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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 03:29

« L'excellent film d’Adam MacKay sorti le 25 décembre 2018 (…), intitulé "Vice", (…) permet (…) de comprendre l’homme, de se mettre à sa place, avec un mélange de cynisme poussé à l’extrême mais aussi d’une certaine naïveté, celle d’un messianisme évident, assez courant aux États-Unis (…). Quels que soient les dégâts qu’il ait pu occasionner (…), il y a une chose qu'on ne peut pas remettre en cause, c’est sa sincérité d’avoir agi pour l’intérêt des États-Unis. » (30 janvier 2021).





 


L'ancien Vice-Président des États-Unis Dick Cheney est mort le 3 novembre 2025 dans l'État du Wyoming, à l'âge de 84 ans, des suites d'une pneumonie. Il souffrait depuis plus d'une quarantaine d'années de problèmes cardiaques et vasculaires qui le rendaient particulièrement fragile. Et pourtant, l'image qu'il a donnée, c'était celle d'un homme fort, trop fort peut-être.

Son enterrement a eu lieu le 20 novembre 2025 dans la cathédrale nationale de Washington, en présence de deux anciens Présidents des États-Unis, George W. Bush et Joe Biden et de quatre anciens Vice-Présidents, Dan Quayle, Al Gore, Mike Pence et Kamala Harris. Bill Clinton avait des obligations et ne pouvait être présent. Donald Trump et J. D. Vance, les Président et Vice-Président en exercice, n'étaient pas présents parce qu'ils n'avaient pas été invités à la cérémonie. Par ailleurs, Barack Obama, dont Dick Cheney a beaucoup critiqué la mollesse dans la guerre contre le terrorisme, n'était pas non plus présent. Dick Cheney a reçu les honneurs militaires et a suscité le respect des démocrates dont il était pourtant un adversaire acharné.
 


Il faut dire que Dick Cheney, bien qu'il lui ait apporté son soutien à l'élection présidentielle de 2016, s'est opposé avec virulence au Président Donald Trump, surtout à partir de janvier 2021, quand sa fille Liz Cheney, représentante (députée) du Wyoming, a voté favorablement à la mise en accusation de Donald Trump en raison de sa mise en cause dans la tentative de coup d'État au Capitole le 6 janvier 2021. Ainsi, en septembre 2024, Dick Cheney, suivant par là sa fille parlementaire, a apporté son soutien à la candidate des démocrates Kamala Harris, considérant qu'avec Donald Trump, il n'y a « jamais eu dans les deux cent quarante-huit ans d'histoire de notre nation d'individu qui constitue une plus grande menace pour notre République ».

Mais il ne faut pas considérer cette prise de position à la fin de son existence comme la marque d'un homme d'État enfant de chœur. Il est toujours resté ce qu'il était, c'est-à-dire un ultra-conservateur, interventionniste et profiteur. C'est pour cette raison qu'il s'est opposé à Donald Trump, qu'il considérait comme un faux républicain (un RINO, Republican in name only), plus nationaliste que conservateur et ne défendant pas les intérêts des États-Unis dans le monde, notamment en raison de sa complaisance à l'égard de Vladimir Poutine.

Comme dit en début d'article, Dick Cheney était un mélange politique de cynisme et de messianisme. À partir de 1969 (sous Richard Nixon), il a eu pour mentor Donald Rumsfeld (1932-2021), futur Ministre de la Défense deux fois, sous Gerald Ford puis sous George W. Bush (en même temps que Dick Cheney à la Vice-Présidence, qui, finalement, après des scandales, allait lâcher en 2006 son vieux mentor). Dans les années 1970, les deux hommes s'opposaient à Henry Kissinger qu'ils trouvaient trop faible à l'égard de l'URSS.

 


Le jeune Dick Cheney secondait Donald Rumsfeld au poste de "chef du cabinet présidentiel" sous Gerald Ford, entre décembre 1974 et novembre 1975. Ce poste-là pourrait sans doute être l'équivalent, en France, du poste de Secrétaire Général de l'Élysée, même si les différences institutionnelles entre les exécutifs des deux pays restent très grandes. Quand Donald Rumsfeld a quitté le cabinet présidentiel pour devenir membre du gouvernement (à la Défense), Dick Cheney est devenu le chef de cabinet en titre de la Maison-Blanche, du 21 novembre 1975 au 20 janvier 1977. Il a exercé son pouvoir d'influence ainsi très tôt.

Après l'échec de Gerald Ford en 1976 (battu par le futur centenaire Jimmy Carter), Dick Cheney, qui avait dirigé la campagne du Président sortant avec James Baker, s'est fait élire six fois représentant (député) du Wyoming au Congrès des États-Unis, de janvier 1979 à mars 1989. À cette époque, il s'est opposé à l'instauration d'un Martin Luther King day, a considéré Nelson Mandela comme un dangereux terroriste (et refusé des sanctions contre l'Afrique du Sud de l'apartheid),

Puis, ayant soutenu activement la candidature du Vice-Président sortant George H. W. Bush à la Présidence en 1988, il a été bombardé Ministre de la Défense du 20 mars 1989 au 20 janvier 1993 (jusqu'à l'échec de la réélection, Bush père battu par Bill Clinton en 1992). En fait, ce n'était pas le premier choix pour le Président George H. W. Bush ; il avait choisi John Tower mais les choix présidentiels doivent toujours être ratifiés par le Congrès, et le Sénat l'avait rejeté. Le choix de Dick Cheney, en revanche, a été approuvé par les sénateurs le 17 mars 1989 (alors qu'il venait de prendre la responsabilité de minority whip à la Chambre des représentants (les Républicains y étaient minoritaires, sorte de vice-président de groupe).

 


À ce poste ministériel très important aux États-Unis, Dick Cheney a chapeauté les interventions militaires au Koweït lors de la première guerre du Golfe (Opération Tempête du désert), au Panama (Opération Just Cause), etc. Et il a privatisé une partie des opérations logistiques avec l'entreprise Blackwater.

L'échec de 1992 a libéré Dick Cheney de ses obligations d'État : le voici devenu, entre 1995 et 2000, le patron d'une grande société pétrolière et gazière, Halliburton, qui offre des prestations d'ingénierie dans le secteur de l'exploration du pétrole (sur terre et en mer) et du gaz de schiste (une entreprise, fondée en 1919, de plusieurs dizaines de milliers d'employés avec un CA à onze chiffres, plusieurs dizaines de milliards de dollars, dans les années 2020).
 


Quittant le monde de l'entreprise pour s'engager à nouveau en politique, cette fois-ci aux côtés de George W. Bush, il s'est rendu indispensable auprès de lui si bien qu'il fut son colistier puis son Vice-Président des États-Unis du 20 janvier 2001 au 20 janvier 2009. Il est considéré comme le Vice-Président des États-Unis le plus puissant de toute l'histoire américaine, en particulier en raison de la grande incompétence du Président élu, Bush fils.

Pendant huit ans, capitalisant sur les terribles attentats du WTC, Dick Cheney a pu régner sur la politique étrangères des États-Unis avec l'intervention en Afghanistan et l'invasion de l'Irak (seconde guerre du Golfe). La conclusion de tout cela, c'est que la guerre en Irak déclenchée le 20 mars 2003 a engendré entre 100 000 et 1,2 million de morts et favorisé l'essor de Daech dans un pays politiquement désorganisé et ruiné.
 


La dessinatrice de presse Ann Telnaes, qui a reçu notamment le Prix Pulitzer du dessin de presse en 2001, a gagné une notoriété internationale pour avoir vu son dessin refusé de parution dans le "Washington Post", propriété de Jeff Bezos, ce qui a entraîné sa démission le 4 janvier 2025. Le dessin controversé représentait les patrons milliardaires de la haute technologie et de l'Internet (Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Sam Altman, Patrick Soon-Shiong, etc.) s'agenouiller devant la statue de Donald Trump qui venait d'être réélu, et lui fournir de l'argent (pour sa cérémonie d'investiture).
 


Mais avant son combat contre Donald Trump, Ann Telnaes avant mené également (par dessins interposés) un combat féroce contre Dick Cheney qu'elle considérait comme sans morale, vénal, tortionnaire, fauteur de guerres partout dans le monde pour gagner des parts de marché dans le secteur de l'énergie.

On peut ainsi le voir sous les traits d'un homme particulière incisif lors de débats électoraux. Une image qui contraste beaucoup avec cette rangée d'anciens hommes d'État des deux partis gouvernementaux venus rendre un dernier hommage à un opposant de la dernière heure de Donald Trump, celui-là même qui n'avait exprimé aucune réaction à la mort de celui-ci. Dick Cheney a fini plus détesté sur son flanc droit que sur son flanc gauche. Qui l'eût cru ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 novembre 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Zohran Mamdani.
Dick Cheney.
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Claude Malhuret et les Cent-Jours de Trump.
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Fitch : ne pas surinterpréter la rétrogradation de la note de la France.
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Prix Nobel de Physique 2025 pour la physique quantique à l'échelle macroscopique.

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Sommet en Alaska : le guignol et le cynique.
Hiroshima et Nagasaki : le mythe fondateur de la dissuasion nucléaire.
Make Iran Great Again ?
Soumy : grâce musicale versus vulgarité brutale.
Ukraine : le retour de la diplomatie européenne.
Elon Musk.
Moonraker.
La révolution économique de Donald Trump ?
Donald Trump, gros pêcheur devant l'Éternel !
Grippe aviaire : désastre sanitaire mondial en perspective ?
Gene Hackman.
Claude Malhuret s'en prend à Néron et à son bouffon !
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Trump II : de justiciable à justicier !
Canada, Groenland, Panama : Donald Trump est-il fou ou cynique ?
Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés.
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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20251103-dick-cheney.html

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5 novembre 2025 3 05 /11 /novembre /2025 03:13

« Zohran Mamdani deviendra le 1er janvier le premier maire musulman de la plus grande ville des États-Unis. Le soutien de Donald Trump à son principal adversaire, concédé du bout des lèvres, n’a donc pas été favorable, ou n’a pas suffi, à l’ex-gouverneur. Pas plus que l’appel du Président aux électeurs juifs à faire barrage au candidat musulman. » (AFP, le 5 novembre 2025).


 


Mauvaise nuit pour Donald Trump ! New York a toujours été la ville de la diversité et ce n'était pas un hasard si elle fut choisie pour accueillir le siège des Nations-Unies il y a quatre-vingts ans (presque jour pour jour, le 24 octobre 1945). C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre l'élection du jeune candidat démocrate Zohran Mamdani à la mairie de New York, ce mardi 4 novembre 2025, pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois (limité à deux mandats consécutifs).

Il faut d'abord rappeler que maire de New York est un mandat d'une très grande puissance politique et financière. New York compte 8,5 millions d'habitants, 20,1 millions si l'on tient compte de toute l'agglomération. Le budget de la mairie de New York est de 50 milliards de dollars, dont 27 milliards de dollars prélevés dans des impôts et taxes, gérant 250 000 agents de la ville. C'est une force de frappe nettement plus importante, en pouvoir, toute proportion gardée, avec les mairies en France car l'État fédéral, qui alloue toutefois 13 milliards de dollars à la mairie, y est beaucoup moins prégnant.

