

PARIS (Reuters) - Rassembler sans se renier pour Nicolas Sarkozy, tendre la main sans rogner sur sa gauche pour Ségolène Royal : l'inconnue centriste pèse sur la campagne du candidat de l'UMP et de sa rivale socialiste, à la recherche de l'équation la plus efficace pour une victoire le 6 mai.
Quand Nicolas Sarkozy refuse les "combinaisons d'appareils" en proposant un rassemblement à ses conditions, Ségolène Royal invite François Bayrou à "prendre ses responsabilités" en vue d'"un dialogue ouvert et public" sur le programme socialiste.
La candidate socialiste a été sans détour mardi : elle veut que "les choses aillent vite", même si elle se défend de toute "pression" ou "ultimatum" envers le président de l'UDF, qui fera connaître ses intentions mercredi lors d'une conférence de presse à 15h30 dans un grand hôtel parisien.
Ségolène Royal a décidé de multiplier les signaux en direction du pôle centriste, recevant mardi l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, qui a validé sa "démarche d'ouverture". Vendredi à Lyon, le président du Conseil italien Romano Prodi, autre figure du centre-gauche européen, participera à un meeting de la candidate socialiste.
Durant la campagne, François Bayrou avait déclaré que son Premier ministre idéal serait un Jacques Delors "en plus jeune".
Le candidat centriste a fédéré 6,8 millions de suffrages (18,57%) lors du premier tour de la présidentielle. Une manne précieuse pour Ségolène Royal, qui dispose d'un réservoir naturel de voix inférieur à 37%.
Contraint à la neutralité s'il veut pérenniser sa stratégie "anti-système" et conforter son indépendance, François Bayrou devrait annoncer la création d'une grande formation du centre et inviter ses électeurs à reprendre leur liberté : certains pourraient choisir de rejoindre leur famille d'origine, droite ou gauche, d'autres de poursuivre sur la voie de l'iconoclasme en se livrant à un "tout sauf Royal" ou un "tout sauf Sarkozy" ou opter pour le bulletin blanc ou l'abstention.
"DES HARKIS OU DES CHAOUCH..."
Les sondages réalisés depuis dimanche sur le report des voix bayrouistes offrent des prédictions contrastées. Selon une enquête Ipsos-Dell pour SFR et Le Point diffusée mardi, l'électorat de François Bayrou se reporterait davantage sur Ségolène Royal que sur Nicolas Sarkozy, dans une proportion de 38%-35%; 27% s'abstiendraient ou ne s'exprimeraient pas.
A l'UMP, où l'on aime à souligner avec le candidat que "c'est le fort qui tend la main", on taxe la stratégie socialiste de "marchandage" et on fait valoir l'impossible "grand écart" de Ségolène Royal "entre François Bayrou et Olivier Besancenot".
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, a souligné mardi à l'issue d'un déjeuner à Matignon avec Nicolas Sarkozy la "volonté" et l'"ambition" de rassemblement du candidat de l'UMP dans une démonstration d'unité soigneusement mise en scène.
Pour Nicolas Sarkozy, "la formule, c'est pas de négociations d'appareils mais parler aux Français et aux élus", a résumé Bernard Accoyer, président du groupe UMP de l'Assemblée, à l'issue d'une réunion des parlementaires UMP avec le candidat.
Sans négliger un soupçon de menace en vue des élections législatives des 10 et 17 juin, au fil de tractations qui ne disent pas leur nom.
François Fillon, présenté comme l'un des favoris pour Matignon si Nicolas Sarkozy est élu, s'est chargé du rappel à l'ordre à l'adresse des élus UDF.
L'ancien ministre prévient dans Le Figaro qu'il y aura "un problème aux élections législatives" si François Bayrou n'apporte pas un soutien clair au candidat de l'UMP. Dans cette hypothèse, l'UMP présenterait un candidat contre chaque sortant centriste. Mais l'UDF pourrait riposter en provoquant des triangulaires - dans 469 circonscriptions, selon Le Monde.
