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22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 03:22

« On ne le dira jamais assez, la vaccination a changé la donne. Et nous devons poursuivre nos efforts, en dépit des résultats qui nous placent, grâce à une mobilisation exceptionnelle que l’histoire retiendra, parmi les nations les mieux vaccinées et donc les plus protégées au monde. » (Jean Castex, le 20 janvier 2022).




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Comme pour le passe sanitaire en mai 2021, l’adoption du passe vaccinal a été assez laborieuse au Parlement ces deux dernières semaines, preuve que l’esprit démocratique reste vif au sein des parlementaires pour ce treizième débat sur la gestion de la crise sanitaire depuis le début de la pandémie de covid-19.

Par sa décision n°2022-835 DC du 21 janvier 2022, le Conseil Constitutionnel vient de valider ce vendredi 21 janvier 2022 quasiment l’ensemble des dispositions retenues par le texte adopté définitivement le 16 janvier 2022 par les députés. "Quasiment" puisqu’il y a une disposition qu’il considère non-conforme à la Constitution, une disposition provenant d’un amendement de l’opposition accepté par la majorité dans le texte gouvernemental.

Reprenant le préambule de la Constitution de la Quatrième République, qui fait partie du "bloc de constitutionnalité" de la Cinquième République, les Sages se basent avant tout sur la garantie à tous de la protection de la santé : « Il découle un objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé. Il appartient au législateur d’assurer la conciliation entre cet objectif de valeur constitutionnelle et le respect des droits et libertés constitutionnellement garantis. Parmi ces droits figurent la liberté d’aller et de venir, composante de la liberté personnelle protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration de l’homme et du citoyen de 1789, le droit au respect de la vie privée garanti par cet article 2, ainsi que le droit d’expression collective des idées et des opinions résultant de l’article 11 de cette déclaration. ».

Le Conseil Constitutionnel admet donc qu’effectivement, certaines dispositions contestées par les parlementaires qui l’ont saisi portent effectivement atteinte à ces droits et libertés, mais convient que le législateur « a entendu permettre aux pouvoirs publics des mesures visant à lutter contre l’épidémie de covid-19 par le recours à la vaccination. Il a ainsi poursuivi l’objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé. ».

C’est très important d’insister sur ce fait : nous sommes dans la gestion d’une crise sanitaire, pas dans une promenade en forêt. Il y a urgence à renforcer le taux de vaccination du pays pour limiter les dégâts humains (décès, traumatismes après séjour en réanimation ou covid long) sur des centaines de milliers de Français. Du reste, si le gouvernement n’avait pas pris comme priorité cette protection de la santé à tous les Français, il aurait été, avec raison, fortement critiqué par ceux qui se soucient de la santé et de la vie des Français.

Le Conseil Constitutionnel rappelle que, selon les avis du comité de scientifiques du 24 décembre 2021 et du 13 janvier 2022, « les personnes vaccinées présentent des risques de transmission du virus de la covid-19 et de développement d’une forme grave de la maladie bien plus faible que les personnes non-vaccinées » (voir plus loin).

Il insiste par ailleurs « qu’il ne lui appartient pas de remettre en cause l’appréciation par le législateur de ce risque [de propagation de l’épidémie] ni de rechercher si l’objectif de protection de la santé aurait pu être atteint par d’autres voies ». Il souligne également que ces dispositions provisoires (limitées dans le temps, jusqu’au 31 juillet 2022) « doivent être strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu. Il y est mis fin sans délai lorsqu’elles ne sont plus nécessaires. ». Mais cette considération est très subjective et aucun scientifique ne serait capable de dire à partir de quels seuils du taux d’incidence, du taux de vaccination du taux de positivité des tests ou du taux de saturation des lits de réanimation ces dispositions seraient nécessaires ou superflues.

Le Conseil Constitutionnel émet la réserve que « ces dispositions ne sauraient être regardées, eu égard à la nature des lieux et des activités qui y sont exercées, comme instaurant une obligation de vaccination ».

En particulier, le Conseil Constitutionnel invalide la disposition permettant aux organisateurs d’une réunion politique d’en subordonner l’accès à la présentation d’un passe vaccinal. Il rappelle en effet l’article 11 de la Déclaration de 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. ». Il en déduit que « le droit d’expression collective des idées et des opinions est d’autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés ».

Ainsi, il considère que l’obligation de passe vaccinal pour l’accès aux réunions politiques n’est pas conforme à la Constitution : « Les dispositions contestées n’opèrent pas une conciliation équilibrée entre les exigences constitutionnelles précitées. Il les déclare contraires à la Constitution. Il demeure loisible aux responsables des réunions politiques de prendre toutes mesures de précaution sanitaire utiles, telles que la limitation du nombre de participants, la distribution de masques ou l’aération des salles. ».

À ceux qui s’étonnent que le virus ne se propagerait pas dans les salles de meeting politique mais dans les cinémas, les théâtres ou les gymnases, il faut leur dire qu’il ne s’agit pas là du virus mais toujours de deux exigences à valeur constitutionnelle antagonistes, la protection de la santé versus les libertés, or, la liberté de réunion politique est constitutionnellement considérée ici comme plus importante que la protection de la santé (« un des droits les plus précieux »).

Alors que la liberté d’aller au cinéma ou dans d’autres lieux culturels et sociaux est de même importance que la protection de la santé et ce n’est donc pas au Conseil Constitutionnel de dire si l’équilibre des exigences est fait correctement ou pas par le Parlement. Cela peut, certes, amener certains artistes à vouloir faire de la politique rien que pour pouvoir réunir les foules sans l’obligation du passe vaccinal. Mais l’application de la loi sera toujours faite selon la bonne ou la mauvaise foi des personnes et si la mauvaise foi est observée, on pourra dire qu’il y a eu volonté de contourner l’esprit de la loi (juridiquement, la possibilité alors d’une sanction pourra être discutée devant un juge qui, seul, est chargé d’interpréter la loi).

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Le Premier Ministre Jean Castex a précisé lors de sa conférence de presse du 20 janvier 2022 que le passe vaccinal entrera en application le lundi 24 janvier 2022. L’objectif du gouvernement avait été le 15 janvier 2022, la démocratie a fait perdre neuf jours, et personne ne pourra dire combien de vies humaines aura coûté ce devoir de démocratie.

La disposition principale est donc la transformation du passe sanitaire en passe vaccinal pour les personnes âgées de 16 ans et plus, l’application du passe sanitaire restant applicable pour les adolescents entre 12 ans et 16 ans. Cela signifie qu’il faudra présenter une preuve de vaccination anti-covid-19 au parcours achevé, à savoir, dans le cas ordinaire, trois doses : un deuxième dose trois semaine après la deuxième dose, et une troisième dose entre quatre et sept mois après la deuxième dose.

Le Premier Ministre veut amplifier le mouvement de primovaccinations en "soldant" le passe vaccinal pendant ses trois premières semaines d’application : « Je vous annonce que nous allons permettre à celles et ceux qui feront leur première dose d’ici [au] 15 février de bénéficier d’un passe vaccinal valide, à deux conditions : bien faire leur deuxième dose un mois plus tard et, dans l’intervalle, justifier également d’un test négatif de moins de 24 heures. ». C’est aussi une réponse à l’une des réserves du Conseil Constitutionnel.

De plus, ce qui a été souligné dans la décision du Conseil Constitutionnel, la loi garde la possibilité, en cas de « motif impérieux d’ordre familial ou de santé » de prendre un train (par exemple) sans exiger aucun document sanitaire, si ce n’est un dépistage négatif.

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Je me permet maintenant un petit commentaire autour de la question : l’application du passe vaccinal est-elle arrivée trop vu la situation épidémique ?

À cette question, on entend dans les médias des étranges réponses. Le calendrier de la fin des restrictions sanitaires présenté par Jean Castex et Olivier Véran le 20 janvier 2022 est lui-même étrange : d’une part, on ne peut pas dire qu’il y avait beaucoup de restrictions (au contraire de nos voisins néerlandais, allemands, autrichiens, etc.), à part le passe sanitaire ; d’autre part, ce calendrier qui donne une visibilité d’un mois (2 février 2022 : fin de l’obligation du télétravail qui passe à une recommandation, c’est sans doute la mesure la plus importante ; 16 février 2022, fin des autres restrictions) semble inadapté dans la mesure où il n’est pas conditionné à un seuil de taux d’incidence ou d’occupation des lits de réanimation. Ce calendrier est donc uniquement politique, et on pouvait presque entendre des journalistes dire : le gouvernement décide de ranger dans un tiroir le virus pour pouvoir enfin commencer la campagne électorale ! Comme s’il était le maître des horloges virales !

Dans sa conférence de presse, en tout cas, Jean Castex n’a rien dit de tel, il est resté prudent avec un œil ouvert sur l’optimisme : « Cette vague exceptionnelle n’est pas terminée. Mais je crois pouvoir vous dire que la situation commence à évoluer plus favorablement. ».

La première tentative de réponse à la question sur l’utilité du passe vaccinal n’est pas spéculative mais factuelle : l’annonce du passe vaccinal a été faite le 17 décembre 2021 au soir, à l’issue d’un conseil de défense sanitaire. Elle a provoqué un sursaut de la primovaccination. Entre le 17 décembre 2021 et le 21 janvier 2022, soit à peu près un mois, il y a eu plus de 1,3 million de primovaccinations supplémentaires, ce qui est considérable. Rien que cet effet montre que le passe vaccinal a déjà été utile dans l’incitation à la vaccination.

Mais ce n’est pas suffisant pour parler de l’avenir proche, or, la situation épidémique est loin d’être rassurante même si elle est contrastée.

En ce moment, on a le taux d’incidence le plus fort jamais enregistré depuis le début de la crise sanitaire et cela va continuer encore à monter ces prochaines jours : 3 600 nouveaux cas par 100 000 habitants pour une semaine, avec 323 000 nouveaux cas par jour, en moyenne sur une semaine le 18 janvier 2022, en augmentation de 19%. Les hospitalisations conventionnelles ne cessent pas de monter avec 28 500 patients le 21 janvier 2022, en augmentation de 16% en une semaine. Les décès à l’hôpital aussi sont encore en augmentation, 221 décès par jour, en moyenne sur une semaine, le 21 janvier 2022, une augmentation de 7% en une semaine. Le taux de positivité des tests est énorme, de 28% au 18 janvier 2022. Il faut savoir que le changement du protocole sanitaire dans les écoles a concrètement réduit les tests sur les enfants asymptomatiques. Ce taux pourrait continuer à grimper dans les prochains alors que le taux d’incidence baisserait, car l’application du taux vaccinal rendra inutile le test négatif pour le passe sanitaire.

Seuls, trois (ou quatre) éléments peuvent donner de l’espoir : la meilleure nouvelle, c’est la baisse des admissions en réanimation qui est désormais confirmée depuis quatre ou cinq jours, elle est lente mais semble validée. Cela va avec la quasi-disparition du variant delta dans les nouvelles contaminations (un rapport 3%-97%). Or, le variant omicron semble beaucoup moins grave pour les personnes vaccinées (il y a cependant environ 20% des personnes en réanimation du fait du variant omicron). Le troisième élément est le taux de reproduction effectif qui semble toujours décroître et se rapproche de 1 (en dessous duquel l’épidémie sera en "décrue"). Je rajoute aussi un quatrième élément : la décrue d’omicron est réelle en Île-de-France qui a été "attaquée" parmi les premières régions, ce qui laisse dire que les autres régions, plus tardives, vont elles aussi suivre. Au Royaume-Uni, la région de Londres avait aussi une dizaine de jours d’avance sur le reste du pays.

Une chose est pourtant difficilement explicable, la reprise de l’épidémie depuis environ quatre jours. Initialement, le sommet du "pic" aurait dû avoir lieu vers le 15 janvier 2022 et effectivement, il y a eu un petit plateau puis c’est remonté à la hausse de manière soudaine. L’une des explications, c’est le changement du protocole à l’école, moins rigoureux, ce qui aurait pu faire rebondir les contaminations.

Mais il y a une autre possibilité mise en avant par des épidémiologistes depuis le 19 janvier 2022, celle de l’apparition d’un nouveau variant, un sous-variant d’omicron appelé BA2 (l’omicron s’était appelé BA1). En effet, on l’observe au Danemark, champion du séquençage, qui voyait l’épidémie décroître puis, en une semaine, le taux d’incidence est remonté de 47% : la décrue venait du variant omicron, mais une autre vague est arrivée parallèlement avec le sous-variant BA2. Ce sous-variant semble avoir commencé à coloniser l’Afrique du Sud, l’Australie, les États-Unis, et d’autres pays. En France, c’est difficile à dire mais cette explication aurait le mérite d’un comportement identique à celui du Danemark, ce qui ajouterait à la cohérence. Ce sous-variant est difficile à détecter en France car il nécessite d’autres méthodes de séquençage. Et a priori, selon les données sanitaires du Danemark, ce sous-variant ne serait pas plus agressif que l’omicron (peu de réanimation, montée parallèle des hospitalisations conventionnelles, en séjours de trois jours), mais encore plus contaminant.

Cela démontre qu’il faut toujours contrôler les contaminations : les observer (tester et séquencer) mais aussi les freiner, car plus le virus se reproduit, plus les variants et sous-variants peuvent apparaître. L’intérêt du passe vaccinal est d’ailleurs là : on ne connaît pas l’avenir, mais il est probable qu’on n’ait pas fini avec le covid avant l’été 2022, voire plus loin. La seule solution, si on veut garder sa liberté de mouvement et de vie tout court, c’est la vaccination qui protège des formes graves et qui freine les contaminations.

Quand l’extension du passe sanitaire a été applicable, au milieu du mois d’août 2021, on en était presque au sommet de la quatrième vague et certains, là encore, avaient affirmé qu’il n’était plus utile. On ne savait pas qu’il y aurait une seconde vague du variant delta (très mortifère) et une vague du variant omicron au moment (fin novembre 2021) où on pensait en finir avec cette vague d’automne. Le passe vaccinal est le contrat d’assurance pour éviter d’être trop perturbé par le virus et ses variants dans la vie de tous les jours. C’est donc un outil qui, au contraire, est le bienvenu pour anticiper les vagues suivantes.

De nombreux cas de personnalités qui ont refusé de se faire vacciner et se croyaient à l’abri d’une forme grave car elles se croyaient en bonne santé (et l’étaient probablement) se sont retrouvées en réanimation puis, hélas, ont décédé. Les frères Bogdanoff sont sans doute les exemples les plus connus, alors qu’ils n’étaient pas antivax. Au début de la semaine, il y a eu aussi le cas de cette chanteuse de 57 ans qui n’était pas vaccinée alors que son mari et son enfant étaient vaccinés et avaient contracté le virus. Elle s’était laissée contaminer, croyant qu’elle ne risquerait rien, et hélas, elle en est morte après un passage en réanimation. Ces cas sont trop nombreux hélas, mais peuvent donner l’alarme à ceux qui n’ont pas encore acquis cette lucidité.

Le variant omicron est peut-être moins grave mais il reste grave. Jean Castex a mis en garde le 20 janvier 2022 : « Je vous le dis clairement : même atténué, ce virus n’a rien d’anodin. Il ne s’agit absolument pas d’une simple grippe. Un seul chiffre pour le démontrer : au cours d’une année normale, l’épidémie de grippe provoque en moyenne 10 000 hospitalisations sur toute la période de l’hiver ; avec omicron, nous atteignons ce chiffre non pas en trois mois mais en cinq jours seulement. ».

Le covid-19, même son variant omicron, est une véritable saloperie, c’est une loterie, c’est la roulette russe, on ne sait pas prévoir qui développera la forme grave ou qui ne développera pas la forme grave. Sauf qu’on sait que les personnes vaccinées sont beaucoup plus protégées que les autres. Jean Castex l’a répété : « Oui, les caractéristiques de ce variant [omicron] font qu’on peut facilement attraper le virus en étant vacciné, mais, là aussi, deux chiffres très parlants : une personne complètement vaccinée a 4,5 fois moins de risques d’attraper la covid et surtout 25 fois moins de risques d’être hospitalisée en soins critiques, c’est-à-dire avec des formes graves, par rapport à une personne non-vaccinée. ».

