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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 03:01

« Nous avons (…) un atout maître, qui change tout (…) : le vaccin. Tous les vaccins disponibles en France nous protègent solidement contre ce variant delta : ils divisent par 12 son pouvoir de contamination et évitent 95% des formes graves. L’équation est simple : plus nous vaccinerons, moins nous laisserons d’espace au virus pour se diffuser, plus nous éviterons les hospitalisations. Et plus nous éviterons d’autres mutations du virus peut-être plus dangereuses encore. C’est donc une nouvelle course de vitesse qui est engagée. Un été de mobilisation pour la vaccination : voilà ce que nous devons viser. Vacciner un maximum de personnes, partout, à tout moment. » (Emmanuel Macron, allocution télévisée du 12 juillet 2021).



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La France a franchi le vendredi 17 septembre 2021 le seuil très symbolique de 50 millions de personnes vaccinées contre le covid-19. Soit les trois quarts de la population française au total ! Certes, l’objectif du gouvernement avait été d’atteindre ce seuil à la fin des vacances, à la fin du mois d’août, et malgré ces quinze jours de retard, cela reste une performance à saluer, à mettre bien sûr au crédit du gouvernement, mais aussi de toutes les "petits mains", pour la plupart bénévoles, qui se sont engagés pour aider et organiser les centres de vaccination.

Il y a neuf mois, les médias aimaient casser notre pays, faire du "France bashing" (sport national), en disant qu’on était des incapables et que tous les autres nous dépasseraient bien vite. Or, c’est tout le contraire qui a eu lieu. Aujourd’hui, le taux de couverture vaccinale de la France est supérieur à celui de bien des pays qu’on disait soit modèles soit leaders en termes de vaccination, en particulier le Royaume-Uni, Israël, mais aussi les États-Unis, l’Allemagne, la Suède, etc. La France va probablement "dépasser" le Canada même si en Europe, il y a deux modèles que même la France aura du mal à surpasser, le Portugal (87% au 14 septembre 2021) et l’Espagne (80% au 16 septembre 2021).

Au 19 septembre 2021, il y avait 50 049 150 personnes qui ont reçu leur première dose, soit 74,7% de la population totale, et 47 538 919 personnes qui ont finalisé leur parcours vaccinal, soit 70,9% de la population totale.

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Encore une fois, je le répète ici, il ne s’agit pas de faire le concours du pays qui fait le plus haut. Il s’agit juste de reconnaître que la France a su saisir résolument l’occasion de se sortir de la crise sanitaire par le haut, par une campagne de vaccination massive grâce à l’arrivée rapide de vaccins efficaces.

Le gouvernement a dû prendre ses responsabilités pour aboutir à cette performance qui démontre une fois encore que le pire n’est jamais certain. Après une baisse drastique de fréquentation des centres de vaccination au début de l’été (fin juin et début juillet), probablement en raison de problème d’organisation des familles et de leurs vacances estivales, le Président de la République Emmanuel Macron a "dopé" la demande avec l’annonce d’un élargissement de l’utilisation du passe sanitaire.

J’y reviendrai ultérieurement, on peut dire que cette politique très audacieuse a permis de renforcer le taux de couverture vaccinale pendant tout l’été. On arrive d’ailleurs depuis la fin du mois d’août à une nouvelle baisse drastique de la vaccination, et certains centres de vaccination ferment ou vont fermer dans les prochaines semaines, faute de demande.

L’obligation vaccinale dans certaines professions, en particulier chez les soignants, va probablement renforcer un peu la vaccination pendant quelques semaines, ainsi que la prochaine fin de la gratuité des tests de dépistage du covid-19, dernière possibilité d’obtenir un passe sanitaire pour des personnes encore non-vaccinées.

Je voudrais m’arrêter sur l’un des arguments d’une aide-soignante qui ne voulait pas se faire vacciner car elle considérait que c’était son choix de se protéger ou pas, sans imaginer qu’en ne se vaccinant pas, elle faisait prendre d’énormes risques aux personnes qu’elle soigne.

Il faut insister sur le fait que le vaccin ne protège pas à 100% les personnes vulnérables qui sont vaccinées. Cela signifie qu’il faut, dans tous les cas, éviter de contaminer les personnes fragiles. De plus, il reste encore 600 000 personnes âgées de plus de 75 ans, plus des personnes plus jeunes mais ayant des comorbidités qui ne sont toujours pas vaccinées, et elles non plus ne doivent pas être contaminées car elles risquent de développer des formes graves. Cela explique l’obligation vaccinale pour les personnes qui les soignent.

Car le vaccin, même s’il n’est pas parfait, reste très efficace contre le covid-19 : efficacité pour éviter de développer des formes graves et efficacité aussi pour éviter d’être contaminé et donc, éviter de contaminer les autres. Israël a montré que l’efficacité pour éviter d’être contaminé pouvait diminuer au cours du temps (au-delà de huit mois), ce qui a convaincu le gouvernement israélien de proposer une troisième dose (j’y reviendrai probablement).

On n’observe pas encore ce phénomène de diminution dans le temps, probablement parce que la campagne de vaccination en France a été un peu plus tardive au cours du premier semestre, mais par précaution, le gouvernement a proposé aux seules personnes vulnérables une troisième dose (au contraire d’Israël, la France ne considère pas nécessaire de généraliser la troisième dose à ce jour).

Insistons toujours sur le fait que cette diminution d’efficacité concerne la capacité ou non d’être contaminé, pas celle de développer ou non la forme sévère qui, elle (cette efficacité-là), est restée toujours performante en Israël (lire ici).

Cette efficacité proclamée, ce n’est pas une sorte d’incantation. On avait effectivement lu au départ ce qu’avaient revendiqué les fabricants des vaccins, ce qui pouvait prêter à caution, même si le fait d’avoir reçu une autorisation de mise sur le marché signifie que les études fournies par ces fabricants sont sérieuses et démontre que ces vaccins sont sans danger et efficaces. Insistons aussi sur le fait que ces autorisations, pour un nouveau médicament ou vaccin, sont toujours délivrées à titre temporaire, vu que la posologie peut évoluer en fonction de ce qu’on observe au cours du temps, c’est le cas pour une éventuelle troisième dose.

Avec les milliards de doses injectées dans le monde, on a un vaste champ statistique sur l’efficacité des vaccins, notamment à ARN messager. En France, le Ministère de la Solidarité nationale et de la Santé a mis un peu de temps pour apparier (comme on dit) les bases de données des tests, des vaccinations et des hospitalisations.

Depuis le 6 août 2021, chaque semaine, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère) publie un rapport précis sur l’efficacité de la vaccination en France. Toutes les données brut sont disponibles, et donc cette analyse peut être faite par quiconque maîtrise un peu les sciences statistiques (on pourra lire le dernier rapport publié à ce lien).

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Arrêtons-nous aussi sur le fait que le 10 septembre 2021, la DREES a tenu à préciser un peu mieux sa méthodologie, car certains militants antivax ont fait des raccourcis avec ce qu’ils ont interprété comme un "oubli" de plusieurs centaines de décès : « Les décès pris en compte ont ciblé, parmi les personnes décédées depuis le 31 mai 2021, celles qui ont été admises à l’hôpital après le 15 mai 2021. Par ailleurs, ces décès sont comptabilisés en date de survenue. (…) Alors que le total du nombre de décès enregistrés entre le 31 mai 2021 et le 11 juillet 2021 s’élève à 1 880, seuls 926 décès survenus durant cette même période concernent des patients admis à l’hôpital après le 15 mai 2021. ».

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En effet, pour prendre en compte l’effet de la vaccination sur les décès et les hospitalisations, il fallait commencer à choisir une date. Or, les décès éventuels de personnes hospitalisées à partir d’un même jour peuvent s’étaler sur plusieurs semaines. Il n’était donc pas cohérent de prendre la totalité des décès dans les premières périodes étudiées, dans la mesure où la situation vaccinale pouvait être très différentes à plusieurs semaines d’intervalle. Cette distinction devient quasiment nulle au fil des semaines (voir figure ci-dessus).

Dans le dernier rapport de la DREES publié le 17 septembre 2021 qui analyse les données de la semaine du 30 août au 5 septembre 2021, on retrouve les mêmes enseignements que pour les semaines précédentes. Pour cette semaine, en moyenne, la population est composée notamment de 19,5 millions de personnes non-vaccinées (soit 29%) et de 40,4 millions de personnes complètement vaccinées (soit 60%). Les autres sont des personnes ayant reçu une seule dose et qui ne le restent pas longtemps.

Pour les contaminations : le nombre de personnes contaminées pour 100 000 personnes non-vaccinées est de 289 contre 37 pour 100 000 personnes complètement vaccinées, soit un rapport d’environ 8 (rapport de 7,8). Le nombre de contamination baisse depuis la troisième semaine d’août 2021. Et on est contaminé 8 fois moins lorsqu’on est complètement vacciné.

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De même, les hospitalisations aussi sont en baisse, mais cela baisse plus parmi les personnes complètement vaccinées que parmi les personnes non-vaccinées. Ainsi, il y a eu 93 personnes qui ont été hospitalisées pour 1 million de personnes non-vaccinées pendant la même semaine analysée, et 12 pour 1 million de personnes complètement vaccinées, soit un rapport d’environ 8 (exactement 7,8). On retrouve le même rapport que pour les contaminations. Enfin, 76% des hospitalisations concernent des personnes non-vaccinées et 20% des personnes complètement vaccinées. Ces pourcentages doivent être comparés à ceux des personnes non-vaccinées et complètement vaccinées dans la population générale (respectivement 29% et 60%) ; on retrouve le rapport 8 en divisant 76%/29% par 20%/60%). Idem pour les autres pourcentages indiqués plus loin.

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Pour les admissions en soins critiques durant cette même semaine, la différence est encore plus élevée. Il y a eu 28 personnes admises en soins critiques pour 1 million de personnes non-vaccinées et 2,3 pour 1 million de personnes complètement vaccinées, soit un rapport de 12 (exactement 12,2). De plus, 81% des admissions en soins critiques concernent des personnes non-vaccinées et 14% des personnes complètement vaccinées.

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Enfin, la vaccination protège aussi des décès dus au covid-19 : il y a eu durant la même semaine 15 décès pour 1 million de personnes non-vaccinées et 3 décès pour 1 million de personnes non-vaccinées, soit un rapport de 5. On meurt 5 fois plus si on n’est pas vacciné. Par ailleurs, 68% des décès concernent des personnes non-vaccinées et 28% des personnes complètement vaccinées.

Ces données factuelles et disponibles en open data montrent la très grande efficacité des vaccins contre le covid-19 et confirme ce que de nombreux médecins (notamment urgentistes) disent depuis le début de l’été, à savoir que la quatrième vague est essentiellement une épidémie de personnes non-vaccinées. Le fait que la France soit, au début de l’automne, aussi massivement vaccinée permet ainsi de nourrir un réel optimisme pour la suite de la crise sanitaire en France, même s’il faut toujours rester prudent avec cette saloperie qui a déjà provoqué au moins 116 069 décès en France et plus de 4,71 millions de décès dans le monde.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 septembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
50 millions de vaccinés contre le covid-19 en France !
Vaccination : des soignants face à leurs responsabilités.
Vers un passe vaccinal ?
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 8 septembre 2021 (texte intégral).
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.
Covid-19 : est-il pertinent de faire payer les tests de dépistage ?
Covid-19 : la France plus vaccinée que le Royaume-Uni.
Les derniers rapports de la DREES sur les appariements de bases de données (à télécharger).
Covid-19 : la France plus vaccinée qu’Israël.
La vaccination contre le covid-19, ça marche !
Rapport de la DREES du 6 août 2021 (à télécharger).
Covid-19 : les Engagés et les Enragés.
Le passe sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel.
Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
La Science, la Recherche et le Doute.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur le passe sanitaire le 25 juillet 2021.
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210917-covid-el-vaccination.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/50-millions-de-vaccines-contre-le-235866

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/09/20/39142327.html













 

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 03:44

« À compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l’article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n’ont pas présenté les documents mentionnés au I de l’article 13 (…). » (article 14 de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021).




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C’est la loi qui a été adoptée démocratiquement par le Parlement français qui veut cela. Cette loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion sanitaire a institué entre autres l’obligation vaccinale contre le covid-19 pour un certain nombre de professions, en particulier tous les soignants et les personnes qui s’occupent des personnes vulnérables : « Doivent être vaccinées, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : les personnes exerçant leur activité dans les établissements de santé… (etc.). » (article 12).

Cette obligation a été annoncée par le Président de la République Emmanuel Macron lui-même dans son allocution télévisée du 12 juillet 2021, il y a donc plus de deux mois. Qui dit obligation dit nécessairement sanction, sinon la loi resterait impuissante.

Quelles sont ces sanctions ? Elles sont simples mais néanmoins très graves : « Lorsque l’employeur constate qu’un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l’informe sans délai des conséquences qu’emporte cette interdiction d’exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L’agent public qui fait l’objet d’une interdiction d’exercer peut utiliser, avec l’accord de son employeur, des jours de congés payés. À défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. » (article 14).

Et le texte de loi d’ajouter : « La suspension (…), qui s’accompagne de l’interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l’agent remplit les conditions nécessaires à l’exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l’agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l’agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit. ». C’est aussi valable pour un salarié du secteur privé, à quelques différences techniques près.

La sanction est donc très sévère : suspension et interruption de rémunération. Pour un CDD, le contrat n’est pas suspendu : « Lorsque le contrat à durée déterminée d’un agent public non titulaire est suspendu (…), le contrat prend fin au terme prévu si ce dernier intervient au cours de la période de suspension. ».

Enfin, si, entre le 15 septembre et le 15 octobre 2021, le soignant non-vacciné reçoit une première dose, bien qu’il ne soit pas complètement vacciné, sa suspension est cependant levée.

Le gouvernement a réaffirmé qu’il appliquerait la loi avec la plus grande fermeté. En effet, à quoi servirait une loi si elle n’était pas appliquée ? C’est donc très surprenant que des individus qui proclament sans arrêt la plus grande fermeté des lois sécuritaires refusent que ce principe soit appliqué à la loi du 5 août 2021. Les sanctions constituent un échec collectif, au même titre que les peines et condamnations des délinquants ordinaires. S’il n’y avait pas de sanctions, il n’y aurait plus d’obligation, c’est aussi simple que cela. La question étant toujours : qu’est-ce que je risque si je ne me conforme pas à la loi ? Si la réponse est rien, pas la peine de me conformer à la loi, sauf à être un légaliste absolu (notons qu’ici, la vaccination a été acceptée volontairement et librement par plus de 42 millions de Français bien avant l’instauration d’un passe sanitaire contraignant).

L’obligation vaccinale pour les soignants n’est pas une innovation. Elle est déjà instituée pour un certain nombre de vaccins, en particulier contre l’hépatite B. Aujourd’hui, le covid-19 est la première maladie nosocomiale, et c’est scandaleux de penser que des personnes qui sont entrées à l’hôpital pour un traitement particulier, ou une opération, aient pu être infectées au covid-19 et en soient mortes. C’est pourtant ce qui s’est passé à de nombreuses reprises. La rigueur d’un établissement de santé est que le patient ressorte en meilleur état que lorsqu’il y est entré, à moins d’être déjà atteint d’une maladie mortelle, auquel cas la médecine ne fait qu’accompagner le patient pour qu’il puisse être maintenu dans le plus grand confort possible.

