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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 21:44

(dépêches)



René Monory rattrapé par son âge

LEMONDE.FR | 11.04.09 | 12h27  •  Mis à jour le 11.04.09 | 12h27

En octobre 1998, René Monory était battu à la présidence du Sénat par Christian Poncelet. Le Monde racontait alors comment l'ancien ministre de l'économie avait été trahi par les siens.

Article publié le 3 octobre 1998.

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Le 2 octobre 1992, 19 h 50 : proclamé président du Sénat, René Monory gravit les marches qui le conduisent au perchoir. Son ascension a débuté à l'aube des années 50, dans un garage de Loudun, lorsqu'il avait imposé à son père de lui céder la place. Elle ne s'est jamais interrompue depuis. Sûr de sa bonne étoile et de ses choix, qu'invariablement il présente frappés au coin du « bon sens », il a su déblayer le terrain autour de lui, dans la Vienne comme au Palais du Luxembourg. Devenu le « deuxième » personnage de l'Etat au second tour d'un scrutin tranquille, il est bien certain de pouvoir remplir la mission dont il se sait investi : secouer et moderniser une institution traumatisée par la fin de règne d'Alain Poher. N'a-t-il pas porté à bout de bras un Futuroscope que chacun croyait a priori dénué d'avenir ?

Chamboulant l'administration du Sénat comme il avait bousculé les fonctionnaires de la Rue de Rivoli lors de son passage au ministère des finances, de 1978 à 1981, ou ceux de la Rue de Grenelle lorsqu'il détenait le portefeuille de l'éducation nationale, de 1986 à 1988, René Monory bataille pour faire parler de la seconde Chambre du Parlement. Les efforts sont réels notamment en matière de modernisation des moyens de communication , la volonté sans doute intacte. Mais la politique est aussi affaire d'image, et celle que renvoie à ses pairs un président peu à peu rattrapé par son âge traduit la lassitude et l'inertie.

La première alerte trente-neuf voix de la droite évaporées dans la nature lors de sa réélection, le 2 octobre 1995 le cueille à froid. Deux ans et demi plus tard, l'affaire est, pour lui, oubliée : le Sénat est sur Internet, René Monory à nouveau candidat à sa succession. Sa reconduction ne faisant officiellement aucun doute, l'intéressé ne prend pas la peine de se déclarer auprès de ses collègues. Quant à dire qu'il fait campagne alors que fleurissent, au printemps, toute une série de documents à sa gloire et que son agenda du mois de septembre se remplit à vue d'oeil , ce serait alors commettre un crime de lèse-majesté. Dans les couloirs du Palais du Luxembourg, pourtant, on « s'interroge », comme l'on dit pudiquement.

Au printemps, tandis que le président du Sénat sollicite le soutien du chef de l'Etat pour répondre aux attaques du premier ministre, qui avait qualifié l'institution d'« anomalie parmi les démocraties », un mot revient dans la bouche de sénateurs de tous bords : la « pohérisation ». De mauvais, très mauvais souvenirs reviennent à l'esprit de ceux qui ne se pardonnent pas d'avoir, en 1989, offert un huitième mandat à un vieil homme de quatre-vingts ans, rapidement contraint par la maladie à déléguer l'essentiel de ses pouvoirs à son directeur de cabinet. Ironie de l'histoire, face à Alain Poher, très contesté sur les bancs de la majorité sénatoriale, René Monory avait alors fait un galop d'essai en se présentant au deuxième tour de scrutin. Jean Arthuis, lui, avait plus modestement pris date, en empochant 40 voix au premier tour. A la tête d'un groupe de « quadras » dans l'air du temps, le sénateur centriste de la Mayenne venait de cosigner avec Hubert Haenel (RPR), fin juin, une sorte de manifeste de la rénovation du Sénat.