Il y a un véritable effet Zohra Mamdani depuis quelques mois. Il coche tout ce que la trumpsphère déteste : il est jeune (il vient d'avoir 34 ans le 18 octobre dernier), il est socialiste du parti démocrate (il se dit socialiste, ce qui, aux États-Unis, est très audacieux) et, enfin, il est musulman (chiite même). Ses parents sont eux-mêmes des personnages haut en couleurs. Sa mère Mira Nair est réalisatrice de cinéma, d'origine indo-américaine et elle a reçu la Caméra d'or au Festival de Cannes en 1988 pour son film "Salaam Bombay !" (sorti le 24 août 1988). Son père Mahmood Mamdani est un politologue et anthropologue reconnu, universitaire ougandais d'origine indienne, considéré le 23 juin 2008 comme le 9e intellectuel le plus important au monde. Quant à son épouse Rama Duwaji, elle est une illustratrice américaine d'origine syrienne (ils se sont mariés cette année).
 


Zohran Mamdani, né à Kampala, la capitale de l'Ouganda, ne pourra pas se présenter plus tard à une élection présidentielle (car pas né sur le sol américain), mais son élection à la mairie de New York est déjà un événement politique important. Il a vécu au Cap puis est arrivé à New York quand il avait 7 ans.

Après avoir fait campagne sans succès pour des candidats socialistes lors de certaines élections à New York, il s'est présenté lui-même à l'assemblée de l'État de New York, où il est élu et réélu depuis novembre 2020 (l'équivalent de conseiller régional). Il a fait campagne pour encadrer les loyers de toutes les locations de l'État de New York.

C'est le 23 octobre 2024 que Zohran Mamdani a annoncé sa candidature à la mairie de New York, avec une étiquette très à gauche, socialiste et pro-palestinien, soutenu par Bernie Sanders, et des propositions très audacieuses comme la gratuité des transports en commun et des crèches municipales, le gel des loyers, etc. Il a même proposé que la mairie gère des épiceries pour proposer de la nourriture à bas prix. Et, pour financer tout cela, une sorte de taxe Zucman de 2% pour les personnes aisées gagnant plus d'un million de dollars par an, qui rapporterait 4 milliards de dollars.

Sa première victoire, surprise, a eu lieu le 24 juin 2025 lorsqu'il a remporté la primaire du parti démocrate pour être le candidat démocrate à la mairie avec 43,5% des voix. New York est généralement à majorité démocrate, et l'ancien gouverneur de l'État de New York entre 2011 et 2021, Andrew Cuomo (67 ans), ancien ministre de Bill Clinton et fils de Mario Cuomo, lui-même gouverneur de l'État de New York entre 1983 et 1995, était le grand favori. Accusé de harcèlement sexuel (ce qui a conduit à sa démission de son poste de gouverneur en août 2021), il a échoué en ne recueillant que 36,5% des voix face à Zohran Mamdani, malgré un budget de 25 millions de dollars (comparés au 1,7 million de dollars du jeune outsider).

Malgré son échec à la primaire, Andrew Cuomo a continué à rester candidat à la mairie, comme candidat indépendant, soutenu par les milliardaires, par l'ancien maire Michael Bloomberg, par l'ancien Président Bill Clinton, et même par Donald Trump qui a fait pression sur les autres candidats contre Zohran Mamdani pour s'effacer.


Pour autant, le candidat républicain est resté, l'ancien candidat en 2021, Curtis Sliwa (71 ans), candidat contre le maire sortant Eric Adams (65 ans), démocrate, lui-même en difficulté car avec une casserole judiciaire depuis septembre 2024, accusé de financement illégal de campagne électorale et de corruption (mais l'affaire a été finalement classée le 2 avril 2025). Malgré ses velléités de se représenter comme candidat indépendant, Eric Adams a dû renoncer à une nouvelle candidature le 28 septembre 2025, laissant un boulevard à Zohran Mamdani malgré des médias très hostiles à sa candidature. L'ancien maire républicain Rudolph Giuliani a qualifié le jeune candidat de « croisement d'extrémiste islamique et de communiste » et Donald Trump l'a même menacé de le faire expulser (alors qu'il a la nationalité américaine).
 


Le duel électoral s'est donc poursuivi entre Zohran Mamdani et Andrew Cuomo, mais ce n'était plus ce dernier le favori et effectivement, Zohran Mamdani a très largement gagné l'élection ce 4 novembre 2025 avec 50,4% des voix, dépassant de près de 200 000 voix son rival Andrew Cuomo, soutenu par le maire sortant Eric Adams, avec seulement 41,6% et le républicain Curtis Sliwa 7,1%. Très apprécié par la jeunesse, Zohran Mamdani a su mobiliser de nouveaux électeurs, si bien que la participation électorale a bondi de 1,13 million d'électeurs le 2 novembre 2021, à la précédente élection municipale à New York, à 2,1 millions d'électeurs le 4 novembre 2025.

C'est donc une très grande victoire de Zohran Mamdani qui s'est installé comme l'un des premiers opposants politiques à Donald Trump. Le duel est inéquitable et le Président américain entend bien rendre la vie difficile au futur maire de New York, comme, par exemple, ne pas verser ses dotations annuels (13 milliards de dollars en principe). Pour le milliardaire de la Maison-Blanche, cela reste une très mauvaise nouvelle.


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Sylvain Rakotoarison (05 novembre 2025)
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4 octobre 2025 6 04 /10 /octobre /2025 04:23

« Chaque jour apporte son lot d’annonces hallucinées. Droits de douane invraisemblables, expulsions arbitraires, attaques contre la sécurité sociale, les retraites, la liberté d’expression, l’éducation, la justice, la Constitution, les vétérans, les droits des électeurs, les universités et la science. Donald Trump ne prend pas de décisions, il prend sa revanche. Chaque jour, la confiance dans l’Amérique perd du terrain. » (Claude Malhuret, le 30 avril 2025 au Sénat).



 


Le sénateur Claude Malhuret, président du groupe Les Indépendants, République et Territoires au Sénat, est un orateur redoutable : la formule choc, le ton vaguement monocorde et pourtant, détonnant, visant toujours juste. Depuis quelques années, il a acquis en France cette réputation du verbe intelligent et incisif.

Soutien exigeant de la politique du gouvernement, Claude Malhuret cible généralement les populismes, les extrémismes, à l'intérieur comme à l'extérieur de la France. C'est rare dans la communication politique : les oppositions sont généralement plus percutantes que les soutiens, parce que c'est toujours plus facile (et rapide) de détruire, de dégommer, de critiquer, de fustiger, que de construire, de bâtir, de soutenir, d'argumenter une politique nationale. Alors, le sénateur s'est fait comme un fonds de commerce de dégommer les "dégommeurs" !

Parmi ses cibles privilégiées, il y a bien sûr Donald Trump. Lorsque, le 4 mars 2025, Claude Malhuret avait évoqué les débuts chaotiques de la Présidence Trump, pour s'interroger : « Pourquoi, devant tant de décisions insensées de leur Président, les Américains ne réagissent-ils pas ? », il ne s'attendait pas à créer un buzz (comme on dit). C'est déjà difficile, pour un parlementaire, de créer un buzz dans son propre pays, alors Outre-Atlantique... Ainsi, Claude Malhuret, qui n'est pas nouveau dans la vie politique française, ni non plus dans les relations internationales (il était président de Médecins sans frontières de 1978 à 1986) mais était inconnu des Américains, est devenu une petite star d'Internet aux États-Unis (au point d'être traduit !). Ce qui l'a intrigué, dans la vie politique américaine, c'est le silence complet des dirigeants démocrates, ou de l'ancienne candidate démocrate, comme s'ils étaient encore sidérés par leur défaite électorale de novembre 2024, incapables de prendre la voix de l'opposition à Donald Trump.

Fort de cette nouvelle notoriété, Claude Malhuret a profité des 100 jours de la Présidence Trump pour faire, le 30 avril 2025, une déclaration dans un salon du Sénat, traduite en anglais pour ses amis américains. Si je calcule bien, les 100 jours sont devenus les 200 jours le 8 août 2025. Et avec Donald Trump, le temps passe très vite avec les mille et unes transgressions qu'il impose sans cesse.

Toutefois, malgré le temps avancé, il m'a paru intéressant de reprendre cette déclaration de Claude Malhuret qui reste toujours d'actualité, car Donald Trump est un disciple du va-et-vient.
 


Le sénateur français a comparé le comportement de Donald Trump à celui d'un voyou : « En faisant chuter la Bourse et le dollar, fuir les acheteurs d’US bonds, en enfermant son pays derrière une muraille douanière, et, comme Al Capone, en expliquant aux alliés qu’ils paieront ou qu’ils auront des ennuis, celui qui prétend redonner sa grandeur à l’Amérique est en train de la rabougrir. ».
 


Claude Malhuret s'en est pris à la politique protectionniste de Donald Trump, aux taxes douanières qu'il a voulu augmenter et surtout à l'imprévisibilité de sa politique économique : « Chaque jour, l’incertitude augmente. On expose devant toutes les télévisions un tableau surréaliste de "tariffs" de 10 à 150% avant de les retirer le lendemain. On annonce la guerre économique à la Chine avant de s’aplatir en 48 heures. On menace de limoger le président de la FED avant de faire machine arrière devant la chute des marchés. Les executive orders sont contestés en justice, ce qui accroît la confusion. Le brouillard est le pire ennemi de l’économie et le Donald krach était inévitable. Il va se poursuivre, au rythme des pirouettes de ce roseau peint en fer. Personne ne sait ce qu’il fera après les 90 jours de pause, mais à l’évidence celui qui le sait le moins est Donald Trump lui-même. ».
 


De même, il a critiqué le choix de ses collaborateurs : « Les membres du cabinet sont nommés non pas malgré mais à cause de leur nullité. Un ministre de la santé qui ne sait même pas localiser sa vésicule biliaire expose ses théories fumeuses sur les dangers des vaccins ou l’origine du SIDA. Le ministre de la défense, entre deux rasades de gin, papote en ligne avec sa famille et ses amis sur les opérations militaires en cours sous les yeux des services de renseignements du monde entier. Le Chief Counselor for trade, ou plutôt le Chief Forger, invente un économiste fictif pour soutenir ses thèses absurdes. Le chargé des négociations sur l’Ukraine fricote depuis des années avec un oligarque proche de Poutine. Quant au Vice-Président, il a réussi l’exploit d’être en quelques jours plus détesté aux États-Unis que tous ses prédécesseurs, mais de l’être aussi dans toute l’Europe après son discours de haine à Munich. Il suffit de l’écouter pour imaginer l’interminable rage de dents qu’est sa vie. ».
 


Et de se corriger : « Dans mon précédent discours, je comparais le nouveau gouvernement américain à la cour de Néron. Je me trompais. C’est la cour de Caligula, qui avait un jour nommé son cheval Consul. Mais au moins son cheval ne faisait de mal à personne. ».

La manière peu diplomatique de faire de la diplomatie était aussi pointée du doigt : « Chaque jour dans le bureau ovale, assis dans un fauteuil assorti à ses cheveux Trump fait défiler devant la presse les chefs d’État qui se succèdent comme dans une émission de téléréalité, effarés ou serviles, semblant se demander ce qu’ils font là, forcés d’ingurgiter des discours dégoulinant d’autosatisfaction, d’inculture vaniteuse, de grossièreté revendiquée et d’overdose de lui-même. Ils savent maintenant pourquoi ils ont été invités puisque Trump l’a expliqué : pour "kiss his ass". » [Claude Malhuret a préféré le dire en anglais dans le texte, et je me gardera de le traduire en français !].
 