Cela donne à réfléchir, et ce ne serait pas une honte de changer d’avis, les vaccins à ARN messager ont été administrés sur plus de 2 milliards de personnes, depuis plus d’un an, voire un an et demi pour les premiers essais, aucun vaccin n'a été autant éprouvé que ceux-là ; ils ne présentent aucun danger particulier à grande échelle, et ils ont montré leur efficacité pour prévenir la forme grave de la maladie, cela devient une véritable hérésie contre-scientifique de ne pas vouloir se faire vacciner face à un tel danger.

Plus de 1,3 million de personne ont changé d’avis en un mois, et je ne doute pas que d’autres, bien que tardivement, suivront. Il reste moins de 7% des personnes de plus de 12 ans à n’avoir reçu aucune dose. C’est très peu. À peine 4 millions de personnes. Toutes en danger de mort tant que le SARS-CoV-2 continue à circuler dans le monde. Donc, oui, bien sûr, le passe vaccinal restera d’actualité et d’ailleurs, il a déjà été largement adopté par les citoyens massivement vaccinés qui, soucieux de leurs droits et libertés, comprennent que pour vivre normalement, il faut vivre temporairement avec cette contrainte finalement mineure et peu coûteuse quand on regarde l’autre côté de la balance, la réanimation voire la morgue.

En tout cas, la réponse du gouvernement est sans ambiguïté, le passe vaccinal sera le principal outil sanitaire des pouvoirs publics pour permettre de lutter contre l’épidémie tout en continuant à vivre (économiquement et socialement) "normalement" : « La transformation du passe sanitaire en passe vaccinal est une évolution nécessaire et cohérente. Elle est nécessaire si nous voulons préserver et amplifier notre couverture vaccinale, aussi bien aujourd’hui que demain en cas de nouveaux variants ; elle est cohérente car elle assume de faire peser clairement la contrainte sur les non-vaccinés et dès lors, de pouvoir lever les mesures de freinage que nous avons prises pour contrer la dernière vague. ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220121-covid-fi-passe-vaccinal.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/passe-vaccinal-3-valide-par-le-238856

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/21/39314936.html







 

 



 

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 17:14

« Cette pandémie est loin d’être terminée et avec l’incroyable croissance d’omicron au niveau mondial, de nouveaux variants sont susceptibles d’apparaître. » (Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, lors de sa conférence de presse du 18 janvier 2022).



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Je souhaite faire le point sur l’épidémie de covid-19 en France, qui subit une double vague, celle du variant delta et celle du variant omicron. Certains médecins et plus encore journalistes ont commencé à être optimistes la semaine dernière en croyant voir arriver le fond du tunnel, ou plutôt, le sommet de la vague. Et puis, ce mardi 18 janvier 2022, c’est la douche froide ; le nombre de nouveaux cas positifs détectés en France pour les 24 dernières heures est le record depuis la première vague (en mars-avril 2020, il n’y avait pas la possibilité de dépister tout le monde) : 464 769 cas !

Malgré ce chiffre particulièrement effrayant, et malgré les déclaration alarmistes du directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus le 18 janvier 2022, je souhaite rester plutôt optimiste, avec toute la prudence possible et même si on aurait pu s’attendre à une amélioration plus rapide.

Restons d’abord uniquement au dépistage. Les deux premières semaines, autour de 400 000 enfants ont été dépistés positifs, c’est beaucoup mais on voit bien que sur la somme des personnes positives au covid-19, cela représente une faible part, autour de 10% (à la louche, je n’ai pas les chiffres précis des enfants contaminés). Sur les sept derniers jours, il y a eu 2,07 millions de contaminations en France, soit une augmentation de 10% par rapport aux sept jours précédents. Cela place tristement la France, depuis le début du mois de janvier 2022, à la deuxième place pour le nombre de cas, derrière les États-Unis mais devant le Royaume-Uni en pleine décrue. Cela ne durera pas car hélas, d’autres pays sont en flambée épidémique avec un peu de retard sur la France, en particulier l’Inde et le Brésil.

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Après un petit plateau la semaine dernière, cela semble repartir très fort. La France a une politique de tests très nombreux, mais cela n’explique pas la forte hausse des contaminations depuis quatre semaines. Au contraire, le taux de positivité (le rapport des tests positifs sur l’ensemble des tests) a grimpé malgré la hausse des tests (très forte dans les deux premières semaines avec le protocole sanitaire à l’école : la deuxième semaine de janvier 2022, ont été réalisés 11 600 000 tests). En France, on critique toujours : il y a deux ans, on critiquait (avec raison) le manque de tests, et maintenant, on critique (à tort) qu’on fasse trop de tests. En tout depuis le début de la crise sanitaire, 212 millions de tests ont été réalisés en France, soit plus de 3 tests par personne.

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La question des tests à l’école est effectivement un sujet. Une candidate à l’élection présidentielle a parlé de "maltraitance" pour caractériser abusivement le fait que le gouvernement a voulu garder les écoles ouvertes. C’est un choix en conscience du gouvernement, laisser ouvertes les écoles pour ne pas pénaliser les enfants, l’expérience du premier confinement ayant été psychologiquement très traumatisante. Ce choix, il a fallu l’assumer par une politique de tests. Le troisième protocole a simplifié la procédure avec trois autotests dans le cas où l’enfant est cas contact.

En clair, depuis le dernier changement, il y a donc eu moins de tests (car les autotests ne sont pas pris en compte), si bien que le taux de positivité qui est proche de 23% ne signifie plus grand-chose à cause de la baisse du nombre de tests (en revanche, avant, il avait grimpé jusqu’à 20%, ce qui était significatif). Ce brutal rebond (qu’il conviendrait d’analyser : est-ce dans les écoles ?) pourrait donc provenir du dernier changement de protocole : les autotests donnent des résultats moins rigoureux (moins encadrés) et les contaminations pourraient alors repartir à la hausse dans les classes.

Si les écoles avaient été fermées au début du mois de janvier 2022, elles auraient été encore fermées aujourd’hui, et il aurait été très difficile de les rouvrir en raison du taux d’incidence (il aurait fallu définir un seuil). Bref, le gouvernement a préféré laisser les écoles ouvertes, quitte à fermer environ 10 000 classes pour éviter des foyers de contamination, à fermer toutes les classes et désorganiser non seulement le travail dans les écoles mais aussi la vie économique (le travail des parents).

Le taux d’incidence national est de l’ordre de 3 160 nouveaux cas par semaine pour 100 000 habitants, ce qui est très fort (l’objectif est d’être inférieur à 50 !). Au 18 janvier 2022, 5,2 millions de personnes en France sont contaminantes, ce qui fait environ 8% de la population. Cela signifie que si vous croisez 100 personnes en ville, 8 sont contaminées. Statistiquement oui, mais concrètement, non, car lorsqu’on est contaminé, on doit rester isolé sept jours, ce qui signifie qu’en ville, en principe, on ne devrait jamais croiser de personnes dépistées positives.

C’est la partie angoissante de la situation, les contaminations continuent à progresser. Mais si l’on regarde le taux effectif de reproduction, le R0, celui-ci, après un pic à 1,61, est en train de redescendre progressivement et au 14 janvier 2022, il est à 1,27. Ce qui est cohérent : toujours supérieur à 1, l’épidémie s’aggrave encore, les contaminations montent encore, mais la pente diminue et on peut espérer que la descente prochaine soit aussi forte que la montée. En tout cas, pour l’instant, on n’est pas encore au sommet.

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Autre raison de se rassurer, l’occupation des lits en réanimation. Ce n’est pas encore évident, mais depuis quatre jours, le nombre de patients en réanimation pour cause de covid-19 a arrêté de monter, il semble stable voire redescend. Il est au 18 janvier 2022 à 3 881 et n’a pas dépassé le seuil des 4 000 : c’est encore beaucoup mais c’est gérable. Cela n’empêche pas que la pandémie a fait beaucoup de dégâts, en tout 127 638 décès depuis le début de la pandémie, dont 100 339 à l’hôpital.

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L’autre chiffre brutal du jour est le nombre de décès dans la journée, 375, ce qui est beaucoup plus élevé que la moyenne (autour de 220 par jour) à cause de la prise en compte ponctuelle des décès dans les EHPAD et assimilés. Néanmoins, le nombre de décès semble, lui aussi, se stabiliser (seulement +3% cette semaine par rapport à la semaine précédente). C’est, là aussi, un indicateur rassurant, non que ce soit satisfaisant qu’il y ait encore autant de victimes (je ne m’y ferais jamais), mais qu’on semble, là aussi, atteindre le sommet de la vague en termes de décès.

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En revanche, les hospitalisations conventionnelles continuent à progresser sans freinage. Le 18 janvier 2022, il y a eu 3 509 entrées à l’hôpital, soit 694 de plus que la veille, ce qui fait 26 526 hospitalisations pour covid-19 en tout (750 de plus).

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La raison de cette incohérence de tendances, forte hausse des contaminations, forte hausse des hospitalisations conventionnelles, stabilisation des occupations en réanimation et stabilisation des décès, c’est la différence entre les variants. Désormais, au 15 janvier 2022, 96% des contaminations étaient le fait du variant omicron, et 4% du variant delta, en pleine chute. Cet effondrement des contaminations delta explique cette stabilisation (et bientôt baisse) des cas très graves. Tandis que l’omicron engendre sa part d’hospitalisation conventionnelles, apparemment au séjour beaucoup plus court (deux à trois jours) que pour les contaminations à delta (trois semaines).

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Encore récemment, il y avait 80 000 contaminations au delta par jour, ce qui était énorme, même si c’était faible par rapport à l’omicron. Le taux au 18 janvier 2022 n’est pas encore connu mais devrait donc être inférieur à 4%. Si on applique ce taux sur le nombre de contaminations, on obtient un nombre majoré des contaminations au delta, de l’ordre de 15 000 à 20 000. C’est encore beaucoup mais cela limite la casse humaine.

Malgré les deux chiffres catastrophiques du 18 janvier 2022 (nombre de nouveaux cas, nombre de nouveaux décès), la situation est en cours d’amélioration. Mais l’effort doit bien sûr rester avec les deux principes généraux pour limiter les contaminations : les gestes barrières et la vaccination.

Cela montre aussi que les améliorations restent fragiles et qu’un rien peut déséquilibrer une situation en progrès. Il faut toujours être prudent, même sans vouloir cauchemarder comme le directeur général de l’OMS qui craint un nouveau variant. Il paraît maintenant confirmé que la vague d’omicron en France n’aura pas la même gravité dans les hôpitaux que la vague delta, ce qui était déjà observé en Afrique du Sud, au Royaume-Uni, au Danemark et dans d’autres pays ayant subi l’omicron.

Parmi les patients en réanimation et ceux décédés à cause du covid-19, il y a une surreprésentation des personnes non-vaccinées ou dont le parcours vaccinal n’est pas achevé (troisième dose avant six mois). Cela justifie la politique du gouvernement du passe vaccinal qui a été adoptée définitivement le 16 janvier 2022 par l’Assemblée Nationale. La date de son application dépend du délai de l’avis en conformité du Conseil Constitutionnel, saisi par les parlementaires de l’opposition. Ce passe vaccinal a surtout pour but d’inciter à la vaccination, et il faut bien dire qu’avant même son application, les résultats sont là.

Au 18 janvier 2022, il y a eu 53 623 212 personnes qui ont reçu au moins une dose ; 52 329 034 au moins deux doses et 32 421 168 au moins trois doses. Ce sont des données très fortes qui montrent la grande efficacité de la campagne de vaccination. Et il faut aussi revoir les chiffres qui ont largement évolué depuis plusieurs semaines. Ainsi, il n’y a que 7,0% des Français de plus de 12 ans qui n’ont reçu aucune dose de vaccin, c’est très faible (79,6% de la population totale a reçu au moins une dose). La dose de rappel aussi est très suivie : 56,2% des Français de plus 12 ans l’ont déjà reçue et ceux qui ne l’ont pas reçue, pour la plupart, ont eu leur deuxième dose il y a moins de sept mois (le ministère a indiqué que 560 000 Français ont vu leur passe sanitaire désactivé le 15 janvier 2022 pour ne pas avoir reçu la dose de rappel à temps).

Par tranche d’âge, il y avait, en septembre 2021, ce problème des personnes de 80 ans et plus qui n’étaient vacciné qu’à moins de 80% (en première injection). Petit à petit, mine de rien, ce pourcentage est monté au 16 janvier 2022 à 88,2%, soit un peu plus que 500 000 personnes non-vaccinées de 80 ans et plus (depuis des semaines, il y a eu une lente progression à raison de 0,1% tous les deux ou trois jours). Ce n’est pas autant que les 70 ans à 80 ans, vaccinés en première dose à …99% ! mais c’est devenu cependant remarquable. Les réfractaires sont ultraminoritaires. Dans la population de plus de 12 ans, ils ne sont plus que 4,2 millions environ.

Même les 12 ans à 18 ans, ils sont à plus de 83% primovaccinés. Le projet de loi voté le 16 janvier 2022 fait d’ailleurs la distinction entre les mineurs : les 12 ans à 16 ans garderont l’obligation du passe sanitaire, et les plus de 16 ans devront posséder le passe vaccinal, ce qui correspond à l’esprit de responsabilité, puisque les mineurs de 16 ans et plus peuvent se faire vacciner sans l’autorisation de leurs parents.

En revanche, la démarche de faire vacciner ses enfants de moins de 12 ans (ils sont 9,5 millions) n’a pas été très suivie par les parents, sans doute parce que basée sur le volontariat pur, sans incitation par le passe sanitaire : moins de 2% des enfants de moins de 12 ans ont reçu au moins une dose. Je pense que le gouvernement n’insistera pas pour cette tranche d’âge (hors enfants fragiles).

La vaccination a montré la grande efficacité pour limiter la forme grave en cas de contamination au delta. Il suffit de voir le nombre de décès il y a un an, entre janvier et avril 2021 et maintenant. Il est, me semble-t-il, encore trop tôt pour connaître l’efficacité de la vaccination contre la forme grave en cas de contamination à l’omicron.

C’est la logique du passe vaccinal : on ne pourra jamais empêcher les contaminations, surtout à un variant comme l’omicron, à moins d’avoir une politique "à la chinoise", c’est-à-dire un confinement d’une zone de 10 millions d’habitants en cas de dépistage d’une centaine de nouveaux cas. En revanche, grâce à la vaccination, on a très peu de risque de se retrouver en réanimation. La vaccination est donc le seul moyen de pouvoir revivre "normalement" (sans confinement) sans qu’il n’y ait plus de dégâts sur la santé qu’une grippe. C’est pour cela qu’il faut tendre vers un taux de 100% de vaccination (un idéal mais certainement pas réaliste), avec renouvellement éventuel des doses si nécessaire. L’importance est d’être tous protégé. C’est le moindre mal face à un fléau qui a déjà coûté au moins 5,6 millions de vies à l’ensemble de l’humanité.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


(Les 7 graphiques proviennent de l’excellent site de Guillaume Rozier, covidtracker.fr).


Pour aller plus loin :
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220118-covid-fh-pandemie.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/ou-en-est-la-pandemie-de-covid-19-238776

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/18/39310393.html








 

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 13:36

« Djokovic est anti-vaccin. Il l’a dit et pas seulement avant l’Open d’Australie. C’est un antivax (…). Je trouve ça dramatique que quelqu’un qui représente l’exemplarité que doit avoir un sportif de haut niveau vis-à-vis des jeunes dise ouvertement qu’il est contre le vaccin. (…) Qu’il le soit, c’est son problème. Il n’a pas besoin de le dire parce qu’il sert de contre-exemple à la vaccination. » (Dr. Michel Cymes, le 12 janvier 2022 sur France 5).




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Le joueur de tennis serbe Novak Djokovic a été expulsé d’Australie ce dimanche 16 janvier 2022. La raison ? Il ne s’est pas mis en conformité avec les règles sanitaires du pays. Ainsi, il ne va pas participer à l’Open d’Australie qui commence le lendemain, alors qu’il avait participé au tirage au sort le 13 janvier 2022.

