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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 05:39

« Dans les grandes crises, le cœur se brise ou se bronze. » (Balzac).



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En France, on ne parle plus de la pandémie de covid-19, au moins depuis six mois, alors que cette épidémie qui sévit sur la planète entière dure depuis deux ans et demi. À cela, il y a deux explications pas forcément très honorables : la première, c’était la campagne présidentielle et législative qui a occupé l’esprit des Français pendant le premier semestre ; la seconde, c’est qu’une actualité chasse la précédente, l’Ukraine chasse le covid-19, la mort de la reine Élisabeth II chasse celle de Mikhaïl Gorbatchev, comme d’autres drames de l’actualité sont chassés par une actualité galopante qui oublie les précédentes (Yémen, Afghanistan, Birmanie, etc.).

Une troisième mauvaise raison, c’est que "les gens" ne veulent plus entendre parler du covid-19, ils en ont été abreuvés matin midi et soir pendant deux ans et ils n’en peuvent plus. Il suffit d’ailleurs de voir à quel point le tourisme a refleuri cette année 2022, dépassant largement l’année de référence 2019. On veut tourner la page, que ce soit avec ou sans pertinence. On veut reprendre la vie normale.

Et puis, on aimerait qu’il y ait une quatrième raison, celle-ci rassurante, qui voudrait ce que nous souhaitions tous depuis mars 2020 : que cette satanée pandémie soit enfin terminée.

Le 3 juin 2022, Brigitte Delaney observait sur Internet : « Après un traumatisme de masse vient l’oubli de masse. Personne ne veut plus vraiment parler du covid, même s’il a déchiré toutes les dimensions de nos vies. Mais maintenant, c’est comme si la perturbation était si grande, bizarre, terrible et abrupte, que nous ne pouvons pas l’intégrer dans nos récits présents et futurs. Nous avons donc fait un travail remarquable et largement collectif en agissant comme si la pandémie était terminée et, plus encore, en essayant d’oublier qu’elle s’est même produite. (…) Les décès liés au covid ont été annoncés chaque jour par un Premier Ministre au visage grave. Un mort était "de trop". Maintenant, les décès liés au covid sont en augmentation et personne ne cligne des yeux. (…) Pour une expérience collective à laquelle littéralement tout le monde sur Terre s’identifiera, elle constitue très peu de notre contenu culturel (…). La prise de la troisième dose du vaccin est lente et les gens tardent à se faire vacciner contre la grippe, peut-être parce qu’ils souffrent de fatigue. (…) Je suis curieux de savoir ce qu’il y a dans la psyché humaine qui rend possible une telle volte-face collective. Comment, en tant que collectif, sommes-nous passés de la peur à l’abandon si très, très rapidement, et ce, à une si grande échelle. (…) Ce que nous vivons en ce moment, c’est la mort sociale de la pandémie, fascinante à observer d’un point de vue sociologique (ou horrifiante, si vous êtes vulnérable ou immunodéprimé). (…) Une époque s’est terminée, et peut-être qu’un jour, nous nous demanderons si cela s’est même produit. ».

Cette réflexion illustre ce qui est en train de se passer, le déni de réalité durable. Son auteure note d’ailleurs que les éditeurs en ont soupé des romans qui parlent du covid ou du confinement, et les fictions filmées rejettent catégoriquement tout ce qui pourrait faire penser au covid (pas de masque, pas de passe sanitaire, pas de confinement). Cependant, il y a quand même des signes encourageants.

Alors, où en est-elle au 9 septembre 2022 ? La bonne nouvelle est que l’épidémie est toujours en baisse en France. Cette baisse a commencé il y a près de deux mois et elle se poursuit malgré la fin des vacances scolaires et la rentrée. Il y a eu une inquiétude avec le taux de reproduction effectif qui est remonté très vite de 0,67 à 0,90 il y a trois semaines, mais depuis une dizaine de jours, ce taux n’a pas dépassé le seuil de 1 et est resté en plateau, stable, autour de 0,90. Cela signifie que la vague d’automne n’est pas encore dans les radars. Pour l’instant, le niveau épidémique (taux d’incidence) est de l’ordre de 160 nouveaux cas par 100 000 habitants en une semaine, soit environ 20 000 nouveaux cas par jour. Quasiment tous les voyants sont au vert.

Le nombre de personnes en réanimation pour cause de covid-19 était le 9 septembre 2022 de 742, toujours en décroissance (le seuil de 800 a été dépassé il y a quelques jours), et il n’a jamais été aussi bas depuis plus d’un an, depuis juillet 2021. Le nombre de décès quotidien est lui aussi en baisse, avec environ 40 décès par jour. Le niveau est néanmoins plus élevé qu’en octobre 2021, on se retrouve plutôt au niveau d’avant cette dernière vague, celui du mois de juin 2022. Le taux d’admission aux urgences pour covid-19 a aussi chuté à 0,6%, il était de 2,8% le 19 juillet 2022. Le seul élément moins encourageant est le fort niveau de lits en hospitalisation conventionnelle occupés pour le covid-19 : il était de 13 286 au 9 septembre 2022 et s’il baisse, il n’a jamais retrouvé, depuis novembre 2021, le faible niveau de l’été et automne 2021. Le variant omicron nécessite moins de soins critiques et entraîne moins de décès mais mobilise encore l’hôpital de manière permanente et massive.

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Depuis la seconde quinzaine de mois d’août 2022, il y a une remontée du taux de reproduction, mais, bonne surprise, cette remontée, comme écrit plus haut, s’est arrêtée pour rester stable en dessous de 1. En clair, si on personnifiait l’épidémie, on dirait que l’épidémie hésite à reprendre de la vigueur avec une nouvelle vague ou à s’éteindre dans la vague actuelle. La courbe n’est pas vraiment prédictive, du moins sur du moyen terme. Elle l’est sur le court terme qui laisse entendre un automne relativement apaisé par rapport aux précédents automnes de covid-19. Actuellement, il y a moins de 350 000 personnes qui sont atteints par le covid-19, ce qui, depuis les vagues omicron, est exceptionnellement bas. Cependant, ce virus a déjà joué suffisamment de tours pendables pour rester très méfiant et vigilant.

Sur le plan international, l’épidémie a repris beaucoup de force surtout dans des pays asiatiques qui avaient été peu touchés jusqu’alors en raison de leur comportement très protecteur : le Japon (près de 2 000 décès les sept derniers jours), la Corée du Sud, Taiwan, Hongkong ont des niveaux épidémiques très élevés. En Europe, le Royaume-Uni, qui a subi de beaucoup plus fortes pertes humaines que la France, est quasiment sans nouveaux cas depuis plusieurs semaines.

Le cas de l’Allemagne est assez instructif. On a souvent glorifié ce pays car il avait eu beaucoup moins de victimes que les autres pays européens (France, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, etc.). Certes, pendant la première vague au printemps 2020, l’Allemagne n’a été pratiquement pas touchée, et en tout cas, pas du côté de Berlin, parmi les rares grandes métropoles européennes qui ont été épargnées par la première vague (seule, la proximité de la frontière alsacienne fut touchée, car l’Alsace a été parmi les premiers foyers du covid-19). Ainsi, il y a eu un écart de 20 000 décès entre la France et l’Allemagne vers l’été 2020. Mais en automne 2020, l’Allemagne, comme tout l’Est de l’Europe, Russie comprise, a été énormément touchée par la seconde vague, entraîne des dizaines de milliers de décès. L’Allemagne s’est "normalisée" dans le sens où elle n’a pas été plus protégée ou elle n’a pas mieux géré l’épidémie mieux qu’un autre pays.

Aujourd’hui, depuis quatre mois, l’Allemagne a du mal à réduire l’épidémie car la dernière vague est repartie avant que la précédente n’ait eu le temps de diminuer. Cela a abouti à un nombre de décès quotidiens nettement supérieur à celui en France (le double en ce moment). Si bien que l’écart du nombre de victimes entre la France et l’Allemagne se réduit aujourd’hui à environ 6 000, et semble encore se réduire dans les semaines à venir (148 217 décès pour l’Allemagne et 154 468 pour la France, à comparer aux 189 026 décès pour le Royaume-Uni et aux 176 157 pour l’Italie, au 9 septembre 2022).

Bien sûr, l’Allemagne est un pays beaucoup plus peuplé que la France (85 millions d’habitants en Allemagne, 67 millions en France), ce qui fait que la densité de décès (nombre de décès par habitant) est plus faible en Allemagne qu’en France. Mais je conteste la pertinence de ce critère (nombre de décès par habitant) car s’il est exact que dans une grande métropole où la population est à forte densité, le risque de contamination est beaucoup plus grand, il y a d’autres critères non démographiques. Il faudrait plutôt prendre la comparaison des feux de forêt. Il ne viendrait à l’esprit de personne de comparer la situation de différents pays en prenant comme critère le nombre d’hectares de forêt brûlés par habitant. L’extension de l’épidémie obéit aussi à une loi géographique de proximité. Un petit pays peut être gravement atteint démographiquement parce que tout son territoire est touché par l’épidémie (c’est d’ailleurs le cas de tous les pays d’Europe centrale et orientale).

Le bilan global de la pandémie depuis janvier 2020 est monstrueux car il a dépassé le seuil de 6,5 millions de décès il y a quelques jours, avec un rythme encore supérieur à 10 000 décès par semaine, ce qui reste préoccupant même s’il est maintenant bien plus bas qu’aux pires moments de l’épidémie (plus de 10 000 décès par jour). Et au-delà des décès, il y a les près de 600 millions de personnes qui ont été infectées par le coronavirus dans le monde, du moins ceux qui ont été testés positifs, dont des centaines de milliers vivent avec des troubles plus ou moins grave de ce qu’on appelle le covid long.

Ce qui semble se dessiner et qui pouvait être prévu par les spécialistes dès le début de cette pandémie, c’est que le covid-19 se fonde enfin parmi les maladies infectieuses ordinaires, qui font, elles aussi, leur lot de victimes, et les gouvernements devront continuer à mener des campagnes efficace pour inciter la population à se faire vacciner afin d’en réduire le nombre de victimes.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (09 septembre 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le covid-19 a-t-il disparu ?
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220909-covid-fs.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/le-covid-19-a-t-il-disparu-243726

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/09/03/39617092.html







 

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20 juillet 2022 3 20 /07 /juillet /2022 05:52

« On doit vivre avec ces résurgences du virus, d’autres vagues vont probablement revenir. » (Dr. François Braun, le 20 juillet 2022).



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Il y a une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle sur le front de la pandémie de covid-19, trente mois exactement après son début médiatique (l’épidémie a probablement dû commencer bien avant, en décembre 2019 ou encore avant).

La bonne nouvelle, c’est que nous avons atteint depuis quelques jours le pic de l’actuelle vague qui a commencé à la fin du mois de mai 2022, celle du sous-variant BA.5 du variant omicron. En effet, le taux d’admission aux urgences pour covid-19 est en train de baisser, avec 2,8% le 19 juillet 2022. Au pire moment de la crise, le 28 mars 2020, ce taux était de 21,0% (soit 25 4421 admissions aux urgences). C’est rassurant pour l’été, surtout avec cette canicule qui heureusement s’achève, où les services des urgences sont régulièrement saturés hors covid-19 (vacances des soignants, accidents des estivants, etc.). La baisse s’observe aussi pour les actes de SOS Médecin pour covid-19, comme le montrent les courbes réalisées par Guillaume Rozier pour son excellent site CovidTracker.

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Le nouveau Ministre de la Santé et de la Prévention François Braun devrait d’ailleurs s’en réjouir, car il était lui-même, encore juste avant sa nomination au gouvernement le 4 juillet 2022, le chef du service des urgences de l’hôpital de Mercy, l’antenne de Metz du CHR de Metz-Thionville (depuis 2010). La Lorraine était une région durement touchée par la première vague. Urgentiste dès 1984 au CHU de Nancy, le docteur François Braun a fait partie de ces médecins urgentistes qui ont contribué à faire des urgences une spécialité médicale à part entière.

L’évolution de la vague actuelle a donc de quoi rassurer même si elle était prévisible, puisque dès le milieu du mois de juin 2022, certains spécialistes évoquaient la seconde quinzaine de juillet 2022 pour envisager la décrue de cette vague.

Plus important d’un point de vue épidémiologique, le nombre de nouveaux cas chaque jour est également en décrue depuis quelques jours. En moyenne sur les sept derniers jours, on est repassé en dessous du seuil de 100 000 nouveaux cas le 16 juillet 2022 (95 413). La décrue semble être aussi rapide que la montée en juin, ce qui correspond à une cinétique ordinaire pour une épidémie, même si on n’est jamais à l’abri de quelques surprises avec ce virus qui n’a jamais cessé de surprendre les spécialistes depuis deux ans et demie.

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Rassurant aussi le taux de positivité des tests qui redescend en dessous de la barre de 30% (sur 303 155 tests réalisés chaque jour, 95 413 ont été positifs). Le plus rassurant est l’évolution du taux de reproduction effectif, selon différents calculs. La méthode de calcul de Guillaume Rozier prend en compte la différence entre les suspicions de covid-19 aux urgences à sept jours d’intervalle et la moyenne avec les tests PCR positifs, cela a donné 1,06 au 19 juillet 2022 (on est monté jusqu’à 1,60 pour cette vague), ce qui montre une chute vertigineuse, avec une pente similaire à la montée préalable (pour que l’épidémie régresse, il faut un taux de reproduction inférieur à 1, mais celui, par son calcul, est toujours donné a posteriori ; seule, son évolution est prédictive). Quant à Santé Publique France, son taux de reproduction effectif est à 0,83 au 16 juillet 2022.

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La mauvaise nouvelle, c’est que cette vague a fait des victimes et va continuer à en faire. Beaucoup moins que dans les précédentes vagues d’avant 2022, grâce à la protection du vaccin, mais elle en a fait de façon non négligeable malgré tout. Certes, le nombre des admissions à l’hôpital et celui des admissions en réanimation ont subi une forte hausse, mais dans des conditions acceptables pour le système de santé. Jamais les services de réanimation n’ont été en risque de saturation à cause du covid-19 pendant cette dernière vague. En revanche, malgré ces soins, il y a eu une nette augmentation, également, du nombre de décès quotidiens.

Effectivement, cette dernière semaine, on compte hélas une moyenne de 93 décès quotidiens, ce qui fait plus que le nombre de victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, et cela tous les jours ! Ce n’est plus un crash quotidien d’un Airbus, mais cela reste encore énorme. Ce nombre de décès est encore en pleine hausse, +33% par rapport à il y a sept jours, ce qui est normal compte tenu de la cinétique (la courbe des décès est en "retard" de plusieurs semaines par rapport à la courbe des nouveaux cas).

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Il faut donc insister sur cette courbe : même si quasiment toutes les contraintes sanitaires ont été levées (port du masque, passe vaccinal, etc.) et qu’on en parle beaucoup moins dans les médias, cette maladie est toujours présente, durablement présente, et n’est pas anodine, elle tue encore considérablement.