Dans les faits, cette loi a-t-elle fait vacciner massivement les soignants ? Globalement, oui. Le 15 septembre 2021, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a évoqué la proportion de 9 soignants sur 10 qui sont vaccinés. Apparemment, il y en aurait un petit peu moins, car 12% des soignants ne seraient pas encore vaccinés, et environ 2% à 3% des médecins libéraux, soit environ 3 000 médecins.  Selon un premier bilan des sanctions, 3 000 soignants auraient été mis en suspension, ce qui peut avoir des conséquences sur l’organisation des hôpitaux.

Avant de poursuivre et d’essayer de prendre connaissance du point de vue des soignants non-vaccinés, je voudrais quand même aborder un aspect moral : le sens des responsabilités des soignants.

Lors du premier confinement, au printemps 2020, tout le monde applaudissait les soignants chaque soir à 20 heures, pour les remercier d’assurer les soins dans les hôpitaux, parfois au péril de leur vie (certains en sont morts, comme ce médecin à la retraite, Jean-Jacques Razafindranazy), notamment parce qu’ils n’avaient pas les équipements adéquats (masques, combinaisons, etc.).

L’argumentation actuelle qui veut comparer cette situation de mars 2020 à celle d’aujourd’hui ne manque pas de manipulation. Le gouvernement ne s’en prend pas aux soignants en leur imposant la vaccination, il veut juste que les soignants soignent sans contaminer les plus fragiles qu’ils soignent, ce qui est une mesure de salubrité publique saluée par la plupart des médecins. Du reste, comme précisé plus haut, la très grande majorité des soignants sont vaccinés et méritent encore aujourd’hui les applaudissements.

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Ceux qui refusent encore aujourd’hui la vaccination, alors qu’ils pouvaient se faire vacciner dès janvier 2021, n’ont aucune idée du tort qu’ils peuvent faire en termes de santé publique. Ce qui reste très étonnant car les professions de santé devraient les premières concernées dans la compréhension de la vaccination (en particulier les médecins). L’aspect moral est là : être face à ses propres responsabilités. Et surtout, face aux personnes soignées qui méritent d’être protégées.

L’argument généralement invoqué est la liberté individuelle : je ne me ferai vacciner que si je le veux. Mais la liberté individuelle n’est pas la valeur exclusive et suprême d’une vie en communauté. La solidarité, par exemple, est aussi une valeur essentielle. La responsabilité également. La sécurité routière permet une bonne analogie de la gestion sanitaire, car il y a l’affrontement entre une liberté individuelle et l’intérêt général. Et l’autre point commun, c’est que celui qui ne suit pas les mesures de sécurité pense qu’il peut passer entre les gouttes (je roule comme un fou mais je n’ai pas d’accident ; je ne mets pas de masque mais je n’ai pas été contaminé, etc.).

On peut invoquer la liberté individuelle pour rouler à 150 kilomètres par heure, ou encore pour ne pas mettre sa ceinture de sécurité. Ce sont deux décisions qui vont augmenter les risques d’accident et même les risques de mourir, mais on peut s’en sortir indemne, sans accident, sans rien. Pour autant, on sera verbalisé si on est pris en faute. Le pire, ce n’est pas le jeu du chat et de la souris avec la maréchaussée, c’est qu’en toute conscience, le contrevenant met la  vie des autres en danger, c’est cela qui est moralement discutable dans cette liberté absolue proche de l’adolescent capricieux. Même pour la ceinture, cela impacte sur les autres (les proches qui ont perdu un membre de leur famille ou un ami cher, les assurés dont la prime d’assurance va augmenter, les contribuables qui vont devoir payer les dégâts matériels de l’environnement urbain, etc.).

Il est néanmoins intéressant à comprendre les raisons d’un soignant de ne pas se faire vacciner encore maintenant. Ainsi, dans l’émission de l’incisif Éric Brunet, le mercredi 15 septembre 2021 sur LCI, ce dernier a invité une aide-soignante (je crois du CHU de Nice où il y a eu 450 suspensions de travail).

L’aide-soignante a été suspendue et, sans se montrer opposée par principe à la vaccination, a soutenu qu’elle ne voulait pas se faire vacciner et qu’elle voulait garder sa liberté individuelle. Mais très vite dans la discussion, bien que ce ne fût pas très clair au début, elle a annoncé qu’elle avait pris le lendemain soir un rendez-vous pour se faire injecter sa première dose.

Cette première information donnait ainsi raison à la loi et à l’obligation vaccinale pour les soignants. Sans cette loi, elle ne se serait pas faite vacciner, ce qui aurait rendu ses actes de soignante dangereux pour les personnes qu’elle soigne. C’est le premier enseignement. Il y aura des jusqu’au-boutistes, mais la plupart, par cette pression qu’il est désolant d’avoir dû faire, finissent par se faire vacciner.

Mais cette information n’était pas l’essentiel. L’essentiel, c’était de savoir pourquoi elle ne voulait pas se faire vacciner. Certes, des milliards de doses ont déjà été injectées et les risques seraient connus depuis longtemps maintenant, autre que les effets attendus (un peu mal au bras et deux jours de forte fièvre), à l’exception d’une ultra-faible minorité où les effets secondaires sont à prendre en compte (plus faible que pour des médicaments consommés régulièrement).

En revanche, l’aide-soignante interrogée était convaincue que certes, le vaccin la protégerait des formes graves, ce qui explique qu’elle comprend très bien la campagne de vaccination, mais elle était convaincue aussi que le vaccin n’aurait aucun effet sur sa capacité à être contaminée (et donc, à transmettre ou pas le virus). En clair, ce qu’elle pensait, c’était que comme vaccinée ou non-vaccinée, elle transmettrait toujours de la même manière le virus, le choix de la vaccination serait donc un choix personnel sur les risques ou non de développer les formes graves.

Sauf que cette idée est complètement fausse, et la preuve dans les Antilles, en Polynésie française, et même dans la réduction drastique du nombre de cas aujourd’hui dans l’Hexagone malgré une flambée épidémique en juillet (ce qui montre du reste qu’il n’y a aucun effet saisonnier, du moins pour le variant delta). Au contraire, la vaccination réduit énormément le risque d’être contaminé, d’un facteur de 8 à 12, selon certaines statistiques.

Depuis le 6 août 2021, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du Ministère de la Solidarité nationale et de la Santé) publie chaque semaine un rapport complet sur le nombre de personnes vaccinées et non-vaccinées parmi les personnes qui ont été contaminées, celles qui sont hospitalisées, qui vont en réanimation, voire qui décèdent. Le vaccin protège AUSSI de la contamination, et c’est cette protection-là qui diminue avec le temps comme l’a prouvé le peuple d’Israël (mais cette diminution n’a pas encore été observée en France). On peut lire ces rapports de la DREES à ce lien, qui se remet à jour à chaque nouveau rapport.

Elle n’est peut-être pas représentative des soignants qui n’ont pas encore été vaccinés, mais elle donne quand même une bonne clef de compréhension et c’est pour cela qu’il faut inlassablement communiquer sur le sujet, car certains messages ne passent toujours pas. Il ne s’agit pas d’un consensus du corps médical, mais des faits : en France, ceux qui sont contaminés sont une dizaine de fois plus nombreux non-vaccinés que vaccinés.

Or, le vaccin n’est jamais efficace à 100%, pour des raisons diverses (de toute façon, rien n’existe à 100% d’efficacité). Cela signifie qu’il y a des personnes vulnérables vaccinées qui peuvent risquer de développer des formes graves voire de décéder en se faisant contaminer. C’est pour cela qu’il faut leur éviter toute source de contamination, et les personnes qui les soignent sont la première source extérieure (la deuxième, ce sont leurs visiteurs qui doivent se munir d’un passe sanitaire).

En comprenant qu’en refusant de se faire vacciner, ils peuvent mettre en danger la vie de ces personnes-là, qu’ils soignent, les soignants peuvent commencer à comprendre la nécessité de la vaccination pour eux-mêmes. Cette prise de conscience est ce qu’on appelle de la maturité. Certains mettent plus de temps que d’autres.

Comme il s’agit d’une action de santé publique, après plus de huit mois d’encouragement libre et volontaire (janvier à septembre), le gouvernement et les parlementaires ont décidé de forcer les derniers réticents parmi les soignants. C’est regrettable, car personne ne souhaite mettre en danger leur emploi, leur survie matérielle, celle de leur famille, d’autant plus que les hôpitaux sont en sous-effectifs. Mais un hôpital doit soigner, pas infecter. C’est une dernière extrémité, désolante mais nécessaire, pour amener certains "récalcitrants" qui n’ont que le mot "liberté" à la bouche, sans se rendre compte qu’il s’agit de la vie de dizaines de personnes qui est en jeu par leur seule décision, sans tenir compte qu’il n’y a pas de liberté qui vaille sans responsabilité, …pour les amener à plus de raison.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 septembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Vaccination : des soignants face à leurs responsabilités.
Vers un passe vaccinal ?
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 8 septembre 2021 (texte intégral).
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.
Covid-19 : est-il pertinent de faire payer les tests de dépistage ?
Covid-19 : la France plus vaccinée que le Royaume-Uni.
Les derniers rapports de la DREES sur les appariements de bases de données (à télécharger).
Covid-19 : la France plus vaccinée qu’Israël.
La vaccination contre le covid-19, ça marche !
Rapport de la DREES du 6 août 2021 (à télécharger).
Covid-19 : les Engagés et les Enragés.
Le passe sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel.
Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
La Science, la Recherche et le Doute.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur le passe sanitaire le 25 juillet 2021.
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210915-covid-ek-soignants.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/vaccination-des-soignants-face-a-235824

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/09/15/39136565.html






 

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 01:32

La DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques du Ministère des Solidarités et de la Santé) publie, chaque vendredi, depuis le 6 août 2021, un rapport pour connaître l'efficacité de la vaccination contre le covid-19 en présentant les différences selon l'état de vaccination des personnes face à l'épidémie actuelle. On peut télécharger et lire ces rapports hebdomadaires.


Cliquer sur le lien correspond à la semaine d'étude pour télécharger le rapport correspondant (fichier .pdf).




Semaine du 30 août au 5 septembre 2021 (publié le 17 septembre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-09/2021-09-17%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees%20v0.4.pdf

Semaine du 23 au 29 août 2021 (publié le 10 septembre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-09/2021-09-10%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees.pdf

Note explicative sur le comptage des décès (publiée le 10 septembre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-09/2021-09-10%20-%20Addendum%20d%C3%A9c%C3%A8s.pdf

Semaine du 16 au 22 août 2021 (publié le 3 septembre 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-09/2021-09-03%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees%20v0.4_0.pdf

Semaine du 9 au 15 août 2021 (publié le 27 août 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-08/2021-08-27%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees.pdf


Semaine du 2 au 8 août 2021 (publié le 20 août 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-08/Exploitation%20des%20appariements%20entre%20les%20bases%20SI-VIC%2C%20SI-DEP%20et%20VAC-SI%20jusqu%27au%208%20ao%C3%BBt%202021.pdf

Semaine du 26 juillet au 1er août 2021 (publié le 13 août 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-08/2021-08-13%20-%20Appariements%20sivic-sidep-vacsi%20Drees.pdf

Semaine du 19 juillet au 25 juillet 2021 (publié le 6 août 2021) :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-08/210806%20Note%20Appariement%20sivic-sidep-vacsi%20-%20Drees_0.pdf


Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210827-covid-eg-vaccination.html

SR
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20210827-rapports-drees.html




 

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11 septembre 2021 6 11 /09 /septembre /2021 03:47

« L’évolution prévisible de la pandémie vers un profil d’infection banale à recrudescence saisonnière peut être accélérée par l’immunité collective obtenue au moyen d’une vaccination universelle. » (Académie nationale de Médecine, le 8 septembre 2021).




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Dans son communiqué du 8 septembre 2021, l’Académie nationale de Médecine a invité à suivre ses quatre recommandations : rester confiant sur l’efficacité de la vaccination sur les formes graves (qui a été très bien démontrée avec la quatrième vague) ; maintenir le port du masque et les gestes barrières, y compris chez les personnes vaccinées ; évaluer l’avantage d’administrer les prochains vaccins de seconde génération comme rappel pour mieux prévenir la transmission du virus. Et j’ai gardé pour la fin cette dernière recommandation : « remplacer au plus tôt le passe sanitaire par un passe vaccinal ».

Le passe vaccinal a ceci de différent du passe sanitaire, c’est qu’il n’est délivré qu’aux seules personnes qui sont complètement vaccinées, c’est-à-dire que les personnes non-vaccinées qui ont été testées récemment avec un résultat négatif ne l’obtiendrait plus. Cette mesure renforcerait évidemment l’incitation à la vaccination auprès de la population non encore vaccinée.

Notons bien que l’instauration d’un passe vaccinal, qui ne pourrait se faire sans adoption d’une nouvelle loi, n’est pas l’instauration d’une obligation vaccinale. Au même titre que le passe sanitaire, le passe vaccinal n’est pas indispensable pour la vie de tous les jours, il rend plus difficile certains loisirs mais n’oblige nullement les rétifs à la vaccination. Ceux-ci se ferment simplement le champ des possibles, ce qui serait mieux pour les libertés que de décréter un confinement pour tout le monde si la situation épidémique le nécessitait.

Avant de poursuivre ici, revenons à l’idée de l’obligation vaccinale, aujourd’hui voulue fortement par le parti socialiste et les écologistes de EELV (ces deux partis montrent ici leur vraie visage). C’était évidemment une préoccupation avant même l’autorisation de mise sur le marché des premiers vaccins contre le covid-19. Moi-même, j’ai évoqué cette hypothèse, pour la rejeter, dès le 10 novembre 2020.

Il est facile de rendre obligatoire la vaccination pour des enfants en âge scolaire, pour des bidasses pendant leur service miliaire ou pour d’autres catégories de la population qu’on peut atteindre facilement (les soignants par exemple), on peut en effet vacciner à l’école, à la caserne, à l’hôpital ou dans d’autres lieux de travail.

En revanche, prendre la décision de l’obligation vaccinale appliquée à la population générale n’a pas de sens car, d’une part, elle irait à l’encontre du principe de liberté souvent invoqué par les militants antivax (en oubliant la liberté retrouvée en ne confinant plus). D’autre part, cette obligation ne serait de toute façon pas applicable concrètement, à moins d’envisager des commandos qui se rendraient dans tous les domiciles de France et d’imposer l’injection sur place si aucune preuve de vaccination n’était fournie. Indépendamment de la méthode cavalière qui serait scandaleuse, il n’y aurait pas les moyens logistiques pour l’adopter (deux personnes par personne à vacciner pour vacciner une dizaine de millions de personnes, alors que le personnel pour tracer les 10 000 nouveaux cas par jour est déjà difficile à déployer).

Il n’y aura donc pas d’obligation vaccinale même si les médias confondent un peu toutes les choses. En effet, j’ai entendu des journalistes dire que l’Académie nationale de médecine prônait l’obligation vaccinale, d’où ma vérification qui montre qu’il ne s’agit pas de cela mais d’un passe vaccinal (on ne viendra pas au domicile pour vacciner de force).

