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7 février 2023 2 07 /02 /février /2023 04:59

« Omicron est une maladie majeure et elle est très transmissible (…). La Chine n'a pas vraiment le choix sur la manière dont elle s'attaque à cette vague. Si elle assouplit ses restrictions, il y aura inévitablement un grand nombre d'infections et de décès (…). Si la Chine décidait soudainement d'adopter la politique de vivre avec le virus, le système de santé serait débordé » (Pr. Zhengming Chen, cité le 20 avril 2022 dans "The Lancet").




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Le professeur Zhengming Chen, épidémiologiste de l'Université d'Oxford, en Grande-Bretagne, envisageait le pire l'an dernier, dans le cas où le gouvernement chinois modifierait voire abandonnerait sa politique zéro covid. Nous y sommes...

Actuellement, l'épidémie de covid-19 semble se ralentir un peu partout dans le monde. En France, on est au minimum de l'épidémie, le plus bas depuis janvier 2022 (depuis le début de l'apparition du variant omicron), avec moins de 4 000 nouveaux cas par jour en moyenne sur sept jours (3 667 cas en moyenne le 7 février 2023). La situation est rassurante car les indicateurs sanitaires sont aussi à la baisse : moins de 14 000 personnes sont encore hospitalisées pour covid-19 (13 801 au 6 février 2023, en baisse de 10% en une semaine), moins de 800 personnes en soins critiques pour covid-19 (789 au 6 février 2023, en baisse de 10% en une semaine), et 35 décès chaque jour en moyenne sur sept jours au 6 février 2023, en baisse de 13% en une semaine. Au 6 février 2023, seulement 81 590 personnes avaient le covid-19 et étaient contagieuses en France, ce qui est très bas depuis octobre 2021 (cela signifie, en moyenne, moins de 1 000 personnes par département).

Lorsque nous savons que depuis plus de six mois, les Français en général respectent de moins en moins les gestes barrières, en particulier porter le masque dans des lieux très fréquentés et se laver les mains régulièrement au gel hydroalcoolique, nous pouvons raisonnablement nous dire que la pandémie est derrière nous.

Certes, cette pandémie a beaucoup tué en France, 164 427 décès ont été à déplorer ce 6 février 2023 depuis le mois de janvier 2020, ce qui fait beaucoup même si c'est moins que la plupart de nos voisins, et cela augmente tous les jours (35 décès par jour, ce qui est faible par rapport au passé, cela correspond quand même à plus de 1 000 décès par mois).

Avec plus de 39,5 millions de cas de covid-19 détectés par les tests en France, et la très forte couverture vaccinale (94,8% des personnes âgées de 12 ans et plus), la population française bénéficie, comme ses voisins européens, d'une certaine immunité collective.

Le taux de reproduction effectif repart cependant à la hausse : après une baisse à sa plus faible valeur depuis mars 2020, il remonte depuis trois semaines et il devrait dépasser 1 cette semaine ou la semaine suivante (lorsqu'il est en dessous de 1, cela signifie que le nombre de nouveaux cas baisse, au-dessus, ce nombre monte). La nouvelle vague qui devrait arriver en mars 2023 ne devrait pas être très forte s'il n'y avait aucun nouvel événement épidémique (l'apparition d'un nouveau variant par exemple).

C'est d'autant plus heureux que depuis plus de six mois également, les échanges internationaux ont repris. Si officiellement, près de 6,8 millions de personnes sont morte du covid-19 dans le monde depuis le début de la pandémie (nombre qu'il faudrait multiplier par 2 ou par 3 pour avoir une approximation plus juste), moins de 900 décès ont été constatés dans le monde le 6 février 2023 alors qu'il y avait parfois des sommets atteignant les 14 000 décès par jour (14 860 décès le 26 janvier 2021 sur une moyenne de sept jours). Il faut toujours être prudent avec les statistiques car il y a eu un relâchement dans le comptage des nouveaux cas, plusieurs pays européens communiquent moins fréquemment leurs données, et d'autres ont réduit le nombre de tests. Mais globalement, la situation s'améliore tant en France que dans le monde en général.

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La vraie inquiétude vient de l'Asie. Plusieurs pays asiatiques ont été très fortement touchés par une nouvelle vague il y a quelques mois, en particulier le Japon, la Corée du Sud, le Vietnam, la Thaïlande, Taïwan, etc. et ses pays, qui avaient été extrêmement prudents au début de la pandémie en 2020, et avaient réussi à limiter les dégâts, sont désormais dans la tourmente. Les populations ayant été moins au contact avec le virus qu'en Europe, leur immunité est encore trop faible pour être protégées.

La situation de la Chine est évidemment la plus inquiétante. Dans l'incapacité à éviter une nouvelle vague, la Chine a dû renoncer à la politique de zéro covid le 7 décembre 2022, également sous pression populaire. C'est une date importante car toutes les digues qui avaient été mises ont sauté. Mais cet abandon s'accompagne d'un flou statistique particulièrement inquiétant.

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Dans une publication de la revue scientifique "The Lancet" qui date du 20 avril 2022, le journaliste médical Talha Khan Burki indiquait : « Une étude menée par des chercheurs de l'Université de Hong Kong a conclu que les deux doses du vaccin Sinovac covid-19 présentaient des taux d'efficacité de 60% contre les maladies graves et de 67% contre les maladies mortelles, dans les populations âgées de 80 ans et plus. L'ajout de la dose de rappel a poussé les deux taux au-dessus de 95%. L'étude n'a pas été évaluée par des pairs. Si la politique zéro covid devait être interrompue avant que la Chine ne soit en mesure de vacciner complètement (…) ses populations âgées ou vulnérables, le pays serait confronté à un fardeau important de morbidité et de mortalité. "Zéro covid signifiait qu'il n'y avait pas assez de personnes âgées vaccinées, mais cela ne laissait à la Chine d'autre choix que de continuer avec zéro covid", a déclaré Huang. "La politique est devenue sa propre justification". L'absence d'épidémie importante de covid-19 au cours des 2 dernières années a laissé la population avec peu d'immunité engendrée par l'infection. ». Yanzhong Huang est un chercheur de très haut niveau en santé publique, travaillant pour le think tank américain The Council on Foreign Relations (à New York).

Pendant longtemps, le nombre de décès dus au covid-19 était extrêmement faible en Chine depuis janvier 2020, entre mars 2020 et janvier 2023, la situation a à peine évolué. Au 14 janvier 2023, seulement 5 273 décès étaient déclarés pour une population de 1,4 milliard d'habitants. Mais la digue statistique aussi est en train de sauter. Les autorités sanitaires chinoises ont communiqué à partir de janvier 2023 des statistiques relativement plus cohérentes : 65 168 décès au 15 janvier 2023, et 87 468 décès au 4 février 2023, dernière mise à jour. En effet, la directrice du bureau de l'administration médicale au sein de la commission nationale de santé Jiao Yahui a reconnu qu'entre le 8 décembre 2022 et le 12 janvier 2023, il y a eu 59 938 décès à cause du covid-19 dans les hôpitaux. Bien entendu, ce nombre beaucoup trop sous-évalué reste encore peu cohérent avec la réalité. Beaucoup de personnes atteintes du covid-19 meurent à leur domicile faute d'avoir une place à l'hôpital, et celles-ci ne sont pas décomptées.

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Le nombre de cas déclarés en Chine est aussi en question : la forte vague a dû trouver un sommet le 2 décembre 2022 avec près de 41 000 nouveaux cas quotidiens sur une moyenne de sept jours. Un autre pic a eu lieu le 8 janvier 2023 avec 9 000 cas quotidiens en moyenne sur sept jours. Là non plus, ce n'est pas cohérent. Car il suffisait d'écouter quelques données dès décembre 2022 communiquées par des autorités sanitaires locales, notamment dans certaines grandes villes, avec des chiffres astronomiques comme 500 000 nouveaux cas en une journée et seulement localement, pour se donner une idée du désastre épidémique. C'est d'autant plus incohérent que le virus est aussi un des sous-variants d'omicron (voir plus loin) et donc, très transmissibles (comme en France en janvier 2022 dont quasiment le quart voire le tiers de la population a été contaminée).

Une autre donnée confirme cette incohérence : le nombre total de cas de covid-19 détectés depuis le début de la pandémie est de 2,02 millions au 8 janvier 2023 (il n'y a pas eu de mise à jour depuis cette date) alors qu'aux États-Unis, un pays quatre fois moins peuplé, ce nombre cumulé est de 105 millions de cas. Ce qui signifierait pour la Chine l'équivalent de 400 millions de cas (voir plus loin).

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Certains estiment que ces données communiquées officiellement par le gouvernement chinois à l'OMS (Organisation mondiale de la santé) ne concerneraient que la ville de Pékin.

Ce qui est sûr, c'est que la catastrophe sanitaire est en cours. Les hôpitaux des grandes villes sont saturées, dans les zones rurales, il n'y a pas d'hôpital, et les décès sont nombreux. En décembre 2022, la situation économique des grandes villes était très faible, mais une reprise a été observée depuis janvier 2023.

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La courbe des cas sévères aurait atteint son maximum le 5 janvier 2023 avec 128 000 cas, selon les statistiques gouvernementales. Le 12 janvier 2023, ce nombre de cas sévères serait redescendu à 105 000, ce qui correspondrait à un taux d'occupation des lits en soins intensifs de 75,3%. Mais malgré ces données, des éléments indiquent au contraire la saturation des hôpitaux.

Ainsi, des experts français en Chine, de l'association Solidarité Covid, ont observé : « Le taux de personnes hospitalisées par rapport au nombre de cas est très inférieur au taux calculé sur la France (…), preuve d’une saturation importante (…). la simulation du nombre de cas sévères sur la base des observations en Chine [avant le 7 décembre 2022] est trois à quatre fois supérieure aux données du rapport. Il y a donc beaucoup de malades graves hors hospitalisation, et donc de décès non hospitalisés. » ("Le Monde" du 16 janvier 2023).

D'autres rappellent qu'il y a 36 000 hôpitaux en Chine et qu'ils ne pourraient pas être saturés s'il n'y avait que 60 000 décès en quelques semaines, ce nombre est donc largement sous-évalué. Un article du journal "Le Monde" du 25 janvier 2023 a aussi confirmé le « recours à au moins un entrepôt pour gérer les cadavres qui dépassent les capacités des morgues et des crématoriums » à Shanghai.

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Le "New York Times" a de son côté essayé de donner une évaluation avec quelques données. Il s'est basé pour cela sur la mortalité de grands instituts de recherches en lisant avec attention les faire-part de décès. Ses conclusions publiées le 5 février 2023 sont assez instructives : dans deux de ces grandes institutions scientifiques qui comptent en tout 1 700 personnes, on est passé de quelques décès par mois avant la fin du zéro covid à 23 en décembre 2022 et 17 en janvier 2023, des scientifiques de très haut niveau, certes âgés, mais qui meurent en plus grand nombre qu'auparavant, sans cause de décès (les médecins sont encouragés à ne pas donner la cause du décès).

Les experts de la société londonienne Airfinity, spécialisée dans les modélisations sanitaires, évaluaient en novembre 2022 le nombre de décès dus au covid-19 en Chine à entre 1,3 et 2,1 millions, pour une population de 1,4 milliard d'habitants (pour rappel, plus 1,1 million de personnes sont mortes du covid-19 aux États-Unis depuis 2020). Cette information a été notamment présentée par le "Washington Post" du 18 décembre 2022. Cette estimation est plausible. Si on reprend l'estimation de nombre de cas réels faite plus haut, à savoir 400 millions (au lieu de 2 millions), et qu'on prenne le taux de létalité apparent (le rapport du nombre de décès déclarés sur le nombre de cas déclarés, soit environ 0,4% en France et 1,1% aux États-Unis), cela donne une terrible estimation du nombre de décès entre 1,6 et 4 millions.

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L'une des raisons de cette catastrophe sanitaire, c'est aussi la faible protection de la population. Le vaccin Sinovax est effectivement peu protecteur (mais c'est mieux que rien) et le gouvernement chinois refuse d'utiliser des vaccins à ARN messager pourtant beaucoup plus efficaces (pour des raisons principalement géopolitiques).

Dans cette mauvaise nouvelle d'une Chine qui est embourbée par l'épidémie de covid-19 (elle a commencé en Chine et elle se terminera peut-être en Chine), il y a cependant deux informations intéressantes et positives.

La première est à destination des expatriés français habitant en Chine, qui, souvent, ont été bloqués en Chine depuis trois ans : selon le correspondant de RFI à Pékin Stéphane Lagarde, la France a obtenu que ses ressortissants de plus de 12 ans puissent bénéficier gratuitement de vaccins à ARN messager. Il faut s'inscrire sur une plate-forme Internet de l'ambassade avant le 9 février 2023.

Conseiller des Français de l'étranger en Chine, Franck Pajot s'en est réjoui : « C’était une forte attente et j’ai déjà beaucoup de retour depuis l’annonce faite par l’ambassade ce matin. J’avais interpellé les autorités sur cette question de la disponibilité des vaccins ARNm pendant la vague omicron en Chine. Il y a des personnes âgées et fragiles dans notre communauté. Or, on sait que le vaccin chinois, cela a été largement commenté, n’est pas très efficace. Et puis, il y a les questions des voyages : de nombreux Français ici ne sont pas retournés en France depuis le début de la pandémie. Cela, sans parler de la forte probabilité que la Chine soit confrontée à une nouvelle vague covid au printemps, en juin et juillet prochain. ».

Les Français ne sont pas les premiers à bénéficier d'une telle dérogation, les Américains, les Allemands, les Britanniques, les Espagnols en avaient également bénéficié. Cette annonce du 6 février 2023 arrive peu avant le changement d'ambassadeur de France à Pékin (l'actuel vient d'être nommé pour Washington) et la venue prochaine du Président Emmanuel Macron en Chine, probablement en avril 2023.

L'autre bonne nouvelle est très rassurante sur l'une des craintes majeure de la situation chinoise : le risque de nouveaux variants. Or, une étude publiée ce mardi 7 février 2023 dans "The Lancet" permet d'être optimiste : sous la direction de George Gao, virologue à l'Institut de microbiologie à l'Académie chinoises des sciences, des scientifiques chinois ont analysé 413 échantillons prélevés à Pékin et séquencés entre le 14 novembre 2022 et le 20 décembre 2022. Plus de 90% des cas étaient des sous-variants d'omicron appelés BF.7 et BA5.2 (75% des cas pour le premier et 15% pour le second) : « Notre analyse suggère que deux sous-variants déjà connus d’omicron ont été principalement responsables de la poussée de cas à Pékin, et probablement en Chine dans son ensemble. ».