Souvenirs contre souvenirs : le Petit Luxembourg s'inquiète, en mai, lorsque le même Jean Arthuis, cette fois « quinqua », obtient du président du groupe centriste, Maurice Blin, l'autorisation de prendre la tête d'un groupe de travail aux objectifs passablement flous. Officiellement, il s'agit d'élaborer « une charte du sénateur centriste » destinée à servir d'argumentaire aux candidats soumis à renouvellement. En pratique, le débat est plus ouvert : méthodes de fonctionnement du groupe, renforcement du rôle du Sénat, perception par l'opinion publique, etc. Le groupe doit se retrouver tous les mardis à 18 heures, salle Champetier-de-Ribes. Le 26 mai, à la fin de la première réunion, inévitablement, « la » question surgit, sur fond de spéculations sur l'état de santé du président. Dans les jours qui suivent, certains centristes envisagent d'aller en délégation interroger M. Monory sur ses intentions. Ils n'auront pas à se donner cette peine.

Le 2 juin à 18 heures, Jean Arthuis ouvre la deuxième séance de son groupe... en remerciant René Monory de l'intérêt qu'il manifeste, par sa présence, aux travaux du groupe. Car le président du Sénat est là, entouré de plusieurs membres de son cabinet, dont son directeur, Jean-Dominique Giuliani. L'ambassade de la présidence a décidé de prendre de court les « conspirateurs » en les mettant devant le fait accompli, et, au passage, de tester une stratégie qui pourra, le cas échéant, resservir. Quelques minutes plus tard, M. Monory demande la parole : « J'ai bien réfléchi depuis deux mois pour savoir si j'étais ``pohérisé`` ou non. Qu'est-ce que vous en pensez ? » (Le Monde du 31 juillet). Et l'auditoire, naturellement, de se récrier. Fin août, Jean Arthuis, qui vient de se voir interdire toute nouvelle réunion de son groupe en septembre, est invité à passer une journée à Loudun et à Poitiers. Fermez le ban.

FORT du succès tactique qu'il considère avoir obtenu ce 2 juin, le président du Sénat se décide, deux semaines plus tard, à employer la même méthode : le passage en force. « Tous les présidents de groupe de la majorité RPR-UDF m'ont demandé de me représenter », affirme-t-il, le 16 juin, sur France 3. Y aller au culot, toujours et encore, parier sur un silence contraint des intéressés qui, estime-t-il, n'oseront pas lui faire l'affront de démentir ses propos.

Mais, cette fois, il a poussé le bouchon un peu loin. Tout en se disant favorable à « un candidat d'union de la majorité sénatoriale », et en soulignant que M. Monory « n'a pas démérité », Josselin de Rohan, président du groupe RPR, s'empresse de faire savoir qu'il n'est pas possible de préjuger de la position des groupes à l'issue du renouvellement du 27 septembre. Quant au président des Républicains et Indépendants, Henri de Raincourt, il n'apprécie pas du tout. Le 23 juin, lors d'une réunion de son groupe, il enregistre, déjà, quelques démangeaisons de candidature. Les sénateurs RI décident toutefois de ne pas s'exprimer sur l'élection à la présidence avant les élections sénatoriales. Ce qui se traduit par un communiqué dont les premiers mots sont pesés au trébuchet : « Depuis plusieurs jours, des informations incertaines et contradictoires à l'origine mal identifiée circulent à propos de l'élection à la présidence du Sénat... »

Le 17 septembre, se sachant cette fois sérieusement menacé, le sénateur de la Vienne change de cible. Lors de la passation de pouvoir entre François Léotard et François Bayrou, nouveau président de l'UDF, M. Monory, qui venait de s'entretenir, comme tous les mois, avec le président de la République à l'Elysée, déclare à la presse : « Jacques Chirac m'a autorisé à dire ceci : "Je suis plus que jamais pour l'union (...). Au moment où il va y avoir une élection au Sénat et qu'il n'y a pas d'autres candidats UDF, je déplore et je regrette beaucoup qu'il y ait une autre candidature RPR, et je le dirai." » Quelques minutes plus tard, un communiqué de l'Elysée évoque les « liens anciens d'amitié et d'estime » du président de la République avec M. Monory, mais précise que M. Chirac ne souhaite « intervenir ni de près ni de loin dans l'élection du président du Sénat ». Une forme de démenti qui blesse M. Monory, inquiète ses amis et encourage ses adversaires.

