(dépêche)
Congrès PS - Delanoë rallie Aubry
Delanoë rallie Aubry
Bertrand Delanoë appelle les militants à choisir Martine Aubry jeudi, lors du vote interne des socialistes pour la désignation du Premier secrétaire du PS.
De source proche de la motion Aubry, on explique que "Bertrand a compris que sa motion était progressivement en train de rallier Martine, et qu'il ne pouvait rester dans sa neutralité".
Renaud PILA, avec F.L. - le 17/11/2008 - 13h48
A Reims, il n'avait pas voulu donner de consigne de vote. Mais Bertrand Delanoë a désormais changé d'avis. Dans une lettre aux militants, rendue publique ce lundi, le maire de Paris appelle ses partisans à choisir Martine Aubry lors du vote interne des socialistes qui doit désigner, jeudi, le successeur de François Hollande à la tête du Parti socialiste.
"Notre responsabilité est immense", souligne Bertrand Delanoë dans cette lettre ouverte. "Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s'exprimer, par son vote, sur ce qui est l'enjeu décisif de ce scrutin, comme l'ont démontré les principaux discours prononcés à Reims : l'identité même du Parti socialiste", poursuit-il. "Au nom de mes convictions politiques, j'ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur".
Les raisons du revirement
De source proche de la motion Aubry, on explique ce revirement par le fait que "Bertrand a compris que sa motion était progressivement en train de rallier Martine, et qu'il ne pouvait rester dans sa neutralité. Si Martine gagnait, il resterait à l'écart, et si Ségolène gagnait, certains le lui en feraient porter la responsabilité".
Selon nos informations, Bertrand Delanoë et Martine Aubry se sont téléphoné lundi matin. La maire de Lille a également passé de nombreux coups de fil à des partisans de la motion A ; ainsi, l'adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, Christophe Girard, lui a affirmé qu'il lui apportait son soutien. Le président socialiste du conseil général du Nord, Bernard Derosier, qui n'avait jusque-là pas clairement annoncé sa préférence entre Martine Aubry ou de Bertrand Delanoë, a appelé lundi à voter pour la maire de Lille.
Lundi en milieu de journée, la coalition contre Ségolène Royal semblait donc se concrétiser. "Je vois bien qu'il y a là une stratégie d'empêchement pour empêcher les socialistes de donner une majorité à celle qui est avec son équipe en capacité de porter un rassemblement dans le Parti socialiste", a estimé sur BFM François Rebsamen, proche de Ségolène Royal. Tout l'enjeu pour la présidente de la région Poitou-Charente est maintenant de mobiliser les militants abstentionnistes de la semaine dernière, et ceux qui n'ont toujours pas renouvelé leur cotisation. Leur nombre est estimé à 70.000, et ils pourraient faire basculer, dans un sens ou dans l'autre, l'élection du futur patron du PS.