Certes, cette étude est insuffisante pour être complètement rassuré. Ainsi, il faudrait avoir des séquençages de prélèvements en janvier 2023 car avant, ce serait un peu tôt pour voir l'apparition de nouveaux variants, et si possible, des prélèvement provenant de toutes les régions chinoises touchées. Mais cette première étude est plutôt rassurante et plutôt logique : un grand nombre de nouveaux cas se détecte aussi à l'extérieur de la Chine et un nouveau variant pourrait très bien se révéler en Europe ou en Amérique autant qu'en Asie.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (07 février 2023)
http://www.rakotoarison.eu


(Toutes les courbes proviennent du site OurWorldInData).


Pour aller plus loin :
Covid-19 : de bonnes nouvelles de Chine (et de moins bonnes nouvelles).
Covid-19 : où en est l'épidémie en France au 12 janvier 2023 ?
Réintégration du personnel soignant non-vacciné.
Vaccination contre le covid-19 : l'égarement du gouvernement.
Covid-19 : le Père Noël va-t-il devoir surfer sur la 9e vague ?
Contagion.
La sécurité des personnes face aux dangers : meurtres, route, covid-19, environnement, climat...
Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
Covid-19 : faut-il s'inquiéter de la vague de la rentrée 2022 ?
Le covid-19 a-t-il disparu ?
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230207-covid-gc.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-de-bonnes-nouvelles-de-246055

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/01/14/39779997.html







 

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13 janvier 2023 5 13 /01 /janvier /2023 04:12

« Cette pandémie [de covid-19] nous a rappelé de façon brutale ce que le monde serait sans vaccin. Les vaccins, comme les antibiotiques, nous sauvent. Ne l'oublions pas. » (Pr. Anne-Claude Crémieux, infectiologue, le 12 octobre 2022).




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Très bonne nouvelle sur le front du covid-19 en France : la 9e vague est en train de s'achever de manière rapide et, surtout, pour l'instant, aucune perspective à court et moyen termes d'une 10e vague n'est en vue. C'est surtout la seconde partie de la phrase qui est importante puisque l'épidémie, désormais, semble n'être qu'une succession de vagues depuis près de trois ans.

Or, en plein hiver, et avec la rentrée scolaire en début du mois de janvier 2023, on aurait pu imaginer qu'après une baisse, l'épidémie se remette à monter. Pour l'instant (je touche du bois), le taux de reproduction effectif qui mesure la tendance générale de l'épidémie est largement en dessous de 1 (selon les calculs, 0,46 ou 0,60), ce qui est très favorable (en dessous de 1, l'épidémie régresse, au-dessous de 1, elle progresse), mais aussi, ce taux continue à descendre et il semble n'avoir jamais été aussi bas depuis le début de la pandémie en France.

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Cette bonne tenue limitée de l'épidémie est d'autant plus surprenante que les gestes barrières sont très peu respectés, en particulier le port du masque dans des lieux très fréquentés. Les membres du gouvernement ont beau porter un masque depuis un mois devant les caméras lors des séances à l'Assemblée, le réflexe de les porter est tombé en désuétude, même dans les pharmacies et dans les laboratoires d'analyses.

Quelles sont les raisons de cette situation plutôt positive ? Sans doute un ensemble de causes dont les principales sont une certaine immunité collective : effectivement, le fort taux de vaccination (95% des 12 ans et plus, soit 81% de la population totale) et le grand nombre de personnes ayant déjà contracté le virus depuis le début de l'épidémie (39,4 millions de cas) ont permis de donner à la population française une certaine protection. Même si les doses de rappel n'ont pas eu le succès escompté (seulement 47% des plus de 80 ans ont reçu au moins deux doses de rappel en deux ans ; 60,3% de la population totale a reçu au moins une dose de rappel), les deux premières doses ont donné déjà une protection suffisante pour la grande majorité des personnes (les doses de rappel servent à rebooster la défense immunitaire apportée par le vaccin, dont l'efficacité s'affaiblit six mois après son injection).

Par ailleurs, au début du mois de décembre 2022, la France a été confrontée à trois épidémies : bronchiolite, covid-19 et grippe, cette dernière étant la plus pressante à l'hôpital dans les services des urgences et des soins intensifs. Si l'absence de port du masque cet hiver n'a pas eu de conséquences désastreuses pour le covid-19, elle a fait néanmoins réapparaître les infections contagieuses "classiques" disparues les deux hivers précédents, en particulier la grippe. Du reste, la plupart des tests de dépistage du covid-19 sont désormais doublés d'un dépistage du virus de la grippe.

Le nombre de nouveaux cas de covid-19 s'écroule depuis trois semaines et il ne semble pas que ce soit à cause d'un élément artificiel (les laboratoires d'analyses avaient annoncé ne plus transmettre les résultats au serveur central au début du mois de janvier 2023) car l'allure de la courbe de cette vague est cohérente avec les précédentes et le taux de positivité, lui aussi, s'effondre et va bientôt passer en dessous du seuil de 10% (10,5% au 9 janvier 2023 ; il était au-dessus de 20% au pic de la vague). Actuellement, on en est à environ 10 à 11 000 nouveaux cas en moyenne chaque jour, sur les sept derniers jours (7 159 nouveaux cas pour la journée du 12 janvier 2023). Le taux d'incidence, logiquement, s'écroule aussi, redescendant en dessous de 100 nouveaux cas pour 100 000 habitants en une semaine (92,8 au 9 janvier 2023). En France, on est redescendu en dessous des 320 000 personnes encore contaminantes, ce qui est un niveau assez faible depuis trois ans, et cela continue de chuter.

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L'étau se desserre ainsi à l'hôpital : le nombre de personnes hospitalisées pour cause de covid-19 a chuté à 20 399 le 12 janvier 2023 et continue à baisser rapidement (au pic, le seuil de 25 000 avait été atteint), et le nombre des personnes admises en réanimation pour covid-19 diminue également, avec un rythme plus lent. On en est à 1 233 le 12 janvier 2023 (au pic, le seuil de 15 000 avait été atteint) ; seulement 65 nouvelles entrées ont eu lieu le même jour, largement compensées par les sorties.

Le nombre de décès dus au covid-19 aussi se réduit, heureusement, mais il est encore très élevé et la diminution est lente. 53 décès ont été à déplorer le 12 janvier 2023, et cela fait en moyenne 93 décès par jour sur les sept derniers jours. En tout, au 12 janvier 2023, 163 246 personnes ont perdu la vie en France à cause du covid-19 depuis le début de l'année, ce qui est très élevé, évidemment. Le seuil des 160 000 décès avait été atteint le 13 décembre 2022.

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Dans son bulletin hebdomadaire de surveillance sanitaire de la mortalité toutes causes confondues du 10 janvier 2023, Santé publique France publie un graphique qui montre l'importance de l'épidémie de covid-19 dans la mortalité depuis trois ans.

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Cependant, les statistiques montrent avec le recul que la France s'en est plutôt bien sortie, bien que faisant partie des pays ouverts aux échanges internationaux et du cœur de l'Europe. En effet, en absolu, pour la plupart des grands pays européens comparables, le nombre des décès depuis le début de la pandémie est plus important qu'en France : au 12 janvier 2023, 201 028 décès au Royaume-Uni, 185 417 décès en Italie (pour ces deux premiers pays, sous réserve de mise à jour des données car elles ne sont plus fournies de manière quotidienne), et 163 625 décès en Allemagne.

Je m'arrête un instant sur la situation en Allemagne. On avait dit au début de la pandémie que l'Allemagne se débrouillait beaucoup mieux que la France. C'était une erreur car c'était plutôt le hasard qui a fait que l'Allemagne a été épargnée durant la première vague au printemps 2020, sauf dans les régions proches de Mulhouse. Effectivement, à l'époque, Berlin avait été la seule capitale à n'avoir été que faiblement touchée par le covid-19 malgré son caractère international et cosmopolite. C'est pour cette raison qu'un écart d'environ 20 à 30 000 décès avait été constaté entre la France et l'Allemagne au début de l'été 2020 (plus de décès en France).

Mais toute l'Europe de l'Est a été ensuite très durement touchée (de la Russie jusqu'à l'Allemagne) par la deuxième vague en octobre-novembre 2020. Ces pays ont été alors plus secoués que la France, l'Italie et l'Espagne. Par la suite, en 2021 et 2022, probablement parce que la vaccination a été moins massive qu'en France, l'Allemagne a connu un taux de décès dus au covid-19 (sur le nombre de personnes contaminées) plus élevé que la France, ce qui a fait que l'écart s'est maintenant inversé. Effectivement, depuis le 10 janvier 2023, le nombre de décès dus au covid-19 en Allemagne est supérieur à celui en France. Certes, la mortalité par covid-19 est plus basse en Allemagne qu'en France car la population allemande est beaucoup plus importante (0,1951% en Allemagne et 0,2489% en France).

Si l'on prend cette mortalité par rapport aux principaux pays industriels européens ou nord-américains (dont le mode de vie est sensiblement similaire), on constate aussi que la France se tient encore honorablement (au 12 janvier 2023) : Canada (0,1291%), Allemagne (0,1951%), France (0,2489%), Espagne (0,2513%), Royaume-Unis (0,2935%), Italie (0,3077%), Pologne (0,3143%), États-Unis (0,3358%). On remarquera que les pays avec de grands espaces à densité de population réduite comme le Canada ont été plus épargnés que les pays avec une forte densité de population (pour une même politique de protection sanitaire).

Si on rajoute quelques autres pays qui ont beaucoup souffert de la pandémie, malgré leur superficie, voici leur mortalité covid au 12 janvier 2023 : Iran (0,1682%), Turquie (0,1186%), Mexique (0,2519%), Ukraine (0,2567%), Russie (0,2704%), Colombie (0,2762%), Argentine (0,2831%), Brésil (0,3228%), etc.

Pour l'Asie, les statistiques de l'Inde et de la Chine sont sujets à caution. Ce qui est aussi un constat, c'est que l'Asie subit en ce moment l'épidémie de covid-19 très durement, beaucoup plus durement que l'Europe et l'Amérique. L'explication est assez simple : ayant pris des mesures sanitaires drastiques pour empêcher les contaminations, ces pays ont moins d'immunité collective (d'autant plus qu'en Chine, la vaccination a été moins répandue et avec un vaccin moins efficace).

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C'est aussi la leçon concrète des confinements : toutes les mesures très contraignantes contre l'épidémie n'ont jamais eu pour but d'empêcher la contamination de la population, mais de freiner la circulation du virus, c'est-à-dire, que la propagation se fasse suffisamment lentement pour que le système de soins puisse prendre en charge toutes les personnes affectées. C'était ce qui avait été dit très clairement au début du premier confinement en France : le confinement avait pour but de ne pas saturer les hôpitaux. C'était aussi une course de vitesse, le temps de développer un nouveau vaccin, qu'on ne pensait pas arriver sur le marché aussi rapidement.

À l'heure actuelle, le pays le plus impacté par la pandémie est le Japon avec un taux d'incidence d'environ 1 000 nouveaux cas pour 100 000 habitants en sept jours, soit plus de 1,2 million de personnes contaminées en sept jours, et ce nombre a progressé de 46% en sept jours. La progression est de même ordre pour les décès qui en sont la conséquence différée, avec une moyenne de 400 décès par jour sur les sept derniers jours (489 rien que pour la journée du 12 janvier 2023). Le Japon est toutefois très loin des conséquences du covid-19 dans les pays précédemment cités ; en tout, il faut y déplorer "seulement" 61 281 décès depuis le début de la pandémie, soit une mortalité relativement très faible de 0,0488%. La Corée du Sud et Taïwan suivent le même processus avec un taux d'incidence respectivement de 600 et 700 nouveaux cas pour 100 000 habitants en sept jours, et une mortalité aussi relativement très faible, respectivement de 0,0639% et 0,0657%.

Parmi les statistiques incertaines, il y a celles de la Chine. Depuis la fin de la politique zéro covid, l'épidémie en Chine a explosé. Malheureusement, les statistiques fournies par la Chine sont largement en deçà de la réalité et des autorités sanitaires locales ont parfois transmis des données particulièrement inquiétantes, comme 500 000 nouveaux cas en une seule journée dans une grande agglomération. Actuellement, la Chine reconnaît officiellement un peu plus de 40 000 nouveaux cas en une semaine (moins que la France !) et 13 décès. Mais les statistiques de Hong Kong, qui ne devraient pas être très différentes du reste des agglomérations chinoises, est à près de 90 000 nouveaux cas en une semaine et une mortalité de 0,1660% (en tout, 12 622 décès sont à déplorer à Hong Kong, dont 74 pour la seule journée du 12 janvier 2023).

Selon un certain nombre de spécialistes, 1 milliard de Chinois pourraient être contaminés dans les trois prochains mois, ce qui signifierait plus de 1 voire 2 millions de décès, d'autant plus que dans les zones rurales, il y a très peu de structures hospitalières pour accueillir les personnes affectées gravement, ce qui pourrait renforcer les conséquences désastreuses par manque de soins.

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Faut-il pour autant s'inquiéter pour le reste de la planète avec le risque de l'arrivée d'un nouveau variant ? A priori, non : le risque d'expansion d'un nouveau variant est le même en Europe ou en Amérique du Nord qu'en Chine, car l'épidémie n'est terminée dans aucune zone du Globe. C'est du moins l'avis de Brigitte Autran, immunologue et présidente du COVARS qui a succédé au Conseil scientifique. De plus, le risque qu'un voyageur chinois contamine la population française lors de son arrivée en France est plus faible que le risque de contamination par un Français puisqu'il y a encore plus de 300 000 Français susceptibles de transmettre le virus (à moins qu'il n'y ait plus de 300 000 voyageurs chinois arrivant en France en une semaine).

