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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 03:09

« Mon Dieu, son humilité et sa fragilité en tant que jeune femme qui grandit dans sa carrière formidable est incroyable à regarder, c’est tellement réel ! Quel contraste avec les fougueux certains qu’ils sont aimés, les types arrogants, les jeunes stars de la pop que nous voyons tellement aujourd’hui. » (Commentaire d’un dou d'une internaute à la vidéo d’un documentaire sur Kim Wilde en 2018). Première partie.




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Que faites-vous pour la soirée du vendredi 5 novembre 2021 ? C’est trop loin ? En période covid, certainement ! Néanmoins, Kim Wilde parie sur la fin de la pandémie auparavant, car elle fera un concert ce soir-là à La Cigale, à Paris. Kim Wilde, la chanteuse des années 80, est toujours là et n’a cessé (sauf depuis février) de faire des concerts. Par exemple, elle était déjà à La Cigale le 26 mai 2018. Elle fête son 60e anniversaire ce mercredi 18 novembre 2020. Pour cette native de Londres, née dans une famille de chanteurs, cela peut être déjà beaucoup de bougies, mais cela signifie surtout qu’elle n’avait qu’une vingtaine d’années dans les années 80. Et depuis quarante ans, elle n’a jamais cessé de se produire.

Et une santé de fer : cinquante-deux concerts ont été programmés l’année prochaine, du 6 mars au 26 novembre 2021, en Europe (Suède, Norvège, Royaume-Uni, Finlande, Allemagne, Suisse, France, Pays-Bas, Belgique et Danemark), enfin, si la pandémie est jugulée.

La "dame" a un charme fou ! Il suffit de regarder certaines de ses interviews dans les années 1990 (elle avait la trentaine, voir dans mon article complémentaire). Ce sont pourtant des images que je ne découvre que maintenant. Je n’avais jamais vraiment associé beaucoup d’images à la chanteuse, j’avais certes vu quelques pochettes de disque mais c’était principalement ses prestations sonores qui m’envoûtaient. Probablement une question de génération.

Si l’on en croit les réactions sur Youtube, elle passionne les foules, le nombre de réactions sur ses vidéos qui, elles-mêmes, s’approchent du million de vues voire le dépasse, est souvent à quatre voire cinq chiffres ! Kim Wilde est une chanteuse qui ne laisse pas indifférent ! Et en France notamment car la chanteuse britannique adore la France (elle parle quelques mots en français et est même propriétaire dans le Périgord) et l’Europe (continentale) en général.

Parmi les Français fascinés par la chanteuse, Laurent Voulzy (fascination réciproque apparemment car elle en a été très flattée) a sorti le 1er juin 1985 un single avec la chanson "Les Nuits sans Kim Wilde" (paroles d’Alain Souchon) qui a connu un grand succès (sur l’autre face, "Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante"). Un clip enregistré avec Kim Wilde fut aussi diffusé le 1er novembre 1985.





À charge de revanche, Kim Wilde a fait une réponse à Laurent Voulzy trente-trois ans plus tard, en sortant le 1er octobre 2018 sa chanson "Amoureux des rêves".





Depuis une petite quarantaine d’années, Kim Wilde a vendu plus de 32 millions d’albums dans le monde. Elle a commencé fort dès la fin du mois de janvier 1981 avec sa chanson "Kids in America" qui est devenu l’un des grands tubes de l’année 1981. Elle a continué avec "Cambodia", une chanson également très appréciée en France et en Europe.

Alors, inutile de blablater et éteignez les lumières, mettez les sunlights, n’invitez pas vos voisins car confinement, mais ajustez le volume sonore (sans toutefois déranger les voisins). Voici quelques échantillons de ses chansons… (et quelques interviews à la télévision dans la seconde partie).



1. "Kids in America" (sortie le 26 janvier 1981)






2. "Water on Glass" (sortie le 17 juillet 1981)






3. "Cambodia" (sortie le 2 novembre 1981)









4. "View from a Bridge" (sortie le 5 avril 1982)






5. "Love Blonde" (sortie le 18 juillet 1983)






6. "Dancing in the Dark" (sortie le 23 octobre 1983)






7. Say you readly want me" (sortie le 1er juillet 1986)






8. "You keep me hangin’ on" (sortie le 19 septembre 1986)





Dans le prochain article sur Kim Wilde, après avoir proposé les chansons de Kim Wilde les plus connues du début de sa carrière, je proposerai celles plus récentes ainsi que quelques interviews qui permettent de mieux connaître la chanteuse.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 novembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Dates de prochains concerts de Kim Wilde en 2021.
Kim Wilde.
Ennio Morricone.
Juliette Gréco.
Bourvil.
Janis Joplin.
Jimi Hendrix.
Annie Cordy.
Joe Dassin.
Zizi Jeanmaire.
Suzy Delair.
Jean Ferrat.
Jeanne Moreau.
Frédéric Fromet.
Sim.
Brigitte Bardot.
Line Renaud.
Michael Jackson.
Michel Legrand.
Francis Lai.
Leonard Bernstein.
Jean-Michel Jarre.
Barbara Hannigan.
Micheline Presle.
Boris Vian : le Déserteur.
Maurice Druon : le Chant des Partisans.
Jacques Brel.
Charles Aznavour.
Maurice Chevalier.
Johnny Hallyday.
Serge Gainsbourg.
Claude François.
Henri Salvador.
Barbara chantée par Depardieu.
Georges Brassens.
Léo Ferré.
Christina Grimmie.
Abd Al Malik.
Yves Montand.
Daniel Balavoine.
Édith Piaf.
Jean Cocteau.
Charles Trenet.

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https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/kim-wilde-star-pas-seulement-des-228771

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/11/15/38653366.html





 

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 03:39

« La musique que vous faites résonner ici, cher Piem, est celle d’un artiste authentique, d’un humaniste lucide, d’un témoin critique de notre temps. À l’éclat du rire que l’on qualifie parfois d’assassin, vous préférez la lumière du sourire, qui pare à notre cœur, l’ironie des choses et des hommes, l’amour de l’humour, jamais totalement noir, la flamme et le souffle de la vie, les couleurs du bonheur, l’éclat de la rencontre, la vivacité du regard, la netteté du trait. » (Renaud Donnedieu de Vabres, le 14 janvier 2005, lors de la remise des insignes de commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Piem).



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Pirouette à la vie, s’éteindre le jour même de son anniversaire ? Le dessinateur de presse Piem est mort ce jeudi 12 novembre 2020 le jour de son 97e anniversaire. Il aurait pu pousser jusqu’au siècle, non ?! Piem, comme un acronyme qui signifierait Prodigieux, Irrésistible, Extraordinaire, Modeste.

Piem était l’un des dessinateurs dont l’image est parmi les plus connues. Le visage célèbre, cheveux en bataille (encore nombreux à la fin de sa vie), avec sa pipe, ses grosses lunettes et son crayon.

D’habitude, les dessinateurs sont plutôt des êtres timides qui aiment bien se réfugier derrière leur table à dessin (ouh, que de généralités fumeuses !!) parce que le dessin est pour "eux" (j’ai l’impression de parler d’une espèce d’extraterrestre) le mode d’expression le plus confortable… Je ne sais pas du tout si ce que je viens d’écrire a un sens car depuis environ Michel Polac et son "Droit de réponse" truffé de dessins incrustés en direct à l’écran de TF1, les dessinateurs sont devenus des êtres médiatiques à part entière, au point même d’être accueillis comme chroniqueurs réguliers dans des émissions de télévision (par exemple, Philippe Geluck chez Ruquier il y a déjà quelque temps, dans les années 2000, "On a tout essayé").

Piem, c’est un peu différent, car il était déjà un chroniqueur connu à la télévision dès les années 1970, dans la célèbre (et mythique) émission animée par Jacques Martin, "Le Petit Rapporteur" sur TF1, avec pour collègues et compères Pierre Desproges, Daniel Prévost, Stéphane Collaro, Pierre Bonte, Robert Lassus, etc. (suivie de "La Lorgnette" sur Antenne 2). Piem (déjà quinquagénaire) était alors le plus "ancien" de la bande et se plaisait, apparemment, à apparaître tous les dimanches midi à faire des dessins devant les téléspectateurs (toutefois, je ne sais plus si l’émission était en direct).

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Et si Piem était si à l’aise à la télévision, c’était parce qu’il était déjà un invité récurrent d’une autre émission, un jeu télévisé, "Tac au tac", où il rivalisait à coup de caricatures et de dessins avec d’autres dessinateurs, notamment Gotlib, Franquin, Claire Bretécher, Hugo Pratt, Cardon, Gébé, etc.

Bien sûr, le métier de Piem n’était pas la télévision mais l’écrit (il a sorti une quarantaine de livres). Avoir 20 ans en 1942 ne devait pas être chose aisée pour celui qui fut l’oncle de l’éditorialiste Dominique de Montvallon ainsi que le parrain de baptême religieux de Philippe Bouvard : engagé à la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), il est sorti de la guerre en janvier 1945, avant de poursuivre ses études artistiques (il se destinait à la gravure et à la fresque). Piem avait traversé la France pour atteindre le front à Nancy afin de remettre un exemplaire d’un numéro de "Témoignage chrétien" à André Malraux (qui, en fait, l’avait déjà reçu grâce à la poste militaire !). Une aventure qui lui a donné envie de la raconter et de faire du journalisme.

Piem fut donc journaliste et dessinateur, et ses dessins parfois naïfs (François Mitterrand disait de ses dessins : « votre trait dépouillé et savamment naïf »), parfois satiriques, ont paru dans plusieurs journaux et magazines, en particulier dans des revues chrétiennes comme "La Croix", "La Vie catholique" et "Témoignage chrétien", mais aussi dans "Le Figaro", "L’Est républicain", "Le Point", "Télé 7 jours", "Impact médecin", "Valeurs actuelles", "L’Unité" (journal du PS), etc. François Mitterrand disait du dessinateur : « C’est un redoutable pédagogue déguisé en témoin satirique. ».

Comme Sempé, Piem est parvenu à faire des dessins sobres, épurés, alors qu’il était doué pour en faire plus : « Un bon dessin doit pouvoir se passer de légende et de bulles. ».

Tous les thèmes ont été abordés par Piem, politique, économie, social, sport, mais il y avait un thème qu’il appréciait particulièrement, c’était le thème religieux. Il fut même invité en 2009 par Mgr Jean-Michel Di Falco à "égayer" certaines rencontres (épiscopales)… mais il était aussi très demandé par des chefs d’entreprise pour participer à des séminaires avec les employés.





Très touché par les attentats de "Charlie Hebdo" du 7 janvier 2015, car il y a perdu un grand ami, Cabu, Piem expliquait deux jours plus tard à France 3 qu’il soutenait le combat du magazine satirique contre les intégrismes religieux.





La famille était aussi un thème de prédilection, ce qui lui a valu de sortir un livre en décembre 1994 : "Petits-enfants grands-parents, mode d’emploi" (éd. du Cherche Midi). Très touché par des drames personnels (le suicide d’une petite-fille par exemple), Piem a vécu les malheurs du monde comme ses contemporains. Invité de France Culture le 2 janvier 1999, entouré notamment de Raymond Devos, Huguette Bouchardeau, François Cavanna, Hubert Reeves, etc., Piem confiait : « Il me semble que la grande maladie de notre époque, c’est un peu pompeux ce que je dis là, c’est la solitude. Alors quand vous vous retrouvez dans une famille, quand vous vous trouvez dans un groupe, vous perdez l’angoisse de la solitude. Les cauchemars, cette impression redoutable que personne ne vous aime, s’estompent. ».