Depuis plusieurs semaines, le sénateur RPR des Vosges, Christian Poncelet, multipliait les déplacements sur le terrain, allant soutenir ses collègues renouvelables, testant ses appuis au sein du groupe... Ce vendredi 4 septembre, il décide de se jeter à l'eau. Depuis Tokyo, où il conduit une délégation de la commission des finances, il affiche, en réponse aux questions du Monde, son intention d'être candidat à la présidence contre René Monory. Son slogan qui servira par la suite d'intitulé à une lettre-programme adressée à ses collègues est prêt : « Une présidence modeste pour un Sénat ambitieux. » Le sénateur des Vosges met l'accent sur la nécessité de renforcer le rôle du Sénat, en prenant soin de ne pas s'en prendre à M. Monory sauf pour souligner discrètement que celui-ci n'avait pas fait le plein des voix lors de sa réélection en 1995. Ses soixante-dix ans contre soixante-quinze à son rival ne font pas de lui l'archétype du renouvellement qu'il préconise, mais son profil, qui ne suscite guère d'animosité de la part de ses collègues, est dès le départ celui d'un outsider crédible. Une fois entré dans la course, il se fait plutôt discret, tout à sa volonté de ne pas heurter les soutiens non RPR dont il a besoin.

Cette relative discrétion, tout comme la volonté de M. Poncelet d'afficher une candidature personnelle en ne sollicitant pas l'investiture du mouvement gaulliste, est appréciée, sinon voulue par le chef de l'Etat. Il reste que l'embarras de l'Elysée est à la mesure des sollicitations pressantes dont il est l'objet et de la multiplicité des paramètres à prendre en compte : les bonnes et très anciennes relations liant MM. Monory et Chirac, gages d'une bonne coordination avec le dernier bastion de droite que représente le Sénat, le souci de ne pas se mettre à dos les centristes pouvaient faire pencher la balance en faveur du sénateur de la Vienne, en dépit d'une image qui ne collait guère avec le souci de modernisation voulue par Jacques Chirac. Mais comment l'ancien président du mouvement gaulliste pouvait-il se dresser sur la route de l'un des siens ?

Décidant d'afficher sa neutralité, le président de la République veille scrupuleusement à ce que ce message soit entendu : présent, le 9 septembre, à l'inauguration de l'exposition Média Sénat, au Musée du Luxembourg, après avoir été accueilli par René Monory, il prend soin de saluer M. Poncelet d'un « Christian, tu vas bien ? ». Dans son compte rendu de l'inauguration, l'Agence France-Presse fait savoir que le sénateur des Vosges sera reçu le lendemain à l'Elysée. Un partout. La balle au centre... ou au RPR ? Dans les jours qui suivent, l'entourage de Jacques Chirac se charge d'entretenir la confusion, en laissant filtrer des indications contradictoires sur les dispositions d'esprit du chef de l'Etat. Tant et si bien que les partisans de M. Monory misent encore, peu avant le scrutin, sur des messages de l'Elysée susceptibles de provoquer quelques défections côté gaulliste.

Faute de pouvoir revendiquer le soutien du chef de l'Etat, on se prévaut, chez M. Monory, de celui de son épouse. Dimanche 27 septembre, lors de la soirée électorale organisée au Palais du Luxembourg, on répète à qui veut l'entendre que Bernadette Chirac, avec laquelle M. Monory vient de s'entretenir quelques instants au téléphone, ne se fait « pas de souci » pour le président sortant et que « toute la Corrèze le soutient ». Et comme rien ne saurait être négligé, on fait savoir, au cours de la même soirée, que M. Monory recevra à dîner, le lendemain soir, Valéry Giscard d'Estaing.

Le mutisme officiel de l'Elysée renforçant l'incertitude du scrutin, ce qui devait rester l'« affaire des sénateurs », selon M. de Rohan, est devenu peu à peu une bataille d'états-majors. Oubliée, la fausse assurance du sénateur de la Vienne, qui faisait part de son « dévouement » en ces termes, le 25 juin : « Si je partais aujourd'hui, ce serait un symbole d'abandon, de désertion. » A la mi-septembre, l'heure n'est plus aux faux-semblants et le péril justifie qu'au nom de l'UDF François Bayrou et Philippe Douste-Blazy donnent de la voix. Pour le RPR, Nicolas Sarkozy esquive, Philippe Séguin fixe rendez-vous à ses partenaires de L'Alliance après le premier tour. Libéraux et centristes, qui craignent désormais de perdre leur fief du Palais du Luxembourg, ne peuvent plus se permettre de laisser René Monory gérer seul cette affaire de famille. Les menaces grondent sur L'Alliance, on promet des mesures de rétorsion contre le parti gaulliste et on va même jusqu'à agiter le chiffon rouge de l'échec de la liste commune aux élections européennes.