Il serait très prétentieux de dire qu'on en a fini avec l'épidémie de covid-19 en France, d'autant plus que le nombre de décès est encore très élevé chaque jour, mais on peut raisonnablement (et prudemment) penser que la population française a su s'adapter et vivre avec le covid-19 en reprenant ses habitudes de vie antérieures au covid-19. Ce qui est une très bonne nouvelle... jusqu'à une nouvelle alerte.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (12 janvier 2023)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : où en est l'épidémie en France au 12 janvier 2023 ?
Réintégration du personnel soignant non-vacciné.
Vaccination contre le covid-19 : l'égarement du gouvernement.
Covid-19 : le Père Noël va-t-il devoir surfer sur la 9e vague ?
Contagion.
La sécurité des personnes face aux dangers : meurtres, route, covid-19, environnement, climat...
Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
Covid-19 : faut-il s'inquiéter de la vague de la rentrée 2022 ?
Le covid-19 a-t-il disparu ?
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20230112-covid-gb.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-ou-en-est-l-epidemie-en-246026

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2023/01/07/39772685.html






 

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9 décembre 2022 5 09 /12 /décembre /2022 04:31

« Une recommandation n'est pas une interdiction pour les autres. Donc toute la population peut se faire vacciner. » (Brigitte Autran, le 6 décembre 2022).



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Ces trois derniers jours, c'est le retour des mauvais jours : +105 516 nouveaux cas le mardi 6, +75 752 nouveaux cas le mercredi 7 et 71 597 nouveaux cas le jeudi 8 décembre 2022. C'est vraiment reparti ; la 9
e vague de covid-19 a dépassé depuis quelques jours la 8e vague. Elle sera dévastatrice, principalement pour le système hospitalier : près 22 000 patients actuellement hospitalisés pour cause de covid-19 et plus de 1 200 personnes en réanimation pour covid-19. Il faut hélas s'attendre à de nombreux décès dans les semaines à venir, plus d'une centaine par jour.

Si la campagne de la primovaccination a été un grand succès en France en 2021, avec un taux de vaccination de 94,7% pour les personnes de 12 ans et plus, les campagnes pour les rappels de vaccination laissent beaucoup à désirer. La faute à qui ? Principalement au gouvernement dont la communication a été défaillante.

Ce n'est que depuis quelques jours que le gouvernement a pris la mesure du désastre. Peut-être à cause des risques de coupures d'électricité, de l'inflation galopante, des problèmes récurrents sur les carburants, le gouvernement n'a pas voulu ni oser rajouter une nouvelle source d'anxiété. Mais il y a une urgence face à une épidémie qui reprend de l'ampleur, alors que nous avons maintenant les outils pour se protéger : le port du masque et la vaccination.

Que sait-on du vaccin ? En gros, qu'au bout de trois à six mois, son efficacité diminue énormément. Des améliorations ultérieures pourraient être envisageables dans le futur, mais ce n'est pas pour maintenant. Si on ne fait pas un rappel tous les six mois, cela veut dire qu'on est très mal vacciné. La vaccination, je le rappelle, empêche les formes graves de la maladie et réduit la charge des hôpitaux (et des morgues). D'où l'importance de faire des rappels régulièrement.

Le contexte de forte vague nécessite donc un renforcement de la vaccination. Or, au 28 novembre 2022, selon Santé publique France, seuls 7,2% des 60-79 ans et 9,4% des 80 ans et plus avaient reçu une dose de rappel. Au 5 décembre 2022, ces deux proportions sont passées respectivement à 8,8% et 11,2%.

Dans une telle situation, la parole gouvernementale est essentielle. C'est d'autant plus important que les rappels de vaccination sont désormais fait avec des vaccins bivalents, équivalent à la première génération mais aussi qui agit sur les sous-variants omicron (B.4 et B.5), donc beaucoup plus efficaces que les premiers.

Il suffit de voir d'ailleurs comment, en quelques jours, le début d'une communication gouvernementale est parvenue déjà à faire redresser la courbe des vaccinations (nombre d'injections par jour).

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J'ai bien compris que le gouvernement ne voulait ni rendre obligatoire à nouveau le port du masque dans certains lieux, ni revenir au passe vaccinal, car les Français sont suffisamment cernés de toutes sortes de contraintes et obligations. Cela signifie cependant que la responsabilité soit hautement encouragée. Et pas de responsabilité si on ne donne pas de consignes claires et simples aux Français. C'est là la défaillance du gouvernement. Il a fallu attendre la séance des questions au gouvernement du 6 décembre 2022 pour voir tous les ministres portant de nouveau un masque dans les travées de l'hémicycle du Palais-Bourbon. Quant à la vaccination, le Ministre de la Santé et de la Prévention François Braun a lancé un « appel solennel à la vaccination » seulement le 4 décembre 2022, alors que cela fait plus d'un mois qu'on savait que la vaccination patinait.

Même les pharmaciens, les principaux acteurs de la vaccination aujourd'hui, sont parfois dans l'hésitation à interpréter les consignes gouvernementales, car qui peut aujourd'hui vraiment répondre à la question : qui a droit au second rappel du vaccin ? Tout le monde ou seulement les personnes fragiles et leurs proches ?

Pierre-Olivier Variot, le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officines, a demandé au gouvernement une clarification sur franceinfo le 6 décembre 2022 : « On doit pouvoir vacciner tout le monde mais les consignes ne sont pas forcément très claires (…). On a besoin d'une consigne claire du ministère, sous la forme d'un DGS-Urgent par exemple disant "vaccinez tous les gens qui vont vous le demander". La cible reste les plus fragiles, mais on doit pouvoir vacciner tout le monde. Il faut qu'on ait un écrit clair. ».

Un DGS-Urgent est un message adressé à tous les professionnels de santé, le dernier a été envoyé le 21 novembre 2022 qui détaillait la cible de la campagne d'automne du vaccin anti-covid : « les personnes vivant dans l'entourage ou en contact régulier avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables (…), [par exemple] une personne jeune, sans comorbidité, qui voit régulièrement des proches dans la cible ».

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Interrogé par franceinfo le 6 décembre 2022, la docteure Brigitte Autran a dit les choses sans ambiguïté. Qui est-elle ? La présidente du COVARS, le Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires, qui succède au Conseil scientifique présidé par le professeur Jean-François Delfraissy mis en place au début de la crise sanitaire. Elle a plaidé pour des « encouragements extrêmement forts à renforcer le port du masque » dans les transports et les lieux clos.

Pour la vaccination, Brigitte Autran a appelé toute la population à faire son rappel : « Actuellement 2,5 millions de doses de rappel ont été injectées (…). La recommandation est destinée aux personnes les plus fragiles, celles qui ont plus de 60 ans, celles qui ont des maladies qui les rendent fragiles, et leur entourage. La personne qui vit avec. Mais une recommandation n'est pas une interdiction pour les autres. Donc toute la population peut se faire vacciner. Vous pouvez le faire. ». Dit comme cela, c'est clair, mais elle n'est pas aux responsabilités. Ce serait mieux si un ministre le disait lui-même.

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Brigitte Autran a néanmoins rappelé le schéma vaccinal à respecter : « Cette campagne automnale fait suite à la campagne qui, jusqu'au 30 septembre, consistait à faire un deuxième rappel. Il y a donc certaines personnes qui se sont vaccinées il y a moins de six mois et qui ne sont pas encore éligibles à ce nouveau rappel. Ce rappel n'est utile que si on a un délai d'au moins six mois depuis la dernière vaccination et pour les personnes de 80 ans, d'au moins trois mois. Il ne faut pas le faire de façon plus rapprochée, sinon le rappel ne servirait à rien. ».

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Le lendemain, le 7 décembre 2022, la Première Ministre Élisabeth Borne, invitée de RTL, a affirmé : « Il faut vraiment se faire vacciner. Si vous allez chez votre pharmacien et que vous dites "je vais voir ma grand-mère pendant les vacances", alors vous avez accès gratuitement au vaccin. Il faut que chacun y aille, il faut être attentif pour les personnes fragiles en se faisant vacciner si on doit aller voir sa famille pendant les fêtes. ».

La période des fêtes de fin d'année est normalement un moment propice de joies et de bons vœux, le meilleur moyen de se préparer, le meilleur moyen que cela ne devienne pas une période funeste, c'est en particulier d'être à jour dans sa vaccination.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (08 décembre 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Vaccination contre le covid-19 : l'égarement du gouvernement.
Réintégration des personnels soignants suspendus pour cause de non-vaccination.

Covid-19 : le Père Noël va-t-il devoir surfer sur la 9e vague ?
Contagion.
La sécurité des personnes face aux dangers : meurtres, route, covid-19, environnement, climat...
Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
Covid-19 : faut-il s'inquiéter de la vague de la rentrée 2022 ?
Le covid-19 a-t-il disparu ?
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

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https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/vaccination-contre-le-covid-19-l-245436

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1 décembre 2022 4 01 /12 /décembre /2022 04:40

« Aider nos soignants, c’est avant toute chose être vigilants ensemble. Je lance ici un appel solennel : pratiquons les gestes barrières, portons le masque en présence de personnes fragiles ou dans les zones favorables à la promiscuité, comme les transports en commun. Ces petits gestes sauvent des vies ; dans les reculs de l’épidémie, ils ont joué un rôle décisif. » (Élisabeth Borne, le 29 novembre 2022 dans l'hémicycle).



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Répondant à la question d'un député de sa majorité (Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons) ce mardi 29 novembre 2022, préoccupé par la situation du système de soins, la Première Ministre Élisabeth Borne a demandé aux Français de respecter quelques gestes de responsabilité dans la perspectives des fêtes de Noël, alors que la neuvième vague du covid-19 commence à inquiéter les personnels soignants confrontés également à une épidémie très forte de bronchiolites et au retour, après deux ans de relative clémence, à l'épidémie saisonnière de grippes.

La Première Ministre a ajouté : « Les Français ont toujours répondu à de tels appels à la responsabilité : je ne doute pas qu’ils le feront de nouveau. Aider nos soignants, c’est également recourir à la vaccination : le vaccin contre la grippe, qui peut se révéler déterminant, mais rencontre malheureusement peu de succès cette année ; le vaccin contre le covid-19, dont nous avons acquis la certitude qu’il sauve des vies. En octobre, une campagne de rappel a été lancée à destination des plus de 60 ans, des personnes fragiles et bien sûr des soignants : 10 % des intéressés y ont répondu à ce jour, ce qui est bien trop peu. C’est pourquoi je répète aux Français concernés : faites-vous vacciner, cela vous protège et protège l’hôpital ! ».

Elle n'a pas hésité non plus à attaquer les oppositions, après le spectacle déplorable du jeudi 24 novembre 2022 dans l'hémicycle : « Aider nos soignants, c’est enfin défendre la science, défendre notre système de santé, ne pas prendre de décisions qui les mettraient en péril. Avec la majorité, j’assume notre défense du système de soins, notre refus de faire passer des manœuvres politiques avant la science et de soutenir des propositions démagogiques que l’écrasante majorité des soignants nous demande de repousser ! J’ai entendu ces derniers jours, au sujet des vaccins, des propos terrifiants, certains confinant à l’obscurantisme. Je ne pensais pas devoir un jour, dans le pays de Louis Pasteur, réaffirmer notre confiance en la parole de nos scientifiques et dans l’efficacité de nos vaccins, encore moins que celles-ci seraient vivement contestées au sein même de l’hémicycle ! Vos hurlements ne nous feront pas reculer : encore une fois, nous assumons. Nous ferons toujours le choix de la responsabilité, le choix de la science ; nous serons toujours aux côtés des soignants et des malades ! ».

Enfin ! Le gouvernement réagit ! Au moment où la neuvième vague de covid-19 va dépasser en intensité la huitième vague ! La semaine dernière, le Ministre de la Santé et de la Prévention François Braun avait timidement recommandé la vaccination pour les personnes fragiles, et il a fallu attendre ce mardi 29 novembre 2022 pour que la Première Ministre Élisabeth Borne communiquât solennellement aux Français, avec toutefois un paradoxe puisqu'elle encourageait à porter le masque dans les lieux sociaux importants sans elle-même porter de masque en s'adressant aux centaines de députés présents dans une enceinte relativement étriquée.

C'est tout le problème de la situation actuelle sur le covid-19, le gouvernement ne fait que suivre la population en général. Moi-même, je n'ai pas porté le masque à une réunion hier alors que nous étions environ une trentaine ou quarantaine de personnes, c'est un tort mais parler avec le masque ou écouter les autres avec un masque, c'est quand même une contrainte. Je le faisais encore il y a un mois, mais comme tout le monde, on en a marre ! Je me restreins cependant à porter le masque dans les hypermarchés et autres centres commerciaux, les transports en commun (que j'utilise peu), et aussi, mais là, c'est toujours obligatoire, dans les lieux de santé (pharmacies, cabinets médicaux ou d'analyses, hôpitaux, EHPAD, etc.).

Depuis le printemps 2022, le gouvernement a complètement zappé l'épidémie de covid-19 qui, pourtant, n'a pas disparu. On pouvait le comprendre au printemps pour des raisons électorales, mais au moment où l'épidémie reprend de l'importance depuis la fin de l'été, le (nouveau) gouvernement était jusqu'à maintenant aux abonnés absents, même Olivier Véran, l'ancien Ministre de la Santé devenu le porte-parole du gouvernement, en était à réduire la gravité de l'épidémie en disant qu'il semblait y avoir une neuvième vague alors qu'on en est sûr.

Effectivement, les statistiques des derniers jours sont inquiétantes. Le 30 novembre 2022, il y a eu 68 382 nouveaux cas ; le 29 novembre 2022, il y a eu 91 814 (mais il faut tenir compte des réajustements dus au week-end précédent). Sur les sept derniers jours, il y a eu 354 665 nouveaux cas, soit plus de 50 000 nouveaux cas en moyenne par jour et cela augmente de 30 à 40% par rapport aux sept précédents jours, ce qui est très élevé. On voit ainsi que la neuvième vague est en passe de supplanter la huitième vague qui avait été relativement limitée au début du mois d'octobre 2022.

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Le taux de reproduction effectif de l'épidémie est de l'ordre de 1,3, ce qui est au-dessus de 1, c'est-à-dire qu'elle s'aggrave encore, mais personne ne peut dire si cela va durer longtemps ou, au contraire, comme pour la huitième vague, si elle va décroître rapidement, et cela dépend aussi de nous, population.

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Sur le plan hospitalier, la situation reste encore maîtrisée pour les cas les plus graves : pas de saturation des services de réanimation, mais ceux-ci ne désemplissent pas depuis très longtemps pour les cas de covid-19. En revanche, le nombre des hospitalisations conventionnelles pour covid-19 ne cesse de croître, nous en sommes à 20 000 et cela risque de continuer à monter tout le mois de décembre.

