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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 02:03
(Dépêches)


François Bayrou lance un message en trois parties aux indécis

ROUEN, Seine-Maritime (Reuters) - "Mobilisé et très heureux" à moins de 48 heures du scrutin présidentiel, François Bayrou a lancé à Rouen un message en trois parties aux indécis, réaffirmant notamment qu'il était le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy au second tour.

A ceux qui n'ont pas encore arrêté leur choix, François Bayrou a affirmé qu'il était d'abord l'homme du changement car "on ne peut pas laisser le pouvoir aux deux partis qui l'occupent depuis 25 ans".

Au-delà des personnes, il a dit vouloir changer la manière de diriger le pays en passant "plus de temps à travailler qu'à se faire la guerre".

Enfin, il a estimé que son projet était "le seul qui puisse l'emporter au deuxième tour contre le candidat de l'UMP".

"Vous avez là les trois conditions qui permettent de répondre à la réflexion de ceux qui s'interrogent", a-t-il dit lors d'une ultime rencontre avec la presse dans un café de Rouen, la plus grande ville UDF de France (110.000 habitants).

Aux côtés du député-maire, Pierre Albertini, il a donné une réunion publique en plein air au coeur de la ville, place du 19 avril 1944, où il rendu hommage à l'ancien maire, Jean Lecanuet.

"J'ai adoré faire cette campagne avec vous et je suis heureux qu'elle s'achève ici avec vous à Rouen", a-t-il lancé devant plusieurs centaines de personnes.

"Je ne perdrai jamais - et si il m'arrivait de le faire vous me le rappelleriez à l'ordre - ce lien avec les Français, spécialement avec les Français les plus modestes, qui n'ont pas de relations, pas de copains, pas de moyens, pas de défenseurs", a-t-il dit. "Président de la République, je serai le défenseur de ceux qui n'ont pas de défenseurs.

En début de journée, l'élu centriste avait adressé un message à la jeunesse à Verdun, site de la plus cruelle bataille de la Première guerre mondiale.

"Dimanche prochain, la France va prendre une grande décision pour son avenir et dans cette décision, les jeunes vont jouer un très grand rôle. J'ai voulu penser aussi à d'autres jeunes qui ici sont morts par centaines de milliers, ont donné leur vie pour leur pays, il n'y a pas si longtemps", a-t-il dit après avoir passé un long moment au cimetière militaire de Douaumont.

"Ces garçons-là, ils ont vécu ce qu'il y a de plus horrible à vivre et je trouve que ça méritait une pensée", a-t-il dit avant d'aller rencontrer de jeunes militants - dont certains avait séché les cours pour l'occasion - dans un café de Verdun.

Ce dernier jour de campagne a aussi été celui des dernières confidences et des premiers bilans d'une campagne "formidable".

A la demande des journalistes, François Bayrou s'est de nouveau projeté dans l'après 6 mai, affirmant qu'élu, il n'habiterait pas à l'Elysée et rentrerait le week-end dans la maison familiale de Bordères, près de Pau. "Après tout, George Bush va bien dans son ranch !", a-t-il plaisanté.

Cultivant une fois de plus sa différence avec Nicolas Sarkozy, il a dit son souhait d'être un président simple qui peut aller boire un café dans un bistro sans garde du corps.

Désireux de "faire campagne jusqu'au bout", le député béarnais se rendra samedi à Toulon et votera dimanche à Pau avant de rentrer à Paris pour entendre les résultats.

"Je ne suis ni stressé ni angoissé, mais je le serai peut-être dimanche", a-t-il confié. "Je me sens mobilisé et au fond très heureux parce que le changement dont je rêvais depuis longtemps pour la France est à portée de main".

Plus d'un millier de personnes, dont plusieurs centaines de journalistes sont attendus dimanche au siège de l'UDF rue de l'Université, dont une partie sera fermée à la circulation pour l'occasion.

