Nicolas Sarkozy met ses pas dans ceux de Giscard et Mitterrand
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy invitera mardi soir les électeurs à lui donner une majorité présidentielle lors d'une "grande réunion républicaine" au Havre, dans le cadre de la campagne des élections législatives des 10 et 17 juin."C'est normal et cohérent que le président de la République souhaite avoir les moyens de mettre en oeuvre le projet qu'il a réussi à faire adopter pendant sa campagne électorale", a déclaré lundi, lors d'un point de presse, le nouveau secrétaire général délégué de l'UMP, Patrick Devedjian.
Le nouveau chef de l'Etat mettra ainsi ses pas dans ceux des présidents Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, qui étaient également intervenus dans des campagnes législatives.
Selon l'UMP, des membres du gouvernement devraient assister à cette réunion au Parc des expositions du Havre, où plusieurs milliers de personnes sont attendues.
Mais Nicolas Sarkozy devrait être le seul orateur avec le maire UMP de cette ville populaire de Seine-Maritime, Antoine Ruffenacht, ex-directeur de campagne du président Jacques Chirac en 2002, précise son entourage.
"Il va dire au pays qu'il a besoin d'une majorité pour appliquer son projet", dit-on de même source.
Une majorité qu'il semble en fait assuré d'obtenir dans la foulée de son élection à l'Elysée, face à une gauche qui peine à surmonter la défaite de sa rivale socialiste Ségolène Royal.
Selon Patrick Devedjian, ce devrait être sa seule participation à une réunion publique de la campagne législative.
Le président socialiste François Mitterrand avait pour sa part animé deux meetings, avant les législatives de 1986, qui s'étaient soldés par la victoire de la droite et deux ans de cohabitation avec un Premier ministre nommé Jacques Chirac.
Le 17 janvier 1986, il s'était efforcé de convaincre les Français de reconduire une "majorité de progrès" lors d'une réunion publique au Grand-Quevilly, en Seine-Maritime, dans le fief de son Premier ministre de l'époque, Laurent Fabius.
GISCARD ET "LE BON CHOIX"
Le 7 février suivant, François Mitterrand s'était posé en "garant de la cohésion sociale" et avait demandé aux électeurs, devant des milliers de personnes rassemblées à Lille, de défendre dans les urnes leurs "acquis sociaux".
Il s'était cependant défendu d'être un chef de parti et avait assuré qu'il était "le président de tous les Français".
Huit ans plus tôt, le 28 janvier 1978, le président UDF Valéry Giscard d'Estaing, à mi-parcours de son septennat, avait exhorté les Français à faire "le bon choix pour la France", lors d'un meeting à Verdun-sur-le-Doubs, en Saône-et-Loire.
Nicolas Sarkozy ne s'affichera pas comme l'homme d'un "clan" mais comme "l'homme d'un projet", assure Patrick Devedjian.
"Tous ceux qui ont soutenu ce projet sont bienvenus (...) au-delà de toute attache partisane", a-t-il ajouté. "C'est bien le sens de ce meeting."
"C'est un meeting républicain et non pas un meeting de l'UMP, même si l'UMP apporte sa contribution", a ajouté l'ancien ministre de l'Industrie. "L'UMP ne va pas mettre ses affiches, ses logos à cette occasion. L'UMP appartient à la majorité présidentielle, l'UMP veut la mise en oeuvre de ce projet mais elle n'est pas la seule."
Selon Patrick Devedjian, Nicolas Sarkozy n'émettra pas un "message partisan" mais défendra son projet, et "l'ouverture" voulue par le chef de l'Etat, notamment au gouvernement, prendra à cette occasion "toute sa dimension".
"Si on gagne les législatives, j'irai encore plus loin (dans l'ouverture)", confiait récemment à des journalistes le président de la République, peu après la nomination de son gouvernement, qui compte quatre membres venus de la gauche, dont le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
Avant le meeting du Havre, Nicolas Sarkozy effectuera un déplacement dans le département sur le thème de l'agriculture. Il rencontrera des exploitants agricoles à Saint-Pierre-Le-Viger et visitera un lycée agricole à Yvetot.