J’ai entendu aussi des journalistes dire que le Président Joe Biden, dans une allocution télévisée le 9 septembre 2021, avait annoncé l’obligation vaccinale. Là non plus, il ne s’agit pas de cela mais de l’équivalent du passe sanitaire français. Effectivement, le plan « courageux et ambitieux » qui vise à renforcer la vaccination (en panne sèche actuellement) va imposer à plus de 85 millions de salariés soit la vaccination soit un test hebdomadaire. Cette différence est importante et correspond aussi à la différence entre passe sanitaire et passe vaccinal.

Revenons à la recommandation de l’Académie nationale de Médecine. Pourquoi une telle recommandation ? Elle constate que la vaccination est très efficace pour prévenir les formes sévères du covid-19, en revanche, son efficacité pour prévenir la contamination faiblit avec le temps (d’où le besoin de rappels vaccinaux, ce qui est très ordinaire pour un vaccin). Cela signifie que le virus continuera à circuler quoi qu’il en soit de l’état de la vaccination : « On sait à présent que la vaccination ne permettra pas d’éradiquer le SARS-CoV-2. Des variants dominants continueront de circuler sur le mode endémique ou épidémique, même dans les populations bien vaccinées, mais avec de faibles taux de morbidité et de mortalité. ».

Si l’Académie prône la "vaccination universelle" (et pas seulement qu’en France, dans le monde), c’est parce qu’il y a un côté mécanique qu’il faut prendre en compte, et c’est là l’enjeu d’une politique de santé publique : « Cette pandémie prendra fin tôt ou tard, lorsqu’une immunité collective, soit post-infectieuse, soit post-vaccinale, parviendra à la contrôler. La différence entre les deux stratégies se comptera en années de crise sanitaire et en centaines de milliers de morts. ».

Le cadre est donc clair. Il suffit de voir, lors de la recrudescence épidémique, la différence sur son impact sur les admissions en réanimation et sur les décès dans les territoires faiblement vaccinés et dans les territoires massivement vaccinés. Faiblement : Indonésie, Russie, Iran, Antilles, Polynésie française, etc. Massivement : France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, etc. Aux États-Unis, la situation est contrastée et nécessiterait une analyse États par États. Même en France métropolitaine, la situation n’est pas homogène, et la population de la partie de l’Hexagone située au sud de la ligne Belfort/Ariège est beaucoup moins vaccinée et c’est là où il y a eu les plus forts taux d‘incidence cet été.

Pourquoi faut-il renforcer l’incitation à la vaccination, faute de pouvoir la rendre obligatoire de manière explicite ? Parce que si la France a fait des prouesses cet été 2021 en accélérant la vaccination (le 8 septembre 2021, la France a même dépassé la Belgique en taux de couverture vaccinale), il reste encore beaucoup de monde qui n’est pas vacciné et qui peut développer des formes graves, voire en mourir. Actuellement, la mortalité n’est pas anodine, même si elle n’a rien à voir avec la deuxième ou troisième vague : en moyenne sur les sept derniers jours, environ 100 personnes meurent du covid-19 en France chaque jour (exactement 97 et ce nombre reste à peu près stable depuis plusieurs semaines).

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Le Premier Ministre Jean Castex, dans sa déclaration du 8 septembre 2021, a annoncé qu’il y avait un taux de couverture de 88% parmi la population adulte éligible à la vaccination, ce qui est très fort. Mais il ne s’agit pas seulement de population jeune.

Au 10 septembre 2021, il y avait 49 540 420 personnes ayant reçu au moins une dose vaccinale (soit 73,9% de la population totale) et 46 428 107 personnes complètement vaccinées (soit 69,3% de la population totale). C’est beaucoup mais pas suffisant pour éviter tout risque de saturation des hôpitaux et toute perspective de reconfinement  L’instauration du passe sanitaire a eu un impact très positif tant sur la situation sanitaire que sur la situation économique (j’y reviendrai) mais il y a encore trop de "trous dans la raquette".

Regardons la distribution selon les âges de la population non encore complètement vaccinée. Il y avait encore, au 8 septembre 2021, plus de 850 000 personnes de plus de 75 ans qui n'étaient pas complètement vaccinées. C’est énorme si on conçoit, comme toutes les études les démontrent (téléchargeables ici), que ce sont surtout les personnes non vaccinées qui sont contaminées. Il y avait encore près de 700 000 personnes non complètement vaccinées parmi les 65-75 ans ; 1,8 million parmi les 50-65 ans ; 3,8 millions parmi les 30-50 ans ; 2,1 millions parmi les 18-30 ans ; 2,3 millions parmi les 12-18 ans (le passe sanitaire s’appliquera à cette tranche d’âge à partir du 30 septembre 2021). Enfin, les enfants de moins de 12 ans ne sont pas éligibles à ce jour à la vaccination et sont plus de 9,4 millions. En gros, il y avait près de 21 millions de personnes qui n'étaient pas complètement vaccinées en France le 8 septembre 2021, dont la moitié des enfants de moins de 12 ans qui ne sont pas éligibles à la vaccination (exactement 45,3%).

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Le rythme de la première dose s’est considérablement réduit depuis quelques semaines, moins de 100 000 premières doses par jour. Ce sont donc plus de 9 millions d’adultes à convaincre encore de se faire vacciner. C’est pourquoi l’Académie nationale de médecine s’inquiète pour la suite de cette pandémie qui a déjà contaminé beaucoup plus de 225 millions de personnes et tué au moins 4,6 millions de personnes (probablement beaucoup plus) dans le monde, dont au moins 115 362 en France.

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Grâce à la vaccination, la France a évité le pire tant sur le nombre de nouveaux cas que sur le nombre d’admissions en réanimation et de décès. L’inconnue reste encore l’impact de la rentrée scolaire sur l’épidémie qui est actuellement en baisse. Si celle-ci se poursuit dans les prochaines semaines, le gouvernement aura su manœuvrer avec détermination et audace, mais il faudra toujours se dire que tant que le virus circulera beaucoup dans certaines parties du monde,.rien ne sera jamais acquis. La prochaine étape, c’est de porter une aide massive pour vacciner celles des populations les plus défavorisées. Leur santé est la nôtre.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 septembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Vers un passe vaccinal ?
Conférence de presse du Premier Ministre Jean Castex le 8 septembre 2021 (texte intégral).
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.
Covid-19 : est-il pertinent de faire payer les tests de dépistage ?
Covid-19 : la France plus vaccinée que le Royaume-Uni.
Les derniers rapports de la DREES sur les appariements de bases de données (à télécharger).
Covid-19 : la France plus vaccinée qu’Israël.
La vaccination contre le covid-19, ça marche !
Rapport de la DREES du 6 août 2021 (à télécharger).
Covid-19 : les Engagés et les Enragés.
Le passe sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel.
Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
La Science, la Recherche et le Doute.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur le passe sanitaire le 25 juillet 2021.
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210910-covid-ej-passe-vaccinal.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/vers-un-passe-vaccinal-235669

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/08/30/39113896.html









 

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9 septembre 2021 4 09 /09 /septembre /2021 03:44

« Le virus a continué de circuler de plus en plus vite avec l’apparition des variants alpha puis delta. La leçon que nous en tirons, c’est que le vaccin fonctionne, mais qu’il ne suffit pas. » (Pr. Nadav Davidovitch, cité par "Le Monde" du 22 août 2021).



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Je souhaite présenter ici la situation épidémique en Israël qui a été souvent utilisée (à tort) par des militants extrémistes anti-vaccin pour prétendre que le vaccin contre le covid-19 n’est pas efficace. La situation de ce pays a de quoi surprendre cet été 2021 dans la mesure où il a été l’un des pays qui s’est le plus rapidement et massivement vacciné et qui, malgré cela, est plongé en pleine (quatrième) vague épidémique, celle du variant delta. C’est pourquoi il est utile de comprendre ce qu’il s’y passe et d’y trouver des explications. L’une des conclusions essentielles, c’est que le vaccin contre le covid-19 est efficace mais qu’il n’est pas suffisant pour combattre la pandémie, les gestes barrières restent des mesures indispensables.

Depuis le début de l’été 2021, Israël subit de plein fouet une fort vague épidémique. Au 29 août 2021, Israël comptait 80 460 cas actifs, sur 1,1 million de cas depuis le début de la pandémie (au 6 septembre 2021, 84 218 cas actifs). Rien que pour la journée du 29 août 2021, il y a eu 6 832 nouveaux cas, et en moyenne sur les sept précédents jours, il y a eu 8 617 nouveaux cas quotidiens, soit une augmentation de 15% par rapport à la semaine antérieure.

Pour bien comprendre ces données, il faut rappeler, d’une part, qu’Israël est un pays qui teste beaucoup sa population (à ce jour, une moyenne de 2,1 tests par habitant, ce qui est très élevé), et d’autre part, qu’Israël est un "petit" pays, qui compte seulement 9,3 millions d’habitants (ce qui lui a permis d’aller vite dans la vaccination). Ainsi, le nombre de nouveaux cas quotidiens moyens serait plus de 60 000 à population équivalente de celle de la France. On voit donc l’importance de cette nouvelle vague en Israël alors que la France a à peine dépassé les 30 000 nouveaux cas quotidiens au sommet de cette même vague.

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En revanche, très heureusement, les courbes des hospitalisations et des décès ont "moins" suivi la courbe des nouveaux cas. En moyenne, au 29 août 2021, sur les sept précédents jours, en Israël, il y a eu 23 décès quotidiens (l’équivalent de 160 pour une population comme la France, ce qui est un peu supérieur aux décès en France dans cette même vague). Il y a eu 39 décès le 29 août 2021, ce qui fait un total de 6 989 depuis le début de la pandémie (au 6 septembre 2021, le total était de 7 205).

Le magazine "Science et Avenir" a analysé le 27 août 2021 les différences avec la troisième vague. La comparaison avec la précédente vague israélienne en janvier 2021 est très instructive : pour un niveau épidémique (nombre de cas) aussi élevé, il y a moins d’hospitalisations (29% de moins) et moins de cas graves (40% de moins). Ce constat est rassurant et montre un effet de la vaccination que je préciserai plus loin.

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Cette recrudescence épidémique est inquiétante pour deux raisons : premièrement, Israël pensait qu’avec sa campagne de vaccination massive, commencée le 20 décembre 2020, le pays aurait atteint l’immunité collective, ce qui est un concept assez confus et incertain pour le covid-19, et secondement, le mois de septembre est généralement consacré à plusieurs fêtes religieuses qui peuvent renforcer la circulation du virus, c’était le cas en 2020 et le gouvernement de Benyamin Netanyahou avait préparé cette période par un confinement préventif. Cependant, pour le nouveau Premier Ministre Israélien Naftali Bennett, il n’était pas question de faire un nouveau confinement en septembre 2021.

La situation israélienne a étonné les observateurs car Israël s’est beaucoup vacciné. Il faut néanmoins mettre un bémol dans cette affirmation puisque la France, par exemple (mais pas seulement), a dépassé Israël dans sa couverture vaccinale.

Certes, en trois mois (janvier à avril 2021), Israël a vacciné 60% de sa population, et cette réactivité a payé avec la chute de tous les paramètres de l’épidémie : nouvelles contaminations, hospitalisations, décès (au point que le 9 juin 2021, aucun nouveau cas de covid-19 n’a été dépisté en Israël). Mais depuis avril 2021, il y a eu très peu de nouveaux primovaccinés et son taux dans la population générale stagne aujourd’hui, il n’est qu’à 67,8% au 29 août 2021 alors qu’en France, il est de 72,2% (68,4% pour Israël au 5 septembre 2021 et 72,6% pour la France au 6 septembre 2021). Il existe en Israël, comme en France, en Europe, aux États-Unis, des groupes qui s’opposent à la vaccination, pour la plupart pour des raisons religieuses en Israël, environ 1 million d’Israéliens "réfractaires", répartis chez les Juifs ultraorthodoxes et dans la minorité arabe (dont 49% n’ont pas été encore vaccinés).

En revanche, il y a deux spécificités dans la campagne israélienne qui sont très intéressantes : les Israéliens se sont faits vacciner tôt, et le taux de vaccination des personnes vulnérables est plus élevé qu’en France. D’ailleurs, depuis le début de l’été, la plupart des personnes âgées de plus de 60 ans ont reçu une troisième dose (j’y reviens plus loin). En trois semaines, 1,2 million de personnes ont effectivement reçu la troisième dose.

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Comme en France depuis quelques semaines (lire par exemple ici), on peut connaître l’efficacité de la vaccination en Israël. Les courbes pour les personnes âgées de plus de 60 ans sont assez éloquentes. Pas de différence quand la situation épidémique est quasinulle (de début avril à fin juin 2021), et grandes différences entre les personnes vaccinées et celles qui ne le sont pas. Catherine Dupeyron, correspondante à Jérusalem pour "Les Échos", a noté le 19 août 2021 que sur les 3 187 décès du covid-19 depuis le 1er janvier 2021, seulement 284 des personnes décédées avaient reçu les deux doses, soit moins de 9%.

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Il y a aussi eu une étude très intéressante sur l’efficacité du vaccin (ici Pfizer) dans la durée. Ces données sont essentielles pour comprendre la situation israélienne. Ce qu’on voit, c’est que l’efficacité du vaccin décroît avec le temps pour prévenir les contaminations (qu’elles soient symptomatiques ou asymptomatiques) : au bout de 4 mois, cette efficacité est de 75% (cela signifie qu’il y a quatre fois moins de risque d’être contaminé qu’une personne non-vaccinée), tandis qu’au bout de sept mois, elle chute à 16%.

L’épidémiologiste Nadav Davidovitch, directeur de l’école de santé publique de l’Université David-Ben-Gourion, a en effet constaté : « Tout le monde s’est endormi quand on a annoncé que l’immunité de masse était quasi-atteinte. En réalité, l’efficacité du vaccin était en train de diminuer et le variant delta est bien plus contagieux que les précédents. Aujourd’hui, on est dans l’urgence. » (cité par "20 Minutes" du 24 août 2021).

C’est ce qu’a aussi expliqué le professeur Cyril Cohen, directeur du laboratoire d’immunothérapie de l’Université Bar-Ilan en Israël : « Il y a deux choses. La première chose, c’est que le variant delta est beaucoup plus contagieux que les variants dominants précédents. Il a touché d’abord la population non-vaccinée et ensuite les vaccinés. Deuxièmement, avec le temps, on voit une diminution de la protection du vaccin contre la contamination. Nos chiffres montrent que celle-ci est moins bonne aujourd’hui chez les personnes dont la vaccination remonte loin dans le temps. » (interrogé par "Ouest France" le 17 août 2021).

Cela explique pourquoi il y a eu une recrudescence épidémique malgré le taux de couverture vaccinale élevé, d’autant plus que le variant delta est beaucoup plus contaminant (et de virulence similaire aux précédents variants).

En revanche, l’efficacité du vaccin pour prévenir l’hospitalisation et les formes sévères du covid-19 reste toujours aussi élevée au bout de sept mois (82% et 86%) qu’au bout de quatre mois (83% et 84%), ce qui est rassurant car l’objectif d’éviter les décès et d’éviter la saturation des services hospitaliers reste possible par la vaccination.