Du reste, François Braun l’a rappelé, le fait que la courbe des nouveaux cas s’effondre ne signifie pas que la vague est terminée. Cela signifie au contraire qu’on n’en est qu’à sa moitié, et qu’il y aura autant de malades et de victimes, de décès, dans l’autre moitié, dans la période où le nombre de nouveaux cas s’effondre, espérant qu’il s’effondre sans remonter par la suite. Après tout, les 100 000 nouveaux cas quotidiens restent un nombre très élevé et le virus continue encore à beaucoup circuler même s’il tend à circuler moins fortement.

Ce constat impose donc que l’extrême vigilance reste de mise, que certains heureusement continuent à adopter (masque et gel dans les endroits très fréquentés et confinés comme les hypermarchés, les transports en commun, les salles culturelles, etc.), mais aussi, car il faut insister aussi sur ce point-là, continuer, pour les personnes dits à risques (à savoir immunodéprimées ou âgées de 60 ans et plus), à être à jour de rappel du vaccin (en principe, une dose tous les six mois).

Car c’est aussi l’une des leçons de ces dernières vagues par rapport à celles d’avant l’été 2021 : ces vagues sont beaucoup moins mortelles, heureusement, pour deux raisons, la première est la baisse de la virulence d’omicron (qui s’est accompagnée d’une forte augmentation de sa contagiosité), et la seconde, importante, est l’effet de la vaccination.

Même si le vaccin réduit très partiellement le fait d’attraper la maladie (au contraire des vaccins "classiques" d’avant-covid-19), l’intérêt du vaccin réside avant tout dans le fait d’éviter de développer la forme sévère du covid-19, celle qui peut conduire aux soins intensifs voire au cimetière. Le covid-19 deviendra une maladie dont on ne se souciera plus, du moins pour la santé publique, que lorsque toutes les personnes à risques auront été vaccinées et à jour de rappel. Ce qui, malheureusement, n’est pas encore le cas. Les deux premières doses ont été reçues de manière quasi-générale (93,0% des personnes âgées de 12 ans et plus), mais c’est seulement les deux tiers pour la dose de rappel, c’est-à-dire la troisième dose (64,4% des personnes âgées de 12 ans et plus).

Il y a eu un début de prise de conscience pour faire la deuxième dose de rappel (c’est-à-dire la quatrième dose) au milieu du mois de juin 2022 avec le début de la vague en cours (chez les personnes à risques car ce deuxième rappel leur est réservé), mais cela s’est estompé avec le début des départs en vacances.

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Invité de la matinale de ce mercredi 20 juillet 2022 sur LCI, le Ministre de la Santé et de la Prévention François Braun a donc souhaité délivrer un message de prudence. Il est sûr que cette vague ne sera pas la dernière vague, chaque fois qu’on a imaginé cela, on s’est trompé. Il faudra donc toujours faire attention, mais tout en continuant à vivre malgré tout, à voir sa famille, ses grands-parents, ses amis.

Par son caractère mondial, cette saloperie ne cessera d’engendrer encore et encore des variants ou sous-variants toujours plus contaminants. Heureusement, on a aujourd’hui une parade, elle est quasi-miraculeuse si l’on considère le temps très court qu’il a fallu pour la confectionner. Cette parade, c’est le vaccin. Qui nous protège pour la plupart. Il n’est donc pas interdit de se mettre à jour de protection. C’est la collectivité qui en bénéficiera autant que soi-même.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 juillet 2022)
http://www.rakotoarison.eu


(Toutes les courbes proviennent de Guillaume Rozier et de son excellent site CovidTracker).


Pour aller plus loin :
Covid-19 : une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.
François Braun.
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
"The Covid Resilience Ranking : The Best and Worst Places to Be as Covid Travel Curbs Fall Away", 30 mars 2022, Bloomberg.
Paul Krugman, "France’s Economy Is Having a Good Pandemic", 14 janvier 2022 dans "The New York Times".
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?
Luc Montagnier.
La Science, la Recherche et le Doute.
Omicron tue encore !
Faut-il faire payer les soins covid aux personnes non-vaccinées ?
Martin Hirsch.
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220720-covid-fr.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-une-bonne-nouvelle-et-une-242837

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/07/20/39564940.html









 

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9 juillet 2022 6 09 /07 /juillet /2022 05:25

« La situation sanitaire actuelle, si elle est marquée par une reprise épidémique importante à l’échelle européenne sous l’effet de la diffusion du sous-variant BA.5 d’omicron, permet d’exclure le recours aux dispositions exclusivement permises par le cadre de l’état d’urgence sanitaire, de même que la mobilisation des mesures les plus contraignantes dans la vie quotidienne de nos concitoyens. » (Projet de loi présenté au conseil des ministres du 4 juillet 2022).



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Un triste seuil a été franchi en France pour l’épidémie de covid-19 : il y a eu plus de 150 000 personnes qui sont décédées à cause du covid-19 depuis le début de l’épidémie, il y a deux ans et demi. Ce vendredi 8 juillet 2022, effectivement, selon les statistiques officielles, 150 017 décès dus au covid-19 ont été enregistrés, 74 de plus que la veille. C’est énorme : cela correspond à une mortalité équivalente à une quarantaine d’années de mortalité routière actuelle. Dans le monde, le covid-19 a déjà entraîné près de 6,4 millions de décès répertoriés, il est probable que ce soit bien plus.

Et ce n’est pas terminé, hélas. En France, plus de 400 personnes meurent encore du covid-19 chaque semaine. Ce nombre est d’ailleurs en train de croître, j’y reviens plus loin. Depuis le début de la campagne présidentielle, on fait comme s’il n’y avait plus d’épidémie. Les élections, mais aussi la guerre en Ukraine, sont des sujets qui ont monopolisé tout le printemps 2022, certes avec raison, car ces sujets sont essentiels. Mais cela ne doit pas faire oublier qu’il faut garder la vigilance. Le covid-19 n’est pas une maladie anodine et peut entraîner des complications traumatisantes, une hospitalisation, etc.

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Le seuil des 100 000 décès avait été atteint le 15 avril 2021 après quinze mois d’épidémie. Quinze mois plus tard, le seuil des 150 000. Cela fait beaucoup mais c’est deux fois plus faible que précédemment, alors que le virus n’avait pas baissé en intensité avant le variant omicron (en janvier 2022). La seule différence, c’est qu’entre-temps, la population française s’est massivement vaccinée. Du reste, ces dernières semaines, il y a une nette recrudescence des rappels du vaccin contre le covid-19.

L’épidémie n’est pas finie et depuis la fin du mois de mai 2022, elle a repris, et s’est accélérée ces deux dernières semaines. Il s’agit d’une vague du sous-variant BA.5. Les médias parlent d’une "septième vague" mais dans mon décompte, ce serait plutôt la "neuvième vague", la troisième depuis le nouvel an. Comme d’habitude, elle a commencé très progressivement mais à partir de la deuxième quinzaine de juin 2022, le nombre de nouveaux cas s’est envolé, comme on peut le voir dans les courbes réalisées par Guillaume Rozier sur son site Covidtracker (qui reprend les données de Santé Publique France).

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Encore plus contaminante qu’avec les précédents sous-variants d’omicron, la vague BA.5 a déjà dépassé la vague de mars-avril 2022 et se rapproche de celle de janvier-février 2022. La différence, c’est le comportement social et les contraintes sanitaires : le port du masque n’est pas obligatoire et il ne s’agirait plus de le rendre de nouveau obligatoire, il n’est que recommandé dans les lieux sociaux confinés comme les transports en commun. Le problème, c’est que peu de personnes le portent actuellement, même si cette proportion a augmenté depuis deux semaines.

Comme surtout l’Allemagne et l’Italie, la France subit de plein fouet cette vague avec environ 100 000 à 200 000 nouveaux cas par jour. Il faut insister pour dire que les personnes fragiles, immunodéprimées ou âgées, ont de réels risques d’avoir des complications s’ils sont atteints du coronavirus et la seule parade reste la vaccination à jour de rappels (tous les six mois). Le deuxième rappel est réservé aux personnes de 60 ans et plus.

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La situation à l’hôpital reste encore sous contrôle même si les urgences sont proches de la saturation. Alors que le nombre de personnes hospitalisées pour covid-19 était descendu à 11 000, il est aujourd’hui (8 juillet) à 17 944 et est en forte augmentation. Plus de 1 300 personnes sont admises chaque jour à l’hôpital pour covid-19. On le voit ci-dessous, le nombre d’entrée à l’hôpital a repris le dessus sur le nombre de sorties.

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En revanche, même si elle suit de loin la courbe des hospitalisations, le nombre de personnes en soins critiques reste encore très largement en dessous du seuil de saturation. Il était descendu à 800 et est remonté au-dessus de 1 000 (1 027 au 8 juillet 2022). Malgré une légère inflexion, la situation dans les services de réanimation bénéficie d’une moins forte virulence du variant omicron et d’une population massivement protégée.

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Le dernier indicateur est le nombre de décès quotidiens. Après avoir été stabilisé à environ 30 par jour, il est remonté à la hausse il y a quelques jours, autour de 60 à 70 par jour, en raison de la forte circulation du virus. On ne réussira pas à me convaincre que ce niveau de décès est satisfaisant, admissible, supportable. Certes, il est nettement plus faible qu’en 2020 et 2021 grâce à la vaccination massive, qui montre sa grande réussite, mais le niveau demeure encore beaucoup trop élevé. Le relâchement généralisé en mai 2022, qui était nécessaire tant socialement que pour le moral après deux ans de contrainte, était justifié car la circulation du virus était faible. Avec sa remontée très forte, les gestes barrières doivent absolument être repris par toute la population.

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La vague n’en est pas encore à son maximum, tandis que les vacances scolaires commencent. L’avantage est que les écoles sont désormais fermées depuis le 7 juillet 2022, sources récurrentes de contaminations. L’inconvénient, c’est que les touristes sont attendus en France bien plus nombreux que la dernière année comparable, à savoir 2019.

La seule source qui vise à rassurer, c’est l’observation du taux de reproduction effectif. Après être monté très haut, autour de 1,50,  il semble se stabiliser depuis quelques jours en dessous d’un plafond et sa redescente semble pour bientôt. Cette valeur détermine la dérivée seconde du nombre de cas, c’est-à-dire la pente de la pente. Il faut que ce taux soit inférieur à 1 pour connaître une baisse des contaminations quotidiennes. On en est encore loin, mais on peut imaginer que ce sera le cas dans deux ou trois semaines (vers fin juillet 2022), ce qui signifiera alors qu’on sera à peine à la fin de la vague, dans le meilleur des cas, à la rentrée scolaire.

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La rentrée de septembre 2022 sera alors une période cruciale, de retour de vacances, réouverture des écoles et, je l’espère, de décrue épidémique. Il s’agira alors de bien vérifier son niveau de protection vaccinale pour résister à la vague d’automne qui existera nécessairement comme ce fut le cas en 2020 et 2021.

On pourrait croire à un remake du "Jour sans fin", qui serait alors "l’épidémie sans fin". Mais chaque nouvelle année, la population est progressivement plus résistante au virus que l’année précédente. Au moins la moitié de la population a déjà connu le virus d’une manière ou d’une autre. Les quatre cinquièmes de la population sont déjà vaccinés. À chaque nouvelle vague, de nouvelles immunisations se font dans la population, même si tout n’est pas compris comme le fait que certaines personnes puissent avoir été atteintes trois fois par le covid-19 en deux ans et demi (et d’autres, étrangement, passent toujours entre les gouttes malgré un environnement proche contaminé).

Premier texte de la législature, le projet de loi relatif au maintien provisoire d’un dispositif de veille et de sécurité sanitaire en matière de lutte contre le covid-19, présenté au conseil des ministres du 4 juillet 2022, ne prévoie de remettre aucune contrainte sanitaire malgré cette flambée épidémique : « S’il n’apparaît donc pas nécessaire de proroger le cadre de l’état d’urgence sanitaire ni le régime dit de sortie de crise sanitaire, le maintien d’un dispositif de veille et de sécurité sanitaire s’impose pour les prochains mois et jusqu’à la fin de la prochaine période hivernale afin de suivre l’évolution de l’épidémie et d’être en mesure d’émettre des recommandations ainsi que de prendre les autres mesures nécessaires et proportionnées qu’elle pourrait exiger. ». Cette veille jusqu’au 31 mars 2023 apparaît selon le comité scientifique comme « une normalisation annoncée mais prudente ».

La seule contrainte prolongée jusqu’au 31 mars 2023 sera (si le texte est adopté) « la possibilité de demander certains justificatifs (preuve de vaccination ou test négatif au covid) aux personnes de plus de 12 ans souhaitant se déplacer à destination ou en provenance du territoire hexagonal, de la Corse ou de l’une des collectivités d’outre-mer, ainsi qu’aux personnes intervenant dans les services de transport concernés ». Cette mesure, qui est une mesure décidée à l’échelle européenne, est toutefois sans efficacité pour faire barrage au virus : en effet, actuellement, le virus circule beaucoup plus à l’intérieur de nos frontière qu’à l’extérieur, et faire barrage aux entrées du territoire paraît bien dérisoire si ce territoire est beaucoup plus atteint par l’épidémie qu’en dehors.

Et il faudra continuer à faire inlassablement la promotion de la vaccination contre le covid-19, seule réelle parade actuelle contre cette saloperie qui tue encore beaucoup trop de personnes.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 juillet 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
Attention, le covid-19 est de retour !
"The Covid Resilience Ranking : The Best and Worst Places to Be as Covid Travel Curbs Fall Away", 30 mars 2022, Bloomberg.
Paul Krugman, "France’s Economy Is Having a Good Pandemic", 14 janvier 2022 dans "The New York Times".
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?
Luc Montagnier.
La Science, la Recherche et le Doute.
Omicron tue encore !
Faut-il faire payer les soins covid aux personnes non-vaccinées ?
Martin Hirsch.
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220708-covid-fq.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-150-000-deces-en-france-242658

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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 03:42

« Nous sommes bien au début d’une nouvelle vague qui pourrait durer un mois, un mois et demi, donc jusqu’à mi-juillet. Mais difficile de savoir jusqu’où va monter cette vague. » (Mircea Sofonea, le 10 juin 2022).




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Cela faisait trois mois que l’épidémie de covid-19, en France, baissait tranquillement. Non seulement tous les indicateurs se mettaient au vert, mais parallèlement, le port du masque a été levé dans la plupart des lieux publics ainsi que l’obligation du passe vaccinal. Deux ans après le début de cette terrible pandémie, pour la première fois, le printemps s’est déroulé avec très peu de contrainte. Après les deux pics très forts du variant omicron en janvier-février puis en avril 2022, la plupart des Français pensent aujourd’hui que l’épidémie est derrière nous et privilégient l’insouciance du covid-19, d’autant plus qu’il y a bien d’autres sujets de forte préoccupation, la guerre en Ukraine, le pouvoir d’achat, etc.