Une idée de ses dessins : dans son livre "Mon stress, mon psy et moi" sorti en novembre 2004 (éd. du Cherche Midi), on peut y voir un dessin représentant un conférencier dans une salle de conférence complètement vide avec le thème de la conférence indiqué sur une affichette : "Comment guérir l’agoraphobie" !

Dès 1947, Piem (à 23 ans) était déjà une star de la caricature, avec un dessin de Paul Ramadier (alors Président du Conseil) qui est passé en une dans "Le Figaro". Ont suivi de nombreux autres responsables politiques croqués par Piem (dont Valéry Giscard d’Estaing), mais son sentiment n’était pas très positif envers les dirigeants politiques en général : « Le pouvoir est capable d’enlever le sens de l’humour même à ceux qui ne l’ont jamais eu. ».

Très étonnamment, Piem s’est aussi produit dans des cabarets parisiens où il a rencontré du beau monde, Fernand Reynaud, Juliette Gréco, Georges Brassens, etc. Il y a rencontré aussi Jacques Martin, ce qui expliquait sa présence au "Petit Rapporteur".





Parmi les blagues que l’animateur de télévision avait faites au dessinateur : « [Jacques Martin] avait dit que j’étais le châtelain de Montvallon [son vrai nom de famille]. Voilà. Et comme tout ce qui se voit, et tout ce qui est exagéré est crédible, les gens ont cru que j’étais propriétaire du château de Chambord. Mais tout cela est faux. » (France Culture le 2 janvier 1999).

Mais Pierre de Barrigue de Montvallon (alias Piem) était pourtant bien propriétaire d’une (belle) maison en Touraine, à Notre-Dame-d’Oé où il s’est retiré et éteint : « On a eu des moutons, des lapins et des chevaux. Ma famille nombreuse pouvait évoluer, grandir dans un bel équilibre entre nature et éducation. Maintenant que les enfants ont grandi, maintenant certains sont partis, même si on les a enterrés à deux pas d’ici. Il y a une certaine nostalgie. La nostalgie est un luxe. Pouvoir avoir à portée de main ses regrets, sa tristesse et ses passions, c’est quand même un luxe. ».

La naïveté de Piem était une arme, comme l’a rappelé le Ministre de la Culture Renaud Donnadieu de Vabres lorsqu’il l’a décoré le 14 janvier 2005 : « Sans être Candide, vous avez compris, avec Voltaire, que la naïveté est parfois la meilleure arme contre l’absurdité et l’ironie un miroir tendu à la prétention et à la vanité humaines. C’est pourquoi votre œuvre explore les plis et les replis de la nature humaine (…). Faussement naïf, sincèrement engagé dans la lutte pour le juste et le vrai, contre la bêtise et la médiocrité, vous avez trouvé dans l’humour la meilleure et la plus tendre des lorgnettes. Vous n’avez jamais versé dans la dérision gratuite, ni méchante. (…) Vous n’hésitez pourtant pas à porter votre plume dans les plaies. ».

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Piem aimait bien partager ses recettes : « Une nourriture métallurgique vaut mieux qu’un repas gastronomique. ». Dans "Bonne santé, mode d’emploi" sorti en août 1994 (éd. du Cherche Midi), il proposait ainsi : « Pour deux personnes. Faites bouillir un mètre cinquante de gouttière en zinc dans une casserole en cuivre, n’oubliez pas que la gouttière réduit beaucoup à la cuisson. Pendant ce temps, découpez en fines rondelles une belle barre de fer, que vous aurez préalablement désoxydée, laminée, tréfilée. Lorsque votre gouttière est cuite, jetez vos rondelles dans la casserole en cuivre et portez à ébullition. Égouttez, saupoudrez de cinquante grammes de magnésium. Servez chaud. Vous aurez ainsi une santé de fer. ». (Attention : c’est de l’humour !).

Toujours dans le même ouvrage, une intéressante question : « Avons-nous le droit d‘utiliser des cobayes humains en laboratoires pour sauver des animaux ? La question mérite d’être posée. ».

Et il la précisait : « Imaginons qu’une personne qui vous est chère souffre depuis longtemps d’un chat dans la gorge ; faudra-t-il sauver le chat, au risque de perdre l’être cher, ou sacrifier le chat ? ». La suite ? Encore d’autres exemples : « Cette situation cornélienne pourra se retrouver dans le cas du ver solitaire, bien que cet animal d’intérieur ne bénéficie pas des mêmes attentions affectives. En cas de fracture du métacarpe, faut-il sacrifier la carpe ? Des fourmis dans les jambes entraînent-elles obligatoirement l’amputation ? Et pour un œil de perdrix, faut-il accepter d’être borgne, pour sauver ce gallinacé ? Soulever ces problèmes, c’est vous mettre la puce à l’oreille. Dans ce cas, il faut à tout prix sauver l’oreille, pour rester attentif au propos. ».

Comme on le voit, on peut se régaler de Piem avec ses mots d’humour à la Raymond Devos autant qu’avec ses dessins, et qu’avec ses sketchs à la télévision. Humoriste polyvalent et humaniste permanent.

Pour terminer, je n’ai pas pu m’empêcher de revisiter quelques dessins de Piem réalisés dans un autre contexte. Les revisiter dans le contexte de cette pandémie de covid-19 qui est loin d’être jugulée dans le monde (actuellement, au 13 novembre 2020, 10 000 décès dus au covid-19 sont hélas à déplorer chaque jour). Tout ce qui est écrit en rouge a été rajouté par moi, trouvant certains dessins hélas très d’actualité…

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Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 novembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


(Tous les dessins ici proviennent des œuvres de Piem).


Pour aller plus loin :
Piem.
Le départ d'Uderzo.
Claire Bretécher.
Le peuple d’Astérix.
Pluralité dissonante.
Peyo.
Jacques Rouxel.
Pétillon.
Jean Moulin, dessinateur de presse.
Les Shadoks.
F’murrr.
Christian Binet et monsieur Bidochon.
Goscinny, le seigneur des bulles.
René Goscinny, symbole de l'esprit français ?
Albert Uderzo.
Les 50 ans d’Astérix (29 octobre 2009).
Cabu.
"Pyongyang" de Guy Delisle (éd. L’Association).
Sempé.
Petite anthologie des gags de Lagaffe.
Jidéhem.
Gaston Lagaffe.
Inconsolable.
Les mondes de Gotlib.
Tabary.
Hergé.
"Quai d’Orsay".
Comment sauver une jeune femme de façon très particulière ?
Pour ou contre la peine de mort ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201112-piem.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/piem-humoriste-polyvalent-et-228663

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/11/14/38649467.html







 

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 12:54

« L’inspiration que j’ai suivie trouve son unique source dans la nature et son mode d’expression privilégié est le lyrisme. La création procède de la pure spontanéité : elle consiste, selon la maxime taoïste, à "laisser jaillir l’émotion intérieure". Il en résulte sur mes toiles un langage pictural où la couleur et le graphisme, sans jamais coïncider, concourent au même but : éveiller la lumière, les formes et le mouvement. » (Chu Teh-Chun, le 3 février 1999 à Paris).


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L’artiste peintre franco-chinois Chu Teh-Chun, connu pour ses paysages abstraits et son abstraction lyrique, est né il y a 100 ans le 24 octobre 1920 à Baitou Zhen, dans la province de l’Anhui, en Chine, et est mort à 93 ans le 26 mars 2014 à Paris. Sa dépouille repose au Père-Lachaise. Il est le représentant éclatant du mélange étonnant de l’Orient et de l’Occident.

Il y a quelque temps, j’avais évoqué son œuvre qui m’avait particulièrement séduit par son caractère d’origines multiples : d’inspiration à la fois chinoise et européenne, ses toiles foisonnent de couleurs, de couleurs dynamiques, et font, en ce qui me concerne, sens et émotion. Un véritable festival de couleurs qui donnent à son œuvre une mesure d’une philosophie optimiste.

Un film documentaire inédit, consacré à Chu Teh-Chun à l’occasion de son centenaire, réalisé par Christophe Fonseca et produit par Les Films de l’Odyssée, a été projeté en avant-première ce jeudi 22 octobre 2020 à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, à Paris, et il sera également projeté le 5 novembre 2020 au MAMCO à Genève et le 10 novembre 2020 à l’Opéra de Shanghai.





Chu Teh-Chun s’est installé en France, à Paris, en 1955, a pris la nationalité française en 1980 et est même devenu académicien français, élu le 17 décembre 1997 à l’Académie des beaux-arts, comme son collègue et contemporain Zao Wou-Ki (élu le 4 décembre 2002). C’est dire si la France l’a accueilli avec honneurs et intérêts pour enrichir ce qu’on pourrait appeler "l’art français" et le faire rayonner dans le monde.

Ce fut le sculpteur Jean Cardot, qui vient de disparaître le 13 octobre 2020, qui avait reçu solennellement Chu Teh-Chun le 3 février 1999 sous la Coupole, avec ces premiers mots : « Chaque artiste est à lui seul un univers. Celui que fait apparaître votre œuvre offre une richesse inégalée dans l’art contemporain. ».

Et d’expliquer la mécanique de Chu Teh-Chun : « Tout au long de votre parcours, la figuration s’est intériorisée. Elle n’est pas éliminée, elle est devenue un contenu spirituel transmis de façon immédiate, hors des formes connues. Ce processus engendre un espace que Maurice Panier qualifie de "multidimensionnel". Jean-Clarence Lambert y voit "une poétique de l’espace naturel". Hubert Juin note : "Je me persuade que Chu Teh-Chun n’est nullement un peintre ‘abstrait’. Il ne peut du tout s’isoler de la saveur du monde". Et Pierre Cabanne déclare à sa suite : "Chu Teh-Chun a créé un pays où l’on n’arrive jamais sinon dans ses tableaux. Il a d’ailleurs hésité longtemps avant d’y entrer, puis il s’est décidé à le regarder, à l’écouter, avant de s’en imprégner et de le pénétrer de plus en plus profondément". (…) "Quand je travaille dans mon atelier", expliquiez-vous au cours d’une récente conversation, "il n’y a pas de distance entre la Nature et moi, nous ne faisons qu’un". Cette forme vivante à laquelle vous vous identifiez construit l’unité sans faille de votre œuvre. Nous voyons en vous un artiste dont la puissance créatrice a su dominer une expérience d’une rare amplitude. L’envergure de votre personnalité confère à notre Académie un rayonnement nouveau qui s’étend bien au-delà de nos frontières. ».

Parmi les inspirations d’autres peintres, deux furent majeures dans l’œuvre de Chu Teh-Chun. Celle de Nicolas de Staël qu’il a découvert lors de la rétrospective de 1955 au Musée d’art moderne de Paris. Chu Teh-Chun a dit dans une interview à la revue "Artist" de Taipei publiée en 1978 : « De Staël fut pour moi une grande révélation. Auparavant, j’étais un peintre objectif, mais à présent, je ne m’intéresse plus à cette façon de peindre, parce qu’après avoir commencé à étudier la peinture abstraite, j’ai ressenti profondément et avec évidence la liberté d’expression dont elle témoigne. ».