"M. Bayrou fera ce qu'il voudra. (...) En revanche, les députés qui vont nous rejoindre auront leur place. Ce ne seront pas des harkis ou des chaouch de la majorité présidentielle. Ils seront soutenus au moment des législatives. Ceux qui se mettront contre Nicolas Sarkozy en tireront les conséquences", a résumé le député UMP de Paris Pierre Lellouche.
Six députés, deux sénateurs et l'unique ministre UDF du gouvernement, Gilles de Robien, se sont ralliés à Nicolas Sarkozy avant le premier tour. André Santini précise dans Le Figaro qu'"une douzaine d'autres" pourraient franchir le pas.
L'UDF compte 29 députés et 33 sénateurs.
Nicolas Sarkozy devait rencontrer mardi le maire UDF de Rouen, Pierre Albertini, avant une réunion publique au Grand-Quevilly (Seine-Maritime). Ségolène Royal sera elle à Montpellier (Hérault).
Les deux prétendants à l'Elysée s'affronteront le 2 mai lors d'un face-à-face télévisé en direct sur TF1 et France 2 à partir de 21h00.
Mardi 24 avril 2007, 17h57
PARIS (AFP) - A J-12 du second tour, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy multiplient les efforts pour capter les faveurs de François Bayrou et de ses 6.820.882 électeurs.
Ils s'affronteront par ailleurs en face à face le 2 mai pour le traditionnel débat radio-télé, leurs équipes ayant trouvé un accord. Ce grand classique de l'entre-deux tours avait été escamoté en 2002, Jacques Chirac ayant refusé de discuter avec Jean-Marie Le Pen.
Les finalistes s'étaient lancés dès lundi à l'assaut des voix centristes, laissant des messages sur le portable de François Bayrou... qui n'a répondu ni à l'un, ni à l'autre.
Fort de ses 18,6%, il fait durer le suspense et ne se prononcera que mercredi, au cours d'une conférence de presse pendant laquelle il ne devrait pas, selon toute vraisemblance, donner de consigne explicite.
La décision est en effet difficile, M. Bayrou devant compter avec les législatives de juin: l'UMP, qui a pour l'instant gelé ses investitures face aux 29 sortants UDF, pourrait leur mettre des candidats dans les pattes.
L'UMP souffle le chaud --évoquant une "large ouverture" et des ministères pour les centristes si son champion est élu-- et le froid, comme lorsque François Fillon rappelle qu'on "ne peut pas dire: je suis contre Sarkozy à l'élection présidentielle, mais je veux les voix de l'UMP à l'élection législative".
M. Sarkozy a dénoncé lundi toute "ouverture politicienne qui chercherait à rassembler à travers les débauchages et les marchandages". Mais il espérait bien recevoir mardi soir à son meeting près de Rouen le soutien de Pierre Albertini, maire UDF de cette ville, la plus grande de France gérée par le parti centriste. Lundi, M. Albertini avait déclaré à l'AFP qu'il n'avait pas encore pris sa décision, qui "n'engagerait que (lui)".
Au moins huit parlementaires UDF ont déjà rejoint M. Sarkozy, dont deux sénateurs et quatre députés depuis le résultat de dimanche.
La candidate socialiste, distancée de 5 points au premier tour, avait de son côté appelé dès lundi soir le leader centriste à "un débat ouvert et public" sur ses propositions présidentielles.
Elle devait lui envoyer mardi une lettre soulignant les points de convergence possibles, et a estimé que M. Bayrou était "devant ses responsabilités". Aucun poste n'a été évoqué.
Cette "ouverture" pourrait heurter au PS, mais Laurent Fabius, tenant d'une ligne "de gauche", a assuré mardi à l'issue d'une réunion de présentation de la stratégie de campagne pour le second tour que "tout s'était bien passé".
Très symboliquement, Mme Royal a rencontré mardi Jacques Delors, cité par François Bayrou comme exemple d'une personnalité de gauche avec qui il pourrait travailler.
Elle a annoncé la présence à ses côtés vendredi à Lyon de Romano Prodi, chef du gouvernement de coalition italien, autre référence de M. Bayrou. Présence non confirmée côté italien [NDLR : présence démentie !].
