Sarkozy reçoit la famille d'Ingrid Betancourt après la libération d'un chef des FARC
PARIS (AFP) - Le président Nicolas Sarkozy a reçu mardi matin la famille d'Ingrid Betancourt, au lendemain de la libération à sa demande de Rodrigo Granda, un important responsable de la guérilla des FARC, qui retient en otage depuis cinq ans la Franco-Colombienne."Nous n'avons posé aucune condition à la libération de Granda", a souligné le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, la qualifiant de "geste très important", à l'issue d'une rencontre de 45 minutes entre M. Sarkozy et Mélanie Betancourt, Astrid Betancourt et Fabrice Delloye, la fille, la soeur et l'ex-mari d'Ingrid Betancourt.
Le porte-parole n'a pas précisé quel rôle la France espérait voir jouer à Rodrigo Granda, considéré comme le ministre des "Affaires étrangères" des FARC, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (guérilla marxiste), qui retiennent depuis le 23 février 2002 l'ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne.
Le président Uribe avait annoncé lundi soir sa libération pour être un "intermédiaire de la paix", à la demande de M. Sarkozy, qui s'est personnellement impliqué dans le dossier.
Quelques heures plus tard, M. Sarkozy avait salué en pleine nuit dans un communiqué une "décision très importante et courageuse qu'il avait expressément demandée au président Uribe dans le cadre des efforts destinés à obtenir la libération des otages, en particulier notre compatriote Ingrid Betancourt".
M. Sarkozy "espère désormais que ce développement sera entendu par les FARC et que celles-ci y répondront. Il appelle toutes les parties concernées à saisir cette opportunité pour que soit trouvée rapidement une issue heureuse et définitive à la douloureuse question de tous les prisonniers," poursuivait le texte, sans plus de précisions.
"Il n'a pas été prévu que Rodrigo Granda se rende en France pour l'instant", a affirmé Fabrice Delloye à la presse après l'entretien à l'Elysée. "Nous souhaitons que cette nouvelle liberté lui permette de jouer ce rôle d'intermédiaire", a-t-il ajouté.
Il a estimé que "la première étape, c'est une preuve de vie d'Ingrid". "Sans preuve, les résolutions de la France, les résolutions du G8, ne pourront pas être maintenues", a-t-il dit.
M. Martinon avait en effet souligné que le cas Betancourt serait évoqué au sommet du G8 qui s'ouvre mercredi, "dans le cadre le plus large possible" et notamment devant "le président (George W) Bush", principal allié du régime colombien.
M. Sarkozy "veut sensibiliser le G8 à ce problème extrêmement important pour nous", a souligné le porte-parole. "La solution ne viendra pas du G8 mais l'engagement du G8 est peut-être une arme de plus dans ce processus (pour faire libérer Mme Betancourt) qui est difficile et compliqué".
Mélanie Delloye-Betancourt a elle aussi exprimé l'espoir "que les FARC comprennent qu'eux aussi, à leur tour, doivent faire un geste" en donnant "une preuve de vie de maman".
"Le président Sarkozy a la détermination absolue et totale" d'obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, a de son côté estimé M. Delloye.
Selon lui, "il faut que les FARC comprennent que nous sommes maintenant à une heure et à un moment extrêmement décisifs" et que "s'ils veulent avoir une forme de reconnaissance (...) c'est le moment ou jamais de répondre par un signe concret".
"Il faut que les FARC en sortent gagnants, que le président Uribe en sorte gagnant, qu'Ingrid sorte. (...) Je crois que le président Uribe comprend qu'il faut qu'il soit plus flexible et qu'il donne un peu de lest, de manière à sortir son pays de cette crise difficile", a-t-il affirmé.
Par Nadège Puljak, le mardi 5 juin 2007, 15h17
L'affaire Ingrid Betancourt dans une phase cruciale ?
PARIS (Reuters) - L'affaire de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt est entrée dans une phase cruciale après la libération d'un haut responsable des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), a laissé entendre mardi la présidence de la République française.Le président Alvaro Uribe a libéré lundi Rodrigo Granda, considéré comme le "ministre des Affaires étrangères" des Farc et un des principaux détenus politiques en Colombie.
Selon le porte-parole de l'Elysée, il a été libéré à la demande du président français Nicolas Sarkozy, qui a relancé les démarches pour tenter d'obtenir la libération d'Ingrid Betancourt depuis son entrée en fonction de 16 mai.
"Le président de la République a eu le président Uribe hier soir au téléphone. Il a salué ce geste très courageux et très fort", a dit à des journalistes David Martinon. "C'est un geste dont nous espérons maintenant qu'il débloque la situation."
"Aucune condition n'a été posée à la libération de Granda", a-t-il précisé. "En tout cas, nous nous n'en avons posé aucune."
"Je dois vous prévenir que dans les temps qui viennent, nous vous parlerons moins parce qu'on entre dans une phase difficile au cours de laquelle il sera très difficile de donner des informations sur l'état d'avancement des discussions", a ajouté David Martinon. "On est dans des discussions très fines."
Nicolas Sarkozy a reçu mardi à l'Elysée la soeur d'Ingrid Betancourt, Astrid, sa fille Mélanie et son ancien mari, père de ses enfants, Fabrice Delloye, pour leur rendre compte de son entretien avec le président colombien.
L'ancienne candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne est détenue par les Farc depuis le 23 février 2002.
Nicolas Sarkozy évoquera son sort au sommet du G8, qui se tient cette semaine à Heiligendamm, dans le nord de l'Allemagne, ont déclaré David Martinon et Fabrice Delloye à l'issue de cet entretien de trois quarts d'heure.