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L'enjeu humain n'est pas rien puisque cette épidémie continue toujours, hélas, à entraîner la mort de nombreuses personnes, on en est autour de 60 décès en moyenne par jour sur les sept derniers jours, nombre qui, paradoxalement, est en train de décroître lentement, en raison des conséquences de la décrue de la huitième vague. Mais, comme on l'avait constaté en septembre et octobre, ce nombre hélas va remonter parallèlement à cette neuvième vague avec deux ou trois semaines de décalage. Et 60 décès par jour, c'est encore énorme, c'est 2 000 décès par mois, plus de la moitié de la mortalité routière sur une année.

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La parole de la Première Ministre a donc forcément de la valeur, et c'est d'ailleurs la magie de la communication politique, celle qui a permis de passer ces deux années difficiles de crise sanitaire avec une bonne acceptabilité, quasi-unanime : respect du confinement, des gestes barrières (masque, gel, etc.), vaccination massive, car à chaque fois, le gouvernement voire le Président de la République étaient montés au créneau pour communiquer.

Après cette intervention d'Élisabeth Borne, les médias ont donc eu le sentiment qu'il fallait refaire de la sensibilisation au grand public qui n'est plus rivé aux statistiques quotidiennes comme c'était le cas au printemps 2020. Le mercredi 30 novembre 2022, plusieurs chaînes de télévision (je l'ai constaté en tout cas sur BFMTV et sur France 5), les médecins qu'on avait l'habitude d'écouter pendant la crise du covid-19 sont réapparus sur les plateaux de télévision, et c'est heureux car leur silence laissait vide un terrain intellectuel largement occupé, en permanence, par les réseaux sociaux, par ceux qui, par complotisme, par opposition politique démagogique ou par simple business (c'est très rentable, paraît-il !), nous ressortent les mille et une fake-news entendues ad nauseam depuis deux ans et demi, en particulier sur la vaccination.

La situation n'est certes pas catastrophique, heureusement, car c'est la différence avec les précédentes périodes de Noël, de 2020 et 2021. L'une des médecins insistait pour dire : on ne peut plus dire aux Français, attention à la énième vague. Il y aura toujours des vagues, après une vague, une autre vague, et ainsi de suite. Il faut donc tenter de vivre avec le coronavirus en essayant d'entraîner le moins de dégât possible.

Il est vrai que la politique du zéro covid avait été tentée, mais dès lors que le vaccin ne permet pas d'éviter à 100% la transmission, il est illusoire de vouloir l'éradiquer complètement. C'est comme vouloir éradiquer le virus de la grippe, c'est impossible car il mute chaque hiver. C'est du reste le problème de la stratégie chinoise : si elle a permit de réduire au maximum le nombre de décès dans un premier temps (ce qui reste à confirmer, certains remettant en cause les statistiques des autorités chinoises), dès lors qu'il n'y a pas de vaccin hyperefficace contre la transmission (et le vaccin chinois a bien moins d'efficacité que le vaccin à ARN messager), cette stratégie est absurde et conduit à une impasse, renforcée par une contestation politique justifée. Pour le printemps 2021, Emmanuel Macron avait lui-même refusé un confinement comme ceux imposés lors des deux premières vagues (mars 2020 et novembre 2020) car une telle contrainte ne peut pas être acceptée sur du long terme et peut aboutir à de véritables catastrophes sociales dans la population.

Pour autant, et c'est là le changement par rapport aux années précédentes, nous avons des armes, en état de fonctionnement, et c'est très heureux. La première est la vaccination, qui empêche pour la très grande majorité des personnes le développement des formes sévères, et c'est cela l'essentiel. Elle empêche aussi, même si c'est avec une bien moins grande efficacité, la transmission du virus, c'est-à-dire qu'il y a plus de risque de contaminer une personne fragile par une personne non-vaccinée que par une personne vaccinée.

La chance de la France, qui a été parmi les meilleures nations à faire vacciner sa population en 2021, c'est qu'il y a une certaine immunité, provenant tant de la primovaccination que des nombreuses contaminations : à ce jour, près de 38 millions de Français ont été contaminés, ou plus exactement, car il y a eu des personnes qui ont été contaminées jusqu'à quatre fois en deux ans, les Français ont subi 38 millions de contaminations, ce qui signifie que la majorité des Français a été au contact avec le virus et presque tout le monde a été soit contaminé un jour, soit vacciné (ce qui est très différent de la Chine).

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Actuellement, c'est le sous-variant BQ1.1 qui semble tenir la corde des contaminations au détriment du BA.5, tous les deux des sous-variants du variant omicron. Chaque nouvelle forme prospère car l'immunité est moins efficace. C'est d'ailleurs scientifiquement très impressionnant, on observe à l'échelle humaine de quelques années le phénomène mis en évidence par Darwin de l'évolution des espèces.

Le problème actuel du vaccin, c'est que son efficacité se réduit beaucoup après le sixième mois, c'est-à-dire que pour être à jour de vaccination, il faut faire des rappels tous les six mois. Or, pour l'instant, comme l'a rappelé Élisabeth Borne, seulement 10% des personnes fragiles ou âgées de plus de 60 ans, sont à jour de rappel, ce qui est très faible. Après une vaccination massive (et volontaire, le vaccin n'a jamais été obligatoire à l'exception de certaines professions) en 2021, les Français semblent désormais bouder les rappels, ou plutôt, n'y voient plus d'utilité.

Ou pensent que l'épidémie de covid-19 est terminée parce qu'on n'en parle plus dans les médias. Pourtant, il y a toujours des cas de contamination et ceux qui se prennent le covid-19 en pleine tronche pendant plusieurs jours de fortes fièvres sont partants pour se dire qu'ils préfèrent à tout prix l'éviter la prochaine fois. À ce jour, il y a autour de 800 000 personnes qui sont contaminées en France et susceptibles de contaminer leurs proches, ce qui est plutôt faible (ce nombre n'est pas descendu en dessous de 300-400 000 depuis très longtemps et a pu grimper jusqu'à 3-4 millions au pic de la vague omicron en janvier 2022).

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Le relâchement des vaccinations en France est palpable dans les courbes du nombre de vaccinations faites chaque jour. Ainsi, le rythme se compte à quelques dizaines de milliers de vaccinations par jour, si ce n'est quelques milliers seulement. Il y a eu un petit pic en octobre 2022 qui correspond à une communication du gouvernement, et un plus grand pic au début de l'été avant de partir en vacances.

Même la comparaison avec les autres pays n'est plus flatteuse. Les États-Unis nous ont par exemple rattrapés pour les primovaccinations. Il faut cependant se méfier des chiffres : si la Chine a un taux de vaccination très élevé, c'est toutefois avec un vaccin qui n'a pas beaucoup d'effet. À Cuba aussi, il me semble.

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C'est là l'ambiguïté du discours gouvernemental : si l'efficacité s'effondre au bout de six mois, pourquoi ne réserver les prochains rappels qu'aux personnes de plus de 60 ans ? Il n'y a plus de problème de doses (on en a désormais autant qu'on veut, avec un vaccin amélioré, plus efficace contre les variants), mais il n'y a plus de centre de vaccination, c'est-à-dire que s'il devait y avoir une nouvelle ruée pour la vaccination (l'idéal serait de faire son rappel en début du mois de décembre pour être dans la meilleure immunité à Noël), il y aurait nécessairement des problèmes d'organisation. Pour l'instant, le plus ordinaire est de se faire vacciner dans les pharmacies qui s'acquittent avec efficacité de ce travail supplémentaire.

Donc, oui, nous avons les outils pour ne pas nous inquiéter des fêtes de Noël malgré une augmentation notable de l'épidémie de covid-19. Ils s'appellent surtout vigilance, responsabilité et bon sens : le masque quand il y a des lieux confinés (certains médecins ne comprennent pas pourquoi le gouvernement ne remet pas l'obligation du port du masque dans les transports en commun), et la vaccination. C'est assez simple, somme toute très peu, contraignant, et surtout, c'est très efficace (malgré toutes les boues de désinformation qu'on peut voir sur le web). Alors, pour préparer Noël, ne faites pas qu'acheter des cadeaux, préparez-vous vous-même, protégez-vous, protégez vos proches et protégez aussi le personnel hospitalier. Et fête restera synonyme de joie et pas de maladie ou de deuil.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (30 novembre 2022)
http://www.rakotoarison.eu


(Toutes les courbes proviennent de Guillaume Rozier et de son excellent site CovidTracker).


Pour aller plus loin :
Covid-19 : le Père Noël va-t-il devoir surfer sur la 9e vague ?
Contagion.
La sécurité des personnes face aux dangers : meurtres, route, covid-19, environnement, climat...
Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
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Attention, le covid-19 est de retour !
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Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 04:55

« Nous devons faire en sorte que personne ne sache. Jusqu'à ce que tout le monde sache. » ("Contagion").



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Le film américain "Contagion" de Steven Soderbergh (sorti le 9 septembre 2011 aux États-Unis et le 9 novembre 2011 en France) a été rediffusé par la chaîne TMC le mercredi 23 novembre 2022 dans la soirée. Ce film, qui avait bénéficié d'une critique positive mais seulement d'un petit succès commercial à sa sortie (137 millions de dollars au box-office pour un budget de 60 millions de dollars), a eu une nouvelle vie à partir du début de l'année 2020 et du début de la pandémie de covid-19.

Steven Soderbergh est un réalisateur confirmé et très diversifié dans les thèmes abordés, alternant projets d'auteur et films commerciaux. Il a déjà eu de nombreux succès depuis le début de sa carrière, une Palme à Cannes très jeune pour "Sexe, mensonges et vidéo" (1989), un Oscar pour "Traffic" (2000), et il a été remarqué aussi pour "Érin Brockovich, seule contre tous" (2000), "Ocean's Eleven" (2001), "Solaris" (2022), "Ocean's Twelve" (2004) et "Ocean's Thirteen" (2007).

Avec "Contagion", où il a dirigé quelques acteurs prestigieux, la Française Marion Cotillard, Matt Damon (son acteur fétiche, sixième collaboration dans ce film), Kate Winslet, Gwyneth Paltrow, Laurence Fishburne, Jude Law, Bryan Cranston, etc., Steven Soderbergh a voulu à la fois faire un film catastrophe mais également un film scientifique voire pédagogique, l'idée était de dérouler ce qui se passerait en cas d'apparition d'un virus mortel qui envahirait toute la planète.

L'histoire est assez simple et curieusement, aujourd'hui, elle nous rappelle quelque chose, même à ceux qui n'ont pas encore vu le film. Une jeune femme américaine (Gwyneth Paltrow) de retour de Hong Kong meurt après quelques jours d'une encéphalite aiguë (c'est la patiente zéro). Quand on découvre qu'il s'agit d'un virus, une trentaine de cas ont déjà été répertoriés partout dans le monde. Démarre alors ce qu'on appelle une pandémie, la réaction des autorités sanitaires, nationales et mondiales, la réaction des médecins pour identifier les modes de contamination et développer un traitement ou un vaccin, la réaction aussi des populations entre panique et vénalité, entre paranoïa et incrédulité. C'est un film assez triste où un certain nombre de héros, ceux qui étaient au "front", sont logiquement contaminés et périssent.

Inutile de dire qu'on pourrait devenir complotiste en s'imaginant que le réalisateur savait tout ce qui allait surgir huit ans après la sortie de son film. Mais ce serait de l'uchronie, une erreur de chronologie. Le scénariste du film Scott Z. Burns n'est pas Madame Soleil mais un écrivain qui a fait son boulot de documentation scientifique admirablement bien. C'était sa deuxième collaboration avec Steven Soderbergh après "The Informant!" (2009). Il était très motivé par l'idée de faire un thriller d'anticipation avec une maladie transmissible.

Scott Z. Burns l'a expliqué lui-même : « J'ai rencontré le Dr. Larry Brilliant, épidémiologiste, qui a participé à l'éradication de la variole dans les années 1960. Et Larry m'a présenté Ian Lipkin, un virologue de l'université de Columbia. J'ai passé beaucoup de temps avec ce dernier à parler du fonctionnement des virus ; et de la probabilité d'émergence des prochains virus dans le monde. Il a alors promis de m'aider si je mettais un point d'honneur à rendre le film scientifiquement substantiel. ».

Les fonctions scientifiques de Ian Lipkin lui ont permis d'accéder à des informations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce qui rend le film très crédible non seulement scientifiquement mais aussi dans les procédures et le fonctionnement de l'OMS. C'était aussi ce même sentiment que pouvait avoir le lecteur du thriller très documenté "Erectus" de Xavier Muller (sorti en 2018, éd. XO éditions).

Il n'y a rien de prémonitoire mais cela fait des dizaines d'années que des épidémiologistes alertent les pouvoirs publics sur le risque de l'émergence d'une pandémie provoquée par un nouveau virus, qui se propagerait beaucoup plus vite qu'auparavant en raison de la forte augmentation de la circulation des personnes et des animaux dans le monde. Il n'est donc pas étonnant que, d'une part, un artiste ait imaginé le scénario d'une telle catastrophe, et que, d'autre part, cette catastrophe se soit déroulée effectivement dans un futur très proche.

Le modèle de virus adopté dans le scénario n'est pas un coronavirus mais un paramyxovirus, et se rapproche du virus Nipah qui est apparu en Malaisie en 1998, qui provoque des maladies respiratoires et neurologiques, mortel dans 50% à 75% des cas, provenant de la chauve-souris comme réservoir, et du porc d'élevage comme intermédiaire. En 1998, 115 personnes sont décédées sur les 265 contaminées. Il fait encore des ravages en Océanie, Asie du Sud-Est et Asie du Sud, puisqu'en Inde, un enfant de 12 ans est décédé de ce virus en 2021. Il n'existe aucun vaccin ni traitement contre ce virus.

Jusqu'à maintenant, heureusement, le virus Nipah n'a pas fait irruption à l'échelle mondiale, ce qui serait catastrophique et que tente de modéliser le film "Contagion", comme le rappelle l'Institut Pasteur : « D’un taux de mortalité supérieur à 70 %, ce virus est d’après l’Organisation Mondiale de la Santé un agent infectieux émergent susceptible de déclencher des épidémies sévères s’il venait à évoluer pour gagner en transmissibilité. ». Enfin, le modèle épidémiologique a repris l'histoire de la "grippe espagnole" de 1918-1919.

Le regard rétrospectif du film après avoir vécu près de trois ans de pandémie de covid-19 montre que "Contagion" est un film globalement excellent en ce sens qu'il a très bien décrit le début d'une pandémie. Je propose ici d'en faire une petite analyse (au risque de "spoiler"), recenser les similitudes avec le covid-19 (et bravo au scénariste pour sa lucidité et sa rigueur scientifique) et aussi, les quelques différences, voire divergences.