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Israël a commis une imprudence en supprimant en juin toutes les restrictions (port du masque à l’intérieur le 15 juin 2021) et aussi, dès le 1er juin 2021, le passeport vert, l’équivalent du passe sanitaire (mesure proche du dispositif français mais mis en œuvre bien avant la France). Le nouveau gouvernement israélien a réagi le 18 août 2021 par deux mesures importantes : le rétablissement des gestes barrières et du passe sanitaire, et la généralisation d’une troisième dose, afin de restimuler les anticorps.

Photographié par ailleurs le 20 août 2021 à Kfar Saba en train de se faire injecter une troisième dose, le Premier Ministre Naftali Bennett tient un discours auprès des jeunes adultes qui pensent qu’ils ne risquent rien : « J’appelle les jeunes qui n’ont pas du tout été vaccinés, et ils sont nombreux : sortez dès aujourd’hui pour vous faire vacciner. De cette façon, vous ne serez pas infectés et vous ne contaminerez personne. Cela sauvera la vie de vos proches. » (cité par "20 Minutes" le 24 août 2021).

Je reviendrai plus précisément sur la troisième dose (voire une quatrième dose) dans un article ultérieur. Commencée d’abord pour les personnes de plus 60 ans (30 juillet 2021), la vaccination par la troisième dose a successivement été autorisée pour les plus de 50 ans (13 août 2021), les plus de 40 ans (20 août 2021), puis plus de 30 ans, et maintenant, pour les plus de 12 ans (30 août 2021) : « Si vous voulez vous faire vacciner avec une troisième dose, nous pouvons éviter un quatrième confinement. » (Naftali Bennett).

D’autres mesures ont été prises, comme des tests sérologiques aux enfants de plus de 3 ans, pour connaître le taux d’immunité naturelle des enfants de moins de 12 ans, non-vaccinés, mais les premiers résultats n’ont pas été concluants, puisque les résultats sont restés négatifs (il faudrait faire des analyses plus poussées, beaucoup trop coûteuses pour si on veut une fiabilité statistique).

Les résultats ont été assez rapides, puisque, quelques semaines après le début de cette politique de la troisième dose, les personnes ayant reçu cette troisième dose sont proportionnellement plus protégées que celles n’ayant reçu que deux doses. Dans le diagramme ci-dessous, il ne faut pas oublier, par exemple, que les 12-16 ans ont été vaccinés très récemment (et sont donc plus protégés que des tranches plus âgées n’ayant reçu que deux doses).

Interrogé par "Ouest France" le 17 août 2021, le biologiste Barak Raveh, de l’Université hébraïque de Jérusalem, a confirmé : « Le gouvernement n’a pas encore détaillé les données sur le nombre de personnes contaminées avec ou sans troisième dose, mais quand on compare la situation entre les tranches d’âge, on commence à voir de premiers effets. (…). En comparant la protection entre les plus de 60 ans, les 50-59 ans et les 40-49 ans, on note une augmentation de la protection pour les plus de 60 ans, même s’ils ont un système immunitaire bien moins solide en principe. ».

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L’analyse de la situation épidémique en Israël permet ainsi de confirmer l’efficacité du vaccin Pfizer (puisqu’il s’agit de celui-ci), une efficacité durable pour prévenir les formes graves (au moins sept mois), une efficacité en revanche qui s’effiloche au fil du temps pour les contaminations (d’où l’importance d’une troisième dose, j’y reviendrai).

L’autre conclusion, essentielle aussi, c’est que la vaccination est nécessaire mais pas suffisante. Pour prévenir les contaminations, dans la mesure où il y aura toujours une partie de la population qui n’est pas vaccinée, il faut garder le port du masque et les autres gestes barrières, dont le passe sanitaire.

Le gouvernement israélien a aussi conclu qu’il fallait vacciner les adolescents (la tranche 12-16 ans) et sans doute plus généralement, l’ensemble des enfants qui pourraient être, dans le cas d’une population adolescente et adulte très vaccinée (à plus de 80-85%), les principaux générateurs de la circulation du virus. Nadav Davidovitch a expliqué : « Nous étions probablement très proches de l’immunité collective en mars-avril. Nous avons été victimes d’une fatigue d’épidémie, nous avons cru que c’était fini, que nous avions gagné. Mais il était impossible d’atteindre ce seuil alors que les enfants n’étaient pas vaccinés. » (cité par "Le Monde" du 22 août 2021).

Depuis le 1er août 2021, les enfants de 5 à 12 ans peuvent être vaccinés et le 23 août 2021, il a été annoncé que des stands de vaccination seraient installés dans les écoles pendant les heures de classe sous condition d’autorisation des parents (la rentrée scolaire a eu lieu le 1er septembre 2021).

À cet égard, les rentrées scolaires dans les pays massivement vaccinés, et en particulier en France, sont des moments d’observation essentiels pour comprendre le lien entre le virus et les enfants de moins de 12 ans. Le pire n’est jamais certain et les hypothèses ont toutes étaient émises, que les enfants soient les premiers porteurs du virus (ce qui a abouti à ce que la première mesure de la première vague fût la fermeture des écoles) jusqu’au contraire, que les enfants ne propagent pas le virus. On s’en apercevra assez vite dans un environnement humain où la plupart des adolescents et des adultes sont vaccinés (en France, 88% au 8 septembre 2021).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 août 2021, mis à jour le 08 septembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : comprendre la situation épidémique en Israël.
Covid-19 : est-il pertinent de faire payer les tests de dépistage ?
Covid-19 : la France plus vaccinée que le Royaume-Uni.
Les derniers rapports de la DREES sur les appariements de bases de données (à télécharger).
Covid-19 : la France plus vaccinée qu’Israël.
La vaccination contre le covid-19, ça marche !
Rapport de la DREES du 6 août 2021 (à télécharger).
Covid-19 : les Engagés et les Enragés.
Le passe sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel.
Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
La Science, la Recherche et le Doute.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur le passe sanitaire le 25 juillet 2021.
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Emmanuel Macron, la méthode forte.
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Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210829-covid-ei-israel.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-comprendre-la-situation-235413

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/08/30/39113887.html







 

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28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 03:19

« Comme si le jour la pénétrait enfin et ressortait par tous les pores de sa peau. Elle bouge comme une femme qui porte enfin des robes légères après un très très long hiver. » (Valérie Perrin, "Les Oubliés du dimanche", éd. Albin Michel, 2015).



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Depuis plusieurs semaines, la France est devenue l’une des grandes puissances mondiales de la vaccination. Le contre-exemple triste et désastreux des Antilles et de la Polynésie française montre hélas à quel point le variant delta peut endeuiller une population trop faiblement vaccinée. De même, on peut aussi voir à quel point l’extension du passe sanitaire est une politique qui favorise les libertés. Sans cette disposition, des régions en bordure de la Méditerranée (PACA, Occitanie) seraient de nouveau confinées avec un couvre-feu. Certaines des grandes villes ont un taux d’incidence préoccupant. Au 24 août 2021 : Marseille (682 cas sur 7 jours pour 100 000 habitants), Montpellier (490), Toulon (456) et Nice (438). Alors que la moyenne nationale est de 204,0 en baisse progressive. La France compte au 27 août 2021 un nouveau seuil franchi avec 114 083 décès depuis le début de la pandémie.

Comme on peut le comprendre, pour lutter efficacement contre la pandémie de covid-19, il faut que l’ensemble des États touchés, c’est-à-dire tous les États du monde, puisse avoir la possibilité de vacciner la majeure partie de leur population. À chaque État son job, donc, et la France, dans cette démarche, est loin d’être à la traîne. On a en particulier montré l’exemple de deux nations emblématiques pour la vaccination, Israël et le Royaume-Uni, et la France, par ses efforts durant cet été, les efforts non seulement du gouvernement mais aussi des dizaines de milliers de soignants et bénévoles dans les centres de vaccination, les officines et les cabinets médicaux, a su se hisser au-delà de ces exemples. La population française, en effet, depuis ce mardi 24 août 2021, est désormais plus vaccinée que celle du Royaume-Uni.

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Les données sont très claires. Au 26 août 2021, il y avait en France 47 990 852 personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin, soit 71,6% de la population nationale, et 42 832 336 personnes complètement vaccinées, soit 63,9% de la population nationale. Les dépréciateurs professionnels de la France en sont pour leur frais : l’objectif de la France d’avoir 50 millions de primovaccinés va être atteint la première semaine de septembre 2021, et c’est une très bonne nouvelle pour le peuple français qui a bien compris son intérêt dans cette campagne de vaccination. L’enjeu est clair : la vaccination ou le confinement. Il n’y a donc pas beaucoup d’hésitation à avoir pour les (véritables) partisans des libertés, et ils sont très largement majoritaires dans notre pays, fort heureusement.

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Il me paraît important de prendre en compte principalement le nombre de personnes ayant reçu une première dose pour deux raisons. D’une part, il semble assez rare qu’une personne primovaccinée refuse d’achever son parcours vaccinal, si bien que la seconde dose, le cas échéant (ce n’est pas pour tout le monde, en particulier ceux qui ont déjà été malades), suivra nécessairement, automatiquement, la première dose, ce n’est qu’une question de semaines. D’autre part, les études montrant l’efficacité du vaccin (voir ci-dessous) confirment qu’une personne ayant reçu une première dose depuis au moins quatorze jours est déjà très protégée, pas autant qu’une personne complètement vaccinée mais quasiment.

C’est donc bien ce critère qui est l’élément déterminant d’une politique vaccinale et la distribution selon les âges montre que les jeunes adultes (18-25 ans), autrement dit principalement les étudiants, ont compris (à 82,7%) l’intérêt de la vaccination pour continuer à vivre "normalement", mieux en tout cas que les jeunes actifs (25-40 ans) qui sont encore autour de 20% non-vaccinés. En outre, le nombre de personnes de plus de 80 ans qui n’ont pas été vaccinées reste important puisque 15,3% d’entre elles n’ont encore reçu aucune dose, ce qui représente un gros risque pour ces personnes (et un risque de saturation dans les hôpitaux). La méthode à suivre devrait être celle de l’Espagne dont la sécurité sociale non seulement informe mais convoque les personnes à risques non encore vaccinées (âgées ou avec comorbidités) pour un rendez-vous destiné à les faire vacciner. C’est très efficace puisque l’Espagne est l’un des plus grands champions de la vaccination avec 77,3% de primovaccinés au 25 août 2021.

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Quant aux adolescents (12-18 ans), leur vaccination se poursuit à un rythme toujours très soutenu, ils sont maintenant 60,6% déjà vaccinés. C’est donc sur les personnes très âgées et sur les jeunes actifs que l’effort de persuasion des autorités sanitaires doit porter, et pour les personnes très âgées, vérifier avant tout qu’elle sont suffisamment informées et aidées pour se déplacer voire pour qu’on les vaccine à domicile le cas échéant. En revanche, il restera toujours une tranche d’irréductibles qu’il est inutile d’essayer de convaincre, mais ces militants de l’irrationnel sont finalement bien moins nombreux qu’on aurait pu le craindre au début de la campagne de vaccination.

Bien entendu, il ne suffit pas de vacciner l’ensemble de la population si on ne vérifie pas que cette campagne de vaccination est efficace. Je reste donc toujours sur les données sanitaires disponibles en France et j’évoquerai probablement dans un article ultérieur le cas d’Israël qui semble intéressant puisque non seulement ce pays a vacciné sa population rapidement mais qu’il commence à avoir une recrudescence de nouveaux cas (similaire à ce que connaissent le Royaume-Uni et la France).

En France, depuis le 6 août 2021, trois bases de données sont désormais appariées et les données sont accessibles à tous. Tout le monde peut donc vérifier par ses propres moyens la pertinence du désormais rapport hebdomadaire que la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du Ministère de la Solidarité nationale et de la Santé (DREES), publié chaque vendredi depuis trois semaines. Le dernier en date est sorti ce vendredi 27 août 2021 et analyse les données de la semaine du 9 au 15 août 2021 (on peut télécharger les derniers rapports ici).

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L’analyse de la deuxième semaine d’août 2021 aboutit aux mêmes conclusions que les deux semaines précédentes : les personnes complètement vaccinées ont beaucoup moins de risques de se faire contaminer, d’être hospitalisées, d’être admises en réanimation ou encore de décéder du covid-19. Ces analyses contribuent ainsi à la prise de conscience des dernières personnes non vaccinées à ne pas avoir peur des piqûres et à aller se faire vacciner, tant pour se protéger que pour protéger leurs proches. Car il faut rappeler que le vaccin donne une grande protection, efficace mais pas absolue et qu’il y a beaucoup de "trous dans la raquette", ce qui nécessite toujours de respecter les gestes barrières (en particulier le port du masque qui se relâche beaucoup cet été) et la distanciation physique.

Prenons dans le détail. Pendant cette semaine, il y a eu 191 personnes ayant eu un test PCR positif pour 100 000 personnes non-vaccinées tandis que seulement 21 pour 100 000 personnes complètement vaccinées. Le rapport est donc de 1 à 9,1. Neuf fois plus de contaminations chez les personnes non-vaccinées que chez les personnes complètement vaccinées. C’est cette différence élevée qu’il faut sans cesse rappeler pour réfuter toutes les désinformations qu’on peut trouver sur les réseaux sociaux. 75,7% des personnes testées positif sont non-vaccinées et seulement 12,7% sont complètement vaccinées.

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De même, pendant cette même semaine, il y a eu 94 patients hospitalisés pour 1 million de personnes non-vaccinées et 14,5 pour 1 million de personnes complètement vaccinées. Là encore, le rapport est éloquent, de 1 à 6,5. Il y a sept fois plus d’hospitalisations pour covid-19 parmi les personnes non-vaccinées que parmi les personnes complètement vaccinées. 75,8% des personnes hospitalisées sont non-vaccinées, et seulement 17,1% sont des personnes complètement vaccinées.

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Concernant les personnes admises en réanimation pendant cette période, l’efficacité de la vaccination est confirmée : il y a eu 27,6 patients admis en réanimation pour 1 million de personnes non-vaccinées et 3,2 pour 1 million de personnes complètement vaccinées. Cela fait un rapport de 1 à 8,6. Neuf fois plus de risques d’être en réanimation chez les non-vaccinés que chez les complètement vaccinés. 79,6% des patients admis en réanimation sont non-vaccinés, et seulement 13,4% sont complètement vaccinés.

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Enfin, sur les 331 décès dus au covid-19 survenus du 9 au 15 août 2021, 243 (soit 73,4%) sont des personnes non-vaccinées et 75 (soit 22,7%) des personnes complètement vaccinées. En proportion, il y a eu 10,4 personnes décédées pour 1 million de personnes non-vaccinées et 2,2 pour 1 million de personnes complètement vaccinées, soit un rapport de 1 à 4,7. Il y a ainsi cinq fois plus de risque de décéder du covid-19 quand on n’est pas vacciné.

Ces données, qui arrivent chaque semaine, en pleine vague épidémique (on a atteint un maximum pour les contaminations, mais pas encore pour les admissions à l’hôpital, en réanimation et pour les décès qui ont quelques semaines de décalages) plaident donc pour la poursuite de la campagne de vaccination massive de toute la population.