Les appels de Michel Rocard ou Bernard Kouchner à un rapprochement avec le candidat UDF avant le premier tour avaient été violemment critiqués au PS.
Nicolas Sarkozy, donné vainqueur par les sondages deuxième tour réalisés depuis dimanche, a sorti lundi une torpille anti-Royal, avec la présence à son meeting d'Eric Besson, qui a claqué la porte du PS et a affirmé y avoir participé à une tentative de "diabolisation" du candidat UMP.
L'équipe de M. Sarkozy, arithmétiquement favori, craint en effet que le second ne se transforme en référendum contre l'ex-ministre de l'Intérieur, au nom du "Tout sauf Sarkozy".
Par Stéphane ORJOLLET, le mardi 24 avril 2007, 19h28
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy, arrivé en tête dimanche au premier tour du scrutin présidentiel, a dit mardi aux parlementaires UMP qu'il n'y aurait pas de négociations d'appareils en vue du second tour le 6 mai.
"La formule c'est : pas de négociations d'appareils mais parler aux Français et aux élus", a résumé pour Reuters Bernard Accoyer, le président du groupe UMP de l'Assemblée, à l'issue d'une réunion des parlementaires UMP autour de Nicolas Sarkozy au siège de son QG de campagne.
Le sort du second tour de l'élection présidentielle dépend en grande partie des reports de voix des électeurs de l'UDF François Bayrou, qui a obtenu 18,55% des suffrages exprimés, et de ceux de Jean-Marie Le Pen (Front national) qui en a recueilli 10,51%
Le candidat à l'Elysée "a insisté sur le fait que Mme Royal s'adressait aux appareils, à une partie du Parti socialiste, à l'extrême gauche et que lui (Nicolas Sarkozy) cherche à s'adresser à tous les Français", a dit le "patron" des députés UMP.
Nicolas Sarkozy, a-t-il ajouté, a également "remercié les parlementaires UMP pour leur participation à la campagne". "C'est vrai que les parlementaires UMP sont tous sur le terrain aux côtés de Nicolas Sarkozy ce qui n'est pas le cas des parlementaires socialistes", a affirmé Bernard Accoyer.
Le député Claude Gaillard, premier questeur de l'Assemblée, a pour sa part trouvé le candidat de l'UMP "très tonique". "Il a pris l'exemple d'une finale à Roland Garros en disant 'si on joue petit bras on ne peut pas gagner. Il faut être libéré, sincère et généreux".
Les députés UMP étaient ensuite invités à déjeuner à l'hôtel de Lassay par le nouveau président de l'Assemblée nationale, Patrick Ollier (UMP).
Mardi 24 avril 2007, 14h53
MONTPELLIER, Hérault (Reuters) - Daniel Cohn-Bendit estime que l'ouverture au centre tentée par Ségolène Royal est "le seul moyen" de remporter la présidentielle face à Nicolas Sarkozy.
"Je dis que c'est possible. C'est difficile mais possible. Il faut être malin", a déclaré à Reuters le député européen avant le meeting de la candidate socialiste à Montpellier (Hérault), dont il est la vedette américaine.Figure du mouvement de mai 68, ce partisan d'une grande alliance entre la gauche, le centre et les écologistes précise avoir été contacté lundi soir par le camp Royal, après la "main tendue" de la candidate à François Bayrou.
"Elle va gagner si elle prend l'initiative, si elle dit 'je ne suis plus la candidate du PS mais la candidate d'une partie de la France qui veut le renouveau'", assure-t-il.
Cette stratégie, inédite depuis les années Rocard, "ça marche ou ça ne marche pas. Mais avec Sarkozy, ça va casser", prévient Daniel Cohn-Bendit.
"Il paraît que pour gagner une élection présidentielle, il faut plus de 50% des voix. Je suis un élève studieux et je regarde comment on peut les avoir", explique-t-il.
A treize jours du deuxième tour, il se lance dans les calculs. La gauche de la gauche et Ségolène Royal totalisent 36% des voix au premier tour auxquelles il ajoute "12 à 15%" des 18,55% obtenus par François Bayrou "et puis il y a une dynamique qui se développe".