Parlons d'abord du méchant, le virus Mev-1 (dans le film). Là, évidemment, le choix est arbitraire, mais il a quand même quelques ressemblances avec le SARS-CoV-2. Le virus est capable de provoquer des infections respiratoires graves et des encéphalites aiguës. Il est mortel pour environ la moitié des personnes contaminées, en tout cas, certaines personnes (comme le personnage joué par Matt Damon) sembleraient en être immunisées naturellement, ce qui peut ressembler au covid-19 qui épargne certaines personnes et qui en tuent d'autres, en attaquant différents organes (principalement les poumons, le cœur, le système nerveux, etc.). Heureusement, le SARS-CoV-2 semble bien moins meurtrier que le Mev-1 du film. Autre point de ressemblance, la pandémie part de Chine et d'un réservoir animal (sans aujourd'hui avoir plus de précision sur le SARS-CoV-2).

Les modes de contamination semblent les mêmes que le covid-19, à savoir la respiration et le toucher, d'où l'incitation au port du masque et éventuellement, des gants, et plus généralement, la distanciation sociale. Pour le personnel médical qui s'occupe directement des personnes contaminées ou du virus, la protection totale (en "habit d'astronaute") est de mise. Là aussi, la confection du vaccin se fait de manière très rapide et la trame du film est au fond la course de vitesse entre la pandémie et le vaccin. N'ayant pas le temps de faire des tests cliniques, trop longs, la chercheuse s'injecte elle-même le vaccin et va se faire contaminer pour vérifier l'efficacité de son candidat vaccin après avoir été un succès sur des singes. De ce point de vue (et des autres points de vue), les nouveaux vaccins à ARN messagers ont été beaucoup plus sérieux et rigoureux, bien que très rapides, pour stopper la pandémie que le scénario proposé par le film (où l'on s'affranchit de toutes les règles déontologiques de la recherche médicale).

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La vitesse de la pandémie, maintenant. Le film est rythmé par le nombre de jours après la première contamination associé au nombre de personnes contaminées. C'est bien sûr une évolution exponentielle qui dépend du taux de reproduction (R0). À l'origine, il est de 2 (un contaminé entraîne deux contaminations), ce qui fait atteindre le nombre de personnes contaminées à 27 millions dans le monde, il me semble, lorsque le vaccin est trouvé (pour le covid-19, cela se compte plutôt en centaines de millions de contaminations, mais au bout de deux ans).

En revanche, le R0 est élevé par rapport au covid-19, et au milieu de film, comme pour le SARS-CoV-2 dès l'été 2020, le virus mute et un nouveau variant reprend tout le "marché" avec un taux de reproduction de 4 au lieu de 2. En fait, il y a une faible cohérence à ce que le taux de reproduction augmente tandis que la létalité du virus reste encore très forte (on ne parle pas d'une diminution de la létalité dans le film). Il faut aussi savoir que ce sont des chiffres en "live", c'est-à-dire au moment même où cela se passe, nous l'avons vécu pour le covid-19, c'est très difficile de donner des statistiques en temps réel pour des lieux donnés. Encore aujourd'hui, il manque des données précises, par exemple de létalité par rapport aux différents variants du SARS-CoV-2. Il manque encore d'études qui prennent du recul.

Excellente aussi, la séquence initiale du film, où l'on montre, dans le dérisoire des vies quotidiennes, par des gros plans très explicites, comment les premiers malades se font contaminer. C'est en effet l'avancée souterraine du virus, que nous avons connue en France en février 2020. À l'époque, on maîtrisait très bien les chaînes de contamination, les différents foyers d'infection ("clusters"), etc. Malgré cela, lorsqu'il y a un raz-de-marée, les digues de contrôle n'étaient plus suffisantes et étaient complètement anéanties par la rapidité des contaminations. C'était alors qu'on "ne maîtrisait plus l'épidémie".

On ne parle pas d'ailleurs, dans le film, de "porteurs sains" du virus, comme il en existerait pour le covid-19 (je laisse au conditionnel car je me demande encore si les tests négatifs de personnes qui en ont contaminé d'autres proviennent plutôt d'une détection trop tôt du virus, avant son développement dans l'organisme, puisqu'il y a un temps d'incubation entre trois et dix jours entre le moment on l'on est contaminé et le moment où l'on est testé positif au virus, et cela indépendamment de développer ou pas une forme sévère de la maladie).

Bien vu aussi dans le scénario, l'existence de profiteurs de crise. Dans le film, il s'agit d'un pseudo-journaliste qui réussit à convaincre ses lecteurs que le forsythia est le remède miracle du nouveau mal qui ronge la planète. Que ce traitement guérira ou protégera les gens. Bien entendu, on pense tout de suite à l'hydroxychloroquine dont les effets positifs sur le covid-19 n'ont jamais été prouvés, encore trente mois plus tard. Évidemment, lors de la sortie du vaccin, l'individu en question est contre le vaccin, considère que c'est mauvais afin de pouvoir continuer à vendre son forsythia (dont les réserves et stocks sont épuisés dans le monde). Mais on est loin des outrances réelles des antivax.

La grande différence entre la fiction de 2011 et la réalité de 2020-2022, c'est que le scénariste n'avait pas imaginé que la réalité serait basiquement pire que ce qu'il envisageait pour son film. En effet, dans le film, c'est un profane qui propose une solution miracle, pas un chercheur de réputation mondiale, profitant de tout le système de mandarinat établi en France (j'ai nommé le professeur Didier Raoult). En outre, l'escroquerie, intellectuelle et lucrative, ne dure pas longtemps, les films américains aiment bien l'ordre et la morale : ainsi, le promoteur du forsythia est arrêté, il est obligé de se laisser faire une prise de sang pour analyser qu'il n'avait pas les anticorps, donc, il prétendait être guéri d'une maladie qu'il n'avait pas contractée. Entre parenthèses, il me semble qu'en France, il serait interdit de forcer une analyse de sang sans son consentement pour savoir si on a eu une maladie, du moins, sans décision de justice. Ainsi, l'aimable crypto-journaliste qui avait ramassé des millions de dollars grâce à la crédulité des gens est incarcéré et l'affaire est close, la morale sauve, ce qui est loin d'être le cas dans la réalité (je ne souhaite pas du tout qu'on embastille le professeur Raoult, mais qu'on en finisse avec les vieilles fake-news démenties depuis longtemps).

La distribution des vaccins est intéressante à analyser dans le film. La maladie ne semble pas toucher une catégorie particulière de la population (tandis que le covid-19 touche mortellement plus fréquemment les personnes âgées ou fragiles). Ainsi, le temps de fabriquer toutes les doses de vaccin nécessaires, l'ordre des heureux bénéficiaires est donné par le tirage au sort de sa date anniversaire : ainsi, les personnes nées le 23 novembre pourront aller se faire vacciner, puis on retire une autre date de naissance pour le prochain lot, etc. Là aussi, l'histoire se mélange dans des considérations purement nationales, c'est-à-dire américaines, alors qu'on a bien vu que la pandémie touchant en même temps tous les pays, la distribution du vaccin est un processus international (heureusement, l'Europe a fait un très bon boulot de mutualisation que les "petits pays" ont bénéficié).

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Le seul élément d'internationalisation de la distribution de vaccin, dans le film, c'est quand le personnage joué par Marion Cotillard se fait kidnapper par un gang qui représente un village asiatique (j'ai oublié le pays) d'une centaine de personnes pour se faire servir prioritairement le vaccin. Finalement, l'échange a lieu... mais cyniquement, les responsables américains ont donné aux ravisseurs un placebo (une critique implicite de l'hégémonisme américain).

Sur le vaccin, la question de son obligation n'est pas posée dans le film : tout le monde veut être vacciné ou faire vacciner sa famille le plus vite possible et serait prêt à des gestes de violence le cas échéant. Pourtant, à part cet escroc au forsythia qui combat le vaccin, aucune allusion n'est faite sur l'obligation de se faire vacciner. En revanche, quand on se fait vacciner, on voit le médecin boucler au poignet une sorte de bracelet en papier ou en plastique, le même que lorsqu'on entre en boîte de nuit ou dans un séminaire ou congrès, et dessus se trouve un code barre qu'on peut lire avec un lecteur infrarouge pour vérifier que la personne est bien vaccinée. Même si ce n'est pas fait avec la même technologie (ni QR code, ni smartphone pour le lire, en 2011, il y en avait déjà), l'idée de traçabilité et de preuve de vaccination immédiatement présentée fait penser au passe vaccinal. Mais apparemment, pas de règle, pas d'obligation, sinon celles qu'on se donne soi-même : ainsi, Matt Damon, qui ne voulait plus que sa fille adolescente voie son petit ami par risque de contamination, accepte de le faire entrer chez lui une fois vu, au travers de la baie vitrée, le précieux code barre au poignet !

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Pour agrémenter le scénario d'éléments anecdotiques, le patron de la santé joué par Laurence Fishburne (qui confirme ici qu'il est un très bon acteur, connu par la saga des Matrix) a commis un délit d'initié en prévenant sa fiancée que la ville allait être bouclée pour être mise en quarantaine. Je reviendrai sur ce que signifie réellement ce fait, mais ce qui est amusant, c'est que l'idée était que les infractions étaient de faire plus rapidement sauve-qui-peut, plus rapidement que le peuple.

Or, dans la réalité, ce qu'on a pu reprocher à un pouvoir quelconque pour la pandémie de covid-19, pas sur la politique même des mesures pour protéger la population (confinement, passe vaccinal, etc.), mais sur les éventuelles malversations et de bénéfices hors justement la loi ou la réglementation, ce n'est pas de fuir plus rapidement (et fuir où ?) mais bien se moquer des mesures de contrainte. C'était ce qui a coûté sa place au Premier Ministre Boris Johnson qui faisait joyeusement la fête dehors avec ses copains pendant que le bon peuple était confiné tristement. Là encore, même les fautes ou infractions retenues sont beaucoup plus "morales" que la réalité.

J'en viens justement au point de singularité, le seul bémol à l'excellence du scénario de "Contagion" : le pouvoir politique n'existe pas dans ce film. Or, il est vrai que les allocutions tant du Président Emmanuel Macron en France, de la reine Élisabeth II en Grande-Bretagne, du Premier Ministre en Italie etc. étaient essentielles pour obtenir l'acceptation de la population. En effet (on le voit aujourd'hui en Chine), les mesures de confinement, d'interdiction de circuler, de vendre, etc. ont été globalement bien acceptées, bien respectées, parce que tout le monde a compris qu'il y avait gravité et urgence (si cela se passe dans une période courte, voir en Chine le contraire). Dans le film, le Président des États-Unis, les ministres, sont complètement absents, juste une allusion au Président (à protéger au fin fond d'un bunker), et il est vrai qu'un des personnages rappelle qu'il y a cinquante États avec cinquante lois et cinquante réglementations sanitaires possibles (les États-Unis étant un pays fédéral, on l'oublie un peu vite en France).

L'intervention du dirigeant politique dans le pays a une fonction essentielle, éviter toute panique provenant de la population. Le sous-titre du film est d'ailleurs : "Nothing spreads like fear" [Rien ne se propage comme la peur]. Mais "Contagion" pêche comme la plupart des films de science-fiction américains : le monde plongé dans la panique et l'anarchie, le pillage, la violence, le retour à l'esprit de la jungle. Ainsi, il y a plein d'embouteillages pour fuir la grosse agglomération, plein de violences avec la doctrine du chacun pour soi, je défends ma famille, mes enfants.

Alors que dans la réalité, chose plus positive qu'imaginable, il n'y a pas eu de scène de panique, d'émeutes, de violences (certes, beaucoup de "burn out", de violences conjugales). L'acceptabilité de la population a été quasi-généralisée et c'est heureux, d'autant plus heureux que cette quasi-unanimité n'avait rien de politique puisque, parallèlement, le pouvoir politique était régulièrement critiqué, du moins dans les démocraties.

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Je reprends aussi l'idée de la fuite de l'agglomération. Il est sûr qu'il y a plus de risque de contamination dans une grande ville qu'à la campagne, mais le problème d'une pandémie, c'est que tous les lieux sont touchés à peu près en même temps, car l'humain est un être social et tout le monde est interdépendant. Dans la réalité, il n'y avait donc aucune fuite possible, si en plus elle pouvait être autorisée en raison des confinements. Un escroc en France pouvait imaginer se refaire une virginité et une nouvelle vie en Argentine sous un autre nom, mais cette fuite possible ne l'est pas pour une pandémie. On retrouve le virus voire un variant encore plus méchant plus loin de chez soi. La fuite est donc totalement stupide (en dehors du fait que pour vivre plus confortablement le confinement, il valait mieux être riche et se rendre à sa maison de vacances !). Les États-Unis, c'est l'impression de liberté et de grands espaces. On fuit pour reprendre de la liberté, dans les films américains.

Le film "Contagion" finit en queue de poisson, bien trop facilement par rapport avec la réalité : le vaccin a été trouvé, il faut encore pouvoir distribuer le vaccin, c'est une question de temps, et ensuite, tout ira mieux. Dommage que la mutation du virus n'a été prise en compte que pour renforcer la peur, avec cette hausse du taux de reproduction, alors qu'il a aussi pour effet de ne plus réagir aussi bien aux vaccins ou éventuels traitements trouvés initialement.

À ces bémols près, "Contagion" a été une excellente simulation d'une pandémie, servie à peine une décennie avant une vraie de vraie. C'est dommage que ce spectacle n'a été que spectacle et pas matière à se préparer vraiment à un tel fléau, psychologiquement, matériellement, politiquement. À la sortie du film, certains scientifiques ont trouvé l'hypothèse de départ (méchant virus qui se propagent très rapidement partout dans le monde) un peu trop pessimiste. Au contraire, elle était très lucide sur ce que pouvait être la réalité virale d'une planète dont les 8 milliards d'habitants ont décidé plus ou moins consciemment que tout n'était qu'échange.