L'écœurement du sénateur, grand soutien à la résistance ukrainienne contre l'agresseur Vladimir Poutine depuis février 2022, était à son comble sur la gestion de la guerre en Ukraine. Il a eu du mal à avaler l'humiliation du 28 février 2025 : « Le pire bien sûr, c’est la trahison. Depuis l’humiliation de Zelensky dans le bureau ovale, qui a choqué le monde entier, et beaucoup d’Américains, chaque jour aggrave la capitulation devant Poutine. Vote à l’ONU en faveur de la Russie, aux côtés de la Corée du Nord et du Nicaragua, démantèlement des structures fédérales chargées d’examiner les ingérences russes aux États-Unis, nomination d’une directrice du renseignement que le propagandiste russe Soloviev qualifie lui-même à la télévision d’agent de Poutine, fermeture de Voice of America après 80 ans d’activité. Et ce pauvre Witkoff, l’ami des oligarques, chargé du dossier ukrainien dont il ne connaît rien et qui joue le perroquet du Kremlin chaque fois qu’il revient de Moscou. ».
 


D'où cette formule : « Comme le dit un fonctionnaire du Département de la Sécurité : "Poutine est maintenant à l’intérieur". Aujourd’hui quand les chats mangent les souris, ils déclarent que les souris les avaient agressés. Et Trump les croit. Est-il sous kompromat ou simplement d’une crétinerie absolue ? Ce qui est certain, c’est qu’il est le meilleur Président russe de toute l’histoire américaine. ».

Et malgré le Sommet en Alaska, où Donald Trump a commencé à se rendre compte de la complexité de la situation, la critique sénatoriale reste pertinente : « Son plan pour un cessez le feu en Ukraine va au-delà des rêves les plus fous de Poutine : annexion de la Crimée, occupation de quatre oblasts, absence de garanties de sécurité pour Kiev et braquage des richesses minières. Il est bien évidemment inacceptable pour les Ukrainiens et catastrophique pour les Européens. ».
 


Le bilan des 100 jours est donc peu flatteur : « Je décrivais les débuts de la Présidence Trump comme une tragédie. Au bout de cent jours, il s’avère que c’est une farce. Mais une farce sinistre. Chaque décision du matamore de Mar-A-Lago a eu des effets désastreux. En économie le plongeon de la Bourse et du dollar, la hausse des taux et le début de récession. En politique étrangère le lâchage des alliés, la servilité devant Moscou et la guerre commerciale avortée contre la Chine où l’arroseur s’est retrouvé arrosé. En politique intérieure la bataille généralisée avec les États, les fonctionnaires, les universités et tant d’autres. Trump va de plus en plus vite, mais à reculons. ».
 


Et de citer Charles Péguy, l'un des auteurs préférés de François Bayrou : « Les recettes mercantilistes, nationalistes, xénophobes et rabougristes sont en train de donner les résultats qu’elles ont toujours donné dans l’histoire et qu’a très bien résumé un écrivain français, Charles Péguy : "Le triomphe des démagogues est passager, mais les ruines sont éternelles". ».

Pour autant, Claude Malhuret a vu des motifs d'espoir : « Le pire n’est jamais certain. Le trot d’un âne ne dure pas longtemps, disent les Italiens. ». D'abord, le divorce entre Elon Musk et Donald Trump : « En trois mois, le trumpisme commence à se lézarder. L’alliance contre-nature entre des anywhere milliardaires et une base de somewhere a duré le temps d’une campagne électorale. Depuis, les milliardaires de la tech ont perdu leurs milliards et ceux qui ont cru dans leurs promesses ont perdu leurs emplois. Musk est déjà reparti pour tenter de sauver les meubles chez Tesla. Et Steve Bannon mène la révolte de l’aile populaire contre les oligarques des GAFAM. ».

Cela ne suffira pas à faire s'écrouler le trumpisme. Claude Malhuret a donc parlé de résistance active. Celle, certes insuffisante, des Européens pour l'Ukraine : « Ils préparent, difficilement, les moyens de continuer à soutenir l’Ukraine le jour où le caniche de Moscou décidera de lâcher définitivement Zelensky. Ils entreprennent, trop timidement, de se réarmer. ».

Mais surtout celle des Américains eux-mêmes : « Voici plus de quatre-vingts ans que nous avons construit ensemble le monde libre où nous vivons aujourd’hui. Et voici plus de deux siècles que nous partageons les mêmes valeurs : la démocratie, les droits de l’homme, la liberté d’entreprendre qui fait que chaque Américain et chaque Européen se sent au plus profond de soi appartenir à une même civilisation, au point que jamais les uns et les autres n’auraient pu imaginer qu’un jour, en aussi peu de temps, des dirigeants se donneraient pour but de creuser un fossé entre eux. ».
 


Ce qui a amené Claude Malhuret à formuler son message final : « J’ai un message pour mes amis américains. Il faut que tous les défenseurs des libertés redoublent d’efforts. (…) Qu’ils convainquent enfin tous les Américains de se battre pour les valeurs qui ont fait de leur nation la plus libre, la plus riche et la plus puissante du monde. ». En anglais, cela donne ceci : « Every defender of liberty must step up their fight. (…) They must convince their fellow Americans to restore the values that made their nation the freest, richest, and most powerful in the world. ».
 


Claude Malhuret n'a pas fait de message pour les 200 jours, ni ne le fera pour les 300 jours, etc. Mais il refera sans doute régulièrement le point sur la Présidence Trump. Parce qu'elle est atypique, parce qu'elle détruit tout ce qui a été bâti en plusieurs siècles d'État de droit et de relations internationales, le sénateur centriste veut croire que les Américains restent attachés à cette Amérique profonde, cette Amérique éternelle, phare du monde libre et référence pour les libertés, et qu'ils vont se ressaisir aux prochaines élections.


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Sylvain Rakotoarison (23 août 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Claude Malhuret et les Cent-Jours de Trump.
Déclaration de Claude Malhuret le 30 avril 2025 au Sénat (vidéo et texte intégral).
Claude Malhuret s'en prend à Néron et à son bouffon !
Claude Malhuret : du vol des élections aux chefs d'escadrille...
Claude Malhuret au Sénat : le spectacle continue !
Ukraine : Claude Malhuret se gausse de Jordan Selfie !
Claude Malhuret sur l'inscription de l'IVG dans la Constitution le 4 mars 2024 à Versailles.
Claude Malhuret s'en prend à "la pression permanente et déprimante des extrêmes" !
Claude Malhuret dénonce la "mauvaise république" du guide suprême !
L'Iran et les femmes : Claude Malhuret contre la mollarchie.
Passe vaccinal : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Covid-19 : les trois inepties du docteur Claude Malhuret.
 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250808-malhuret.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/claude-malhuret-et-les-cent-jours-260803

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/05/03/article-sr-20250808-malhuret.html


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19 août 2025 2 19 /08 /août /2025 04:50

« Ce qu'il faut abandonner, c'est l'approche tyrannique par laquelle on essaie de résoudre un problème social et médical. Nous, nous soutenons l'idée du volontarisme, de la responsabilité individuelle, de la famille, des amis, des églises pour résoudre les problèmes, au lieu de dire qu'un gouvernement monolithique va prendre soin de vous et faire de vous quelqu'un de meilleur. (…) Le gouvernement ne peut pas faire de vous quelqu'un de meilleur, il ne peut faire en sorte que vous preniez de bonnes habitudes. » (Ron Paul, le 4 juillet 1988).



 


L'homme politique américain Ron Paul fête son 90e anniversaire ce mercredi 20 août 2025. C'est l'occasion de retracer le fil politique de Ron Paul dont le blog était parmi les plus actifs et les plus lus dans les années 2010.

Ron Paul, qui est à l'origine médecin (gynécologue), est un OVNI de la vie politique américaine. Il y en a beaucoup, d'OVNI politiques, pas de gynécos ! (et Donald Trump en fut même un), car un système bipartisan engendre nécessairement des électrons libres qui ne souhaitent pas se polariser selon l'un des deux camps, républicains et démocrates.

Très populaire sur Internet, la trajectoire électorale de Ron Paul montre que cette popularité n'est pas suffisante pour lever des foules, lever un peuple derrière soi, lever des électeurs. En ce sens, on pourrait le comparer à François Asselineau en France, mais ce serait très péjoratif pour Ron Paul qui mériterait une meilleure réputation quand même !

Ron Paul a tenté deux fois de se présenter à la Présidence des États-Unis, une fois en 2008 et une autre fois en 2012, mais à chaque fois, il s'est enlisé aux primaires républicaines malgré une belle popularité et d'abord, une belle notoriété. En fait, pour être exact, il a tenté trois fois, la première, c'était pour les élections présidentielles de 1988 où il représentait le parti libertarien (au lieu du parti républicain), un micro-parti qui n'a jamais pu percer.


Électoralement, Ron Paul a fait donc partie du camp républicain, ou était électron libre. Ainsi, il a été élu représentant des États-Unis, c'est-à-dire l'équivalent de député en France, dans une circonscription du Texas, d'avril 1976 à janvier 1977 (élu pour une fin de mandat), puis, après échec électoral en novembre 1976, réélection en novembre 1978, du janvier 1979 à janvier 1985 (il ne s'est pas représenté), puis réélu en novembre 1996 après avoir battu le représentant sortant républicain aux primaires républicaines, jusqu'à janvier 2013 (le mandat de représentant est de deux ans, soit renouvelé tous les deux ans). Tous ces mandats parlementaires ont été exercés par lui avec l'étiquette de républicain.

Mais est-il vraiment républicain ? C'est la vraie question, et son originalité politique, à savoir, son programme politique original, est une tradition aux États-Unis (au même titre que l'originalité d'un Donald Trump a déjà existé dans l'histoire des États-Unis).

En fait, son étiquette républicaine était surtout électorale, et donc opportuniste, en raison de l'organisation des primaires et des élections, mais lorsqu'il n'était pas en situation de mandat, il était libertarien. En quelques sortes, c'est la logique libérale poussée au maximum.

Ainsi, il y a des logiques, et plutôt acceptées par les Américains, qui est que l'individu puisse garder la plus grande liberté possible. Cela signifie que l'État soit le plus faible possible, ou plutôt, qu'il soit fort mais dans le moins de domaines possible et surtout pas pour la vie privée.
 


Ron Paul a ainsi promu la vieille tradition isolationniste des États-Unis dans les relations internationales : le moins d'interventions possible signifie que son pays ne doit plus être le "gendarme du monde" comme c'est le cas depuis les deux guerres mondiales. C'est du reste la doctrine de Donald Trump, mais elle est en opposition totale avec les politiques extérieures des Présidents américains de la seconde moitié du XXe siècle et du XXIe siècle. Face à la Russie (soviétique avant, ou plus), Donald Trump se retrouve dans le contraire total de Ronald Reagan dont la fermeté a sans doute facilité la chute de l'URSS. Ron Paul s'est ainsi opposé à George W. Bush qui a fait la guerre en Irak.

C'est dans cette philosophie que Ron Paul a logiquement revendiqué le retrait des États-Unis de toutes les instances internationales, que ce soient des organisations de défense comme l'OTAN, économiques comme l'OMC ou encore politique, comme l'ONU. Selon lui, la liberté du citoyen américain ne devrait pas être limitée par des organisations qui n'émaneraient pas de lui.

Le retrait de l'OMC n'est pas, pour autant, comme ce serait le cas, éventuellement, pour Donald Trump, le résultat d'une volonté protectionniste. Au contraire, Ron Paul est contre toute intervention qui polluerait le libéralisme économique, la production, les échanges de biens et services. C'est pourquoi il est contre toute barrière douanière. Comme il était contre le Patriot Act après les attentats du 11 septembre 2001.

Taxes et impôts sont donc les ennemis de Ron Paul favorable à la suppression de l'impôt sur le revenu (rappelons qu'en France, le seul candidat à l'élection présidentielle qui a proposé la suppression de l'impôt sur le revenu était Jean-Marie Le Pen à la fin des années 1980). Cette idée est cohérente avec le désengagement de l'État fédéral dans de nombreux domaines, comme l'éducation (suppression du Ministère de l'Éducation, idée reprise par Elon Musk), et même de la CIA ! Les domaines d'intervention de l'État qui ne sont pas cités dans la Constitution des États-Unis doivent être supprimés, pour le candidat libertarien.

