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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 12:22
(Dépêches)




Un jeune MoDem espère faire trébucher Méhaignerie en Ille-et-Vilaine

VITRÉ (AFP) - Un jeune candidat du Mouvement Démocrate, Pierre-Yves Martin, espère faire trébucher Pierre Méhaignerie, figure emblématique du centrisme à l'UMP depuis 2002, dans son fief de Vitré où François Bayrou a obtenu 26% des voix au 1er tour de la présidentielle.

Depuis sa première victoire en 1973, Pierre Méhaignerie a été réélu à huit reprises, toujours dès le premier tour, dans sa circonscription d'Ille-et-Vilaine. En 2002, il avait obtenu près de 60% des voix. Mais sur ces terres démocrate-chrétiennes, l'ancien président du Centre des démocrates sociaux (CDS) n'a jamais affronté la concurrence d'un autre centriste.

A 68 ans, il doit cette fois lutter contre un jeune candidat UDF-MoDem de 33 ans, Pierre-Yves Martin, en plus de la candidate socialiste Clotilde Tascon-Mennetrier qu'il a déjà battue en 1997 et 2002. Cette candidature supplémentaire pourrait le contraindre à un deuxième tour inédit et incertain même si la circonscription a voté Nicolas Sarkozy à 53% au second tour de la présidentielle.

Depuis un an et demi, le jeune candidat UDF est omniprésent sur les marchés. Il tente de convaincre un par un les anciens électeurs de Méhaignerie de la nécessité d'un changement. "C'est gagnable, affirme-t-il. Les gens se sentent trahis par le départ de Méhaignerie à l'UMP en 2002". Il dit constater "une sorte d'énervement" chez les partisans de son adversaire et y voit "un bon signe".

"Les gens me disent qu'ils n'ont jamais vu Méhaignerie faire une campagne. Ils sont très contents qu'il puisse y avoir un jeu démocratique", poursuit le jeune candidat, consultant de profession.

Pierre-Yves Martin a pour particularité d'être le gendre de Jean Arthuis, sénateur centriste de la Mayenne voisine, qui connaît très bien Pierre Méhaignerie. Mais il affirme qu'il n'y a aucun lien avec sa candidature. "On discute très peu de politique. Je ne lui ai jamais rien demandé. Mon mentor, c'est François Bayrou". "J'ai un lien de confiance avec Bayrou, on s'apprécie. Il est ravi de voir les jeunes candidats concrétiser la démarche politique qu'il a proposée".

Incontesté dans son fief depuis 34 ans, le député sortant UMP reste cependant favori et affiche sa sérénité. "La concurrence fait partie de la vie. L'émulation est saine", affirme celui qui fut trois fois ministre. A ceux qui s'interrogent sur son engagement à l'UMP, il martèle qu'il a "plus d'influence en défendant les positions du centre à l'intérieur du mouvement qu'en dehors". Il dénonce par ailleurs la mainmise de François Bayrou sur l'UDF: "il y a un vrai pouvoir personnel à l'UDF, très personnel, que nous avons subis".

Localement, il peut faire valoir un bilan sans tache dans cette circonscription à la fois urbaine et rurale, plutôt prospère et au faible taux de chômage. Mais l'extension des villes, notamment proches de Rennes, attire de nouvelles populations qui peuvent contribuer à chambouler le contexte politique traditionnel.

Par Daniel Aronssohn, le jeudi 31 mai 2007, 12h34



Simone Veil : Bayrou a créé le Modem pour son ambition présidentielle

SAINT-MAUR-DES-FOSSÉS (AFP) - L'ancienne ministre centriste Simone Veil, venue soutenir jeudi Henri Plagnol, candidat UMP dans la 1ère circonscription du Val-de-Marne, a accusé François Bayrou d'avoir créé le MoDem en ne pensant qu'à la prochaine présidentielle.

"Ne me parlez pas du Modem", a lancé Mme Veil devant la presse, en affirmant que pendant cinq ans, François Bayrou "ne va penser qu'à la présidentielle".

Mme Veil a ajouté qu'elle avait "toujours été présente" dans le rassemblement centriste. "Il n'y avait pas d'ambiguïté. L'UDF dans sa diversité était toujours en alliance avec la droite", a-t-elle dit.

"Très sollicitée" dans le cadre de la campagne pour les législatives, Simone Veil a expliqué qu'elle était venue à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) pour l'un de ses premiers et rares déplacements parce qu'Henri Plagnol "est un vieil ami". "Je tenais à venir le soutenir", a-t-elle dit, mais cette visite est aussi un "soutien" à la majorité présidentielle.

Interrogée sur la candidature de l'ancien président de Radio France Jean-Marie Cavada, investi par le MoDem dans cette circonscription de droite, Simone Veil a refusé de parler de "querelle de famille". "J'aime beaucoup M. Cavada. Il ne se trompe pas de combat, il se trompe de personne", a-t-elle ajouté.