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L’autre grande inspiration fut Rembrandt, découvert lors de l’exposition en 1969 à Amsterdam pour commémorer le tricentenaire de Rembrandt. Voici ce que disait Jean Cardot de cette rencontre : « Là non plus, on ne saurait parler d’influence ni même de parenté. L’affinité est plus profonde : Rembrandt vous a frappé par la qualité, on serait tenté de dire, par la vérité inégalée de son œuvre, au-delà des époques et des styles. Il vous a incité à remonter toujours plus loin vers les sources de l’art. À mesure que vous avancez, le graphisme procède plus librement, selon des tracés plus souples et les courbes qui s’intègrent à la composition pour en accentuer les contrastes. ».

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Les experts Frédérick et Pauline Chanoit ont aussi évoqué cette inspiration : « Pour Chu Teh-Chun, Rembrandt exprime au travers de sa peinture les deux principes fondamentaux d’action et de réaction de la cosmologie chinoise : le yang, lumière et chaleur, et le yin, obscurité et humilité se combinant de manière complémentaire et contradictoire. ».

Depuis la disparition du grand maître, ses toiles ont enflammé le marché de l’art et les salles des enchères. Le dernier record date du 8 juillet 2020 où un polyptique à cinq panneaux de 1983-1984 a été adjugé par Sotheby’s à Hong Kong pour 12,9 millions d’euros (113 688 000 HKD, dollars de Hong Kong) ! Ce tableau intitulé "Les éléments confédérés" a été inspiré de la 9e Symphonie de Beethoven : « La musique, c’est aussi des couleurs, des tons au sens musical comme au sens pictural. ».

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Le 27 octobre 2020 à partir de 14 heures, à Paris, à Drouot Richelieu (salles 5 et 6), à l’occasion du centenaire de Chu Teh-Chun, une toile intitulée "23 septembre 1978" sera mise en vente par Magnin Wedry et est estimée entre 150 000 et 200 000 euros.

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Pour commémorer ce centenaire, une grande rétrospective de Chu Teh-Chun aura lieu à partir de mars 2021. Organisée par la Fondation Chu Teh-Chun, l’exposition intitulée "L’odyssée de Chu Teh-Chu" et constituée de plus de cent quarante œuvres déployées sur un parcours de 1 500 mètres carrés, sera itinérante, et partira du Musée national de Chine à Pékin pour se transporter en Asie, au Moyen-Orient, en Europe en aux États-Unis jusqu’en 2022. Elle était initialement prévue en avril 2020 mais fut déprogrammée à cause de la pandémie de covid-19. Son calendrier définitif sera accessible à partir de décembre 2020 sur le site de la fondation.

Voici encore quelques œuvres choisies, admirables, provenant du catalogue proposé par le site de la fondation.

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Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 octobre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


(Toutes les toiles présentées ici sont de Chu Teh-Chun).


Pour aller plus loin :
Site de la Fondation Chu Teh-Chun.
Laisser jaillir l'émotion intérieure.
Chu Teh-Chun.
Rembrandt dans la modernité du Christ.
Jean-Michel Folon.
Alphonse Mucha.
Le peintre Raphaël.
Léonard de Vinci.
Zao Wou-Ki.
Pierre Soulages.
Auguste Renoir.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201024-chu-teh-chun.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/le-centenaire-flamboyant-de-chu-228045

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/10/21/38602039.html




 

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 03:02

« Le 20 octobre 2005, Jean-Michel Folon a rompu les amarres avec cette terre des hommes à laquelle il a tant donné : son regard serein et tendre sur les êtres, le geste pur et clair de sa main pour les animer, les couleurs de sa palette pour les habiller de rêve, sa sympathie pour toutes les grandes causes de ce monde… » (Site officiel de Jean-Michel Folon).



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J’adore l’artiste belge Jean-Michel Folon qui est mort à Monaco il y a quinze ans, le 20 octobre 2005, à l’âge de 71 ans (il est né le 1er mars 1934 à Bruxelles). Peintre, dessinateur, sculpteur, Folon a utilisé beaucoup de modes d’expression et chaque fois qu’on observe ses œuvres, le mot qui vient en premier à l’esprit, c’est le rêve, ce rêve qui n’est pas l’ambition d’un monde fantastique, plutôt le rêve de celui qui rêvasse, un peu à l’écart du monde tonitruant, de celui qui se pose, qui se repose, qui contemple, qui médite. Le monde de Marie Madeleine.

Comment ne pas voir l’énorme contraste entre les œuvres de Folon et le monde d’aujourd’hui, fait d’accélération, de superficialité, de multiplicité ? Le monde de Folon est simple, reposant, peut-être même naïf, mais pas dans le sens simplet, dans le sens simplifié, le trait minimum, épuré, juste ce qu’il faut pour esquisser, pour laisser deviner, pour laisser dire, pour laisser penser. Une naïveté d’enfant, celle de la pureté de l’esprit, de la virginité aussi, candide, sans a priori, sans préjugé, à l’état brut.

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Pas étonnant d’apprendre que lorsqu’il avait 20 ans, Folon a croisé l’architecte Mies Van der Rohe dont il a dû adopter la devise : « Less is more » ! Cela se sent dans toute son œuvre. Des personnages, des animaux, des êtres stylisés au plus près de l’imaginaire. Après quelques études artistiques, Folon s’est installé à Bougival, près de Paris, où il a dessiné tous les jours pendant cinq ans (de 1955 à 1960). Il a montré ses dessins un peu partout mais la France y a été indifférente, au contraire des États-Unis, toujours très en avance avec les arts nouveaux.

Séduites, des revues new-yorkaises ont décidé de publier ses dessins sans même l’avoir rencontré. Le très connu magazine d’information "Time" en a même fait quatre couvertures dans les années 1960. Sa réputation a ainsi été faite outre-atlantique. À la fin des années 1960, les contrats ont plu. La France a commencé alors à s’y intéresser et les expositions consacrées à son œuvre furent nombreuses, à partir de 1969 (d’abord New York, bien sûr, puis Tokyo et Osaka, Paris, Chicago, etc.). Sa dernière exposition a eu lieu peu avant sa mort, en 2005, une rétrospective présentant plus de trois cents œuvres à Florence, en Italie.

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Parmi d’autres, le Président de la République française Jacques Chirac l’a décoré en 2003 de la Légion d’honneur. Heureux honneur. Heureux les simples du trait, ils iront au royaume des rêves !

Au-delà des dessins et affiches, Jean-Michel Folon a collaboré aussi avec la toute nouvelle deuxième chaîne de la télévision française à une époque où il n’y avait pas de programme le matin ni la nuit, il y avait donc arrêt des émissions chaque jour, et reprise le lendemain. Cela consistait en un générique de début et de fin où l’on voyait "Antenne 2", entre 1975 et 1983, se coucher comme un soleil et s’éloigner de la terre, tandis que des humanoïdes voletaient comme des papillons très calmes. Gestes simples, traits simples. Les bonshommes volants de Folon lui ont assuré une grande notoriété parmi les téléspectateurs français.





Et une forte dose d’émotion évidemment, car tout cela était accompagné d’une magnifique musique du compositeur de musiques de film Michel Colombier (1939-2004), un morceau extrait de son album "Wings" (1971) et intitulé "Emmanuel" du nom de son enfant mort à 5 ans, issu de l’Adagio du Concerto pour hautbois en ré mineur d’Alessandro Marcello. Et aussi une bonne dose de nostalgie puisque ceux qui reconnaîtront ce générique …avaient quarante à quarante-cinq ans de moins à l’époque !

D’ailleurs, il est très intéressant à lire les commentaires en dessous de la vidéo proposée ici sur Youtube. On lit des nostalgiques évidemment, mais aussi quelques observateurs qui notent que la télévision d’hier était calme, poétique, capable de faire rêver (ce qui tombait bien à la fin des émissions, en début de nuit), au contraire de la télévision d’aujourd’hui (aujourd’hui et hier, car cela fait une bonne trentaine d’années qu’elle est ainsi), qui est dans la violence, le bruit, etc.

Voici par exemple une réaction récente : « Mon enfance et mon adolescence : quelle poésie ! Inutile de dire qu’une telle finesse artistique pour présenter un média n’est plus d’actualité à notre époque : aujourd’hui, il faut du trash, de la vulgarité bien voyante et des décibels. La TV qu’on donne à voir reflète bien son époque. ». On pourrait faire la même réflexion avec le cinéma, bien sûr, les films des années 1970 et 1980 sont plus "reposants", donnent plus de silence, mais peut-être qu’ils sont désormais trop "ennuyeux" pour le "jeune" des années 2020 ?

Adopté par les artistes, Folon a même été en 1985 au centre d’une chanson d’Yves Duteuil, "Comme dans les dessins de Folon", septième titre extrait de son album "La langue de chez nous".





Voici enfin une autre vidéo très intéressante qui date du 2 septembre 1976 pour "raconter Folon".





Folon, c’est un peu Marie (Marie Madeleine) qui est dans la méditation et la contemplation de Dieu, pendant que sa sœur, Marthe, est dans les tâches ménagères. Magnifiquement illustrée par Rembrandt, cette histoire du Christ visitant les deux sœurs laisse deviner quel est le meilleur choix : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. » (Saint Luc 10, 38-42). Cette part, c’est la part de Folon !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 octobre 2020)
http://www.rakotoarison.eu

(Toutes les illustrations sont de Jean-Michel Folon).


Pour aller plus loin :
Rembrandt dans la modernité du Christ.
Site officiel de Jean-Michel Folon.
Jean-Michel Folon.
Alphonse Mucha.
Le peintre Raphaël.
Léonard de Vinci.
Zao Wou-Ki.
Chu Teh-Chun.
Pierre Soulages.
Auguste Renoir.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201020-jean-michel-folon.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/folon-le-reve-sensible-a-l-etat-227950

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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 03:15

« Cette voix, aiguë, rauque, terreuse, explosive, reste parmi les plus distinctives et galvanisantes de l’histoire de la pop. Mais Janis Joplin ne possédait pas seulement un grand instrument ; elle se jetait dans chaque syllabe, témoignant du plus fond de son être. » (Introduction du site officiel).


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Il y a cinquante ans, le 4 octobre 1970, quinze jours après Jimi Hendrix, la très célèbre chanteuse américaine Janis Joplin fut retrouvée sans vie dans sa chambre d’hôtel à Los Angeles. Elle n’avait que 27 ans, un âge qui semble être maudit pour certains artistes, née le 19 janvier 1943 à Port Arthur, dans le Texas. Une vie ultra-accélérée, qui a complètement flambé. Alcool, drogues, autres substances…

"Rockeuse psychédélique", très inspirée par la chanteuse de blues Bessie Smith (1894-1937), "fan" de Tina Turner, Janis Joplin, avec sa voix "rockailleuse", a autant marqué les esprits par ses chansons que par sa manière de vivre. Habillée toujours très exotique, proche de Hare Krishna, Janis Joplin s’est sentie humiliée lors de ses études à Austin (la capitale du Texas), où elle fut sacrée "le garçon le plus laid". Elle commença à chanter à San Francisco en 1962, où elle tomba dans plusieurs addictions.