"Tout le monde sait qu'il y a toujours 20% du Front national qui ne va pas à droite donc vous arrivez aux alentours de 50%", prédit-il, n'excluant pas un coup de pouce indirect de Jean-Marie Le Pen.
Le 1er mai, lors de la manifestation du Front national en hommage à Jeanne d'Arc, il va dire "Sarkozy m'a volé, Sarkozy est un voleur, vous détestez les voleurs donc prenez vos responsabilités", veut-il croire.
L'ouverture au centre peut être considérée comme un "épouvantail" pour la gauche de la gauche, demandeuse d'une campagne d'entre-deux tours plus sociale?
"On ne peut pas être plus contre Sarkozy que la gauche de la gauche. Donc si elle est contre Sarkozy, elle ne va pas être contre Ségolène qui essaie de gagner contre Sarkozy. On peut être schizophrène mais pas à ce point", souligne Daniel Cohn-Bendit.
Mardi 24 avril 2007, 19h07
PARIS (AP) - Ségolène Royal poursuit son offensive de charme en direction du centre. Mardi, la candidate socialiste a reçu l'ancien président social-démocrate de la Commission européenne Jacques Delors, qui a apporté "tout son soutien" à la "démarche d'ouverture" proposée aux électeurs de François Bayrou.
"Il a manifesté tout son soutien sur cette démarche d'ouverture (et) sur cette volonté d'essayer de travailler (...) à la convergence des idées qui peuvent servir la France et lui permettre d'avancer", a rapporté la candidate, au terme d'une réunion de travail d'environ une heure à son siège de campagne.
Interrogée sur le contenu de leurs discussions, Mme Royal a évoqué "la valeur centrale dont la France a besoin aujourd'hui, c'est-à-dire l'Etat impartial", mais aussi "la défense des libertés publiques, (...) la nécessité de procéder à un référendum et surtout de refuser la solution d'un mini-traité" européen. Le "mini-traité" est la solution avancée par Nicolas Sarkozy pour remplacer la Constitution européenne rejetée par les Français et les Néerlandais en 2005.
"Nous avons beaucoup parlé aussi des questions relatives à l'emploi, au chômage, à la formation professionnelle", a ajouté Ségolène Royal. Avant le premier tour, elle avait déjà expliqué avoir emprunté à Jacques Delors l'idée de son "contrat première chance" pour les jeunes sortant du système scolaire sans qualification.
Jacques Delors a lui refusé de s'exprimer devant les journalistes sur les discussions qu'il a eues avec la candidate. A la question de savoir si la démarche de Ségolène Royal correspondait à ce qu'il aurait aimé faire lui-même s'il avait été candidat à la présidentielle de 1995, il a répondu: "De ce point de vue-là, je peux vous dire oui".
Le candidat UDF François Bayrou, qui avait estimé que son Premier ministre idéal ressemblerait à Jacques Delors "en plus jeune", doit tenir une conférence de presse mercredi. On attend sa réponse à la proposition de débat formulée lundi soir par Ségolène Royal.
La candidate socialiste s'est également prévalue mardi du soutien d'un autre ancien président de la Commission européenne, celui de l'Italien Romano Prodi, une autre figure du centre-gauche souvent citée en exemple par François Bayrou. Le Premier ministre italien assistera vendredi soir au meeting de Mme Royal à Lyon. Sa venue "est un apport très important puisque nous allons avoir à reconstruire l'Europe sur de nouvelles bases", s'est félicitée Ségolène Royal.
Mardi 24 avril 2007, 14h32
PARIS (AP) - Xavier Bertrand et Rachida Dati, porte-parole de Nicolas Sarkozy, ont estimé mardi que Ségolène Royal se livrait à un "grand écart impossible" pour attirer les électeurs de François Bayrou et d'Olivier Besancenot, alors qu'il n'y a "pas vraiment de projet commun".
"Au moment où Nicolas Sarkozy veut rassembler, on s'aperçoit que Ségolène Royal veut, elle, marchander", a commenté Xavier Bertrand lors d'un point presse au siège de campagne. "Ce n'est pas la leçon de ce qui s'est passé dimanche".