C'est le cas aussi pour tout ce qui est "sociétal" : Ron Paul considère que l'État fédéral ne devrait pas légiférer sur ces sujets (avortement, mariage pour tous, etc.) et devrait laisser les États le faire de façon décentralisée. Ce qui est étonnant, c'est que lui-même est contre l'avortement alors que les libertariens sont en général très libéraux également sur le plan sociétal. Il est aussi, comme une large majorité des Américains, favorable à la peine de mort mais il ne souhaite pas que l'État fédéral la prononce, il préfère laisser cette sentence aux États.

Très étrangement, Ron Paul est contre l'immigration et contre le droit du sol, alors que c'est pourtant une liberté individuelle de pouvoir aller et venir où bon il semble. Cette incohérence est d'ailleurs l'une des failles pour les libertariens en général qui sont très favorables à l'immigration. En ce sens, Ron Paul rejoint Donald Trump.


Comme on le voit, durant ses trois campagnes présidentielles et ses campagnes législatives, Ron Paul a développé des idées politiques assez originales bien que très ancrées dans la tradition américaine (l'individualisme avec un grand L, celui de la liberté). En cela, il est donc très différent de Donald Trump et de son protectionnisme qui ne raisonne que pour l'intérêt des grands groupes américains et pas forcément des citoyens eux-mêmes (malgré le vote populaire en 2024).

Ron Paul a réussi, par des moyens de communication virale, à avoir un écho beaucoup plus important que sa réelle représentativité électorale. Marginal, et aussi l'un des candidats les plus âgés dans des primaires présidentielles, Ron Paul a su, par son originalité, éveiller la curiosité des Américains et même au-delà. Pendant la crise sanitaire du covid-19, Ron Paul était même parmi ceux qui critiquaient toute mesure contraignante pour éviter la propagation de la pandémie. En ce sens, il était dans une logique libertarienne classique (pas d'intervention de l'État), et tant pis si les plus fragiles mouraient du coronavirus.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 août 2025)
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Pour aller plus loin :
Ron Paul.
Sommet en Alaska : le guignol et le cynique.
Hiroshima et Nagasaki : le mythe fondateur de la dissuasion nucléaire.
Make Iran Great Again ?
Soumy : grâce musicale versus vulgarité brutale.
Ukraine : le retour de la diplomatie européenne.
Elon Musk.
Moonraker.
La révolution économique de Donald Trump ?
Donald Trump, gros pêcheur devant l'Éternel !
Grippe aviaire : désastre sanitaire mondial en perspective ?
Gene Hackman.
Claude Malhuret s'en prend à Néron et à son bouffon !
Ukraine : Trump, porte-parole de Poutine !
Trump II : de justiciable à justicier !
Canada, Groenland, Panama : Donald Trump est-il fou ou cynique ?
Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés.
Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
Shirley Chisholm.
Katalin Kariko et Drew Weissman.
Rosalynn Carter.
Walter Mondale.
Marathonman.
Bob Kennedy.



 



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13 avril 2025 7 13 /04 /avril /2025 04:34

« Washington est devenue la cour de Néron : un empereur incendiaire, des courtisans soumis et un bouffon sous kétamine chargé de l’épuration de la fonction publique. » (Claude Malhuret, le 4 mars 2025 au Sénat français).



 


Il y a soixante-dix ans, le 7 avril 1955, est paru dans son édition britannique le roman d'Ian Fleming, "Moonraker", le troisième roman d'espionnage mettant en scène James Bond, le fameux agent 007. Son édition française est parue en 1958 d'abord sous le titre (étrange) "Entourloupe dans l'azimut" avant de reprendre le titre original en 2002 en raison du succès de son adaptation cinématographique éponyme réalisée par Lewis Gilbert et sortie le 28 juin 1979. Le film met en scène notamment Roger Moore pour le rôle de James Bond et le succulent Michael Lonsdale pour celui de Hugo Drax.

Un internaute proposait sur Twitter le mois dernier une analogie amusante. Hugo Drax est la figure du méchant qui veut être le maître du monde, il est à la fois fort riche et à la tête d'une grande puissance technologique, un savant fou et mégalomaniaque (qui n'avait donc pas la caractéristique de faire apprécier les scientifiques par le grand public). C'est l'époque des années 1950 qui voulait cela et on le retrouvait dans beaucoup de fictions, notamment des bandes dessinées pour la jeunesse, dont le meilleur pastiche reste le fameux Zorglub dans "Spirou et Fantasio", personnage créé par Franquin et Greg. Certes, le mythe du savant fou est bien plus ancien, on le retrouve dans de nombreuses fictions depuis le XIXe siècle (en particulier chez Jules Verne), mais les années 1950 l'ont utilisé jusqu'à plus soif, en ont fait un sujet cliché classique, ce qu'on appellerait un poncif, voire, un souverain poncif (pour un maître du monde !).

Incarné par Michael Lonsdale, Hugo Drax était considéré par le twitternaute en question comme « un méchant qui est à la fois un industriel ultra-riche et un constructeur de fusées cherchant à semer le chaos parce qu'il est en réalité un nazi secret ». Et de commenter l'idée de ce scénario avec un brin d'humour britannique : « Les romans originaux de James Bond écrits par Ian Fleming ont mal vieilli. (…) Quelle idée absurde ! ».


C'est vrai que ça me barbe, en général, les vieux films d'espionnage qui ont repris le cadre général de la guerre froide. Comment c'est ennuyeux, les gentils espions américains et les méchants espions soviétiques ! Mais il n'est pas inintéressant de nous pencher ainsi sur "Moonraker" car les États-Unis d'aujourd'hui tentent, dans un élan désespéré d'orgueil, de retourner en arrière dans le passé plus ou moins lointain depuis la réélection de Donald Trump. Certains internautes ont réagi à cette comparaison, certains lâchant : « Qui aurait cru que Moonraker soit un film prémonitoire !! ». Une autre : « La réalité dépasse la fiction. ».


Toujours avec humour, un quatrième internaute constatait que ce n'était pas tout à fait analogue en raison du chapeau. Hugo Drax porte en effet un beau chapeau de chasse, ce qui n'est pas le cas de... de qui au fait ?

Un autre internaute a répondu en effet en y glissant une photographie de l'industriel milliardaire pris en comparaison : Elon Musk ne porte pas de chapeau mais une casquette, la fameuse casquette Make America Great Again (MAGA), qu'il a arboré dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, en compagnie d'un de ses nombreux enfants (celui qui met ses doigts dans le nez), et d'un vieil homme fâché et fatigué assis derrière une table (passablement agacé).
 


On peut aussi le voir aux côtés du Président argentin Javier Milei dans leur objectif commun de faire des coupes tranchantes dans les dépenses publiques (bonjour les dizaines de milliers de fonctionnaires qui vont devenir chômeurs), et autant le faire dans la délicatesse avec une belle tronçonneuse (est-elle électrique ?).
 


Ou encore, sans casquette mais avec un étrange chapeau en forme de fromage (ne me demandez pas pourquoi) !

Étonnante comparaison mais pas forcément si inappropriée que ça. Elon Musk est aujourd'hui l'homme le plus riche du monde (au 11 février 2025, sa fortune s'élèverait à 380 milliards de dollars, selon "Forbes"), même s'il a perdu depuis l'arrivée au pouvoir de son ami Donald Trump déjà plus de 150 milliards de dollars (ce n'est rien !). Il a une vision très planétaire voire universelle de sa vocation, de sa mission ici-bas, il est, dans sa tête, une sorte de maître du monde à pensée messianique.

Il est le dirigeant du constructeur Tesla de véhicules électriques (même si son marché en Europe est en train de s'écrouler). Il est le propriétaire de SpaceX qui devient aussi indispensable voire plus indispensable que la NASA, et souhaite que l'homme aille sur Mars, un objectif aussi fantaisiste que l'homme sur la Lune, ce qui, justement, est un défi à la hauteur du milliardaire. Il est aussi à la tête de Starlink qui permet de se connecter à ses 6 300 satellites dans le monde entier (bientôt 12 000 satellites et en prévision, 42 000 satellites !) pour bénéficier d'une liaison Internet partout sur Terre (Volodymyr Zelensky utilise ce réseau pour la conduite de ses drones). Enfin, en 2022, il a racheté le site Twitter de réparties politico-littéraires, qu'il a rebaptisé X (mais que je continuerai d'appeler Twitter parce que je suis un vieux schnoque !).


Son acquisition de Twitter a fait partie d'un plan très important pour influer sur les démocraties dite "occidentales" ; d'abord, bien sûr, sur les États-Unis en soutenant massivement la candidature de Donald Trump en 2024, mais ensuite en Europe où il soutient systématiquement tous les mouvements politiques d'extrême droite, populistes et anti-européens, en particulier l'AfD en Allemagne, l'UKIP au Royaume-Uni (Nigel Farage) et le RN en France (Marine Le Pen). Passant un temps fou sur Twitter, ce qui semble étonnant pour un dirigeant d'entreprises, Elon Musk en profite pour distiller de nombreux propos ouvertement complotistes et des fake-news.
 


Depuis janvier 2025, Elon Musk est au pouvoir, il est le responsable du Département de l'efficacité gouvernementale (DOGE), autrement dit, il est chargé de faire des coupes franches dans la dépense publique. Son idéologie est totalement anti-État en ce sens qu'il ne croit qu'au libre exercice d'entreprendre et considère les États comme des empêcheurs d'entreprendre par leurs normes, leurs réglementations et leurs fiscalités.

Au-delà de l'objectif d'aller sur Mars, Elon Musk a investi dans des projets basés sur l'intelligence artificielle et croit à l'idée d'un homme transhumaniste capable de faire progresser la société. En ce sens, au-delà des objectifs financiers et industriels, Elon Musk nourrit des ambitions idéologiques et messianiques d'ordre mégalomaniaque.

Très présent aux côtés de Donald Trump, s'invitant à la Maison-Blanche, dans les conférences de presse, dans les meetings de Donald Trump, Elon Musk a pris ses aises avec la démocratie américaine et les institutions américaines depuis trois mois. Né à Pretoria, en Afrique du Sud, il ne pourrait pas se présenter à une élection présidentielle américaine (le Président des États-Unis doit être né sur territoire américain), mais il a déjà pris une très grande influence.
 


Enfin, une influence jusqu'au 2 avril 2025, car l'annonce par Donald Trump de taxes douanières généralisées qui provoque actuellement un début de krach boursier et probablement une récession à court et moyen termes a été incompréhensible pour Elon Musk, partisan de l'ouverture des échanges économiques dans la mesure où un produit industriel est désormais le résultat de la globalisation économique. Pour seule réponse, outre son silence récent, Elon Musk s'est contenté de diffuser sur Twitter, le 6 avril 2025, une déclaration de l'économiste du libéralisme, Milton Friedman, disparu il y a un peu moins d'une vingtaine d'années, qui expliquait qu'un simple crayon de papier était le résultat d'un processus industriel complexe faisant intervenir plusieurs pays et que seule l'ouverture des frontières commerciales permettait à la fois la prospérité économique et le progrès technologique, mais aussi le renforcement de la paix dans la mesure où les économies nationales deviennent imbriquées (c'était l'objectif du Plan Schuman et du Traité de Rome).