"PREUVE DE VIE"
"Il va en parler au G8, il va en parler aux cinq grands (pays) émergents. Il veut sensibiliser le G8 à ce problème qui est un problème extrêmement important pour nous", a dit le porte-parole de l'Elysée. Le chef d'Etat français en parlera "notamment" au président américain Georges Bush.
"La solution ne viendra pas du G8 mais l'engagement du G8 peut être une arme de plus dans ce processus qui est difficile et compliqué", a-t-il ajouté.
Pour Fabrice Delloye, ce sera "non seulement le cas d'Ingrid Betancourt mais aussi le cas de la Colombie" et le problème plus général des otages qui seront ainsi évoqués au G8.
"Il faut que les Farc comprennent qu'on est maintenant à une heure et à un moment absolument décisifs", a-t-il ajouté. "Il faut qu'ils comprennent que s'ils veulent avoir une forme de reconnaissance, c'est le moment où jamais de répondre par un signe concret à l'appel qui a été lancé par le président de la République française."
Le gouvernement français et la famille d'Ingrid Betancourt attendent en particulier, maintenant, une preuve de vie.
"Pour l'instant, nous n'avons aucune preuve de vie d'Ingrid. Nous avons eu simplement le commentaire d'un ex-otage qui a dit qu'il a vu Ingrid", a expliqué Fabrice Delloye. "Mais pour l'instant ce n'est pas probant."
Quant à Rodrigo Granda, "c'est à lui de comprendre" qu'il doit mettre sa liberté retrouvée "au service de la libération des otages et au service, peut-être, de la paix en Colombie", a-t-il ajouté. "Nous souhaitons que cette nouvelle liberté lui permette de jouer ce rôle d'intermédiaire."
Fabrice Delloye a précisé qu'il n'était pas prévu que Rodrigo Granda vienne en France. "Pour l'instant, l'important pour lui c'est d'être dans un endroit où il se sente à la fois en sécurité et où il puisse agir."
"En 15 jours, les choses ont avancé plus qu'en cinq ans. Donc c'est déjà très très positif", a pour sa part dit Mélanie. "Le président Sarkozy et toute son équipe font un travail formidable et je pense vraiment qu'on est sur une bonne voie. Il nous a répété à quel point il était déterminé à mettre en oeuvre tout ce qu'il pouvait pour obtenir la libération de maman."
Mardi 5 juin 2007, 12h12
Sarkozy reçoit la famille d'Ingrid Betancourt, évoquera son cas au G8
PARIS (AFP) - Le président Nicolas Sarkozy a reçu mardi matin la famille d'Ingrid Betancourt pour évoquer les efforts en vue de la libération de l'otage franco-colombienne des FARC, promettant d'évoquer son sort au sommet du G8, a indiqué à la presse David Martinon, porte-parole de l'Elysée.
M. Sarkozy a reçu pendant trois-quarts d'heure Mélanie Betancourt, Astrid Betancourt et Fabrice Delloye, la fille, la soeur et l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, "pour faire le point sur la situation (de l'otage) suite à son entretien avec le président (colombien) Alvaro Uribe" et après la libération de Rodrigo Granda", le chef guérillero considéré comme le ministre des "Affaires étrangères" des FARC.
M. Martinon a confirmé que le président de la République avait "demandé à son homologue colombien Alvaro Uribe la libération de Rodrigo Granda".
"Nous n'avons posé aucune condition à la libération de Granda", a ajouté M. Martinon, qui a qualifié cette libération de "geste très important".
Le président colombien a annoncé lundi soir à Bogota que Rodrigo Granda avait été libéré de prison pour être un "intermédiaire de la paix", à la demande expresse de M. Sarkozy.
"Il n'a pas été prévu que Rodrigo Granda se rende en France pour l'instant", a affirmé à la presse après l'entretien Fabrice Delloye. "Nous souhaitons que cette nouvelle liberté lui permette de jouer ce rôle d'intermédiaire", a-t-il ajouté.
Le cas d'Ingrid Betancourt sera évoqué au G8 "dans le cadre le plus large possible", notamment devant "le président (George W) Bush et les cinq grands émergents", a par ailleurs précisé M. Martinon. Selon lui, M. Sarkozy "veut sensibiliser le G8 à ce problème extrêmement important pour nous".
"La solution ne viendra pas du G8 mais l'engagement du G8 est peut-être une arme de plus dans ce processus (pour faire libérer Mme Betancourt) qui est difficile et compliqué", a-t-il ajouté.
"Le président Sarkozy a la détermination absolue et totale" d'obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, a ajouté M. Delloye.
Selon lui, "il faut que les FARC comprennent que nous sommes maintenant à une heure et à un moment extrêmement décisifs" et que "s'ils veulent avoir une forme de reconnaissance (...) c'est le moment où jamais de répondre par un signe concret".
"Il faut que les FARC en sortent gagnants, que le président Uribe en sorte gagnant, qu'Ingrid sorte. La première étape, c'est une preuve de vie d'Ingrid", a-t-il également affirmé.
"Sans preuve, les résolutions de la France, les résolutions du G8, ne pourront pas être maintenues", a-t-il dit.
"Je crois que le président Uribe comprend qu'il faut qu'il soit plus flexible et qu'il donne un peu de lest, de manière à sortir son pays de cette crise difficile", a-t-il affirmé.
Ingrid Betancourt, ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne, a été enlevée le 23 février 2002 et est depuis retenue en otage par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (guérilla marxiste).
Les chefs d'Etat et de gouvernement des huit pays les plus industrialisés (G8) se réunissent du 6 au 8 juin à Heiligendamm (Allemagne).
Mardi 5 juin 2007, 13h22