Vendredi 20 avril 2007, 20h03




Deux hauts lieux symboliques pour le dernier jour de campagne de Bayrou

ROUEN (AFP) - François Bayrou a conclu vendredi sa campagne officielle du premier tour avec des déplacements symboliques sur deux hauts lieux de mémoire: le champ de bataille de Verdun et Rouen, meurtrie pendant la deuxième Guerre et aujourd'hui "la plus grande ville UDF de France".

Le candidat UDF, qui avait tenu la veille son dernier meeting à Pau, dans son Béarn natal, est allé tout d'abord se recueillir devant l'Ossuaire de Douaumont, à la mi-journée près de Verdun, où quelque 500.000 soldats français et allemands ont péri en 1916.

"En venant ici, j'ai voulu me souvenir de ces milliers de jeunes Français qui ont connu l'horreur des horreurs avant de faire le sacrifice de leur vie", a-t-il déclaré.

Il s'est successivement recueilli devant les stèles des soldats musulmans et des Français, alliés et volontaires juifs morts pour la France, avant de traverser à pied l'Ossuaire de Douaumont où se trouvent les tombes de 15.000 soldats français.

"Ce lieu sacré" a "aussi servi à la réconciliation emblématique entre la France et l'Allemagne", a rappelé M. Bayrou, qui s'est arrêté quelques instants devant la plaque commémorant la rencontre historique entre le président François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl, le 22 septembre 1984.

L'étape de Rouen --ville dont Jean Lecanuet, grande figure centriste décédée en 1993, a été pendant 25 ans le maire-- est aussi chargée de symboles. "Je suis venu ici parce que c'est la plus grande ville UDF de France", a souligné François Bayrou, le député-maire centriste Pierre Albertini à ses côtés.

"J'ai des souvenirs dans cette ville. Quand on arrive au terme d'une campagne électorale, on veut se retrouver dans des lieux qui ont du sens pour vous", a expliqué le candidat, entouré par une nuée de caméras et de micros, et plusieurs centaines de militants.

Après une halte dans un café, rue Jean Lecanuet, il s'est rendu sur la place du 19 avril 1944, où a été érigée une sculpture rappelant les bombardements meurtriers de la ville par l'aviation alliée durant la deuxième Guerre mondiale.

En seulement quelques heures, ce 19 avril 1944, près de 6.000 bombes ont été déversées sur l'agglomération, la transformant en champ de ruines, et faisant quelque 900 morts et 20.000 sinistrés.

Comme à Verdun, M. Bayrou a lancé un dernier appel aux indécis pour qu'ils votent en sa faveur dimanche. "Je me sens mobilisé et au fond très heureux, parce que le changement dont je rêvais depuis longtemps pour la France est maintenant à portée de la main".

"Les Français ont maintenant la possibilité réelle d'enlever le pouvoir aux deux partis qui le tiennent depuis 25 ans, et d'obtenir enfin une manière différente de gouverner le pays", a-t-il ajouté.

"Je serais un président au milieu de vous", a-t-il lancé, sous les applaudissements et des cris "Bayrou président!". "Je ne perdrai jamais ce lien avec les Français et spécialement avec les Français les plus modestes. Je serai le défenseur de ceux qui n'ont pas de défenseur".

En dépit de la clôture de la campagne officielle vendredi à minuit, M. Bayrou a annoncé qu'il poursuivrait samedi "sa rencontre avec les Français" à Toulon. "Ce n'est pas interdit. Demain, je peux serrer la main des Français. C'est pour moi une manière de démontrer que nous sommes mobilisés entièrement" pour cette élection", a-t-il expliqué.

Il gagnera ensuite la région de Pau, où il votera dimanche.

Par Souk CHANTHALANGSY, le vendredi 20 avril 2007, 21h50



 
François Bayrou "serein" et en campagne "jusqu'au bout"

VERDUN, Meuse (Reuters) - "Heureux et serein" à 48 heures du premier tour de l'élection présidentielle, François Bayrou veut mener campagne jusqu'au bout pour préserver "l'énergie" qui, dit-il, l'amène aux portes de l'Elysée.

Dans le petit avion qui l'emmène vendredi de Paris à Verdun, et le conduira plus tard dans la journée à Rouen, François Bayrou réfléchit, un oeil sur les journaux du matin.