"Les électeurs de François Bayrou sont plus proches de Nicolas Sarkozy et de son projet que de celui de Ségolène Royal", a estimé Rachida Dati, autre porte-parole du candidat UMP. Elle a cité en exemple les 35 heures que Ségolène Royal "souhaite généraliser" alors que François Bayrou "ne souhaite pas en entendre parler".
La candidate socialiste a tendu la main lundi soir au candidat de l'UDF. Nicolas Sarkozy multiplie lui aussi depuis dimanche les appels du pied aux électeurs et aux parlementaires de l'UDF pour qu'ils rejoignent le "pôle centriste" de son éventuelle majorité présidentielle.
Xavier Bertrand a estimé que la démarche de Ségolène Royal et des socialistes n'était "pas très crédible". Il s'est dit "persuadé que les électeurs de François Bayrou n'ont pas envie de devenir socialistes".
Interrogé sur le nombre de parlementaires UDF que le candidat UMP entendait rallier, il a affirmé que M. Sarkozy "n'est pas dans une logique de pointage, de marchandage". Gilles de Robien, ministre UDF de l'Education rallié à M. Sarkozy, a précisé mardi que "plus d'une douzaine" de parlementaires UDF ont déjà rallié le candidat UMP, assurant que "tous les jours il en arrive".
"Nous ne sommes pas, nous, dans un dialogue avec les leaders politiques. Certains veulent parler à tel ou tel leader, Nicolas Sarkozy veut parler au peuple. Nous allons continuer dans le même esprit", a souligné Xavier Bertrand.
Le porte-parole a refusé de répondre aux questions sur les représailles envisagées pour les élections législatives des 10 et 17 juin contre les députés UDF qui refuseraient de soutenir Nicolas Sarkozy. "Nous verrons qui veut soutenir la majorité présidentielle", a-t-il dit.
Mardi 24 avril 2007, 14h02
PARIS (AP) - Ségolène Royal "sera obligée de faire cocus" les électeurs de François Bayrou et d'Olivier Besancenot, a prédit mardi Bernard Tapie après avoir été reçu au siège de campagne de Nicolas Sarkozy.
"Pour que Ségolène gagne, il faut que les gens de Besancenot et les gens de Bayrou soient sur elle", a expliqué l'ancien ministre de François Mitterrand à sa sortie du siège de campagne du candidat UMP. Selon Xavier Bertrand, porte-parole de M. Sarkozy, Bernard Tapie n'a pas rencontré le candidat, qui recevait au même moment les parlementaires UMP.
"Ce grand écart-là est impossible à faire. Elle sera obligée de faire cocus ou les uns ou les autres, ou les deux, et à mon avis ce sera les deux, car elle fera un mi-chèvre, mi-chou qui fera que ni les électeurs de Bayrou, ni les électeurs de Besancenot se retrouveront", a ajouté M. Tapie.
Bernard Tapie a renouvelé son soutien à Nicolas Sarkozy. "Compte tenu de l'état de la France, on ne peut pas se permettre d'avoir à la tête des gens qui mèneront une politique incohérente. On peut gérer la France et gagner avec une social-démocratie aussi bien qu'avec une démocratie libérale, mais pas un peu des deux", a-t-il dit.
Mardi 24 avril 2007, 13h06
PARIS (Reuters) - Avec sa "main tendue" à François Bayrou, Ségolène Royal a de nouveau pris le Parti socialiste par surprise, au risque de froisser les "éléphants" et la gauche de la gauche qui s'est rangée derrière elle en vue du second tour.
Après son offre de débat "public et transparent" au président de l'UDF, la candidate socialiste qui doit affronter Nicolas Sarkozy dans treize jours a rencontré mardi Jacques Delors à Paris et devait tenir dans la soirée un meeting à Montpellier aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, partisan d'une grande alliance entre la gauche, le centre et les écologistes.
L'ancien président de la Commission européenne, figure de la social-démocratie à qui le candidat centriste a rendu hommage tout au long de sa campagne, a avalisé la stratégie d'ouverture de la candidate socialiste.