Il n’est pas question ici de disserter sur son talent de sportif reconnu par tous. Il est considéré comme le numéro un mondial du tennis depuis le 3 février 2020, et même l’un des meilleurs joueurs de tennis de tous les temps avec Roger Federer et Rafael Nadal. Il a multiplié les records, il a été pendant 355 semaines en tête du classement ATP, dont 122 semaines consécutives entre 2014 et 2016. À 34 ans, ce qui est déjà âgé, après dix-huit ans d’exercice, il a remporté 86 victoires sur le circuit ATP, dont 20 tournois du Grand Chelem.

La personnalité de Novak Djokovic est également très forte, il n’hésite pas à utiliser son grand sens de l’humour et à montrer beaucoup d’originalité. C’est peut-être cela qui a attiré sur lui une sorte de polarisation dans les deux dernières semaines. À cela, il ne faut pas négliger l’aspect nationaliste, car il est considéré en Serbie comme un héros national et le Président de la République de Serbie Aleksandar Vucic est un fervent soutien de Novak Djokovic, au point parfois de mettre de l’huile sur le feu politique. Le Président a été un homme politique d’abord d’extrême droite nationaliste puis a cofondé un parti conservateur et nationaliste pro-européen (favorable à l’adhésion de la Serbie dans l’Union Européenne).

L’Open d’Australie à Melbourne est l’un des quatre tournois du Grand Chelem et une compétition que Novak Djokovic a remportée 9 fois, dont trois fois de suite depuis 2019, et il comptait bien gagner une quatrième fois successive en 2022. C’est le tournoi qu’il a le plus gagné depuis 2008. Dans sa carrière de joueur, rater l’Open d’Australie est donc grave. Il a surestimé ses capacités à sauter les barrières administratives et judiciaires (et sanitaires bien sûr).

Parlons maintenant de l’Australie. Le principe d’une île, même gigantesque, c’est plus un continent-île qu’une simple île, a fait que la doctrine sanitaire des autorités australiennes a été très restrictive. L’objectif était le zéro covid, ce qui signifiait beaucoup de contraintes : des confinements localisés, en particulier à Sydney, Melbourne et Camberra, localisés ne signifie pas légers puisqu’il y a eu plusieurs dizaines de millions d’habitants qui ont été impactés ce genre de restrictions "à la chinoise". D’ailleurs, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans ces villes pour contester une telle politique, et ce choix de renfermement a aussi engendré un grand retard à la vaccination. Le 1er août 2021, seulement 32,9% de la population avait reçu au moins une dose, ce qui était très faible (au 15 janvier 2022, 81,4% de la population a reçu au moins une dose, ce qui est légèrement plus que la France, et 19,5% la troisième dose, ce qui à peu près la moitié du taux en France).

Il faut reconnaître que cette méthode, qui n’aurait jamais été acceptée dans un pays d’Europe ou d’Amérique, a été efficace puisque, en nombre de décès dus au covid-19, il y a eu, au 16 janvier 2022, 2 673 décès, soit 103 décès par million d’habitants (dans les pays d’Europe occidentale, c’est autour de 20 fois plus). Toutefois, depuis Noël 2021, une quatrième vague est en train de surpasser tous les records de mortalité du covid-19, en passant du 1er janvier 2022 d’une moyenne de 5 à 10 décès par jour à une véritable courbe exponentielle avec plus de 50 décès par jour en moyenne le 15 janvier 2022.

Parmi les mesures très restrictives, il y a eu les entrées aériennes. Les protocoles étaient tellement drastiques que même les ressortissants australiens à l’étranger étaient interdits de rentrer dans leur pays pendant un certain temps, ensuite, pouvaient rentrer sous condition d’une période d’isolement de quatorze jours. Cela s’était assoupli dans les derniers mois, mais avec l’obligation de vaccination : aucune personne ne peut entrer en Australie sans avoir été vaccinée.

Donc, pour résumer, l’Australie a mis en place depuis 2020 des mesures sanitaires très contraignantes (beaucoup plus qu’en France), et cette politique a fonctionné jusqu’à la fin de l’année 2021 avec un contrôle des contaminations et une faible mortalité (20 fois moins qu’en Europe de l’Ouest). Les Australiens ont beaucoup souffert pour arriver à ce résultat et ne souhaitent donc pas voir leurs efforts "gâchés" par des arrivants étrangers. De plus, malgré la campagne de vaccination très dynamique, il y a, depuis le début de l’année 2022, une flambée épidémique très inquiétante qui a aussi effet sur les décès. Jusqu’au 15 décembre 2021, il n’y avait pas plus que 2 000 nouveaux cas par jour. Or, depuis la mi-décembre 2021, la flambée se mesure aussi avec les nouveaux cas, au nombre de 112 867 au 15 janvier 2022, sur une pente continue. Le gouvernement australien craint donc de ne plus avoir la maîtrise de l’épidémie et la politique du zéro covid, longtemps définie comme l’objectif, est maintenant à revoir.

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Alors, tout est posé pour le psychodrame tennistique de ces derniers quinze jours. Une personnalité exceptionnelle, une célébrité mondiale viendrait en Australie mais sans se prêter à la réglementation sanitaire. Novak Djokovic a refusé d’indiquer son statut vaccinal mais a confirmé le 4 janvier 2022 qu’il participerait à l’Open d’Australie. Il s’y est rendu dès le lendemain, 5 janvier 2022 où une dérogation médicale lui a été fournie pour éviter l’obligation d’être vacciné. Mais le Premier Ministre Scott Morrison, le même qui avait dénoncé la commande des sous-marins à la France, est intraitable et a voulu connaître les raisons de cette dérogation médicale et les contester. Le 5 janvier 2022, le visa du sportif serbe a donc été annulé et son expulsion programmée au 6 janvier 2022.

Cependant, grâce à ses (bons) avocats, Novak Djokovic a eu un sursis pour faire appel et a été logé dans un centre de rétention des personnes en situations irrégulières (on a les mêmes en France, enfin, non, c’est pire en Australie, au point que nos zélateurs de l’anti-immigration primaire citent régulièrement l’Australie comme un pays modèle).

Les avocats du joueur ont alors révélé que l’exemption vaccinale était justifiée car Novak Djokovic a eu un test covid positif le 16 décembre 2021. Stupeur : à cette date, Novak Djokovic n’était pas isolé et répondait à des interviews, se faisait photographier aux côtés de jeunes fans… Aucun isolement : soit le test positif est un mensonge, soit le joueur n’a pas respecté la règle (dans tous les pays) de s’isoler en cas de contamination. Qu’importe, un juge australien a rétabli son visa le 10 janvier 2022. Le Serbe a pu commencer son entraînement pour la compétition qui commence la semaine suivante.

Le gouvernement a cependant de nouveau annulé le visa le14 janvier 2022. Le joueur a fait encore appel et en attendant, il est retourné dans un centre de rétention le lendemain. La cour fédérale a rejeté le recours dans la nuit du 15 au 16 janvier 2022 (heure de Paris, le matin du 16 en Australie), sans possibilité de faire appel. L’expulsion de Novak Djokovic par avion a eu lieu quelques heures plus tard. Il ne participera donc pas à l’Open d’Australie 2022. Fin de l’histoire.

Pendant ces quinze jours de psychodrame, la figure de Novak Djokovic a été préemptée dans les réseaux sociaux par les antivax comme leur porte-parole involontaire dans leur contestation de la vaccination (d’où son surnom de Novax Djocovid). Figure populaire, appréciée de beaucoup de monde (y compris de personnes vaccinées, par exemple, Bruno Le Maire), il a, visiblement, sur ce sujet-là, trop misé sur une immunité administrative que sa célébrité, sa popularité et son talent de sportif auraient été susceptible de lui donner.

Heureusement, la loi est la règle pour tous, il n’y a aucune raison de faire des exceptions sous prétexte de vouloir privilégier un grand sportif, aussi sympathique soit-il, du moins dans un État de droit. Et cela d’autant plus que la réglementation sanitaire a été élaborée (on peut la contester ou pas) pour ne pas mettre en danger la santé des Australiens, qui ont déjà très souffert des mesures de confinement (qui ont fait exploser le chômage et la paupérisation) et qui voient l’épidémie "s’exponentialiser" de manière inquiétante. Faire une exception aurait réduit à néant l’autorité du gouvernement australien qui doit déjà faire face à une forte (et violente) contestation. Le Président serbe a crié à la décision politique, et il a raison, c’était une décision très politique de ne tolérer aucune exception dans le dispositif sanitaire australien. Ce refus est même exemplaire.

Les antivax franco-français seraient donc bien inspiré de s’apercevoir qu’il existe ailleurs qu’en France des pays beaucoup moins "libéraux" que la France en matière de mesures sanitaires (je rappelle que le principe du passe vaccinal est bien moins "liberticide" qu’un confinement sévère).

Et ceux d’entre eux qui militent à tout va contre l’immigration peuvent aussi observer que lorsque leur héros est mis dans la même situation que des réfugiés clandestins ou des personnes en situation irrégulière qu’ils abhorrent, dans des hôtels ou centres de rétention, ils pourront alors repenser un peu mieux au respect qu’on doit à toute personne humaine, quelle qu’elle soit, quelle que soit sa situation administrative, car, comme pour le handicap, une situation d’immigré rejeté peut très vite arriver à tout le monde un jour ou l’autre, ne serait qu’en cas de catastrophe climatique


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 janvier 2022)
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Pour aller plus loin :
Novak Djokovic.
Jean-Pierre Adams.
Bernard Tapie.
Kylian Mbappé.
Pierre Mazeaud.
Usain Bolt.

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13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 03:33

« 92% des Français l'ont compris. Pas les antivax. (…) Il faudra bientôt vacciner en cachette et raser les murs pour ne pas les déranger. Eh bien, nous n'allons pas raser les murs, nous allons répondre. Et d'abord aux politiciens aux abois qui essaient de se refaire la cerise, aux philosophes de comptoir qui confondent liberté et irresponsabilité, aux agités du télé-bocal, qui crient à la démocratie bafouée. » (Claude Malhuret, le 11 janvier 2022 au Sénat).



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Le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran testé positif ? Ce sont les risques du métiers... d'humain. L'actualité, c'est la grève à l'école, mais aussi, surtout, un nouvel outil de lutte contre la crise sanitaire. En effet, le Sénat a adopté cette nuit du 12 au 13 janvier 2022, à 2 heures 30 de matin, en première lecture, le projet de loi instaurant le passe vaccinal. Sur 338 votants, 249 sénateurs ont voté pour et 63 contre (scrutin n°74). Mais la procédure n’est pas terminée.

Chez Les Républicains (146 membres), 106 ont voté pour, 19 ont voté contre (dont Étienne Blanc, Daniel Gremillet, Muriel Jourdan) et 19 se sont abstenus (dont Alain Cadec, Alain Joyandet), et 2 n’ont pas pris part au vote dont Gérard Larcher qui présidait la séance. Au groupe socialiste (64 membres), 52 ont voté pour, 3 contre, 4 se sont abstenus et 5 n’ont pas pris part au vote (dont Hélène Conway-Mouret). Au groupe Union centriste (56 membres), 44 ont voté pour, 10 contre (dont Vincent Delahaye, Loïc Hervé), 2 se sont abstenus (dont Nathalie Goulet). Au groupe de LREM (24 membres), 23 pour et 1 contre. Les groupes communiste (15 membres) et écologiste (12 membres) ont tous entièrement voté contre. Au groupe RDSE (15 membres), 11 ont voté pour, 2 contre et 1 s’est abstenu. Le groupe Les Indépendants, République et Territoires (13 membres) a complètement voté pour. Enfin, sur les 3 sénateurs non-inscrits, 1 a voté contre et les 2 autres, Esther Benbassa et Jean-Louis Masson, n’ont pas pris part au vote.

Les sénateurs ont profondément modifié le projet du gouvernement voté par les députés et une commission mixte paritaire va travailler pour tenter d’aboutir à un texte commun. A priori, les chances de succès de cette commission réunissant députés et sénateurs sont faibles à cause de la proximité de l’élection présidentielle ; la majorité sénatoriale LR ne voudrait pas servir à la majorité sur un plateau une victoire parlementaire à moins de trois mois de l’échéance.

Je reviendrai en détail sur la discussion parlementaire sur le passe vaccinal, tant à l’Assemblée Nationale qu’au Sénat. Dans cet article, je souhaite évoquer l’excellent discours du sénateur Claude Malhuret dont le sens de la formule contre les antivax a certainement fait mouche.

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Claude Malhuret n’en est pas à son premier discours incisif. Le 4 mai 2020 déjà, il tentait de mettre en garde contre les bonimenteurs et les charlatans qui prospèrent avec la pandémie. Médecin (avec des missions à l’étranger) et homme politique aguerri (il a été ministre en 1986 et a été longtemps maire de Vichy), le docteur Malhuret connaît bien, malheureusement, les problématiques des épidémies et de la vaccination, en particulier dans les pays en guerre : « Des quinze ans de ma vie comme médecin dans les guerres ou les épidémies, j'ai tiré une leçon simple : ce sont les virus qui bafouent les libertés, pas les vaccins. Et si l'on ne prend pas les mesures qui s'imposent, c'est l'épidémie seule qui en décide, et toujours de la façon la plus violente et la plus létale. ».

Il a participé à la discussion générale sur le passe vaccinal le mardi 11 janvier 2022, comme représentant du groupe Les Indépendants, République et Territoires qu’il a créé et préside depuis le 2 octobre 2017 (groupe issu de sénateurs LR favorables au gouvernement actuel). Son expertise de médecin (il n’est pas le seul au Parlement) a un grand avantage sur d’autres collègues, c’est qu’il sait éviter de dire des bêtises sur le sujet.

Claude Malhuret a commencé par rappeler les faits : « Nous avons aujourd'hui trois certitudes : premièrement, le vaccin empêche l'immense majorité des formes graves ; deuxièmement, la probabilité d'un séjour en réanimation est dix fois supérieure chez les non-vaccinés ; troisièmement, les services d'urgence sont remplis par la petite minorité qui refuse la vaccination. ». Et sa déduction est simple : « La conclusion est d'une simplicité biblique : il faut vacciner le plus de monde possible le plus vite possible. ».

Au 12 janvier 2022, la situation de la France reste parmi les plus flatteuses du monde sur la couverture vaccinale : 53 417 529 Français ont reçu au moins une injection, 52 137 931 au moins deux injections et 29 977 359 au moins trois injections. C’est remarquable, mais insuffisant avec une telle flambée épidémique. Après plus d’un an de campagne de vaccination, il reste encore 7,5% des personnes à convaincre, et certains sont absolument fermés à la discussion, sombrant dans un complotisme antivax peut-être irréversible.

C’est surtout à ceux qui veulent récupérer politiquement et électoralement les antivax que Claude Malhuret s’en est pris, très clairement (et une telle clarté a engendré une salve d’applaudissements) : « Les Philippot, Asselineau, Le Pen, Dupont-Aignan ou Mélenchon, ce pacte germano-soviétique de la désinformation, ont été successivement pour la chloroquine, contre le vaccin, contre le passe sanitaire et maintenant contre le passe vaccinal, avec une infaillibilité absolue dans l'aveuglement. Ces amoureux des dictatures, il faut quand même qu'ils soient gonflés pour accuser le gouvernement et le Parlement de prendre des mesures liberticides. S'ils avaient été au pouvoir, la vaccination aurait perdu des mois. Et les morts auraient été bien plus nombreux, comme chez leurs amis Bolsonaro l'antivax ou Poutine et son vaccin inopérant réclamé à grands cris par Mélenchon et dont même les Russes ne veulent pas. Les Français n'auraient eu droit qu'aux remèdes bidons d'un gourou rocambolesque, validés par la Twitter school of medicine et la Facebook university. Ces stakhanovistes de l'erreur et du cynisme sont contre le passe vaccinal, pas pour préserver la santé de nos concitoyens, mais pour récupérer les voix des extrémistes. Quoi que vous fassiez, Monsieur le Ministre, pour eux, vous ferez mal. Je vous suggère une idée pour vacciner les 5 millions qui manquent à l'appel : interdisez le vaccin, ils exigeront que tout le monde se le fasse injecter. Maintenant, cela suffit ! À 300 000 cas par jour, il est temps de répondre et il est aussi plus que temps de faire front. ».