Rien n'y fait. René Monory, qui fut le véritable « patron » des centristes, qui se voulait plus jeune que les jeunes, qui recevait au Sénat Helmut Kohl et Bill Gates, est rattrapé par son âge. Le vieillissement est inscrit sur son visage, dans son élocution sa difficulté à prononcer l'éloge funèbre de Maurice Schumann a provoqué dans l'hémicycle un malaise durable , dans sa démarche. Lui qui se vante de n'avoir jamais perdu une élection n'a pas vu venir cet ennemi-là, principal allié, jamais nommé à visage découvert, de ses hypocrites adversaires.

Jean-Baptise de Montvalon
Article paru dans l'édition du 03.10.98



Poncelet pousse Monory à la retraite. Le challenger RPR a ravi la présidence à son aîné centriste.

Politiques 02/10/1998 à 13h10
BRESSON GillesGUIRAL AntoineSCHNEIDER Vanessa

L'humiliation. René Monory, 75 ans, président sortant du Sénat, s'est fait sortir, hier, dès le premier tour de la course. C'est Christian Poncelet, son rival RPR, qui a été élu au troisième tour, tôt ce matin, après de nombreuses tractations de couloir. Il l'emporte par 189 voix contre 93 pour le socialiste Claude Estier et 37 bulletins blancs. Pour la première fois, un gaulliste s'empare du Sénat. Un échec cinglant pour les libéraux-centristes, qui risque de provoquer de sérieux remous dans l'Alliance. Majoritaires sur le papier, ils s'étaient mis d'accord pour présenter au deuxième tour Daniel Hoeffel (centriste, Bas-Rhin). En vain. Le sénateur alsacien, avec 109 voix contre 125, n'a pas fait le plein dans son camp. Il a dû se désister en faveur de Poncelet. Récit d'une journée de dupes.

Buvette. 15 heures 30: Les deux candidats entrent en scène. Ils se croisent, se frôlent, jouent à touche-touche sans jamais se saluer, se regarder. C'est le dernier ballet, les dernières louches à serrer. Christian Poncelet, entouré de ses partisans et des caméras de télévision, plastronne. Aux sénateurs qui viennent le saluer, il lance, rigolard: «Je n'ai plus d'argent, j'ai tout donné.» René Monory la joue profil bas. Dans un coin, il promet des invitations pour le Futuroscope à des sénateurs.

Les autres piétinent depuis une bonne demi-heure dans la salle des Conférences. Le directeur de cabinet de René Monory, Jean-Dominique Giuliani, qui, il y a quelques jours encore, donnait le sortant réélu dès le premier tour, fait les cent pas, tendu: «Je ne dis plus rien.» Charles Pasqua est nettement plus relax: «Je trouve très amusant tous ces gens qui ont des illusions.» Il sait de quoi il parle: il s'en était fait en 1992 en se présentant contre René Monory. Jean-Claude Gaudin (Républicains et Indépendants, Bouches-du-Rhône) en fait des tonnes: «Dans une période où la droite a subi de nombreux revers, il ne manquerait plus que l'on donne le sentiment que nous nous divisons. Nous devons tous soutenir Monory.» Et de plaisanter sur le Viagra avec le centriste Marcel Lesbros (Hautes-Alpes), qui jure: «Ma femme m'a dit que je n'en avais pas besoin.» Les pronostics vont bon train. Les socialistes goûtent le spectacle. Ils sont hors jeu, comme les communistes, même si plusieurs de leurs voix s'égareront dans l'escarcelle de Poncelet.