Lundi 28 mai 2007, 15h57
Sarkozy et Royal en meeting cette semaine pour les législatives
PARIS (AFP) - La semaine politique sera marquée mardi par deux meetings importants: celui du PS à Paris, avec Ségolène Royal et les "éléphants", et celui de Nicolas Sarkozy au Havre, en campagne lui aussi pour les législatives, initiative très inhabituelle pour un président de la République.
Le chef de l'Etat, qui devait rentrer dimanche après-midi d'un week-end en famille au fort de Brégançon (Var), participera mardi soir au Havre à "une grande réunion républicaine", dans le cadre de la campagne pour les élections législatives, rompant à nouveau avec le style de ses prédécesseurs.
La réunion se tiendra à 18H00 au parc des Expositions de la ville, dont le maire UMP, Antoine Rufenacht, avait été le directeur de campagne de Jacques Chirac en 2002 et s'est depuis rapproché de M. Sarkozy.
Sa rivale malheureuse pour la présidentielle, Ségolène Royal, fera elle sa véritable entrée dans la campagne des législatives des 10 et 17 juin prochains en participant le même soir à un grand meeting du PS, au Zénith de Paris.
Le rendez-vous est fixé à 19H00, et les "éléphants" du parti, dont certains ne ménagent pas leurs critiques contre Mme Royal et le Premier secrétaire du parti François Hollande, seront là, de Dominique Strauss-Kahn à Laurent Fabius.
Mme Royal, qui ne se représente pas à la députation (elle préside la région Poitou-Charentes et est opposée au cumul des mandats), rencontre des militants durant le week-end dans sa région, et multipliera les déplacements cette semaine dans le cadre des législatives, à Lyon, Marseille, outre Paris.
Dominique Strauss-Kahn participera lui aussi à plusieurs réunions à travers la France.
Ce sera le cas du président du Front National Jean-Marie Le Pen qui tiendra une réunion publique samedi dans le 15ème arrondissement de Paris, puis le lendemain à Villepreux (Yvelines), où il prononcera un discours à la fête nationale du Cercle des combattants.
Le centriste François Bayrou a pour sa part prévu des déplacements lundi à Angers, Ancenis et Tours et mardi en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.
Le Premier ministre François Fillon, qui pour les législatives affronte notamment Stéphane le Foll, le directeur de cabinet de François Hollande, dans la 4ème circonscription de la Sarthe, participera lui à une réunion publique mercredi à Loué, ville située dans la même circonscription.
Pour M. Fillon, le lundi de Pentecôte n'est pas un jour férié : il s'entretiendra durant la journée avec pas moins de sept de ses ministres, entretiens qui se poursuivront mardi.
Même choix pour le président Nicolas Sarkozy, qui recevra lundi le chef du gouvernement italien Romano Prodi, avant de se rendre jeudi à Madrid pour rencontrer celui du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero.
M. Sarkozy évoquera à nouveau auprès de ses interlocuteurs sa proposition de traité européen simplifié destiné à sortir l'Europe de la crise.
M. Sarkozy, qui a rencontré cette semaine les dirigeants de plusieurs syndicats, poursuivra ses entretiens mardi en recevant le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault. Mercredi, il s'entretiendra avec la présidente du MEDEF, Laurence Parisot.
Le chef de l'Etat s'est engagé durant la campagne électorale sur plusieurs réformes sociales importantes, dont l'instauration d'un service minimum dans les transports et la détaxation des heures supplémentaires.
Par Michel Sailhan, le lundi 28 mai 2007, 11h13
Devedjian : Sarkozy quittera le conseil général 92 après l'élection d'un président
PARIS (AFP) - Le président de la République Nicolas Sarkozy démissionnera de son mandat de conseiller général des Hauts-de-Seine après l'élection du prochain président de cette assemblée, a annoncé dimanche soir le secrétaire général délégué de l'UMP Patrick Devedjian.
"Lorsque le nouveau conseil général des Hauts-de-Seine aura pourvu à un nouveau président quel qu'il soit, le président de la République démissionnera sans doute de son mandat au conseil général", a déclaré M. Devedjian selon la transcription, fournie par France 3, de ses propos à l'émission France Europe Express.
Cette élection doit avoir lieu vendredi 1er juin à 10H00, selon des informations recueillies dimanche sur le site du conseil général.