Le divorce déjà annoncé dès le début est donc envisagé prochainement : les projets messianiques d'Elon Musk ne se satisferaient pas de l'enterrement en première classe de l'économie américaine en raison de la marotte idéologique de l'homme aux cheveux de feu. Le sourire du clown vire au jaune. L'époque est passionnante à observer, mais beaucoup moins à vivre.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 avril 2025)
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Pour aller plus loin :
Elon Musk.
Moonraker.
Gene Hackman.
Pierre Dac.
Pierre Arditi.
Pierre Palmade.
Carla Bruni.
Valeria Bruni Tedeschi.
Teddy Vrignault.
Pierre Richard.
François Truffaut.
Roger Hanin.
Daniel Prévost.
Michel Blanc.
Brigitte Bardot.
Marcello Mastroianni.
Jean Piat.
Sophia Loren.
Lauren Bacall.
Micheline Presle.
Sarah Bernhardt.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Marlène Jobert.
Alfred Hitchcock.
Les jeunes stars ont-elles le droit de vieillir ?
Charlie Chaplin.


 






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1 avril 2025 2 01 /04 /avril /2025 04:18

« Washington est devenue la cour de Néron : un empereur incendiaire, des courtisans soumis et un bouffon sous kétamine chargé de l’épuration de la fonction publique. » (Claude Malhuret, le 4 mars 2025 au Sénat français).




 


Tu vois, le premier avril, en général, c'est le jour des petits amateurs (ou armateurs). De la pêche au petit. T'en as plein comme ça, des petits, ils te concoctent un mets appétissant, ils te le cuisinent aux petits oignons, c'est du travail d'artisan, c'est vrai, parfois, c'est même du travail d'artiste, et il y a la fraîcheur, la production du travail bien fait, bien adapté, pensé à la cible, subtil parfois (même s'il ne faut pas trop en demander !). Les poissons, ça file, c'est glissant, c'est furtif, on croire l'attraper et il se faufile parfois comme des anguilles. Quand tu le retrouves dans ton assiette, prêt à consommer, tu peux faire la fine bouche bien sûr, mais tu en profites, tu savoures, tu enlèves aussi quelques arêtes (s'il n'y en a pas, méfiance), il y a parfois un arrière-goût, c'est parfois décevant, mais tu t'en satisfait. C'est toujours ça de pris pour ta panse.

Mais depuis The Trump Time, il n'y a plus rien qui vaille. Maintenant, c'est une fabrication industrielle. Pas de jour dédié, c'est tous les jours Noël. Tu as intérêt à avoir faim, sinon, risque rapide d'indigestion. Tu dois être énorme, tu veux être énorme. Tous les jours, peut-être même plusieurs fois par jour, tu as l'embarras du choix, ton ventre n'arrive pas à suivre les cadences infernales, tu ne deviens qu'un simple tube digestif, ce qui est la base même de la vie originelle. De là à dire que ce n'est que de la mouise, j'en laisse la responsabilité à tes intestins !

 


Depuis deux mois et mois, deux mois et demi seulement ! et il y en aura encore pour au moins quarante-cinq mois !, la production n'en finit plus, une production, dis-je, industrielle, avec des usines à poissons d'avril qui tournent à un rythme effréné, matin midi et soir, tous les jours, tous les mois, toutes les saisons.

Chaque poisson devrait être géré individuellement, préparé, assaisonné spécifiquement pour qu'il passe bien, pour être digéré, mais les cadences sont folles, les écailles s'encanaillent, la boulimie du cuistot est la norme, c'est comme une attaque incessante de missiles poissons, il y a des poissons volants, des poissons chats, des poissons enclumes (les préférés du cuistot), et tu pourrais même en recevoir certains très avariés, avec une sauce piquante tellement dégoulinante, tellement immangeable, tellement artificielle, tellement grosse-ficèle, tellement vulgaire, que tu te demandes comment il peut se trouver encore des assiettes qui les accueillent.
 


Tu crois que tu comprends, tu te dis même que c'est très fin, très sophistiquée, qu'il y a de la recherche, de la réflexion, du billard à soixante-sept bandes, et puis, tu t'aperçois que non, c'est plutôt grossier, c'est pas fini, ça manque d'affinage. Tu te prends en pleine figure ton complexe de supériorité. Imaginer un condensé d'autant de bêtise, de vulgarité, d'ignorance, de mensonges, de mauvaise foi, de vanité, d'égoïsme, de vénalité, de mégalomanie, d'éléphants-dans-un-magasin-de-porcelaines... ce n'est pas accessible à tous les esprits.
 


Il y a bien sûr à boire et à manger, mais surtout, à t'étouffer ! Par exemple, le poisson pingouin : invasion du Groenland par les GI, si nécessaire ! Non, tu ne rêves pas ! Il aurait pu avoir tous les contrats miniers possibles sur le Groenland, mais il ne connaît que la force brut. Tu rajoutes le poisson de Panama (à emballer, c'est pour offrir), et tu mets le poisson du Canada dans la marmite (pour l'instant, il vire au rouge, le poisson, au Rouget de Lisle même).

Le mec, il ne connaît que le langage du commerce, c'est un fana du deal ! Un peu comme au poker, mais lorsque la vanité nourrit la naïveté et réciproquement, alors, c'est sûr, il va trouver plus fort que lui, comme le poisson du Kremlin. Poutine bombarde le peuple ukrainien ? Hou, le vilain, je vais lui coller une taxe douanière !! Ce n'est plus de la coercition, c'est carrément de la folie. Une folie douce. Ne pas comprendre que l'argent ne motive pas tous les dictateurs sanguinaires ! Qu'on n'achète pas qu'avec de l'argent. Et puis, il va lutter contre l'inflation en augmentant les taxes ? Drôle de logique, du Shadok à l'état pur.

 


Il supprime le Ministère de l'Éducation, il licencie la moitié des chercheurs, il interdit la vaccination contre la rougeole provoquant une angoissante augmentation de l'épidémie, il imagine ne rien faire contre la grippe aviaire, actuellement 40% létale, au risque de provoquer une mutation avec le virus de la grippe (humaine), il fait comme Poutine en s'ingérant dans les politiques intérieures de pays étrangers (où sont les souverainistes supposés jaloux de leur indépendance ?!), il demande poliment aux mollahs iraniens d'arrêter d'être méchants et ne comprend pas pourquoi ils refusent (il va leur augmenter les taxes douanières), etc.

Les pères fondateurs des États-Unis auraient-il pu anticiper l'arrivée d'un tel lascar, du plus grand des poissons volants ? Mystère. Ils n'imaginaient certainement pas un phénomène aussi caricatural, aussi grotesque, mais également aussi obsédé par l'argent que Trump. Oui, il pourra faire une troisième mandat, rien ne l'empêche puisque depuis Roosevelt, ce qui est interdit, c'est plus de deux mandats successifs, mais il aurait alors 86 ans et demi !

 


Plus rien n'est fiable, tout est friable. Trump est le poisson le plus opportuniste de tout l'Univers. Il est capable de dire le contraire de la veille tout en se contredisant l'heure suivante, et ainsi de suite. Il n'y a plus de parole de l'État, il n'y a plus d'État de droit (les méchants juges qui empêchent de faire la démocratie, qui empêchent de détourner tranquillement des fonds publics), il n'y a plus d'engagement d'une Nation, il n'y a plus rien qui vaille, même le peuple ne vaut rien, ce ne sont que des téléspectateurs et consommateurs.
 


Alors, oui, ce jour béni de l'humour, tu peux faire de l'humour noir, répertorier tous les poissons ricains que tu as attrapés, que tu as aperçus, que tu as entendus, que tu as sentis, que tu as subodorés, et te dire que ce ne sera jamais exhaustif, que tu en as forcément oublié un dans un recoin de réseau social ou de chaîne de télévision.

Ou tu peux aussi écouter les discours du début. Celui du 19 janvier 2025 d'une longue logorrhée sans queue ni tête, sans fil conducteur, passant du coq à l'âne républicain, et néanmoins très instructif, ou encore le discours du 20 janvier 2025, celui de l'investiture, l'officiel, celui que tu seras obligé d'admettre un peu plus intellectuel, en comparaison (qui n'est jamais raison), et alors, oui, tu comprends que tu es entré dans une nouvelle ère, dans une nouvelle époque, et que, malgré toute ta bonne volonté, tout ton optimisme, toute ta joie de vivre, tous tes projets qui fleurissent comme le printemps, tu te dis que tu n'aurais peut-être jamais voulu vivre jusque-là...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er avril 2025)
http://www.rakotoarison.eu


(Les deux illustrations sans indication sont publiées sur stablediffusionweb.com).


Pour aller plus loin :
Déjà en 2024...
Donald Trump, gros pêcheur devant l'Éternel !
Grippe aviaire : désastre sanitaire mondial en perspective ?
Gene Hackman.
Claude Malhuret s'en prend à Néron et à son bouffon !
Ukraine : Trump, porte-parole de Poutine !
Trump II : de justiciable à justicier !
Canada, Groenland, Panama : Donald Trump est-il fou ou cynique ?
Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés.
Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
Shirley Chisholm.
Katalin Kariko et Drew Weissman.
Rosalynn Carter.
Walter Mondale.
Marathonman.
Bob Kennedy.










https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250401-trump.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/donald-trump-gros-pecheur-devant-l-260219

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18 janvier 2025 6 18 /01 /janvier /2025 03:01

« En quelques mois, Donald Trump est passé de justiciable à justicier, et depuis son élection le 5 novembre dernier, le milliardaire vit une sorte d'état de grâce, adoubé et craint, avant même d'avoir réellement repris le pouvoir. » (Nicolas Teillard le 17 janvier 2025 sur France Info).



 


Le 47e Président des États-Unis Donald Trump s'apprête à prêter serment sur la Bible ce lundi 20 janvier 2025 à Washington. Il succède à celui qui lui a succédé, Joe Biden. Donald Trump a prévu des festivités à la hauteur de l'événement historique et de la valeur pécuniaire de l'action Trump II, à savoir plusieurs centaines de millions d'euros provenant de ses nombreux admirateurs... ou copains milliardaires intéressés. Village People sera au rendez-vous. L'Amérique va sacrer Trump comme Napoléon Ier s'est sacré lui-même empereur. Pour les caricaturistes, c'est génial puisque Donald Trump est désormais pire que ses caricatures.

Pour mon titre, j'ai honteusement copié un sous-titre de France Info qui rappelait le 17 janvier 2025 que le nouveau Président américain était quand même poursuivi par la justice américaine pour avoir refusé le verdict électoral du 2 novembre 2020, fait pression sur des responsables électoraux pour manipuler les résultats (en particulier en Géorgie), et surtout, pour avoir encouragé la véritable tentative de putsch au Capitole le 6 janvier 2021.

Il ne serait que trop long d'énumérer la liste des poursuites judiciaires dont il a fait l'objet (viol, coup d'État, etc.) avec probablement un sommet avec son incarcération très courte le 24 août 2023 par l'État de Géorgie pour trafic d'influence sur les dépouillements des élections du 2 novembre 2020.


 


Aujourd'hui, la situation est complètement changée et les opportunistes se tournent vers le nouveau maître des États-Unis, un maître qui va avoir une toute puissance politique très rare historiquement car le 5 novembre 2024, non seulement il a été très largement (ré)élu, face à Kamala Harris, mais il a conquis le Sénat et gardé la Chambre des Représentants.

 


Le jeudi 16 janvier 2025, le futur Président a publié son portrait officiel qui est très différent de la photographie souriante de 2016 (la dernière image de cet article). Elle représente un Donald Trump défiant, frimant, intimidant (ci-après), qui fait inévitablement penser à sa trombine lorsqu'il a été incarcéré en été 2023 (la première photographie de l'article).
 