Personnellement, j’ai attendu le seuil de 30 000 nouveaux cas par jour pour véritablement retirer mon masque en réunion (en fait, j’ai un peu triché sur mon seuil, je l’ai fait à 38 000). Cela fait un mois donc que je ne porte le masque que dans les hypermarchés (très fréquentés), les cabinets médicaux, les pharmacies, les hôpitaux, les EHPAD (j’en ai visité un récemment), les transports en commun (j’en prends très peu, j’évite en ce moment) et les bureaux de vote (je ne fais pas que voter, je fais voter).

La plupart des voyants sont au vert, encore aujourd’hui pour les indicateurs hospitaliers. Ainsi, le nombre de personnes hospitalisées pour covid-19 a considérablement chuté depuis les deux vagues de l’hiver, nous en sommes à 14 028 le 10 juin 2022, soit beaucoup moins que la moitié du plus fort moment (autour de 33 000). Probablement que cela baissera encore un peu, mais c’est encore très lent. Le 10 juin 2022, 483 personnes sont entrées à l’hôpital pour cette maladie, ce qui est encore important (même si on peut le voir comme seulement 5 personnes par département).

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Le nombre des personnes en réanimation pour covid-19 est également très faible et ce nombre tend à atteindre celui de l’été 2020, en dessous du seuil de 900 (869 le 10 juin 2022). Cela correspond à taux d’occupation des lits de réanimation pour covid-19 de 17,2%, ce qui est très satisfaisant (il faut en dessous de 30% pour ne pas saturer les services pour covid-19). Précisons pour rappel que c’était surtout des patients atteints par le variant delta qui occupaient les lits de réanimation, et ceux atteints du variant omicron vont en réanimation en bien moindre proportion. Le 10 juin 2022, 63 personnes ont été admises en réanimation.

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Enfin, le nombre des décès, lui aussi, baisse. Sur les sept derniers jours, il faut déplorer 39 décès quotidiens en moyenne pour covid-19. C’est hélas encore beaucoup trop, mais nettement moindre que les mois précédents où cela se comptait très au-delà de la centaine. Il faut garder à l’esprit qu’on meurt encore beaucoup du covid-19. Au 10 juin 2022, on comptabilise au total 148 749 décès, dont 119 868 à l’hôpital et 28 881 en EHPAD et structures assimilées. Un décrochage a été observé il y a une semaine où la pente descendante a stoppé au profit d’un court plateau puis c’est revenu à la baisse. Il ne faut pas forcément chercher à interpréter trop précisément ces mouvements mineurs car les deux week-ends de l’Ascension et de la Pentecôte peuvent avoir un peu perturbé la publication des résultats (et il y a eu aussi un nouveau format des données).

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J’ai donné le nombre total de décès en France, mais pour être positif, on peut aussi dire qu’il y a eu au 10 juin 2022 plus de quatre fois plus de personnes qui en ont heureusement réchappé : 669 322 personnes qui ont été hospitalisées sont en effet guéries et ont quitté l’hôpital depuis le début de la pandémie.

Pourtant, depuis une dizaine de jours, la situation épidémique se détériore à grande vitesse. Le nombre de contamination est en train de remonter très brutalement : le 8 juin 2022, +53 802 nouveaux cas ; le 9 juin 2022, +40 151 nouveaux cas. Alors qu’on était tombé à 17 000 nouvelles contaminations par jour en moyenne sur sept jours, ce nombre est remonté au-dessus de 24 000 par jour en moyenne.

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Certes, il faut rester vigilant sur de possibles rattrapages de résultats de tests pendant la Pentecôte, mais plusieurs autres indicateurs montrent cette détérioration, cette mauvaise nouvelle.

Le premier, c’est le R0, le taux de reproduction effectif. Cet indicateur est calculé de différentes manières selon les observateurs. Celui proposé par Guillaume Crozier sur son site CovidTracker.fr est à 1,12 le 10 juin 2022, ce qui est très important. Il était descendu jusqu’à environ 0,7, ce qui était très faible et heureux (niveau de la fin de la première vague d’omicron), mais il est remonté depuis plusieurs semaines déjà. C’est un signal faible qui, malheureusement, annonce toujours correctement les tendances durables. Santé Public France donne un R0 un peu plus élevé mais peu comparable car seulement calculé toutes les semaines. Comme on le voit sur la courbe de Guillaume Crozier, on s’achemine à un R0 proche de la seconde vague d’omicron du mois de février, ce qui ne signifie rien de bon pour le mois de juillet 2022 en matière sanitaire. Dans tous les cas, pour que l’épidémie régresse, il faut observer un R0 en dessous de 1, ce qui ne sera pas le cas à court terme, à moins d’une nouvelle variation brusque.

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Pour l’instant, on n’observe pas cette remontée épidémique dans les indicateurs hospitaliers (hospitalisations, admissions en réanimation et décès) mais hélas, c’est une question de semaines. La population est certes très majoritairement vaccinée (80,7% de l’ensemble des Français ont reçu au moins une injection, et 94,4% des Français de plus de 12 ans), mais certaines personnes ne sont pas vaccinées ou ne sont pas protégées par le vaccin et seront hospitalisées en cas de contamination.

Un autre indicateur est le nombre d’entrées à l’hôpital et de sortie de l’hôpital pour covid-19. Lorsque l’épidémie régresse, il y a plus de sorties que d’entrées. Or, cet écart diminue beaucoup et les courbes vont probablement se recroiser.

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Plus généralement, le site Worldometers évalue le nombre de personnes qui sont contaminées à un jour donné. Ce nombre diminuait jusqu’au week-end dernier, c’est-à-dire qu’il y avait plus de personnes guéries que de personnes contaminées dans une journée. Ce nombre est passé en dessous de 400 000 personnes à la Pentecôte mais depuis quelques jours, il recommence à augmenter. Au 9 juin 2022, il est de 437 892.

Selon les spécialistes, cette nouvelle vague semble être constituée principalement des sous-variants omicron BA.4 et BA.5 (la précédente était due au sous-variant omicron BA.2).

Faudrait-il alors généraliser la seconde dose de rappel à l’ensemble de la population ? Pour l’instant, elle est réservée aux personnes de plus de 65 ans et aux personnes immunodéprimées. Selon l’épidémiologiste Mircea Sofonea, interrogé le 10 juin 2022 par franceinfo, le modèle développé par l’Université de Montpellier conclut que la vaccination ne suffirait pas « à limiter l’impact des vagues hivernales à venir sur l’hôpital ». Il faudrait sans doute revenir aux gestes barrières (masque, gel hydroalcoolique) et à la ventilation des locaux.

Pour l’heure, ce n’est pas envisageable de venir contraindre l’électeur des deux prochains dimanches par le retour à l’obligation du masque voire à celle du passe vaccinal, mais il faudra s’y préparer. En outre, un nouveau projet de loi sanitaire sera présenté au conseil des ministres du 22 juin 2022. Nous n’en aurons pas encore fini avec cette saloperie : restez prudents.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 juin 2022)
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Pour aller plus loin :
Attention, le covid-19 est de retour !
"The Covid Resilience Ranking : The Best and Worst Places to Be as Covid Travel Curbs Fall Away", 30 mars 2022, Bloomberg.
Paul Krugman, "France’s Economy Is Having a Good Pandemic", 14 janvier 2022 dans "The New York Times".
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Faut-il faire payer les soins covid aux personnes non-vaccinées ?
Martin Hirsch.
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
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Novax Djocovid.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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31 mars 2022 4 31 /03 /mars /2022 03:48

« Parmi les grands pays développés, la grande vedette de l’ère pandémique est, sans doute, la France. » (Paul Krugman, le 14 janvier 2022 dans "The New York Times", traduit par Martin Anota).



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Cela fait plus de deux ans que la pandémie de covid-19 a commencé et il est peut-être temps de faire un bilan de la gestion de la crise. En particulier en France dans la mesure où l’élection présidentielle fait œuvre non seulement de projet pour l’avenir mais aussi de bilan du quinquennat passé. Il y a eu des missions d’information parlementaire sur la gestion du gouvernement dès juin 2020, et il y en aura certainement d’autres.

Cette pandémie est survenue de manière soudaine, brutale et a impacté toutes nos vies quotidiennes, nos libertés, notre travail, notre consommation, nos loisirs et surtout, notre santé. Il est donc difficile d’en faire un bilan précis, d’autant plus que le Président Emmanuel Macron a eu la maladresse, dès le départ, de dire que nous étions en "guerre" sans se douter que deux ans plus tard, une véritable guerre allait surgir au cœur de l’Europe.

Rien n’a été satisfaisant intellectuellement car tout était nouveau, le virus, la maladie, sans capacité de soigner (pas de médicament), sans capacité de se prémunir. Aucun pays du monde n’a eu de comportement exemplaire, et la Chine, qu’on cite régulièrement, doit aujourd’hui faire face à une recrudescence alarmante.

En somme, c’est comme si l’action des gouvernements avait un effet, mais limité face au rouleau compresseur du coronavirus. Il y a eu des effets, car certains pays se sont mieux débrouillés que d’autres. Certains pays ont eu aussi plus de chance que d’autres. Il y a eu la prise de conscience, l’acceptation des solutions proposées, et puis ensuite, l’expérience des protocoles, la vaccination, sans compter avec les polémiques entre experts, les désinformations, les pressions économiques ou idéologiques, etc.

Le mieux qu’on puisse faire pour tenter le bilan, c’est la comparaison internationale, mais là encore, il faut être prudent. Les statistiques des pays ne sont pas élaborées toutes de la même façon, certaines sont fiables, d’autres beaucoup moins. Certaines ont été sous-estimées pour des raisons politiques évidentes. Au 30 mars 2022, il y a eu officiellement 6,2 millions de personnes décédées du covid-19 dans le monde depuis le début de la pandémie, mais certains estiment que le véritable nombre est de l’ordre du double voire du triple. De même près de 500 millions de personnes ont été testées positives au covid-19, là encore, cela ne reflète pas la réalité de ceux qui ont été contaminés, dans la mesure où tous n’ont pas été testés, en particulier lors de la première vague.

La comparaison entre les pays est un exercice casse-cou. Premièrement, il y a eu des erreurs qu’on continue parfois à répéter. Par exemple, quand l’épidémie est arrivée en Europe, après la Chine et l’Iran, elle a touché cruellement l’Italie. En France, on semblait presque condescendant avec ce qui s’est passé en Italie avant de subir le même sort trois semaines plus tard, comme l’Espagne et le Royaume-Uni. Pendant alors six mois, on a trouvé que la gestion de crise en Allemagne était "bonne" car l’Allemagne n’avait pas été beaucoup touchée pendant la première vague, mais dès novembre 2020, ce fut aussi une catastrophe en Allemagne, et pendant l’automne 2021 aussi, et même encore aujourd’hui, l’Allemagne est le pays, avec la Corée du Sud, autre pays dont on disait qu’il se débrouillait bien, qui est le plus touché au monde en ce moment. La Russie a aussi longtemps moqué les difficultés des autres avant d’être elle-même engluée dans l’énorme vague de l’automne 2021 qui a touché durement toute l’Europe de l’Est. Et puis, il y a eu les États-Unis, l’Inde, le Brésil, le Mexique, et même toute l’Amérique latine très durement touchée au second semestre 2020, en particulier le Pérou, l’Argentine, la Colombie… Et même un pays qui avait misé sur le zéro covid, comme l’Australie, s’est retrouvé en position difficile ces derniers mois.

Bref, la soudaineté, la surprise, l’absence d’expérience et de connaissances médicales, tout a fait que la pandémie a été gérée sur le tas, plus ou moins bien, plus ou moins de la même manière. Comment comparer les pays ? Par le nombre de personnes décédées en absolu ? Ou alors relativement à la population ? Les deux pourraient se valoir : une épidémie, c’est comme un incendie, il y a des foyers et lorsque le foyer est sur le territoire, il engendre contaminations et décès. Cela explique parfois que le rapport décès sur population est très élevé dans de petits pays européens car l’épidémie faisait rage sur leur territoire.

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Lorsqu’on regarde très grossièrement, il y a environ 0,2% à 0,3% des populations nationales qui a disparu à cause du covid-19. Avant le variant omicron, le taux de décès par rapport au nombre de personnes contaminées était de l’ordre de 2%, taux qui a énormément baissé avec la vaccination et le variant omicron.

Mais ces taux restent tout de même énormes. Ce n’est pas la peste, bien sûr, mais ce n’est pas négligeable, contrairement à ce que certains continuent obstinément à prétendre. D’ailleurs, pour enfoncer le gouvernement (quel que soit le pays), on dit deux choses contradictoires : la pandémie n’a pas engendré de surmortalité et c’était juste un prétexte pour supprimer les libertés individuelles (ou pour des trucs encore plus stupides qu’on peut lire chez les complotistes), mais en même temps, on fustige le gouvernement en montrant le grand nombre de décès.

Par ailleurs, avec les connaissances qui petit à petit commencent à se multiplier, on doit prendre en compte un certain nombre de paramètres de la population, sa pyramide des âges (les plus âgées meurent plus), la proportion des personnes qui souffrent d’obésité, de diabète, d’immunodéficience, etc. Cela peut expliquer que certains pays pauvres aient été moins touchés, mais cela peut aussi provenir d’une moins grande fiabilité des statistiques et aussi d’un rôle économique plus restreint (moins un pays a d’échanges internationaux, plus il est protégé d’une pandémie). Bref, toutes les comparaisons sont difficiles à appréhender.

Si on regarde les pays européens, comparables dans le mode de vie, les âges, les maladies d’origine, on peut dire que l’Italie et l’Espagne ont été les premiers pays à souffrir, mais ont appris et ont su mieux se protéger des vagues suivantes. Le Royaume-Uni a perdu plusieurs dizaines de milliers de sujets de sa majesté probablement par un manque de considération de l’épidémie au début et par la volonté, ensuite, de mettre la liberté avant la santé pour des raisons économiques. D’autres pays comme la Belgique ont été très durement touchés. L’Allemagne a toujours un "retard" de décès par rapport à ses voisins parce qu’elle a été épargnée au printemps 2020 (c’est comme pour la météo et les feux de forêt), mais elle n’a pas été épargnée par la suite.

Et la France ? J’aurais tendance à dire très grossièrement qu’elle ne s’en est pas mal tirée quand même. Je sais qu’un Français qui fait l’éloge de la France, c’est impossible, ou du moins, très rare. Nous les Français, nous aimons bien nous autoflageller, nous aimons ça, nous manquons de confiance en nous sur nos points d’excellence, et puis, cela permet de critiquer les gouvernements, de râler et de faire un peu de démagogie. Mais j’assume mes propos, la France s’en est bien sortie, de cette pandémie. Évidemment, je n’oublie pas les plus de 142 000 victimes du coronavirus, les centaines de milliers de personnes ayant encore un covid long, ceux qui ont été traumatisé psychologiquement, de la maladie ou des confinements, et aussi, tous ceux qui, atteints d’une autre maladie, n’ont pas pu se faire soigner suffisamment tôt pour s’en sortir. Les drames sont nombreux et nous mettrons des décennies à savoir, comprendre ce qui s’est réellement passé.