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Elle a commencé à percer en 1966, d’abord comme chanteuse du groupe Big Brother and the Holding Company, puis, elle s’en est affranchie et s’est lancée seule à partir de 1969 en créant le Kozmic Blues Band. En quatre ans, Janis Joplin a participé à un très grand nombre de concerts autour du monde, et a enregistré quatre disques. Elle est morte le lendemain de l’enregistrement de son dernier disque, qu’elle n’a pas pu écouter. Une des chansons est restée instrumentale puisqu’elle n’a pas eu le temps d’enregistrer sa voix. Elle a aussi chanté une chanson pour l’anniversaire de John Lennon, le 9 octobre 1970 (il allait avoir 30 ans).

Bien qu’ayant la capacité à écrire les paroles, on la découragea et l’incita à chanter des textes d’hommes, considérés comme plus efficaces, mais une fois la confiance en elle venue, pour son dernier disque, elle a chanté ses propres textes.

Le site janisjoplin.com a décrit ainsi son art : « Elle a revendiqué le blues, la soul, le gospel, le country et le rock avec une autorité et une verve incontestables, habitant sans crainte des jams sessions de guitare psychédéliques, des racines d’arrière-porche et tout le reste entre les deux. Ses performances volcaniques ont laissé le public stupéfait et sans voix, tandis que son magnétisme sexuel, son comportement mondial et son style flamboyant ont brisé tous les stéréotypes sur les artistes féminines, et ont essentiellement inventé le paradigme de la "rock mama". ».

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Comment imaginer qu’un si grand talent puisse autant s’autodétruire ? Le talent vient-il de cette rapide descente aux enfers ? La vie à outrances. Synonyme de météore. Elle est entrée dans la légende. Laissons-la chanter aux nouvelles générations, de là où elle s’en est allée…


1. "Summertime" à Stockholm le 7 avril 1969.






2. "Kozmic Blues" à Honolulu le 6 juillet 1970.






3. Concert à Francfort le 12 avril 1969.






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Site officiel.
Janis Joplin.
Jimi Hendrix.
Annie Cordy.
Joe Dassin.
Zizi Jeanmaire.
Suzy Delair.
Jean Ferrat.
Juliette Gréco.

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 03:22

« Déshabillez-moi
Déshabillez-moi
Oui, mais pas tout de suite
Pas trop vite
Sachez me convoiter
Me désirer
Me captiver… »

(Paroles de Robert Nyel,
musique de Gabrielle Vervaecke, 1967)



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La triste annonce de la famille a été faite dans la soirée : « Juliette Gréco s’est éteinte ce mercredi 23 septembre 2020 entourée des siens dans sa tant aimée maison de Ramatuelle. Sa vie fut hors du commun. ». Juliette Gréco avait fêté ses 93 ans il y a sept mois, juste avant la crise du covid-19. Sale temps pour les chanteuses légendaires : Suzy Delair, Zizi Jeanmaire, Annie Cordy… Année 2020 terrible.

Une existence qui a commencé mal, l’adolescence pendant la guerre, la famille déportée, sans elle qui a faill l’être, mais quand même internée, des tas de questions sur la Shoah, sur pourquoi pas moi, pourquoi d’autres jeunes filles… Et après la guerre, une carrière qui a démarré sur les chapeaux de roue à Saint-Germain-des-Prés, collusion entre les intellectuels et les artistes. Elle fut, à elle toute seule, une encyclopédie culturelle. Juliette Gréco devait être la mémoire de cette période si faste d’après-guerre où tout était possible. Elle était une voix, une interprète au service de prestigieux et talentueux "créateurs de paroles". La liste est vertigineuse.

Non seulement elle les a connus, ces écrivains, ces philosophes, ces poètes, ces chanteurs, ces comédiens, ces paroliers, ces musiciens, mais elle a parfois connu leur naissance artistique. Pas étonnant que bien plus tard, elle ait voulu leur rendre hommage, comme ce disque "Juliette chante Brel" sorti le 28 octobre 2013 (chez Deutsche Grammophon/Universal Music) pour honorer un coup de foudre, Jacques Brel.

La chanteuse l’a raconté à la journaliste Véronique Mortaigne dans "Le Monde" du 29 octobre 2013, avec son style inimitable : « En 1954, j’étais au balcon du Gaumont-Palace à Paris, un très beau cinéma, avec des orgues, et j’ai vu arriver ce machin dégingandé, avec un côté Don Quichotte déjà, de grands bras, de longues pattes, une figure longue aussi. Il jouait trois chansons à l’entracte, personne ne l’écoutait. Je suis tombé en arrêt comme un chien de chasse. Canetti [un propriétaire de cabaret] m’a dit : "Ah bon, ça vous intéresse ? Il s’appelle Brel, il est Belge. On essaie, on va voir…". On a vu. ».

La Gréco a tenu son dernier concert le 12 mars 2016 au Théâtre de l’Étang, à Saint-Estève (dans les Pyrénées-Orientales). Elle aurait dû poursuivre cette dernière tournée (où elle disait merci à son public toujours fidèle malgré l’âge et les générations qui sont passées) mais un AVC l’a foudroyée le 24 mars 2016 et elle ne pouvait plus parler. Année particulièrement terrible puisqu’elle a perdu sa fille unique Laurence-Marie vaincue par la maladie à 62 ans, fille du comédien Philippe Lemaire (1927-2004), son premier ancien mari. Elle a aussi perdu Gérard Jouannest (1933-2018), son mari pendant un peu plus de trente ans (ils se sont mariés en avril 1988, il était aussi le musicien de Jacques Brel), ainsi que son autre ancien mari, l’acteur Michel Piccoli (1925-2020).

Véronique Mortaigne de "Télérama" a pu interviewer Juliette Gréco très récemment cet été (le 16 juillet 2020) et a pu témoigner qu’elle avait retrouvé l’usage de la voix : « Gréco a si bien lutté qu’elle reparle. Différemment, sans les phrases fleuries auxquelles la mutine nous avait habitués. Elle livre des mots dépouillés comme on décoche des flèches. Et l’âge imposant la remarque, oui, elle a toute sa tête. Bref, elle est "vivante". ».

C’était son désir le plus cher, qu’elle avait répété le 17 avril 2015 sur France Inter, juste avant sa dernière tournée : « Je veux partir debout, je ne veux pas faire pitié. ». Alors, c’est à son public ce soir de se lever, triste et reconnaissant, et de lui rendre hommage. Déshabillons-nous ! (Euh, qu’est-ce que je raconte ?! Écoutons-la plutôt !). Elle a bien mérité de la France et de Paris !









Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 septembre 2020)
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Pour aller plus loin :
La grande dame existentialiste.
Juliette Gréco.
Bourvil.
Jimi Hendrix.
Annie Cordy.
Joe Dassin.
Zizi Jeanmaire.
Suzy Delair.
Jean Ferrat.

_yartiGrecoJuliette02




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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 03:15

« La bêtise est infiniment plus fascinante que l’intelligence, infiniment plus profonde. L’intelligence a des limites, la bêtise n’en a pas. » (Claude Chabrol, 2010). Seconde partie.



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Après avoir présenté la première partie de la carrière cinématographique de Claude Chabrol dominée par son égérie et épouse Stéphane Audran, voici un échantillon de la seconde partie, avec la domination d’une autre actrice très importante pour Chabrol, Isabelle Huppert. Suite des "échantillonnages"…



9. "Violette Nozière" sorti le 24 mai 1978

Le film (très engagé contre la peine de mort) raconte l’histoire de Violette Nozière et fut la révélation de l’actrice principale, Isabelle Hubert (nomination aux Césars) pour le rôle de Violette Nozière, aux côtés de sa mère Stéphane Audran (César), son père Jean Carmet, son amoureux Jean-François Garreaud, et aussi Bernadette Lafont, Fabrice Luchini, Jean-Pierre Coffe, etc. Violette Nozière fut condamnée à mort le 13 octobre 1934 pour avoir empoisonné ses parents et tué son père. Chabrol a choisi Isabelle Huppert et Jean Carmet comme principaux acteurs en référence à leur prestation dans "Dupont Lajoie" réalisé par Yves Boisset (sorti le 25 février 1975), où le personnage de Jean Carmet a violé puis tué celui d’Isabelle Huppert. Violette Nozière, pour se défendre à son procès, avait affirmé que son père avait abusé d’elle, ce qui n’a jamais été prouvé. Cet aspect "incestueux" (appuyé par le film d’Yves Boisset en reprenant les mêmes acteurs) ajoute du glauque au glauque, comme savait si bien faire Chabrol.






10. "Poulet au vinaigre" sorti le 10 avril 1985

Ce film policier aborde le sujet des magouilles immobilières et met en scène l’inspecteur Lavardin joué avec brio par Jean Poiret, aux côtés de Stéphane Audran, Lucas Belvaux, le notaire Michel Bouquet, Pauline Lafont, Pierre-François Duméniaud, etc. La prestation de Jean Poiret fut renouvelée avec le film suivant, "Inspecteur Lavardin" sorti le 12 mars 1986, aux côtés de Bernadette Lafont, Jean-Luc Bideau, Jean-Claude Brialy, Pierre-François Duméniaud, etc.









11. "Masques" sorti le 11 février 1987

Film au titre aujourd’hui "symptomatique", abordant le milieu de la télévision avec Philippe Noiret, le présentateur de télévision, Robin Renucci, le journaliste, Monique Chaumette, Anne Brochet, Bernadette Lafont, Pierre-François Duméniaud, etc. Cécile Mury de "Télérama" : « Claude Chabrol donne libre cours à son ironique perversité. (…) Faux amis, faux gentils, faux biographe (…) et vraie princesse, séquestrée à cause d’un mystérieux secret. » (29 mai 2010).






12. "Une affaire de femmes" sorti le 21 septembre 1988

Abordant un sujet très sensible, l’avortement sous l’Occupation (ce qui valait la peine de mort), Chabrol a adapté un roman de l’avocat Francis Szpiner (élu maire du 16e arrondissement de Paris en juin 2020). L’histoire repose sur un fait-divers réel. Avec Isabelle Huppert, Marie Trintignant, François Cluzet, Nils Tavernier, Marie Bunel, Pierre-François Duméniaud, etc.

Frédéric Strauss de "Télérama" : « Il y a du bovarysme, déjà, dans cette Marie jouée par Huppert comme une femme en fuite : échapper à la pauvreté, à la morosité, à son mari, qu’elle n’aime pas, et finalement à la réalité de sa petite entreprise. Chabrol met admirablement en relief ses contradictions, ses aveuglements. En revanche, il est sans merci pour la France de Pétain, ses rangs de traîtres érigés en juges garants de l’honneur de la nation. Un très grand Chabrol-Huppert. » (11 février 2012).






13. "Madame Bovary" sorti le 3 avril 1991

Flaubert, auteur fétiche de Chabrol, et "Madame Bovary", l’un de ses meilleurs romans, qu’il n’a osé adapter à sa "sauce" que tardivement, pour ne pas le rater. Et son adaptation est devenue "l’adaptation" du roman. Avec Isabelle Huppert dans le rôle d’Emma Bovary, Christophe Malavoy dans celui de l’amant, Jean-François Balmer du mari trompé, avec aussi Jean Yanne, le pharmacien, Pierre-François Duméniaud, etc.