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Toujours aussi anti-antivax, le sénateur Malhuret a proposé une contre-définition de la démocratie : « La démocratie, ce n'est pas s'agenouiller devant une minorité inconsciente qui peuple aujourd'hui les services d'urgence, qui fait pleurer de rage et d'épuisement les soignants voyant leurs lits remplis de patients qui n'auraient jamais dû s'y trouver et qui en chassent tous les autres. La démocratie, ça ne consiste pas à écouter des rebelles de supermarché sauter comme des cabris avec leurs pancartes en criant : "Liberté !" ».

Parlant toujours des antivax, il est scandalisé par l’inversion des valeurs qui règne chez eux : « Alors, va pour le passe vaccinal. Les offusqués professionnels diront que vous créez deux catégories de Français, alors que ce sont eux qui se placent en marge et nous mettent en danger. Ils diront que vous les stigmatisez, alors que depuis un an, ils traitent les vaccinés de moutons, les soignants de collabos, qu'ils saccagent les permanences des élus et les menacent de mort. Mais nous allons poursuivre ensemble, calmement, la lutte contre l'épidémie. Malgré eux. Et avec l'immense majorité des Français. ».

En effet, Claude Malhuret a conclu sur une note très optimiste, "les" Français sont raisonnables, cela peut finalement étonner tant nous avons la réputation de râleurs, mais nous savons où est notre intérêt, l’intérêt général, et cela est très rassurant : « En dépit des campagnes incessantes sur les réseaux antisociaux, les Français ont montré une remarquable compréhension, une remarquable patience et une remarquable responsabilité. Malgré les intox, la France est dans le peloton de tête des pays les plus vaccinés. Les réseaux ont même eu une vertu : après deux ans de bobards, nos concitoyens ont fini, devant l'énormité des fake news, par se faire une solide opinion sur ceux qui les diffusent, et je préfère ne pas répéter ici les épithètes dont ils les gratifient. Quant aux discussions dans les repas de famille où se trouvait un antivax pendant les fêtes, elles ont vacciné définitivement des millions de Français contre les absurdités. Et ce vaccin-là, par chance, il est d'une grande efficacité. ! ».

Parmi les sénateurs qui ont voté ce projet de loi modifié (avec des modifications peu acceptables par le gouvernement), certains prônent l’obligation vaccinale, d’autres, au contraire, ont voté contre parce qu’ils voulaient l’obligation vaccinale. Claude Malhuret aurait été plutôt pour l’obligation vaccinale, mais il comprend les arguments du gouvernement : le passe vaccinal est bien plus efficace que l’obligation vaccinale dans la réalité concrète.

L’obligation vaccinale serait impossible à appliquer, surtout aux personnes les plus fragiles : on ne va pas faire des "contrôles de vaccination" tout le temps dans la rue, on ne va pas aller chez les gens, dans leur domicile, pour vérifier, et surtout, on ne va pas prendre des policiers armés d’une seringue pour vacciner de force les récalcitrants. En revanche, le passe vaccinal "emmerde" (au sens macronien du terme) les personnes non-vaccinées qui devront choisir entre leur dogmatisme complotiste ou leur vie sociale, c’est leur choix et cela les place en situation de responsabilité. D’ailleurs, les pays proches qui ont adopté l’obligation vaccinale ne connaissent pas sur surdemande de vaccination, au contraire de la France lors de l’annonce du passe sanitaire puis du passe vaccinal. À cet égard, la France est un pays leader de la vaccination et, au contraire de beaucoup de déclinistes nostalgiques et de partisans de l’anti-France, je suis fier de mon pays et de ma Nation.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220111-claude-malhuret.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/passe-vaccinal-2-claude-malhuret-238661

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/13/39302469.html






 

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11 janvier 2022 2 11 /01 /janvier /2022 17:21

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Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220111-claude-malhuret.html








Discours de Claude Malhuret le mardi 11 janvier 2022
au Sénat à l'occasion de l'examen du projet de loi sur le passe vaccinal



Séance du 11 janvier 2022
Présidence de M. Gérard Larcher



M. le président. La parole est à M. Claude Malhuret. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)

M. Claude Malhuret. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, contrairement à ce que prétendent depuis des mois les trafiquants de fake news, les résistants des boulevards, les has not been de la chanson française et les Sakharov de la dictature sanitaire, nous avons aujourd'hui trois certitudes : premièrement, le vaccin empêche l'immense majorité des formes graves ; deuxièmement, la probabilité d'un séjour en réanimation est dix fois supérieure chez les non-vaccinés ; troisièmement, les services d'urgence sont remplis par la petite minorité qui refuse la vaccination. (Applaudissements sur les travées des groupes INDEP, RDSE et RDPI. – M. Stéphane Demilly applaudit également.)

La conclusion est d'une simplicité biblique : il faut vacciner le plus de monde possible le plus vite possible. Cela, 92 % des Français l'ont compris, mais pas les antivax. Depuis un an, ils nous tannent avec leur « convaincre plutôt que contraindre » ; ils nous disent de faire de la pédagogie et de ne pas stigmatiser, eux qui stigmatisent tous les autres. Il faudra bientôt vacciner en cachette et raser les murs pour ne pas les déranger. (Sourires.) Eh bien, nous n'allons pas raser les murs, nous allons répondre !

Nous répondrons aux politiciens aux abois qui essaient de se refaire la cerise, aux philosophes de comptoir qui confondent liberté et irresponsabilité, aux agités du télébocal qui crient à la démocratie bafouée ! (Sourires.)

Nous répondrons aux Philippot, Asselineau, Le Pen, Dupont-Aignan ou Mélenchon, ce pacte germano-soviétique de la désinformation ! (Rires et applaudissements sur les travées des groupes INDEP et RDPI, ainsi que sur des travées des groupes Les Républicains et UC. – Protestations sur plusieurs travées à gauche.) Ils ont été successivement pour la chloroquine, contre le vaccin, contre le passe sanitaire et maintenant contre le passe vaccinal, avec une infaillibilité absolue dans l'aveuglement.

Ces amoureux des dictatures, il faut quand même qu'ils soient gonflés pour accuser le Gouvernement et le Parlement de prendre des mesures liberticides ! S'ils avaient été au pouvoir, la vaccination aurait perdu des mois et les morts auraient été bien plus nombreux, comme chez leurs amis Bolsonaro l'antivax ou Poutine, dont le vaccin inopérant était réclamé à grands cris par Mélenchon alors que même les Russes n'en veulent pas ! (Rires. – Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)

Les Français n'auraient eu droit qu'aux remèdes bidons d'un gourou rocambolesque, validés par la Twitter School of Medicine et la Facebook University ! Ces stakhanovistes de l'erreur et du cynisme sont opposés au passe vaccinal, non pas pour préserver la santé de nos concitoyens, mais pour récupérer les voix des extrémistes.

Quoi que vous fassiez, monsieur le ministre, pour eux vous ferez mal ! Je vous suggère une idée : pour vacciner les 5 millions qui manquent à l'appel, interdisez le vaccin, ils exigeront que tout le monde se le fasse injecter ! (Rires et applaudissements sur les travées des groupes INDEP et RDPI, ainsi que sur des travées des groupes Les Républicains et UC.)

Maintenant, cela suffit ! À 300 000 cas par jour, il est temps de répondre ; il est aussi plus que temps de faire front. La démocratie, ce n'est pas s'agenouiller devant une minorité inconsciente qui peuple aujourd'hui les services d'urgence et qui fait pleurer de rage et d'épuisement les soignants voyant leurs lits remplis de patients qui n'auraient jamais dû s'y trouver et qui en chassent tous les autres. La démocratie, ce n'est pas écouter des rebelles de supermarché sauter comme des cabris avec leurs pancartes en criant : « Liberté ! »

Des quinze ans de ma vie que j'ai vécus comme médecin dans les guerres ou les épidémies, j'ai tiré une leçon simple : ce sont les virus qui bafouent les libertés et non les vaccins. Et si l'on ne prend pas les mesures qui s'imposent, c'est l'épidémie seule qui en décide, toujours de la façon la plus violente et la plus létale. (Applaudissements sur des travées du groupe INDEP.)

Comme il n'y a pas de liberté absolue, il faut trouver l'équilibre entre des libertés contradictoires et prendre les bonnes décisions, même si elles ne plaisent pas à tous. C'est ce que vous proposez aujourd'hui, monsieur le ministre, et c'est ce que nous allons faire avec vous.

Oui, le passe vaccinal est une façon de pousser à la vaccination. Pour tout dire, l'idéal serait la vaccination obligatoire : il en existe onze autres sans que personne ne hurle à la tyrannie ! (Applaudissements amusés sur les travées du groupe SER.)

M. Jean-Pierre Sueur. Enfin !

M. Claude Malhuret. Attendez la fin, mes chers collègues !

Vous ne la proposez pas, monsieur le ministre, parce que vous craignez que les boutefeux ne finissent par déchirer un pays exténué et parce qu'en démocratie il n'y a pas de moyen infaillible de l'imposer ; vous avez sans doute raison.

Alors, va pour le passe vaccinal ! Les offusqués professionnels diront que vous créez deux catégories de Français, alors que ce sont eux qui se placent en marge et nous mettent en danger. Ils diront que vous les stigmatisez, alors que depuis un an ils traitent les vaccinés de moutons et les soignants de collabos, alors qu'ils saccagent les permanences des élus et les menacent de mort.

Mais nous allons poursuivre ensemble, calmement, la lutte contre l'épidémie, malgré eux et avec l'immense majorité des Français ! Oui, car en dépit des campagnes incessantes sur les réseaux antisociaux, les Français ont montré une remarquable compréhension, une remarquable patience et une remarquable responsabilité. Malgré les intox, la France est dans le peloton de tête des pays les plus vaccinés.

Les réseaux ont même eu une vertu : après deux ans de bobards, nos concitoyens ont fini, devant l'énormité des fake news, par se faire une solide opinion sur ceux qui les diffusent et je préfère ne pas répéter ici les épithètes dont ils les gratifient.

M. Pierre Laurent. Ça n'empêche pas certains de les utiliser !

M. Claude Malhuret. Quant aux discussions dans les repas de famille où se trouvait un antivax pendant les fêtes, elles ont définitivement vacciné des millions de Français contre les absurdités. Or ce vaccin-là, par chance, est d'une grande efficacité ! (Applaudissements sur les travées des groupes INDEP, RDPI et RDSE, ainsi que sur des travées des groupes Les Républicains et UC.)


Source : www.senat.fr (extrait du compte-rendu de la séance du 11 janvier 2022).
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220111-discours-claude-malhuret.html


 

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6 janvier 2022 4 06 /01 /janvier /2022 05:02

« Au fond, la ligne est simple : c’est vaccination, vaccination, vaccination, et passe vaccinal. C’est l’objectif du texte de loi qui va être voté autour du 15 janvier. L’idée, c’est de mettre beaucoup de contrainte sur les non-vaccinés et, collectivement, de respecter les gestes barrières. » (Emmanuel Macron, "Le Parisien" le 4 janvier 2022).



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Ça y est, le projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique (n°4857), autrement dit, le projet de loi instaurant le passe vaccinal a été adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale dans la nuit du 5 au 6 janvier 2022, à 5 heures 25 du matin.

Annoncé le 17 décembre 2021 par le Premier Ministre Jean Castex et adopté au conseil des ministres du 27 décembre 2021, ce projet de loi a clivé énormément tant l’Assemblée Nationale qu’une partie de la société française. Je reviendrai sur ces trois jours d’examen pour le moins animés dans l’hémicycle (et en dehors). À l’origine, le projet aurait dû être adopté dans la nuit du 3 au 4 janvier 2022, et pour diverses raisons (que je détaillerai plus tard), l’agenda a eu deux jours de retard, même si la troisième nuit a finalement surpris par une meilleure assiduité des députés. Le Sénat a prévu d’examiner le texte à partir du 10 janvier 2022 (Jean Castex parviendra peut-être à avancer la date, mais cela paraît peu probable), si bien qu’une application au 15 janvier 2022 est hautement improbable mais si cela reste possible.

J’évoquerai également dans un autre article le détail de ce projet de loi (une fois définitivement adopté) ainsi que les arguments avancés. Dans ce premier article consacré à ce projet de passe vaccinal, je me bornerai pour l’instant à la conclusion de cette première lecture par les députés : qui a voté quoi ?

Il ne s’agit pas de faire des listes, qu’on peut d’ailleurs trouver sur les sites institutionnels, puisqu’il s’agit d’un scrutin public (le scrutin n°4279), d’autant plus que le climat de violence pourrait mettre en danger certains membres de la liste, mais je veux en particulier donner la position des groupes.

On ne peut pas ne pas prendre en compte que nous sommes à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle et que les postures politiques importent naturellement plus que les convictions, j’écris "naturellement" même si c’est regrettable, mais il est vrai que les opposants à Emmanuel Macron se trouvent dans un dilemme impossible : ou ils sont responsables, et ils approuvent Emmanuel Macron ; ou ils s’opposent au passe vaccinal, et ils font preuve d’irresponsabilité.

Car au-delà des postures électorales (qui n’ont rien de critiquables, je le répète), il y a aussi le début d’un tsunami pandémique qui va noyer le mois de janvier 2022 dans un flux de plusieurs millions de personnes contaminées au même moment (nous en sommes à 2,5 millions et cela ne cesse d’augmenter, avec autour de 300 000 contaminations par jour). Cette double vague (plateau de delta, forte croissance d’omicron) provoque en ce moment une forte tension non seulement à l’hôpital (en particulier dans les services de réanimation) mais aussi dans la gestion et la réalisation des tests de dépistage, d’autant plus forte que le choix du gouvernement a été de permettre le plus possible aux enfants d’aller à l’école, ce qui multiplie les tests des enfants cas contacts dans les classes où se trouve un de leur camarade contaminé.

Plus généralement, cette vague, cette déferlante, met en tension toute la société française, toute l’activité économique, en raison les nombreuses absences des personnes malades, contaminée et cas contacts (forte tension dans la population active dont les retraités antivax, qui vont peupler les services de réanimation, ne peuvent pas connaître l’ampleur).

Le passe vaccinal a été seul l’outil, au-delà des gestes barrières qui sont ce qu’ils sont (l’obligation des gestes barrières, port du masque par exemple, on ne peut pas la faire respecter rigoureusement par les 67 millions de Français, il n’y a pas un policier derrière chaque personne, heureusement), choisi par le gouvernement pour ne pas reconfiner toute la société française. Il n’y a pas de miracle, avec près de 300 décès par jour (un crash d’avion par jour), et ceux-ci vont augmenter dans les semaines prochaines, hélas, seule la vaccination, efficace à 90% pour éviter les formes graves, y compris pour omicron, réduira ce triste bilan quotidien.

Évidemment, on connaissait déjà la position de l’extrême gauche et de l’extrême droite dont l’irresponsabilité est inversement proportionnelle à leur capacité à arriver au pouvoir (heureusement). Je ne m’étonne donc pas que Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, par exemple, députés et donc en situation de devoir prendre leurs responsabilités dans l’hémicycle, aient voté contre le passe vaccinal.

En revanche, au-delà des groupes centristes illisibles (parfois proches de LR comme l’UDI, parfois proche de LREM et du MoDem comme Agir Ensemble), je m’appesantirai sur deux groupes, ceux des anciens grands partis gouvernementaux, parce que les socialistes avaient longtemps réclamé carrément l’obligation vaccinale, ce qui est beaucoup plus brutal, dans le droit français, que le passe vaccinal, et Les Républicains, eux, sont tirés par deux préoccupations paradoxales, leur esprit de responsabilité qui avantage la sécurité et donc, la sécurité sanitaire avant tout, et leur intérêt électoral qui, d’une part, veut éviter tout victoire parlementaire à la majorité présidentielle et qui, d’autre part, cherche à séduire la franche anarchiste de droite qui est clairement antivax.

En outre, l’heure du scrutin, 5 heures du matin bien sonné, après une nuit de débat bien épuisante, fait que de nombreux députés sont absents et on ne les blâmera pas, du moins par ceux qui militent pour la réduction du temps de travail (les parlementaires ont un emploi du temps de dingue !).