D'autres "cautions" du rassemblement sont attendues dans la campagne socialiste. L'équipe de Ségolène Royal a notamment annoncé la venue à Lyon vendredi du Premier ministre italien Romano Prodi, qui ne cache son estime pour François Bayrou.
En revanche, l'animateur de télévision et militant écologiste Nicolas Hulot, contacté au soir du premier tour, a choisi de "ne pas sortir du bois et de rester sur sa ligne de neutralité".
Avec cette première ouverture du PS vers le centre depuis le gouvernement Rocard de 1988 à 1991, Ségolène Royal "tente le tout pour le tout" parce que les résultats du premier tour - qui offre un socle de moins de 40% à la gauche - l'ont placée dans une "situation très inconfortable", analyse le politologue Paul Bacot.Ce faisant, "elle affiche pleinement sa victoire sur (François) Bayrou et lui enlève toute possibilité de dire qu'on ne lui a rien proposé ou de faire preuve de mauvaise volonté", explique l'enseignant en sciences politiques.
Le pari peut s'avérer très risqué, estime-t-il cependant.
D'une part, la candidate du PS, du PRG et du MRC "table sur le fait que la gauche de la gauche continuera à la suivre grâce au 'tout sauf Sarkozy'" et d'autre part "elle n'a toujours pas récupéré l'électorat populaire" qui vote Front national plutôt qu'à gauche.
"Les chefs de la gauche de la gauche ne sont pas complètement stupides. Quand ils se rallient dès dimanche soir, ils connaissent le score (total de la gauche) et savent qu'il va falloir s'adresser au centre pour gagner", assure un conseiller de la candidate.
GOURDIN CONTRE NEGOCIATION
Il en veut pour preuve la tribune publiée mardi dans Libération par des représentants emblématiques des collectifs anti-libéraux. S'ils avaient été choqués par la proposition de Ségolène Royal formulée lundi en fin de journée, "ils pouvaient toujours appeler le journal et faire retirer leur texte".
Au lendemain de l'offre de Ségolène Royal, que la plupart des "éléphants" ont apprise par médias interposés, l'aile gauche du Parti socialiste ne décolère pas mais refuse de s'exprimer officiellement. Tous se rangent derrière la position de Laurent Fabius et d'Henri Emmanuelli qui ont toujours refusé une alliance au centre.
"S'il y a une chance sur quatorze millions qu'on l'emporte, on ne veut pas être accusé d'avoir joué la défaite" en dénonçant la stratégie de la candidate, explique-t-on.
Dans Le Nouvel Observateur, le député européen Pierre Moscovici, proche de Dominique Strauss-Kahn, se dit "persuadé" que, "dans l'urne", François Bayrou "déposera un bulletin Ségolène Royal".
"Il faut s'adresser à tous pour bâtir les éléments de la future majorité présidentielle, construire les conditions d'un rassemblement. Les législatives se joueront ensuite sur cette base", explique-t-il.
François Bayrou se retrouvant en arbitre du deuxième tour pour l'UMP comme pour le PS, l'équipe de campagne de Ségolène Royal s'est attachée à souligner la différence de méthode.
"Nous ne sommes pas dans une logique de débauchage individuel et l'affichage de députés UDF ralliés un par un", se félicite François Rebsamen, co-directeur de campagne.
Invité de l'émission de Canal + "En aparté", Julien Dray, "conseiller spécial" de la candidate, a dénoncé la stratégie de l'UMP dont les chefs "font des sourires et qui derrière dans le dos ont le gros gourdin et menacent".
La stratégie de Ségolène Royal, c'est celle "de la politique autrement". On dit "voilà, le peuple français a parlé, il y a des scores, il y a des rapports de force, nous sommes prêts à ouvrir une négociation sérieuse", a expliqué le député.
Mardi 24 avril 2007, 18h48
PARIS (AP) - En cas d'alliance entre le Parti socialiste et l'UDF, le sénateur PS de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il quittera son parti. "S'il y avait une alliance du PS avec le centre, il y a la moitié des socialistes qui fichent le camp dans l'abstention et sans parler des électeurs communistes", a-t-il expliqué mardi.