Elu député UDF dans cette circonscription en 1997, avec déjà le soutien de Simone Veil, Henri Plagnol, ancien secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat dans le gouvernement Raffarin, avait été réélu en 2002 sous l'étiquette UMP, qu'il avait rejointe dès sa création, une défection que l'UDF ne lui a pas pardonnée.

Jeudi 31 mai 2007, 13h58





Dans le 93, le PS pourrait mettre à mal l'un des derniers bastions du PCF

BOBIGNY (AFP) - Avec quatre députés bien partis pour être réélus et des candidats menaçants dans plusieurs circonscriptions où Ségolène Royal a raflé les suffrages, le Parti socialiste affiche en Seine-Saint-Denis de grandes ambitions, dont le PCF pourrait être la principale victime.

Le Parti communiste joue une grande partie de sa survie au plan national en Seine-Saint-Denis où il compte actuellement cinq députés (dont un apparenté). Pour conserver son groupe à l'assemblée, il doit y sauver ses circonscriptions.

Les bons scores de Ségolène Royal à la présidentielle (56,54% au second tour, 34,13% au premier, soit dix fois plus que la candidate PCF Marie-Georges Buffet, 3,54%) ont mis du baume au coeur du PS, qui tente depuis de capitaliser le vote anti-Sarkozy.

"Ces résultats nous rendent plutôt sereins pour la réélection des sortants (Claude Bartolone, Elisabeth Guigou, Bruno Le Roux et Michel Pajon) et paradoxalement, alors que nous venons de subir une défaite au plan national, les socialistes vont gagner des sièges", a déclaré à l'AFP le chef de file socialiste Pascal Popelin.

Sur la droite tout d'abord. Dans la 10e circonscription (Aulnay-sous-Bois, les Pavillons-sous-Bois), où l'UMP est divisée (un candidat investi, un candidat dissident), "on a de bonnes chances", affirme M. Popelin. Candidat lui-même dans la 12e circonscription, où le scrutin s'annonce serré, il espère être en mesure de battre le député UMP Eric Raoult.

Pour le socialiste, deux circonscriptions sont également "gagnables" sur le PCF: Montreuil, fief de Jean-Pierre Brard (app-PCF) et surtout la 3e circonscription (Aubervilliers, Le Bourget, la Courneuve) où le scrutin n'a jamais été aussi ouvert.

En 2002, le socialiste Daniel Goldberg, 41 ans, donné parmi les favoris, avait dû s'effacer dès le premier tour au bénéfice de la communiste Muguette Jacquaint en vertu d'un accord national PS-PCF. En 2007, alors que Mme Jacquaint ne se représente pas, cet élu de La Courneuve entend, sans état d'âme, faire tomber le bastion PCF.

Les appétits déclarés du PS fâchent les communistes, dont les appels au "rassemblement" sont restés vains et qui accusent leurs anciens alliés de se "tromper d'adversaire".

Gilles Poux, maire PCF de La Courneuve, a récemment dénoncé "l'agressivité" de son challenger Daniel Goldberg. Et les propos critiques du député PS Claude Bartolone, sur la gouvernance communiste du département, ont déclenché les foudres d'Hervé Bramy, président PCF du Conseil général, et de Jean-Marie Doussin, patron de la fédération communiste. Ce dernier a évoqué des paroles "malvenues, hors de propos et contre-productives".

"Il n'y a pas d'agressivité particulière de notre part", se défend Claude Bartolone, député sortant de la 6e circonscription (Bagnolet, Pantin, Le-Pré-Saint-Gervais, Les Lilas). "Le PCF nous fait le coup de la citadelle assiégée". "Il s'agit d'une concurrence loyale au premier tour, d'un retour à la normale", lâche Pascal Popelin.

Par Sylvie Husson, le mercredi 30 mai 2007, 10h03



Djamel Bouras, candidat MoDem mais pas modèle

Un candidat people loin d’être consensuel. Face au député sortant communiste Patrick Braouezec dans la deuxième circonscription de Seine-Saint-Denis, le MoDem de François Bayrou a dégainé la candidature de l’ancien judoka Djamel Bouras. «Les gens se disent qu’avec lui, non-professionnel de la politique investi dans des associations de jeunesses en banlieue, il peut y avoir un vrai changement», explique Jean-Christophe Lagarde, député-maire UDF de Drancy et «ami» du sportif. «Je l’avais rencontré une première fois durant les émeutes de l’automne 2005. Il a été reçu par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle mais c’est François Bayrou qu’il a décidé finalement de soutenir», explique l’élu.
 
«Compagnon de route de forces radicales»
 
«On ne présente pas à l’Assemblée nationale des gens structurés par le ressentiment, Djamel Bouras est un compagnon de route de forces radicales» réagit pourtant Patrick Klugman, vice-président de SOS Racisme. Lequel énumère les précédents engagements du candidat : soutien à Dieudonné, à la chaîne du Hezbollah Al Manar, en décembre 2004 ou encore manifestation contre la loi sur la laïcité à l’école, en janvier 2004, aux côtés du groupuscule radical du Parti des Musulmans de France (PMF)», confie-t-il. Mais s’il est «très choqué», c’est bien davantage par l’investiture du MoDem que par le parcours de l’ancien champion olympique. «Bayrou a beau jeu de critiquer le communautarisme, il présente de nombreuses candidatures ethniques en banlieues».
 