Au total, 334 députés ont voté, ce qui, sur les 577 sièges que compte l’Assemblée Nationale (dont certains sont peut-être vacants puisqu’on ne remplace pas les sièges vacants la dernière année de la législature), soit près de 60%, ce n’est pas mal (je le répète : à 5 heures du matin). De plus, il faut se rappeler que certains députés sont eux aussi touchés par la pandémie et sont obligés de s’isoler voire sont malades (c’était le cas de Richard Ferrand le 3 janvier, il me semble, même si dans le compte-rendu, il est indiqué parmi les non-votants tandis que les autres "non-votants" ne sont pas indiqués, probablement parce qu’il est Président de l’Assemblée Nationale).

307 députés se sont exprimés (la majorité absolue est donc de 154). Le projet de loi a été adopté par 214 voix contre 93. Une large majorité, sans surprise, si ce n’est l’heure et le jour.

Rappelons aussi que l’abstention voire l’absence peuvent résulter de raisons tout à fait louables, politiques (abstention) ou personnelles (absences) mais qu’elles sont parfois très commodes pour ne pas prendre ses responsabilités (comment draguer dans l’antivaxerie et rester sérieux dans le réel ?). L’électorat des antivax est stratégique même s’il n’est pas important, cela pourrait peut-être faire pencher la balance pour départager les candidats au second tour.

C’est pourquoi certains députés de l’opposition ont diffusé la rumeur que le gouvernement voulait utiliser l’arme tranchante du 49 alinéa 3, ce qui était une fausse rumeur. En effet, la gouvernement n’a aucun intérêt à vouloir déresponsabiliser les députés de l’opposition qui aurait beau jeu de ne pas voter contre sans voter pour puisque, avec un tel outil, le projet de loi est réputé adopté sauf vote d’une motion de censure (qui met en jeu la question de confiance au gouvernement et pas le sujet précis du projet de loi).

Dans le groupe LREM (268 membres), la moitié à peu près était présente, 134 ont voté pour et 3 ont voté contre (je me demande ce qu’ils font dans le groupe majoritaire, d’autres anciens députés LREM ont voté contre mais ils avaient quitté le groupe LREM depuis longtemps, même si ceux-ci n’ont été élus en 2017 que grâce à leur appartenance à LREM, il y a toujours des boulettes dans un casting de départ). À part ces trois députés, il n’y a donc aucune surprise à LREM.

Dans le parti de François Bayrou, le MoDem, officiellement le "groupe Mouvement démocrate et démocrates apparentés" (57 membres), 32 ont voté pour (sans surprise) et les autres étaient absents.

Autres groupes homogènes et sans surprise, le groupe de la France insoumise (17 membres) a voté contre par 15 députés sur 15 présents, ainsi que le groupe communiste, appelé pompeusement "groupe de la Gauche démocrate et républicaine" (15 membres), a voté contre par 9 députés sur 10 présents (le dixième s’est abstenu).

Plus compliqué est d’analyser le scrutin dans les trois groupes centristes ou divers. Le groupe Agir Ensemble (22 membres) a voté pour par 8 députés sur 8 présents (en particulier Olivier Becht, son président), ce qui est peu étonnant, c’étaient des députés LR qui ont choisi de soutenir le gouvernement (à l’instar de Franck Riester, ministre). Le groupe UDI et indépendants (19 membres), proche aujourd’hui de LR, a voté pour par 3 députés et contre par 8 députés (dont Thierry Benoit et Michel Zumkeller). Jean-Christophe Lagarde, son président, n’était pas présent. Enfin, le groupe Libertés et Territoires (18 membres), très hétérogène, a vote quasi-unanimement contre par 7 députés sur 9 députés présents (en particulier Jean Lassalle, ancien candidat à l’élection présidentielle et ancien député MoDem, et Olivier Falorni, ancien socialiste, qui a battu Ségolène Royal en 2012), à l’exception de Sylvia Pinel (radicale) qui a voté pour et d’une autre députée qui s’est abstenue.

Venons-en aux deux groupes les plus intéressants, ceux du PS et de LR, les anciens partis gouvernementaux, en principe ceux qui aspirent encore à gouverner et qui ont déjà gouverné de longues années. Les deux groupes sont illisibles politiquement sur le passe vaccinal.

Le groupe socialiste (29 membres) a été très partagé : sur 20 présents, 7 députés PS ont voté pour (dont Guillaume Garot, David Habib, Valérie Rabault, Dominique Potier et Cécile Untermaier), 10 ont voté contre (dont Laurence Dumont, Régis Juanico, le rescapé des "frondeurs" de François Hollande, Gérard Leseul, Hervé Salignac et Jérôme Lambert) et 3 se sont "courageusement" abstenus (dont Boris Vallaud).

Dans le groupe LR (103 membres), la situation est encore plus éclatée puisque parmi les 74 députés présents, les votes se sont regroupés en trois tiers. 28 députés LR ont voté pour (dont Christian Jacob, le président de LR, Damien Abad, le président du groupe, Éric Woerth, président de la commission des finances, Éric Ciotti, Guillaume Larrivé, Bernard Brochand, Charles de La Verpillière, Rémi Delatte, Victor Habert-Dassault, Annie Genevard, vice-présidente de l’Assemblée Nationale, Nicolas Forissier, Michel Herbillon, Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Robin Reda, etc.), 24 ont voté contre (dont Xavier Breton, Philippe Gosselin, Patrick Hetzel, Dino Cinieri, Guillaume Peltier, Anne-Laure Blin, Pierre Cordier, Fabien Di Filippo, Olivier Marleix, Jean-Luc Reitzer, etc.) et 22 qui se sont "courageusement" abstenus (dont Julien Aubert, Philippe Benassaya, Bernard Perrut, Raphaël Schellenberger, Pierre-Henri Dumont, Jean-Pierre Vigier, etc.).

Heureusement que les principaux leaders de LR ne sont plus députés, comme les candidats malheureux à la primaire LR de 2021, Michel Barnier, Xavier Bertrand et Philippe Juvin, ou encore Jean-François Copé, Laurent Wauquiez, etc. Et bien entendu Valérie Pécresse, présidente du conseil régionale d’Île-de-France, qui est favorable au passe vaccinal mais opposée à Emmanuel Macron et qui doit s’affirmer comme son opposante crédible et combative du second tour. Du reste, ses proches, à l’instar de Robin Reda, se sont montrés très responsables (ce qui ne m’a pas étonné) puisqu’ils ont voté pour le projet de loi du gouvernement. À noter pour l’anecdote que j’ai cité le député Jean-Luc Reitzer comme ayant voté contre, alors qu’il s’est fait connaître, entre autre chose, lors de la première vague de covid-19 ; il avait été durant plusieurs jours entre la vie et la mort dans un service de réanimation, malade de la forme grave, et il avait témoigné à l’époque, de manière poignante, pour bien dire que le covid-19 n’était pas une maladie bénigne, qu’il était une maladie redoutable et parfois mortelle.

Cette grande division au sein de LR pour un sujet très important de sécurité est à la fois étonnante et risque de plomber la crédibilité de Valérie Pécresse dans sa capacité à rassembler son parti et à proposer une alternance cohérente.

Enfin, je termine par la position des députés non-inscrits (22 députés) qui ont quasiment tous voté contre le projet de loi : 17 sur 18 présents ont effectivement émis un vote défavorable (dont Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Bruno Bilde, Joachim Son-Forget, devenu un soutien du polémiste Éric Zemmour, mélangés à Delphine Batho, Matthieu Orphelin, Cédric Villani, Martine Wonner, Aurélien Taché, etc.), et, seule exception, surprenante car dans la mouvance du RN, Emmanuelle Ménard, épouse du journaliste et maire de Béziers Robert Ménard, a voté pour (cette fois-ci vraiment courageusement, sans guillemets). Plus généralement, je me demande où sont les écologistes, alors que Yannick Jadot avait aussi prôné l’obligation vaccinale.

Ces votes ont leur importance avant l’échéance électorale décisive du 10 avril 2022. Chacun devra justifier le vote de cette nuit-là à l’avenir, quand il faudra continuer à gérer la crise sanitaire. Pourquoi de nombreux socialistes ont voté contre le passe vaccinal alors qu’ils veulent l’obligation vaccinale ? Pourquoi beaucoup de députés LR ont préféré au pire plonger dans la démagogie de l’opposition systématique facile et au mieux ne pas prendre position alors que la candidate qu’ils soutiennent aurait voter pour ? À ce titre, insistons aussi sur le courage d’Éric Ciotti, comme d’autres dirigeants de LR, qui ont préféré protéger la santé des Français à prendre une posture purement électoraliste.

Quant aux députés qui n’ont été élus que sur l’étiquette d’Emmanuel Macron en juin 2017, leur opposition au projet gouvernemental signe probablement la fin de leur aventure parlementaire…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Emmanuel Macron et les personnes non-vaccinées.
Protéger les Français et renforcer la France par l’Europe.
La santé est la première des libertés..
Igor Bogdanoff.
Grichka Bogdanoff.
6e vague : frappes chirurgicales.
Omicron : comment éteindre l’incendie de Noël ?
Face à la 5e et à la 6e vague, la vaccination matin midi et soir.
Faux passe sanitaire et dose de rappel.
Gabriel Attal.
Cinquième vague : de nouvelles restrictions sanitaires ce lundi 6 décembre 2021 ?
Professeur Bertrand Guidet.
Troisième dose et fulgurance.
Confinement ou obligation vaccinale : faut-il écouter le docteur Martin Blachier ?
Martin Blachier.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Témoignage : je suis (presque) vacciné !
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19 (1).
7 idées fausses sur le passe sanitaire.
Covid-19 : 5 millions de décès dans le monde et la 5e vague en France ?
Covid-19 : faut-il vacciner aussi les enfants de moins de 12 ans ?
Infection ou vaccination : quelle est la meilleure protection contre le covid-19 ?
Prolonger la possibilité du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 ?
50 millions de vaccinés contre le covid-19 en France !
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220106-covid-fe-passe-vaccinal.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/passe-vaccinal-1-quel-depute-a-238509

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/05/39290547.html








 

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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 03:54

« Les deux ans de pandémie nous ont appris que si c’est Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, c’est que ça devrait aller, si Olivier Véran ou Jean Castex ou les deux sont de la partie, ça va se corser, et si c’est Emmanuel Macron, il faut penser à faire des stocks de pâtes ! » (Pierre Godon, 26 décembre 2021).




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Pas de confinement, pas de couvre-feu, pas de report de la rentrée des classes, et finalement, très peu de restrictions sanitaires annoncées ce surlendemain de Noël malgré l’envolée épidémique inédite des derniers jours. La seule mesure vraiment importante qui impactera le monde des actifs, c’est le télétravail obligatoire trois ou quatre jours par semaine pendant trois semaines.

Un conseil des ministres s’est en effet tenu exceptionnellement entre Noël et le Nouvel an, ce lundi 27 décembre 2021 à 17 heures, après un conseil de défense sanitaire convoqué en visioconférence à 16 heures. Chargé d’en faire le compte-rendu, Gabriel Attal, initialement prévu, a laissé la place au Premier Ministre Jean Castex et au Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, qui ont tenu une conférence de presse commune à 19 heures 15.

Ce conseil des ministres, prévu à l’origine le 3 janvier 2021, avait pour but de faire adopter le projet de loi sur le passe vaccinal. Ce dernier annoncé le 17 décembre 2021 par Jean Castex, le gouvernement a souhaité accélérer le processus législatif en raison de la soudaineté de la sixième vague épidémique (du variant omicron). L’examen du texte en commission devrait se faire à l’Assemblée Nationale dès le 29 décembre 2021 et la discussion plénière à partir du 3 janvier 2022 pour une application au 15 janvier 2022. Le gouvernement a aussi pris plusieurs mesures sanitaires, sans pour autant changer sa philosophie générale : pas de couvre-feu, pas de report de la rentrée scolaire, mesure demandée par exemple par Valérie Pécresse.

Il faut dire qu’il y a urgence avec le franchissement de 100 000 contaminations par jour, mais le gouvernement a refusé toute mesure trop contraignante, au contraire des pays voisins (en particulier les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, etc.). Il y a une double raison à cela : le calendrier électoral qui fait que commence très bientôt la campagne de l’élection présidentielle, la principale élection en France qui détermine tout le paysage politique pendant les cinq prochaines années, et la très bonne couverture vaccinale de la France, tant les deux premières doses que la troisième dose (plus de 22 millions de doses de rappel).

Le gouvernement ne souhaite pas imposer des mesures de confinement aux personnes qui sont vaccinées, mais dès lors que la vaccination n’a pas une efficacité de 100% pour empêcher la contamination et la transmission du virus, cette conception peut paraître imprudente.


Ce qu’a annoncé Jean Castex :

1. Première mesure afin d’accélérer l’injection de la troisième dose, à partir du 28 décembre 2021, elle est accessible trois mois après la deuxième dose au lieu de quatre mois.

2. Le projet de loi a été adopté pour transformer le passe sanitaire en passe vaccinal dans les lieux soumis à passe sanitaire, avec l’objectif de l’appliquer dès le 15 janvier 2022. Par ailleurs, le projet de loi renforcera la sanction contre les faux passes vaccinaux, qui, au-delà de l’infraction à la loi, constitue une véritable mise en danger d’autrui.

3. Par ailleurs, pour les trois prochaines semaines, une série de mesures a été prise : les grands rassemblements sont limités à 2 000 personnes en intérieur et 5 000 personnes en extérieur ; il y a interdiction de consommer (boisson ou nourriture) dans les concerts, cinémas, théâtres, transports en commun au trajet court ou long (pour éviter d’ôter le masque) ; la consommation debout est interdite dans les cafés et bars.

4. Pour le 31 décembre (la langue du Premier Ministre a fourché en 31 janvier), le gouvernement n’a fait que des recommandations de prudence, surtout aux jeunes, de mettre le masque, de faire un test avant de venir faire la fête, de ne pas être trop nombreux.

5. À partir du 3 janvier 2022, et pour trois semaines, le télétravail sera obligatoire, quand cela sera possible, au moins trois jours voire quatre jours par semaine. Cette mesure est sans doute la plus importante de la soirée. Reste à appliquer la compatibilité entre "obligatoire" et "quand ce sera possible". En gros, l’employeur doit mettre tout en œuvre pour ne pas mettre en danger ses employés.

6. L’obligation de porter le masque, dans les lieux fermés, sera élargie à l’extérieur dans les centres-villes.

7. Des mesures de couvre-feu sont pour l’instant écartées, mais avec un suivi de la situation épidémique et la convocation d’un nouveau conseil de défense sanitaire pour le 5 janvier 2022.

8. Aucune mesure de report dans les établissements scolaires : pas de report de rentrée pour les écoles, pas de travail à distance pour les collèges et les lycées. En revanche, renforcement des mesures pour généraliser l’installation de capteurs de CO2 pour aérer et de regénérateurs d’atmosphère dans les salles de classe.

Des mesures d’aide économique pour les secteurs impactés seront discutées avec Bruno Le Maire. Les conditions de l’obligation du télétravail seront également discutées avec Élisabeth Borne.

Jean Castex a rappelé qu’il y a un an exactement, le 27 décembre 2021, la première Française, Mauricette, a été vaccinée contre le covid-19. La France est l’un des peuples les plus vaccinés au monde.

Par ailleurs, le Premier Ministre a indiqué que le gouvernement reverrait rapidement sa doctrine à propos du nombre de jours d’isolement pour les personnes contaminées au variant omicron et pour leurs personnes contact, après une consultation des instances scientifiques.


Ce qu’a expliqué Olivier Véran :

Nous vivons avec une double vague épidémique, le variant delta dont les contaminations sont sur un plateau haut, et le variant omicron en pleine envolée. Olivier Véran a expliqué que les caractéristiques du variant omicron sont très différentes du variant delta.

Ainsi, le temps pour doubler le nombre de personnes contaminées est de 2 jours pour omicron alors qu’il est de 12 jours pour delta. Cela signifie qu’il est probable que dans une dizaine de jours, le nombre de cas quotidien atteigne 250 000. Le variant omicron a aussi pour effet de recontaminer les personnes qui ont déjà été infectées au covid-19, y compris en développant des formes graves. Le variant omicron est également moins sensible au vaccin, mais après une troisième dose, le vaccin est efficace à plus de 90% pour empêcher les formes graves.