Patrick Devedjian n'a pas précisé si le chef de l'Etat participerait au vote.
Nicolas Sarkozy, élu en 2004 conseiller général de Neuilly-Nord, avait alors succédé à Charles Pasqua en tant que président du conseil général. Il a démissionné de cette fonction le 15 mai, à la veille de son entrée à l'Elysée.
M. Devedjian, membre du groupe majoritaire UMP, est candidat à la présidence du conseil général.
Dimanche 27 mai 2007, 22h10
Pas d'amnistie pour les PV à la satisfaction des proches des victimes
PARIS (AFP) - Comme s'y était engagé le candidat Sarkozy, les infractions routières ne bénéficieront pas d'une amnistie présidentielle, à la satisfaction des proches des victimes tandis que les associations d'automobilistes sont résignées.
Il n'y aura "pas d'amnistie pour les infractions au Code de la route", "conformément à ce qu'avait déclaré Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale", a annoncé David Martinon, porte-parole de l'Elysée, dans un communiqué.
"Le président a toujours considéré qu'il n'était pas moralement juste de décider de ne pas appliquer la loi : la loi doit s'appliquer de la même façon pour tous", a fait valoir M. Martinon.
Dans le passé, l'amnistie présidentielle des infractions routières s'est réduite comme peau de chagrin au fil des élections. En 2002, seules les plus légères infractions de stationnement avaient bénéficié d'un pardon.
Cette annonce intervient également alors que la sécurité routière, après une nette amélioration depuis 2002, enregistre de mauvais résultats depuis décembre, culminant en janvier et avril, avec respectivement +13,9% et +8,1% de tués sur les routes par rapport aux mêmes mois de 2006.
A la veille du week-end de la Pentecôte, le porte-parole de l'Elysée a d'ailleurs tenu "à rappeler qu'en 2006, le week-end de la Pentecôte avait causé 845 accidents, 1.027 blessés et 41 morts sur les routes".
Les deux principales associations de victimes des accidents de la route, la Ligue contre la violence routière et l'Association victimes et citoyens (AVEC) se sont déclarées satisfaites.
"C'est la moindre des choses", a affirmé à l'AFP Geneviève Jurgensen, porte-parole de la Ligue, pour qui l'amnistie des PV est "une bizarrerie française, très coûteuse en vies humaines".
"Grâce à notre insistance, depuis presque un quart de siècle, à chaque élection présidentielle, l'ammnistie a été plus restrictive pour ce qui concerne les infractions au code de la route. Il semblerait qu'on va pouvoir tourner la page et parler de choses plus importantes", a-t-elle relevé.
"Ca va dans le bon sens", a déclaré à l'AFP Vincent Julé-Parade, vice-président de l'AVEC, saluant "le respect de la parole donnée".
M. Julé se félicite également que cette décision renforce l'idée qu'à l'avenir il n'y a plus d'amnistie en matière routière. "On n'aura peut-être plus cet effet dramatique qui fait que, six mois avant chaque présidentielle, on a une augmentation du nombre de tués comme on l'a constaté encore en 2007 malgré les prises de position des différents candidats", espère-t-il.
Du côté des associations d'automobilistes, la résignation prévaut devant une décision attendue.
"Comme beaucoup de nos adhérents sont déçus de ne pas être amnistiés, nous sommes déçus pour eux mais nous respectons totalement le fait que l'automobiliste est un citoyen comme les autres et qu'il n'y avait absolument aucune raison pour qu'à l'occasion d'une élection présidentielle, le citoyen automobiliste bénéficie d'une prime aux infractions", a déclaré à l'AFP Robert Palluat de Besset, au nom de la Fédération française des automobiles clubs.
"C'est une grande rupture par rapport à la tradition présidentielle mais c'est une rupture certainement logique par rapport à l'évolution" de la société, a jugé Laurent Hecquet, délégué général de 40 millions d'automobilistes.
Il a cependant "regretté qu'il n'y ait pas d'amnistie pour les petits dépassements de vitesse", soit, moins de 20km/h au-dessus de la vitesse limite, revendication récurrente de son association.
Par Catherine Jouault, le vendredi 25 mai 2007, 17h25
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