Le rythme des premières doses s’est ralenti ces derniers jours (127 052 premières injections par jour en moyenne sur les sept derniers jours, soit un quart de moins que la semaine précédente) et il faut au contraire qu’il reste soutenu. L’enjeu est essentiel, tant sanitaire qu’économique, social et psychologique : il faut éviter un confinement à l’automne. Or, on l’a vu l’an dernier, la rentrée est propice à une recrudescence épidémique. La vaccination est la parade. Alors, si vous n’êtes pas encore vaccinés, faites-vous vacciner ! C’est votre vie, celle de vos proches et vos libertés qui sont en jeu. Et aussi votre sens des responsabilités.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 août 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Covid-19 : la France plus vaccinée que le Royaume-Uni.
Les derniers rapports de la DREES sur les appariements de bases de données (à télécharger).
Covid-19 : la France plus vaccinée qu’Israël.
La vaccination contre le covid-19, ça marche !
Rapport de la DREES du 6 août 2021 (à télécharger).
Covid-19 : les Engagés et les Enragés.
Le passe sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel.
Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
La Science, la Recherche et le Doute.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur le passe sanitaire le 25 juillet 2021.
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210827-covid-eg-vaccination.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-la-france-plus-vaccinee-235217

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/08/19/39100282.html










 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 02:57

« Mélenchon, ce qui est terrible, c’est qu’il a été socialiste toute sa vie, et que toute sa vie, ça va le suivre ! » (François Hollande, 2011).



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Le candidat permanent à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon fête son 70e anniversaire ce jeudi 19 août 2021. On lui souhaite bien évidemment tous les vœux de bonne santé et de longue vie, même s’il y a toujours, pour moi, une incompréhension majeure à réclamer la retraite à 60 ans et à vouloir postuler pour un mandat de cinq ans à plus de 70 ans (ce qui nous ferait 75 ans et demi à la fin du mandat).

Mais avec Jean-Luc Mélenchon, il y a plein de paradoxes.

Par exemple, il est contre les "riches" et en 2017, la lecture des déclarations de patrimoine (accessibles à tout le monde) fait apparaître qu’il serait l’un des candidats les plus riches. Étrange.

Autre paradoxe, il est contre la Cinquième République, voudrait une constituante, et d’une part, il aurait déjà les conclusions de cette constituante puisqu’il a des idées bien arrêtées sur les institutions (comme le mandat révocable, etc.), donc, la constituante ne servirait à rien puisqu’il a déjà son texte prêt (rappelons quand même que le peuple français, dans sa grande liberté, a voté très largement en faveur de la Cinquième République le 28 septembre 1958 : 82,6% des électeurs ont approuvé la Constitution, avec une participation de 80,6% !).

Et d’autre part, il est contre le mythe de l’homme providentiel, mais lui-même est l’homme providentiel, l’homme indispensable, irremplaçable (c’est vrai que son talent oratoire n’est pas très courant), sinon il se serait retiré de la vie politique et aurait formé de jeunes héritiers (qui ne manquent d’ailleurs pas, et c’est tant mieux pour la démocratie).

Posture ou imposture ? Son principal adversaire politique, c’en est presque une obsession, c’est le parti socialiste depuis qu’il l’a quitté en 2008, mais si le PS n’avait jamais existé, Jean-Luc Mélenchon n’aurait jamais existé politiquement, il n’aurait jamais pu être élu sénateur à l’âge de 35 ans, pendant vingt ans, ministre du gouvernement de Lionel Jospin, l’un des premiers à avoir appelé à voter pour Jacques Chirac en 2002 (et c’était à son honneur), et aujourd’hui, il voudrait s’appeler la gauche, toute la gauche, exclusivement la gauche (malheureusement pour lui, le pluriel reste de rigueur, ce qui lui barrera la route de l’Élysée).

Autre paradoxe, il voudrait être pour une démocratie intégrale et il refuse de fonder un réel parti, avec des statuts, une structure, un mode de désignation de ses dirigeants, des congrès, etc. si bien que dans les faits, pas de structure égale liberté totale (la jungle de l’ultralibéralisme : aucune règle) et surtout, pas de structure égale despotisme interne total puisque c’est lui le chef et que personne ne peut le virer puisqu’il n’y a pas de fonction, pas d’instance délibérative.

Mais le plus gros paradoxe, c’est qu’il est favorable au passe sanitaire, comme il est favorable à toutes les mesures sanitaires visant à sauver des vies, mais depuis quelques semaines, depuis qu’il se sent en campagne électorale, il se sent obligé d’adopter la posture de la gazelle pudique qui défend les libertés supposées atteintes par le gouvernement.

Il était très intéressant à écouter les débats parlementaires à l’Assemblée Nationale dans la soirée du dimanche 25 juillet 2021. À cet égard, ceux qui pensent que les députés ne bossent pas devraient au moins les écouter : non seulement ils bossent en plein été, mais aussi le dimanche, aussi les nuits jusqu’à 6 heures du matin, etc.

Le contexte était le suivant : la commission mixte paritaire (CMP) a abouti à un accord entre l’Assemblée Nationale et le Sénat. En procédure accélérée, la première lecture au Sénat avait donné un texte différent (parfois de beaucoup) du texte adopté par l’Assemblée Nationale. Le gouvernement pouvait ne pas négocier, faire le forcing, ne pas écouter les sénateurs et terminer par avoir le texte voulu, mais cela supposait encore plusieurs jours de débat, et l’urgence prônée par le gouvernement devait aussi le rendre responsable, donc trouver un terrain d’entente, donc faire des concessions. Cela d’autant plus qu’un texte si important méritait aussi un accord de la CMP.

Parmi les concessions du gouvernement, le report du 30 août au 30 septembre 2021 pour l’obligation du passe sanitaire pour les jeunes de 12 à 18 ans, la réduction de la validité du passe sanitaire initialement proposée jusqu’au 31 décembre 2021 et avancée au 15 novembre 2021 (dans tous les cas, ce n’est qu’une mesure temporaire en rapport avec l’évolution de l’épidémie), le retrait du licenciement pour le motif d’absence du passe sanitaire (cependant, concrètement, cela retire des droits aux salariés, car cette disposition était très encadrée et le licenciement peut toujours intervenir par le droit commun antérieur), l’absence du passe sanitaire lorsqu’il s’agit de visiter des personnes aux urgences ou en fin de vie dans des hôpitaux ou des EHPAD.

Dans la soirée du dimanche 25 juillet 2021, les parlementaires devaient donc adopter définitivement le texte sur l’extension du passe sanitaire. Mais Jean-Luc Mélenchon en avait décidé autrement : il a déposé une motion de rejet préalable. Totalement en accord avec le règlement intérieur de l’Assemblée (article 91, alinéa 5), si cette motion était adoptée, le débat parlementaire serait clos et le texte examiné rejeté. C’est aussi un moyen de perdre du temps. Pour quelle raison ? Je ne sais pas.

Il faut cependant saluer le courage de posture politique de Jean-Luc Mélenchon. Car depuis l’allocution présidentielle du 12 juillet 2021, je n’ai pas entendu beaucoup de candidats déclarés à l’élection présidentielle se risquer à s’exprimer sur le sujet. Ils sont tous pour mais voudraient rester opposants à Emmanuel Macron, et donc dire qu’ils ne sont pas d’accord, tout en évitant de montrer leur irresponsabilité sur la lutte contre l’épidémie. Pas facile de vivre en crise sanitaire. Qu’ils se rassurent : le comportement de chaque candidat sera regardé à la loupe, notamment ses positions sur la crise sanitaire. Cela risque d’en éliminer pas mal dans l’esprit des électeurs. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura, au grand maximum, qu’un seul candidat qui, lui, aura agi, peut-être très imparfaitement, mais il n’aura pas juste péroré, il aura agi comme un capitaine dans la tempête.

Donc, sans risque d’être adoptée, voici que Jean-Luc Mélenchon s’est avancé vers la tribune de l’hémicycle pour défendre sa motion de rejet préalable. De grands mots. Des belles envolées. Il aime s’écouter parler et plus le temps passe, plus j’ai l’impression qu’il voudrait consigner ses discours, qu’ils sont beaux mes discours, dirait-il devant son miroir, ou plutôt, sa tablette. Et son hologramme confirmerait.

Le 25 juillet 2021, Jean-Luc Mélenchon a donc fait des comparaisons historiques foireuses dont le seul intérêt était d’étaler sa (réelle) culture : « L’empereur Caligula, dit-on, voulut imposer son cheval comme consul : il testait ainsi la résistance du Sénat romain. Emmanuel Macron veut imposer le passe sanitaire : il teste ainsi l’attachement des Français à leurs libertés. ». Comparaisons foireuses, puisque Emmanuel Macron a été élu par 66% des Français, ce qui est un peu différent d’un empereur (et lui, combien de divisions ? même pas 20% !).

Et ce n’est pas parce que les Français sont favorables au passe sanitaires (ils le sont très majoritairement) qu’ils ne sont pas attachés, en même temps, à leurs libertés. Simplement, ils ont le sens des responsabilités, mais aussi de l’observation, et la quatrième vague épidémique a démarré de manière très brutale. Le gouvernement n’aurait pas réagi que Jean-Luc Mélenchon aurait déclaré qu’Emmanuel Macron ne s’occupait pas de la santé des Français et qu’il "testait l’attachement des Français à leur santé". Posture, quand tu nous tiens ! Il a refait un peu plus tard un autre étalage culturel en évoquant Antigone de Sophocle dans une démonstration sans queue ni tête (juste de l’étalage). Malheureusement pour lui, il n’est pas le seul cultivé de l’Assemblée !

La troisième phrase, c’est une phrase fausse, justifiée par un sophisme : « Le passe n’aura aucun effet bénéfique sur la santé de la population ; au contraire, on doit craindre qu’il puisse la menacer, puisque la vaccination par la contrainte est déconseillée avec force par l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS. ».

Fausse : tous les spécialistes médicaux disent le contraire, le passe sanitaire est le moindre mal (solution de rechange à la place du confinement) pour freiner la circulation du virus (ce qui est normal : dans les lieux de rencontres sociales, il faut empêcher la présence de personnes susceptibles de contaminer les autres ; les personnes testés positif ou les personnes non-vaccinées).

Et la justification par l’OMS est vraiment foireuse : inexacte puisqu’on peut se faire des tests pour obtenir le passe sanitaire, mais aussi illogique. L’OMS devient parole d’Évangile un jour, repaire de corrompus un autre jour. Et dans tous les cas, je ne vois aucune implication logique sur : vaccination contrainte alors passe sanitaire inefficace voire dangereux.

Et il a continué sur sa lancée : « Vous ne voulez pas savoir que les personnes vaccinées (…) peuvent encore non seulement être contaminées mais diffuser le virus. ». Là encore, on en sait beaucoup plus qu’au début de la vaccination. Jean-Luc Mélenchon n’a pas assez travaillé son sujet. 96% des nouveaux cas concernent des personnes non-vaccinées. Être vacciné réduit donc énormément les risques tant d’être contaminé que de transmettre le virus à d’autres personnes.

C’était ce qu’a rappelé, après l’intervention de Jean-Luc Mélenchon, la députée LREM Caroline Abadie : « Nouveau variant, nouvelle donne : le variant delta possède une charge virale 1 260 fois supérieure à la première souche. (…) Grâce au passe sanitaire, nous pourrons nous protéger mutuellement et inciter à la vaccination. Alors oui, vous pouvez continuer de hurler et de jeter la suspicion sur le vaccin, mais le vaccin sauve des vies : 96% des personnes contaminées n’avaient pas un schéma vaccinal complet. ». Il est incompréhensible (encore un paradoxe) que Jean-Luc Mélenchon, pourtant vacciné, continue à raisonner en complotiste en reprenant des propagandes d’antivax.

Mais revenons à la déclaration de Jean-Luc Mélenchon : ensuite, il n’a exprimé que des raisonnements sur des bases fausses, au point que le député Erwan Balanant l’a interrompu en criant : « M. Mélenchon n’a pas travaillé le texte de la commission mixte paritaire ! ». Eh oui, il se repose sur son talent oratoire (réel), mais ce n’est pas un grand travailleur. On ne lui fera pas ce reproche, à cet âge, il a droit de ne plus travailler.

Jean-Luc Mélenchon a continué son discours en fustigeant les mesures contraignantes visant à forcer l’isolement des personnes contaminées et à obliger le personnel soignant à se faire vacciner. Il a critiqué les sanctions possibles sans rappeler l’irresponsabilité totale des soignants à venir travailler non-vaccinés au risque de contaminer des personnes hospitalisées pour un autre motif que le covid-19, et la même irresponsabilité des personnes contaminées qui feraient comme si elles ne l’étaient pas, contaminant les autres, peut-être des personnes vulnérables de leur famille qui se retrouveront demain en réanimation.

Il a aussi fustigé des seuils : « Pour vous, on se contamine dans les TGV, mais non dans les RER ; dans les restaurants, mais non dans les écoles. ». Il y aurait obligation du passe sanitaire dans les RER, il serait encore plus révolté, idem pour les écoles. C’est donc bien de la posture. Pourtant, la logique est là : l’idée est de contraindre pour un déplacement long, en principe pas quotidien, au contraire du RER.

Pour les écoles, le 28 juillet 2021, Jean-Luc Mélenchon a relayé une fausse information. La doctrine du gouvernement, c’est de faire à l’école comme pour le reste de la société, à savoir : si on est cas contact, isolement de dix jours. Sauf si on est vacciné. C’est donc seulement s’il y a un cas covid-19 dans une classe que les camarades qui ne sont pas vaccinés devront s’isoler, exactement comme n’importe qui d’autres (salariés dans une entreprise, etc.). Cette doctrine du cas contact existe depuis le début de la crise sanitaire, avec une durée passant de sept à dix jours d’isolement à partir du variant alpha (anglais). On n’est pas obligé d’aller se nourrir au restaurant, en revanche, les enfants sont obligés d’aller à l’école, voilà la différence que le leader de FI refuse d’entendre.

Malgré le contexte de gravité (dont il ne semblait pas avoir conscience, je crois qu’il avait vraiment besoin de vacances), il se permettait des jolis mots comme : « Le passe sanitaire, c’est le passe autoritaire. ». Une fois dit cela, on n’était pas plus avancé qu’auparavant, mais c’est cela, la posture politicienne, se draper d’une défense des libertés et dire bouh ! au pouvoir. Du reste, il défendait surtout la liberté du virus à faire le tour du pays, parce qu’en ce qui concerne la liberté du malade du covid-19 en coma artificiel sous respiration artificielle, elle m’échappe encore un peu.

Et Jean-Luc Mélenchon a terminé dans une conclusion inouïe ! pour un député, dont le devoir, parce qu’il vote les lois, est au moins de les respecter, comme tout citoyen mais plus que tout citoyen : « Une fois de plus, ce sera un honneur de désobéir et d’être insoumis ! ». Avec une logique encore foireuse : « Ici, nous n’avons qu’un devoir : dire si, oui ou non, ce texte permet d’affronter correctement la pandémie. Or nous croyons qu’il ne diminue que nos libertés, il faut donc le rejeter ! ». Il a posé une question sanitaire et il a répondu sur les libertés. Hors sujet.