«Des positions que je n’ai pas envie d’avoir»
 
Même réaction chez Corinne Lepage, elle-même soutien du MoDem : «Je regrette profondément cette candidature surprenante décidée à la dernière minute mais personne n’a sollicité mon avis. Les positions de Djamel Bouras ne sont pas celles que j’ai envie d’avoir, notamment sur la laïcité». Et la dirigeante de Cap 21 de promettre «de clarifier cette question» très vite au sein du mouvement centriste.
 
«Ne pas le réduire à cela»
 
«Cette description de Djamel n’a rien à voir avec celui que je connais», répond Lagarde qui dit ne pas avoir eu connaissance des engagements passés de son collègue. «Il ne fait que se positionner sur le créneau de l’islamophobie et du ressentiment à l’égard des musulmans depuis le 11 septembre 2001». Mais concède qu’il «est possible que Djamel ait été piégé par le passé. La connaissance des mouvements intégristes n’est pas la chose la mieux partagée du monde. Mais on ne peut le réduire à ça». Sollicité par 20 Minutes depuis lundi, Djamel Bouras n’a pour l’instant pas répondu à nos questions.
 
Alexandre Sulzer (20Minutes), le 23 mai 2007, 18h14




Incertitude dans la Somme où Gremetz affronte 16 candidats dont un PCF

AMIENS (AFP) - Le bouillant député communiste Maxime Gremetz, en conflit avec sa fédération, affronte dans la Somme 16 candidats, dont celui désigné par le PCF, une situation inédite qui rend incertaine l'issue de cette législative même si l'élu sortant semble conserver un fort ancrage populaire.

Elu dans la 1ère circonscription (Amiens-Nord-Picquigny) avec 60,65% des suffrages en 1997, réélu en 2002 avec 54,77% des voix, le trublion de l'Assemblée nationale, âgé de 67 ans, se présente pour la première fois sans l'investiture du PCF.

Alors que M. Gremetz, en désaccord avec la direction nationale, n'a pas répondu à l'appel à candidatures lancé par sa fédération, les communistes ont désigné candidat à "une écrasante majorité" (96%) Jean-Claude Renaux, maire de Camon.

"Cela n'a été une décision facile" pour les militants, souligne Joël Carliez, premier secrétaire de la Somme. "On était acculés (...) Si on ne faisait rien, la circonscription était perdue" car M. Gremetz, du fait de "son attitude d'agression, de division permanente", "n'est plus en capacité de rassembler la gauche" au second tour, renchérit M. Renaux.

Las des facéties de M. Gremetz, les communistes ont été choqués par son élection en 2005 à la présidence de l'Agence régionale de l'hospitalisation avec, selon eux, les voix du FN, et son comportement de "patron voyou" vis-à-vis de trois de ses collaborateurs qu'il a licenciés.

Dans cette circonscription "très abstentionniste", ce duel fratricide, associé à la multitude de candidatures tant à droite qu'à gauche - qui induit un "risque de dispersion de voix" - fait peser "une très grande incertitude" sur l'issue du scrutin, souligne Patrick Lehingue, professeur de sciences politiques à Amiens.

"Le risque pour le PCF, c'est que l'électorat se divise en deux et que le PS - qui était pourtant relativement loin derrière - passe devant", ajoute-t-il, en évoquant cependant une autre incertitude: la capacité à mobiliser de la socialiste Farida Andasmas, une "quasi inconnue".

Mais ces réflexions laissent M. Gremetz de marbre. "Je n'ai jamais été aussi tranquille à la veille d'une élection importante. Je vais faire le meilleur résultat que j'ai jamais fait", sourit-il.

S'ennorgueillissant de son statut de "deuxième meilleur député de France", établi sur la base du nombre de ses interventions ou propositions de loi à l'Assemblée, il répète à l'envi qu'"il n'est pas en campagne", étant constamment sur "le terrain".

De toutes les inaugurations ou conflits sociaux, "Maxime" multiplie ce jour-là les poignées de main sur le marché d'Amiens-Nord. Beaucoup lui apportent spontanément leur soutien, saluant cet élu qui "arrive immédiatement quand on l'appelle".

Principal candidat de droite, Jean-Yves Bourgois (Nouveau Centre), soutenu par le maire d'Amiens Gilles de Robien, est convaincu de l'affronter, comme en 2002, au second tour. Et cette fois de le battre dans cette circonscription traditionnellement à gauche et qui a voté à 57% pour Ségolène Royal. Selon lui, M. Gremetz fait certes "du volume", mais "au bout de 40 ans, il a un bilan qui ne permet de rien sortir de concret".

Par Céline Cornu, le mercredi 30 mai 2007, 9h56
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