De plus, la France a une mise en route toujours très lente. Nous sommes un gros paquebot, avec une grande administration, difficile à manœuvrer mais pourtant efficace et compétente. Alors, oui, tout aurait pu être "mieux", l’opposition le répète en oubliant que tous ces ratés sont finis et sont maintenant des efficacités.

Les masques ? Première faute, l’abandon des réserves au cas où. À qui la faute ? À tous les démagogues qui ont fustigé la politique raisonnable de Roselyne Bachelot à l’époque de la grippe A. Elle a eu raison sur toute la ligne et toutes les critiques sur le covid ont été des compliments pour sa politique. La seconde faute, c’est la difficulté d’acheter ou de produire des masques par centaines de millions en mars 2020 alors que tous les pays du monde étaient demandeurs et que le principal fournisseur était à l’arrêt. Mais au bout de quelques semaines, c’est revenu à la normale, avec peut-être un satisfecit à toutes les dames (car il y a eu peu de messieurs) qui ont su, dans l’urgence, coudre des masques à leur famille.

Les tests PCR ? Là encore, nous étions des mauvais élèves, d’où les tests réservés aux seuls malades à l’hôpital. Il a fallu du temps, mais à la fin de l’année 2020, la France est devenu l’un des pays où l’on se teste le plus. À ce jour, plus de 254 millions de tests PCR ont été réalisés en France, soit une moyenne de 3,9 tests par habitant. Ce n’est pas le niveau britannique (7,4 tests par habitant) mais c’est beaucoup plus que l’Allemagne (1,2 test par habitant) ; et c’est même plus que les Américains (2,9 tests par habitant).

Enfin, la vaccination ? Là encore, nous avons débuté très lentement, et très timidement. Il y avait la peur que les gens ne se fassent pas vacciner. Mais la demande était largement plus importante que l’offre. J’ai connu cela dans un centre de vaccination en février 2021 (j’y étais bénévole). En juin 2021, la situation de la vaccination était déjà satisfaisante mais insuffisante malgré tout et la politique du passe sanitaire, qui a été un coup d’audace politique très risquée pour Emmanuel Macron, a été une excellente réussite au point de dépasser les grandes nations qui avaient le plus vacciné (Israël, USA, Allemagne, Royaume-Uni, etc.). Aujourd’hui, le taux de couverture est très important : 92,5% des personnes de 12 ans et plus ont reçu au moins deux doses, et 63,4% trois doses. Moins de 6% des Français de 12 ans et plus n’ont reçu aucune dose de vaccin, c’est extrêmement peu. 

Cette politique vaccinale très efficace est notre salut aujourd’hui, car effectivement, depuis quatre semaines, il y a une forte remontée et elle durera probablement encore quelques semaines. Or, malgré les 100 à 200 000 nouvelles contaminations par jour, le nombre d’hospitalisations conventionnelles remonte, certes, mais encore doucement, le nombre d’admission en réanimation a fini de baisser mais se stabilise tandis que le nombre de décès continue à baisser, mais plus lentement. On peut s’attendre à une remontée de décès à cause de l’effet mécanique des contaminations, mais il s’observe que la population française commence à avoir une certaine immunité collective, tant par la vaccination que par le tiers de la population qui a été déjà au contact avec le virus.

Il faut aussi tenir compte que depuis deux semaines, le port du masque n’est plus obligatoire (sauf dans certains cas précis), le passe vaccinal est suspendu et bien sûr, il n’y a aucune restriction de liberté de circulation, aucun confinement ni couvre-feu. En somme, grâce à cette politique de vaccination, nous vivons quasiment normalement malgré la forte hausse des contaminations.

Dans le bilan, il ne faut pas prendre en considération seulement l’aspect sanitaire, mais aussi l’aspect économique, la capacité à rebondir, et pour le coup, le gouvernement français a été excellent dans cette politique du "quoi qu’il en coûte" qui a permis de préserver des secteurs entiers de la faillite pendant les confinements. Les mêmes qui parlent de la dette oublient de dire qu’en cas de faillites multiples, la situation financière de la France ne serait pas meilleure alors que l’année 2021 a permis un rebond de 6% de croissance et une réduction du chômage à un taux d’environ 7%, jamais atteint depuis quinze ans.

Cette politique a aussi évité le confinement des enfants après la première vague, la France est parmi les pays où les enfant sont restés le plus longtemps à l’école malgré le covid, et la gestion du variant omicron en janvier 2022, qui a été difficile à cause de la forte contagiosité (des centaines de milliers de cas par jour), a cependant évité de fermer les écoles.

Comme c’est très difficile de trouver en France des observations impartiales sur la gestion de la crise du covid, soit qu’elles seraient systématiquement négatives pour raisons électorales, soit au contraire qu’elles seraient exagérément laudatives pour les mêmes raisons électorales, il vaut mieux voir ce qu’en disent les étrangers et plus exactement, ce qu’en disent les Américains généralement peu enclins à être complaisants avec les Français.

J’ai trouvé deux observateurs américains intéressants. L’un est le Prix Nobel d’Économie 2008 (attribué en pleine crise financière) Paul Krugman, chroniqueur économique très influent, qui n’est pas particulièrement francophile mais dans son article (où il continue un peu à se moquer des Français, pour leur côté "collectiviste"), il reconnaît qu’elle s’est bien débrouillée pendant cette crise sanitaire.

En effet, dans son article "France’s Economy Is Having a Good Pandemic" publié dans "The New York Times" du 14 janvier 2022, l’économiste américain est très élogieux. J’ai emprunté (entre guillemets) la traduction de Martin Anota publiée sur son blog Annotations.blog.free.fr. Il commence ainsi : « Hier, j’ai évoqué le surprenant succès des États-Unis pour limiter les dommages économiques de la pandémie de covid-19. Par rapport à ce que l’on s’attendait et à notre gestion de la crise financière de 2008, nous nous en sommes remarquablement bien tirés [le "nous" = les Américains]. Mais d’autres pays s’en sont également bien tirés, dans certains cas et dans une certaine mesure, mieux. En fait, parmi les grands pays développés, la grande vedette de l’ère pandémique est, sans doute, la France. ».

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Le Prix Nobel rappelle alors l’image très négative de l’économie française dans les années 1990, qui serait incapable de maintenir à niveau sa haute technologie et les observateurs américains annonçaient régulièrement l’effondrement de l’économie française. Mais il appelle à modifier ce jugement, faisant remarquer par exemple que la France est en avance sur les Américains dans la pénétration du haut débit d’Internet. Cette image négative est d’ordre idéologique avec une France aux dépenses sociales colossales, à la fiscalité monstrueuse et à sa réglementation pointilleuse.

« En fait, l’économie française a continué d’avancer. » constate Paul Krugman qui explique le plus faible PIB par rapport à l’Amérique ainsi : « Ce moindre PIB par tête reflète principalement un choix plutôt qu’un problème. ». Il le prouve avec un graphique (traduit par Martin Anota) qui illustre le taux d’emploi des 25-54 ans : « La France (…) a non seulement réussi à éviter un fort plongeon de l’emploi, mais elle a aussi réussi à dépasser son niveau prépandémique. ». Là est la grande efficacité du (premier) quinquennat Macron.

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Paul Krugman justifie ces bons résultats par la différence d’approche de la crise en période de confinement : « Les États-Unis ont amélioré les allocations chômage ; la France a offert des subventions aux employeurs pour maintenir les travailleurs en chômage technique sur la liste de paie. Aujourd’hui, la solution européenne [française] apparaît comme meilleure, parce qu’elle a maintenu le lien des travailleurs à leurs employeurs et parce qu’elle a facilité leur retour lorsque les vaccins ont été mis à la disposition de la population. ».

Et puisqu’il parle des vaccins, l’économiste évoque qu’il y a aussi des antivax en France mais « ces derniers n’ont pas autant d’écho politique que leurs homologues américains, donc la France a su mieux vacciner ». D’où le second graphique proposé par lui.

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Enfin, Paul Krugman conclut par des considérations de politique intérieure, les républicains étant contre tout ce qu’ils considèrent comme socialiste : « Il est intéressant de noter que l’économie française (qui n’est pas socialiste, mais se rapproche davantage du socialisme que tout ce que proposent les démocrates) se porte relativement bien. ». Provenant d’un Prix Nobel d’Économie, une telle appréciation peut réjouir bien des Français.

Un autre article est à lire pour tenter d’évaluer la gestion de la crise sanitaire par la France. Il s’agit du journal économique Bloomberg qui a construit un "covid resilience ranking", un classement de résilience covid de 53 pays du monde. Cela prend en compte des données sanitaires mais aussi économiques et sociales, il y a énormément de critères qui interviennent (réouverture économique, couverture vaccinale, mais aussi les prévisions de croissance, l’indice de développement humain, etc.).

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À votre avis, où se trouve la France dans ce classement ? Au 30 mars 2022, la France se situe en 5e position, juste derrière la Norvège, les Émirats arabes unis, l’Irlande et le Danemark, et devant notamment l’Espagne (n°7), la Belgique (n°8), l’Australie (n°9), le Royaume-Uni (n°10), l’Allemagne (n°16), Israël (n°20), les États-Unis (n°24), la Russie (n°52). Évidemment, ce classement évolue tous les jours puisque l’épidémie évolue tous les jours. Ainsi, par rapport à février 2022, la France a gagné 11 places et par rapport à novembre 2021, elle a gagné 31 places.

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On peut voir sur un graphique l’évolution de ce "score de résilience Bloomberg" de tous les pays depuis novembre 2020, et on observe qu’en juin 2021, la France était arrivé à la 4e place. Bien sûr, lorsqu’une poussée épidémique survient, le pays touché plonge, mais l’idée est de voir comment un pays peut globalement s’en sortir en limitant au maximum les confinements, mais aussi en réduisant l’impact sanitaire de l’épidémie, et cette injonction paradoxale se résout par une vaccination massive.

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J’insiste, il ne s’agit pas de tresser une couronne de laurier, cet indice de résilience est très mouvant et il est probable que la France va redescendre dès que les effets de la nouvelle vague se feront sentir au niveau sanitaire (et aussi économique car l’isolement des nouvelles personnes contaminées va réduire leur activité professionnelle).

Mais cela permet de placer la France parmi les autres pays dans la gestion de la crise covid-19. Et il faut bien le dire et s’en féliciter, sans triomphalisme car il y a beaucoup de pistes d’amélioration, la France a bien tenu face à cette tempête inédite et globale. La France a su prendre des bonnes décisions de manière rapide et efficace. En particulier sur le "quoi qu’il en coûte" qui allait à l’opposé de l’inspiration naturelle du Président de la République.

L’histoire nous dira aussi peut-être un jour si cette efficacité provient de prestations de conseil par des cabinets d’expertise extérieurs à l’État qui, au contraire des directions administratives, peuvent se permettre de sortir des sentiers battus (comme un certain cabinet actuellement exposé aux critiques sénatoriales). Auquel cas il faudra faire la part des choses entre la valeur ajoutée des uns et des autres et la part de polémiques dérisoires au regard des enjeux graves : car il s’agissait ici de la vie et de la santé de 67 millions de personnes.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
"The Covid Resilience Ranking : The Best and Worst Places to Be as Covid Travel Curbs Fall Away", 30 mars 2022, Bloomberg.
Paul Krugman, "France’s Economy Is Having a Good Pandemic", 14 janvier 2022 dans "The New York Times".
Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?
Luc Montagnier.
La Science, la Recherche et le Doute.
Omicron tue encore !
Faut-il faire payer les soins covid aux personnes non-vaccinées ?
Martin Hirsch.
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220330-covid-fo-france.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/gestion-de-la-crise-du-covid-la-240555

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/11/21/39229469.html










 

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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 03:00

« Nous constatons actuellement un rebond, en France, dans les pays qui nous entourent, c’est-à-dire que le covid ne baisse plus, il augmente même. Au vu des derniers chiffres d’hier, c’est 20% d’augmentation. En revanche, la charge hospitalière continue de baisser, mais le rythme de cette diminution a commencé à se ralentir, donc nous sommes extrêmement vigilants. » (Olivier Véran, le 11 mars 2022 à Meylan).



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Quand on est responsable de la santé publique, il y a deux manières d’appréhender la pandémie de covid-19 après plus de deux ans de prégnance : ou on surveille la situation épidémique comme le lait sur le feu et au moindre rebond épidémique, on sait ce que cela signifie, on agit ; ou encore on se dit volontariste, on vérifie les données sanitaires de base (nombre d’hospitalisations conventionnelles, nombre de places en réanimation) et on se rassure comme on peut en espérant gagner du temps.

Hélas, on ne gagne plus du temps, on en perd. Pour la première fois depuis la fin de janvier 2022, le vendredi 11 mars 2022, il y a eu en France plus de nouvelles personnes contaminées que de personnes guéries. En d’autres termes, alors que le nombre de personnes encore atteintes du SARS-CoV-2 était en baisse depuis la fin de janvier 2022 jusqu’à environ 1,2 million de personnes, il commence à progresser à nouveau depuis deux jours.

On voudrait ne plus parler de covid-19 pour plein de raisons, parce que les malheurs se suffisent à eux-mêmes, parce que la guerre en Ukraine est suffisamment terrible pour ne pas vouloir en rajouter, enfin, parce que nous sommes à quelques semaines de l’élection présidentielle et qu’on espère, le "on" à préciser, que le covid-19 ne viendra pas bousculer la campagne et les opérations de vote.

Si l’on prend juste les conséquences du virus, tout est encore au vert : le nombre de places en réanimation a baissé fortement au point d’être passé en dessous des 40% (1 855 patients en réanimation), le nombre d’hospitalisations aussi a baissé à 20 917 mais le nombre des entrées à l’hôpital commence déjà à remonter. Enfin, c’est le plus heureux, le nombre de décès a aussi fortement baissé à une moyenne de 114 décès par jour sur les sept derniers jours, avec une diminution récente encore forte, -25,3% en une semaine (quand même, 140 109 décès au total, le seuil des 140 000 a été franchi le 11 mars 2022, celui de 130 000 le 27 janvier 2022 ; 10 000 décès en six semaines, soit en moyenne 240 décès par jour).

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Mais le nombre le plus important, c’est le nombre de nouveaux cas détectés. C’est lui qui va faire la tendance à l’hôpital. Or, depuis deux semaines, ce nombre remonte. Mécaniquement, les paramètres sanitaires cités plus haut vont donc remonter avec un retard de quelques semaines.

