Arrivé dans l'île au début du week-end de Pâques, le candidat UDF à la présidentielle a affiché décontraction et sérénité tout au long de ce déplacement d'une journée et demie, à deux semaines du premier tour.
Sa visite a coïncidé avec la publication de deux sondages (CSA et TNS Sofres) où il a gagné entre 1,5 et 2 points, alors qu'il s'effritait dans les intentions de vote depuis environ deux semaines.Son programme en Corse, fait, selon lui, "de rencontres et d'amitié", était plus léger que d'ordinaire, sans réunion publique, ni visite d'entreprise.
Le candidat centriste, délaissant la voiture habituelle pour faire les trajets dans l'autocar qui transportait les journalistes, a pris le temps de flâner. Il a visité la petite église de Murato vendredi, entre un déjeuner tardif dans une auberge corse et une rencontre avec plusieurs centaines de sympathisants, à l'heure de l'apéritif, sur le port de Solenzara.
Samedi matin, il est allé prendre un bain de foule à la halle aux poissons et sur le marché d'Ajaccio, encouragé par les commerçants et les chalands.
Mais le compliment qu'il a semblé le plus apprécier a été celui qui lui avait été fait la veille à Bastia par un jeune homme: "si vous avez de si grandes belles oreilles, c'est pour mieux écouter les Français!".
Accompagné discrètement de ses deux officiers de sécurité habituels, M. Bayrou n'a cessé de se démarquer de Nicolas Sarkozy, soulignant que "certains candidats ne peuvent se déplacer qu'avec une protection policière et doivent choisir les endroits où ils vont".
Une allusion à l'important dispositif de protection du candidat UMP, qui avait annulé jeudi une visite dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon où l'attendaient des manifestants, invoquant un retard d'avion.
M. Bayrou a concentré ses tirs sur M. Sarkozy, qu'il se verrait bien affronter au second tour.
Il a ainsi fustigé le "dérapage très lourd de conséquences" du président de l'UMP, qui, dans un récent entretien à Philosophie magazine, a estimé qu'on "naît" pédophile.

Celui qui se veut un "président apaiseur" a prôné "une démarche d'équilibre, de modération, de compréhension, de fermeté", sur l'ensemble du territoire comme en Corse, jugeant l'approche de M. Sarkozy "dangereuse" en matière d'ordre et de sécurité.
Il a estimé que son concurrent "attise les tensions entre les gens, sans doute pour mobiliser une partie de l'électorat extrême".
Alors qu'Olivier Besancenot devait tenir samedi soir un meeting à Ajaccio, M. Bayrou, qui avait récemment prôné une "révolution paisible" avec sa démarche de "rassemblement", a jugé le candidat de la LCR "intéressant" même s'il ne partage pas ses idées. "Ce que je n'aime pas, c'est les idéologies du mépris", a-t-il dit.
Par Pascale JUILLIARD, le samedi 7 avril 2007, 17h55
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