(dépêches)
Avis de poissons volants chez les socialistes
A l'heure de vérité du dépôt des motions, sur lesquelles voteront les militants au congrès de Reims, les pointeurs perdent la tête au PS. Personne ne sait trop combien pèsent les uns et les autres. La faute aux "poissons volants", ces responsables qui changent de position sans préavis.
« Vous avez une idée de ce que vous pesez ? » Juste avant le Conseil national de synthèse du PS, qui se déroule ce soir à la Mutualité, les journalistes posent et reposent la question – cruciale – à tous ceux qui comptent s’asseoir, l’hiver prochain, dans le siège du premier secrétaire. Jusqu’à la semaine dernière, les concurrents évaluaient volontiers le poids de leur soutien. Or, ce n’est plus le cas. L’exercice est devenu trop difficile. Et affreusement déprimant pour ceux qui osent encore s’y livrer.
« Les militants ne suivent plus un chef aveuglément. On les croit dans un courant, mais ils n’ont aucun scrupule à signer une motion adverse s’ils se sentent trahis », observe le fabiusien Fayçal Douhane, élu au conseil national du PS. Ce dernier refuse de céder à la panique, même à l’heure où les troupes de l’ex-premier ministre, engagé derrière la maire de Lille, semblent fondre… « Les fabiusiens ne se rangeront pas comme un seul homme derrière Martine, pronostique Benoît Hamon, qui se présentera ce soir au poste de premier secrétaire, à la tête d’une motion de la gauche du parti. Entre son alliance avec DSK et le fait qu’elle ait voté pour Bayrou aux présidentielles, ça fait beaucoup pour des militants de gauche… ». Le jeune député européen demeure persuadé que « beaucoup de fabiusiens seraient restés chez Aubry si elle avait passé alliance » avec son courant, le NPS. Ce n’est pas l’avis de Pierre Aïdenbaum, maire fabiusien du IIIème arrondissement de Paris. Lui, comme nombre de militants des fédérations de Gironde ou de Seine-Saint-Denis (le bastion de Claude Bartolone !) se rallieront au maire de Paris.
Martine Aubry, qui ne peut même plus compter sur le soutien plein et entier de ses amis du Nord depuis que Michel Delebarre, Bernard Roman et Bernard Derosier ont annoncé cet été qu’ils ne signeraient pas sa contribution, ne fait pas non plus le plein chez les amis de Dominique Strauss-Kahn. Jean-Christophe Cambadélis ne lui a apporté qu’une partie des troupes fédérées par le président du FMI. Le gros du bataillon semble se diriger, à l’instar de Pierre Moscovici, chez Bertrand Delanoë. Ce dernier vient également de faire des émules – et donc des désistements – chez les signataires de la Ligne Claire (les barons régionaux), désormais alliés à Ségolène Royal. La semaine dernière, Jean-Yves Le Drian et Alain Rousset ont officialisé la rupture à travers une tribune publiée dans Le Monde.
Même Arnaud Montebourg a du se résoudre à voir partir les siens, désormais éclatés entre la motion de Benoît Hamon (comme Séverine Teissier, ex-membre de la direction nationale de Rénover Maintenant), celle du pôle écologiste (à l’image d’Eric Loiselet, 1er fédéral de la Haute-Marne) et celle de Ségolène Royal et de la ligne claire (Yvette Roudy). Les lignes bougent vite au sein du PS.
Mardi 23 Septembre 2008 - 17:36
Stéphanie Marteau
Lu 4536 fois
Aubry, ou la stratégie du TSS décomplexé
Interrogée par RTL lundi soir, Martine Aubry, candidate au poste de Premier secrétaire du PS, a déclenché les hostilités contre ses concurrents. A commencer par Ségolène Royal qui pense selon elle que « la France est devenue de droite et qu'il faut aller vers cela », ajoutant que le Congrès de Reims a permis de révéler les oppositions entre leurs deux projets.
Ségolène Royal à la tribune du Congrès de Reims. Capture d'écran / vidéo de Virginie Roels pour Marianne2.fr.