A priori, en période normale, il n’y aurait pas matière à s’affoler en ce sens que la population est fortement vaccinée (à plus de 94% chez les 12 ans et plus) et que le risque majeur concerne essentiellement des personnes fragiles (qui peuvent désormais, pour les plus de 80 ans, renforcer leur défense immunitaire avec une quatrième dose de vaccin). Aujourd’hui, 10% des sorties d’hôpital correspondent à des décès (en moyenne quotidienne, il y a eu 1 141 sortes de l’hôpital, dont 114 décès).

Il n’est pas nécessaire d’être une voyante pour connaître la suite à brève échéance : les hospitalisations vont remonter, les réanimations aussi, et hélas, les décès également. Ce mouvement n’est d’ailleurs pas français, toute l’Europe subit ce rebond : la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie, l’Autriche, la Suisse, et l’Allemagne, qui, contrairement à la France, était au sommet de sa précédente vague, subit aussi ce rebond dans la pire situation.

Il est impossible en revanche de savoir combien de temps ce rebond durera et jusqu’à quel niveau (aujourd’hui, on en est à plus de 60 000 nouveaux cas par jour en moyenne, pour des tests prélevés du 4 au 10 mars 2022). On est sur une pente dangereusement raide, autour de +20% en une semaine. Dans le pire des cas, on peut raisonnablement penser que cela n’irait pas au-delà de mai 2022, mais cela fait encore un mois et demi à deux mois à tenir.

La question reste la suivante : est-il pertinent de ne plus rendre obligatoire le port du masque dans les lieux publics fermés (hors transports en commun) à partir de ce lundi 14 mars 2022 ? La réponse est un peu dans le fait de poser la question. Lorsque le Premier Ministre Jean Castex a annoncé, le 3 mars 2022 dans le journal de 13 heures sur TF1, cette mesure ainsi que la suspension du passe vaccinal pour le 14 mars 2022, le gouvernement tablait sur un nombre de places en réanimation inférieur à 1 500. Mais il devait savoir que la situation se dégradait depuis presque une semaine sur le front de la circulation du virus.

L’abandon du masque dans les espaces de travail, dans les écoles, dans quasiment tous les lieux publics risque d’être catastrophique car il renforcera la remontée de l’épidémie… à moins que (car on peut aussi penser par le haut) que les "gens", la population, nous fassions preuve d’une certaine sagesse et continuions à porter le masque, même s’il n’est pas obligatoire, dans les situations où manifestement, il y aurait un risque de contamination. Ne pas obliger ne veut pas dire interdire, et il est permis de penser que l’absence de contrainte ne signifie pas l’absence de bon sens. Du reste, le samedi 12 mars 2022 dans une interview au journal "Le Parisien", Jean Castex a recommandé « fortement aux personnes fragiles du fait de leur âge ou de leurs pathologies de maintenir le port du masque dans les lieux clos et dans les grands rassemblements ».

Je suppose d’ailleurs qu’il y a un réel clivage au sein du gouvernement. L’abandon du masque obligatoire est une mesure bien sûr très politique, d’autant plus politique que nous sommes en pleine campagne présidentielle et que cela compte. L’avoir annoncé et devoir reculer car la situation n’est pas celle qu’on aurait pu espérer pourrait faire des dégâts politiques. Il est question aussi du courage politique : on ne maîtrise pas l’épidémie, on doit juste trouver le juste milieu pour qu’il y ait le moins de casse possible, d’une part, du côté des patients (le moins d’hospitalisés, le moins de décédés), d’autre part, du côté de la population dans son ensemble, de ce sentiment de pouvoir revivre.

Sur France Inter, Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris, a déclaré : « Il y a une immunité qui s’est installée, et cette immunité probablement nous protège, en tout cas, des hospitalisations (…). Les dernières modélisations de l’Institut Pasteur montrent que même s’il y a une reprise, elle ne sera pas comme celle du mois de janvier ou de décembre. ».

Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré dans les Hauts-de-Seine, a de son côté affirmé sur RTL le 13 mars 2022 : « D’un point de vue médical, il aurait été davantage prudent d’attendre. ». Il a regretté que le gouvernement ne communique pas assez pour rappeler l’importance des gestes barrières. Quant à la situation britannique, sensiblement la même que celle de France, dans le "Financial Times" du 11 mars 2022, l’universitaire londonienne Christina Pagel n’imaginait pas « une nouvelle vague massive », toutefois, elle évoquait une autre possibilité : « Je ne serais pas surprise si nous finissons par rester bloqués sur un plateau élevé pendant des mois et des mois. ».

Je n’ai pas la clef, je n’ai pas la réponse. Les paramètres sont compliqués et peut-être que le rebond sera assez faible, de courte durée. Il faut néanmoins être conscient qu’il s’agit toujours de vies humaines. L’enjeu reste essentiel pour qui considère que l’État doit protéger.

C’est peut-être le premier test grandeur nature d’une vie "normale" en présence du virus. Peut-être de la transformation de l’épidémie en phénomène endémique. Après tout, on avait toujours accepté, jusqu’à cette crise sanitaire, la dizaine de milliers de décès par la grippe chaque année. Considère-t-on qu’il y aurait un seuil du nombre de décès "acceptable" et un seuil "inacceptable" ? Et lequel ? Qui oserait mettre un chiffre ?

Alors, oui, il faut espérer, croire au bon sens de mes contemporains que j’invite à continuer à surveiller comme le lait sur le feu les données de cette épidémie et à ne pas hésiter à protéger nos proches et nous-mêmes en continuant à porter le masque dans les lieux où le bon sens le recommanderait même s’il n’est plus obligatoire. C’est parce que la campagne de vaccination a été globalement une très grande réussite que la France peut aussi se permettre de lever toutes les contraintes sanitaires. Mais cela n’empêche pas de rester prudent et attentif. Rien n’est jamais acquis.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?
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La Science, la Recherche et le Doute.
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Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220313-covid-fn.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-fin-des-restrictions-240147

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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 03:17

« Après une 5e vague de covid-19 d’une ampleur inédite, la situation sanitaire s’améliore nettement depuis plusieurs semaines. En particulier, la pression pesant sur les hôpitaux du fait de l’épidémie diminue fortement. » (Jean Castex, le 3 mars 2022).


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Les médias sont comme leurs auditeurs ou lecteurs (dont je suis), un peu shadoks sur les bords. Lorsqu’il y a une case nouvelle à faire rentrer dans le cerveau, ils en évacuent une case ancienne. On ne peut pas penser en permanence à toutes les misères du monde. Avec l’Ukraine en guerre, qui mobilise, avec raison, l’ensemble des médias, on ne parle plus de la pandémie de covid-19. Pour autant, a-t-elle disparu ? Dans le monde ? En France ?

Dans le monde, assurément pas. Les pics dépendent de la géographie et c’est ce qui fait que la pandémie peut être récurrente, surtout si dans d’autres lieux sévit un nouveau variant. En ce moment, la Corée du Sud, Hongkong, le Vietnam, la Nouvelle-Zélande, dans une moindre mesure, la Thaïlande, sont en pleine flambée épidémique. À Hongkong, il s’agirait du variant omicron et probablement que dans les autres pays cités, il s’agit aussi de ce variant (à vérifier néanmoins), ce qui peut rassurer l’Europe qui a déjà subi cette vague.

Pour autant, on assiste en France à la fin de la descente du nombre de cas, et même à un léger rebond cette semaine. Il est encore trop tôt pour dire si ce rebond est temporaire ou pas, mais ce qui est sûr, c’est que la chute vertigineuse du nombre de cas qu’on a vécue depuis plus de trois voire quatre semaines est bel et bien terminée. Assisterons-nous alors à un plateau jusqu’à la fin du printemps comme cela s’était passé en 2021 ? D’autres pays européens suivent aussi cette évolution, les plus marquants sont les Pays-Bas, l’Autriche, la Suisse et la Grande-Bretagne. L’Allemagne est un cas à part puisque, en retard par rapport à la France, elle a subi de plein fouet la vague omicron et reste l’un des pays les plus contaminés du monde (1,1 million d’Allemands ont été contaminés ces sept derniers jours).

Cette évolution très récente de l’épidémie en France ne remet pas les fondamentaux actuels qui restent positifs : le nombre d’hospitalisations conventionnelles a beaucoup baissé, jusqu’à 22 253, le nombre de réanimations jusqu’à 2 079 (on devrait descendre bientôt en dessous du seuil des 2 000), ce qui justifie la prochaine levée des plans blancs et le retour aux opérations programmées dans les hôpitaux, même si ces deux données, le 6 mars 2022, ont été marquées par une légère hausse (respectivement +57 et +4). Guillaume Rozier, l’auteur du site CovidTacker a évalué que le taux nombre d’hospitalisations sur nombre de cas covid est en train de légèrement remonter.

Quant aux décès, le "rythme" quotidien n’est toujours pas négligeable, on en est encore à 150-160 décès par jour, mais il continue heureusement à baisser, ce qui fait à ce jour (6 mars 2022) un total de 139 275 personnes décédées du covid-19 en France. Dans le monde, le chiffre est d’autant plus impressionnant qu’il est partiel, parcellaire et sous-estimé : plus de 6 millions de décès (le seuil de 6 millions recensés a été atteint le 3 mars 2022), avec presque 1 million aux États-Unis (984 020), 652 207 au Brésil et plus d’un demi-million en Inde (515 133) au 6 mars 2022.

Par rapport au nombre de cas encore très élevé (le taux d’incidence était de 538,2 nouveaux cas par 100 000 habitants en une semaine au 3 mars 2022), le nombre de décès a été assez faible en raison de la réussite de la politique de vaccination et d’une plus faible virulence du variant omicron auprès des personnes vaccinées.

Cette politique de vaccination en France est un grand succès puisqu’au 3 mars 2022, on comptait 54 219 766 personnes ayant reçu au moins une dose, ce qui correspond à 94,0% chez les personnes de 12 ans et plus (soit seulement 6,0% qui n’ont reçu aucune dose, c’est extrêmement faible). Et 61,8% des plus de 12 ans ont reçu leur troisième dose. En revanche, la vaccination des 5 à 12 ans n’a pas été beaucoup suivie, seulement 9,2% des enfants de 10 à 12 ans ont reçu une première dose et seulement 3,1% des enfants de 5 à 10 ans.

Le changement actuel du nombre de cas détectés quotidiens ne devrait pas affecter les données sanitaires avant une ou deux semaines, mais cela peut susciter de l’inquiétude avec les deux mesures phares que le Premier Ministre Jean Castex a prises le 3 mars 2022 et applicables à partir du 14 mars 2022, soit dans une semaine : la suspension du passe vaccinal et la levée de l’obligation du port du masque dans les espaces intérieurs publics à l’exception des transports collectifs. Alors que tous les élèves sont rentrés ce lundi 7 mars 2022, ils n’auront plus à porter de masque à partir du 14 mars 2022.

Jean Castex a maintenu ces mesures d’allégement car : « les modélisations scientifiques ne prévoient pas d’infléchissement de cette trajectoire favorable dans les prochaines semaines ». Tout le monde, d’ailleurs, sera heureux d’en profiter, même s’il arrivera toujours quelques râleurs pour évoquer un supposé électoralisme de ces mesures : à moins d’un mois de l’élection présidentielle, c’est en effet un atout du gouvernement de pouvoir lever des mesures contraignantes (masque et passe), mais le calendrier épidémique n’a jamais suivi le calendrier électoral et rien ne dit qu’en début avril, dans un mois, on ne devra pas reprendre des mesures plus contraignantes. D’ailleurs, l’emploi du mot "suspension" pour le passe vaccinal peut laisser entendre qu’on le réutilisera le cas échéant.

Cette précipitation dans l’allégement (on reste quand même à plus de 50 000 nouveaux cas détectés par jour en moyenne sur les sept derniers jours), elle s’explique aussi par la règle du gouvernement de proportionnalité (qui est d’ailleurs l’une des conditions de la validation constitutionnelle) : « Ces assouplissements s’inscrivent en cohérence ave la stratégie du gouvernement visant, depuis le début de la crise, à ne prendre que des mesures strictement proportionnées et nécessaires. ».

Pourtant, le R0, taux effectif de reproduction, qui décrit la dérivée seconde de la pente des contaminations par rapport au temps (en quelque sorte, l’accélération), a brusquement changé de pente et désormais remonte depuis quelques semaines. Dans le calcul de Guillaume Rozier, il ne semble pas encore atteindre le 1 fatidique (seuil à partir duquel l’épidémie progresse) mais les chiffres des contaminations du 5 et du 6 mars 2022 (à savoir respectivement 53 678 et 45 328) confirment bien un début de rebond épidémique, ce qui laisse entendre que le calcul paraît sous-estimé (en fait, il prend en compte aussi les admissions aux urgences, mais elles non plus ne baissent plus).

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Si l’on regarde la courbe des nouveaux cas, tout semble montrer que l’échappée omicron est terminée et qu’on retrouve le niveau de la vague delta là où on l’avait quitté quand omicron a surgi (vers mi-décembre 2021). Chose d’ailleurs étrange, le taux du variant delta remonte depuis trois semaines, à des niveaux très symboliques mais il remonte, de 0,10% à mi-février 2022 à 0,30% au 3 mars 2022. Je ne sais pas ce que cela signifie, est-ce simplement un effet mécanique avec la baisse globale du nombre de cas (moins rapide pour les cas "résiduels" de delta) ou au contraire, un phénomène nouveau ?

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Ce qui semble en tout cas probable, c’est que le variant omicron continue toujours de baisser, mais cette baisse est contrecarrée par une résurgence du sous-variant BA.2. Effectivement, selon Santé Publique France, le sous-variant BA.2 représenterait 38% des nouvelles contaminations durant la semaine du 21 au 27 février 2022, alors qu’il ne représentait que 15,6% durant la semaine du 7 au 14 février 2022.

Toutefois, les modélisations de l’Institut Pasteur qui valident le fait que l’arrivée de ce sous-variant freine la baisse du variant omicron, aboutissent à une conclusion plutôt rassurante, à savoir qu’il y aura un ralentissement de la décroissance mais que le mouvement général à la baisse serait maintenu. Le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, lui aussi, demeure serein : « Nous considérons qu’il n’y a pas de risque qu’il y ait un rebond épidémique du BA.2. ».

Ce virus garde encore son capital de surprise après plus de deux ans d’existence. S’il ne faut donc pas paniquer, il faut cependant surveiller ces données comme le lait sur le feu, bien vérifier que les fondamentaux restent satisfaisants, car on n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise même avant le premier tour de l’élection présidentielle. De plus, même après la fin de l’obligation du port du masque, il reste toujours recommandé lorsque la situation le rend utile, et chacun a sa part de responsabilité dans cette nouvelle liberté de cette nouvelle période que j’espère la dernière, celle de la fin réelle de l’épidémie.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 mars 2022)
http://www.rakotoarison.eu


(Les deux graphiques proviennent du site de Guillaume Rozier, covidtracker.fr).