14. "L’Œil de Vichy" sorti le 10 mars 1993

Lorsque je l’ai vu au cinéma, il y avait une grosse polémique qui n’avait, à mon sens, pas lieu d’être. Ce film est un documentaire sans commentaire, juste des extraits choisis des actualités que présentait aux Français le régime de Pétain. Évidemment, il faut alors le recul de l’historien et ne pas prendre pour argent comptant ce qui y est dit. Vu la période actuelle de "politiquement correct", peut-être que ce film ne pourrait plus sortir de nos jours. En tout cas, peut-être que la culture historique a baissé d’un cran et qu’il faille maintenant commenter ce qui était abject pour dire : attention, ceci est abject ; un peu comme les faux applaudissements dans les séries supposées comiques pour dire : attention, maintenant, il faut rire. Pour faire ce documentaire, Chabrol s’est aidé de deux grands historiens de la période, Robert Paxton et Jean-Pierre Azéma. La voix de Michel Bouquet vient quand même rappeler quelques faits historiques.

Chabrol a expliqué l’absence de mise en garde : « Un piège épouvantable : les images justement. "L’Œil de Vichy" est donc un étalage de mensonges, d’altérations de la vérité, de mauvaise foi. Il ne porte à aucun moment une accusation quelconque, car il n’en a pas besoin. La simple confrontation entre les images commentées et les faits suffit à expliquer, je l’espère une fois pour toutes, comment la France fut gouvernée entre 1940 et 1944, dans le mensonge et la duplicité et comment, pendant un temps, les Français, ou une partie, ont pu être dupes. » (10 mars 1993).

 








15. "La Cérémonie" sorti le 30 août 1995

Avec Sandrine Bonnaire (la bonne), Isabelle Huppert (la factrice), Jacqueline Bisset, Virginie Ledoyen, Jean-Pierre Cassel etc. Pierre Murat de "Télérama", dont la critique est intéressante à relire en période de gilets jaunes, vingt-cinq ans plus tard : « Tout ça finira mal, aucun doute. Mais Hitchcock nous l’a bien appris : c’est justement cette certitude qui fait naître la peur. L’angoisse naît moins de la catastrophe qui survient que de l’attente qui la précède. (…) Chabrol est beaucoup trop malin pour songer à se prendre au sérieux. Son film est un divertissement. Brillant. Mais c’est, peut-être, aussi, un avertissement. Qui suggère, mais comme ça, mine de rien, que tout pourrait péter un jour. Que tout pétera sûrement. Et qu’il n’y aura, alors, ni remords ni regrets. » (30 août 1995).






16. "Merci pour le chocolat" sorti le 25 octobre 2000

L’un des meilleurs derniers films de Chabrol, toujours dans une ambiance de bourgeoisie en fin de course. Avec Isabelle Huppert, la fausse gentille, l’énigmatique musicien Jacques Dutronc, la belle et brillante élève pianiste Anna Mouglalis, le beau-fils un peu mou Rodolphe Pauly, et la participation de Michel Robin. Chabrol dans "Les Inrocks" : « Charlotte Armstrong [auteur du roman qui a inspiré le film, "The Chocolate Cobweb"] est une Américaine du Wisconsin qui a renouvelé le polar sophistiqué en s’intéressant surtout aux positions morales de ses personnages. (…) En gros, il doit y avoir 50% du bouquin et 50% d’inventé. Il y a trente ans, je pensais adapter vraiment le livre, alors qu’il fallait simplement en utiliser des éléments. » (10 novembre 2000).

Louis Guichard de "Télérama" : « Objectivement exempt de rebondissement majeur (…),"Merci pour le chocolat" donne sans cesse l’illusion délicieuse que quelque chose d’exceptionnel se trame ou est sur le point de se produire. Merci pour la mise en scène donc, et pour tous ces détails incongrus sur lesquels le cinéaste se garde bien de s’attarder, mais qu’on ne peut s’empêcher d’ausculter avidement comme autant d’indices, de prémices… (…) Quelque chose de si simple et de si énorme que d‘autres cinéastes s’efforceraient tant bien que mal d’en estomper la part d’invraisemblance. Chabrol, lui, fait l’inverse : il accentue soudain la dimension délirante de son scénario, et envoie balader toute contrainte de réalisme, selon une logique du "ça passe ou ça casse". » (25 octobre 2000).









17. "L’ivresse du pouvoir" sorti le 22 février 2006

Difficile de dire que l’histoire ne retrace pas l’affaire Elf, à tel point que la juge Eva Joly a même regretté une atteinte à sa vie privée. Alors, malgré les noms changés, voici Isabelle Huppert magistrale en juge bulldozer (Eva Joly), François Berléand en principal coupable (Loïk Le Floch-Prigent), ainsi que Patrick Bruel, Maryline Canto (en Laurence Vichnievsky) Robin Renucci, Jean-François Balmer, Pierre Vernier, Jacques Boudet (en Charles Pasqua), Thomas Chabrol, Pierre-François Duméniaud, etc. dans un scénario qui parle surtout du pouvoir du juge. Un film qu’a dû apprécier l’actuel garde des sceaux Éric Dupond-Moretti.

Aurélien Ferenczi de "Télérama" : « Surgit alors le substrat politique de ce film à la fois drôle et infiniment mélancolique : un monde qui fout le camp, une certaine idée de la France en monarchie républicaine, de vieux notables contre des énarques profiteurs. Avec une bonhomie misanthrope, Chabrol renvoie dos-à-dos ces ombres condamnées à disparaître. Elles lui offrent pourtant l’un de ces magnifiques trompe-l’œil dont il est passé maître. » (22 février 2006). Mehdi Benallal, parlant du personnage joué par Isabelle Huppert : « Ce n’est pas l’histoire de sa chasse aux patrons qu’il faut suivre, mais la manière dont change quasi-imperceptiblement quelqu’un qui a cru pouvoir faire triompher ses principes et dont les principes, le temps passant, se transforment. En quoi ? Que s’est-il passé ? Cela, c’est ce que vous n’avez lu nulle part. ».




 








18. "Bellamy" sorti le 25 février 2009

Dernier film de Chabrol et seul film où le héros est joué par Gérard Depardieu, avec Clovis Cornillac, Jacques Gamblin et Marie Bunel. Jacques Morice de "Télérama" : « Autant dire que le film réserve des replis inattendus. Il est truffé de clins d’œil (à Truffaut, Maupassant…) et d’hommages (notamment à Brassens). Les huîtres chaudes, la pintade, les arènes de Nîmes et le monument qu’est Depardieu lui-même pourraient faire croire à une balade patrimoniale un peu pépère. Apparence trompeuse. Entamé un peu mollement comme une série B genre "Poulet au vinaigre", "Bellamy" s’achène froidement comme un film noir à la Duvivier, rongé par la culpabilité et le dégoût de soi. » (25 février 2009). Jean-François Rauger du "Monde" : « "Bellamy" est un film faussement débonnaire. Alors que le moteur policier de l’intrigue s’effiloche, se mettent en placent les composantes d’une vision qui dépasse les triviaux enjeux du genre criminel. » (3 mars 2009).






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 septembre 2020)
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Pour aller plus loin :
Claude Chabrol.
Charles Denner.
Annie Cordy.
Vanessa Marquez.
Maureen O'Hara.
Ennio Morricone.
Zizi Jeanmaire.
Yves Robert.
Suzanne Flon.
Michel Piccoli.
Jacques François.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200912-claude-chabrol-2.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/claude-chabrol-explorateur-des-227118

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/09/13/38532495.html







 

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 03:38

« Les boursouflures d’ego et les mesquineries de toutes sortes sont malheureusement inévitables dans la vie politique et trouvent en période de campagne leur point culminant, chacun voulant graviter dans l’orbite du candidat. » (Roselyne Bachelot, 16 juin 2012).



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Dans la matinale de France Inter le 26 août 2020, le Premier Ministre Jean Castex a annoncé que 2 milliards d’euros, sur les 100 milliards d’euros au total du plan de relance, vont être affectés à la culture. 2% du budget de la nation : ce n’est pas tout à fait cela, c’est juste pour le plan de relance, mais c’est un montant exceptionnel, qu’aucun ministre de la culture, depuis des décennies, n’avait jamais atteint. Ces. 2%, Roselyne Bachelot l’a obtenu en quelques semaines après son arrivée place de Valois. Il y a des raisons de doper particulièrement les métiers de la culture : avec les métiers du tourisme (dont restauration et hôtellerie), les métiers de la culture sont les plus touchés par la crise sanitaire, avec des situations sociales particulièrement dramatiques pour de nombreuses personnes du secteur.

Roselyne Bachelot à la Culture, ce fut "la" surprise de la composition du nouveau gouvernement, enfin, l’une des deux surprises, puisque celle de maître Éric Dupond-Moretti à la Justice était, elle aussi, improbable. Même si ce choix, finalement, m’a peu étonné. Elle était taillée pour la Culture.

Personnellement, je me réjouis à plus d’un titre de la nomination de Roselyne Bachelot à la Culture, le 6 juillet 2020. Elle a su sa nomination dès le 3 juillet au soir, c’est-à-dire, seulement quelques heures après la démission du Premier Ministre Édouard Philippe. Avec elle, pas de tergiversations, hésitations, retours en arrière, la décision de la nommer a été rapide, et tout aussi rapide fut sa passation de pouvoirs, dès le soir de sa nomination officielle, avec le "pauvre" Franck Riester, également ex-UMP, qui n’a pas réussi à s’imposer dans ce ministère, pourtant fin connaisseur des questions sur l’audiovisuel public (il a été relégué au commerce extérieur, enfin, au rayonnement extérieur).

Elle ne se prend pas au sérieux, elle est insaisissable. Son point fort, effectivement, est sa personnalité, une personnalité incroyable, incroyablement joyeuse (elle rigole toujours, elle sait prendre la vie pour la vivre), et surtout, incroyablement indépendante. Indépendante, et même, incontrôlable : on n’arrête plus Roselyne ! Elle a maintenant 73 ans, sans doute le seul vrai handicap de la dame (c’est quand même non négligeable), mais semble avoir plus d’énergie que des ministriaux à peine quadragénaires ! Son électron-librisme fait sa force et sa réputation : avec elle, pas de langue de bois, et même, plutôt une "langue de p…", pour prendre le langage de Canal plus (de l’époque Philippe Gildas, Antoine de Caunes et José Garcia).

La phrase citée en tête d’article a été écrite pour la campagne présidentielle de 2012, celle de Nicolas Sarkozy. Et l’ancienne (et future) ministre l’a fait suivre d’un exemple plutôt cruel pour l’un des protagonistes : « Jean-François Copé en donnera un exemple comique en montant prestement sur la tribune au moment de l’ovation vibrante qui salue le discours de François Fillon, faisant ainsi croire que ces applaudissements s’adressaient à lui. ».

En revanche, pour la campagne présidentielle de 2017, c’était un peu différent, car tous les hiérarques de LR ont préféré au contraire prendre leur distance avec leur candidat François Fillon, en raison de "l’affaire". Roselyne Bachelot, elle, avait soutenu François Fillon lors de la primaire LR en novembre 2016, tout comme lors de l’élection à la présidence de l’UMP en novembre 2012, par solidarité régionale, elle était une élue des Pays de la Loire, comme l’ancien Premier Ministre.