En 2020, les principaux acteurs de "Contagion" ont été "réquisitionnés" pour apporter des réponses aux nombreuses questions des gens, et surtout, désamorcer les très nombreuses désinformations périphériques qui ont pollué toute la gestion de cette crise, tant par le pouvoir politique que le corps médical dans son ensemble. Un film, donc, à regarder de nouveau avec l'esprit de celui qui, en quelque sorte, a été lui-même impliqué dans l'histoire. S'il en a survécu, bien sûr, ici ou ailleurs.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (26 novembre 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
"Erectus" de Xavier Müller.
Contagion.
Kirk Douglas.
Robert Clary.
Quai d'Orsay.
Thierry Lhermitte.
Dupont Lajoie.
Emmanuelle Bercot.
Jacques Tati.
Sandrine Bonnaire.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.








https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20221123-contagion.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/contagion-2011-le-covid-19-avant-l-245134

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/11/25/39722443.html


 

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14 octobre 2022 5 14 /10 /octobre /2022 05:08

« Avec le BA2.75, [le sous-variant BQ1.1] est l'un des deux variants en ce moment qui ont le plus de chance de supplanter l'actuel BA.5. Il a un avantage d'échappement immunitaire qui ferait qu'il pourrait devenir majoritaire dans des populations bien protégées comme la population française. Génétiquement, il a toutes les cartes en main pour devenir le prochain variant majoritaire. C'est un très grand candidat. » (Yannick Simonin, le 13 octobre 2022 dans "Midi libre").



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La France est plongée depuis quelques semaines dans une nouvelle vague de covid-19 (on lui attribue le numéro 8). Et effectivement, de nombreuses personnes sont touchées, comme on pouvait s'y attendre avec l'automne, la rentrée scolaire et le temps froid et pluvieux. Les pharmacies et les laboratoires d'analyse sont à nouveau pris d'assaut pour des tests de dépistage.

À la fin du mois de septembre 2022, on aurait pu imaginer que cette vague ne fût pas plus ample que celle de l'été, parce que le taux effectif de reproduction du virus était en train de redescendre. Mais ce facteur est en train de jouer au yoyo. La première semaine d'octobre 2022, il était remonté, puis est encore en train de rebaisser, mais tant qu'il n'est pas inférieur à 1, l'épidémie progresse et les chiffres de cette semaine sont énormes : 9 373 nouveaux cas le lundi 10 (tests du dimanche), 94 753 le mardi 11, 67 948 le mercredi 12, 64 218 le jeudi 13...

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Il y a en ce moment un taux d'incidence supérieur à 600 nouveaux cas par 100 000 habitants pour une semaine, ce qui est très élevé. La France est aujourd'hui le deuxième pays le plus touché au monde par la pandémie qui a déjà provoqué près de 6,6 millions de décès depuis décembre 2019. L'Europe est particulièrement éprouvée cet automne et l'Allemagne se place même largement en tête des pays les plus touchés avec un taux d'incidence de plus de 800 nouveaux cas par 100 000 habitants pour une semaine.

En Allemagne, effectivement, la situation est alarmante : près de 700 000 nouveaux cas ces sept derniers jours et surtout, leur mortalité est quasiment double par rapport à la France : 10 décès par million d'habitants en une semaine (la France en est à 6, il était de 3 en début de vague). Du reste, comme je l'indiquais précédemment, l'écart du nombre de décès entre la France et l'Allemagne se restreint chaque jour d'environ 100 unités, et est actuellement inférieur à 4 500 (alors à la fin de la première vague, en été 2020, cet écart était d'environ 20 000). Si l'Allemagne rattrape la France en décès, c'est probablement aussi parce que le taux de couverture par la vaccination est moindre qu'en France.

Sur le plan hospitalier, il y a de plus en plus d'hospitalisations dues au covid-19 et la courbe des places en service de réanimation aussi s'élève, s'approchant des 1 000 lits occupés pour covid-19 (au 13 octobre, 959), tandis qu'au début de la vague, c'étaient 700 lits.

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La différence entre les sorties (retour à la maison ou décès) et les entrées ne cessent de croître en ce moment, faisant craindre la perspective d'un plan blanc avec un personnel soignant en surtension depuis deux ans et demi.

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De même, hélas, la courbe des décès s'envole et reste encore bien trop élevée, revenant à un nombre quotidien moyen de 50 décès, soit près de 20 000 décès pour l'année, cinq fois plus que la mortalité routière (en France, l'épidémie a entraîné hélas déjà 155 737 au 13 octobre 2022, soit depuis janvier 2020, seize fois plus que la mortalité routière !). Et ce nombre ne cesse de monter mécaniquement parallèlement aux autres courbes (nouveaux cas, hospitalisations).

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On espère depuis deux ans que le covid-19 devienne une maladie endémique, au même titre que la grippe. Mais il y a deux différences. D'une part, depuis trois ans, on n'a jamais atteint des périodes où il n'y a quasiment plus aucun cas de contamination (certains pays comme le Royaume-Uni semblent l'avoir atteint de manière très temporaire), et si l'Allemagne est autant touchée, c'est parce que la nouvelle vague a commencé bien avant la fin de la précédente (en ce sens, la France qui était légèrement en avance sur l'Allemagne cet été a eu un peu plus de chance). D'autre part, il y a plusieurs vagues dans l'année, ce qui renforce le caractère grave de la maladie par rapport à la grippe qui ne sévit qu'en hiver (avec seulement une ou deux vagues par an, pas trois ou quatre).

Enfin, il y a une troisième différence bien plus grande avec la grippe, c'est la transformation systématique du coronavirus par des variants de plus en plus contaminants. Certes, le virus de la grippe aussi se transforme chaque année, mais il semblerait qu'à chaque nouveau variant de coronavirus, le covid-19 reprenne un cycle épidémique de plusieurs vagues comme si c'était une nouvelle maladie, confortée par le caractère mondial de l'épidémie.

Avec le variant omicron, on pensait en avoir fini des mutations. Certains sous-variants se sont différenciés, certes (comme le BA.5 devenu largement majoritaire en France), sans pour autant changer de comportement. Or, depuis quelques semaines, les scientifiques ont mis en évidence l'arrivée d'un nouveau sous-variant à BA.5, appelé BQ1.1 (non, cela ne signifie pas barbecue), qui pourrait être un candidat pour reprendre le "marché" de l'épidémie dans les prochaines semaines.

Selon le virologue Yannick Simonin (de l'Université de Montpellier), ce nouveau sous-variant serait de plus en plus fréquent dans les séquençages, en particulier au Royaume-Uni depuis la fin du mois de septembre 2022. Édouard Tuallion, professeur au CHU de Montpellier, a précisé dans "Midi libre" qu'il était « significativement présent en région parisienne (…). Même si les études que nous avons pour le moment datent de mi-septembre, il y a des signes qui laissent penser que vu son évolution et son augmentation rapide, il pourrait représenter dans les semaines à venir la majorité des cas, voire devenir majoritaire. ».

Même si sa dangerosité ne semble pas plus élevée que les précédents variants, il a été placé sous surveillance car il résulte de trois mutations importantes. En particulier, une qui pourrait être problématique pour le vaccin actuel puisqu'il s'agit de la modification de la protéine d'attachement du virus, qui joue un rôle important dans la contamination.

En outre, l'un des symptômes cliniques de ce sous-variant serait de ressembler à une gastro-entérite avec laquelle il pourrait être confondu. En effet, Yannick Simonin a indiqué : « On sait déjà que le covid peut avoir un impact sur le système digestif, il s'agit là des symptômes secondaires classiques, surtout avec omicron. Cependant, il semblerait qu'avec ce variant, la proportion d'atteintes gastriques soit plus importante. ». Au point que "Midi libre" a titré dans un tweet : « Covid : diarrhée et maux de ventre, les symptômes du sous-variant BQ1.1 font craindre la confusion avec la gastro-entérite. ».

Alors, même si le pire n'est jamais certain, restons toujours prudents avec cette satanée maladie, gardons les quelques gestes de prudence qui nous éviteront de renforcer les statistiques des hôpitaux et des pompes funèbres, notamment en portant un masque dans les endroits très fréquentés.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (13 octobre 2022)
http://www.rakotoarison.eu


(Toutes les courbes proviennent de Guillaume Rozier et de son excellent site CovidTracker).


Pour aller plus loin :
Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
Covid-19 : faut-il s'inquiéter de la vague de la rentrée 2022 ?
Le covid-19 a-t-il disparu ?
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?


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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20221013-covid-fu.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-alerte-au-sous-variant-244370

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/10/13/39666888.html










 

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28 septembre 2022 3 28 /09 /septembre /2022 05:10

« La question était de savoir ce que l'époque tolérait, encourageait, et même portait aux nues. Et d'admettre qu'ils étaient inadaptés, dépassés, voire réactionnaires, ceux qui (...) ne pouvaient plus s'y mouvoir sans s'étonner ou s'indigner. » (Delphine de Vigan, 2021).


 

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Si vous avez fréquenté récemment une pharmacie ou un laboratoire d'analyses, vous avez dû vous rendre compte qu'on y pratique de plus de plus de tests antigéniques ou PCR pour savoir si on a le covid-19. En effet, depuis deux semaines, l'épidémie redémarre avec brutalité en France, également en Allemagne et en Italie. Les chiffres d'hier (27 septembre 2022) peuvent être, à cet égard, assez inquiétants puisque près de 74 000 nouveaux cas ont été recensés en France, ce qui est un bond par rapport à la semaine dernière (qui en était plutôt à 30-40 000 nouveaux cas quotidiens). La vague de la rentrée 2022 est donc bien là.

Beaucoup s'en étonnent d'ailleurs : amis, collègues, voisins, combien s'étonnent d'avoir attrapé le covid-19 maintenant alors qu'ils pensaient que tout était terminé, tout était passé ? C'est la perversion du système médiatique qui veut qu'un événement n'existe que lorsqu'il est martelé dans les informations, à la télévision et dans les médias en général, et lorsqu'on n'en parle pas ou plus, il n'existe plus.

Dans cette absence de conscience que le covid-19 n'a pas disparu, il y a bien sûr le gouvernement, dont l'agenda est suffisamment difficile pour vouloir se coltiner avec des questions covid. Pourtant, il y a toujours autour de 30 décès quotidiens pour covid en France, ce qui fait une moyenne annuelle autour de 10 000 décès par an (environ trois fois plus que la mortalité routière, si on veut donner une comparaison), alors que ce chiffre est au plus bas depuis juillet 2021 et qu'on sait qu'il repartira à la hausse dans quelques jours ou semaines avec cette nouvelle vague de la rentrée (depuis janvier 2020, 155 000 personnes sont mortes en France à cause du covid-19).

Depuis le 23 septembre 2022, il y a désormais plus d'entrées à l'hôpital pour cause covid que de sorties d'hospitalisation due au covid, de l'ordre de 400 (sorties dont 30 décès) à 550 (entrées) par jour. Le nombre d'hospitalisations repart en effet à la hausse depuis quelques jours (+7% en une semaine), tout autant que le nombre de réanimations pour cause covid (+8% en une semaine). Après avoir atteint un seuil inégalé (jamais aussi bas) depuis septembre 2020 (autour de 700), ce nombre de réanimations remonte (hier, il était à 761 personnes en réanimation).

Cette absence de prise de conscience que le danger est toujours là est étonnante, avec ce que nous avons subi ces deux dernières années. Certes, il ne s'agit plus d'imposer un confinement, ni même d'imposer un passe vaccinal. Nous sommes heureusement sortis des mesures de contrainte et psychologiquement, c'était nécessaire. On ne peut être sous contrainte que pendant une durée minimale ; sur du long terme, cela aurait été intenable. La ligne de crête est sans doute difficile à tenir, mais en France, les "gens" ne semblent osciller qu'entre contraintes extrêmes et total laisser-aller, ce qui est assez regrettable.

De la prudence, de la vigilance permettrait de gagner en vies humaines et en saturation du personnel soignant dans les hôpitaux (qui reste par ailleurs sous tension). Il ne s'agit pas de s'empêcher d'avoir une vie sociale, voir des amis, faire des sorties culturelles, mais par exemple, d'être très prudent lorsqu'on parcourt un espace très fréquenté, en particulier, un supermarché, un transport en commun, une salle d'attente d'une administration quelconque, en portant un masque. Pour tous les lieux qui l'imposent d'eux-mêmes (cabinets médicaux, pharmacies, hôpitaux, EHPAD, etc.), ces règles sont généralement observées et bien respectées, sans problème. Pourquoi ne pas en faire un peu plus dans les lieux très sociabilisés qui ne l'imposent pas ?

La chance en France, c'est l'excellent taux de vaccination de la population française. Plus de 94% des plus de 12 ans ont reçu au moins les deux premières doses et celles-ci sont les principales. Certes, il existe encore quelque retard auprès de personnes dites à risque pour la deuxième dose de rappel (quatrième dose), mais dans son ensemble, le vaccin fait son travail, efficace. Rappelons quel est-il même si cela fait quasiment deux ans que c'est répété : le vaccin contre le covid ne sert pas à empêcher d'attraper le coronavirus ni de le transmettre à d'autres. Il prévient surtout le développement de la forme sévère du covid, et cela est essentiel, essentiel pour la santé des personnes, car beaucoup en sont morts en 2020, et essentiel pour notre système de santé (pour ne pas occuper les lits alors qu'on pourrait l'éviter).

J'ai pu le constater chez des sujets faibles et très âgés, qui n'ont eu heureusement qu'un "gros rhume" comme symptômes là où on aurait pu craindre une insuffisance respiratoire critique. Parce qu'elles ont été vaccinées, les personnes contaminées s'en sortent généralement sans trop de dommages, avec une dizaine de jours de grosse fatigue, souvent un arrêt de travail (au début, elles disent qu'elles peuvent continuer à travailler et deux jours plus tard, c'est la grosse fatigue et au lit).

L'efficacité sur la durée des vaccins reste encore assez incertaine selon la situation immunitaire de chacun. Apparemment, cela reste encore efficace après un an alors que cette année, très peu de personnes ont reçu de nouvelles doses. C'est ainsi qu'il faut vivre : le coronavirus continuera à circuler en permanence, le covid zéro est impossible, et les sociétés qui ont tenté cet objectif ont eu quelques déboires ces derniers temps avec une forte vague, mais il faut rester vigilant, car le vaccin n'est pas forcément efficace sur toutes les personnes à risque.

Aujourd'hui, il y a une chance, c'est qu'il n'y a pas (encore) de nouveau variant et cela nous permet de souffler, dans le sens où cette vague va être probablement assez faible (le taux de reproduction effectif qui a atteint en quelques jours 1,4 est même en train de redescendre, mais là aussi, il faut rester prudent, il peut jouer au yoyo). C'est l'occasion aussi de vérifier qu'on est bien vacciné et qu'on protège bien ceux qui nous sont les plus chers... et aussi les autres.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (28 septembre 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : faut-il s'inquiéter de la vague de la rentrée 2022 ?
Le covid-19 a-t-il disparu ?
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220927-covid-ft.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-faut-il-s-inquieter-de-la-244049

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/09/28/39647370.html


 

 




 

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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 05:39

« Dans les grandes crises, le cœur se brise ou se bronze. » (Balzac).