Pour aller plus loin :
Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?
Luc Montagnier.
La Science, la Recherche et le Doute.
Omicron tue encore !
Faut-il faire payer les soins covid aux personnes non-vaccinées ?
Martin Hirsch.
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220306-covid-fm-ba.2.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/inquietudes-covidiennes-la-239942

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/03/06/39374598.html













 

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 03:45

« La société n’a pas envie de les voir. Ils perturbent les scénarios optimistes selon lequel omicron serait associé à une immunité collective et à la fin de la pandémie. » (Pr. Marc Leone, "Le Monde" le 29 janvier 2022).




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Le chef du service de réanimation à Marseille, qui mettait en garde le week-end dernier dans "Le Monde", parlait des personnes décédées du covid-19. Le quotidien du soir les évoquait ainsi au début de l’article : « Ils sont les oubliés de l’épidémie. En mars 2020 pourtant, une image-choc frappait les esprits, symbole de l’effroi de l’Europe face à la première vague de covid-19 : un cortège de camions militaires quittait alors Bergame, en Italie du Nord, emportant les cercueils des personnes décédées. (…) Lassitude, accoutumance, envie de passer à autre chose… La litanie du nombre de victimes, de fait, n’est plus égrenée comme au début de la pandémie. Et les morts du covid-19 sont devenus invisibles. ».

Depuis quelques jours, cela semble toutefois se confirmer sérieusement, au contraire de la mi-janvier 2022 : l’épidémie de variant omicron est en nette baisse et cela réjouit tout le monde. Parallèlement, depuis ce mercredi 2 février 2022, la plupart des restrictions ont été levées, principalement l’obligation du télétravail (il ne reste que recommandé), le port du masque à l’extérieur, les jauges dans les salles publiques. Pour autant, il ne faut pas relâcher la vigilance et rester prudent pour éviter les contaminations qui peuvent reprendre aussi vite qu’en décembre et janvier.

L’évolution de l’épidémie en France est effectivement rassurante : le taux de reproduction effectif (le R0, qui est la pente de la pente de la courbe des contaminations en fonction du temps) est désormais en dessous de 1 depuis quelques jours et donc, la situation s’améliore.

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Ce jeudi 3 février 2022, il n’y a eu "que" 274 352 nouvelles contaminations détectées en une journée. J’ai écrit entre guillemets le "que" car c’est évidemment énorme, puisque la France est montée dans des sommets inédits et seuls Israël, la Slovénie et le Danemark, parmi les grands et moyens pays, semblent avoir un taux d’incidence équivalent ou supérieur.

Depuis le 1er janvier 2022, la France a doublé le nombre total de personnes qui ont été testés positifs depuis le début de la crise sanitaire (de 10 191 926 au 1er janvier 2022 à 20 147 :341 au 3 février 2022). Non seulement le virus continue à circuler beaucoup (le taux d’incidence est de 3 090 nouveaux cas par 100 000 habitants en une semaine), mais aussi il bloque encore l’hôpital et le retour à la normale sera certainement très long. En tout, il reste encore 6,6 millions de Français qui sont covid positifs et qui s’isolent, du moins je l’espère. Mais le taux d’incidence est en train de chuter de 20% en une semaine et, ce 3 février 2022, pour la première (ou seconde fois) depuis cette double vague, il y a eu plus de personnes guéries que de personnes contaminées, 329 095 personnes guéries à comparer aux 274 352 personnes contaminées indiquées plus haut.

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Autre sujet de soulagement, la vague du variant delta semble quasiment terminée. Au 31 janvier 2022, la part de delta dans la double vague est de 0,47%, ce qui, en les surestimant par rapport à nouveaux cas du 3 février 2022, ne ferait pas plus de 1 300 en une journée, ce qui est très faible.

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Le nombre de lits occupés en réanimation pour covid-19 commence à descendre, mais très très lentement, avec quelques remontées, cela ressemblerait d’ailleurs plus à un plateau qu’à une descente (3 643 au 3 février 2022). Cette différence entre places en réanimation et nombres de cas d’infection au variant delta est importante : effectivement, le variant omicron aussi entraîne des soins intensifs.

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En revanche, il y a toujours une montée vertigineuse des hospitalisations conventionnelles, directement liée et proportionnelle à la flambée du variant omicron (il y a environ deux semaines de décalage entre les contaminations et les hospitalisations). On arrive aux mêmes niveaux que lors des deux premières vagues.

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Globalement, l’évolution est rassurante. Néanmoins, certains éléments restent inquiétants. En particulier le nombre de décès qui est à un niveau très élevé.

En moyenne sur les sept derniers jours, il y a 265 décès chaque jour à cause du covid-19, soit autour de 15% de la mortalité (toute cause confondue) en France. Le 24 janvier 2022, il y a même eu une pointe à 393 décès (382 le 1er février, 365 le 25 janvier, 348 le 31 janvier). En une semaine, près de 1 900 décès, soit +12% de hausse par rapport à la semaine précédente, et la pente semble heureusement se ralentir. Plus parlant, depuis le 1er janvier 2022, il y a déjà eu plus de 8 000 décès par covid-19, c’est une petite ville rayée de la carte chaque mois, comme Moirans, Malzéville, La Tour-du-Pin, Champagnole, Marcoussis, Pont-l’Abbé, Vif, Bormes-les-Mimosas, Larmor-Plage ou Saint-Marcellin. Au total depuis le début de la pandémie, 131 852 ont perdu la vie en France à cause du covid-19, autant que la population d’une ville comme Limoges, Annecy ou Amiens. Il faut en avoir conscience avant de rechigner à porter le masque en intérieur dans un lieu public.

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Heureusement, nous sommes une nation parmi les mieux vaccinées du monde et c’est tout à l’honneur du peuple français d’avoir compris l’intérêt de la vaccination. Elle nous a protégés à 90% de formes graves et vu les nombre de contaminations, l’absence de vaccination aurait certainement provoqué un massacre. Au 3 février 2022, 54 044 774 Français ont reçu au moins une dose de vaccin, 52 820 270 au moins deux doses et 36 067 100 Français trois doses. C’est énorme ! Les personnes non-vaccinées ne correspondent plus qu’à une très faible minorité de Français, 6,2% des personnes de 12 ans et plus.

Cependant, malgré cette forte couverture vaccinale, nous avons beaucoup de victimes, et de nombreux médecins ont récemment dénoncé l’indifférence des médias : le docteur Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Poincaré de Garches, le 25 janvier 2022 ; le docteur Didier Pittet, infectiologue et épidémiologiste à Genève, le 27 janvier 2022 ; le professeur Philippe Juvin, chef du service des urgences à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, le 29 janvier 2022 ; le professeur Frédéric Adnet, chef du service des urgences à l’hôpital Avicenne à Bobigny, le 29 janvier 2022 ; le professeur Marc Leone, chef du service de réanimation de l’hôpital Nord de Marseille (AP-HM), le 29 janvier 2022 ; le professeur Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, le 30 janvier 2022 ; le docteur Mathias Wargon, le chef du service des urgences de l’hôpital Delafontaine (93), le 30 janvier 2022 ; le professeur Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris, le 2 févier 2022. Tous ces praticiens et universitaires, et beaucoup d’autres, ont pris la parole cette semaine dans les médias pour alerter que le variant omicron est bien plus mortel que le virus de la grippe et qu’il faut s’en protéger par la vaccination et les gestes barrières.

Parce qu’on a envie d’en finir, de passer à autre chose, que ça a déjà trop duré, tout concourt à "oublier" ces nombreuses victimes de l’épidémie, les personnes décédées, l’équivalent d’un crash d’avion tous les jours (et il ne faut pas oublier leurs familles), mais aussi ces nombreuses personnes malades, certaines qui en réchapperont avec des traumatismes (on ne sort pas indemne de la réanimation), sans oublier les personnes atteintes de covid long.

On pourrait croire qu’avec la disparition du variant delta, le nombre de décès allait également s’effondrer, mais ce n’est pas le cas et c’était prévisible, car le variant omicron, s’il est moins agressif statistiquement, est arrivé massivement et l’énorme nombre fait qu’il n’est pas sans les graves conséquences humaines qu’on constate.

En effet, il est à la mode de dire que le variant omicron n’est pas grave, que sa contamination ne provoque pas beaucoup de soins intensifs, seulement, en cas de complication, des hospitalisations conventionnelles de quelques jours. Certes, le variant omicron est bien moins virulent statistiquement : par rapport au variant delta, les risques pour aller en réanimation sont réduits de 75%, et les risques d’en mourir sont réduits de 90%, mais n’avoir que 10% de mortalité de variant omicron (par rapport au variant delta) et avoir 10 fois plus de contaminations en omicron qu’en delta, cela signifie la même mortalité en nombre absolu.

Entre le 17 et le 23 janvier 2022, selon un rapport de la DREES publié le 28 janvier 2022, parmi les personnes en hospitalisation conventionnelle pour covid-19, 88% étaient infectées au variant omicron ; parmi les personnes en réanimation pour covid-19, 79% étaient infectées au variant omicron, ce qui montre que la gravité, en absolu, est loin d’être négligeable ; enfin, parmi les personnes qui décèdent à cause du covid-19, 57% étaient infectées au variant omicron, là aussi, c’est très loin d’être négligeable.

On a souvent parlé du biais d’être hospitalisé ou admis en réanimation "pour le covid" et "avec le covid". Effectivement, en raison de la très grande circulation du virus, il est possible d’être testé positif à l’hôpital alors que la personne était admise à l’hôpital pour une autre pathologie. On a évalué ce "biais" (qui n’en est pas un puisqu’il est pris en compte) à 29% en hospitalisation conventionnelle (29% ne sont pas hospitalisés pour covid mais avec covid) et 15% en réanimation. Le professeur Mahmoud Zureik, épidémiologiste et spécialiste en santé publique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin, a estimé : « On ignore la part des personnes mortes à cause du covid-19 ou avec le covid-19, même si les premiers résultats suggèrent que la majorité de ces décès surviennent chez les patients hospitalisés pour covid-19. » ("Le Monde").

Ce qui, pour le professeur Frédéric Adnet, n’est pas une distinction vraiment très pertinente. Beaucoup de personnes ayant une comorbidité (un organe malade) avaient réussi à trouver un certain équilibre pour pouvoir vivre tant bien que mal et le covid-19 vient réduire la fonction de l’organe malade parfois au point d’en faire mourir : « Le covid-19 peut alors aggraver la maladie dont souffrent ces patients : drépanocytose, œdème aigu du poumon, bronchite chronique obstructive… » ("Le Monde").

En outre, les personnes décédées du covid-19 à l’hôpital se répartissent ainsi : un tiers étaient en service de réanimation, et deux tiers étaient en hospitalisation conventionnelle. Il est donc important de noter que d’une part, le variant omicron envoie aussi en réanimation (79% des réanimations), et d’autre part, même en hospitalisation conventionnelle, le variant omicron peut tuer.

Le variant omicron ne réduit donc pas sa dangerosité ; simplement, une personne contaminée a statistiquement moins de risque, toute chose égale par ailleurs (par exemple son statut vaccinal), de décéder si elle est infectée au variant omicron qu’au variant delta. Mais si la forme grave se déclenche, la maladie reste aussi sévère, pour la personne atteinte, qu’avec le variant delta.

Les deux principales catégories de personnes à risque restent d’une part, les personnes qui ne sont pas vaccinées ou qui n’ont pas la dose de rappel lorsqu’elles en sont besoin (quatre à six mois après la deuxième dose), et les personnes immunodéprimées. Ces deux "populations" à risque sont au fond les mêmes, elles présentent une faiblesse immunitaire qui peut entraîner la survenue d’une forme grave, car même avec omicron, le covid-19 reste une saloperie.

Donc, oui, il faut se réjouir de cette décrue épidémique, qu’elle peut même se faire aussi rapidement que la vague est venue, que tout le monde espère qu’un autre variant ou sous-variant ne viendra pas arrêter cette décrue, mais attention à tous, l’infection au variant omicron n’est jamais anodine et peut toujours entraîner la mort.

J’évoquais il y a un jour la figure de Valéry Giscard d’Estaing victime du covid-19 quelques jours avant le début de la campagne de vaccination. Les pires morts sont celles de la dernière heure. Celles des soldats morts dans la matinée du 11 novembre 1918 juste avant le cessez-le-feu à 11 heures 11. Dans les semaines et même les mois à venir, il y aura encore malheureusement beaucoup de décès dus au covid-19, peut-être de vos proches. Il ne faut pas avoir peur mais il faut se protéger, comme lorsqu’on met une ceinture de sécurité lorsqu’on prend le volant. Il y a un risque de mourir sur la route, il faut en être conscient pour s’en protéger, sans pour autant en avoir peur. Il faut se réjouir de la baisse épidémique, mais raisonnablement, en gardant les protections qui ont fait leur preuve, la vaccination et les gestes barrières quand cela le nécessite.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 février 2022)
http://www.rakotoarison.eu


(Les six graphiques proviennent du site de Guillaume Rozier, covidtracker.fr).


Pour aller plus loin :
Omicron tue encore !
Faut-il faire payer les soins covid aux personnes non-vaccinées ?
Martin Hirsch.
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220203-covid-fl-omicron.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/omicron-tue-encore-239133

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/02/03/39332423.html







 

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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 03:02

« Est-il logique de bénéficier des soins gratuits quand on a refusé pour soi la vaccination gratuite et qu’on met doublement en danger les autres, en pouvant les contaminer et en pouvant prendre une place en soins intensifs nécessaire pour un autre patient ? » (Martin Hirsch, le 25 janvier 2022 dans "Le Monde").



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Depuis quelques jours, une question posée par Martin Hirsch a provoqué un tollé général dans le monde politique et médical. Martin Hirsch est depuis le 13 novembre 2013 le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), c’est-à-dire l’un de ceux qui ont dû gérer concrètement la crise sanitaire dans les hôpitaux.

Martin Hirsch a voulu être médecin dans sa jeunesse, mais il n’a pas poursuivi ses études de médecine et il finit normalien et énarque, dans la botte, au Conseil d’État, soit un haut fonctionnaire qui a "réussi" par la "méritocratie". Il a été président de l’association Emmaüs France de mai 2002 à mai 2007, puis Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse de mai 2007 à mars 2010 dans le gouvernement de François Fillon.

S’il a posé cette question qu’il reconnaît "délicate" dans une tribune du journal "Le Monde" parue le 25 janvier 2022, c’est parce qu’il voyait bien qu’elle était posée implicitement par des médecins dans les hôpitaux. La pandémie de covid-19 a en effet impacté sur les soins de tous les patients, pas seulement ceux du covid-19.

Si le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran estimait le 25 janvier 2022 sur LCI (le matin, avant la parution de la tribune le soir) que le système hospitalier "tiendrait le coup" avec cette cinquième et sixième vagues (delta et omicron), il affirmait cependant que le pic de la sixième vague n’était pas encore atteint.