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Et non seulement Roselyne Bachelot a des fidélités régionales, mais elle a aussi des fidélités familiales. Après tout, elle fut à ses débuts la fille de son père, Jean Narquin, éminent dentiste, ancien résistant et député RPR dont elle a "pris", à la suite, à l’âge de 41 ans, la circonscription à Angers en juin 1988 (elle fut constamment réélue jusqu’en 2012 ; elle a été aussi élue députée européenne de 2004 à 2007, après avoir quitté le gouvernement quelques mois auparavant). Mais ce serait aller un peu trop vite, avec sa trajectoire, de parler simplement d’héritière.

D’une part, Roselyne Bachelot s’est assuré une situation professionnelle en devenant pharmacienne. Ce n’est pas donné à tout le monde. Cela lui a conféré quelques compétences dans le domaine dans la santé, que ses futurs contempteurs n’ont pas (elle est sortie major de ses études doctorales, et a siégé au conseil d’administration du CHU d’Angers).

D’autre part, certes, elle fut la collaboratrice parlementaire de son père, mais elle a fait ses premières armes électorales sur son propre nom, elle a été élue conseillère générale du Maine-et-Loire dès mars 1982 (elle avait 35 ans), dans un canton d’Angers, élue jusqu’en 1988. Elle fut aussi conseillère régionale des Pays de la Loire de 1986 à 2007 (le conseil régional fut présidé notamment par Olivier Guichard puis François Fillon ; en 2010, on avait pensé à elle pour prendre la succession mais elle préférait rester ministre). Elle a tenté aussi de conquérir la mairie d’Angers en juin 1995 (son père avait tenté en mars 1983), tous les deux en vain, ils ont échoué.

Comme on le voit, notable de province, elle a fait une carrière politique très ordinaire au sein du parti gaulliste (RPR puis UMP). Elle était une jeune militante RPR, comme tant d’autres, et elle était tellement militante qu’elle a suivi un peu stupidement les consignes du RPR entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1981, elle a voté pour François Mitterrand au lieu de Valéry Giscard d’Estaing, geste très politicien qu’elle a regretté plus tard. La maturité et l’indépendance politiques, c’est un chemin à parcourir dans l’existence. Certains n’y arrivent jamais.

En fait, l’indépendance, elle l’a prise assez rapidement. Dès le 11 décembre 1990, elle a repoussé les consignes de son groupe RPR et a voté la loi Évin, à savoir la loi n°91-31 du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme. Elle a récidivé en novembre 1998 en votant le PACS proposé par Lionel Jospin.

Son travail parlementaire très important s’est porté surtout sur les affaires sociales, domaine qu’elle connaît bien : sur l’exclusion, le handicap, la dépendance, la protection sociale, la bioéthique, la santé en général, etc. Si elle a manqué d’être ministre des gouvernements d’Alain Juppé entre 1995 et 1997, elle a pris cependant beaucoup plus d’importance politique au sein du RPR, ce qui rendait naturelle son entrée au gouvernement après la réélection de Jacques Chirac dont elle fut la porte-parole pendant la campagne présidentielle de 2002.

Roselyne Bachelot s’est fait beaucoup remarquer dans ses responsabilités ministérielles. Bien qu’incontrôlable, elle est cependant éprise du sens des responsabilités et a assumé excellemment ses fonctions de "femme d’État". Ni femme accentuant sa féminité dans une position de victime ou de séductrice, ni femme homme, mais peut-être que c’est le fait d’être femme qui lui a permis tant d’indépendance d’esprit et surtout, tant de tolérance par rapport à ceux qui ont dirigé les gouvernements auxquels elle a appartenu. On n’en veut pas à Roselyne parce que c’est elle.

Elle fut nommée Ministre de l’Écologie et du Développement durable du 6 mai 2002 au 31 mars 2004 dans les deux premiers gouvernements de Jean-Pierre Raffarin. Ce fut elle qui chapeauta la rédaction de la Charte de l’Environnement qui fut incluse dans la Constitution (loi constitutionnelle n°2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l’Environnement) qui définit notamment trois principes : le principe de prévention, le principe de précaution et le principe pollueur-payeur. Ces trois principes sont déjà anciens mais ils n’étaient alors pas constitutionnels.

Le principe de précaution est sans doute le plus connu : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution, et dans leurs domaines d’attribution, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoire et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. ». Ce principe a été beaucoup critiqué, à l’instar de l’entrepreneur Mathieu Laine : « L’histoire de l’humanité a depuis toujours été guidée par cette logique de l’essai, de la tentative et de l’erreur sans cesse corrigée pour parvenir à la vérité. Le principe de précaution annihile cette dynamique et paralyse le progrès. » (2007). En fait, tout est une question d’application : il ne faut pas faire n’importe quoi, mais il faut pouvoir avancer. Ce principe a joué dans la crise sanitaire, en particulier avec l’hydroxychloroquine.

Après l’élection de Nicolas Sarkozy, Roselyne Bachelot fut nommée Ministre de la Santé et des Sports du 18 mai 2007 au 14 novembre 2010 puis Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale du 14 novembre 2010 au 16 mai 2012, dans les trois gouvernements de François Fillon dont la proximité politique n’était plus à découvrir.

À la Santé, Roselyne Bachelot s’est particulièrement affirmée comme une grande réformatrice, avec la création des ARS (agences régionales de santé) et le bouleversement de la carte hospitalière, mais son action la plus médiatisée fut les mesures qu’elle a prises pour lutter contre l’épidémie de grippe A(H1N1). Je ne reviendrai pas ici plus précisément sur le sujet (qui nécessite beaucoup de développement), si ce n’est qu’on lui a reproché d’avoir pris trop de précaution, notamment en achetant massivement des doses de vaccin contre ce virus (deux doses par personne) et en créant un stock d’environ 1,7 milliard de masques (chirurgicaux et FPP2) pour être prêt en cas de pandémie. Heureusement, l’épidémie a touché moins fortement que prévu. Au lieu de s’en réjouir, on a critiqué, phénomène hélas très français pour ne pas dire franchouillard.

Roselyne Bachelot a été traînée dans la boue sur le sujet pendant une décennie, et de manière particulièrement abjecte, infecte et injuste, car si elle n’avait pas pris ses responsabilités, on lui aurait reproché (à juste titre) qu’elle ne se souciait pas de la santé des Français. Bref, dans une telle affaire, elle a fait son devoir hors de toute pression médiatique pourtant forte, et son indépendance d’esprit et surtout, ses compétences dans le secteur de la santé ont été deux atouts dans ce dossier.

Le problème, ce fut que ses successeurs ont eu moins de courage qu’elle pour poursuivre cette politique de prévention et de préparation d’une éventuelle pandémie, notamment au cours du quinquennat de François Hollande, très léger en la matière. La pénurie de masques et l’absence du stock de masques en état de protéger ont montré, à l’hiver dernier, la pertinence a posteriori de la politique de santé publique menée par Roselyne Bachelot en 2009.

La pandémie du covid-19 a effectivement réhabilité Roselyne Bachelot et son sens de l’anticipation. Une pandémie était parmi la liste des catastrophes planétaires probables, avec un niveau de risque supérieur au siècle précédent, passage d’une pandémie par soixante ans à deux ou trois (depuis le début de ce millénaire, il y avait eu deux ou trois alertes avant le covid-19). Son franc-parler n’a pas fait que des heureux. Encore éditorialiste sur LCI, elle a pu envoyer ses flèches lors du confinement, et même le 1er juillet 2020, lors de son audition très officielle devant la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur la gestion de la crise sanitaire, elle a créé la polémique en fustigeant les médecins généralistes qui n’avaient plus de masques dans leur cabinet en les responsabilisant : normalement, en période ordinaire, ils devraient avoir tous un stock important de masques, sans attendre que l’État les leur fournisse.

Pour la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy (entre novembre 2010 et mai 2012), Roselyne Bachelot avait été chargée de lancer la grande réforme de la dépendance (cinquième pilier de la sécurité sociale), mais la crise de l’euro et le surendettement de l’État ont fait renoncer à cette réforme qui va finalement être relancée par le Président Emmanuel Macron dans les mois prochains, avec "juste" dix ans de retard (les personnes très âgées de l’époque n’ont pas pu l’attendre…). Notons à cet égard que François Hollande n’a même pas commencé à imaginer de la reprendre à son compte pendant son quinquennat, alors qu’elle est attendue depuis une bonne vingtaine d’années.

Après la défaite de Nicolas Sarkozy, Roselyne Bachelot a changé complètement de métier, même si elle a accepté de participer aux travaux de la Commission sur la rénovation et la déontologie d la vie publique présidée par Lionel Jospin du 16 juillet 2012 au 9 novembre 2012 (aux côtés notamment de Jean-Claude Casanova, Olivier Schrameck, Dominique Rousseau, Agnès Roblot-Troizier). Cela a suscité de vaines polémiques sur des supposées indemnités de présence.

Roselyne Bachelot a répété sans cesse qu’elle quittait la vie politique et qu’elle refuserait tout nouveau ministère, le cas échéant (si on le lui proposait). Elle est devenue journaliste, voire animatrice de télévision, sur Direct 8, RMC, puis LCI entre 2017 et 2020, à tel point que ses collègues de LCI ont été surpris d’apprendre sa nomination dans le gouvernement de Jean Castex (elle ne les avait pas prévenus !). Elle devra désormais les voussoyer à nouveau.

Elle a été aussi une "Grosse tête" sur RTL. Femme de cœur et d’émotion, lorsque le journaliste Pierre Bénichou est mort, le 31 mars 2020, elle l’a appris en direct sur le plateau de télévision, annoncé sans émotion, une nouvelle comme une autre, et elle fut bouleversée, les larmes aux yeux, car l’ancien directeur du "Nouvel Observateur", par ailleurs "Grosse tête" et vieux membre de la "bande à Ruquier", était un grand ami avec qui elle s’était beaucoup amusée. Elle a redonné vie et émotion à ce qui pouvait n’être qu’une froide information : oui, l’annonce de tout drame humain est une émotion. Rien n’est anodin, derrière les informations qui paraissent neutres et factuelles, il y a les drames et des familles en désespoir. Ses larmes ont redonné du sens à l’information. Une page de publicité a opportunément contribué à les couvrir d’un voile pudique.

Le "pire", sans doute, c’est qu’elle a enregistré une série d’émissions de divertissement, particulièrement légère, pour M6, les Reines du Shopping, et l’émission a dû avertir qu’elle avait été enregistrée avant la crise sanitaire (le non port des masque révèle sans complaisance le caractère réchauffé de nombreuses émissions télévisées) et surtout, avant la nomination de Roselyne Bachelot au gouvernement. Cela lui apprendra à signer des contrats sans clauses exceptionnelles, comme celle de redevenir ministre.

Car il y a deux mois, Roselyne Bachelot n’a pas résisté à l’appel au large, à une nouvelle aventure gouvernementale, le Ministère de la Culture. Son discours lors de la passation des pouvoirs a été d’une grande intelligence, d’un salutaire humour et d’une réelle gravité. Roselyne Bachelot, incontestablement, est une grande politique et peut-être que son action à ce ministère, malgré la courte durée dont elle va disposer, va imprimer les esprits. Ce nouveau gouvernement s’est un peu plus professionnalisé dans la fonction politique ; Gérald Darmanin à l’Intérieur aussi montre une reprise en main du politique sur le copinage ou la "société civile" (mal nommée).





