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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 20:55
En janvier 2004 au Sénat, j’avais rencontré Clara Gaymard, présidente de l’agence française pour les investissements internationaux (et par ailleurs femme de l’ancien Ministre des Finances), qui expliquait devant des chefs d’entreprises américains médusés, invités par Christian Poncelet (Président du Sénat), tout l’intérêt de s’implanter en France.

J’évoque le Sénat, non pas pour faire la promotion de Christian Poncelet qui n’en a absolument pas besoin (il a été réélu en 2004 pour son dernier mandat), mais parce que je veux souligner l’important effort que cette institution fournit pour mieux comprendre et mieux aider le monde économique français, par de nombreuses initiatives qui détonnent ou détonent dans un palais à réputation de club de troisième âge. Tout est contraste, dans ce pays.

Le lien de l’association évoquée est :

http://www.investinfrance.org

et celui du Sénat :

http://www.entreprises.senat.fr/index.html

Les arguments auprès de ces interlocuteurs américains étaient nombreux et étayés par des statistiques de l’OCDE, organisme qu’on ne peut suspecter de franco-chauvinisme.

Je ne peux m’empêcher de vous faire un copier-coller des sept raisons d’investir en France :

« La France, maintenant...

Face à un marché devenu planétaire, où savoirs, entreprises, capitaux, outils de production, technologies et recherche ne connaissent ni frontière, ni temps, la France n’a cessé depuis 20 ans de s’ouvrir sur le monde.

Nos performances le prouvent : cinquième puissance en termes de produit intérieur brut, 3ème exportateur de services et 2ème investisseur derrière les Etats-Unis, la France est une grande nation économique au cœur du premier marché mondial, l’Europe.

Le bilan de notre attractivité en témoigne : 1ère terre d’accueil des investissements directs étrangers à égalité avec la Chine et 4ème destination des investissements internationaux créateurs de croissance et d’emplois, la France est devenue un levier de réussite majeur en Europe.

Ces résultats ne sont pas un paradoxe mais le fait d’atouts réels.

La France est un pays d’entreprises et d’entrepreneurs : 2,5 millions d’entreprises, des leaders mondiaux dans tous les secteurs de l’économie, des femmes et des hommes managers internationaux reconnus et respectés.

Le modèle industriel à la française fait depuis toujours figure de pionnier en matière d’innovation. Du Queen Mary 2 à l’Airbus A 380 ou au TGV, de la carte à puces aux industries du nucléaire ou de la santé, nos ingénieurs ont souvent été parmi les premiers à découvrir les technologies du futur.

Nos dépenses dans la R&D, la qualité de nos chercheurs et de leur environnement de travail font de la France le porte-drapeau européen pour les grands projets de coopération internationale.

Les Français, techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs, managers, ou fonctionnaires, à travers un système scolaire très efficace, sont très bien formés. Créatifs et d’une conscience professionnelle qui se traduit par l’un des taux d’absentéisme les plus faibles du monde, notre capital humain se situe au premier rang de la productivité mondiale des grands pays, devant les USA.

(...)

Choisir la France, c’est gagner en Europe ! »

Je vous recommande vivement de télécharger la petite plaquette, toujours à destination des investisseurs étrangers, avec moult chiffres très inattendus, sur le lien suivant :

http://www.investinfrance.org/France/Newsroom/Publications/publication_2004-02-24_fr.pdf

Alors, que faut-il en conclure ?

Qu’en France, tout est beau, joli, joyeux et que tout va bien. Non bien sûr, mais les sources de nos maux ne sont peut-être pas assez bien identifiées, ou du moins, comprises par les acteurs économiques et politiques, encore que depuis 1999, les gouvernements successifs ont montré une volonté de résoudre l’un des problèmes majeurs qui insufflent la progression du chômage.

Quel est-il ? Celui de l’innovation. La France est l’un des pays les plus efficaces, les plus performants et les mieux reconnus pour la qualité de sa recherche et des travaux de ses chercheurs. Hélas, le satisfecit s’arrête là, car la suite, c’est un gros trou.

Un fossé. Quasi-idéologique. L’absence de capacité à la valoriser, cette excellente recherche. A savoir, d’abord la protéger par des dépôts de brevet, puis les exploiter par la création de nouvelles activités économiques, et notamment, par le moyen de jeunes entreprises innovantes.

Parallèlement au statut très rigide de la fonction publique qui empêche les enseignants-chercheurs à devenir chefs d’entreprise, certes assoupli avec la loi Allègre du 12 juillet 1999 (1), il y a un véritable problème de mentalité qui fait que pour certains chercheurs, c’est honteux, vénal, amoral, d’être capable de faire, de se faire de l’argent, de s’enrichir sur des inventions, alors que leurs motivations sont intellectuelles, sont surtout pour faire accroître le mur de la Connaissance. Et pourtant, profits et recherches sont indissociables. Pas de recherche sans la capacité financière de la mener (2). Et si c’est l’État qui paie, c’est vous !

Un article du Monde :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-861281@51-855435,0.html

Et le rapport complet sur l’état de la valorisation de la recherche en France du 9 janvier 2007 :

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20070129/861149_rapport_valorisation_
de_la_recherche.pdf

Bien sûr, il y a beaucoup d’évolution dans le bon sens, mais c’est à mon sens, le réel handicap de la France, qui fait que les possibilités financières et industrielles de valorisation d’une invention même française se trouvent finalement à l’étranger. Et qui dit valorisation, dit création de valeur ajoutée, d’emplois, et de richesses pour l’environnement immédiat. Autant qu’elle soit chez nous, non ?




(1) http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENX9800171L

(2) Sur ce thème, il faut être prudent lorsqu’on parle, par exemple, des produits pharmaceutiques. Certes, les médicaments se vendent chers avec forte marge, mais la moindre molécule testée coûte plusieurs dizaines de millions d’euros, avec possibilité qu’elle ne convienne pas et d’être abandonnée, et nécessite une dizaine d’années de tests cliniques, durée qu’il faut retrancher à la durée d’exploitation d’un brevet (vingt ans maximum). Il faut donc un équilibre entre les besoins du consommateur (surtout dans les pays pauvres) et la nécessité d’être capable de financer la recherche.
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