Depuis le 5 novembre 2024, la résistance anti-trumpienne s'est effondrée et tout le monde a retourné sa veste s'il ne l'avait pas fait auparavant comme Elon Musk. L'hebdomadaire très réputé "Time" a fait sa une du 30 décembre 2024 avec Donald Trump sacré l'homme de l'année 2024 alors qu'il n'a encore rien fait au pouvoir. Je rappelle qu'il avait failli perdre la vie le 13 juillet 2024 lors d'une tentative d'assassinat (qui a coûté la vie d'un sympathisant de 50 ans).

 


Au moment où les Français rendait hommage aux victimes de l'attentat de "Charlie Hebdo" tués il y a dix ans, la dessinatrice de presse Ann Telnaes a été victime d'une véritable censure de la part de son employeur, le "Washington Post" (originellement pro-démocrate), auquel elle collaborait depuis 2008 sans aucune restriction de sa liberté d'expression. Le dessin en cause, qu'elle a publié sur son blog le 4 janvier 2025, représente Mark Zuckerberg (FaceBook), Sam Altman (OpenAI), Patrick Soon-Shiong ("Los AngelesTimes"), Walt Disney Company et Jeff Bezos (Amazon), qui est le propriétaire du "Washington Post", se prosternant devant le nouveau grand maître Trump.

 


Membre du conseil consultatif de la Freedom Cartoonists Foundation (basée à Genève) et ancien membre du conseil d'administration de Cartoonistes Rights, Ann Telnaes constatait : « Au fil des ans, j’ai vu mes collègues étrangers risquer leur gagne-pain et parfois même leur vie pour dénoncer les injustices et demander des comptes aux dirigeants de leur pays. ». Désormais, son pays serait aussi à inscrire sur la longue liste des pays qui prennent des libertés avec la liberté d'expression (contrairement à ce que prône Elon Musk).

En effet, dans son blog, elle a expliqué : « En tant que dessinatrice éditorialiste, mon travail consiste à demander des comptes aux personnes et aux institutions puissantes. Pour la première fois, mon rédacteur-en-chef m’a empêché de faire ce travail essentiel. J’ai donc décidé de quitter le Post. Je doute que ma décision fasse beaucoup de bruit et qu’elle soit rejetée parce que je ne suis qu’une dessinatrice. Mais je ne cesserai pas de faire connaître la vérité au pouvoir par mes dessins, car comme on dit, "la démocratie meurt dans l’obscurité". ».

La période de transition de deux mois et demi, toujours un peu exceptionnelle, a été particulièrement mise à profit par Donald Trump : en s'octroyant l'allégeance de tous les géants de la technologie, habituellement démocrates, et en faisant preuve de son imprévisibilité désormais prévisible. Ainsi, sa position sur l'Ukraine est loin d'être molle face à Vladimir Poutine et la paix en 24 heures qu'il avait promise pendant sa campagne présidentielle est maintenant oubliée (on parle aujourd'hui de six mois).

 


Les déclarations déconcertantes et agressives sur les menaces d'annexion armée du Groenland, du canal de Panama, voire du Canada ont montré surtout un égoïsme probablement majoritaire au sein du peuple américain, prêt à perdre des alliés sûrs pour leurs affaires économiques. Car l'objectif de Donald Trump, d'abord un homme d'affaires milliardaire, c'est de faire des affaires et l'augmentation probable et énorme des taxes douanières risquent de coûter très cher à l'Europe.

 


De même, la paix à Gaza a franchi une étape décisive ce samedi 18 janvier 2025 avec l'accord de Benyamin Netanyahou, un accord proposé par le Président Joe Biden depuis le printemps 2024 qui impose un cessez-le-feu à Gaza en contre-partie de la libération des otages israéliens (on parle des deux otages franco-isréaliens dans la liste) et de libération de prisonniers palestiniens (certains condamnés pour des actes criminels). Même si Donald Trump a été impliqué dans cet accord, il intervient avant la prise de fonction, ce qui sauve l'honneur de Joe Biden qui n'aura pas à supporter un Donald Trump annonçant la paix à Gaza le jour même de son investiture.

 


Son investiture fait elle-même l'objet de toutes les convoitises. Les places d'invitation sont rares et chères. On y côtoiera les chefs d'État et de gouvernement populistes et, pour certains, illibéraux, comme Javier Milei, Giorgia Meloni, Viktor Orban, etc. Pour la France, Éric Zemmour, sa compagne (élue députée européenne) et Marion Maréchal ont été invités, en revanche, pas Marine Le Pen ni Jordan Bardella qui, pourtant, en mouraient d'envie et qui se sont vus ainsi méprisés par le futur Président des États-Unis (je persiste à croire que ce serait plutôt un avantage électoral en France puisqu'on soupçonne justement le RN d'être trumpiste). Aucune délégation russe ne serait présente, tandis que la Chine communiste serait représentée par son Vice-Président.

 


Donald Trump a annoncé l'arrestation massive de migrants illégaux dès le lendemain de son investiture. On imagine aussi l'accélération des exécutions, comme il l'avait fait lors des six derniers mois de son premier mandat où treize personnes condamnées à mort par l'État fédéral ont été exécutées alors qu'ils étaient en tout seize depuis cinquante ans...
 


Au-delà des Européens, des citoyens américains auront des raisons de s'inquiéter du retour de Donald Trump dont la politique est tournée vers ceux qui veulent faire des affaires. Il y aura beaucoup de laissés-pour-compte. Ils pourront dire à leurs petits-enfants, plus tard, à l'instar de Céline dans "Mort à crédit" : « C'était encore lui le plus vicelard !... On était dans de jolis draps !... Je ressentais toute la mouscaille, toute l'avalanche des machetagouines qui me rafluaient sur mes talons... C'était mochement compromis l'avenir et nos jolis rêves !... Y avait plus beaucoup d'illusions !... ». Rideau !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 janvier 2025)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Trump II : de justiciable à justicier !
Canada, Groenland, Panama : Donald Trump est-il fou ou cynique ?
Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés.
Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
Shirley Chisholm.
Katalin Kariko et Drew Weissman.
Rosalynn Carter.
Walter Mondale.
Marathonman.
Bob Kennedy.
 



https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250118-trump.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/trump-ii-de-justiciable-a-258670

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/18/article-sr-20250118-trump.html




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9 janvier 2025 4 09 /01 /janvier /2025 03:57

« Je ne peux pas vous l’assurer. Vous parlez du Panama et du Groenland. Non, je ne peux vous assurer ni l’un ni l’autre. Mais je peux vous dire ceci. Nous en avons besoin pour notre sécurité économique. » (Donald Trump le 7 janvier 2025 à Mar-a-Lago, à propos d'une intervention militaire américaine).



 


La réponse à la question pourrait être : Donald Trump est visionnaire... mais dans l'intérêt des Américains, évidemment ! Il faut exclure la folie. Il faut toujours prendre le cynisme avec Donald Trump, qui a porté à la puissance extrême l'égoïsme, l'égocentrisme et les intérêts bien compris (les siens et ceux de ses copains). Les partisans de Donald Trump disent que le futur nouveau Président des États-Unis met juste en tension les relations pour aborder des négociations économiques en position de force. Néanmoins, il faut comprendre ses motivations profondes.

Depuis quelques jours, le Président élu, comme on l'appelle encore jusqu'au 20 janvier 2025, c'est-à-dire qui ne représente pas encore les États-Unis mais qui va les représenter dans dix jours, a fait une série de déclarations (notamment sa longue conférence de presse tenue le 7 janvier 2025 à sa résidence de Mar-a-Lago en Floride) et de tweets (ou autres) dans les réseaux sociaux qui ont de quoi inquiéter.

En gros, il souhaite trois choses pour les États-Unis : reprendre la souveraineté du Canal de Panama, fusionner avec le Canada et annexer Groenland. Rien que ça ! Les visées expansionnistes de Donald Trump ont de quoi effrayer la "communauté internationale", comme on l'appelle, d'autant plus qu'il n'a pas exclu de recourir à la force armée pour recourir à ses fins.

Les États-Unis attaquant militairement le Groenland voire le Panama, est-ce imaginable ? Il ne faut pas oublier l'épisode de la guerre des Malouines au début des années 1980 (2 avril 1982 au 14 juin 1982), entre le Royaume-Uni et l'Argentine qui voulait reprendre le contrôle des îles Falkland. Dans cette guerre, certains y ont perdu la vie (au moins 910 personnes, ce n'est pas négligeable).
 


Actuellement, Donald Trump ne représente pas les Américains et ses déclarations sont comme des slogans de campagne, sans la responsabilité d'État. En quelque sorte, c'est du teasing, ou plutôt, ce sont des menaces voilées, sans conséquence tout en secouant bien les acteurs concernés en insinuant qu'il faudra bien prendre au sérieux les demandes de Donald Trump. (La période de transition entre l'élection et l'investiture du nouveau Président des États-Unis est toujours un moment particulier). Ce qui est clair, c'est que Donald Trump a une vision claire de ce qu'il veut faire pour les États-Unis et qu'il reste encore et toujours imprévisible.
 


Le Canal du Panama a été construit par les Français et par les Américains. Il est un point stratégique essentiel des Américains pour naviguer de la la côte est à la côte ouest et inversement. L'utilisation de ce passage par les Chinois pose problème à Donald Trump qui souhaite réorienter économiquement ces flux. Le Panama n'a pas d'armée et c'est une obligation constitutionnelle qui rend la reconquête du Canal par les États-Unis sans vraiment de risques militaires. L'objectif de Donald Trump, c'est la baisse des droits de péage pour les navires américains. Et, dans la foulée, renommer le Golfe du Mexique par Golfe de l'Amérique.

Pour le Canada, la situation est à la fois pareille et différente et il l'a réaffirmé après la démission du Premier Ministre canadien Justin Trudeau le 6 janvier 2025 : Donald Trump souhaite la fusion du Canada dans les États-Unis, en faire son 51e État. Il y a des raisons économiques très fortes puisque Donald Trump voudrait pouvoir profiter des gisements de gaz de schiste nombreux au Canada pour renforcer l'indépendance énergétique des États-Unis. Sur le plan géopolitique, un ensemble États-Unis-Canada représenterait plus de 19 millions de kilomètres carré et serait le premier pays du monde en superficie, dépassant le premier actuel, la Russie avec 17 millions de kilomètres carré. Après tout, ses prédécesseurs ont déjà acheté (pour un poignée de lentilles à l'échelle de l'histoire) la Louisiane et la Floride à la France et l'Alaska à la Russie. On s'amusera... ou pas d'un tweet d'un fils Trump présentant son père faisant ses achats de territoires sur Amazon (à la fin de l'année dernière, déjà).

 


Donald Trump, dans un renouveau de la méthode Coué, prétend que beaucoup de Canadiens souhaiteraient devenir citoyens américains (c'est-à-dire, citoyens des États-Unis), et expose les avantages d'une telle fusion : moins d'impôts pour les Canadiens, moins d'immigrés, plus de protection militaire. La réalité, c'est que la plupart des Canadiens n'apprécient pas du tout la vision politique de Donald Trump et sont très jaloux de leur indépendance.

De plus, les républicains devraient se méfier de cette idée trumpienne car avec une telle fusion (absolument improbable), les républicains risqueraient d'être privés de la Maison-Blanche pendant longtemps. En effet, avec 35 millions d'habitants, le Canada représenterait la même importance que la Californie et aurait une cinquantaine de grands électeurs aux élections présidentielles, probablement démocrates car c'est la sociologie du Canada.