Toutefois, il y a deux inconnues qui pourraient rassurer : le variant omicron serait moins virulent (c’est-à-dire qu’il développerait proportionnellement moins de formes graves), mais les données en Afrique du Sud sont biaisées (population jeune) et les données de la Grande-Bretagne et des États-Unis sont plutôt contradictoires, il y a eu récemment une augmentation forte des entrées en réanimation dans ces deux pays. L’autre signe d’éventuelle éclaircie, c’est que la vague omicron serait de courte durée, c’est ce qui s’est passé en Afrique du Sud mais ce pays est en pleine période estivale.

Enfin, selon Olivier Véran, les mesures de restriction de type fermeture des commerces essentiels (comme au Danemark) ne semblent pas efficaces à cause de la très grande contagiosité, sauf à faire un confinement très sévère. Le gouvernement a choisi la limitation de grands rassemblements pour éviter des foyers importants.


Questions des journalistes à la fin de la conférence de presse :

Sur la quatrième dose de vaccin, rien n’a été pour l’instant décidé mais c’est en cours de réflexion, en raison de l’inquiétude des personnes qui ont reçu leur troisième dose dès septembre 2021. Israël va apporter des informations statistiques instructives dans les prochaines semaines puisque ce pays est passé déjà à cette quatrième dose.

Pour contrôler les passes vaccinaux, il sera sans doute permis aux responsables d’établissements recevant du public de contrôler l’identité des propriétaires de passes vaccinaux. En revanche, il n’est pas prévu de faire figurer une photo sur le passe vaccinal.

De même, les jauges dans les grands rassemblements ne concernent pas les rassemblements religieux ou politiques, pour des raisons constitutionnelles. En revanche, afin de réduire les risques sanitaires, le gouvernement prévoit une commission comprenant l’ensemble des partis politiques et en liaison avec le Conseil Constitutionnel pour prévoir un protocole sanitaire de la campagne présidentielle qui fasse consensus.

Le gouvernement entend aussi continuer l’effort pour vacciner les personnes âgées, en particulier en encourageant financièrement les infirmières libérales (et infirmiers libéraux) qui visitent ces personnes pour d’autres pathologies et qui seraient les mieux à même de convaincre celles qui ne seraient pas encore vaccinées.

Enfin, et ce n’est pas nouveau, j’en avais eu écho dès mai 2021 quand j’avais aidé brièvement dans un centre de vaccination, Olivier Véran a insisté sur la vaccination des femmes enceintes. Beaucoup d’entre elles hésitent de se faire vacciner et beaucoup se retrouvent en réanimation, avec de gros risques pour le fœtus, car une femme enceinte est une personne fragile, son appareil respiratoire est beaucoup plus fragile quand elle porte un enfant, car beaucoup plus sollicité. La grossesse fait partie, en quelque sorte, des "comorbidités", du moins au sens du covid-19.


Quelques commentaires :

D’un point de vue politique, le gouvernement a pris le beau rôle puisqu’il n’a annoncé aucune mesure particulièrement contraignante, notamment pour les fêtes du nouvel an, recommandant simplement la plus grande prudence et encourageant la vaccination, non seulement la troisième dose, mais aussi les premières doses qui sont en grande augmentation depuis quelques semaines.

Le mot principal de la gestion de crise sanitaire par le gouvernement est, depuis le début de la campagne de vaccination, "proportionné" : pas question de prendre des mesures disproportionnées. Or, ces derniers jours, le gouvernement a été confronté à des positions beaucoup moins proportionnées de la part de certaines candidates à l’élection présidentielle. En ne jouant pas au père fouettard, alors que tout le monde pouvait s’attendre à un durcissement, le gouvernement montre sa capacité à rester sur la ligne de crête, à la fois en luttant efficacement contre la pandémie de covid-19 par la vaccination et en maintenant ouvertes les activités économiques.

Mais l’avenir est toujours incertain et ce qui n’est pas envisageable aujourd’hui pourrait être proposé dans dix jours. La vraie inconnue n’est pas le tsunami du variant omicron (le nombre de contaminations sera catastrophique dans dix jours, on le sait), mais son "découplement" avec les formes graves de la maladie.

Pour l’instant, le Père Noël a encore un peu de répit, il pourra officier jusqu’au Nouvel an !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 décembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
6e vague : frappes chirurgicales.
Omicron : comment éteindre l’incendie de Noël ?
Face à la 5e et à la 6e vague, la vaccination matin midi et soir.
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Cinquième vague : de nouvelles restrictions sanitaires ce lundi 6 décembre 2021 ?
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Troisième dose et fulgurance.
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Martin Blachier.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Témoignage : je suis (presque) vacciné !
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19 (1).
7 idées fausses sur le passe sanitaire.
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Covid-19 : faut-il vacciner aussi les enfants de moins de 12 ans ?
Infection ou vaccination : quelle est la meilleure protection contre le covid-19 ?
Prolonger la possibilité du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 ?
50 millions de vaccinés contre le covid-19 en France !
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211227-covid-ey-passe-vaccinal.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/6e-vague-frappes-chirurgicales-238273

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26 décembre 2021 7 26 /12 /décembre /2021 03:40

105 000 nouveaux cas rien que pour la journée du 25 décembre 2021 : la France est en plein tsunami du variant omicron.



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La situation sanitaire de l’Europe et en particulier du Royaume-Uni, de la France, de l’Espagne et de l’Italie, s’aggrave à cause de l’arrivée du variant omicron. En France, on atteint des records dans le nombre de cas détectés en une journée, record dépassé pour la deuxième vague, probablement pas pour la première vague car il n’existait pas la force de frappe actuelle des tests (les estimations indiquaient plusieurs centaines de milliers de cas par jour en mars 2020).

À la journée de Noël 2021 a été franchi le seuil de 100 000 nouveaux cas, 104 611 exactement ; le Royaume-Uni l’avait atteint le 22 décembre 2021 (il en était à 122 186 au 24 décembre 2021). La montée est vertigineuse et pour l’instant, à part les boîtes de nuit qui concernent un public relativement restreint, aucune autre restriction sanitaire n’a été décidée par le gouvernement.

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On peut comprendre la difficulté du gouvernement à prendre des mesures restrictives.

D’une part, il y a une élection présidentielle et prendre des mesures de confinement à trois mois du premier tour, c’est pire qu’augmenter la TVA à la même période. Mais je ne doute cependant pas de l’esprit de responsabilité du gouvernement et du Président de la République, et l’interview du candidat potentiel Emmanuel Macron le 15 décembre 2021 prend alors tout son sens : à la question cruciale de sa candidature, il avait expliqué qu’effectivement, il y pensait, mais que les circonstances actuelles pourraient l’empêcher de se présenter s’il devait prendre des mesures très dures en raison de la crise du covid-19. Franchement, qui veut gérer la crise covid en avril 2022 ?

D’autre part, la philosophie générale du gouvernement est qu’il ne veut pas que les personnes vaccinées soient concernées par des mesures de confinement et veut reposer les éventuelles restrictions sanitaires aux seules personnes non-vaccinées. C’est la raison d’être du conseil de défense sanitaire et du conseil des ministres convoqués ce lundi 27 décembre 2021 en urgence (initialement prévus le mercredi 5 janvier 2022).

Annoncée le 17 décembre 2021 par le Premier Ministre Jean Castex, le gouvernement devrait adopter l’instauration du passe vaccinal en lieu et place du passe sanitaire, renforçant ainsi la pression sur les personnes non-vaccinées.

Mais c’est oublier que la lutte contre le virus, au-delà de la vaccination massive et des gestes barrières, doit aussi permettre de freiner la circulation du virus. Or, les mesures de vaccination (troisième dose et vaccination des enfants de 5 à 12 ans généralisée à partir du 22 décembre 2021) n’auront aucun effet réel avant plusieurs semaines voire plusieurs mois.

De plus, même avec une couverture vaccinale de 100% (cas idéal inatteignable), on ne pourra pas stopper complètement le virus dès lors que le vaccin, au mieux, est efficace à 90% et pas à 100%. Lorsqu’on arrive avec des ordres de grandeur de plusieurs centaines de milliers de nouveaux cas par jour, on change de dimension. Les "trous dans la raquette" deviennent bien trop nombreux en absolu. Un taux d’incidence de près de 1 000 nouveaux cas par million d’habitants en une semaine, cela voudrait dire qu’en un mois, 0,4% de la population va être contaminée, ce qui est énorme (il est actuellement de 710 en France et de 1 030 au Royaume-Uni). Les personnes non-vaccinées ont donc de grands risques d’être massivement victimes de cette offensive du variant omicron, cette sixième vague.

L’évolution est alarmante car la vague ne cesse de monter en nombre de cas. C’est une déferlante, rapide, d’une amplitude inédite. Elle a déjà une semaine d’avance : on ne pensait franchir ce seuil de 100 000 qu’au nouvel an. Et l’augmentation très forte (et rassurante) du nombre de tests avant Noël n’en est pas la cause mécanique : le taux de positivité aussi ne cesse de monter, passant à 7,8% de positivité au 22 décembre 2021 (nombre de tests positifs sur nombre total de tests réalisés ; il faut certes atteindre l’évolution de ce taux jusqu’au 25 décembre). C’est rassurant que le nombre de tests soit en grande augmentation depuis une semaine car cela signifie que les personnes, même vaccinées, sont responsables et prudentes, et vérifient qu’elles ne sont pas contaminées avant d’aller revoir leurs familles (parents, grands-parents) en plein tsunami épidémique.

Certains évoquent une moindre virulence du variant omicron mais plusieurs dizaines de morts sont déjà décomptés, hélas, au Royaume-Uni (au contraire de l’Afrique du Sud qui a un âge médian beaucoup plus faible qu’en Europe). Le professeur Bruno Mégarbane expliquait d’ailleurs le 20 décembre 2021 que la forme sévère ne provient pas du type du variant mais de la réaction inflammatoire que fait l’organisme, et qu’il n’y a donc pas de raison que le variant omicron se comporte différemment, en matière de virulence, que les précédents variants.

En revanche, il est très contaminant, et même s’il était moins virulent, la forte contagiosité en fait un véritable fléau sanitaire potentiel. Tout le monde tend le dos et il faut atteindre une à deux semaines pour savoir si cette vague en nombre de cas va s’accompagner d’une vague proportionnelle en entrées à l’hôpital et en admissions en réanimation.

La vraie source d’espoir reste dans la vaccination, dont la dose de rappel est efficace contre ce variant. C’est donc pertinent, de la part du gouvernement, de vouloir généraliser le plus rapidement possible cette troisième dose. Au 22 décembre 2021, 21 222 662 doses de rappel ont déjà été injectées, l’objectif très ambitieux des 25 millions à la fin de l’année sera donc probablement atteint.

On ne peut que saluer la grande capacité à assurer cette vaccination massive (en particulier, dans l’organisation matérielle mais aussi numériques de ces opérations), tout comme d’ailleurs les tests de dépistage (à ce jour, 183 millions de tests ont été réalisés en France, soit près de 2,8 tests par habitant en moyenne). Tests et vaccination qui sont immédiatement intégrés dans le passe sanitaire.

On peut aussi parler du "pas de chance" : autant l’année 2020 fut ponctuée par deux vagues très mortelles de la souche initiale du virus (mars-avril 2020 et novembre 2020), autant l’année 2021 a été bousculées par les trois variants : alpha en avril 2021, delta en été 2021 mais heureusement, l’effet de la vaccination a permis d’en avoir des effets sanitaires atténués (réanimations et décès). Enfin, omicron depuis deux semaines. On n’imaginait même pas son existence il y a cinq à six semaines. Difficile d’imaginer l’année 2022 en termes sanitaires à moyen terme.

Dans le graphique du talentueux créateur du site CovidTracker, on peut voir la part du variant omicron sur l’ensemble des cas détectés : 10% le 23 décembre 2021 et près de 18% le 24 décembre 2021, la montée est là aussi vertigineuse, et le nombre de contaminations au variant delta semble se stabiliser sur un plateau légèrement descendant, c’était ce que montrait le taux de reproduction effectif qui avait chuté depuis la fin de novembre jusqu’à 1,09 au 18 décembre 2021 (hélas, il va donc remonter très rapidement).

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Les enseignements de l’année 2021 aboutissent à une conclusion importante : pour limiter les variants, il faut vacciner l’ensemble des pays du monde, du moins les plus peuplés. Ce n’est pas un hasard si ceux-là apparaissent dans des pays peuplés et peu vaccinés, soit parce qu’il n’y avait pas encore de vaccins (alpha au Royaume-Uni, bêta au Brésil), soit qu’il y avait (ou reste) un très faible taux de vaccination (gamma en Afrique du Sud, delta en Inde, omicron en Afrique du Sud). Pour cela, au-delà de l’effort national des pays dits riches, il convient de renforcer massivement la vaccination des pays dits pauvres sans quoi, nous serions comme Sisyphe avec ses variants.

Pour l’heure, le gouvernement français va devoir prendre des mesures comme tous les autres pays européens, en particulier les Pays-Bas. J’imagine d’ailleurs qu’il y a un débat entre le possible, l’acceptable politiquement, socialement et économiquement, et le souhaitable, l’idéal sur le plan sanitaire. Pour l’heure, la fête familiale de Noël est passée, mais il paraîtrait fort étonnant que le gouvernement ne prenne pas des restrictions pour réduire les rassemblements du nouvel an.

Le débat sur le passe vaccinal qui commencera au Parlement le lundi 3 janvier 2022 (douzième débat parlementaire sur la crise sanitaire) sera intéressant à plus d’un titre. Il imposera aux candidats de se positionner : soit ils adopteront une posture d’opposition systématique, soit ils prendront leurs responsabilités et soutiendront le gouvernement. Ce sera très compliqué pour ceux qui veulent à la fois gouverner dans trois mois et récupérer la partie de la population en forte opposition sur la gestion actuelle de la crise sanitaire.

Car il va être difficile à l’opposition de fustiger le manque d’anticipation, je pense en particulier au groupe Les Républicains qui avait refusé de voter le passe sanitaire puis son prolongement. Au contraire, le gouvernement avait fait preuve d’une forte anticipation en la matière, dès le 12 juillet 2021. Dans les oppositions, certains qui sont pour l’obligation vaccinale veulent rejeter le passe vaccinal : les incohérences à connotations électoralistes vont être rapidement démasquées par le peuple. Je pense que l’esprit de responsabilité va l’emporter sur la démagogie, et ce sera un bon point pour la démocratie française, d’autant plus que le prochain quinquennat sera certainement encore fortement impacté par la pandémie de covid-19. Autant ne pas élire une personnalité qui ignore ou ne comprend rien à ce fléau.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 décembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Conseil de défense sanitaire et conseil des ministres du lundi 27 décembre 2021.
Omicron : comment éteindre l’incendie de Noël ?
Face à la 5e et à la 6e vague, la vaccination matin midi et soir.
Faux passe sanitaire et dose de rappel.
Gabriel Attal.
Cinquième vague : de nouvelles restrictions sanitaires ce lundi 6 décembre 2021 ?
Professeur Bertrand Guidet.
Troisième dose et fulgurance.
Confinement ou obligation vaccinale : faut-il écouter le docteur Martin Blachier ?
Martin Blachier.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Témoignage : je suis (presque) vacciné !
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19 (1).
7 idées fausses sur le passe sanitaire.
Covid-19 : 5 millions de décès dans le monde et la 5e vague en France ?
Covid-19 : faut-il vacciner aussi les enfants de moins de 12 ans ?
Infection ou vaccination : quelle est la meilleure protection contre le covid-19 ?
Prolonger la possibilité du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 ?
50 millions de vaccinés contre le covid-19 en France !
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211225-covid-ex-omicron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/omicron-comment-eteindre-l-238235

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/12/22/39272120.html







 

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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 03:39

« Notre meilleure arme, notre seule arme, c'est la vaccination avec trois doses désormais. Avec deux doses, le vaccin est efficace à 70% contre les formes graves d'omicron, et avec trois dses, plus de 90%. » (Jean Castex, le 17 décembre 2021).