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En France, on ne parle plus de la pandémie de covid-19, au moins depuis six mois, alors que cette épidémie qui sévit sur la planète entière dure depuis deux ans et demi. À cela, il y a deux explications pas forcément très honorables : la première, c’était la campagne présidentielle et législative qui a occupé l’esprit des Français pendant le premier semestre ; la seconde, c’est qu’une actualité chasse la précédente, l’Ukraine chasse le covid-19, la mort de la reine Élisabeth II chasse celle de Mikhaïl Gorbatchev, comme d’autres drames de l’actualité sont chassés par une actualité galopante qui oublie les précédentes (Yémen, Afghanistan, Birmanie, etc.).

Une troisième mauvaise raison, c’est que "les gens" ne veulent plus entendre parler du covid-19, ils en ont été abreuvés matin midi et soir pendant deux ans et ils n’en peuvent plus. Il suffit d’ailleurs de voir à quel point le tourisme a refleuri cette année 2022, dépassant largement l’année de référence 2019. On veut tourner la page, que ce soit avec ou sans pertinence. On veut reprendre la vie normale.

Et puis, on aimerait qu’il y ait une quatrième raison, celle-ci rassurante, qui voudrait ce que nous souhaitions tous depuis mars 2020 : que cette satanée pandémie soit enfin terminée.

Le 3 juin 2022, Brigitte Delaney observait sur Internet : « Après un traumatisme de masse vient l’oubli de masse. Personne ne veut plus vraiment parler du covid, même s’il a déchiré toutes les dimensions de nos vies. Mais maintenant, c’est comme si la perturbation était si grande, bizarre, terrible et abrupte, que nous ne pouvons pas l’intégrer dans nos récits présents et futurs. Nous avons donc fait un travail remarquable et largement collectif en agissant comme si la pandémie était terminée et, plus encore, en essayant d’oublier qu’elle s’est même produite. (…) Les décès liés au covid ont été annoncés chaque jour par un Premier Ministre au visage grave. Un mort était "de trop". Maintenant, les décès liés au covid sont en augmentation et personne ne cligne des yeux. (…) Pour une expérience collective à laquelle littéralement tout le monde sur Terre s’identifiera, elle constitue très peu de notre contenu culturel (…). La prise de la troisième dose du vaccin est lente et les gens tardent à se faire vacciner contre la grippe, peut-être parce qu’ils souffrent de fatigue. (…) Je suis curieux de savoir ce qu’il y a dans la psyché humaine qui rend possible une telle volte-face collective. Comment, en tant que collectif, sommes-nous passés de la peur à l’abandon si très, très rapidement, et ce, à une si grande échelle. (…) Ce que nous vivons en ce moment, c’est la mort sociale de la pandémie, fascinante à observer d’un point de vue sociologique (ou horrifiante, si vous êtes vulnérable ou immunodéprimé). (…) Une époque s’est terminée, et peut-être qu’un jour, nous nous demanderons si cela s’est même produit. ».

Cette réflexion illustre ce qui est en train de se passer, le déni de réalité durable. Son auteure note d’ailleurs que les éditeurs en ont soupé des romans qui parlent du covid ou du confinement, et les fictions filmées rejettent catégoriquement tout ce qui pourrait faire penser au covid (pas de masque, pas de passe sanitaire, pas de confinement). Cependant, il y a quand même des signes encourageants.

Alors, où en est-elle au 9 septembre 2022 ? La bonne nouvelle est que l’épidémie est toujours en baisse en France. Cette baisse a commencé il y a près de deux mois et elle se poursuit malgré la fin des vacances scolaires et la rentrée. Il y a eu une inquiétude avec le taux de reproduction effectif qui est remonté très vite de 0,67 à 0,90 il y a trois semaines, mais depuis une dizaine de jours, ce taux n’a pas dépassé le seuil de 1 et est resté en plateau, stable, autour de 0,90. Cela signifie que la vague d’automne n’est pas encore dans les radars. Pour l’instant, le niveau épidémique (taux d’incidence) est de l’ordre de 160 nouveaux cas par 100 000 habitants en une semaine, soit environ 20 000 nouveaux cas par jour. Quasiment tous les voyants sont au vert.

Le nombre de personnes en réanimation pour cause de covid-19 était le 9 septembre 2022 de 742, toujours en décroissance (le seuil de 800 a été dépassé il y a quelques jours), et il n’a jamais été aussi bas depuis plus d’un an, depuis juillet 2021. Le nombre de décès quotidien est lui aussi en baisse, avec environ 40 décès par jour. Le niveau est néanmoins plus élevé qu’en octobre 2021, on se retrouve plutôt au niveau d’avant cette dernière vague, celui du mois de juin 2022. Le taux d’admission aux urgences pour covid-19 a aussi chuté à 0,6%, il était de 2,8% le 19 juillet 2022. Le seul élément moins encourageant est le fort niveau de lits en hospitalisation conventionnelle occupés pour le covid-19 : il était de 13 286 au 9 septembre 2022 et s’il baisse, il n’a jamais retrouvé, depuis novembre 2021, le faible niveau de l’été et automne 2021. Le variant omicron nécessite moins de soins critiques et entraîne moins de décès mais mobilise encore l’hôpital de manière permanente et massive.

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Depuis la seconde quinzaine de mois d’août 2022, il y a une remontée du taux de reproduction, mais, bonne surprise, cette remontée, comme écrit plus haut, s’est arrêtée pour rester stable en dessous de 1. En clair, si on personnifiait l’épidémie, on dirait que l’épidémie hésite à reprendre de la vigueur avec une nouvelle vague ou à s’éteindre dans la vague actuelle. La courbe n’est pas vraiment prédictive, du moins sur du moyen terme. Elle l’est sur le court terme qui laisse entendre un automne relativement apaisé par rapport aux précédents automnes de covid-19. Actuellement, il y a moins de 350 000 personnes qui sont atteints par le covid-19, ce qui, depuis les vagues omicron, est exceptionnellement bas. Cependant, ce virus a déjà joué suffisamment de tours pendables pour rester très méfiant et vigilant.

Sur le plan international, l’épidémie a repris beaucoup de force surtout dans des pays asiatiques qui avaient été peu touchés jusqu’alors en raison de leur comportement très protecteur : le Japon (près de 2 000 décès les sept derniers jours), la Corée du Sud, Taiwan, Hongkong ont des niveaux épidémiques très élevés. En Europe, le Royaume-Uni, qui a subi de beaucoup plus fortes pertes humaines que la France, est quasiment sans nouveaux cas depuis plusieurs semaines.

Le cas de l’Allemagne est assez instructif. On a souvent glorifié ce pays car il avait eu beaucoup moins de victimes que les autres pays européens (France, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, etc.). Certes, pendant la première vague au printemps 2020, l’Allemagne n’a été pratiquement pas touchée, et en tout cas, pas du côté de Berlin, parmi les rares grandes métropoles européennes qui ont été épargnées par la première vague (seule, la proximité de la frontière alsacienne fut touchée, car l’Alsace a été parmi les premiers foyers du covid-19). Ainsi, il y a eu un écart de 20 000 décès entre la France et l’Allemagne vers l’été 2020. Mais en automne 2020, l’Allemagne, comme tout l’Est de l’Europe, Russie comprise, a été énormément touchée par la seconde vague, entraîne des dizaines de milliers de décès. L’Allemagne s’est "normalisée" dans le sens où elle n’a pas été plus protégée ou elle n’a pas mieux géré l’épidémie mieux qu’un autre pays.

Aujourd’hui, depuis quatre mois, l’Allemagne a du mal à réduire l’épidémie car la dernière vague est repartie avant que la précédente n’ait eu le temps de diminuer. Cela a abouti à un nombre de décès quotidiens nettement supérieur à celui en France (le double en ce moment). Si bien que l’écart du nombre de victimes entre la France et l’Allemagne se réduit aujourd’hui à environ 6 000, et semble encore se réduire dans les semaines à venir (148 217 décès pour l’Allemagne et 154 468 pour la France, à comparer aux 189 026 décès pour le Royaume-Uni et aux 176 157 pour l’Italie, au 9 septembre 2022).

Bien sûr, l’Allemagne est un pays beaucoup plus peuplé que la France (85 millions d’habitants en Allemagne, 67 millions en France), ce qui fait que la densité de décès (nombre de décès par habitant) est plus faible en Allemagne qu’en France. Mais je conteste la pertinence de ce critère (nombre de décès par habitant) car s’il est exact que dans une grande métropole où la population est à forte densité, le risque de contamination est beaucoup plus grand, il y a d’autres critères non démographiques. Il faudrait plutôt prendre la comparaison des feux de forêt. Il ne viendrait à l’esprit de personne de comparer la situation de différents pays en prenant comme critère le nombre d’hectares de forêt brûlés par habitant. L’extension de l’épidémie obéit aussi à une loi géographique de proximité. Un petit pays peut être gravement atteint démographiquement parce que tout son territoire est touché par l’épidémie (c’est d’ailleurs le cas de tous les pays d’Europe centrale et orientale).

Le bilan global de la pandémie depuis janvier 2020 est monstrueux car il a dépassé le seuil de 6,5 millions de décès il y a quelques jours, avec un rythme encore supérieur à 10 000 décès par semaine, ce qui reste préoccupant même s’il est maintenant bien plus bas qu’aux pires moments de l’épidémie (plus de 10 000 décès par jour). Et au-delà des décès, il y a les près de 600 millions de personnes qui ont été infectées par le coronavirus dans le monde, du moins ceux qui ont été testés positifs, dont des centaines de milliers vivent avec des troubles plus ou moins grave de ce qu’on appelle le covid long.

Ce qui semble se dessiner et qui pouvait être prévu par les spécialistes dès le début de cette pandémie, c’est que le covid-19 se fonde enfin parmi les maladies infectieuses ordinaires, qui font, elles aussi, leur lot de victimes, et les gouvernements devront continuer à mener des campagnes efficace pour inciter la population à se faire vacciner afin d’en réduire le nombre de victimes.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (09 septembre 2022)
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Pour aller plus loin :
Le covid-19 a-t-il disparu ?
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

_yartiCovidDU04



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20 juillet 2022 3 20 /07 /juillet /2022 05:52

« On doit vivre avec ces résurgences du virus, d’autres vagues vont probablement revenir. » (Dr. François Braun, le 20 juillet 2022).



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Il y a une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle sur le front de la pandémie de covid-19, trente mois exactement après son début médiatique (l’épidémie a probablement dû commencer bien avant, en décembre 2019 ou encore avant).

La bonne nouvelle, c’est que nous avons atteint depuis quelques jours le pic de l’actuelle vague qui a commencé à la fin du mois de mai 2022, celle du sous-variant BA.5 du variant omicron. En effet, le taux d’admission aux urgences pour covid-19 est en train de baisser, avec 2,8% le 19 juillet 2022. Au pire moment de la crise, le 28 mars 2020, ce taux était de 21,0% (soit 25 4421 admissions aux urgences). C’est rassurant pour l’été, surtout avec cette canicule qui heureusement s’achève, où les services des urgences sont régulièrement saturés hors covid-19 (vacances des soignants, accidents des estivants, etc.). La baisse s’observe aussi pour les actes de SOS Médecin pour covid-19, comme le montrent les courbes réalisées par Guillaume Rozier pour son excellent site CovidTracker.

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Le nouveau Ministre de la Santé et de la Prévention François Braun devrait d’ailleurs s’en réjouir, car il était lui-même, encore juste avant sa nomination au gouvernement le 4 juillet 2022, le chef du service des urgences de l’hôpital de Mercy, l’antenne de Metz du CHR de Metz-Thionville (depuis 2010). La Lorraine était une région durement touchée par la première vague. Urgentiste dès 1984 au CHU de Nancy, le docteur François Braun a fait partie de ces médecins urgentistes qui ont contribué à faire des urgences une spécialité médicale à part entière.

L’évolution de la vague actuelle a donc de quoi rassurer même si elle était prévisible, puisque dès le milieu du mois de juin 2022, certains spécialistes évoquaient la seconde quinzaine de juillet 2022 pour envisager la décrue de cette vague.

Plus important d’un point de vue épidémiologique, le nombre de nouveaux cas chaque jour est également en décrue depuis quelques jours. En moyenne sur les sept derniers jours, on est repassé en dessous du seuil de 100 000 nouveaux cas le 16 juillet 2022 (95 413). La décrue semble être aussi rapide que la montée en juin, ce qui correspond à une cinétique ordinaire pour une épidémie, même si on n’est jamais à l’abri de quelques surprises avec ce virus qui n’a jamais cessé de surprendre les spécialistes depuis deux ans et demie.

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Rassurant aussi le taux de positivité des tests qui redescend en dessous de la barre de 30% (sur 303 155 tests réalisés chaque jour, 95 413 ont été positifs). Le plus rassurant est l’évolution du taux de reproduction effectif, selon différents calculs. La méthode de calcul de Guillaume Rozier prend en compte la différence entre les suspicions de covid-19 aux urgences à sept jours d’intervalle et la moyenne avec les tests PCR positifs, cela a donné 1,06 au 19 juillet 2022 (on est monté jusqu’à 1,60 pour cette vague), ce qui montre une chute vertigineuse, avec une pente similaire à la montée préalable (pour que l’épidémie régresse, il faut un taux de reproduction inférieur à 1, mais celui, par son calcul, est toujours donné a posteriori ; seule, son évolution est prédictive). Quant à Santé Publique France, son taux de reproduction effectif est à 0,83 au 16 juillet 2022.

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La mauvaise nouvelle, c’est que cette vague a fait des victimes et va continuer à en faire. Beaucoup moins que dans les précédentes vagues d’avant 2022, grâce à la protection du vaccin, mais elle en a fait de façon non négligeable malgré tout. Certes, le nombre des admissions à l’hôpital et celui des admissions en réanimation ont subi une forte hausse, mais dans des conditions acceptables pour le système de santé. Jamais les services de réanimation n’ont été en risque de saturation à cause du covid-19 pendant cette dernière vague. En revanche, malgré ces soins, il y a eu une nette augmentation, également, du nombre de décès quotidiens.