Enfin, troisième annexion voulue, prendre au Danemark la souveraineté du territoire autonome (depuis 1979) du Groenland (des élections importantes y ont d'ailleurs lieu dans les prochaines semaines). L'île arctique fait 2,2 millions de kilomètres carré et compte 55 000 habitants (nettement moins que Mayotte). Là aussi, les raisons économiques motivent Donald Trump, à la fois pour sa richesse minière qui pourrait lui permettre de se passer économiquement de Taïwan (ce qui serait grave pour les Taïwanais qui ne doivent leur autonomie/indépendance qu'à la seule protection de leur allié américain) et cela permettrait aussi de tracer une route maritime par le pôle Nord qui sera de plus en plus incontournable (car plus courte) avec le réchauffement climatique (que Donald Trump nie parallèlement !). Ce n'est d'ailleurs pas nouveau ; déjà le 18 août 2019, alors qu'il était Président en exercice, Donald Trump avait confirmé les rumeurs du 15 août 2019 sur son intérêt pour le Groenland : « Le concept a surgi et j'ai dit que stratégiquement, c'était certainement intéressant. » en évoquant une « grosse transaction immobilière ». Dans leur compétition avec la Chine et la Russie, les États-Unis ont toujours considéré le Groenland comme d'un intérêt géostratégique majeur pour leur sécurité nationale.

 


Les Français devraient se sentir concernés par le Canada (leurs amis québécois) et par le Groenland. En n'excluant pas de recourir à la force, Donald Trump a fait en effet carrément une déclaration de guerre au Danemark, et donc à l'Union Européenne, et donc à la France par incidence. Ce qui est stupide, c'est que les États-Unis auraient intérêt à au contraire ménager ses alliés européens qui sont à peu près les seuls fiables du monde multipolaire actuel. Et les objectifs économiques des États-Unis (en gros, pouvoir exploiter sans taxe) seraient tout aussi bien atteints sans un tel rapport de force qui va inquiéter inutilement ses alliés.

Cela a aussi, plus généralement, une conséquence désastreuse dans le monde entier. Cet expansionnisme territorial, qui fait retomber le monde au XIXe siècle (Donald Trump serait-il l'empereur Smith des albums de Lucky Luke ?) casse tout le droit international d'après-guerre et replonge la planète dans la loi du plus fort. Ce qui donne a posteriori raison à Vladimir Poutine dans sa tentative d'invasion de l'Ukraine, ou du moins, le conforte sur le fond, et confortera inévitablement la Chine communiste à reprendre la souveraineté de Taïwan.

 


On le voit, la vision que Donald Trump a du monde, elle n'est pas folle, elle est juste cynique. C'est celle des intérêts des États-Unis mais aussi de ses propres intérêts particuliers et de ceux de ses amis, comme Elon Musk. Une vision du seul contre tous, du rapport de force permanent, de l'affrontement comme mode de dialogue, du coup d'État permanent, pour paraphraser François Mitterrand. La plus grosse erreur que pourraient faire les alliés traditionnels des États-Unis, dont font partie la France et l'Europe, c'est de ne pas prendre au sérieux Donald Trump. En visite au Quai d'Orsay à Paris ce mercredi 8 janvier 2025, le Secrétaire d'État américain (Ministre des Affaires étrangères) Antony Blinken a assuré la France des considérations cordiales que son pays nourrissait avec la France et le monde, et a considéré que les relations se sont améliorées depuis 2020. Malheureusement, les démocrates quittent le pouvoir (c'est la loi de la démocratie) et les Européens en particulier vont devoir subir un mandat de quatre ans qui ne va pas leur être de tout repos.

Pendant ce temps, en France, on hésite à censurer le gouvernement parce qu'il hésite lui-même à abaisser l'âge légal de la retraite alors que ses voisins (dont la Belgique) l'ont augmenté. Pourquoi est-ce que je me sens comme en 1936-1937, à l'époque où les Français étaient déjà complètement hors-sol malgré la situation internationale très grave ? Réveillons-nous ! Nous ne sommes pas dans un monde de bisounours. Il faut renforcer notre défense européenne.



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 janvier 2025)
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Pour aller plus loin :
Canada, Groenland, Panama : Donald Trump est-il fou ou cynique ?
Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés.
Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
Shirley Chisholm.
Katalin Kariko et Drew Weissman.
Rosalynn Carter.
Walter Mondale.
Marathonman.
Bob Kennedy.

 



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https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/canada-groenland-panama-donald-258536

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1 janvier 2025 3 01 /01 /janvier /2025 20:56

« Rien ne justifie la violence, quelle qu'elle soit, et nous ne tolérerons aucune attaque contre l'une des communautés de notre pays. » (Joe Biden, le 1er janvier 2025).


 


Triste Nouvel an. Émotion, consternation et solidarité avec le peuple américain. Les États-Unis ont été endeuillés en ce jour du nouvel an, mercredi 1er janvier 2025, vers 3 heures 15 du matin (heure locale ; 10 heures 15, heure de Paris) par un attentat à la voiture-bélier au Vieux Carré français, le quartier historique de La Nouvelle-Orléans en Louisiane. En effet, un pick-up a foncé dans la foule nombreuse venue fêter le changement d'année et a tenté de faire le plus de morts possible. Actuellement, on compte malheureusement au moins 15 morts et 36 blessés, pour la plupart fauchés par le véhicule. Selon la directrice du New Orleans Police Department (NOPD), Anne Kirkpatrick, l'assaillant « était farouchement déterminé à provoquer un carnage ».

Le conducteur du pick-up a été tué par les forces de l'ordre. Le véhicule, un Ford F-150 Lightning, aurait été loué et l'auteur de cette attaque meurtrière était muni d'un fusil d'assaut qu'il a utilisé après avoir heurté une grue et être sorti de son pick-up (deux policiers ont été tués par balle). A priori, il ne devait pas être seul pour cet attentat car on a retrouvé des engins explosifs dans le même quartier où a eu lieu cette attaque à la voiture-bélier.

 


Il faut toujours être très prudent sur la motivation de l'auteur ou des auteurs d'un attentat, car les évidences sont parfois trompeuses. On s'en est rendu compte lors de l'attentat au marché de Noël de Magdebourg, en Allemagne, le 20 décembre 2024. En France, les dirigeants du RN, Jordan Bardella et Marine Le Pen, dans une volonté de récupération politicienne de la tragédie, avaient fustigé immédiatement les islamistes en faisant l'amalgame avec l'immigration, alors qu'on a su dès le début de l'enquête que l'auteur de l'attentat de Magdebourg était au contraire un sympathisant de l'AfD, parti d'extrême droite partenaire du RN au Parlement Européen. Parfois, le silence est préférable.

Il faut être encore plus prudent pour des attentats aux États-Unis car il est hélas très fréquent que des forcenés, ce qu'on pourrait appeler des déséquilibrés, provoquent des tueries collectives, souvent par fusillade, dans des écoles ou des supermarchés, sans qu'il n'y ait de lien direct ou indirect avec des motivations purement politiques ou fanatiques.


Selon les premiers éléments de l'enquête confiée au FBI pour attentat terroriste, le conducteur du pick-up (dont je ne veux pas écrire ici le nom pour ne pas lui faire de la publicité posthume, ce que recherchent les terroristes en général), est un citoyen américain de 42 ans, né et habitant au Texas, vétéran de l'armée américaine (il a servi l'armée de terre de 2007 à 2015), apparemment fasciné par le jihadisme. De plus, depuis 2022, il aurait travaillé dans un cabinet d'audit très célèbre, Deloitte.

On a retrouvé dans le pick-up des armes, un drapeau de Daech, et des explosifs artisanaux. La police reste très inquiète car il est probable que le terroriste ait des complices et rien n'affirme que d'autres attaques ne suivront pas.

Parmi les 15 victimes, on compte notamment un étudiant de l'Université d'Alabama, Kareem Badawi, selon un communiqué du président de cette université Stuart R. Bell sur Facebook. Tiger Bech, un joueur de football américain de 28 ans fait également partie des malheureuses victimes.

 


Interrogé par le "New York Times", le frère de l'assaillant à la voiture-bélier a raconté que le terroriste était « un amour, un gars sympa, un ami, très intelligent, attentionné », ajoutant que son frère, inspiré par Daech (il a posté des vidéos islamistes avant de passer à l'acte), s'était converti à l'islam à un jeune âge mais que « ce qu'il a fait ne représente pas l'islam. Il s'agit plutôt d'une forme de radicalisation. ».

Le gouverneur de la Louisiane, Jeff Landry, qui avait troublé ses interlocuteurs en encourageant les Américains à continuer à aller dans les restaurants et les bistrots la nuit même de l'attentat, montrant qu'il attacherait plus d'importance à l'aspect économique qu'à l'aspect sécuritaire de son État, a précisé sur Twitter quelques heures plus tard : « La sécurité est notre priorité absolue et nous voulons que nos clients et le monde sachent que la Louisiane ne cède pas aux terroristes islamistes radicaux. Nos restaurants et tout ce que La Nouvelle-Orléans a à offrir restent ouverts ! ».

Le profil du conducteur de la voiture-bélier montre une fois encore que tout est compliqué dans les attentats terroristes. Il est citoyen américain et né aux États-Unis, il semblait être bien intégré socialement puisqu'il jouissait apparemment d'un emploi intéressant. La première réaction du Président élu Donald Trump paraît une fois encore très hors-sol, bien que prévisible, puisqu'il a condamné l'immigration illégale qui serait à l'origine de cet attentat, ce qui ne semble ici absolument pas le cas puisque le terroriste est un Américain. On retrouve ce genre de réflexe politicien chez les populistes et l'extrême droite en Europe et plus particulièrement en France.

Cela ne présage pas de développements favorables avec le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump qui, s'il ne comprend pas l'origine du mal, aura du mal à l'éradiquer avec efficacité. Quant au Président sortant Joe Biden, il risque de quitter la Maison-Blanche, dans une petite vingtaine de jours, avec une humiliation politique similaire à celle de son lointain prédécesseur Jimmy Carter qui vient de s'éteindre, ce qui serait injuste car le gouvernement Biden aura été prévoyant et pertinent en ce qui concerne les risques de guerre en Europe.

Il faut comprendre l'islamisme comme une sorte de cancer qui atteint les cellules vivantes du corps dans lequel il s'est introduit, ici, le corps est un pays et les cellules ses citoyens. C'est par une sorte d'adhésion fanatisée de type sectaire que les propres ressortissants des pays victimes commettent leur attentat, on l'a bien vu à plusieurs reprises en France.


Beaucoup de nations étrangères ont exprimé leur sympathie et empathie au peuple américain, et l'une des premières pourrait étonner puisqu'il s'agit de la Chine communiste. Mao Ning, la porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré au cours d'une conférence de presse : « Nous sommes choqués par cet incident violent, nous rendons hommage aux victimes et adressons nos pensées aux familles des victimes ainsi qu'aux blessés. ».

Également le Président ukrainien Volodymyr Zelensky sur Twitter : « Horrifié par l'attentat perpétré à La Nouvelle-Orléans, aux États-Unis, qui a coûté la vie à des innocents et fait de nombreux blessés (…). Nous sommes convaincus que les responsables de cet acte terrible seront traduits en justice. La violence, le terrorisme et toute menace contre la vie humaine n'ont pas leur place dans notre monde et ne doivent pas être tolérés (…). Nous présentons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et souhaitons un prompt rétablissement à tous les blessés. L'Ukraine se tient aux côtés du peuple américain et dénonce la violence. ».

La Représentante de la politique extérieure de l'Union Européenne Kaja Kallas, « profondément attristée », a voulu réaffirmer sur Twitter la volonté commune de fermeté pour combattre le terrorisme : « Il n'y a pas d'excuse pour une telle violence. Alors que les autorités poursuivent leur enquête, nous exprimons notre solidarité totale avec les victimes et leurs familles en cette période tragique. ».