C’est même pire depuis quelques jours puisque le taux de reproduction effectif (à savoir la dérivée seconde des contaminations par rapport au temps, la pente de la pente), qui baissait régulièrement depuis deux semaines, s’est remise à augmenter ces derniers jours, ce qui signifie que le sommet est encore loin d’être atteint (certains parlent de mi-février 2022 et d’autres de mars 2022). Il faut dire que la même journée du 25 janvier 2022 a connu le pire nombre de cas positifs détectés depuis mars 2020, à savoir 501 635 !

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Cette indication signifie que nous sommes encore en pleine vague, avec un taux d’incidence 3 900 nouveaux cas par 100 000 habitants en une semaine (soit 4% de la population totale !). Actuellement, il y a plus de 6,6 millions de Français qui sont covid positifs, soit près de 10% de la population totale. Heureusement, ce nombre n’est pas significatif des conséquences sanitaires. Avec le vaccin, le variant omicron semble beaucoup moins agressif que le variant delta. La courbe des contaminations sert donc surtout à donner l’unité de temps sur les tendances à l’hôpital.

Il ne faut pas pour autant négliger le danger. Il reste encore des contaminations au variant delta (semble-t-il surtout dans le Sud de la France), au 23 janvier 2022, 1,4% des nouvelles contaminations sont au variant delta, le reste omicron, cela semble faible mais étant donné la forte circulation du virus, cela signifie quand même entre 4 000 et 5 000 nouveaux cas de variant delta par jour. Tous les jours, 300 à 400 personnes sont encore admises en réanimation pour covid-19, la plupart non-vaccinées ou dont la dose de rappel n’a pas encore été faite dans les délais.

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Le nombre de places en réanimation occupées par des malades du covid-19 est heureusement en baisse, il n’a jamais dépassé le seuil des 4 000 et il est à 3 694 au 27 janvier 2022, ce qui reste élevé et surtout, la baisse est très lente.

Du reste, conséquence des fortes contaminations de la seconde quinzaine de décembre 2021 et du début de l’année, le nombre de décès quotidien hélas augmente beaucoup en ce moment et risque de ne pas redescendre avant un ou deux mois, preuve que la situation est loin d’être rassurante (le 25 janvier 2022, il y a eu presque 500 décès, souvent en 250 et 350 par jour. Le directeur de l’OMS Europe avait averti le 4 novembre 2021 qu’il y aurait encore 500 000 décès du covid-19 en Europe (y compris la Russie). Cela reste dans le domaine du possible.

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La situation est alarmante aussi dans l’hospitalisation conventionnelle car, comme au Danemark, comme au Royaume-Uni, comme en Afrique du Sud, la courbe des hospitalisations conventionnelles, probablement dues à l’infection au variant omicron, monte proportionnellement à celle des contaminations. Il y a deux jours, le seuil de 30 000 a été franchi, il est de 30 982 au 27 janvier 2022. Chaque jour, plus de 3 000 nouveaux patients du covid sont admis à l’hospital.

On atteint des seuils proches des trois premières vagues (mars-avril 2020, novembre-décembre 2020 et avril 2021). Ces hospitalisations sont généralement moins graves, souvent, il y a juste un besoin d’oxygénation et une mise en observation. Deux éléments pour en relativiser la gravité : les séjours sont de courte durée, quelques jours (mais le nombre de contaminations reste très élevé). Autre élément : il y aurait environ 20% de contaminations "accessoires" à l’hôpital, c’est-à-dire que la personne est venue à l’hôpital pour une autre pathologie que le covid-19 et elle a été testée positive. Le covid n’est donc pas la cause de sa venue à l’hôpital et cette personne ne devrait donc pas être comptée dans les statistiques sanitaires.

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En somme, même si la période est tendue, le système sanitaire pourra tenir, comme l’a assuré Olivier Véran, car le variant delta est en pleine décrue et le variant omicron développe peu de formes graves (en réanimation, un médecin évaluait dans son service à 20% le nombre de patients contaminés à l’omicron sur l’ensemble des patients covid, c’est juste une indication).

Néanmoins, et cela fait revenir à la provocation, car c’en était une, de Martin Hirsch, cette situation impacte beaucoup sur la situation des autres patients dont on a déprogrammé les opérations, ce qui aura des conséquences désastreuses à moyen terme (le regretté professeur Axel Kahn évaluait l’an dernier que pour la première année de crise sanitaire, environ 13 000 personnes supplémentaires malades du cancer mourraient ou seraient mortes pour avoir trop attendu d’être soignées voire dépistées) : « On a senti ces derniers mois un débat, effectivement, ceux qui suivait des patients avec un cancer auquel on disait : votre patient pourra aller à la table d’opération dans trois semaines, pourquoi ? parce qu’on a beaucoup de patients à prendre en charge, là, ça suscitait des tensions. ».

Si tout le monde, ou, du moins, toutes les personnes fragiles (à définition peu précise) étaient vaccinées, on réduirait au moins de moitié le nombre de malades du covid en réanimation. C’est la raison du passe vaccinal, d’autant plus qu’on a laissé filer l’épidémie depuis Noël parce qu’on a pris très peu de mesures de restrictions sanitaires, pas de confinement ni de couvre-feu ni de fermeture des commerces "non essentiels" (ce qui fait pour la France, comme pour le Danemark, l’un des taux d’incidence les plus élevés d’Europe).

Cette stratégie de non-restriction peut doublement s’expliquer : avec un variant comme omicron à très fort taux de contamination, à moins de revenir au premier confinement, très sévère, aucune restriction n’aurait été vraiment efficace ; de plus, en s’attachant à protéger avec le vaccin, on évite la catastrophe sanitaire. Cette situation et ces circonstances expliquent pourquoi le gouvernement a mis en place le passe vaccinal, comme dans beaucoup de pays du monde, à quelques différences près. Au lieu d’essayer d’arrêter la pluie, on s’équipe d’un parapluie.

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Martin Hirsch est venu s’expliquer sur France 5 le lendemain, le mercredi 26 janvier 2022. Il a d’abord tenu à rappeler son sens de l’éthique. Un médecin doit soigner sans chercher à savoir qui est le patient : « Je pense qu’il ne faut jamais rentrer dans : on choisit ses patients sur d’autres critères que des critères médicaux et dire : tu ne t’es pas bien comporté il y a un jour, une semaine, il y a un mois, il y a trois mois, ça, c’est anti-éthique absolu. ».

Le directeur général de AP-HP est resté sur l’idée originelle de la sécurité sociale, la solidarité nationale : « Je reviens à la source. C’est quoi la belle source ? C’est le Conseil national de la résistance qui institue un système d’État providence etc. qui aujourd’hui doit garder ses mêmes principes, donc on ne ferme la porte de l’hôpital et les soins à personne, mais d’être allié avec la responsabilité qui permet à tout le monde d’en bénéficier. ».

Le mot est lâché : pas de solidarité sans responsabilité. C’est comme pour la liberté. La responsabilité est un élément déterminant dans les sociétés complexes : « La solidarité, c’est fabuleux et on y tient, mais parfois, elle est mise à mal parce que quand il y a des passagers clandestins, il y a une partie de la population qui a envie de remettre en cause la solidarité. Moi, je n’ai pas envie qu’on remette en cause la solidarité, mais s’il y a un peu de responsabilité dedans, ce n’est pas plus absurde que cela, au contraire. ».

D’où la question qui fâche : « Est-ce que, lorsque la vaccination est gratuite, et qu’elle est d’intérêt collective, et qu’elle a un impact sur les autres, est-ce qu’on doit avoir le refus de la vaccination gratuite, la demande des soins gratuits, de hurler quand on met des passes vaccinaux, etc., je pense qu’il y a un moment, ça peut donner une sorte d’incohérence. ».

Et de poursuivre : « Se poser la question de savoir si, en général, le fait qu’un instrument de prévention gratuit est disponible, qu’il peut être utilisé et qui est reconnu par la communauté scientifique comme quelque chose qui est utile, y renoncer, est-ce qu’on y renonce sans n’en porter aucune des conséquences, ou est-ce que, effectivement, on allie le fait qu’on tend la main pour soigner, mais on dit qu’il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas de conséquence alors qu’il va y avoir des conséquences sur les autres patients qu’on aura du mal à soigner et qui eux n’y peuvent rien. ».





À mon sens, je trouve que poser la question en débat public fera plus de tort que de bien. D’une part, cela renforce la victimisation des personnes non-vaccinées, alors que celles-ci, comme les autres, ont cotisé et bénéficient donc du droit à être soignés. D’autre part, même en admettant qu’on se livre à ce principe (non-vacciné alors non-remboursé), et qu’il soit admis constitutionnellement (ce qui est une autre paire de manches ; le député Sébastien Huyghe avait proposé un amendement allant dans ce sens pour le passe vaccinal, mais il a été heureusement rejeté), ça ne responsabilisera pas plus, soit parce qu’une personne non-vaccinée dite très riche "se paiera" sa non-vaccination (considérant que l’intégrité de son corps n’a pas de prix), soit parce que justement, insolvable, la personne non-vaccinée ne pourra pas payer de toute façon.

Il faut savoir qu’un séjour en réanimation pour covid-19, c’est autour de 3 500 euros par jour et il faut compter trois semaines environ, soit autour de 75 000 euros, ce qui est une somme colossale pour de nombreux Français. À partir du moment où le vaccin n’est pas obligatoire, l’hôpital ne peut exiger une telle somme pour être soigné. J’ai bien compris que Martin Hirsch ne cherchait pas à ce que les soins soient entièrement payés, mais seulement qu’ils ne soient pas gratuits à 100% comme c’est le cas aujourd’hui.

En outre, cela ouvre la porte à un principe qui n’a rien à voir avec notre modèle social : celui de soigner selon le comportement du patient. Si le patient avait bien respecté toutes les consignes d’une vie saine, non seulement par son alimentation, son activité sportive, mais aussi en roulant prudemment, etc., alors il bénéficierait de soins gratuits (ou remboursés selon les règles actuelles de l’assurance maladie), sinon il devrait payer. Et il faudrait encore établir cette vie saine qui ne pourrait passer que par un moyen de surveillance de type "chinois" avec le crédit social. Nous avons la chance (malchance pour les Chinois) d’avoir dans le monde une société qui s’achemine très rapidement vers ce type de modèle : le voulons-nous en France ? Personne n’en voudrait. La question va bien au-delà de la simple tension hospitalière ponctuelle (même si cela dure depuis deux ans avec le covid-19, et même depuis plus longtemps), et remet en cause beaucoup plus qu’une politique de la santé. Car pour cela, il faudrait surveiller. Ce serait toute l’organisation de la société qui serait impactée avec des conséquences sur les assurances, etc.

Les principaux arguments pour s’opposer à cette proposition, c’est de dire qu’avec cette logique, on fera payer les soins d’un cancer du poumon aux fumeurs, d’un cancer du foie aux alcooliques, d’un diabète à ceux qui mangent trop de sucre, etc. La situation du chauffard sur la route est en revanche différent car les "assujettis sociaux" ne paient pas les soins qu’il pourrait recevoir : l’hôpital est payé par l’assurance du chauffard, donc, pour ce cas précis, il y a bien en jeu un principe de responsabilité (et quand il n’y a pas d’assurance, c’est un fonds de solidarité qui paie).

Martin Hirsch a balayé cet argument : « Je trouve qu’il y a une très très grande différence et qu’on ne peut pas blâmer quelqu’un sur un comportement, une addiction, et je redis : le système de soins qui est ouvert à tout le monde. Mais je fais cette différence. S’il y a un système de dépistage, on doit tous les cinq ans le faire, est-ce qu’on doit avoir exactement la même protection et le même taux de remboursement si on le néglige que quelqu’un qui ne le néglige pas ? (…) Si je pose cette question-là, c’est que je ne voudrais pas qu’un jour, on se dise : les dépenses de santé explosent parce qu’il y a toute une partie de comportements dits irresponsables qui remettent en cause la solidarité. ».

C’est le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, qui a trouvé, à mon sens, le meilleur contre-argument, le 27 janvier 2022 sur LCI : « On ne peut pas créer un cadre éthique spécial, même en pleine crise sanitaire, pour le covid. (…) On soigne évidemment les gens qui ont pris des risques (…). Créer une "jurisprudence" ne me paraît pas une bonne idée. (…) Bien sûr que ça menace la solidarité, dans la mesure où (…) ce remplissage de l’hôpital, qui n’est pas du tout terminé, on voit les pressions qu’il y a encore sur les réanimations (…), ça veut dire que les autres malades doivent se serrer sur les 30% de capacité qui restent, donc bien sûr, je comprends. Mais mettre finalement une ségrégation en fonction de la non-utilisation d’un outil de prévention, je le répète, il faudrait l’appliquer aussi à d’autres pathologies. Je prends un autre exemple. Il y a plein de pathologies cardiovasculaires dont le risque peut être diminué en prenant des statines ou des médicaments préventifs que les gens ne prennent pas, ou prennent mal. Vous voyez ce que je veux dire ? En France, à ma connaissance, il n’y a aucune pathologie qui ne soit pas remboursée ou prise en charge par la solidarité nationale au registre que les gens ne sont pas [observants]. (…) Je crois que c’est une réflexion qui dépasse le cadre de l’hôpital public, c’est une réflexion qui est d’abord parlementaire et éthique. (…) On soigne les antivax, on soigne les non-vaccinés, on soigne les opposants. ».





L’opportunité de cette question selon Gilles Pialoux : « C’est un débat parce qu’il arrive un moment où effectivement on ne comprend pas pourquoi les gens s’obstinent à ne pas utiliser un outil qui est efficace, je parle surtout du schéma vaccinal complet dont on sait que c’est la ligne Maginot et que ça divise par 25 le risque de rentrer en soins critiques. C’est le rôle du médecin aussi d’accepter que certains n’aient pas compris le rôle du vaccin, ou n’aient pas voulu car mal informés. ».

Martin Hirsch semble bien seul dans son questionnement. Comme l’a dit le professeur Gilles Pialoux, son questionnement est beaucoup plus général qu’un débat sur l’hôpital public. Les médecins soignent et n’ont aucune volonté de choisir leurs patients, et c’est très heureux, tandis que Martin Hirsch est un gestionnaire d’hôpitaux. Il aurait pu sortir ce pavé dans la mare il y a six mois puisque le vaccin existait déjà. Il aborde ce thème au plus mauvais moment, en plein campagne présidentielle, et on imagine mal qu’un candidat, quel qu’il soit, aussi "libéral" soit-il, mette en avant le principe de responsabilité des patients pour assurer la gratuité des soins.

Toutefois, d’autres pays ont déjà choisi cette condition de responsabilité : la Grèce impose une amende de 100 euros par jour pour les personnes non-vaccinées de 60 ans et plus qui seraient hospitalisées ; le Québec et Singapour demandent aussi une participation aux frais d’hospitalisation. La France s’honorerait en conservant son propre modèle de société qui est la solidarité nationale, sans condition.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


(Les quatre graphiques proviennent du site de Guillaume Rozier, covidtracker.fr).