« Ce qu'a apporté ce Congrès, c'est qu'il y avait une vraie opposition entre le projet que porte Ségolène Royal et qu'elle porte honnêtement avec ce qu'elle pense et c'est pourquoi il faut la respecter. » Quand une candidate au poste de premier secrétaire jette des roses à sa principale opposante, il faut toujours s'attendre à y trouver des épines... mais sur RTL lundi 17 novembre au soir , ce sont des lames de rasoir que la maire de Lille avait caché dans le bouquet lancé à la présidente de Poitou-Charentes : « Elle pense sur le fond que la France est devenue plus à droite et qu'il faut aller vers cela, a-t-elle expliqué d'un ton calme. Elle ne pense pas qu'il faut d'abord, comme nous le pensons, porter une autre distribution des richesses, aider chacun à réussir à l'école, aller vers le logement, aller vers la santé... » Et la candidate soutenue par Bertrand Delanoë de conclure par cette litote : « Donc nous avons un désaccord. »
Procès en règle des années Hollande
Le soutien du maire de Paris annoncé lundi aurait-il incité Martine Aubry à mettre fin à la paix armée ou bien est-ce pour forcer le duel apparu en une de tous les journaux qu'elle a lâché ses premiers coups ? Quoiqu'il en soit, elle a porté la bataille a un tout nouveau degré de violence, faisant en quelques phrases un procès cinglant à François Hollande et à sa gestion du PS : « Le PS a trop parlé en disant « je », a-t-elle déploré. Aujourd'hui, le siège du PS est vide : il faut y voir revenir les syndicalistes, les milieux associatifs, les artistes, les chercheurs, les intellectuels... »
A l'attention de Benoît Hamon, Aubry a fait valoir « les nouvelles têtes » qui l'entourent : « je n'ai jamais joué autrement que collectif », a-t-elle lancé comme une nouvelle pique à Royal. Martine Aubry a-t-elle inauguré une nouvelle stratégie dans la campagne interne au PS : le « Tout sauf Ségolène » décomplexé ?
Mardi 18 Novembre 2008 - 08:15
Sylvain Lapoix
Lu 2235 fois
Royal: contre le TSS, la détermination. Et c'est tout
Invitée du JT de France 3, Ségolène Royal a expliqué rester « déterminée » même si l'annonce du soutien de Bertrand Delanoë à Martine Aubry lui ferme probablement la porte de Solférino.
A la question d’Audrey Pulvar : « Est-ce que vous restez confiante ? » Ségolène Royal répond : « Je reste très déterminée ». Car c’est bien tout ce qui lui reste : sa détermination. Invitée sur le plateau du 19/20 de France 3 ce lundi, la candidate à la direction du Parti socialiste est revenu sur le (mauvais) tour que Bertrand lui a joué. Après s’être abstenu à Reims, le maire de Paris a finalement apporté son soutien à Martine Aubry .
« Fraternité », qu’elle disait…
Et quand le piège des éléphants du PS se referme sur sa proie, ça a l’air plutôt douloureux : « Le Parti socialiste a perdu le sens du code de l'honneur (...) Si le Parti socialiste n’est pas plus fraternel que la société qu'il prétend transformer, comment va-t-il y parvenir ? », s’est interrogée Ségolène Royal. La fraternité est un joli slogan que l’on peut répéter lors des meetings politiques. Aubry et Delanoë viennent de lui rappeler que lorsqu'il s'agit d'élections, ce sont plutôt les (mauvais) coups qu’il convient de répéter. Ça paye beaucoup plus…
Mardi 18 Novembre 2008 - 08:22
Gérald Andrieu
Lu 8249 fois
Fabius et les "deux lignes du PS"
Politique 14/11/2008 - 15:44
Arrivé juste avant Martine Aubry au congrès de Reims, Laurent Fabius a confirmé qu'il y aurait un affrontement entre "deux lignes" lors du congrès, celle défendue par Ségolène Royal et l'autre par Martine Aubry et Benoît Hamon. "Nous devrons choisir entre l'une des deux lignes lors de ce congrès", a-t-il dit au JDD.fr. "Il me paraît difficile que les deux puissent se rassembler ensemble", a-t-il conclu.