 


La France aussi a exprimé sa compassion et son indignation, d'autant plus que cet attentat nous rappelle de sinistres souvenirs. Le Premier Ministre français François Bayrou a ainsi exprimé l'émotion de la France : « Le terrorisme qui a frappé à La Nouvelle-Orléans vise à détruire ce que nous avons de plus cher, des citoyens innocents, des familles, et les valeurs qui nous font vivre ensemble. Nous savons tous que là est l’ennemi ! Nous ne pourrons le combattre qu’ensemble. ». Peu avant ce tweet, le Président de la République française Emmanuel Macron avait réagi sur Twitter ainsi : « La Nouvelle-Orléans, si chère au cœur des Français, est frappée par le terrorisme. Nos pensées vont aux familles des victimes et aux blessés, ainsi qu’au peuple américain dont nous partageons la peine. ».

 


Ce nouvel attentat montre une fois encore la grande vulnérabilité de nos sociétés et qu'en France aussi, nous devons, nous citoyens, tous redoubler de vigilance car nous ne sommes pas immunisés de ce genre de drame qui peut resurgir à tout moment.

(Note du 2 janvier 2025 : le nouveau bilan est de 14 morts).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er janvier 2025)
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Pour aller plus loin :
Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés.
Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
Shirley Chisholm.
Katalin Kariko et Drew Weissman.
Rosalynn Carter.
Walter Mondale.
Marathonman.
Bob Kennedy.





https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250101-attentat-nouvelle-orleans.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/attentat-a-la-nouvelle-orleans-les-258453

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29 décembre 2024 7 29 /12 /décembre /2024 21:36

« Les défis auxquels Jimmy a été confronté en tant que Président sont survenus à une période charnière pour notre pays et il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer la vie de tous les Américains. Pour cela, nous lui sommes tous reconnaissants. » (Donald Trump, le 29 décembre 2024).


 


Message consensuel et sans rancune du Président élu Donald Trump à son lointain prédécesseur qui n'avait pourtant pas hésité à dire qu'il voulait durer encore le temps de l'élection pour faire élire Kamala Harris, la candidate démocrate malheureuse de 2024. Le trente-neuvième Président des États-Unis Jimmy Carter est mort ce dimanche 29 décembre 2024 à plus de 100 ans. Il rejoint son épouse Rosalynn partie l'an dernier, le 19 novembre 2023 à 96 ans. Il a eu le temps de voter pour Kamala Harris par correspondance le 16 octobre 2024, conformément à son souhait exprimé le 3 août 2024.

L'annonce de sa mort a été donnée par Jason Carter, le petit-fils de Jimmy Carter, aux membres de sa fondation de cette manière : « Ma famille et moi sommes attristés de vous informer du décès de mon grand-père. La Fondation Carter a joué un rôle essentiel dans le travail de sa vie et je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour concrétiser sa vision d’un monde en paix qui respecte et promeut l’égalité des droits de l’homme pour tous, réduisant ainsi la souffrance humaine. Votre partenariat dans notre travail témoigne de son héritage et je peux vous assurer que les personnes remarquables de la Fondation poursuivront l’important travail qu’il nous a confié pendant plus de quarante ans. Nous apprécions votre amitié permanente. ». Cette annonce a suscité l'émotion nationale et même mondiale tant la personnalité de Jimmy Carter était appréciée des gens à travers le monde.

Tous ses successeurs encore en vie lui ont rendu un émouvant hommage. Joe Biden : « L'Amérique et le monde et le monde ont perdu un dirigeant, un homme d'État et un humanitaire extraordinaire. (…) C'était un homme de caractère et de courage, d'espoir et d'optimisme. ». Pour Bill Clinton, Jimmy Carter « a œuvré sans relâche pour un monde meilleur et plus juste ». Quant à George W. Bush, ce que Jimmy a fait « inspirera des générations d'Américains ».

De même, les nations extérieures ont rendu hommage au patriarche de l'humanitaire, à l'image de la France, Emmanuel Macron sur Twitter : « Toute sa vie, Jimmy Carter a défendu les droits des personnes les plus vulnérables et mené sans relâche le combat pour la paix. La France adresse ses pensées émues à sa famille et au peuple américain. ».
 


Rien n'indiquait que ce cultivateur de cacahuètes, ce "plouc" de Géorgie, allait devenir à la fois cet homme d'État et cet emblème de la paix dans le monde. Marc Chalamet, le correspondant du journal "Le Parisien" à New York, a titré ce 29 décembre 2024 : « Finalement, l'Amérique l'a aimé ! » et a constaté : « Écrasé par Reagan en 1980, Carter s’est ensuite lancé dans l’humanitaire, acquérant une immense popularité au fil des ans. », ajoutant : « L’un des rares à ne pas avoir été réélu pour un second mandat, aura vécu assez longtemps pour voir son image complètement réhabilitée par l’opinion. Ce n’est que justice. ».

Eh oui, il y a eu une certaine injustice que ce scrupuleux de la paix internationale ait été remercié sans ménagement par les électeurs américains qui lui ont très largement préféré Ronald Reagan en novembre 1980 : la très longue prise d'otages américains à Téhéran avait humilié les États-Unis et le nouveau Président républicain allait redonner confiance et fierté aux Américains avec un slogan assez simple : America is back (Donald Trump a usé du même marketing).

Sorte de revanche de l'humble, dans les sondages de Gallup, Jimmy Carter avait dépassé en 2011 son concurrent Ronald Reagan sur l'échelle de la popularité des anciens Présidents américains.

Cette popularité croissante, Jimmy Carter l'a due à la fois à son mandat mais aussi aux activités d'après-Maison-Blanche. Sous sa Présidence du 20 janvier 1977 au 20 janvier 1981, son plus bel acte diplomatique a été la signature des Accords de Camp David le 17 septembre 1978 entre l'Égypte d'Anouar El-Sadate et l'Israël de Menahem Begin. Une paix exceptionnelle au Proche-Orient qui tient toujours quarante-six ans plus tard, et qui a simplifié beaucoup de choses par la suite même si elle n'est pas du tout suffisante pour garantir une évolution pacifique des différents protagonistes. Sadate et Begin ont reçu pour cela le Prix Nobel de la Paix. D'ailleurs, Sadate a sans doute payé de sa vie cette audace de la paix, comme, plus tard, Yitzhak Rabin.
 


Pour la petite histoire, Jimmy Carter a été un Président moderne, bien que qualifié de "plouc" : il a été le premier Président des États-Unis à avoir communiqué au moyen de courriers électroniques, dès 1976. Il a aussi installé des plaques photovoltaïques sur le toit de la Maison-Blanche que son successeur a rapidement démontées.

Mais c'est après sa Présidence que son inlassable action en faveur de la démocratie et de la paix dans le monde a été très largement reconnue, non seulement par l'attribution du Prix Nobel de la Paix en 2000, mais aussi au point que de nombreux Américains et même de nombreux étrangers se sont montrés très fidèles et reconnaissants à Jimmy Carter, lui souhaitant régulièrement ses anniversaires, lui écrivant très souvent, avec des actions de sympathie très émouvantes pour un homme d'État.
 


Le 1er octobre 2024, à l'occasion de son centième anniversaire, le producteur Dov Alfon a décrit pour France Inter les activités postprésidentielles de l'ancien Président américain : « Au cours des trois dernières décennies, Carter a été le garant de plus de 100 élections démocratiques dans le monde. Ses efforts philanthropiques ont mené à l’éradication de la maladie du ver de Guinée et à construire des millions d’habitations pour les sans abris, il a été médiateur dans des conflits diplomatiques épineux et a possiblement permis en 1994 d’éviter une guerre nucléaire entre les Corées du Nord et du Sud, ce qui lui a valu le Prix Nobel de la Paix. Ce faisant, il a redéfini l'après-Présidence en la transformant en une entreprise humanitaire et philanthropique bien plus importante que la Présidence même. ».
 


Sur l'invitation du Président George W. Bush, qui allait quitter la Maison-Blanche, Jimmy Carter a rejoint le 8 janvier 2009 ses successeurs encore en vie, à savoir en plus du Président sortant, le Président élu Barack Obama, ainsi que George H.W. Bush et Bill Clinton. George W.H. Bush est mort le 30 novembre 2018, ce dernier était plus âgé que Jimmy Carter de quelques mois.
 


Quant au Président sortant actuel, Joe Biden, jeune sénateur déjà expérimenté, a été l'un des premiers parlementaires démocrates à avoir soutenu la candidature de Jimmy Carter à l'élection présidentielle de 1976. Jimmy Carter était alors gouverneur de Géorgie de janvier 1971 à janvier 1975, après avoir été sénateur de Géorgie (équivalent de conseiller régional) de 1963 à 1967. Il a gagné l'élection de justesse contre Gerald Ford, le seul Président américain à n'avoir jamais été élu par le peuple américain, investi après la démission de Richard Nixon pour cause de scandale du Watergate.

Sa longévité étonnante l'a rendu centenaire. Jimmy Carter était très diminué depuis quelques années, se déplaçant en fauteuil roulant et faisant de très rares apparitions publiques (il en a fait deux en 2023, dont l'une pour l'enterrement de sa femme Rosalynn). Il avait annoncé en février 2023 qu'il était placé en soins palliatifs à domicile, ce qui faisait craindre un décès rapide. Au contraire, Jimmy Carter a voulu montrer que les soins palliatifs servaient aussi à vivre et n'étaient pas forcément l'antichambre de la mort.

 


Conformément à ses vœux, Jimmy Carter sera inhumé devant sa maison de Plains, en Géorgie, ville où il est né et mort. Auparavant, son corps sera exposé à Atlanta pendant quelques jours et une cérémonie officielle sera organisée en son hommage à Washington.

La Fondation Carter veillera à la postérité du Président Jimmy Carter qui a déjà donné son nom, de son vivant, au dernier sous-marin nucléaire américain, le USS Jimmy Carter (SSN-23) en service depuis le 19 février 2005. Il faut rappeler que Jimmy Carter s'était engagé dans les Marines entre 1946 et 1953, servant dans les sous-marins nucléaires, seul Président à l'avoir fait, avant de devenir cultivateur de cacahuètes.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 décembre 2024)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
Les Accords de Camp David.
Une mosaïque pour Jimmy !
Jimmy Carter a 100 ans.
Jimmy Carter a 90 ans.
Le dernier sage ?
L'Amérique de la Paix.
Jimmy Carter et le temps des cacahuètes.
Shirley Chisholm.
Pleins pouvoirs à Donald Trump.
Sprint final aux USA : ordures en tout genre.
Hillary Clinton.
Liz Cheney.
Où en est la campagne présidentielle de Kamala Harris ?
Jimmy Carter.
Lauren Bacall.
Maurice Jarre.
Bill Clinton.
Vera Miles.
Les Yes-She-Can de Barack Obama !
Kamala Harris sera-t-elle la première femme Présidente des États-Unis ?
USA 2024 : Joe Biden se retire et soutient Kamala Harris !
Donald Trump victime d'une tentative d'assassinat.
Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
Ronald Reagan.
Triste Trump (hic) !
Paul Auster.
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Moody's et Fitch.
Les 75 ans de l'OTAN.
Lee Marvin.
Les 20 ans de Facebook.
Bernard Madoff.
La crise financière mondiale de 2008.

La boîte quantique.
Maria Callas.
Henry Kissinger.
Alexander Haig.
Katalin Kariko et Drew Weissman.
Rosalynn Carter.
Walter Mondale.
Marathonman.
Bob Kennedy.



 




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241229-jimmy-carter.html

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/jimmy-carter-patriarche-de-l-258401

http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/12/29/article-sr-20241229-jimmy-carter.html



 

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