Nécrologie. 16 heures. Le doyen Kleber Malécot (UC, Loiret), 83 ans, condamné l'année dernière pour avoir fait le corbeau dans son village contre des militants écologistes, vacille entre deux questeurs. Il ouvre la séance par la rubrique nécrologique: quatre morts. Il constate: «C'est la première et la dernière fois que je suis à cette place.» Il vante la «modernité» du Sénat, explique: «Je me suis senti trop âgé pour m'initier au maniement de l'ordinateur.» Avec difficulté, il tire la lettre «u». Le vote peut commencer. Honneur à Maurice Ulrich (RPR, Paris), conseiller de Jacques Chirac à l'Elysée. Charles Pasqua fait le môme. Il pique les bulletins de ses collègues: «Le tien est prêt? Je te le change et je te le redonne, et c'est comme ça qu'un type est élu à une voix près.» Monory déambule encore. Il s'assoit finalement sur un banc. A sa gauche, sa fille; à sa droite, sa petite-fille. Il se relève, direction la buvette, où Pasqua et Gaudin s'entretiennent, il revient vers l'hémicycle: «Pour l'instant, je ne suis pas très inquiet, je le serai peut-être plus tard.»

Il prend un méchant coup sur la tête lorsque les résultats tombent. Il obtient 102 voix, contre 118 à Poncelet, qui a grappillé 19 suffrages de plus que le nombre de sénateurs du groupe RPR. Avec 72 voix, Claude Estier en troisième position ne fait pas le plein des 79 socialistes. Hélène Luc, avec 17 voix, en gagne une. Il y a 10 bulletins blancs.

«Grand monsieur». Monory, choqué, attend les résultats dans la salle des Départs. Jean-Pierre Raffarin lui donne le score: «Il a pris ça comme un grand monsieur. Il a dit: "J'ai fait ce que j'avais à faire. Il a levé la tête, s'est levé. Et il a emmené ses collaborateurs boire le champagne. Ceux qui l'avaient trouvé très courbé auraient vu là un homme droit.» «C'est une forme d'assassinat. S'il avait eu de vrais amis, ils lui auraient évité cette humiliation», commente Michel Charasse. Pour Marcel Debarge (PS, Seine-Saint-Denis), «la messe est dite». Maintenant, place aux messes basses.

Les centristes se glissent sans un mot dans leur antre. Les RI, idem. Les RPR, eux, n'en reviennent pas. Poncelet, la voix étranglée, les remercie. Une question fuse. Quid maintenant? Serge Vinçon (Cher) répond: «Nous avons redéposé la candidature de Christian Poncelet.» Il arrive du bureau du président du groupe gaulliste, Josselin de Rohan, où vient de débarquer Philippe Séguin. Charles Pasqua occupe la buvette: «Si Monory ne se désiste pas, nous en tirerons les conséquences.» L'éjecté a depuis belle lurette jeté l'éponge. Pas les centristes, rejoints par le président de l'UDF François Bayrou, ni les RI, toujours en conclave pour sortir de leur chapeau un troisième homme. Les RPR attendent dans l'hémicycle, avec en face les sénateurs de gauche. Ça dure. A 19 heures, les centristes et les RI demandent une nouvelle suspension jusqu'à 21 h 30. Les libéraux, dont une partie a voté Poncelet pour évincer Monory, ont beau jeu de proposer un candidat issu de leurs rangs qui barrerait la route au RPR.

Rajeunissement. Les trois composantes non gaullistes décident d'organiser des primaires, après avoir fait leur tri interne. Mais ça prend du temps. Jean Faure (UC, Isère) demande «avec beaucoup d'humilité et de courage» une nouvelle suspension de séance. Des cris fusent sur les bancs de gauche: «Vive l'Alliance!» A 10 heures, sortent du lot: Daniel Hoeffel, 69 ans (Bas-Rhin), pour les centristes, Henri de Raincourt (RI, Yonne) et Paul Girot (RDSE, Aisne). L'Alsacien remporte la mise avec 51 voix contre 49 à Raincourt. En dix heures, les centristes ont rajeuni leur candidat de six ans. «Ils sont dans la merde, nos amis», note Pasqua. C'est le cas. A 23 h 15, Hoeffel perd face à Poncelet et se désiste. Le tombeur de Monory a la voie libre. «C'est un coup de canif dans l'Alliance. Si l'Alliance, c'est le RPR, il faut le dire», grommelle Jean-Pierre Raffarin. Un peu tard. Le RPR a pris le Sénat.



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