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Un nouveau conseil de défense sanitaire a eu lieu ce vendredi 17 décembre 2021 à 16 heures pour réagir face à un double phénomène : la cinquième vague de variant delta qu est à son sommet en taux d'incidence et qui sera à la fin du mois à son sommet en hospitalisations et admissions en réanimation, et la montée en puissance du variant omicron, qui affole le Royaume-Uni (93 000 nouveaux cas, un record, dont la moitié en omicron), mais aussi l'Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, etc. et il devrait affoler la France également.

Le Premier Ministre Jean Castex a annoncé plusieurs mesures à 19 heures 30 pour passer les fêtes de fin d'année dans les meilleures conditions. Grossièrement, il y a très peu de mesures restrictives, on est loin du couvre-feu de Noël dernier, et tout est misé sur la politique de vaccination : 1°/ la dose de rappel pour tous, à partir du quatrième mois après la deuxième dose à partir du 3 janvier 2022, 2°/ la vaccination élargie à tous les enfants de 5 à 12 ans, le comité consultatif national d'éthique a rendu un avis favorable le matin même ; 3°/ la mesure la plus importante et la plus politique, c'est la volonté du gouvernement de transformer le passe sanitaire en passe vaccinal avec le dépôt d'un projet de loi dès le conseil des ministres du 5 janvier 2022 (j'y reviendrai et cela promet quelques belles envolées au Parlement). En clair, le gouvernement mise sur l'esprit de responsabilité des Français, en particulier sur le respect des gestes barrières lors des fêtes familiales, et sur la vaccination.

Le renforcement des contraines sur les personnes non-vaccinées est probablement le point le plus important du dispositif et la contre-partie d'un non-confinement : plus de 5,7 millions d'adultes ne sont pas encore vaccinés, dont 500 000 fragiles, et ceux-là peuplent les services de réanimation. Au-delà de la non-vaccination, il y a une chose plus grave, la possession d'un faux passe sanitaire, c'est plus grave car en cas d'hospitalisation pour covid, une personne non-vaccinée qui prétend être vaccinée ne recevra pas le traitement préventif adéquat.

Il y a par exemple une histoire triste parmi d'autres, qui engendre beaucoup de colère contre tous les complotistes des réseaux sociaux qui découragent les Français (et les autres) d’aller se faire vacciner. Elle a été rendue publique ce samedi 11 décembre 2021 mais elle n’est hélas pas la seule. Une femme de 54 ans qui s’était présentée à l’hôpital de Garches avec un faux passe sanitaire est morte d’une forme sévère du covid-19.

Parce que les médecins avaient cru que la patiente était vaccinée, ils ne l'ont pas soignée comme il l'aurait fallu par prévention, et ils ont perdu beaucoup de temps qui aurait pu la sauver. Son mari ne savait pas qu’elle s’était fait faire un faux passe sanitaire, c’est-à-dire un certificat de complaisance réalisé par un médecin voyou qui non seulement, pour de l’argent, a trahi la loi et la déontologie, mais a aussi provoqué la mort d’au moins une personne, j’écris "au moins" car si son affaire frelatée aux faux passes sanitaires concerne des centaines voire des milliers de personnes, malheureusement, cette femme pourrait ne pas être la seule. Elle était la mère d’un enfant de 13 ans et son mari, effondré, a décidé de déposer plainte pour homicide (information en une des journaux de BFM-TV le 11 décembre 2021).

S’il y a une loi qui oblige le passe sanitaire dans certains lieux publics, c’est parce que justement, une simple recommandation ne suffit pas, cet événement tragique l’illustre, alors que la vaccination est gratuite et l’achat d’un faux passe sanitaire très coûteux. La raison d’un tel sacrifice financier, surtout avant cette période de fêtes qui sont chères pour les ménages, est surtout un endoctrinement dans les réseaux sociaux par des arguments complètement bidon, faux et dangereux. Comme on le voit, ces faux arguments parfois jetés avec légèreté ne sont pas sans conséquences et chacun à son niveau, dans son expression, devrait peser un peu plus les conséquences de ce qu’il avance.

Il faut savoir que la dernière loi de vigilance sanitaire est devenue très sévère contre ceux qui sciemment veulent tromper la société en créant un délit : « portant sur le fait d’utiliser, d’établir, de transmettre ou de proposer un faux passe sanitaire » sanctionné d’une peine de cinq d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Cela devrait faire réfléchir les médecins véreux.

Mais il faut aussi savoir que les "victimes", car ceux qui achètent ces faux passes sanitaires sont victimes, ne risquent rien à avouer d'être en possession d'un tel faux passe sanitaire : ils ne seront pas poursuivis. Il faut qu’ils le sachent s’ils veulent faire arrêter cette désastreuse machinerie de la mort pour le seul profit pécuniaire de quelques-uns (procédé qui n’a rien de complotiste ni d’idéologique, d’ailleurs, la plupart de ceux qui prônent la non-vaccination sur les réseaux sociaux sont eux-mêmes vaccinés mais engrangent des revenus avec l’audience très élevée de leur site Internet).

Et surtout, ils doivent signaler que leur passe sanitaire est faux s'ils veulent enfin se faire (vraiment) vacciner, car les propriétaires de faux passes sanitaires ne peuvent en pratique pas se faire vacciner puisqu'ils sont considérés comme déjà vaccinés, c'est pour cela qu'il ont besoin d'avouer qu'ils étaient en possession d'un faux passe sanitaire et qu'ils n'étaient pas vaccinés. Olivier Véran a confirmé le 16 décembre 2021 qu'ils ne seraient pas poursuivis : « Il faut que quelqu'un qui bénéficierait d'un faux document puisse se mettre en règle et qu'il y ait abandon de poursuites. » et il a justifié cette indulgence par la nécessité sanitaire de vacciner le plus grand nombre de personnes (le nombre actuel de personnes fragiles non-vaccinées suffit à risquer la saturation des services de réanimation avec la vague actuelle de variant delta et surtout, la vague très prochaine de variant omicron).

L'Assurance maladie a indiqué qu'elle avait déjoué environ 40 000 faux passes sanitaires depuis le mois de septembre 2021. Quant au Ministère de l'Intérieur, il a dénombré 110 000 faux passes sanitaires au 16 décembre 2021. Il ne faut pas se tromper sur la nature du faux passe sanitaire. La motivation n'est pas politique mais économique, s'enrichir sur le dos de la santé des personnes. Un faux passe sanitaire peut conduire à la mort, et c'est le même procédé dégueulasse que les passeurs de réfugiés dans les mers (Méditerranée, Manche, etc.), proposant pour des prix exorbitants un rafiot qui a de grands risques de ne pas finir la traversée. Mais les passeurs s'en moquent de ces tragédies humaines, ils ont l'argent des victimes ; leur vénalité est comptable des morts qui en résultent, ce sont des meurtres. Délivrer un faux passe sanitaire est aussi scandaleux, aussi dégueulasse, aussi meurtrier.

L'ancien ministre socialiste et médecin Jean-Marie Le Guen a proposé le 17 décembre 2021 sur LCI une procédure pour éviter de nouveaux faux passes sanitaires : lancer un ultimatum aux médecins escrocs qui délivrent de faux certificats de vaccination (dès lors que la personne possédant un faux passe sanitaire le reconnaît, il est très facile de remonter à la source du faux certificat) pour les inciter à se dénoncer eux-mêmes avant une date donnée (le nouvel an par exemple), et dans ce cas, ils auront des sanctions symboliques ; après la date fixée, alors, s'ils sont pris, ils auront les plus fortes pénalités (a priori 75 000 euros d'amendes et cinq ans d'emprisonnement, mais le gouvernement envisage aussi de durcir ces peines). En gros, Jean-Marie Le Guen propose d'appliquer la politique du fisc qui était indulgent pour ceux qui déclaraient eux-mêmes de l'argent non déclaré à l'étranger avant une certaine date.

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Avec autour de 60 000 nouveaux cas détectés chaque jour depuis une quinzaine de jours, nous sommes en plein dans la cinquième vague. La montée du nombre des hospitalisations (plus de 15 400) et des admissions en réanimation est très forte. Le seuil des 3 000 patients en réanimation pour covid-19 sera franchi ce week-end du 18-19 décembre 2021. Deux sources d’optimisme sont cependant à noter : le taux effectif de reproduction, le "fameux" R0 (la dérivée seconde du nombre de cas, c’est-à-dire la pente de la pente, ou son accélération) est en train de redescendre depuis deux semaines. Au plus fort, le 20 novembre 2021, il était à 1,59, au 4 décembre 2021, à 1,42 et au 11 décembre 2021, à 1,18 ; c’est encore bien trop haut car tant qu’il est au-dessus de 1,00, l’épidémie s’aggrave, mais cette baisse laisse entendre que l’aggravation est de moins en moins forte, et on le voit aussi sur le taux d’incidence qui est de 519 nouveaux cas pour 100 000 habitants (ce qui est énorme), et en hausse de seulement 19% en une semaine alors qu’il avait bondi de 50% à 100% les semaines précédentes.

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L’autre source d’optimisme, c’est évidemment cette nouvelle course à la montre qu’est la généralisation de la troisième dose, cette dose de rappel au bout du cinquième et sixième mois, et plus globalement, de la vaccination en général : curieusement, le gouvernement a toujours commencé à avancer à reculons avant de, enfin, foncer. C’était le cas pour le début de la campagne de vaccination en janvier 2021. C’était le cas aussi pour cette dose de rappel qu’il a recommandé du bout des lèvres, jusqu’à ce qu’elle soit désormais imposée pour maintenir valide son passe sanitaire (pour les plus de 65 ans, le passe sanitaire ne sera plus valide à partir du 15 décembre 2021 si la dose de rappel n’a pas été injectée dans les sept mois après la deuxième dose ; pour les autres, cette mesure s’appliquera à partir du 15 janvier 2022). Et c’est le cas enfin de la vaccination des enfants de 5 à 12 ans, possible à partir du 15 décembre 2021, d’abord uniquement pour les enfants avec comorbidités, et quelques jours plus tard, cette mesure sera enfin généralisée, comme cela s’est passé en Israël et aux États-Unis.

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Parallèlement aux fortes incitations du gouvernement, il fallait aussi assurer au niveau logistique. Comme toujours, des gens ont râlé car au début de cette nouvelle campagne de vaccination, certains rendez-vous étaient fixés au mois de janvier, faute de mieux. 200 centres de vaccination ont rouverts depuis quelques jours et les médecins, les pharmaciens, les infirmiers contribuent aujourd’hui beaucoup plus qu’il y a huit mois à l’effort national parce que les conditions de stockage des vaccins se sont assouplies. Dans beaucoup d’officines (pharmacies) et même dans certains centres de vaccination, voire centres commerciaux, on peut venir se faire vacciner, première dose comme dose de rappel, sans rendez-vous. On est loin de la pénurie de doses du printemps dernier. Le gouvernement a même encouragé les pharmacies à ouvrir les dimanches de décembre pour permettre la vaccination massive.

Chaque bat le record de la veille. La situation à ce jour est très impressionnante. Il y a eu plus de 900 000 doses injectées le vendredi 17 décembre 2021. Chaque jour, ce chiffre augmente comme le montre ce tableau de CovidTracker.fr (le nombre quotidien des doses injectées).

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Au 16 décembre 2021, il y avait 52 248 386 personnes ayant reçu au moins une dose (77,8% de la population totale, soit 90,9% de la population éligible), 51 363 156 personnes ayant reçu deux doses (ou ayant été complètement vaccinées) et au 15 décembre 2021, il y avait 16 678 837 personnes ayant reçu la dose de rappel (24,7% de la population totale, soit 29,0% de la population éligible). C’est déjà beaucoup et on peut imaginer que l’objectif très ambitieux du gouvernement a des chances d’être atteint, à savoir 25 millions de doses de rappel avant la fin de décembre (c’est très ambitieux car il ne reste plus que deux semaines, mais le rythme est là).

C’est une course de vitesse puisque la baisse d’efficacité en pleine période épidémique est une catastrophe (contamination, transmission, réanimation pour les formes graves). La chance, c’est que la protection est renforcée quasiment immédiatement après la dose de rappel (après un ou deux jours), au contraire des deux premières doses avec plusieurs semaines de décalage.

Et même si la dose de rappel est nécessaire pour "booster" le système immunitaire (comme on dit), il n’y a pas de comparaison entre cette vague épidémique qui vaut la deuxième vague de novembre 2020 et ses conséquences sur le nombre d’hospitalisations et d’admissions en réanimation qui est beaucoup moindre qu’en automne 2020 (ainsi que le nombre de décès mais nous ne sommes pas encore au pic des décès de cette vague, hélas).

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C’est ce qu’a voulu montrer le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal en venant le samedi 11 décembre 2021 dans la matinée au centre commercial de Vélizy 2, l’un des grands centres commerciaux de la région parisienne. En effet, c’est là qu’il s’est fait injecter sa dose de rappel, et en choisissant le vaccin Moderna, alors qu’il a lui-même 30 ans, il a voulu signifier qu’il n’y avait pas de danger à le prendre (depuis quelques semaines, les personnes veulent du Pfizer et pas du Moderna). D’ailleurs, il n’y a qu’en France que des patients demandent une marque déterminée de vaccin, à l’étranger, ils laissent le choix aux médecins qui sont plus compétents qu’eux pour ce faire.

Bien entendu, on ne manquera pas de remarquer que le ministre est venu dans la commune où vote la candidate LR à l’élection présidentielle Valérie Pécresse, ancienne députée des lieux de 2002 à 2016. Du reste, depuis 2020, Valérie Pécresse est également conseillère municipale de Vélizy-Villacoublay, dont le maire depuis mars 2014, Pascal Thévenot, l’un de ses proches, lui avait succédé comme député le 20 mars 2016 avec la triple investiture LR-UDI-MoDem, et ce dernier s’est fait battre en juin 2017 par le candidat du MoDem Jean-Noël Barrot.

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Il faut insister sur les gestes barrières, notamment dans les grandes surfaces commerciales. Trop de personnes ne mettent pas leur masque correctement. Pourtant, autour de 200 personnes meurent chaque jour du covid-19 en France et cela va sans doute encore augmenter les prochains jours avec la forte progression des hospitalisations (en Allemagne, ce sont près de 500 décès par jour, niveau que je pense qu’on n’atteindra pas car une partie de l’Allemagne de l’Est a été peu vaccinée). Si on pensait au risque (dont il ne faut pas avoir peur), on aurait la vigilance pour ne pas contaminer les autres.

Le gouvernement a fait le "pari" (je n’aime pas trop ce mot) de ne prendre quasiment aucune mesure de reconfinement pour cette très forte cinquième vague en pensant avec raison que la vaccination nous protégera d’autant plus que la dose de rappel sera généralisée. On peut reprocher à Emmanuel Macron de ne pas se déclarer candidat, et il est vrai qu’à moins de quatre mois du premier tour (10 avril 2022 !), il serait certainement temps, mais franchement, vous croyez qu’il en est déjà là quand un pays est en tel danger épidémique ? Qu’on ne sait pas ce qui se passera à Noël d’un point de vue épidémique. Sans compter les considérations économiques et la Présidence française du Conseil de l’Union Européenne, le gouvernement ne peut pas se payer le luxe de faire campagne dès maintenant : il a encore trop de travail !

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Et la réussite de la lutte contre la pandémie de covid-19, elle ne sera pas attribuée au gouvernement, mais à l’ensemble des Français. C’est pourquoi, hors de toute considération politique, les Français doivent garder leur vigilance pour préserver les personnes les plus fragiles, et c’est une roulette russe, cette femme de 54 ans qui avait voulu se faire passer pour une personne vaccinée, je suis persuadé qu’elle se croyait invincible et certainement pas une "personne fragile". Donc, la conclusion, ce n’est pas la peur, qui est une émotion inefficace, mais bien la raison, le sens des responsabilités, et finalement, la vigilance qui doivent dominer la conscience des personnes en période des fêtes. L'an dernier avait été un exemple de responsabilté collective. Heureusement, 90,9% des personnes éligibles en font preuve aujourd’hui, c’est rassurant et très prometteur pour l’avenir de ce beau pays qu’est la France. Protégez-vous et protégez vos proches !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 décembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Face à la 5e et à la 6e vague, la vaccination matin midi et soir.
Faux passe sanitaire et dose de rappel.
Gabriel Attal.
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Professeur Bertrand Guidet.
Troisième dose et fulgurance.
Confinement ou obligation vaccinale : faut-il écouter le docteur Martin Blachier ?
Martin Blachier.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Témoignage : je suis (presque) vacciné !
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19 (1).
7 idées fausses sur le passe sanitaire.
Covid-19 : 5 millions de décès dans le monde et la 5e vague en France ?
Covid-19 : faut-il vacciner aussi les enfants de moins de 12 ans ?
Infection ou vaccination : quelle est la meilleure protection contre le covid-19 ?
Prolonger la possibilité du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 ?
50 millions de vaccinés contre le covid-19 en France !
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211217-covid-ew-pandemie.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/face-a-la-5e-et-a-la-6e-vague-la-238047

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16 décembre 2021 4 16 /12 /décembre /2021 01:08

« Il faut que quelqu'un qui bénéficierait d'un faux document puisse se mettre en règle et qu'il y ait abandon de poursuites. » (Olivier Véran, le 16 décembre 2021).