Dès la première minute de son ministère, Roselyne Bachelot a insisté pour dire qu’elle était la ministre des artistes et pas la ministre des arts. En somme, elle exprime l’empathie du gouvernement pour les artistes, principalement les intermittents du spectacle, qui sont aujourd’hui encore, et depuis le début du confinement, en pleine galère sociale. Les 2 milliards d’euros du plan de relance ne seront donc pas de trop pour soutenir cette profession malmenée par le coronavirus. Plus précisément, elle a déclaré qu’elle serait la ministre des artistes et des territoires.

Plus généralement, sa nomination à la Culture a rassuré la plupart des acteurs de la culture. Elle connaît bien ce secteur (presque autant que celui de la santé) et elle a montré, par sa visite à la Maison de la Radio quelques heures après sa passation de pouvoirs, qu’elle savait rendre hommage aux professionnels de l’audiovisuel public, insistant d’ailleurs sur le fait que l’audiovisuel public, et en particulier France Inter dont c’est aussi l’une des missions, a été très efficace dans la diffusion des informations spéciales pendant la crise sanitaire.

Très active, elle est sur tous les fronts. Elle est allée notamment à Beyrouth. À France Télévisions, Roselyne Bachelot a poursuivi la politique de son prédécesseur, notamment par l’extinction de la chaîne d’outre-mer France Ô (qui a eu lieu le 24 août 2020), ce qui a suscité quelques incompréhensions (Audrey Pulvar, Pascal Légitimus, Erik Orsenna, Firmine Richard, etc. ont signé une tribune de protestation dans "Libération" le 27 août 2020), mais a repoussé d’un an la fermeture prévue de la chaîne France 4.

Qu’on ne croie pas que c’est une sarkozyste qui a été nommée ici au gouvernement (comme on a pu le lire ici ou là). Elle n’a jamais été sarkozyste, pas plus macroniste, mais elle est bachelotiste. Si on devait poussait plus loin ses origines politiques, ses mentors ont été d’abord son père Jean Narquin (1922-2003), ensuite Jacques Chirac (1932-2019), enfin François Fillon, ce qui a expliqué sa présence au gouvernement durant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

D’ailleurs, elle n’est pas tendre avec l’ancien Président. Dans son livre "À feu et à sang" qui retrace la campagne présidentielle de 2012 (éd. Flammarion), sorti le 16 juin 2012, Roselyne Bachelot assume son parler vrai : « Tout au long du quinquennat [de Nicolas Sarkozy], j’ai pu mesurer l’influence néfaste des communicants qui, dans leur souci obsessionnel de tout maîtriser, ont transformé les visites prétendument de terrain en des simulacres de rencontres aseptisées dont toute spontanéité est évacuée, toute aspérité gommée. Alors que les militants UMP font la claque à la sortie de la réunion, les habitants du lieu sont maintenus à distance, bloqués dans leur voiture pendant des heures par des cordons de gardes mobiles : de l’art et de la manière de transformer un citoyen bienveillant en antisakozyste prêt à mordre. ».

Mine de rien, Roselyne Bachelot est l’auteur de déjà une dizaine de livres, au style direct d’autant plus vivifiant qu’il ne s’encombre pas d’hypocrisie ou de langue de bois, dont une très remarquée biographie de sa grand-mère, "Corentine" (éd. Plon), sortie le 28 février 2019, et elle avait prévu de sortir cet automne son autobiographie (chez Albin Michel), mais elle a repoussé sa sortie, pour rédiger un nouveau chapitre : bonne chance, Roselyne, dans ces nouvelles fonctions !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (02 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Roselyne Bachelot, la culture gaie.
Éric Dupond-Moretti, le ténor intimidé.
Barbara Pompili, "l’écolo" de service.
François Bayrou sera-t-il le Jean Monnet du XXIsiècle ?
Secrétaires d’État du gouvernement Castex : des nouveaux et des partants.
Nomination des secrétaires d’État du gouvernement Castex I.
Gérald Darmanin, cible des hypocrisies ambiantes.
Relance européenne : le 21 juillet 2020, une étape historique !
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 16 juillet 2020 au Sénat (texte intégral).
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 15 juillet 2020 à l’Assemblée Nationale (texte intégral).
La déclaration de politique générale de Jean Castex le 15 juillet 2020.
Interview du Président Emmanuel Macron le 14 juillet 2020 par Léa Salamé et Gilles Bouleau (retranscription intégrale).
Emmanuel Macron face aux passions tristes.
L'enfant terrible de la Macronie.
Composition du gouvernement Castex I.
Le gouvernement Castex I nommé le 6 juillet 2020.
Jean Castex, le Premier Ministre du déconfinement d’Emmanuel Macron.
Discours du Président Emmanuel Macron devant la Convention citoyenne pour le climat le 29 juin 2020 à l’Élysée (texte intégral).
Après-covid-19 : écologie citoyenne, retraites, PMA, assurance-chômage ?
Édouard Philippe, le grand atout d’Emmanuel Macron.
Municipales 2020 (5) : la prime aux… écolos ?
Convention citoyenne pour le climat : le danger du tirage au sort.
Les vrais patriotes français sont fiers de leur pays, la France !
Le Sénat vote le principe de la PMA pour toutes.
Retraites : Discours de la non-méthode.
La réforme de l’assurance-chômage.
Emmanuel Macron explique sa transition écologique.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200708-roselyne-bachelot.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/roselyne-bachelot-la-culture-gaie-226834

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/07/10/38422758.html


 

 



 

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 03:15

« Et si tu n’existais pas,
Dis-moi pourquoi j’existerais
Pour traîner dans un monde sans toi
Sans espoir et sans regret. »
(Joe Dassin, Pierre Delanoë et Claude Lemesle, 1975).



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Il y a quarante ans, le 20 août 1980 à l’heure du déjeuner, le chanteur français Joe Dassin s’est écroulé d’une crise cardiaque à Papeete qu’il avait rejoint pour quelques jours de vacances après une année de tournée éreintante (il avait eu sa première crise cardiaque le 1er avril 1969). Il n’avait que 41 ans (né le 5 novembre 1938 à New York) et, étrangement, il a été enterré discrètement le 31 août 1980 dans un cimetière juif de Los Angeles, très loin de ses "adorateurs-trices" français(es : j’inclusive ici au féminin car cela a du sens). Sa famille, qui était américaine (son père, Jules Dassin, né en 1910 et mort en 2008, était un cinéaste américain), avait dû s’inquiéter de ces fans qui pouvaient perturber le recueillement des proches (Johnny Hallyday a suivi ce même genre de "finitude" à Saint-Barthélémy).

Joe Dassin était aussi un citoyen américain, car né aux États-Unis et il a passé son enfance aux États-Unis (à Brooklyn puis Los Angeles) avant d’atteindre, à l’âge de l’adolescence, la Grande-Bretagne, l’Italie, la Suisse et …Grenoble (où il a passé le baccalauréat avec mention), le père tournant en Europe pour fuir le maccarthysme. Il retourna faire ses études supérieures aux États-Unis (il y décrocha un master en ethnologie) et avait envisagé de consacrer sa vie à l’écriture. Fan de Boby Lapointe et de Georges Brassens, il s’achemina vers une carrière de chanteur un peu par "hasard" en 1964.

Le français n’était donc pas sa langue maternelle, ce qui peut se confirmer par un très (très) léger accent dans ses chansons. Bien que d’origine américaine, Joe Dassin fut l’un des meilleurs porte-parole de la culture française dans le monde, avec la vente de plus de 50 millions de disques, dont 17 en France, et il fait partie de ces artistes disparus (comme Claude François) qui continuent à vendre bien après leur mort (en 2010, il était en quatorzième position des chanteurs ayant le plus vendu de disques en France !). Il suffit d'ailleurs de voir les audiences sur Youtube pour en prendre la mesure (plusieurs dizaines de millions de vues, parfois plus  d'une dizaine de milliiers de commentaires...).

Toujours étrangement, je me suis mis à apprécier beaucoup Joe Dassin… en Russie. Il faut dire que beaucoup de Russes adorent l’écouter, comme Édith Piaf, comme Patricia Kaas, entre autres. En fait, pas si étrange que cela, pas étonnant que les Russes l’apprécient parce que Joe Dassin, effectivement, a un vrai fond slave : son grand-père Samuel Dassin était originaire d’Odessa et a émigré aux États-Unis.

Malgré les immenses succès qu’il a eus, Joe Dassin a aussi connu des périodes difficiles, de reflux de succès parfois (puis de rebondissement avec de nouveaux "tubes") et des périodes noires comme la consommation de drogues (il a même été arrêté par la police en 1977) : « Il a brûlé la chandelle, tiré la corde jusqu’à ce qu’elle cède. Je me souviens lui avoir dit, au moment de notre séparation [en 1976], que s’il continuait ainsi, il ne serait plus de ce monde dans cinq ans… Mais c’était son choix. Et je le respecte. Joe reste l’homme de ma vie, et la seule preuve d’amour, c’est de comprendre les gens. À un moment, il a voulu que j’ouvre la porte pour qu’il puisse s’envoler. ». Ces mots sont de sa première femme Maryse le 17 novembre 2014. Sa seconde femme, Christine, mère de ses deux enfants (orphelins très tôt), est morte en 1995 à 45 ans.

Il y a des météores dans certaines existences, et il n’aurait pas été inimaginable que Joe Dassin fût encore de ce monde à l’âge de 81 ans. Ses chansons, elles, continuent toujours à inonder et à enchanter le monde… En voici quelques-unes, trouvées sur l’Internet.



1. "Guantanamera" (Joe Dassin et Jean-Michel Rivat) en 1966






2. "Les Dalton" (Joe Dassin, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas) en 1967






3. "Le petit pain au chocolat" (Joe Dassin et Pierre Delanoë) en 1968






4. "Siffler sur la colline" (Joe Dassin, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas) en 1968






5. "Les Champs-Élysées" (Joe Dassin et Pierre Delanoë) en 1969






6. "C’est la vie, Lily" (Joe Dassin et Pierre Delanoë) en 1969






7. "L’Amérique" (Joe Dassin et Pierre Delanoë) en 1970






8. "Taka takata" (Joe Dassin, Al Verlane, Richalle Dassin et Claude Lemesle) en 1972






9. "Salut les amoureux" (Joe Dassin, Richelle Dassin et Claude Lemesle) en 1972






10. "Et si tu n’existais pas" (Joe Dassin, Pierre Delanoë et Claude Lemesle) en 1975






11. "Ça va pas changer le monde" (Joe Dassin, Pierre Delanoë et Claude Lemesle) en 1975






12. "Salut" (Joe Dassin, Pierre Delanoë et Claude Lemesle) en 1975






13. "L’Été indien" (Joe Dassin, Pierre Delanoë et Claude Lemesle) en 1975






14. "Il était une fois nous deux" (Joe Dassin, Pierre Delanoë et Claude Lemesle) en 1976






15. "À toi" (Joe Dassin, Jean Baudlot, Pierre Delanoë et Claude Lemesle) en 1976






16. "Blue Country" (Joe Dassin, Pierre Delanoë et Claude Lemesle) en 1979






Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (18 août 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Joe Dassin.
Zizi Jeanmaire.
Suzy Delair.
Jean Ferrat.
Juliette Gréco.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200820-joe-dassin.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/joe-dassin-et-le-romantisme-226517

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/08/18/38486122.html






 

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11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 03:36

« Au large la nuit, surtout la nuit, un moment, j’ai été roi d’un royaume : celui où être roi, c’est vivre pour ceux qui ne croient plus à la vie et parler pour ceux qui ne savent pas parler. » ("Mémoire de sept vies : croire et oser", 1997, éd. Plon). Sur Jean-François Deniau, quatrième et dernière partie.



