de Palestiniens dans la population civile, ce qui est effroyable. Et je ne doute pas que le moment choisi par Emmanuel Macron a aussi pour but de rompre ce cycle infernal de la violence et de la mort.

Mais néanmoins, tout changement n'est pas automatiquement bon à prendre. Quand l'Irak a été "libéré" de Saddam Hussein, est apparu Daech et, malgré l'éloignement géographique, les Français en savent quelque chose puisqu'ils ont été très durement touchés par les attentats de 2015 et 2016.

Le Hamas a contrôlé Gaza depuis que le gouvernement israélien avait décidé de quitter ce territoire, de le décoloniser en 2006, et jusqu'en 2023. Bien que touché, le Hamas n'a pas été éliminé et c'est la raison pour laquelle Israël continue et intensifie ses opérations militaires sur Gaza-ville.

Que pourrait donner un État palestinien aujourd'hui, s'il était reconnu dès maintenant ? Sans doute une sorte de Daech 2, un État islamique qui chercherait à détruire Israël. Cela ne résoudrait rien des problèmes de la région.


Une processus de paix est une opération délicate, extrêmement difficile mais avant tout volontaire. Or, le moins qu'on puisse dire, c'est que ni le gouvernement israélien actuel ni le Hamas ou des supposés représentants des Palestiniens ne souhaitent aujourd'hui la paix.

J'avais cru naïvement que ce processus avait été enclenché par les Accords d'Oslo, avec Yitzhak Rabin, son ministre Shimon Peres et le chef de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat, qui avait accepté de reconnaître le droit à l'existence d'Israël. Rabin a été assassiné par un extrémiste israélien il y a bientôt trente ans, Arafat est mort depuis plus de vingt ans, et depuis les Accords d'Oslo, la guerre, au lieu de la paix, est dans tous les esprits, voire ravage les esprits. Les citoyens israéliens qui ont été assassinés le 7 octobre 2023 étaient principalement des porteurs de paix qui ne voyaient pas d'inconvénient (ni d'imprudence) à faire la fête à quelques centaines de mètres de la frontière palestinienne. C'est cet espoir de paix, de tranquillité, de prospérité qui est parti le 7 octobre 2023. Semble-t-il définitivement.

Il faudrait réenclencher un nouveau processus, de réconciliation et de pardon comme en Afrique du Sud, voire d'amitié comme ce fut le cas entre la France et l'Allemagne après 1945, pour imaginer l'existence de deux États, Israël et la Palestine, dans des relations apaisées, pacifiées, reconnus par tous, en particulier leurs voisins du Proche- et Moyen-Orient. À l'évidence, c'est encore un peu trop tôt pour l'espérer dès maintenant.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 septembre 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L'État palestinien peut-il être viable ?
Reconnaissance de l'État palestinien : a-t-on le droit de bousculer ses amis ?
Georges Ibrahim Abdallah.
Make Iran Great Again ?
Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
Kfir Bibas, d'horreurs en horreurs...
Auschwitz : soyons la mémoire de leur mémoire !
Gaza : trêve, libération d'otages israéliens et propagande du Hamas.
Mahmoud Abbas.
7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie.
Les Accords d'Oslo.





 





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250921-etat-palestinien.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/l-etat-palestinien-peut-il-etre-263367

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/09/22/article-sr-20250921-etat-palestinien.html



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