Du reste, dans son intervention, il ne s’agissait pas de rejeter ni le dispositif, ni même le texte, il s’agissait de refuser le débat lui-même, ce qui montrait son grand sens de la démocratie et du dialogue (il défendait une motion de rejet préalable qui n’avait aucune chance d’aboutir).

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Il était intéressant à écouter notamment les interventions, pour cette motion de rejet préalable, du ministre Olivier Véran et des députés Philippe Gosselin et Jean-Louis Bourlanges.

Olivier Véran lui a répliqué un peu vertement : « J’ai écouté attentivement chaque mot que vous avez prononcé, monsieur le président Mélenchon, et il manquait de tout petits détails dans votre longue intervention : le virus, les malades, les victimes. Pas un mot pour la pandémie ! Pas un mot pour les malades ! Pas un mot pour les milliers de contaminations au quotidien ! Pas un mot pour les soignants dans les hôpitaux ! Pas un mot pour les jeunes qui souffrent de covid long. Pas une proposition pour nous aider à lutter contre l’épidémie ! En écoutant la verve, le talent oratoire, et la détermination, oserais-je dire la rage, qu’il y avait dans votre intervention, monsieur Mélenchon, je me disais que si vous consacriez la moitié de l’énergie que vous déployez pour lutter contre les mesures de freinage de l’épidémie à nous aider à lutter contre l’épidémie elle-même, nous seriez un sacré partenaire ! ».

Philippe Gosselin, un député LR qui se considère dans l’opposition mais beaucoup plus mesuré que Jean-Luc Mélenchon, était assez scandalisé par le ton du chef des insoumis (et cela alors que Philippe Gosselin a voté lui-même contre le texte final) : « Puisque l’on convoque les grands auteurs, je le ferai sans doute indirectement. L’un d’eux, qui est en général assez apprécié, disait qu’être homme, c’est être responsable et sentir, j’écourte quelque peu la citation, en posant sa pierre que l’on contribue à bâtir le monde ; il s’agit d’Antoine de Saint-Exupéry. La responsabilité d’un député, c’est de voter les lois. Être membre d’un parti de gouvernement, c’est être aussi responsable. Nous partageons des désaccords, parfois avec vous monsieur Mélenchon, parfois avec d’autres collègues sur tous les bancs, car les clivages ne sont pas toujours les mêmes ; ils ne sont pas toujours politiques, ni politiciens ; ils sont faits de nos sensibilités et, d’une certaine façon, de chair et de sang, car ils sont une petite part, parfois, de chacun et de chacune d’entre nous et du mystère qui fait que nous pensons comme nous le faisons et non pas toujours comme notre parti. Mais Les Républicains sont un parti du gouvernement qui aspire à revenir aux affaires. Notre parti assume des différences avec la majorité, mais il assume aussi de s’engager. Aujourd’hui, il y a urgence, car nul ne peut contester que nos concitoyens ont besoin de protection. Nul ne peut contester que des mesures doivent être prises. La maison brûle, nous ne regarderons pas ailleurs et ne pourrons donc pas voter cette motion. ».

Et sur le fond, Philippe Gosselin a déclaré plus tard : « En conclusion, nous sommes amenés à concilier sécurité et liberté. Pour certains d’entre nous, le compte y est : l’équilibre est à peu près assuré, le projet de loi va dans un sens plus positif ; pour d’autres, ce n’est pas le cas. C’est ce qui explique un vote différencié au sein des élus du groupe Les Républicains. ».

Député du MoDem, Jean-Louis Bourlanges a, lui aussi, répondu à Jean-Luc Mélenchon, et également en empruntant un peu de culture : « Monsieur Mélenchon, j’ai beaucoup de respect pour l’insoumission ; j’ai beaucoup de respect pour l’anarchie. Je ne crois pas qu’il y ait de paroles plus belles en politique que les écrits de Fernand Pelloutier appelant à une exigence morale de chacun. Mais je ne suis pas anarchiste et nous ne devons pas l’être, car nous savons que le monde n’est pas composé de dieux ; il est composé d’hommes, avec leurs faiblesses. Or, nous sommes confrontés à des choses que vous n’acceptez pas, mais qui sont essentiels. L’esprit de responsabilité est supérieur, monsieur Mélenchon, à l’esprit d’insoumission ! Avoir l’esprit de responsabilité, c’est faire face, et le faire ensemble. Dans l’un de ses derniers messages, le Général De Gaulle disait : "La vie est un combat, le succès coûte l’effort et le salut exige la victoire". Oui, nous sommes engagés dans un combat contre un mal absolu, omniprésent, inconnu, dont les origines nous surprennent. (…) Nous faisons face avec les moyens du bord, comme nous pouvons, avec courage et détermination ! Oui, le succès coûte l’effort. C’est vrai, nous proposons aux Français de la rigueur, du courage et des obligations. Il faut les assumer ! ».

Au final, sur 230 votants, 156 députés ont voté pour et 60 contre ce projet de loi d’extension du passe sanitaire. Et Jean-Luc Mélenchon avait perdu une nouvelle fois l’occasion de se taire. J’espère qu’il a profité de la clôture de la session extraordinaire pour aller se reposer et prendre des vacances bien méritées : la rentrée va être chaude.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 août 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La faillite sanitaire de Jean-Luc Mélenchon ?
L’insupportable complotisme de Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon : un peu de décence, taisez-vous !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210819-melenchon.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-faillite-sanitaire-de-jean-luc-234619

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/07/23/39068968.html




 

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 03:46

« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. » ("Le lièvre et la tortue", fable de La Fontaine).



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En ce milieu de l’été 2021, la politique vaccinale de la France est un grand succès. Nouvelle étape assez symbolique, ce jeudi 12 août 2021, la France a dépassé Israël, l’un des pays du monde les plus volontaristes dans la campagne de vaccination contre le covid-19. Après les États-Unis, après l’Allemagne, après la Suède, après l’Italie, la France a désormais une part de la population ayant reçu une première dose de vaccin contre le covid-19 supérieure à celle d’Israël. Et c’est important, car au-delà de quatorze jours, la première dose a un effet protecteur déterminant contre la maladie. D’autres pays sont encore plus vaccinés, notamment l’Espagne, la Belgique, le Canada, le Chili, etc.

Insistons sur le fait qu’il n’est pas question ici de faire un concours : tous les pays du monde doivent réussir leur campagne de vaccination le plus vite possible, et avant de pouvoir s’organiser, il faut déjà pouvoir tout court, être capable d’acquérir ces fameuses doses de vaccin. Ce qui n’est pas dans le budget de toutes les nations et ce qui justifie une aide massive des pays dits riches (dont nous sommes), ce qui n’a rien à voir avec les brevets (qui est un autre sujet, j’y reviendrai peut-être, je l’ai déjà évoqué ici en mai dernier).

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Pas un pays même bien vacciné ne sera à l’abri d’un retour épidémique tant qu’il subsiste un autre pays qui ne soit pas assez vacciné. Tout le monde, ici, est dans le même bateau et c’est plutôt le trop gros manque d’harmonie mondiale qui caractérise cette crise sanitaire mondiale qu’une trop grande gouvernance mondiale qui n’existe pas (l’OMS n’a qu’un ministère de la parole).

Si j’évoque Israël, c’est parce qu’on avait loué sa capacité à devenir une nation exemplaire en matière de vaccination contre le covid-19. La France compte, au 12 août 2021, 45 792 392 habitants ayant reçu au moins une dose, soit 68,4% de la population totale, et 38 510 140 personnes ayant achevé leur parcours vaccinal, soit 57,5% de la population totale. Le double objectif du gouvernement d’atteindre 50 millions de personnes primovaccinées et 40 millions de personnes complètement vaccinées d’ici à la fin du mois d’août 2021 semble largement atteignable.

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Rappelons-nous le début de cette campagne de vaccination. Tous les médias avaient fustigé le gouvernement supposé ou trop timide et incapable de s’organiser pour permettre une vaccination massive. Il est vrai que les premiers jours furent assez préoccupants, mais comment peut-on comparer plusieurs pays au début d’une action alors que le bilan, c’est toujours à la fin qu’il faut le faire ?

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Le 31 décembre 2020, j’avais écrit ceci : « Entre faire et ne pas faire, et quoi faire si faire, il y a toujours sujet à critique. Pas de masque ? On critique. Trop de masques ? On critique. Pas de test PCR ? On critique. Trop de tests PR ? On critique. Et on aura la même chose avec les vaccins. Trop lent. Trop rapide. Jamais comme il faut, toujours mieux chez les voisins, l’herbe y est toujours plus verte… que de dépréciation antipatriotique chez les Français ! ».

Et dès le 18 novembre 2020, je m’inquiétais plus des nombres de doses que de l’acceptabilité des vaccins (désolé de me citer une seconde fois, mais il est bon parfois de se relire pour voir si on n’a pas dit trop de bêtises !) : « Le problème, contrairement à ce que les médias disent à longueur de journée depuis une semaine, ce n’est pas la réticence au vaccin (réelle), ce courant antivaccin, effectivement très forte en France. L’enjeu, ce serait plutôt d’avoir assez de doses de vaccin pour tous ceux qui voudraient se faire vacciner. L’expérience de la vaccination contre la grippe depuis le 13 octobre 2020 montre que le risque n’est pas le trop peu de postulants, c’est le trop plein. Au fur et à mesure que les vaccinations seront faites, ceux qui, au départ, auront été réticents se mettront naturellement à vouloir aussi se faire vacciner contre le covid-19 qui, je le répète, n’est pas une grippe car aucune grippe n’a paralysé ou du moins déstabilisé l’économie de la planète depuis maintenant dix mois. ».

D’ailleurs, on pourrait dire la même chose avec les tests de dépistage du virus, qui ont eu du mal à "démarrer" en France en été 2020. Maintenant, la France est l’un des grands pays qui teste le plus sa population et c’est aussi un moyen de contenir l’épidémie (au 13 août 2021, 111 773 788 tests ont été réalisés en France, soit 1,8 test par habitant, bien plus qu’en Allemagne, qu’en Russie, qu’en Italie, qu’en Espagne, et même qu’aux États-Unis).

On a tendance à comparer la France à un moteur diesel. C’est un peu vrai (démarrage lent et bonne vitesse de croisière) même si l’analogie s’arrête là sans prendre en compte l’écologie !

Ce qui est rassurant, c’est que toute la population se vaccine, en France : plus de la  moitié des adolescents est maintenant vaccinée (52%), et le taux est au moins de 84% pour les personnes de plus de 50 ans.

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J’imagine que certains lecteurs, peu préparés à rendre hommage non seulement au gouvernement mais à toute la nation française (tous ceux qui bossent dans les au moins 4 000 centres de vaccination plus les officines de pharmacie et les cabinets médicaux en ville) pour cette très efficace campagne de vaccination (je le répète : qui en janvier 2021, était prêt à parier un tel succès ?) peuvent évidemment dire que les dés sont "pipés" avec l’extension du passe sanitaire.

Mais justement, parlons-en, du passe sanitaire ! Une question : ceux qui me lisent et qui sont opposés à la vaccination, sont-ils vaccinés ou pas ? La réponse est intéressante car finalement, il y a quand même plus de 30% de Français aujourd’hui qui ne le sont pas. Cela reste. Si la réponse est "non", cela signifie bien qu’il n’y a pas d’obligation vaccinale.

C’est d’ailleurs un impératif constitutionnel qui empêcherait toute obligation vaccinale (ce dont le PS, par exemple, semble vouloir s’affranchir, mais faut-il encore parler des propositions d’un microparti ?). S’il y avait obligation vaccinale, tout le monde serait vacciné et on n’en parlerait plus. Le passe sanitaire n’est pas un passe vaccinal, et c’est une nuance essentielle, qu’avait défendue la France lors des sommets européens : pas question d’imposer la vaccination comme préalable pour, par exemple, franchir une frontière européenne. L’obligation du test de dépistage doit être aussi une option, elle est non seulement logique (refus de propager l’épidémie) mais permet un bon équilibre entre le sanitaire et la liberté, puisque le test négatif peut éviter la vaccination.

Cette réflexion justifie ainsi l’hommage que je rends à la nation française pour le succès de sa campagne de vaccination : tous ceux qui n’étaient pas vaccinés au 12 juillet 2021 auraient pu soit refuser de se rendre dans les lieux nécessitant le passe sanitaire, soit se contenter d’un test. Or, le fait est qu’une grande part que je souhaite toujours croissante a préféré se faire vacciner.

Il n’y a pas eu d’obligation mais une incitation. Une personne dite antivax continuerait à refuser le vaccin. Ceux qui au contraire l’acceptent ont été surtout des personnes qui, pour diverses raisons personnelles (dont la peur, un emploi du temps compliqué, une négligence, la sous-estimation de la situation épidémique, etc.), préféraient repousser l’échéance à plus tard, peut-être après l’été. Le passe sanitaire a été un catalyseur mais certainement pas la cause, sinon, même les dits antivax seraient aujourd’hui vaccinés.

En chimie, un catalyseur, c’est un agent qui permet la mise en œuvre d’une réaction. Comme il n’est pas consommé lors de la réaction chimique, il n’apparaît pas dans l’équation bilan de la réaction qu’il permet d’accélérer. Il ne fait que faciliter la réaction mais s’il ne devait pas y avoir de réaction, il n’aurait pas d’effet. Le passe sanitaire, c’est un catalyseur. La vaccination, c’est la réaction. Sur un antivax, le passe sanitaire n’a pas d’effet sur sa propre vaccination. Cela prouve bien que la vaccination est le fait de personnes qui, de toute façon, auraient été amenées, mais plus tardivement, à se faire vacciner.

C’est pourquoi cela ramène les antivax à leur réelle proportion : pas ces 70% et quelque qui, avant la campagne de vaccination, pouvaient légitimement exprimer leur appréhension voire leur peur d’un nouveau vaccin (malgré toutes les études cliniques). La peur de se faire vacciner ne s’interdit pas et ne se critique pas : personne ne peut reprocher la peur à personne. Dans n’importe quelle démarche d’innovation, il y a toujours une part de la population en avance, et une autre rétive parfois irréductiblement.

Pour le vaccin, c’est pareil : la peur n’est pas du côté des vaccinés mais bien des antivax. C’est pour cela qu’il y a de plus en plus de personnes prêtes à se faire vacciner : parce qu’après sept mois de campagne mondiale, des milliards de doses injectées, ils ont pu observer par eux-mêmes tant l’innocuité que l’efficacité des vaccins.

C’est la raison qui l’a emporté sur la peur : généralement, les antivax considèrent que ceux qui veulent se faire vacciner ont peur. Peur de quoi ? Peur d’une maladie qui a déjà terrassé la vie de 4,4 millions de personnes ? Ah oui, peut-être que cette peur est intelligente, pas celle de dramatiser (dramatiser n’est pas efficace, j’en reparlerai éventuellement avec le nouveau rapport du GIEC), mais celle de vouloir trouver des solutions pour éviter que ces 4,4 millions se doublent, triplent, etc. Or, le vaccin est l’arme la plus efficace et surtout, la seule arme efficace contre le covid-19 disponible actuellement, je ne dis pas demain, mais aujourd’hui, si, incontestablement.