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Disparu il y a dix ans (treize ans), Jean-François Deniau fut une personnalité aux multiples vies, diplomate, politique, marin et …écrivain.


6. L’écrivain

Dès 1955 (il avait 26 ans), Jean-François Deniau a publié son premier livre chez Grasset, un roman court, sous le pseudonyme de Thomas Sercq : « Ce que l’on fera, un jour, de grand, de beau, de surprenant, parce qu’à dix-huit ans, on avait eu des rêves, on s’était fait des idées, les larmes vous étaient montées aux yeux et l’on avait dû lutter pour ne pas pleurer. ».

Dans les années 1970 et 1980, il a écrit ses récits de passionné de la mer qui lui valurent le 9 avril 1992 son élection à l’Académie française, au fauteuil de La Bruyère, de Pierre Gaxotte et de Jacques Soustelle. Il fut reçu solennellement sous la Coupole le 10 décembre 1992, et a repris la lame de son épée d’ambassadeur à Madrid pour son épée d’académicien : « J’y tenais car je suis très heureux d’avoir pu accomplir cette mission en Espagne auprès du roi au moment difficile et important pour nous tous qu’on appelle la transition démocratique. » (7 décembre 1992).

Parmi ses devoirs d’académicien, Jean-François Deniau a rédigé un discours sur le vertu le 30 novembre 1995 : « Les vertus sont féminines. Elles sont sept, chacun le sait. Trois théologales (…) : la foi, l’espérance, la charité. Quatre cardinales (…) sur lesquelles tourne notre vie morale et sociale : la justice, la prudence, la force, la tempérance. Tous au féminin. ».

Ses talents de narrateur étaient très réputés. Le 25 janvier 2007, en lui rendant hommage, Pierre-Jean Rémy a raconté : « Du récit à la fin d’un dîner où, fascinant causeur, il savait tenir en haleine une douzaine d’amis, c’est avec une déroutante aisance que Jean-François Deniau est passé à une écriture à la fois épique et familière, qui racontait encore mieux ces sept vies et plus, qui avaient été les siennes. Et le public de quelques amis, de beaucoup d’amis déjà qui l’écoutaient, est devenu celui de ces centaines de milliers de lecteurs qui ont découvert en lui un véritable héros de notre temps, non pas byronien comme le personnage de Lermontov, mais pétri d’un humanisme vibrant pour toutes les causes de son temps où, pour lui, engagement et courage tenaient lieu de raison. Et ses livres en font magnifiquement foi. ».

Puis Pierre-Jean Rémy de réaffirmer ce courage : « Peu d’hommes jouent vraiment leur vie en écrivant. Quand Jean-François Deniau écrivait, c’était chaque fois sa vie qu’il avait jouée avant, prenant chaque fois un maximum de risques sans toujours prendre, selon la formule de Kipling (…), sans toujours pourtant prendre un maximum de précautions. ».


7. La personne qui lutte contre la maladie

Enfin, il m’a paru pertinent de terminer ce modeste portrait en évoquant aussi l’homme malade. Sans doute pas la face la plus réjouissante, une maladie qu’il a combattue pendant plus d’une vingtaine d’années, voire trentaine d’années, avec beaucoup de courage et sans renoncer à ses engagements, ses initiatives, ses expéditions. Cette maladie, hélas, est bien célèbre, trop célèbre. Jean-François Deniau avait plusieurs fois vu la mort s’approcher de près dans ses aventures parfois très périlleuses, sur des terrains de guerre ou en pleine mer. Déjà le 18 août 1992, Michèle Cotta avait remarqué dans son cahier : « Je l’ai trouvé bien fatigué, ayant du mal, plus de mal que d’habitude, à se déplacer. ».

Ses amis académiciens l’avaient tellement connu côtoyer ainsi la maladie que cela faisait presque partie de son identité à l’Académie. Le 10 décembre 1992, Alain Peyrefitte lui parla en ces termes : « Il ne s’écoule guère de saison, sans que vous retourniez à l’hôpital pour vous livrer aux mains des chirurgiens. À votre réveil, Frédérique est là, près de vous, qui vous tient la main, et qui plonge dans vos yeux encore voilés, son regard anxieux. Vous avez accepté d’être le cobaye d’un nouveau traitement de choc, qui, combiné à l’effet des rayons, a lésé votre moelle épinière. Il vous a fait perdre le contrôle de vos jambes ; votre voix aussi, un temps. On a craint pour vous le fauteuil roulant. Les médecins vous ont dit : "Vous allez travailler comme une bête pour sauver vos jambes !". Vous tomberez pour vous relever, vous vous appliquerez jusqu’à recouvrer votre mobilité… Et vous repartirez : le Liban à nouveau, le Kurdistan, Sarajevo… On meurt, vous en avez la conviction, parce qu’on s’arrête de lutter. ».

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Voici trois autres témoignages poignants d’académiciens amis, chargés hélas de faire l’éloge de Jean-François Deniau après sa disparition.

Le 25 janvier 2007, Pierre-Jen Rémy a rappelé : « Les os, les poumons. Mais il continuait à se battre, à bourlinguer, à naviguer, à répondre "présent" quand on avait besoin de lui : c’était normal. Il nous apparaissait ici, parmi nous, à l’Académie, avec une canne, deux cannes, des tuyaux, un bras en écharpe, et il repartait pour Beyrouth, et il publiait un autre livre, et il se voyait confier une autre mission : c’était normal. Et même les tuyaux ou les cannes avaient fini par nous paraître normaux, à nous, ses confrères. Après les balles perdues ou celles qu’on lui destinait (…), c’était une autre mort qui tournait depuis des années autour de lui, mais il l’écartait d’un haussement d’épaule. Il bougonnait, n’en parlait pas, il souffrait, et ça durait. Depuis combien de temps avait-il ses habitudes au Val-de-Grâce, comme d’autres les ont dans la quiétude de leur bibliothèque ? On le voyait debout, débouler en claudiquant parmi nous. Il s’appuyait lourdement sur celui-ci, sur celui-là pour monter les marches : c’était devenu normal. (…) Ses souffrances et son courage. La force formidable qui l’habitait et à laquelle nous, nous nous étions si naïvement habitués. Lui seul savait vraiment les mille morts qui le harcelaient et que, l’air de rien, il regardait en face, avant de repartir pour la Sologne ou pour se reposer en traversant l’Atlantique. ».

Quelques jours plus tard, à son enterrement aux Invalides, son autre collègue académicien Alain Decaux a raconté, le 29 janvier 2007 : « À l’Académie française, Jean-François, quand, appuyé sur ta canne, tu nous rejoignais le jeudi, tu cherchais une épaule. J’aimais bien que cette épaule fût la mienne. Trop souvent, je t’entendais annoncer : "J’arrive du Val-de-Grâce". Après la séance que tu éclairais de ton incroyable mémoire, ayant trouvé une nouvelle épaule, tu déclarais : "Je retourne au Val-de-Grâce". (…) Très peu [de médias] ont souligné que, depuis plus de vingt ans, les unes et les autres [de tes missions] ont été accomplis par un homme qui, par la force de l’esprit, s’arrachait à un corps mutilé et martyrisé. Tu allais toujours jusqu’au bout, je dirais même au-delà. En novembre dernier, quelques jours avant ton ultime rechute, tu as tenu à te rendre en Palestine pour étudier et dénoncer les problèmes, particulièrement graves, de l’acheminement de l’eau. Tu es rentré à Paris. Pour mourir. (…) En soldat, en marin, tu as exigé de connaître l’échéance que l’on t’a dite proche. (…) Tu m’as fait l’honneur, immense, d’en débattre avec moi. ».

Son successeur à l’Académie française, spécialiste de la musique baroque, Philippe Beaussant, a décrit l’univers hospitalier le 23 octobre 2008 : « On commence à comprendre pourquoi Jean-François Deniau détestait l’hôpital, où il est si souvent allé, où il a si souvent souffert, et si souvent écrit, en demandant aux infirmières de fixer ses perfusions dans le bras gauche pour qu’il puisse continuer à tenir sa plume. La chambre d’hôpital, ce n’est pas seulement son caractère impersonnel qui est détestable : c’est l’infantilisation du malade. Le malade n’est pas un malade : c’est un patient. Le vocabulaire de l’hôpital dit les choses comme elles sont. Patience. Patience. Ne bougez pas. Ne décidez rien. Ce n’est pas à vous de décider. Vous être irresponsable, au vrai sens de ce mot : non responsable. Interdit de réponse. (…) La vie, c’est le plateau ; le destin, c’est le valet de chambre qui porte le plateau. Alors, que fait-on si le valet a la main qui tremble ? Si le destin est un traître ? Et si, par le truchement de la maladie imbécile, il vous réduit, vous le premier, vous le meilleur, à n’être plus qu’un corps souffrant dont on ôte des bouts de poumon, des morceaux de cœur, une fois, deux fois, dix fois ; que faire si l’on ne peut plus se mouvoir sans s’accrocher au bras de quelqu’un et si chaque minute vécue entre deux pontages n’est qu’un sursis ? ».


Le chaud soleil

En étant passionné par beaucoup de choses, Jean-François Deniau a laissé ses ambitions politiques au second plan de ses passions dans sa hiérarchie de la vie. Le 10 décembre 1992, évoquant la figure de Jacques Soustelle, il proposait cette brillante réflexion : « Chacun de nous, à vingt ans, et parfois plus tard, a rêvé d’être roi. De détenir le pouvoir suprême, et de se sentir nécessaire totalement et surtout, naturellement. Ce moment où un être humain croit s’identifier à la volonté d’un peuple et à la permanence d’une nation, est-il de soleil plus haut et plus chaud ? (…) Les convictions personnelles comme la tradition familiale m’ont conduit à un autre combat, celui du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. ».

Pour ce combat, jamais gagné, qu’il en soit remercié encore ici.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 janvier 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jean-François Deniau.
Jean d’Ormesson.
Alain Peyrefitte.
Pierre-Jean Rémy.
Jean François-Poncet.
Claude Cheysson.
Valéry Giscard d’Estaing.
Pierre Messmer.
Jacques Chirac.
Raymond Barre.
Maurice Faure.
L’URSS.
L’Afghanistan.
Andrei Sakharov.
Xavier Deniau.
Edgar Faure.
Jean Lecanuet.
Michèle Cotta.
Jean-Jacques Servan-Schreiber.
Françoise Giroud.
Simone Veil.
Monique Pelletier.
Quai d’Orsay.
 

 

 

 

 

 

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170124-jean-francois-deniau-4.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/jean-francois-deniau-l-engage-188954

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/08/11/34848445.html




 

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