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C’est une histoire triste parmi les autres, mais qui engendre beaucoup de colère contre tous les complotistes des réseaux sociaux qui découragent les Français (et les autres) d’aller se faire vacciner. Elle a été rendue publique ce samedi 11 décembre 2021 mais elle n’est hélas pas la seule. Une femme de 54 ans qui s’était présentée à l’hôpital avec un faux passe sanitaire est morte d’une forme sévère du covid-19.

Parce que les médecins avaient cru que la patiente était vaccinée, ils ont recherché ailleurs la cause de son mal, ne l'ont pas soigné comme il l'aurait fallu par prévention, et ils ont perdu beaucoup de temps qui aurait pu la sauver. Son mari ne savait pas qu’elle s’était fait faire un faux passe sanitaire, c’est-à-dire un certificat de complaisance réalisé par un médecin voyou qui non seulement, pour de l’argent, a trahi la loi et la déontologie, mais a aussi provoqué la mort d’au moins une personne, j’écris "au moins" car si son affaire frelatée aux faux passes sanitaires concerne des centaines voire des milliers de personnes, malheureusement, cette femme pourrait ne pas être la seule. Elle était la mère d’un enfant de 13 ans et son mari, effondré, a décidé de déposer plainte pour homicide (information en une des journaux de BFM-TV le 11 décembre 2021).

S’il y a une loi qui oblige le passe sanitaire dans certains lieux publics, c’est parce que justement, une simple recommandation ne suffit pas, cet événement tragique l’illustre, alors que la vaccination est gratuite et l’achat d’un faux passe sanitaire très coûteux. La raison d’un tel sacrifice financier, surtout avant cette période de fêtes qui sont chères pour les ménages, est surtout un endoctrinement dans les réseaux sociaux par des arguments complètement bidon, faux et dangereux. Comme on le voit, ces faux arguments parfois jetés avec légèreté ne sont pas sans conséquences et chacun à son niveau, dans son expression, devrait peser un peu plus les conséquences de ce qu’il avance.

Il faut savoir que la dernière loi de vigilance sanitaire est devenu très sévère contre ceux qui sciemment veulent tromper la société en créant un délit : « portant sur le fait d’utiliser, d’établir, de transmettre ou de proposer un faux passe sanitaire » sanctionné d’une peine de cinq d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Cela devrait faire réfléchir les médecins véreux.

Mais il faut aussi savoir que les "victimes", car ceux qui achètent ces faux passes sanitaires sont victimes, ne risquent rien à dénoncer celui qui leur a proposé voire vendu un tel faux passe sanitaire : ils ne seront pas poursuivis. Il faut qu’ils le sachent s’ils veulent faire arrêter cette désastreuse machinerie de la mort pour le seul profit pécuniaire de quelques-uns (procédé qui n’a rien de complotiste ni d’idéologique, d’ailleurs, la plupart de ceux qui prônent la non-vaccination sur les réseaux sociaux sont eux-mêmes vaccinés mais engrangent des revenus avec l’audience très élevée de leur site Internet). Et aussi, surtout, s'ils veulent enfin se faire vacciner, car les propriétaires de faux passes sanitaires ne peuvent en pratique pas se faire vacciner puisqu'ils sont considérés comme déjà vaccinés, c'est pour cela qu'il ont besoin d'avouer qu'ils étaient en possession d'un faux passe sanitaire et qu'ils n'étaient pas vaccinés. Olivier Véran a confirmé qu'ils ne seraient pas poursuivis, et il a justifié cette tolérance par la nécessité sanitaire de vacciner le plus grand nombre de personnes (il y a encore 4,6 millions de personnes adultes non-vaccinées, dont 500 000 fragiles qui risquent d'occuper les services de réanimation avec la vague actuelle de variant delta et surtout, la vague très prochaine de variant omicron).

L'Assurance maladie a indiqué qu'elle avait déjoué environ 40 000 faux passes sanitaires depuis le mois de septembre 2021. Quant au Ministère de l'Intérieur, il a dénombré 110 000 faux passes sanitaires au 16 décembre 2021. Il ne faut pas se tromper sur la nature du faux passe sanitaire. La motivation n'est pas politique mais économique, s'enrichir sur le dos de la santé des personnes. Un faux passe sanitaire peut conduire à la mort, et c'est le même procédé dégueulasse que les passeurs de réfugiés dans les mers (Méditerranée, Manche, etc.), proposant pour des prix exorbitants un rafiot qui a de grands risques de ne pas finir la traversée. Mais les passeurs s'en moquent de ces tragédies humaines, ils ont l'argent des victimes ; leur vénalité est comptable des morts qui en résultent, ce sont des meurtres. Délivrer un faux passe sanitaire est aussi scandaleux, aussi dégueulasse, aussi meurtrier.

Avec autour de 60 000 nouveaux cas détectés chaque jour depuis une dizaine de jours, nous sommes en plein dans la cinquième vague. La montée du nombre des hospitalisations et des admissions en réanimation est très forte. Deux sources d’optimisme sont cependant à noter : le taux effectif de reproduction, le "fameux" R0 (la dérivée seconde du nombre de cas, c’est-à-dire la pente de la pente, ou son accélération) est en train de redescendre depuis deux semaines. Au plus fort, le 20 novembre 2021, il était à 1,59 et au 4 décembre 2021, il est à 1,42 ; c’est encore bien trop haut car tant qu’il est au-dessus de 1,00, l’épidémie s’aggrave, mais cette baisse laisse entendre que l’aggravation est de moins en moins forte, et on le voit aussi sur le taux d’incidence qui est de 519 nouveaux cas pour 100 000 habitants (ce qui est énorme), et en hausse de seulement 19% en une semaine alors qu’il avait bondi de 50% à 100% les semaines précédentes.

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L’autre source d’optimisme, c’est évidemment cette nouvelle course à la montre qu’est la généralisation de la troisième dose, cette dose de rappel au bout du cinquième et sixième mois, et plus globalement, de la vaccination en général : curieusement, le gouvernement a toujours commencé à avancer à reculons avant de, enfin, foncer. C’était le cas pour le début de la campagne de vaccination en janvier 2021. C’était le cas aussi pour cette dose de rappel qu’il a recommandé du bout des lèvres, jusqu’à ce qu’elle soit désormais imposée pour maintenir valide son passe sanitaire (pour les plus de 65 ans, le passe sanitaire ne sera plus valide à partir du 15 décembre 2021 si la dose de rappel n’a pas été injectée dans les sept mois après la deuxième dose ; pour les autres, cette mesure s’appliquera à partir du 15 janvier 2022). Et c’est le cas enfin de la vaccination des enfants de 5 à 12 ans, possible à partir du 15 décembre 2021, d’abord uniquement pour les enfants avec comorbidités, et quelques jours plus tard, cette mesure sera enfin généralisée, comme cela s’est passé en Israël et aux États-Unis.

Parallèlement aux fortes incitations du gouvernement, il fallait aussi assurer au niveau logistique. Comme toujours, des gens ont râlé car au début de cette nouvelle campagne de vaccination, certains rendez-vous étaient fixés au mois de janvier, faute de mieux. 200 centres de vaccination ont rouverts depuis quelques jours et les médecins, les pharmaciens, les infirmiers contribuent aujourd’hui beaucoup plus qu’il y a huit mois à l’effort national parce que les conditions de stockage des vaccins se sont assouplies. Dans beaucoup d’officines (pharmacies) et même dans certains centres de vaccination, voire centres commerciaux, on peut venir se faire vacciner, première dose comme dose de rappel, sans rendez-vous. On est loin de la pénurie de doses du printemps dernier. Le gouvernement a même encouragé les pharmacies à ouvrir les dimanches de décembre pour permettre la vaccination massive.

La situation à ce jour est très impressionnante. Il y a eu 780 000 doses injectées le vendredi 10 décembre 2021. Chaque jour, ce chiffre augmente comme le montre ce tableau de CovidTracker.fr (le nombre quotidien des doses injectées).

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Au 10 décembre 2021, il y avait donc 52 248 386 personnes ayant reçu au moins une dose (77,5% de la population totale, soit 90,6% de la population éligible), 51 172 620 personnes ayant reçu deux doses (ou ayant été complètement vaccinées) et 13 766 535 personnes ayant reçu la dose de rappel (20,4% de la population totale, soit 23,9% de la population éligible). C’est déjà beaucoup et on peut imaginer que l’objectif très ambitieux du gouvernement a des chances d’être atteint, à savoir 25 millions de doses de rappel avant Noël (c’est très ambitieux car il ne reste plus que deux semaines, mais le rythme est là).

C’est une course de vitesse puisque la baisse d’efficacité en pleine période épidémique est une catastrophe (contamination, transmission, réanimation pour les formes graves). La chance, c’est que la protection est renforcée quasiment immédiatement après la dose de rappel (après un ou deux jours), au contraire des deux premières doses avec plusieurs semaines de décalage.

Et même si la dose de rappel est nécessaire pour "booster" le système immunitaire (comme on dit), il n’y a pas de comparaison entre cette vague épidémique qui vaut la deuxième vague de novembre 2020 et ses conséquences sur le nombre d’hospitalisations et d’admissions en réanimation qui est beaucoup moindre qu’en automne 2020 (ainsi que le nombre de décès mais nous sommes encore loin du pic de cette vague, hélas).

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C’est ce qu’a voulu montrer le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal en venant ce samedi 11 décembre 2021 dans la matinée au centre commercial de Vélizy 2, l’un des grands centres commerciaux de la région parisienne. En effet, c’est là qu’il s’est fait injecter sa dose de rappel, et en choisissant le vaccin Moderna, alors qu’il a lui-même 30 ans, il a voulu signifier qu’il n’y avait pas de risque à le prendre (depuis quelques semaines, les personnes veulent du Pfizer et pas du Moderna). D’ailleurs, il n’y a qu’en France que des patients demandent une marque déterminée de vaccin, à l’étranger, ils laissent le choix aux médecins qui sont plus compétents qu’eux pour ce faire.

Bien entendu, on ne manquera pas de remarquer que le ministre est venu dans la commune où vote la candidate LR à l’élection présidentielle Valérie Pécresse, ancienne députée des lieux de 2002 à 2016. Du reste, depuis 2020, Valérie Pécresse est également conseillère municipale de Vélizy-Villacoublay, dont le maire depuis mars 2014, Pascal Thévenot, l’un de ses proches, lui avait succédé comme député le 20 mars 2016 avec la triple investiture LR-UDI-MoDem, et ce dernier s’est fait battre en juin 2017 par le candidat du MoDem Jean-Noël Barrot.

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Le hasard a fait que je me suis retrouvé dans ce centre commercial de Vélizy 2 quelques heures après la venue de Gabriel Attal. Je n’avais aucune envie de me retrouver ainsi dans un flot des consommateurs un week-end d’avant Noël mais j’avais une obligation personnelle (et médicale) pour y aller. J’ai pu constater qu’effectivement, il était possible tant de se faire tester que de se faire vacciner sans rendez-vous, et la file d’attente avait environ une trentaine de personnes (je ne sais pas ce que cela signifie en durée, car je ne sais pas combien il y avait de postes de vaccination).

Mon sentiment est partagé. D’une part, je trouve excellent cette capacité à offrir aux chalands de faire sa dose de rappel au milieu des courses (attention néanmoins à se ménager du repos dans les jours qui suivent, on peut se retrouver dans un fort état grippal avec fièvre assommante pendant un ou deux jours). D’autre part, ce centre commercial, probablement comme les autres, est un évident nid à virus, dans la mesure où plus de la moitié des gens ne respecte aucune distanciation physique ni ne porte correctement le masque, le nez dégagé si ce n’est le masque baissé jusqu’au cou.

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C’est malheureux à dire, mais il n’y a pas de demi-mesure : ou il n’y a aucune épidémie, il n’y a quasiment aucune vigilance (malgré les panneaux au sol, ou verticaux, les directions du centre de vaccination, de dépistage, qui rappellent qu’on est en pleine vague épidémique), ou on reconfine et le centre commercial est fermé. Et sans risque. Cela explique les mesures précédentes de confinement. On pourrait imaginer une solution intermédiaire où les gens sont respectueux des autres en gardant le masque et en gardant une certaine distance, mais c’est trop leur demander.

Pourtant, plus de 100 personnes meurent chaque jour du covid-19 en France et cela va sans doute augmenter les prochains avec une forte progression (en Allemagne, ce sont près de 500 décès par jour, niveau que je pense qu’on n’atteindra pas car une partie de l’Allemagne de l’Est a été peu vaccinée). Si on pensait au risque (dont il ne faut pas avoir peur), on aurait la vigilance pour ne pas contaminer les autres.

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Le gouvernement a fait le "pari" (je n’aime pas trop ce mot) de ne prendre quasiment aucune mesure de reconfinement pour cette très forte cinquième vague en pensant avec raison que la vaccination nous protégera d’autant plus que la dose de rappel sera généralisée. On peut reprocher à Emmanuel Macron de ne pas se déclarer candidat, et il est vrai qu’à moins de quatre mois du premier tour (10 avril 2022 !), il serait certainement temps, mais franchement, vous croyez qu’il en est déjà là quand un pays est en tel danger épidémique ? Qu’on ne sait pas ce qui se passera à Noël d’un point de vue épidémique. Sans compter les considérations économiques et la Présidence française du Conseil de l’Union Européenne, le gouvernement ne peut pas se payer le luxe de faire campagne dès maintenant : il a encore trop de travail !

Et la réussite de la lutte contre la pandémie de covid-19, elle ne sera pas attribuée au gouvernement, mais à l’ensemble des Français. C’est pourquoi, hors de toute considération politique, les Français doivent garder leur vigilance pour préserver les personnes les plus fragiles, et c’est une roulette russe, cette femme de 54 ans qui avait voulu se faire passer pour une personne vaccinée, je suis persuadé qu’elle se croyait invincible et certainement pas une "personne fragile". Donc, la conclusion, ce n’est pas la peur, mais la raison, le sens des responsabilités, et finalement, la vigilance. Heureusement, 90,6% des personnes éligibles en font preuve aujourd’hui, c’est rassurant et très prometteur pour l’avenir de ce beau pays qu’est la France. Protégez-vous et protégez vos proches !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 décembre 2021, mis à jour le 16 décembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Faux passe sanitaire et dose de rappel.
Gabriel Attal.
Cinquième vague : de nouvelles restrictions sanitaires ce lundi 6 décembre 2021 ?
Professeur Bertrand Guidet.
Troisième dose et fulgurance.
Confinement ou obligation vaccinale : faut-il écouter le docteur Martin Blachier ?
Martin Blachier.
La France d’Emmanuel Macron.
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 9 novembre 2021 à Paris (texte intégral et vidéo).
Témoignage : je suis (presque) vacciné !
Témoignage : au cœur d’un centre de vaccination contre le covid-19 (1).
7 idées fausses sur le passe sanitaire.
Covid-19 : 5 millions de décès dans le monde et la 5e vague en France ?
Covid-19 : faut-il vacciner aussi les enfants de moins de 12 ans ?
Infection ou vaccination : quelle est la meilleure protection contre le covid-19 ?
Prolonger la possibilité du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 ?
50 millions de vaccinés contre le covid-19 en France !
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211216-covid-ev-faux-passe-sanitaire.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/12/16/39265374.html
 

 







 

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