(dépêches)
Sondage Paris-Match Ifop: Chirac plébiscité
Pactu-match | Mercredi 15 Avril 2009
Jacques Chirac est actuellement la personnalité politique préférée des Français.
Qui l’eût dit, il y a seulement deux ans ? Jacques Chirac, la personnalité politique la plus populaire, en tête du tableau de bord Paris Match - Ifop, avec 74 % de bonnes opinions pour 26 % seulement de mauvaises, laissant loin derrière lui les nouvelles vedettes ou les vieilles gloires.
Jean-Luc Parodi - Paris Match
Aucun président avant lui n’avait entretenu, avec l’opinion, une relation aussi étrange : impopulaire sous son premier mandat quand il exerçait le pouvoir (1995-1997) et repopularisé dans l’impuissance de la cohabitation, protégé dans le second par ce qui restera l’acte lourd de sa présidence – la « non-guerre irakienne » – avant de replonger après l’échec du référendum européen. Sa cote finale de la dernière année étant clairement structurée par les sentiments qu’il était supposé porter à Nicolas Sarkozy, devenu à droite le porteur d’espoir, baissant encore quand les électeurs de droite le percevaient comme son adversaire, et remontant quand il devenait clair qu’il ne serait pas candidat à un troisième mandat. A bien des égards, son succès d’aujourd’hui est un mixte de ce passé : d’un côté, ses réapparitions médiatisées (comme au Salon de l’agriculture) rappellent le président consensuel et impuissant de la cohabitation ; de l’autre, toujours comparé à Nicolas Sarkozy, il remonte à mesure que son successeur descend, et cette indulgence rétrospective est proportionnelle à la désillusion que suscite ce dernier. D’une certaine manière, c’est un message à l’actuel président qu’envoient les Français enplébiscitant son prédécesseur.
Le classement des personnalités politiques
Pour chacune des personnalités suivantes, dites-moi si vous en avez une excellente opinion, une bonne opinion, une mauvaise opinion, une très mauvaise opinion ou si vous ne la connaissez pas suffisamment?
(Total bonnes opinions)
Classement Avril 2009 Avril 2009 (*)
(%) Ecart/mars 2009 Nom des personnalités
1 74 +3 Jacques Chirac
2 69 -2 Rama Yade
3 69 +2 Bernard Kouchner
4 68 -3 Bertrand Delanoë
5 66 -4 Dominique Strauss-Kahn
6 66 = Jacques Lang
7 65 +4 Fadela Amara
8 64 -4 Martine Aubry
9 63 -4 Jean-Louis Borloo
10 60 -6 François Bayrou
11 60 +5 Rachida Daty
12 59
-4 Arlette Laguiller
13 55 -2 Elisabeth Guigou
14 55 -7 Michèle Alliot-Marie
15 55 -8 François Fillon
16 54 -2 Alain Juppé
17 54 -5 Olivier Besancenot
18 52 -1 Lionel Jospin
19 51 -3 Roselyne Bachelot
20
51 -4 Dominique de Villepin
21 51 -1 Noël Mamère
22
51 = José Bové
23 50 -4 Christine Lagarde
24 50 -4 Xavier Bertrand
25 47 +2 Martin Hirsch
26 47 -7 Marie-George Buffet
27 46 -2 Jean-François Copé
28 46 -3 Jean-Pierre Raffarin
29 45 = François Hollande
30 42 = Michel Barnier
31 42 = Valérie Pécresse
32 41 -2 Laurent Fabius
33 41 -6 Nicolas Sarkozy
34 39 +4 Hervé Morin
35 38 -6 Xavier Darcos
36 38 -7 Ségolène Royal
37 37 -3 Christine Boutin
38 35 -2 Nathalie Kosciusko-Morizet
39 35 -3 Patrick Devedjian
40 34 +4 Arnaud Montebourg
41 33 +3 Manuel Valls
42 33 = Eric Besson
43 33 = Brice Hortefeux
44 33 -6 Philippe De Villiers
45 32 = Benoît Hamon
46 31 +1 Vincent Peillon
47 29 +2 Jean-Luc Mélenchon
48 20 -6 Eric Woerth
49 19 -3 Marine Le Pen
50 13 -5 Jean-Marie Le Pen
Le rang : Jacques Chirac (+ 3) nettement en tête (5 points d’avance sur Rama Yade, deuxième), 33 points de plus que Nicolas Sarkozy (– 6), comme si l’échec de l’un entraînait par comparaison la remontée de l’autre.
Les progressions : Rachida Dati (+ 5), quand sa personnalité bien médiatisée prend le pas sur sa politique, Fadela Amara, la discrète, qui ajoute 4 points aux 2 gagnés le mois dernier et arrive désormais à la 7e place.