Pour aller plus loin :
Faut-il faire payer les soins covid aux personnes non-vaccinées ?
Martin Hirsch.
Passe vaccinal (3) : validé par le Conseil Constitutionnel, il entre en vigueur le 24 janvier 2022.
Où en est la pandémie de covid-19 ce 18 janvier 2022 en France ?
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Passe vaccinal (2) : Claude Malhuret charge lourdement les antivax.
Discours de Claude Malhuret le 11 janvier 2022 au Sénat (texte intégral et vidéo).
Les Français en ont marre des antivax !
Passe vaccinal (1) : quel député a voté quoi ?
Claude Malhuret le 4 mai 2020.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220127-covid-fk-soins-payants.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/faut-il-faire-payer-les-soins-238951

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/27/39322138.html








 

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25 janvier 2022 2 25 /01 /janvier /2022 03:51

« Il n'y a aucun doute que cet épisode va frapper durement Djokovic. Maintenant, il y a une incertitude au sujet de Roland-Garros, il devra être vacciné pour y jouer, et qu'en est-il de Wimbledon ? Il ne se soucie pas de ces autres tournois, donc c'est vraiment, vraiment malheureux pour un gars qui avait travaillé si dur pour être aimé. (...) L'Australie est l'endroit qu'il aime le plus et il n'a même pas joué, alors cela devient ridicule. » (John McEnroe, le 21 janvier 2022 sur Eurosport).



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Après son expulsion d'Australie, le joueur de tennis serbe Novak Djokovic, numéro un mondial, pourra-t-il participer au tournoi de Roland-Garros de cette année ? La question se pose puisqu'il n'a pas pu séjourner en Australie pour raison sanitaire. Alors que le passe vaccinal vient d'être mis en application en France ce lundi 24 janvier 2022, beaucoup considèrent que ce tournoi français lui sera interdit tant qu'il n'est pas vacciné contre le covid-19. Il avait gagné le tournoi de Roland-Garros l'an dernier, en 2021.

Le champion en titre devrait au contraire pouvoir y participer grâce à une disposition du passe vaccinal : il est en effet valide si la personne qui le détient s'est rétablie du covid-19 il y a moins de six mois à partir de la contamination. Or, le tribunal fédéral australien a annoncé avoir lu les documents attestant que Novak Djokovic avait contracté le virus le 16 décembre 2021, si bien que le joueur devrait donc être autorisé à entrer et séjourner sur le territoire français, non-vacciné, jusqu'au 15 juin 2022. Le tournoi de Roland-Garros a lieu du 22 mai au 5 juin 2022, ce qui conviendrait donc au joueur serbe.

Mais indépendamment de cet élément, le sportif aurait quand même, en principe, eu droit d'accès à Roland-Garros, malgré les déclarations du président du groupe LREM à l'Assemblée Nationale Christophe Castaner le 17 janvier 2022 expliquant que la loi serait la même pour tous et donc, aussi pour Novak Djokovic. En effet, dès le 7 janvier 2022, interrogée par France Info, la Ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu avait rassuré le champion de tennis : « Il y a des protocoles sanitaires imposés pour les grands événements par les fédérations en question, qui viennent s'ajouter, s'additionner au protocole du pays et donc, c'est ce qui permettra en France à quelqu'un comme Novak Djokovic de pouvoir entrer sur le territoire. (...) [Un sportif] qui ne sera pas vacciné (...) pourra participer à la compétition parce que le protocole, la bulle sanitaire de ces grands événements sportifs le permettra. ».

En revanche, la ministre a cependant nuancé ses propos : « Tout joueur, tout sportif qui s'entraîne en France, qu'il soit français ou étranger, s'il est domicilié sur notre territoire, pour s'entraîner, il faudra qu'il ait un passe vaccinal tout le temps pour entrer dans l'équipement sportif. ». Avant de préciser : « En France, aujourd'hui, nous n'avons pas la même réglementation que l'Australie pour rentrer sur le territoire, pour les sportifs comme pour les autres citoyens des autres pays. ». Et puis, en mai 2022, on sera dans une situation sanitaire très différente de celle de maintenant, la situation devrait nettement s'améliorer d'ici à cette date, et les protocoles sanitaires devraient s'alléger.

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Revenons sur les mésaventures du joueur en Australie. Novak Djokovic a été effectivement expulsé d’Australie le dimanche 16 janvier 2022. La raison ? Il ne s’était pas mis en conformité avec les règles sanitaires de ce pays. Ainsi, il n'a pas participé à l’Open d’Australie qui commençait le lendemain à Melbourne, alors qu’il avait participé au tirage au sort le 13 janvier 2022.

Il n’est pas question ici de disserter sur son talent de sportif reconnu par tous. Il est considéré comme le numéro un mondial du tennis depuis le 3 février 2020, et même l’un des meilleurs joueurs de tennis de tous les temps avec Roger Federer et Rafael Nadal. Il a multiplié les records, il a été pendant 360 semaines en tête du classement ATP, dont 122 semaines consécutives entre 2014 et 2016. À 34 ans, ce qui est déjà âgé, après dix-huit ans d’exercice, il a remporté 86 victoires sur le circuit ATP, dont 20 tournois du Grand Chelem.

La personnalité de Novak Djokovic est également très forte, il n’hésite pas à utiliser son grand sens de l’humour et à montrer beaucoup d’originalité. C’est peut-être cela qui a attiré sur lui une sorte de polarisation dans les deux dernières semaines. À cela, il ne faut pas négliger l’aspect nationaliste, car il est considéré en Serbie comme un héros national et le Président de la République de Serbie Aleksandar Vucic est un fervent soutien de Novak Djokovic, au point parfois de mettre de l’huile sur le feu politique. Le Président a été un homme politique à l'origine d’extrême droite nationaliste puis a cofondé un parti conservateur et nationaliste pro-européen (favorable à l’adhésion de la Serbie dans l’Union Européenne).

L’Open d’Australie à Melbourne est l’un des quatre tournois du Grand Chelem et une compétition que Novak Djokovic a remportée 9 fois, dont trois fois de suite depuis 2019, et il comptait bien gagner une quatrième fois successive en 2022. C’est le tournoi qu’il a le plus gagné depuis 2008. Dans sa carrière de joueur, rater l’Open d’Australie est donc très grave. Il a surestimé ses capacités à sauter les barrières administratives, réglementaires et judiciaires (et sanitaires bien sûr).

Parlons maintenant de l’Australie. Le principe d’une île, même gigantesque, c’est plus un continent-île qu’une simple île, a fait que la doctrine sanitaire des autorités australiennes a toujours été très restrictive. L’objectif était le zéro covid, ce qui signifiait beaucoup de contraintes : des confinements localisés, en particulier à Sydney, Melbourne et Camberra, localisés ne signifie pas légers puisqu’il y a eu plusieurs dizaines de millions d’habitants qui ont été impactés par ce genre de restrictions "à la chinoise". D’ailleurs, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans ces villes pour contester une telle politique, et ce choix de renfermement a aussi engendré un grand retard à la vaccination. Le 1er août 2021, seulement 32,9% de la population avait reçu au moins une dose, ce qui était très faible mais mainteant rattrapé (au 15 janvier 2022, 81,4% de la population a reçu au moins une dose, ce qui est légèrement plus que la France, et 19,5% la troisième dose, ce qui à peu près la moitié du taux en France).

Il faut reconnaître que cette méthode, qui n’aurait jamais été acceptée dans un pays d’Europe ou d’Amérique, a été efficace puisque, en nombre de décès dus au covid-19, il y a eu, au 16 janvier 2022, "seulement" 2 673 décès, soit 103 décès par million d’habitants (dans les pays d’Europe occidentale, c’est autour de 20 fois plus). Toutefois, depuis Noël 2021, une quatrième vague est en train de surpasser tous les records de mortalité du covid-19, en passant du 1er janvier 2022 d’une moyenne de 5 à 10 décès par jour à une véritable courbe exponentielle avec plus de 50 décès par jour en moyenne le 15 janvier 2022.

Parmi les mesures très restrictives, il y a eu les entrées aériennes. Les protocoles étaient tellement drastiques que même les ressortissants australiens à l’étranger étaient interdits de rentrer dans leur pays pendant un certain temps, ensuite, pouvaient rentrer sous condition d’une période d’isolement de quatorze jours. Cela s’était assoupli dans les derniers mois, mais avec l’obligation de vaccination : aucune personne ne peut entrer en Australie sans avoir été vaccinée.

Donc, pour résumer, l’Australie a mis en place depuis 2020 des mesures sanitaires très contraignantes (beaucoup plus qu’en France), et cette politique a fonctionné jusqu’à la fin de l’année 2021 avec un contrôle des contaminations et une faible mortalité (20 fois moins qu’en Europe de l’Ouest). Les Australiens ont beaucoup souffert pour arriver à ce résultat et ne souhaitent donc pas voir leurs efforts "gâchés" par des arrivants étrangers. De plus, malgré la campagne de vaccination très dynamique, il y a, depuis le début de l’année 2022, une flambée épidémique très inquiétante qui a aussi effet sur les décès. Jusqu’au 15 décembre 2021, il n’y avait pas plus que 2 000 nouveaux cas par jour. Or, depuis la mi-décembre 2021, la flambée se mesure aussi avec les nouveaux cas, au nombre de 112 867 au 15 janvier 2022, sur une pente continue. Le gouvernement australien craignait donc de ne plus avoir la maîtrise de l’épidémie et la politique du zéro covid, longtemps définie comme l’objectif, est maintenant à revoir (la situation de la troisième semaine de janvier 2022 s'est nettement améliorée).

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Alors, tout est posé pour le psychodrame tennistique des deux premières semaines du mois. Une personnalité exceptionnelle, une célébrité mondiale viendrait en Australie mais sans se prêter à la réglementation sanitaire. Novak Djokovic a refusé d’indiquer son statut vaccinal mais a confirmé le 4 janvier 2022 qu’il participerait à l’Open d’Australie. Il s’y est rendu dès le lendemain, 5 janvier 2022 où une dérogation médicale lui a été fournie pour éviter l’obligation d’être vacciné. Mais le Premier Ministre Scott Morrison, le même qui avait dénoncé la commande des sous-marins à la France, est intraitable et a voulu connaître les raisons de cette dérogation médicale et les contester. Le 5 janvier 2022, le visa du sportif serbe a donc été annulé et son expulsion programmée au 6 janvier 2022.

Cependant, grâce à ses (bons) avocats, Novak Djokovic a eu un sursis pour faire appel et a été logé dans un centre de rétention des personnes en situations irrégulières (on a les mêmes en France, enfin, non, c’est pire en Australie, au point que nos zélateurs de l’anti-immigration primaire citent régulièrement l’Australie comme un pays modèle).

Les avocats du joueur ont alors révélé que l’exemption vaccinale était justifiée car Novak Djokovic a eu un test covid positif le 16 décembre 2021. Stupeur : à cette date, Novak Djokovic n’était pas isolé et répondait à des interviews, se faisait photographier aux côtés de jeunes fans… Aucun isolement : soit le test positif est un mensonge, soit le joueur n’a pas respecté la règle (dans tous les pays) de s’isoler en cas de contamination. Qu’importe, un juge australien a rétabli son visa le 10 janvier 2022. Le Serbe a pu commencer son entraînement pour la compétition qui commençait la semaine suivante.

Le gouvernement a cependant de nouveau annulé le visa le14 janvier 2022. Le joueur a fait encore appel et en attendant, il est retourné dans un centre de rétention le lendemain. La cour fédérale a rejeté le recours dans la nuit du 15 au 16 janvier 2022 (heure de Paris, le matin du 16 en Australie), sans possibilité de faire appel. L’expulsion de Novak Djokovic par avion a eu lieu quelques heures plus tard. Il ne participerait donc pas à l’Open d’Australie 2022. Fin de l’histoire.

Pendant ces quinze jours de psychodrame, la figure de Novak Djokovic a été préemptée dans les réseaux sociaux par les antivax comme leur porte-parole involontaire dans leur contestation de la vaccination (d’où son surnom de Novax Djocovid). Figure populaire, appréciée de beaucoup de monde (y compris de personnes vaccinées, par exemple, Bruno Le Maire), il a, visiblement, sur ce sujet-là, trop misé sur une immunité administrative que sa célébrité, sa popularité et son talent de sportif auraient été susceptibles de lui apporter.

Heureusement, la loi est la règle pour tous, il n’y a aucune raison de faire des exceptions sous prétexte de vouloir privilégier un grand sportif, aussi sympathique soit-il, du moins dans un État de droit. Et cela d’autant plus que la réglementation sanitaire australienne a été élaborée (on peut la contester ou pas) pour ne pas mettre en danger la santé des Australiens, qui ont déjà très souffert des mesures de confinement (qui ont fait exploser le chômage et la paupérisation) et qui voient l’épidémie "s’exponentialiser" de manière inquiétante. Faire une exception aurait réduit à néant l’autorité du gouvernement australien qui doit déjà faire face à une forte (et violente) contestation. Le Président serbe a crié à la décision politique, et il a raison, c’était une décision très politique de ne tolérer aucune exception dans le dispositif sanitaire australien. Ce refus est même exemplaire.

Les antivax franco-français seraient donc bien inspiré de s’apercevoir qu’il existe ailleurs qu’en France des pays beaucoup moins "libéraux" que la France en matière de mesures sanitaires (je rappelle que le principe du passe vaccinal est bien moins "liberticide" qu’un confinement sévère).

Et ceux d’entre eux qui militent à tout va contre l’immigration peuvent aussi observer que lorsque leur héros est mis dans la même situation que des réfugiés clandestins ou des personnes en situation irrégulière qu’ils abhorrent, dans des hôtels ou centres de rétention, ils pourront alors repenser un peu mieux au respect qu’on doit à toute personne humaine, quelle qu’elle soit, quelle que soit sa situation administrative, car, comme pour le handicap, une situation d’immigré rejeté peut très vite arriver à tout le monde un jour ou l’autre, ne serait qu’en cas de catastrophe climatique

Pour conclure, laissons exprimer ce coup de gueule du docteur Michel Cymes le 12 janvier 2022 sur France 5 : « Djokovic est anti-vaccin. Il l’a dit et pas seulement avant l’Open d’Australie. C’est un antivax (…). Je trouve ça dramatique que quelqu’un qui représente l’exemplarité que doit avoir un sportif de haut niveau vis-à-vis des jeunes dise ouvertement qu’il est contre le vaccin. (…) Qu’il le soit, c’est son problème. Il n’a pas besoin de le dire parce qu’il sert de contre-exemple à la vaccination. ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Roland Garros.
Novak Djokovic.
Novax Djocovid.
Jean-Pierre Adams.
Bernard Tapie.
Kylian Mbappé.
Pierre Mazeaud.
Usain Bolt.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220124-novak-djokovic.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/sports/article/apres-l-open-d-australie-novak-238926

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/01/19/39310588.html






 

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