Et ceux qui sont pour la vaccination sont même prêts à tenir des propos rassurants et optimistes : avec la forte vaccination de la population, bien qu’insuffisante (on le constate en regardant la hausse des décès et des admissions en réanimation), la quatrième vague a des grandes chances (je veux rester prudent, on ne sait jamais l’avenir) d’être une vague finalement pas si sévère qu’on aurait pu le craindre (voir les projections alarmantes de l’Institut Pasteur). Le taux de reproduction effectif flirte avec le 1 (légèrement supérieur) et cela fait plusieurs semaines qu’on a stoppé la hausse exponentielle du nombre de nouveaux cas (taux de reproduction effectif de l’ordre de 2,2), et l’effet de la vaccination semble en être la principale cause même si cela nécessite des études plus approfondies dans les prochains mois pour s’en convaincre.

Pour avoir cette intuition (à ce jour, cela ne peut pas être plus qu’une intuition), il suffit de comparer l’évolution épidémique des deux derniers mois de certains pays. Des pays qui ont massivement vacciné : l’Espagne, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne (avec une chronologie épidémique décalée). Avec l’évolution des pays qui ont une très faible couverture vaccinale : l’Indonésie, la Russie, l’Iran, la Tunisie, etc.

Enfin, je voudrais faire une autre remarque. Il est très stupide de coupler l’adhésion au Président de la République Emmanuel Macron et l’idée que la vaccination est utile collectivement sinon individuellement. Pour une raison simple : ce sont des opposants politiques qui voudraient faire l’amalgame et la confusion politicienne, mais il y a une véritable part de masochisme à faire cette confusion, vu que le taux de vaccination dépasse largement le score d’Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle de 2017. Voudraient-ils se déclarer électoralement perdants d’office ? Ce n’est pas très malin.

J’ai bien compris leurs calculs : utiliser la haine contre Emmanuel Macron pour ne pas se faire vacciner. Mais ce sont des mauvais calculs qui risquent de se retourner contre eux : si seul Emmanuel Macron prône la vaccination, alors il aura un boulevard à la prochaine élection. Car ma question est la suivante : et les autres partis politiques, qu’en pensent-ils du passe sanitaire et de la vaccination ? C’est sûr, prendre courageusement position est un risque, on ne peut sortir de l’ambiguïté que toujours à ses dépens.

Les Français, heureusement, sont loin des préoccupations politiciennes et électorales de certains politiciens de seconde zone. Ils ont compris la raison de se faire vacciner et l’ont accepté car nous sommes la patrie des Lumières. Certains ont eu besoin du passe sanitaire, d’autres non : après tout, la raison impose de conduire à une vitesse modérée sur les routes, cela n’empêche pas les radars de punir les contrevenants. J’espère pour les lecteurs que vous conduisez sans mettre en danger la vie des autres par simple raison, celle de ne pas vouloir provoquer d’accident, et pas par seule peur du gendarme ou de la prune. Si c’était ce dernier cas, ce serait désolant et la preuve d’un manque de maturité que bien des adolescents en France, 52% actuellement, n’ont déjà plus (et bravo à eux !)…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 août 2021)
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Pour aller plus loin :
Covid-19 : la France plus vaccinée qu’Israël.
La vaccination contre le covid-19, ça marche !
Rapport de la DREES du 6 août 2021 (à télécharger).
Covid-19 : les Engagés et les Enragés.
Le passe sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel.
Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
La Science, la Recherche et le Doute.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur le passe sanitaire le 25 juillet 2021.
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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12 août 2021 4 12 /08 /août /2021 03:37

« 87% des admissions en soins critiques et 83% des admissions en hospitalisation conventionnelle sont le fait de personnes non-vaccinées, alors que les patients complètement vaccinés en représentent respectivement 6% et 11%. Pour les décès, ces ratios s’élèvent à 82% pour les personnes non-vaccinées et 14% pour les personnes complètement vaccinées. » (Rapport de la DREES du 6 août 2021).




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Il y a de moins en moins de doutes sur l’efficacité de la vaccination : cette très étrange quatrième vague épidémique que la France subit depuis un mois et demi, celle du variant delta, est à l’évidence une vague des personnes non-vaccinées. Comme c’est pénible d’avoir raison ! Heureusement, la grande majorité des Français a compris l’intérêt de la vaccination et du passe sanitaire.

Rappelons-le très rapidement : le passe sanitaire permet, en période de forte remontée épidémique (il y a eu 30 920 nouveaux cas dans la seule journée du 11 août 2021, soit un record pour cette quatrième vague) d’éviter le confinement de tous les Français. Le passe sanitaire permet aux personnes qui ont le moins de risque d’alimenter l’épidémie par de nouvelles contaminations, c’est-à-dire des personnes vaccinées et des personnes testées négatif au covid-19, de pouvoir être libres de se rassembler socialement sans craindre d’aggraver l’épidémie.

On impose le passe sanitaire dans les lieux sociaux qu’on pourrait éviter éventuellement, c’est-à-dire des lieux de loisirs qui ne sont pas indispensables à la vie quotidienne : ainsi, les transports en commun quotidiens (souvent utilisés pour aller au travail) ne sont pas soumis au passe sanitaire pour cette raison, les personnes qui doivent consulter aux urgences des hôpitaux non plus. J’insiste : seuls les patients dont un séjour était programmé sont contraints d’avoir un passe sanitaire ; dans les précédentes vagues, on déprogrammait ces rendez-vous et ces patients, dans tous les cas, n’auraient jamais pu voir leur rendez-vous honoré. C’est pour éviter ces déprogrammations systématiques qu’on a institué le passe sanitaire (de manière temporaire).

Non seulement le passe sanitaire apporte la liberté à ceux qui sont vaccinés ou testés positif, mais ils empêchent aussi le confinement des trois précédentes vagues épidémiques à ceux qui ne détiennent pas le passe sanitaire : en clair, chacun est gagnant, quel que soit son choix, et pour le choix de ne pas vouloir se faire vacciner, ce choix peut évoluer et changer à tout moment et en tout lieu de France, et cela gratuitement. Et qu’on ne vienne pas me parler du coût public de la vaccination : le coût des 1 745 séjours en réanimation (à ce jour), sans compter les autres des 9 233 hospitalisations conventionnelles (à ce jour), sans compter les coûts financiers et psychologiques des 112 410 décès dus au covid-19 et sans compter les centaines de milliards d’euros qu’ont coûté les précédents confinements, n’ont absolument rien de comparable.

Alors, c’est vrai que depuis plusieurs mois, une interrogation majeure planait sur la vaccination, et cette interrogation était légitime même si souvent, elle était malveillante : la vaccination contre le covid-19 est-elle réellement efficace ?

Trois remarques préliminaires.

Première remarque. Dans le cas où la vaccination serait efficace (ce qui est le cas, lire ci-dessous), le passe sanitaire s’impose évidemment car il reste environ 2 à 3 millions de personnes fragiles qui ne sont pas (encore) vaccinées. À elles seules, si par malheur elles étaient contaminées, elles pourraient saturer très largement le système hospitalier (il me semble qu’on a évalué à 5% des personnes fragiles qui ont été atteintes lors de la première vague, chiffre que je donne de mémoire et qui doit être vérifié, ce n’est pas l’objet de cet article, et l’on a vu la saturation des hôpitaux et de leur service de réanimation). Mais au-delà de la protection de ces personnes (qui devraient aller se faire vacciner au plus vite), il y a le fait qu’il faut impérativement freiner la circulation du virus, plus celui se reproduit, plus le risque de nouveaux variants plus contagieux est élevé. C’est pour cela qu’il y a une double course de vitesse : celle de la protection en pleine quatrième vague et celle de nouveaux variants.

Deuxième remarque. Il faut se rappeler que la France n’a plus rien à envier à Israël, à la Grande-Bretagne ou même à l’Allemagne pour son taux de couverture vaccinale. Grâce à la politique sanitaire du Président Emmanuel Macron, la France fait maintenant partie des grands pays à avoir une population massivement vaccinée. Au 10 août 2021, les statistiques sont impressionnantes : 45 234 134 personnes ont reçu leur première dose, soit 67,5% de la population totale (plus des deux tiers !), dont 37 877 457 ont terminé leur parcours vaccinal, soit 56,5% de la population totale. Les adultes sont vaccinés largement plus qu’à 75%, et les adolescents de 12 à 18 ans sont déjà vaccinés à 49,2%. Plus de 4 000 centres de vaccination sont disponibles en France pour poursuivre cette campagne de vaccination. Honneur à tous les engagés qui ont pris du temps de vie pour la santé des autres !

Troisième remarque. L’intuition, lorsqu’on observe l’évolution de l’épidémie en France mais aussi en Grande-Bretagne depuis juin 2021, c’est que le nombre de décès a baissé par rapport au nombre de cas dépistés. Cette intuition, c’est la différence avec les précédentes vagues (rappelons-nous qu’en Grande-Bretagne, le nombre de décès quotidien est monté à 1 500 pour à peu près le même nombre de cas, et ici, il est plutôt à 100, ce qui reste une remontée importante). L’intuition, c’est de dire que le seul changement qu’il y a par rapport à il y a sept mois, c’est le taux de couverture vaccinale. En France également.

Mais l’intuition ne se base que sur une observation macroscopique des paramètres. Il était important d’avoir une analyse fine de la situation, presque individualisée. En France, les données statistiques détaillées manquaient pour cela.

Il y a quelques semaines, l’un des jeunes génies de l’utilisation de l’open data, révélé par la crise sanitaire, Guillaume Rozier, créateur de l’excellent site CovidTracker, avait vivement critiqué la lenteur pour disposer de la "connexion" (des "croisements", des "appariements") des trois bases de données ouvertes disponibles en France sur la crise sanitaire, à savoir la base SI-VIC des hospitalisations et des admissions en soins critiques (réanimation, soins intensifs et soins continus) des patients atteints du covid-19, la base SI-DEP des résultats des tests de dépistage du virus SARS-CoV-2 à l’origine du covid-19 et la base VAC-SI sur les vaccinations covid-19. Le jeune ingénieur considérait que si ces données n’étaient disponibles qu’en automne 2021, cela n’aurait aucun intérêt car la population serait presque totalement vaccinée et que leur intérêt résidait justement à convaincre les personnes réticentes à se faire vacciner (de même que le passe sanitaire n’aurait plus aucun intérêt si tout le monde était vacciné).

Depuis le 6 août 2021, la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) du Ministère des Solidarités et de la Santé publie chaque semaine les données « issues des trois principales bases de données sur la crise covid-19 : SI-VIC (hospitalisation), SI-DEP (dépistage) et VAC-SI (vaccination). La DREES réalise les croisements entre ces bases, notamment un suivi selon le statut vaccinal des personnes testées positives au covid-19 et des personnes hospitalisées. ». Ces données sont accessibles à tous et il sera donc aisé de vérifier leur véracité et surtout de faire toutes sortes d’analyses selon différents critères (dont l’âge). Hélas, les précisions sur le type de covid-19 ne semblent pas suffisantes : par exemple, il y aurait un intérêt à savoir la proportion de personnes vaccinées parmi les patients qui ont développé un covid long.

Dans un rapport publié le 6 août 2021 (que l’on peut télécharger et lire ici), la DREES a évalué l’effet de la vaccination dans les nouvelles contaminations, dans les hospitalisations, dans les admissions en réanimation et dans les décès.

Dans ces informations fort intéressantes, quatre catégories ont été définies : les personnes non-vaccinées (aucune injection contre le covid-19), les personnes ayant reçu une seule dose depuis moins de quatorze jours ("primo dose récente"), les personnes ayant reçu une première dose depuis plus de quatorze jours ou ayant reçu une deuxième dose depuis moins de sept jours ("primo dose efficace"), enfin, les personnes complètement vaccinées, ayant reçu une deuxième dose depuis plus de sept jours. Les deux premières catégories et les deux dernières catégories sont souvent similaires. Bien sûr, les données peuvent être plus précises selon le type du vaccin (Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Janssen une seule dose), et selon que la personne a eu ou pas un antécédent covid-19 (avec un antécédent covid-19, la personne est complètement vaccinée après sept jours après la première et unique dose).

Le rapport en question analyse la semaine du 19 au 26 juillet 2021 à partir de données extraites le 3 août 2021. Tout le protocole d’analyse y est détaillé, au contraire de nombreuses analyses souvent péremptoires qui se veulent scientifiques. Ici, les chiffres ne sont bidonnés par rien car tout est vérifiable (c’est cela, la science).

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Et les conclusions sont rassurantes (bien que peu étonnantes) : cette quatrième vague est une épidémie des personnes non-vaccinées (250 cas positifs pour 100 000 habitants non vaccinés vs 34 cas positifs pour 100 000 habitants vaccinés).

Prenons d’abord le nombre de cas dépistés dans la population : il est 7,4 fois plus important chez les personnes vaccinées que chez les personnes complètement vaccinés. Et ce rapport passe à 8,4 si l’on ne tient compte que des cas symptomatiques (118 pour 100 000 vs 14 pour 100 000).

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L’évolution en juin et juillet 2021 montre nettement que la reprise épidémique se passe principalement dans la population non-vaccinée. Au creux épidémique (le 26 juin 2021), il y a un rapport 5 entre le nombre de personnes testées positif parmi les personnes non-vaccinées et le nombre de personnes testées positif parmi les personnes vaccinées (et ce rapport est monté à 7,4 un mois plus tard).

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L’évolution du nombre d’hospitalisations de patients atteints du covid-19 suit la même évolution que le nombre de cas détectés mais avec un décalage d’une dizaine de jours. On voit une forte hausse des hospitalisations des personnes testées positif et non-vaccinées. Néanmoins, le nombre des hospitalisations des personnes testées positif et vaccinées est aussi reparti à la hausse, mais de façon beaucoup moins nette.

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Pour les admissions en soins critiques, la situation est un peu différente, car le nombre d’admissions en soins critiques des personnes testées positif et vaccinées n’est pas reparti à la hausse avec cette quatrième vague, au contraire des admissions des personnes non-vaccinées qui font la plupart des nouvelles admissions en soins critiques.

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C’est donc bien cette phrase du rapport, que j’ai mise en valeur en tête de l’article, qui est très instructive : « 87% des admissions en soins critiques et 83% des admissions en hospitalisation conventionnelle sont le fait de personnes non-vaccinées, alors que les patients complètement vaccinés en représentent respectivement 6% et 11%. ». Cela a donné aussi le titre du rapport du 6 août 2021 de la DREES : « Fin juillet [2021], les entrées en soins critiques sont 12 fois moindres au sein de la population complètement vaccinée que parmi les personnes non-vaccinées. ». À taille de population comparable.

Insistons, martelons sur le fait qu’on trouvera donc toujours des personnes complètement vaccinées qui risquent de se retrouver en réanimation voire décédées, car un vaccin n’est jamais efficace à 100%, mais elles risquent beaucoup moins que les personnes non-vaccinée et c’est là l’essentiel. C’est pourquoi il est nécessaire que la politique sanitaire ait pour but d’enrayer l’épidémie globalement et pas juste protéger des personnes supposées fragiles.