L’entrée : Michel Barnier, 30e à 42 %, mais avec seulement 24 % de mauvaises opinions.
Les retours à la normale : François Fillon (– 8 après les + 5 du mois dernier), François Bayrou (– 6 après les + 8), etc.
Le record : Jean-Marie Le Pen à 13 % seulement (– 5) et 87 % de mauvaises opinions. Sa nouvelle sortie sur « le point de détail » est trop en décalage avec les angoisses actuelles de l’opinion.
Le coup de la controverse du mois enfin : Ségolène Royal, 36e (– 4) avec 38 % seulement de bonnes opinions (– 7) et 62 % de mauvaises (– 16 au MoDem, – 11 à droite, mais une bonne résistance à gauche) ; à comparer avec les 64 %-34 % de Martine Aubry. Jean-Luc Parodi
* Les personnalités ex aequo ont été classées selon les décimales.
Chirac-Sarkozy : « Avec le temps, va, tout s'en va »
16.04.2009 - par Jean-Michel Bouchereau
Chirac bat Rama Yade de 2 points au dernier baromètre de popularité Paris-Match. Déjà la jeune secrétaire d'état n'avait, semble-t-il, connu ce regain de popularité parce que, en dehors de ses qualités personnelles, elle était apparue en « rebelle » face à Nicolas Sarkozy. « Avec le temps...Avec le temps, va, tout s'en va, On oublie le visage et l'on oublie la voix » chantait Léo Ferré. Avec le temps tout s'en va, les frais de bouche, les affaires de la mairie de Paris, les emplois fictifs du RPR, l'affaire des billets d'avion et tant d'autres, concernant lui-même ou son clan, sans parler de l'affaire Clearstream dont on sait qu'elle était « suivie » de près par le château
« L'immobilisme est en marche, et rien ne pourra l'arrêter. »
Avec le temps on oublie le parcours de l'inoxydable Chirac dont les convictions successives pourraient illustrer les deux plus célèbres aphorismes d'Edgar Faure, « Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent », mais également « L'immobilisme est en marche, et rien ne pourra l'arrêter. » On oublie son bilan sur lequel l'actuel Premier ministre eut ce mot définitif : « Rien ». Rien pour l'homme qui quand même, certes grâce à Le Pen, fut le mieux élu de toute l'histoire présidentielle française, alors que quatre ans après, seulement 19 % des Français lui faisait encore confiance !
Même la nostalgie n'est plus ce qu'elle était
Avec le temps, va tout s'en va. Même la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. On nous dit que la nouvelle faveur de Chirac tient au regret de l'avant-crise, oubliant qu'il fut l'homme de la fracture sociale trahie, que la réalité de la révolte des banlieues avait mis spectaculairement en évidence. Comme certains papiers collants, Chirac est double face, d'un côté humain, sympathique, bouffeur, buveur et coureur, de l'autre politicard meurtrier et homme de petites et grandes magouilles. Avec le temps, on ne garde que la première face, celle qui colle le plus avec une nostalgie qu'a ravivé par contraste le règne de Sarkozy 1er.
Le « non » à la guerre américaine en Irak le remporte face à l'alignement vers Bush
L'immobilisme bat aux points le « bougisme », le « non » à la guerre américaine en Irak le remporte face à l'alignement vers Bush et la réintégration de l'OTAN. Même Martine Aubry lors son passage chez Drucker a concédé : "je me dis que finalement, on le regrette", sans voir que du même coup elle en disait long sur l'incapacité socialiste à représenter une alternance à Sarkozy. Pour Bayrou qui, cette semaine, faisait la « Une » d'un hebdomadaire c'est pain béni. Chirac, « roi fainéant » selon son successeur rafle la mise, sa componction d'orateur de Conseil général jurant avec le style bling-bling et le Français approximatif de Nicolas Sarkozy.
Sumo, devant le sourire retrouvé de son maitre, pourra abandonner ses antidépresseurs
Et cerise sur le gâteau, on apprenait hier que le nouveau Belmondo, Jean Dujardin rêvait d'interpréter Jacques Chirac, le Chirac jeune et dynamique avec ses lunettes carrées jusqu'au Chirac qui s'ennuie dans l'appartement des Hariri qu'il devait occuper « provisoirement ». Un ennui contagieux qui a rendu dépressif Sumo, son bichon maltais qui a récemment « violement mordu » l'ex-Président. Et qui, désormais, devant le sourire retrouvé de son maitre, pourra abandonner ses antidépresseurs
20:16 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