Effectivement, cette dernière semaine, on compte hélas une moyenne de 93 décès quotidiens, ce qui fait plus que le nombre de victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, et cela tous les jours ! Ce n’est plus un crash quotidien d’un Airbus, mais cela reste encore énorme. Ce nombre de décès est encore en pleine hausse, +33% par rapport à il y a sept jours, ce qui est normal compte tenu de la cinétique (la courbe des décès est en "retard" de plusieurs semaines par rapport à la courbe des nouveaux cas).

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Il faut donc insister sur cette courbe : même si quasiment toutes les contraintes sanitaires ont été levées (port du masque, passe vaccinal, etc.) et qu’on en parle beaucoup moins dans les médias, cette maladie est toujours présente, durablement présente, et n’est pas anodine, elle tue encore considérablement.

Du reste, François Braun l’a rappelé, le fait que la courbe des nouveaux cas s’effondre ne signifie pas que la vague est terminée. Cela signifie au contraire qu’on n’en est qu’à sa moitié, et qu’il y aura autant de malades et de victimes, de décès, dans l’autre moitié, dans la période où le nombre de nouveaux cas s’effondre, espérant qu’il s’effondre sans remonter par la suite. Après tout, les 100 000 nouveaux cas quotidiens restent un nombre très élevé et le virus continue encore à beaucoup circuler même s’il tend à circuler moins fortement.

Ce constat impose donc que l’extrême vigilance reste de mise, que certains heureusement continuent à adopter (masque et gel dans les endroits très fréquentés et confinés comme les hypermarchés, les transports en commun, les salles culturelles, etc.), mais aussi, car il faut insister aussi sur ce point-là, continuer, pour les personnes dits à risques (à savoir immunodéprimées ou âgées de 60 ans et plus), à être à jour de rappel du vaccin (en principe, une dose tous les six mois).

Car c’est aussi l’une des leçons de ces dernières vagues par rapport à celles d’avant l’été 2021 : ces vagues sont beaucoup moins mortelles, heureusement, pour deux raisons, la première est la baisse de la virulence d’omicron (qui s’est accompagnée d’une forte augmentation de sa contagiosité), et la seconde, importante, est l’effet de la vaccination.

Même si le vaccin réduit très partiellement le fait d’attraper la maladie (au contraire des vaccins "classiques" d’avant-covid-19), l’intérêt du vaccin réside avant tout dans le fait d’éviter de développer la forme sévère du covid-19, celle qui peut conduire aux soins intensifs voire au cimetière. Le covid-19 deviendra une maladie dont on ne se souciera plus, du moins pour la santé publique, que lorsque toutes les personnes à risques auront été vaccinées et à jour de rappel. Ce qui, malheureusement, n’est pas encore le cas. Les deux premières doses ont été reçues de manière quasi-générale (93,0% des personnes âgées de 12 ans et plus), mais c’est seulement les deux tiers pour la dose de rappel, c’est-à-dire la troisième dose (64,4% des personnes âgées de 12 ans et plus).

Il y a eu un début de prise de conscience pour faire la deuxième dose de rappel (c’est-à-dire la quatrième dose) au milieu du mois de juin 2022 avec le début de la vague en cours (chez les personnes à risques car ce deuxième rappel leur est réservé), mais cela s’est estompé avec le début des départs en vacances.

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Invité de la matinale de ce mercredi 20 juillet 2022 sur LCI, le Ministre de la Santé et de la Prévention François Braun a donc souhaité délivrer un message de prudence. Il est sûr que cette vague ne sera pas la dernière vague, chaque fois qu’on a imaginé cela, on s’est trompé. Il faudra donc toujours faire attention, mais tout en continuant à vivre malgré tout, à voir sa famille, ses grands-parents, ses amis.

Par son caractère mondial, cette saloperie ne cessera d’engendrer encore et encore des variants ou sous-variants toujours plus contaminants. Heureusement, on a aujourd’hui une parade, elle est quasi-miraculeuse si l’on considère le temps très court qu’il a fallu pour la confectionner. Cette parade, c’est le vaccin. Qui nous protège pour la plupart. Il n’est donc pas interdit de se mettre à jour de protection. C’est la collectivité qui en bénéficiera autant que soi-même.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 juillet 2022)
http://www.rakotoarison.eu


(Toutes les courbes proviennent de Guillaume Rozier et de son excellent site CovidTracker).


Pour aller plus loin :
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
François Braun.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
"The Covid Resilience Ranking : The Best and Worst Places to Be as Covid Travel Curbs Fall Away", 30 mars 2022, Bloomberg.
Paul Krugman, "France’s Economy Is Having a Good Pandemic", 14 janvier 2022 dans "The New York Times".
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?
Luc Montagnier.
La Science, la Recherche et le Doute.
Omicron tue encore !
Faut-il faire payer les soins covid aux personnes non-vaccinées ?
Martin Hirsch.
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220720-covid-fr.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-une-bonne-nouvelle-et-une-242837

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/07/20/39564940.html









 

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9 juillet 2022 6 09 /07 /juillet /2022 05:25

« La situation sanitaire actuelle, si elle est marquée par une reprise épidémique importante à l’échelle européenne sous l’effet de la diffusion du sous-variant BA.5 d’omicron, permet d’exclure le recours aux dispositions exclusivement permises par le cadre de l’état d’urgence sanitaire, de même que la mobilisation des mesures les plus contraignantes dans la vie quotidienne de nos concitoyens. » (Projet de loi présenté au conseil des ministres du 4 juillet 2022).



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Un triste seuil a été franchi en France pour l’épidémie de covid-19 : il y a eu plus de 150 000 personnes qui sont décédées à cause du covid-19 depuis le début de l’épidémie, il y a deux ans et demi. Ce vendredi 8 juillet 2022, effectivement, selon les statistiques officielles, 150 017 décès dus au covid-19 ont été enregistrés, 74 de plus que la veille. C’est énorme : cela correspond à une mortalité équivalente à une quarantaine d’années de mortalité routière actuelle. Dans le monde, le covid-19 a déjà entraîné près de 6,4 millions de décès répertoriés, il est probable que ce soit bien plus.

Et ce n’est pas terminé, hélas. En France, plus de 400 personnes meurent encore du covid-19 chaque semaine. Ce nombre est d’ailleurs en train de croître, j’y reviens plus loin. Depuis le début de la campagne présidentielle, on fait comme s’il n’y avait plus d’épidémie. Les élections, mais aussi la guerre en Ukraine, sont des sujets qui ont monopolisé tout le printemps 2022, certes avec raison, car ces sujets sont essentiels. Mais cela ne doit pas faire oublier qu’il faut garder la vigilance. Le covid-19 n’est pas une maladie anodine et peut entraîner des complications traumatisantes, une hospitalisation, etc.

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Le seuil des 100 000 décès avait été atteint le 15 avril 2021 après quinze mois d’épidémie. Quinze mois plus tard, le seuil des 150 000. Cela fait beaucoup mais c’est deux fois plus faible que précédemment, alors que le virus n’avait pas baissé en intensité avant le variant omicron (en janvier 2022). La seule différence, c’est qu’entre-temps, la population française s’est massivement vaccinée. Du reste, ces dernières semaines, il y a une nette recrudescence des rappels du vaccin contre le covid-19.

L’épidémie n’est pas finie et depuis la fin du mois de mai 2022, elle a repris, et s’est accélérée ces deux dernières semaines. Il s’agit d’une vague du sous-variant BA.5. Les médias parlent d’une "septième vague" mais dans mon décompte, ce serait plutôt la "neuvième vague", la troisième depuis le nouvel an. Comme d’habitude, elle a commencé très progressivement mais à partir de la deuxième quinzaine de juin 2022, le nombre de nouveaux cas s’est envolé, comme on peut le voir dans les courbes réalisées par Guillaume Rozier sur son site Covidtracker (qui reprend les données de Santé Publique France).

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Encore plus contaminante qu’avec les précédents sous-variants d’omicron, la vague BA.5 a déjà dépassé la vague de mars-avril 2022 et se rapproche de celle de janvier-février 2022. La différence, c’est le comportement social et les contraintes sanitaires : le port du masque n’est pas obligatoire et il ne s’agirait plus de le rendre de nouveau obligatoire, il n’est que recommandé dans les lieux sociaux confinés comme les transports en commun. Le problème, c’est que peu de personnes le portent actuellement, même si cette proportion a augmenté depuis deux semaines.

Comme surtout l’Allemagne et l’Italie, la France subit de plein fouet cette vague avec environ 100 000 à 200 000 nouveaux cas par jour. Il faut insister pour dire que les personnes fragiles, immunodéprimées ou âgées, ont de réels risques d’avoir des complications s’ils sont atteints du coronavirus et la seule parade reste la vaccination à jour de rappels (tous les six mois). Le deuxième rappel est réservé aux personnes de 60 ans et plus.

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La situation à l’hôpital reste encore sous contrôle même si les urgences sont proches de la saturation. Alors que le nombre de personnes hospitalisées pour covid-19 était descendu à 11 000, il est aujourd’hui (8 juillet) à 17 944 et est en forte augmentation. Plus de 1 300 personnes sont admises chaque jour à l’hôpital pour covid-19. On le voit ci-dessous, le nombre d’entrée à l’hôpital a repris le dessus sur le nombre de sorties.

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En revanche, même si elle suit de loin la courbe des hospitalisations, le nombre de personnes en soins critiques reste encore très largement en dessous du seuil de saturation. Il était descendu à 800 et est remonté au-dessus de 1 000 (1 027 au 8 juillet 2022). Malgré une légère inflexion, la situation dans les services de réanimation bénéficie d’une moins forte virulence du variant omicron et d’une population massivement protégée.

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Le dernier indicateur est le nombre de décès quotidiens. Après avoir été stabilisé à environ 30 par jour, il est remonté à la hausse il y a quelques jours, autour de 60 à 70 par jour, en raison de la forte circulation du virus. On ne réussira pas à me convaincre que ce niveau de décès est satisfaisant, admissible, supportable. Certes, il est nettement plus faible qu’en 2020 et 2021 grâce à la vaccination massive, qui montre sa grande réussite, mais le niveau demeure encore beaucoup trop élevé. Le relâchement généralisé en mai 2022, qui était nécessaire tant socialement que pour le moral après deux ans de contrainte, était justifié car la circulation du virus était faible. Avec sa remontée très forte, les gestes barrières doivent absolument être repris par toute la population.

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La vague n’en est pas encore à son maximum, tandis que les vacances scolaires commencent. L’avantage est que les écoles sont désormais fermées depuis le 7 juillet 2022, sources récurrentes de contaminations. L’inconvénient, c’est que les touristes sont attendus en France bien plus nombreux que la dernière année comparable, à savoir 2019.

La seule source qui vise à rassurer, c’est l’observation du taux de reproduction effectif. Après être monté très haut, autour de 1,50,  il semble se stabiliser depuis quelques jours en dessous d’un plafond et sa redescente semble pour bientôt. Cette valeur détermine la dérivée seconde du nombre de cas, c’est-à-dire la pente de la pente. Il faut que ce taux soit inférieur à 1 pour connaître une baisse des contaminations quotidiennes. On en est encore loin, mais on peut imaginer que ce sera le cas dans deux ou trois semaines (vers fin juillet 2022), ce qui signifiera alors qu’on sera à peine à la fin de la vague, dans le meilleur des cas, à la rentrée scolaire.

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La rentrée de septembre 2022 sera alors une période cruciale, de retour de vacances, réouverture des écoles et, je l’espère, de décrue épidémique. Il s’agira alors de bien vérifier son niveau de protection vaccinale pour résister à la vague d’automne qui existera nécessairement comme ce fut le cas en 2020 et 2021.

On pourrait croire à un remake du "Jour sans fin", qui serait alors "l’épidémie sans fin". Mais chaque nouvelle année, la population est progressivement plus résistante au virus que l’année précédente. Au moins la moitié de la population a déjà connu le virus d’une manière ou d’une autre. Les quatre cinquièmes de la population sont déjà vaccinés. À chaque nouvelle vague, de nouvelles immunisations se font dans la population, même si tout n’est pas compris comme le fait que certaines personnes puissent avoir été atteintes trois fois par le covid-19 en deux ans et demi (et d’autres, étrangement, passent toujours entre les gouttes malgré un environnement proche contaminé).

Premier texte de la législature, le projet de loi relatif au maintien provisoire d’un dispositif de veille et de sécurité sanitaire en matière de lutte contre le covid-19, présenté au conseil des ministres du 4 juillet 2022, ne prévoie de remettre aucune contrainte sanitaire malgré cette flambée épidémique : « S’il n’apparaît donc pas nécessaire de proroger le cadre de l’état d’urgence sanitaire ni le régime dit de sortie de crise sanitaire, le maintien d’un dispositif de veille et de sécurité sanitaire s’impose pour les prochains mois et jusqu’à la fin de la prochaine période hivernale afin de suivre l’évolution de l’épidémie et d’être en mesure d’émettre des recommandations ainsi que de prendre les autres mesures nécessaires et proportionnées qu’elle pourrait exiger. ». Cette veille jusqu’au 31 mars 2023 apparaît selon le comité scientifique comme « une normalisation annoncée mais prudente ».

La seule contrainte prolongée jusqu’au 31 mars 2023 sera (si le texte est adopté) « la possibilité de demander certains justificatifs (preuve de vaccination ou test négatif au covid) aux personnes de plus de 12 ans souhaitant se déplacer à destination ou en provenance du territoire hexagonal, de la Corse ou de l’une des collectivités d’outre-mer, ainsi qu’aux personnes intervenant dans les services de transport concernés ». Cette mesure, qui est une mesure décidée à l’échelle européenne, est toutefois sans efficacité pour faire barrage au virus : en effet, actuellement, le virus circule beaucoup plus à l’intérieur de nos frontière qu’à l’extérieur, et faire barrage aux entrées du territoire paraît bien dérisoire si ce territoire est beaucoup plus atteint par l’épidémie qu’en dehors.

Et il faudra continuer à faire inlassablement la promotion de la vaccination contre le covid-19, seule réelle parade actuelle contre cette saloperie qui tue encore beaucoup trop de personnes.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 juillet 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
"The Covid Resilience Ranking : The Best and Worst Places to Be as Covid Travel Curbs Fall Away", 30 mars 2022, Bloomberg.
Paul Krugman, "France’s Economy Is Having a Good Pandemic", 14 janvier 2022 dans "The New York Times".
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?
Luc Montagnier.
La Science, la Recherche et le Doute.
Omicron tue encore !
Faut-il faire payer les soins covid aux personnes non-vaccinées ?
Martin Hirsch.
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220708-covid-fq.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-150-000-deces-en-france-242658

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/06/24/39531756.html








 

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