Ségolène Royal "a une idée" qui "est de dire: 'je vais au contact, je déclenche le débat et j'oblige M. Bayrou à sortir de la position dans laquelle il espère peut-être se réfugier et qui n'a aucun intérêt'", a poursuivi M. Mélenchon, invité du "Oui/Non" de LCI.
A la question de savoir s'il resterait au PS en cas d'alliance entre les deux partis, le sénateur de l'Essonne a répondu: "non". "Je m'en tiens à ce que dit François Hollande: 'Bayrou c'est la droite'. Je ne vois pas ce que j'irais faire avec", a-t-il ajouté.
"Les gens qui ont voté pour François Bayrou, ils ont voté au centre ils ne savent pas ce que sait (le centre, NDLR). Ils ont voté contre le système, ils ont voté pour un personnage qui paraissait indépendant. Donc, ce sont des coeurs à gagner. On ne gagne rien à leur dire: 'écouter, c'est nous le centre'. Non, nous c'est la gauche", a conclu Jean-Luc Mélenchon.
Mardi 24 avril 2007, 19h38
GRAND-QUEVILLY, Seine-Maritime (AP) - Pierre Albertini, député-maire de Rouen et coordonateur du projet législatif de l'UDF, a annoncé mardi soir son ralliement à Nicolas Sarkozy lors de la réunion publique du candidat UMP au Grand-Quevilly (Seine-Maritime), près de Rouen.
"Sans renier en aucune manière ni mon parcours, ni mes valeurs, je voterai pour Nicolas Sarkozy", a déclaré M. Albertini devant 7.000 militants réunis au Zénith de Grand-Quevilly. Il avait accueilli auparavant Nicolas Sarkozy dans sa mairie.
Le député-maire UDF de Rouen a cité Jean Lecanuet, son prédécesseur pendant un quart de siècle et figure historique de la démocratie-chrétienne en France. "Jean Lecanuet m'a appris une chose: ne jamais se tromper d'adversaire. J'ai regardé dans le projet de Ségolène Royal et de son équipe, et j'ai trouvé beaucoup de propositions qui me heurtent", a-t-il dit, évoquant les 35 heures ou la remise en cause de la loi Fillon sur les retraites.
"Même si je n'approuve pas dans la totalité les propositions de Nicolas Sarkozy, je constate une très forte convergence sur les grands objectifs: redresser économiquement le pays, créer une société de confiance, privilégier la solidarité et non pas l'assistance, rénover la vie politique", a poursuivi M. Albertini.Le candidat UMP s'est réjoui de ce ralliement. "Il y a beaucoup d'amis de l'UDF qui ont toute leur place dans la majorité présidentielle et qui ne souhaitent pas se retrouver au milieu de l'extrême gauche, du Parti communiste et des Verts", a déclaré M. Sarkozy.
"Il n'y a rien d'étonnant: nous travaillons avec le maire de Rouen ensemble depuis 20 ans. Nos électeurs sont les mêmes. Il serait extraordinaire qu'on ne se retrouve pas dans la nouvelle majorité présidentielle en train de se mettre en place", a ajouté le candidat UMP.
Pierre Albertini, qui accueillait encore vendredi François Bayrou dans sa ville, est le 11e parlementaire de l'UDF à rallier le "pôle centriste" que Nicolas Sarkozy veut constituer dans le cadre de son éventuelle majorité présidentielle.
Les députés André Santini, Pierre-Christophe Baguet, Christian Blanc soutenaient le candidat de l'UMP dès le premier tour. Depuis dimanche, les noms des députés Michel Hunault, Olivier Jardé, Stéphane Demilly, Francis Hillmeyer et des sénateurs Daniel Dubois et Yves Pozzo di Borgo se sont ajoutés à cette liste. Le député UDF du Calvados Rodolphe Thomas a lui aussi manifesté son ralliement en assistant au meeting de mardi soir.
Mardi 24 avril 2007, 19h37
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