"Il faut être heureux, les gens ont senti que j'étais serein", dit-il à propos de sa campagne.

"C'est bien" est son seul commentaire a propos de la "une" de Libération, qui le représente aux côtés de la candidate Ségolène Royal sous le titre "Au finish".

Les sondages du Figaro l'interpellent. Les électeurs interrogés pour le quotidien lui accordent la palme de la meilleure campagne - "Ça fait quand même très plaisir".

Pas de pause pour le député béarnais, qui s'offrira un dernier mini tour de France samedi, où il est notamment attendu à Toulon.

"J'ai la conviction que ce n'est pas de l'énergie perdue. C'est une énergie qui rayonne, qui touche les gens", dit-il.

A ses côtés, le général Philippe Morillon, député européen, a mis à sa veste une pochette orange, couleur fétiche de l'UDF. "Nos militants sont sur le pont", assure l'ancien commandant des casques bleus en Bosnie.

A la question de savoir si le téléphone portable de François Bayrou, dont il use beaucoup, lui sert à composer son prochain gouvernement, l'élu reste mystérieux. "On attend dimanche..."

A l'heure du premier bilan, François Bayrou revient sur les grands moments de sa campagne.

QUELQUE CHOSE DERRIERE LA MONTAGNE

Le meeting au palais omnisports de Paris-Bercy mercredi devant quelque 17.000 personnes ? "Quel pari ! S'il avait manqué 3.000 personnes, on aurait dit 'ce pauvre Bayrou n'arrive pas à remplir Bercy'".

Sa déclaration de candidature, le 2 décembre dans le village béarnais de Serres-Castet ? "C'était vachement gonflé". Le premier meeting, à Lille ? "Ma première phrase fut : 'On sait à la première minute si une campagne est réussie ou pas'. A ce moment-là, je savais".

Puis il y eu "l'incroyable" montée dans les enquêtes d'opinion, "du jamais vu".

"Mais une campagne ce n'est pas de l'arithmétique, c'est une dynamique", nuance François Bayrou. Et d'ajouter, comme une prédiction : "Jusqu'à maintenant, on nous a toujours sous-estimés dans les sondages..."

Il se souvient de ses passages en banlieue, là où "les propos de Nicolas Sarkozy ont fait un mal incroyable à la République". Et se remémore cette journée de mars en Seine-Saint-Denis, où une "onde" de passants est venue à sa rencontre sur le quai du RER à la gare du Nord.

"Les gens ont compris que je ne venais pas d'en haut, que j'incarnais la résistance contre les puissants", dit-il.

"Ils ont compris que j'avais la foi, même si je n'en parle jamais", ajoute le député, catholique pratiquant. "Les musulmans ont tellement de mal à vivre leur foi qu'ils apprécient que je les respecte comme tels."

Pour François Bayrou, avoir la foi "ce n'est pas une question d'être bon ou mauvais, c'est une perspective sur la vie. Il y a quelque chose derrière la montagne."

Le général Morillon acquiesce. L'élu européen, qui est aussi le conseiller défense de François Bayrou, affirme que ses collègues du Parlement espèrent comme lui une victoire du candidat centriste. "Ils brûlent des cierges !", plaisante-t-il. "Ils savent qu'il est le seul à relancer le moteur européen".

Les deux hommes rient au souvenir de la fête improvisée la veille au soir dans l'avion qui ramenait d'un meeting à Pau élus centristes et journalistes. "Bayrou en finale", chantaient les élus tandis que le commandant de bord adressait cette mise en garde : "Attention, cet avion n'atterrit qu'au deuxième tour !"

"Le pilote votait pour moi, les stewards votaient pour moi, les bagagistes aussi", commente François Bayrou le plus sérieusement du monde.

A l'approche de Verdun, où son grand-père s'est battu en 1916, le candidat béarnais fait une sieste expresse. "Si je dors une minute, vous ne m'en voudrez pas ?".

Vendredi 20 avril 2007, 18h38



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