Pour retrouver ce taux de 12, il faut avoir une idée plus juste de ce que signifient ces rapports que je viens de citer, en connaissant le taux de couverture vaccinale sur la même période de référence : dans la population, il y avait alors 45% de personnes non-vaccinés et 39% personnes complètement vaccinées (elles étaient encore minoritaires).

Cette proportion vaccinale dans la population est importante de connaître aussi lorsqu’on compare les décès : ainsi, à taille de population comparable, il y a 5,3 fois plus de décès chez les personnes non-vaccinées que chez les personnes complètement vaccinées.

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En prenant plusieurs critères : le nombre de cas positifs, le nombre d’hospitalisations conventionnelles, le nombre d’admissions en soins critiques, enfin (hélas), le nombre de décès, "il n’y a pas photo" : une personne non-vaccinée est bien plus exposée qu’une personne vaccinée. Et c’est là le malheur, pour ces 2 à 3 millions de personnes vulnérables qui n’ont toujours pas pensé à se faire vacciner alors que leur vie est réellement en danger. Le nombre de décès monte et cela n’a rien à voir avec la vaccination, mais justement avec la non-vaccination.

Et pensons que personne n’est à l’abri d’être une personne vulnérable qui s’ignore, même si elle est "jeune" et en bonne santé, en bonne forme, sportive, s’alimentant sainement. Après dix-neuf mois de pandémie, on peut affirmer que le covid-19 reste encore une loterie, qui épargne des personnes supposées fragiles et qui anéantisse des personnes supposées hors de toute vulnérabilité de santé.

C’est pour cette raison que se faire vacciner a plusieurs rôles : 1° se protéger soi-même, et par soi-même, c’est aussi épargner la douleur de ses proches ; 2° protéger les autres, car la vaccination réduit les risques de sa propre contamination et donc, réduit les risques de contaminer ses proches, notamment les plus faibles ; 3° être solidaire des personnes vulnérables, celles qui sont vaccinées (le vaccin est dit efficace qu’à 95%, il y a donc des trous dans la raquette) comme celles qui ne sont pas encore vaccinées (mais qu’attendent-elles ?), mais aussi solidaire des personnels soignants : on voit déjà en Martinique, en Guadeloupe, à cause d’un taux de vaccination bien trop faible, la réquisition de soignants initialement en vacances pour aller soigner et peut-être sauver les personnes malades.

Enfin, être solidaire des patients hors covid-19 qui doivent toujours pouvoir être soignés malgré la crise sanitaire et donc il ne faut pas saturer les services hospitaliers par une arrivée massive de malades du covid-19. Là aussi, qu’on ne me parle pas des suppressions des lits hospitaliers : dans une pandémie comme celle que nous connaissons, nous ne pourrons jamais la résoudre par une création de dizaines de milliers de lits car c’est une montée exponentielle qu’il faut à tout prix stopper en amont, et il faut aussi rappeler que la mortalité covid-19 en réanimation est très forte (de 30 à 50%). L’objectif d’un gouvernement soucieux de la santé des citoyens, c’est d’éviter à tout prix qu’un patient entre en réanimation. Ces premières données montrent que la vaccination est une arme efficace (mais pas suffisante) pour atteindre cet objectif.

Entre parenthèses, le problème des lits dans les hôpitaux est un vrai problème mais qui n’a rien à voir avec l’épidémie : si on a supprimé autant de lits depuis vingt ans, c’est parce que les patients préféreraient mourir chez eux à l’hôpital et qu’on a voulu développer la médecine ambulatoire. L’avenir d’ailleurs est dans des unités de soins palliatifs à domicile, pour les personnes en fin de vie, afin de leur permettre de terminer paisiblement leur vie chez eux et pas à l’hôpital. Quant au gouvernement actuel, il a proposé 14 milliards d’euros d’investissements dans les hôpitaux au Ségur de la Santé de juillet 2020, mesure financière sans précédent. Dans tous les cas, un lit supplémentaire suppose aussi du personnel formé et la formation est longue, ce n’est pas en quelques années qu’on réforme une telle institution. C’est toujours plus facile de critiquer le gouvernement (qui est par définition critiquable, puisqu’il prend des décisions et qu’il ne peut pas plaire à tout le monde) que de combattre efficacement le virus.

Refusant d’imposer l’obligation vaccinale à la population générale (chose qu’on peut difficilement accepter juridiquement et difficilement assumer politiquement), le gouvernement a choisi la politique d’extension du passe sanitaire qui a un triple avantage : celui de la liberté des personnes vaccinées qu’on ne reconfine pas (inutilement), celui de l’incitation à la vaccination (qui est aujourd’hui un grand succès), enfin, celui de la liberté aussi des personnes à ne pas se faire vacciner puisqu’elles peuvent toujours disposer du passe sanitaire en faisant un test de dépistage.

Ces premières données (hospitalisation vs vaccination) sont encourageantes et justifient pleinement la politique sanitaire du gouvernement. Il reste à ce qu’elles soient confirmées dans le temps. L’humilité et la prudence sont les deux impératifs pour ce virus si nouveau. Plus la population sera vaccinée, plus l’épidémie sera maîtrisée. Toutes ces données sont en open data, à chacun de faire sa propre analyse et d’en arriver à sa propre conclusion. C’est cela, la démocratie, et cela ne se passe pas partout ainsi…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 août 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La vaccination contre le covid-19, ça marche !
Rapport de la DREES du 6 août 2021 (à télécharger).
Covid-19 : les Engagés et les Enragés.
Le passe sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel.
Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
La Science, la Recherche et le Doute.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur l passe sanitaire le 25 juillet 2021.
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210811-covid-ee-vaccination.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/la-vaccination-contre-le-covid-19-235036

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/08/10/39090902.html






 

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9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 03:45

« Voilà plus d’un an que nous sommes collectivement plongés dans cette crise sanitaire qui semble ne plus finir. Chaque jour, les médias font état d’une réalité douloureuse et de chiffres toujours plus inquiétants (…). Chaque jour, dans les centres de vaccination, dans nos cabinets, dans les pharmacies, à domicile chez les patients, nous, professionnels de santé, contribuons à relever le défi de la vaccination aux côtés des collectivités territoriales, des autorités sanitaires et bien sûr, aux côtés des centaines de milliers de citoyens qui se présentent à nous. (…) Alors gardons espoir et poursuivons nos efforts. » (#DéfiVaccination, initiative soutenue par plus de 7 000 praticiens, le 28 avril 2021).




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Comme prévu, l’extension du passe sanitaire à des lieux de vie sociale va être mise en application ce lundi 9 août 2021. Quelques Français, depuis quelques semaines, se sont mis à manifester leur désapprobation de la politique sanitaire du gouvernement. Ils en ont tout à fait le droit et c’est même un acte citoyen de vouloir l’exprimer, c’est ainsi qu’une démocratie vivante s’exprime.

Comme disait Albert Camus, la démocratie, c’est la protection des minorités (dans ses "Carnets" : « La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité. »). Non seulement personne n’a interdit à un seul Français de contester une mesure gouvernementale, mais personne non plus n’a empêché un seul Français à le manifester, dès lors qu’il le fait dans une démarche pacifique qui ne mettre en danger aucune personne ni aucun bien. Et d’ailleurs, personne n’a jamais dit que les mesures gouvernementales étaient parfaites : la politique a toujours été l’art insatisfaisant de l’équilibre entre l’idéal et le réalisable.

Ainsi, le samedi 7 août 2021, 237 000 personnes ont manifesté partout en France (dans environ 150 rassemblements) pour exprimer leur désapprobation. C’est un peu plus que le samedi 31 juillet 2021. Pour la première quinzaine du mois d’août, on peut dire, certes, que c’est "pas mal", mais ce n’est pas vraiment nouveau.

Les plus "anciens" se "rappelleront" (?) l’été 1953 (nan, je n’y étais pas !!). À partir du 4 août 1953, de nombreux "mouvements sociaux" ont surgi pour s’opposer à la politique du nouveau Président du Conseil Joseph Laniel, entre autres, une réforme de la retraite des fonctionnaires pour laquelle il avait été mandaté par les députés le 8 juillet 1953. Tous les fonctionnaires se sont mis à faire une grève illimitée, cela a commencé par les postiers, puis les éboueurs, les électriciens, les cheminots, les gaziers, les aiguilleurs du ciel, etc. jusqu’à ce que le gouvernement ait accepté de négocier le 21 août 1953. Certains, d’ailleurs, estiment que ce fut cet été 1953 qui a marqué l’idée que la France était (définitivement) irréformable.

Comme on le voit, l’été 2021 avec ces quelques centaines de milliers de Français qui manifestent, faute d’avoir d’autres activités estivales plus réjouissantes, c’est finalement assez faible par rapport aux millions de personnes qui ont mis en jeu leur salaire cet été 1953 (et je ne parle pas, bien sûr, de la Révolution de 1830).

Mais le plus ridicule, c’est surtout les raisons de la protestation : nous serions entrés dans une dictature horrible. Oxymore avec le droit de manifester et la liberté d’expression ! Et surtout, pourquoi n’ont-ils pas manifesté lorsque c’était pire, lorsque le gouvernement avait imposé (temporairement) le confinement ? Aucune réponse, et pourtant le passe sanitaire, c’est une solution beaucoup moins contraignante que le confinement, ce qui est heureux et sa raison d’être.

Une dictature, du reste, n’a pas de date de péremption. Ici, l’extension du passe sanitaire sera applicable au plus tard jusqu’au 15 novembre 2021, en espérant que la situation sanitaire permette au pays de sortir de l’état d’urgence sanitaire. Je rappelle que cet état d’urgence a été décrété par Emmanuel Macron le 12 juillet 2021, tout simplement parce que l’ancien état d’urgence avait été levé auparavant (il n’était donc pas permanent), levé peu avant sans connaître l’évolution épidémique future (un Président de la République, jusqu’à nouvel ordre, n’est pas madame soleil). Une pandémie est une sacrée mouise pour toute la société, mais heureusement, la plupart des Français ont compris qu’il fallait lutter contre le virus et pas contre le gouvernement qui cherche à prendre les meilleures armes pour combattre le virus (ces armes, ce sont la vaccination et les tests de dépistage).

Ce qui me gêne dans le traitement de l’information, c’est la prime aux râleurs alors qu’il y aurait d’autres sujets d’actualité sanitaire plus positifs, d’autres acteurs de la crise sanitaire qui mériteraient plus d’attention.

On peut donner par exemple des chiffres de la vaccination. Au 5 août 2021, 44 012 990 personnes ont reçu au moins une dose, soit 65,3% de la population française (dont 36 628 258 qui sont complètement vaccinées). Cela signifie aussi que 72% des adultes de moins de 50 ans sont vaccinés, 86% des personnes de 50 ans et plus sont vaccinées, et 88% des personnes de 65 ans et plus sont vaccinées.

J’ai donc tendance à comparer le nombre de manifestants qui refusent de prendre en considération la valeur constitutionnelle de la protection de la santé (merci pour leurs proches fragiles) à ceux qui ont compris qu’il fallait lutter et résister contre l’épidémie. Le nombre quotidien moyen d’injections réalisées sur les sept derniers jours est de 531 643 au total, dont 323 416 pour les premières doses et 207 227 pour les deuxièmes doses (j’insiste : chaque jour, nombre moyen !). Et cela, en plein été.

Ces données sont aujourd’hui extrêmement rassurantes, non seulement sur la capacité de la France à pouvoir faire face à la quatrième vague, mais aussi sur la compréhension du peuple français à vouloir en finir avec ce virus. La France résiste fortement (le taux de reproduction effectif s’effondre), et c’est heureux, heureux pour la santé des Français, heureux pour les milliers de familles qui ne seront pas endeuillées, heureux pour le personnel soignant qui ne va probablement pas être submergé par cette nouvelle épreuve en septembre (je croise les doigts !).

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J’ai écrit "et cela, en plein été". Et là, je vais une nouvelle fois insister. J’ai déjà fait part de mon expérience (beaucoup trop minime pour être méritoire) de bénévole dans un centre de vaccination (j’ai repris du service, j’en reparlerai plus tard ; cette expérience me permet surtout de comprendre comment tout fonctionne), et je dois donc rappeler qu’on ne vaccine pas sur simple demande de la personne à vacciner.

Derrière toute injection, il y a une très lourde organisation qui vise à assurer le bon déroulement de la vaccination, non seulement sur la logistique (en sachant que pour Pfizer, par exemple, on doit vacciner par multiples de sept doses en une journée), mais aussi sur la protection individuelle : consultation préalable d’un médecin avant l’injection, attente de quinze minutes avant de repartir (il faut donc connaître l’heure exacte de l’injection, surveiller les quinze minutes et aller voir la personne nouvellement vaccinée qu’aucun effet secondaire immédiat n’a eu lieu avant de la laisser repartir), etc.

Je ne parle même pas des pharmaciens et des médecins qui, individuellement, dans leurs officines ou cabinets, se sont mis aussi à faire des vaccinations selon leurs possibilités (durant la semaine dernière, 603 000 injections ont été réalisées dans les pharmacies et chez les médecins de ville).

Il y a donc des médecins, des infirmiers, des agents communaux (car la plupart des centres de vaccination sont organisés par les municipalités), mais aussi des bénévoles qui prennent sur leur temps libre pour s’occuper de la santé des autres.

Eh bien, quand j’ai vu le panneau mis en avant sur cet article, je me suis dit : chapeau, les bénévoles, chapeau les engagés ! C ‘est l’exemple très fréquent d’un centre de vaccination qui a ouvert même le week-end, même le dimanche matin, en plein été. Pendant que d’autres sont en vacances.

Plutôt que de ruminer sans arrêt sur le nombre de manifestants qui n’apportent rien à la collectivité nationale, j’aurais préféré que les journalistes, les chaînes d’information continue et tous ceux qui sont censés parler d’actualité se penchent un peu plus sur tous ces bénévoles qui sont engagés dans cette résistance nationale contre le virus et sans qui ces statistiques rassurantes n’auraient jamais été atteintes.

Eux, ces engagés, ces bénévoles, prêts à sacrifier leurs vacances pourtant bien méritées, ils ont choisi de résister, ils n’ont pas cherché à savoir si le Conseil Constitutionnel devait avoir des compétences politiques ou médicales (évidemment que non, il ne les a pas, ce n’est pas son rôle !), ils ont compris qu’une épidémie nécessite une réactivité très forte pour empêcher la propagation du virus et qu’il y a urgence. Beaucoup de médecins hospitaliers peuvent témoigner qu’ils reçoivent dans leurs services ou en réanimation des personnes qui n’étaient pas vaccinées, qui pensaient peut-être se faire vacciner mais à leur retour de vacances. Et certains en meurent par simple négligence.

Quand il y a une solution efficace pour lutter contre la maladie, ne pas s’en servir relève d’une non-assistance à personnes en danger. C’est donc du devoir de l’État de tout faire pour inciter à la vaccination. Ces engagés font partie de ces héros qui luttent fièrement tandis que les râleurs et autres grincheux montrent qu’ils sont complètement hors-sol quand on pense à ces nations qui n’ont pas la chance de la France de pouvoir vacciner aussi massivement que souhaitable (dont la Tunisie, le Maroc, l’Indonésie, etc.).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 août 2021)
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